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	<description>Une palpitation, un mouvement encore immobile, un espace de sursis dans la dissolution.</description>
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		<title>LIMINAIRE</title>
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		<title>Ce qui reste du passage</title>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Pierre M&#233;nard</dc:creator>


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&lt;p&gt;Et rien qu'un peu d'amour &lt;br class='autobr' /&gt;
&#192; la maison, je fredonne un air. Caroline se met &#224; la chanter &#224; son tour. Alice nous demande de quelle chanson il s'agit, se demande si cela ne vient pas des Parapluies de Cherbourg. Je lui r&#233;ponds que pour moi c'est plut&#244;t li&#233; &#224; une s&#233;rie ou &#224; un film des ann&#233;es 80. Caroline finit par retrouver l'origine de la chanson. Il s'agit en fait d'une chanson interpr&#233;t&#233;e par V&#233;ronique Jannot, Tous les enfants ont besoin de r&#234;ver, bande originale de la s&#233;rie t&#233;l&#233;vis&#233;e, (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.liminaire.fr/chronique/entre-les-lignes/" rel="directory"&gt;Entre les lignes&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/biographie" rel="tag"&gt;Biographie&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/cinema" rel="tag"&gt;Cin&#233;ma&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/ecriture" rel="tag"&gt;&#201;criture&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/journal" rel="tag"&gt;Journal&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/musique" rel="tag"&gt;Musique&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/poesie" rel="tag"&gt;Po&#233;sie&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/photographie" rel="tag"&gt;Photographie&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/recit" rel="tag"&gt;R&#233;cit&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/memoire-vive" rel="tag"&gt;M&#233;moire vive&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/contacts-successifs" rel="tag"&gt;Contacts successifs&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/nuit" rel="tag"&gt;Nuit&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/regard" rel="tag"&gt;Regard&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/sensation" rel="tag"&gt;Sensation&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/quotidien" rel="tag"&gt;Quotidien&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/absence" rel="tag"&gt;Absence&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.liminaire.fr/local/cache-vignettes/L150xH75/contacts_succcessifs_2_1_-ffc95.png?1776582275' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='75' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Et rien qu'un peu d'amour&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; la maison, je fredonne un air. Caroline se met &#224; la chanter &#224; son tour. Alice nous demande de quelle chanson il s'agit, se demande si cela ne vient pas des &lt;i&gt;Parapluies de Cherbourg&lt;/i&gt;. Je lui r&#233;ponds que pour moi c'est plut&#244;t li&#233; &#224; une s&#233;rie ou &#224; un film des ann&#233;es 80. Caroline finit par retrouver l'origine de la chanson. Il s'agit en fait d'une chanson interpr&#233;t&#233;e par V&#233;ronique Jannot, &lt;i&gt;Tous les enfants ont besoin de r&#234;ver&lt;/i&gt;, bande originale de la s&#233;rie t&#233;l&#233;vis&#233;e, &lt;i&gt;Pause caf&#233;&lt;/i&gt;, diffus&#233;e en 1981, dans laquelle elle jouait le r&#244;le de Jo&#235;lle Mazart, jeune assistante sociale au grand c&#339;ur travaillant dans un lyc&#233;e de banlieue. Une voix douce, une m&#233;lodie apaisante. Mais quand l'air me revient en t&#234;te, qu'il sort de ma bouche, aucun mot n'est prononc&#233;, plut&#244;t un grommelot. Ce charabia compos&#233; de langage macaronique et d'&#233;l&#233;ments onomatop&#233;iques, style de langage utilis&#233; dans le th&#233;&#226;tre satirique et dans la pantomime. Un air en appelle un autre, ils s'encha&#238;nent sans qu'on sache pourquoi. Je pense alors au film de Charlie Chaplin, &lt;i&gt;Les Temps modernes&lt;/i&gt;, que je dois &#233;voquer samedi, &#224; la biblioth&#232;que, pour notre s&#233;lection cin&#233;ma de films sur les robots et l'IA. Charlot y interpr&#232;te, en grommelot, la chanson de L&#233;o Daniderff : &lt;i&gt;Je cherche apr&#232;s Titine&lt;/i&gt;, connue aux &#201;tats-Unis sous le titre : &lt;i&gt;The Nonsense Song&lt;/i&gt;. Charlot, devenu gar&#231;on de restaurant, a pr&#233;vu de chanter &lt;i&gt;Titine&lt;/i&gt;, dont sa compagne a &#233;crit les paroles sur ses manchettes. Les perdant, il se met &#224; improviser des paroles incompr&#233;hensibles, m&#233;lange de fran&#231;ais et d'italien. Sa prestation est n&#233;anmoins un triomphe. Ce sont les premiers mots prononc&#233;s au cin&#233;ma par le personnage de Chaplin. Les chansons qui nous reviennent en m&#233;moire sans pr&#233;venir, comme la musique des &lt;i&gt;400 coups&lt;/i&gt;, le film de Fran&#231;ois Truffaut, compos&#233;e par Jean Constantin, que je fredonne souvent, presque malgr&#233; moi, sont des valses fragiles, qui r&#233;v&#232;lent la tendresse enfouie de notre enfance.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_8725 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.liminaire.fr/IMG/jpg/55191250474_db48796056_k.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.liminaire.fr/local/cache-vignettes/L500xH333/55191250474_db48796056_k-307c7.jpg?1776582275' width='500' height='333' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;center&gt;&#201;glise Saint-M&#233;dard, Paris 6&#232;me, 6 avril 2026&lt;/center&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Un espace &#224; l'envers&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je me l&#232;ve cette nuit encore pour occuper l'espace &#233;troit qui s&#233;pare le sommeil de son impossibilit&#233;. Je choisis de ne pas lutter contre l'insomnie. Je m'y installe sans rechigner, comme &#224; un poste d'observation. Derri&#232;re la vitre. Face au jardin. Tout semble immobile dans l'obscurit&#233;. Pourtant, tout para&#238;t tendu, dans l'attente d'un secret qui ne se d&#233;voile pas. Je regarde le paysage. Les volumes des b&#226;timents devant, des arbres du jardin, s'adoucissent progressivement pour sortir du noir de la nuit et appara&#238;tre enfin plus nettement. J'essaie de construire une phrase dans ma t&#234;te. Une seule phrase, lente, tendue vers l'ext&#233;rieur. Elle suit progressivement ce qui se trame dans l'obscurit&#233;. Les jeux d'ombres. Les fr&#233;missements d'air &#224; peine perceptibles. J'ai cette impression persistante de me trouver au bord d'une d&#233;couverte majeure qui m'&#233;chappe. Il ne s'agit pas d'une r&#233;v&#233;lation spectaculaire, mais plut&#244;t d'une simple annonce. Quelque chose que je peine &#224; comprendre, peut-&#234;tre. Je le pressens sans pouvoir le nommer. L'appartement s'enfonce dans le silence nocturne. Je m'avance int&#233;rieurement avec une d&#233;termination encore un peu h&#233;sitante. Un pas apr&#232;s l'autre. Prudent. Mon c&#339;ur bat. Mon regard se d&#233;tache de moi. Il devient presque &#233;tranger, indiff&#233;rent &#224; ce que j'&#233;tais encore il y a quelques instants en me levant. Dans ce glissement silencieux, ouat&#233;, quelque chose bascule. La nuit ne tombe plus autour de moi mais en moi. Elle r&#233;v&#232;le un lieu sans r&#233;el dehors. Un lieu tendu, clair et sombre &#224; la fois, o&#249; tout tremble, sans vraiment se montrer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;En deux temps trois mouvements&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le dernier film de Christian Petzold, &lt;i&gt;Miroirs n&#176;3&lt;/i&gt;, porte le titre d'une pi&#232;ce pour piano impressionniste de Maurice Ravel, &#233;galement connue sous le titre : &lt;i&gt;Une barque sur l'oc&#233;an&lt;/i&gt;. Un couple qui ne s'aime plus, qui n'a plus rien &#224; voir l'un avec l'autre. Ils partent en voiture pour une balade avec un couple d'amis. Laura, la jeune femme, est maussade, distraite, la t&#234;te ailleurs pendant tout le trajet. Leur histoire est termin&#233;e depuis longtemps, mais ils ne parviennent pas &#224; se l'avouer. Laura finit par refuser d'aller plus loin. Sur le chemin du retour, la voiture de son compagnon fait une sortie de route, il est tu&#233; sur le coup. Miraculeusement sauv&#233;e, la jeune femme pr&#233;f&#232;re rester dans la maison pr&#232;s de laquelle a eu lieu son accident, ne souhaitant pas aller &#224; l'h&#244;pital, ou rentrer chez elle. Si elle est si vite accept&#233;e dans cette maison, et si elle s'y trouve si bien, c'est qu'elle y remplit un vide et que ce vide en elle, cette incertitude sur son avenir, &#224; cet endroit, s'efface lentement. La place qu'elle trouve aupr&#232;s de Betty et de sa famille n'est pas la sienne. La disparition brutale de son compagnon lib&#232;re un espace in&#233;dit. Les deux hommes de la maison n'y vivent plus depuis le drame qui a boulevers&#233; la maison, en faisant &#233;clater la famille. Ils travaillent dans un garage un peu plus loin dans la r&#233;gion. Lorsqu'ils acceptent &#224; contrec&#339;ur l'invitation &#224; d&#238;ner de Betty, ils s'imaginent qu'elle a de nouveau perdu pied. Tous les trois sont &#224; table, embarrass&#233;s de se retrouver l&#224;, ensemble, ils n'en ont plus l'habitude depuis longtemps. Une quatri&#232;me assiette a &#233;t&#233; dispos&#233;e sur la nappe blanche. &#192; voir leurs mines d&#233;faites, ils s'imaginent que la convive invisible n'est qu'une nouvelle chim&#232;re de Betty qui les prie d'&#234;tre patients. Soudain, un fracas de casseroles retentit dans la cuisine, et la jeune femme surgit sous leurs yeux, portant une &#233;norme casserole. Elle n'est donc ni un fantasme ni un fant&#244;me, mais qu'attend-elle de ces inconnus, et qu'est-ce que cette famille, d'abord accueillante mais avec ses secrets, esp&#232;re d'elle ? Cette famille a des secrets. Ce qui trouble de plus en plus Laura, qui la met mal &#224; l'aise, et l'oblige finalement &#224; fuir. Cette fuite ne laisse pas un nouveau vide. Elle remet de l'harmonie entre les membres de cette famille. Ils renouent enfin le dialogue, se retrouvent apr&#232;s s'&#234;tre s&#233;par&#233;s, r&#233;par&#233;s pourrait-on dire, comme ils r&#233;parent tout ce qui dysfonctionnait dans la vieille maison (le robinet qui fuit, le lave-vaisselle qui ne fonctionne pas, le piano d&#233;saccord&#233;), pour finir par revivre ensemble sous le m&#234;me toit.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_8726 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.liminaire.fr/IMG/jpg/13928094090_8765037c59_k.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.liminaire.fr/local/cache-vignettes/L500xH334/13928094090_8765037c59_k-9138a.jpg?1776582276' width='500' height='334' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;center&gt;Cimeti&#232;re du P&#232;re-Lachaise, Paris 20&#232;me, 5 mai 2014&lt;/center&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le discontinu des fragments&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&lt;a href='https://www.liminaire.fr/@krasnasandor@social.tmprs.net'&gt;Sandor Krasna, le bot po&#233;tique qu'on peut suivre sur Mastodon&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;, cr&#233;&#233; &#224; la sortie de &lt;strong&gt;M&#233;moire vive&lt;/strong&gt;, est &lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;https://abrupt.cc/pierre-menard/memoire-vive/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;l'antilivre publi&#233; par les &#233;ditions Abr&#252;pt&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;. Voici les deux derniers tercets publi&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J'ai le sens du fun&#232;bre comme on apprend l'art de la f&#234;te et le sens de l'humour.&lt;br class='autobr' /&gt;
L'intention est du reste de sortir de l'impasse.&lt;br class='autobr' /&gt;
Nous d&#233;laissons les sommets et les plaines, nous nous moquons des visions en &#233;tages.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nos rep&#232;res sont boulevers&#233;s dans un espace &#224; l'envers.&lt;br class='autobr' /&gt;
L'instantan&#233; nous fascine en tant que tombeau du temps.&lt;br class='autobr' /&gt;
C'&#233;tait devenu aussi d&#233;finitif.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Quelque chose en &#233;change</title>
		<link>https://www.liminaire.fr/chronique/entre-les-lignes/article/quelque-chose-en-echange</link>
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		<description>
&lt;p&gt;R&#233;inventer en temps r&#233;el &lt;br class='autobr' /&gt;
