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une peau de mots
 
j’ai perdu l’impatience ne me demandez pas comment,  ça c’est fait seul, dans le fond 
la photo tant attendue ne change rien à notre affaire ce qui fait que ça change 
c’est le fait du passage à une autre perception.imperceptible. cette sorte de décor 
des choses on y évolue en croyants  les arbres tordus sont tordus, les maisons 
casses casses les enfants perdus perdus jusqu’à trouver la fente des coulisses 
où se glisser.tout reste pareil,  tout devient différent, vous comprenez ?la vue 
d’une autre vue comme on acquiert par la pratique un œil de photographe, 
une sensibilité accrue pousse  la limite du cynisme l’œil du recul si longtemps
 j’ai cherché la porte  vous sentir les mots comme une croûte, 
comme la peau des gens, une peau de mots, on a beau se toucher, 
c’est si peu        juste l’écho des mots à valoir        
celui qui ébranle la photo est ailleurs, d’ailleurs                                          
vous ne l’atteindrez jamais plus

LIMINAIRE le 21/10/2019 : un site composé, rédigé et publié par Pierre Ménard avec SPIP depuis 2004. Dépôt légal BNF : ISSN 2267-1153
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