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	<title>LIMINAIRE</title>
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	<description>Une palpitation, un mouvement encore immobile, un espace de sursis dans la dissolution.</description>
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		<title>LIMINAIRE</title>
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		<title>Une image invers&#233;e de la ville / Au lieu de l'autre</title>
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		<dc:creator>Pierre M&#233;nard</dc:creator>


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		<dc:subject>Art</dc:subject>
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		<dc:subject>Regard</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;En reprenant le principe des vases-communicants qu'Anh Mat et moi avons d&#233;j&#224; emprunt&#233; pour la premi&#232;re fois, il y a plus de quatre ans (faire &#233;change de vid&#233;o, s'emparer des images et de la bande son de l'autre, entrer en dialogue avec lui), chacun diffuse aujourd'hui le texte qu'il a r&#233;alis&#233; sur la vid&#233;o de l'autre et vice versa. &lt;br class='autobr' /&gt;
Anh Mat est venu &#224; Paris l'&#233;t&#233; dernier avec sa fille Isabelle. Il a v&#233;cu quelques jours jours &#224; la maison. j'ai eu plaisir &#224; marcher dans mon quartier &#224; ses (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.liminaire.fr/creation/vases-communicants/" rel="directory"&gt;Vases communicants&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/art" rel="tag"&gt;Art&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/ecriture" rel="tag"&gt;&#201;criture&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/regard" rel="tag"&gt;Regard&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.liminaire.fr/local/cache-vignettes/L150xH100/design_sans_titre_18_1_-db105.png?1769069880' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='100' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;En reprenant le principe des &lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;https://liminaire.fr/mot/les-vases-communicants&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;vases-communicants&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt; qu'Anh Mat et moi avons d&#233;j&#224; emprunt&#233; pour la premi&#232;re fois, il y a plus de quatre ans (faire &#233;change de vid&#233;o, s'emparer des images et de la bande son de l'autre, entrer en dialogue avec lui), chacun diffuse aujourd'hui le texte qu'il a r&#233;alis&#233; sur la vid&#233;o de l'autre et vice versa.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Anh Mat est venu &#224; Paris l'&#233;t&#233; dernier avec sa fille Isabelle. Il a v&#233;cu quelques jours jours &#224; la maison. j'ai eu plaisir &#224; marcher dans mon quartier &#224; ses c&#244;t&#233;s, &#224; discuter avec lui. Nos vid&#233;os poursuivent ce dialogue &#224; distance. &#171; C'est une exp&#233;rience de l'ordre de l'intime, d&#233;crit Anh Mat, une r&#233;sonance o&#249; la voix de l'autre vient incarner une part de soi jusqu'au d&#233;voilement. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Une image invers&#233;e de la ville (avec Pierre M&#233;nard)&lt;/strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
montage : &lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;http://www.lesnuitsechouees.com/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Anh Mat&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt; / texte : Pierre M&#233;nard&lt;/p&gt;
&lt;center&gt;&lt;iframe width=&#034;660&#034; height=&#034;415&#034; src=&#034;https://www.youtube.com/embed/syl-QHDatac&#034; title=&#034;Une image invers&#233;e de la ville (avec @Pierre Menard )&#034; frameborder=&#034;0&#034; allow=&#034;accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share&#034; referrerpolicy=&#034;strict-origin-when-cross-origin&#034; allowfullscreen&gt;&lt;/iframe&gt;&lt;/center&gt;
&lt;p&gt;Quand j'arrive dans une ville que je ne connais pas, je ne sens pas la fatigue du voyage, tout autour de moi accapare mon attention. Les paysages, les saisons, la forme des rues et leur circulation, et bien s&#251;r tous les gens que je croise sur le chemin, leur mani&#232;re de marcher, le mouvement de leurs corps, leurs habits, leurs interactions, et cette fa&#231;on de nous remarquer sans trop s'apesantir, de nous voir sans nous observer, qui nous permet &#224; notre tour de les regarder sans avoir l'impression d'&#234;tre trop intrusif.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Marcher dans une ville, c'est une mani&#232;re de l'inventer. Trouver son chemin, mais surtout retrouver sa place. &#202;tre soi-m&#234;me. Parfois cela prend du temps. Certains y passent leur vie enti&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sur le bord d'un trottoir, allong&#233; dans un hamac entre deux arbres dans un parc qui para&#238;t &#224; l'abandon, ou assis &#224; m&#234;me le sol pav&#233;, peu importe, ce qui compte, &#224; d&#233;faut de s'y sentir bien, c'est de s'y sentir pr&#233;sent. Le plus souvent c'est seulement en marge de la ville qu'on y parvient, dans ses recoins secrets. Et pour les d&#233;nicher, il faut se mettre en marche, se lancer &#224; leur recherche. En mouvement. Dans les rares interstices que la ville nous offre encore. Ils sont de plus en plus rares ces lieux, difficiles &#224; trouver. C'est long, parfois fastidieux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je ne suis jamais tout &#224; fait d'ici, jamais tout &#224; fait d'ailleurs, dis-tu souvent. C'est dans cette h&#233;sitation, cet entre-deux que se situe ce qu'on appelle cheminement. C'est une discussion qui avance sans savoir o&#249; elle va, qui ne cherche pas &#224; convaincre l'autre de son bienfond&#233;, de sa v&#233;rit&#233;. La v&#233;rit&#233; est ailleurs. C'est un &#233;change de points de vue, o&#249; chacun enrichit l'autre, et lui permet d'aller plus loin, de voir les choses autrement, de se sentir &#233;cout&#233; autant que compris, c'est un dialogue dans l'espace et dans le temps.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La ville se construit contre nous. Contre la nature. L'espace nous manque. La ville nous accapare tout le temps. Nous y sommes de plus en plus nombreux, les immeubles s'&#233;l&#232;vent de plus en plus haut vers le ciel pour tenter de nous accueillir, au sol les zones qui ne servent &#224; rien sont de plus en plus isol&#233;es, &#233;limin&#233;es, recouvertes par les routes qui relient nos habitations. Circulez, il n'y a rien &#224; voir. Le mot d'ordre que la ville veut nous imposer. Il faut s'en d&#233;tourner, et regarder autour de soi pour parvenir enfin &#224; trouver un peu d'espace &#224; soi. Je crois que c'est ce que j'aime le plus ici. Avec toi. Dans ce que tu montres des gestes des habitants. Le mouvement du corps de celle qui balaie le sol pav&#233;, de celui qui nettoie d'un geste &#233;nergique les chaussures qu'on lui a confi&#233;es, de celle qui coiffe patiemment les cheveux d'une enfant, de celle qui tricote r&#234;veusement sur un banc, de celui qui envoie de mani&#232;re d&#233;tach&#233;e un message &#224; un ami sur son t&#233;l&#233;phone, de celui qui, malgr&#233; la fatigue, conduit son scooter, de celui qui change la roue de sa voiture sur le bas-c&#244;t&#233; de la route. Je voudrais tant r&#233;ussir &#224; regarder les gens &#224; Paris comme tu les observes dans les rues de Sa&#239;gon, dans les parcs, les halls d'immeubles et les caf&#233;s de la ville, &#224; les filmer de la m&#234;me mani&#232;re, &#224; l'ext&#233;rieur comme &#224; l'int&#233;rieur, sans distance, mais sans insistance, dans leur quotidien, dans leur intimit&#233;. Cette ouverture que la ville nous offre parfois. Sur le qui-vive mais sans pr&#233;cipitation. Malgr&#233; l'agitation, le bruit, la pollution.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les endroits en ville, o&#249; des espaces demeurent encore libres, inconstruits, &#224; l'abandon ou oubli&#233;s, qu'il s'agisse de friches industrielles ou de terrains vagues, sont si rares, qu'ils me font battre le c&#339;ur un peu plus vite &#224; chaque fois, comme un silence apr&#232;s le bruit, le calme apr&#232;s le tumulte. C'est un peu la mani&#232;re avec laquelle les herbes folles envahissent le bitume contre toute attente, l'impr&#233;visible qui s'immisce l&#224; o&#249; personne ne l'attend, o&#249; il est encore possible d'esp&#233;rer que la ville change pour nous accueillir enfin. C'est un &#238;lot, un espace &#224; part, en retrait, o&#249; s'isoler, rester invisible, au calme. Seul ou accompagn&#233;. Le lieu d'un d&#233;tournement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je pense &#224; cet homme entrevu un peu plus t&#244;t, sommeillant confortablement au creux de son hamac, &#224; l'ombre entre deux arbres au milieu d'un parc que personne ne traverse. Je pense &#224; cet homme qui dort sur son transat au milieu du trottoir. Et cet homme qui parle dans son sommeil sur le banc en terrazzo en bas de chez toi. Que dit-il ? S'en souvient-il lorsqu'il se r&#233;veille ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce qui me fascine, dans les visages de ces hommes et de ces femmes, c'est qu'ils nous invitent &#224; poser un regard de biais sur les choses qui les entourent, une mani&#232;re de r&#234;ver leur quotidien &#224; voix haute, d'arr&#234;ter le temps dans la pr&#233;cipitation et leurs gestes, leurs moyens de locomotion, de s'en &#233;loigner tout en s'y r&#233;v&#233;lant. Leur pr&#233;sence nous fait r&#233;fl&#233;chir &#224; notre propre place dans la ville, le temps que nous y restons, nous permettant de mieux comprendre notre lien &#224; la ville, de l'appr&#233;hender autrement et de l'investir enfin &#224; notre rythme. Ces lieux qui se refusent &#224; nous depuis longtemps auxquels il faut revenir, pour nous les approprier, qu'il faut retenir l'espace d'un instant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je voudrais que tu m'apprennes &#224; filmer les gens dans la rue comme tu le fais si naturellement. Cependant, tous ne me sont pas inconnus. Parmi cette foule de visages, je reconnais celui d'Isabelle dans les traits de sa m&#232;re. J'essaie de deviner ce qu'elle dit &#224; la marchande de l&#233;gumes qui la fait tant sourire. Je regarde avec tendresse les gestes de ta fille s'amusant le soir dans le jardin d'enfants au pied de votre immeuble, avec ses amis, ses voisins. Ce geste qu'elle a pour relever machinalement une m&#232;che de cheveux qui tombe sur son front, tout en continuant ce qu'elle est en train de faire, en jouant avec l'air s&#233;rieux qu'on a toujours quand on s'amuse vraiment. La voix d'Isabelle dans sa langue natale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La ville se transforme chaque jour devant nous. Nous restons abasourdis par ces brusques changements qui bouleversent nos itin&#233;raires, nos perspectives, nos rendez-vous secrets, nos moindres habitudes, nos axes de circulation et ces zones de calme et de repos que nous affectionnons tant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans la nuit, les flaques sur le trottoir refl&#232;tent les centaines de fen&#234;tres des immeubles qui illuminent l'obscurit&#233; de leurs impacts lumineux qui sont autant d'&#233;toiles dont la lumi&#232;re nous parvient pour nous dire qu'elles sont parvenues jusqu'&#224; nous et que leur trace lumineuse en t&#233;moigne m&#234;me si depuis elles ont disparu. J'ai la m&#234;me impression en traversant la ville &#224; tes c&#244;t&#233;s. Je m'y projette avec toi au point de m'y retrouver.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les inondations modifient sensiblement les contours de la ville. Les distances entre les immeubles, les monuments. La topographie urbaine.&lt;br class='autobr' /&gt;
En voiture, ce qu'on aper&#231;oit derri&#232;re les vitres embu&#233;es, parsem&#233;es de gouttes de pluie, devient flou, le paysage se m&#233;tamorphose en tableau. L'eau envahit tous les espaces encore accessibles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J'apprends que la ville s'affaisse, que malgr&#233; les efforts des pouvoirs publics pour prot&#233;ger les millions d'habitants le long du fleuve Sa&#239;gon, ceux-ci sont bloqu&#233;s par des proc&#233;dures financi&#232;res et des paiements en suspens, ce qui explique l'inondation croissante &#224; Sa&#239;gon qui ne rel&#232;ve pas d'un &#233;pisode ponctuel mais d'une conjonction d'une mont&#233;e des eaux caus&#233;e par la mer et les fleuves et d'un affaissement urbain pr&#233;occupant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La ville d&#233;file derri&#232;re la vitre de la voiture, mais j'ai l'impression de me retrouver &#224; bord d'un bateau remontant le fleuve dans une ville b&#226;tie sur l'eau. Les images de l'homme d&#233;rivant pour p&#234;cher sur le fleuve dans sa barque me reviennent en m&#233;moire. J'ai d&#233;j&#224; vu son allure proph&#233;tique dans un autre film, il glissait lentement &#224; la surface opaque et boueuse de l'eau. Il finit par rejoindre doucement les immeubles qui se refl&#232;tent &#224; la surface de l'eau. Dans une image invers&#233;e de la ville.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Au lieu de l'autre (avec Anh Mat)&lt;/strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