En promenade dans le 13&#232;me, nous d&#233;butons notre parcours aux Gobelins, par le Square Ren&#233; Le Gall. Dans une petite portion &#224; l'entr&#233;e, un jardin partag&#233;, des jeunes y avancent t&#234;te baiss&#233;e. Ils cherchent des chocolats de P&#226;ques. Leur m&#232;re repasse derri&#232;re eux pour leur montrer ceux qu'ils ont oubli&#233; en chemin. En observant les plantes, les fleurs et les arbres du jardin, nous en trouvons &#224; notre tour, au milieu de l'herbe, en &#233;quilibre sur une branche, sous les (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/ecriture" rel="tag"&gt;&#201;criture&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/information" rel="tag"&gt;Information&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/journal" rel="tag"&gt;Journal&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/numerique" rel="tag"&gt;Num&#233;rique&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/photographie" rel="tag"&gt;Photographie&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/recit" rel="tag"&gt;R&#233;cit&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/paris" rel="tag"&gt;Paris&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/histoire" rel="tag"&gt;Histoire&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.liminaire.fr/local/cache-vignettes/L150xH75/contacts_succcessifs_1_-2-d969e.png?1775977301' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='75' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;R&#233;inventer en temps r&#233;el&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En promenade dans le 13&#232;me, nous d&#233;butons notre parcours aux Gobelins, par le Square Ren&#233; Le Gall. Dans une petite portion &#224; l'entr&#233;e, un jardin partag&#233;, des jeunes y avancent t&#234;te baiss&#233;e. Ils cherchent des chocolats de P&#226;ques. Leur m&#232;re repasse derri&#232;re eux pour leur montrer ceux qu'ils ont oubli&#233; en chemin. En observant les plantes, les fleurs et les arbres du jardin, nous en trouvons &#224; notre tour, au milieu de l'herbe, en &#233;quilibre sur une branche, sous les feuilles des arbustes. Le charme de ce jardin vient de la diversit&#233; de ses espaces. Il y a la partie occup&#233;e par des bandes de gazon au centre desquelles se dresse un ob&#233;lisque encadr&#233; par quatre gloriettes. Au centre, le sous-bois divis&#233; en bosquets s'ordonne autour de l'all&#233;e m&#233;diane, plant&#233;e de diverses essences qui viennent s'ajouter aux charmes et aux c&#232;dres bleus plant&#233;s sur le pourtour du jardin. En avan&#231;ant dans le jardin, nous croisons deux femmes qui discutent. J'entends l'une d'elles prononcer cette phrase : &lt;i&gt;Je ne suis pas tr&#232;s virtuelle&lt;/i&gt;. Le jardin est situ&#233; &#224; l'emplacement de l'ancien potager des tapissiers de la Manufacture des Gobelins. Celui-ci se dressait sur une des nombreuses petites &#238;les que la Bi&#232;vre entourait autrefois. On l'appelait l'Ile aux Singes, les bateleurs avaient l'habitude d'y laisser leurs singes en toute libert&#233;. L'Ile de la Cit&#233; et l'Ile Saint-Louis voisinaient avec l'Ile Louviers et l'Ile Maquerelle. La vall&#233;e de la Bi&#232;vre &#233;tait alors un lieu tr&#232;s vivant, dynamique, malgr&#233; les odeurs putrides qui s'&#233;chappaient de la rivi&#232;re. Les Parisiens venaient s'encanailler dans les guinguettes, qui s'&#233;taient multipli&#233;es apr&#232;s la construction du mur des Fermiers G&#233;n&#233;raux, car le vin n'y &#233;tait pas tax&#233;. On y buvait une bi&#232;re r&#233;put&#233;e depuis que des ouvriers flamands, venus travailler &#224; la Manufacture des Gobelins, avaient ouvert sur place des brasseries. Traverser l'espace d'une ville c'est le parcourir &#224; travers le palimpseste d'un temps qu'on ne per&#231;oit que certaines strates.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_8722 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.liminaire.fr/IMG/jpg/55174108987_c4e54efdf5_k.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.liminaire.fr/local/cache-vignettes/L500xH333/55174108987_c4e54efdf5_k-de70c.jpg?1775977302' width='500' height='333' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;center&gt;Bassin de l'Arsenal, Place de la Bastille, Partis 12&#232;me, 29 mars 2026&lt;/center&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Grand retard&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous contactons un usager de la biblioth&#232;que &#224; propos d'un grand retard. Il devait rendre le 13 janvier 2026 l'ouvrage qu'il avait emprunt&#233;. Nous l'invitons &#224; le rapporter au plus vite &#224; la biblioth&#232;que, avant qu'il ne re&#231;oive une facture du Tr&#233;sor public. Je ne peux m'emp&#234;cher de sourire en d&#233;couvrant le titre du livre : &lt;i&gt;La procrastination : l'art de reporter au lendemain&lt;/i&gt;, de John Perry.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Toutes les images du futur&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;En qu&#234;te d'info&lt;/i&gt; est le festival de d&#233;cryptage des m&#233;dias dans les biblioth&#232;ques de Paris. &#192; cette occasion, j'ai anim&#233; plusieurs ateliers autour de l'IA pour diff&#233;rents types de publics. Dans l'atelier sur la cr&#233;ation d'images, de vid&#233;os et de musique, nous avons tent&#233; de rep&#233;rer celles g&#233;n&#233;r&#233;es par l'IA pour questionner ces diff&#233;rents m&#233;dias, afin d'inviter le public &#224; d&#233;velopper son esprit critique, &#224; mieux s'informer et &#224; r&#233;fl&#233;chir &#224; la place qu'on accorde &#224; l'IA dans notre rapport aux images et &#224; l'information. Je me suis rendu compte que les images cr&#233;&#233;es r&#233;cemment avec l'IA &#233;taient devenues beaucoup plus difficiles &#224; diff&#233;rencier qu'auparavant. Les pr&#233;cautions d'usage pour rep&#233;rer ces images ne sont plus aussi efficaces. Les d&#233;tails anatomiques par exemple, comme les pupilles asym&#233;triques, les reflets identiques dans les deux yeux ou des regards &#171; vitreux &#187; qui &#233;taient caract&#233;ristiques jusqu'&#224; pr&#233;sent, ne le sont plus autant. Il en va de m&#234;me pour la coh&#233;rence physique. Les IA peinaient &#224; reproduire fid&#232;lement l'interaction de la lumi&#232;re avec les objets. Les ombres ne correspondaient pas toujours &#224; la source lumineuse apparente et les reflets pouvaient &#234;tre fauss&#233;s. C'est de moins en moins le cas. De m&#234;me pour les imperfections textuelles. Les mots sont moins d&#233;form&#233;s, illisibles. La tendance &#224; la perfection &#233;tait une particularit&#233; esth&#233;tique de cette technologie. Une image trop parfaite est suspecte. L'IA avait tendance &#224; cr&#233;er des surfaces anormalement lisses, une peau sans pores ni imperfections, et des couleurs trop satur&#233;es ou artificiellement att&#233;nu&#233;es. Dans la nature, les textures pr&#233;sentent toujours une certaine irr&#233;gularit&#233;, l'IA peinait &#224; les reproduire de mani&#232;re convaincante, m&#234;me si on assiste depuis peu &#224; des &#233;volutions remarquables.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_8723 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.liminaire.fr/IMG/jpg/53210475789_35bada3a5c_k.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.liminaire.fr/local/cache-vignettes/L500xH333/53210475789_35bada3a5c_k-057f3.jpg?1775977302' width='500' height='333' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;center&gt;Atelier Lardeur, rue du Cherche-Midi, Paris 6&#232;me, 24 septembre 2023&lt;/center&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;L'attente patiente de ce moment pr&#233;cis&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;https://liminaire.fr/projets/article/rien-que-les-heures&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Rien que les heures&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt; est arriv&#233;. Un enchainement de circonstances m'emp&#234;che de trouver le temps de prendre le livre en main et de le parcourir. Je v&#233;rifie juste la derni&#232;re correction apport&#233; au texte, mais rest&#233;e sans r&#233;ponse, une coquille sur le nom de mon premier &#233;diteur. J'ouvre le livre, le soup&#232;se, tourne bri&#232;vement quelques pages. Je dois aller travailler. J'attends curieusement d'&#234;tre seul le soir avec le livre pour le consulter plus attentivement. J'aime la couleur et le graphisme de la couverture. La taille du livre. La qualit&#233; du papier, pas trop mince comme cela arrive de plus en plus souvent. La mise en page, qui est moins a&#233;r&#233;e que celle que j'avais imagin&#233;e en envoyant le texte il y a huit mois, mais dont &#201;ric m'a persuad&#233; de la pertinence, permet en effet une lecture plus fluide. Je lis quelques passages. Je me s&#233;pare du texte pour mieux le retrouver. Je ne le lis plus comme j'ai pu le faire pendant ces derniers mois de relecture, avec cette impression d'un texte mouvant, sans arr&#234;t changeant, aux multiples variations et d&#233;veloppements possibles. Les mots sont &#233;crits noirs sur blancs. Ils acqui&#232;rent une forme d'autonomie qui me permet un certain d&#233;tachement dans ma lecture. Je sais que je suis l'auteur de ce livre, mais avec sa publication, et l'objet clos que je tiens enfin entre mes mains, je deviens son premier lecteur.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Un mouvement suffit</title>
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		<dc:date>2026-04-05T07:00:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Pierre M&#233;nard</dc:creator>


		<dc:subject>Biographie</dc:subject>
		<dc:subject>&#201;criture</dc:subject>
		<dc:subject>Journal</dc:subject>
		<dc:subject>Photographie</dc:subject>
		<dc:subject>R&#233;cit</dc:subject>
		<dc:subject>Sons</dc:subject>
		<dc:subject>Contacts successifs</dc:subject>
		<dc:subject>Bonheur</dc:subject>
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		<dc:subject>Regard</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Quelque chose en &#233;change &lt;br class='autobr' /&gt;
Il arrive parfois qu'on attire le regard des personnes qu'on croise dans la rue. On devine tr&#232;s rapidement quelle en est la raison, il y a sans doute quelque chose d'in&#233;dit dans le choix de nos v&#234;tements, dans notre mani&#232;re de nous tenir, dans l'air heureux qui s'affiche sur notre visage, &#224; l'annonce r&#233;cente d'une bonne nouvelle, d'une perspective r&#233;jouissante. D'une certaine mani&#232;re, on cherche &#224; attirer le regard des autres. Dans ces conditions, on s'y est (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/biographie" rel="tag"&gt;Biographie&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/ecriture" rel="tag"&gt;&#201;criture&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/journal" rel="tag"&gt;Journal&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/photographie" rel="tag"&gt;Photographie&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/recit" rel="tag"&gt;R&#233;cit&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/sons" rel="tag"&gt;Sons&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/contacts-successifs" rel="tag"&gt;Contacts successifs&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/bonheur" rel="tag"&gt;Bonheur&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/quotidien" rel="tag"&gt;Quotidien&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/sommeil" rel="tag"&gt;Sommeil&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/nuit" rel="tag"&gt;Nuit&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/solitude" rel="tag"&gt;Solitude&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/sensation" rel="tag"&gt;Sensation&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/regard" rel="tag"&gt;Regard&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.liminaire.fr/local/cache-vignettes/L150xH75/contacts_succcessifs_66_1_-44552.png?1775372873' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='75' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Quelque chose en &#233;change&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il arrive parfois qu'on attire le regard des personnes qu'on croise dans la rue. On devine tr&#232;s rapidement quelle en est la raison, il y a sans doute quelque chose d'in&#233;dit dans le choix de nos v&#234;tements, dans notre mani&#232;re de nous tenir, dans l'air heureux qui s'affiche sur notre visage, &#224; l'annonce r&#233;cente d'une bonne nouvelle, d'une perspective r&#233;jouissante. D'une certaine mani&#232;re, on cherche &#224; attirer le regard des autres. Dans ces conditions, on s'y est pr&#233;par&#233;, on serait presque d&#233;&#231;u que personne ne remarque notre effort, notre bonne humeur, la l&#233;g&#232;ret&#233; de notre d&#233;marche dans la rue, cette aisance qui rend tout plus facile. Le jour o&#249; cela nous arrive alors qu'on ne s'y attend pas, qu'on a rien fait pour le m&#233;riter ou l'anticiper. Tous ces regards qui se posent sur nous, &#224; notre hauteur. Ces gens qui se retournent sur notre passage, donnant l'impression qu'ils nous connaissent, et soudain c'est nous qui craignons alors ne pas les identifier &#224; temps. Nous poursuivons notre chemin apr&#232;s un bref arr&#234;t, une h&#233;sitation passag&#232;re &#224; peine perceptible, une ombre sur notre visage qui en transforme bri&#232;vement l'expression. D'autres nous fixent comme s'ils cherchaient &#224; percer notre secret, &#224; comprendre ce qui nous anime, &#224; saisir dans notre visage une v&#233;rit&#233; qui nous d&#233;passe. On se demande alors ce qui a pu changer en nous. L'annonce d'un changement &#224; venir.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_8714 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.liminaire.fr/IMG/jpg/55173416806_75c442f757_k.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.liminaire.fr/local/cache-vignettes/L500xH333/55173416806_75c442f757_k-2995f.jpg?1775372873' width='500' height='333' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;center&gt;&#201;cluse des morts, Canal Saint-Martin, Partis 10&#232;me, 28 mars 2026&lt;/center&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Ce qui reste de la nuit&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La radio est rest&#233;e allum&#233;e. En entrant dans la chambre, c'est &#224; peine si on l'entend. Une fois couch&#233; cependant, l'impression que les voix et la musique envahissent tout l'espace sombre de la chambre. On essaie de ne pas trop y penser, m&#234;me si notre esprit ne peut s'emp&#234;cher de s'accrocher aux mots qu'il entend par bribes, bouts de phrases qu'il ne parvient pas &#224; relier entre elles et dont les manques, les d&#233;fauts, l'incitent &#224; se concentrer un peu plus, malgr&#233; lui et son besoin de sommeil. Mais d'autres bruits se superposent d&#233;j&#224; aux sons de la radio. On ne parvient pas &#224; d&#233;terminer leur provenance, leur origine, leur nature m&#234;me, ils paraissent abstraits. Des bruits de pas ? Des meubles qu'on tra&#238;ne au sol sans m&#233;nagement. Qu'est-ce qu'on entend vraiment ? Qu'est-ce qu'on per&#231;oit dans cet amalgame sonore ? C'est l'ind&#233;cision, l'incertitude qui nous tiennent &#233;veill&#233;s, nous emp&#234;chent de trouver le sommeil. C'est l'accumulation des deux sources sonores qui trouble notre attention, cherchant dans ce qui s&#233;pare, ce qui &#233;loigne ces deux sons, produit un sens secret qu'on tente vainement de comprendre, comme une langue &#233;trang&#232;re dont il demeure quelque chose de familier de notre langue, dans le rythme, la modulation de certains sons, la m&#233;lodie de certaines phrases.