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	<title>LIMINAIRE</title>
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	<description>Une palpitation, un mouvement encore immobile, un espace de sursis dans la dissolution.</description>
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		<title>LIMINAIRE</title>
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		<title>L'essence du temps, de l'espace, de l'univers</title>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Pierre M&#233;nard</dc:creator>


		<dc:subject>Architecture</dc:subject>
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		<dc:subject>Biographie</dc:subject>
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		<dc:subject>Michelangelo Antonioni</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Situ&#233;e au fin fond d'un village de vacances, Costa Paradiso, une succession de villas monotones surplombe la mer. On pousse un peu plus loin, par curiosit&#233;. Du sentier, on n'aper&#231;oit qu'un morceau de toit couleur cendre &#233;gar&#233; dans la v&#233;g&#233;tation. L'acc&#232;s est interdit. Un cadenas prot&#232;ge le portail mais il est possible de se frayer un chemin. Tout au bout, on d&#233;couvre une villa &#224; l'abandon. Les fen&#234;tres et les portes ont &#233;t&#233; condamn&#233;es par des planches grossi&#232;res, le verre de certaines vitres (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.liminaire.fr/ecriture/au-lieu-de-se-souvenir/" rel="directory"&gt;Au lieu de se souvenir&lt;/a&gt;

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		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.liminaire.fr/local/cache-vignettes/L148xH150/dante-bini-pour-m-vitti-m-antonioni-photo-francois-halard-2020-3-2048x2048_1_-84f67.jpg?1784445335' class='spip_logo spip_logo_right spip_logo_survol' width='148' height='150' alt=&#034;&#034; data-src-hover=&#034;IMG/logo/dante-bini-pour-m-vitti-m-antonioni-photo-francois-halard-2020-4-2048x2048_1_.jpg?1784445288&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Situ&#233;e au fin fond d'un village de vacances, &lt;i&gt;Costa Paradiso&lt;/i&gt;, une succession de villas monotones surplombe la mer. On pousse un peu plus loin, par curiosit&#233;. Du sentier, on n'aper&#231;oit qu'un morceau de toit couleur cendre &#233;gar&#233; dans la v&#233;g&#233;tation. L'acc&#232;s est interdit. Un cadenas prot&#232;ge le portail mais il est possible de se frayer un chemin. Tout au bout, on d&#233;couvre une villa &#224; l'abandon. Les fen&#234;tres et les portes ont &#233;t&#233; condamn&#233;es par des planches grossi&#232;res, le verre de certaines vitres bris&#233;es, la surface ciment&#233;e de sa rotonde s'effrite au soleil, laissant appara&#238;tre par endroits le b&#233;ton nu. Ici, l'action cumul&#233;e du sel de la mer et du soleil corrode tout. Le vent dans la r&#233;gion, terrible l'hiver, finit le travail de cette lente d&#233;sagr&#233;gation. Au milieu des &#233;tranges formations rocheuses d'une c&#244;te accident&#233;e faite de granit rouge&#226;tre, le sommet d'une coupole se profile. Du granit local a &#233;t&#233; ajout&#233; au ciment pour rapprocher sa couleur de celle des rochers alentour. Quand on s'approche, avant m&#234;me d'entrer, on distingue des graffitis sur les murs blancs de la pi&#232;ce principale. La terrasse de granit rose, en plein soleil, est livr&#233;e aux l&#233;zards et aux insectes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le sommet du d&#244;me est audacieusement d&#233;coup&#233; selon une forme libre qui ouvre l'espace. On imagine un jardin central plant&#233; de fleurs et de v&#233;g&#233;tation locale, baign&#233; de soleil et de pluie, selon la saison. C'est une maison sans murs porteurs. Ses larges fen&#234;tres, dont les dimensions rappellent le format allong&#233; de certains films, forment une ouverture discr&#232;te vers l'ext&#233;rieur, la mer &#224; perte de vue, laissant entrer la lumi&#232;re mais pas la chaleur. Elles lib&#232;rent un espace int&#233;rieur sans entraves. Ce lieu d&#233;sert&#233;, &#224; l'abandon, invite &#224; y d&#233;ambuler comme si on &#233;tait chez soi. On p&#233;n&#232;tre sous le d&#244;me de cet &#233;difice aux formes futuristes, ce blockhaus un peu d&#233;labr&#233;, qui para&#238;t s'&#234;tre fig&#233; dans un temps oubli&#233;, sur la forme duquel semble encore flotter aujourd'hui l'utopie d'un concept alternatif de vie et d'habitat.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans les diff&#233;rents espaces de cette maison, la seule vision ne peut suffire pour en appr&#233;cier la beaut&#233;. Une baie vitr&#233;e incurv&#233;e fait le tour de la fa&#231;ade pour laisser entrer la lumi&#232;re du jour et offrir une vue imprenable sur la M&#233;diterran&#233;e depuis le salon principal. &#192; l'&#233;tage, les chambres disposent chacune de leur propre balcon int&#233;gr&#233; &#224; la structure du d&#244;me, donnant un acc&#232;s direct &#224; l'ext&#233;rieur et surplombant le littoral. L'architecture se donne &#224; voir avant de se vivre, d'en ressentir les espaces, au fil des saisons, des changements de lumi&#232;re, de temp&#233;rature. On oublie d'appr&#233;hender le lieu avec tous nos sens. Les b&#226;timents peuvent &#234;tre ressentis par tout le corps. Toute exp&#233;rience de l'architecture doit &#234;tre multisensorielle. Les qualit&#233;s de l'espace, de la mati&#232;re et de l'&#233;chelle sont ainsi appr&#233;hend&#233;es &#224; parts &#233;gales par l'&#339;il, l'oreille, le nez, la peau, la langue, le squelette et les muscles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#232;s qu'on entre &#224; l'int&#233;rieur, notre perception du lieu change totalement. En me promenant dans la villa, dans ce labyrinthe d'espaces int&#233;rieurs et ext&#233;rieurs. En m'asseyant sur les marches de dalles brutes encastr&#233;es dans le mur int&#233;rieur circulaire qui conduit &#224; l'&#233;tage des chambres, j'ai l'impression d'entrer en relation avec les personnes qui ont v&#233;cu ici entre les ann&#233;es 70 et 80. Tout est sensuellement diff&#233;rent, en termes de temp&#233;rature, de sons et d'odeurs, par rapport &#224; l'ext&#233;rieur, sous l'&#233;crasant soleil m&#233;diterran&#233;en. Les propri&#233;t&#233;s isolantes des parois procurent imm&#233;diatement une sensation de fra&#238;cheur. L'int&#233;rieur caverneux du d&#244;me cr&#233;e &#233;galement un &#233;cho qui att&#233;nue le chant des grillons et le bruit de la mer &#224; l'ext&#233;rieur tout en reproduisant doucement le bruit de nos pas et nos cris de joie. Il r&#232;gne une odeur d'humidit&#233; et de moisi, probablement due &#224; des ann&#233;es de n&#233;gligence d'entretien, qui contraste avec l'air sal&#233; et les herbes m&#233;diterran&#233;ennes qui chatouillent nos narines. Depuis la terrasse, un escalier descend le long des falaises rouges jusqu'&#224; la mer. Personne alentour, on pourrait se baigner nu sans &#234;tre vu. Depuis cette crique isol&#233;e, la maison est invisible.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_8823 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.liminaire.fr/IMG/jpg/ad_2021_10_cupola_antonioni_01.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.liminaire.fr/local/cache-vignettes/L500xH324/ad_2021_10_cupola_antonioni_01-842b2.jpg?1784444426' width='500' height='324' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;center&gt;Photographie de Diana Lanciotti&lt;/center&gt;
&lt;p&gt;En 1964, Michelangelo Antonioni et Monica Vitti se rendent sur l'&#238;le de Budelli, dans l'archipel de la Madeleine, au nord de la Sardaigne, pour les besoins de leur nouveau film, &lt;i&gt;Le D&#233;sert rouge&lt;/i&gt;. Apr&#232;s le tournage d'une s&#233;quence film&#233;e sur une plage de sable d'un rose d&#233;licat form&#233;e de minuscules fragments de coquillages et de coraux, cern&#233;e par des eaux turquoise et des gen&#233;vriers &#233;meraude, le couple cherche &#224; s'installer dans la r&#233;gion. Le propri&#233;taire d'un hameau isol&#233; au nord de la Sardaigne leur fait don d'un terrain dans son village de vacances en construction &#224; &lt;i&gt;Costa Paradiso&lt;/i&gt;, anciennement baptis&#233; la &lt;i&gt;Costa Nera&lt;/i&gt;, la C&#244;te noire. Conquis, le cin&#233;aste commande &#224; l'architecte italien, Dante Bini, la construction d'une &#339;uvre architecturale hors norme dans cet endroit sauvage de l'&#238;le : &lt;i&gt;La Cupola&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le fils de Giuliana, Valerio, est soudainement paralys&#233; de la taille aux pieds. Craignant qu'il ait contract&#233; la polio, Giuliana essaie de le r&#233;conforter avec l'histoire d'une jeune fille qui vit sur une &#238;le et nage au large d'une plage dans une crique isol&#233;e. La jeune fille vit en osmose avec son environnement. Un myst&#233;rieux voilier s'approche du large, et d&#232;s lors, tous les rochers de la crique semblent s'animer et chanter d'une seule voix. Peu de temps apr&#232;s, Giuliana d&#233;couvre que Valerio faisait seulement semblant d'&#234;tre paralys&#233;. Incapable d'imaginer pourquoi son fils ferait une chose aussi cruelle, le sentiment de solitude et d'isolement de Giuliana revient.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip_document_8803 spip_document spip_documents spip_document_video spip_documents_center spip_document_center&#034;&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt;
&lt;div class=&#034;video-intrinsic-wrapper&#034; style='height:0;width:640px;max-width:100%;padding-bottom:56.25%;position:relative;'&gt; &lt;div class=&#034;video-wrapper&#034; style=&#034;position: absolute;top:0;left:0;width:100%;height:100%;&#034;&gt; &lt;video class=&#034;mejs mejs-8803&#034; data-id=&#034;5289b2656d10bbd266bab3d23685d46e&#034; data-mejsoptions='{&#034;iconSprite&#034;: &#034;plugins-dist/medias/lib/mejs/mejs-controls.svg&#034;,&#034;alwaysShowControls&#034;: true,&#034;pluginPath&#034;:&#034;plugins-dist/medias/lib/mejs/&#034;,&#034;loop&#034;:false,&#034;videoWidth&#034;:&#034;100%&#034;,&#034;videoHeight&#034;:&#034;100%&#034;,&#034;duration&#034;:206}' width=&#034;100%&#034; height=&#034;100%&#034; controls=&#034;controls&#034; preload=&#034;none&#034; &gt; &lt;source type=&#034;video/mp4&#034; src=&#034;IMG/mp4/pepita_isetta_che_segui_da_vicino_la_nascita_della_cupola_racconta_la_vita_di_michelangelo_ant.mp4&#034; /&gt; &lt;img src='https://www.liminaire.fr/local/cache-vignettes/L64xH64/mp4-d7cc4-f1e42.svg?1773952650' width='64' height='64' alt='Impossible de lire la video' /&gt; &lt;/video&gt; &lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
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&lt;/div&gt;&lt;center&gt;&lt;i&gt;La Cupola&lt;/i&gt;, extrait du documentaire r&#233;alis&#233; par Volker Sattel en 2016&lt;/center&gt;
&lt;p&gt;&#192; la fin du film, Giuliana se dirige vers un navire &#224; quai o&#249; elle rencontre un marin &#233;tranger et lui demande si le navire prend des passagers. Elle essaie de lui communiquer ses sentiments, mais il ne peut pas comprendre ses paroles. Reconnaissant la r&#233;alit&#233; de son isolement, elle dit simplement : &#171; Nous sommes tous s&#233;par&#233;s. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le metteur en sc&#232;ne passe une semaine sur les lieux avec l'architecte, afin de s'impr&#233;gner de ce qui doit &#234;tre l'essence de la maison : un &#171; environnement sculptural &#187;, une coquille vide. Antonioni dira : &#171; Je veux sentir l'odeur des rochers. &#187; Il voulait que l'architecte s'impr&#232;gne de l'environnement pendant des jours entiers. &#171; On peut sentir ici l'essence du temps, de l'espace, de l'univers ! &#187; Il l'a invit&#233; &#224; observer la direction des vents dominants, lui a fait &#233;couter le fracas des vagues se brisant sur les rochers, sentir l'odeur de la v&#233;g&#233;tation locale et, &#224; l'occasion d'un bref orage d'&#233;t&#233;, appr&#233;cier le plaisir de la pluie sur la peau. Antonioni mettait en pratique, dans sa vie quotidienne, des rituels et certaines routines cherchant &#224; &#233;tablir un lien sensible avec son environnement. Selon ses propres mots : &#171; Le sujet de mes films na&#238;t toujours du paysage, d'un site, d'un lieu que je souhaite explorer. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dante Bini est un architecte italien des ann&#233;es 1960. Il est notamment connu pour ses constructions &#233;labor&#233;es gr&#226;ce &#224; son brevet &lt;i&gt;Binishell&lt;/i&gt;, un syst&#232;me utilisant une fine coque en b&#233;ton arm&#233; en forme de d&#244;me, soulev&#233;e par gonflage &#224; l'air. Le b&#233;ton est coul&#233; sur une membrane circulaire renforc&#233;e d'une structure en acier, gonfl&#233;e au moyen d'un ventilateur jusqu'&#224; atteindre la hauteur d&#233;sir&#233;e, en maintenant une pression constante. Une fois le b&#233;ton durci, le ventilateur est arr&#234;t&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tandis qu'Antonioni s'affaire &#224; la construction de sa maison, comme on &#233;crit le sc&#233;nario d'un film avant de le r&#233;aliser, Monica Vitti, qui n'appr&#233;cie ni l'avion ni le bateau, seuls moyens de transport pour rejoindre l'&#238;le, s'&#233;loigne rapidement du lieu et se lasse de leur histoire. On raconte que la jeune femme aurait eu une liaison avec le directeur de la photographie du &lt;i&gt;D&#233;sert Rouge&lt;/i&gt;, Carlo di Palma. Les rumeurs se confirment. Le couple se s&#233;pare en 1966. Les travaux de la coupole sont achev&#233;s quatre ans plus tard. Antonioni continuera de s'y rendre de loin en loin. On dit qu'il a &#233;crit sur place le sc&#233;nario de son film &lt;i&gt;Zabriskie Point&lt;/i&gt;. Il y emm&#232;nera Enrica Fico, actrice qu'il rencontre en 1972 et avec laquelle il partage la fin de sa vie. Il y accueille un &#233;t&#233; le cin&#233;aste Andre&#239; Tarkovski qui y travaille, avec le sc&#233;nariste Tonino Guerra, &#224; l'&#233;criture de &lt;i&gt;Nostalghia&lt;/i&gt; en 1983.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Qu'est-ce que je regarde ?</title>
