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	<title>LIMINAIRE</title>
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	<description>Une palpitation, un mouvement encore immobile, un espace de sursis dans la dissolution.</description>
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		<title>Jonas qui aura 25 ans en l'an 2000</title>
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		<dc:creator>Pierre M&#233;nard</dc:creator>


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		<description>
&lt;p&gt;Jonas qui aura 25 ans en l'an 2000 est le cinqui&#232;me long m&#233;trage de fiction d'Alain Tanner co-&#233;crit avec l'&#233;crivain anglais John Berger. &lt;br class='autobr' /&gt;
Con&#231;u comme une &#171; tragi-com&#233;die dramatique de science-fiction politique &#187;, le film raconte les destins ordinaires et entrem&#234;l&#233;s de neuf personnages, dans une &#171; suite de sc&#232;nes sans liens directs tr&#232;s apparents mais qui viennent peu &#224; peu se &#171; souder &#187; entre elles par des rapports de sens jusqu'&#224; former un faisceau (dont les lignes sont les &#171; proph&#233;ties &#187; (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.liminaire.fr/ecriture/proces-verbal/" rel="directory"&gt;Proc&#232;s-verbal&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/art" rel="tag"&gt;Art&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/cinema" rel="tag"&gt;Cin&#233;ma&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/histoire" rel="tag"&gt;Histoire&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/voix" rel="tag"&gt;Voix&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/video" rel="tag"&gt;Vid&#233;o&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/memoire" rel="tag"&gt;M&#233;moire&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/violence" rel="tag"&gt;Violence&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/politique" rel="tag"&gt;Politique&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/temps" rel="tag"&gt;Temps&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/enfance" rel="tag"&gt;Enfance&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.liminaire.fr/local/cache-vignettes/L150xH96/st2-rc-3e87f.jpg?1747119911' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='96' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;i&gt;Jonas qui aura 25 ans en l'an 2000&lt;/i&gt; est le cinqui&#232;me long m&#233;trage de fiction d'Alain Tanner co-&#233;crit avec l'&#233;crivain anglais John Berger.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Con&#231;u comme une &#171; tragi-com&#233;die dramatique de science-fiction politique &#187;, le film raconte les destins ordinaires et entrem&#234;l&#233;s de neuf personnages, dans une &#171; suite de sc&#232;nes sans liens directs tr&#232;s apparents mais qui viennent peu &#224; peu se &#171; souder &#187; entre elles par des rapports de sens jusqu'&#224; former un faisceau (dont les lignes sont les &#171; proph&#233;ties &#187; des personnages) qui vient boucler la fable &#224; la fois au plan du contenu et de la forme &#187;. Pour Alain Tanner, &#171; si un cin&#233;aste veut changer le monde, il doit commencer par changer le cin&#233;ma. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tanner et Berger se sont rencontr&#233;s dans les ann&#233;es 1960 en Grande-Bretagne, alors que Tanner fr&#233;quentait les cin&#233;astes du &lt;i&gt;Free Cinema&lt;/i&gt;. Leur collaboration d&#233;buta par deux courts m&#233;trages documentaires : &lt;i&gt;Une ville &#224; Chandigarh&lt;/i&gt; (1966) et &lt;i&gt;Mike ou l'usage de la science&lt;/i&gt; (1968). Ils travaill&#232;rent ensuite sur les fictions &lt;i&gt;La Salamandre&lt;/i&gt; (1971), &lt;i&gt;Le Milieu du monde&lt;/i&gt; (1974) et &lt;i&gt;Jonas qui aura vingt-cinq ans en l'an 2000&lt;/i&gt; (1976).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Jonas qui aura vingt-cinq ans en l'an 2000&lt;/i&gt; marque l'apog&#233;e de la collaboration entre les deux hommes. L'esth&#233;tique du fragment est tr&#232;s pr&#233;sente dans ce film, avec une juxtaposition de sayn&#232;tes r&#233;parties sur huit pistes parall&#232;les correspondant aux huit personnages. Berger fournissait des fragments autonomes que Tanner s'appropriait, d&#233;pla&#231;ait ou supprimait. L'utilisation d'analogies plut&#244;t que d'all&#233;gories dans l'approche de Berger favorisait une construction en r&#233;seau plut&#244;t qu'une progression narrative causale. L'introduction de s&#233;quences en noir et blanc visualisant les fantasmes des personnages constitue un autre facteur d'h&#233;t&#233;rog&#233;n&#233;it&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_8279 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.liminaire.fr/local/cache-vignettes/L500xH315/jonas-who-will-be-1-814d5.jpg?1747119911' width='500' height='315' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Dans une sc&#232;ne du film, le personnage de Marco (Jacques Denis), professeur d'histoire, pr&#233;sente de mani&#232;re peu conventionnelle &#224; ses &#233;l&#232;ves des &#171; morceaux d'histoire &#187; avec du boudin. Il repr&#233;sente ainsi l'&#233;coulement du temps et l'&#233;criture de l'histoire, mais aussi, litt&#233;ralement, le saucissonnage du film en fragments.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le nouveau professeur d'histoire se pr&#233;sente ainsi aux &#233;l&#232;ves : N'oubliez jamais que mon p&#232;re est boucher. Et que ma m&#232;re chante tr&#232;s bien l'op&#233;rette. Est-ce qu'il y a quelqu'un qui veut venir couper le boudin avec le m&#233;tronome ? Un jeune homme dans la classe se l&#232;ve et s'ex&#233;cute. Le professeur l'interrompt assez rapidement : Bon, &#231;a va, &#231;a va pour le moment. Voil&#224; les morceaux d'histoire ! lance-t-il &#224; l'assembl&#233;e en soulevant les morceaux de boudin Comment va-t-on les appeler ? Des heures, des d&#233;cades, des si&#232;cles ? C'est la m&#234;me chose et &#231;a ne s'arr&#234;te jamais. Le boudin se mange avec de la pur&#233;e de pommes. &lt;br class='autobr' /&gt;
Il poursuit en s'essuyant les mains avec un mouchoir : Est-ce que le temps est du boudin ? Darwin le croyait. Quoique la nature de la viande changeait d'un bout &#224; l'autre de la saucisse. Marx, lui, pensait qu'un jour tout le monde s'arr&#234;terait de manger du boudin. Einstein et Max Planck arrach&#232;rent la peau du boudin qui perdit alors sa forme. Il s'interrompt un court instant : De quoi la peau du boudin est-elle faite ? &lt;br class='autobr' /&gt;
Une &#233;l&#232;ve r&#233;pond : C'est de l'intestin de cochon. &lt;br class='autobr' /&gt;
Le professeur encha&#238;ne : Regardons maintenant le boudin qui n'est pas encore coup&#233;. On y voit des plis, des m&#233;andres. Et c'est de cela que je veux vous parler. De quoi sont faits les plis du temps ? Dans les soci&#233;t&#233;s agricoles, les hommes croyaient que le temps consistait simplement en cycles, en saisons. Chaque solstice d'hiver contenait le m&#234;me moment. L'individu devenait vieux, bien entendu, mais c'&#233;tait simplement parce qu'il s'usait. Il &#233;tait le combustible qui faisait marcher la machine des saisons. Le capitalisme apportera &#224; l'id&#233;e du temps autoroute, autoroute du soleil, autoroute du progr&#232;s. L'id&#233;e du progr&#232;s, c'&#233;tait que les conqu&#233;rants n'avaient pas simplement gagn&#233; une bataille, mais qu'ils avaient &#233;t&#233; choisis et d&#233;sign&#233;s en tant qu'&#234;tres intrins&#232;quement sup&#233;rieurs. Leur sup&#233;riorit&#233; devait forc&#233;ment traverser les cycles et les saisons. Elle les transforma en tire-bouchons, dont eux, les conqu&#233;rants, &#233;taient la pointe. Et avec cette pointe, ils ouvrirent les unes apr&#232;s les autres les bouteilles des cultures inf&#233;rieures. Ils burent jusqu'&#224; &#233;tancher leur soif et jet&#232;rent les bouteilles en s'assurant bien qu'elles se cassent. Ceci &#233;tait une nouvelle forme de violence. La fl&#232;che ou l'&#233;p&#233;e avait d&#233;j&#224; tu&#233;, mais ce qui tuait maintenant, c'&#233;tait le verdict de l'histoire, de l'histoire des conqu&#233;rants, bien s&#251;r. Avec cette nouvelle violence arriva une peur nouvelle chez les conqu&#233;rants, la peur du pass&#233;, la peur des inf&#233;rieurs dans leur bouteille cass&#233;e. Ah ! Si le pass&#233; pouvait un jour rattraper les conqu&#233;rants, il montrerait certainement aussi peu de piti&#233; qu'il n'en avait montr&#233; eux. Au 19&#7497; si&#232;cle, cette peur du pass&#233; fut rationnellement transform&#233;e en loi scientifique. Le temps devint alors une route sans virage. La longueur de la route &#233;tait une abstraction terrifiante, seulement les abstractions ne se vengent pas. D&#232;s lors, les penseurs du 19&#7497; si&#232;cle choisirent la peur de la pens&#233;e en &#233;liminant la peur du sauvage et de ses fl&#232;ches. Et leur route avait des bornes absolument r&#233;guli&#232;res, des millions d'ann&#233;es divis&#233;es en heures, en dates, en jours et en heures de travail &#224; pointer sur la machine &#224; pointer, comme du boudin, conclut-il en riant. &lt;br class='autobr' /&gt;
Aujourd'hui, enfin, on voit que l'autoroute, l'autoroute du capitalisme, s'effondre. Pour plus de raisons que je ne peux vous en dire dans le petit bout de boudin qu'est cette le&#231;on inaugurale. &lt;br class='autobr' /&gt;
Le professeur marque une courte pause, puis il reprend son intervention : Dans un gland, il y a d&#233;j&#224; les m&#233;andres qui donneront la forme du ch&#234;ne. Ce que vous &#234;tes, chacun de vous, &#233;tait d&#233;j&#224; l&#224; dans les chromosomes au moment de ma conception. &lt;br class='autobr' /&gt;
Il sourit, se frotte le front, s'excuse : Non, pardon, de votre conception. La classe se met &#224; rire avec lui. &lt;br class='autobr' /&gt;
Je ne suis pas un d&#233;terministe, mais dans votre premi&#232;re cellule, il y a un message que vous &#234;tes maintenant en train de lire. &lt;br class='autobr' /&gt;
Il se dirige vers le tableau et se met &#224; r&#233;aliser un dessin : Il y a des choses qui font des trous dans le temps. Et les trous s'aiment parfaitement. On peut y faire passer une brochette. N'oubliez pas que mon p&#232;re est boucher. La brochette. La classe rit franchement. &lt;br class='autobr' /&gt;
Il se retourne vers la classe de plus en plus dissip&#233;e : Le temps se plie pour que les trous co&#239;ncident. Et pourquoi n'est-on jamais proph&#232;te en son propre pays ? Parce que les proph&#232;tes n'arrivent qu'&#224; la moiti&#233; des trous. &lt;br class='autobr' /&gt;
Il se baisse derri&#232;re son bureau : Comme &#231;a. Rire de la classe. Ils sont entre les temps. Personne n'a compris grand-chose &#224; Diderot jusqu'au moment o&#249; une g&#233;n&#233;ration enti&#232;re cria monstre &#224; Freud. Fallait ce temps-l&#224; pour passer au travers du trou. Les trous que font les proph&#232;tes pour regarder le futur sont les m&#234;mes par lesquels les historiens lorgnent ensuite vers les vieux meubles du pass&#233;. Regardez-les, lorgner &#224; travers les trous creus&#233;s par Jean-Jacques Rousseau pour nous expliquer le 18&#7497; si&#232;cle. &lt;br class='autobr' /&gt;
Il se rend compte que les &#233;l&#232;ves sont de moins en moins &#224; l'&#233;coute : Vous regardez vos montres. Bon, c'est l'heure. &lt;br class='autobr' /&gt;
Il se l&#232;ve de sa chaise : on va terminer avec le rythme binaire. Celui du ch&#339;ur et des batteurs. &lt;br class='autobr' /&gt;
Il se met &#224; taper des mains en rythme sur le dessus du bureau en bois. Les &#233;l&#232;ves l'imitent : entre chaque coup, il y a du temps. Le temps, c'est le fait de reconna&#238;tre que le deuxi&#232;me coup n'est pas le premier. Le temps est cr&#233;&#233; par l'opposition. En synth&#232;se, le temps se r&#233;duit. Le professeur acc&#233;l&#232;re ses battements en rythme avec les &#233;l&#232;ves qui se mettent &#224; crier. L'embryon humain siffle au travers de l'&#233;volution. &lt;br class='autobr' /&gt;
Il siffle. Il se remet &#224; taper des mains sur le bureau de plus en plus vite. Il crie : Dans une synth&#232;se totale, le temps dispara&#238;t.&lt;br class='autobr' /&gt;
La sonnerie de la fin des cours retentit.&lt;/p&gt;
&lt;center&gt;&lt;iframe width=&#034;560&#034; height=&#034;315&#034; src=&#034;https://www.youtube.com/embed/eh0IdnT8CHU?si=iZbO4V8bONtArukA&#034; title=&#034;YouTube video player&#034; frameborder=&#034;0&#034; allow=&#034;accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share&#034; referrerpolicy=&#034;strict-origin-when-cross-origin&#034; allowfullscreen&gt;&lt;/iframe&gt;&lt;/center&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Le diable probablement</title>
