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	<title>LIMINAIRE</title>
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	<description>Une palpitation, un mouvement encore immobile, un espace de sursis dans la dissolution.</description>
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		<title>LIMINAIRE</title>
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		<title>Le chemin &#224; venir</title>
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		<dc:creator>Pierre M&#233;nard</dc:creator>


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&lt;p&gt;Des zones de confluence &lt;br class='autobr' /&gt;
En japonais, le terme okyaku signifie g&#233;n&#233;ralement invit&#233;. Cependant, dans la pr&#233;fecture de Kochi, il rev&#234;t une signification un peu diff&#233;rente, celui d'un &#171; rassemblement &#187; ou d'une &#171; f&#234;te &#187;. Cette culture du rassemblement pour faire la f&#234;te est profond&#233;ment ancr&#233;e dans la vie quotidienne des habitants. Qu'il s'agisse d'un mariage, de l'achat d'une nouvelle maison, des r&#233;coltes saisonni&#232;res ou des festivals consacr&#233;s aux fleurs, il y a toujours quelque chose &#224; (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.liminaire.fr/chronique/entre-les-lignes/" rel="directory"&gt;Entre les lignes&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/ecriture" rel="tag"&gt;&#201;criture&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/photographie" rel="tag"&gt;Photographie&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/journal" rel="tag"&gt;Journal&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/tokyo" rel="tag"&gt;Tokyo&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/osaka" rel="tag"&gt;Osaka&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/ville" rel="tag"&gt;Ville&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/contacts-successifs" rel="tag"&gt;Contacts successifs&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/numerique" rel="tag"&gt;Num&#233;rique&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/derive" rel="tag"&gt;D&#233;rive&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/voyage" rel="tag"&gt;Voyage&lt;/a&gt;

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 <content:encoded>&lt;img src='https://www.liminaire.fr/local/cache-vignettes/L150xH75/contacts_succcessifs_15_1_-2-ceab0.png?1792307191' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='75' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Des zones de confluence&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En japonais, le terme &lt;i&gt;okyaku&lt;/i&gt; signifie g&#233;n&#233;ralement &lt;i&gt;invit&#233;&lt;/i&gt;. Cependant, dans la pr&#233;fecture de Kochi, il rev&#234;t une signification un peu diff&#233;rente, celui d'un &#171; rassemblement &#187; ou d'une &#171; f&#234;te &#187;. Cette culture du rassemblement pour faire la f&#234;te est profond&#233;ment ancr&#233;e dans la vie quotidienne des habitants. Qu'il s'agisse d'un mariage, de l'achat d'une nouvelle maison, des r&#233;coltes saisonni&#232;res ou des festivals consacr&#233;s aux fleurs, il y a toujours quelque chose &#224; c&#233;l&#233;brer &#224; Kochi. Amis et proches sont invit&#233;s et se r&#233;galent de boissons et de sp&#233;cialit&#233;s culinaires de &lt;i&gt;Sawachi&lt;/i&gt;. En japonais, cela d&#233;signe un plateau de grande taille. C'est en effet sur de larges plateaux que ces bouch&#233;es sont joliment dispos&#233;es &#224; profusion. On y mange du sashimi de bonite, des sushis classiques, des inaka-sushi (sushis aux l&#233;gumes de Kochi), de la dorade cuite &#224; la vapeur, des nouilles somen et des fruits. Lors de ces f&#234;tes, l'effervescence dure du matin au soir, et m&#234;me les passants sont invit&#233;s &#224; se joindre &#224; la f&#234;te. Dans les quartiers o&#249; les bars sont nombreux, on boit un verre avec eux, jusqu'&#224; ce qu'ils deviennent des amis. Les rues de Kochi sont le th&#233;&#226;tre de ces &lt;i&gt;okyaku&lt;/i&gt; et l'&#233;v&#233;nement s'apparente &#224; un g&#233;n&#233;reux banquet. En traversant les all&#233;es bruyantes et anim&#233;es du march&#233; Hirome &#224; Kochi, nous avons eu l'impression de saisir le sens de cette tradition. Les tables &#233;taient recouvertes de mets et de verres d'alcool. Les familles se m&#234;laient au couple, les anciens discutaient avec les jeunes. Les convives &#233;taient enjou&#233;s, ils parlaient et riaient fort, dans une promiscuit&#233; qui donnait l'impression de faire &lt;i&gt;table commune&lt;/i&gt;. Dans un espace &#224; la fois chaleureux et convivial.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_8963 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.liminaire.fr/IMG/jpg/55582525914_b7c16fffa8_k.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.liminaire.fr/local/cache-vignettes/L500xH333/55582525914_b7c16fffa8_k-016bd.jpg?1792307191' width='500' height='333' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;center&gt;Kochi, Japon, 11 octobre 2026&lt;/center&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Lumi&#232;re hors du temps&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je photographie les lieux dont je souhaite garder un souvenir, une trace, des paysages, des lumi&#232;res particuli&#232;res qui attirent mon regard et me plaisent. Une sc&#232;ne insolite, parfois. Un regard, un sourire, une posture. Il y a des motifs r&#233;currents : les perspectives, les reflets et les ombres, les chantiers et les personnes cherchant leur chemin sur un plan. Pour pr&#233;parer, par l'image, &lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;https://www.la-marelle.org/productions/editions-la-marelle/152-l-esprit-d-escalier-le-livre.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;le livre paru &#224; La Marelle &#233;ditions : L'esprit d'escalier&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;, j'&#233;tais obnubil&#233; par les escaliers. Je me suis rendu compte qu'au Japon je photographie tr&#232;s r&#233;guli&#232;rement des &#233;chelles. Celles utilis&#233;es par les jardiniers pour tailler les pins dans les parcs, &#233;chelles qui s'apparentent d'ailleurs plut&#244;t &#224; des escabeaux. On voit la t&#234;te des jardiniers d&#233;passer soudain de l'entrelacs des branches, la t&#234;te prot&#233;g&#233;e d'un chapeau de paille. Celles utilis&#233;es par les installateurs d'enseignes lumineuses. J'ai vu aussi de vieilles &#233;chelles en bois dispos&#233;es contre des murs. On dirait qu'elles ont &#233;t&#233; abandonn&#233;es l&#224; depuis plusieurs ann&#233;es. Le bois est gris &#224; force d'&#234;tre rest&#233; au soleil. Elles se confondent avec la couleur min&#233;rale des pierres. J'aime cet objet mobile, au graphisme tr&#232;s marqu&#233;, dans sa forme et sa structure, avec la r&#233;p&#233;tition de cadres qui m'&#233;voque naturellement la pellicule argentique. Cela m'a rappel&#233; l'image d'Henry Fox Talbot, &lt;i&gt;Meule de foin &#224; Lacock Abbey&lt;/i&gt;, avec cette &#233;chelle et son ombre projet&#233;e sur le foin. Le scientifique a invent&#233; avec cette image, en 1844, l'un des proc&#233;d&#233;s photographiques, &#224; l'enseigne du calotype, dans le temps m&#234;me o&#249; apparaissaient, par une autre technique et sous un autre nom, les premiers daguerr&#233;otypes. Cette image me fait penser &#224; celle de Matsumoto Elichi, prise un si&#232;cle plus tard &#224; Nagasaki. Apr&#232;s l'explosion de la bombe, il ne reste que la trace du corps d'un homme pr&#232;s d'une &#233;chelle, sur le mur rest&#233; intact.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Notre exp&#233;rience du monde&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En certains endroits de la ville, celle-ci nous appara&#238;t par tranches. Il y a les tr&#232;s nombreux paliers souterrains du m&#233;tro ou des lignes de train qui se croisent dans les profondeurs du sous-sol. Il y a &#233;galement les &#233;tages des immeubles qui communiquent pour certains d'entre eux. Ils permettent aussi de rejoindre le m&#233;tro quand ils sont construits &#224; proximit&#233;. Cela n'a rien d'exceptionnel. Dans toutes les villes de cette importance, cela existe depuis longtemps, mais d'autant plus dans des m&#233;galopoles comme Osaka et Tokyo. Ce qui surprend, c'est de progresser dans une ville en passant d'un niveau &#224; l'autre &#224; l'aide d'ascenseurs ou d'escalators et de perdre progressivement ses rep&#232;res. Il n'y a pas qu'un seul chemin, on est entr&#233; dans un v&#233;ritable labyrinthe &#224; choix multiples. On utilise son smartphone pour trouver la sortie qu'on ne parvient pas &#224; identifier tout seul malgr&#233; nos efforts &#224; tenter de d&#233;chiffrer les indications des panneaux de direction. Sur le lieu m&#234;me, on cherche &#224; se rep&#233;rer en naviguant tant bien que mal sur l'interface de la carte g&#233;olocalis&#233;e, entre les diff&#233;rents &#233;tages qui s'ouvrent devant nous comme autant de mondes parall&#232;les.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_8964 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.liminaire.fr/IMG/jpg/9396941310_d61a1afe7b_k.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.liminaire.fr/local/cache-vignettes/L500xH334/9396941310_d61a1afe7b_k-08915.jpg?1792307191' width='500' height='334' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;center&gt;Tokyo, Japon, 29 mars 2010&lt;/center&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La r&#233;volution commence par notre courage&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En voyage au Japon, la distance avec ce qui se d&#233;roule en France ne nous emp&#234;che pas de suivre l'actualit&#233;. Je pense notamment aux blocus des lyc&#233;es et aux manifestations pr&#233;vues samedi dans toute la France. Elle nous parvient avec un temps de retard, mais nous touche autrement que si nous &#233;tions sur place, avec une violence d'autant plus frappante. Un peu comme ce matin lorsque le t&#233;l&#233;phone de Caroline s'est mis &#224; sonner dans le caf&#233; de Kamakura o&#249; nous nous trouvions, pour annoncer un prochain tremblement de terre, suivi d'une alerte au tsunami. Le patron du caf&#233; nous rassure en nous apprenant que l'&#233;picentre du s&#233;isme est situ&#233; dans le Nord, &#224; Hokkaido. La crainte du danger reste en suspens, elle perdure un instant en nous, m&#234;me si nous ne voyons autour de nous ni mouvement de panique ni trouble, et que ce tremblement de terre s'av&#232;re &#234;tre moins fort que pr&#233;vu, circonscrit au nord du Japon. Dans ce pays o&#249; les manifestations demeurent tr&#232;s rares et souvent limit&#233;es &#224; quelques personnes, avec pancartes et m&#233;gaphones, nous percevons, Caroline et moi, ce qui se d&#233;roule dans notre pays, malgr&#233; l'&#233;loignement et ce temps si particulier de vacances, avec d'autant plus de sensibilit&#233; et une certaine gravit&#233;. Je repense &#224; cette phrase d'Hubert Guillaud lue cette semaine sur le site &lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;https://danslesalgorithmes.net&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Dans les algorithmes&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt; : &#171; &#192; l'heure o&#249; il ne semble plus n&#233;cessaire de penser pour r&#233;aliser son travail, qu'allons-nous devenir si nous n'avons plus &#224; nous r&#233;aliser nous-m&#234;mes ? &#187; Je partage ici quelques-uns des 99 slogans recens&#233;s &lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;https://www.gustavemagazine.com/index.php/gustave-n137/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;dans les pages du num&#233;ro 137 de GUSTAVE&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;, un num&#233;ro sp&#233;cial blocus sur la po&#233;sie des slogans, aper&#231;us lors des derni&#232;res manifestations ou blocages de lyc&#233;es, dont je trouve la cr&#233;ativit&#233; et la sagesse tout &#224; fait stimulantes, dont la dimension po&#233;tique est politique : &lt;i&gt;Notre avenir n'est pas une option / On m&#233;rite mieux que des promesses / On a des devoirs, vous en avez aussi / On veut se faire entendre / D&#233;tendez-vous / On est pas mal &#233;duqu&#233;s, juste mal &#233;cout&#233;s / D&#233;sol&#233; du d&#233;rangement, on sauve notre avenir / On manque nos le&#231;ons pour vous en faire une / Trop jeunes pour d&#233;cider, assez grands pour subir / Faut-il perdre nos yeux pour que vous ouvriez les v&#244;tres ? / Si notre bonheur &#233;tait au programme, on serait en cours / Les feux de poubelles d&#233;rangent les ordures / L'&#233;galit&#233; ne s'arr&#234;te pas aux portes du p&#233;riph&#233;rique / Taxez les riches, pas nos avenirs / Je pense, donc je g&#234;ne.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>De l'endroit o&#249; je me trouve en ce moment</title>
		<link>https://www.liminaire.fr/chronique/entre-les-lignes/article/de-l-endroit-ou-je-me-trouve-en-ce-moment</link>
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		<dc:creator>Pierre M&#233;nard</dc:creator>


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&lt;p&gt;La nuit s'orienter aux &#233;toiles &lt;br class='autobr' /&gt;
