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Le regard immobile ne change pas dans l’ombre

Promenade photographique entre le tronçon de la Petite Ceinture au niveau de La Gare (salle de concerts jazz située au n°1 de l’Avenue Corentin Cariou, Paris 19ème) et le Parc de la Villette (Les jardins Passagers, jardin partagé, exposition photographique d’Adeline Care dans Le Jardin des miroirs (création de Bernard Tschumi), dans le cadre de Plaine d’Artistes)

L’herbe fraîchement coupée et l’heure de la sieste qui arrive.

Il fait un jour à tenir le paysage debout.

S’effacer dans le mouvement de l’arbre.

Plus un mot ne peut sauver les heures qui passent.

Il y a juste une différence de point de vue.

Il y a les visages de l’enfance ouverts comme des paysages.

L’immensité du vide comme la colère d’une foule invisible.

Il ouvre avec ses mots et ses gestes tant de chemins.

Vers le vide, vers la clarté, pour atteindre la plénitude.

Certains souvenirs ne se délitent pas avec le temps.

Le temps n’est pas une destination.

Nous sommes là et nous ne pouvons qu’être là.

Je ne remplace jamais les ciels.

Déplacement lent, contradictoire, avec fissures et tensions.

Retrouver les visages et les êtres disparus.

Il laisse les ombres le traverser, traverser ses rêves.

Tu marches dans la ville un peu comme un intrus.

Les chemins s’entrecroisent où s’entremêlent formes et êtres, vagues et forêts, oiseaux et fleurs, images et souvenirs.

Le long trottoir d’asphalte et de poussière.

Dans le bruissement du vent dans les arbres et les murmures des statues.

Le jour enflé de fatigue cherche nos failles.

La lumière caresse l’incertitude, quand glissent les couleurs.

C’est à l’intérieur que ça souffle.

Les oiseaux dans le pâle espace du soir, leur paraphe secret qui signe notre monde.

Une lumière qui incise à jamais ton regard.

Dans le ciel, ce qui bouge n’avance pas, tremble plutôt ou tourne et vibre.

La lumière est toute pénétrée d’ombre.

Comme, dans un train, le paysage, si tu changes de place, tout fuit en avant.

J’ai tendance à accumuler.

Ces instants dont je ne saurais dire la durée parce que tout sentiment de durée s’abolit.

Une simultanéité de tous les points, des harmoniques.

Une concentration du temps dans l’instant, en même temps que l’instant accède à un déploiement sans précédent.

Aux volets, il y a le murmure de la rue inondée de soleil.

Cela m’est apparu comme un choc.


LIMINAIRE le 05/12/2020 : un site composé, rédigé et publié par Pierre Ménard avec SPIP depuis 2004. Dépôt légal BNF : ISSN 2267-1153
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