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		<dc:creator>Pierre M&#233;nard</dc:creator>


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		<description>
&lt;p&gt;David Solomons, Marble Arch Subway, 2008 &lt;br class='autobr' /&gt;
David Solomons est un photographe anglais, n&#233; le 31 d&#233;cembre 1965. Il a &#233;tudi&#233; la photographie documentaire &#224; Newport entre 1993 et 1996. Pendant cette p&#233;riode, il est pass&#233; de la photographie en noir et blanc &#224; la couleur. Sa premi&#232;re s&#233;rie photographique, Underground, a &#233;t&#233; achev&#233;e lors de ses &#233;tudes &#224; Newport. Il y explore le m&#233;tro de Londres en utilisant la lumi&#232;re artificielle. Il photographie les rues de Londres et ses habitants. Il &#233;dite des (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.liminaire.fr/local/cache-vignettes/L150xH100/arton1889-862a0-c15d7.jpg?1782630299' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='100' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;David Solomons, &lt;i&gt;Marble Arch Subway&lt;/i&gt;, 2008&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;https://bumpbooks.com/davidsolomons&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;David Solomons&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt; est un photographe anglais, n&#233; le 31 d&#233;cembre 1965. Il a &#233;tudi&#233; la photographie documentaire &#224; Newport entre 1993 et 1996. Pendant cette p&#233;riode, il est pass&#233; de la photographie en noir et blanc &#224; la couleur. Sa premi&#232;re s&#233;rie photographique, &lt;i&gt;Underground&lt;/i&gt;, a &#233;t&#233; achev&#233;e lors de ses &#233;tudes &#224; Newport. Il y explore le m&#233;tro de Londres en utilisant la lumi&#232;re artificielle. Il photographie les rues de Londres et ses habitants. Il &#233;dite des zines photos chez &lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;https://bumpbooks.com/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Bump Books&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s ses photos du m&#233;tro, David Solomons s'est lanc&#233; dans un projet sur Londres ax&#233; sur la vie urbaine. Londres &#233;tait une ville trop vaste pour pouvoir, selon lui, r&#233;ussir son projet. En 2001, il a r&#233;alis&#233; que le West End &#233;tait g&#233;n&#233;ralement son lieu de pr&#233;dilection pour prendre des photos, et l'expression &#171; &#224; l'Ouest &#187; s'est impos&#233;e &#224; lui. Pendant 12 ans, il a arpent&#233; les quartiers commer&#231;ants anim&#233;s d'Oxford Street et de Covent Garden. Il avoue avoir bu des verres dans presque tous les pubs de Soho et &#234;tre tomb&#233; par hasard sur des dizaines de manifestations, d'&#233;v&#233;nements, de f&#234;tes de rue et de festivals culturels.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J'ai d&#233;couvert son travail sur &lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;https://www.instagram.com/davidsolomons/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Instagram&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;. J'ai &#233;crit &lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;https://liminaire.fr/chronique/entre-les-lignes/article/qu-est-ce-que-tu-regardes&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;plusieurs courts textes &#224; partir de ses photographies&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;, qui figurent dans son livre &lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;https://bumpbooks.com/davidsolomons/upwest&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Up West&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;, pour mon projet des &lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;https://liminaire.fr/mot/les-lignes-de-desir-25&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Lignes de d&#233;sir&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;. J'ai achet&#233; le tirage d'une de ses photographies qui se trouve d&#233;sormais expos&#233;e sur les &#233;tag&#232;res de ma biblioth&#232;que. C'est une photographie prise en 2008 &#224; l'ext&#233;rieur de la station de m&#233;tro de Marble Arch, &#224; Londres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans la plupart de ses photographies, le cadrage dynamique, les lignes de force tr&#232;s marqu&#233;es, retiennent l'attention, dans la vivacit&#233; des mouvements, des positions entre les personnes photographi&#233;es, les espaces qui les r&#233;unissent dans un m&#234;me temps, leurs situations, leurs expressions, leurs relations sautent aux yeux. L'image se donne &#224; voir avec la m&#234;me &#233;vidence que le photographe a r&#233;ussi &#224; saisir l'effervescence de la vie en milieu urbain : les jeux de regards, les gestes esquiss&#233;s. Dans l'image de ce jeune gar&#231;on qui jongle avec son ballon de foot, c'est tout le contraire. Sa solitude nous intrigue, dans le vide de ce lieu, laiss&#233; &#224; l'abandon, que le gar&#231;on utilise comme terrain de jeu, &#224; l'abri des regards, libre de jouer comme il le veut, sans g&#234;ner personne. C'est le temps suspendu de cette sc&#232;ne anodine qu'offre la photographie. Dans ce temps qui nous permet de saisir ce qui est en jeu dans cette image. Ce qui est &#233;crit sur les murs qu'on a vainement tent&#233; d'effacer. La cam&#233;ra de surveillance hors service, ne tenant plus qu'&#224; un fil. Un tag de Bansky sur le mur de b&#233;ton gris qui vient ironiquement en interroger le sens : Qu'est-ce que tu regardes ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Les murs s'effritent avec le temps, et ce qui a &#233;t&#233; &#233;crit dessus, lointaine revendication, s'efface parfois ou perd son sens plus vite que ces publicit&#233;s qui envahissent nos villes. Ici, c'est l'absurdit&#233; du syst&#232;me s&#233;curitaire, un temps d&#233;nonc&#233; sur ce mur gris et nu qu'une cam&#233;ra de surveillance cadrait, on se demande bien pourquoi, peut-&#234;tre pour surprendre ceux qui venaient peindre leurs graffitis interdits. La cam&#233;ra ne fonctionne plus depuis longtemps, pendant &#224; son c&#226;ble &#233;lectrique, inutile. Un jeune gar&#231;on s'est empar&#233; de l'endroit pour y jouer au ballon, le bruit des rebonds l'amuse, lui emplit la t&#234;te. Adroit, il jongle avec sa balle de football qu'il ne quitte pas des yeux, elle tournoie au-dessus de sa t&#234;te, &#224; chaque fois qu'il tape dedans, la balle monte un peu plus haut, toujours plus haut, et la voil&#224; soudain qui s'immobilise en l'air, et se fige, comme ces &#233;toiles qui, la nuit, nous fascinent tant, car elles nous racontent avec leur lumi&#232;re l'histoire de leur disparition.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je regarde ce qui arr&#234;te un temps mon regard sans jamais le fixer, libre de circuler dans ce lieu &#224; l'&#233;cart, cet espace r&#233;duit, d&#233;sol&#233;, dans un angle mort de la ville, attrapant au vol le geste de cet enfant qui r&#233;v&#232;le tous les signes que je n'aurais sans doute pas remarqu&#233;s sans cela, sur les murs qui l'entourent, l'emprisonnent, alors qu'il ne quitte pas des yeux son ballon tournoyant dans l'air, pour mieux le relancer &#224; sa retomb&#233;e. Dans l'ambre du pr&#233;nom AMBER, &#233;crit en lettres capitales, la r&#233;sine fossile s&#233;cr&#233;t&#233;e il y a des millions d'ann&#233;es par des conif&#232;res ou des plantes &#224; fleurs, je retrouve le jaune mordor&#233; des lampes rest&#233;es allum&#233;es en plein jour. Je pense au nom du syst&#232;me d'alerte en cas d'enl&#232;vement d'enfants, AMBER Alert. Le gar&#231;on est seul, sans aucune surveillance. La cam&#233;ra ne fonctionne plus depuis longtemps. Nous le regardons jouer, t&#234;te en l'air, &#224; la fois insouciant et concentr&#233;. La photographie suspend le temps pour nous permettre de circuler &#224; l'int&#233;rieur, de comprendre le sens de ce qui nous entoure, dans le mouvement d'une &#233;criture qui exige l'attention de la lecture. &lt;br&gt;
&lt;br&gt;
&lt;br&gt;
Une travers&#233;e des apparences est une s&#233;rie de textes sur les photographies qui nous accompagnent, fragment d'un monde, arrach&#233; au temps et &#224; l'espace.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Que voit-on vraiment de l&#224; o&#249; l'on est ?</title>
		<link>https://www.liminaire.fr/ecriture/palimpseste/article/que-voit-on-vraiment-de-la-ou-l-on-est</link>
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		<dc:creator>Pierre M&#233;nard</dc:creator>


		<dc:subject>Art</dc:subject>
		<dc:subject>Photographie</dc:subject>
		<dc:subject>Information</dc:subject>
		<dc:subject>R&#233;cit</dc:subject>
		<dc:subject>M&#233;moire</dc:subject>
		<dc:subject>Regard</dc:subject>
		<dc:subject>Temps</dc:subject>
		<dc:subject>Traces</dc:subject>
		<dc:subject>Revue d'ici l&#224;</dc:subject>
		<dc:subject>Publie.net</dc:subject>
		<dc:subject>&#201;tats-Unis</dc:subject>
		<dc:subject>Mus&#233;e</dc:subject>
		<dc:subject>Fant&#244;me</dc:subject>
		<dc:subject>Soci&#233;t&#233;</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Zoe Leonard, Drop Off A.M. Pick Up P.M. 1999/2000 &lt;br class='autobr' /&gt;
Devant la vitrine d'un pressing, deux vieilles chaises d&#233;pareill&#233;es, assises, dossiers en bois et pieds m&#233;talliques. Une chaise d'architecte, une chaise d'&#233;colier. Personne sur la photo. On sent pourtant une pr&#233;sence &#224; l'image. Une pr&#233;sence fantomatique. On se demande s'il y a quelqu'un derri&#232;re la vitre. Peut-&#234;tre est-ce &#224; cause des reflets qui dansent &#224; la surface ? &#192; moins que cela provienne de ces deux vieilles chaises, us&#233;es, (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/traces" rel="tag"&gt;Traces&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/societe" rel="tag"&gt;Soci&#233;t&#233;&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.liminaire.fr/local/cache-vignettes/L150xH150/ebe1d09ed9ae9c5d71d1289fcfbde978_1_-b5492.jpg?1782025360' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='150' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Zoe Leonard, &lt;i&gt;Drop Off A.M. Pick Up P.M.&lt;/i&gt; 1999/2000&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Devant la vitrine d'un pressing, deux vieilles chaises d&#233;pareill&#233;es, assises, dossiers en bois et pieds m&#233;talliques. Une chaise d'architecte, une chaise d'&#233;colier. Personne sur la photo. On sent pourtant une pr&#233;sence &#224; l'image. Une pr&#233;sence fantomatique. On se demande s'il y a quelqu'un derri&#232;re la vitre. Peut-&#234;tre est-ce &#224; cause des reflets qui dansent &#224; la surface ? &#192; moins que cela provienne de ces deux vieilles chaises, us&#233;es, chancelantes, laiss&#233;es &#224; disposition sur le trottoir, toute la journ&#233;e dehors devant la boutique. Depuis si longtemps. Un large panneau blanc, l&#233;g&#232;rement bancal, est accroch&#233; au-dessus des deux chaises. On dirait qu'elles le maintiennent en &#233;quilibre. Il indique le fonctionnement de la laverie automatique et l'heure du dernier service. C'est &#233;crit en toutes lettres. Noir sur fond blanc. On d&#233;pose le linge le matin, il est pr&#234;t dans l'apr&#232;s-midi. Tout est l&#224;, dans ce message. &lt;br class='autobr' /&gt;