Lorsque brusquement je me r&#233;veille, que j'ouvre les yeux dans la nuit car les images de mon r&#234;ve sont trop violentes ou trop inqui&#233;tantes, voire insoutenables, ou parce que le soir j'ai bu trop de caf&#233;, ce sursaut me donne l'impression de basculer soudain de nuit en plein jour. J'ai d&#233;velopp&#233;, depuis plusieurs semaines, une m&#233;thode qui n'a pas encore tenu toutes ses promesses mais que j'ai tent&#233; de nouveau de mettre en pratique apr&#232;s les quelques vertiges et (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/ecriture" rel="tag"&gt;&#201;criture&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/photographie" rel="tag"&gt;Photographie&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/journal" rel="tag"&gt;Journal&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/recit" rel="tag"&gt;R&#233;cit&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/contacts-successifs" rel="tag"&gt;Contacts successifs&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/peinture" rel="tag"&gt;Peinture&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/musique" rel="tag"&gt;Musique&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/tokyo" rel="tag"&gt;Tokyo&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.liminaire.fr/local/cache-vignettes/L150xH75/contacts_succcessifs_14_1_-2-9a588.png?1791702132' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='75' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La nuit s'orienter aux &#233;toiles&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lorsque brusquement je me r&#233;veille, que j'ouvre les yeux dans la nuit car les images de mon r&#234;ve sont trop violentes ou trop inqui&#233;tantes, voire insoutenables, ou parce que le soir j'ai bu trop de caf&#233;, ce sursaut me donne l'impression de basculer soudain de nuit en plein jour. J'ai d&#233;velopp&#233;, depuis plusieurs semaines, une m&#233;thode qui n'a pas encore tenu toutes ses promesses mais que j'ai tent&#233; de nouveau de mettre en pratique apr&#232;s les quelques vertiges et troubles immanquablement provoqu&#233;s par le &lt;i&gt;jet lag&lt;/i&gt; de notre r&#233;cent vol Paris-Tokyo. Je me suis r&#233;veill&#233; plus t&#244;t que d'habitude le lendemain de notre arriv&#233;e au Japon. Pour rester au lit et tenter de prolonger ma nuit, j'ai gard&#233; les yeux ferm&#233;s en essayant de me concentrer sur une image. Celle d'un lieu que je connais bien, d'un parcours que j'effectue quotidiennement, ou d'une sc&#232;ne d'un film que j'aime tout particuli&#232;rement. J'ai remarqu&#233; qu'en visualisant ce chemin, il m'arrive, au bout de quelques minutes, de ne plus &#234;tre focalis&#233; sur l'image, mais que c'est celle-ci qui m'emporte litt&#233;ralement avec elle. Une image en entra&#238;nant une autre. Cependant, pour l'instant, je finis toujours par revenir &#224; moi, &#224; ma pr&#233;sence dans ce lit, sans r&#233;ussir &#224; m'endormir.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_8957 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.liminaire.fr/IMG/jpg/55574522899_e22502b8f3_k.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.liminaire.fr/local/cache-vignettes/L500xH333/55574522899_e22502b8f3_k-339e9.jpg?1791702132' width='500' height='333' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;center&gt;Kanazawa, Japon, 7 octobre 2026&lt;/center&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Les traces d'une exploration&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans le &lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;https://www.kanazawa21.jp&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Mus&#233;e du 21&#7497; si&#232;cle&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt; &#224; Kanazawa au Japon, les salles d'exposition permanente sont exceptionnellement ferm&#233;es. Une exposition temporaire propose cependant une th&#233;matique qui nous rappelle celle de l'exposition du FRAC Marseille : &lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;https://fracsud.org/des-marches-demarches&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Des marches, d&#233;marches&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt; que nous avions visit&#233;e avec Caroline. Dans cette exposition, le processus cr&#233;atif commence par l'acte d'observer le monde ext&#233;rieur, par l'attention port&#233;e &#224; l'acte de marcher lui-m&#234;me. Des activit&#233;s telles que la d&#233;ambulation, l'alpinisme, les manifestations, ou les p&#232;lerinages, ne se r&#233;v&#232;lent pas comme de simples moyens de se d&#233;placer, elles se transforment en exp&#233;riences physiques qui favorisent la pens&#233;e et l'apparition de la beaut&#233;. Tout le monde ne peut cependant pas marcher librement partout et aussi longtemps qu'il le souhaite. La possibilit&#233; de marcher et de s&#233;journer, qui donne son titre &#224; cette exposition &lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;https://www.kanazawa21.jp/data_list.php?g=65&amp;d=1854&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Walking, Staying&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;, d&#233;pend aussi de la condition physique et du cadre politique et social. L'acte de la marche devient alors un acte de r&#233;sistance ou de protestation, en prenant diff&#233;rentes formes dans les &#339;uvres d'art. &#192; travers ces pratiques autour de la marche et du s&#233;jour, l'exposition met en lumi&#232;re les diff&#233;rentes relations qui se construisent entre les personnes, les espaces et la soci&#233;t&#233;.&lt;br class='autobr' /&gt;
Trois &#339;uvres de cette exposition ont retenu tout particuli&#232;rement mon attention. La premi&#232;re est le projet comm&#233;moratif &lt;i&gt;Nha Trang, Vietnam : Vers le complexe &#8212; Pour le courageux, le curieux et les l&#226;ches&lt;/i&gt;. Il s'agit d'une vid&#233;o de Jun Nguyen-Hatsushiba, r&#233;alis&#233;e sous l'eau. On y voit de jeunes hommes tentant de tirer des cyclos &#224; travers les courants marins, oblig&#233;s de remonter r&#233;guli&#232;rement &#224; la surface pour respirer et finir leur vaine t&#226;che. Le cyclo &#233;tait autrefois un moyen de transport populaire, avant de dispara&#238;tre face &#224; la concurrence des motos et des voitures. Dans cette vid&#233;o, c'est le symbole des travailleurs confront&#233;s aux changements sociaux et &#233;conomiques. Leur abandon au fond de la mer &#233;voque la m&#233;moire de ceux qui ont fui le Vietnam, de ceux qui y sont rest&#233;s et de tous ceux qui ont lutt&#233; pour survivre. La seconde &#339;uvre est celle de Yanase Anri. La jeune artiste utilise la vid&#233;o pour enregistrer ses actions dans les espaces publics et les r&#233;actions des passants. Dans &lt;i&gt;Kein Licht. &#8211; From the place where I am standing now&lt;/i&gt;, elle marche le long de la cl&#244;ture du chantier d'h&#233;liports &#224; Okinawa, en r&#233;citant &#224; voix haute un texte d'Elfriede Jelinek. Ce texte a &#233;t&#233; &#233;crit apr&#232;s le s&#233;isme et la catastrophe nucl&#233;aire de 2011 au Japon. Il fait entendre un &#171; nous &#187; difficile &#224; d&#233;finir, tandis que la marche de Yanase le long de cette ligne de d&#233;marcation fait r&#233;sonner diff&#233;rentes voix sans qu'elles se rencontrent, soulignant ainsi le silence qui demeure &#224; l'int&#233;rieur. Enfin, troisi&#232;me &#339;uvre, elle aussi tr&#232;s politique, celle de Chen Shaoxiong. &lt;i&gt;Ink Media&lt;/i&gt; repr&#233;sente des sc&#232;nes de manifestations qui ont eu lieu dans le monde entier sous la forme de peintures &#224; l'encre, r&#233;alis&#233;es &#224; partir d'images trouv&#233;es sur Internet puis anim&#233;es par l'artiste. Ce travail, pr&#233;sent&#233; &#233;galement sous la forme d'un montage vid&#233;o, &lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;https://vimeo.com/206016759&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Ink History&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;, interroge le contr&#244;le de l'information en Chine, et la fa&#231;on dont ces images sont transmises, conserv&#233;es et deviennent avec le temps des traces historiques et esth&#233;tiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;En r&#233;alit&#233; tout le monde&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Hasard du calendrier, j'ai publi&#233; vendredi le podcast de &lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;https://liminaire.fr/creation/radio-marelle/article/une-priere-pour-john-coltrane-de-jerome-schmidt&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;ma lecture du livre de J&#233;rome Schmidt, &lt;i&gt;Une pri&#232;re pour John Coltrane&lt;/i&gt;, paru aux &#233;ditions Noir et blanc&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;. Nous rentrons un peu fatigu&#233;s de notre excursion de la journ&#233;e. Celle-ci a d&#233;but&#233; par l'un des plus beaux parcs du Japon, le Ritsurin, suivi par la visite de Shikoku Mura, mus&#233;e en plein air compos&#233; de b&#226;timents historiques allant des &#233;poques d'Edo &#224; l'&#232;re Taish&#333;, avant l'ascension du mont Yashima. Nous remarquons un bar du nom de &lt;i&gt;Voice&lt;/i&gt;, jazzkissa du style de ceux qu'&#233;voque justement J&#233;r&#244;me Schmidt dans son livre. Tenu par un homme d'un certain &#226;ge, on y trouve des disques en parfait &#233;tat. Nous choisissons un bar plus proche de notre h&#244;tel. Nous traversons un parking &#224; peine &#233;clair&#233; (de nombreux endroits en ville restent dans une p&#233;nombre surprenante, nous en avons fait l'exp&#233;rience avec Caroline du c&#244;t&#233; du port de Takamatsu). Nous avisons dans un recoin une b&#226;tisse en bois coll&#233;e contre le mur d'enceinte. Une lumi&#232;re rouge appara&#238;t de l'autre c&#244;t&#233; de la b&#226;tisse. On se rapproche pour d&#233;couvrir qu'il s'agit d'une izakaya akach&#333;chin, en raison de la lanterne en papier rouge traditionnellement suspendue &#224; l'entr&#233;e des d&#233;bits de boissons alcoolis&#233;es. L'izakaya s'apparente au bistrot ou au bar &#224; vin en France, au pub anglais ou au restaurant &#224; tapas en Espagne. &#192; l'entr&#233;e, le mot &#171; Copenhague &#187; est discr&#232;tement &#233;crit en katakana. On se croirait transport&#233; dans un caf&#233; hors du temps, berc&#233; par une musique jazz. Le propri&#233;taire, &#224; la barbe blanche, dans sa cuisine, et la serveuse, au comptoir, s'affairent pour nous accueillir. On sent cependant que dans ce type d'endroit on prend son temps pour savourer un verre tranquillement sans se pr&#233;cipiter, en go&#251;tant quelques sp&#233;cialit&#233;s de la maison. Au centre du restaurant, l'oden, en libre-service, est dispos&#233; sur une table haute, permettant &#224; chacun de se servir et d'annoncer sa consommation. L'oden est un pot-au-feu japonais, compos&#233; d'ingr&#233;dients longuement mijot&#233;s dans un bouillon de type dashi, pr&#233;par&#233; avec des algues konbu, de la bonite s&#233;ch&#233;e (katsuobushi) et de la sauce de soja. Les ingr&#233;dients varient en fonction des r&#233;gions mais sont g&#233;n&#233;ralement &#224; base de poisson et de l&#233;gumes, notamment du radis blanc japonais (daikon) et du tofu. Nous le d&#233;gustons avec de la moutarde japonaise. La serveuse communique avec nous &#224; l'aide de son smartphone. Elle y traduit en anglais les phrases qu'elle &#233;crit &#224; notre attention en japonais. Tout se passe en souriant. Elle est &#233;tonn&#233;e de nous voir dans ce bar habituellement fr&#233;quent&#233; par des habitu&#233;s uniquement. Tout en buvant bi&#232;re et umechu soda, nous avons mang&#233; des edamames, une assiette de saucisses avec du bacon maison, dont une saucisse de Wiener d&#233;coup&#233;e, avec humour, en forme de poulpe. La technique consiste &#224; faire plusieurs incisions &#224; une extr&#233;mit&#233; de la saucisse, ce qui cr&#233;e l'apparence de tentacules agit&#233;s. Une fois cuites, ces coupes se recroquevillent, donnant &#224; la saucisse un aspect ludique de pieuvre. Le plat suivant : poulet frit avec de la sauce soja Scallion (Yurinchi). Sa cro&#251;te mince et croquante autour de l'int&#233;rieur juteux. C'est la sauce qui rend ce plat particuli&#232;rement bon. Elle est &#224; la fois acidul&#233;e et sal&#233;e, coupant la graisse et faisant du poulet frit un plat &#233;tonnamment l&#233;ger, accompagn&#233; d'oignons frais finement &#233;minc&#233;s, et une assiette de Yaki udon, des nouilles udon saut&#233;es &#224; la japonaise garnies de katsuobushi (copeaux de bonite s&#233;ch&#233;e). Comme d'habitude, nous avons trop command&#233;, g&#234;n&#233;s des efforts que notre pr&#233;sence exige de nos h&#244;tes, alors que l'izakaya est avant tout un lieu pour boire et grignoter.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_8956 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.liminaire.fr/IMG/jpg/9384018193_b290c7e8ac_k.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.liminaire.fr/local/cache-vignettes/L500xH334/9384018193_b290c7e8ac_k-cf81d.jpg?1791702132' width='500' height='334' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;center&gt;Tokyo, Japon, 29 mars 2010&lt;/center&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La nuit n'est pas un jour&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous abordons la fin de cette premi&#232;re semaine au Japon. Nous quittons Takamatsu, dans la pr&#233;fecture de Kagawa, pour rejoindre en bus Kochi, situ&#233;e dans le sud de l'&#238;le de Shikoku, et passer ensuite la seconde semaine de notre p&#233;riple japonais &#224; Osaka puis Tokyo. Je termine l'&#233;criture de ce journal avant de le programmer directement depuis le bus connect&#233; au WiFi. C'est une exp&#233;rience assez &#233;trange. Le bus file &#224; vive allure &#224; travers les paysages montagneux de l'&#238;le. Le jour tombe doucement. La lumi&#232;re dor&#233;e de cette fin de journ&#233;e nimbe les paysages marins de Shikokuch&#363;&#333;, ville dont la sp&#233;cialit&#233; demeure la fabrication artisanale de papier washi, avec ses usines, ses complexes industriels, leurs chemin&#233;es pointant vers le ciel orang&#233;, leurs colonnes de fum&#233;es blanches se m&#233;langeant aux nuages pommel&#233;s.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>Journal du regard : Septembre 2026</title>