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Une vague de tendresse infinie&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lorsque je regarde un film, une s&#233;rie, je suis d&#233;sormais tr&#232;s sensible aux gestes de tendresse entre les personnages. Parfois, lorsque les mots ne parviennent pas &#224; sortir, qu'on n'arrive pas &#224; exprimer ses impressions, les corps se rapprochent, se rel&#226;chent et s'&#233;treignent finalement, en silence. Cet instant o&#249; tout s'arr&#234;te, o&#249; tout se dit sans une parole, dans la d&#233;licatesse d'un contact qui ne cherche rien de pr&#233;cis qu'une forme d'abandon, de l&#226;cher-prise, n'attend rien qu'un peu de calme, de s&#233;r&#233;nit&#233;. Dans un enlacement amical, une attention pr&#233;venante. La pression redescend, les deux corps se rapprochent, leurs rythmes cardiaques se coordonnent pour retrouver un peu d'apaisement et pouvoir, apr&#232;s un mouvement de recul, se regarder en face. Les mots refont surface, m&#234;me si parfois ils ne sont m&#234;me plus n&#233;cessaires. Je me souviens du mouvement &lt;i&gt;Free hugs&lt;/i&gt; (C&#226;lins gratuits) dans les ann&#233;es 2000 qui consistait &#224; proposer spontan&#233;ment des accolades aux passants dans un lieu public. Dans les gares, dans la rue, des passants, munis d'une pancarte sur laquelle &#233;tait &#233;crit &#171; Free Hugs &#187;, proposaient d'offrir ces &#171; c&#226;lins gratuits &#187;. Ce concept, qui visait &#224; rompre avec une certaine morosit&#233;, en particulier dans les grandes agglom&#233;rations, s'est propag&#233; dans le monde entier. Sans me lancer dans des accolades intempestives, il m'arrive de ressentir cet &#233;lan de tendresse et d'empathie pour des inconnus lorsque je per&#231;ois en eux une faille, une incertitude, un malaise passager.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_8715 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.liminaire.fr/IMG/jpg/41865806622_a5a05657b4_k.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.liminaire.fr/local/cache-vignettes/L500xH281/41865806622_a5a05657b4_k-2aa85.jpg?1775372873' width='500' height='281' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;center&gt;Plage de Mondello, Palerme, Sicile, 5 mai 2018&lt;/center&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Une part de moi-m&#234;me&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ranger un placard pour y faire de la place, mettre de l'ordre dans mes papiers administratifs (contrats, factures, fiches de paie, etc.). Ces dossiers contiennent &#233;galement de nombreux autres documents, notamment des projets litt&#233;raires et artistiques abandonn&#233;s. Des livres non &#233;dit&#233;s, des manuscrits refus&#233;s, des textes sans fin. &#192; une &#233;poque, j'imprimais souvent les textes que je trouvais les plus aboutis. Ce que je ne fais plus depuis longtemps. Se replonger dans ce fatras de textes provoque en moi un sentiment confus, o&#249; familiarit&#233; et &#233;tranget&#233; se m&#233;langent. Je m'y reconnais sans m'y retrouver. J'ai jet&#233; beaucoup de papiers devenus inutiles, mais j'avoue que j'ai du mal &#224; me s&#233;parer de ces textes anciens, dont je ne pr&#233;serve qu'une trace imprim&#233;e, aucune version num&#233;rique. La plupart du temps, ils n'ont plus gu&#232;re d'int&#233;r&#234;t, je pourrais les jeter, mais sans eux je finirais par oublier mes erreurs, mes errements, mes ent&#234;tements aussi, et toutes mes obsessions.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Ici n'est d&#233;j&#224; plus</title>
		<link>https://www.liminaire.fr/chronique/entre-les-lignes/article/ici-n-est-deja-plus</link>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Pierre M&#233;nard</dc:creator>


		<dc:subject>Biographie</dc:subject>
		<dc:subject>Danse</dc:subject>
		<dc:subject>&#201;criture</dc:subject>
		<dc:subject>Musique</dc:subject>
		<dc:subject>Photographie</dc:subject>
		<dc:subject>R&#233;cit</dc:subject>
		<dc:subject>Paris</dc:subject>
		<dc:subject>Ville</dc:subject>
		<dc:subject>Paysage</dc:subject>
		<dc:subject>Biblioth&#232;que</dc:subject>
		<dc:subject>Contacts successifs</dc:subject>
		<dc:subject>Corps</dc:subject>
		<dc:subject>Sensation</dc:subject>
		<dc:subject>Regard</dc:subject>
		<dc:subject>Quotidien</dc:subject>
		<dc:subject>Cin&#233;ma</dc:subject>
		<dc:subject>Vid&#233;o</dc:subject>
		<dc:subject>Travail</dc:subject>
		<dc:subject>Traces</dc:subject>
		<dc:subject>Temps</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;L'enfance de l'art &lt;br class='autobr' /&gt;
J'anime samedi prochain un atelier de broderie sur photographie &#224; la biblioth&#232;que. Je n'avais jamais brod&#233; jusqu'&#224; pr&#233;sent, mais j'ai pens&#233; que cela me plairait d'apprendre cette technique. Ce qui m'a motiv&#233; pour proposer cet atelier, c'&#233;tait que la broderie permet une approche in&#233;dite de la photographie. Ce qui m'int&#233;resse, c'est de proposer aux participantes &#224; l'atelier de travailler &#224; partir d'un mat&#233;riau pr&#233;existant, une photographie personnelle, des images (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/danse" rel="tag"&gt;Danse&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/ecriture" rel="tag"&gt;&#201;criture&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/musique" rel="tag"&gt;Musique&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/photographie" rel="tag"&gt;Photographie&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/recit" rel="tag"&gt;R&#233;cit&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/paris" rel="tag"&gt;Paris&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/ville" rel="tag"&gt;Ville&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/paysage" rel="tag"&gt;Paysage&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/bibliotheque" rel="tag"&gt;Biblioth&#232;que&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/contacts-successifs" rel="tag"&gt;Contacts successifs&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/corps" rel="tag"&gt;Corps&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/sensation" rel="tag"&gt;Sensation&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/regard" rel="tag"&gt;Regard&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/quotidien" rel="tag"&gt;Quotidien&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/cinema" rel="tag"&gt;Cin&#233;ma&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/video" rel="tag"&gt;Vid&#233;o&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/travail" rel="tag"&gt;Travail&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/traces" rel="tag"&gt;Traces&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/temps" rel="tag"&gt;Temps&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.liminaire.fr/local/cache-vignettes/L150xH75/contacts_succcessifs_65_1_-60208.png?1774767988' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='75' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;L'enfance de l'art&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J'anime samedi prochain un atelier de broderie sur photographie &#224; la biblioth&#232;que. Je n'avais jamais brod&#233; jusqu'&#224; pr&#233;sent, mais j'ai pens&#233; que cela me plairait d'apprendre cette technique. Ce qui m'a motiv&#233; pour proposer cet atelier, c'&#233;tait que la broderie permet une approche in&#233;dite de la photographie. Ce qui m'int&#233;resse, c'est de proposer aux participantes &#224; l'atelier de travailler &#224; partir d'un mat&#233;riau pr&#233;existant, une photographie personnelle, des images d'archives ou des cartes postales anciennes. L'enjeu est de mettre en valeur certains &#233;l&#233;ments de l'image, d'ajouter des textures, des motifs, du texte, de structurer certaines lignes de forces, de souligner certains d&#233;tails, bref de cr&#233;er un effet visuel surprenant par rapport &#224; l'original. Gr&#226;ce &#224; la combinaison de l'image et des fils, chaque cr&#233;ation devient unique. Aujourd'hui, j'ai r&#233;alis&#233; ma premi&#232;re broderie, &#224; partir d'une de mes photographies, deux sculptures de mains stylis&#233;es derri&#232;re une vitrine. J'ai soulign&#233; le contour des deux mains pour les rendre plus apparentes. Puis, entre ces deux mains l'une &#224; c&#244;t&#233; de l'autre, j'ai tir&#233; de faux fils pour &#233;voquer le jeu de la ficelle &#224; doigts qu'on pratique dans l'enfance. Pendant que je m'exer&#231;ais &#224; enfiler les trois brins de fil &#224; broder dans le minuscule chas de l'aiguille, puis &#224; broder en suivant le point de tige avec des fils de diff&#233;rentes couleurs, je n'ai pas vu le temps passer, absorb&#233; par la r&#233;p&#233;tition de mes gestes, concentr&#233; pour maintenir une r&#233;gularit&#233; des points, sans abimer la photo.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_8712 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.liminaire.fr/IMG/jpg/55158695180_ffa0bc7879_k_1_.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.liminaire.fr/local/cache-vignettes/L500xH333/55158695180_ffa0bc7879_k_1_-cb382.jpg?1774767989' width='500' height='333' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;center&gt;Jardins du Couvent, rue Levat, Marseille 3&#232;me, 20 mars 2026&lt;/center&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Cette &#233;paisseur diffuse o&#249; rien ne se montre&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En t&#233;l&#233;travail &#224; la maison, je r&#233;alise deux montages pour la biblioth&#232;que, l'un &#224; partir d'extraits de films sur les robots et l'IA, dans le cadre d'une pr&#233;sentation vid&#233;o qui aura lieu le samedi 18 avril, et le second sur &lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;https://liminaire.fr/ecriture/au-lieu-de-se-souvenir/article/journal-du-combat-9&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;le chantier de la place du Colonel Fabien que j'ai suivi pendant un an&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;. Pour ce montage, j'avais plus de deux heures de rushs tourn&#233;s entre janvier 2025 et mars 2026. et je souhaitais r&#233;aliser une vid&#233;o de moins de quinze minutes. Cela supposait d'enlever de nombreux plans, de couper dans la mati&#232;re des images. Aux premiers visionnages, on h&#233;site souvent &#224; trop en enlever, puis progressivement on se lib&#232;re, on se l&#226;che, on ne doit garder que l'essentiel, et c'est &#224; force de visionnages et de d&#233;coupages que l'essentiel se r&#233;v&#232;le, cela devient &#233;vident en &#233;vidant. Mais ce qu'on enl&#232;ve n'est pas perdu, c'est m&#234;me ce qu'on enl&#232;ve qui nous permet d'en enlever encore, de clarifier ce qu'on va garder, qui s'&#233;claire et se pr&#233;cise dans la r&#233;p&#233;tition de ces coupes. La derni&#232;re fois que nous nous sommes vus avec Anne, elle &#233;voquait les milliers de mots qu'elle avait d&#251; supprimer avant la publication de son livre &lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;https://liminaire.fr/creation/livre-lecture/article/f-comme-fugue-polyphonie-de-voix-au-milieu-du-fracas&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Bruits&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;. Je sentais une pointe de regret dans sa remarque, comme si ces pages existaient encore pour elle, alors m&#234;me que le livre est publi&#233; et clos sur lui-m&#234;me. Ce qu'on a supprim&#233; des versions pr&#233;c&#233;dentes n'a plus lieu d'&#234;tre selon moi, malgr&#233; le temps pass&#233; &#224; y travailler, et l'int&#233;r&#234;t de ce travail. La disparition de ces fragments est au c&#339;ur de la r&#233;ussite du projet, de l'&#339;uvre, puisqu'elle d&#233;termine sa coh&#233;sion g&#233;n&#233;rale.&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Pour te r&#233;pondre sur ce qu'on enl&#232;ve et regrette, l'autre soir, j'entends (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Au loin le cr&#233;puscule&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Commencer quelque chose en sachant qu'on sera interrompu, mais le faire quand m&#234;me. Sentir que tout arrive trop vite alors que rien d'important ne s'est encore produit. Continuer &#224; r&#233;fl&#233;chir alors que la r&#233;ponse ne changera plus rien. Ne pas r&#233;pondre tout de suite, attendre que l'&#233;motion retombe. Savoir ce qu'on va faire, mais repousser de quelques secondes le moment de le faire. Ressentir une faute minuscule que personne n'a vue et vouloir quand m&#234;me la r&#233;parer. Rester immobile dans une pi&#232;ce en esp&#233;rant qu'un bruit donne une direction au moment qu'on traverse. Participer &#224; une conversation tout en observant en secret autre chose. Regarder des visages au hasard comme si l'un d'eux allait soudain compter. Avoir une certitude sans se rappeler ce qui l'a provoqu&#233;e. Imaginer tr&#232;s clairement ce qui aurait pu arriver et ressentir cependant une forme de satisfaction que cela n'arrive pas. Ne pas choisir vraiment, mais accepter ce qui arrive comme si c'&#233;tait volontaire. Ranger un objet &#224; sa place tout en sachant qu'on va le reprendre dans deux minutes. R&#233;aliser apr&#232;s coup qu'on aurait voulu rester un peu plus longtemps sur place. Ne rien dire parce que ce silence-l&#224; se suffit &#224; lui seul. Entendre les mots mais les comprendre seulement quelques minutes apr&#232;s. Interrompre son geste et rester l&#224; quelques secondes, sans bouger, comme si le monde avait chang&#233; de direction. Se sentir plus lent sans comprendre &#224; quel moment cela a commenc&#233;. Rester quelque part simplement pour voir comment la lumi&#232;re peut changer. &#202;tre perdu dans ses pens&#233;es en regardant au loin le cr&#233;puscule.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_8711 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.liminaire.fr/IMG/jpg/55161022670_9c4968e149_k.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.liminaire.fr/local/cache-vignettes/L500xH333/55161022670_9c4968e149_k-3b6b8.jpg?1774767989' width='500' height='333' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;center&gt;Rue Germaine Tailleferre, Paris 19&#232;me, 18 juillet 2020&lt;/center&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Ce ciel et le ciel suivant&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J'ai vu les arbres se couvrir de feuilles en quelques jours, alors qu'il restait encore sur certaines branches des feuilles mortes de l'automne. J'ai vu des lumi&#232;res si changeantes, fluctuant en fonction des vents qui soufflaient si forts ce jour-l&#224;, que tout le paysage passait de l'ombre &#224; la lumi&#232;re dans un mouvement ondulatoire rappelant les murmurations d'oiseaux. J'ai vu des femmes chinoises improviser une danse sur une musique r&#233;p&#233;titive au milieu d'une place pav&#233;e tremp&#233;e par la pluie de la nuit pr&#233;c&#233;dente, leurs gestes d&#233;butant une chor&#233;graphie tout en persuadant de nouvelles arrivantes du bien-fond&#233; de ce lieu pour danser. J'ai vu des corneilles se poser sur les branches d'un bouleau en fleurs, puis arracher des brindilles afin de fabriquer leur nid, &#224; chacun de leurs mouvements, les chatons des bouleaux lib&#233;raient un nuage de pollen dor&#233; dans l'air. J'ai vu un d&#233;fil&#233; d'animaux fantastiques, dragons, licornes, salamandres, se d&#233;ployant dans la forme &#233;vanescente des nuages. J'ai vu des averses de pluie et de gr&#234;le si soudaines qu'elles formaient sur la route des flaques dont les reflets s'agrandissaient en paraissant aspirer toute la ville &#224; leur surfacer. J'ai vu des cerisiers en fleurs qui perdaient leur iconicit&#233; dans le gris d'un ciel sombre.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Pour te r&#233;pondre sur ce qu'on enl&#232;ve et regrette, l'autre soir, j'entends parler d'un incendie dont le d&#233;part de feu s'est produit dans un faux plafond et soudain je me dis : &#034;Merde, merde, merde, c'&#233;tait dans &lt;i&gt;Bruits&lt;/i&gt; !&#034; comme si on m'avait enlev&#233; quelque chose. D'une part, il y a tant de choses dans ce livre qu'il s'y trouve peut-&#234;tre encore (je n'ai pas v&#233;rifi&#233;). D'autre part, suivant de pr&#232;s ce regret (non pas que le passage ne soit plus dans le livre, mais qu'il n'existe plus tout court), je me suis souvenue que j'avais l'intention d'&#233;crire un autre livre dans lequel ce paragraphe, ou cette page, pourraient revenir. Ainsi, &lt;i&gt;Bruits&lt;/i&gt; est-il meilleur d'avoir perdu, en tout, 200.000 signes (ce qui corrobore ce que tu dis). Ainsi, &#233;galement, cette perte m'offre-t-elle la possibilit&#233; de commencer un autre livre.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Le r&#234;ve dans son cheminement</title>