Cette photographie fait partie d'une s&#233;rie de Zoe Leonard qui s'intitule &lt;i&gt;Analogue&lt;/i&gt;. Un projet compos&#233; de 412 photographies r&#233;alis&#233;es sur une dizaine d'ann&#233;es, entre 1994 et 2006. Ces photographies de vitrines traditionnelles, de devantures de magasins, ont &#233;t&#233; r&#233;alis&#233;es avec un vieux Rolleiflex. Un appareil des ann&#233;es 1940, &#171; vestige de l'&#232;re m&#233;canique &#187;, comme le pr&#233;cise Leonard, associ&#233; aux proc&#233;d&#233;s d'impression &#224; la g&#233;latine d'argent et chromog&#233;niques qui entrent en r&#233;sonance avec ce qu'elle photographie, tous ces magasins en voie de disparition. L'ensemble s'inscrit dans la lign&#233;e des grandes archives visuelles, comme les s&#233;ries d'Eug&#232;ne Atget, d'August Sander, ou de Bernd et Hilla Becher. &lt;br class='autobr' /&gt;
Son projet d&#233;passe le cadre de son quartier, le Lower East Side de Manhattan &#224; New York, pour suivre le circuit des marchandises recycl&#233;es &#8212; v&#234;tements d'occasion, publicit&#233;s jet&#233;es et mat&#233;riel photographique obsol&#232;te des magasins Kodak. Il nous fait percevoir une texture temporelle, celle de la vie urbaine du XX&#7497; si&#232;cle, au moment o&#249; les commerces de quartier commencent &#224; dispara&#238;tre au profit d'une mondialisation de l'industrie et des &#233;changes commerciaux.&lt;br class='autobr' /&gt;
Signes graphiques, lettrages et typographies recouvrent la plupart des lieux photographi&#233;s. Avec le temps, leurs couleurs s'estompent, la peinture s'&#233;caille &#224; la surface, la mati&#232;re se craqu&#232;le, les lignes se superposent, se confondent. Si certains messages restent encore identifiables, leur signification intrigue, renforc&#233;e par le d&#233;calage entre l'utilit&#233; initiale du lieu et les imp&#233;ratifs &#233;conomiques et commerciaux actuels, qui rappelle les trac&#233;s en creux des lettres qui se sont estomp&#233;es avec le temps &#224; la surface des marbres, ou ces rituels dont le caract&#232;re sacr&#233; nous &#233;chappe d&#233;sormais.&lt;br class='autobr' /&gt;
La premi&#232;re fois que j'ai vu cette photographie, c'&#233;tait en l'an 2000, un tirage &#233;tait offert par le magazine Beaux-arts dans le cadre d'une coproduction avec le festival photographique du &lt;i&gt;Printemps de Cahors&lt;/i&gt; qui f&#234;tait ses dix ans. Le tirage est un peu diff&#233;rent de celui qui a &#233;t&#233; expos&#233; plusieurs fois (au &lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;https://www.moma.org/calendar/exhibitions/1477&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Moma&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt; comme &#224; la &lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;https://villa-arson.fr/programmation/expositions/zoe-leonard-analogue/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Villa Arson&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;), son cadrage est plus resserr&#233; que la photographie originale, reproduite dans le livre publi&#233; chez MIT Press, en 2007. Toute la partie droite avec le mur blanc recouvert de graffitis a &#233;t&#233; supprim&#233;e, recentrant l'image sur les deux chaises de guingois. Les signes graphiques de l'image, tr&#232;s nombreux dans l'int&#233;gralit&#233; de la s&#233;rie, me rappellent le travail sur la typographie vernaculaire d'Ed Fella. &lt;br class='autobr' /&gt;
N&#233; en 1938 &#224; D&#233;troit, Edward Fella est un designer graphique am&#233;ricain qui a consacr&#233; une partie de sa vie &#224; la typographie vernaculaire. Comme nombre de cr&#233;ateurs avant l'av&#232;nement du num&#233;rique, l'artiste collectionne visuels, affiches, d&#233;pliants, flyers, publicit&#233;s. Le polaroid est pour lui permet d'enregistrer le vocabulaire alphab&#233;tique urbain et commercial. &lt;br class='autobr' /&gt;
Ed Fella a eu la gentillesse d'accepter de participer en mars 2009 au &lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;https://liminaire.fr/chronique/entre-les-lignes/article/ed-fella-documents-in-the-street&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;deuxi&#232;me num&#233;ro de la revue d'ici l&#224; &#233;dit&#233;e par Publie.net&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt; : &lt;i&gt;Myst&#233;rieux travail d'un &#233;cart qui s'imprime&lt;/i&gt;.&lt;br class='autobr' /&gt;
Cette mat&#233;rialit&#233; d&#233;su&#232;te de la photographie de Zoe Leonard est ce qui m'attire dans cette image. Elle parvient &#224; saisir ce qui a cess&#233;, avec le temps, d'&#234;tre en usage, qui est devenu surann&#233;, qui demeure &lt;i&gt;dans son jus&lt;/i&gt;. Zoe Leonard privil&#233;gie depuis ses d&#233;buts le support argentique. Frapp&#233; d'obsolescence au regard de l'essor des nouvelles technologies, l'argentique traduit chez l'artiste une forme de r&#233;sistance, un travail de m&#233;moire, et un attachement &#224; la mat&#233;rialit&#233; de l'image. Pour elle, le m&#233;dium photographique est aussi l'objet d'une exp&#233;rience sur le point de vue. Que voit-on vraiment de l&#224; o&#249; l'on est ? &lt;br&gt;
&lt;br&gt;
&lt;br&gt;
&lt;i&gt;Une travers&#233;e des apparences&lt;/i&gt; est une s&#233;rie de textes sur les photographies qui nous accompagnent, fragment d'un monde, arrach&#233; au temps et &#224; l'espace.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Journal du Combat #9</title>
		<link>https://www.liminaire.fr/ecriture/au-lieu-de-se-souvenir/article/journal-du-combat-9</link>
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		<dc:date>2026-02-26T08:00:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Pierre M&#233;nard</dc:creator>


		<dc:subject>Architecture</dc:subject>
		<dc:subject>&#201;criture</dc:subject>
		<dc:subject>Journal</dc:subject>
		<dc:subject>R&#233;cit</dc:subject>
		<dc:subject>Vid&#233;o</dc:subject>
		<dc:subject>Paris</dc:subject>
		<dc:subject>Ville</dc:subject>
		<dc:subject>Nature</dc:subject>
		<dc:subject>Temps</dc:subject>
		<dc:subject>Traces</dc:subject>
		<dc:subject>Paysage</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Les derniers jours de f&#233;vrier correspondent &#224; la fin du chantier de la place du Colonel Fabien. Il a commenc&#233; il y a pr&#232;s d'un an, en janvier 2025. Ces derniers jours, tout s'est acc&#233;l&#233;r&#233;. &lt;br class='autobr' /&gt;
Les barri&#232;res de s&#233;curit&#233;, qui entouraient la place, ont &#233;t&#233; enlev&#233;es dans la nuit. Pendant les cinq prochains jours, d'ailleurs les travaux vont se d&#233;rouler pendant la nuit, de 21h &#224; 6h, interdisant totalement la circulation sur la place. &lt;br class='autobr' /&gt;
Les zones de terre qui formaient les monticules sur lesquels (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/video" rel="tag"&gt;Vid&#233;o&lt;/a&gt;, 
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		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.liminaire.fr/local/cache-vignettes/L150xH100/55108045936_bcf95278ce_k_1_-63741.jpg?1772092812' class='spip_logo spip_logo_right spip_logo_survol' width='150' height='100' alt=&#034;&#034; data-src-hover=&#034;IMG/logo/55108248993_f336e33b31_k_1_.jpg?1771803048&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Les derniers jours de f&#233;vrier correspondent &#224; la fin du chantier de la place du Colonel Fabien. Il a commenc&#233; il y a pr&#232;s d'un an, en janvier 2025. Ces derniers jours, tout s'est acc&#233;l&#233;r&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les barri&#232;res de s&#233;curit&#233;, qui entouraient la place, ont &#233;t&#233; enlev&#233;es dans la nuit. Pendant les cinq prochains jours, d'ailleurs les travaux vont se d&#233;rouler pendant la nuit, de 21h &#224; 6h, interdisant totalement la circulation sur la place.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les zones de terre qui formaient les monticules sur lesquels ont &#233;t&#233; plant&#233;s arbres et arbustes ont &#233;t&#233; recouvertes de bandes de gazon. &#192; peine la zone centrale &#233;tait-elle ouverte aux pi&#233;tons, qu'on pouvait apercevoir des personnes s'emparer du lieu, et de nombreuses personnes s'asseoir sur les bancs.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_8688 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.liminaire.fr/IMG/jpg/55056837919_9fd4b54802_k.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.liminaire.fr/local/cache-vignettes/L500xH333/55056837919_9fd4b54802_k-807bf.jpg?1772092812' width='500' height='333' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;La satisfaction de la fin du chantier est un peu contrebalanc&#233;e par la d&#233;ception li&#233;e &#224; certains choix d'am&#233;nagements urbains et paysagers. Le choix de la circulation, notamment. R&#233;duire l'impact de la circulation automobile sur la place partait d'une bonne intention. On a assist&#233;, pendant les travaux, &#224; de nombreux embouteillages se formant r&#233;guli&#232;rement aux heures de pointe, le matin et le soir. Les barri&#232;res de s&#233;curit&#233; en b&#233;ton empi&#233;tant un peu sur l'espace de circulation, rendaient la circulation moins fluide qu'elle devrait l'&#234;tre &#224; l'issue du chantier. Le trafic va progressivement se r&#233;sorber. Les sens de circulation viennent d'&#234;tre modifi&#233;s, il faudra du temps aux conducteurs pour s'y habituer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On peut tout de m&#234;me regretter la double circulation sur une route d&#233;sormais de taille plus r&#233;duite. Les voitures ralentissent l&#224; o&#249;, auparavant, elles avaient tendance &#224; acc&#233;l&#233;rer et &#224; filer &#224; vive allure jusqu'aux feux de signalisation.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_8687 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.liminaire.fr/IMG/jpg/55029774170_caa5239b8c_k.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.liminaire.fr/local/cache-vignettes/L500xH333/55029774170_caa5239b8c_k-2f0af.jpg?1772092812' width='500' height='333' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Le d&#233;placement de l'arr&#234;t du bas (en amont du c&#244;t&#233; de l'avenue Claude Vellefaux) &#233;vite les arr&#234;ts fr&#233;quents et bruyants au niveau des caf&#233;s de la place, c&#244;t&#233; 19&#7497; arrondissement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les travers&#233;es de la place sont plus faciles qu'avant, de nombreuses entr&#233;es ouvrent le lieu &#224; la circulation p&#233;destre. Elles incitent &#224; une plus grande mobilit&#233; transversale, ce qui &#233;tait compliqu&#233; jusqu'&#224; pr&#233;sent, la place formant avec la route l'entourant une forme d'&#238;le inaccessible. Il n'est pas impossible cependant que les v&#233;los, pour gagner du temps, l'empruntent comme raccourci.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette mobilit&#233; des pi&#233;tons est sans h&#233;sitation la grande r&#233;ussite de ce r&#233;am&#233;nagement. On a d&#233;sormais envie de traverser la place, m&#234;me si, en l'&#233;tat, &#224; part s'y installer sur un banc ou jouer &#224; la p&#233;tanque, on n'imagine gu&#232;re ce qu'on peut y faire d'autre.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_8686 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.liminaire.fr/IMG/jpg/55046333335_ac5eb2a29d_k.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.liminaire.fr/local/cache-vignettes/L500xH333/55046333335_ac5eb2a29d_k-43989.jpg?1772092812' width='500' height='333' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;La superficie de la for&#234;t urbaine n'est pas aussi grande qu'on pouvait l'esp&#233;rer en observant les simulations artistiques qui annon&#231;aient le chantier. La bande r&#233;duite de v&#233;g&#233;tation du c&#244;t&#233; du Generator, s&#233;parant le trottoir longeant d'un c&#244;t&#233; la cit&#233; de la Grange aux Belles et de l'autre c&#244;t&#233; le terre-plein central, est r&#233;duite. Les deux bosquets s&#233;parant le trottoir du c&#244;t&#233; du si&#232;ge du Parti communiste jusqu'&#224; la rue de Meaux ne suffisent pas &#224; v&#233;g&#233;taliser suffisamment l'endroit. &#192; ce titre, la for&#234;t urbaine est en de&#231;&#224; de la promesse initiale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On a en effet du mal &#224; comprendre pourquoi avoir pr&#233;serv&#233; cette grande surface b&#233;tonn&#233;e au centre, entour&#233;e par des zones d'un mat&#233;riau ressemblant au sable, pr&#233;vu pour ne pas retenir l'eau de pluie, qui passera au travers de sa mati&#232;re pour se r&#233;sorber. De nombreux bancs aux formes vari&#233;es ont &#233;t&#233; install&#233;s (l'&#233;t&#233;, les grands arbres centenaires apporteront la fra&#238;cheur de leur ombre). La for&#234;t urbaine de la place de l'H&#244;tel de Ville a r&#233;serv&#233; un large espace sans arbre ni v&#233;g&#233;tation, afin de continuer &#224; accueillir les animations, spectacles et concerts qui sont r&#233;guli&#232;rement organis&#233;s &#224; cet endroit de la ville. Mais ce n'est pas le cas sur la place du Colonel Fabien, en tous cas rien n'est pr&#233;vu dans ce sens pour l'instant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un espace accol&#233; &#224; la 2&#7497; piste cyclable am&#233;nag&#233;e de l'autre c&#244;t&#233; de la route, afin de permettre une circulation dans les deux sens, est d&#233;di&#233; au jeu de boules. Il s'agit de trois petits terrains de p&#233;tanque. Une mani&#232;re de rappeler que la place a longtemps &#233;t&#233; le lieu de rendez-vous des joueurs de p&#233;tanque du quartier.