		<link>https://www.liminaire.fr/chronique/journal/article/journal-du-regard-septembre-2026</link>
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		<dc:date>2026-10-01T07:00:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Pierre M&#233;nard</dc:creator>


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		<description>
&lt;p&gt;Chaque mois, un film regroupant l'ensemble des images prises au fil des jours, le mois pr&#233;c&#233;dent, et le texte qui s'&#233;crit en creux. &lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; Une sorte de palimpseste, dans lequel doivent transpara&#238;tre les traces - t&#233;nues mais non d&#233;chiffrables - de l'&#233;criture &#8220;pr&#233;alable&#8221; &#187;. &lt;br class='autobr' /&gt;
Jorge Luis Borges, Fictions &lt;br class='autobr' /&gt;
Je reviens dans le parc Montsouris. Il y a quelques mois, ma pr&#233;c&#233;dente cam&#233;ra s'y est arr&#234;t&#233;e de fonctionner. J'ai d&#251; repousser la marche-lecture autour de Rien que les heures &#224; cause de la (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.liminaire.fr/chronique/journal/" rel="directory"&gt;Journal&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/architecture" rel="tag"&gt;Architecture&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/biographie" rel="tag"&gt;Biographie&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/cinema" rel="tag"&gt;Cin&#233;ma&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/ecriture" rel="tag"&gt;&#201;criture&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/journal" rel="tag"&gt;Journal&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/photographie" rel="tag"&gt;Photographie&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/video" rel="tag"&gt;Vid&#233;o&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/paris" rel="tag"&gt;Paris&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/ville" rel="tag"&gt;Ville&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/paysage" rel="tag"&gt;Paysage&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/journal-du-regard" rel="tag"&gt;Journal du regard&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/memoire" rel="tag"&gt;M&#233;moire&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.liminaire.fr/local/cache-vignettes/L150xH84/capture_d_e_cran_2026-09-28_a_22.53_43-d34dc.png?1790838377' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='84' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;i&gt;Chaque mois, un film regroupant l'ensemble des images prises au fil des jours, le mois pr&#233;c&#233;dent, et le texte qui s'&#233;crit en creux.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Une sorte de palimpseste, dans lequel doivent transpara&#238;tre les traces - t&#233;nues mais non d&#233;chiffrables - de l'&#233;criture &#8220;pr&#233;alable&#8221; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Jorge Luis Borges, &lt;i&gt;Fictions&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;center&gt;&lt;iframe width=&#034;660&#034; height=&#034;415&#034; src=&#034;https://www.youtube.com/embed/_WU4nasVvbE&#034; title=&#034;&#034; frameborder=&#034;0&#034; allow=&#034;accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share&#034; referrerpolicy=&#034;strict-origin-when-cross-origin&#034; allowfullscreen&gt;&lt;/iframe&gt;&lt;/center&gt;
&lt;p&gt;Je reviens dans le parc Montsouris. Il y a quelques mois, ma pr&#233;c&#233;dente cam&#233;ra s'y est arr&#234;t&#233;e de fonctionner. J'ai d&#251; repousser la marche-lecture autour de &lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;https://liminaire.fr/projets/article/rien-que-les-heures&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Rien que les heures&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt; &#224; cause de la canicule. Aujourd'hui, je ne parviens pas &#224; filmer ce que je souhaite. Lorsqu'un logiciel s'interrompt brutalement, en plein montage vid&#233;o par exemple, le film pr&#233;sente ensuite une anomalie &#224; l'endroit pr&#233;cis o&#249; le programme s'est arr&#234;t&#233;. Une op&#233;ration d'&#233;criture ou de calcul peut &#234;tre interrompue, laissant sur le disque un fichier temporaire, un cache ou une donn&#233;e partiellement &#233;crite que le logiciel va retrouver lors de sa prochaine utilisation. Le logiciel peut &#233;galement avoir enregistr&#233; l'&#233;tat du projet juste avant le crash et le recharger au red&#233;marrage. Est-ce qu'un lieu peut de m&#234;me garder en m&#233;moire les traces d'un accident et cristalliser les risques d'une r&#233;p&#233;tition de ce dernier, donnant l'impression que l'endroit est maudit ? Que projette-t-on sur ce lieu pour qu'il nous donne cette fausse impression ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En ce moment, j'&#233;cris moins. Je ne diffuse plus syst&#233;matiquement tout ce que j'&#233;cris. Prendre le temps pour ne pas s'y perdre. J'ai toujours autant besoin d'&#233;crire, mais je ne garde pas toujours ce que j'&#233;cris. Longtemps j'ai &#233;crit pour arr&#234;ter le temps, pour fixer ce qui se passait en moi, dans ma vie, tout ce que je voyais, ce &#224; quoi je pensais, ce que je ressentais. J'ai l'impression d'&#234;tre de moins en moins lu. Mon site continue &#224; &#234;tre suivi tr&#232;s r&#233;guli&#232;rement, mais je sens qu'il y a de moins en moins de lecteurs et de plus en plus de robots sur internet. Nos textes servent d&#233;sormais prioritairement &#224; enrichir les donn&#233;es d'entra&#238;nement des IA pour que des robots &#233;crivent &#224; notre place des textes que personne ne lira.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je n'avais pas reconnu ce d&#233;cor dont nous nous approchions avec Caroline. Sans doute &#224; cause du chemin emprunt&#233; &#224; travers bois, o&#249; nous avancions sans rep&#232;res pr&#233;cis. Nous devinions l'&#233;tang derri&#232;re les arbres, ne le voyant qu'&#224; travers les branches, en contrebas du chemin. Sur le quai relativement &#233;troit, un vieux ch&#226;teau avec ses tourelles. Je n'ai pas trouv&#233; le film dont cette b&#226;tisse &#233;tait le cadre et dont Caroline essayait de me faire deviner le titre. En pr&#233;cisant qu'il s'agissait de &lt;i&gt;Funny Face&lt;/i&gt; (Dr&#244;le de frimousse), r&#233;alis&#233; par Stanley Donen, je me suis alors souvenu avec pr&#233;cision de la sc&#232;ne o&#249; le photographe de mode, Fred Astaire, vient prendre en photo son mod&#232;le Audrey Hepburn en robe de mari&#233;e. L'&#233;difice qui fait office d'&#233;glise dans la toute derni&#232;re s&#233;quence de leur mariage est en r&#233;alit&#233; le ch&#226;teau de la Reine Blanche, &#224; Coye-la-For&#234;t, au bord des &#233;tangs de Commelles. Dans mon souvenir, le film avait &#233;t&#233; tourn&#233; en studio. L'artificialit&#233; fonci&#232;re des films musicaux, avec leurs dispendieux d&#233;cors ext&#233;rieurs reconstitu&#233;s en studio, couleurs et lumi&#232;re retravaill&#233;es, expliquait mon erreur. Dans la lumi&#232;re changeante de cette journ&#233;e, je ne reconnaissais pas les lieux de ce film, projet&#233; dans un autre tr&#232;s diff&#233;rent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le temps passe. On vieillit. Certains marqueurs sont plus perceptibles que d'autres. Le travail est l'un d'eux. Quand on est fonctionnaire comme moi, il y a ce moment o&#249; l'on vous attribue une distinction honorifique pour vos ann&#233;es de travail. Je ne connais que quelques-uns de mes coll&#232;gues de la direction des affaires culturelles de la ville, pr&#233;sents dans la salle &#224; l'h&#244;tel de ville de Paris, des biblioth&#233;caires comme moi, mais &#233;galement des coll&#232;gues des conservatoires parisiens ou des personnels administratifs. J'en ai crois&#233;s certains &#224; l'occasion de formations, de red&#233;ploiements passagers ou de r&#233;unions de travail. Je r&#233;alise qu'ils ont pris un coup de vieux. Ils sont un peu plus vo&#251;t&#233;s que dans mon souvenir, cheveux gris, &#233;mus de se retrouver l&#224;, mis &#224; l'honneur. Cette ann&#233;e, j'ai donc re&#231;u la m&#233;daille d'argent. Vingt ans de travail dans la fonction publique, tout d'abord &#224; Melun puis &#224; Paris. Dans le m&#234;me temps, pour pr&#233;senter mon dossier en pr&#233;fecture, mon employeur m'a demand&#233; r&#233;cemment ma carte d'identit&#233; car je suis &#233;ligible &#224; la m&#233;daille vermeil au titre de l'ann&#233;e 2027. J'imagine que j'ai obtenu la m&#233;daille d'argent &#224; titre r&#233;troactif pour pouvoir b&#233;n&#233;ficier de la m&#233;daille vermeil. C'est curieux ce raccourci temporel. Passer de vingt &#224; trente ans en quelques ann&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Depuis plusieurs mois, avec Caroline, nous essayons de nous &#233;loigner de Paris lorsque nous d&#233;cidons de nous promener le dimanche, &#224; la recherche de nouveaux paysages, &#224; moins d'une heure de Paris. Nous d&#233;couvrons les beaut&#233;s incroyables de la banlieue parisienne. Nous traversons des bois et des for&#234;ts, longeons des &#233;tangs, des canaux, des rivi&#232;res, &#224; l'&#233;coute des sons de la nature. Sensation d'un d&#233;paysement qui annonce la n&#233;cessit&#233; de s'&#233;loigner de Paris, pour pr&#233;parer les ann&#233;es &#224; venir. C'est un peu pr&#233;somptueux, j'en ai conscience, mais j'ai la sensation d'avoir &#233;puis&#233; la ville. Ce journal vid&#233;o en est s&#251;rement le r&#233;v&#233;lateur le plus marquant. Depuis huit ans, je reviens fr&#233;quemment sur des lieux &#224; Paris que j'ai d&#233;j&#224; film&#233;s plusieurs fois, en diff&#233;rentes saisons. Cela m'oblige &#224; changer de perspective pour &#233;viter la r&#233;p&#233;tition, &#224; trouver de nouveaux angles, &#224; porter un regard in&#233;dit sur ces lieux que je connais bien. Cela me permet de garder une trace de leur &#233;volution au fil du temps, de ressentir chaque jour &lt;i&gt;l'immense et compliqu&#233; palimpseste&lt;/i&gt; de la ville. Lorsque je traverse ces endroits, je commence &#224; percevoir d&#233;sormais, &#224; la place des images nouvelles qui auparavant se surimprimaient aux anciennes, l'effacement progressif du lieu, et &#224; travers lui, le mien.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>C'est comme &#231;a</title>
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		<dc:date>2026-09-20T07:00:00Z</dc:date>
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		<dc:creator>Pierre M&#233;nard</dc:creator>


		<dc:subject>Biographie</dc:subject>
		<dc:subject>Journal</dc:subject>
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		<description>
&lt;p&gt;Les artistes du faubourg &lt;br class='autobr' /&gt;
Cette jeune femme avance vers moi ce matin, sur le trottoir. Je ne la connais pas. C'est la premi&#232;re fois que nous nous croisons dans la rue. Quelque chose dans sa d&#233;marche, cependant, m'est familier, dans sa mani&#232;re de bouger, de mouvoir son corps qui chaloupe, impr&#233;visible, dans ses habits chin&#233;s avec soin, sa casquette de travers, les couches de ses v&#234;tements d&#233;pareill&#233;s, son assurance et sa d&#233;termination, le regard rieur et l'air franc du timide qui n'a peur de (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.liminaire.fr/chronique/entre-les-lignes/" rel="directory"&gt;Entre les lignes&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/journal" rel="tag"&gt;Journal&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/ecriture" rel="tag"&gt;&#201;criture&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/photographie" rel="tag"&gt;Photographie&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/poesie" rel="tag"&gt;Po&#233;sie&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/recit" rel="tag"&gt;R&#233;cit&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/paris" rel="tag"&gt;Paris&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/osaka" rel="tag"&gt;Osaka&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/tokyo" rel="tag"&gt;Tokyo&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/sensation" rel="tag"&gt;Sensation&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/sens" rel="tag"&gt;Sens&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.liminaire.fr/local/cache-vignettes/L150xH75/contacts_succcessifs_13_1_-2-51e68.png?1789887982' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='75' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Les artistes du faubourg&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette jeune femme avance vers moi ce matin, sur le trottoir. Je ne la connais pas. C'est la premi&#232;re fois que nous nous croisons dans la rue. Quelque chose dans sa d&#233;marche, cependant, m'est familier, dans sa mani&#232;re de bouger, de mouvoir son corps qui chaloupe, impr&#233;visible, dans ses habits chin&#233;s avec soin, sa casquette de travers, les couches de ses v&#234;tements d&#233;pareill&#233;s, son assurance et sa d&#233;termination, le regard rieur et l'air franc du timide qui n'a peur de rien, qui se lance sans h&#233;siter, sans fausse pudeur, qui affronte les combats d'un revers irr&#233;v&#233;rencieux de la main, d'un rire ahurissant, que rien n'arr&#234;te et dont la voix est le plus bel instrument. Cette familiarit&#233;, je ne la comprends qu'en rentrant chez moi. Sur les r&#233;seaux sociaux et les sites d'information, je d&#233;couvre que Catherine Ringer vient de mourir. J'avais pens&#233; &#224; la chanteuse lorsqu'elle &#233;tait plus jeune, en la voyant ce matin. Dans la rue Louis Blanc, dans le 10&#7497; arrondissement de Paris.