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Séance 81

Proposition d’écriture :

La dérive urbaine d’un homme, un personnage qui tient à la fois du roman noir et du roman de critique sociale, la reconstituer le plus froidement possible, de manière objective et descriptive, avec des phrases très courtes, un rythme haletant, passages entre lesquels se glissent des fragments plus personnels et lyriques où le "je" fait son retour en force, afin de mettre en forme, dans un même mouvement, le tableau et le verdict terrifiants d’un monde, le nôtre, qui marche sur la tête.

Voie express, Jean-Pierre Ostende, Gallimard (coll. Blanche), 2003.

Présentation du texte :

C’est un livre qui, dès le début, par son rythme martelant et son style particulier, vous emporte dans le sillage de son personnage au drôle de nom : Philippe Gué. C’est un livre étonnant, qui raconte comment un homme, Philippe Gué, s’est lancé dans le meurtre en série pour vivre davantage. Voilà tout est là, pour vivre davantage. Le roman mélange des voix, des registres différents, joue sur la parodie, recycle des publicités, accumule tous les sentiments, les confronte les uns aux autres, les plus drôles et les plus sombres, et superpose les registres littéraires avec une verve et un brio assez rare, afin d’interroger ce monde qui, comme le précise l’auteur marche sur la tête...

Extrait :

« Surtout ne te presse pas, ne cours pas. Ton ralenti signe ta puissance. La peur est rapide et souvent maladroite. Va plus lentement, de plus en plus lentement, tu iras plus vite. Va plus lentement, de plus en plus lentement, avec naturel, avec élégance. Dans la nuit Philippe Gué brûle la voiture et l’uniforme, le feu illumine son visage. Il y a des gens, ça change leur vie la lumière soudain. Ils y voient leur issue. Dans les flammes il voit le hibou, le yucca et les lettres au néon qui écrivent : APPELLE-MOI. Tu as pris un congé, tu n’iras plus jamais au lycée, tu t’occuperas de ta mission. Fais ce que tu as à faire, ne t’explique pas. Fais ce que tu as à faire sur la voie express et chante les forêts et les vallons, les collines et les mamelons. »

Voie express, Jean-Pierre Ostende, Gallimard (coll. Blanche), 2003, p.223.

Présentation des auteurs :

Jean-Pierre Ostende est né en 1954 à Marseille. Il vit et travaille à Marseille. Il écrit de la poésie, des romans, des essais et des récits. Les élans minuscules, Ed. Unes, poèmes, 1986. La conviction de la rampe, Ed. Unes, poèmes, 1988. Le mur aux tessons, Ed. Gallimard (coll. L’arpenteur), roman, 1989. Le neveu chronique, Ed. Gallimard (coll. L’arpenteur), roman, 1991. Le documentariste, Ed. Gallimard (coll. L’arpenteur), roman, 1994. La province éternelle, Ed. Gallimard (coll. L’Arpenteur), roman, 1996. Bruegel, jeu, travail, place. Ed. Flohic, récit, 1998. Planche et Razac, Ed. Gallimard (coll. L’arpenteur), roman, 1999.La méthode volatile, Ed. Gallimard (coll. L’arpenteur), poèmes, 2000. Voie express, Ed. Gallimard (coll. Blanche), roman, 2003. Relations et silhouettes, carnets 1992-1993, Ed. Le Bleu du Ciel, 2003.

Liens :

Interview vidéo de Jean-Pierre Ostende sur "Le Matricule des Anges"

Un extrait du texte de Jean-Pierre Ostende sur Sitaudis

Un article de Jean-Claude Lebrun dans L’Humanité


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