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_8692 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.liminaire.fr/IMG/jpg/55116639259_e652e46880_k.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.liminaire.fr/local/cache-vignettes/L500xH333/55116639259_e652e46880_k-c3997.jpg?1772092812' width='500' height='333' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;On peut supposer que rien n'a &#233;t&#233; plant&#233; ou construit au centre de la place, &#224; cause de la faible &#233;paisseur de la surface au-dessus du m&#233;tro parisien. La ligne 2 passe en effet juste en-dessous de la place. On aper&#231;oit d'ailleurs la perspective du m&#233;tro qui file, d'un c&#244;t&#233; avec le m&#233;tro a&#233;rien, en direction de Stalingrad, et de l'autre c&#244;t&#233;, en souterrain, vers Belleville. M&#234;me si on comprend cette contrainte sp&#233;cifique du lieu, on aurait esp&#233;rer un peu plus de verdure au centre de la place, des espaces gazonn&#233;s notamment auraient &#233;t&#233; binevenues.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais il faut reconna&#238;tre que malgr&#233; ces r&#233;serves, d&#232;s que les barri&#232;res du chantier ont &#233;t&#233; enlev&#233;es, les passsants sont revenus sur place, traversant la place de part en part, s'asseyant sur les bancs qui manquent tant par ailleurs en ville. On en a m&#234;me vu quelques-uns s'essayer &#224; la p&#233;tanque.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Photographies du chantier (de janvier &#224; f&#233;vrier 2026) &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;center&gt; &lt;iframe style=&#034;width: 640px; height: 460px;&#034; scrolling=&#034;no&#034; align=&#034;middle&#034; frameborder=&#034;0&#034; src=&#034;https://www.flickr.com/photos/liminaire/sets/72177720332154542/player&#034;&gt;&lt;/iframe&gt; &lt;/center&gt;
&lt;p&gt;La place ne sera pas inaugur&#233;e avant l'issue des &#233;lections municipales qui se tiennent les 15 et 22 mars prochain.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Vid&#233;o du chantier (de janvier &#224; f&#233;vrier 2026) &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;center&gt;&lt;iframe width=&#034;640&#034; height=&#034;395&#034; src=&#034;https://www.youtube.com/embed/mHwWKi1p0dU&#034; title=&#034;&#034; frameborder=&#034;0&#034; allow=&#034;accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share&#034; referrerpolicy=&#034;strict-origin-when-cross-origin&#034; allowfullscreen&gt;&lt;/iframe&gt;&lt;/center&gt;
&lt;p&gt;Pour se faire une id&#233;e plus nette de la place apr&#232;s transformation, le mieux est sans doute d'attendre l'arriv&#233;e du printemps, avec la floraison des arbustes, l'apparition des feuilles des arbres, les usages des passants, des habitants du quartier, des touristes du Generator, qui s'empareront chacun &#224; leur mani&#232;re de l'espace dans sa nouvelle configuration.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Journal du Combat #8</title>
		<link>https://www.liminaire.fr/ecriture/au-lieu-de-se-souvenir/article/journal-du-combat-8</link>
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		<dc:date>2025-12-30T08:00:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Pierre M&#233;nard</dc:creator>


		<dc:subject>Architecture</dc:subject>
		<dc:subject>Information</dc:subject>
		<dc:subject>Journal</dc:subject>
		<dc:subject>Photographie</dc:subject>
		<dc:subject>Vid&#233;o</dc:subject>
		<dc:subject>R&#233;cit</dc:subject>
		<dc:subject>Paris</dc:subject>
		<dc:subject>Ville</dc:subject>
		<dc:subject>Paysage</dc:subject>
		<dc:subject>Nature</dc:subject>
		<dc:subject>Soci&#233;t&#233;</dc:subject>
		<dc:subject>Travail</dc:subject>
		<dc:subject>Temps</dc:subject>
		<dc:subject>Traces</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Les travaux se sont acc&#233;l&#233;r&#233;s ces deux derniers mois pour se concentrer essentiellement du c&#244;t&#233; du Generator et du centre de la place du Colonel-Fabien. &lt;br class='autobr' /&gt;
&#192; la Sainte-Catherine, tout bois prend racine. C'est &#224; la fin novembre que les premiers arbres ont &#233;t&#233; plant&#233;s. &lt;br class='autobr' /&gt;
Leur arriv&#233;e, apr&#232;s un an de chantier, est un r&#233;el tournant du chantier. Il faut reconna&#238;tre que les voir enfin appara&#238;tre rassure sur le projet de cr&#233;ation d'une for&#234;t urbaine. Pour le moment, la premi&#232;re phase du chantier (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/traces" rel="tag"&gt;Traces&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.liminaire.fr/local/cache-vignettes/L150xH100/54968934785_00bb326f82_z-a958e.jpg?1767081703' class='spip_logo spip_logo_right spip_logo_survol' width='150' height='100' alt=&#034;&#034; data-src-hover=&#034;IMG/logo/54980882717_1a1257c34b_z.jpg?1766439445&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Les travaux se sont acc&#233;l&#233;r&#233;s ces deux derniers mois pour se concentrer essentiellement du c&#244;t&#233; du Generator et du centre de la place du Colonel-Fabien.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_8596 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.liminaire.fr/IMG/jpg/54910766900_8438ca5cdb_k.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.liminaire.fr/local/cache-vignettes/L500xH333/54910766900_8438ca5cdb_k-b8fa3.jpg?1767081703' width='500' height='333' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&#192; la Sainte-Catherine, tout bois prend racine. C'est &#224; la fin novembre que les premiers arbres ont &#233;t&#233; plant&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Leur arriv&#233;e, apr&#232;s un an de chantier, est un r&#233;el tournant du chantier. Il faut reconna&#238;tre que les voir enfin appara&#238;tre rassure sur le projet de cr&#233;ation d'une for&#234;t urbaine. Pour le moment, la premi&#232;re phase du chantier s'est concentr&#233;e sur la pr&#233;paration des sols pour les plantations, l'am&#233;lioration des r&#233;seaux souterrains et la modernisation de l'&#233;clairage. L'ensemble des abords de la place a &#233;t&#233; r&#233;am&#233;nag&#233;, les trottoirs ont &#233;t&#233; pav&#233;s, de nouvelles pistes cyclables ont &#233;t&#233; am&#233;nag&#233;es et des espaces v&#233;g&#233;talis&#233;s cr&#233;&#233;s le long des pourtours de la place, du c&#244;t&#233; du si&#232;ge du Parti communiste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La pelouse devant le si&#232;ge du Parti communiste a elle aussi &#233;t&#233; l'objet d'un chantier &#224; l'automne. Un chemin sinueux a &#233;t&#233; construit, creus&#233; en pente douce, pour permettre aux personnes handicap&#233;es d'entrer du c&#244;t&#233; du boulevard de la Villette. La cl&#244;ture m&#233;tallique qui emp&#234;chait l'acc&#232;s au monument, contrairement &#224; l'intention initiale d'Oscar Niemeyer qui souhaitait offrir aux passants un acc&#232;s ouvert depuis la place sur le b&#226;timent, a &#233;t&#233; perc&#233;e pour installer un portail.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_8597 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.liminaire.fr/IMG/jpg/54910709414_008618a902_k.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.liminaire.fr/local/cache-vignettes/L500xH333/54910709414_008618a902_k-bf10b.jpg?1767081703' width='500' height='333' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;La circulation est d&#233;sormais totalement interdite du c&#244;t&#233; du Generator. Les pav&#233;s ont &#233;t&#233; enlev&#233;s en un jour, avant que de la terre soit apport&#233;e par camions et d&#233;vers&#233;e dans cette partie de la place. La route qui passait de ce c&#244;t&#233; a &#233;t&#233; supprim&#233;e. Quelques semaines plus t&#244;t, le passage de la rue Goerg-Friedrich-Haendel &#224; la rue Albert-Camus, qui croise la place Robert-Desnos, a &#233;t&#233; transform&#233; en voie r&#233;serv&#233;e aux pompiers, ce qui indique bien que c'est la seule issue leur permettant d'atteindre cette partie de la place.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Certaines zones restent encore prot&#233;g&#233;es par des barri&#232;res de s&#233;curit&#233;, d&#233;tournant la circulation des pi&#233;tons et des cyclistes, la plupart du temps &#224; cause des derniers travaux sur les feux de signalisation. &#192; ces endroits, il reste encore des zones en attente d'&#234;tre goudronn&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Rue Claude-Vellefaux, la station du bus 46 est termin&#233;e depuis plusieurs mois, les publicit&#233;s sont chang&#233;es r&#233;guli&#232;rement, mais le bus qui passe &#224; sa hauteur ne marque pas encore l'arr&#234;t.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_8598 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.liminaire.fr/IMG/jpg/54937696779_1e06d7cc30_k.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.liminaire.fr/local/cache-vignettes/L500xH333/54937696779_1e06d7cc30_k-9d063.jpg?1767081703' width='500' height='333' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s avoir laiss&#233; pousser des fleurs sauvages sur les monticules du c&#244;t&#233; de la rue de Meaux et de l'avenue Mathurin-Moreau, celles-ci ont &#233;t&#233; enlev&#233;es &#224; l'automne, avant d'&#234;tre remplac&#233;es par la plantation de jeunes arbustes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un important tas de terre, culminant &#224; un m&#232;tre environ, a &#233;t&#233; dispos&#233; devant l'auberge de jeunesse. Au sommet de ce tas, une rang&#233;e d'arbustes et d'arbres a &#233;t&#233; plant&#233;e. &#192; leurs pieds, des plantes rampantes recouvrent la terre meuble.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_8599 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.liminaire.fr/IMG/jpg/54927908034_43a442d021_k.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.liminaire.fr/local/cache-vignettes/L500xH333/54927908034_43a442d021_k-a8c05.jpg?1767081704' width='500' height='333' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Au centre de la place, sur une superficie assez proche du terre-plein central qui existait auparavant et sur lequel d'anciens habitu&#233;s jouaient depuis les ann&#233;es 70 &#224; la p&#233;tanque sur le sol ensabl&#233;, les ouvriers ont coul&#233; une large chape de b&#233;ton dont la couleur rappelle le sable d'antan.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_8600 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.liminaire.fr/IMG/jpg/54999177932_b6aa6fa0d5_k.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.liminaire.fr/local/cache-vignettes/L500xH333/54999177932_b6aa6fa0d5_k-356b7.jpg?1767081704' width='500' height='333' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Pourquoi r&#233;server au centre de la place une importance aussi grande &#224; un sol min&#233;ral, alors que les r&#233;am&#233;nagements du pourtour de la place, qui agrandissent certes la circulation des pi&#233;tons en agrandissant les trottoirs, empi&#232;tent d&#233;j&#224; beaucoup sur la v&#233;g&#233;talisation de l'ensemble du lieu ? N'aurait-il pas &#233;t&#233; plus judicieux de limiter la place des circulations qui vont se croiser au centre de la place en les entourant de pelouse ? Sans doute le passage de la ligne du m&#233;tro quelques m&#232;tres en dessous emp&#234;chait-il de creuser suffisamment pour planter de nouveaux arbres dans cette partie centrale, mais on aurait tr&#232;s bien pu cr&#233;er d'autres buttes sur lesquelles les planter ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y aura des assises &#224; l'ombre, d'ailleurs des bancs en arrondi ont d&#233;j&#224; &#233;t&#233; apport&#233;s sur place mais ils ne sont pas encore install&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Photographies du chantier (de novembre &#224; d&#233;cembre 2025) &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;center&gt; &lt;iframe style=&#034;width: 640px; height: 460px;&#034; scrolling=&#034;no&#034; align=&#034;middle&#034; frameborder=&#034;0&#034; src=&#034;https://www.flickr.com/photos/liminaire/sets/72177720331082058/player&#034;&gt;&lt;/iframe&gt; &lt;/center&gt;