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&lt;p&gt;Le Diable probablement est un film fran&#231;ais de Robert Bresson r&#233;alis&#233; en 1977. Il a obtenu l'Ours d'argent au Festival de Berlin. &lt;br class='autobr' /&gt;
Charles, Michel et quelques-uns de leurs amis forment un petit groupe &#233;cologiste, qui se pr&#233;occupe de la famine, de la pollution et de l'avenir du monde. Michel est un militant qui cherche &#224; lutter avec ses modestes moyens, tandis que Charles refuse l'engagement, d&#233;go&#251;t&#233; par le monde qui l'entoure. &lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; Ce qui m'a pouss&#233; &#224; faire ce film, affirme Robert Bresson, (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/nature" rel="tag"&gt;Nature&lt;/a&gt;

		</description>


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		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;i&gt;Le Diable probablement&lt;/i&gt; est un film fran&#231;ais de Robert Bresson r&#233;alis&#233; en 1977. Il a obtenu l'&lt;i&gt;Ours d'argent&lt;/i&gt; au Festival de Berlin.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Charles, Michel et quelques-uns de leurs amis forment un petit groupe &#233;cologiste, qui se pr&#233;occupe de la famine, de la pollution et de l'avenir du monde. Michel est un militant qui cherche &#224; lutter avec ses modestes moyens, tandis que Charles refuse l'engagement, d&#233;go&#251;t&#233; par le monde qui l'entoure.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Ce qui m'a pouss&#233; &#224; faire ce film, affirme Robert Bresson, c'est le g&#226;chis qu'on a fait de tout. C'est cette civilisation de masse o&#249; bient&#244;t l'individu n'existera plus. Cette agitation folle. Cette immense entreprise de d&#233;molition o&#249; nous p&#233;rirons par o&#249; nous avons cru vivre. C'est aussi la stup&#233;fiante indiff&#233;rence des gens, sauf de certains jeunes actuels, plus lucides. &#187;
&lt;br&gt;
&lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip_document_4608 spip_document spip_documents spip_document_video&#034;&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt;
&lt;div class=&#034;video-intrinsic-wrapper&#034; style='height:0;width:640px;max-width:100%;padding-bottom:56.25%;position:relative;'&gt; &lt;div class=&#034;video-wrapper&#034; style=&#034;position: absolute;top:0;left:0;width:100%;height:100%;&#034;&gt; &lt;video class=&#034;mejs mejs-4608&#034; data-id=&#034;6e027298fd24d49c662ce3fd6d25f180&#034; data-mejsoptions='{&#034;iconSprite&#034;: &#034;plugins-dist/medias/lib/mejs/mejs-controls.svg&#034;,&#034;alwaysShowControls&#034;: true,&#034;pluginPath&#034;:&#034;plugins-dist/medias/lib/mejs/&#034;,&#034;loop&#034;:false,&#034;videoWidth&#034;:&#034;100%&#034;,&#034;videoHeight&#034;:&#034;100%&#034;}' width=&#034;100%&#034; height=&#034;100%&#034; poster=&#034;local/cache-vignettes/L640xH397/capture_d_e_cran_2022-12-19_a_16.35.51-24859.png?1739534639&#034; controls=&#034;controls&#034; preload=&#034;none&#034; &gt; &lt;source type=&#034;video/mp4&#034; src=&#034;IMG/mp4/le_diable_probablement.mp4&#034; /&gt; &lt;img src='https://www.liminaire.fr/local/cache-vignettes/L500xH310/capture_d_e_cran_2022-12-19_a_16.35.51-24859-2f98c.png?1739550288' width='500' height='310' alt='Impossible de lire la video' /&gt; &lt;/video&gt; &lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
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&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;br&gt;
Charles : Ce qui est magnifique c'est que pour rassurer les gens il suffit de nier l'&#233;vidence.&lt;br class='autobr' /&gt;
Michel : Quelle &#233;vidence ? On est en plein surnaturel, rien n'est visible. Les gouvernements ont la vue courte.&lt;br class='autobr' /&gt;
Passager n&#176;1 : N'accusez pas les gouvernements ! Dans le monde entier, &#224; l'heure actuelle, personne ne peut se vanter de gouverner. Ce sont les masses qui r&#233;gissent les &#233;v&#232;nements ; des forces obscures dont il parfaitement impossible de conna&#238;tre les lois.&lt;br class='autobr' /&gt;
Passag&#232;re n&#176;2 : C'est vrai que quelque chose nous pousse contre ce que nous sommes.&lt;br class='autobr' /&gt;
Passager &#176; 3 : Il faut marcher, marcher.&lt;br class='autobr' /&gt;
Passager n&#176;4 : En marchant, je peux &#234;tre celui qui rousp&#232;te toujours ? &lt;br class='autobr' /&gt;
Passag&#232;re n&#176;2 : Qui est-ce donc qui s'amuse &#224; tourner l'humanit&#233; en d&#233;rision ? Oui, qui est-ce qui nous man&#339;uvre en douce ?&lt;br class='autobr' /&gt;
Passager n&#176;1 : Le diable probablement.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>La fin d'un monde</title>
		<link>https://www.liminaire.fr/ecriture/proces-verbal/article/la-fin-d-un-monde</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.liminaire.fr/ecriture/proces-verbal/article/la-fin-d-un-monde</guid>
		<dc:date>2021-07-27T08:00:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Pierre M&#233;nard</dc:creator>


		<dc:subject>Vid&#233;o</dc:subject>
		<dc:subject>&#201;tats-Unis</dc:subject>
		<dc:subject>Paysage</dc:subject>
		<dc:subject>Ville</dc:subject>
		<dc:subject>Nature</dc:subject>
		<dc:subject>Politique</dc:subject>
		<dc:subject>Quotidien</dc:subject>
		<dc:subject>Mort</dc:subject>
		<dc:subject>Violence</dc:subject>
		<dc:subject>Soci&#233;t&#233;</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Ce n'est pas la fin du monde. &lt;br class='autobr' /&gt;
Les conditions m&#233;t&#233;orologiques ont toujours &#233;t&#233; &#224; l'origine de catastrophes majeures, mais le caract&#232;re exceptionnel de certains des derniers &#233;v&#233;nements est conforme aux mises en garde des scientifiques concernant le r&#233;chauffement de la plan&#232;te. &lt;br class='autobr' /&gt;
Les signes du d&#233;r&#232;glement climatique n'ont jamais &#233;t&#233; en effet aussi flagrants. &lt;br class='autobr' /&gt;
Le climat a d&#233;j&#224; chang&#233;. &lt;br class='autobr' /&gt;
Le pire est &#224; venir. &lt;br class='autobr' /&gt;
P&#233;nurie d'eau, exode, malnutrition, extinction d'esp&#232;ces. &lt;br class='autobr' /&gt;
Le d&#233;calage se creuse (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/ecriture/proces-verbal/" rel="directory"&gt;Proc&#232;s-verbal&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/video" rel="tag"&gt;Vid&#233;o&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/etats-unis" rel="tag"&gt;&#201;tats-Unis&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/paysage" rel="tag"&gt;Paysage&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/ville" rel="tag"&gt;Ville&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/nature" rel="tag"&gt;Nature&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/politique" rel="tag"&gt;Politique&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/quotidien" rel="tag"&gt;Quotidien&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/mort" rel="tag"&gt;Mort&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/violence" rel="tag"&gt;Violence&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/societe" rel="tag"&gt;Soci&#233;t&#233;&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.liminaire.fr/local/cache-vignettes/L150xH100/arton2275-a0fe8.jpg?1739550288' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='100' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Ce n'est pas la fin du monde.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les conditions m&#233;t&#233;orologiques ont toujours &#233;t&#233; &#224; l'origine de catastrophes majeures, mais le caract&#232;re exceptionnel de certains des derniers &#233;v&#233;nements est conforme aux mises en garde des scientifiques concernant le r&#233;chauffement de la plan&#232;te.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les signes du d&#233;r&#232;glement climatique n'ont jamais &#233;t&#233; en effet aussi flagrants.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le climat a d&#233;j&#224; chang&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le pire est &#224; venir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;P&#233;nurie d'eau, exode, malnutrition, extinction d'esp&#232;ces.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le d&#233;calage se creuse entre les objectifs affich&#233;s par l'ensemble des pays et la r&#233;alit&#233; de tous les jours. Entre les causes du r&#233;chauffement climatique et ses cons&#233;quences.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est &#224; nous de changer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'inaction est inadmissible, il est temps d'agir pour le climat.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Individuellement. Collectivement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce n'est pas la fin du monde.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est la fin d'un monde.&lt;/p&gt;
&lt;iframe width=&#034;560&#034; height=&#034;315&#034; src=&#034;https://www.youtube.com/embed/RPdgK9qlE2o&#034; title=&#034;YouTube video player&#034; frameborder=&#034;0&#034; allow=&#034;accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture&#034; allowfullscreen&gt;&lt;/iframe&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Fermer les yeux, c'est renoncer</title>
		<link>https://www.liminaire.fr/ecriture/proces-verbal/article/fermer-les-yeux-c-est-renoncer</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.liminaire.fr/ecriture/proces-verbal/article/fermer-les-yeux-c-est-renoncer</guid>
		<dc:date>2020-11-11T09:00:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Pierre M&#233;nard</dc:creator>


		<dc:subject>Regard</dc:subject>
		<dc:subject>Quotidien</dc:subject>
		<dc:subject>Politique</dc:subject>
		<dc:subject>Corps</dc:subject>
		<dc:subject>Violence</dc:subject>
		<dc:subject>Soci&#233;t&#233;</dc:subject>
		<dc:subject>Silence</dc:subject>
		<dc:subject>Travail</dc:subject>
		<dc:subject>Po&#233;sie</dc:subject>
		<dc:subject>Information</dc:subject>
		<dc:subject>Voix</dc:subject>
		<dc:subject>Photographie</dc:subject>
		<dc:subject>Vid&#233;o</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;La proposition de loi dite &#171; s&#233;curit&#233; globale &#187; veut renforcer l'impunit&#233; des policiers en emp&#234;chant, lors de la diffusion de vid&#233;os, leur identification. Elle porte atteinte au droit fondamental d'informer librement. &lt;br class='autobr' /&gt; Ne plus voir les images de heurts, d'&#233;chauffour&#233;es, de combats, d'agressions, les corps tra&#238;n&#233;s au sol, par les bras, par les cheveux, les v&#234;tements d&#233;chir&#233;s, lac&#233;r&#233;s, salis, les yeux sortis de leurs orbites, les mains coup&#233;es nettes, d&#233;chir&#233;es, en lambeaux, les corps (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.liminaire.fr/ecriture/proces-verbal/" rel="directory"&gt;Proc&#232;s-verbal&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/regard" rel="tag"&gt;Regard&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/quotidien" rel="tag"&gt;Quotidien&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/politique" rel="tag"&gt;Politique&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/corps" rel="tag"&gt;Corps&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/violence" rel="tag"&gt;Violence&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/societe" rel="tag"&gt;Soci&#233;t&#233;&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/silence" rel="tag"&gt;Silence&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/travail" rel="tag"&gt;Travail&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/poesie" rel="tag"&gt;Po&#233;sie&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/information" rel="tag"&gt;Information&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/voix" rel="tag"&gt;Voix&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/photographie" rel="tag"&gt;Photographie&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/video" rel="tag"&gt;Vid&#233;o&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.liminaire.fr/local/cache-vignettes/L150xH95/arton2203-51fc0.jpg?1739550288' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='95' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;La proposition de loi dite &#171; s&#233;curit&#233; globale &#187; veut renforcer l'impunit&#233; des policiers en emp&#234;chant, lors de la diffusion de vid&#233;os, leur identification. &lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;https://www.bastamag.net/Mobilisation-massive-proposition-loi-Fauvergue-Securite-globale-repression-diffusion-images-violences-policieres-petition-droit-d-informer&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Elle porte atteinte au droit fondamental d'informer librement&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;.
&lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;center&gt;&lt;iframe width=&#034;560&#034; height=&#034;315&#034; src=&#034;https://www.youtube.com/embed/y5h8CvYbKb8&#034; frameborder=&#034;0&#034; allow=&#034;accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture&#034; allowfullscreen&gt;&lt;/iframe&gt;&lt;/center&gt;
&lt;p&gt;&lt;br&gt;
Ne plus voir les images de heurts, d'&#233;chauffour&#233;es, de combats, d'agressions, les corps tra&#238;n&#233;s au sol, par les bras, par les cheveux, les v&#234;tements d&#233;chir&#233;s, lac&#233;r&#233;s, salis, les yeux sortis de leurs orbites, les mains coup&#233;es nettes, d&#233;chir&#233;es, en lambeaux, les corps mutil&#233;s, les bleus sur le corps, virant du vert au mauve, le sang qui coule, sur les yeux, sur le cr&#226;ne, la t&#234;te parfois ouverte en deux, cuir chevelu arrach&#233; par l'impact d'un tir, d'un coup de matraque, de bouclier, arcades sourcili&#232;res explos&#233;es, meurtries, les visages ensanglant&#233;s, les coups de gourdins qui pleuvent, qui frappent les corps, dans le brouillard des lacrymog&#232;nes, la symphonie des sir&#232;nes assourdissantes, les coups r&#233;p&#233;t&#233;s, coups de pied, genou appuy&#233; contre le torse, la t&#234;te, trop lourd, trop longtemps, qui p&#232;se et qui blesse, emp&#234;che de respirer, les tirs de flashball, et les gaz en plein visage, dans les yeux, gaz qui coupent la respiration, tiens prends &#231;a tu l'as bien m&#233;rit&#233;, tu n'avais qu'&#224; pas &#234;tre l&#224;, &#224; manifester, &#224; t'exprimer, &#224; t'opposer, &#224; filmer, &#224; photographier, &#224; sortir de chez toi, &#224; chercher les coups, &#224; risquer ta peau, le visage contre le bitume, la gorge serr&#233;e, les corps comprim&#233;s, opprim&#233;s, les cris, les pleurs. &lt;br class='autobr' /&gt;
La peur de manifester. La peur de s'exprimer en dehors des limites impos&#233;es. &lt;br class='autobr' /&gt;
Comment accepter encore de voir &#231;a... Ce spectacle insoutenable ?&lt;br class='autobr' /&gt;
Pour ne plus voir ces violences quotidiennes, rien de plus simple, il suffit de fermer les yeux.&lt;br class='autobr' /&gt;
Fermer les yeux sur les d&#233;rives, les exactions.&lt;br class='autobr' /&gt;
Fermer les yeux sur la violence gratuite, sur les abus de pouvoir, sur les gestes d&#233;plac&#233;s, les insultes et les invectives.&lt;br class='autobr' /&gt;
Sur les mots d'ordre et le d&#233;sordre des mots.&lt;br class='autobr' /&gt;
Sur les incoh&#233;rences gouvernementales.&lt;br class='autobr' /&gt;
Sur les informations mensong&#232;res.&lt;br class='autobr' /&gt;
Sur les injonctions contradictoires.&lt;br class='autobr' /&gt;
Fermez les yeux sur le sexisme, les abus sexuels.&lt;br class='autobr' /&gt;
Fermez les yeux pour que tout ce qui nous entoure et nous g&#234;ne&lt;br class='autobr' /&gt;
cesse aussit&#244;t d'exister ? Comme par miracle.&lt;br class='autobr' /&gt;
Mais cela ne se passe pas comme cela. La magie n'op&#232;re pas.&lt;br class='autobr' /&gt;
Interdire de filmer le visage des policiers et des gendarmes dans l'exercice de leur travail ce serait les mettre en danger ?&lt;br class='autobr' /&gt;
Les violences polici&#232;res ne vont pas disparaitre parce qu'on ne les montre plus. Les injustices disparaitre parce qu'on n'en parlera plus, qu'elles ne feront plus la une des journaux. En boucle &#224; la t&#233;l&#233; et sur les m&#233;dia sociaux.&lt;br class='autobr' /&gt;
Interdire de filmer les interventions polici&#232;res en pr&#233;textant prot&#233;ger gendarmes et policiers c'est autoriser l'impunit&#233; de la police, emp&#234;cher de d&#233;noncer d'&#233;ventuelles violences, d&#233;rives et accidents, c'est faire croire qu'il suffit de fermer les yeux pour tout r&#233;soudre, transformer la r&#233;alit&#233; pour lui faire dire ce qu'on veut dire, ce qu'on veut faire croire, passer le message. Fermer les yeux.&lt;br class='autobr' /&gt;
Pour ne plus les voir, pour qu'elles n'existent plus, qu'on ne puisse plus en douter. Mais voir c'est croire. Ce n'est pas une preuve, mais un &#233;l&#233;ment de preuve. Un cadre protecteur.&lt;br class='autobr' /&gt;
Circulez, il n'y a plus rien &#224; voir.&lt;br class='autobr' /&gt;
Ayez confiance ! Fermez les yeux !&lt;br class='autobr' /&gt;
Nous vous surveillons, circulez !&lt;br class='autobr' /&gt;
Au travail. Une fois termin&#233;, rentrez bien calmement chez vous. Allumez votre t&#233;l&#233;, votre ordinateur. La r&#233;alit&#233; est celle qu'on diffuse, pas celle que vous vivez au quotidien.&lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; Vous n'avez rien &#224; craindre si vous n'avez rien &#224; cacher. &#187;&lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; Si vous n'avez rien &#224; cacher, vous n'avez rien &#224; craindre. &#187;&lt;br class='autobr' /&gt;
Si vous n'avez rien &#224; vous reprocher, pourquoi ne pas accepter la surveillance g&#233;n&#233;ralis&#233;e ?&lt;br class='autobr' /&gt;
Pour sauvegarder notre libert&#233; et nos modes de vie, il faudrait accepter la mise en place des dispositifs qui vont &#224; l'encontre de notre libert&#233;. Mais il existe une nuance entre veiller sur et surveiller.&lt;br class='autobr' /&gt;
Surveill&#233;s en tout lieu.&lt;br class='autobr' /&gt;
Avec la reconnaissance faciale en temps r&#233;el.&lt;br class='autobr' /&gt;
Avec des drones et des cam&#233;ras de vid&#233;osurveillance partout, tout le temps, tout le monde film&#233;.&lt;br class='autobr' /&gt;
C'est voir sans &#234;tre vu.&lt;br class='autobr' /&gt;
L'interdiction de filmer policiers et gendarmes dans leurs interventions, en action, ne permettra pas d'&#233;radiquer d'&#233;ventuelles violences, juste de les faire dispara&#238;tre &#224; notre vue, les passer sous silence, pas les emp&#234;cher, encore moins les interdire, nous n'aurons plus d&#232;s lors aucun moyen de faire pression lorsque, preuve &#224; l'appui, policiers et gendarmes seraient en faute. La preuve aura disparu. Il ne restera que le doute. Et la force l'emportera. Et nous aurons perdu. Tout perdu.&lt;br class='autobr' /&gt;
Fermer les yeux, c'est accepter. C'est renoncer. C'est tout le contraire qu'il faut : Il faut ouvrir les yeux pour tenter de voir enfin la v&#233;rit&#233; en face.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Avancer sans chercher son chemin</title>
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		<dc:date>2020-01-23T08:00:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Pierre M&#233;nard</dc:creator>


		<dc:subject>Po&#233;sie</dc:subject>
		<dc:subject>&#201;criture</dc:subject>
		<dc:subject>Absence</dc:subject>
		<dc:subject>D&#233;rive</dc:subject>
		<dc:subject>Corps</dc:subject>
		<dc:subject>Sensation</dc:subject>
		<dc:subject>Temps</dc:subject>
		<dc:subject>Langage</dc:subject>
		<dc:subject>Portrait</dc:subject>
		<dc:subject>Photographie</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Avancer sans savoir o&#249; silencieux s'&#233;lan&#231;ant timide ou h&#233;sitant tuer le temps penaud &#224; petits pas maladroit jambes et bras li&#233;s et serr&#233;s contre le corps engonc&#233; &#233;vinc&#233; dans des v&#234;tements trop &#233;triqu&#233;s souffrant du froid sec froiss&#233; qui serre &#233;treint le tissu raide. &lt;br class='autobr' /&gt;
Ride et sourire &#224; la trace bouche muette le silence &#224; l'int&#233;rieur la commissure &#224; peine d&#233;sirable bat la mesure sans d&#233;border outre. &lt;br class='autobr' /&gt;
Sensation d'enfermement perdu en soi instable souffle blanc comme un l&#233;ger sifflement du (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.liminaire.fr/ecriture/proces-verbal/" rel="directory"&gt;Proc&#232;s-verbal&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/poesie" rel="tag"&gt;Po&#233;sie&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/ecriture" rel="tag"&gt;&#201;criture&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/absence" rel="tag"&gt;Absence&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/derive" rel="tag"&gt;D&#233;rive&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/corps" rel="tag"&gt;Corps&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/sensation" rel="tag"&gt;Sensation&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/temps" rel="tag"&gt;Temps&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/langage" rel="tag"&gt;Langage&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/portrait" rel="tag"&gt;Portrait&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/photographie" rel="tag"&gt;Photographie&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.liminaire.fr/local/cache-vignettes/L150xH100/arton2131-533b7.jpg?1739550289' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='100' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Avancer sans savoir o&#249; silencieux s'&#233;lan&#231;ant timide ou h&#233;sitant tuer le temps penaud &#224; petits pas maladroit jambes et bras li&#233;s et serr&#233;s contre le corps engonc&#233; &#233;vinc&#233; dans des v&#234;tements trop &#233;triqu&#233;s souffrant du froid sec froiss&#233; qui serre &#233;treint le tissu raide.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ride et sourire &#224; la trace bouche muette le silence &#224; l'int&#233;rieur la commissure &#224; peine d&#233;sirable bat la mesure sans d&#233;border outre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sensation d'enfermement perdu en soi instable souffle blanc comme un l&#233;ger sifflement du vent dans les feuilles des arbres la main qui glisse sur la feuille l'insupportable &#233;tirement &#224; double tour &#233;tir&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette pression insens&#233;e sans savoir o&#249; ferm&#233; dans le blanc invisible du jour l'&#226;pret&#233; des sens dans l'attente insupportable de ce qui ne vient pas ne viendra jamais qui fait d&#233;faut sans savoir pourquoi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avancer malgr&#233; tout pour combler ce vide en soi cet appel d'air &#233;trange sans &#233;viter le pire du jamais vu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ne plus y penser mais effacer jadis jusqu'aux souvenirs de la veille et les r&#234;ves aux oubliettes &#233;vacu&#233;s se fixer ailleurs pour seul objectif et tenter d'y croire contre toute attente oui pour tout voir autrement d&#233;cid&#233;ment l'espace d'un instant tout est interminable.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;T&#234;te baiss&#233;e les yeux dans le vide entre deux marches lieu de tension absolu regard vitreux t&#234;te entr&#233;e dans les &#233;paules tendues.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avancer sans chercher son chemin sans demander son reste ni question ni remords sans un geste penser au lendemain au regard des autres le murmure des pas autour de soi des mots chuchot&#233;s dans son dos les traces blanches qu'on devine presque jamais sur le bitume &#224; peine dessin&#233;es inutile de les suivre &#224; l'infini.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La souplesse est illusion d'esquisses l'&#233;coute impossible sortie de route avancer pour mieux rentrer.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;base64javascript26864865169f11d6c982b19.85655464&#034; title=&#034;PHNjcmlwdCB0eXBlPSJ0ZXh0L2phdmFzY3JpcHQiPi8qPCFbQ0RBVEFbKi8KJChkb2N1bWVudCkucmVhZHkoZnVuY3Rpb24oKSB7CgkgCgkJJCgnLmluZm9idWxsZScpLnRvb2x0aXAoewoJCQlib2R5SGFuZGxlcjogZnVuY3Rpb24oKSB7CgkJCQlyZXR1cm4gJCgkKHRoaXMpLmNoaWxkcmVuKCIudGV4dGluZm9idWxsZSIpKS5odG1sKCk7CgkJCX0sCgkJCXRyYWNrOiB0cnVlLAoJCQlkZWxheTogMCwKCQkJc2hvd1VSTDogZmFsc2UsCgkJCW9wYWNpdHk6IDEsCgkJCWZpeFBORzogdHJ1ZSwKCQkJZXh0cmFDbGFzczogInByZXR0eSIsCgkJCXRvcDogLTE1LAoJCQlsZWZ0OiA1CgkJfSk7CgkKCSAKCQkkKCJhLmZsZXBpb3R1IikubWVkaWFib3goYm94X3NldHRpbmdzKTsKCQp9KTsKLypdXT4qLzwvc2NyaXB0Pg==&#034;&gt;&lt;/div&gt; &lt;div class=&#034;cycle-slideshow&#034; style=&#034;background-color:#000000; max-width:5472px;	&#034; data-cycle-slides=&#034;div.infobulle&#034; data-cycle-speed=&#034;1000&#034; data-cycle-timeout=&#034;4000&#034; data-cycle-delay=&#034;200&#034; data-cycle-fx=&#034;fade&#034; &gt; &lt;div class=&#034;infobulle&#034;&gt; &lt;a href='https://www.liminaire.fr/IMG/jpg/img_8585_49273959027_o.jpg' type=&#034;image/jpeg&#034; class=&#034;flepiotu&#034; rel=&#034;flepiotu&#034; style=&#034;display:block;padding:0px;margin:0px;&#034; data-cycle-title=&#034;&#034; data-cycle-desc=&#034;&#034;&gt; &lt;img class=&#034;filtre_inactif no_image_filtrer no-adapt-img&#034; src='https://www.liminaire.fr/local/cache-gd2/6f/ffd9fe8015c9b3320a065736c0cab3.jpg?1740151920' alt=&#034;&#034; data-cycle-title=&#034;&#034; data-cycle-desc=&#034;&#034; /&gt; &lt;/a&gt; &lt;span class=&#034;textinfobulle&#034; style=&#034;display:none;&#034;&gt;&lt;/span&gt; &lt;/div&gt; &lt;!-- .infobulle --&gt; &lt;div class=&#034;infobulle&#034;&gt; &lt;a href='https://www.liminaire.fr/IMG/jpg/img_8594_49273918707_o.jpg' type=&#034;image/jpeg&#034; class=&#034;flepiotu&#034; rel=&#034;flepiotu&#034; style=&#034;display:block;padding:0px;margin:0px;&#034; data-cycle-title=&#034;&#034; data-cycle-desc=&#034;&#034;&gt; &lt;img class=&#034;filtre_inactif no_image_filtrer no-adapt-img&#034; src='https://www.liminaire.fr/local/cache-gd2/df/ad7f034037a1870ebca7870ba18c5b.jpg?1740151921' alt=&#034;&#034; data-cycle-title=&#034;&#034; data-cycle-desc=&#034;&#034; /&gt; &lt;/a&gt; &lt;span class=&#034;textinfobulle&#034; style=&#034;display:none;&#034;&gt;&lt;/span&gt; &lt;/div&gt; &lt;!