		<link>https://www.liminaire.fr/chronique/entre-les-lignes/article/le-reve-dans-son-cheminement</link>
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		<dc:date>2026-03-22T08:00:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Pierre M&#233;nard</dc:creator>


		<dc:subject>Biographie</dc:subject>
		<dc:subject>&#201;criture</dc:subject>
		<dc:subject>Journal</dc:subject>
		<dc:subject>Num&#233;rique</dc:subject>
		<dc:subject>Photographie</dc:subject>
		<dc:subject>R&#233;cit</dc:subject>
		<dc:subject>Ville</dc:subject>
		<dc:subject>Contacts successifs</dc:subject>
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		<dc:subject>Art</dc:subject>
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		<dc:subject>Quotidien</dc:subject>
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		<dc:subject>Voyage</dc:subject>
		<dc:subject>Nature</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Les sacrifices et les rituels d'aujourd'hui &lt;br class='autobr' /&gt;
Je me souviens de l'apparition du jeu vid&#233;o mobile Pok&#233;mon GO qui utilisait la localisation et la r&#233;alit&#233; augment&#233;e. J'ai essay&#233; d'y jouer &#224; l'&#233;poque, alors que nous &#233;tions en vacances &#224; Lyon, pendant l'&#233;t&#233; 2016, mais mon t&#233;l&#233;phone rendait difficile l'exp&#233;rience. Je garde en m&#233;moire les attroupements de curieux qui marchaient, le t&#233;l&#233;phone devant eux, le tournant en l'air comme une boussole, &#224; la recherche de cr&#233;atures invisibles. Leur (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.liminaire.fr/chronique/entre-les-lignes/" rel="directory"&gt;Entre les lignes&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/biographie" rel="tag"&gt;Biographie&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/ecriture" rel="tag"&gt;&#201;criture&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/journal" rel="tag"&gt;Journal&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/numerique" rel="tag"&gt;Num&#233;rique&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/photographie" rel="tag"&gt;Photographie&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/recit" rel="tag"&gt;R&#233;cit&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/ville" rel="tag"&gt;Ville&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/contacts-successifs" rel="tag"&gt;Contacts successifs&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/les-lignes-de-desir-25" rel="tag"&gt;Les lignes de d&#233;sir&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/art" rel="tag"&gt;Art&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/video" rel="tag"&gt;Vid&#233;o&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/quotidien" rel="tag"&gt;Quotidien&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/derive" rel="tag"&gt;D&#233;rive&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/voyage" rel="tag"&gt;Voyage&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/nature" rel="tag"&gt;Nature&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.liminaire.fr/local/cache-vignettes/L150xH75/contacts_succcessifs_64_1_-faf7d.png?1774166746' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='75' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Les sacrifices et les rituels d'aujourd'hui&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je me souviens de l'apparition du jeu vid&#233;o mobile &lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;https://pokemongo.com/fr&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Pok&#233;mon GO&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt; qui utilisait la localisation et la r&#233;alit&#233; augment&#233;e. J'ai essay&#233; d'y jouer &#224; l'&#233;poque, alors que nous &#233;tions en vacances &#224; Lyon, pendant l'&#233;t&#233; 2016, mais mon t&#233;l&#233;phone rendait difficile l'exp&#233;rience. Je garde en m&#233;moire les attroupements de curieux qui marchaient, le t&#233;l&#233;phone devant eux, le tournant en l'air comme une boussole, &#224; la recherche de cr&#233;atures invisibles. Leur d&#233;placement &#233;tait cocasse. Je me disais qu'ils jouaient &#224; un jeu qu'ils &#233;taient les seuls &#224; voir. En fait, ils &#233;taient tr&#232;s nombreux &#224; jouer, puisque ce jeu en ligne massivement multijoueur permettait &#224; un grand nombre de personnes d'interagir simultan&#233;ment dans un monde virtuel tout en &#233;voluant sur une carte des environs utilisant la g&#233;olocalisation du joueur. D'une certaine mani&#232;re, ils cartographiaient &#233;galement. &#192; l'&#233;poque, je travaillais avec Ulrich Fischer au prototype de l'application de mon r&#233;cit &lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;https://liminaire.fr/mot/les-lignes-de-desir-25&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Les lignes de d&#233;sir&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;, proposant &lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;https://liminaire.fr/projets/article/l-experience-d-un-recit-en-marche&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;l'exp&#233;rience d'un livre en marche&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;. J'enviais l'approche ludique utilis&#233;e pour faire d&#233;placer tous ces gens dans l'espace public. Sans le savoir, ces personnes produisaient une masse d'images, de trajectoires, de regards. Une ville enregistr&#233;e en marchant, dans la r&#233;p&#233;tition des pas. Une ville v&#233;cue, fragment&#233;e, recompos&#233;e. On d&#233;couvre aujourd'hui que Niantic Spatial, la filiale d'intelligence artificielle fond&#233;e il y a un an par le cr&#233;ateur du jeu, exploite les donn&#233;es collaboratives compos&#233;es d'images de rep&#232;res urbains g&#233;olocalis&#233;es collect&#233;es via le jeu pour construire &#171; un syst&#232;me de positionnement visuel, une technologie qui d&#233;termine votre position &#224; partir de ce que vous voyez. &#187; Autrement dit, ces 30 milliards d'images, photographies de b&#226;timents ou rep&#232;res visibles, issus de l'exp&#233;rience des joueurs, ont contribu&#233; &#224; l'&#233;laboration d'une immense cartographie visuelle du monde, qui va permettre de guider des robots de livraison afin qu'ils s'orientent dans l'espace avec une pr&#233;cision beaucoup plus grande. Ce qui relevait de l'exp&#233;rience devient infrastructure. Ce qui appartenait &#224; l'errance devient syst&#232;me. Il y a l&#224; une forme de d&#233;l&#233;gation silencieuse. Un d&#233;tournement mercantile du jeu. Mais ce n'est pas nouveau. Depuis longtemps, les reCAPTCHA de Google, tests con&#231;us initialement pour d&#233;terminer si un utilisateur en ligne est vraiment un humain, et non un bot, d&#233;tournent cet usage et profitent du travail des utilisateurs afin d'am&#233;liorer son programme de reconnaissance optique de caract&#232;res (ROC). Les clics, les likes, toutes nos recherches nourrissent des mod&#232;les pr&#233;dictifs. Nos conversations elles-m&#234;mes servent &#224; affiner des intelligences artificielles. Nous croyons utiliser des outils, mais en retour ce sont eux qui nous utilisent. &lt;i&gt;Quand c'est gratuit, c'est toi le produit.&lt;/i&gt; On conna&#238;t bien la formule qui r&#233;sume notre relation ambigu&#235; au num&#233;rique. Les entreprises technologiques mettent l'attention au centre d'une pratique qu'on a trop longtemps voulu croire gratuite. Mais, marcher, c'est autre chose. C'est produire une carte qui n'appartient qu'&#224; soi. Une carte intime, &#233;volutive, faite de d&#233;tours, d'habitudes, de raccourcis, de souvenirs. Elle ne se voit pas. Elle se superpose &#224; la carte commune sans jamais s'y r&#233;duire. Chaque trajet invente une ville l&#233;g&#232;rement diff&#233;rente qui n'appartient qu'&#224; nous.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_8707 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.liminaire.fr/IMG/jpg/55134817702_39b9b445bb_k.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.liminaire.fr/local/cache-vignettes/L500xH333/55134817702_39b9b445bb_k-9c567.jpg?1774166746' width='500' height='333' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;center&gt;Lac du Parc Montsouris, Paris 14&#232;me, 8 mars 2026&lt;/center&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Ce qui emp&#234;che et oblige &#224; la fois&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Se sentir chez soi dans un appartement qu'on loue, qui n'est pas un ersatz de la chambre d'h&#244;tel, un v&#233;ritable endroit o&#249; vivre, mais qui ne nous est pas pr&#234;t&#233;, comme cela m'est d&#233;j&#224; arriv&#233;. Je me souviens notamment avoir &#233;t&#233; h&#233;berg&#233; par Enrico Agostini Marchese qui m'avait amicalement accueilli dans son appartement &#224; Montr&#233;al, pendant une semaine, alors que d'habitude on me r&#233;servait une chambre d'h&#244;tel pour la p&#233;riode du colloque pour lequel on m'invitait, prolongeant de quelques jours pour profiter de la ville. Je m'&#233;tais senti vraiment chez moi. Je retrouve la m&#234;me impression de familiarit&#233; et de bien-&#234;tre dans l'appartement que nous louons Caroline et moi &#224; Marseille, dans le quartier Longchamp. C'est un appartement spacieux, lumineux et calme. Un appartement vivant, avec des plantes vertes, des &#339;uvres d'art accroch&#233;es au mur, de beaux bibelots, et des piles de livres. Dans la cuisine, tout est &#224; disposition pour cuisiner. Dans ces conditions, difficile de ne pas r&#233;ussir &#224; travailler sur notre projet. Nous avan&#231;ons bien, consacrant une grande partie de la journ&#233;e et de la soir&#233;e &#224; l'&#233;criture (lecture, r&#233;&#233;criture des textes, discussions), le reste du temps &#233;tant consacr&#233; aux promenades en ville. J'en profite pour filmer tout en approvoisant ma nouvelle cam&#233;ra. Si je ne rencontre plus du tout de souci de focus au d&#233;but des plans, la mobilt&#233; de la nacelle me perturbe encore un peu. Mais c'est un outil incroyable.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; C'&#233;tait la Terre qui envoyait des signes&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En quelques semaines, &#224; l'&#233;t&#233; 1831, une &#233;ruption volcanique sous-marine a lieu en M&#233;diterran&#233;e, dans le canal de Sicile, en face de la Tunisie. Elle provoque l'&#233;mersion d'une &#238;le &#233;ph&#233;m&#232;re qui dispara&#238;t sous les flots six mois plus tard seulement. Ce nouveau territoire &#233;veille la curiosit&#233; des scientifiques et la convoitise des puissances europ&#233;ennes, le Royaume des Deux-Siciles, la France et l'Angleterre, en pleine expansion coloniale. Chacun de ces trois pays entre en comp&#233;tition pour revendiquer cette &#238;le &#224; la position strat&#233;gique. Elle devient &lt;i&gt;Ferdinandea&lt;/i&gt; pour le Royaume des Deux-Siciles, en l'honneur du roi Ferdinand II de Bourbon, &lt;i&gt;Julia&lt;/i&gt;, pour les Fran&#231;ais en r&#233;f&#233;rence &#224; la monarchie de Juillet, &lt;i&gt;Graham Island&lt;/i&gt;, pour les Anglais, d'apr&#232;s Sir James Graham, premier seigneur de l'amiraut&#233;, et enfin &lt;i&gt;Nerita&lt;/i&gt;, pour les populations locales. L'artiste &lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;https://clementcogitore.com/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Cl&#233;ment Cogitore&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt; s'appuit sur cet &#233;v&#233;nement historique comme point de d&#233;part de son &lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;https://mucem.org/expositions/clement-cogitore/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;exposition au Mucem&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt; qu'il d&#233;veloppe en un r&#233;cit multiforme m&#234;lant documentaire, r&#233;cit historique et fiction sp&#233;culative, narration et contemplation. &#192; travers un ensemble de diff&#233;rentes pi&#232;ces aux formats et supports vari&#233;s (documents d'archives, relev&#233;s scientifiques, croyances populaires, photographies sous verre grav&#233;, installation filmique en 16 mm, reportage scientifique, et film de fiction), il analyse les m&#233;canismes de revendication territoriale et la gestion des fronti&#232;res, tente de substituer une logique de possession par une volont&#233; de construire un espace commun. &#171; Entre utopie et dystopie, si une terre qui n'appartient &#224; personne r&#233;apparaissait aujourd'hui, quel usage commun pourrait-on en faire ? Quel nom lui donnerait-on ? Et quelles langues y parlerait-on ? &#187; se demande l'artiste, dans le film &lt;i&gt;Ferdinandea : Incertitudes&lt;/i&gt;, la vid&#233;o qui constitue le c&#339;ur de l'exposition, projet&#233;e dans un espace d&#233;di&#233;, au centre de la salle. Dans un contexte contemporain marqu&#233; par des crises migratoires et climatiques, le dispositif artistique de Cl&#233;ment Cogitore interroge la capacit&#233; des &#201;tats &#224; envisager la M&#233;diterran&#233;e comme un espace de coop&#233;ration plut&#244;t que comme une zone de conqu&#234;te.