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_8943 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.liminaire.fr/IMG/jpg/55528108029_ff692e6553_k.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.liminaire.fr/local/cache-vignettes/L500xH333/55528108029_ff692e6553_k-d8af0.jpg?1789887982' width='500' height='333' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;center&gt;Station de M&#233;tro Pigalle, Boulevard de Clichy, Paris 18&#232;me, 14 septembre 2026&lt;/center&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Notre pr&#233;sence au monde&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 1928, Albert Londres voulait filmer les conditions de travail terribles des ouvriers du chemin de fer Congo-Oc&#233;an en Afrique. Son r&#233;dacteur en chef ayant refus&#233; de lui fournir une cam&#233;ra, il a tout de m&#234;me rapport&#233; plus de 200 photographies. Herv&#233; Brusini, journaliste et responsable du prix Albert-Londres, et Stanislas de Livonni&#232;re, directeur du service data et innovation du journal &lt;i&gt;Le Parisien&lt;/i&gt;, ont reconstitu&#233; ce film jamais r&#233;alis&#233; dans &lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;https://prix-albert-londres.scam.fr/actualites-ressources/en-terre-debene-avec-albert-londres-un-documentaire-pedagogique/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;En terre d'&#233;b&#232;ne avec Albert Londres&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;, en animant ces clich&#233;s gr&#226;ce &#224; l'intelligence artificielle. Le film est pr&#233;sent&#233; &#224; la fois comme un r&#233;cit et un document p&#233;dagogique sur l'IA, pr&#233;tendant interroger notre rapport &#224; la v&#233;rit&#233; et au journalisme, au s&#233;rieux de l'auteur et &#224; l'authenticit&#233; de l'image, statique ou anim&#233;e. Le film pr&#233;tend &#234;tre un outil p&#233;dagogique pour parler des ravages de cette technologie qui concurrence de mani&#232;re in&#233;dite le journalisme : &#171; Mensonges, contrefa&#231;on, d&#233;sinformation, retournement de sens o&#249; l'agresseur devient l'agress&#233;, l'IA peut devenir une arme de destruction massive de la v&#233;rit&#233;. &#187; Le film et le dialogue entre le journaliste et le r&#233;alisateur &#224; l'issue du film ne font cependant qu'encenser cette technologie, tout ce qu'elle permet en termes techniques, sans jamais la critiquer, rappeler ses origines technocapitalistes li&#233;es aux grandes entreprises am&#233;ricaines et chinoises disposant de moyens financiers et informatiques consid&#233;rables pour le d&#233;veloppement des mod&#232;les utilis&#233;s dans le film, son impact environnemental et son co&#251;t &#233;nerg&#233;tique exorbitant, sa violation des droits d'auteur, son automatisation qui transforme certains m&#233;tiers et supprime certaines t&#226;ches comme ici celles des techniciens (designer sonore, dessinateur, animateur 2D et 3D, chef op&#233;rateur, etc.), et son m&#233;pris des travailleurs sous-pay&#233;s et pr&#233;caires des pays les plus pauvres, qui alimentent les intelligences artificielles en donn&#233;es d'entra&#238;nement des IA en les annotant, ce qui est sans doute le plus ironique &#233;tant donn&#233; le sujet du film. &lt;i&gt;Terre d'&#233;b&#232;ne&lt;/i&gt; d'Albert Londres appartient &#224; l'histoire de la d&#233;nonciation de la pr&#233;sence fran&#231;aise en Afrique. C'est l'&#339;uvre d'un journaliste engag&#233; dont le travail repose autant sur l'observation du terrain que sur une &#233;criture subjective, vive, ironique et rythm&#233;e qui transforme son t&#233;moignage en acte public afin de rendre l'injustice visible, de susciter l'indignation et de mobiliser les lecteurs, tout en soulignant que la port&#233;e de cette d&#233;nonciation d&#233;pend aussi du contexte &#233;ditorial et de sa r&#233;ception au fil du temps. Le film &lt;i&gt;En terre d'&#233;b&#232;ne avec Albert Londres&lt;/i&gt; est &#224; l'oppos&#233; de son mod&#232;le sans m&#234;me para&#238;tre s'en soucier. &#171; L'ignorance serait pardonnable, &#233;crit Albert Londres dans son &lt;i&gt;&#201;pilogue, quelques r&#233;flexions apr&#232;s le voyage en Terre d'&#233;b&#232;ne&lt;/i&gt;, l'indiff&#233;rence ne l'est pas &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le son est &#233;vanescent&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La lumi&#232;re du jour agit comme un masque. Le son est &#233;vanescent. Qu'arrive-t-il au juste ? Nous sommes face &#224; face et comme seuls. L'amplitude dilat&#233;e d'un rythme &#224; peine plus lent que le battement d'un c&#339;ur au repos. Utilisant le son comme nous utilisons le sens du toucher. L'insistance peut &#234;tre une forme d'aveuglement. Le son est projet&#233; vers l'avant &#224; travers la t&#234;te. Je suis en chemin, je suis en chemin. Chaque son induit en nous une pouss&#233;e d'adr&#233;naline. Sourire de ce sourire qui ne dit rien. Sous une autre lumi&#232;re. Le monde parle, mais notre corps est incapable d'entendre ce qui nous entoure. Tant de difficult&#233;s &#224; atteindre. Il est presque impossible que ce soit une co&#239;ncidence. Nos oreilles sont tourn&#233;es vers l'int&#233;rieur, vers le bavardage de notre propre esp&#232;ce. C'est une fa&#231;on de raconter les choses. Partout, invisible, la pr&#233;sence du pass&#233;. Je ne me souviens pas de quoi j'ai r&#234;v&#233;. En un instant tout cela dispara&#238;t.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_8942 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.liminaire.fr/IMG/jpg/53859741879_6929235bc0_k.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.liminaire.fr/local/cache-vignettes/L500xH333/53859741879_6929235bc0_k-0a115.jpg?1789887982' width='500' height='333' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;center&gt;Rue du Ranelagh, Paris 16&#232;me, 15 juillet 2024&lt;/center&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Dans la confusion de la perspective&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le voyage commence avant le d&#233;part et se prolonge souvent bien apr&#232;s le retour. Avec Caroline, nous pr&#233;parons en ce moment notre prochain s&#233;jour d'une quinzaine de jours au Japon, d&#233;but octobre. Ce sera mon sixi&#232;me (et sans doute dernier) voyage au Japon. Nous organisons le parcours qui nous m&#232;nera de Tokyo, o&#249; nous atterrirons, jusqu'&#224; Kanazawa, dans l'ouest de Honshu entre la mer du Japon et les Alpes japonaises, en passant par Takamatsu, en bordure de la mer int&#233;rieure de Seto au nord de Shikoku, puis Kochi, non loin de la c&#244;te pacifique, avant de passer quelques jours &#224; Osaka avant de revenir vers Tokyo. Il faut r&#233;server les nuits d'h&#244;tel, les titres de transport (train, bus), les entr&#233;es dans certains mus&#233;es. J'aimerais pouvoir improviser plus, mais sur place tout va tr&#232;s vite, il faut s'y &#234;tre un peu pr&#233;par&#233;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Journal du regard : Ao&#251;t 2026</title>
		<link>https://www.liminaire.fr/chronique/journal/article/journal-du-regard-aout-2026</link>
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		<dc:date>2026-09-01T07:00:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Pierre M&#233;nard</dc:creator>


		<dc:subject>Biographie</dc:subject>
		<dc:subject>Cin&#233;ma</dc:subject>
		<dc:subject>&#201;criture</dc:subject>
		<dc:subject>Journal</dc:subject>
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		<dc:subject>Sensation</dc:subject>
		<dc:subject>Voyage</dc:subject>
		<dc:subject>Architecture</dc:subject>
		<dc:subject>Regard</dc:subject>
		<dc:subject>Quotidien</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Chaque mois, un film regroupant l'ensemble des images prises au fil des jours, le mois pr&#233;c&#233;dent, et le texte qui s'&#233;crit en creux. &lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; Une sorte de palimpseste, dans lequel doivent transpara&#238;tre les traces - t&#233;nues mais non d&#233;chiffrables - de l'&#233;criture &#8220;pr&#233;alable&#8221; &#187;. &lt;br class='autobr' /&gt;
Jorge Luis Borges, Fictions &lt;br class='autobr' /&gt;
Je sais que je me r&#233;p&#232;te, je ressasse toujours la m&#234;me histoire, d&#233;cris le m&#234;me ph&#233;nom&#232;ne, en ville comme &#224; la campagne, mais &#231;a m'obs&#232;de, je ne peux pas m'emp&#234;cher d'y penser en traversant les (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.liminaire.fr/chronique/journal/" rel="directory"&gt;Journal&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/biographie" rel="tag"&gt;Biographie&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/cinema" rel="tag"&gt;Cin&#233;ma&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/ecriture" rel="tag"&gt;&#201;criture&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/journal" rel="tag"&gt;Journal&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/musique" rel="tag"&gt;Musique&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/video" rel="tag"&gt;Vid&#233;o&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/voix" rel="tag"&gt;Voix&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/normandie" rel="tag"&gt;Normandie&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/journal-du-regard" rel="tag"&gt;Journal du regard&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/bonheur" rel="tag"&gt;Bonheur&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/nature" rel="tag"&gt;Nature&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/sensation" rel="tag"&gt;Sensation&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/voyage" rel="tag"&gt;Voyage&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/architecture" rel="tag"&gt;Architecture&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/regard" rel="tag"&gt;Regard&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/quotidien" rel="tag"&gt;Quotidien&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.liminaire.fr/local/cache-vignettes/L150xH85/capture_d_e_cran_2026-08-22_a_11.08_11-65be9.png?1788246080' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='85' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;i&gt;Chaque mois, un film regroupant l'ensemble des images prises au fil des jours, le mois pr&#233;c&#233;dent, et le texte qui s'&#233;crit en creux.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Une sorte de palimpseste, dans lequel doivent transpara&#238;tre les traces - t&#233;nues mais non d&#233;chiffrables - de l'&#233;criture &#8220;pr&#233;alable&#8221; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Jorge Luis Borges, &lt;i&gt;Fictions&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;center&gt;&lt;iframe width=&#034;660&#034; height=&#034;415&#034; src=&#034;https://www.youtube.com/embed/CW1NBrcg0bM&#034; title=&#034;&#034; frameborder=&#034;0&#034; allow=&#034;accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share&#034; referrerpolicy=&#034;strict-origin-when-cross-origin&#034; allowfullscreen&gt;&lt;/iframe&gt;&lt;/center&gt;