-- .infobulle --&gt; &lt;div class=&#034;infobulle&#034;&gt; &lt;a href='https://www.liminaire.fr/IMG/jpg/img_8623_49300101337_o.jpg' type=&#034;image/jpeg&#034; class=&#034;flepiotu&#034; rel=&#034;flepiotu&#034; style=&#034;display:block;padding:0px;margin:0px;&#034; data-cycle-title=&#034;&#034; data-cycle-desc=&#034;&#034;&gt; &lt;img class=&#034;filtre_inactif no_image_filtrer no-adapt-img&#034; src='https://www.liminaire.fr/local/cache-gd2/d2/c73a1206f4fdc65eee92f5ca6cde4c.jpg?1740151922' alt=&#034;&#034; data-cycle-title=&#034;&#034; data-cycle-desc=&#034;&#034; /&gt; &lt;/a&gt; &lt;span class=&#034;textinfobulle&#034; style=&#034;display:none;&#034;&gt;&lt;/span&gt; &lt;/div&gt; &lt;!-- .infobulle --&gt; &lt;div class=&#034;infobulle&#034;&gt; &lt;a href='https://www.liminaire.fr/IMG/jpg/img_8629_49299862901_o.jpg' type=&#034;image/jpeg&#034; class=&#034;flepiotu&#034; rel=&#034;flepiotu&#034; style=&#034;display:block;padding:0px;margin:0px;&#034; data-cycle-title=&#034;&#034; data-cycle-desc=&#034;&#034;&gt; &lt;img class=&#034;filtre_inactif no_image_filtrer no-adapt-img&#034; src='https://www.liminaire.fr/local/cache-gd2/0c/50344c9f5d3e52188f50e558ca25c7.jpg?1740151923' alt=&#034;&#034; data-cycle-title=&#034;&#034; data-cycle-desc=&#034;&#034; /&gt; &lt;/a&gt; &lt;span class=&#034;textinfobulle&#034; style=&#034;display:none;&#034;&gt;&lt;/span&gt; &lt;/div&gt; &lt;!-- .infobulle --&gt; &lt;div class=&#034;infobulle&#034;&gt; &lt;a href='https://www.liminaire.fr/IMG/jpg/img_8638_49341359993_o.jpg' type=&#034;image/jpeg&#034; class=&#034;flepiotu&#034; rel=&#034;flepiotu&#034; style=&#034;display:block;padding:0px;margin:0px;&#034; data-cycle-title=&#034;&#034; data-cycle-desc=&#034;&#034;&gt; &lt;img class=&#034;filtre_inactif no_image_filtrer no-adapt-img&#034; src='https://www.liminaire.fr/local/cache-gd2/5c/623000c163ccb8bdc89e935de59bb3.jpg?1740151924' alt=&#034;&#034; data-cycle-title=&#034;&#034; data-cycle-desc=&#034;&#034; /&gt; &lt;/a&gt; &lt;span class=&#034;textinfobulle&#034; style=&#034;display:none;&#034;&gt;&lt;/span&gt; &lt;/div&gt; &lt;!-- .infobulle --&gt; &lt;div class=&#034;infobulle&#034;&gt; &lt;a href='https://www.liminaire.fr/IMG/jpg/img_8693_49362590743_o.jpg' type=&#034;image/jpeg&#034; class=&#034;flepiotu&#034; rel=&#034;flepiotu&#034; style=&#034;display:block;padding:0px;margin:0px;&#034; data-cycle-title=&#034;&#034; data-cycle-desc=&#034;&#034;&gt; &lt;img class=&#034;filtre_inactif no_image_filtrer no-adapt-img&#034; src='https://www.liminaire.fr/local/cache-gd2/74/3694b60560df68fb90b36b99098ea0.jpg?1740151925' alt=&#034;&#034; data-cycle-title=&#034;&#034; data-cycle-desc=&#034;&#034; /&gt; &lt;/a&gt; &lt;span class=&#034;textinfobulle&#034; style=&#034;display:none;&#034;&gt;&lt;/span&gt; &lt;/div&gt; &lt;!-- .infobulle --&gt; &lt;div class=&#034;infobulle&#034;&gt; &lt;a href='https://www.liminaire.fr/IMG/jpg/img_8700_49375457298_o.jpg' type=&#034;image/jpeg&#034; 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&lt;/div&gt;&lt;!-- .cycle-slideshow --&gt;&lt;/div&gt;
		
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<item xml:lang="fr">
		<title>Le scandale du Madoff des manuscrits</title>
		<link>https://www.liminaire.fr/ecriture/proces-verbal/article/le-scandale-du-madoff-des-manuscrits</link>
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		<dc:date>2018-11-06T08:48:06Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Pierre M&#233;nard</dc:creator>


		<dc:subject>M&#233;moire</dc:subject>
		<dc:subject>&#201;criture</dc:subject>
		<dc:subject>Po&#233;sie</dc:subject>
		<dc:subject>Art</dc:subject>
		<dc:subject>Information</dc:subject>
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		<dc:subject>Soci&#233;t&#233;</dc:subject>
		<dc:subject>Politique</dc:subject>
		<dc:subject>Traces</dc:subject>
		<dc:subject>Charles Baudelaire</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Dans L'express, je d&#233;couvre l'incroyable histoire du Madoff fran&#231;ais, &#233;crit par J&#233;r&#244;me Dupuis et Laurent L&#233;ger, qui se lit comme un feuilleton d'un autre temps. &lt;br class='autobr' /&gt;
G&#233;rard Lh&#233;ritier est l'un des plus gros acheteurs de manuscrits du monde. Les &#233;crits de Kafka, Hugo, Mozart, Einstein, Baudelaire, Gauguin, tout y passe. Ses pi&#232;ces ma&#238;tresses, d&#233;sormais class&#233;es tr&#233;sors nationaux : le rouleau manuscrit des 120 journ&#233;es de Sodome du marquis de Sade et les premier et deuxi&#232;me Manifeste(s) du (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.liminaire.fr/ecriture/proces-verbal/" rel="directory"&gt;Proc&#232;s-verbal&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/memoire" rel="tag"&gt;M&#233;moire&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/ecriture" rel="tag"&gt;&#201;criture&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/poesie" rel="tag"&gt;Po&#233;sie&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/art" rel="tag"&gt;Art&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/information" rel="tag"&gt;Information&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/inventaire" rel="tag"&gt;Inventaire&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/societe" rel="tag"&gt;Soci&#233;t&#233;&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/politique" rel="tag"&gt;Politique&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/traces" rel="tag"&gt;Traces&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/charles-baudelaire" rel="tag"&gt;Charles Baudelaire&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.liminaire.fr/local/cache-vignettes/L150xH116/arton2051-e8014.png?1739550289' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='116' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Dans &lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;https://www.lexpress.fr&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;L'express&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;, je d&#233;couvre &lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;https://www.lexpress.fr/actualite/societe/l-incroyable-histoire-du-madoff-francais_2043901.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;l'incroyable histoire du &lt;i&gt;Madoff fran&#231;ais&lt;/i&gt;&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;, &#233;crit par J&#233;r&#244;me Dupuis et Laurent L&#233;ger, qui se lit comme un feuilleton d'un autre temps.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;https://fr.wikipedia.org/wiki/G%C3%A9rard_Lh%C3%A9ritier&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;G&#233;rard Lh&#233;ritier&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt; est l'un des plus gros acheteurs de manuscrits du monde. Les &#233;crits de Kafka, Hugo, Mozart, Einstein, Baudelaire, Gauguin, tout y passe. Ses pi&#232;ces ma&#238;tresses, d&#233;sormais class&#233;es &lt;i&gt;tr&#233;sors nationaux&lt;/i&gt; : le rouleau manuscrit des &lt;i&gt;120 journ&#233;es de Sodome&lt;/i&gt; du marquis de Sade et les premier et deuxi&#232;me Manifeste(s) du surr&#233;alisme d'Andr&#233; Breton ou bien encore le manuscrit d'&lt;i&gt;Ursule Mirou&#235;t&lt;/i&gt; d'Honor&#233; de Balzac. Il a constitu&#233; une collection de 130 000 pi&#232;ces originales, mais tous ces manuscrits ne lui appartiennent pas vraiment. Il les a revendus en effet par le biais de sa soci&#233;t&#233; &lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;https://fr.wikipedia.org/wiki/Aristophil&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Aristophil&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;, qui proposait &#224; 18 000 clients d'acheter des manuscrits gr&#226;ce &#224; des conventions d'indivision, en promettant &#224; ses &#233;pargnants de les racheter avec des int&#233;r&#234;ts faramineux, 40% sur cinq ans.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Le 18 novembre 2014 au matin, &#233;crit J&#233;r&#244;me Dupuis, cette folle fuite en avant va s'arr&#234;ter brutalement. La police judiciaire perquisitionne les locaux d'&lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;http://www.collections-aristophil.com/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Aristophil&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt; et la villa ni&#231;oise de G&#233;rard Lh&#233;ritier. La soci&#233;t&#233; est mise en liquidation. L'h&#244;tel particulier &#224; Paris est saisi (on d&#233;couvrira qu'il &#233;tait presque enti&#232;rement hypoth&#233;qu&#233;). G&#233;rard Lh&#233;ritier, sa fille, Jean-Claude Vrain et quelques autres comparses sont mis en examen pour escroquerie en bande organis&#233;e. On &#233;value le pr&#233;judice des 18 000 &#233;pargnants &#224; pr&#232;s de 1 milliard d'euros. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J&#233;r&#244;me Dupuis raconte de vive voix son enqu&#234;te, avec Laurent L&#233;ger, sur G&#233;rard Lh&#233;ritier, ses amis, ses oblig&#233;s, ses clients et ses victimes :&lt;/p&gt;
&lt;iframe width=&#034;100%&#034; height=&#034;166&#034; scrolling=&#034;no&#034; frameborder=&#034;no&#034; allow=&#034;autoplay&#034; src=&#034;https://w.soundcloud.com/player/?url=https%3A//api.soundcloud.com/tracks/522750255&amp;color=%23ff5500&amp;auto_play=false&amp;hide_related=false&amp;show_comments=true&amp;show_user=true&amp;show_reposts=false&amp;show_teaser=true&#034;&gt;&lt;/iframe&gt;
&lt;p&gt;Le malaise au moment de d&#233;couvrir l'annonce de la &lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;http://www.osenat.com/catalogue/94449&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;vente aux ench&#232;res qui a eu lieu dimanche 4 novembre &#224; Fontainebleau&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt; avec plus de 140 lettres &#233;crites par de grands noms de la litt&#233;rature fran&#231;aise : Rimbaud, Zola ou encore Proust.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'expert de cette vente n'est autre qu'Alain Nicolas, l'un des principaux fournisseurs du temps de la splendeur d'&lt;i&gt;Aristophil&lt;/i&gt;, comme le rappellent les auteurs de l'article de &lt;i&gt;L'Express&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_1897 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;34&#034; data-legende-lenx=&#034;x&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.liminaire.fr/local/cache-vignettes/L500xH271/vf_baudelaire_1760.jpeg_north_760x_white-30136.jpg?1739550289' width='500' height='271' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;Cr&#233;dit : JACQUES DEMARTHON / AFP
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Une lettre de jeunesse de Charles Baudelaire annon&#231;ant son intention de se suicider s'est vendue dimanche &#224; 234.000 euros, trois fois le prix estim&#233;, lors des ench&#232;res par la &lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;http://www.osenat.com/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;maison Osenat&lt;/i&gt;&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt; de missives de l'auteur des &lt;i&gt;Fleurs du mal&lt;/i&gt;. Cette lettre de Baudelaire, dat&#233;e de juin 1845, &#224; l'adresse de sa ma&#238;tresse Jeanne Duval, &#233;tait estim&#233;e entre 60.000 et 80.000 euros. Elle fera d&#233;sormais partie d'une collection priv&#233;e fran&#231;aise, a pr&#233;cis&#233; la maison d'ench&#232;res.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La sp&#233;culation sur les manuscrits consid&#233;r&#233;s en temps de crise comme un placement avantageux et d&#233;fiscalis&#233; est un repli r&#233;v&#233;lateur et r&#233;trograde au moment o&#249; des auteurs viennent de cr&#233;er la &lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;https://ligue.auteurs.pro/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Ligue des Auteurs Professionnels&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;, l'association d'un collectif d'auteurs et une f&#233;d&#233;ration d'organisations, pour sauvegarder le m&#233;tier et am&#233;liorer les conditions de cr&#233;ation de tous les auteurs : protection sociale, r&#233;mun&#233;ration, renforcement du droit d'auteur, encadrement par le code du travail, r&#233;&#233;quilibrage du rapport auteur/&#233;diteur&#8230;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Immortels</title>
		<link>https://www.liminaire.fr/ecriture/proces-verbal/article/immortels</link>
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		<dc:date>2018-09-28T16:55:56Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Pierre M&#233;nard</dc:creator>


		<dc:subject>Temps</dc:subject>
		<dc:subject>M&#233;moire</dc:subject>
		<dc:subject>Voix</dc:subject>
		<dc:subject>Sons</dc:subject>
		<dc:subject>Vid&#233;o</dc:subject>
		<dc:subject>Musique</dc:subject>
		<dc:subject>Amour</dc:subject>
		<dc:subject>Art</dc:subject>
		<dc:subject>Mort</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;&#171; Mortels, mortels ? Je ne t'ai jamais dit mais nous sommes immortels. &#187; &lt;br class='autobr' /&gt; Jouer avec le temps, le faire d&#233;jouer, se moquer de sa permanence. Une seule chose qui ne changera pas, qui malgr&#233; tous les progr&#232;s ne pourra jamais se renverser. L'immortalit&#233; est impossible. Mourir fait de nous ce que nous sommes, la dur&#233;e est le sel de nos vies, son insoup&#231;onn&#233;e l&#233;g&#232;ret&#233;, le temps en assure la saveur, dans l'&#233;ph&#233;m&#232;re dur&#233;e des signes. Et m&#234;me cela le remettre en cause ? Impossible. Mais on peut (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/sons" rel="tag"&gt;Sons&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/amour" rel="tag"&gt;Amour&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/mort" rel="tag"&gt;Mort&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.liminaire.fr/local/cache-vignettes/L150xH78/arton2048-abae0.jpg?1739550289' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='78' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&#171; Mortels, mortels ? Je ne t'ai jamais dit mais nous sommes immortels. &#187;