montage : Pierre M&#233;nard / texte : &lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;http://lesnuitsechouees.blogspot.com/2026/01/661.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Ahn Mat&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;center&gt;&lt;iframe width=&#034;660&#034; height=&#034;415&#034; src=&#034;https://www.youtube.com/embed/wPu6r9TIbUE&#034; title=&#034;&#034; frameborder=&#034;0&#034; allow=&#034;accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share&#034; referrerpolicy=&#034;strict-origin-when-cross-origin&#034; allowfullscreen&gt;&lt;/iframe&gt;&lt;/center&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>Forme de l'esprit / La m&#233;moire et l'oubli</title>
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		<dc:creator>Pierre M&#233;nard</dc:creator>


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		<dc:subject>M&#233;moire</dc:subject>
		<dc:subject>Sensation</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Tous les mois, faire &#233;change de vid&#233;o. S'emparer des images et de la bande son, entrer en dialogue avec, sans n&#233;cessairement modifier le montage de la vid&#233;o mais en ajoutant selon ses pr&#233;f&#233;rences (voix off, texte lu, improvis&#233;, &#233;crit sur l'image, ajout de sons, de musique), puis envoyer sa propre vid&#233;o &#224; son correspondant pour qu'il s'en empare &#224; son tour. Le premier vendredi du mois, chacun diffuse le mixage/montage qu'il a r&#233;alis&#233; sur la vid&#233;o de l'autre et d&#233;couvre &#224; son tour son montage (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/numerique" rel="tag"&gt;Num&#233;rique&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/poesie" rel="tag"&gt;Po&#233;sie&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/video" rel="tag"&gt;Vid&#233;o&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/voix" rel="tag"&gt;Voix&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/portugal" rel="tag"&gt;Portugal&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/paris" rel="tag"&gt;Paris&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/paysage" rel="tag"&gt;Paysage&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/les-vases-communicants" rel="tag"&gt;Les vases communicants&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/fantome" rel="tag"&gt;Fant&#244;me&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/reve" rel="tag"&gt;R&#234;ve&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/nature" rel="tag"&gt;Nature&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/temps" rel="tag"&gt;Temps&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/memoire" rel="tag"&gt;M&#233;moire&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/sensation" rel="tag"&gt;Sensation&lt;/a&gt;

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 <content:encoded>&lt;img src='https://www.liminaire.fr/local/cache-vignettes/L150xH100/arton2384-4290e.png?1739535707' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='100' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Tous les mois, faire &#233;change de vid&#233;o. S'emparer des images et de la bande son, entrer en dialogue avec, sans n&#233;cessairement modifier le montage de la vid&#233;o mais en ajoutant selon ses pr&#233;f&#233;rences (voix off, texte lu, improvis&#233;, &#233;crit sur l'image, ajout de sons, de musique), puis envoyer sa propre vid&#233;o &#224; son correspondant pour qu'il s'en empare &#224; son tour. &lt;br class='autobr' /&gt;
Le premier vendredi du mois, chacun diffuse le mixage/montage qu'il a r&#233;alis&#233; sur la vid&#233;o de l'autre et d&#233;couvre &#224; son tour son montage mix&#233; sur la cha&#238;ne YouTube de son invit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Forme de l'esprit&lt;/strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;strong&gt;Images : &lt;a href=&#034;https://www.youtube.com/c/PierreM%C3%A9nard&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Pierre M&#233;nard&lt;/a&gt; / texte : &lt;a href=&#034;https://www.youtube.com/@fairesigne8172&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Alice Diaz&lt;/a&gt; &lt;/strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Avec la pr&#233;sence de Nina Diaz. &lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;center&gt;&lt;iframe width=&#034;560&#034; height=&#034;315&#034; src=&#034;https://www.youtube.com/embed/Hx4WvPmiEuI&#034; title=&#034;YouTube video player&#034; frameborder=&#034;0&#034; allow=&#034;accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share&#034; allowfullscreen&gt;&lt;/iframe&gt;&lt;/center&gt;
&lt;p&gt;&lt;br&gt;
je sens l'irr&#233;el vivant&lt;br class='autobr' /&gt;
discuter l'eau&lt;br class='autobr' /&gt;
l'histoire de votre peuple est loin &lt;br class='autobr' /&gt;
des fables de patience&lt;br class='autobr' /&gt;
nos cadavres son enterr&#233;s sous les arbres&lt;br class='autobr' /&gt;
nous ne les oublions pas &lt;br class='autobr' /&gt;
restent les r&#234;ves&lt;br class='autobr' /&gt;
tu as l'&#226;ge d'&#234;tre une vision&lt;br class='autobr' /&gt;
tout en retenue&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;peut-&#234;tre avons-nous&lt;br class='autobr' /&gt;
la m&#234;me forme d'esprit&lt;br class='autobr' /&gt;
nous passons &#224; c&#244;t&#233;
&lt;br&gt;
&lt;br&gt;
&lt;br&gt;
&lt;strong&gt;La m&#233;moire et l'oubli&lt;/strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;strong&gt;Images : &lt;a href=&#034;https://www.youtube.com/@fairesigne8172&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Alice Diaz&lt;/a&gt; / texte et voix :&lt;/strong&gt; &lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;https://www.youtube.com/c/PierreM%C3%A9nard&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Pierre M&#233;nard&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;. &lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;center&gt;&lt;iframe width=&#034;560&#034; height=&#034;315&#034; src=&#034;https://www.youtube.com/embed/32-wm9BI1SE&#034; title=&#034;YouTube video player&#034; frameborder=&#034;0&#034; allow=&#034;accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share&#034; allowfullscreen&gt;&lt;/iframe&gt;&lt;/center&gt;
&lt;p&gt;&lt;br&gt;
Il suffit parfois de franchir le seuil d'un lieu qu'on ne connait pas, d'entrer dans cet espace inconnu, pour commencer &#224; voir ce qui nous entoure, envisager ce qui nous accueille sous un angle diff&#233;rent, un changement radical de point de vue. La lumi&#232;re nous envahit lentement de sa chaleur trouble. L'impression que rien n'a chang&#233;, pourtant rien n'est plus pareil, nos perceptions tromp&#233;es, se perdent et se troublent. Les sons qu'on entend prennent un tour myst&#233;rieux. On avance au ralenti, dans l'incertitude. Des voix douces chuchotent leurs secrets au creux de notre oreille. Tout ce qui para&#238;t familier nous devient &#233;trangement insolite.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'entre les formes qui apparaissent, l'ombre d'une silhouette se dessine avec insistance, mais toujours sur le point de s'effacer au profit de ce qui peut encore et &#224; chaque instant surgir de l'obscurit&#233;. L'image prend forme et plie l'espace, ploie les choses &#224; sa force. C'est en prenant conscience de l'in&#233;puisable vari&#233;t&#233; de ce qui nous para&#238;t oppos&#233;, que l'on arrive &#224; comprendre leur vraie nature, leurs liens. Les &#234;tres, les lieux perdent leur exclusivit&#233;, sans perdre leur originalit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comment transcrire les images pr&#233;cises que j'ai en t&#234;te, sans les fabriquer de toute pi&#232;ce ? L&#224; o&#249; s'enlacent la m&#233;moire et l'oubli.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>La vitesse des r&#234;ves / Jet&#233; dehors</title>
		<link>https://www.liminaire.fr/creation/vases-communicants/article/la-vitesse-des-reves-jete-dehors</link>
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		<dc:date>2022-11-04T08:30:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Pierre M&#233;nard</dc:creator>


		<dc:subject>Architecture</dc:subject>
		<dc:subject>&#201;criture</dc:subject>
		<dc:subject>Cin&#233;ma</dc:subject>
		<dc:subject>Lecture</dc:subject>
		<dc:subject>Sons</dc:subject>
		<dc:subject>Po&#233;sie</dc:subject>
		<dc:subject>Paris</dc:subject>
		<dc:subject>Ville</dc:subject>
		<dc:subject>Paysage</dc:subject>
		<dc:subject>Nature</dc:subject>
		<dc:subject>Les vases communicants</dc:subject>
		<dc:subject>Regard</dc:subject>
		<dc:subject>Vid&#233;o</dc:subject>
		<dc:subject>D&#233;rive</dc:subject>
		<dc:subject>Sensation</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Tous les mois, faire &#233;change de vid&#233;o. S'emparer des images et de la bande son, entrer en dialogue avec, sans n&#233;cessairement modifier le montage de la vid&#233;o mais en ajoutant selon ses pr&#233;f&#233;rences (voix off, texte lu, improvis&#233;, &#233;crit sur l'image, ajout de sons, de musique), puis envoyer sa propre vid&#233;o &#224; son correspondant pour qu'il s'en empare &#224; son tour. Le premier vendredi du mois, chacun diffuse le mixage/montage qu'il a r&#233;alis&#233; sur la vid&#233;o de l'autre et d&#233;couvre &#224; son tour son montage (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/creation/vases-communicants/" rel="directory"&gt;Vases communicants&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/architecture" rel="tag"&gt;Architecture&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/ecriture" rel="tag"&gt;&#201;criture&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/cinema" rel="tag"&gt;Cin&#233;ma&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/lecture" rel="tag"&gt;Lecture&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/sons" rel="tag"&gt;Sons&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/poesie" rel="tag"&gt;Po&#233;sie&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/paris" rel="tag"&gt;Paris&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/ville" rel="tag"&gt;Ville&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/paysage" rel="tag"&gt;Paysage&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/nature" rel="tag"&gt;Nature&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/les-vases-communicants" rel="tag"&gt;Les vases communicants&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/regard" rel="tag"&gt;Regard&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/video" rel="tag"&gt;Vid&#233;o&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/derive" rel="tag"&gt;D&#233;rive&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/sensation" rel="tag"&gt;Sensation&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.liminaire.fr/local/cache-vignettes/L150xH100/arton2370-b214e.png?1739535707' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='100' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Tous les mois, faire &#233;change de vid&#233;o. S'emparer des images et de la bande son, entrer en dialogue avec, sans n&#233;cessairement modifier le montage de la vid&#233;o mais en ajoutant selon ses pr&#233;f&#233;rences (voix off, texte lu, improvis&#233;, &#233;crit sur l'image, ajout de sons, de musique), puis envoyer sa propre vid&#233;o &#224; son correspondant pour qu'il s'en empare &#224; son tour. &lt;br class='autobr' /&gt;
Le premier vendredi du mois, chacun diffuse le mixage/montage qu'il a r&#233;alis&#233; sur la vid&#233;o de l'autre et d&#233;couvre &#224; son tour son montage mix&#233; sur la cha&#238;ne YouTube de son invit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La vitesse des r&#234;ves&lt;/strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;strong&gt;Images : &lt;a href=&#034;https://www.youtube.com/channel/UC3CM_JjrYwP3hZ37l6g_uyA&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Laurent Givelet&lt;/a&gt; / texte et musique : &lt;a href=&#034;https://www.youtube.com/c/PierreM%C3%A9nard&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Pierre M&#233;nard&lt;/a&gt; &lt;/strong&gt;
&lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;center&gt;&lt;iframe width=&#034;560&#034; height=&#034;315&#034; src=&#034;https://www.youtube.com/embed/EVbQIXz-jjA&#034; title=&#034;YouTube video player&#034; frameborder=&#034;0&#034; allow=&#034;accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture&#034; allowfullscreen&gt;&lt;/iframe&gt;&lt;/center&gt;
&lt;p&gt;&lt;br&gt;
