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	<title>LIMINAIRE</title>
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	<description>Une palpitation, un mouvement encore immobile, un espace de sursis dans la dissolution.</description>
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		<title>Le chemin &#224; venir</title>
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		<dc:creator>Pierre M&#233;nard</dc:creator>


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		<description>
&lt;p&gt;Des zones de confluence &lt;br class='autobr' /&gt;
En japonais, le terme okyaku signifie g&#233;n&#233;ralement invit&#233;. Cependant, dans la pr&#233;fecture de Kochi, il rev&#234;t une signification un peu diff&#233;rente, celui d'un &#171; rassemblement &#187; ou d'une &#171; f&#234;te &#187;. Cette culture du rassemblement pour faire la f&#234;te est profond&#233;ment ancr&#233;e dans la vie quotidienne des habitants. Qu'il s'agisse d'un mariage, de l'achat d'une nouvelle maison, des r&#233;coltes saisonni&#232;res ou des festivals consacr&#233;s aux fleurs, il y a toujours quelque chose &#224; (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.liminaire.fr/chronique/entre-les-lignes/" rel="directory"&gt;Entre les lignes&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/ecriture" rel="tag"&gt;&#201;criture&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/photographie" rel="tag"&gt;Photographie&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/journal" rel="tag"&gt;Journal&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/tokyo" rel="tag"&gt;Tokyo&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/osaka" rel="tag"&gt;Osaka&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/ville" rel="tag"&gt;Ville&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/contacts-successifs" rel="tag"&gt;Contacts successifs&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/numerique" rel="tag"&gt;Num&#233;rique&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/derive" rel="tag"&gt;D&#233;rive&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/voyage" rel="tag"&gt;Voyage&lt;/a&gt;

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 <content:encoded>&lt;img src='https://www.liminaire.fr/local/cache-vignettes/L150xH75/contacts_succcessifs_15_1_-2-ceab0.png?1792307191' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='75' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Des zones de confluence&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En japonais, le terme &lt;i&gt;okyaku&lt;/i&gt; signifie g&#233;n&#233;ralement &lt;i&gt;invit&#233;&lt;/i&gt;. Cependant, dans la pr&#233;fecture de Kochi, il rev&#234;t une signification un peu diff&#233;rente, celui d'un &#171; rassemblement &#187; ou d'une &#171; f&#234;te &#187;. Cette culture du rassemblement pour faire la f&#234;te est profond&#233;ment ancr&#233;e dans la vie quotidienne des habitants. Qu'il s'agisse d'un mariage, de l'achat d'une nouvelle maison, des r&#233;coltes saisonni&#232;res ou des festivals consacr&#233;s aux fleurs, il y a toujours quelque chose &#224; c&#233;l&#233;brer &#224; Kochi. Amis et proches sont invit&#233;s et se r&#233;galent de boissons et de sp&#233;cialit&#233;s culinaires de &lt;i&gt;Sawachi&lt;/i&gt;. En japonais, cela d&#233;signe un plateau de grande taille. C'est en effet sur de larges plateaux que ces bouch&#233;es sont joliment dispos&#233;es &#224; profusion. On y mange du sashimi de bonite, des sushis classiques, des inaka-sushi (sushis aux l&#233;gumes de Kochi), de la dorade cuite &#224; la vapeur, des nouilles somen et des fruits. Lors de ces f&#234;tes, l'effervescence dure du matin au soir, et m&#234;me les passants sont invit&#233;s &#224; se joindre &#224; la f&#234;te. Dans les quartiers o&#249; les bars sont nombreux, on boit un verre avec eux, jusqu'&#224; ce qu'ils deviennent des amis. Les rues de Kochi sont le th&#233;&#226;tre de ces &lt;i&gt;okyaku&lt;/i&gt; et l'&#233;v&#233;nement s'apparente &#224; un g&#233;n&#233;reux banquet. En traversant les all&#233;es bruyantes et anim&#233;es du march&#233; Hirome &#224; Kochi, nous avons eu l'impression de saisir le sens de cette tradition. Les tables &#233;taient recouvertes de mets et de verres d'alcool. Les familles se m&#234;laient au couple, les anciens discutaient avec les jeunes. Les convives &#233;taient enjou&#233;s, ils parlaient et riaient fort, dans une promiscuit&#233; qui donnait l'impression de faire &lt;i&gt;table commune&lt;/i&gt;. Dans un espace &#224; la fois chaleureux et convivial.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_8963 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.liminaire.fr/IMG/jpg/55582525914_b7c16fffa8_k.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.liminaire.fr/local/cache-vignettes/L500xH333/55582525914_b7c16fffa8_k-016bd.jpg?1792307191' width='500' height='333' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;center&gt;Kochi, Japon, 11 octobre 2026&lt;/center&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Lumi&#232;re hors du temps&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je photographie les lieux dont je souhaite garder un souvenir, une trace, des paysages, des lumi&#232;res particuli&#232;res qui attirent mon regard et me plaisent. Une sc&#232;ne insolite, parfois. Un regard, un sourire, une posture. Il y a des motifs r&#233;currents : les perspectives, les reflets et les ombres, les chantiers et les personnes cherchant leur chemin sur un plan. Pour pr&#233;parer, par l'image, &lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;https://www.la-marelle.org/productions/editions-la-marelle/152-l-esprit-d-escalier-le-livre.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;le livre paru &#224; La Marelle &#233;ditions : L'esprit d'escalier&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;, j'&#233;tais obnubil&#233; par les escaliers. Je me suis rendu compte qu'au Japon je photographie tr&#232;s r&#233;guli&#232;rement des &#233;chelles. Celles utilis&#233;es par les jardiniers pour tailler les pins dans les parcs, &#233;chelles qui s'apparentent d'ailleurs plut&#244;t &#224; des escabeaux. On voit la t&#234;te des jardiniers d&#233;passer soudain de l'entrelacs des branches, la t&#234;te prot&#233;g&#233;e d'un chapeau de paille. Celles utilis&#233;es par les installateurs d'enseignes lumineuses. J'ai vu aussi de vieilles &#233;chelles en bois dispos&#233;es contre des murs. On dirait qu'elles ont &#233;t&#233; abandonn&#233;es l&#224; depuis plusieurs ann&#233;es. Le bois est gris &#224; force d'&#234;tre rest&#233; au soleil. Elles se confondent avec la couleur min&#233;rale des pierres. J'aime cet objet mobile, au graphisme tr&#232;s marqu&#233;, dans sa forme et sa structure, avec la r&#233;p&#233;tition de cadres qui m'&#233;voque naturellement la pellicule argentique. Cela m'a rappel&#233; l'image d'Henry Fox Talbot, &lt;i&gt;Meule de foin &#224; Lacock Abbey&lt;/i&gt;, avec cette &#233;chelle et son ombre projet&#233;e sur le foin. Le scientifique a invent&#233; avec cette image, en 1844, l'un des proc&#233;d&#233;s photographiques, &#224; l'enseigne du calotype, dans le temps m&#234;me o&#249; apparaissaient, par une autre technique et sous un autre nom, les premiers daguerr&#233;otypes. Cette image me fait penser &#224; celle de Matsumoto Elichi, prise un si&#232;cle plus tard &#224; Nagasaki. Apr&#232;s l'explosion de la bombe, il ne reste que la trace du corps d'un homme pr&#232;s d'une &#233;chelle, sur le mur rest&#233; intact.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Notre exp&#233;rience du monde&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En certains endroits de la ville, celle-ci nous appara&#238;t par tranches. Il y a les tr&#232;s nombreux paliers souterrains du m&#233;tro ou des lignes de train qui se croisent dans les profondeurs du sous-sol. Il y a &#233;galement les &#233;tages des immeubles qui communiquent pour certains d'entre eux. Ils permettent aussi de rejoindre le m&#233;tro quand ils sont construits &#224; proximit&#233;. Cela n'a rien d'exceptionnel. Dans toutes les villes de cette importance, cela existe depuis longtemps, mais d'autant plus dans des m&#233;galopoles comme Osaka et Tokyo. Ce qui surprend, c'est de progresser dans une ville en passant d'un niveau &#224; l'autre &#224; l'aide d'ascenseurs ou d'escalators et de perdre progressivement ses rep&#232;res. Il n'y a pas qu'un seul chemin, on est entr&#233; dans un v&#233;ritable labyrinthe &#224; choix multiples. On utilise son smartphone pour trouver la sortie qu'on ne parvient pas &#224; identifier tout seul malgr&#233; nos efforts &#224; tenter de d&#233;chiffrer les indications des panneaux de direction. Sur le lieu m&#234;me, on cherche &#224; se rep&#233;rer en naviguant tant bien que mal sur l'interface de la carte g&#233;olocalis&#233;e, entre les diff&#233;rents &#233;tages qui s'ouvrent devant nous comme autant de mondes parall&#232;les.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_8964 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.liminaire.fr/IMG/jpg/9396941310_d61a1afe7b_k.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.liminaire.fr/local/cache-vignettes/L500xH334/9396941310_d61a1afe7b_k-08915.jpg?1792307191' width='500' height='334' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;center&gt;Tokyo, Japon, 29 mars 2010&lt;/center&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La r&#233;volution commence par notre courage&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En voyage au Japon, la distance avec ce qui se d&#233;roule en France ne nous emp&#234;che pas de suivre l'actualit&#233;. Je pense notamment aux blocus des lyc&#233;es et aux manifestations pr&#233;vues samedi dans toute la France. Elle nous parvient avec un temps de retard, mais nous touche autrement que si nous &#233;tions sur place, avec une violence d'autant plus frappante. Un peu comme ce matin lorsque le t&#233;l&#233;phone de Caroline s'est mis &#224; sonner dans le caf&#233; de Kamakura o&#249; nous nous trouvions, pour annoncer un prochain tremblement de terre, suivi d'une alerte au tsunami. Le patron du caf&#233; nous rassure en nous apprenant que l'&#233;picentre du s&#233;isme est situ&#233; dans le Nord, &#224; Hokkaido. La crainte du danger reste en suspens, elle perdure un instant en nous, m&#234;me si nous ne voyons autour de nous ni mouvement de panique ni trouble, et que ce tremblement de terre s'av&#232;re &#234;tre moins fort que pr&#233;vu, circonscrit au nord du Japon. Dans ce pays o&#249; les manifestations demeurent tr&#232;s rares et souvent limit&#233;es &#224; quelques personnes, avec pancartes et m&#233;gaphones, nous percevons, Caroline et moi, ce qui se d&#233;roule dans notre pays, malgr&#233; l'&#233;loignement et ce temps si particulier de vacances, avec d'autant plus de sensibilit&#233; et une certaine gravit&#233;. Je repense &#224; cette phrase d'Hubert Guillaud lue cette semaine sur le site &lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;https://danslesalgorithmes.net&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Dans les algorithmes&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt; : &#171; &#192; l'heure o&#249; il ne semble plus n&#233;cessaire de penser pour r&#233;aliser son travail, qu'allons-nous devenir si nous n'avons plus &#224; nous r&#233;aliser nous-m&#234;mes ? &#187; Je partage ici quelques-uns des 99 slogans recens&#233;s &lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;https://www.gustavemagazine.com/index.php/gustave-n137/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;dans les pages du num&#233;ro 137 de GUSTAVE&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;, un num&#233;ro sp&#233;cial blocus sur la po&#233;sie des slogans, aper&#231;us lors des derni&#232;res manifestations ou blocages de lyc&#233;es, dont je trouve la cr&#233;ativit&#233; et la sagesse tout &#224; fait stimulantes, dont la dimension po&#233;tique est politique : &lt;i&gt;Notre avenir n'est pas une option / On m&#233;rite mieux que des promesses / On a des devoirs, vous en avez aussi / On veut se faire entendre / D&#233;tendez-vous / On est pas mal &#233;duqu&#233;s, juste mal &#233;cout&#233;s / D&#233;sol&#233; du d&#233;rangement, on sauve notre avenir / On manque nos le&#231;ons pour vous en faire une / Trop jeunes pour d&#233;cider, assez grands pour subir / Faut-il perdre nos yeux pour que vous ouvriez les v&#244;tres ? / Si notre bonheur &#233;tait au programme, on serait en cours / Les feux de poubelles d&#233;rangent les ordures / L'&#233;galit&#233; ne s'arr&#234;te pas aux portes du p&#233;riph&#233;rique / Taxez les riches, pas nos avenirs / Je pense, donc je g&#234;ne.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>De l'endroit o&#249; je me trouve en ce moment</title>
		<link>https://www.liminaire.fr/chronique/entre-les-lignes/article/de-l-endroit-ou-je-me-trouve-en-ce-moment</link>
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		<dc:creator>Pierre M&#233;nard</dc:creator>


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&lt;p&gt;La nuit s'orienter aux &#233;toiles &lt;br class='autobr' /&gt;