&lt;br&gt;
&lt;br&gt;
Jouer avec le temps, le faire d&#233;jouer, se moquer de sa permanence. Une seule chose qui ne changera pas, qui malgr&#233; tous les progr&#232;s ne pourra jamais se renverser. L'immortalit&#233; est impossible. Mourir fait de nous ce que nous sommes, la dur&#233;e est le sel de nos vies, son insoup&#231;onn&#233;e l&#233;g&#232;ret&#233;, le temps en assure la saveur, dans l'&#233;ph&#233;m&#232;re dur&#233;e des signes. Et m&#234;me cela le remettre en cause ? Impossible. Mais on peut r&#234;ver, on peu esp&#233;rer, on peut se laisser abuser, l'espace d'un instant, continuer d'y croire. Celui qu'on croyait mort revient parmi nous. Il est vivant. Sa voix en est la preuve. L'attraction de la profondeur nous maintient paradoxalement alerte, &#224; l'&#233;coute. En vie. En fait, c'est encore plus intense, c'est sauvage et beau. Il ne nous a jamais quitt&#233;. Il est toujours l&#224;. Sa pr&#233;sence secr&#232;te se rappelle &#224; nous. Quelques notes de musique. Et les mots de la chanson qu'on a d&#233;j&#224; entendue, &#233;crite pour lui par un autre qu'on aime aussi, se prolongent &#224; travers le temps. Notre m&#233;moire &#224; vif. Tous ces instants contre le temps pass&#233;. Un peu de repos, de r&#233;pit.&lt;/p&gt;
&lt;center&gt;&lt;iframe width=&#034;560&#034; height=&#034;315&#034; src=&#034;https://www.youtube.com/embed/E5rIb1t6Ukw&#034; frameborder=&#034;0&#034; allow=&#034;autoplay; encrypted-media&#034; allowfullscreen&gt;&lt;/iframe&gt;&lt;/center&gt;
&lt;p&gt;Je ne t'ai jamais dit mais nous sommes sommes immortels &lt;br class='autobr' /&gt;
Pourquoi es-tu parti avant que je te l'apprenne ? &lt;br class='autobr' /&gt;
Le savais-tu d&#233;j&#224; ? Avais-tu devin&#233; ? &lt;br class='autobr' /&gt;
Que des dieux se cachaient sous des faces avin&#233;es&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mortels, mortels, nous sommes immortels &lt;br class='autobr' /&gt;
Je ne t'ai jamais dit mais nous sommes sommes immortels&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;As-tu senti parfois que rien ne finissait ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et qu'on soit l&#224; ou pas quand m&#234;me on y serait &lt;br class='autobr' /&gt;
Et toi tu n'es plus l&#224; c'est comme si tu &#233;tais &lt;br class='autobr' /&gt;
Plus immortel que moi mais je te suis de pr&#232;s&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mortels, mortels, nous sommes immortels &lt;br class='autobr' /&gt;
Je ne t'ai jamais dit mais nous sommes sommes immortels&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mortels, mortels, nous sommes immortels &lt;br class='autobr' /&gt;
Je ne t'ai jamais dit mais nous sommes sommes immortels&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;En amont&lt;/i&gt; est un album qui regroupe onze titres in&#233;dits d'Alain Bashung, laiss&#233;s en chantier lors de l'enregistrement de son dernier album &lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;https://fr.wikipedia.org/wiki/Bleu_p%C3%A9trole&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Bleu P&#233;trole&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;, en 2008.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La chanson &lt;i&gt;Immortels&lt;/i&gt; a &#233;t&#233; &#233;crite et compos&#233;e par &lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;https://www.dominiquea.com/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Dominique A&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt; qui la chantait dans son album &lt;i&gt;La Musique&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;center&gt;&lt;iframe width=&#034;560&#034; height=&#034;315&#034; src=&#034;https://www.youtube.com/embed/w23I5aRnJK0&#034; frameborder=&#034;0&#034; allow=&#034;autoplay; encrypted-media&#034; allowfullscreen&gt;&lt;/iframe&gt;&lt;/center&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Bansky &#224; Paris</title>
		<link>https://www.liminaire.fr/ecriture/proces-verbal/article/bansky-a-paris</link>
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		<dc:date>2018-06-26T08:10:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Pierre M&#233;nard</dc:creator>


		<dc:subject>Regard</dc:subject>
		<dc:subject>Langage</dc:subject>
		<dc:subject>Photographie</dc:subject>
		<dc:subject>Quotidien</dc:subject>
		<dc:subject>Art</dc:subject>
		<dc:subject>Travail</dc:subject>
		<dc:subject>Soci&#233;t&#233;</dc:subject>
		<dc:subject>Politique</dc:subject>
		<dc:subject>Traces</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;&#171; La peinture n'est pas faite pour d&#233;corer les appartements, c'est un instrument de guerre offensif et d&#233;fensif contre l'ennemi. &#187; Pablo Picasso &lt;br class='autobr' /&gt;
Les murs de la capitale attestent depuis quelques jours du passage de l'artiste de rue Bansky. Les formes se d&#233;tachent du mur qui leur sert de support, elles nous arr&#234;tent, nous arrachent &#224; ce temps et &#224; ce lieu. L'une d'entre-elles est situ&#233;e Avenue de Flandres, dans le 19&#232;me arrondissement. &lt;br class='autobr' /&gt;
PPeinture de Bansky, photographie de Pierre M&#233;nard (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/langage" rel="tag"&gt;Langage&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/photographie" rel="tag"&gt;Photographie&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/quotidien" rel="tag"&gt;Quotidien&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/art" rel="tag"&gt;Art&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/travail" rel="tag"&gt;Travail&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/societe" rel="tag"&gt;Soci&#233;t&#233;&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/politique" rel="tag"&gt;Politique&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/traces" rel="tag"&gt;Traces&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.liminaire.fr/local/cache-vignettes/L150xH84/arton2036-86cec.jpg?1739550289' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='84' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&#171; La peinture n'est pas faite pour d&#233;corer les appartements, c'est un instrument de guerre offensif et d&#233;fensif contre l'ennemi. &#187; Pablo Picasso&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les murs de la capitale attestent depuis quelques jours du passage de l'artiste de rue Bansky. Les formes se d&#233;tachent du mur qui leur sert de support, elles nous arr&#234;tent, nous arrachent &#224; ce temps et &#224; ce lieu. L'une d'entre-elles est situ&#233;e Avenue de Flandres, dans le 19&#232;me arrondissement.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_759 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.liminaire.fr/IMG/jpg/36228593_1900215020042118_2066734805386526720_n-2.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.liminaire.fr/local/cache-vignettes/L500xH456/36228593_1900215020042118_2066734805386526720_n-2-77db5.jpg?1739550289' width='500' height='456' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;center&gt;PPeinture de Bansky, photographie de Pierre M&#233;nard&lt;/center&gt;
&lt;p&gt;L'artiste anglais s'approprie le tableau de Jacques-Louis David : &lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;https://fr.wikipedia.org/wiki/Bonaparte_franchissant_le_Grand-Saint-Bernard&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Bonaparte franchissant le Grand-Saint-Bernard&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;. Il y montre un cavalier drap&#233; dans un tissu qui lui voile le visage.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_754 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.liminaire.fr/IMG/jpg/jacques-louis_david_007-2.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.liminaire.fr/local/cache-vignettes/L500xH588/jacques-louis_david_007-2-b76fc.jpg?1739550289' width='500' height='588' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;center&gt;Peinture de Jacques-Louis David&lt;/center&gt;
&lt;p&gt;Cette toile de Jacques-Louis David, repr&#233;sentant Napol&#233;on Bonaparte, encore Premier Consul, traversant les Alpes sur son fougueux destrier. Le tableau peint par l'artiste n&#233;o-classique rassemblait toutes les qualit&#233;s pour entrer dans l'Histoire de l'art. Composition saisissante, couleurs vives, posture alti&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Arch&#233;types du portrait de propagande, les cinq versions du tableau ont &#233;t&#233; reproduites de nombreuses fois en gravures, sur des vases ou des assiettes, sous forme de puzzle ou de timbre, t&#233;moignages de son importante post&#233;rit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce tableau a ainsi &#233;t&#233; pastich&#233; de tr&#232;s nombreuses fois depuis l'accession au pouvoir d'Emmanuel Macron. Il faisait par exemple la couverture du journal &lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;http://www.valeursactuelles.com/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Valeurs actuelles&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt; il y a un an exactement.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_762 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.liminaire.fr/local/cache-vignettes/L300xH420/valeurs-25cdb.jpg?1739528634' width='300' height='420' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Le d&#233;tournement propos&#233; par &lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;http://banksy.co.uk/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Bansky&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt; est compris de diff&#233;rentes mani&#232;res :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Ici la cape de l'empereur recouvre totalement le personnage montant le cheval, et donne l'impression qu'une femme voil&#233;e remplace Napol&#233;on. &#187; Dixit &lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;http://www.leparisien.fr/culture-loisirs/de-passage-a-paris-banksy-couvre-les-murs-d-oeuvres-engagees-24-06-2018-7791171.php&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Le Parisien&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais comment ne pas voir une critique de &lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;https://www.lemonde.fr/immigration-et-diversite/article/2018/04/22/migrants-dans-les-alpes-francaises-renforts-importants-pour-controler-les-frontieres_5289094_1654200.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;l'op&#233;ration &#171; Defend Europe &#187; par des militants d'extr&#234;me droite&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt; qui avaient occup&#233; le col de l'&#201;chelle dans les Alpes, point de passage frontalier fr&#233;quemment emprunt&#233; par des migrants, majoritairement franchissent la fronti&#232;re &#224; pied pour rejoindre la France.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette image s'inscrit en effet dans une s&#233;rie sp&#233;cialement con&#231;ue par Bansky pour Paris. L'une d'elles repr&#233;sente une fillette noire, juch&#233;e sur une cagette en bois, qui peint &#224; la bombe un motif de fleurs rose r&#233;p&#233;t&#233; comme un papier-peint essayant de recouvrir une immense croix gamm&#233;e peinte sur le mur. Au sol on distingue son ours en peluche, sur un amas de couverture laissant penser que la rue est son quotidien. Pour qui conna&#238;t un peu le travail de Bansky, le motif de la tapisserie rose fait r&#233;f&#233;rence au &lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;http://www.andipa.com/artist/banksy/go-flock-yourself&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Go Flock Yourself&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt; que l'artiste avait graff&#233; en 2008.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_761 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.liminaire.fr/IMG/jpg/3908731261_0dceb167ee_b.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.liminaire.fr/local/cache-vignettes/L500xH422/3908731261_0dceb167ee_b-38445.jpg?1739550289' width='500' height='422' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;center&gt;Banksy : Take This As A Sign. Photographie de Jon Hope&lt;/center&gt;
&lt;p&gt;En 2009, Bansky avait r&#233;alis&#233; un pochoir repr&#233;sentant Zorro qui enduisait le mur de deux tours sur le toit d'un immeuble de Londres, &#233;crivant en grandes lettres peintes en rose, le message suivant : &lt;i&gt;Prenez cela comme un signe&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce Zorro de pacotille, un foulard lui couvrant la moiti&#233; du visage, soul&#232;ve son rouleau vers le haut pour r&#233;pandre la peinture en signe de victoire. Ce personnage absurde s'enfuit apr&#232;s avoir laiss&#233; son myst&#233;rieux et mena&#231;ant message non sans &#234;tre immortalis&#233; dans une pose digne de l'Empereur Napol&#233;on.