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_8708 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.liminaire.fr/IMG/jpg/52121422936_0d73dc631f_k.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.liminaire.fr/local/cache-vignettes/L500xH333/52121422936_0d73dc631f_k-bff0d.jpg?1774166746' width='500' height='333' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;center&gt;Parc Clichy Batignolles Martin Luther King, Paris 17&#232;me, 4 juin 2022&lt;/center&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;L'envie de partir ne d&#233;livre pas&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je marche pour tenir debout. Ici n'est d&#233;j&#224; plus. La ville ne m'accueille pas, elle me traverse. Dedans, je m'&#233;gare plus vite que dehors. L'espace s'ouvre devant moi. Alors j'avance. Chaque pas efface le pr&#233;c&#233;dent. Le sol accepte tout. M&#234;me l'espace a besoin d'&#234;tre contenu. Les rues ne bougent pas, mais je les transforme en les traversant. Je ferme les yeux un instant et le bruit me suffit. La rumeur remplace la direction. J'aime entendre le bruit de la ville. Le mouvement fabrique un passage. Une travers&#233;e. D'un trottoir &#224; l'autre, d'une lumi&#232;re &#224; une autre. Rien ne relie vraiment ces points, sauf le mouvement. Je ne sais plus si je pars ou si je reviens. L'espace est satur&#233; de signes. Voyager c'est rester au m&#234;me endroit et sentir le monde glisser en soi. Les lieux r&#233;sistent, mais le corps insiste. Il avance malgr&#233; tout, comme s'il cherchait un seuil invisible. Chacun place son horizon o&#249; il peut. Je marche encore. Dans l'air, des appuis, des attentes. S'arr&#234;ter serait admettre que rien ne m&#232;ne nulle part. Et pourtant, quelque chose r&#233;pond toujours, un signe, un souffle, une direction possible. Tout d&#233;part a son arriv&#233;e.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Ce qu'il faut au jour</title>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Pierre M&#233;nard</dc:creator>


		<dc:subject>Architecture</dc:subject>
		<dc:subject>Biographie</dc:subject>
		<dc:subject>Information</dc:subject>
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		<dc:subject>Paris</dc:subject>
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&lt;p&gt;Un pas encore et tout dispara&#238;t &lt;br class='autobr' /&gt;
Je tombe malade, ma cam&#233;ra tombe en panne. La plupart du temps, des &#233;v&#233;nements concomitants n'ont cependant rien de commun, seule la simultan&#233;it&#233; de leurs surgissements les associe myst&#233;rieusement. Et c'est ce qui m'arrive. Je ne parviens pas &#224; s&#233;parer ces deux &#233;v&#233;nements qui n'ont pourtant rien &#224; voir. Dans les all&#233;es ensoleill&#233;es du parc Montsouris, apr&#232;s avoir mang&#233; en famille &#224; la terrasse d'un restaurant, nous cheminons un peu au hasard, sans but (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/numerique" rel="tag"&gt;Num&#233;rique&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/photographie" rel="tag"&gt;Photographie&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/video" rel="tag"&gt;Vid&#233;o&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/recit" rel="tag"&gt;R&#233;cit&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/paris" rel="tag"&gt;Paris&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/paysage" rel="tag"&gt;Paysage&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/contacts-successifs" rel="tag"&gt;Contacts successifs&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/reve" rel="tag"&gt;R&#234;ve&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/quotidien" rel="tag"&gt;Quotidien&lt;/a&gt;

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 <content:encoded>&lt;img src='https://www.liminaire.fr/local/cache-vignettes/L150xH75/contacts_succcessifs_63_1_-6a586.png?1773561629' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='75' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Un pas encore et tout dispara&#238;t&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je tombe malade, ma cam&#233;ra tombe en panne. La plupart du temps, des &#233;v&#233;nements concomitants n'ont cependant rien de commun, seule la simultan&#233;it&#233; de leurs surgissements les associe myst&#233;rieusement. Et c'est ce qui m'arrive. Je ne parviens pas &#224; s&#233;parer ces deux &#233;v&#233;nements qui n'ont pourtant rien &#224; voir. Dans les all&#233;es ensoleill&#233;es du parc Montsouris, apr&#232;s avoir mang&#233; en famille &#224; la terrasse d'un restaurant, nous cheminons un peu au hasard, sans but pr&#233;cis. Vers la fin du parcours, je cherche &#224; filmer le lac, le bouton de ma cam&#233;ra est devenu tout mou, il n'offre plus aucune r&#233;sistance, il s'enfonce mais ne d&#233;clenche plus l'enregistrement vid&#233;o. Je peux allumer et &#233;teindre sans difficult&#233; la cam&#233;ra mais je ne parviens plus &#224; filmer. Combien de fois ai-je fait ce r&#234;ve du d&#233;clencheur d'un appareil photo qui s'enrayait, du bouton d'une cam&#233;ra qui ne r&#233;pondait pas &#224; la pression de mon doigt. Avec cette impression de perte et d'effacement, d'inach&#232;vement et d'impuissance. Il y a quelques mois, j'avais d&#233;j&#224; rencontr&#233; ce probl&#232;me technique avec ma cam&#233;ra. Quelques jours apr&#232;s, cependant, le bouton fonctionnait &#224; nouveau sans que je comprenne comment cela s'&#233;tait r&#233;solu. J'inspecte m&#233;ticuleusement le m&#233;canisme &#224; la maison, mais rien n'y fait. Dans la nuit enfi&#233;vr&#233;e, les mots et les gestes se r&#233;p&#232;tent en boucle dans mon esprit, d&#233;passent l'ordinaire diurne, pour se transformer en leitmotiv incantatoire. Je formule les phrases que je vais prononcer au r&#233;veil pour dire la nuit d&#233;testable que je viens de passer, pour pr&#233;venir mes coll&#232;gues que je ne viendrai pas travailler. Mais une fois debout, tout cela est pass&#233;, derri&#232;re moi. Bien s&#251;r le manque de sommeil se fera sentir. La fatigue, les toux r&#233;p&#233;t&#233;es, la difficult&#233; &#224; respirer, les frissons intempestifs. La journ&#233;e de travail va &#234;tre bien longue. Mais j'ai d&#233;j&#224; command&#233; une nouvelle cam&#233;ra. Et c'est un soulagement.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_8699 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.liminaire.fr/IMG/jpg/55125362040_e1182e4c9c_k.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.liminaire.fr/local/cache-vignettes/L500xH333/55125362040_e1182e4c9c_k-f077a.jpg?1773561630' width='500' height='333' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;center&gt;Autoportrait, Jardin du Luxembourg, Paris 6&#232;me, 2 mars 2026&lt;/center&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le flou des retomb&#233;es&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette femme se rend &#224; la biblioth&#232;que avec sa jeune fille. Elle cherche un guide de voyage pour le Japon. Elle dit &#224; son enfant qui sort des rayonnages un livre volumineux, non un livre pas trop gros. On va juste &#224; Tokyo et &#224; Kyoto ! Je souris lorsqu'elles passent devant moi. Je ne peux m'emp&#234;cher de leur dire c'est un beau voyage. La m&#232;re se retourne vers moi et je l'entends dire : Nous allons voir les cerisiers en fleurs au Japon. Je sais bien que je vais retourner une cinqui&#232;me fois au Japon avec Caroline en octobre prochain, je suis donc mal plac&#233; a priori pour juger le voyage de cette inconnue, mais dans la l&#233;g&#232;ret&#233; de sa phrase que la joie de la perspective de ce voyage peut sans doute expliquer, je d&#233;note une incons&#233;quence d&#233;plac&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Les &#233;vidences et les incertitudes&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Caroline part quelques jours dans sa famille dans le sud. Je continue &#224; travailler, mais nous allons nous retrouver dans quelques jours &#224; Marseille afin de reprendre le travail sur &lt;i&gt;Autour&lt;/i&gt; devenu depuis &lt;i&gt;Nostos&lt;/i&gt;, le projet que nous avons men&#233; pendant un mois l'&#233;t&#233; dernier &lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;https://www.la-marelle.org/en-creation/residences/1593-pierre-menard-et-caroline-diaz-a-la-ciotat.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&#224; La Ciotat, &#224; l'invitation de La Marelle&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;. Avant son d&#233;part, nous avons un peu discut&#233; de ce que nous souhaitions faire pendant cette semaine de travail. En effet, depuis notre retour de La Ciotat, nous n'avons pas r&#233;ussi &#224; reprendre le travail o&#249; nous l'avions laiss&#233;, un ensemble de textes cons&#233;quent qui correspondait &#224; l'objectif que nous nous &#233;tions fix&#233; : parvenir &#224; construire autour de diff&#233;rents personnages et de leurs points de vue vari&#233;s, dans des endroits r&#233;partis sur le pourtour m&#233;diterran&#233;en, des histoires se d&#233;roulant en contrepoint d'un &#233;v&#233;nement &#233;voqu&#233; par bribes, en filigrane, entre chaque r&#233;cit, l'errance d'un navire, le &lt;i&gt;Nostos&lt;/i&gt;, ayant sauv&#233; des migrants de la noyade, et qui erre sur la mer, aucun pays n'acceptant qu'il accoste sur son territoire. Depuis notre retour, pris par le travail et nos diff&#233;rents imp&#233;ratifs, le texte est rest&#233; inchang&#233;. Il s'est repos&#233; cependant. Nous avons pris un peu de distance avec lui, ce qui est toujours une bonne chose au moment de se remettre &#224; l'&#233;criture. J'ai commenc&#233; &#224; le relire, pris dans un double mouvement de surprise et de questionnement. L'&#233;tonnement de r&#233;aliser l'ampleur du texte &#233;crit &#224; deux en un mois, la coh&#233;sion du projet et en m&#234;me temps, des questions sur sa forme. Nous &#233;chafaudons ensemble, avant son d&#233;part, les points essentiels sur lesquels travailler pour tenter de r&#233;ussir, dans ce court temps de vacances enti&#232;rement consacr&#233; &#224; ce projet, &#224; transmettre au texte la dynamique et l'&#233;lan que nous voulons lui insuffler.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_8698 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.liminaire.fr/IMG/jpg/28090016800_7900ec3f95_k.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.liminaire.fr/local/cache-vignettes/L500xH334/28090016800_7900ec3f95_k-76424.jpg?1773561630' width='500' height='334' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;center&gt;Zoo du parc de la T&#234;te d'Or, Lyon, 16 juillet 2016&lt;/center&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Dans la poudre de leur &#233;vanescence&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je d&#233;couvre par hasard un article sur un gigantesque cylindre en acier qui a myst&#233;rieusement surgi du sol au beau milieu d'Osaka au Japon. Il s'agit d'un tube en acier d'un diam&#232;tre d'environ quatre m&#232;tres, utilis&#233; pour le sout&#232;nement des sols lors de la pr&#233;vention des inondations, au niveau des &#233;gouts. Il a transperc&#233; le sol, soulevant l'&#233;pais rev&#234;tement en bitume de la route. Il serait remont&#233; face &#224; la pression de l'eau en sous-sol, et s'est &#233;lev&#233; &#224; treize m&#232;tres dans les airs, juste en dessous de l'autoroute sur&#233;lev&#233;e Shin-Midosuji qui traverse la ville. Des ouvriers se sont empress&#233;s de verser de l'eau &#224; l'int&#233;rieur, ce qui a permis au cylindre de s'enfoncer de quelques m&#232;tres, &#233;vitant in extremis de buter contre le plateau m&#233;tallique de la route suspendue. Les routes situ&#233;es &#224; proximit&#233; ont tout de m&#234;me &#233;t&#233; ferm&#233;es &#224; la circulation depuis mercredi. En 2016, un &#233;norme gouffre s'&#233;tait ouvert sur une rue &#224; cinq voies &#224; Hakata. Ce gouffre avait provoqu&#233; des coupures d'&#233;lectricit&#233; et des perturbations de la circulation, mais les &#233;quipes avaient travaill&#233; sans rel&#226;che pour colmater cette br&#232;che b&#233;ante sur cette art&#232;re tr&#232;s fr&#233;quent&#233;e.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>La mesure de sa v&#233;rit&#233;</title>
		<link>https://www.liminaire.fr/chronique/entre-les-lignes/article/la-mesure-de-sa-verite</link>
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		<dc:date>2026-03-08T08:00:00Z</dc:date>
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		<dc:creator>Pierre M&#233;nard</dc:creator>


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		<dc:subject>Num&#233;rique</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Un mouvement suffit &lt;br class='autobr' /&gt;