&lt;p&gt;Le chantier du r&#233;am&#233;nagement de la place doit se terminer en f&#233;vrier 2026.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Vid&#233;o du chantier (de novembre &#224; d&#233;cembre 2025) &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;center&gt;&lt;iframe width=&#034;640&#034; height=&#034;395&#034; src=&#034;https://www.youtube.com/embed/TpMOouhZhm8&#034; title=&#034;&#034; frameborder=&#034;0&#034; allow=&#034;accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share&#034; referrerpolicy=&#034;strict-origin-when-cross-origin&#034; allowfullscreen&gt;&lt;/iframe&gt;&lt;/center&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Journal du Combat #7</title>
		<link>https://www.liminaire.fr/ecriture/au-lieu-de-se-souvenir/article/journal-du-combat-7</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.liminaire.fr/ecriture/au-lieu-de-se-souvenir/article/journal-du-combat-7</guid>
		<dc:date>2025-10-23T07:00:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Pierre M&#233;nard</dc:creator>


		<dc:subject>Architecture</dc:subject>
		<dc:subject>&#201;criture</dc:subject>
		<dc:subject>Journal</dc:subject>
		<dc:subject>Inventaire</dc:subject>
		<dc:subject>Photographie</dc:subject>
		<dc:subject>R&#233;cit</dc:subject>
		<dc:subject>Ville</dc:subject>
		<dc:subject>Paris</dc:subject>
		<dc:subject>Paysage</dc:subject>
		<dc:subject>Nature</dc:subject>
		<dc:subject>Regard</dc:subject>
		<dc:subject>Quotidien</dc:subject>
		<dc:subject>Temps</dc:subject>
		<dc:subject>Traces</dc:subject>
		<dc:subject>Travail</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Les travaux ont &#233;t&#233; ralentis par l'&#233;t&#233;, mais ont repris &#224; la rentr&#233;e. &lt;br class='autobr' /&gt;
Les pav&#233;s qui recouvrent les trottoirs de la place sont achemin&#233;s par bateau. Je l'apprends en lisant l'information sur les grands panneaux install&#233;s sur le pourtour du chantier. Au d&#233;but, j'avais du mal &#224; y croire, mais j'ai vu passer sur le canal Saint-Martin une p&#233;niche dont les cales &#233;taient remplies de ces pierres grises claires dont j'ai reconnu la disposition en tour. Par contre, je ne sais pas &#224; quel endroit du (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.liminaire.fr/ecriture/au-lieu-de-se-souvenir/" rel="directory"&gt;Au lieu de se souvenir&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/architecture" rel="tag"&gt;Architecture&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/ecriture" rel="tag"&gt;&#201;criture&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/journal" rel="tag"&gt;Journal&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/inventaire" rel="tag"&gt;Inventaire&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/photographie" rel="tag"&gt;Photographie&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/recit" rel="tag"&gt;R&#233;cit&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/ville" rel="tag"&gt;Ville&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/traces" rel="tag"&gt;Traces&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/travail" rel="tag"&gt;Travail&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.liminaire.fr/local/cache-vignettes/L150xH100/54829018121_66b9f008ee_z-793b5.jpg?1761203228' class='spip_logo spip_logo_right spip_logo_survol' width='150' height='100' alt=&#034;&#034; data-src-hover=&#034;IMG/logo/54849616575_c6a4885840_z.jpg?1760653165&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Les travaux ont &#233;t&#233; ralentis par l'&#233;t&#233;, mais ont repris &#224; la rentr&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les pav&#233;s qui recouvrent les trottoirs de la place sont achemin&#233;s par bateau. Je l'apprends en lisant l'information sur les grands panneaux install&#233;s sur le pourtour du chantier. Au d&#233;but, j'avais du mal &#224; y croire, mais j'ai vu passer sur le canal Saint-Martin une p&#233;niche dont les cales &#233;taient remplies de ces pierres grises claires dont j'ai reconnu la disposition en tour. Par contre, je ne sais pas &#224; quel endroit du canal elles sont d&#233;charg&#233;es pour &#234;tre achemin&#233;es jusqu'&#224; la place.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cet &#233;t&#233;, la circulation automobile et celle des v&#233;los et des pi&#233;tons a plusieurs fois &#233;t&#233; modifi&#233;e pour permettre l'intervention sur certaines zones. Toujours la m&#234;me technique. On d&#233;place les panneaux de signalisation. On peint en jaune au sol de nouveaux passages pi&#233;tons, sens de circulation pour les v&#233;los et les voitures. On efface les anciennes marques en les recouvrant de peintures noires, au besoin on colmate un trou ou un nid-de-poule avec du goudron coul&#233; &#224; la h&#226;te.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avant que le terre-plein devant le si&#232;ge du Parti communiste soit recouvert de terre, pendant plusieurs jours, les ouvriers ont r&#233;alis&#233; un coffrage en bois dans lequel du b&#233;ton a &#233;t&#233; coul&#233;. J'ai pens&#233; qu'il servirait &#224; accueillir une construction lourde, comme cela avait &#233;t&#233; le cas pour le kiosque install&#233; de l'autre c&#244;t&#233; de la place, mais finalement, il a &#233;t&#233; recouvert par un &#233;pais monceau de terre.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_8529 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.liminaire.fr/IMG/jpg/54661743171_a088a02ce9_k.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.liminaire.fr/local/cache-vignettes/L500xH333/54661743171_a088a02ce9_k-a18e0.jpg?1761203228' width='500' height='333' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Les ouvriers ne travaillent quasiment jamais seuls. Plut&#244;t en groupe. Et tr&#232;s souvent en bin&#244;me. Mais dans ce cas, lorsque l'un est &#224; la t&#226;che, l'autre lui parle et le regarde faire. C'est &#224; tour de r&#244;le de travailler. Quand on pr&#234;te attention &#224; ce que se disent les ouvriers, on se rend compte que le portugais est la deuxi&#232;me langue la plus parl&#233;e sur le chantier apr&#232;s le fran&#231;ais.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J'aime prendre en photo les ouvriers lorsqu'ils travaillent, mais parfois c'est un peu compliqu&#233;, car j'ai l'impression de les d&#233;ranger. Je passe souvent sur le chantier lorsqu'ils font leur pause, ou le soir, ou le week-end, lorsqu'ils ne travaillent pas. Dans ces moments-l&#224;, je me concentre sur leurs outils (un seau, un marteau, une brouette, un balai, un casque, des gants, un tuyau) ou le mat&#233;riel qu'ils ont laiss&#233; sur place (des sacs de ciment, du sable, des bidons), dans une nature morte qui &#233;voque tout aussi bien le travail en cours.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le gros &#339;uvre, c'est assez rapide, ce sont les finitions qui prennent le plus de temps.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'ensemble des trottoirs ext&#233;rieurs, tout autour de la place, est en grande partie termin&#233;. Il reste &#231;a et l&#224; quelques finitions &#224; terminer, ajouts de pav&#233;s, goudronnage, ach&#232;vement des branchements &#233;lectriques au r&#233;seau principal), pour que les barri&#232;res soient enfin enlev&#233;es, mais dans certains endroits, on sent bien que l'espace s'est m&#233;tamorphos&#233;. Des perspectives s'ouvrent et s'&#233;largissent, comme au niveau de la banque et de la pharmacie, o&#249; un tr&#232;s large passage pi&#233;ton (bien qu'encore provisoire), peint en orange, renforce cette impression. L'arr&#234;t de bus du 46 install&#233; le long de la pharmacie du m&#233;tro, avenue Claude Vellefaux apporte &#233;galement un changement notable.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; certains endroits, il reste quelques pav&#233;s &#224; tailler avant de finaliser un espace et de le rendre aux pi&#233;tons, en enlevant les barri&#232;res, mais &#231;a tarde. Les feuilles des arbres commencent &#224; s'amonceler dans ces endroits, recouvrant les d&#233;tritus et papiers gras qui depuis plusieurs mois y sont jet&#233;s dans ce que certains prennent pour une poubelle &#224; ciel ouvert.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_8527 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.liminaire.fr/IMG/jpg/54784878091_016192154e_k.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.liminaire.fr/local/cache-vignettes/L500xH333/54784878091_016192154e_k-894a4.jpg?1761203228' width='500' height='333' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;D&#233;but octobre, le sens de circulation a brusquement chang&#233;. Le c&#244;t&#233; du &lt;i&gt;G&#233;n&#233;rator&lt;/i&gt; ayant &#233;t&#233; ferm&#233;e, les voitures ne peuvent plus traverser la place que d'un seul c&#244;t&#233;, en rejoignant le boulevard de la Villette ou l'avenue Claude Vellefaux. Au nouveau carrefour improvis&#233; &#224; cet endroit, qui forme un virage serr&#233;, les v&#233;hicules les plus grands (semi-remorques, bus ou camions) doivent man&#339;uvrer lentement pour tourner et les embouteillages y sont de plus en plus fr&#233;quents. R&#233;guli&#232;rement les agents de la police municipale sont oblig&#233;s de passer plusieurs heures &#224; faire la circulation en sifflant sans arr&#234;t. Je ne sais pas si je ne pr&#233;f&#232;re pas les klaxons.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La derni&#232;re phase du projet va concerner, pour les mois &#224; venir et jusqu'&#224; la fin de l'ann&#233;e, le terre-plein central de la place et du c&#244;t&#233; du &lt;i&gt;G&#233;n&#233;rator&lt;/i&gt;, pr&#232;s de la Grange aux Belles. M&#234;me si les trottoirs ext&#233;rieurs du lieu ont d&#233;j&#224; &#233;t&#233; pav&#233;s, la partie qui va &#234;tre v&#233;g&#233;talis&#233;e ne l'est pas encore. Des barri&#232;res continuent d'en emp&#234;cher l'acc&#232;s.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_8528 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.liminaire.fr/IMG/jpg/54857743865_384667c7af_k.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.liminaire.fr/local/cache-vignettes/L500xH333/54857743865_384667c7af_k-4306b.jpg?1761203228' width='500' height='333' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s la premi&#232;re phase du chantier, j'ai h&#226;te de d&#233;couvrir le travail qui va &#234;tre effectu&#233; au centre de la place, l&#224; o&#249; la v&#233;g&#233;talisation devrait &#234;tre la plus importante. Lorsque je suis all&#233; voir la place de l'h&#244;tel de ville, j'ai trouv&#233; que les arbres &#233;taient tr&#232;s encadr&#233;s, contraints, contrairement &#224; la for&#234;t urbaine de la place de la Catalogne. La configuration des deux lieux expliquent ces impressions contrast&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les travaux aux abords de la place, ce ne sont finalement que quelques rares plantations pour tous les autres am&#233;nagements : l'&#233;largissement des trottoirs, la facilitation des passages transversaux sur la place et de la mobilit&#233; des v&#233;los (qui sont tout de m&#234;me tr&#232;s encadr&#233;s par de hautes bordures et un sens unique de circulation), l'assainissement de la place et la s&#233;curisation des installations &#233;lectriques. Ce que je regrette c'est que l'ensemble reste pour le moment tr&#232;s min&#233;ral.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Photographies du chantier (de juillet &#224; octobre 2025) &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;center&gt; &lt;iframe style=&#034;width: 640px; height: 460px;&#034; scrolling=&#034;no&#034; align=&#034;middle&#034; frameborder=&#034;0&#034; src=&#034;https://www.flickr.com/photos/liminaire/sets/72177720329737754/player&#034;&gt;&lt;/iframe&gt; &lt;/center&gt;
&lt;p&gt;De plus en plus souvent, les passants s'arr&#234;tent &#224; ma hauteur pendant que je filme, on l'entend d'ailleurs dans une s&#233;quence de la vid&#233;o. On me pose &#233;galement des questions sur l'&#233;volution du chantier, la discussion s'engage alors sur la dur&#233;e et le but du chantier, et lorsque j'&#233;voque la for&#234;t urbaine, pass&#233; le moment de surprise, beaucoup de personnes passent par la place sans habiter le quartier ni &#234;tre au courant de ce qui s'y passe au quotidien, les retours sont plut&#244;t positifs. Les gens sont impatients, tout comme moi, de voir le r&#233;sultat.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Vid&#233;o du chantier (de juillet &#224; octobre 2025) &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;center&gt;&lt;iframe width=&#034;640&#034; height=&#034;395&#034; src=&#034;https://www.youtube.com/embed/pra_tBfPSYI&#034; title=&#034;&#034; frameborder=&#034;0&#034; allow=&#034;accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share&#034; referrerpolicy=&#034;strict-origin-when-cross-origin&#034; allowfullscreen&gt;&lt;/iframe&gt;&lt;/center&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>C'est un nouveau d&#233;part</title>