Lorsque brusquement je me r&#233;veille, que j'ouvre les yeux dans la nuit car les images de mon r&#234;ve sont trop violentes ou trop inqui&#233;tantes, voire insoutenables, ou parce que le soir j'ai bu trop de caf&#233;, ce sursaut me donne l'impression de basculer soudain de nuit en plein jour. J'ai d&#233;velopp&#233;, depuis plusieurs semaines, une m&#233;thode qui n'a pas encore tenu toutes ses promesses mais que j'ai tent&#233; de nouveau de mettre en pratique apr&#232;s les quelques vertiges et (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/ecriture" rel="tag"&gt;&#201;criture&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/photographie" rel="tag"&gt;Photographie&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/journal" rel="tag"&gt;Journal&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/recit" rel="tag"&gt;R&#233;cit&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/contacts-successifs" rel="tag"&gt;Contacts successifs&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/peinture" rel="tag"&gt;Peinture&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/musique" rel="tag"&gt;Musique&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/tokyo" rel="tag"&gt;Tokyo&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.liminaire.fr/local/cache-vignettes/L150xH75/contacts_succcessifs_14_1_-2-9a588.png?1791702132' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='75' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La nuit s'orienter aux &#233;toiles&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lorsque brusquement je me r&#233;veille, que j'ouvre les yeux dans la nuit car les images de mon r&#234;ve sont trop violentes ou trop inqui&#233;tantes, voire insoutenables, ou parce que le soir j'ai bu trop de caf&#233;, ce sursaut me donne l'impression de basculer soudain de nuit en plein jour. J'ai d&#233;velopp&#233;, depuis plusieurs semaines, une m&#233;thode qui n'a pas encore tenu toutes ses promesses mais que j'ai tent&#233; de nouveau de mettre en pratique apr&#232;s les quelques vertiges et troubles immanquablement provoqu&#233;s par le &lt;i&gt;jet lag&lt;/i&gt; de notre r&#233;cent vol Paris-Tokyo. Je me suis r&#233;veill&#233; plus t&#244;t que d'habitude le lendemain de notre arriv&#233;e au Japon. Pour rester au lit et tenter de prolonger ma nuit, j'ai gard&#233; les yeux ferm&#233;s en essayant de me concentrer sur une image. Celle d'un lieu que je connais bien, d'un parcours que j'effectue quotidiennement, ou d'une sc&#232;ne d'un film que j'aime tout particuli&#232;rement. J'ai remarqu&#233; qu'en visualisant ce chemin, il m'arrive, au bout de quelques minutes, de ne plus &#234;tre focalis&#233; sur l'image, mais que c'est celle-ci qui m'emporte litt&#233;ralement avec elle. Une image en entra&#238;nant une autre. Cependant, pour l'instant, je finis toujours par revenir &#224; moi, &#224; ma pr&#233;sence dans ce lit, sans r&#233;ussir &#224; m'endormir.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_8957 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.liminaire.fr/IMG/jpg/55574522899_e22502b8f3_k.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.liminaire.fr/local/cache-vignettes/L500xH333/55574522899_e22502b8f3_k-339e9.jpg?1791702132' width='500' height='333' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;center&gt;Kanazawa, Japon, 7 octobre 2026&lt;/center&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Les traces d'une exploration&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans le &lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;https://www.kanazawa21.jp&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Mus&#233;e du 21&#7497; si&#232;cle&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt; &#224; Kanazawa au Japon, les salles d'exposition permanente sont exceptionnellement ferm&#233;es. Une exposition temporaire propose cependant une th&#233;matique qui nous rappelle celle de l'exposition du FRAC Marseille : &lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;https://fracsud.org/des-marches-demarches&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Des marches, d&#233;marches&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt; que nous avions visit&#233;e avec Caroline. Dans cette exposition, le processus cr&#233;atif commence par l'acte d'observer le monde ext&#233;rieur, par l'attention port&#233;e &#224; l'acte de marcher lui-m&#234;me. Des activit&#233;s telles que la d&#233;ambulation, l'alpinisme, les manifestations, ou les p&#232;lerinages, ne se r&#233;v&#232;lent pas comme de simples moyens de se d&#233;placer, elles se transforment en exp&#233;riences physiques qui favorisent la pens&#233;e et l'apparition de la beaut&#233;. Tout le monde ne peut cependant pas marcher librement partout et aussi longtemps qu'il le souhaite. La possibilit&#233; de marcher et de s&#233;journer, qui donne son titre &#224; cette exposition &lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;https://www.kanazawa21.jp/data_list.php?g=65&amp;d=1854&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Walking, Staying&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;, d&#233;pend aussi de la condition physique et du cadre politique et social. L'acte de la marche devient alors un acte de r&#233;sistance ou de protestation, en prenant diff&#233;rentes formes dans les &#339;uvres d'art. &#192; travers ces pratiques autour de la marche et du s&#233;jour, l'exposition met en lumi&#232;re les diff&#233;rentes relations qui se construisent entre les personnes, les espaces et la soci&#233;t&#233;.&lt;br class='autobr' /&gt;
Trois &#339;uvres de cette exposition ont retenu tout particuli&#232;rement mon attention. La premi&#232;re est le projet comm&#233;moratif &lt;i&gt;Nha Trang, Vietnam : Vers le complexe &#8212; Pour le courageux, le curieux et les l&#226;ches&lt;/i&gt;. Il s'agit d'une vid&#233;o de Jun Nguyen-Hatsushiba, r&#233;alis&#233;e sous l'eau. On y voit de jeunes hommes tentant de tirer des cyclos &#224; travers les courants marins, oblig&#233;s de remonter r&#233;guli&#232;rement &#224; la surface pour respirer et finir leur vaine t&#226;che. Le cyclo &#233;tait autrefois un moyen de transport populaire, avant de dispara&#238;tre face &#224; la concurrence des motos et des voitures. Dans cette vid&#233;o, c'est le symbole des travailleurs confront&#233;s aux changements sociaux et &#233;conomiques. Leur abandon au fond de la mer &#233;voque la m&#233;moire de ceux qui ont fui le Vietnam, de ceux qui y sont rest&#233;s et de tous ceux qui ont lutt&#233; pour survivre. La seconde &#339;uvre est celle de Yanase Anri. La jeune artiste utilise la vid&#233;o pour enregistrer ses actions dans les espaces publics et les r&#233;actions des passants. Dans &lt;i&gt;Kein Licht. &#8211; From the place where I am standing now&lt;/i&gt;, elle marche le long de la cl&#244;ture du chantier d'h&#233;liports &#224; Okinawa, en r&#233;citant &#224; voix haute un texte d'Elfriede Jelinek. Ce texte a &#233;t&#233; &#233;crit apr&#232;s le s&#233;isme et la catastrophe nucl&#233;aire de 2011 au Japon. Il fait entendre un &#171; nous &#187; difficile &#224; d&#233;finir, tandis que la marche de Yanase le long de cette ligne de d&#233;marcation fait r&#233;sonner diff&#233;rentes voix sans qu'elles se rencontrent, soulignant ainsi le silence qui demeure &#224; l'int&#233;rieur. Enfin, troisi&#232;me &#339;uvre, elle aussi tr&#232;s politique, celle de Chen Shaoxiong. &lt;i&gt;Ink Media&lt;/i&gt; repr&#233;sente des sc&#232;nes de manifestations qui ont eu lieu dans le monde entier sous la forme de peintures &#224; l'encre, r&#233;alis&#233;es &#224; partir d'images trouv&#233;es sur Internet puis anim&#233;es par l'artiste. Ce travail, pr&#233;sent&#233; &#233;galement sous la forme d'un montage vid&#233;o, &lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;https://vimeo.com/206016759&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Ink History&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;, interroge le contr&#244;le de l'information en Chine, et la fa&#231;on dont ces images sont transmises, conserv&#233;es et deviennent avec le temps des traces historiques et esth&#233;tiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;En r&#233;alit&#233; tout le monde&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Hasard du calendrier, j'ai publi&#233; vendredi le podcast de &lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;https://liminaire.fr/creation/radio-marelle/article/une-priere-pour-john-coltrane-de-jerome-schmidt&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;ma lecture du livre de J&#233;rome Schmidt, &lt;i&gt;Une pri&#232;re pour John Coltrane&lt;/i&gt;, paru aux &#233;ditions Noir et blanc&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;. Nous rentrons un peu fatigu&#233;s de notre excursion de la journ&#233;e. Celle-ci a d&#233;but&#233; par l'un des plus beaux parcs du Japon, le Ritsurin, suivi par la visite de Shikoku Mura, mus&#233;e en plein air compos&#233; de b&#226;timents historiques allant des &#233;poques d'Edo &#224; l'&#232;re Taish&#333;, avant l'ascension du mont Yashima. Nous remarquons un bar du nom de &lt;i&gt;Voice&lt;/i&gt;, jazzkissa du style de ceux qu'&#233;voque justement J&#233;r&#244;me Schmidt dans son livre. Tenu par un homme d'un certain &#226;ge, on y trouve des disques en parfait &#233;tat. Nous choisissons un bar plus proche de notre h&#244;tel. Nous traversons un parking &#224; peine &#233;clair&#233; (de nombreux endroits en ville restent dans une p&#233;nombre surprenante, nous en avons fait l'exp&#233;rience avec Caroline du c&#244;t&#233; du port de Takamatsu). Nous avisons dans un recoin une b&#226;tisse en bois coll&#233;e contre le mur d'enceinte. Une lumi&#232;re rouge appara&#238;t de l'autre c&#244;t&#233; de la b&#226;tisse. On se rapproche pour d&#233;couvrir qu'il s'agit d'une izakaya akach&#333;chin, en raison de la lanterne en papier rouge traditionnellement suspendue &#224; l'entr&#233;e des d&#233;bits de boissons alcoolis&#233;es. L'izakaya s'apparente au bistrot ou au bar &#224; vin en France, au pub anglais ou au restaurant &#224; tapas en Espagne. &#192; l'entr&#233;e, le mot &#171; Copenhague &#187; est discr&#232;tement &#233;crit en katakana. On se croirait transport&#233; dans un caf&#233; hors du temps, berc&#233; par une musique jazz. Le propri&#233;taire, &#224; la barbe blanche, dans sa cuisine, et la serveuse, au comptoir, s'affairent pour nous accueillir. On sent cependant que dans ce type d'endroit on prend son temps pour savourer un verre tranquillement sans se pr&#233;cipiter, en go&#251;tant quelques sp&#233;cialit&#233;s de la maison. Au centre du restaurant, l'oden, en libre-service, est dispos&#233; sur une table haute, permettant &#224; chacun de se servir et d'annoncer sa consommation. L'oden est un pot-au-feu japonais, compos&#233; d'ingr&#233;dients longuement mijot&#233;s dans un bouillon de type dashi, pr&#233;par&#233; avec des algues konbu, de la bonite s&#233;ch&#233;e (katsuobushi) et de la sauce de soja. Les ingr&#233;dients varient en fonction des r&#233;gions mais sont g&#233;n&#233;ralement &#224; base de poisson et de l&#233;gumes, notamment du radis blanc japonais (daikon) et du tofu. Nous le d&#233;gustons avec de la moutarde japonaise. La serveuse communique avec nous &#224; l'aide de son smartphone. Elle y traduit en anglais les phrases qu'elle &#233;crit &#224; notre attention en japonais. Tout se passe en souriant. Elle est &#233;tonn&#233;e de nous voir dans ce bar habituellement fr&#233;quent&#233; par des habitu&#233;s uniquement. Tout en buvant bi&#232;re et umechu soda, nous avons mang&#233; des edamames, une assiette de saucisses avec du bacon maison, dont une saucisse de Wiener d&#233;coup&#233;e, avec humour, en forme de poulpe. La technique consiste &#224; faire plusieurs incisions &#224; une extr&#233;mit&#233; de la saucisse, ce qui cr&#233;e l'apparence de tentacules agit&#233;s. Une fois cuites, ces coupes se recroquevillent, donnant &#224; la saucisse un aspect ludique de pieuvre. Le plat suivant : poulet frit avec de la sauce soja Scallion (Yurinchi). Sa cro&#251;te mince et croquante autour de l'int&#233;rieur juteux. C'est la sauce qui rend ce plat particuli&#232;rement bon. Elle est &#224; la fois acidul&#233;e et sal&#233;e, coupant la graisse et faisant du poulet frit un plat &#233;tonnamment l&#233;ger, accompagn&#233; d'oignons frais finement &#233;minc&#233;s, et une assiette de Yaki udon, des nouilles udon saut&#233;es &#224; la japonaise garnies de katsuobushi (copeaux de bonite s&#233;ch&#233;e). Comme d'habitude, nous avons trop command&#233;, g&#234;n&#233;s des efforts que notre pr&#233;sence exige de nos h&#244;tes, alors que l'izakaya est avant tout un lieu pour boire et grignoter.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_8956 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.liminaire.fr/IMG/jpg/9384018193_b290c7e8ac_k.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.liminaire.fr/local/cache-vignettes/L500xH334/9384018193_b290c7e8ac_k-cf81d.jpg?1791702132' width='500' height='334' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;center&gt;Tokyo, Japon, 29 mars 2010&lt;/center&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La nuit n'est pas un jour&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous abordons la fin de cette premi&#232;re semaine au Japon. Nous quittons Takamatsu, dans la pr&#233;fecture de Kagawa, pour rejoindre en bus Kochi, situ&#233;e dans le sud de l'&#238;le de Shikoku, et passer ensuite la seconde semaine de notre p&#233;riple japonais &#224; Osaka puis Tokyo. Je termine l'&#233;criture de ce journal avant de le programmer directement depuis le bus connect&#233; au WiFi. C'est une exp&#233;rience assez &#233;trange. Le bus file &#224; vive allure &#224; travers les paysages montagneux de l'&#238;le. Le jour tombe doucement. La lumi&#232;re dor&#233;e de cette fin de journ&#233;e nimbe les paysages marins de Shikokuch&#363;&#333;, ville dont la sp&#233;cialit&#233; demeure la fabrication artisanale de papier washi, avec ses usines, ses complexes industriels, leurs chemin&#233;es pointant vers le ciel orang&#233;, leurs colonnes de fum&#233;es blanches se m&#233;langeant aux nuages pommel&#233;s.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>C'est comme &#231;a</title>
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		<dc:date>2026-09-20T07:00:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Pierre M&#233;nard</dc:creator>


		<dc:subject>Biographie</dc:subject>
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		<dc:subject>Sens</dc:subject>

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&lt;p&gt;Les artistes du faubourg &lt;br class='autobr' /&gt;
Cette jeune femme avance vers moi ce matin, sur le trottoir. Je ne la connais pas. C'est la premi&#232;re fois que nous nous croisons dans la rue. Quelque chose dans sa d&#233;marche, cependant, m'est familier, dans sa mani&#232;re de bouger, de mouvoir son corps qui chaloupe, impr&#233;visible, dans ses habits chin&#233;s avec soin, sa casquette de travers, les couches de ses v&#234;tements d&#233;pareill&#233;s, son assurance et sa d&#233;termination, le regard rieur et l'air franc du timide qui n'a peur de (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.liminaire.fr/chronique/entre-les-lignes/" rel="directory"&gt;Entre les lignes&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/biographie" rel="tag"&gt;Biographie&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/journal" rel="tag"&gt;Journal&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/ecriture" rel="tag"&gt;&#201;criture&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/photographie" rel="tag"&gt;Photographie&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/poesie" rel="tag"&gt;Po&#233;sie&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/recit" rel="tag"&gt;R&#233;cit&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/paris" rel="tag"&gt;Paris&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/osaka" rel="tag"&gt;Osaka&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/tokyo" rel="tag"&gt;Tokyo&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/contacts-successifs" rel="tag"&gt;Contacts successifs&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/quotidien" rel="tag"&gt;Quotidien&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/fantome" rel="tag"&gt;Fant&#244;me&lt;/a&gt;, 