&lt;p&gt;Je sais que je me r&#233;p&#232;te, je ressasse toujours la m&#234;me histoire, d&#233;cris le m&#234;me ph&#233;nom&#232;ne, en ville comme &#224; la campagne, mais &#231;a m'obs&#232;de, je ne peux pas m'emp&#234;cher d'y penser en traversant les paysages qui m'attirent. Lorsque je reviens dans un endroit dans lequel j'ai tant de souvenirs, comme cet &#233;t&#233; en famille, alors que je suis rest&#233; plusieurs ann&#233;es sans y retourner, et que je change de point d'attache, choisissant la campagne plut&#244;t que la plage, ce changement de perspective me trouble les premiers jours. L'importance d'avoir un lieu &#224; soi, o&#249; l'on se sent bien, est aussi cruciale sans doute que de savoir rester mobile, r&#233;actif, dynamique. Le lieu est modifi&#233;, et notre relation &#224; son environnement change jusqu'aux souvenirs qu'on en avait. On &#233;vite le lieu d'origine, restant &#224; distance. Quand on y passe, c'est t&#234;te basse, sans s'attarder, avec une pointe de nostalgie. L&#224;-haut, dans le village, tout est plus accessible. La douceur de l'air sur les falaises, le vent dans les arbres, malgr&#233; la chaleur, fait oublier que l'&#233;t&#233; a &#233;t&#233; dur partout en France, avec ses canicules r&#233;p&#233;t&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette all&#233;e de trente-quatre ch&#226;taigniers au beau milieu des champs est le vestige d'un paysage pass&#233; fig&#233; dans le pr&#233;sent. Ces &#233;l&#233;ments composaient, avec des vergers, le paysage environnant une ancienne b&#226;tisse depuis lontemps d&#233;truite. Comme le rappelle &lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;https://s-pass.org/fr/portail/371/observatoire-des-arbres-preprod.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;l'Observatoire des arbres&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt; : &#171; En 1840, le cadastre napol&#233;onien figure le trac&#233; d'un chemin menant &#224; un ensemble b&#226;ti, probablement une avenue &#187;. Son acc&#232;s est prot&#233;g&#233; aujourd'hui, espace r&#233;serv&#233; &#224; la chasse. Heureusement, dans la r&#233;gion, de tr&#232;s nombreux sentiers, chemins, all&#233;es, routes permettent de marcher &#224; travers champs, bois et for&#234;ts.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tout le monde portait ses lunettes, chacun la sienne dans une famille, alors qu'une seule aurait bien suffi pour voir ce qu'il y avait &#224; voir. Nous n'avions pas r&#233;ussi &#224; en obtenir &#224; temps, rupture de stock g&#233;n&#233;ralis&#233;e. Nous n'y avions pens&#233; que la veille pour le lendemain, s&#251;rs de n'en trouver nulle part. Sur l'&#233;tendue s&#232;che de la falaise, nous nous amusions avec une feuille blanche &#224; voir appara&#238;tre les lunules d'ombres que l'&#233;clipse projetait &#224; travers les feuilles et les fleurs des scabieuses des champs. L'urgence de cet &#233;v&#233;nement qui nous &#233;chappait et son apparition restaient imperceptibles. Notre pr&#233;cipitation &#224; ne rien voir &#233;tait irr&#233;sistiblement dr&#244;le, cocasse. Une mani&#232;re de nous &#233;clipser devant ce spectacle, de refuser l'injonction de l'&#233;v&#233;nement. Une volont&#233; de passer &#224; c&#244;t&#233; tout en cherchant vainement &#224; en ressentir les effets, alors que le souvenir d'une ancienne &#233;clipse, celle de 1999, oblit&#233;rait celle-ci.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'approche du Mont-Saint-Michel est multiple. Il y a celui que je fuis depuis ma jeunesse, temple hideux du tourisme de masse. L'image que sa silhouette de ch&#226;teau de sable forme dans le paysage de la r&#233;gion. On peut l'apercevoir depuis le littoral, avec cette impression sans cesse changeante, selon le point de vue choisi. Depuis les falaises de Carolles, &#224; partir du Bec d'Andaine, aussi bien qu'&#224; Gen&#234;ts ou Saint-Jean-le-Thomas. Cette fois-ci, nous l'avons approch&#233; directement par la plage et les dunes. Si le Mont nous paraissait encore tr&#232;s lointain, se dessinant &#224; l'horizon en contre-jour, alors que nous marchions sur le sable gris d'humidit&#233;, cette sensation in&#233;dite a pris la forme d'une r&#233;v&#233;lation. Sentir les embruns sur la peau, le vent siffler aux oreilles, faisant osciller les oyats, danser la roquette de mer. L'ann&#233;e prochaine, c'est certain, nous traverserons la baie &#224; pied. &#192; sa rencontre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La biblioth&#232;que a d&#251; fermer &#224; cause du chantier du toit-terrasse de la cr&#232;che situ&#233;e au-dessus des &#233;tages de notre structure. Nous n'avons pas &#233;t&#233; tenus inform&#233;s. J'ai r&#233;alis&#233;, comme mes coll&#232;gues, que le chantier durerait tout l'&#233;t&#233;, car les panneaux install&#233;s sur le trottoir devant la biblioth&#232;que en limitaient consid&#233;rablement l'acc&#232;s. Ce que nous n'imaginions pas, et visiblement cela n'avait pas &#233;t&#233; envisag&#233; non plus au niveau des responsables du chantier, c'est que le goudronnage du toit, avec ses &#233;manations nocives en pleine chaleur estivale (sans parler des &#233;pisodes caniculaires), allait rendre impossible le travail dans la biblioth&#232;que. Toute l'&#233;quipe a donc d&#251; &#234;tre red&#233;ploy&#233;e dans les biblioth&#232;ques du r&#233;seau parisien. Pour ma part, j'ai choisi celle de Buffon. Elle n'est pas dans mon quartier, ce qui m'a oblig&#233;e &#224; prendre le m&#233;tro, alors que d'habitude je m'y rends &#224; pied, la biblioth&#232;que &#233;tant situ&#233;e &#224; dix minutes de chez moi. Cela m'a permis malgr&#233; tout de d&#233;couvrir ce quartier en pleine mutation. Le nouveau quartier Austerlitz. Apr&#232;s sa r&#233;novation, la gare d'Austerlitz va s'ouvrir vers le square Marie-Curie qui s'agrandit et vers le Mus&#233;um d'histoire naturelle, en face du Jardin des plantes.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Tout est &#224; recommencer</title>
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		<dc:creator>Pierre M&#233;nard</dc:creator>


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&lt;p&gt;La v&#233;rit&#233; ne suffit pas &lt;br class='autobr' /&gt;
&#201;ric Rohmer tourne son film Pauline &#224; la plage, le troisi&#232;me volet de son cycle de films Com&#233;dies et Proverbes. Il est pr&#233;c&#233;d&#233; par La Femme de l'aviateur (1981) et Le Beau Mariage (1982). Les ann&#233;es suivantes vont se succ&#233;der : Les Nuits de la pleine lune (1984), Le Rayon vert (1986) et L'Ami de mon amie (1987). En guise de maxime, Rohmer introduit son film d'une citation tir&#233;e du roman courtois de Chr&#233;tien de Troyes, Perceval ou le Conte du Graal : &#171; Qui trop (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.liminaire.fr/local/cache-vignettes/L150xH75/contacts_succcessifs_12_1_-2-755fc.png?1786863637' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='75' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La v&#233;rit&#233; ne suffit pas&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#201;ric Rohmer tourne son film &lt;i&gt;Pauline &#224; la plage&lt;/i&gt;, le troisi&#232;me volet de son cycle de films &lt;i&gt;Com&#233;dies et Proverbes&lt;/i&gt;. Il est pr&#233;c&#233;d&#233; par &lt;i&gt;La Femme de l'aviateur&lt;/i&gt; (1981) et &lt;i&gt;Le Beau Mariage&lt;/i&gt; (1982). Les ann&#233;es suivantes vont se succ&#233;der : &lt;i&gt;Les Nuits de la pleine lune&lt;/i&gt; (1984), &lt;i&gt;Le Rayon vert&lt;/i&gt; (1986) et &lt;i&gt;L'Ami de mon amie&lt;/i&gt; (1987). En guise de maxime, Rohmer introduit son film d'une citation tir&#233;e du roman courtois de Chr&#233;tien de Troyes, &lt;i&gt;Perceval ou le Conte du Graal&lt;/i&gt; : &#171; Qui trop parloit, il se mesfait &#187;. J'entretiens avec les films d'&#201;ric Rohmer un rapport familier. Cela s'explique entre autre par le fait que j'ai pass&#233; de nombreuses vacances sur le lieu du tournage de certains d'entre eux : &lt;i&gt;Pauline &#224; la plage&lt;/i&gt; notamment. Et, sur le lieu de ce film, j'ai &#224; plusieurs reprises jou&#233; &#224; attraper le &lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;https://liminaire.fr/ecriture/au-lieu-de-se-souvenir/article/le-rayon-vert&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;rayon vert&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;. Pauline, adolescente de 15 ans, passe la fin de l'&#233;t&#233; chez sa cousine Marion, &#224; Jullouville, en Normandie. Marion, r&#233;cemment divorc&#233;e, attire l'attention des hommes. Elle est attir&#233;e par Henri, que lui pr&#233;sente son ami Pierre, un ethnologue bourlingueur, divorc&#233; et p&#232;re de famille. La villa d'Henri et la plage de Jullouville sont les deux principaux lieux du film. La maison o&#249; s'est d&#233;roul&#233; le tournage est situ&#233;e au 4 avenue des Corsaires. &#192; une centaine de m&#232;tres &#224; peine de la plage. Devant la maison, une dune recouverte d'oyat et de chiendent des sables a &#233;t&#233; pr&#233;serv&#233;e pendant toutes ces ann&#233;es, dans un jardin attenant, qui la s&#233;pare de la route. Un imposant mur en pierre prot&#232;ge la maison, en surplomb de l'avenue des Corsaires. C'est depuis ce lieu qu'une des sc&#232;nes du film a &#233;t&#233; tourn&#233;e. Pierre aper&#231;oit accidentellement Louisette d&#233;nud&#233;e dans la chambre d'Henri. M&#234;me s'il n'a pas vu l'homme qui &#233;tait avec elle, il ne doute pas qu'il s'agit d'Henri et le rapporte &#224; Marion dans l'espoir de lui ouvrir les yeux et qu'elle se rapproche de lui. Mais, c'&#233;tait bien Sylvain dans la chambre. Les histoires r&#233;alistes qui s'inscrivent dans ces lieux finissent par s'impr&#233;gner du lieu et entretenir un lien &#233;troit avec eux. Ce lieu acquiert alors une dimension patrimoniale in&#233;dite, o&#249; le r&#233;el et l'imaginaire se combinent secr&#232;tement. C'est d'autant plus difficile de d&#233;couvrir cet &#233;t&#233;, en allant faire les courses &#224; Jullouville, que la dune a &#233;t&#233; arras&#233;e. Une large b&#226;tisse, &#224; plusieurs &#233;tages, est en cours de construction, sur le terrain de la dune. Elle est accol&#233;e &#224; l'ancienne maison au point de murer son point de vue sur la mer. On imagine qu'&#224; la fin du chantier, elle risque d'&#234;tre d&#233;truite, pour pr&#233;server &#224; sa place un jardin, &#224; l'arri&#232;re de la future construction.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_8857 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.liminaire.fr/IMG/jpg/55442945095_64de7db60c_k.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.liminaire.fr/local/cache-vignettes/L500xH333/55442945095_64de7db60c_k-102cb.jpg?1786863637' width='500' height='333' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;center&gt;Avenue des corsaires, Jullouville, 4 ao&#251;t 2026&lt;/center&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Une fois sur les sentiers, le monde, l'&#233;t&#233;, nous appartient&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aucun programme, cela se dessine chaque jour &#224; l'improviste, autour d'un micro&#233;v&#233;nement : un march&#233; de village, un hameau voisin &#224; visiter, une envie de se baigner, une course &#224; faire. Se promener sur les sentiers et les chemins &#224; travers champs. Faire une brocante ou un vide-maison. Ramasser des m&#251;res, un mois plus t&#244;t que la p&#233;riode habituelle. Admirer les ch&#234;nes et deviner, dans l'ordonnancement de leurs branches puissantes et coud&#233;es s'&#233;talant vers la lumi&#232;re, l'impressionnant r&#233;seau de leurs racines pivotantes. Cuisiner des tartes aux m&#251;res et les manger. Se baigner dans la mer. &#201;crire mon journal et finaliser les prochains textes de ma s&#233;rie &lt;i&gt;Sur les bancs&lt;/i&gt; pour la &lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;https://revuetina.editionsjou.net&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;revue TINA&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;. Lire &lt;i&gt;Une poign&#233;e de vies&lt;/i&gt; de Marlen Haushoffer, livre apport&#233; &#224; Carolles par Alice. &#171; Une telle nostalgie de la derni&#232;re semaine de vacances, une telle nostalgie &#224; pr&#233;sent du jardin &#224; la fin de l'&#233;t&#233;, de la maison famili&#232;re et de ce qui n'avait pas de nom et qu'on ne pouvait d&#233;signer que par ces mots : &#171; chez moi &#187; &#187;. Retrouver &lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;https://annedejardin.com/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Anne Dejardin et boire un verre avec elle&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt; qui habite une partie de l'ann&#233;e dans la r&#233;gion. Je me r&#233;jouis d'enregistrer &#224; mon retour la lecture du texte de sa prochaine vid&#233;o de &lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;https://www.youtube.com/channel/UC71EVLVR9RIVzTojzdI8yfg&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;sa s&#233;rie des &lt;i&gt;R&#233;sidences secondaires de la Manche&lt;/i&gt;&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt; et le nom qu'on leur a donn&#233;. Photographier et filmer les champs &#224; perte de vue, les routes et les chemins qui les traversent, les futaies qui bruissent d'animaux &#224; la recherche d'ombres et de nourriture, les chevaux et leurs poulains, les arbres fruitiers (pommes, poires, abricots), les falaises, les rochers, la mer &#224; l'horizon et le coucher de soleil. Assister au concert d'un quintette vocal a cappella dans l'&#233;glise du village. Manger les plats d&#233;licieux concoct&#233;s par Nina. Discuter en marchant, ou autour d'un verre, se souvenir et faire des projets. Le soir, regarder des vieux films en famille.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;On ne sait quoi de p&#226;le et de cr&#233;pusculaire&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 11 ao&#251;t 1999 avait lieu, vu d'Europe, la derni&#232;re &#233;clipse comparable &#224; celle de ce 12 ao&#251;t. Ce jour-l&#224;, nous &#233;tions chez Damien et Dominique &#224; Apt avec les enfants, il faisait tr&#232;s beau. Je me souviens du silence des animaux dans le jardin, de la soudaine baisse de lumi&#232;re et de la chute des temp&#233;ratures. L'&#233;clipse devait &#234;tre totalement visible depuis le Contentin, mais le temps avait &#233;t&#233; couvert. Cet &#233;t&#233;, alors que nous sommes dans la r&#233;gion, c'est dans le Sud Ouest de la France ainsi qu'en Espagne qu'elle sera cette fois-ci visible dans son int&#233;gralit&#233;. &#192; l'heure pr&#233;vue, nous nous rendons sur les falaises de Carolles. Une foule se presse au bord de la falaise. Nous restons en retrait, au milieu d'un champ. L'&#233;clipse ne dure que quelques minutes. Sans lunette, nous n'en percevons que les contours. L'&#233;tonnement d'une baisse de lumi&#232;re avant l'heure du coucher de soleil. Un l&#233;ger frisson, une baisse de temp&#233;rature &#224; peine perceptible. L'excitation du moment. Un instant de lumi&#232;re nouvelle, de couleurs d'avant le d&#233;but de tout. Ni le jour, ni la nuit, ni l'orage qui guette, ni l'obscurit&#233; qui vient ou le cr&#233;puscule. Une clart&#233; diff&#233;rente. Quelque chose qui vient d'ailleurs. Formidablement &#233;tranger, totalement familier, tout &#224; la fois surprenant et insolite. En un instant, quelque chose nous enveloppe et nous charme. Sur la mer, le champs d'herbes br&#251;l&#233;s par les derniers mois de chaleur et de s&#233;cheresse, des ombres color&#233;es, des couleurs de m&#233;tal. La peau soudain plus sensible, la terre plus sombre. Juste le temps d'un souffle retenu. Le soleil refait surface avant de dispara&#238;tre &#224; nouveau en se couchant &#224; l'horizon. Personne pour y assister. Tout le monde est d&#233;j&#224; rentr&#233; chez lui.