		<link>https://www.liminaire.fr/ecriture/palimpseste/article/c-est-un-nouveau-depart</link>
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		<dc:date>2025-08-28T07:00:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Pierre M&#233;nard</dc:creator>


		<dc:subject>Art</dc:subject>
		<dc:subject>Danse</dc:subject>
		<dc:subject>&#201;criture</dc:subject>
		<dc:subject>Musique</dc:subject>
		<dc:subject>Lecture</dc:subject>
		<dc:subject>Po&#233;sie</dc:subject>
		<dc:subject>Vid&#233;o</dc:subject>
		<dc:subject>Voix</dc:subject>
		<dc:subject>Corps</dc:subject>
		<dc:subject>Jeu</dc:subject>
		<dc:subject>Sensation</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Une fiction danse &#224; travers lui, qui n'est pas son corps ou un corps second qui n'a pas ses bras, ses jambes. &#192; peine plus grand, le v&#234;tement est premier (l'autre &#224; l'int&#233;rieur). &#201;vocation d'une musique peut-&#234;tre faite des parcelles de son corps &#224; lui, ou bien des n&#339;uds d'un corps &#224; sa mesure. &lt;br class='autobr' /&gt;
Marie de Quatrebarbes, Les vivres, 2021 &lt;br class='autobr' /&gt;
C'est un nouveau d&#233;part &lt;br class='autobr' /&gt;
Une invitation &#224; la danse, sur une piste qui est celle du monde tout entier, du secret des choses les plus simples comme des plus (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/musique" rel="tag"&gt;Musique&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/lecture" rel="tag"&gt;Lecture&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/poesie" rel="tag"&gt;Po&#233;sie&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/video" rel="tag"&gt;Vid&#233;o&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/voix" rel="tag"&gt;Voix&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/corps" rel="tag"&gt;Corps&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/jeu" rel="tag"&gt;Jeu&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/sensation" rel="tag"&gt;Sensation&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.liminaire.fr/local/cache-vignettes/L150xH84/capture_d_e_cran_2025-07-20_a_22.56_37-c11af.png?1756364637' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='84' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;i&gt;Une fiction danse &#224; travers lui, qui n'est pas son corps ou un corps second qui n'a pas ses bras, ses jambes. &#192; peine plus grand, le v&#234;tement est premier (l'autre &#224; l'int&#233;rieur). &#201;vocation d'une musique peut-&#234;tre faite des parcelles de son corps &#224; lui, ou bien des n&#339;uds d'un corps &#224; sa mesure.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Marie de Quatrebarbes, &lt;i&gt;Les vivres&lt;/i&gt;, 2021&lt;/p&gt;
&lt;center&gt;&lt;iframe width=&#034;760&#034; height=&#034;515&#034; src=&#034;https://www.youtube.com/embed/m-k461slias&#034; title=&#034;&#034; frameborder=&#034;0&#034; allow=&#034;accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share&#034; referrerpolicy=&#034;strict-origin-when-cross-origin&#034; allowfullscreen&gt;&lt;/iframe&gt;&lt;/center&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;C'est un nouveau d&#233;part&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une invitation &#224; la danse, sur une piste qui est celle du monde tout entier, du secret des choses les plus simples comme des plus rares. Ce qui nous double nous d&#233;passe. Ce qui nous transporte nous transfigure. Notre beaut&#233; les fait trembler. Comme un g&#233;n&#233;ral sans arm&#233;e. Comme un d&#233;m&#233;nageur qui a oubli&#233; son diable. Comme un touriste sans argent. On descend dans ce qui nous remue en profondeur. On br&#251;le. On fond. On hurle. Il y a des mouvements clairs, ce sont ces blancs et quelques mouvements noirs qui donnent &#224; l'image sa luminosit&#233;. Quelqu'un dont le regard serait tourn&#233; vers l'int&#233;rieur, plut&#244;t que vers l'ext&#233;rieur. &#199;a se bouscule sans rel&#226;che. Sueur et coudes se frottent contre nous. Est-ce notre corps (la puissance, le myst&#232;re, la pr&#233;cision, l'enchev&#234;trement int&#233;rieur parfait) qui nous leurre telle une machine ? L'intensit&#233;, quand &#231;a va vite et que c'est risqu&#233;, comme on a envie d'y retourner. Imprudent, sans voir le danger d'un sol qui &#233;clate sous mon corps. Quelque chose entre nous. C'est la v&#233;rit&#233; mais &#231;a ne suffit pas. La chaleur du jour qui s'&#233;chappe. Dans l'enchev&#234;trement des lucioles. Comme si, en r&#233;alit&#233;, il n'y avait l&#224; que l'id&#233;e de quelqu'un. L&#224;-bas arrive &#224; nouveau. C'est un nouveau d&#233;part. Des gestes, des mouvements. Toujours un peu de son propre imaginaire. Des boucles dans la lumi&#232;re. Une musique qui ne nous quitte plus. Une respiration rapide et irr&#233;guli&#232;re. Sur sc&#232;ne, chacun a jou&#233; son r&#244;le. J'imagine &#224; quoi on ressemble vu de l'espace. Il y a des sas qui sont des petits exils. Il fait nuit quand on rentre. Debout, h&#233;ro&#239;ques, puisque seule la foi dans sa lumi&#232;re peut nous rendre capables de marcher sur le ressac infini des jours sombres. Mes doigts se ramifient, mes orteils s'enfoncent dans le sol et forment des racines, je reste assis dans mon ombre, le temps passe. C'est le temps de la danse. La nuit nous garde sous les lumi&#232;res. C&#244;toyer l'insolite, &#234;tre l&#224; o&#249; l'on n'a pas &#224; &#234;tre, d&#233;couvrir l'envers d'un monde.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Le souvenir au pr&#233;sent</title>
		<link>https://www.liminaire.fr/ecriture/palimpseste/article/le-souvenir-au-present</link>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Pierre M&#233;nard</dc:creator>


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		<dc:subject>Temps</dc:subject>
		<dc:subject>M&#233;moire</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Un po&#232;me suscit&#233; par le passage d'un nuage, et un autre suscit&#233; par le photo d'un nuage &#8212; les deux nuages sont de forme et de taille identiques, et les ciels au fond d'un bleu identique, mais avec le second, il me faut retirer des couches et des couches de m&#233;ditations esth&#233;tiques pr&#233;&#233;xistantes, toutes les influences du photographes, ses intentions, ambitions, etc. tandis qu'avec le premier, il n'y a que le probl&#232;me de l'infini du ciel, et donc d'o&#249; commencer et o&#249; finir, et une fois le (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/video" rel="tag"&gt;Vid&#233;o&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/nature" rel="tag"&gt;Nature&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/temps" rel="tag"&gt;Temps&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/memoire" rel="tag"&gt;M&#233;moire&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.liminaire.fr/local/cache-vignettes/L150xH84/images_de_l_instant_pre_sent_1_1_-64c20.png?1752736058' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='84' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;i&gt;Un po&#232;me suscit&#233; par le passage d'un nuage, et un autre suscit&#233; par le photo d'un nuage &#8212; les deux nuages sont de forme et de taille identiques, et les ciels au fond d'un bleu identique, mais avec le second, il me faut retirer des couches et des couches de m&#233;ditations esth&#233;tiques pr&#233;&#233;xistantes, toutes les influences du photographes, ses intentions, ambitions, etc. tandis qu'avec le premier, il n'y a que le probl&#232;me de l'infini du ciel, et donc d'o&#249; commencer et o&#249; finir, et une fois le probl&#232;me r&#233;solu, le nuage a disparu.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cole Swensen (traduction Ma&#239;treyi &amp; Nicolas Pesqu&#232;s) &lt;i&gt;Et et et&lt;/i&gt;, 2025&lt;/p&gt;
&lt;center&gt;&lt;iframe width=&#034;760&#034; height=&#034;515&#034; src=&#034;https://www.youtube.com/embed/qRZ3N4IoZ-E&#034; title=&#034;&#034; frameborder=&#034;0&#034; allow=&#034;accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share&#034; referrerpolicy=&#034;strict-origin-when-cross-origin&#034; allowfullscreen&gt;&lt;/iframe&gt;&lt;/center&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le souvenir au pr&#233;sent&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est un monde o&#249; l'on peut &#234;tre &#224; la fois pr&#233;sent et absent. La source d'un &#233;cho. En apparence, oui, mais en apparence seulement. C'&#233;tait encore la m&#234;me alt&#233;ration des souffles, la m&#234;me raideur de tous. Vient le silence. Puis, le c&#339;ur tout en palpitations. Et cette fois encore on ne dit plus rien. Jusqu'&#224; ce qu'un mot soit prononc&#233;. Un seul mot, inattendu dans le flux de tous les mots convenus. Alors les tremblements commencent. Dans cette pi&#232;ce qui n'existe que dans ma t&#234;te. C'est &#233;trange les rues juste apr&#232;s, quand c'est fini. Le calme. Je revois dans ma t&#234;te ce qu'on a fait. De la main jusqu'au c&#339;ur, il n'y a qu'un pas. Je laisse &#224; d'autres le soin d'interpr&#233;ter le monde. Les accidents c'est toujours &#224; cause de quelque chose qui se trouve au milieu du chemin d'un autre quelque chose. Les gens ici sont devenus ceux qu'ils pr&#233;tendent &#234;tre. Ce serait dr&#244;le si ce n'&#233;tait pas si grotesque. Quelque chose de beaucoup plus trouble, de beaucoup plus inqui&#233;tant et &#233;tranger, profond&#233;ment &#233;tranger et pourtant d&#233;cisif : un paradoxe. Celui-ci s'accorde au fur et &#224; mesure de l'histoire &#224; notre mani&#232;re de la jouer. Chaque mot prononc&#233; est un morceau d'ambre dans lequel on trouvera tout ce qui fait cette vie pr&#233;cis&#233;ment. Apercevoir un visage familier. Rien n'est plus en moi que l'absence. Voir les images dans le noir pour voir si elles brillent, pour les rendre plus lumineuses encore. Un fil, infiniment fragile, s'est mat&#233;rialis&#233; de nulle part. Un minuscule rayon de soleil o&#249; tourbillonne une poussi&#232;re &#233;paisse. Un prolongement une r&#233;ponse une riposte une ode un hommage un contre-pied. On perd de la vitesse, on perd tout, on ne peut plus se parler. Un trait pour chaque jour. Et rien que l'ombre d'un souvenir aujourd'hui. On ne sait jamais ce qu'il peut arriver avec les fant&#244;mes. Comme regarder des paysages compliqu&#233;s par des fen&#234;tres qui changent &#224; chaque fois. J'ai regard&#233; les images. Le souvenir au pr&#233;sent.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Journal du Combat #6</title>
		<link>https://www.liminaire.fr/ecriture/au-lieu-de-se-souvenir/article/journal-du-combat-6</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.liminaire.fr/ecriture/au-lieu-de-se-souvenir/article/journal-du-combat-6</guid>
		<dc:date>2025-07-08T07:00:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Pierre M&#233;nard</dc:creator>


		<dc:subject>Architecture</dc:subject>
		<dc:subject>Art</dc:subject>
		<dc:subject>Atelier</dc:subject>
		<dc:subject>Inventaire</dc:subject>
		<dc:subject>&#201;criture</dc:subject>
		<dc:subject>Po&#233;sie</dc:subject>
		<dc:subject>Photographie</dc:subject>
		<dc:subject>Sons</dc:subject>
		<dc:subject>Vid&#233;o</dc:subject>
		<dc:subject>Voix</dc:subject>
		<dc:subject>Paris</dc:subject>
		<dc:subject>Ville</dc:subject>
		<dc:subject>Paysage</dc:subject>
		<dc:subject>M&#233;moire</dc:subject>
		<dc:subject>Quotidien</dc:subject>
		<dc:subject>Temps</dc:subject>
		<dc:subject>Traces</dc:subject>
		<dc:subject>Travail</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;En f&#233;vrier 2025, pour le 2&#232;me num&#233;ro de ce Journal du Combat, j'ai particip&#233;, comme de nombreuses personnes, &#224; un appel international pour rendre un hommage collectif &#224; Nicolas Nova, anthropologue franco-suisse, d&#233;c&#233;d&#233; le 31 d&#233;cembre 2024. &lt;br class='autobr' /&gt;