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		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.liminaire.fr/local/cache-vignettes/L150xH75/contacts_succcessifs_13_1_-2-51e68.png?1789887982' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='75' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Les artistes du faubourg&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette jeune femme avance vers moi ce matin, sur le trottoir. Je ne la connais pas. C'est la premi&#232;re fois que nous nous croisons dans la rue. Quelque chose dans sa d&#233;marche, cependant, m'est familier, dans sa mani&#232;re de bouger, de mouvoir son corps qui chaloupe, impr&#233;visible, dans ses habits chin&#233;s avec soin, sa casquette de travers, les couches de ses v&#234;tements d&#233;pareill&#233;s, son assurance et sa d&#233;termination, le regard rieur et l'air franc du timide qui n'a peur de rien, qui se lance sans h&#233;siter, sans fausse pudeur, qui affronte les combats d'un revers irr&#233;v&#233;rencieux de la main, d'un rire ahurissant, que rien n'arr&#234;te et dont la voix est le plus bel instrument. Cette familiarit&#233;, je ne la comprends qu'en rentrant chez moi. Sur les r&#233;seaux sociaux et les sites d'information, je d&#233;couvre que Catherine Ringer vient de mourir. J'avais pens&#233; &#224; la chanteuse lorsqu'elle &#233;tait plus jeune, en la voyant ce matin. Dans la rue Louis Blanc, dans le 10&#7497; arrondissement de Paris.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_8943 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.liminaire.fr/IMG/jpg/55528108029_ff692e6553_k.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.liminaire.fr/local/cache-vignettes/L500xH333/55528108029_ff692e6553_k-d8af0.jpg?1789887982' width='500' height='333' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;center&gt;Station de M&#233;tro Pigalle, Boulevard de Clichy, Paris 18&#232;me, 14 septembre 2026&lt;/center&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Notre pr&#233;sence au monde&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 1928, Albert Londres voulait filmer les conditions de travail terribles des ouvriers du chemin de fer Congo-Oc&#233;an en Afrique. Son r&#233;dacteur en chef ayant refus&#233; de lui fournir une cam&#233;ra, il a tout de m&#234;me rapport&#233; plus de 200 photographies. Herv&#233; Brusini, journaliste et responsable du prix Albert-Londres, et Stanislas de Livonni&#232;re, directeur du service data et innovation du journal &lt;i&gt;Le Parisien&lt;/i&gt;, ont reconstitu&#233; ce film jamais r&#233;alis&#233; dans &lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;https://prix-albert-londres.scam.fr/actualites-ressources/en-terre-debene-avec-albert-londres-un-documentaire-pedagogique/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;En terre d'&#233;b&#232;ne avec Albert Londres&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;, en animant ces clich&#233;s gr&#226;ce &#224; l'intelligence artificielle. Le film est pr&#233;sent&#233; &#224; la fois comme un r&#233;cit et un document p&#233;dagogique sur l'IA, pr&#233;tendant interroger notre rapport &#224; la v&#233;rit&#233; et au journalisme, au s&#233;rieux de l'auteur et &#224; l'authenticit&#233; de l'image, statique ou anim&#233;e. Le film pr&#233;tend &#234;tre un outil p&#233;dagogique pour parler des ravages de cette technologie qui concurrence de mani&#232;re in&#233;dite le journalisme : &#171; Mensonges, contrefa&#231;on, d&#233;sinformation, retournement de sens o&#249; l'agresseur devient l'agress&#233;, l'IA peut devenir une arme de destruction massive de la v&#233;rit&#233;. &#187; Le film et le dialogue entre le journaliste et le r&#233;alisateur &#224; l'issue du film ne font cependant qu'encenser cette technologie, tout ce qu'elle permet en termes techniques, sans jamais la critiquer, rappeler ses origines technocapitalistes li&#233;es aux grandes entreprises am&#233;ricaines et chinoises disposant de moyens financiers et informatiques consid&#233;rables pour le d&#233;veloppement des mod&#232;les utilis&#233;s dans le film, son impact environnemental et son co&#251;t &#233;nerg&#233;tique exorbitant, sa violation des droits d'auteur, son automatisation qui transforme certains m&#233;tiers et supprime certaines t&#226;ches comme ici celles des techniciens (designer sonore, dessinateur, animateur 2D et 3D, chef op&#233;rateur, etc.), et son m&#233;pris des travailleurs sous-pay&#233;s et pr&#233;caires des pays les plus pauvres, qui alimentent les intelligences artificielles en donn&#233;es d'entra&#238;nement des IA en les annotant, ce qui est sans doute le plus ironique &#233;tant donn&#233; le sujet du film. &lt;i&gt;Terre d'&#233;b&#232;ne&lt;/i&gt; d'Albert Londres appartient &#224; l'histoire de la d&#233;nonciation de la pr&#233;sence fran&#231;aise en Afrique. C'est l'&#339;uvre d'un journaliste engag&#233; dont le travail repose autant sur l'observation du terrain que sur une &#233;criture subjective, vive, ironique et rythm&#233;e qui transforme son t&#233;moignage en acte public afin de rendre l'injustice visible, de susciter l'indignation et de mobiliser les lecteurs, tout en soulignant que la port&#233;e de cette d&#233;nonciation d&#233;pend aussi du contexte &#233;ditorial et de sa r&#233;ception au fil du temps. Le film &lt;i&gt;En terre d'&#233;b&#232;ne avec Albert Londres&lt;/i&gt; est &#224; l'oppos&#233; de son mod&#232;le sans m&#234;me para&#238;tre s'en soucier. &#171; L'ignorance serait pardonnable, &#233;crit Albert Londres dans son &lt;i&gt;&#201;pilogue, quelques r&#233;flexions apr&#232;s le voyage en Terre d'&#233;b&#232;ne&lt;/i&gt;, l'indiff&#233;rence ne l'est pas &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le son est &#233;vanescent&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La lumi&#232;re du jour agit comme un masque. Le son est &#233;vanescent. Qu'arrive-t-il au juste ? Nous sommes face &#224; face et comme seuls. L'amplitude dilat&#233;e d'un rythme &#224; peine plus lent que le battement d'un c&#339;ur au repos. Utilisant le son comme nous utilisons le sens du toucher. L'insistance peut &#234;tre une forme d'aveuglement. Le son est projet&#233; vers l'avant &#224; travers la t&#234;te. Je suis en chemin, je suis en chemin. Chaque son induit en nous une pouss&#233;e d'adr&#233;naline. Sourire de ce sourire qui ne dit rien. Sous une autre lumi&#232;re. Le monde parle, mais notre corps est incapable d'entendre ce qui nous entoure. Tant de difficult&#233;s &#224; atteindre. Il est presque impossible que ce soit une co&#239;ncidence. Nos oreilles sont tourn&#233;es vers l'int&#233;rieur, vers le bavardage de notre propre esp&#232;ce. C'est une fa&#231;on de raconter les choses. Partout, invisible, la pr&#233;sence du pass&#233;. Je ne me souviens pas de quoi j'ai r&#234;v&#233;. En un instant tout cela dispara&#238;t.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_8942 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.liminaire.fr/IMG/jpg/53859741879_6929235bc0_k.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.liminaire.fr/local/cache-vignettes/L500xH333/53859741879_6929235bc0_k-0a115.jpg?1789887982' width='500' height='333' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;center&gt;Rue du Ranelagh, Paris 16&#232;me, 15 juillet 2024&lt;/center&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Dans la confusion de la perspective&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le voyage commence avant le d&#233;part et se prolonge souvent bien apr&#232;s le retour. Avec Caroline, nous pr&#233;parons en ce moment notre prochain s&#233;jour d'une quinzaine de jours au Japon, d&#233;but octobre. Ce sera mon sixi&#232;me (et sans doute dernier) voyage au Japon. Nous organisons le parcours qui nous m&#232;nera de Tokyo, o&#249; nous atterrirons, jusqu'&#224; Kanazawa, dans l'ouest de Honshu entre la mer du Japon et les Alpes japonaises, en passant par Takamatsu, en bordure de la mer int&#233;rieure de Seto au nord de Shikoku, puis Kochi, non loin de la c&#244;te pacifique, avant de passer quelques jours &#224; Osaka avant de revenir vers Tokyo. Il faut r&#233;server les nuits d'h&#244;tel, les titres de transport (train, bus), les entr&#233;es dans certains mus&#233;es. J'aimerais pouvoir improviser plus, mais sur place tout va tr&#232;s vite, il faut s'y &#234;tre un peu pr&#233;par&#233;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Tout est &#224; recommencer</title>
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		<dc:creator>Pierre M&#233;nard</dc:creator>


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&lt;p&gt;La v&#233;rit&#233; ne suffit pas &lt;br class='autobr' /&gt;
&#201;ric Rohmer tourne son film Pauline &#224; la plage, le troisi&#232;me volet de son cycle de films Com&#233;dies et Proverbes. Il est pr&#233;c&#233;d&#233; par La Femme de l'aviateur (1981) et Le Beau Mariage (1982). Les ann&#233;es suivantes vont se succ&#233;der : Les Nuits de la pleine lune (1984), Le Rayon vert (1986) et L'Ami de mon amie (1987). En guise de maxime, Rohmer introduit son film d'une citation tir&#233;e du roman courtois de Chr&#233;tien de Troyes, Perceval ou le Conte du Graal : &#171; Qui trop (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/cinema" rel="tag"&gt;Cin&#233;ma&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/biographie" rel="tag"&gt;Biographie&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/ecriture" rel="tag"&gt;&#201;criture&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/journal" rel="tag"&gt;Journal&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/photographie" rel="tag"&gt;Photographie&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/recit" rel="tag"&gt;R&#233;cit&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/normandie" rel="tag"&gt;Normandie&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/sensation" rel="tag"&gt;Sensation&lt;/a&gt;

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 <content:encoded>&lt;img src='https://www.liminaire.fr/local/cache-vignettes/L150xH75/contacts_succcessifs_12_1_-2-755fc.png?1786863637' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='75' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La v&#233;rit&#233; ne suffit pas&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#201;ric Rohmer tourne son film &lt;i&gt;Pauline &#224; la plage&lt;/i&gt;, le troisi&#232;me volet de son cycle de films &lt;i&gt;Com&#233;dies et Proverbes&lt;/i&gt;. Il est pr&#233;c&#233;d&#233; par &lt;i&gt;La Femme de l'aviateur&lt;/i&gt; (1981) et &lt;i&gt;Le Beau Mariage&lt;/i&gt; (1982). Les ann&#233;es suivantes vont se succ&#233;der : &lt;i&gt;Les Nuits de la pleine lune&lt;/i&gt; (1984), &lt;i&gt;Le Rayon vert&lt;/i&gt; (1986) et &lt;i&gt;L'Ami de mon amie&lt;/i&gt; (1987). En guise de maxime, Rohmer introduit son film d'une citation tir&#233;e du roman courtois de Chr&#233;tien de Troyes, &lt;i&gt;Perceval ou le Conte du Graal&lt;/i&gt; : &#171; Qui trop parloit, il se mesfait &#187;. J'entretiens avec les films d'&#201;ric Rohmer un rapport familier. Cela s'explique entre autre par le fait que j'ai pass&#233; de nombreuses vacances sur le lieu du tournage de certains d'entre eux : &lt;i&gt;Pauline &#224; la plage&lt;/i&gt; notamment. Et, sur le lieu de ce film, j'ai &#224; plusieurs reprises jou&#233; &#224; attraper le &lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;https://liminaire.fr/ecriture/au-lieu-de-se-souvenir/article/le-rayon-vert&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;rayon vert&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;. Pauline, adolescente de 15 ans, passe la fin de l'&#233;t&#233; chez sa cousine Marion, &#224; Jullouville, en Normandie. Marion, r&#233;cemment divorc&#233;e, attire l'attention des hommes. Elle est attir&#233;e par Henri, que lui pr&#233;sente son ami Pierre, un ethnologue bourlingueur, divorc&#233; et p&#232;re de famille. La villa d'Henri et la plage de Jullouville sont les deux principaux lieux du film. La maison o&#249; s'est d&#233;roul&#233; le tournage est situ&#233;e au 4 avenue des Corsaires. &#192; une centaine de m&#232;tres &#224; peine de la plage. Devant la maison, une dune recouverte d'oyat et de chiendent des sables a &#233;t&#233; pr&#233;serv&#233;e pendant toutes ces ann&#233;es, dans un jardin attenant, qui la s&#233;pare de la route. Un imposant mur en pierre prot&#232;ge la maison, en surplomb de l'avenue des Corsaires. C'est depuis ce lieu qu'une des sc&#232;nes du film a &#233;t&#233; tourn&#233;e. Pierre aper&#231;oit accidentellement Louisette d&#233;nud&#233;e dans la chambre d'Henri. M&#234;me s'il n'a pas vu l'homme qui &#233;tait avec elle, il ne doute pas qu'il s'agit d'Henri et le rapporte &#224; Marion dans l'espoir de lui ouvrir les yeux et qu'elle se rapproche de lui. Mais, c'&#233;tait bien Sylvain dans la chambre. Les histoires r&#233;alistes qui s'inscrivent dans ces lieux finissent par s'impr&#233;gner du lieu et entretenir un lien &#233;troit avec eux. Ce lieu acquiert alors une dimension patrimoniale in&#233;dite, o&#249; le r&#233;el et l'imaginaire se combinent secr&#232;tement. C'est d'autant plus difficile de d&#233;couvrir cet &#233;t&#233;, en allant faire les courses &#224; Jullouville, que la dune a &#233;t&#233; arras&#233;e. Une large b&#226;tisse, &#224; plusieurs &#233;tages, est en cours de construction, sur le terrain de la dune. Elle est accol&#233;e &#224; l'ancienne maison au point de murer son point de vue sur la mer. On imagine qu'&#224; la fin du chantier, elle risque d'&#234;tre d&#233;truite, pour pr&#233;server &#224; sa place un jardin, &#224; l'arri&#232;re de la future construction.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_8857 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.liminaire.fr/IMG/jpg/55442945095_64de7db60c_k.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.liminaire.fr/local/cache-vignettes/L500xH333/55442945095_64de7db60c_k-102cb.jpg?1786863637' width='500' height='333' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;center&gt;Avenue des corsaires, Jullouville, 4 ao&#251;t 2026&lt;/center&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Une fois sur les sentiers, le monde, l'&#233;t&#233;, nous appartient&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aucun programme, cela se dessine chaque jour &#224; l'improviste, autour d'un micro&#233;v&#233;nement : un march&#233; de village, un hameau voisin &#224; visiter, une envie de se baigner, une course &#224; faire. Se promener sur les sentiers et les chemins &#224; travers champs. Faire une brocante ou un vide-maison. Ramasser des m&#251;res, un mois plus t&#244;t que la p&#233;riode habituelle. Admirer les ch&#234;nes et deviner, dans l'ordonnancement de leurs branches puissantes et coud&#233;es s'&#233;talant vers la lumi&#232;re, l'impressionnant r&#233;seau de leurs racines pivotantes. Cuisiner des tartes aux m&#251;res et les manger. Se baigner dans la mer. &#201;crire mon journal et finaliser les prochains textes de ma s&#233;rie &lt;i&gt;Sur les bancs&lt;/i&gt; pour la &lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;https://revuetina.editionsjou.net&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;revue TINA&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;. Lire &lt;i&gt;Une poign&#233;e de vies&lt;/i&gt; de Marlen Haushoffer, livre apport&#233; &#224; Carolles par Alice. &#171; Une telle nostalgie de la derni&#232;re semaine de vacances, une telle nostalgie &#224; pr&#233;sent du jardin &#224; la fin de l'&#233;t&#233;, de la maison famili&#232;re et de ce qui n'avait pas de nom et qu'on ne pouvait d&#233;signer que par ces mots : &#171; chez moi &#187; &#187;. Retrouver &lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;https://annedejardin.com/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Anne Dejardin et boire un verre avec elle&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt; qui habite une partie de l'ann&#233;e dans la r&#233;gion. Je me r&#233;jouis d'enregistrer &#224; mon retour la lecture du texte de sa prochaine vid&#233;o de &lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;https://www.youtube.com/channel/UC71EVLVR9RIVzTojzdI8yfg&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;sa s&#233;rie des &lt;i&gt;R&#233;sidences secondaires de la Manche&lt;/i&gt;&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt; et le nom qu'on leur a donn&#233;. Photographier et filmer les champs &#224; perte de vue, les routes et les chemins qui les traversent, les futaies qui bruissent d'animaux &#224; la recherche d'ombres et de nourriture, les chevaux et leurs poulains, les arbres fruitiers (pommes, poires, abricots), les falaises, les rochers, la mer &#224; l'horizon et le coucher de soleil. Assister au concert d'un quintette vocal a cappella dans l'&#233;glise du village. Manger les plats d&#233;licieux concoct&#233;s par Nina. Discuter en marchant, ou autour d'un verre, se souvenir et faire des projets. Le soir, regarder des vieux films en famille.