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_8856 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.liminaire.fr/IMG/jpg/51654724496_79196fdde6_k.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.liminaire.fr/local/cache-vignettes/L500xH333/51654724496_79196fdde6_k-7732d.jpg?1786863637' width='500' height='333' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;center&gt;H&#244;pital Caroline, &#238;le de Ratonneau, archipel du Frioul, Marseille, Bouches-du-Rh&#244;ne, 4 novembre 2021&lt;/center&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Appeler le pass&#233; et l'avenir au secours du pr&#233;sent&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alice nous parle d'elle. Elle se souvient que, lorsqu'elle &#233;tait adolescente, elle avait aper&#231;u une jeune femme dans un train. Elle &#233;tait assise pr&#232;s de la fen&#234;tre et regardait le paysage d&#233;filer, l'air d&#233;tendu, paisible. Elle l'avait trouv&#233;e tr&#232;s belle. Elle enviait son assurance, sa mani&#232;re de se tenir, de regarder devant elle, son d&#233;tachement. Elle &#233;tait seule mais sereine. Alice sentait en elle une libert&#233; rare, une joie de vivre. Elle nous avoue qu'elle s'&#233;tait dit &#224; l'&#233;poque qu'elle souhaiterait lui ressembler plus tard, quand elle aurait son &#226;ge. Elle poursuit son r&#233;cit en nous apprenant qu'&#224; l'occasion de son r&#233;cent voyage en &#201;cosse, dans un train pr&#232;s d'&#201;dimbourg, elle a aper&#231;u une jeune femme blonde qui &#233;coutait de la musique au casque. Elle se tenait de la m&#234;me mani&#232;re que la jeune femme de son enfance, regardant l'horizon &#224; travers la fen&#234;tre du train. Elle &#233;tait rayonnante et libre. Elle paraissait &#233;panouie, bien dans sa t&#234;te et dans son corps. Elle &#233;tait seule mais cette solitude n'&#233;tait pas un poids. Plus elle la regardait &#224; distance, plus elle se faisait la remarque que cette jeune femme ressemblait beaucoup &#224; celle qu'elle avait vue dans sa jeunesse, &#224; qui elle avait toujours souhait&#233; ressembler. &#192; vrai dire, c'&#233;tait elle. Elle &#233;tait devenue cette adulte.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>G&#233;om&#233;trie des nuages</title>
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		<dc:date>2026-08-02T07:00:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Pierre M&#233;nard</dc:creator>


		<dc:subject>Art</dc:subject>
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		<dc:subject>Biographie</dc:subject>
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		<dc:subject>Contacts successifs</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Les vibrations de l'air &lt;br class='autobr' /&gt;
Nina nous demande si, comme elle, lorsque nous &#233;tions enfants, nous nous imaginions que les musiques que nous entendions dans la rue &#233;taient produites directement sur place par des musiciens qui s'accordaient pour accompagner de leurs instruments et de leurs voix, tous les &#233;v&#233;nements du quotidien. Elle pr&#233;cise plus tard sa pens&#233;e. Elle imaginait que des musiciens attendaient, chacun dans une pi&#232;ce sans vitre d'un immeuble dont elle imaginait la devanture similaire &#224; (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.liminaire.fr/chronique/entre-les-lignes/" rel="directory"&gt;Entre les lignes&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/art" rel="tag"&gt;Art&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/ecriture" rel="tag"&gt;&#201;criture&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/biographie" rel="tag"&gt;Biographie&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/musique" rel="tag"&gt;Musique&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/photographie" rel="tag"&gt;Photographie&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/paris" rel="tag"&gt;Paris&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/paysage" rel="tag"&gt;Paysage&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/lecture" rel="tag"&gt;Lecture&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/livre" rel="tag"&gt;Livre&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/numerique" rel="tag"&gt;Num&#233;rique&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/enfance" rel="tag"&gt;Enfance&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/memoire" rel="tag"&gt;M&#233;moire&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/sensation" rel="tag"&gt;Sensation&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/contacts-successifs" rel="tag"&gt;Contacts successifs&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.liminaire.fr/local/cache-vignettes/L150xH75/contacts_succcessifs_3_1_-2-72f8c.png?1785654074' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='75' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Les vibrations de l'air&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nina nous demande si, comme elle, lorsque nous &#233;tions enfants, nous nous imaginions que les musiques que nous entendions dans la rue &#233;taient produites directement sur place par des musiciens qui s'accordaient pour accompagner de leurs instruments et de leurs voix, tous les &#233;v&#233;nements du quotidien. Elle pr&#233;cise plus tard sa pens&#233;e. Elle imaginait que des musiciens attendaient, chacun dans une pi&#232;ce sans vitre d'un immeuble dont elle imaginait la devanture similaire &#224; celle de l'immeuble de &lt;i&gt;La vie mode d'emploi&lt;/i&gt;, de Georges Perec, dont l'immeuble en coupe repr&#233;sente les occupants du lieu &#224; un moment pr&#233;cis, chacun dans sa pi&#232;ce comme dans une case, avec son instrument et son style de musique, pr&#234;t &#224; jouer un air adapt&#233; &#224; la situation. En rentrant du travail, j'entends une femme qui chante des vieux airs de la chanson fran&#231;aise, Piaf, Brel, Aznavour, en provenance de la place Simon-et-Cyla-Wiesenthal. Sa voix de t&#234;te h&#233;sitante, chevrotante, est un peu fausse ce qui renforce la nostalgie de ces musiques qu'elle partage aux nombreuses personnes qui font semblant de ne pas l'entendre, buvant un verre sur la place bond&#233;e &#224; l'heure de l'ap&#233;ritif. Un peu plus loin, c'est un grand gaillard noir, qui roule des m&#233;caniques, remontant le quai de Valmy, sac &#224; dos jet&#233; n&#233;gligemment sur l'&#233;paule, &#224; l'int&#233;rieur duquel une enceinte portative diffuse une musqiue soul qui transforme l'atmosph&#232;re du lieu, en imposant son rythme et sa m&#233;lodie.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_8842 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.liminaire.fr/IMG/jpg/55423237058_2c61d40f52_k.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.liminaire.fr/local/cache-vignettes/L500xH333/55423237058_2c61d40f52_k-ea9b2.jpg?1785654074' width='500' height='333' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;center&gt;Op&#233;ra de la Bastille, place de la Bastille, Paris 12&#232;me, 27 juillet 2026&lt;/center&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Laisser venir l'&#233;motion sans &#234;tre engloutie par elle&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Deux papillons volent au-dessus de la pelouse et des fleurs s&#232;ches du jardin, &#224; cause des diff&#233;rentes vagues de chaleur, de canicule qui se sont r&#233;p&#233;t&#233;es pendant tout l'&#233;t&#233;. Leurs mouvements tournoient l'un autour de l'autre, tourbillonnent et s'entourent en une spirale constamment changeante, &#233;volutive, nouant un dialogue entre eux, un dialogue myst&#233;rieux et secret, a&#233;rien, dans le mouvement de leur libre circulation, du battement de leurs ailes jaune p&#226;le, chor&#233;graphie gracile, l&#233;g&#232;re, qui s'accorde avec miracle avec l'air de jazz que j'&#233;coute ce matin.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Face &#224; l'in&#233;vitable&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'intelligence artificielle n'est que la nouvelle &#233;tape de la &#171; production artificielle &#187; du besoin propre au capitalisme traversant une phase de &lt;i&gt;crise de la profitabilit&#233;&lt;/i&gt;. Pour Romaric Godin, dans son livre &lt;i&gt;Le probl&#232;me &#224; trois corps du capitalisme&lt;/i&gt; (La D&#233;couverte, 2026), la r&#233;volution technologique de l'IA et l'ali&#233;nation consum&#233;riste sont les faces d'une m&#234;me pi&#232;ce, sans oublier la crise &#233;cologique.&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; La question n'est pas de constater que les gens vivent plus ou moins (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; On ne peut comprendre le d&#233;veloppement contemporain de l'IA qu'en lisant son imposition &#224; l'ensemble de la soci&#233;t&#233; (dans la sph&#232;re industrielle mais aussi domestique) comme un moyen de soutenir le taux de profit d'un capitalisme &#224; bout de souffle, en peine d'accumulation, incapable d'honorer les promesses de croissance n&#233;cessaires au maintien de la relative &#171; paix sociale &#187; qu'il assure en p&#233;riode d'abondance. L'IAG orchestre une &#171; production artificielle du besoin &#187;. Elle n'am&#233;liore pas la productivit&#233; des t&#226;ches que nous accomplissons d&#233;j&#224;, car son but est ailleurs. Elle cr&#233;e de la demande, de la demande forc&#233;e, inject&#233;e dans un syst&#232;me d&#233;j&#224; satur&#233; : &#171; Quand bien m&#234;me nous ignorerions encore &#224; quoi l'IAG pourrait bien servir, le capital, lui, le sait, et nous somme de le croire. &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Le probl&#232;me &#224; trois corps du capitalisme, de Romaric Godin (La D&#233;couverte), (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_8843 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.liminaire.fr/IMG/jpg/55425146727_e93afd4244_k.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.liminaire.fr/local/cache-vignettes/L500xH333/55425146727_e93afd4244_k-4a1ca.jpg?1785654074' width='500' height='333' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;center&gt;Gare SNCF de Rennes, Ile-et-Vilaine, 10 mai 2021&lt;/center&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Ces &#233;tranges contrepoints de la m&#233;moire&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Impossible de retrouver la trace de ma carte m&#233;moire sur laquelle sont archiv&#233;es mes photographies des derniers mois. Je suis rentr&#233; un soir de la semaine, j'avais pris des photographies des ouvrages empil&#233;s &#224; l'abri de la boite &#224; livres de ma rue. Je voulais les charger sur mon ordinateur. Je sais que je l'ai fait car elles figurent bien sur mon compte Flickr. D'habitude, je sors tout de suite la carte du lecteur externe qui me permet de transf&#233;rer les photos en ligne pour la remettre imm&#233;diatement &#224; l'int&#233;rieur de l'appareil. Les rares fois o&#249; je la laisse dehors, c'est toujours &#224; un endroit facilement accessible et bien visible. Je ne l'y laisse jamais tr&#232;s longtemps. Mais, l&#224;, je ne me souviens de rien. Je ne vois pas o&#249; je l'ai pos&#233;e, ce que j'ai pu en faire apr&#232;s l'avoir utilis&#233;e. Tous les sc&#233;narios tournent dans ma t&#234;te depuis le moment o&#249;, cherchant &#224; prendre des photos le lendemain, j'ai mis du temps &#224; r&#233;aliser que je le faisais dans le vide. &lt;i&gt;Carte m&#233;moire inexistante&lt;/i&gt;. Je ne lisais pas le message sur l'&#233;cran de l'appareil. J'ai d&#251; laisser tomber la carte m&#233;moire sans m'en rendre, qui sait ? Peut-&#234;tre l'ai-je jet&#233;e &#224; la poubelle par inadvertance ou l'ai-je pos&#233;e &#224; un endroit o&#249; je ne la laisse jamais et depuis elle a probablement &#233;t&#233; recouverte par des livres ou des feuilles de papier. Je la retrouverai avec de la chance &#224; mon retour de vacances. Ce n'est pas tr&#232;s grave. J'ai sauvegard&#233; l'essentiel de ces images sur mes disques durs. Ce qui me pr&#233;occupe, c'est mon incapacit&#233; &#224; me souvenir ce qui s'est pass&#233;, ce n'est pas la perte de l'objet qui me trouble. Je pr&#233;f&#232;re en rire en me souvenant de la fois o&#249; j'ai retrouv&#233; plus d'un an apr&#232;s un paquet de chocolats de P&#226;ques que j'avais tellement bien dissimul&#233; dans ma biblioth&#232;que que je l'y avais oubli&#233; tout ce temps.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&#171; La question n'est pas de constater que les gens vivent plus ou moins pauvrement, mais toujours d'une mani&#232;re qui leur &#233;chappe. &#187; Guy Debord, cit&#233; par Romaric Godin&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;i&gt;Le probl&#232;me &#224; trois corps du capitalisme&lt;/i&gt;, de Romaric Godin (La D&#233;couverte), 2026, p. 139&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>Journal du regard : Juillet 2026</title>