Promenade &#224; travers Paris. Je marche en ligne droite d'un pas tr&#232;s rapide. Je m'arr&#234;te sans trop savoir pourquoi &#224; la hauteur d'un immeuble haussmannien en feu rue de Turbigo. Plusieurs camions de pompiers ont d&#233;pli&#233; leurs grandes &#233;chelles. Certains pompiers sont juch&#233;s sur le toit qui a br&#251;l&#233;, d'autres empruntent les balcons. Plusieurs &#233;tages de l'immeuble sont touch&#233;s. Tout le quartier est boucl&#233;. J'arrive sur la place Joachim du Bellay. Il y a l&#224; toujours autant de (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/photographie" rel="tag"&gt;Photographie&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/ville" rel="tag"&gt;Ville&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/contacts-successifs" rel="tag"&gt;Contacts successifs&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/derive" rel="tag"&gt;D&#233;rive&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/corps" rel="tag"&gt;Corps&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/reve" rel="tag"&gt;R&#234;ve&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/sensation" rel="tag"&gt;Sensation&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/video" rel="tag"&gt;Vid&#233;o&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/numerique" rel="tag"&gt;Num&#233;rique&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.liminaire.fr/local/cache-vignettes/L150xH75/contacts_succcessifs_62_1_-470aa.png?1772957003' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='75' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Un mouvement suffit&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Promenade &#224; travers Paris. Je marche en ligne droite d'un pas tr&#232;s rapide. Je m'arr&#234;te sans trop savoir pourquoi &#224; la hauteur d'un immeuble haussmannien en feu rue de Turbigo. Plusieurs camions de pompiers ont d&#233;pli&#233; leurs grandes &#233;chelles. Certains pompiers sont juch&#233;s sur le toit qui a br&#251;l&#233;, d'autres empruntent les balcons. Plusieurs &#233;tages de l'immeuble sont touch&#233;s. Tout le quartier est boucl&#233;. J'arrive sur la place Joachim du Bellay. Il y a l&#224; toujours autant de monde depuis la fin du chantier de son r&#233;am&#233;nagement. La pierre blanche de la fontaine des Innocents brille dans l'&#233;clat lumineux du jour. Un g&#233;ant r&#233;p&#232;te en boucle les m&#234;mes invectives religieuses autour du Car&#234;me, qui n'est ni chr&#233;tien, ni juif, ni musulman. Personne ne l'&#233;coute mais sa voix porte. En haut d'un arbre, &#224; l'autre bout de la place, une corneille lui r&#233;pond avec v&#233;h&#233;mence. En marchant pour m'&#233;loigner de la place, j'entends cette phrase &#233;nigmatique : le pire n'est jamais s&#251;r ! Sans lien avec la sc&#232;ne pr&#233;c&#233;dente, elle lui fait furieusement &#233;cho. Je passe devant le &lt;i&gt;Dernier bar avant la fin du monde&lt;/i&gt;. Sur le perron de l'immeuble voisin, un SDF dort par terre, sur le seuil, le corps recroquevill&#233;, une jambe d&#233;sax&#233;e, d&#233;boit&#233;e dirait-on, comme on en voit souvent dans les films lorsqu'un corps tombe de haut. Je traverse la Seine, &#233;bloui par la forte luminosit&#233;. Les abords du Palais de justice sont ferm&#233;s pour cause de proc&#232;s de l'assassinat de Samuel Paty. Un petit gar&#231;on s'amuse &#224; r&#233;p&#233;ter ce que sa m&#232;re vient d'affirmer : il y a des voleurs gentils et d'autres m&#233;chants. Je ne vois pas ce que cela veut dire. Une jeune femme brune marche dans ma direction. Sur la peau lisse de son cou, un surprenant tatouage de la cath&#233;drale Notre-Dame de Paris. Une vieille dame fort aimable me demande au milieu de la route le chemin le plus rapide pour rejoindre le march&#233; couvert de Saint-Germain. Un motard nous fr&#244;le de tout son m&#233;pris : Au milieu de la route, souffle-t-il en prenant de la vitesse avec son scooter. Deux jardiniers interpr&#232;tent m&#233;caniquement une chor&#233;graphie rigoureuse et sonore, ils ratissent de concert le jardin de gravier qui jouxte le Petit Luxembourg. Les pelouses du jardin du Luxembourg sont toutes laiss&#233;es au repos. Gazon anglais, impeccable. Un monde incroyable autour du bassin et dans les all&#233;es bois&#233;es. Un vieil homme se met &#224; crier pour une chaise qu'il veut prendre &#224; tout prix &#224; un couple de jeunes gens qui ne sont pas du tout d'accord avec lui. Le ton monte. Tout le monde s'offusque, mais personne ne bouge.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_8693 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.liminaire.fr/IMG/jpg/55110198875_c5e80e00ec_k.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.liminaire.fr/local/cache-vignettes/L500xH333/55110198875_c5e80e00ec_k-318ae.jpg?1772957004' width='500' height='333' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;center&gt;Mus&#233;e d'art et d'histoire Paul-&#201;luard, Saint-Denis, 22 f&#233;vrier 2026&lt;/center&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Du jour au lendemain&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Rep&#233;rage sur les lieux d'un tournage &#224; venir au printemps pour le projet de webfiction sur lequel je travaille depuis plusieurs semaines, afin d'accompagner la publication de mon r&#233;cit &lt;i&gt;Rien que les heures&lt;/i&gt;, aux &#233;ditions JOU, le 13 mai. Le r&#233;cit progresse le long de la ligne form&#233;e par le m&#233;ridien de Paris qui traverse la ville du nord au sud. Je retrouve au sol les m&#233;daillons de l'&lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;https://fr.wikipedia.org/wiki/Hommage_%C3%A0_Arago&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Hommage &#224; Arago&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt; cr&#233;&#233;s par l'artiste Jan Dibbets, le long du m&#233;ridien de Paris. Cette &#339;uvre d'art a &#233;t&#233; con&#231;ue en 1994 en l'honneur du scientifique et homme politique fran&#231;ais Fran&#231;ois Arago &#224; l'occasion du bicentenaire de sa naissance. Je vais tourner dans les soixante lieux du r&#233;cit. Plusieurs d'entre eux traversent le jardin du Luxembourg. Dans les pr&#233;c&#233;dentes versions du texte, un roman racontait l'histoire d'une travers&#233;e de Paris en une journ&#233;e, le long de ce m&#233;ridien. Cette histoire a totalement disparu dans la nouvelle version resserr&#233;e du texte qui va para&#238;tre, qui se concentre d&#233;sormais sur un &lt;i&gt;tour du jour en quatre-vingts mondes&lt;/i&gt;, pour reprendre le titre d'un livre de Cort&#225;zar. Cette webfiction permettra de retrouver une lecture du texte sur les images de ce parcours r&#233;alis&#233; du jour au lendemain. J'aime l'id&#233;e d'une structure qui garde la trace d'une trajectoire dont il ne reste qu'une ligne form&#233;e par des points g&#233;olocalis&#233;s. Elle dessine un parcours que l'on peut suivre ind&#233;pendamment du livre. Un chemin &#224; suivre si on le souhaite, qui nous place en dehors du livre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Ce qu'il faut au jour&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Chacun notre tour, pendant un mois, nous saisissons quelques sc&#232;nes de notre quotidien. Une minute environ par personne. Et nous recommen&#231;ons tous les mois. Pendant un an. Et tous les ans depuis novembre 2022. &lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;https://www.youtube.com/@heuresindues365&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Chaque film diffus&#233; sur YouTube&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt; regroupe quatre mois d'une ann&#233;e. Successions d'images enregistr&#233;es au fil des saisons, des voyages de chacun. Les obsessions visuelles de chacun apparaissent en filigrane. Les reflets, les cimeti&#232;res, les trajets en bus, les ombres des arbres et leur dentelle h&#233;sitante, les chats qui pr&#233;lassent, les chantiers, les bords de mer, Ce qui compte, c'est l'accumulation et la r&#233;p&#233;tition. Le temps qui s'efface &#224; force de se r&#233;p&#233;ter. Des motifs reviennent, des lieux en commun. Les images sont brutes, tr&#232;s peu de montage, le son sans mixage, quelques transitions mais assez rares, ce qui attire le regard c'est la juxtaposition des instants. Il y a une forme de partage. Un titre indique sobrement en blanc sur fond noir le mois o&#249; les s&#233;quences sont film&#233;es. C'est un film de famille dans lequel nous apparaissons que tr&#232;s peu, un reflet dans un miroir, une ombre au sol, un autoportrait domestique. Ou sous la forme d'une mise en abyme, dans un mus&#233;e, en train de regarder un film. Nous ne nous filmons pas, ce ne sont pas nos images qui comptent, nos visages, nos corps, nos gestes. Les moments que nous partageons lorsqu'il nous arrive encore de partir ensemble en voyage. Nous filmons le portrait de notre famille en creux. Par les lieux partag&#233;s et ceux qui nous tiennent &#224; distance. Le projet a commenc&#233; au moment o&#249; Nina est partie vivre &#224; Nice et qu'Alice a pris un appartement en colocation &#224; Pantin. &#192; chaque fois que nous nous voyons et que nous passons plusieurs jours ensemble, il y a toujours un moment o&#249;, pour relancer la machine autant que pour le simple plaisir de la d&#233;couverte de ce que chacun a mont&#233;, nous diffusons sur le moniteur de la t&#233;l&#233;vision &#224; la maison les derniers mois film&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_8694 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.liminaire.fr/IMG/jpg/28346082405_872d258748_k.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.liminaire.fr/local/cache-vignettes/L500xH334/28346082405_872d258748_k-22abd.jpg?1772957004' width='500' height='334' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;center&gt;Rue de l'Abb&#233; Rozier, Lyon, 16 juillet 2016&lt;/center&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Ce qui reste de la nuit&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans la poudreuse du r&#234;ve quelque chose commence, un mouvement incertain, comme si mon corps n'avait l'habitude de rien, ni de la chute ni de l'&#233;lan, aucune amplitude, aucun horaire, pourtant la trajectoire s'invente malgr&#233; moi, fragile, une vibration me traverse et je m'applique &#224; la d&#233;nicher dans les recoins du jour, l&#224; o&#249; la pens&#233;e s'effiloche, s'&#233;tiole, perd le fil, &#224; la toute fin de la toute fin, quand il ne reste plus que des traces, des sillons dans la poussi&#232;re du temps, et je m'y agrippe pour ne pas glisser tout &#224; fait. Ma t&#234;te attend les nuages, comme si le ciel pouvait me r&#233;pondre. J'ai besoin d'une minute seulement, dans ce bleu nuit qui envahit le monde en suspens, pour me tenir debout face au souffle lent. Depuis ces jours sans parole, je ramasse les mots un &#224; un, racines fragiles. Je voudrais retenir nos futurs, sentir passer les vagues entre nous, les nouvelles comme les anciennes, l'&#233;nergie de ta pr&#233;sence, cet appel d'air qui soul&#232;ve encore la lumi&#232;re en moi.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Le frontispice de la ruine</title>
		<link>https://www.liminaire.fr/chronique/entre-les-lignes/article/le-frontispice-de-la-ruine</link>
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		<dc:date>2026-03-01T08:00:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Pierre M&#233;nard</dc:creator>


		<dc:subject>Architecture</dc:subject>
		<dc:subject>&#201;criture</dc:subject>
		<dc:subject>Photographie</dc:subject>
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		<description>
&lt;p&gt;L'impossible d&#233;sir de fixer une image dans sa m&#233;moire &lt;br class='autobr' /&gt;
Avec Caroline, nous traversons le RER, remontons vers l'avant &#224; la recherche d'une place. Le train est comble. Nous trouvons finalement une place. Sur le si&#232;ge en face de moi, une jeune femme voil&#233;e. Ses traits sont d'une tr&#232;s grande finesse, sa peau claire a l'air douce, ses yeux dessin&#233;s en amande regardent droit devant elle, semblant fixer le lointain pour accommoder le regard, ce qui donne &#224; ses yeux une allure profonde et (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/ecriture" rel="tag"&gt;&#201;criture&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/photographie" rel="tag"&gt;Photographie&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/recit" rel="tag"&gt;R&#233;cit&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/biographie" rel="tag"&gt;Biographie&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/journal" rel="tag"&gt;Journal&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/bibliotheque" rel="tag"&gt;Biblioth&#232;que&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/ville" rel="tag"&gt;Ville&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/contacts-successifs" rel="tag"&gt;Contacts successifs&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/quotidien" rel="tag"&gt;Quotidien&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/voix" rel="tag"&gt;Voix&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/gare" rel="tag"&gt;Gare&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/pierre-menard" rel="tag"&gt;Pierre M&#233;nard&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.liminaire.fr/local/cache-vignettes/L150xH75/contacts_succcessifs_61_1_-d8a9b.png?1772352242' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='75' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;L'impossible d&#233;sir de fixer une image dans sa m&#233;moire&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avec Caroline, nous traversons le RER, remontons vers l'avant &#224; la recherche d'une place. Le train est comble. Nous trouvons finalement une place. Sur le si&#232;ge en face de moi, une jeune femme voil&#233;e. Ses traits sont d'une tr&#232;s grande finesse, sa peau claire a l'air douce, ses yeux dessin&#233;s en amande regardent droit devant elle, semblant fixer le lointain pour accommoder le regard, ce qui donne &#224; ses yeux une allure profonde et myst&#233;rieuse. Arriv&#233;s &#224; Saint-Denis, nous prenons une direction oppos&#233;e &#224; celle des panneaux qui indiquent un chemin passant par le centre-ville et la basilique, pour rejoindre le mus&#233;e d'art et d'histoire Paul-&#201;luard. Les rues de la ville sont remplies de monde. Les b&#226;timents de l'ancien Carmel abritent, depuis 1981, le mus&#233;e d'art et d'histoire Paul &#201;luard. Nous y visitons une exposition sur les bo&#238;tes de nonnes fabriqu&#233;es par les religieuses &#224; travers les si&#232;cles, &#224; l'occasion des 400 ans du Carmel. Dans une autre salle, des photographies d'H&#233;l&#232;ne Mastrandr&#233;as, en immersion dans le quotidien des carm&#233;lites de Montmartre. Je retrouve dans les traits des religieuses la douce s&#233;r&#233;nit&#233; du visage de la jeune femme dans le RER.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_8683 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.liminaire.fr/IMG/jpg/55104187102_d4599b45d9_k.