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;On ne sait quoi de p&#226;le et de cr&#233;pusculaire&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 11 ao&#251;t 1999 avait lieu, vu d'Europe, la derni&#232;re &#233;clipse comparable &#224; celle de ce 12 ao&#251;t. Ce jour-l&#224;, nous &#233;tions chez Damien et Dominique &#224; Apt avec les enfants, il faisait tr&#232;s beau. Je me souviens du silence des animaux dans le jardin, de la soudaine baisse de lumi&#232;re et de la chute des temp&#233;ratures. L'&#233;clipse devait &#234;tre totalement visible depuis le Contentin, mais le temps avait &#233;t&#233; couvert. Cet &#233;t&#233;, alors que nous sommes dans la r&#233;gion, c'est dans le Sud Ouest de la France ainsi qu'en Espagne qu'elle sera cette fois-ci visible dans son int&#233;gralit&#233;. &#192; l'heure pr&#233;vue, nous nous rendons sur les falaises de Carolles. Une foule se presse au bord de la falaise. Nous restons en retrait, au milieu d'un champ. L'&#233;clipse ne dure que quelques minutes. Sans lunette, nous n'en percevons que les contours. L'&#233;tonnement d'une baisse de lumi&#232;re avant l'heure du coucher de soleil. Un l&#233;ger frisson, une baisse de temp&#233;rature &#224; peine perceptible. L'excitation du moment. Un instant de lumi&#232;re nouvelle, de couleurs d'avant le d&#233;but de tout. Ni le jour, ni la nuit, ni l'orage qui guette, ni l'obscurit&#233; qui vient ou le cr&#233;puscule. Une clart&#233; diff&#233;rente. Quelque chose qui vient d'ailleurs. Formidablement &#233;tranger, totalement familier, tout &#224; la fois surprenant et insolite. En un instant, quelque chose nous enveloppe et nous charme. Sur la mer, le champs d'herbes br&#251;l&#233;s par les derniers mois de chaleur et de s&#233;cheresse, des ombres color&#233;es, des couleurs de m&#233;tal. La peau soudain plus sensible, la terre plus sombre. Juste le temps d'un souffle retenu. Le soleil refait surface avant de dispara&#238;tre &#224; nouveau en se couchant &#224; l'horizon. Personne pour y assister. Tout le monde est d&#233;j&#224; rentr&#233; chez lui.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_8856 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.liminaire.fr/IMG/jpg/51654724496_79196fdde6_k.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.liminaire.fr/local/cache-vignettes/L500xH333/51654724496_79196fdde6_k-7732d.jpg?1786863637' width='500' height='333' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;center&gt;H&#244;pital Caroline, &#238;le de Ratonneau, archipel du Frioul, Marseille, Bouches-du-Rh&#244;ne, 4 novembre 2021&lt;/center&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Appeler le pass&#233; et l'avenir au secours du pr&#233;sent&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alice nous parle d'elle. Elle se souvient que, lorsqu'elle &#233;tait adolescente, elle avait aper&#231;u une jeune femme dans un train. Elle &#233;tait assise pr&#232;s de la fen&#234;tre et regardait le paysage d&#233;filer, l'air d&#233;tendu, paisible. Elle l'avait trouv&#233;e tr&#232;s belle. Elle enviait son assurance, sa mani&#232;re de se tenir, de regarder devant elle, son d&#233;tachement. Elle &#233;tait seule mais sereine. Alice sentait en elle une libert&#233; rare, une joie de vivre. Elle nous avoue qu'elle s'&#233;tait dit &#224; l'&#233;poque qu'elle souhaiterait lui ressembler plus tard, quand elle aurait son &#226;ge. Elle poursuit son r&#233;cit en nous apprenant qu'&#224; l'occasion de son r&#233;cent voyage en &#201;cosse, dans un train pr&#232;s d'&#201;dimbourg, elle a aper&#231;u une jeune femme blonde qui &#233;coutait de la musique au casque. Elle se tenait de la m&#234;me mani&#232;re que la jeune femme de son enfance, regardant l'horizon &#224; travers la fen&#234;tre du train. Elle &#233;tait rayonnante et libre. Elle paraissait &#233;panouie, bien dans sa t&#234;te et dans son corps. Elle &#233;tait seule mais cette solitude n'&#233;tait pas un poids. Plus elle la regardait &#224; distance, plus elle se faisait la remarque que cette jeune femme ressemblait beaucoup &#224; celle qu'elle avait vue dans sa jeunesse, &#224; qui elle avait toujours souhait&#233; ressembler. &#192; vrai dire, c'&#233;tait elle. Elle &#233;tait devenue cette adulte.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>G&#233;om&#233;trie des nuages</title>
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		<dc:creator>Pierre M&#233;nard</dc:creator>


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&lt;p&gt;Les vibrations de l'air &lt;br class='autobr' /&gt;
Nina nous demande si, comme elle, lorsque nous &#233;tions enfants, nous nous imaginions que les musiques que nous entendions dans la rue &#233;taient produites directement sur place par des musiciens qui s'accordaient pour accompagner de leurs instruments et de leurs voix, tous les &#233;v&#233;nements du quotidien. Elle pr&#233;cise plus tard sa pens&#233;e. Elle imaginait que des musiciens attendaient, chacun dans une pi&#232;ce sans vitre d'un immeuble dont elle imaginait la devanture similaire &#224; (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/paris" rel="tag"&gt;Paris&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/paysage" rel="tag"&gt;Paysage&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/numerique" rel="tag"&gt;Num&#233;rique&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/regard" rel="tag"&gt;Regard&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/nature" rel="tag"&gt;Nature&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/enfance" rel="tag"&gt;Enfance&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/memoire" rel="tag"&gt;M&#233;moire&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/sensation" rel="tag"&gt;Sensation&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/contacts-successifs" rel="tag"&gt;Contacts successifs&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.liminaire.fr/local/cache-vignettes/L150xH75/contacts_succcessifs_3_1_-2-72f8c.png?1785654074' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='75' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Les vibrations de l'air&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nina nous demande si, comme elle, lorsque nous &#233;tions enfants, nous nous imaginions que les musiques que nous entendions dans la rue &#233;taient produites directement sur place par des musiciens qui s'accordaient pour accompagner de leurs instruments et de leurs voix, tous les &#233;v&#233;nements du quotidien. Elle pr&#233;cise plus tard sa pens&#233;e. Elle imaginait que des musiciens attendaient, chacun dans une pi&#232;ce sans vitre d'un immeuble dont elle imaginait la devanture similaire &#224; celle de l'immeuble de &lt;i&gt;La vie mode d'emploi&lt;/i&gt;, de Georges Perec, dont l'immeuble en coupe repr&#233;sente les occupants du lieu &#224; un moment pr&#233;cis, chacun dans sa pi&#232;ce comme dans une case, avec son instrument et son style de musique, pr&#234;t &#224; jouer un air adapt&#233; &#224; la situation. En rentrant du travail, j'entends une femme qui chante des vieux airs de la chanson fran&#231;aise, Piaf, Brel, Aznavour, en provenance de la place Simon-et-Cyla-Wiesenthal. Sa voix de t&#234;te h&#233;sitante, chevrotante, est un peu fausse ce qui renforce la nostalgie de ces musiques qu'elle partage aux nombreuses personnes qui font semblant de ne pas l'entendre, buvant un verre sur la place bond&#233;e &#224; l'heure de l'ap&#233;ritif. Un peu plus loin, c'est un grand gaillard noir, qui roule des m&#233;caniques, remontant le quai de Valmy, sac &#224; dos jet&#233; n&#233;gligemment sur l'&#233;paule, &#224; l'int&#233;rieur duquel une enceinte portative diffuse une musqiue soul qui transforme l'atmosph&#232;re du lieu, en imposant son rythme et sa m&#233;lodie.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_8842 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.liminaire.fr/IMG/jpg/55423237058_2c61d40f52_k.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.liminaire.fr/local/cache-vignettes/L500xH333/55423237058_2c61d40f52_k-ea9b2.jpg?1785654074' width='500' height='333' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;center&gt;Op&#233;ra de la Bastille, place de la Bastille, Paris 12&#232;me, 27 juillet 2026&lt;/center&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Laisser venir l'&#233;motion sans &#234;tre engloutie par elle&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Deux papillons volent au-dessus de la pelouse et des fleurs s&#232;ches du jardin, &#224; cause des diff&#233;rentes vagues de chaleur, de canicule qui se sont r&#233;p&#233;t&#233;es pendant tout l'&#233;t&#233;. Leurs mouvements tournoient l'un autour de l'autre, tourbillonnent et s'entourent en une spirale constamment changeante, &#233;volutive, nouant un dialogue entre eux, un dialogue myst&#233;rieux et secret, a&#233;rien, dans le mouvement de leur libre circulation, du battement de leurs ailes jaune p&#226;le, chor&#233;graphie gracile, l&#233;g&#232;re, qui s'accorde avec miracle avec l'air de jazz que j'&#233;coute ce matin.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Face &#224; l'in&#233;vitable&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'intelligence artificielle n'est que la nouvelle &#233;tape de la &#171; production artificielle &#187; du besoin propre au capitalisme traversant une phase de &lt;i&gt;crise de la profitabilit&#233;&lt;/i&gt;. Pour Romaric Godin, dans son livre &lt;i&gt;Le probl&#232;me &#224; trois corps du capitalisme&lt;/i&gt; (La D&#233;couverte, 2026), la r&#233;volution technologique de l'IA et l'ali&#233;nation consum&#233;riste sont les faces d'une m&#234;me pi&#232;ce, sans oublier la crise &#233;cologique.&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; La question n'est pas de constater que les gens vivent plus ou moins (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; On ne peut comprendre le d&#233;veloppement contemporain de l'IA qu'en lisant son imposition &#224; l'ensemble de la soci&#233;t&#233; (dans la sph&#232;re industrielle mais aussi domestique) comme un moyen de soutenir le taux de profit d'un capitalisme &#224; bout de souffle, en peine d'accumulation, incapable d'honorer les promesses de croissance n&#233;cessaires au maintien de la relative &#171; paix sociale &#187; qu'il assure en p&#233;riode d'abondance. L'IAG orchestre une &#171; production artificielle du besoin &#187;. Elle n'am&#233;liore pas la productivit&#233; des t&#226;ches que nous accomplissons d&#233;j&#224;, car son but est ailleurs. Elle cr&#233;e de la demande, de la demande forc&#233;e, inject&#233;e dans un syst&#232;me d&#233;j&#224; satur&#233; : &#171; Quand bien m&#234;me nous ignorerions encore &#224; quoi l'IAG pourrait bien servir, le capital, lui, le sait, et nous somme de le croire. &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Le probl&#232;me &#224; trois corps du capitalisme, de Romaric Godin (La D&#233;couverte), (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_8843 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.liminaire.fr/IMG/jpg/55425146727_e93afd4244_k.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.liminaire.fr/local/cache-vignettes/L500xH333/55425146727_e93afd4244_k-4a1ca.jpg?1785654074' width='500' height='333' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;center&gt;Gare SNCF de Rennes, Ile-et-Vilaine, 10 mai 2021&lt;/center&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Ces &#233;tranges contrepoints de la m&#233;moire&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Impossible de retrouver la trace de ma carte m&#233;moire sur laquelle sont archiv&#233;es mes photographies des derniers mois. Je suis rentr&#233; un soir de la semaine, j'avais pris des photographies des ouvrages empil&#233;s &#224; l'abri de la boite &#224; livres de ma rue. Je voulais les charger sur mon ordinateur. Je sais que je l'ai fait car elles figurent bien sur mon compte Flickr. D'habitude, je sors tout de suite la carte du lecteur externe qui me permet de transf&#233;rer les photos en ligne pour la remettre imm&#233;diatement &#224; l'int&#233;rieur de l'appareil. Les rares fois o&#249; je la laisse dehors, c'est toujours &#224; un endroit facilement accessible et bien visible. Je ne l'y laisse jamais tr&#232;s longtemps. Mais, l&#224;, je ne me souviens de rien. Je ne vois pas o&#249; je l'ai pos&#233;e, ce que j'ai pu en faire apr&#232;s l'avoir utilis&#233;e. Tous les sc&#233;narios tournent dans ma t&#234;te depuis le moment o&#249;, cherchant &#224; prendre des photos le lendemain, j'ai mis du temps &#224; r&#233;aliser que je le faisais dans le vide. &lt;i&gt;Carte m&#233;moire inexistante&lt;/i&gt;. Je ne lisais pas le message sur l'&#233;cran de l'appareil. J'ai d&#251; laisser tomber la carte m&#233;moire sans m'en rendre, qui sait ? Peut-&#234;tre l'ai-je jet&#233;e &#224; la poubelle par inadvertance ou l'ai-je pos&#233;e &#224; un endroit o&#249; je ne la laisse jamais et depuis elle a probablement &#233;t&#233; recouverte par des livres ou des feuilles de papier. Je la retrouverai avec de la chance &#224; mon retour de vacances. Ce n'est pas tr&#232;s grave. J'ai sauvegard&#233; l'essentiel de ces images sur mes disques durs. Ce qui me pr&#233;occupe, c'est mon incapacit&#233; &#224; me souvenir ce qui s'est pass&#233;, ce n'est pas la perte de l'objet qui me trouble. Je pr&#233;f&#232;re en rire en me souvenant de la fois o&#249; j'ai retrouv&#233; plus d'un an apr&#232;s un paquet de chocolats de P&#226;ques que j'avais tellement bien dissimul&#233; dans ma biblioth&#232;que que je l'y avais oubli&#233; tout ce temps.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&#171; La question n'est pas de constater que les gens vivent plus ou moins pauvrement, mais toujours d'une mani&#232;re qui leur &#233;chappe. &#187; Guy Debord, cit&#233; par Romaric Godin&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;i&gt;Le probl&#232;me &#224; trois corps du capitalisme&lt;/i&gt;, de Romaric Godin (La D&#233;couverte), 2026, p. 139&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Ce que l'on croyait perdu</title>