En 2023, Nicolas Nova avait publi&#233; Exercices d'observation aux &#233;ditions Premier Parall&#232;le, un livre invitant &#224; &#171; &#233;tudier les choses et les &#234;tres &#187; en collectant, classant, cartographiant, en s'inspirant des fa&#231;ons de faire des &#233;crivains, des (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/travail" rel="tag"&gt;Travail&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.liminaire.fr/local/cache-vignettes/L150xH100/54573286066_15648fb815_k_1_-5cfb4.jpg?1751958190' class='spip_logo spip_logo_right spip_logo_survol' width='150' height='100' alt=&#034;&#034; data-src-hover=&#034;IMG/logo/54578067419_d8bb8b211e_k_1_.jpg?1751576300&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;En f&#233;vrier 2025, &lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;https://liminaire.fr/ecriture/au-lieu-de-se-souvenir/article/journal-du-combat-2&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;pour le 2&#232;me num&#233;ro de ce &lt;i&gt;Journal du Combat&lt;/i&gt;&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;, j'ai particip&#233;, comme de nombreuses personnes, &#224; un appel international pour rendre un hommage collectif &#224; Nicolas Nova, anthropologue franco-suisse, d&#233;c&#233;d&#233; le 31 d&#233;cembre 2024.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 2023, Nicolas Nova avait publi&#233; &lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;https://noticing.world/fr/exercices/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Exercices d'observation&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt; aux &lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;https://www.premierparallele.fr/livre/exercices-dobservation&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&#233;ditions Premier Parall&#232;le&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;, un livre invitant &#224; &#171; &#233;tudier les choses et les &#234;tres &#187; en collectant, classant, cartographiant, en s'inspirant des fa&#231;ons de faire des &#233;crivains, des anthropologues, des ethnographes, des designers ou des artistes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je r&#233;it&#232;re l'op&#233;ration en juin, mais cette fois-ci en animant un atelier d'&#233;criture sonore itin&#233;rant qui s'est d&#233;roul&#233; le samedi 28 juin 2025, autour de la place, dans le cadre de l'&#233;v&#233;nement &lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;https://www.jds.fr/paris/manifestations/conferences/en-lieu-et-place-du-10e-au-19e-arrondissement-966868_A&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;En lieu et place&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt; organis&#233; entre janvier et juin 2025, par la &lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;https://www.paris.fr/lieux/bibliotheque-francois-villon-1722&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;biblioth&#232;que Fran&#231;ois Villon&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt; (Paris 10&#232;me).&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_8406 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.liminaire.fr/IMG/jpg/54573286596_16b6315836_k.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.liminaire.fr/local/cache-vignettes/L500xH333/54573286596_16b6315836_k-806d2.jpg?1751958191' width='500' height='333' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;J'ai propos&#233; aux participants &#224; l'atelier de choisir trois consignes parmi les huit pistes suivantes, inspir&#233;es du livre de Nicolas Nova.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1. &#201;puisement : Sur la place du Colonel Fabien, passez quinze minutes &#224; dresser un inventaire syst&#233;matique (&#233;crit ou oral) de ce qui se d&#233;roule autour de vous.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;2. Collecte : Promenez-vous pendant au moins trente minutes autour de la place et relevez tous les mots et toutes les phrases que vous rencontrez.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;3. Le&#231;on de chose : Trouvez vingt-cinq questions &#224; vous poser sur le chantier de la place sans chercher n&#233;cessairement &#224; y r&#233;pondre. Pr&#233;sentez ces questions sous forme d'une liste en vrac.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;4. Au vol : Rendez-vous dans un lieu public de la place (caf&#233;, biblioth&#232;que, banc public). Rapprochez-vous d'un groupe de deux ou trois personnes et prenez des notes &#224; propos de la discussion en cours, en vous attachant &#224; relever le maximum de d&#233;tails.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;5. Coins et recoins : Sur un territoire plus ou moins circonscrit de la place, observez les coins moins accessibles &#224; premi&#232;re vue, les passages discrets, les recoins, les interstices, les anfractuosit&#233;s quelconques. Consignez toutes les choses et les &#234;tres que vous y rencontrez. Produisez-en un ab&#233;c&#233;daire compos&#233; d'une liste et d'un court texte organis&#233; par ordre alphab&#233;tique.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_8407 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.liminaire.fr/IMG/jpg/54577021712_86eeafe568_k.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.liminaire.fr/local/cache-vignettes/L500xH333/54577021712_86eeafe568_k-60bd6.jpg?1751958191' width='500' height='333' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;6. Portrait : Rendez-vous dans un lieu un peu anim&#233; de la place et entrez en discussion avec une personne de votre choix, en lui demandant son accord. Tentez de recueillir le maximum d'informations sur son rapport au lieu, au chantier en cours, en enregistrant votre entretien.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;7. Relev&#233; : Pendant votre arpentage autour de la place, rep&#233;rez tous les objets qui ont &#233;t&#233; d&#233;tourn&#233;s de leur usage initial. Pour les remarquer, faites attention &#224; la pr&#233;sence &#233;ventuelle de bricolages en tout genre, traces d'usure ou couleurs discordantes, recours &#224; du scotch, des ficelles, des mati&#232;res disparates, ou signal&#233;tique approximative (fl&#232;ches, messages, dessins griffonn&#233;s).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;8. Cueillette : Ramassez tous les petits objets (artificiels ou naturels) rencontr&#233;s dans votre promenade : bouteilles, m&#233;gots de cigarette, tickets de transports en commun, feuilles mortes, d&#233;bris en plastique, d&#233;pliants, plumes d'oiseau, etc. Mettez-les dans un sac ou un bocal, et d&#233;posez-les apr&#232;s sur une grande feuille de papier au sol (faites-en des photos si vos trouvailles vous r&#233;pugnent ou que les observables sont trop volumineux). Produisez une classification.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_8408 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.liminaire.fr/IMG/jpg/54601549906_8dc65e1dc5_k.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.liminaire.fr/local/cache-vignettes/L500xH333/54601549906_8dc65e1dc5_k-df7ac.jpg?1751958191' width='500' height='333' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Les enregistrements sonores r&#233;alis&#233;s en m&#234;me temps que les textes &#233;crits lors de l'arpentage de la place du Colonel Fabien, textes lus et enregistr&#233;s &#224; l'issue de l'atelier par les participants se pr&#233;sentent sous deux formes diff&#233;rentes :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Pi&#232;ce sonore : &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip_document_8421 spip_document spip_documents spip_document_audio spip_documents_left spip_document_left&#034;&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;div class=&#034;audio-wrapper&#034; style='width:400px;max-width:100%;'&gt; &lt;audio class=&#034;mejs mejs-8421 &#034; data-id=&#034;62aab5aac0a1ce69938ba01bc155a885&#034; src=&#034;IMG/mp3/place_du_colonel_fabien.mp3&#034; type=&#034;audio/mpeg&#034; preload=&#034;none&#034; data-mejsoptions='{&#034;iconSprite&#034;: &#034;plugins-dist/medias/lib/mejs/mejs-controls.svg&#034;,&#034;alwaysShowControls&#034;: true,&#034;loop&#034;:false,&#034;audioWidth&#034;:&#034;100%&#034;,&#034;duration&#034;:1114}' controls=&#034;controls&#034; &gt;&lt;/audio&gt; &lt;/div&gt;
&lt;div class=&#034;base64javascript13539099876a4271b211a905.89788944&#034; title=&#034;PHNjcmlwdD4gdmFyIG1lanNwYXRoPSdwbHVnaW5zLWRpc3QvbWVkaWFzL2xpYi9tZWpzL21lZGlhZWxlbWVudC1hbmQtcGxheWVyLm1pbi5qcz8xNzcyNzk1ODQwJyxtZWpzY3NzPSdwbHVnaW5zLWRpc3QvbWVkaWFzL2xpYi9tZWpzL21lZGlhZWxlbWVudHBsYXllci5taW4uY3NzPzE3NzI3OTU4NDAnOwp2YXIgbWVqc2xvYWRlcjsKKGZ1bmN0aW9uKCl7dmFyIGE9bWVqc2xvYWRlcjsidW5kZWZpbmVkIj09dHlwZW9mIGEmJihtZWpzbG9hZGVyPWE9e2dzOm51bGwscGx1Zzp7fSxjc3M6e30saW5pdDpudWxsLGM6MCxjc3Nsb2FkOm51bGx9KTthLmluaXR8fChhLmNzc2xvYWQ9ZnVuY3Rpb24oYyl7aWYoInVuZGVmaW5lZCI9PXR5cGVvZiBhLmNzc1tjXSl7YS5jc3NbY109ITA7dmFyIGI9ZG9jdW1lbnQuY3JlYXRlRWxlbWVudCgibGluayIpO2IuaHJlZj1jO2IucmVsPSJzdHlsZXNoZWV0IjtiLnR5cGU9InRleHQvY3NzIjtkb2N1bWVudC5nZXRFbGVtZW50c0J5VGFnTmFtZSgiaGVhZCIpWzBdLmFwcGVuZENoaWxkKGIpfX0sYS5pbml0PWZ1bmN0aW9uKCl7ITA9PT1hLmdzJiZmdW5jdGlvbihjKXtqUXVlcnkoImF1ZGlvLm1lanMsdmlkZW8ubWVqcyIpLm5vdCgiLmRvbmUsLm1lanNfX3BsYXllciIpLmVhY2goZnVuY3Rpb24oKXtmdW5jdGlvbiBiKCl7dmFyIGU9ITAsaDtmb3IoaCBpbiBkLmNzcylhLmNzc2xvYWQoZC5jc3NbaF0pO2Zvcih2YXIgZiBpbiBkLnBsdWdpbnMpInVuZGVmaW5lZCI9PQp0eXBlb2YgYS5wbHVnW2ZdPyhlPSExLGEucGx1Z1tmXT0hMSxqUXVlcnkuZ2V0U2NyaXB0KGQucGx1Z2luc1tmXSxmdW5jdGlvbigpe2EucGx1Z1tmXT0hMDtiKCl9KSk6MD09YS5wbHVnW2ZdJiYoZT0hMSk7ZSYmalF1ZXJ5KCIjIitjKS5tZWRpYWVsZW1lbnRwbGF5ZXIoalF1ZXJ5LmV4dGVuZChkLm9wdGlvbnMse3N1Y2Nlc3M6ZnVuY3Rpb24oYSxjKXtmdW5jdGlvbiBiKCl7dmFyIGI9alF1ZXJ5KGEpLmNsb3Nlc3QoIi5tZWpzX19pbm5lciIpO2EucGF1c2VkPyhiLmFkZENsYXNzKCJwYXVzaW5nIiksc2V0VGltZW91dChmdW5jdGlvbigpe2IuZmlsdGVyKCIucGF1c2luZyIpLnJlbW92ZUNsYXNzKCJwbGF5aW5nIikucmVtb3ZlQ2xhc3MoInBhdXNpbmciKS5hZGRDbGFzcygicGF1c2VkIil9LDEwMCkpOmIucmVtb3ZlQ2xhc3MoInBhdXNlZCIpLnJlbW92ZUNsYXNzKCJwYXVzaW5nIikuYWRkQ2xhc3MoInBsYXlpbmciKX1iKCk7YS5hZGRFdmVudExpc3RlbmVyKCJwbGF5IixiLCExKTsKYS5hZGRFdmVudExpc3RlbmVyKCJwbGF5aW5nIixiLCExKTthLmFkZEV2ZW50TGlzdGVuZXIoInBhdXNlIixiLCExKTthLmFkZEV2ZW50TGlzdGVuZXIoInBhdXNlZCIsYiwhMSk7Zy5hdHRyKCJhdXRvcGxheSIpJiZhLnBsYXkoKX19KSl9dmFyIGc9alF1ZXJ5KHRoaXMpLmFkZENsYXNzKCJkb25lIiksYzsoYz1nLmF0dHIoImlkIikpfHwoYz0ibWVqcy0iK2cuYXR0cigiZGF0YS1pZCIpKyItIithLmMrKyxnLmF0dHIoImlkIixjKSk7dmFyIGQ9e29wdGlvbnM6e30scGx1Z2luczp7fSxjc3M6W119LGUsaDtmb3IoZSBpbiBkKWlmKGg9Zy5hdHRyKCJkYXRhLW1lanMiK2UpKWRbZV09alF1ZXJ5LnBhcnNlSlNPTihoKTtiKCl9KX0oalF1ZXJ5KX0pO2EuZ3N8fCgidW5kZWZpbmVkIiE9PXR5cGVvZiBtZWpzY3NzJiZhLmNzc2xvYWQobWVqc2NzcyksYS5ncz1qUXVlcnkuZ2V0U2NyaXB0KG1lanNwYXRoLGZ1bmN0aW9uKCl7YS5ncz0hMDthLmluaXQoKTtqUXVlcnkoYS5pbml0KTtvbkFqYXhMb2FkKGEuaW5pdCl9KSl9KSgpOzwvc2NyaXB0Pg==&#034;&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;br&gt; &lt;br&gt;
&lt;br&gt;
&lt;strong&gt;Vid&#233;o incluant un extrait sonore de l'atelier :&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les textes ont &#233;t&#233; &#233;crits et lus par Hoan Bui-Yuan, Marine Brogard et J&#233;r&#233;my Rondin. &lt;br class='autobr' /&gt;
Les interviews r&#233;alis&#233;es par Hoan Bui-Yuan.&lt;/p&gt;
&lt;center&gt;&lt;iframe width=&#034;640&#034; height=&#034;395&#034; src=&#034;https://www.youtube.com/embed/_JNNbAIVSxQ&#034; title=&#034;&#034; frameborder=&#034;0&#034; allow=&#034;accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share&#034; referrerpolicy=&#034;strict-origin-when-cross-origin&#034; allowfullscreen&gt;&lt;/iframe&gt;&lt;/center&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Photographies du chantier (Juin 2025) : &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;center&gt; &lt;iframe style=&#034;width: 640px; height: 460px;&#034; scrolling=&#034;no&#034; align=&#034;middle&#034; frameborder=&#034;0&#034; src=&#034;https://www.flickr.com/photos/liminaire/sets/72177720327324309/player&#034;&gt;&lt;/iframe&gt; &lt;/center&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Vid&#233;o du chantier (Juin 2025) : &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;center&gt;&lt;iframe width=&#034;640&#034; height=&#034;395&#034; src=&#034;https://www.youtube.com/embed/P4X0jZef1Xk&#034; title=&#034;&#034; frameborder=&#034;0&#034; allow=&#034;accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share&#034; referrerpolicy=&#034;strict-origin-when-cross-origin&#034; allowfullscreen&gt;&lt;/iframe&gt;&lt;/center&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Le vertige de la mani&#232;re de voir</title>
		<link>https://www.liminaire.fr/ecriture/palimpseste/article/le-vertige-de-la-maniere-de-voir</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.liminaire.fr/ecriture/palimpseste/article/le-vertige-de-la-maniere-de-voir</guid>
		<dc:date>2025-06-25T07:00:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Pierre M&#233;nard</dc:creator>


		<dc:subject>Art</dc:subject>
		<dc:subject>&#201;criture</dc:subject>
		<dc:subject>Livre</dc:subject>
		<dc:subject>Langage</dc:subject>
		<dc:subject>Lecture</dc:subject>
		<dc:subject>Num&#233;rique</dc:subject>
		<dc:subject>Peinture</dc:subject>