La question qui se pose c'est : par o&#249; commencer ? Admettre le commencement comme continuation. Les matins semblent voler avec les merles, les soirs me crient : tu devrais chercher ailleurs. Chacun cherche &#224; &#233;chapper &#224; sa solitude, &#224; ses souvenirs, &#224; son pass&#233;, &#224; sa folie. Dans ma d&#233;faite de chaque jour, une organisation, un dispositif. Comme un poisson dans l'eau, &#233;voluer dans sa forme. Le g&#233;missement des temps manqu&#233;s. &#192; une vitesse impossible, la vitesse des r&#234;ves. Les formes se confondent avec les signes. Des ombres se coulent dans l'oubli. On ne sait pas &#224; l'avance ce qui peut arriver. Nous sommes en ce moment pr&#232;s de la fronti&#232;re. Le silence emporte la parole vers les profondeurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Jet&#233; dehors&lt;/strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;strong&gt;images et musique : &lt;a href=&#034;https://www.youtube.com/c/PierreM%C3%A9nard&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Pierre M&#233;nard&lt;/a&gt; / texte et voix :&lt;/strong&gt; &lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;https://www.youtube.com/channel/UC_PEu8QW00Xmv9X7eE3X8_A&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Laurent Givelet&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;. &lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;center&gt;&lt;iframe width=&#034;560&#034; height=&#034;315&#034; src=&#034;https://www.youtube.com/embed/_mvY5Wo4bg4&#034; title=&#034;YouTube video player&#034; frameborder=&#034;0&#034; allow=&#034;accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture&#034; allowfullscreen&gt;&lt;/iframe&gt;&lt;/center&gt;
&lt;p&gt;&lt;br&gt;
Tu as &#233;t&#233; jet&#233; au-dehors. C'est l&#224;, t'avait-on dit, le seul lieu possible. Tu avais march&#233;, pas apr&#232;s pas tu te d&#233;tournais des appels et pourtant tu te retrouvais au centre des signaux. Ils &#233;taient &#233;mis pour toi. Alors tu as cherch&#233; la r&#233;alit&#233; derri&#232;re ces signes. Celle qui n'est pas une simple ombre, ni une inqui&#233;tante doublure. Cette r&#233;alit&#233; dont on t'avait parl&#233;, du temps o&#249; tu &#233;tais &#224; l'abri. Une r&#233;alit&#233; &#233;vidente et accueillante, celle qui te tend la main et dont tu &#233;prouves la pr&#233;sence. Celle qui dans le dehors trop ouvert t'enveloppe sans condition. Cette r&#233;alit&#233; dont tu savais qu'elle te satisferait.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lentement tout s'&#233;tait assombri. Comme l'image a son grain, la r&#233;alit&#233; a ses gouttelettes diffractantes, son humidit&#233; r&#233;v&#233;latrice, son ruissellement luisant. La lumi&#232;re venait au-devant de toi. Elle t'envoyait des images de la r&#233;alit&#233; avec son manteau de pr&#233;sence. Mais elle se moquait de toi, jouait &#224; te r&#233;pondre tout en te fuyant. Elle te plongeait dans la nuit, te recouvrait d'ombre, d&#233;sesp&#233;rait ta recherche. Tu ne savais o&#249; courir et rester sur place te paraissant absurde.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Revenaient alors les ombres, les enseignes lumineuses te cherchaient, les phares te traquaient. Tu allais t&#234;te baiss&#233;e, longeant les murs. Tu te gardais d'entrer dans les lumi&#232;res. Tu d&#233;sirais l'ombre maintenant afin qu'elle te d&#233;robe cette r&#233;alit&#233; que tu voulais atteindre, afin que tu ne reconnaisses que le plus tard possible que la r&#233;alit&#233; ne te tendrait pas la main et qu'elle est souriante comme la danse artificielle des lumi&#232;res de la nuit.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>&#192; l'envers du miroir / Il y a une guerre derri&#232;re la ville</title>
		<link>https://www.liminaire.fr/creation/vases-communicants/article/a-l-envers-du-miroir-il-y-a-une-guerre-derriere-la-ville</link>
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		<dc:date>2022-10-07T08:22:48Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Pierre M&#233;nard</dc:creator>


		<dc:subject>&#201;criture</dc:subject>
		<dc:subject>Cin&#233;ma</dc:subject>
		<dc:subject>Po&#233;sie</dc:subject>
		<dc:subject>Num&#233;rique</dc:subject>
		<dc:subject>R&#233;cit</dc:subject>
		<dc:subject>Portrait</dc:subject>
		<dc:subject>Vid&#233;o</dc:subject>
		<dc:subject>Voix</dc:subject>
		<dc:subject>Musique</dc:subject>
		<dc:subject>Les vases communicants</dc:subject>
		<dc:subject>D&#233;rive</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Tous les mois, faire &#233;change de vid&#233;o. S'emparer des images et de la bande son, entrer en dialogue avec, sans n&#233;cessairement modifier le montage de la vid&#233;o mais en ajoutant selon ses pr&#233;f&#233;rences (voix off, texte lu, improvis&#233;, &#233;crit sur l'image, ajout de sons, de musique), puis envoyer sa propre vid&#233;o &#224; son correspondant pour qu'il s'en empare &#224; son tour. Le premier vendredi du mois, chacun diffuse le mixage/montage qu'il a r&#233;alis&#233; sur la vid&#233;o de l'autre et d&#233;couvre &#224; son tour son montage (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/creation/vases-communicants/" rel="directory"&gt;Vases communicants&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/ecriture" rel="tag"&gt;&#201;criture&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/cinema" rel="tag"&gt;Cin&#233;ma&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/poesie" rel="tag"&gt;Po&#233;sie&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/numerique" rel="tag"&gt;Num&#233;rique&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/recit" rel="tag"&gt;R&#233;cit&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/portrait" rel="tag"&gt;Portrait&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/video" rel="tag"&gt;Vid&#233;o&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/voix" rel="tag"&gt;Voix&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/musique" rel="tag"&gt;Musique&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/les-vases-communicants" rel="tag"&gt;Les vases communicants&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/derive" rel="tag"&gt;D&#233;rive&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.liminaire.fr/local/cache-vignettes/L150xH100/arton2366-99564.png?1739535707' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='100' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Tous les mois, faire &#233;change de vid&#233;o. S'emparer des images et de la bande son, entrer en dialogue avec, sans n&#233;cessairement modifier le montage de la vid&#233;o mais en ajoutant selon ses pr&#233;f&#233;rences (voix off, texte lu, improvis&#233;, &#233;crit sur l'image, ajout de sons, de musique), puis envoyer sa propre vid&#233;o &#224; son correspondant pour qu'il s'en empare &#224; son tour. &lt;br class='autobr' /&gt;
Le premier vendredi du mois, chacun diffuse le mixage/montage qu'il a r&#233;alis&#233; sur la vid&#233;o de l'autre et d&#233;couvre &#224; son tour son montage mix&#233; sur la cha&#238;ne YouTube de son invit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#192; l'envers du miroir&lt;/strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;strong&gt;Images : &lt;a href=&#034;https://www.youtube.com/channel/UC3CM_JjrYwP3hZ37l6g_uyA&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Juliette Cortese&lt;/a&gt; / texte et musique : &lt;a href=&#034;https://www.youtube.com/c/PierreM%C3%A9nard&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Pierre M&#233;nard&lt;/a&gt; &lt;/strong&gt;
&lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;center&gt;&lt;iframe width=&#034;560&#034; height=&#034;315&#034; src=&#034;https://www.youtube.com/embed/teXqF1-J6aU&#034; title=&#034;YouTube video player&#034; frameborder=&#034;0&#034; allow=&#034;accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture&#034; allowfullscreen&gt;&lt;/iframe&gt;&lt;/center&gt;
&lt;p&gt;&lt;br&gt;
La lumi&#232;re arrive toujours de l'obscurit&#233;. Par vagues successives. Palpitation de souvenirs derri&#232;re la courbe des arbres. Le soleil tente de se frayer un chemin dans les branches et les feuilles des arbustes. &#192; travers les perspectives, les trou&#233;es, les intervalles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#201;clats de lumi&#232;re qui scintillent &#224; la surface de l'eau. Ciel et sel de mer. Vertige improvis&#233; qui se r&#233;p&#232;te en toi. En nous.&lt;br class='autobr' /&gt;
Tu souhaites &#233;couter tranquillement la m&#233;lodie du monde en laissant surgir pas &#224; pas les images. En mouvement. Les images qui te plaisent, qui t'apaisent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est une question de temps, de lumi&#232;re. Aux prises avec le vertige des variations infinis. Ce sifflement continu du vent dans les dunes qui porte aussi les souffles de disparus. Sous le vent marin. Impulsion premi&#232;re et point d'ancrage. Fleurs &#224; prendre ou &#224; laisser. &#192; faire de l'&#233;ph&#233;m&#232;re une m&#234;me certitude. Tremblantes dans l'air du soir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tu avances imperceptiblement &#224; l'int&#233;rieur de toi-m&#234;me. Des nuages te traversent, pleins de remous bouillonnants et de tourbillons &#233;tincelants. Le silence ne tient pas dans tes mots. Dans ce silence il y a un son. M&#234;me au-del&#224; du bruit des images. Des vagues.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; l'instant dans la lumi&#232;re, du revers de la main. Tu &#233;cartes les bras de toutes tes forces &#224; l'int&#233;rieur du nuage. Au fond de tes yeux finissent par remonter dans le sel des larmes de joie. Il y a tellement de nuances rutilantes dans le ciel. Comme fond au noir un souvenir d'&#233;t&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Enfant qui inventait l'enfance. Dans l'ombre a&#233;rienne de tes projections. Cheveux aux vents. Sur la surface sensible du paysage.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Il y a une guerre derri&#232;re la ville&lt;/strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;strong&gt;images et musique : &lt;a href=&#034;https://www.youtube.com/c/PierreM%C3%A9nard&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Pierre M&#233;nard&lt;/a&gt; / texte et voix :&lt;/strong&gt; &lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;https://www.youtube.com/channel/UC3CM_JjrYwP3hZ37l6g_uyA&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Juliette Cortese&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;. &lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;center&gt;&lt;iframe width=&#034;560&#034; height=&#034;315&#034; src=&#034;https://www.youtube.com/embed/3qon-YzTz8w&#034; title=&#034;YouTube video player&#034; frameborder=&#034;0&#034; allow=&#034;accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture&#034; allowfullscreen&gt;&lt;/iframe&gt;&lt;/center&gt;
&lt;br&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
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		<title>Surface sensible / L'obstination des vagues</title>
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		<dc:date>2022-09-02T07:00:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Pierre M&#233;nard</dc:creator>


		<dc:subject>Art</dc:subject>
		<dc:subject>&#201;criture</dc:subject>
		<dc:subject>Num&#233;rique</dc:subject>
		<dc:subject>Lecture</dc:subject>
		<dc:subject>Musique</dc:subject>
		<dc:subject>Po&#233;sie</dc:subject>
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		<dc:subject>Ciel</dc:subject>
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		<dc:subject>Regard</dc:subject>
		<dc:subject>Sensation</dc:subject>
		<dc:subject>Voyage</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Tous les mois, faire &#233;change de vid&#233;o. S'emparer des images et de la bande son, entrer en dialogue avec, sans n&#233;cessairement modifier le montage de la vid&#233;o mais en ajoutant selon ses pr&#233;f&#233;rences (voix off, texte lu, improvis&#233;, &#233;crit sur l'image, ajout de sons, de musique), puis envoyer sa propre vid&#233;o &#224; son correspondant pour qu'il s'en empare &#224; son tour. Le premier vendredi du mois, chacun diffuse le mixage/montage qu'il a r&#233;alis&#233; sur la vid&#233;o de l'autre et d&#233;couvre &#224; son tour son montage (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.liminaire.fr/creation/vases-communicants/" rel="directory"&gt;Vases communicants&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/art" rel="tag"&gt;Art&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/ecriture" rel="tag"&gt;&#201;criture&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/numerique" rel="tag"&gt;Num&#233;rique&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/lecture" rel="tag"&gt;Lecture&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/musique" rel="tag"&gt;Musique&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/poesie" rel="tag"&gt;Po&#233;sie&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/portrait" rel="tag"&gt;Portrait&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/video" rel="tag"&gt;Vid&#233;o&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/voix" rel="tag"&gt;Voix&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/normandie" rel="tag"&gt;Normandie&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/paysage" rel="tag"&gt;Paysage&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/les-vases-communicants" rel="tag"&gt;Les vases communicants&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/nature" rel="tag"&gt;Nature&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/ciel" rel="tag"&gt;Ciel&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/derive" rel="tag"&gt;D&#233;rive&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/regard" rel="tag"&gt;Regard&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/sensation" rel="tag"&gt;Sensation&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/voyage" rel="tag"&gt;Voyage&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.liminaire.fr/local/cache-vignettes/L150xH100/arton2361-aa5db.png?1739535707' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='100' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Tous les mois, faire &#233;change de vid&#233;o. S'emparer des images et de la bande son, entrer en dialogue avec, sans n&#233;cessairement modifier le montage de la vid&#233;o mais en ajoutant selon ses pr&#233;f&#233;rences (voix off, texte lu, improvis&#233;, &#233;crit sur l'image, ajout de sons, de musique), puis envoyer sa propre vid&#233;o &#224; son correspondant pour qu'il s'en empare &#224; son tour. &lt;br class='autobr' /&gt;