		<link>https://www.liminaire.fr/chronique/entre-les-lignes/article/ce-que-l-on-croyait-perdu</link>
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		<dc:date>2026-06-14T07:00:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Pierre M&#233;nard</dc:creator>


		<dc:subject>Biographie</dc:subject>
		<dc:subject>Journal</dc:subject>
		<dc:subject>Photographie</dc:subject>
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		<dc:subject>Paysage</dc:subject>
		<dc:subject>Contacts successifs</dc:subject>
		<dc:subject>Quotidien</dc:subject>
		<dc:subject>Sensation</dc:subject>
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		<description>
&lt;p&gt;Choses qui &#233;gayent le c&#339;ur &lt;br class='autobr' /&gt;
Entendre parler italien dans la rue. Voir deux vieux voisins chinois se serrer la main. Emprunter un chemin pour la premi&#232;re fois. Un voile transparent qui se soul&#232;ve r&#233;guli&#232;rement sous le souffle d'un vent qu'on ne per&#231;oit pas sur son visage. Une femme qui danse seule dans la rue. La musique d'une fanfare au milieu de la foule d'un vide-grenier. Comprendre un jeu de mots longtemps apr&#232;s l'avoir entendu. L'odeur sucr&#233;e du ch&#232;vrefeuille. &lt;br class='autobr' /&gt;
Quai de Valmy, Canal (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.liminaire.fr/chronique/entre-les-lignes/" rel="directory"&gt;Entre les lignes&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/biographie" rel="tag"&gt;Biographie&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/journal" rel="tag"&gt;Journal&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/photographie" rel="tag"&gt;Photographie&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/bibliotheque" rel="tag"&gt;Biblioth&#232;que&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/paysage" rel="tag"&gt;Paysage&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/contacts-successifs" rel="tag"&gt;Contacts successifs&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/quotidien" rel="tag"&gt;Quotidien&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/sensation" rel="tag"&gt;Sensation&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/reve" rel="tag"&gt;R&#234;ve&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.liminaire.fr/local/cache-vignettes/L150xH75/contacts_succcessifs_10_1_-2-97349.png?1781420624' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='75' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Choses qui &#233;gayent le c&#339;ur&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Entendre parler italien dans la rue. Voir deux vieux voisins chinois se serrer la main. Emprunter un chemin pour la premi&#232;re fois. Un voile transparent qui se soul&#232;ve r&#233;guli&#232;rement sous le souffle d'un vent qu'on ne per&#231;oit pas sur son visage. Une femme qui danse seule dans la rue. La musique d'une fanfare au milieu de la foule d'un vide-grenier. Comprendre un jeu de mots longtemps apr&#232;s l'avoir entendu. L'odeur sucr&#233;e du ch&#232;vrefeuille.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_8782 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.liminaire.fr/IMG/jpg/55310092559_54390347db_k.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.liminaire.fr/local/cache-vignettes/L500xH333/55310092559_54390347db_k-e9d49.jpg?1781420624' width='500' height='333' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;center&gt;Quai de Valmy, Canal Saint-Martin, Paris 10&#232;me, 2 juin 2026&lt;/center&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Un lieu vide&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les d&#233;cors autour de nous ne s'effondrent pas, ils se vident. Sentiment d'absurde qu'on vit en ce moment. On se l&#232;ve, on va au travail mais il n'y a personne. Il n'y a plus de meubles. Plus de tables, plus de chaises. C'est une angoisse tr&#232;s forte qui resurgit. Comme dans ce r&#234;ve : J'arrive tr&#232;s t&#244;t au travail ce matin. Les espaces de la biblioth&#232;que sont d&#233;serts. Ce qui m'&#233;tonne car les n&#233;ons sont d&#233;j&#224; allum&#233;s, &#224; moins qu'on ait oubli&#233; de les &#233;teindre la veille au soir. Les &#233;crans aussi sont allum&#233;s. Je traverse l'open space. Pour rejoindre mon bureau &#224; l'&#233;tage, je prends l'ascenseur. Sur chaque bouton, ce ne sont pas les &#233;tages qui sont inscrits, mais les jours de la semaine. J'appuie sur mardi. Les portes se ferment derri&#232;re moi. Quand elles se rouvrent, je traverse un supermarch&#233; enti&#232;rement vide. Pas de produits dans les rayonnages, pas de musique. Au rayon des surgel&#233;s, une femme passe la serpilli&#232;re. Ce n'est pas la femme de m&#233;nage qui travaille habituellement &#224; la biblioth&#232;que. Je lui demande o&#249; sont les usagers. Je me reprends. Les clients. Elle me r&#233;pond qu'ils sont d&#233;j&#224; rentr&#233;s chez eux. Je continue jusqu'au parking souterrain. Un lieu vide, angoissant. Aucune voiture. Je cherche en vain la sortie, mais chaque porte donne sur un autre couloir identique. Le sentiment d'absurde dans ces espaces de transit, de seuils, de passages.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le monde est multitude et solitude&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pendant la lecture de &lt;i&gt;Rien que les heures&lt;/i&gt; &#224; la m&#233;diath&#232;que Fran&#231;oise Sagan, en compagnie d'Anne Savelli et de Joachim S&#233;n&#233;, je me suis senti ailleurs. Je me sentais bien, j'avais r&#233;p&#233;t&#233; plusieurs fois ma lecture. L'alternance de nos voix, leur compl&#233;mentarit&#233;, me portait. La pr&#233;sence confiante des amis dans la salle comme sur la sc&#232;ne. Leur attention touchante. Concentr&#233; sur la lecture du texte, je me suis d&#233;doubl&#233;. J'&#233;tais &#224; la fois l&#224; en train de lire mon texte, mais je ne pensais pas vraiment &#224; ce que je faisais, j'avais l'impression de me d&#233;doubler pour vivre la sc&#232;ne autrement. En l&#233;ger d&#233;calage. Je n'&#233;tais pas tendu, inquiet, ni stress&#233;, ni pr&#233;occup&#233;. Je me sentais serein, d&#233;tach&#233;. Je flottais au-dessus de la sc&#232;ne. On voit parfois au cin&#233;ma des sc&#232;nes similaires, des moments o&#249; le personnage agit pendant qu'on entend sa voix int&#233;rieure exprimer ce qu'il pense, ce qu'il ressent. J'ai eu soudain l'impression que je sortais de mon enveloppe corporelle alors que j'&#233;tais bien sur sc&#232;ne. Une dr&#244;le d'impression.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_8783 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.liminaire.fr/IMG/jpg/55319144796_d34bda8389_k.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.liminaire.fr/local/cache-vignettes/L500xH334/55319144796_d34bda8389_k-0827a.jpg?1781420624' width='500' height='334' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;center&gt;Place de la libert&#233;, Saint-Guilhem-le-D&#233;sert, H&#233;rault, 19 juillet 2013&lt;/center&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Dans l'&#233;vidence du d&#233;cisif&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Regarder le paysage. Figer la perspective. En r&#233;p&#233;tant les m&#234;mes phrases pour se tenir compagnie. Ne plus rien faire jusqu'au lendemain. Les signes se transforment pour changer le sens du message initial. Les intuitions cach&#233;es nous traversent. Co&#239;ncidences troublantes, faisceau d'indices. Sur le visage comme un oubli. Mouvements dans la p&#233;nombre. Comme une nuit dans la nuit, une nuit plus profonde. Raconter ce souvenir intime, secret, plusieurs fois. Une longue suite d'&#233;chos ressassant le r&#233;el jusqu'&#224; le faire d&#233;border. La pens&#233;e derri&#232;re les pens&#233;es. Une esquisse de r&#233;ponse face &#224; ce qui dispara&#238;t. Rester en mouvement. Ce n'est pas nouveau, mais exag&#233;r&#233; &#224; l'extr&#234;me. La source de lumi&#232;re, o&#249; va-t-elle ? La curiosit&#233; est une autre forme du d&#233;sir. Je suis incorrigible. Et lorsque tout s'arr&#234;tera, c'est ce qu'il restera.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

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		<title>La distance du possible</title>
		<link>https://www.liminaire.fr/chronique/entre-les-lignes/article/la-distance-du-possible</link>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Pierre M&#233;nard</dc:creator>


		<dc:subject>Biographie</dc:subject>
		<dc:subject>&#201;criture</dc:subject>
		<dc:subject>Journal</dc:subject>
		<dc:subject>Lecture</dc:subject>
		<dc:subject>Livre</dc:subject>
		<dc:subject>Photographie</dc:subject>
		<dc:subject>R&#233;cit</dc:subject>
		<dc:subject>Paris</dc:subject>
		<dc:subject>Paysage</dc:subject>
		<dc:subject>Contacts successifs</dc:subject>
		<dc:subject>Animal</dc:subject>
		<dc:subject>Quotidien</dc:subject>
		<dc:subject>Solitude</dc:subject>
		<dc:subject>Sensation</dc:subject>
		<dc:subject>Absence</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Raconter cela consiste &#224; s'&#233;loigner &lt;br class='autobr' /&gt;
Joachim et Anne passent &#224; la maison pour pr&#233;parer la soir&#233;e du vendredi 12 juin &#224; la m&#233;diath&#232;que Fran&#231;oise Sagan, o&#249; nous allons lire ensemble des extraits de mon livre. Tr&#232;s vite, nous nous mettons au travail. Nos voix lisent &#224; tour de r&#244;le les diff&#233;rents fragments de plusieurs chapitres. Chacun avec sa voix, sa mani&#232;re de la poser sur le texte, de s'en emparer. C'est &#233;mouvant. &#192; la fin, Joachim s'&#233;tonne de la forme tr&#232;s particuli&#232;re de chaque fragment, (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.liminaire.fr/chronique/entre-les-lignes/" rel="directory"&gt;Entre les lignes&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/ecriture" rel="tag"&gt;&#201;criture&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/journal" rel="tag"&gt;Journal&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/lecture" rel="tag"&gt;Lecture&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/livre" rel="tag"&gt;Livre&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/photographie" rel="tag"&gt;Photographie&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/recit" rel="tag"&gt;R&#233;cit&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/paris" rel="tag"&gt;Paris&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/sensation" rel="tag"&gt;Sensation&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/absence" rel="tag"&gt;Absence&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.liminaire.fr/local/cache-vignettes/L150xH75/contacts_succcessifs_9_1_-2-90df9.png?1780815619' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='75' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Raconter cela consiste &#224; s'&#233;loigner&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Joachim et Anne passent &#224; la maison pour pr&#233;parer &lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;https://www.paris.fr/evenements/lecture-et-rencontre-avec-pierre-menard-108349&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;la soir&#233;e du vendredi 12 juin &#224; la m&#233;diath&#232;que Fran&#231;oise Sagan&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;, o&#249; nous allons lire ensemble des extraits de mon livre. Tr&#232;s vite, nous nous mettons au travail. Nos voix lisent &#224; tour de r&#244;le les diff&#233;rents fragments de plusieurs chapitres. Chacun avec sa voix, sa mani&#232;re de la poser sur le texte, de s'en emparer. C'est &#233;mouvant. &#192; la fin, Joachim s'&#233;tonne de la forme tr&#232;s particuli&#232;re de chaque fragment, de son rythme propre, de sa musique. Chaque fragment forme une boucle. Cela permet de lire le livre de fa&#231;on continue, mais &#233;galement de le parcourir selon l'heure, le lieu, ou au hasard en le feuilletant. J'ai toujours aim&#233; l'id&#233;e qu'on puisse ainsi circuler &#224; sa guise dans mes livres. Une lecture est un parcours. On peut sugg&#233;rer des chemins, des voies &#224; suivre, mais chacun est libre d'arpenter le r&#233;cit &#224; sa mani&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_8780 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.liminaire.fr/IMG/jpg/55304516081_a32ea3c07b_k.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.liminaire.fr/local/cache-vignettes/L500xH333/55304516081_a32ea3c07b_k-709f0.jpg?1780815619' width='500' height='333' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;center&gt;Quai de la Seine, Bassin de la Villette, Paris 19&#232;me, 30 mai 2026&lt;/center&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;On finit par se comprendre soi-m&#234;me&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;https://www.castorastral.com/livre/ma-propriete-privee/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;i&gt;Ma propri&#233;t&#233; priv&#233;e&lt;/i&gt;, le livre de Mary Ruefle, paru aux &#233;ditions Le Castor Astral en 2026&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;, est un ensemble de proses po&#233;tiques courtes, ni po&#232;me, ni essai, plut&#244;t des m&#233;ditations existentielles, r&#233;cits intimes, introspectifs, dans lesquels l'autrice se pose des questions &#224; voix haute, sur le sens d'une pens&#233;e, la signification d'un r&#234;ve, ce que repr&#233;sente le bonheur. Elle s'interroge &#233;galement sur le sens des diff&#233;rentes couleurs comme Goethe l'avait fait avant elle dans sa &lt;i&gt;Th&#233;orie des couleurs&lt;/i&gt;, publi&#233;e en 1810, o&#249; le po&#232;te explorait l'impact psychologique des diff&#233;rentes couleurs sur l'humeur et les &#233;motions. Ces r&#233;flexions sont plac&#233;es aux c&#244;t&#233;s d'observations plus d&#233;cal&#233;es, comme la fa&#231;on dont on fabrique les t&#234;tes r&#233;duites, ou la d&#233;couverte faite par Ruefle dans son enfance que les milkshakes sont meilleurs avec du sel et du poivre, ou des r&#233;cits franchement autobiographiques comme celui o&#249; elle avoue avoir pleur&#233; sans arr&#234;t durant le mois d'avril 1998, car elle voulait mourir, &#224; cause de la m&#233;nopause qu'elle aborde sous l'angle personnel mais &#233;galement comme ph&#233;nom&#232;ne social : &#171; une nouvelle adolescence, sauf que vous &#234;tes adulte &#187;. &lt;br class='autobr' /&gt;
