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La ville en mouvement

Ce texte a été écrit en suivant le proposition d’écriture sur les chemins de traverse et les récentes propositions de l’atelier d’écriture en ligne de Laura Vasquez.

Je sors. Dans la rue, la grille de l’immeuble, automatique, dans mon dos. Toujours étonné, tant de monde le matin. Je traverse en dehors du passage-piéton, aucune voiture à l’horizon, lumière rasante. Un souvenir de débuts.

Les conversations des passants résonnent entre les parois hautes des immeubles, dialogue involontaire. Tissu de solitude reliées. Mes pas rythment le regard, au-delà de leur amplitude habituelle. Projeté vers l’avant, un regard à capter. Laissez passer. Ces contacts immatériels, j’avance. Motivation, mouvement, en marche. Personne ne me regarde en face, leurs yeux se détournent, m’évitent, dans des allusions. Tête basse, pas un sourire, un regard, pas de côté. Relève la tête, le plus loin possible, jusqu’au canal, ligne d’horizon.

Ciel au-dessus, s’offre à la lumière, la perspective. La lumière éclabousse, bitume du pont, gris ou plus loin encore. Femme immobile, la main leste, dessin de l’écluse, bruits d’eau, cascade, ses traits vifs, grosses grappes roses, cerisier à fleurs du Japon. Au-dessus de l’eau, le paysage derrière, mobile. Carrefour, cafés, ses commerces. Anticiper ce qui s’y passe.

Amorce de visages. Passage-piéton, jambes nues, longs cheveux, la main de sa fille, jupe, couettes, dans sa paume ouverte, parole en l’air, bulle qui éclate, invisible. Une chanson apprise à l’école, par cœur. Un peu de patience, en dépit, le temps passe, rouge, le feu passe au vert. Dans l’attente, regard au loin, rêveur. Bleu vif. On ne distingue plus rien.

Longer le mur en briques, en face de l’hôpital, silence dans le bus, fenêtres et néons, attiré par l’agitation alentour, par voix et rires, devant le café. Ses reflets. Fugaces.
L’ambulance file, et folle, sirène hurlante. Nettoyeurs, à l’angle, cigarettes, baguette, casse-croute. Fumée. Signes épars. Chape dessus. Pas la mémoire. Et filiforme, barbe naissante, plaisante, sa monnaie, poche pantalon. Jamais complètement. La tête. Lumière affleurante.

Les nuages, ciel voilé, formes aériennes, en arrière-plan, silhouette d’oiseau. Sensation constante de fluidité. En vol.

Montants métalliques, chantier, ciel ouvert, l’église. Son échafaudage, dentelle de fer, fermée, le ciel. Là-haut, l’ouvrier, sanglé, même encordé, hisse. Et s’efface.
La rue. Le bruit, avec la vitesse, l’agitation, jours de semaine. Ce matin. Voitures, et scooters, et pétarades, les bruits, chantiers, nuage sonore. Fuite sous les. Conducteur pressé, d’un coup, à contresens, se garer. Inquiet. Simplement.

Son casque, rétroviseur, le café. Femme, son chien, épagneul, tant que mal, contre un arbre, sa laisse, cuir. Détourne, regard, comme si, séparer, son chien l’ignorant, marche, laisse tendue. Et le regard, vieille femme, chariot, l’autre côté, carrefour. Pas lents. Traverser l’avenue, la rejoindre.

Doubler vélo, avant de, véloce, avant de, la rue, voie cycliste, voitures, contresens.

Au sol. Vélo surélevé, voir au loin, attroupement, et jeunes filles, chaos de silhouettes, classes, discutant, trottoir, l’école. Sonnerie, en retard, la fillette, rouge, trottinette. Barrière, protection. Genou, antivol, d’un bond, dans son dos, entendre sa mère sans. Ou alors, sans suite. Retenue. Cou, coupé, regard. Esquive.

Au vol. Instant, à sa hauteur, contact, infime, intime, transporte, un rien, un temps, tant, plus loin, éclair, à l’entrée, et bureau, avant la. Fermeture, et bibliothèque. Enfin, là.


LIMINAIRE le 09/07/2020 : un site composé, rédigé et publié par Pierre Ménard avec SPIP depuis 2004. Dépôt légal BNF : ISSN 2267-1153
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