		<link>https://www.liminaire.fr/chronique/journal/article/journal-du-regard-juillet-2026</link>
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		<dc:creator>Pierre M&#233;nard</dc:creator>


		<dc:subject>Architecture</dc:subject>
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		<description>
&lt;p&gt;Chaque mois, un film regroupant l'ensemble des images prises au fil des jours, le mois pr&#233;c&#233;dent, et le texte qui s'&#233;crit en creux. &lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; Une sorte de palimpseste, dans lequel doivent transpara&#238;tre les traces - t&#233;nues mais non d&#233;chiffrables - de l'&#233;criture &#8220;pr&#233;alable&#8221; &#187;. &lt;br class='autobr' /&gt;
Jorge Luis Borges, Fictions &lt;br class='autobr' /&gt;
La nostalgie est un secret. L'&#233;ph&#233;m&#232;re dissipe nos chemins au conna&#238;tre et sa faille r&#233;dime l'autre. Le sens est &#233;ph&#233;m&#232;re. Chaque chose est comme au bord d'un pr&#233;cipice. Dans les interstices, (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.liminaire.fr/chronique/journal/" rel="directory"&gt;Journal&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/ecriture" rel="tag"&gt;&#201;criture&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/livre" rel="tag"&gt;Livre&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/paris" rel="tag"&gt;Paris&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/ville" rel="tag"&gt;Ville&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/paysage" rel="tag"&gt;Paysage&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/gare" rel="tag"&gt;Gare&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/journal-du-regard" rel="tag"&gt;Journal du regard&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/derive" rel="tag"&gt;D&#233;rive&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/nature" rel="tag"&gt;Nature&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/poesie" rel="tag"&gt;Po&#233;sie&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.liminaire.fr/local/cache-vignettes/L150xH84/capture_d_e_cran_2026-07-29_a_00.06_46-d42ad.png?1785566258' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='84' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;i&gt;Chaque mois, un film regroupant l'ensemble des images prises au fil des jours, le mois pr&#233;c&#233;dent, et le texte qui s'&#233;crit en creux.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Une sorte de palimpseste, dans lequel doivent transpara&#238;tre les traces - t&#233;nues mais non d&#233;chiffrables - de l'&#233;criture &#8220;pr&#233;alable&#8221; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Jorge Luis Borges, &lt;i&gt;Fictions&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;center&gt;&lt;iframe width=&#034;660&#034; height=&#034;415&#034; src=&#034;https://www.youtube.com/embed/KOOq3n0EpDc&#034; title=&#034;&#034; frameborder=&#034;0&#034; allow=&#034;accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share&#034; referrerpolicy=&#034;strict-origin-when-cross-origin&#034; allowfullscreen&gt;&lt;/iframe&gt;&lt;/center&gt;
&lt;p&gt;La nostalgie est un secret. L'&#233;ph&#233;m&#232;re dissipe nos chemins au conna&#238;tre et sa faille r&#233;dime l'autre. Le sens est &#233;ph&#233;m&#232;re. Chaque chose est comme au bord d'un pr&#233;cipice. Dans les interstices, les &#233;carts, les distances infimes. De toute fa&#231;on, les id&#233;es, je ne les vois pas. Quelque chose est retenu, quelque chose s'inscrit, un souvenir du monde vivant s'imprime et se suspend. Un &#233;cart entre ce qui est dit et la r&#233;alit&#233;. Ce qui ne se voit pas n'existe pas. L'impalpable est irr&#233;el. Pouvons-nous nous d&#233;placer sans &#234;tre conscients de la distance ? Appara&#238;tre, dispara&#238;tre, partir, revenir. La suspension des d&#233;tails. Le pr&#233;sent &#224; travers soi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans &lt;i&gt;Lire ensemble : &#201;changer, arpenter, cartographier&lt;/i&gt;, paru aux &#233;ditions Premier Parall&#232;le en 2026, Thibault Le Page propose dix-sept exercices con&#231;us pour d&#233;couvrir le go&#251;t de lire ensemble. Dans ces pistes pour initier et soutenir des temps collectifs autour du livre, il consacre notamment un des chapitres aux bo&#238;tes &#224; livres. Depuis le d&#233;but du mois, je me suis lanc&#233; dans la prise de photos r&#233;guli&#232;re de tous les livres qui sont d&#233;pos&#233;s dans la boite qui se trouve dans la rue Eug&#232;ne-Varlin, o&#249; je vis &#224; Paris, situ&#233;e devant les bureaux de l'AVVEJ, association de protection de l'enfance, en face de la librairie du Canal. Je passe deux &#224; quatre fois par jour devant et je photographie syst&#233;matiquement les livres et les revues qui se trouvent &#224; l'int&#233;rieur. Pour l'instant, je n'ai pas encore d'id&#233;es pr&#233;cises de ce que je vais faire de ce travail en cours, quels textes &#233;crire en regard de ces images, sans doute une r&#233;flexion sur le livre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans son livre &lt;i&gt;Gros &#339;uvre&lt;/i&gt;, Joy Sorman raconte qu'elle a souhait&#233; passer &#171; une nuit enti&#232;re dans la salle du comit&#233; central &#187;, sous la coupole du si&#232;ge du Parti communiste. En profitant de l'ouverture exceptionnelle du lieu pour cause de canicule, le b&#226;timent &#233;tant climatis&#233;, devant l'affluence des visiteurs qui emplissent tout l'espace et le brouhaha qu'ils provoquent, je repense &#224; ce que l'autrice &#233;crit sur l'acoustique du lieu : &#171; Le moindre mouvement prend une ampleur sonore et spatiale disproportionn&#233;e, cette pi&#232;ce n'est pas &#224; mes dimensions mais &#224; celles d'une r&#233;union publique agit&#233;e. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est une question d'intention. Prendre en photo les personnes qu'on croise dans leur environnement. Cela suppose d'&#234;tre &#224; l'aff&#251;t, de voir ce qui va arriver avant qu'il survienne, d'anticiper son positionnement et de ma&#238;triser son geste pour capter la sc&#232;ne dans son ensemble, dans le mouvement. Arr&#234;ter le temps et saisir l'espace dans une photographie. Il y a cet homme qui dort par terre place de la R&#233;publique, la position de ses mains au niveau de son cou comme pour se prot&#233;ger. Ces trois personnes discutant devant un caf&#233;. Un jeune Japonais &#233;l&#233;gant devant la devanture d'un magasin d'encadrement. Une jeune femme qui regarde dans ma direction, au milieu de la rue. Un homme qui t&#233;l&#233;phone, une cigarette &#224; la main, devant un panneau interdisant l'acc&#232;s &#224; la voie pi&#233;tonne pour cause de chantier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans cette partie du parc de Belleville, o&#249; je suis venu voir &lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;https://www.paris.fr/dossiers/en-remontant-la-rue-vilin-254&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;l'itin&#233;raire autour de Perec, &lt;i&gt;en remontant la rue Villin&lt;/i&gt;&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;, comme dans de nombreux parcs et jardins de la ville, l'endroit est squatt&#233; par des personnes qui y dorment ou y passent la journ&#233;e &#224; l'abri de la chaleur. Ils s'y installent durablement et laissent les lieux dans le d&#233;sordre d'une chambre qu'on quitte &#224; la h&#226;te sans faire son lit.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Journal du regard : Juin 2026</title>
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		<dc:date>2026-07-01T07:00:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Pierre M&#233;nard</dc:creator>


		<dc:subject>Architecture</dc:subject>
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		<dc:subject>Cin&#233;ma</dc:subject>
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		<dc:subject>Sensation</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Chaque mois, un film regroupant l'ensemble des images prises au fil des jours, le mois pr&#233;c&#233;dent, et le texte qui s'&#233;crit en creux. &lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; Une sorte de palimpseste, dans lequel doivent transpara&#238;tre les traces - t&#233;nues mais non d&#233;chiffrables - de l'&#233;criture &#8220;pr&#233;alable&#8221; &#187;. &lt;br class='autobr' /&gt;
Jorge Luis Borges, Fictions &lt;br class='autobr' /&gt;
Dans L'Inconnu de la Grande Arche, le cin&#233;aste St&#233;phane Demoustier dresse le portrait de l'architecte danois Johan Otto von Spreckelsen, &#224; l'origine de la construction de l'arche de la D&#233;fense. (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.liminaire.fr/chronique/journal/" rel="directory"&gt;Journal&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/biographie" rel="tag"&gt;Biographie&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/cinema" rel="tag"&gt;Cin&#233;ma&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/journal" rel="tag"&gt;Journal&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/recit" rel="tag"&gt;R&#233;cit&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/video" rel="tag"&gt;Vid&#233;o&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/ville" rel="tag"&gt;Ville&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/paysage" rel="tag"&gt;Paysage&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/journal-du-regard" rel="tag"&gt;Journal du regard&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/zoo-project" rel="tag"&gt;Zoo Project&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/derive" rel="tag"&gt;D&#233;rive&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/memoire" rel="tag"&gt;M&#233;moire&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/quotidien" rel="tag"&gt;Quotidien&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/sensation" rel="tag"&gt;Sensation&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.liminaire.fr/local/cache-vignettes/L150xH84/capture_d_e_cran_2026-06-27_a_17.40_57-c77e7.png?1782889465' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='84' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;i&gt;Chaque mois, un film regroupant l'ensemble des images prises au fil des jours, le mois pr&#233;c&#233;dent, et le texte qui s'&#233;crit en creux.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Une sorte de palimpseste, dans lequel doivent transpara&#238;tre les traces - t&#233;nues mais non d&#233;chiffrables - de l'&#233;criture &#8220;pr&#233;alable&#8221; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Jorge Luis Borges, &lt;i&gt;Fictions&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;center&gt;&lt;iframe width=&#034;660&#034; height=&#034;415&#034; src=&#034;https://www.youtube.com/embed/XQBsy2YxmB8&#034; title=&#034;&#034; frameborder=&#034;0&#034; allow=&#034;accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share&#034; referrerpolicy=&#034;strict-origin-when-cross-origin&#034; allowfullscreen&gt;&lt;/iframe&gt;&lt;/center&gt;
&lt;p&gt;Dans &lt;i&gt;L'Inconnu de la Grande Arche&lt;/i&gt;, le cin&#233;aste St&#233;phane Demoustier dresse le portrait de l'architecte danois Johan Otto von Spreckelsen, &#224; l'origine de la construction de l'arche de la D&#233;fense. Pour le tournage, les acteurs ne jouent pas dans les d&#233;cors grandeur nature du chantier de la Grande Arche. Ce sont des photos d'archives datant de la construction de l'&#233;difice anim&#233;es par l'interm&#233;diaire d'effets visuels qui reproduisent virtuellement mais de mani&#232;re r&#233;aliste certains environnements, en arri&#232;re-plan des acteurs qui sont ensuite int&#233;gr&#233;s dans les archives anim&#233;es. Ce sont les images d'archive qui sont la mati&#232;re premi&#232;re de l'ensemble des plans larges qui &#233;tablissent les s&#233;quences clefs du film. L'&#233;quipe a m&#234;l&#233; techniques num&#233;riques avanc&#233;es et travail documentaire minutieux &#224; partir d'anciennes images. En revenant dans le 20&#7497; arrondissement, je traverse le square du Docteur-Grancher, o&#249; je n'&#233;tais pas venu depuis bien longtemps. Je suis du c&#244;t&#233; de Gambetta et du cimeti&#232;re du P&#232;re-Lachaise. Je reconnais la forme de la butte autrefois occup&#233;e par des rues et des immeubles. Elle a &#233;t&#233; lib&#233;r&#233;e et a permis l'extension de l'ancien talus v&#233;g&#233;talis&#233;, qui a mis du temps &#224; &#234;tre ouvert au public. Il a conserv&#233; les traces de l'histoire du quartier. Je me souviens d'une peinture de &lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;https://liminaire.fr/mot/zoo-project&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Zoo Project&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt; sur les murs de l'ancienne Maison de la formation Martin Nadaud qui faisait l'angle de la rue Gasnier-Guy. L'&#339;uvre repr&#233;sentait un pigeon dont on ouvrait le dos pour couper les fils &#224; l'int&#233;rieur. Elle s'est lentement d&#233;t&#233;rior&#233;e au fil des ann&#233;es avant d'&#234;tre d&#233;truite, l'ancien b&#226;timent ayant &#233;t&#233; remplac&#233; par un immeuble d'habitation. Toutes les peintures de Bilal Berreni ont presque enti&#232;rement disparu des fa&#231;ades parisiennes. Le film de St&#233;phane Demoustier parvient &#224; transformer des photographies d'archives en plans anim&#233;s au service d'une fiction. Je garde pour ma part la trace secr&#232;te de mon parcours &#224; travers ces lieux travers&#233;s autrefois.