L'&#233;criture de Ruefle s'apparente &#224; un sentiment pur, &#224; la mani&#232;re de la po&#233;sie. La juxtaposition et l'association d'images s'entrem&#234;lent ainsi tout au long de l'ouvrage. Dans la bri&#232;vet&#233; &#233;nigmatique du texte intitul&#233; &lt;i&gt;Le Sublime&lt;/i&gt;, sensation et sens se m&#234;lent, et nous reconnaissons &#224; la fois l'action et ce que pourrait &#234;tre la signification cach&#233;e du texte : &#171; La route &#233;tait &#233;troite, puis de plus en plus &#233;troite, tournant tant&#244;t d'un c&#244;t&#233;, tant&#244;t de l'autre tandis que je grimpais, pench&#233;e sur le volant. Je voyais du coin de l'&#339;il qu'il y avait une vue incroyable, mais je ne pouvais pas regarder. &#187; &lt;br class='autobr' /&gt;
Dans &lt;i&gt;&#192; lire, s'il vous pla&#238;t&lt;/i&gt;, elle raconte les derniers instants d'une femme chez elle qui remplit de graines de tournesol la mangeoire pour les oiseaux, du point de vue imaginaire d'un chardonneret : &#171; Depuis ma branche, je l'ai vue effectuer les activit&#233;s qui lui plaisaient : ramasser une serviette par terre, remplir un formulaire pour suspendre la distribution du courrier, faire bouillir de l'eau, regarder dans le vide. &#187; &lt;br class='autobr' /&gt;
Toute la beaut&#233; de l'&#233;criture de Mary Ruefle tient dans l'ind&#233;cision permanente dans laquelle nous tient son &#233;criture, qui ne se limite jamais &#224; une forme pr&#233;cise, un genre, ni &#224; un point de vue univoque sur un sujet et qui, m&#234;me si elle para&#238;t autobiographique, nous touche toutes et tous. Les textes s'arr&#234;tent sur des moments de calme, de contemplation, de tristesse parfois, menant &#224; une prise de conscience ou &#224; une nouvelle vision du monde. Ils tissent entre eux des liens qui peu &#224; peu forment le sens du livre. Si les magnifiques fragments sur les couleurs de la tristesse, qui pars&#232;ment tout le livre, se r&#233;p&#232;tent et donnent leur tonalit&#233; au livre, la tristesse y est explor&#233;e comme une &#233;motion de la vie et des vivants, de la perte non pas comme quelque chose de concret, mais comme un signe de changement, une autre forme de possession. Une &lt;i&gt;note de l'auteur&lt;/i&gt; (que je ne livre pas ici pour ne pas d&#233;voiler la fin du recueil) fait office de cl&#233;, peut-&#234;tre m&#234;me de passe-partout, et ouvre de nombreuses portes. &lt;br class='autobr' /&gt;
Ce livre dresse le constat d'un agr&#233;able sentiment de partage contrari&#233;, avec une m&#233;lancolie passionn&#233;e qui nous laisse sans voix : &#171; Au d&#233;but, on comprend le monde mais pas soi-m&#234;me, et que lorsqu'on finit par se comprendre soi-m&#234;me, on ne comprend plus le monde. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Change ton malaise en vibrato&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Rester en mouvement. Ce n'est pas qu'une question d'activit&#233;s. Avoir des choses &#224; faire, travailler &#224; de nouveaux projets, avancer sur d'anciens. C'est avant tout une question de dynamique. Se mettre en mouvement. D&#232;s que j'arr&#234;te, je me sens pris au pi&#232;ge. Ce n'est pas imm&#233;diat, c'est plus pernicieux. Au d&#233;but, il me reste encore des choses &#224; faire, j'avance l'esprit l&#233;ger, je crois que &#231;a va continuer comme &#231;a, dans cet &#233;lan, ce rythme qui me porte au quotidien. Un impr&#233;vu survient, de la visite, une inqui&#233;tude passag&#232;re, des jours de vacances sans partir en voyage, sans pouvoir sortir, me promener, la canicule me retient plus longtemps que pr&#233;vu &#224; l'int&#233;rieur de la maison, sans pouvoir bouger, volets baiss&#233;s, dans la p&#233;nombre &#233;touffante de l'appartement. Des id&#233;es sombres m'envahissent. C'est si rare que j'en suis abasourdi. Je reste sans voix, m&#233;lancolique. Remise en cause g&#233;n&#233;rale. Tout m'&#233;chappe. Sans savoir comment r&#233;agir, ne rien r&#233;ussir &#224; faire d'autre qu'&#224; lire. Je fais du surplace. &#201;crire ce qui ne va pas. Ce qui m'inqui&#232;te, ce qui m'obs&#232;de. Puis tout effacer. Un poids en moins. D&#232;s que je r&#233;ussis enfin &#224; sortir &#224; nouveau, m&#234;me si c'est pour retourner travailler, je me sens mieux, moins oppress&#233;. Je me remets en mouvement, et ce mouvement me soulage, m'apaise.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_8779 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.liminaire.fr/IMG/jpg/9178156514_a07478f68c_k.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.liminaire.fr/local/cache-vignettes/L500xH334/9178156514_a07478f68c_k-88308.jpg?1780815619' width='500' height='334' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;center&gt;Mission Dolores, San Francisco, Californie, &#201;tats-Unis d'Am&#233;rique, 24 avril 2012&lt;/center&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le chant des oiseaux&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Prenant l'air &#224; ma fen&#234;tre, j'observe un merle sur le bord de la fen&#234;tre de mes voisins. Sur le toit de l'immeuble d'en face un petit moineau lance une trille au son per&#231;ant. Je vois le merle sur son promontoire, se figer et lever la t&#234;te vers le haut pour regarder dans la direction de l'oiseau comme s'il comprenait ce que l'autre oiseau exprimait dans son chant. Je me rends compte que je n'ai jamais cherch&#233; &#224; savoir jusqu'&#224; pr&#233;sent si les oiseaux d'esp&#232;ces diff&#233;rentes ont la capacit&#233; de communiquer et de se comprendre. Certains oiseaux communiquent des informations importantes sur les menaces et les ressources alimentaires au sein de leur groupe, mais aussi &#224; d'autres esp&#232;ces qui partagent le m&#234;me habitat. Bien qu'il existe certaines preuves sugg&#233;rant une compr&#233;hension entre certaines esp&#232;ces, dans certaines circonstances, cette capacit&#233; semble &#234;tre limit&#233;e et d&#233;pendante en fonction de l'environnement et de l'apprentissage.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Ce temps du dehors</title>
		<link>https://www.liminaire.fr/chronique/entre-les-lignes/article/ce-temps-du-dehors</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.liminaire.fr/chronique/entre-les-lignes/article/ce-temps-du-dehors</guid>
		<dc:date>2026-05-31T07:00:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Pierre M&#233;nard</dc:creator>


		<dc:subject>Art</dc:subject>
		<dc:subject>&#201;criture</dc:subject>
		<dc:subject>Information</dc:subject>
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		<description>
&lt;p&gt;La distance du possible &lt;br class='autobr' /&gt;
J'ai particip&#233; &#224; la marche organis&#233;e par Hortense Gauthier et la revue TINA en ligne, dont le principe consistait &#224; &#233;crire une phrase de 60 caract&#232;res par heure de marche, accompagn&#233;e d'une photographie. J'ai d&#233;couvert, en rentrant de promenade dans la for&#234;t de Carnelle avec Caroline et Nina, que l'endroit avait &#233;t&#233; le cadre des premiers essais du t&#233;l&#233;graphe de Chappe. Le 12 juillet 1793, pour la premi&#232;re fois dans l'histoire, 26 mots ont &#233;t&#233; transmis en 11 minutes (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.liminaire.fr/chronique/entre-les-lignes/" rel="directory"&gt;Entre les lignes&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/art" rel="tag"&gt;Art&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/ecriture" rel="tag"&gt;&#201;criture&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/information" rel="tag"&gt;Information&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/journal" rel="tag"&gt;Journal&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/peinture" rel="tag"&gt;Peinture&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/photographie" rel="tag"&gt;Photographie&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/paris" rel="tag"&gt;Paris&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/ville" rel="tag"&gt;Ville&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/histoire" rel="tag"&gt;Histoire&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/contacts-successifs" rel="tag"&gt;Contacts successifs&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/quotidien" rel="tag"&gt;Quotidien&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/societe" rel="tag"&gt;Soci&#233;t&#233;&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/corps" rel="tag"&gt;Corps&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/enfance" rel="tag"&gt;Enfance&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/architecture" rel="tag"&gt;Architecture&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/recit" rel="tag"&gt;R&#233;cit&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.liminaire.fr/local/cache-vignettes/L150xH75/contacts_succcessifs_8_1_-ce3b8.png?1780210919' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='75' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La distance du possible&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J'ai particip&#233; &#224; la &lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;https://editionsjou.net/2026/05/27/285-focus-30-marches-les-donnees/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;marche organis&#233;e par Hortense Gauthier et la revue TINA en ligne&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;, dont le principe consistait &#224; &#233;crire une phrase de 60 caract&#232;res par heure de marche, accompagn&#233;e d'une photographie. J'ai d&#233;couvert, en rentrant de promenade dans la for&#234;t de Carnelle avec Caroline et Nina, que l'endroit avait &#233;t&#233; le cadre des premiers essais du t&#233;l&#233;graphe de Chappe. Le 12 juillet 1793, pour la premi&#232;re fois dans l'histoire, 26 mots ont &#233;t&#233; transmis en 11 minutes de M&#233;nilmontant &#224; Saint-Martin-du-Tertre, soit une distance de 26 km &#224; vol d'oiseau. Le t&#233;l&#233;graphe Chappe &#233;tait un syst&#232;me de communication visuelle invent&#233; par Claude Chappe pendant la R&#233;volution fran&#231;aise. Il permettait de transmettre rapidement des messages &#224; grande distance gr&#226;ce &#224; une cha&#238;ne de tours &#233;quip&#233;es de bras articul&#233;s visibles &#224; la longue-vue depuis la station voisine. Chaque tour, espac&#233;e d'environ dix &#224; quinze kilom&#232;tres, relayait les signaux jusqu'&#224; destination. La premi&#232;re ligne relia Paris &#224; Lille en 1794 pour des usages militaires. Le syst&#232;me se d&#233;veloppa ensuite dans toute la France. Avec l'arriv&#233;e du t&#233;l&#233;graphe &#233;lectrique dans les ann&#233;es 1840, les tours Chappe furent progressivement abandonn&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_8771 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.liminaire.fr/IMG/jpg/55285243116_9841d761d1_k.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.liminaire.fr/local/cache-vignettes/L500xH333/55285243116_9841d761d1_k-c1662.jpg?1780210919' width='500' height='333' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;center&gt;Bistro du Commerce, Avenue Ledru Rollin, Paris 11&#232;me, 21 mai 2026&lt;/center&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Chaque jour se transforme en demain&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Certains matins j'entends des voix. Ce ne sont pas exactement des voix, mais &#231;a vibre en moi, &#231;a r&#233;sonne dans ma t&#234;te. Difficile de ne pas les comparer &#224; des voix. C'est un tremblement qui se transmet par l'interm&#233;diaire des murs de ma chambre, me parvient en remontant jusqu'aux parois de mon cr&#226;ne. Je crois qu'il s'agit de paroles que j'entends dans un r&#234;ve que je ne parviens pas &#224; comprendre, dont je n'identifie pas explicitement les mots. Cela m'arrive parfois. Une forme de ligne de basse continue, tel un moteur qui gronde sous terre. J'entends parfois les v&#233;hicules sortant du parking de l'immeuble faire vibrer les murs du sous-sol, mais l&#224; ce n'est pas la m&#234;me chose. Le temps de me r&#233;veiller pour comprendre qu'il s'agit en fait de la radio des voisins. Je ne me trompais pas r&#233;ellement, ce sont bien des mots, un brouhaha de paroles incompr&#233;hensibles, de voix confuses, qui se r&#233;sument &#224; une bouillie de phon&#232;mes. Je sens vibrer le monde depuis mon lit, &#224; demi-r&#233;veill&#233;, troubl&#233; par ces &#233;chos lointains qui me rappellent les voix de la radio, programm&#233;e la veille, qui s'allume au moment du journal. Le son est inaudible tout d'abord, il monte progressivement. Il faut que je me presse de l'arr&#234;ter, sinon j'ai l'impression que les voix des journalistes vont se mettre &#224; crier leurs informations anxiog&#232;nes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La mesure du d&#233;sastre&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avec son intervention en cours d'installation sur le Pont-Neuf, JR fait directement r&#233;f&#233;rence &#224; l'&#339;uvre r&#233;alis&#233;e par Christo et Jeanne-Claude en 1985 sur ce m&#234;me monument. Pourtant, derri&#232;re des points communs apparents (lieu d'intervention, gratuit&#233; de leurs projets, caract&#232;re &#233;ph&#233;m&#232;re et financement par la vente d'&#339;uvres pr&#233;paratoires), les deux d&#233;marches rel&#232;vent de conceptions tr&#232;s diff&#233;rentes de l'art dans l'espace public. Lorsque Christo et Jeanne-Claude emballent le Pont-Neuf, ils ne cherchent pas &#224; lui ajouter une image mais &#224; le transformer par la dissimulation. Recouvert d'un tissu couleur pierre, la toile drap&#233;e r&#233;fl&#233;chit la lumi&#232;re sur la Seine. Le pont prend une forme nouvelle, &#233;trange et presque abstraite. L'&#339;uvre invite les passants &#224; red&#233;couvrir physiquement un lieu familier. Pendant quinze jours, le monument se transforme en exp&#233;rience collective, v&#233;cue directement par ceux qui le traversent et l'observent. &#192; l'inverse, l'intervention de JR repose avant tout sur la production d'une image de marque. Un signe visuel, facilement identifiable, con&#231;u pour &#234;tre photographi&#233; puis largement diffus&#233;, partag&#233; et reproduit. Ce camouflage gonflable (montagne &#224; l'ext&#233;rieur, caverne &#224; l'int&#233;rieur) reproduit les codes esth&#233;tiques de JR (&#339;uvre monumentale, illusion d'optique, noir et blanc tr&#232;s contrast&#233;, proche de celui des photocopies) et se plaque de mani&#232;re spectaculaire sur ce monument historique de Paris.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_8772 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.liminaire.fr/IMG/jpg/40153705890_1c59e11d14_k.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.liminaire.fr/local/cache-vignettes/L500xH281/40153705890_1c59e11d14_k-ec26e.jpg?1780210919' width='500' height='281' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;center&gt;Largo Landolina, Noto, Sicile, Italie, 8 mai 2018&lt;/center&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Un mouvement irr&#233;sistible&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je vois des groupes de jeunes s'amuser et nager dans l'eau du canal Saint-Martin pour se rafra&#238;chir par les fortes chaleurs des derniers jours, feindre de ne pas comprendre l'interdiction de se baigner, de sauter depuis les passerelles tandis que d'autres filment leurs plongeons. Ces centaines de jeunes, torses nus, jouant, plaisantant, discutant, riant entre eux. Et leurs cris, leurs courses folles pour &#233;chapper &#224; la police les poursuivant en voiture comme des d&#233;linquants. La police d&#233;bord&#233;e, oblig&#233;e tr&#232;s vite de se cantonner, par manque d'effectif, &#224; fermer l'acc&#232;s &#224; deux ponts et &#224; surveiller, comme de simples ma&#238;tres nargueurs, cette foule juv&#233;nile. J'ai trouv&#233; rafra&#238;chissantes les r&#233;ponses faussement na&#239;ves de jeunes filles tremp&#233;es de la t&#234;te aux pieds, argumentant face aux policiers qu'elles ne s'&#233;taient pas baign&#233;es, qu'elles sortaient juste de chez elles apr&#232;s leur douche. Ces jeunes n'avaient qu'une intention, se rafra&#238;chir, s'amuser ensemble, mais en dehors des centres commerciaux, des piscines bond&#233;es et payantes ou des terrains de sport, des skateparks, o&#249; l'on pr&#233;f&#233;rait les voir rester sagement. Cette g&#233;n&#233;ration cherche des endroits o&#249; tra&#238;ner, se retrouver et vivre des moments collectifs dans une ville qui n'est pas faite pour elle. Sur les r&#233;seaux sociaux, les commentaires aux images de ces sauts de l'ange dans l'eau du canal r&#233;sument assez bien les clivages g&#233;n&#233;rationnels et sociologiques de notre soci&#233;t&#233; : &lt;i&gt;Qu'est-ce qu'ils ne comprennent pas dans le mot interdit ?&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Dans l'&#233;paisseur des mots</title>
