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Au jour le jour #11

XI

Levé tôt. Ville déserte. Déménagement de cartons. inventaire des livres de la bibliothèque d’Anne-Marie Garat, avec ses filles et ses proches, dans un atelier d’artiste. Les livres s’accumulent sur les grandes tables : livres d’art (peinture, photographie, cinéma), ouvrages d’histoire, romans et bandes dessinées. Les souvenirs affluent dans cette effervescence conviviale. La présence de notre amie nous rassemble comme à son habitude. Sa mémoire en nous.

Les lundis se suivent et se ressemblent. Relecture et corrections de mon texte. Kiné. Massage de l’épaule et exercices en sous-sol. Courses pour le repas du soir. Lecture. Je ne lis pas assez. Il faut prendre ce temps. Je cuisine pendant le zoom des filles. On parle de moi pendant que je coupe les légumes de mon plat, ça m’amuse. Parfois des surprises. Jeanne passe à la maison. J’écris un article pour mon blog.

Le rêve est une condition de l’avenir. La course des nuages dans le ciel vire au gris. Averses de pluie fine. En faisant le geste de mettre ma veste, je me rends compte que mon bras retrouve de l’amplitude. Des mois que ça dure. Tant d’assortiments de bruits. Pourquoi dit-on boule de cristal ?

Journée dense. Réunions de travail le matin, rencontre avec les membres de Fetart qui gère l’édition des Rencontres photographiques du 10ème. Fermeture anticipée de la bibliothèque. Zoom le soir à la maison. Les membres de L’aiR Nu parlent à tour de rôle de leurs projets. Je reste sur le côté, en marge. J’ai très mal aux yeux ce soir, les écouter à l’écart me repose un peu.

Coupe de cheveux. Journée entre parenthèses. Risotto champignons et fromage. On se croirait un dimanche dit Alice en s’asseyant à table. Départ de Caroline pour Nice qui passe le week-end avec Nina. Sortir se promener. Sous le soleil timide de mars. Les branches tortueuses des arbres se détachent du bleu du ciel et des immeubles de l’avenue Voltaire. Alphabet abstrait. Accumulation de figurines derrière une vitrine qui forme un mur de personnages colorés. Je n’attends pas la fin du monde, je t’attends. C’est un dur métier que l’exil.

Cette nécessité d’écrire, d’entamer de nouveaux projets. Déjà vu. Corps et mémoire. Temps et disparition. Taux de Pollen élevé. Les yeux qui piquent. Souvenir du premier jour du premier confinement. Le soleil à la fenêtre, la musique de David Bowie sur le tourne-disque de Nina. Les rues de Paris quasiment vides. Entre incertitude et exaltation.

Escapade aux Buttes-Chaumont ce midi. Pelouses en pente douce, d’un vert profond. Filmer à la va-vite. Du vent dans les arbres. Chamonix. Souvenir d’enfance de ces petits gâteaux arrondis, fourrés à la gelée d’orange. Le glaçage à l’orange qui colle au palais. Joute de traduction à la bibliothèque. Au moment de se quitter, une collègue me dit : tu vas bien dormir ce soir. Sa remarque me laisse songeur. Pas faux.

Au jour le jour : bloc-notes quotidien

Paris, le 16 mars 2015

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