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous marchons &#224; travers les ruelles de Suresnes pour rejoindre le Mont-Val&#233;rien. En longeant les bords de la Seine, un point d'embarquement ravive le souvenir d'un trajet en bateau jusqu'&#224; Paris &#224; la nuit tombante. Nous finissons par entrer dans le parc de Saint-Cloud. Une all&#233;e nous plonge dans le cadre d'un tableau de Vassily Kandinsky. Sous la vo&#251;te des arbres, deux jeunes nonnes discutent des difficult&#233;s de leur quotidien. Nous parvenons ensuite &#224; la terrasse. Jardin &#224; la fran&#231;aise, avec ses bassins entour&#233;s par des arbustes taill&#233;s en c&#244;ne. Je ne peux m'emp&#234;cher de penser &#224; &lt;i&gt;L'Ann&#233;e derni&#232;re &#224; Marienbad&lt;/i&gt;. &#171; Avant d'arriver jusqu'&#224; vous, avant de vous rejoindre, vous ne savez pas tout ce qu'il a fallu traverser. Et maintenant vous &#234;tes l&#224; o&#249; je vous ai men&#233;e, et vous vous d&#233;robez encore. Mais vous &#234;tes l&#224; dans ce jardin, &#224; port&#233;e de ma main, &#224; port&#233;e de ma voix, &#224; port&#233;e de regard, &#224; port&#233;e de ma main. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les hasards du calendrier (des formations que j'anime et de celles auxquelles j'assiste) me conduisent &#224; venir plusieurs fois de suite, en un temps r&#233;duit, au m&#234;me endroit, apr&#232;s &#234;tre rest&#233; tr&#232;s longtemps sans m'y rendre. Je ne me lasse pas de la vue qu'on a depuis le couloir du dernier &#233;tage de la m&#233;diath&#232;que Buffon. Les b&#226;timents de la galerie de botanique. Les galeries de pal&#233;ontologie et d'anatomie compar&#233;e, de part et d'autre de l'all&#233;e Jussieu. Le discret jardin d'iris et de plantes vivaces.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alors que je suis en formation sur la gestion d'une r&#233;gie technique &#224; la m&#233;diath&#232;que Marguerite-Duras, je fais ma pause m&#233;ridienne dans le cimeti&#232;re de Charonne tout proche. Le soleil est insoutenable. Je me faufile entre les ombres des arbres &#224; la recherche d'un peu de fra&#238;cheur. Je re&#231;ois un message qui me sugg&#232;re de repousser la marche-lectures que nous avons pr&#233;vu de proposer &#224; l'occasion de la parution de &lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;https://liminaire.fr/projets/article/rien-que-les-heures&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Rien que les heures&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;, &#224; cause des trop fortes chaleurs. Quelques jours plus t&#244;t, je m'&#233;tais rendu sur place dans le 14&#7497; arrondissement pour r&#233;aliser un rep&#233;rage sur les lieux du parcours qui structure mon r&#233;cit. En arrivant &#224; la Cit&#233; internationale universitaire de Paris, un lieu que j'affectionne tout particuli&#232;rement, je suis tr&#232;s d&#233;&#231;u. L'immense pelouse centrale est envahie par une architecture &#233;ph&#233;m&#232;re qui ressemble &#224; un d&#233;cor de cin&#233;ma. De hauts murs dont le rev&#234;tement mural &#224; base de chaux de couleur ocre rappelle le tadelakt marocain. Tout le parc est en chantier. De nombreux endroits inaccessibles. Je d&#233;couvre apr&#232;s coup que le parc a &#233;t&#233; privatis&#233; pour un d&#233;fil&#233; de mode de Pharrell Williams pour Louis Vuitton. Les images diffus&#233;es de l'&#233;v&#233;nement sont en d&#233;calage avec la situation travers&#233;e par la plupart d'entre nous, &#224; leur domicile, dans les transports ou sur leur lieu de travail. Une vague artificielle forme une cascade dont l'eau retombe sur une plage de sable au milieu de laquelle les mannequins d&#233;filent devant un parterre de privil&#233;gi&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'endroit est d&#233;sert, &#233;cras&#233; par la chaleur caniculaire. De loin, on ne parvient pas &#224; savoir si la Philharmonie est ouverte. J'aper&#231;ois pourtant des lumi&#232;res. Les silhouettes de visiteurs glissent derri&#232;re les vitres. Je fais le tour du b&#226;timent. Je le filme sous tous les angles, comme si je le voyais pour la premi&#232;re fois. Les motifs d'oiseaux, du bardage en fonte d'aluminium, qui sont d&#233;clin&#233;s en quatre teintes, du gris clair au noir, recomposent leur nu&#233;e au gr&#233; de la lumi&#232;re. J'entre dans l'ascenseur, toujours un pincement au c&#339;ur au moment o&#249; les portes se referment derri&#232;re moi, inquiet qu'il puisse se bloquer entre deux &#233;tages et que je reste enferm&#233; &#224; l'int&#233;rieur. Peur enfantine. Le bouton pour acc&#233;der au dernier &#233;tage ne fonctionne pas. J'appuie sur celui du rez-de-chauss&#233;e. Le m&#233;canisme de l'engin se met en marche dans un bruit d&#233;concertant. Le belv&#233;d&#232;re est exceptionnellement ferm&#233; aujourd'hui.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Ce que l'on croyait perdu</title>
		<link>https://www.liminaire.fr/chronique/entre-les-lignes/article/ce-que-l-on-croyait-perdu</link>
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		<dc:date>2026-06-14T07:00:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Pierre M&#233;nard</dc:creator>


		<dc:subject>Biographie</dc:subject>
		<dc:subject>Journal</dc:subject>
		<dc:subject>Photographie</dc:subject>
		<dc:subject>Biblioth&#232;que</dc:subject>
		<dc:subject>Paysage</dc:subject>
		<dc:subject>Contacts successifs</dc:subject>
		<dc:subject>Quotidien</dc:subject>
		<dc:subject>Sensation</dc:subject>
		<dc:subject>R&#234;ve</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Choses qui &#233;gayent le c&#339;ur &lt;br class='autobr' /&gt;
Entendre parler italien dans la rue. Voir deux vieux voisins chinois se serrer la main. Emprunter un chemin pour la premi&#232;re fois. Un voile transparent qui se soul&#232;ve r&#233;guli&#232;rement sous le souffle d'un vent qu'on ne per&#231;oit pas sur son visage. Une femme qui danse seule dans la rue. La musique d'une fanfare au milieu de la foule d'un vide-grenier. Comprendre un jeu de mots longtemps apr&#232;s l'avoir entendu. L'odeur sucr&#233;e du ch&#232;vrefeuille. &lt;br class='autobr' /&gt;
Quai de Valmy, Canal (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.liminaire.fr/chronique/entre-les-lignes/" rel="directory"&gt;Entre les lignes&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/biographie" rel="tag"&gt;Biographie&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/journal" rel="tag"&gt;Journal&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/photographie" rel="tag"&gt;Photographie&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/bibliotheque" rel="tag"&gt;Biblioth&#232;que&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/paysage" rel="tag"&gt;Paysage&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/contacts-successifs" rel="tag"&gt;Contacts successifs&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/quotidien" rel="tag"&gt;Quotidien&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/sensation" rel="tag"&gt;Sensation&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/reve" rel="tag"&gt;R&#234;ve&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.liminaire.fr/local/cache-vignettes/L150xH75/contacts_succcessifs_10_1_-2-97349.png?1781420624' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='75' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Choses qui &#233;gayent le c&#339;ur&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Entendre parler italien dans la rue. Voir deux vieux voisins chinois se serrer la main. Emprunter un chemin pour la premi&#232;re fois. Un voile transparent qui se soul&#232;ve r&#233;guli&#232;rement sous le souffle d'un vent qu'on ne per&#231;oit pas sur son visage. Une femme qui danse seule dans la rue. La musique d'une fanfare au milieu de la foule d'un vide-grenier. Comprendre un jeu de mots longtemps apr&#232;s l'avoir entendu. L'odeur sucr&#233;e du ch&#232;vrefeuille.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_8782 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.liminaire.fr/IMG/jpg/55310092559_54390347db_k.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.liminaire.fr/local/cache-vignettes/L500xH333/55310092559_54390347db_k-e9d49.jpg?1781420624' width='500' height='333' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;center&gt;Quai de Valmy, Canal Saint-Martin, Paris 10&#232;me, 2 juin 2026&lt;/center&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Un lieu vide&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les d&#233;cors autour de nous ne s'effondrent pas, ils se vident. Sentiment d'absurde qu'on vit en ce moment. On se l&#232;ve, on va au travail mais il n'y a personne. Il n'y a plus de meubles. Plus de tables, plus de chaises. C'est une angoisse tr&#232;s forte qui resurgit. Comme dans ce r&#234;ve : J'arrive tr&#232;s t&#244;t au travail ce matin. Les espaces de la biblioth&#232;que sont d&#233;serts. Ce qui m'&#233;tonne car les n&#233;ons sont d&#233;j&#224; allum&#233;s, &#224; moins qu'on ait oubli&#233; de les &#233;teindre la veille au soir. Les &#233;crans aussi sont allum&#233;s. Je traverse l'open space. Pour rejoindre mon bureau &#224; l'&#233;tage, je prends l'ascenseur. Sur chaque bouton, ce ne sont pas les &#233;tages qui sont inscrits, mais les jours de la semaine. J'appuie sur mardi. Les portes se ferment derri&#232;re moi. Quand elles se rouvrent, je traverse un supermarch&#233; enti&#232;rement vide. Pas de produits dans les rayonnages, pas de musique. Au rayon des surgel&#233;s, une femme passe la serpilli&#232;re. Ce n'est pas la femme de m&#233;nage qui travaille habituellement &#224; la biblioth&#232;que. Je lui demande o&#249; sont les usagers. Je me reprends. Les clients. Elle me r&#233;pond qu'ils sont d&#233;j&#224; rentr&#233;s chez eux. Je continue jusqu'au parking souterrain. Un lieu vide, angoissant. Aucune voiture. Je cherche en vain la sortie, mais chaque porte donne sur un autre couloir identique. Le sentiment d'absurde dans ces espaces de transit, de seuils, de passages.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le monde est multitude et solitude&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pendant la lecture de &lt;i&gt;Rien que les heures&lt;/i&gt; &#224; la m&#233;diath&#232;que Fran&#231;oise Sagan, en compagnie d'Anne Savelli et de Joachim S&#233;n&#233;, je me suis senti ailleurs. Je me sentais bien, j'avais r&#233;p&#233;t&#233; plusieurs fois ma lecture. L'alternance de nos voix, leur compl&#233;mentarit&#233;, me portait. La pr&#233;sence confiante des amis dans la salle comme sur la sc&#232;ne. Leur attention touchante. Concentr&#233; sur la lecture du texte, je me suis d&#233;doubl&#233;. J'&#233;tais &#224; la fois l&#224; en train de lire mon texte, mais je ne pensais pas vraiment &#224; ce que je faisais, j'avais l'impression de me d&#233;doubler pour vivre la sc&#232;ne autrement. En l&#233;ger d&#233;calage. Je n'&#233;tais pas tendu, inquiet, ni stress&#233;, ni pr&#233;occup&#233;. Je me sentais serein, d&#233;tach&#233;. Je flottais au-dessus de la sc&#232;ne. On voit parfois au cin&#233;ma des sc&#232;nes similaires, des moments o&#249; le personnage agit pendant qu'on entend sa voix int&#233;rieure exprimer ce qu'il pense, ce qu'il ressent. J'ai eu soudain l'impression que je sortais de mon enveloppe corporelle alors que j'&#233;tais bien sur sc&#232;ne. Une dr&#244;le d'impression.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_8783 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.liminaire.fr/IMG/jpg/55319144796_d34bda8389_k.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.liminaire.fr/local/cache-vignettes/L500xH334/55319144796_d34bda8389_k-0827a.jpg?1781420624' width='500' height='334' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;center&gt;Place de la libert&#233;, Saint-Guilhem-le-D&#233;sert, H&#233;rault, 19 juillet 2013&lt;/center&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Dans l'&#233;vidence du d&#233;cisif&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Regarder le paysage. Figer la perspective. En r&#233;p&#233;tant les m&#234;mes phrases pour se tenir compagnie. Ne plus rien faire jusqu'au lendemain. Les signes se transforment pour changer le sens du message initial. Les intuitions cach&#233;es nous traversent. Co&#239;ncidences troublantes, faisceau d'indices. Sur le visage comme un oubli. Mouvements dans la p&#233;nombre. Comme une nuit dans la nuit, une nuit plus profonde. Raconter ce souvenir intime, secret, plusieurs fois. Une longue suite d'&#233;chos ressassant le r&#233;el jusqu'&#224; le faire d&#233;border. La pens&#233;e derri&#232;re les pens&#233;es. Une esquisse de r&#233;ponse face &#224; ce qui dispara&#238;t. Rester en mouvement. Ce n'est pas nouveau, mais exag&#233;r&#233; &#224; l'extr&#234;me. La source de lumi&#232;re, o&#249; va-t-elle ? La curiosit&#233; est une autre forme du d&#233;sir. Je suis incorrigible. Et lorsque tout s'arr&#234;tera, c'est ce qu'il restera.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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