Le premier vendredi du mois, chacun diffuse le mixage/montage qu'il a r&#233;alis&#233; sur la vid&#233;o de l'autre et d&#233;couvre &#224; son tour son montage mix&#233; sur la cha&#238;ne YouTube de son invit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Surface sensible&lt;/strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;strong&gt;image : &lt;a href=&#034;https://www.youtube.com/channel/UCcTFwkgPoaEPue6nEKiicBA&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Caroline Diaz&lt;/a&gt; / texte et voix : &lt;a href=&#034;https://www.youtube.com/c/PierreM%C3%A9nard&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Pierre M&#233;nard&lt;/a&gt; / musique : Jason Sharp&lt;/strong&gt;
&lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;center&gt;&lt;iframe width=&#034;560&#034; height=&#034;315&#034; src=&#034;https://www.youtube.com/embed/m6vmMTBoLno&#034; title=&#034;YouTube video player&#034; frameborder=&#034;0&#034; allow=&#034;accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture&#034; allowfullscreen&gt;&lt;/iframe&gt;&lt;/center&gt;
&lt;p&gt;&lt;br&gt;
Cela s'&#233;crit en de&#231;&#224; des mots. Dans les interstices, les &#233;carts, les distances infimes. On finit par se conna&#238;tre sans ne rien dire. Dans la discr&#233;tion des contrejours. Leur miroitement sp&#233;culaire. Un geste &#224; peine esquiss&#233;, un soupir aussi bien qu'un sourire, une caresse. Un souffle. Au jour le jour la relation se d&#233;veloppe, s'affirme, s'affine. La compr&#233;hension se pr&#233;cise. Entre les mots et les silences, ces reflets qu'on effleure. Avant que l'autre ne parle, avant qu'il ouvre la bouche pour s'exprimer, son corps bouge &#224; peine, on sait d&#233;j&#224; ce qu'il va dire dans cette &#233;bauche de mouvement, mais il faut le laisser aller l&#224; o&#249; il veut sans l'interrompre, pour ne pas tout g&#226;cher.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les reflets, les parfums, les &#233;clats se vivent dans l'&#233;lan des &#233;motions qui se d&#233;voilent, une histoire sensible &#224; c&#244;t&#233; de l'histoire du regard.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On nomme les choses, comme s'il fallait prendre appui sur les mots pour reposer soi-m&#234;me sur le sol. Alors que dissocier les espaces au fond de soi, est impossible, puisqu'on les vit et qu'on les perd en m&#234;me temps. Ces sentiments d'ab&#238;me, je les dispose ailleurs, en r&#233;serve. Et puis je m'en s&#233;pare.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je me d&#233;double dans le regard que l'autre porte sur moi. Il me prolonge et m'intensifie. Il s'empare de moi, me consume et me pars&#232;me, m'envahit tout entier pour ne plus me quitter, me tarabuste et m'&#233;bahit. Sans lui, je ne suis plus qu'une image. J'imagine que je peux m'extraire de moi-m&#234;me, marcher &#224; mes c&#244;t&#233;s et, &#224; certains moments, m'&#233;loigner pour suivre ma propre voie. Trouver mon chemin. Un sens. Un salut.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;https://lesheurescreuses.net/2022/09/02/lobstination-des-vagues/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;L'obstination des vagues&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;strong&gt;image : &lt;a href=&#034;https://www.youtube.com/c/PierreM%C3%A9nard&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Pierre M&#233;nard&lt;/a&gt; / texte et voix :&lt;/strong&gt; &lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;https://www.youtube.com/channel/UCcTFwkgPoaEPue6nEKiicBA&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Caroline Diaz&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;. &lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;center&gt;&lt;iframe width=&#034;560&#034; height=&#034;315&#034; src=&#034;https://www.youtube.com/embed/yqXk-gMq8DY&#034; title=&#034;YouTube video player&#034; frameborder=&#034;0&#034; allow=&#034;accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture&#034; allowfullscreen&gt;&lt;/iframe&gt;&lt;/center&gt;
&lt;p&gt;&lt;br&gt;
C'&#233;tait le m&#234;me voyage, le m&#234;me retour. Sur la promenade l'herbe avait jauni. On revenait toujours au m&#234;me endroit mais cet &#233;t&#233; serait peut-&#234;tre une derni&#232;re fois. Malgr&#233; l'obstination des vagues. Malgr&#233; leurs caresses effervescentes. Malgr&#233; la m&#233;moire des &#233;t&#233;s d'avant, l'estompe du ciel, la laisse de mer. Je te demandais pourquoi pas l'ennui, pourquoi pas le sable, pourquoi pas nos corps roul&#233;s comme les morceaux de verres d&#233;polis trouv&#233;s sur la plage dont on l&#232;che la surface pour faire apparaitre le brillant pour se saler la langue. Ce serait la derni&#232;re fois d'aller chaque soir voir le soleil r&#233;pandre un or vif sur la mer, la derni&#232;re fois contempler l'horizon sous ciel d'ao&#251;t, guetter le rayon vert, les m&#233;tamorphoses. Effacer les spectres comme le vieux la vieille leur chagrin de parents orphelins. Un secret, comme la mer aval&#233;e par le sable, comme la danse enjou&#233;e de feux follets. On a &#233;t&#233; dans la vall&#233;e ce serait la derni&#232;re fois. On marchait &#224; couvert on cherchait les odeurs d'humus. C'&#233;tait feuilles mortes, caillasses &#233;claircies, partout on devinait la soif. La rivi&#232;re n'&#233;tait plus qu'un fant&#244;me, un silence r&#233;sign&#233;. Les feux follets dansaient encore. En plein jour ils dansaient et tu en as saisi l'improbable magie. Une charge &#233;lectrique comme un orage. On a entendu des voix, le d&#233;sir des vagues. On est reparti vers la mer abattus par la soif de la vall&#233;e. Une silhouette brul&#233;e dans le contrejour, insistante comme une ombre. Un instant j'ai cru que c'&#233;tait moi. J'ai film&#233; les tamaris sous le vent, &#231;a m'a fait sourire d'avoir grandi avec ce nom &#224; l'oreille. Longtemps ignorante que c'&#233;tait ces ramures doucereuses j'ai fait semblant d'avoir toujours su &#8212; comme de savoir le nom de tous les arbres. La mer nous appelait, on avan&#231;ait lentement vers la plage. On ne voulait pas froisser le sable. L'empreinte des vagues. On se laissait gonfler de nos bouff&#233;es d'enfance.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Na&#238;tre / Une voix qui vient des r&#234;ves</title>
		<link>https://www.liminaire.fr/creation/vases-communicants/article/naitre-une-voix-qui-vient-des-reves</link>
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		<dc:date>2022-08-05T08:00:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Pierre M&#233;nard</dc:creator>


		<dc:subject>Cin&#233;ma</dc:subject>
		<dc:subject>&#201;criture</dc:subject>
		<dc:subject>Lecture</dc:subject>
		<dc:subject>Livre</dc:subject>
		<dc:subject>Po&#233;sie</dc:subject>
		<dc:subject>Voix</dc:subject>
		<dc:subject>Vid&#233;o</dc:subject>
		<dc:subject>Paris</dc:subject>
		<dc:subject>Ville</dc:subject>
		<dc:subject>Cimeti&#232;re</dc:subject>
		<dc:subject>Paysage</dc:subject>
		<dc:subject>Les vases communicants</dc:subject>
		<dc:subject>D&#233;rive</dc:subject>
		<dc:subject>Corps</dc:subject>
		<dc:subject>M&#233;moire</dc:subject>
		<dc:subject>Sensation</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Tous les mois, faire &#233;change de vid&#233;o. S'emparer des images et de la bande son, entrer en dialogue avec, sans n&#233;cessairement modifier le montage de la vid&#233;o mais en ajoutant selon ses pr&#233;f&#233;rences (voix off, texte lu, improvis&#233;, &#233;crit sur l'image, ajout de sons, de musique), puis envoyer sa propre vid&#233;o &#224; son correspondant pour qu'il s'en empare &#224; son tour. Le premier vendredi du mois, chacun diffuse le mixage/montage qu'il a r&#233;alis&#233; sur la vid&#233;o de l'autre et d&#233;couvre &#224; son tour son montage (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.liminaire.fr/creation/vases-communicants/" rel="directory"&gt;Vases communicants&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/ecriture" rel="tag"&gt;&#201;criture&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/lecture" rel="tag"&gt;Lecture&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/livre" rel="tag"&gt;Livre&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/poesie" rel="tag"&gt;Po&#233;sie&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/voix" rel="tag"&gt;Voix&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/video" rel="tag"&gt;Vid&#233;o&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/paris" rel="tag"&gt;Paris&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/ville" rel="tag"&gt;Ville&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/cimetiere" rel="tag"&gt;Cimeti&#232;re&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/paysage" rel="tag"&gt;Paysage&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/les-vases-communicants" rel="tag"&gt;Les vases communicants&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/derive" rel="tag"&gt;D&#233;rive&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/corps" rel="tag"&gt;Corps&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/memoire" rel="tag"&gt;M&#233;moire&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/sensation" rel="tag"&gt;Sensation&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.liminaire.fr/local/cache-vignettes/L150xH100/arton2357-f15da.png?1739535707' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='100' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Tous les mois, faire &#233;change de vid&#233;o. S'emparer des images et de la bande son, entrer en dialogue avec, sans n&#233;cessairement modifier le montage de la vid&#233;o mais en ajoutant selon ses pr&#233;f&#233;rences (voix off, texte lu, improvis&#233;, &#233;crit sur l'image, ajout de sons, de musique), puis envoyer sa propre vid&#233;o &#224; son correspondant pour qu'il s'en empare &#224; son tour. &lt;br class='autobr' /&gt;
Le premier vendredi du mois, chacun diffuse le mixage/montage qu'il a r&#233;alis&#233; sur la vid&#233;o de l'autre et d&#233;couvre &#224; son tour son montage mix&#233; sur la cha&#238;ne YouTube de son invit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Une voix qui vient des r&#234;ves&lt;/strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;strong&gt;image : &lt;a href=&#034;https://www.youtube.com/c/MileneTournier&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Mil&#232;ne Tournier&lt;/a&gt; / texte et voix : Pierre M&#233;nard / musique : Karlheinz Stockhausen&lt;/strong&gt;
&lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;center&gt;&lt;iframe width=&#034;560&#034; height=&#034;315&#034; src=&#034;https://www.youtube.com/embed/EMcIJccwC0k&#034; title=&#034;YouTube video player&#034; frameborder=&#034;0&#034; allow=&#034;accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture&#034; allowfullscreen&gt;&lt;/iframe&gt;&lt;/center&gt;
&lt;p&gt;&lt;br&gt;
Je marche DANS LA LUMI&#200;RE du soleil. J'entends une voix qui vient des r&#234;ves. Je crois que ce n'est pas les mots, c'est ce qui est DANS LES MOTS. J'atteins leur forme passag&#232;re. Je d&#233;cide d'un air convaincu. Je me dirige vers les pyl&#244;nes de haute tension. Je souffle sur le nez, sur les yeux, sur la bouche, sur les oreilles, sur le cou. Je critique leurs sourires discr&#232;tement &#233;pouvant&#233;s. J'attends une consolation, presque une promesse. Je me retourne sans transition, sans surprise. Je suis &#233;bloui par les r&#233;verb&#233;rations du soleil sur les vitres et sur les chromes. JE CONTEMPLE au-dessus de moi un ciel qui s'&#233;crase contre ma nuque et mes &#233;paules. Je propose de graver des lettres avec un objet coupant. J'entends une &#233;pouvantable clameur, comme mille &#233;clats de verre griffant les yeux. Je cherche &#224; &#233;chapper &#224; la fascination des autres regards. J'allume un contre-feu. Je doute de revenir un jour vers LA VILLE connue. Je pense que tout est terriblement immobile, mais fuyant et insaisissable. Je repousse des envies de fuir. Je parle &#192; VOIX HAUTE, presque sans entendre. Je regarde fixement droit devant moi. Je devine un geste indign&#233;. Je pourrais faire un faux pas. Je rencontre des nouveaux venus et &#231;a me fait bien plaisir. J'observe ce brusque et d&#233;licieux ricochet de soleil. Je m'&#233;tonne mais c'est justement l'essentiel qui est insaisissable. Je d&#233;cide de rentrer &#224; la maison.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Na&#238;tre : conte &#233;tiologique&lt;/strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;strong&gt;image : Pierre M&#233;nard / texte et voix :&lt;/strong&gt; &lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;https://www.youtube.com/c/MileneTournier&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Mil&#232;ne Tournier&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;.
&lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;center&gt;&lt;iframe width=&#034;560&#034; height=&#034;315&#034; src=&#034;https://www.youtube.com/embed/bQbYnP6TlIY&#034; title=&#034;YouTube video player&#034; frameborder=&#034;0&#034; allow=&#034;accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture&#034; allowfullscreen&gt;&lt;/iframe&gt;&lt;/center&gt;
&lt;p&gt;&lt;br&gt;
On descendait chercher les nouveaux &#234;tres &#224; venir, selon qu'ils &#233;taient plus ou moins graves ou l&#233;gers, il fallait descendre plus ou moins loin du soleil, avec cela peut-&#234;tre de contre-intuitif que les plus graves seraient ceux dont le cr&#226;ne avait &#233;t&#233; perc&#233; par le soleil plus longtemps et se trouvaient donc parmi l'en-bas plut&#244;t en haut. On commen&#231;ait &#224; cr&#233;er des &#234;tres par leur ombre. C'&#233;tait le corps qui devrait inventer sa forme &#224; partir de du bonhomme-baton que l'ombre en son absence avait form&#233;e. Comme pour toutes les grandes choses, &#233;glises, fleurs, il y avait beaucoup plus de mati&#232;res premi&#232;res que ce qui finalement, r&#233;ellement, serait utilis&#233;, mais on s'accordait sur &#231;a, que cette, on disait, marge de man&#339;uvre, &#233;tait n&#233;cessaire. S'en suivait alors un tr&#232;s long cycle d'apprentissage. L'apprentissage &#233;tait pas destin&#233; &#224; l'enfant mais au monde. C'&#233;tait au monde d'apprendre quelque chose de nouveau pour laisser place &#224; l'&#234;tre nouveau. Ainsi, si quelque nouvel &#234;tre devait avoir en autre facult&#233; de s'envoler, ce serait au monde &#224; lui le monde de rester par terre pour que le nouvel &#234;tre r&#233;guli&#232;rement puisse prendre, maintenir son altitude. Il &#233;tait pas du tout pour l'instant question de dos, de face, c'&#233;tait l&#224;, &#224; partir de la mati&#232;re premi&#232;re que se fa&#231;onnait la voix, la voix qui &#233;tait l'aventure de l'&#234;tre, qui irait le plus loin de l'&#234;tre, comme une voiture s'en va de la maison, et tout &#231;a prenait la presque ann&#233;e moins une saison, parce qu'il fallait repasser pour chacun par tout le reste. Les jambes d'humains quand m&#234;me d'avoir galop&#233;. Parrains, marraines, marrains, parraines, comme des statues se penchent. Marraine comme le vent l'est pour la statue. Un &#234;tre allait para&#238;tre. &#201;carter ciel, seul, arrivait la partie d&#233;cisive, la partie des v&#339;ux. Cette partie &#233;tait aussi la plus aquatique, car pour former un v&#339;u il faut perdre pied, s'&#233;loigner terre. Un v&#339;u. Apr&#232;s avoir vu le miroir, esp&#233;rer que le miroir changea et qu'apr&#232;s avoir vu le miroir changer le monde aussi changea. Cela se fait en deux temps. Une fois fait, mouler l'ombre la voie les v&#339;ux, on pouvait maintenant s'occuper de la vie. Comme on dit qu'un baiser r&#233;veille les princesses, la vie, de quoi pousser du socle la statue et qu'elle respire. Pardon, je hache, alors que &#231;a se fait tout comme plut&#244;t un grand geste, comme une nuit, nuit comme une seule sieste. Mais l&#224;, c'est pour expliquer. Le monde est bient&#244;t pr&#234;t, le monde bient&#244;t pourra marcher, faire premier pas avec nouvel &#234;tre, ouvrir, agrandir ses bras, d'ailleurs la voix qui toute &#224; l'heure &#224; peine pointait, la voix danse, la voix a d&#233;j&#224; toute une vue sur le monde comme qui a grimp&#233; plus vite au phare crie &#224; ses vieux en bas de venir monter voir. Et c'est la voix ayant vu le monde qui appelle le corps. Corps, corps, corps ! Alors, comme une voix sourde coprs c'est, c'est &#224; lui, il faut entrer, se m&#234;ler &#224; lui, aller chercher ses mains, piocher ses pieds, en se rappelant r&#233;guli&#232;rement de l'ombre, lui montrer, en se rappelant de la voix qui l'appelait, corps, corps, corps doit prendre confiance et se servir dans le monde. Alors, avec de tous petits gestes comme une pelleteuse vient de na&#238;tre, corps nourrisson, corps commence &#224; bouger, c'est le moment pour le corps de s'&#233;moustiller, de pleurer, reconna&#238;tre et remercier se bouleverser de cette place qu'on lui a donn&#233;e.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Le chemin de nos regards / Dans la ville de l'autre</title>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Pierre M&#233;nard</dc:creator>


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		<dc:subject>Ville</dc:subject>
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		<dc:subject>D&#233;rive</dc:subject>
		<dc:subject>Voyage</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Tous les mois, faire &#233;change de vid&#233;o. S'emparer des images et de la bande son, entrer en dialogue avec, sans n&#233;cessairement modifier le montage de la vid&#233;o mais en ajoutant selon ses pr&#233;f&#233;rences (voix off, texte lu, improvis&#233;, &#233;crit sur l'image, ajout de sons, de musique), puis envoyer sa propre vid&#233;o &#224; son correspondant pour qu'il s'en empare &#224; son tour. Le premier vendredi du mois, chacun diffuse le mixage/montage qu'il a r&#233;alis&#233; sur la vid&#233;o de l'autre et d&#233;couvre &#224; son tour son montage (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.liminaire.fr/creation/vases-communicants/" rel="directory"&gt;Vases communicants&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/video" rel="tag"&gt;Vid&#233;o&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/voyage" rel="tag"&gt;Voyage&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.liminaire.fr/local/cache-vignettes/L150xH100/arton2351-71d8d.png?1739535707' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='100' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Tous les mois, faire &#233;change de vid&#233;o. S'emparer des images et de la bande son, entrer en dialogue avec, sans n&#233;cessairement modifier le montage de la vid&#233;o mais en ajoutant selon ses pr&#233;f&#233;rences (voix off, texte lu, improvis&#233;, &#233;crit sur l'image, ajout de sons, de musique), puis envoyer sa propre vid&#233;o &#224; son correspondant pour qu'il s'en empare &#224; son tour. &lt;br class='autobr' /&gt;
Le premier vendredi du mois, chacun diffuse le mixage/montage qu'il a r&#233;alis&#233; sur la vid&#233;o de l'autre et d&#233;couvre &#224; son tour son montage mix&#233; sur la cha&#238;ne YouTube de son invit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le chemin de nos regards (avec Pierre M&#233;nard)&lt;/strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
image : &lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;http://www.lesnuitsechouees.com/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Anh Mat&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt; / texte et voix : Pierre M&#233;nard&lt;/p&gt;
&lt;center&gt;&lt;iframe width=&#034;560&#034; height=&#034;315&#034; src=&#034;https://www.youtube.com/embed/BLEqaqB1pXI&#034; title=&#034;YouTube video player&#034; frameborder=&#034;0&#034; allow=&#034;accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture&#034; allowfullscreen&gt;&lt;/iframe&gt;&lt;/center&gt;
&lt;p&gt;Ce que tu vois, et ce que je regarde. Et si notre &#233;change c'&#233;tait justement d'essayer de nous rencontrer &#224; cet endroit pr&#233;cis, ce point de rencontre, &#224; la crois&#233;e de nos villes : le chemin de nos regards. &lt;br class='autobr' /&gt;
J'entends une voix qui vient des r&#234;ves. Elle court sur le chemin ombrag&#233; devant toi. &lt;br class='autobr' /&gt;
Les rues ne sont pas si diff&#233;rentes &#224; Sa&#239;gon ou &#224; Paris, c'est le chemin qu'on emprunte qui fait toute la diff&#233;rence. Je passe dans le temps simultan&#233;. &lt;br class='autobr' /&gt;
Il suffit d'un souffle d'air pour que je me sente ailleurs. Je caresse l'ombre &#233;paisse des grands arbres de la place. Je veux flotter dans l'air, et saisir le sens in&#233;dit de ces dessins du hasard qu'entrelacent au sol les branches et les feuilles.&lt;br class='autobr' /&gt;
Les visages de l'enfance sont ouverts comme des paysages. Je marche, je sens que c'est &#231;a le monde. On ne sait pas &#224; l'avance ce qui peut arriver. Et c'est pr&#233;cis&#233;ment ce qui nous attire. Ce qui nous arrive. Elle me regarde, mais je sais que c'est son p&#232;re qu'elle voit. &lt;br class='autobr' /&gt;
Dans la voiture, je me laisse porter dans le paysage qui d&#233;file. Je ne sais plus &#224; quoi me raccrocher. J'aime ces pertes de rep&#232;res. &#192; chaque fois que je ferme les yeux, et que je r&#234;ve, je rencontre ce genre de fant&#244;mes. Ce sont les vestiges de mes inqui&#233;tudes, ou de mes d&#233;sirs. Hauts dans le ciel les nuages aux bords dentel&#233;s nous donnent le vertige.&lt;br class='autobr' /&gt;
Dans les reflets de cet immeuble du quartier historique qu'on peut apercevoir depuis de tr&#232;s nombreux endroits de la ville, la tour multiplie les points de vue qu'elle offre sur elle : mirage et miracle.&lt;br class='autobr' /&gt;
Quand tu filmes, tu essayes toujours de transformer tes images avec ton regard int&#233;rieur, tes visions. On dirait que les personnes crois&#233;es, silhouettes ou connaissances, plongent aussit&#244;t dans une atmosph&#232;re proche du sommeil, les lumi&#232;res que tu per&#231;ois en toi, tu essaies de les saisir au fil de tes vid&#233;os. &lt;br class='autobr' /&gt;
Se promener &#224; tes c&#244;t&#233;s c'est voir la ville avec tes yeux, marcher &#224; ton rythme, mon pas dans le tien. &lt;br class='autobr' /&gt;
Le regard que tu poses sur ton environnement est diff&#233;rent du mien, quelque chose de plus mobile, de plus mouvant, et toujours cette circulation dans l'image, le corps d&#233;ambule dans tous les recoins de la ville, mais &#224; l'int&#233;rieur de l'image, &#231;a bouge &#233;galement, &#231;a respire, je sens ton pouls battre, le sang dans ton corps, ta respiration qui, &#224; distance, fait bouger ma poitrine. &lt;br class='autobr' /&gt;
P&#233;n&#233;trer dans les arri&#232;re-cours de la ville, c'est lever le secret des coulisses d'un th&#233;&#226;tre dont nous sommes parfois les seuls spectateurs, ces endroits d&#233;laiss&#233;s du regard, caisse de r&#233;sonance et chambre d'&#233;cho, c'est toujours plus beau derri&#232;re la fa&#231;ade, dans le d&#233;sordre des niveaux et des inclinaisons, l'amoncellement des volumes vari&#233;s, des couleurs us&#233;es par la lumi&#232;re et le temps, les intemp&#233;ries et les saisons, les mati&#232;res vari&#233;es, la taille des fen&#234;tres disparates, la crois&#233;e des fils &#233;lectriques, contrastes des architectures et jeux de construction &#224; l'air libre. &lt;br class='autobr' /&gt;
Je m'accroche aux bruits de la ville, aux visages inconnus. &#192; l'arri&#232;re de la moto, je me sers contre toi. Je sens vibrer le moteur. Je me laisse porter malgr&#233; le bruit et le danger. J'ai toujours r&#234;v&#233; de ce moment l&#224;. Sentir le souffle du vent sur mon visage, l'exaltation de la vitesse. Le sentiment ambigu d'une envie de rouler sur une route sans fin. Je surprends les clameurs de la ville, ses immenses va-et-vient sonores. &lt;br class='autobr' /&gt;
D&#232;s que la musique s'invite dans la rue, le paysage devient cin&#233;matographique. &lt;br class='autobr' /&gt;
&#192; la nuit tomb&#233;e, suspendu entre l'int&#233;rieur et l'ext&#233;rieur. Entre le jour et la nuit. Tu m'invites chez toi comme j'aimerais t'accueillir chez moi lorsque tu viendras &#224; Paris. &lt;br class='autobr' /&gt;
Je reviens dans la chaleur de la nuit, le silence des rues. Le temps nous traverse par le murmure d'une fa&#231;on dont nous nous souvenons le parfum et le mouvement.&lt;br class='autobr' /&gt;
Dans l'arri&#232;re-salle du caf&#233;, &lt;i&gt;Marilyn is everywhere&lt;/i&gt;, m&#234;me ici &#224; Sa&#239;gon. Les gar&#231;ons qui jouent au billard ne semblent cependant pas la voir. &lt;br class='autobr' /&gt;
Dans la nuit, la ville se r&#233;tr&#233;cit &#224; la dimension de cette ruelle &#233;troite. Les heures finissent par se superposer, par &#234;tre toujours les m&#234;mes dans notre souvenir. Celui d'un vis-&#224;-vis qu'on aper&#231;oit depuis chez soi, dans la banalit&#233; et la lenteur des gestes du quotidien, au moment d'aller se coucher. Derni&#232;re lumi&#232;re dans la nuit qui veille bien apr&#232;s nous.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Dans la ville de l'autre (avec Anh Mat)&lt;/strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
image : Pierre M&#233;nard / texte et voix : &lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;http://www.lesnuitsechouees.com/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Ahn Mat&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;center&gt;&lt;iframe width=&#034;560&#034; height=&#034;315&#034; src=&#034;https://www.youtube.com/embed/m-CZQDpZOWU&#034; title=&#034;YouTube video player&#034; frameborder=&#034;0&#034; allow=&#034;accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture&#034; allowfullscreen&gt;&lt;/iframe&gt;&lt;/center&gt;&lt;/div&gt;
		
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<item xml:lang="fr">
		<title>Voici venu le temps de l'ubiquit&#233;&#8230; par Franck Queyraud</title>
		<link>https://www.liminaire.fr/creation/vases-communicants/article/voici-venu-le-temps-de-l-ubiquite-par-franck-queyraud</link>
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		<dc:date>2018-03-23T13:01:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Pierre M&#233;nard</dc:creator>


		<dc:subject>&#201;criture</dc:subject>
		<dc:subject>Cin&#233;ma</dc:subject>
		<dc:subject>R&#233;cit</dc:subject>
