<?xml 
version="1.0" encoding="utf-8"?><?xml-stylesheet title="XSL formatting" type="text/xsl" href="https://www.liminaire.fr/spip.php?page=backend.xslt" ?>
<rss version="2.0" 
	xmlns:dc="http://purl.org/dc/elements/1.1/"
	xmlns:content="http://purl.org/rss/1.0/modules/content/"
	xmlns:atom="http://www.w3.org/2005/Atom"
>

<channel xml:lang="fr">
	<title>LIMINAIRE</title>
	<link>https://liminaire.fr/</link>
	<description>Une palpitation, un mouvement encore immobile, un espace de sursis dans la dissolution.</description>
	<language>fr</language>
	<generator>SPIP - www.spip.net</generator>
	<atom:link href="https://www.liminaire.fr/spip.php?id_mot=90&amp;page=backend" rel="self" type="application/rss+xml" />

	<image>
		<title>LIMINAIRE</title>
		<url>https://www.liminaire.fr/local/cache-vignettes/L144xH23/siteon0-5d367.jpg?1739520154</url>
		<link>https://liminaire.fr/</link>
		<height>23</height>
		<width>144</width>
	</image>



<item xml:lang="fr">
		<title>Journal du regard : Octobre 2025</title>
		<link>https://www.liminaire.fr/chronique/journal/article/journal-du-regard-octobre-2025</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.liminaire.fr/chronique/journal/article/journal-du-regard-octobre-2025</guid>
		<dc:date>2025-10-31T08:00:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Pierre M&#233;nard</dc:creator>