		<dc:subject>Photographie</dc:subject>
		<dc:subject>Vid&#233;o</dc:subject>
		<dc:subject>Regard</dc:subject>
		<dc:subject>Visage</dc:subject>
		<dc:subject>Corps</dc:subject>
		<dc:subject>Sens</dc:subject>
		<dc:subject>Soci&#233;t&#233;</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;En 1971, John Berger con&#231;oit, en collaboration avec le producteur Michael Dibb, une s&#233;rie t&#233;l&#233;vis&#233;e intitul&#233;e Ways of Seeing, diffus&#233;e sur la BBC. L'&#233;mission conna&#238;t un accueil enthousiaste. L'ann&#233;e suivante para&#238;t un ouvrage du m&#234;me nom, co&#233;crit avec Dibb, Chris Fox, l'artiste Sven Blomberg et le designer graphique Richard Hollis. La rigueur et l'inventivit&#233; de la mise en page sign&#233;e Hollis contribueront &#224; faire de ce livre une r&#233;f&#233;rence incontournable dans le monde du design visuel. &lt;br class='autobr' /&gt;
&#192; (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/ecriture/palimpseste/" rel="directory"&gt;Palimpseste&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/art" rel="tag"&gt;Art&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/ecriture" rel="tag"&gt;&#201;criture&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/livre" rel="tag"&gt;Livre&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/langage" rel="tag"&gt;Langage&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/lecture" rel="tag"&gt;Lecture&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/numerique" rel="tag"&gt;Num&#233;rique&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/peinture" rel="tag"&gt;Peinture&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/photographie" rel="tag"&gt;Photographie&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/video" rel="tag"&gt;Vid&#233;o&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/regard" rel="tag"&gt;Regard&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/visage" rel="tag"&gt;Visage&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/corps" rel="tag"&gt;Corps&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/sens" rel="tag"&gt;Sens&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/societe" rel="tag"&gt;Soci&#233;t&#233;&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.liminaire.fr/local/cache-vignettes/L150xH81/capture_d_e_cran_2025-05-15_a_00.38_36-73aec.png?1750835271' class='spip_logo spip_logo_right spip_logo_survol' width='150' height='81' alt=&#034;&#034; data-src-hover=&#034;IMG/logo/capture_d_e_cran_2025-05-15_a_00.37_08.png?1747262476&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;En 1971, John Berger con&#231;oit, en collaboration avec le producteur Michael Dibb, une s&#233;rie t&#233;l&#233;vis&#233;e intitul&#233;e &lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;https://www.ways-of-seeing.com/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Ways of Seeing&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;, diffus&#233;e sur la BBC. L'&#233;mission conna&#238;t un accueil enthousiaste. L'ann&#233;e suivante para&#238;t un ouvrage du m&#234;me nom, co&#233;crit avec Dibb, Chris Fox, l'artiste Sven Blomberg et le designer graphique Richard Hollis. La rigueur et l'inventivit&#233; de la mise en page sign&#233;e Hollis contribueront &#224; faire de ce livre une r&#233;f&#233;rence incontournable dans le monde du design visuel.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; travers sept textes critiques, Berger retrace les conditions de production des &#339;uvres picturales de la Renaissance et met en lumi&#232;re les rapports de pouvoir qu'elles r&#233;v&#232;lent. Il &#233;tablit un lien direct entre ces logiques de commande et l'&#233;mergence, dans les soci&#233;t&#233;s capitalistes modernes, d'un langage visuel standardis&#233; : celui de la publicit&#233;. Il invite ainsi le lecteur-spectateur &#224; adopter une posture active et critique face aux images qui composent son environnement quotidien.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Berger explore la repr&#233;sentation du corps f&#233;minin dans l'histoire de l'art, tout en interrogeant nos rapports aux objets, &#224; l'autorit&#233; et &#224; la possession.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_8333 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.liminaire.fr/IMG/png/capture_d_e_cran_2025-05-02_a_23.11_29.png' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/png&#034;&gt; &lt;img src='https://www.liminaire.fr/local/cache-vignettes/L500xH323/capture_d_e_cran_2025-05-02_a_23.11_29-340c8.png?1750835271' width='500' height='323' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;https://tallerestampa.com/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Estampa&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt; est un collectif de programmeurs, producteurs et chercheurs travaillant dans les domaines de l'audiovisuel et des environnements num&#233;riques, dont on peut voir une de leurs &#339;uvres dans &lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;https://jeudepaume.org/evenement/exposition-le-monde-selon-ia/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;l'exposition &lt;i&gt;Le monde selon l'IA&lt;/i&gt; au Mus&#233;e du Jeu de Paume &#224; Paris&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;. Leur pratique est bas&#233;e sur une approche critique et arch&#233;ologique des technologies audiovisuelles, sur la recherche d'outils et d'id&#233;ologies d'intelligence artificielle et sur les ressources de l'animation exp&#233;rimentale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Estampa explore l'utilisation de l'IA pour r&#233;interpr&#233;ter le film &lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;https://liminaire.fr/ecriture/derives/article/vertigo-a-san-francisco&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Vertigo&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt; d'Alfred Hitchcock, en m&#233;langeant son image avec les voix de la c&#233;l&#232;bre s&#233;rie de la BBC dans laquelle John Berger diss&#232;que le regard artistique. La perspicacit&#233; dans la recherche d'&#233;l&#233;ments o&#249; les deux propositions s'int&#232;grent et la capacit&#233; de la technologie elle-m&#234;me, toujours en danger, &#224; cr&#233;er des situations humoristiques nous am&#232;nent &#224; l'IA d'un point de vue plus amical pour le secteur artistique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Scottie lit &lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;https://editions-b42.com/produit/voir-le-voir/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;i&gt;Voir le voir&lt;/i&gt; de John Berger&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt; et commence &#224; se poser des questions tandis que Judy reste silencieuse.&lt;/p&gt;
&lt;center&gt;&lt;iframe title=&#034;vimeo-player&#034; src=&#034;https://player.vimeo.com/video/753923867?h=a8777234dd&#034; width=&#034;640&#034; height=&#034;360&#034; frameborder=&#034;0&#034; allowfullscreen&gt;&lt;/iframe&gt;&lt;/center&gt;
&lt;p&gt;Le processus de vision des peintures, ou de toute autre chose. Une grande partie de la vision d&#233;pend de l'habitude et des conventions. La perspective centre tout sur l'&#339;il de celui qui regarde. C'est comme le faisceau d'un phare. Seulement, au lieu que la lumi&#232;re se d&#233;place vers l'ext&#233;rieur, les apparences se d&#233;placent vers l'int&#233;rieur. Et notre tradition artistique appelle ces apparitions. Les apparences peuvent voyager &#224; travers le monde. Elles peuvent &#234;tre vues dans un million d'endroits diff&#233;rents en m&#234;me temps. Lorsque vous les regardez sur votre &#233;cran. Vous les voyez dans le contexte de votre propre vie. Au m&#234;me moment, elles sont sur de nombreux autres &#233;crans, entour&#233;es d'objets diff&#233;rents, de couleurs diff&#233;rentes, de sons diff&#233;rents. Tout comme l'image de moi, ici dans le studio, voyage jusqu'&#224; vous et appara&#238;t sur votre &#233;cran. Maintenant, elle n'appartient &#224; aucun endroit.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_8394 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.liminaire.fr/IMG/png/capture_d_e_cran_2025-06-24_a_21.57_53.png' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/png&#034;&gt; &lt;img src='https://www.liminaire.fr/local/cache-vignettes/L500xH270/capture_d_e_cran_2025-06-24_a_21.57_53-3ecb1.png?1750835272' width='500' height='270' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;center&gt;Les images viennent &#224; vous, vous n'allez pas &#224; elles.&lt;/center&gt;&lt;div class='spip_document_8395 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.liminaire.fr/IMG/png/capture_d_e_cran_2025-06-24_a_21.59_12.png' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/png&#034;&gt; &lt;img src='https://www.liminaire.fr/local/cache-vignettes/L500xH271/capture_d_e_cran_2025-06-24_a_21.59_12-74121.png?1750835272' width='500' height='271' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;center&gt;C'est l'image qui voyage maintenant.&lt;/center&gt;
&lt;p&gt;Elle est venue &#224; vous. Elle est devenue une sorte d'information. Si nous d&#233;couvrons pourquoi il en est ainsi, nous devrions &#233;galement d&#233;couvrir quelque chose sur nous-m&#234;mes. Nous devrions &#233;galement d&#233;couvrir quelque chose sur nous-m&#234;mes et sur la situation dans laquelle nous vivons. Les hommes r&#234;vent des femmes. Les femmes r&#234;vent d'&#234;tre r&#234;v&#233;es. Les hommes regardent les femmes. Les femmes se regardent regarder. Les femmes croisent constamment des regards qui agissent comme des miroirs, leur rappelant leur apparence ou celle qu'elles devraient avoir. Derri&#232;re chaque regard se cache un jugement. Parfois, le regard qu'elles rencontrent est le leur, refl&#233;t&#233; par un vrai miroir. Une femme est toujours accompagn&#233;e, sauf lorsqu'elle est seule. Et peut-&#234;tre m&#234;me, dans ce cas, par l'image qu'elle se fait d'elle-m&#234;me. Lorsqu'elle traverse une pi&#232;ce ou pleure la mort de son p&#232;re, elle ne peut s'emp&#234;cher de s'imaginer en train de marcher ou de pleurer. Depuis sa plus tendre enfance, on lui dit et on la persuade de se sonder continuellement. Nous cherchons. Nous achetons. C'est &#224; nous. &#192; nous de le consommer, de le revendre, peut-&#234;tre de l'offrir. Le plus souvent, nous le gardons. Peindre une chose et la mettre sur une toile n'est pas diff&#233;rent de l'acheter et de l'installer dans sa maison. Les objets &#224; l'int&#233;rieur du tableau semblent souvent aussi tangibles que ceux qui se trouvent &#224; l'ext&#233;rieur. Si vous achetez une peinture, vous achetez aussi l'aspect de la chose qu'elle repr&#233;sente. Que sont ces peintures ? Avant d'&#234;tre quoi que ce soit d'autre, ce sont des objets qui peuvent &#234;tre achet&#233;s et poss&#233;d&#233;s. C'est comme s'il vivait dans une maison construite en tableaux. Quel est leur avantage par rapport aux murs de pierre ou de bois ? Ils lui offrent des vues. La peinture &#224; l'huile europ&#233;enne, contrairement &#224; l'art d'autres civilisations et d'autres &#233;poques, met l'accent sur la tangibilit&#233;, la solidit&#233;, la texture, le poids, la saisissabilit&#233; de ce qui est repr&#233;sent&#233;. Mais l'accent mis sur la solidit&#233; du r&#233;el, sur ce sur quoi on peut mettre la main, est devenu tout aussi &#233;troitement li&#233; &#224; un sentiment de propri&#233;t&#233;. Dans d'autres cultures et &#224; d'autres &#233;poques, de nombreuses &#339;uvres d'art ont c&#233;l&#233;br&#233; la richesse et le pouvoir. Les dieux, les princes et les dynasties &#233;taient v&#233;n&#233;r&#233;s. Mais ces &#339;uvres &#233;taient statiques, hi&#233;rarchiques, symboliques. Elles c&#233;l&#233;braient un ordre social ou divin. La peinture &#224; l'huile europ&#233;enne sert un autre type de richesse. Elle ne glorifie pas un ordre statique des choses, mais la possibilit&#233; d'acheter, de meubler et de poss&#233;der. Un certain type de peinture &#224; l'huile a c&#233;l&#233;br&#233; la marchandise comme jamais auparavant dans l'histoire de l'art. La marchandise est devenue le sujet principal de ces &#339;uvres. Ces peintures ne c&#233;l&#232;brent pas directement ce qui est achetable. Elles t&#233;moignaient de la confiance de ceux &#224; qui la propri&#233;t&#233; apportait la confiance. L'amour de l'art semble automatiquement propos&#233; comme une exp&#233;rience humaine sublime. C'est pourquoi nous devrions peut-&#234;tre nous m&#233;fier quelque peu de l'amour de l'art. L'amour de l'art n'explique rien dans l'histoire, pas m&#234;me dans l'histoire de l'art.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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