		<dc:subject>Les vases communicants</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Vases communicants : Franck Queyraud. En savoir plus sur les Vases communicants et sur mes textes &#233;crits &#224; cette occasion depuis le d&#233;but de l'op&#233;ration. Je ne sais pas d'o&#249; ca vient mon envie d'aller &#224; San Francisco. Parce qu'apr&#232;s tout, m&#234;me s'il para&#238;t que le monde s'est raccourci, c'est tout de m&#234;me tr&#232;s loin, que San Francisco. Je ne hais pas les voyages ni les explorateurs comme cet &#233;nigmatique Claude L&#233;vi-Strauss, mais il est vrai que je partage tout de m&#234;me avec lui, ces phrases : (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.liminaire.fr/creation/vases-communicants/" rel="directory"&gt;Vases communicants&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/ecriture" rel="tag"&gt;&#201;criture&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/cinema" rel="tag"&gt;Cin&#233;ma&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/recit" rel="tag"&gt;R&#233;cit&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/les-vases-communicants" rel="tag"&gt;Les vases communicants&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.liminaire.fr/local/cache-vignettes/L150xH78/arton1432-a862b.jpg?1739535707' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='78' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;http://www.facebook.com/groups/104893605886/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Vases communicants&lt;/a&gt; :&lt;/strong&gt; &lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;http://flaneriequotidienne.wordpress.com/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Franck Queyraud&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;. En savoir plus sur les Vases communicants et sur &lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;http://liminaire.fr/liminaire/article/les-vases-communicants&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;mes textes &#233;crits &#224; cette occasion depuis le d&#233;but de l'op&#233;ration&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Je ne sais pas d'o&#249; ca vient mon envie d'aller &#224; San Francisco. Parce qu'apr&#232;s tout, m&#234;me s'il para&#238;t que le monde s'est raccourci, c'est tout de m&#234;me tr&#232;s loin, que San Francisco. Je ne hais pas les voyages ni les explorateurs comme cet &#233;nigmatique Claude L&#233;vi-Strauss, mais il est vrai que je partage tout de m&#234;me avec lui, ces phrases : &lt;i&gt;&#171; Qu'il faille tant d'efforts, et de vaines d&#233;penses pour atteindre l'objet de nos &#233;tudes&#8230; &#187;&lt;/i&gt; me d&#233;courage. Toutefois, malgr&#233; tout, je ne sais pas d'o&#249; ca vient cette envie d'aller l&#224;-bas, tout comme cette autre envie d'aller &#224; Tokyo, sans doute pour d'autres raisons. Il y en a un ou une qui a dit que &#231;a venait de l'enfance, que tout venait de l'enfance. Suis un poil sceptique&#8230;&lt;br class='autobr' /&gt;
Suis issu d'une famille de non-voyageurs, des casaniers routiniers. Vous avoue que pour que je bouge de mon arpent de terre, il me faut davantage que de l'exotisme ou du changement d'air ou un pont suspendu (encore que pour le pont&#8230;). Une maison bleue, j'en ai construite une pour ma fille et peinte en bleue. La maison, pas ma fille. J'ai pourtant souvent chang&#233; d'arpent de terre. Une fois d&#233;cid&#233;, je pourrai faire tous les voyages. En fait, ce qui m'emb&#234;te, ce sont ces temps tr&#232;s compartiment&#233;s. Moi, j'aime les nuages qui circulent sur la terre enti&#232;re et s'il &#233;tait possible de s'assoir au bord d'un cumulus et de se laisser d&#233;river pour une circumnavigation autour du globe, cela me rendrait le plus heureux des hommes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Est-ce que les hommes et les femmes de San Francisco ont des coutumes diff&#233;rentes des miennes ? Est-ce pour cela qu'on voyage ? D&#233;couvrir ? Se d&#233;couvrir ? Apr&#232;s quoi courrait Bruce Chatwin ou Nicolas Bouvier ? Ce qui m'emb&#234;te r&#233;ellement, ce sont ces temps tr&#232;s compartiment&#233;s, de nos vies. Il y aurait le temps du travail et le temps de la famille, un temps public et un temps priv&#233; ; le temps o&#249; l'on voyage serait un temps de loisirs. Il faudrait donc avoir des temps tr&#232;s diff&#233;rents pour avoir le sentiment de vivre. Des temps de loisirs ? Je n'ai jamais compris tous ces temps et j'ai en permanence tout m&#233;lang&#233;, pour vivre aux temps de l'indicatif, &#233;norme continent d&#233;j&#224;. Et l'arriv&#233;e inopin&#233;e du temps d'Internet et de ses flux permanents ne m'a pas le moins du monde perturb&#233;, bien au contraire : voici venu le temps de l'ubiquit&#233;, qui se moque des fronti&#232;res. Bescherelle ne le connait pas.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avec les sentiers du Web, j'obtenais la l&#233;gitimit&#233; de mon grand m&#233;lange des temps, des temps publics, priv&#233;s, de loisirs, de travail&#8230; que sais-je, encore ? Me suis donc dit que comme Pierre revenait de San Francisco, je pouvais pr&#233;parer mon futur voyage vers la maison bleue, enfin celle de San francisco. D'o&#249; cette premi&#232;re image :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Voulais voir ce que le moteur de recherche, n&#233; pas loin de San Francisco, nous proposait comme symbole de cette ville : le pont. Le fameux pont suspendu. Et puis, un tramway descendant ces c&#233;l&#232;bres rues pentues, &#224; vous donner &lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;http://fr.wikipedia.org/wiki/Sueurs_froides&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;le vertige&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;. Je suis d'une g&#233;n&#233;ration o&#249; &lt;i&gt;Les Rues de San Francisco&lt;/i&gt; ont baign&#233; notre enfance : il y avait &lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;http://fr.wikipedia.org/wiki/Karl_Malden&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Karl Malden&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt; que je r&#233;v&#233;rais et Douglas junior&#8230; je regardais, j'aimais le g&#233;n&#233;rique, la musique. Je ne me souviens pas du tout de &lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;http://fr.wikipedia.org/wiki/Les_Rues_de_San_Francisco&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;tous ces &#233;pisodes&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;. Voici le g&#233;n&#233;rique de l'&#233;pisode &#171; Le timbre de la mort &#187; :&lt;/p&gt;
&lt;center&gt;&lt;div style=&#034;padding-bottom: 56.25%; position: relative;&#034;&gt;&lt;iframe style=&#034;position: absolute; top: 0px; left: 0px; width: 100%; height: 100%;&#034; width=&#034;100%&#034; height=&#034;100%&#034; src=&#034;https://www.dailymotion.com/embed/video/xyxxp_rues-de-san-francisco_people?queue-autoplay-next=0&amp;ui-logo=0&amp;ui-theme=light&#034; frameborder=&#034;0&#034; allow=&#034;accelerometer; autoplay; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; fullscreen&#034; &gt;&lt;small&gt;Powered by &lt;a href=&#034;https://embed.tube/embed-code-generator/dailymotion/&#034;&gt;dailymotion embed video&lt;/a&gt; generator&lt;/small&gt;&lt;/iframe&gt;&lt;/div&gt;&lt;/center&gt;
&lt;p&gt;J'ai d&#251; voir cet &#233;pisode : le sixi&#232;me de la deuxi&#232;me saison si on en croit celui ou ceux qui ont m&#233;ticuleusement saisis cette information sur la fiche de Wikipedia. Pour quelqu'un comme moi qui un jour, aurait envie de partager un texte dans ces vases communicants. Incroyable quand on y pense. En 1973-1974, date de sa diffusion, j'avais entre 8 et 9 ans et je passais ma vie devant la t&#233;l&#233; ou dans le jardin de mon grand-p&#232;re, pour lire ou manger des fraises, des framboises, des cerises ou de ces sortes de grosses groseilles que l'on appellent des groseilles &#224; maquereau (&lt;i&gt;&#171; petit fruit, vert, ambr&#233; ou rouge-violac&#233;, l&#233;g&#232;rement pubescent. Les baies contiennent 12 % de sucre &#171; inverti &#187;, de l'acide citrique, de l'acide malique et des pectines.&lt;/i&gt;) que je n'ai jamais r&#233;ussi &#224; retrouver pour les faire pousser dans mon jardin, maintenant que je suis devenu aussi jardinier, amateur&#8230; tendance &lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;http://fr.wikipedia.org/wiki/Karel_%C4%8Capek&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&#268;apek&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;&#8230; Imaginez un jardinier nomade : comment il fait avec son arpent de terre, pour le transporter avec lui ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je vous parle de baies et m'&#233;loigne de mon sujet : San Francisco et sa baie. &lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;http://fr.wikipedia.org/wiki/%C3%8Ele_d'Alcatraz&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Alcatraz et sa prison&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;. Autre clich&#233; et autre film : &lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;http://fr.wikipedia.org/wiki/L%27%C3%89vad%C3%A9_d%27Alcatraz_(film)&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;L'&#233;vad&#233; d'Alcatraz&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt; en 1979, film de Don Siegel avec Franck Morris dans le r&#244;le de Clint Eastwood. Non, pardon, c'est l'inverse. J'&#233;tais fascin&#233; par ce film. L'ing&#233;niosit&#233; employ&#233;e pour s'&#233;vader de cette prison mod&#232;le. Et ce Frank Morris et les fr&#232;res Anglin dont tout le monde perdit la trace&#8230; J'avais 14 ans. Nous vivions en France sous le r&#232;gne de l'accord&#233;oniste de l'Elys&#233;e, variation sur le mode du charmeur de serpents. Des serpents, nous leur ressemblions un peu. Je portais des sous-pulls orange ou vert prune, et je me souviens que je ne les aimais pas. Je commen&#231;ais &#224; d&#233;couvrir la musique &#8211; le rock - et les mouvements de contestation am&#233;ricains contre la guerre du Vietnam. De Berkeley. De la beat g&#233;n&#233;ration et de Hendrix. D&#233;couvert plus tard, le &lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;http://fr.wikipedia.org/wiki/Live_at_Berkeley&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Live at Berkeley&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt; datant de 1970. &lt;i&gt;Le Voodoo Child&lt;/i&gt; est pour moi associ&#233; &#224; cette r&#233;gion, cette ville et cette &#233;poque :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y a toujours cette sensation bizarre de bien-&#234;tre quand j'entends cette musique, ce style de musique. On peut &#234;tre d'un pays. On peut aussi &#234;tre d'une musique. Non ? Peut-&#234;tre parce que mon initiation musicale &#224; d&#233;but&#233; l&#224; : Hendrix, The Doors, et tr&#232;s vite le Zeppelin&#8230; San Francisco, &#224; tort certainement, est associ&#233; &#224; ces musiques, et ces &#233;crivains et auteurs de science-fiction que je lisais &#224; cette &#233;poque&#8230; contestataire&#8230; Il aura fallu des Sigur Ros, des Cinematic Orchestra ou des Ez3kiel pour me sortir musicalement de cette &#233;poque&#8230; associ&#233;s eux &#224; d'autres terres, vastes &#233;tendues silencieuses, de lacs et de lumi&#232;res assoupies&#8230; compagnons de mes fl&#226;neries, d&#233;sormais&#8230; Mais je m'&#233;gare de nouveau&#8230; vous voyez, pas besoin de prendre l'avion&#8230; mon syndrome l&#233;vi-straussien revient. Pour pr&#233;parer ce futur voyage, je googlemapais et streetais ensuite sur San Francisco et voici la premi&#232;re image que je vis en d&#233;posant le petit playmobil jaune sur la carte et me retrouvais miraculeusement au c&#339;ur de la cit&#233;, dans les rues. Les rues de San Francisco.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je vous avoue que je n'ai pas senti le d&#233;paysement, de suite. J'ai mis un peu de temps &#224; circuler dans les rues, &#224; m'orienter pour arriver ici :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Moi, j'aurai bien voulu, tout de suite voir le pont mais je ne savais pas quelle direction prendre, et puis, soyons franc, &#231;a ne me plaisait pas trop ce google street, et &#231;a me g&#226;chait mes souvenirs imaginaires, et j'&#233;tais &#224; un carrefour avec des autos comme dans n'importe quelle ville, et je n'&#233;tais pas du tout d&#233;pays&#233;, et je commen&#231;ais &#224; m'ennuyer, et j'avais finalement envie de faire comme Colomb ou presque, prendre une caravelle (enfin, il ne vole plus non plus celui-l&#224;), et me perdre en arrivant, en pensant que j'&#233;tais arriv&#233; au bon endroit mais en fait, pas du tout.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J'aime bien me perdre&#8230; alors comme en m&#234;me temps, ce temps qui n'est pas compartiment&#233; sur Internet, je jetais de temps &#224; autre un regard sur mon tumblr o&#249; je suis, suis abonn&#233; &#224; quantit&#233; de blogs d'images et de photographies, je tombais sur &lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;http://d-e-v-i-l-s-h-o-w.tumblr.com/post/22192137753&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;ce pont&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt; :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Qui avait un bel air de pont de la fin du monde. Et je me disais que mon billet pourrait se terminer l&#224;, &#224; ce moment, un jour, o&#249; la grande secousse : The big One, arriverait. C'&#233;tait pr&#233;vu&#8230; par les g&#233;niaux ing&#233;nieurs, comme les appelaient le &lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;http://www.feelingsurfer.net/garp/poesie/Vian.PasCrever.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;cher Boris&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;. Oui, Boris, tout comme toi, je voudrais pas crever, avant, avant d'avoir aper&#231;u, Oui monsieur oui madame, moi le jardinier jovial, attach&#233; &#224; son arpent de terre, la silhouette du &lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;http://fr.wikipedia.org/wiki/Golden_Gate_Bridge&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Golden Gate Bridge&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;. En attendant, le rouge-gorge tentait de siffler la chanson tr&#232;s connue sur le toit de la maison bleue de ma fille.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; lire sur le site &lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;http://wp.me/pwego-NZ&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Fl&#226;nerie quotidienne de Franck Queyraud&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt; mon texte : &lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;http://flaneriequotidienne.wordpress.com/2012/05/04/les-assis-de-pierre-menard&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Les assis.&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>Avec vue sur la baie</title>
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		<dc:date>2018-03-21T12:01:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Pierre M&#233;nard</dc:creator>


		<dc:subject>Ville</dc:subject>
		<dc:subject>Paysage</dc:subject>
		<dc:subject>Architecture</dc:subject>
		<dc:subject>R&#233;cit</dc:subject>
		<dc:subject>Num&#233;rique</dc:subject>
		<dc:subject>Information</dc:subject>
		<dc:subject>Photographie</dc:subject>
		<dc:subject>Les vases communicants</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Avec vue sur la baie &#8212; Kowloon &lt;br class='autobr' /&gt;