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		<dc:creator>Pierre M&#233;nard</dc:creator>


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		<description>
&lt;p&gt;Un concours de circonstances &lt;br class='autobr' /&gt;
Il y a quelque chose d'&#233;trange et de d&#233;plac&#233; dans le fait de donner des pr&#233;noms aux temp&#234;tes. Une temp&#234;te n'arrive plus seulement avec son cort&#232;ge de pr&#233;cipitations, de vent, de branches arrach&#233;es, d'impressionnants d&#233;g&#226;ts. J'imagine que c'est avec l'intention de rendre l'&#233;v&#233;nement plus proche de la population, de permettre d'identifier plus facilement le ph&#233;nom&#232;ne m&#233;t&#233;orologique, mais il associe ainsi le drame aux personnes qui portent ce pr&#233;nom. La temp&#234;te (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/ecriture" rel="tag"&gt;&#201;criture&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/journal" rel="tag"&gt;Journal&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/langage" rel="tag"&gt;Langage&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/paysage" rel="tag"&gt;Paysage&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.liminaire.fr/local/cache-vignettes/L150xH75/contacts_succcessifs_7_1_-08915.png?1779606376' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='75' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Un concours de circonstances&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y a quelque chose d'&#233;trange et de d&#233;plac&#233; dans le fait de donner des pr&#233;noms aux temp&#234;tes. Une temp&#234;te n'arrive plus seulement avec son cort&#232;ge de pr&#233;cipitations, de vent, de branches arrach&#233;es, d'impressionnants d&#233;g&#226;ts. J'imagine que c'est avec l'intention de rendre l'&#233;v&#233;nement plus proche de la population, de permettre d'identifier plus facilement le ph&#233;nom&#232;ne m&#233;t&#233;orologique, mais il associe ainsi le drame aux personnes qui portent ce pr&#233;nom. La temp&#234;te s'approche. On redoute ses effets. On suit avec crainte son parcours sur les cartes. On prononce son nom &#224; la t&#233;l&#233;vision avec une forme de proximit&#233; troublante. Le pr&#233;nom change la nature des temp&#234;tes. Elles cessent d'&#234;tre neutres, et si elles restent uniques, difficile sans cela &#224; les diff&#233;rencier. C'est tout un ensemble d'images qui nous parvient dans son sillage. Des routes inond&#233;es, des fen&#234;tres qui claquent, des personnes qui regardent le ciel s'assombrir. Certains pr&#233;noms semblent soudain impossibles &#224; porter sans que revienne le souvenir dramatique. Tout le monde se souvient des temp&#234;tes de fin d&#233;cembre 1999 en Europe. Leurs pr&#233;noms r&#233;sonnent encore dans nos m&#233;moires. Lothar et Martin. Il y a cependant des moyens moins raccoleurs qu'&lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;https://meteofrance.com/actualites-et-dossiers/actualites/quel-nom-choisiriez-vous-pour-une-tempete&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;un concours pour choisir les prochains noms de temp&#234;te&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_8769 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.liminaire.fr/IMG/jpg/55262998201_4463f40bf0_k.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.liminaire.fr/local/cache-vignettes/L500xH333/55262998201_4463f40bf0_k-96e33.jpg?1779606376' width='500' height='333' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;center&gt;Exposition &lt;i&gt;Curiosit&#233;&lt;/i&gt; (objets de Ma&#239;ssa Toulet), Cent, 100 rue de Charenton, Paris 12&#232;me, 11 mai 2026&lt;/center&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Mon temps mon demain mes toujours&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La jeune femme s'est juch&#233;e sur le rebord de la fen&#234;tre aux volets m&#233;talliques ferm&#233;s, au rez-de-chauss&#233;e de cette maison devant laquelle je passe quotidiennement. Elle n'est pas chez elle, mais elle s'y sent &#224; l'aise, l'air d&#233;tendu, joyeuse et insouciante. Elle est assise, son dos contre le montant b&#233;tonn&#233; du cadre de la fen&#234;tre, son corps recroquevill&#233; pour se lover dans cet espace r&#233;duit, plus large que long, genou relev&#233; vers sa poitrine pour s'y maintenir en entier et ne pas risquer de tomber, ce qui lui permet de maintenir en &#233;quilibre son smartphone sur ses genoux pour discuter en vid&#233;o avec un ami. Elle ne pr&#234;te pas attention aux pi&#233;tons qui marchent sur le trottoir et passent &#224; sa hauteur. Sans un regard, ni un sourire. Concentr&#233;e dans sa conversation qui prend toute la place comme son corps dans cet espace incongru.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le moment fragile o&#249; ce sentiment appara&#238;t&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y a chez l'actrice Renate Reinsve quelque chose qui &#233;chappe imm&#233;diatement aux cat&#233;gories habituelles de la beaut&#233;. Son visage semble toujours travers&#233; par une pens&#233;e, une inqui&#233;tude, un tremblement int&#233;rieur. Sa beaut&#233; tient dans la mani&#232;re qu'elle a de laisser appara&#238;tre le doute, d'accueillir la fatigue, l'ironie, d'exprimer la g&#234;ne ou le d&#233;sir sans jamais vraiment les souligner. Dans &lt;i&gt;Julie (en 12 chapitres)&lt;/i&gt;, elle incarne un personnage qui change sans cesse de forme. Julie h&#233;site, fuit, recommence, d&#233;truit ce qu'elle aime, cherche sa place dans sa propre vie. Beaucoup d'acteurs jouent les contradictions. Renate Reinsve les laisse coexister en elle. Elle peut &#234;tre lumineuse dans une sc&#232;ne de f&#234;te, puis soudain totalement ferm&#233;e, presque absente, comme si une autre pens&#233;e traversait son esprit. Son jeu repose moins sur la d&#233;monstration psychologique que sur des micro-d&#233;placements. Une mani&#232;re de regarder quelqu'un trop longtemps, de sourire avant de se refermer, de ralentir l&#233;g&#232;rement au milieu d'une phrase. Dans &lt;i&gt;La Convocation&lt;/i&gt;, son visage devient plus inqui&#233;tant. Le film repose largement sur sa capacit&#233; &#224; maintenir une ambigu&#239;t&#233; permanente. Elle parait &#224; la fois fragile et capable d'une violence exag&#233;r&#233;e. Elle ne cherche pas &#224; rendre son personnage sympathique. Elle laisse des zones de silence, des moments o&#249; l'on ne sait plus si elle souffre, si elle manipule ou se prot&#232;ge. C'est cette opacit&#233; qui la rend troublante. Dans &lt;i&gt;Valeur sentimentale&lt;/i&gt;, cette qualit&#233; devient plus sensible encore. Son personnage existe &#224; travers un simple mouvement de t&#234;te ou une respiration suspendue. Elle accepte les contradictions, les moments embarrassants, les silences. Son corps lui-m&#234;me semble toujours l&#233;g&#232;rement en d&#233;calage sur son &#233;motion. C'est ce qui produit sur nous une impression de v&#233;rit&#233; tr&#232;s rare. Jouer ne consiste pas &#224; montrer un sentiment, mais &#224; laisser voir le moment fragile o&#249; ce sentiment appara&#238;t, se transforme ou dispara&#238;t.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_8768 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.liminaire.fr/IMG/jpg/49077899932_43572f5e68_k.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.liminaire.fr/local/cache-vignettes/L500xH333/49077899932_43572f5e68_k-4dfc7.jpg?1779606376' width='500' height='333' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;center&gt;Yomise-dori, Yanaka, Tokyo, Japon, 17 novembre 2019&lt;/center&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Ce temps du dehors&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le brouhaha des conversations s'entrechoque &#224; contretemps avec la musique pouss&#233;e trop fort dans le caf&#233;, une rythmique s&#232;che et cadenc&#233;e dont on distingue &#224; peine la voix f&#233;minine, noy&#233;e sous une batterie omnipr&#233;sente. Dans la vitre de la porte-fen&#234;tre, &#224; c&#244;t&#233; de moi, plusieurs reflets vibrent et se diffractent, se surimpriment aux silhouettes &#233;vasives des passants qui traversent la rue d'un pas rapide dans la lumi&#232;re de fin de journ&#233;e. Lorsqu'on d&#233;tache l&#233;g&#232;rement le regard de ce mirage tremblotant, c'est alors l'ensemble du carrefour qui appara&#238;t, toute la sc&#232;ne et sa m&#233;canique visible. Le passage r&#233;gulier des voitures, toujours &#224; la m&#234;me allure, l'alternance presque hypnotique des feux, les croisements de pi&#233;tons qui s'engagent chacun son tour sur les bandes blanches des passages-pi&#233;tons. Il y a dans cette effervescence quelque chose d'entra&#238;nant et d'artificiel &#224; la fois. Une dynamique fabriqu&#233;e. Cin&#233;matographique. Comme ces sc&#232;nes de foule o&#249;, soudain, le regard cesse de croire &#224; l'illusion et commence &#224; voir ce qu'elle contient r&#233;ellement. Des figurants qui r&#233;p&#232;tent plusieurs fois les m&#234;mes gestes, pour produire un effet de r&#233;el qui finit, au contraire, par r&#233;v&#233;ler la mise en sc&#232;ne. Un couple s'arr&#234;te devant le caf&#233;, comme s'ils attendaient quelqu'un avant d'entrer. Ils se rapprochent, s'embrassent. Leurs corps glissent l'un contre l'autre, s'agrippent doucement, cherchent encore un peu plus de proximit&#233;, tout en conservant entre eux une distance infime, presque invisible, avant l'&#233;treinte. La femme commence, sans y penser, &#224; faire basculer son corps d'avant en arri&#232;re. Un mouvement lent, presque imperceptible, qui se transmet aussit&#244;t au corps de son compagnon. Ils se mettent &#224; danser. Ils semblent oublier toute l'agitation qui les entoure. Mieux encore, ils l'effacent. Pour ceux qui les regardent, la rue dispara&#238;t &#224; son tour, les voitures, les feux, les passants. Il ne reste plus qu'eux et leur chor&#233;graphie discr&#232;te, vacillante, renversante.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>De la lumi&#232;re et des bruits</title>
		<link>https://www.liminaire.fr/chronique/entre-les-lignes/article/de-la-lumiere-et-des-bruits</link>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Pierre M&#233;nard</dc:creator>


		<dc:subject>Art</dc:subject>
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		<dc:subject>Information</dc:subject>
		<dc:subject>Langage</dc:subject>
		<dc:subject>Journal</dc:subject>
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		<dc:subject>Photographie</dc:subject>
		<dc:subject>R&#233;cit</dc:subject>
		<dc:subject>Voix</dc:subject>
		<dc:subject>Ville</dc:subject>
		<dc:subject>Contacts successifs</dc:subject>
		<dc:subject>Anne Savelli</dc:subject>
		<dc:subject>L'espace d'un instant</dc:subject>
		<dc:subject>Sensation</dc:subject>
		<dc:subject>Temps</dc:subject>
		<dc:subject>Travail</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Ce recel dans l'&#233;paisseur des mots [[Ces nouveaux mots entrent dans les nouvelles &#233;ditions 2027 des dictionnaires Le Robert et Larousse : &lt;br class='autobr' /&gt;
Aquafaba : Eau de cuisson des l&#233;gumineuses, utilis&#233;e en cuisine comme substitut au blanc d'&#339;uf. &lt;br class='autobr' /&gt;
Assertivit&#233; : Capacit&#233; &#224; s'affirmer dans le respect d'autrui. &lt;br class='autobr' /&gt;
Banger : Chanson qui met tout le monde d'accord d&#232;s les premi&#232;res notes. &lt;br class='autobr' /&gt;
Bouilloire thermique :Logement qui devient invivable en p&#233;riode de fortes chaleurs. &lt;br class='autobr' /&gt;