&lt;br&gt;
&lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;center&gt;&lt;iframe width=&#034;560&#034; height=&#034;315&#034; src=&#034;https://www.youtube.com/embed/KZktx0k17a0&#034; frameborder=&#034;0&#034; allow=&#034;autoplay; encrypted-media&#034; allowfullscreen&gt;&lt;/iframe&gt;&lt;/center&gt;
&lt;p&gt;&lt;br&gt;
&lt;br&gt;
Le street art est un art de l'&#233;ph&#233;m&#232;re, du temporaire, une mani&#232;re de valoriser l'instant, de nous inviter &#224; nous concentrer sur le pr&#233;sent lui-m&#234;me, riche d'un pass&#233; &#224; revivifier et d'un avenir &#224; construire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce qui me trouble avec cette r&#233;cente apparition d'&#339;uvres de Bansky &#224; Paris, c'est que personne ne semble vraiment les regarder, la plupart des gens s'empressent de les d&#233;nombrer, les collectionner comme autant de troph&#233;es, les trouver, les d&#233;nicher. Les journaux &#233;voquent d'ailleurs une chasse aux tr&#233;sors, mais la plupart du temps la description de l'&#339;uvre est approximative et l'analyse sommaire ou inexacte. La valeur des &#339;uvres n'est abord&#233;e que dans sa dimension financi&#232;re, l'identit&#233; myst&#233;rieuse de l'artiste attire toute l'attention.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les interventions de Bansky sont politiques, morales ou sociales, elles ont toujours &#224; voir avec l'&#233;thique, avec l'urgence de r&#233;agir face au monde contemporain, sans se r&#233;fugier dans cet univers de &#171; merveilleuses images &#187; que d&#233;crit Rimbaud dans les &lt;i&gt;Illuminations&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce dont parlait justement &lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;https://www.franceculture.fr/personne-jacques-munier.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Jacques Munier&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt; hier dans son &#233;mission sur &lt;i&gt;France Culture&lt;/i&gt; : &lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;https://www.franceculture.fr/emissions/le-journal-des-idees/le-journal-des-idees-du-lundi-25-juin-2018&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Une image qui &#171; troue le r&#233;el. &#187;&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;
&lt;br&gt;
&lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;iframe src=&#034;https://www.franceculture.fr/player/export-reecouter?content=9d0ee6de-6696-4245-9972-2f4acc344481&#034; width=&#034;481&#034; frameborder=&#034;0&#034; scrolling=&#034;no&#034; height=&#034;137&#034;&gt;&lt;/iframe&gt;
&lt;p&gt;&lt;br&gt;
&lt;br&gt;
&#171; Tweet et retweet, post et like, d&#233;sormais &#171; la force illocutoire du faire voir par l'image ne suffit plus, elle doit &#234;tre relay&#233;e par une caution m&#233;diatrice du consommateur qu'on pourrait appeler interlocutoire &#187;. Le r&#233;gime performatif du selfie institue quant &#224; lui une communication en boucle &#171; o&#249; l'individu devient son propre mod&#232;le &#187;. Face &#224; la circulation pl&#233;thorique des images partag&#233;es et au final insignifiantes, la strat&#233;gie de &#171; d&#233;partage &#187; adopt&#233;e par les agences de presse consiste &#224; trier, s&#233;lectionner, &#233;ditorialiser, et archiver les photos, de mani&#232;re notamment &#224; leur assurer une post&#233;rit&#233;. En particulier celle-l&#224; qui parmi elles, selon la formule de Walter Benjamin, est parvenue &#224; ouvrir &#171; ce lieu qui troue le r&#233;el avec sa petite &#233;tincelle &#187;. Faire en sorte que soit assur&#233;e et p&#233;rennis&#233;e sa triple constitution, rep&#233;r&#233;e par Roland Barthes au point de convergence des intentions de l'op&#233;rateur, du spectateur et du sujet, souvent oubli&#233; dans le d&#233;bat m&#233;diatique, celui ou celle qui est vis&#233; par le photographe et que la photo va transformer en spectre, hantant l'image longtemps apr&#232;s sa propre disparition. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sur la s&#233;rie de pochoirs de Bansky &#224; Paris, regardez la belle s&#233;rie photographique de &lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;http://www.liberation.fr/photographie/2018/06/24/six-banksy-sur-les-murs-de-paris_1661592&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Cyril Zannettacci pour Lib&#233;ration&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;, et lisez l'article tr&#232;s complet d'Emmanuelle Jardonnet paru dans le journal &lt;i&gt;Le Monde&lt;/i&gt; : &lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;https://www.lemonde.fr/arts/article/2018/06/25/banksy-prend-paris-pour-cible-et-comme-terrain-de-jeu_5321085_1655012.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Banksy prend Paris pour cible et comme terrain de jeu&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Figures de la violence</title>
		<link>https://www.liminaire.fr/ecriture/proces-verbal/article/figures-de-la-violence</link>
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		<dc:date>2017-07-16T15:32:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Pierre M&#233;nard</dc:creator>


		<dc:subject>Vid&#233;o</dc:subject>
		<dc:subject>Art</dc:subject>
		<dc:subject>Portrait</dc:subject>
		<dc:subject>Soci&#233;t&#233;</dc:subject>
		<dc:subject>Peinture</dc:subject>
		<dc:subject>Violence</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;J'ai vu il y a quelques semaines une vid&#233;o d'octobre 2011 sur une manifestation contre la tauromachie &#224; Rodilhan. Les militants s'&#233;taient assis au milieu de l'ar&#232;ne, emp&#234;chant l'entr&#233;e des taureaux sur la piste et le d&#233;but de la corrida. Dans cette vid&#233;o d'une rare violence on aper&#231;oit les militants recevoir des coups de pieds, des coups de poings, subir des &#233;tranglements, des jets d'eau en plein visage, une femme se fait m&#234;me enlever son soutient-gorge, d&#233;chir&#233; violemment. Un proc&#232;s a (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/ecriture/proces-verbal/" rel="directory"&gt;Proc&#232;s-verbal&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/video" rel="tag"&gt;Vid&#233;o&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/art" rel="tag"&gt;Art&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/portrait" rel="tag"&gt;Portrait&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/societe" rel="tag"&gt;Soci&#233;t&#233;&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/peinture" rel="tag"&gt;Peinture&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/violence" rel="tag"&gt;Violence&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.liminaire.fr/local/cache-vignettes/L150xH95/arton1959-c4804.jpg?1739550289' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='95' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;J'ai vu il y a quelques semaines &lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;https://youtu.be/X_dP8_73KPM&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;une vid&#233;o d'octobre 2011 sur une manifestation contre la tauromachie &#224; Rodilhan&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;. Les militants s'&#233;taient assis au milieu de l'ar&#232;ne, emp&#234;chant l'entr&#233;e des taureaux sur la piste et le d&#233;but de la corrida. Dans cette vid&#233;o d'une rare violence on aper&#231;oit les militants recevoir des coups de pieds, des coups de poings, subir des &#233;tranglements, des jets d'eau en plein visage, une femme se fait m&#234;me enlever son soutient-gorge, d&#233;chir&#233; violemment.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un proc&#232;s a eu lieu cinq ans apr&#232;s les faits et le jugement a &#233;t&#233; rendu en avril 2016 au tribunal correctionnel de N&#238;mes. Les dix-huit aficionados qui avaient &#233;t&#233; cit&#233;s &#224; compara&#238;tre, r&#233;pondaient de diverses violences &#224; l'encontre de militants anti-corrida et ont &#233;t&#233; d&#233;clar&#233;s coupables des faits qui leur &#233;taient reproch&#233;s (&#224; l'exception d'un accus&#233; qui a &#233;t&#233; relax&#233;) et condamn&#233;s &#224; plusieurs mois de prison avec sursis pour l'essentiel (un seulement avec la prison ferme) accompagn&#233;s d'amendes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La violence de ces images est insoutenable. Difficile de voir s'opposer deux personnes qui se battent, leurs corps &#224; corps d&#233;cha&#238;n&#233;. Mais l&#224; on assiste &#224; un combat d&#233;loyal, in&#233;gal.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_120 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;51&#034; data-legende-lenx=&#034;x&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.liminaire.fr/local/cache-vignettes/L500xH370/rhythm_0_abramovic_-21377-881ca.png?1739528868' width='500' height='370' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;Rhythm 0, performance de Marina Abramovi&#263; &#224; Milan
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;En voyant ces images je me suis rappel&#233; de la performance de Marina Abramovi&#263; : &lt;strong&gt;Rhythm 0&lt;/strong&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Elle se tient debout, fig&#233;e, dans une pi&#232;ce au plafond bas. &#192; c&#244;t&#233; d'elle elle a dispos&#233; soixante-douze objets sur une table recouverte d'un drap blanc. Une affiche donne la &lt;i&gt;consigne&lt;/i&gt; suivante : &lt;i&gt;Sur la table il y a 72 objets avec lesquels vous pouvez me faire ce que vous voulez.&lt;/i&gt; Elle se tient debout. Elle dit : &lt;i&gt;Je suis un objet.&lt;/i&gt; Elle pr&#233;cise : &lt;i&gt;Je prends la responsabilit&#233; de tout ce qui se passera dans ce laps de temps.&lt;/i&gt; Elle se tient debout, sans rien dire, le regard dans le vide. Elle attend. La performance va durer six heures. De 20 heure &#224; 2 heure du matin. Dans le studio napolitain Morra. Elle s'offre au regard des visiteurs. Il y a des &lt;i&gt;objets de plaisir&lt;/i&gt; (plumes, fleurs, raisins, parfum, vin, pain) et des &lt;i&gt;objets de destruction&lt;/i&gt; (couteau, ciseaux, barre de fer, lames de rasoir et un pistolet avec une cartouche).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Elle reste immobile au milieu de la pi&#232;ce. Les visiteurs sont interdits. Ils n'osent pas r&#233;agir. Ils l'observent en silence. Leurs regards essaient de la percer &#224; jour. &lt;i&gt;Je prends la responsabilit&#233; de tout ce qui se passera dans ce laps de temps.&lt;/i&gt; C'est cette phrase qui les irrite. C'est une provocation pour eux m&#234;me s'ils n'osent encore se l'avouer. Elle reste impassible. Un objet. Vous pouvez me faire ce que vous voulez. L'ind&#233;cence de cette provocation fait lentement son chemin en eux. Alors qu'ils restait en retrait, sur la d&#233;fensive, le public s'approche progressivement d'elle. En meute. Ils s'approchent, la fr&#244;lent, puis certains la caressent, d'abord le bras, l&#233;g&#232;rement, timidement, d'autres la touchent, leur bras puis la main sur la peau. Comme elle ne bouge toujours pas, certains la testent, la provoquent en la bousculant l&#233;g&#232;rement, comme un jeu au commencement, en souriant, ils cherchent &#224; savoir jusqu'o&#249; elle ira, jusqu'o&#249; la plaisanterie peut aller, car ils sont encore convaincus qu'il s'agit d'une blague. &lt;i&gt;Je suis un objet.&lt;/i&gt; Ils entendent &lt;i&gt;une femme objet&lt;/i&gt;. Ils comprennent &lt;i&gt;une femme objet&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un homme s'approche d'elle, plus petit qu'elle, il ouvre ses mains devant son visage pour l'attraper et la rapprocher du sien pour l'embrasser. le public s'en amuse. D'autres viennent l'embrasser &#224; leur tour. C'est comme un jeu. Puis ils lui font lever les bras en l'air, pantin d&#233;sarticul&#233;. Un objet, dis-tu ? Ses bras retombent le long de son corps, inertes. Un jeune homme lui offre des fleurs. Mais elle ne r&#233;agit pas. Elle n'acquiesce pas ni ne s'opposent &#224; eux. Elle les laisse faire. Elle attend leur r&#233;action. Elle est l&#224; pour cela, sa provocation est en train de prendre. La foule devient compact autour d'elle. Et tout le monde intervient d&#233;sormais. Un individu s'empare d'une lame de rasoir pour couper ses v&#234;tements en lambeaux, mais comme il tarde &#224; y parvenir d'autres viennent &#224; son aide en d&#233;chirant d'un coup sec sa robe et son chemisier. &#192; partir de ce moment l&#224; tout se pr&#233;cipite. La peau blanche, nue. Le sang qui coule suite aux coups de rasoirs h&#233;sitants sur le torse nu. Une femme l&#232;che ensuite ce sang dans un &#233;clat de rire. Chahuts, bousculades, cris. Elle demeure imperturbable. Son front perl&#233; de sueurs. Elle regarde droit devant elle pour ne pas flancher, ne pas montrer sa peur. &lt;br&gt;
&lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;center&gt; &lt;iframe width=&#034;560&#034; height=&#034;315&#034; src=&#034;https://www.youtube.com/embed/xTBkbseXfOQ&#034; frameborder=&#034;0&#034; allowfullscreen&gt; &lt;/iframe&gt; &lt;/center&gt; &lt;p&gt;&lt;br&gt;
&lt;br&gt;
Chaque action sur elle ne provoque aucune r&#233;action, elle reste impassible ce qui semble d&#233;cha&#238;ner par ricochets des r&#233;actions chaque fois plus intenses et sauvages, et plus incontr&#244;l&#233;s du public pr&#233;sent. Le mouvement s'emballe. Les individus s'agglutinent autour d'elle, on ne les distingue plus, ils sont devenus foule, ils sont devenus fous.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Devant la cohue certains prennent la d&#233;fense de l'artiste en s'interposant, pour la prot&#233;ger. Quelque chose de grave lui pourrait advenir. Ce qui arrive au moment o&#249; quelqu'un place dans sa main le pistolet charg&#233; qui &#233;tait dispos&#233; comme tous les autres objets sur la table, et glisse son doigt sur la g&#226;chette. Une bagarre &#233;clate alors entre le groupe des instigateurs et celui des protecteurs. Le galeriste d&#233;cide d'interrompre la performance, il jette le pistolet par la fen&#234;tre de sa galerie. Six heures apr&#232;s le d&#233;but de la performance, il annonce donc la fin de la s&#233;ance. L'artiste se met enfin &#224; bouger, et d&#232;s qu'elle se met en mouvement, tout le monde s'enfuit, le public ne pouvant l'affronter apr&#232;s ce qu'il venait de faire subir, incapable de se confronter avec elle en tant que personne, lui faire face.&lt;br class='autobr' /&gt;
cartouche).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le comportement humain n'est que l'adaptation &#224; un contexte et non une caract&#233;ristique individuelle, comme &lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;https://fr.wikipedia.org/wiki/Exp%C3%A9rience_de_Stanford&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;l'exp&#233;rience de Stanford&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;, l'une des plus controvers&#233;es de la psychologie sociale aux r&#233;sultats terrifiants. Selon &lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;https://fr.wikipedia.org/wiki/Philip_Zimbardo&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Philip Zimbardo&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;, lorsqu'un groupe se retrouve immerg&#233; dans une id&#233;ologie et une structure institutionnelle bien d&#233;finie, il agit conform&#233;ment &#224; ce que l'on attend de lui, ind&#233;pendamment des son caract&#232;re personnel.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_121 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;25&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.liminaire.fr/local/cache-vignettes/L500xH313/2010_03_16_22_39_experience_de_milgram_injonction_continuez-3884a-6b221.jpg?1739528868' width='500' height='313' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;L'exp&#233;rience de Milgram
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Cette exp&#233;rience se rapproche de celle de &lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;https://fr.wikipedia.org/wiki/Exp%C3%A9rience_de_Milgram&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;l'exp&#233;rience de Milgram, r&#233;alis&#233;e entre 1960 et 1963&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;, dans laquelle des cobayes, sous l'influence d'une fausse autorit&#233; scientifique, infligeaient des chocs &#233;lectriques mortels (factices, &#233;videmment) &#224; d'autres &#234;tre humains sans questionner la moralit&#233; de leurs actes. Cette exp&#233;rience cherchait &#224; &#233;valuer le degr&#233; d'ob&#233;issance d'un individu devant une autorit&#233; qu'il juge l&#233;gitime et &#224; analyser le processus de soumission &#224; l'autorit&#233;, notamment quand elle induit des actions qui posent des probl&#232;mes de conscience au sujet.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 1979, l'exp&#233;rience est mise en sc&#232;ne dans le film &lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;https://fr.wikipedia.org/wiki/I..._comme_Icare&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;I... comme Icare&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt; d'Henri Verneuil, fiction inspir&#233;e de l'assassinat de John F. Kennedy.