heures appauvries 05h41 &#8212; dans tes murs hors la rumeur ancienne 06h28 &#8212; voulais te faire lumi&#232;re pour passer &#224; travers 07h12 &#8212; que tout te distille et s'&#233;rode le reste 07h29 &#8212; que l'id&#233;e seule du manque rince nos sentiments 08h17 &#8212; corps bien affaibli hors les murs bient&#244;t &#034;Hello ? Is there anybody in there ? Room service.&#034; 15h26 &#8212; une larme incidente emprisonne la ville cristal 17h &#8212; tout me devient sph&#232;re d'un silence choisi 17h49 &#8212; (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.liminaire.fr/creation/vases-communicants/" rel="directory"&gt;Vases communicants&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/ville" rel="tag"&gt;Ville&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/paysage" rel="tag"&gt;Paysage&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/architecture" rel="tag"&gt;Architecture&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/recit" rel="tag"&gt;R&#233;cit&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/numerique" rel="tag"&gt;Num&#233;rique&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/information" rel="tag"&gt;Information&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/photographie" rel="tag"&gt;Photographie&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/les-vases-communicants" rel="tag"&gt;Les vases communicants&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.liminaire.fr/local/cache-vignettes/L150xH100/arton535-1e215.jpg?1739535707' class='spip_logo spip_logo_right spip_logo_survol' width='150' height='100' alt=&#034;&#034; data-src-hover=&#034;IMG/logo/artoff535.jpg?1507535197&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;strong&gt;Avec vue sur la baie &#8212; Kowloon&lt;/strong&gt; &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_5374 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.liminaire.fr/local/cache-vignettes/L500xH334/kowloon-519ee-086e3.jpg?1739535565' width='500' height='334' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;heures appauvries&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;05h41 &#8212; dans tes murs hors la rumeur ancienne&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;06h28 &#8212; voulais te faire lumi&#232;re pour passer &#224; travers&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;07h12 &#8212; que tout te distille et s'&#233;rode le reste&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;07h29 &#8212; que l'id&#233;e seule du manque rince nos sentiments&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;08h17 &#8212; corps bien affaibli hors les murs bient&#244;t&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#034;Hello ? Is there anybody in there ? Room service.&#034;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;15h26 &#8212; une larme incidente emprisonne la ville cristal&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;17h &#8212; tout me devient sph&#232;re d'un silence choisi&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;17h49 &#8212; indolent asile retournant le bruit sur lui-m&#234;me&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;18h21 &#8212; sinon ce raidissement que tu inventes parfois&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;20h20 &#8212; donne m'en donne moi donne encore&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Hello ? Is there anybody out there ?&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;22h25 &#8212; mais &#224; la fin tu es las de ce monde nouveau&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;23h25 &#8212; tu pr&#233;f&#232;res l'abri du manteau antique de la vierge&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;bient&#244;t 01h00 &#224; Kowloon &#8212; et les festons brod&#233;s seront nos souvenirs d'&#233;cume de la baie&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Avec vue sur la baie &#8212; Hong Kong&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_5375 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.liminaire.fr/local/cache-vignettes/L500xH334/hong_kong-e60e6-303fd.jpg?1739535565' width='500' height='334' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;heures appauvries&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;05h42 &#8212; &#224; la treizi&#232;me mon corps sera neuf&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;06h32 &#8212; sera le bruissement de la brume&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;07h19 &#8212; m&#234;me la caresse de ta courbe de b&#233;ton&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;07h30 &#8212; ach&#232;vera le r&#234;ve horizontal&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;08h23 &#8212; au risque de l'&#233;parpillement&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Hello ? Is there anybody in there ? Room service.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;15h32 &#8212; dans la clairi&#232;re de tes yeux&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;17h06&#8212; au bord de l'ar&#232;ne d'acier&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;17h50 &#8212; au hasard d'un miroir&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;18h37 &#8212; j'ai fix&#233; le reflet de mon avenir&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;21h08 &#8212; entre tes l&#232;vres divines&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Hello ? Is there anybody out there ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;22h33 &#8212; et pourtant&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;23h42 &#8212; ces sensations constell&#233;es&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;bient&#244;t 01h00 &#224; Hong Kong &#8212; &#224; l'&#233;piderme perle d&#233;j&#224;.&lt;/p&gt;
&lt;object width=&#034;480&#034; height=&#034;300&#034;&gt; &lt;param name=&#034;movie&#034; value=&#034;http://www.dailymotion.com/swf/video/xd7plm_avec-vue-sur-la-baie-heures-appauvr_creation&#034;&gt; &lt;/param&gt; &lt;param name=&#034;allowFullScreen&#034; value=&#034;true&#034;&gt; &lt;/param&gt; &lt;param name=&#034;allowScriptAccess&#034; value=&#034;always&#034;&gt; &lt;/param&gt; &lt;embed type=&#034;application/x-shockwave-flash&#034; src=&#034;http://www.dailymotion.com/swf/video/xd7plm_avec-vue-sur-la-baie-heures-appauvr_creation&#034; width=&#034;480&#034; height=&#034;300&#034; allowfullscreen=&#034;true&#034; allowscriptaccess=&#034;always&#034;&gt; &lt;/embed&gt; &lt;/object&gt;
&lt;p&gt;Texte &#233;crit par &lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;http://urbain-trop-urbain.fr&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Urbain, trop urbain&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt; qui invite sur leur site mon texte &lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;http://www.urbain-trop-urbain.fr/tremblement-sans-fin/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Tremblement sans fin&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt; dans le cadre du projet de &lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;http://www.facebook.com/home.php?#!/group.php?gid=104893605886&amp;ref=ts&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;vases communicants&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt; :&#171; le premier vendredi du mois, chacun &#233;crit sur le blog d'un autre, &#224; charge &#224; chacun de pr&#233;parer les mariages, les &#233;changes, les invitations. Circulation horizontale pour produire des liens autrement&#8230; Ne pas &#233;crire pour, mais &#233;crire chez l'autre. &#187;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Des nouilles &#224; l'Abreuvoir, d'Ang&#232;le Casanova</title>
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		<dc:date>2013-05-03T09:00:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Pierre M&#233;nard</dc:creator>


		<dc:subject>Les vases communicants</dc:subject>
		<dc:subject>R&#233;cit</dc:subject>
		<dc:subject>Biographie</dc:subject>
		<dc:subject>Enfance</dc:subject>
		<dc:subject>M&#233;moire</dc:subject>
		<dc:subject>Temps</dc:subject>

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&lt;p&gt;Vases communicants : Ang&#232;le Casanova (Gadins et bouts de ficelles). En savoir plus sur les Vases communicants et sur mes textes &#233;crits &#224; cette occasion depuis le d&#233;but de l'op&#233;ration. &#171; Voir Bobigny &#8211; Il n'y a rien &#224; voir &#224; Bobigny. &#8211; Pourquoi, &#231;a n'existe pas ? &#8211; Si, &#231;a existe, mais il n'y a rien &#224; voir. &#199;a ne vaut pas la peine de se d&#233;placer. &#8211; Si &#231;a existe, on doit voir quelque chose, une r&#233;alit&#233; comme une autre, comme un d&#233;sert, comme un campement d'Indiens, comme une (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Vases communicants : &lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;http://www.gadinsetboutsdeficelles.net/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Ang&#232;le Casanova (Gadins et bouts de ficelles)&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En savoir plus sur les &lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;http://liminaire.fr/vases-communicants&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Vases communicants&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt; et sur &lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;http://liminaire.fr/liminaire/article/les-vases-communicants&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;mes textes &#233;crits &#224; cette occasion&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt; depuis le d&#233;but de l'op&#233;ration.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Voir Bobigny &#8211; Il n'y a rien &#224; voir &#224; Bobigny. &#8211; Pourquoi, &#231;a n'existe pas ? &#8211; Si, &#231;a existe, mais il n'y a rien &#224; voir. &#199;a ne vaut pas la peine de se d&#233;placer. &#8211; Si &#231;a existe, on doit voir quelque chose, une r&#233;alit&#233; comme une autre, comme un d&#233;sert, comme un campement d'Indiens, comme une montagne, comme un glacier&#8230; &#8211; Non, rien &#224; voir, rien qui figure dans les guides touristiques, ni dans les inventaires du pass&#233;, ni dans les annales de l'histoire, ni dans les encyclop&#233;dies des choses rares.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8211; Une r&#233;alit&#233; trop nouvelle pour &#234;tre d&#233;j&#224; r&#233;pertori&#233;e. Voyons, qu'est-ce qu'il y a &#224; d&#233;couvrir quand il n'y a, dit-on, rien &#224; voir ? &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Jacques Gaucheron, &lt;i&gt;La Ballade de Bobigny&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Jacques Gaucheron, La Ballade de Bobigny, 1987, p. 15&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le quartier de l'Abreuvoir, j'y travaille. Mes pieds connaissent le chemin. Mes mains savent sous quel angle et quand tourner le volant dans le d&#233;dale des rues &#224; sens unique. Le bus passe devant le b&#226;timent qui abrite la biblioth&#232;que, et puis file jusque chez moi. Une ligne sinueuse entre deux lieux que j'habite. Mais une ligne tout de m&#234;me. M&#234;me virtuelle, elle existe, ponctu&#233;e d'arr&#234;ts de bus, de descentes de passagers. Elle existe, et concr&#233;tise ce cheminement mental qui me m&#232;ne, tous les jours, d'Aulnay &#224; Bobigny en passant par Bondy.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au bout du chemin, la biblioth&#232;que. Elle fait face au centre-ville. De l&#224;-haut, on voit la silhouette des tours. Elles semblent agglutin&#233;es. New York pour de faux. Nous serions dans le Bronx, et nous aurions vue sur Manhattan. Entre les deux, un ab&#238;me. Un bras de rivi&#232;re. Mais New York est loin. L'autoroute joue le r&#244;le de la Harlem River, et le Bronx a pour nom l'Abreuvoir. Les tours sont comme une m&#232;che oubli&#233;e par le coiffeur. Epi rebelle, pouss&#233; &#224; la va-vite, sans harmonie, dans un &#233;lan vitaliste qui le pousse vers le haut. Les grues sont toujours l&#224;. La construction se poursuit. Sans fin. Le centre-ville s'&#233;l&#232;ve sur un plateau. Les gens y marchent en hauteur, sur les dalles, traversent les passerelles, du pied de leur tour au centre commercial ou au m&#233;tro. Le plancher des vaches, jusqu'&#224; ces derni&#232;res ann&#233;es, n'abritait que des parkings, ne servait qu'&#224; circuler en voiture. Mais, petit &#224; petit, le centre retrouve son horizontalit&#233;. Les rues sont r&#233;investies. &#192; grands coups de bulldozer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le quartier de l'Abreuvoir semble ne pas exister sur le m&#234;me plan. Il n'a jamais quitt&#233; son plancher des vaches. Les lotissements des d&#233;sh&#233;rit&#233;s du d&#233;but du XXe existent toujours, sous le maquillage. Les terrains ont &#233;t&#233; viabilis&#233;s, les cahutes ras&#233;es, camoufl&#233;es, restaur&#233;es, mais le Nouveau Village est toujours l&#224;. Au fond. Derri&#232;re. M&#234;me si. Les grues gagnent du terrain. S'approchent de plus en plus. D'ann&#233;e en ann&#233;e. Quand gagneront-elles ce bout de la ville, coinc&#233; entre l'autoroute et le pont de Bondy ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;***&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au d&#233;but, je ne le remarque pas. Un usager comme un autre. Enfin. Un peu moins qu'un autre. L&#233;ger agacement. Il ne me dit pas bonjour. Pose juste ses livres, tourne les talons, et part dans les rayons. A son retour, m&#234;me man&#232;ge. Il pose ses livres et sa carte sur la banque de pr&#234;t. Il attend. Je le regarde. Crisp&#233;e. J'enregistre ses livres. Il part. Je lui dis au revoir. Il ne r&#233;pond pas. Ma coll&#232;gue me pr&#233;vient. Il a un probl&#232;me. Je hausse les &#233;paules. Passe &#224; autre chose.