Bouiner : Passer son temps &#224; de (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/contacts-successifs" rel="tag"&gt;Contacts successifs&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/anne-savelli" rel="tag"&gt;Anne Savelli&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/l-espace-d-un-instant" rel="tag"&gt;L'espace d'un instant&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/sensation" rel="tag"&gt;Sensation&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/temps" rel="tag"&gt;Temps&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/travail" rel="tag"&gt;Travail&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.liminaire.fr/local/cache-vignettes/L150xH75/contacts_succcessifs_6_1_-408f9.png?1779001337' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='75' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Ce recel dans l'&#233;paisseur des mots&lt;/strong&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Ces nouveaux mots entrent dans les nouvelles &#233;ditions 2027 des dictionnaires (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans une bouilloire thermique du Sud-Ouest o&#249; il fait gav&#233; chaud, un instavid&#233;aste neuroatypique passe ses journ&#233;es &#224; bouiner devant son proxy profitant de la d&#233;couvrabilit&#233; des contenus en ligne. Il prompte des intelligences artificielles g&#233;n&#233;ratives capables de matrixer n'importe qui jusqu'au suicide forc&#233;. Son dernier crush ? Une femme qui a d&#233;cid&#233; de marrainer une association d'&#233;quith&#233;rapie prot&#233;geant une esp&#232;ce parapluie menac&#233;e par la fast-fashion. Chaque soir, il pr&#233;pare un bibimbap accompagn&#233; d'onigiris et d'une mousse mont&#233;e &#224; l'aquafaba, pendant qu'un banger tourne en boucle dans son appartement devenu une v&#233;ritable dinguerie climatique. Son voisin, un charo miskine persuad&#233; d'&#234;tre victime du syst&#232;me comme tous les incels, parce qu'on l'accuse de pornodivulgation, passe son temps &#224; publier des vid&#233;os confuses sur la guerre hybride, avec une assertivit&#233; aussi fragile qu'une pistole oubli&#233;e au soleil.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_8761 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.liminaire.fr/IMG/jpg/55257073383_a486877d0a_k.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.liminaire.fr/local/cache-vignettes/L500xH333/55257073383_a486877d0a_k-d3fb2.jpg?1779001337' width='500' height='333' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;center&gt;&#206;le Panchout, Bords de l'Yerres, Yerres, Essonne, 8 mai 2026&lt;/center&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Un espace qui a perdu l'empreinte&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;R&#233;veil en sursaut, en plein milieu d'un r&#234;ve. Je mets du temps &#224; &#233;merger, ce qui m'arrive rarement. Pas l'habitude de sortir le lundi. Il pleut. J'ai regard&#233; la veille l'itin&#233;raire sur une carte pour pr&#233;parer le rendez-vous &#224; venir, un lieu que je connais cependant, o&#249; je suis d&#233;j&#224; venu plusieurs fois. En sortant du m&#233;tro, mes rep&#232;res sont troubl&#233;s. Je me pr&#233;cipite dans une direction qui n'est pas la bonne. J'anticipe sur le rendez-vous suivant. La rue Saint-Sabin forme un arc de cercle. Je sens bien que je m'&#233;loigne du but &#224; atteindre, mais je ne vois pas comment revenir sur mes pas. Tout me semble invers&#233; comme si je regardais le plan se refl&#233;ter sur un miroir. J'ai beau regarder sur mon smartphone, rien n'y fait. Ma g&#233;olocalisation me joue des tours et me d&#233;place &#224; sa guise. Ce n'est plus un rep&#232;re, c'est un leurre qui me perd. Le temps presse, je ne veux pas arriver trop en retard. Anne envoie un message auquel je ne r&#233;ponds pas, concentr&#233; sur mon plan. Je suis si peu souvent d&#233;boussol&#233; &#224; ce point, moi qui me targue d'avoir un excellent sens de l'orientation. En revenant vers le boulevard Richard-Lenoir, j'aper&#231;ois une silhouette famili&#232;re. Je souris. Anne cherche son chemin elle aussi. Je partage avec elle mon d&#233;sarroi, avant de r&#233;aliser que nous allons tous deux &#224; contre-courant du chemin &#224; emprunter. Nous finissons par rejoindre Eric qui nous attend au caf&#233; de l'Industrie. Ce caf&#233; est lui-m&#234;me assez trompeur avec ses deux entr&#233;es, dans deux rues parall&#232;les. Bien s&#251;r, avec Anne, nous entrons par la porte &#224; l'oppos&#233;e de la salle principale. Apr&#232;s ce rendez-vous, je mets plusieurs heures &#224; retrouver mes esprits, &#224; sentir mes pieds &#224; nouveau toucher le sol. Ce n'est pas li&#233; &#224; ce que nous nous sommes dits au caf&#233;, bien au contraire. La conversation a &#233;t&#233; plaisante et tr&#232;s constructive. Mais, depuis mon r&#233;veil pr&#233;cipit&#233; ce matin, j'ai la t&#234;te &#224; l'envers. Apr&#232;s avoir mang&#233; avec Caroline et Alice et avoir visit&#233; &lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;https://100ecs.fr/exposition-curiosite/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;l'exposition &lt;i&gt;Curiosit&#233;&lt;/i&gt; au Cent&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;, je d&#233;cide de rentrer &#224; pied &#224; la maison. Le temps s'est lev&#233;, quelques belles &#233;claircies. La sensation de fatigue &#224; l'arriv&#233;e me fait oublier les absences du matin. Comme si, t&#234;te en l'air, il m'avait fallu m'&#233;puiser &#224; marcher, traverser la ville d'un pas soutenu, et cette activit&#233; physique pour me remettre dans le bon sens, la t&#234;te &#224; l'endroit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le pouvoir argentique des mots&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Anne Savelli m'a fait remarquer qu'il y avait dans plusieurs de mes textes, et dans le dernier tout particuli&#232;rement, de la suspension, l&#224; o&#249; elle, de son c&#244;t&#233;, travaille plut&#244;t la tension. Qu'est-ce qui me fascine tant, m'attire &#224; ce point dans cette situation momentan&#233;e, cette interruption ? Dans ce qui ne dure qu'un moment, qui est &#233;ph&#233;m&#232;re. J'ai toujours &#233;t&#233; proche de l'image dans l'&#233;criture, de ce qui se fixe en un instant, mais reste fragile, &#233;vanescent, dans cette technique de la photographie que je pratique au quotidien, parall&#232;lement &#224; l'&#233;criture. Pour expliquer &#224; Anne ce qui se jouait pour moi dans la fugacit&#233; de chaque sc&#232;ne situ&#233;e au m&#234;me instant dans diff&#233;rents endroits du monde, j'ai utilis&#233; l'image d'une allumette qu'on craque dans l'obscurit&#233;. Le temps qu'elle reste allum&#233;e, on peut percevoir tout ce qui nous entoure. Ce qui nous oblige, dans ce temps r&#233;duit, &#224; nous concentrer pour enregistrer le plus de d&#233;tails possibles, avec l'ensemble de nos sens. Avant que la p&#233;nombre recouvre tout &#224; nouveau et qu'on ne voie plus rien d'autre que ce qu'il nous en reste en m&#233;moire. Cela se r&#233;p&#232;te plus de 400 fois en fonction du nombre de lieux et de sc&#232;nes dans le livre. Bien s&#251;r, en choisissant cette image de l'allumette, je me suis souvenu des s&#233;ances de d&#233;veloppement photo avec mon ami Damien. J'en garde un souvenir puissant, initiatique, celui du bain r&#233;v&#233;lateur. Nous attendions tous deux, f&#233;brilement, dans l'espace confin&#233; de la pi&#232;ce, que l'image surgisse &#224; la surface du papier blanc qu'il agitait dans le bac, avant de l'extirper pour la faire s&#233;cher. Chaque d&#233;tail de l'image photographi&#233;e apparaissait lentement, dans ce laps de temps o&#249; tout devient possible. Le dispositif d'&#233;criture de ce texte explique ce processus proche de la r&#233;v&#233;lation photographique. Ce que Servanne Monjour d&#233;crit tr&#232;s justement dans son texte &lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;http://phlit.org/press/?post_type=articlerevue&amp;p=2872&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;La r&#233;v&#233;lation : arch&#233;ologie d'une m&#233;taphore photolitt&#233;raire&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;. Au d&#233;part de chaque texte du livre, il y a une photographie. C'est ce que l'on peut retrouver dans la premi&#232;re version du texte, dans le projet de &lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;https://liminaire.fr/projets/article/rien-ne-ressemble-a-ce-dont-je-ne-me-souviens-pas&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;L'espace d'un instant&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;. L'appropriation iconique se trouve au c&#339;ur de mon dispositif d'&#233;criture, selon Corentin Lahouste, qui insiste sur la fa&#231;on dont &lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;https://journals.openedition.org/elfe/7210&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;les d&#233;placements qui sont inh&#233;rents &#224; ce geste d'appropriation font &#233;clore de singuli&#232;res exp&#233;rienciations verbo-visuelles&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;. Cette photographie n'existe pas. C'est un arr&#234;t sur image. La capture d'une image anim&#233;e, en provenance d'un film. Pour ce livre, j'ai repris l'ensemble des sc&#232;nes initiales, pour les r&#233;&#233;crire, sans avoir l'image sous les yeux. En les convoquant dans ma m&#233;moire, comme avec l'allumette. Le texte d&#233;crit souvent ce qui se passe &#224; un endroit, mais il peut aussi bien raconter ce qui se passe avant ou apr&#232;s, et parfois m&#234;me dans l'envers de ce lieu.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_8762 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.liminaire.fr/IMG/jpg/9242010380_35f4ee3e02_k.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.liminaire.fr/local/cache-vignettes/L500xH334/9242010380_35f4ee3e02_k-61624.jpg?1779001337' width='500' height='334' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;center&gt;Passage Lhomme, Paris 11&#232;me, 8 juillet 2013&lt;/center&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La pluie d'&#233;clats est sans issue&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il pleut sur les boulevards, les vitrines, les balcons charg&#233;s de g&#233;raniums, les auvents des caf&#233;s, les scooters b&#226;ch&#233;s, les grilles des jardins publics, les platanes, les bancs mouill&#233;s du boulevard de la Villette, les statues, les palissades des chantiers, les journaux abandonn&#233;s par terre, les caniveaux o&#249; tournent des p&#233;tales d&#233;tremp&#233;s, les chaussures blanches d&#233;j&#224; tach&#233;es, les parapluies retourn&#233;s par le vent, les trottinettes, les feux rouges, les fa&#231;ades haussmanniennes grises sous l'averse, les chiens qui s'&#233;bouent, les livreurs press&#233;s, les colonnes Morris couvertes d'affiches bariol&#233;es, les goutti&#232;res qui d&#233;bordent, les pav&#233;s luisants, les ponts, les p&#233;niches, les cadenas, les silhouettes qui courent d'un abri &#224; l'autre, les fen&#234;tres malencontreusement rest&#233;es ouvertes, les m&#233;gots coll&#233;s au sol, les serveurs qui empilent les chaises en catastrophe, les taxis, les bus embu&#233;, les parkings souterrains, les bo&#238;tes aux lettres, les toits d'ardoise luisants, les verri&#232;res des passages couverts, les cours int&#233;rieures o&#249; l'eau tombe en cascade le long des descentes de zinc, les pigeons immobiles sous les corniches, les joggeurs du canal qui pressent l'allure, t&#234;te basse, les couples serr&#233;s sous un m&#234;me parapluie, les fils &#233;lectriques, les gyrophares de la police dans la circulation ralentie, les fontaines, les terrains de basket vides, les squares d&#233;sert&#233;s, les sir&#232;nes lointaines, les halls d'immeubles o&#249; l'on attend que &#231;a passe, les cheveux qui frisent sous l'humidit&#233;, fluffy, les flaques o&#249; le ciel se renverse, puis soudain les nuages se d&#233;chirent, les premi&#232;res ombres r&#233;apparaissent sur les murs, le sol, la vapeur monte du bitume, les oiseaux traversent le ciel, les enfants sautent de joie dans les flaques, les gouttes suspendues aux feuilles des arbres, les odeurs de pierre et de bitume ti&#232;des, les reflets bleus sur les vitres, dans la lumi&#232;re revenue.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Ces nouveaux mots entrent dans les nouvelles &#233;ditions 2027 des dictionnaires Le Robert et Larousse :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aquafaba : Eau de cuisson des l&#233;gumineuses, utilis&#233;e en cuisine comme substitut au blanc d'&#339;uf.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Assertivit&#233; : Capacit&#233; &#224; s'affirmer dans le respect d'autrui.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Banger : Chanson qui met tout le monde d'accord d&#232;s les premi&#232;res notes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bouilloire thermique :Logement qui devient invivable en p&#233;riode de fortes chaleurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bouiner : Passer son temps &#224; de vagues occupations.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bibimbap : Plat cor&#233;en &#224; base de riz, de l&#233;gumes saut&#233;s, d'un &#339;uf et de viande marin&#233;e, relev&#233; de p&#226;te de piment.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Charo : Homme &#224; la recherche de multiples aventures amoureuses.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Crush : Penchant amoureux soudain pour quelqu'un ; coup de c&#339;ur pour quelque chose.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#233;couvrabilit&#233; : Capacit&#233; &#224; rendre une information ou un service facilement accessible sur Internet.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dinguerie : Action ou parole insens&#233;e, extravagante, loufoquerie. Chose extraordinaire, grandiose, propre &#224; susciter l'&#233;merveillement, l'admiration.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Equith&#233;rapie&lt;br class='autobr' /&gt;
Th&#233;rapie utilisant le cheval comme m&#233;diateur pour soigner, appartenant aux zooth&#233;rapies.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Esp&#232;ce parapluie : Esp&#232;ce dont la protection assure celle des autres esp&#232;ces d'un m&#234;me &#233;cosyst&#232;me.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Fast-fashion : Mod&#232;le &#233;conomique du pr&#234;t-&#224;-porter qui consiste &#224; proposer un renouvellement rapide de collections &#224; petit prix et de moindre qualit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Gav&#233; : Tr&#232;s usit&#233; dans le Sud-Ouest et qui signifie &#171; beaucoup de, plein de &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Guerre hybride : Conflit combinant des modes d'action militaires et non militaires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Incel : Mouvance masculiniste compos&#233;e d'hommes c&#233;libataires qui se pr&#233;tendent rejet&#233;s par les femmes, qu'ils jugent responsables de leur c&#233;libat.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Instavid&#233;aste : Personne qui diffuse un flux vid&#233;o en direct sur internet, g&#233;n&#233;ralement en interaction avec sa communaut&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Marrainer : Accorder son soutien moral &#224; un projet, une cause, en parlant d'une femme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Matrixer : manipuler ou conditionner. &#171; Faire une impression profonde et durable sur (quelqu'un) &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Miskine : Qui inspire de la piti&#233; ; faible.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Narchomicide : Meurtre li&#233; au trafic de drogue.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Neuroatypique, neurodivergent : Se dit d'une personne dont le fonctionnement neurologique diff&#232;re de celui du plus grand nombre et, sp&#233;cialement, qui pr&#233;sente un trouble du neurod&#233;veloppement (TSA, TDAH, DYS, etc.).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Onigiri : Mot japonais, boulette de riz assaisonn&#233;e et recouverte d'une algue nori.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pistole : Pastille de chocolat plate, ronde ou ovale utilis&#233;e en p&#226;tisserie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pornodivulgation : Divulgation de photos ou de vid&#233;os &#224; caract&#232;re sexuel sans le consentement de la personne expos&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Prompter : Envoyer un prompt, une instruction &#224; un algorithme d'intelligence artificielle g&#233;n&#233;rative pour obtenir une r&#233;ponse cibl&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Proxy : Dispositif informatique servant d'interm&#233;diaire entre les ordinateurs d'un r&#233;seau priv&#233; et Internet.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Suicide forc&#233; : Le geste fatal r&#233;sultant du harc&#232;lement moral exerc&#233; par un conjoint ou ex-conjoint.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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