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.liminaire.fr/local/cache-vignettes/L500xH333/55104187102_d4599b45d9_k-750f1.jpg?1772352242' width='500' height='333' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;center&gt;Avenue Jean Lolive, Pantin, 18 f&#233;vrier 2026&lt;/center&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La lutte des contraires&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Moins d'embouteillages depuis &lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;https://liminaire.fr/ecriture/au-lieu-de-se-souvenir/article/journal-du-combat-9&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;la fin du chantier de la place du Colonel Fabien&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;. Les voitures sont plus rares ce soir dans la rue de la Grange-aux-Belles. Il a fait tr&#232;s chaud aujourd'hui en cette fin f&#233;vrier. De nuit le ciel est d'un bleu profond. Les branches des arbres encore nues se d&#233;tachent de la toile de fond du ciel. J'entends tr&#232;s distinctement le chant des oiseaux. Leurs sons sont clairs, puissants. On n'entend qu'eux, ils envahissent l'espace. Des jeunes femmes marchent d'un bon pas dans ma direction, leurs tenues me laissent penser qu'elles se rendent &#224; une soir&#233;e. &#192; leur hauteur, j'entends des bribes de leur conversation, enceinte... Gare du Nord... et je comprends qu'elles parlent des oiseaux qu'on entend comme rarement dans la rue. En effet, &#224; la gare du Nord, un dispositif acoustique diffuse en continu le chant d'oiseaux sur les quais du RER, donnant l'impression qu'ils sont autour de nous. Comme si on avait cherch&#233; &#224; cr&#233;er, avec ce dispositif acoustique, une continuit&#233; entre l'int&#233;rieur et l'ext&#233;rieur, &#224; faciliter la transition, pour &#233;viter l'impression d'enfermement, mais c'est l'oppos&#233; qu'on ressent, un trouble passager. Ce soir les oiseaux retrouvent leur libert&#233;, &#224; l'air libre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Faire se tenir ensemble les paroles et le temps&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y a cet homme, vietnamien d'origine, qui participe tr&#232;s r&#233;guli&#232;rement aux ateliers d'&#233;criture et de cr&#233;ation &#224; la biblioth&#232;que. Nous nous entendons bien. Je le trouve tr&#232;s cr&#233;atif, toujours souriant, enjou&#233;. Il a souvent de bonnes id&#233;es et s'implique dans les ateliers que je propose. &#192; chaque fois que je le vois, je pense &#224; &lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;https://www.youtube.com/c/anhmat&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Anh Mat&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;. Et ce n'est pas seulement son origine qui m'y fait penser, bien entendu, mais sa gentillesse, sa cr&#233;ativit&#233; et son ouverture d'esprit. Je garde un excellent souvenir, par exemple, de sa participation &#224; l'atelier de cr&#233;ation sonore autour de la place du Colonel Fabien. Il s'&#233;tait empar&#233; de l'enregistreur num&#233;rique et s'&#233;tait mis &#224; interviewer tous les passants qu'il rencontrait sur place avec une aisance &#233;tonnante. Ses questions mettaient &#224; l'aise les personnes qu'il interrogeait. Aujourd'hui, nous avons un peu discut&#233;, comme moi, il est un peu d&#233;&#231;u du r&#233;sultat du chantier de la place, surtout de la dimension &#034;for&#234;t urbaine&#034; qu'il trouve exag&#233;r&#233;e. Avant que l'atelier montage vid&#233;o ne commence, il m'a parl&#233; de son projet de podcast (il a particip&#233; &#224; l'un de mes ateliers sur la lecture &#224; voix haute et le podcast). Il a l'intention d'interroger des personnes de son entourage mais &#233;galement des gens qu'il croise mais qu'il ne conna&#238;t pas, et de leur demander : pour toi c'est quoi le Vietnam ? Je trouve son id&#233;e tr&#232;s belle. J'aimerais bien qu'il m'enregistre. Je crois que je lui parlerais de mon rapport aux paysages et &#224; la langue de ce pays &#224; partir de ce que j'ai pu en d&#233;couvrir par l'interm&#233;diaire d'Anh Mat, justement.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_8684 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.liminaire.fr/IMG/jpg/13998911225_00512c3513_k.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.liminaire.fr/local/cache-vignettes/L500xH334/13998911225_00512c3513_k-a88b2.jpg?1772352242' width='500' height='334' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;center&gt;Villa Jovis, Capri, Italie, 24 avril 2014&lt;/center&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Ce qui fait autorit&#233;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cela faisait des ann&#233;es qu'on me confondait avec d'autres Pierre M&#233;nard sur le net. Cela m'apprendra &#224; utiliser comme pseudo un c&#233;l&#232;bre personnage fictif. Plusieurs fois sur Babelio notamment, j'ai d&#251; pr&#233;ciser que tel ou tel livre n'&#233;tait pas de moi. C'est qu'il existe de nombreux autres auteurs qui portent le m&#234;me nom que moi. J'en compte au moins quatre ou cinq. Je ne voyais pas d'o&#249; venait le probl&#232;me jusqu'&#224; pr&#233;sent. J'ai longtemps pens&#233; que les informations figurant sur la notice BnF de ma fiche auteur provenaient de ce qui &#233;tait mentionn&#233; sur Wikip&#233;dia. En fait, je viens de r&#233;aliser que les &#233;ditions Contre-mur &#233;tait &#224; l'origine de ma bio, lorsque j'ai publi&#233; avec eux &lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;https://liminaire.fr/mot/les-accolades&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Les accolades&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt; en 2014 : Animateur d'ateliers d'&#233;criture et de cr&#233;ation multim&#233;dia &#8211; ma&#238;tre de conf&#233;rences &#224; Sciences Po. Une dessinatrice de presse m'appelle aujourd'hui, car une de mes coll&#232;gues &#224; la biblioth&#232;que l'a aid&#233;e r&#233;cemment &#224; corriger sa fiche Wikip&#233;dia. Il y avait une erreur sur sa ville de naissance. Elle avait accept&#233; de dire, &#224; l'occasion d'un entretien, qu'elle &#233;tait n&#233;e dans un village qui n'est pas le sien pour un article autour de son travail li&#233; &#224; cet endroit. Depuis, l'ant&#233;riorit&#233; de cette information fait foi, elle peine &#224; r&#233;tablir l'exactitude sur son lieu de naissance. Je lui explique comment faire.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Appara&#238;tre dispara&#238;tre</title>
		<link>https://www.liminaire.fr/chronique/entre-les-lignes/article/apparaitre-disparaitre</link>
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		<dc:date>2026-02-22T08:00:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Pierre M&#233;nard</dc:creator>


		<dc:subject>Architecture</dc:subject>
		<dc:subject>Biographie</dc:subject>
		<dc:subject>&#201;criture</dc:subject>
		<dc:subject>Journal</dc:subject>
		<dc:subject>Information</dc:subject>
		<dc:subject>Photographie</dc:subject>
		<dc:subject>R&#233;cit</dc:subject>
		<dc:subject>Biblioth&#232;que</dc:subject>
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&lt;p&gt;Au pr&#233;sent, au pr&#233;sent perp&#233;tuel &lt;br class='autobr' /&gt;
Rentrer en marchant, en discutant, sans arr&#234;ter de parler, avec Alice &#224; mes c&#244;t&#233;s, au rythme de notre avanc&#233;e, nos mots et nos pas s'encha&#238;nent dans un mouvement qui les associe, les dynamise, et les emballe. Tout va si vite, on ne r&#233;fl&#233;chit pas au chemin suivi, pas la peine, on rentre chez nous. Le paysage dispara&#238;t dans cet &#233;lan, les points de vue se confondent, sur le parcours, seules quelques images, parfois seulement quelques fragments, retiennent (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.liminaire.fr/chronique/entre-les-lignes/" rel="directory"&gt;Entre les lignes&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/architecture" rel="tag"&gt;Architecture&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/biographie" rel="tag"&gt;Biographie&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/ecriture" rel="tag"&gt;&#201;criture&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/journal" rel="tag"&gt;Journal&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/information" rel="tag"&gt;Information&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/photographie" rel="tag"&gt;Photographie&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/recit" rel="tag"&gt;R&#233;cit&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/bibliotheque" rel="tag"&gt;Biblioth&#232;que&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/contacts-successifs" rel="tag"&gt;Contacts successifs&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/derive" rel="tag"&gt;D&#233;rive&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/reve" rel="tag"&gt;R&#234;ve&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/paysage" rel="tag"&gt;Paysage&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/voix" rel="tag"&gt;Voix&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.liminaire.fr/local/cache-vignettes/L150xH75/contacts_succcessifs_60_1_-d8840.png?1771747349' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='75' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Au pr&#233;sent, au pr&#233;sent perp&#233;tuel&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Rentrer en marchant, en discutant, sans arr&#234;ter de parler, avec Alice &#224; mes c&#244;t&#233;s, au rythme de notre avanc&#233;e, nos mots et nos pas s'encha&#238;nent dans un mouvement qui les associe, les dynamise, et les emballe. Tout va si vite, on ne r&#233;fl&#233;chit pas au chemin suivi, pas la peine, on rentre chez nous. Le paysage dispara&#238;t dans cet &#233;lan, les points de vue se confondent, sur le parcours, seules quelques images, parfois seulement quelques fragments, retiennent notre attention : la perspective d'une rue fuyante, les branches des arbres se d&#233;tachant dans le bleu du ciel, la lumi&#232;re chatoyante qui fait vibrer la pierre des immeubles, les passants qui nous croisent d'un pas press&#233;, nous ignorant ou faisant mine de. On parvient tout de m&#234;me &#224; prendre quelques photos, au passage, on d&#233;clenche sur le vif, ou au moment d'attendre son tour pour traverser la rue, au passage pi&#233;ton. Notre conversation ne s'interrompt &#224; aucun moment, c'est un flux continuel, un dialogue impromptu, enjou&#233;. Et nous voil&#224; d&#233;j&#224; arriv&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_8680 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.liminaire.fr/IMG/jpg/55086638056_45ec3a6017_k.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.liminaire.fr/local/cache-vignettes/L500xH333/55086638056_45ec3a6017_k-f7ed7.jpg?1771747349' width='500' height='333' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;center&gt;Cour de la M&#233;tairie, Paris 20&#232;me, 9 f&#233;vrier 2026&lt;/center&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Des envies de m&#233;tamorphose&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un r&#234;ve : Je suis invit&#233;e &#224; une r&#233;union qui se tient, sans que cela me surprenne, au fond d'une piscine vide. Les chaises sont pos&#233;es sur le carrelage bleu, l&#233;g&#232;rement fissur&#233;. On me tend un micro en me pr&#233;cisant discr&#232;tement qu'il ne sert qu'&#224; chuchoter. &#192; chaque mot prononc&#233;, une ampoule s'&#233;teint au plafond avec le bruit sec d'une noix qu'on &#233;crase. Bient&#244;t il ne reste qu'un halo vert, comme dans certains aquariums mal entretenus. Je cherche mon manteau, l'enfile pour sortir, d&#233;couvre au fond de ma poche une orange d&#233;j&#224; pel&#233;e au lieu des cl&#233;s que je pensais y trouver. Le parfum de sa peau envahit mes narines. Je ne sais pas pourquoi les participants &#224; la r&#233;union se mettent &#224; prendre des notes sur leurs bras. Quelqu'un affirme que la mer approche, bien que nous soyons sous terre. L'eau commence effectivement &#224; perler entre les joints des murs carrel&#233;s. Je grimpe &#224; l'&#233;chelle sans pr&#233;venir personne. Dehors, une fanfare joue pour un mariage dont je ne vois pas les invit&#233;s. On me f&#233;licite pour un discours que je ne me souviens pas avoir fait.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Dans le vide de la pens&#233;e&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J'ai l'impression d'une lassitude extr&#234;me ce matin. Rien &#224; faire, je sais que &#231;a va passer. Il suffit d'une bonne nouvelle sous la forme d'un message, d'un sourire dans la rue, d'un coup d'&#339;il par la fen&#234;tre, d'un texte qui s'&#233;crit comme on regarde un film. Petit pincement au c&#339;ur en voyant la lumi&#232;re du jour et le bleu du ciel. Point info impromptu. Jean-Pierre annonce son d&#233;part prochain de la biblioth&#232;que. Je me suis toujours promis de terminer ma carri&#232;re l&#224; o&#249; je l'avais commenc&#233;e. Je v&#233;rifie sur l'ordinateur : il a l'&#226;ge de ma s&#339;ur. Dans sept ans ce sera mon tour. J'ai v&#233;rifi&#233; la semaine derni&#232;re. Ce midi, ce dessin de Fred Sochard. Une minute de silence &#224; l'Assembl&#233;e nationale pour Quentin Deranque. &lt;i&gt;Et pour les victimes de crimes racistes ?&lt;/i&gt; demande une jeune femme. Une femme lui r&#233;pond ironiquement : &lt;i&gt;Des ann&#233;es de silence, &#231;a vous suffit pas ! &lt;/i&gt; Pendant ma plage de service public au sous-sol de la biblioth&#232;que, un vieil habitu&#233; revient plusieurs fois vers moi pour des renseignements. Le nom de Cort&#225;zar appara&#238;t sur son smartphone. Mon coll&#232;gue vient l'aider &#224; trouver les musiques qu'il cherche : Cap-Vert, Br&#233;sil, Argentine. Complicit&#233; autour des &lt;i&gt;Bachianas brasileiras&lt;/i&gt; d'Heitor Villa-Lobos dont nous parlions bri&#232;vement. Je finis par renouveler son abonnement payant. Il est psychiatre. Tous les DVD de la table de pr&#233;sentation sur l'&#339;uvre de Frederick Wiseman, qui s'est fait la malle hier &#224; 96 ans, tombent au passage d'une usag&#232;re. C'est l'effet domino. Une femme me demande si nous avons : &lt;i&gt;Moi ce que j'aime, c'est les monstres.&lt;/i&gt; J'aime les gens qui lisent sur place dans les biblioth&#232;ques, &#231;a me rappelle des souvenirs d'enfance. J'&#233;coute l'album &lt;i&gt;Smile&lt;/i&gt; de Jacky Terrasson. J'emprunte &lt;i&gt;Oiseaux tristes&lt;/i&gt;, disque du pianiste Fazil Say, qui interpr&#232;te des morceaux de Couperin, Debussy et Ravel. Tenir le doute &#224; distance comme on fait respecter des distances. J'entends quelques notes de La &lt;i&gt;Tendresse&lt;/i&gt; de Bourvil que mes coll&#232;gues ont &#233;cout&#233;es dans le cadre de nos ateliers de conversation. Long, long, long, long. Le temps vous para&#238;t long&#8230; J'ai tout oubli&#233; de &lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;ttps://fr.wikipedia.org/wiki/Affaire_Paul_Voise&#034; class=&#034;spip_out&#034;&gt;l'affaire Paul Voise&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;. Autre visuel de Gilbert Cram : Un homme en costume dit &#224; son vis-&#224;-vis : &lt;i&gt;C'est dans le vide de la pens&#233;e que s'inscrit le mal&lt;/i&gt;. &lt;i&gt;Ou dans la minute de silence&lt;/i&gt;, lui r&#233;pond son interlocuteur.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_8681 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.liminaire.fr/IMG/jpg/49057904013_04cfa9fc23_k.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.liminaire.fr/local/cache-vignettes/L500xH375/49057904013_04cfa9fc23_k-27bec.jpg?1771747349' width='500' height='375' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;center&gt;Abeno Harukas, Osaka, Japon, 13 novembre 2019&lt;/center&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Un processus qui se d&#233;veloppe dans le temps&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En fin de journ&#233;e, un homme s'approche de moi pour savoir si je travaille &#224; la biblioth&#232;que depuis longtemps. Je crois qu'il me demande si cela fait trente ans. Cependant, je ne rel&#232;ve pas la d&#233;mesure de cette demande, en pr&#233;cisant, seulement depuis dix ans. Il m'avoue qu'il venait dans cette biblioth&#232;que avec ses parents lorsqu'il &#233;tait enfant. Je lui dis que moi aussi, puis je me reprends, j'y venais moi aussi avec mes enfants. Il est venu cet apr&#232;s-midi avec son fils et sa femme. Son petit gar&#231;on, tout sourire, porte un d&#233;guisement de Batman. Il tient un ballon en forme de requin. Pendant un long moment, je discute avec son p&#232;re qui se r&#233;jouit de se rem&#233;morer avec moi les diff&#233;rents espaces de la biblioth&#232;que dans leur ancienne configuration, avant l'ach&#232;vement des travaux, il y a d&#233;sormais quatre ans. J'&#233;voque les diff&#233;rents bureaux situ&#233;s auparavant &#224; chaque &#233;tage, remplac&#233;s par un bureau en openspace au deuxi&#232;me &#233;tage. La modification de la circulation, des baies vitr&#233;es, la disposition des collections dans les diff&#233;rents niveaux de la biblioth&#232;que. Sa joie est communicative.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Les ombres de la nuit</title>