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;***&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'Abreuvoir sans les gens. Un oxymore, &#224; tout le moins. L'Abreuvoir sans les gens, c'est &#233;trange. Un peu comme le Brasilia en chantier de &lt;i&gt;L'homme de Rio&lt;/i&gt;. Ou le Londres sans Londoniens de &lt;i&gt;Chapeau melon et bottes de cuir&lt;/i&gt;. Trop cher, le casting. Alors, on s'en passe. Idem ici. Je viens t&#244;t, avant d'aller travailler. Je profite d'une belle lumi&#232;re de printemps. Les enfants sont d&#233;j&#224; &#224; l'&#233;cole. Les adultes au travail. Les voitures s'&#233;gr&#232;nent le long de l'avenue &#201;douard Vaillant. Alors, la ville sans les gens. Juste moi. Juste elle. Je me prom&#232;ne. Je r&#233;fl&#233;chis. A comment vous expliquer. A comment vous pr&#233;senter. Ce quartier que je connais &#224; peine. Mais qui m'intrigue. Ce quartier dans lequel je travaille. Dont je connais la population quand elle fr&#233;quente les biblioth&#232;ques. Ceux qui n'ont pas peur de franchir le pas. De passer la porte. De monter l'escalier. De faire leur choix. Et de le faire vivre, quelque part, dans une de ces tours, dans un de ces pavillons. Quelque part. Un livre. Sur une table de chevet. Se souvient de mes doigts. De mon geste d&#233;magn&#233;tiseur. De la main tendue. Du sourire &#224; la personne adress&#233;. Quelque part. Il n'est pas perdu, il reviendra. Et en attendant, il vit, d'une vie que je ne connais pas. Il vit. Il se corne. Il se gondole &#224; l'humidit&#233;. Il s'impr&#232;gne d'odeurs domestiques. Quand il me reviendra, il sera autre. Je le reconna&#238;trai, mais il sera autre. Il sera plus lourd aussi. Du poids de la vie. De ce quartier. Des gens qui y vivent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;***&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le jeune impoli revient. Presque tous les jours. Il ne dit rien. Persiste. Mais il emprunte des livres &#224; chaque fois. Quelque chose m'intrigue. Retient mon attention. Quoi. Je n'arrive pas &#224; cerner ce qui ne va pas. Il vient. Raide. L&#232;vres pinc&#233;es. Il sort de son sac les livres emprunt&#233;s la veille. Il tourne les talons. A chaque fois. Mais quelque chose. L&#224;. Sous mes yeux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;***&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La journ&#233;e commence. Je traverse au ralenti le cercle quasiment parfait de la place de l'Europe. J'y entre comme une fl&#232;che dans une pomme. Je la blesse peut-&#234;tre. Au bout de la rue, je tourne &#224; droite puis &#224; gauche. Je me gare devant l'&#233;cole Vaillant, pr&#232;s de l'arr&#234;t de bus. &lt;i&gt;Les Bernardins&lt;/i&gt; m'attendent. J'ai mis du temps &#224; le trouver. Au tout d&#233;but, j'ai fr&#233;quent&#233; un autre caf&#233;. Je ne m'y sentais pas &#224; l'aise. Les regards en coin. Les trucs tomb&#233;s du camion. Les cabas d&#233;gorgeant de costumes cheap marchand&#233;s sans discr&#233;tion. Les vous avez de beaux yeux. Alors un jour j'ai essay&#233; les Bernardins, rue d'Odessa. L&#224; aussi, que des hommes. Mais l'ambiance est diff&#233;rente. &lt;i&gt;Les Bernardins&lt;/i&gt;. Son patron maghr&#233;bin. Jeune. Sympathique. Je m'y sens bien. M&#234;me si les hommes y palabrent des heures, et que je n'y ai vu qu'une seule fois une autre femme. La baie vitr&#233;e est parsem&#233;e de m&#233;daillons dessin&#233;s en transparence, d'une rusticit&#233; touchante. Sur l'un deux, une femme gironde avec robe &#224; ballon brandit d'un bras boudin&#233; une chope de bi&#232;re. Les autres, je ne les regarde jamais. Mais je m'attarde &#224; chaque fois sur celui-ci, sur la poitrine gonfl&#233;e, le sourire esquiss&#233;, le bras lev&#233; de la donzelle. Au-del&#224; de la baie, &lt;i&gt;Goodyear, Michelin&lt;/i&gt; et &lt;i&gt;Dunlop&lt;/i&gt;. Le garage de voitures d'occasion. Ville de Bobigny, le panneau. La tasse en l'air, le livre en main, j'envisage ma journ&#233;e. Les yeux voil&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;***&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Harry Potter&lt;/i&gt;. Tome 3. &lt;i&gt;L'histoire du XXe si&#232;cle&lt;/i&gt; en &lt;i&gt;D&#233;couverte Gallimard&lt;/i&gt;. Les ann&#233;es 20. &lt;i&gt;Le cycle de Cyann&lt;/i&gt;. Tome 2. Les jours se suivent et se ressemblent. Jusque dans ses choix de lecture. Je finis par me rendre compte. Qu'il suit une logique. Toujours les m&#234;mes s&#233;ries. Le m&#234;me ordre. Quand il a fini, il recommence. Comme un disque ray&#233;. Raide. Il vient. Il pose ses livres. Il tourne les talons. De temps en temps, il me demande un truc. Les yeux au sol. Sur un ton monocorde. Abrupt.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;***&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le march&#233; &#201;douard Vaillant, je n'y suis jamais entr&#233;e. Je passe tous les jours devant le b&#226;timent, bas, gris b&#233;ton cr&#233;nel&#233;. Je ne manque jamais de scruter la fresque qui orne sa porte principale. Je le contourne au ralenti les jours o&#249; il bat son plein. Je slalome entre les pi&#233;tons et les camions. Et pourtant, je n'ai jamais go&#251;t&#233; sa vie. Je suis fid&#232;le. &#192; mon march&#233;. &#192; ma ville. Et j'aime le myst&#232;re d'un march&#233; jamais fr&#233;quent&#233;. Je me contente de tourner au coin de la rue pour refaire le tour du p&#226;t&#233; de maison. Parce que, les jours de march&#233;, je ne trouve pas de place pour me garer. Alors, je tourne. J'&#233;vite. Je clignote. Et je regarde l'entr&#233;e du march&#233;. Du coin de l'&#339;il. En me disant qu'un jour, j'irai.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;***&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je m'habitue &#224; ses mani&#232;res. Petit &#224; petit. Je ne m'en formalise plus. Je lui parle. Comme s'il me r&#233;pondait. M&#234;me s'il ne dit rien. Je comble les vides. Je commente l'enregistrement des livres. Et puis, un jour, je le regarde s'&#233;loigner. Il a d&#251; aller chez le coiffeur. &#192; l'arri&#232;re de son cr&#226;ne, visible, une cicatrice en forme de croissant invers&#233;. Large. Il a &#233;t&#233; tr&#233;pan&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;***&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il existe deux Bobigny, traces, stigmates diront certains, des th&#233;ories architecturales qui s'affront&#232;rent durant la seconde moiti&#233; du vingti&#232;me si&#232;cle. Avec Bobigny comme terrain de jeu. On tire d'un c&#244;t&#233;, on tire de l'autre. Finalement, un statu quo est trouv&#233;. D'un c&#244;t&#233;, les partisans de la verticalit&#233;. Le centre-ville. De l'autre, Emile Aillaud, chantre singulier de l'horizontalit&#233;. La cit&#233; de l'Abreuvoir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Emile Aillaud, je l'ai d&#233;couvert derri&#232;re la vitre d'un bus. Je venais d'emm&#233;nager &#224; Aulnay. Je l&#232;ve les yeux de mon bouquin, et je d&#233;couvre un immeuble bas. Sans balcons. Sans ornements. Vert d'eau. Il n'en finit pas. De sinuer. Trois &#233;tages. Qui sinuent. Pos&#233;s sur une pelouse sans fin. Le bout de la cit&#233; de l'Abreuvoir, qui s'avance vers le pont de Bondy. Cet immeuble, je l'ai &#233;voqu&#233; dans une conversation. C'est l&#224; qu'on m'a parl&#233; de ce gars. Qui a construit la cit&#233;. Alors, je pensais qu'elle n'&#233;tait que cela, cette cit&#233;. Cet immeuble, et peut-&#234;tre d'autres lui ressemblant, par derri&#232;re. La cit&#233; de l'Abreuvoir, je l'ai visit&#233;e par touches successives. Un mille-feuille temporel. Un peu de cr&#232;me. Un peu de p&#226;te. Un peu de cr&#232;me. Un peu de p&#226;te. Je l'ai abord&#233;e d'un c&#244;t&#233;, puis d'un autre, de partout. Sans jamais lui trouver une coh&#233;rence. Les nouilles, les tours, les rotules. Je les connaissais, je savais qu'elles faisaient partie de la m&#234;me cit&#233;, mais je ne les reliais pas dans l'espace. Jusqu'&#224; la lecture de ce livre. L'architecture selon Emile Aillaud, de Jean-Fran&#231;ois Dhuys.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L&#224;, sous mes yeux, le plan masse de la cit&#233;. Il porte &#224; ma conscience ce que je percevais d&#233;j&#224;, mais de mani&#232;re &#233;clat&#233;e. Parce que. Pour s'orienter, il faut avoir des points de rep&#232;re. Et que je vis en ville. Et que je suis habitu&#233;e &#224; me situer par rapport &#224; la voirie, &#224; son orthogonalit&#233;. Or la cit&#233; de l'Abreuvoir fait fi de tout cela. De la voirie, de son orthogonalit&#233;. De toute orthogonalit&#233;. Les rues se font courbes, sinuent le long des immeubles qu'on dit nouilles. &#201;troites, elles semblent impropres &#224; la circulation. Et le sont, dans les faits, sciemment.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Parce qu'&#201;mile n'aime pas les voitures. Il les rel&#232;gue aux confins de ses cit&#233;s. Toutes. Tant pis pour les courses. Tant pis pour la pluie. Ce qu'il veut, lui, c'est des enfants qui jouent dans la rue. Sans craindre de se faire renverser. Alors, il leur dit merde, aux voitures. Ce qu'il veut, surtout, c'est que sa cit&#233; soit habitable pour les gamins. Un monde &#224; hauteur d'enfant. Et les enfants aiment se cacher de leurs parents. Alors, il fait se courber les immeubles. De barres ils deviennent nouilles, et font un pied de nez aux mamans qui, bien emmerd&#233;es, sont du coup dans l'incapacit&#233; de surveiller leurs galopins. Qui partent en goguette, sur le chemin de l'&#233;cole, le long du mail, se cachent derri&#232;re les arbres, jouent sur le terrain de jeu. Un beau r&#234;ve d'architecte. Mais la r&#233;alit&#233;. Il l'avait pressentie. Il disait qu'il favorisait une jeunesse rebelle, capable de se soustraire &#224; l'autorit&#233; des adultes, d'avoir une vision personnelle des choses. Longtemps, ce quartier a eu tr&#232;s mauvaise presse &#224; Bobigny. Il valait mieux l'&#233;viter. Aujourd'hui, &#231;a va mieux, mais les rues sont sillonn&#233;es, d&#232;s que le soleil se pointe, de jeunes cabriolant sur la roue arri&#232;re de leur scooter, l'air bravache. Queues de poisson, bruit d'enfer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le quartier tel qu'il l'a r&#234;v&#233;, construit, a fan&#233;. Sur la place de l'Europe, matrice presque close, les rideaux de fer rouillent. Les commerces ont ferm&#233; depuis longtemps. Restent une sup&#233;rette, une boulangerie. C'est d&#233;j&#224; pas mal. &#192; l'&#233;toile, de l'autre c&#244;t&#233; de Bobigny, la boulangerie ferme, ne ferme pas, on ne s'y retrouve plus, et c'est le d&#233;sert. La place de l'Europe, malgr&#233; tout, garde sa beaut&#233;. On y acc&#232;de, lat&#233;ralement, par des arches qui passent sous les appartements. C'est excitant. L'impression de faire quelque chose d'interdit. Les arbres cachent les appartements, au-dessus des boutiques et des voies lat&#233;rales. Deux &#233;tages. Comment vit-on l&#224;-haut. Si peu haut. Tout pr&#232;s de la circulation. &#201;mile Aillaud voulait cela. Que les m&#232;res puissent appeler leurs gamins depuis la fen&#234;tre de leur cuisine. Viens manger. Que les gamins les entendent. Ob&#233;issent ou pas. Filent ou pas. Mais entendent. Bon. D'accord, les enfants des tours. Ils ne peuvent pas entendre. Trop loin, leurs m&#232;res. Mais &#201;mile a tout pr&#233;vu. La couleur des tours. Un s&#233;maphore pour enfants perdus. Qui les guide vers leur maison mieux que le fil d'Ariane ou le phare sur une falaise normande. Des tours &#233;toiles. Des tours rondes. La g&#233;om&#233;trie appliqu&#233;e &#224; l'orientation enfantine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce matin de printemps, je contourne les tours de la cit&#233;. Je cherche &#224; les englober dans une vue panoramique. Un arbre me les cache. Un toit. Un panneau. Je cherche. Un point d'acc&#232;s, un angle d'attaque.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quand j'arrive &#224; les saisir, quelque chose cloche. Je n'y arrive pas. Elles m'&#233;chappent. Trop dispers&#233;es. De guingois. Comme les a voulues &#201;mile. Insaisissables tours de Pise. Je persiste. Je pars en exploration. Je coupe les pelouses. Je sors des sentiers. Je cherche. Et je trouve.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pr&#232;s de la chapelle, pr&#232;s des &#233;coles. Cach&#233;es derri&#232;re un mur. Elles se d&#233;robent, mais se donnent, enfin. Proches. Ensemble.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;***&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il vient presque tous les jours. Raide. Il d&#233;pose ses livres&#8230; Je ne fais plus attention &#224; lui, il fait partie des murs. Il ne fait pas expr&#232;s. Il a eu un accident. Mais un jour. Il vient. Raide. Il d&#233;pose ses livres. Et prononce quelques mots h&#233;sitants. En souriant. Un grand sourire enfantin, espi&#232;gle. Fragile. Il me dit une banalit&#233;. Quelque chose. Simplement. J'en reste sans voix. Des mois ont pass&#233;. Et il me parle. Vraiment.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;***&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce quartier, je l'ai d&#233;couvert par bribes. Il ne se laisse pas appr&#233;hender facilement. Pourtant. Il a l'air si simple. De prime abord. Une avenue centrale. Un peu l&#233;preuse. Des constructions basses. Quelques commerces. Le march&#233;. Les &#233;coles. Des rues sans rien d'autre que des pavillons. Des tours, des barres certes fantasques, mais &#233;parses, diss&#233;min&#233;es le long d'un mail ind&#233;cis. Mais quand on cherche &#224; situer ces diff&#233;rents &#233;l&#233;ments les uns par rapport aux autres, tout se complique. La g&#233;ographie urbaine se d&#233;robe. Les coulisses mangent l'espace. Comment se rep&#233;rer. Alors, marcher. Regarder. Sillonner. Rencontrer les gens. Et peut-&#234;tre. Aurons-nous la cl&#233;. De cet autre Bobigny. Que les gens ne connaissent pas. Patience&#8230; Les gens finissent par sourire. La ville aussi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8212; &#192; mon grand-p&#232;re. Mourir un premier mai a-t-on id&#233;e &#8212;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Des nouilles &#224; l'Abreuvoir &#187; a &#233;t&#233; compos&#233; et r&#233;dig&#233; (texte et photographies) par &lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;http://gadinsetboutsdeficelles.blogspot.com&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Poivert // Ang&#232;le Casanova&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt; pour une mise en ligne le jeudi 2 mai 2013 sur le site &lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;http://www.liminaire.fr&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;liminaire.fr&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt; en &#233;change du &lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;http://gadinsetboutsdeficelles.blogspot.com/2013/05/pierre-menard-liminaire-invite-de.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;i&gt;Dead end&lt;/i&gt;, de Pierre M&#233;nard sur le site d'Ang&#232;le Casanova&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt; dans le cadre des &lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;http://rendezvousdesvases.blogspot.fr/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&#171; vases communicants &#187;&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt; de mai 2013 (3&#232;me ann&#233;e).&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Jacques Gaucheron, La Ballade de Bobigny, 1987, p. 15&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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