&lt;br&gt;
&lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;center&gt; &lt;iframe width=&#034;560&#034; height=&#034;315&#034; src=&#034;https://www.youtube.com/embed/qBRX79Sqpmo&#034; frameborder=&#034;0&#034; allowfullscreen&gt; &lt;/iframe&gt; &lt;/center&gt; &lt;p&gt;&lt;br&gt;
&lt;br&gt;
&#171; Si l'art est un miroir du rapport de l'homme aux choses et au monde, &#233;crit Suzanne Ferri&#232;res-Pestureau dans son article &lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;https://www.cairn.info/revue-cahiers-de-psychologie-clinique-2012-2-page-11.htm&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Figures de la violence dans l'art pictural&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;, l'art classique peut se d&#233;finir comme l'art de la distance, de la fixation du temps, des repr&#233;sentations conventionnelles et des aspects paisibles, d&#233;cents, respectueux, domin&#233; par un regard fix&#233; &#224; l'infini d'un spectateur non compromis&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Saint Aubert Emmanuel de, Du lien des &#234;tres aux &#233;l&#233;ments de l'&#234;tre, Paris, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; o&#249; la violence s'inscrit dans un contexte r&#233;f&#233;rentiel qui la justifie au regard d'une transcendance et lui donne ainsi sens. De cette violence l'art moderne rend compte diff&#233;remment en l'exprimant effectivement dans un rapport de proximit&#233; avec l'homme en tant qu'incarn&#233; par opposition aux rapports plus distanci&#233;s con&#231;us par l'&#226;ge classique. La d&#233;marche contemporaine vise l'objet vraiment existant comme chose du monde, dans une tentative de faire du signe ou de l'image non plus un indice ou une copie de la chose mais la chose elle-m&#234;me o&#249; le corps en tant que chair devient le mat&#233;riau m&#234;me de l'art&#8239;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Ranci&#232;re Jacques, Au-del&#224; de l'art in Chroniques des temps consensuels, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_122 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;31&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.liminaire.fr/local/cache-vignettes/L500xH323/marina_abramovic_rhythm_o-c5bd3-f58b9.jpg?1739528868' width='500' height='323' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;Rhythm 0, de Marina Abramovi&#263;
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Selon Marina Abramovi&#263;, les visiteurs, pacifiques et timides au d&#233;but, devinrent rapidement plus violents. &#171; L'exp&#233;rience que j'en ai apprise, est que&#8230; si vous laissez faire le public, vous pouvez &#234;tre tu&#233;e&#8230; Je me suis sentie vraiment viol&#233;e : ils ont d&#233;coup&#233; mes v&#234;tements, enfonc&#233; des &#233;pines de rose dans mon ventre, une personne a point&#233; le pistolet vers ma t&#234;te, et une autre le lui a retir&#233;. Cela cr&#233;a une atmosph&#232;re agressive. Apr&#232;s exactement six heures, comme convenu, je me suis lev&#233;e et j'ai march&#233; vers le public. Tout le monde est parti, fuyant une r&#233;elle confrontation. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Car le corps, par la place particuli&#232;re qu'il occupe d'&#234;tre &#224; la fois sentant et senti, actif et passif, se trouve engag&#233; dans le processus cr&#233;atif comme lieu d'&#233;mergence du sensoriel, de l'archa&#239;que et de la violence qu'il rec&#232;le. &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; id=&#034;nh3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette &#339;uvre de Marina Abramovi&#263; r&#233;v&#232;le donc quelque chose de terrible sur l'humanit&#233;, un peu comme l'exp&#233;rience sur l'ob&#233;issance de Philip Zimbardo &#224; la prison de Stanford, ou celle de Stanley Milgram, qui toutes deux montr&#232;rent &#224; quel point nous sommes pr&#234;ts &#224; violenter les autres dans des circonstances inhabituelles, et &#224; quel point il est facile de d&#233;shumaniser une personne qui ne r&#233;plique pas ou ne veut pas se battre. On n'imagine pas que les gens autour de nous sont pr&#234;ts &#224; faire de telles choses &#224; d'autres personnes, mais cette performance prouve le contraire et le d&#233;nonce &#224; sa mani&#232;re.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Saint Aubert Emmanuel de, Du lien des &#234;tres aux &#233;l&#233;ments de l'&#234;tre, Paris, 2004, Vrin&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Ranci&#232;re Jacques, Au-del&#224; de l'art in &lt;i&gt;Chroniques des temps consensuels&lt;/i&gt;, Paris, 2005, Seuil, Librairie du XXIe si&#232;cle, p 197.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;a href=&#034;https://www.cairn.info/revue-cahiers-de-psychologie-clinique-2012-2-page-11.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.cairn.info/revue-cahiers-de-psychologie-clinique-2012-2-page-11.htm&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Les rochers dans le ciel</title>
		<link>https://www.liminaire.fr/ecriture/proces-verbal/article/les-rochers-dans-le-ciel</link>
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		<dc:date>2017-02-13T08:00:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Pierre M&#233;nard</dc:creator>


		<dc:subject>Photographie</dc:subject>
		<dc:subject>Ville</dc:subject>
		<dc:subject>Paris</dc:subject>
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		<description>
&lt;p&gt;&#171; &#171; La ville &#187;, a &#233;crit un des p&#232;res de la sociologie am&#233;ricaine, &#171; est quelque chose de plus qu'un simple agglom&#233;rat d'individus et de moyens sociaux &#8211; rues, &#233;difices, lumi&#232;res, tramway, t&#233;l&#233;phones, etc. ; quelque chose de plus qu'une simple constellation d'institutions et d'appareils administratifs &#8211; cours de justice, h&#244;pitaux, &#233;coles, police et fonctionnaires civils de genres vari&#233;s. La ville est plut&#244;t un &#233;tat d'&#226;me. &#187; Cet &#233;tat d'&#226;me ne flotte pas sur les structures mat&#233;rielles comme une (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.liminaire.fr/ecriture/proces-verbal/" rel="directory"&gt;Proc&#232;s-verbal&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/corps" rel="tag"&gt;Corps&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/ciel" rel="tag"&gt;Ciel&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/societe" rel="tag"&gt;Soci&#233;t&#233;&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/violence" rel="tag"&gt;Violence&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.liminaire.fr/local/cache-vignettes/L150xH100/arton1940-49dfe.jpg?1739550289' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='100' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&#171; &#171; La ville &#187;, a &#233;crit un des p&#232;res de la sociologie am&#233;ricaine, &#171; est quelque chose de plus qu'un simple agglom&#233;rat d'individus et de moyens sociaux &#8211; rues, &#233;difices, lumi&#232;res, tramway, t&#233;l&#233;phones, etc. ; quelque chose de plus qu'une simple constellation d'institutions et d'appareils administratifs &#8211; cours de justice, h&#244;pitaux, &#233;coles, police et fonctionnaires civils de genres vari&#233;s. La ville est plut&#244;t un &#233;tat d'&#226;me. &#187; Cet &#233;tat d'&#226;me ne flotte pas sur les structures mat&#233;rielles comme une atmosph&#232;re impalpable : elle vit au contraire dans les pierres ; elle est leur voix. Tout, dans la ville, n'est qu'&#233;tat d'&#226;me parce que dans la ville, les pierres elles-m&#234;mes ont la parole. Ce que nous appelons ville n'est rien d'autre que cet espace m&#233;taphysique dans lequel les hommes et les pierres semblent s'&#233;changer leurs attributs. En effet, selon une ancienne tradition, les citoyens sont des &#171; pierres vivantes &#187;, eux-m&#234;mes palais, &#233;difices vivants, corps r&#233;el de la ville. Mais ce mouvement qui transforme les hommes en pierre est tel que les pierres se transforment &#224; leur tour en esprit pour devenir &#171; l'esprit min&#233;ral &#187; de la communaut&#233;. Une ville est, &#224; la lettre, le lieu dans lequel les pierres peuvent acqu&#233;rir la facult&#233; humaine par excellence, le chant : les pierres d'une ville, comme on a pu le voir, chantent l'histoire, indiquent les dieux, dictent la loi, redoublent la ville dans son image m&#234;me, ou, plus banalement, nous parlent des choses de la vie quotidienne &#8211; les marchandises. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Emanuele Coccia, &lt;i&gt;Le Bien dans les choses&lt;/i&gt;, Payot, Rivages, 2013.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Vendredi, comme le rappelle &lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;https://blogs.mediapart.fr/marie-cosnay/blog/120217/la-cruaute-qui-vient&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Marie Cosnay, dans son texte &lt;i&gt;La cruaut&#233; qui vient&lt;/i&gt;&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;, alors qu'il neige ou presque &#224; Paris, sous le pont, porte de la Chapelle, la mairie fait installer de grosses pierres. Ainsi les personnes sans refuge ne pourront plus s'allonger, s'allonger les uns contre les autres, pour se tenir un peu chaud, sous ce pauvre abri qu'est le pont. M&#234;me pas un pont. M&#234;me pas les corps contre les corps. Des pierres au lieu des corps. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_452 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.liminaire.fr/IMG/jpg/isabellesaintsaens1.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.liminaire.fr/local/cache-vignettes/L500xH375/isabellesaintsaens1-06699.jpg?1739550290' width='500' height='375' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;center&gt;Photographie du Collectif &#171; Solidarit&#233; migrants Wilson &#187; aux abords du Centre humanitaire de la porte de La Chapelle &lt;/center&gt;
&lt;p&gt;Le &lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;http://www.france24.com/fr/20170127-video-centre-migrants-paris-porte-chapelle-asile-reportage-fonctionnement-emmaus&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;centre humanitaire de la porte de La Chapelle&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt; attribue des rendez vous pour une prise en charge des exil&#233;s primo arrivants, pour &#233;viter la cohue &#224; l'entr&#233;e du centre. Les personnes b&#233;n&#233;ficie d'un accueil de jour mais doivent attendre 3 &#224; 4 jours en dormant dehors.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; En attendant de pouvoir entrer dans le centre humanitaire, rapporte le &lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;https://www.facebook.com/Solidarit%C3%A9-migrants-Wilson-598228360377940/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Collectif Solidarit&#233; Migrants Wilson&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt; et le Collectif &lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;https://www.facebook.com/ptitdejaflandre&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;P'tit Dej' &#224; Flandre&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;, les personnes s'abritaient sous le pont de la porte de La Chapelle ce qui les prot&#233;geaient de la pluie, mais pas du vent, les personnes pouvaient se blottir les unes aux autres pour se tenir un peu chaud.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Vendredi soir le &lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;https://www.facebook.com/Solidarit%C3%A9-migrants-Wilson-598228360377940/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;collectif Solidarit&#233; Wilson&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt; qui distribue des petits d&#233;jeuners pr&#232;s du centre humanitaire&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Soutenez en ligne l'action du collectif Solidarit&#233; Wilson&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; a signal&#233; avec effroi que d'&#233;normes pierres avaient &#233;t&#233; plac&#233;s sont ce pont de la Chapelle, boulevard Ney, pour les emp&#234;cher d'y dormir.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_451 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.liminaire.fr/IMG/jpg/isabellesaintsaens2.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.liminaire.fr/local/cache-vignettes/L500xH375/isabellesaintsaens2-12311.jpg?1739550290' width='500' height='375' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;center&gt;Photographie du Collectif &#171; Solidarit&#233; migrants Wilson &#187; aux abords du Centre humanitaire de la porte de La Chapelle &lt;/center&gt;