		<link>https://www.liminaire.fr/chronique/entre-les-lignes/article/les-ombres-de-la-nuit</link>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Pierre M&#233;nard</dc:creator>


		<dc:subject>Architecture</dc:subject>
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&lt;p&gt;Il est plus facile d'imaginer la fin du monde que la fin du capitalisme &lt;br class='autobr' /&gt;
Depuis l'apparition de l'IA, on sait que pour enrichir leurs grands mod&#232;les de langage (LLM), les entreprises de la technologie utilisent massivement des donn&#233;es de diff&#233;rentes origines, brassant &#224; la fois des corpus g&#233;ants comme ceux issus de Common Crawl, qui fournit gratuitement ses archives et ses p&#233;taoctets de donn&#233;es collect&#233;es depuis 2008 au public, les textes en provenance de l'encyclop&#233;die en ligne Wikip&#233;dia, (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/architecture" rel="tag"&gt;Architecture&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/art" rel="tag"&gt;Art&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/biographie" rel="tag"&gt;Biographie&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/ecriture" rel="tag"&gt;&#201;criture&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/photographie" rel="tag"&gt;Photographie&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/recit" rel="tag"&gt;R&#233;cit&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/bibliotheque" rel="tag"&gt;Biblioth&#232;que&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/ville" rel="tag"&gt;Ville&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/contacts-successifs" rel="tag"&gt;Contacts successifs&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/derive" rel="tag"&gt;D&#233;rive&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/regard" rel="tag"&gt;Regard&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/peinture" rel="tag"&gt;Peinture&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/quotidien" rel="tag"&gt;Quotidien&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/numerique" rel="tag"&gt;Num&#233;rique&lt;/a&gt;

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 <content:encoded>&lt;img src='https://www.liminaire.fr/local/cache-vignettes/L150xH75/contacts_succcessifs_59_1_-de238.png?1771142975' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='75' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Il est plus facile d'imaginer la fin du monde que la fin du capitalisme&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Depuis l'apparition de l'IA, on sait que pour enrichir leurs grands mod&#232;les de langage (LLM), les entreprises de la technologie utilisent massivement des donn&#233;es de diff&#233;rentes origines, brassant &#224; la fois des corpus g&#233;ants comme ceux issus de Common Crawl, qui fournit gratuitement ses archives et ses p&#233;taoctets de donn&#233;es collect&#233;es depuis 2008 au public, les textes en provenance de l'encyclop&#233;die en ligne Wikip&#233;dia, de livres num&#233;ris&#233;s, d'articles de presse et des d&#233;p&#244;ts de code (GitHub). Comme il s'agit de donn&#233;es num&#233;riques, et qu'on a toujours besoin de donn&#233;es suppl&#233;mentaires pour poursuivre l'enrichissement de ces mod&#232;les, il est parfois n&#233;cessaire de chercher de nouvelles sources de donn&#233;es. C'est ce que r&#233;v&#232;le le &lt;i&gt;Project Panama&lt;/i&gt; de la start-up Anthropic, qui a d&#233;pens&#233; &#171; des dizaines de millions de dollars &#187; pour acqu&#233;rir des millions d'ouvrages achet&#233;s sur le march&#233; du livre d'occasion et les d&#233;sosser en vue de les int&#233;grer &#224; ses bases d'entra&#238;nement, et nourrir ainsi les algorithmes qui font fonctionner son chatbot Claude. Le &lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;https://www.washingtonpost.com/technology/2026/01/27/anthropic-ai-scan-destroy-books&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Washington Post&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt; r&#233;v&#232;le dans une longue enqu&#234;te une note interne, rep&#233;r&#233;e dans les pi&#232;ces judiciaires, o&#249; il est &#233;crit : &#171; Project Panama est notre effort pour scanner de fa&#231;on destructive tous les livres du monde ; nous ne voulons pas que l'on sache que nous travaillons l&#224;-dessus. &#187; On imagine la sc&#232;ne : les livres d&#233;coup&#233;s &#224; l'aide de machines hydrauliques avant d'&#234;tre transport&#233;s vers des scanners haute vitesse, pour finir dans une benne &#224; recycler le papier. Comme le rappelle &lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;https://hyperbate.fr/dernier/?p=36318&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Jean-No&#235;l Lafargue sur son site&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;, une sc&#232;ne similaire figure dans &lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;https://fr.wikipedia.org/wiki/Rainbows_End&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;le roman &lt;i&gt;Rainbows End&lt;/i&gt; de Vernor Vinge&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;, vieux de vingt ans d&#233;j&#224;, dans lequel des biblioth&#232;ques enti&#232;res sont ravag&#233;es par un appareil qui scanne les livres en les d&#233;truisant. Pour Vinge, la num&#233;risation n'est pas un processus lent et soigneux, mais une op&#233;ration industrielle radicale. Le savoir est &#034;lib&#233;r&#233;&#034; et index&#233;, mais l'objet physique est physiquement an&#233;anti. C'est le triomphe de l'information sur la mati&#232;re. Vinge imagine que la biblioth&#232;que du futur n'est plus un lieu de stockage, mais un n&#339;ud de r&#233;seau.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_8670 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.liminaire.fr/IMG/jpg/55084242526_10d5da3903_k.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.liminaire.fr/local/cache-vignettes/L500xH333/55084242526_10d5da3903_k-d72f7.jpg?1771142976' width='500' height='333' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;center&gt;Place Robert Desnos, Paris 10&#232;me, 4 f&#233;vrier 2026&lt;/center&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Noir d'os&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Se lancer dans la marche &#224; corps perdu. Ne pas r&#233;fl&#233;chir o&#249; l'on va, maintenir la cadence des pas. Au d&#233;but, on suit un parcours qu'on conna&#238;t d&#233;j&#224;, on sort &#224; peine du quartier, c'est normal d'emprunter des voies habituelles. La rue nous guide. On continue d'avancer. La vitesse finit par nous emp&#234;cher de pr&#233;voir l'itin&#233;raire. La route monte, les jambes tirent un peu. Je repasse par hasard par des endroits o&#249; je ne suis plus venu depuis tr&#232;s longtemps. En montant la rue de Belleville, je contourne le Parc de Belleville, Je fais un petit crochet par la cour de la m&#233;tairie, je remarque pour la premi&#232;re fois une terrasse minuscule derri&#232;re une grille ouverte envahie par la v&#233;g&#233;tation. Il s'agit en fait de l'arri&#232;re cour du restaurant &lt;i&gt;Le Mistral&lt;/i&gt; dont la devanture est situ&#233;e de l'autre c&#244;t&#233; du b&#226;timent, sur la rue des Pyr&#233;n&#233;es. Je pousse jusqu'&#224; la place des grandes Rigoles. Sur le montant du auvent de la librairie &lt;i&gt;L'Atelier&lt;/i&gt; ces mots qui attirent le regard : &lt;i&gt;&#233;crivez partout&lt;/i&gt;. Dans la vitrine de la banque, de l'autre c&#244;t&#233; de la rue, la peinture d'un homme qui dort sous une publicit&#233; qui nous invite &#224; faire confiance &#224; la banque, &#224; se reposer sur leurs services. &lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;https://editionsjou.net/2026/02/13/231-pour-aller-de-lavant-par-pierre-menard/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Pour aller de l'avant&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;. J'acc&#233;l&#232;re le pas. C'est difficile de se perdre, de trouver l'inconnu. Je crois que c'est la premi&#232;re fois que j'entre dans le Square des Saint-Simoniens. Je remonte la rue Pelleport dans la perspective de laquelle la fa&#231;ade blanche de l'immeuble futuriste de l'architecte Fr&#233;d&#233;ric Borel. Cet &#233;difice de b&#233;ton et de verre aux volumes &#233;clat&#233;s a des allures de sculpture cubiste monumentale. On dirait un jeu de mikado g&#233;ant. L'usage de la couleur renforce l'effet g&#233;n&#233;ral et apporte une &#233;nergie qui irradie dans le quartier. Je redescend vers la place des f&#234;tes. Un homme avec un casque sur les oreilles invective les passants avec violence. S'il &#233;tait arm&#233; il tirerait au hasard dans la foule. Je presse le pas pour m'esquiver cette fois. Je rentre en longeant le Parc des Buttes-Chaumont. De retour &#224; la maison, sur Mastodon, je d&#233;couvre par l'interm&#233;diaire de Gilda, l'existence du terme &lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;https://fr.wikipedia.org/wiki/Noir_animal&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Noir animal&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La chaleur de nos liens d&#233;fait les n&#339;uds des autres&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; la biblioth&#232;que, nous proposons r&#233;guli&#232;rement des aides informatiques individuelles qui se pr&#233;sentent sous la forme de rendez-vous de 45 minutes pour accompagner le public qui rencontre ponctuellement des probl&#232;mes avec le fonctionnement de son ordinateur, de son smartphone, de sa tablette, l'usage de certains logiciels. Nous leur conseillons de venir avec leur mat&#233;riel et une s&#233;rie de questions sur ce qu'ils ne r&#233;ussissent pas &#224; faire fonctionner, qu'ils ne savent pas utiliser, pour qu'on puisse les aider au mieux, et que ce temps qui leur est consacr&#233;, assez court finalement, parvienne &#224; r&#233;pondre &#224; leur attente. Et c'est g&#233;n&#233;ralement ce qui se passe. Bien s&#251;r, comme toujours en biblioth&#232;que, qui est tout autant le lieu d'une offre documentaire vari&#233;e qu'un espace favorisant le lien social, on accueille beaucoup de gens qui viennent &#224; ces s&#233;ances pour parler, &#233;voquer leurs probl&#232;mes (qui d&#233;passent souvent leur seul cadre de l'informatique). Une de mes coll&#232;gues m'avait pr&#233;venu, elle avait accept&#233; l'inscription d'une tr&#232;s vieille femme qui voulait apprendre &#224; utiliser l'ordinateur, et savoir comment se connecter. J'ai h&#233;sit&#233; &#224; la rappeler pour lui dire qu'il &#233;tait impossible de r&#233;ussir &#224; faire cela en si peu de temps. Mais j'ai finalement pr&#233;f&#233;r&#233; la recevoir pour le lui expliquer de vive voix. Cette femme, qui n'avait pas d'ordinateur chez elle, ni smartphone, avait tr&#232;s envie d'apprendre &#224; se connecter &#224; Internet. Elle &#233;coutait avec attention tout ce que je lui disais en essayant de ne pas &#234;tre trop technique. Avec une d&#233;termination et une &#233;coute, une attention touchante. Elle posait des questions pertinentes. J'ai compris qu'elle cherchait des informations sur Internet. Je lui ai dit que nous &#233;tions l&#224; pour la renseigner. Elle souhaitait obtenir l'adresse de l'office de tourisme de Dinard. J'ai senti qu'elle n'osait pas nous d&#233;ranger et qu'elle voulait &#234;tre autonome. Je lui ai dit que cela prendrait du temps, mais j'ai surtout insist&#233; pour lui dire que nous &#233;tions l&#224; pour renseigner le public (sur tous les sujets, pas uniquement sur nos fonds documentaires) et qu'il ne fallait pas h&#233;siter &#224; venir nous voir. Nous serions ravis de lui r&#233;pondre.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_8671 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.liminaire.fr/IMG/jpg/9153222587_5eb2e16cc3_k.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.liminaire.fr/local/cache-vignettes/L500xH334/9153222587_5eb2e16cc3_k-f5fbd.jpg?1771142976' width='500' height='334' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;center&gt;Autoportrait, Beaver Street, San Francisco, Californie, &#201;tats-Unis d'Am&#233;rique, 18 avril 2012&lt;/center&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Pour aller de l'avant&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au fil du temps, se dessiner un chemin qui n'existait pas au moment o&#249; je le parcourais.&lt;br class='autobr' /&gt;
Appara&#238;tre dispara&#238;tre, partir revenir.&lt;br class='autobr' /&gt;
Est-ce que ces r&#234;ves ont un sens ?&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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