&lt;p&gt;En voyant ces images j'ai pens&#233; &#224; cette &#339;uvre insolite &lt;i&gt;Les Rochers dans le ciel&lt;/i&gt; de l'artiste fran&#231;ais Didier Marcel, d&#233;couverte il y a plus de trois ans lors de l'inauguration de la place Farhat-Hached, situ&#233;e en d&#233;but de l'avenue de France, en bordure des boulevards des Mar&#233;chaux. Le quartier est encore aujourd'hui en profonde r&#233;novation suite &#224; la couverture des lignes de chemins de fer de la gare d'Austerlitz et la construction de nouveaux immeubles entre l'avenue de France et les bords de Seine. Le nom de la place honore le syndicaliste Tunisien Farhat Hached (1914-1952), assassin&#233; par le SDECE, un service de renseignements fran&#231;ais.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_289 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.liminaire.fr/IMG/jpg/11189647415_99a2a8a9ee_k-2.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.liminaire.fr/local/cache-vignettes/L500xH334/11189647415_99a2a8a9ee_k-2-0c63c.jpg?1739550290' width='500' height='334' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;center&gt;Portrait du syndicaliste Tunisien Farhat Hached par l'artiste tunisien Mehdi Bouanani, alias DaBro &lt;/center&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Les Rochers dans le ciel&lt;/i&gt; est une &#339;uvre en cinq &#233;preuves en r&#233;sine polyester obtenues par moulage de blocs de calcaire bruts d'une masse de 4 &#224; 5 tonnes, extraits directement d'une carri&#232;re. L'irr&#233;alit&#233; de la situation est accentu&#233;e par le flottement de ces masses prosa&#239;ques sur des m&#226;ts fins d'une hauteur de 7 m&#232;tres, au fini noir brillant, qui perturbent la perception de la gravit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&#339;uvre occupe un terre-plein sur la place &#224; c&#244;t&#233; de l'arr&#234;t &lt;i&gt;Avenue de France&lt;/i&gt; de la ligne de tramway T3a, au sud-est du 13e arrondissement de Paris. Selon l'auteur, l'&#339;uvre est inspir&#233;e d'une photographie qu'il a r&#233;alis&#233;e au bord d'une route pr&#232;s de Bourges en 2000, sur laquelle des nuages bas se d&#233;pla&#231;aient sur la plaine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Les Rochers dans le ciel&lt;/i&gt; construisent une transition progressive entre le paysage et les b&#226;timents. Quand on arrive sur la place, les premiers rochers se d&#233;tachent en contre-plong&#233;e sur fond de ciel, dans leur dimension spectaculaire. Ils accompagnent ainsi le cheminement du promeneur jusqu'&#224; la station de tramway Porte de France.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; L'&#339;uvre de Didier Marcel, peut-on lire &lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;http://www.lespressesdureel.com/ouvrage.php?id=812&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;dans la monographie sur l'artiste publi&#233;e aux &#233;ditions du r&#233;el&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;, interroge les rapports entre nature et culture et explore les liens de l'homme &#224; son environnement. Son travail emploie des &#233;l&#233;ments qui nous rapproche de la nature tout en restant insolites, je pense dit-il, que l'art constitue un &#233;cart avec le r&#233;el, une forme d'artefact, qui a pour vocation de faire surgir la puissance &#233;vocatrice des choses que l'on observe. Cr&#233;er, c'est mettre en &#339;uvre et en &#233;vidence cet &#233;cart &#224; diff&#233;rents niveaux : r&#233;aliser un moulage en est un, op&#233;rer un redressement constitue une deuxi&#232;me &#233;tape. Il est donc bien question de la place des choses. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_290 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.liminaire.fr/IMG/jpg/11189655994_fd2cf5c889_k-2.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.liminaire.fr/local/cache-vignettes/L500xH334/11189655994_fd2cf5c889_k-2-cf525.jpg?1739550290' width='500' height='334' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;center&gt;Les Rochers dans le ciel, de Didier Marcel &lt;/center&gt;
&lt;p&gt;L'art a bien pour vocation de faire surgir la puissance &#233;vocatrice des choses que l'on observe. En regardant ces pierres de la Porte de la Chapelle d&#233;pos&#233;es &#224; la h&#226;te, pour emp&#234;cher que les exil&#233;s dorment &#224; proximit&#233; du Centre d'h&#233;bergement, je me souviens que &lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;http://liminaire.fr/journal-1/article/le-monde-entier-est-un-cactus&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;le monde entier est un cactus&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt; et que ces pierres forment un mur int&#233;rieur qui n'est pas si diff&#233;rent de celui que pr&#233;pare Donald Trump &#224; la fronti&#232;re des &#201;tats-Unis et du Mexique : &#171; Le mobilier urbain s'&#233;quipe en effet depuis plusieurs ann&#233;es d&#233;j&#224;, de tout un arsenal d'options qui visent &#224; chasser les SDF des trottoirs, des porches et autres devantures d'immeubles : barres ou piques m&#233;talliques, jardin de cactus... &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Depuis la pose de la premi&#232;re pierre, Judith Gueyfier tient le &lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;https://encrages.org/journal-des-pierres/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Journal des pierres&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt; (textes et dessins) pour &lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;https://encrages.org/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Encrages&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_453 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.liminaire.fr/local/cache-vignettes/L500xH386/judith2-e1487718443424-2-a7801.jpg?1739550290' width='500' height='386' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;center&gt;Dessin de Judith Gueyfier&lt;/center&gt;
&lt;p&gt;Samedi 25 f&#233;vrier, une dizaine de tailleurs de pierres ont d&#233;plac&#233; ces blocs mis en place par la mairie de Paris.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; L'objectif ? Nous souhaitions intervenir sur ces blocs afin de laisser de l'espace aux personnes sur place mais aussi de les sculpter pour le symbole&#034;, pr&#233;cise &lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;http://www.lexpress.fr/actualite/societe/paris-des-tailleurs-de-pierres-s-attaquent-aux-blocs-anti-migrants_1882949.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Fred Thibault dans le journal L'Express&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;. &#171; L'id&#233;e &#233;tait de graver les pierres pour donner du sens &#224; ce tas de cailloux en inscrivant par exemple des noms de personnes d&#233;c&#233;d&#233;es en mer ou des citations &#187;, poursuit &lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;https://www.facebook.com/C%C5%93urs-de-Pierre-et-Solidaires-1174517849332599/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Fred Thibault&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;http://www.editions-verticales.com/auteurs_fiche.php?id=20&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Jane Sauti&#232;re&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;, auteur&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Station (entre les lignes), &#233;ditions Verticales&#034; id=&#034;nh2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, &#233;tait pr&#233;sente sur les lieux et d&#233;crit la sc&#232;ne avec &#233;motion et justesse :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Savoir que faire, ce n'est pas si simple, mais vouloir faire, oui. Que &#231;a cesse, qu'on soit l&#224; avec ces personnes qui sont consid&#233;r&#233;es comme de si peu qu'on puisse les &#233;conduire en mettant des pierres sur leur chemin. Alors, nous sommes l&#224; et nous regardons les hommes du m&#233;tier, les tailleurs de pierre qui se sont mis au boulot. Les gestes, comme ils savent faire, comme on aide ces gros blocs &#224; se mouvoir, les chemins qu'on leur fait, les appr&#234;ts qu'on leur donne pour pouvoir les graver. Quelque chose bouge, comme ils l'avaient dit la pierre hostile redevient tout doucement la pierre belle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les r&#233;fugi&#233;s sont l&#224;, leurs affaires dans les gros ballots &#224; c&#244;t&#233; du chantier. Mille fois ils disent merci. On occupe leur lieu avec eux, un petit morceau de chez nous, pour une fois. Et puis, il y a cet homme qui est n&#233; en Iran, comme moi, qui dit &#234;tre tailleur de pierre, qui s'est approch&#233; et &#224; qui ces hommes ont confi&#233; solennellement les outils dont je ne suis m&#234;me pas capable de dire le nom, mais qui sont leurs biens pr&#233;cieux. Et il a fait sa part. Dans le m&#234;me mouvement qui fait bouger les pierres, la m&#234;me impulsion, un homme qui &#233;tait un r&#233;fugi&#233; est redevenu un tailleur de pierre.&lt;br class='autobr' /&gt;
Et puis, il y avait cette jeune femme, qui, comme une dresseuse d'&#233;l&#233;phant s'est empar&#233;e de la plus grosse pierre et &#231;a touchait les r&#233;fugi&#233;s, ils voulaient l'aider, mais elle faisait mieux. Et on &#233;taient si fi&#232;res, nous, les manchotes, qu'elle soit l&#224; pour nous, pour nous mettre dans ce mouvement l&#224;, fort et doux. Peut-&#234;tre les pierres savent pleurer de tendresse. On n'a pas fini. La police nous a demand&#233; si on avait une autorisation pour faire ce qu'on faisait. On n'avait pas. On va la chercher cette autorisation, chez ceux qui peuvent la donner ou chez ceux qui nous disaient merci. On sera autoris&#233;s. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_5110 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.liminaire.fr/local/cache-vignettes/L500xH234/capture_d_e_cran_2017-02-26_a_15-01-15-6e760-e8c86.png?1739536946' width='500' height='234' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt; &lt;center&gt;Photographies de &lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;https://thefunambulist.net/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;L&#233;opold Lambert&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;.&lt;/center&gt;
&lt;p&gt;Et l'image de la pierre cach&#233;e &#224; l'int&#233;rieur de la boule de neige de Dargelos lanc&#233;e en direction de Paul remonte &#224; la surface de ma m&#233;moire. Sans doute est-ce le froid qui m'y fait penser. Et la douleur aussi. Il est trop tard, Paul ne peut l'esquiver et cette boule va lui &#233;toiler le c&#339;ur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous ne voyons que ce geste. Ce geste immense. &lt;i&gt;Des pierres au lieu des corps.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; ...Un coup le frappe en pleine poitrine. Un coup sombre. Un coup de poing de marbre. Un coup de poing de statue. Sa t&#234;te se vide. Il devine Dargelos sur une esp&#232;ce d'estrade, le bras retomb&#233;, stupide, dans un &#233;clairage surnaturel. Il gisait par terre. Un flot de sang &#233;chapp&#233; de la bouche barbouillait son menton et son cou, imbibait la neige ... &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Les enfants terribles, Jean Cocteau&#034; id=&#034;nh3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_8682 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.liminaire.fr/IMG/jpg/bafkreigf2khe63s35mxabikcyup3idvphairiwklk5tw44ezkiw2nczcfi.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.liminaire.fr/local/cache-vignettes/L500xH667/bafkreigf2khe63s35mxabikcyup3idvphairiwklk5tw44ezkiw2nczcfi-11a61.jpg?1771603834' width='500' height='667' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;center&gt;Les &#171; cailloux &#187; anti migrants des jardins publics de Calais, photographie Jean Stern&lt;/center&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;https://www.leetchi.com/c/solidarite-migrants-wilson&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Soutenez en ligne l'action du collectif Solidarit&#233; Wilson&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;http://liminaire.fr/livre-lecture/article/stations-entre-les-lignes-de-jane&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Station (entre les lignes)&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;, &#233;ditions Verticales&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;i&gt;Les enfants terribles&lt;/i&gt;, Jean Cocteau&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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