		<dc:subject>&#201;criture</dc:subject>
		<dc:subject>Biographie</dc:subject>
		<dc:subject>Journal</dc:subject>
		<dc:subject>Vid&#233;o</dc:subject>
		<dc:subject>Voix</dc:subject>
		<dc:subject>Paris</dc:subject>
		<dc:subject>Ville</dc:subject>
		<dc:subject>Paysage</dc:subject>
		<dc:subject>Journal du regard</dc:subject>
		<dc:subject>Nature</dc:subject>
		<dc:subject>Voyage</dc:subject>
		<dc:subject>D&#233;rive</dc:subject>
		<dc:subject>Quotidien</dc:subject>
		<dc:subject>Lecture</dc:subject>
		<dc:subject>Livre</dc:subject>
		<dc:subject>Julio Cort&#225;zar</dc:subject>
		<dc:subject>Corps</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Chaque mois, un film regroupant l'ensemble des images prises au fil des jours, le mois pr&#233;c&#233;dent, et le texte qui s'&#233;crit en creux. &lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; Une sorte de palimpseste, dans lequel doivent transpara&#238;tre les traces - t&#233;nues mais non d&#233;chiffrables - de l'&#233;criture &#8220;pr&#233;alable&#8221; &#187;. &lt;br class='autobr' /&gt;
Jorge Luis Borges, Fictions &lt;br class='autobr' /&gt;
Il n'y a pas si longtemps, Caroline, qui n'avait pas encore lu la nouvelle de Julio Cort&#225;zar, Les fils de la Vierge, m'a demand&#233; de lui raconter l'histoire. Je me suis rendu compte que, m&#234;me si (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/chronique/journal/" rel="directory"&gt;Journal&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/ecriture" rel="tag"&gt;&#201;criture&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/biographie" rel="tag"&gt;Biographie&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/journal" rel="tag"&gt;Journal&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/video" rel="tag"&gt;Vid&#233;o&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/voix" rel="tag"&gt;Voix&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/paris" rel="tag"&gt;Paris&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/ville" rel="tag"&gt;Ville&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/paysage" rel="tag"&gt;Paysage&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/journal-du-regard" rel="tag"&gt;Journal du regard&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/nature" rel="tag"&gt;Nature&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/voyage" rel="tag"&gt;Voyage&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/derive" rel="tag"&gt;D&#233;rive&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/quotidien" rel="tag"&gt;Quotidien&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/lecture" rel="tag"&gt;Lecture&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/livre" rel="tag"&gt;Livre&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/julio-cortazar" rel="tag"&gt;Julio Cort&#225;zar&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/corps" rel="tag"&gt;Corps&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.liminaire.fr/local/cache-vignettes/L150xH84/capture_d_e_cran_2025-10-24_a_11.10_33-48260.png?1761897838' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='84' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;i&gt;Chaque mois, un film regroupant l'ensemble des images prises au fil des jours, le mois pr&#233;c&#233;dent, et le texte qui s'&#233;crit en creux.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Une sorte de palimpseste, dans lequel doivent transpara&#238;tre les traces - t&#233;nues mais non d&#233;chiffrables - de l'&#233;criture &#8220;pr&#233;alable&#8221; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Jorge Luis Borges, &lt;i&gt;Fictions&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;center&gt;&lt;iframe width=&#034;660&#034; height=&#034;415&#034; src=&#034;https://www.youtube.com/embed/4xvOCIVAU1A&#034; title=&#034;&#034; frameborder=&#034;0&#034; allow=&#034;accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share&#034; referrerpolicy=&#034;strict-origin-when-cross-origin&#034; allowfullscreen&gt;&lt;/iframe&gt;&lt;/center&gt;
&lt;p&gt;Il n'y a pas si longtemps, Caroline, qui n'avait pas encore lu la nouvelle de &lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;https://liminaire.fr/mot/julio-cortazar&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Julio Cort&#225;zar&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;, &lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;https://liminaire.fr/ecriture/au-lieu-de-se-souvenir/article/les-fils-de-la-vierge-de-julio-cortazar&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;i&gt;Les fils de la Vierge&lt;/i&gt;&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;, m'a demand&#233; de lui raconter l'histoire. Je me suis rendu compte que, m&#234;me si j'ai beaucoup lu ce texte &#224; une &#233;poque, je ne m'en souvenais pas si bien, surtout que se m&#234;laient dans mon souvenir l'histoire de cette nouvelle et de son adaptation au cin&#233;ma par Antonioni. Je gardais en m&#233;moire ce qui, dans la forme du r&#233;cit, m'a toujours captiv&#233;, cette d&#233;ambulation dans Paris que l'&#233;criture parvient si justement &#224; d&#233;crire, de l'int&#233;rieur, suite de digressions et de raccourcis, d'acc&#233;l&#233;rations et de fulgurances, de r&#233;flexions et de ralentis. C'est cette mani&#232;re de nous amener (en promenade) avec lui en m&#234;me temps qu'il nous balade qui me plait tant dans cette nouvelle. Et comment ce qu'on croyait avoir vu, qu'on pensait avoir saisi d'une situation se r&#233;v&#232;le sous un autre jour. Mais pour tout dire, j'avais perdu tous les rebondissements de l'histoire au moment d'en faire le r&#233;cit. Le narrateur, Michel, traducteur et photographe amateur, s'observe en train de regarder, traquant par l'image des instants d'instabilit&#233; ou de bascule. Ce jour-l&#224;, &#224; la pointe de l'&#238;le Saint-Louis, il surprend un jeune gar&#231;on et une femme dont il imagine la relation ambigu&#235;. Il prend une photo, son geste est aussit&#244;t per&#231;u comme un vol, un crime symbolique. La femme le confronte, le gar&#231;on s'enfuit, c'est alors qu'un homme surgit. Michel se sent coupable, pris &#224; son propre pi&#232;ge. En croyant sauver l'adolescent d'une sc&#232;ne de corruption, il se d&#233;couvre lui-m&#234;me pris dans un r&#233;seau de fantasmes et de projections. Le titre renvoie &#224; la fois &#224; la fragilit&#233; du jeune gar&#231;on et au pi&#232;ge que tisse le narrateur, comme une araign&#233;e prisonni&#232;re de sa propre toile d'images et de d&#233;sirs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En juillet dernier, le &lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;https://liminaire.fr/ecriture/au-lieu-de-se-souvenir/article/journal-du-combat-7&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;chantier de la place du Colonel-Fabien&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt; s'est un peu ralenti, et comme je savais que je serais absent pendant un mois, &lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;https://www.youtube.com/watch?v=ypfM6RPPaYI&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;en r&#233;sidence &#224; La Ciotat&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;, et que je ne filmerais pas cet &#233;t&#233;, au retour, &#231;a a &#233;t&#233; un peu difficile de reprendre le r&#233;cit d&#233;cousu de ce chantier. J'ai plus de facilit&#233; &#224; filmer. Je passe par la place plusieurs fois par jour pour aller au travail et rentrer chez moi. Mais tr&#232;s vite, j'ai compris que le chantier avait pass&#233; un cap, celui de la deuxi&#232;me phase des travaux. La m&#233;tamorphose du lieu n'est pas aussi radicale qu'on aurait pu la souhaiter. La premi&#232;re partie des travaux s'est en effet concentr&#233;e sur la modification des trottoirs, la cr&#233;ation de couloirs pour les v&#233;los, beaucoup trop petits et trop contraints dans des couloirs de circulation pour les canaliser, les ralentir. Tr&#232;s peu d'ajouts de v&#233;g&#233;tations. Et surtout aucun arbre pour le moment, ce qui pose question dans la perspective de la cr&#233;ation d'une for&#234;t urbaine. Mais sans doute les arbres arriveront-ils cet hiver, au centre de la place.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Changement d'heure, changement d'air. La ritournelle trotte dans ma t&#234;te en arrivant &#224; Nice pour quelques jours, avec le projet de visiter l'exposition qui regroupe les travaux des dipl&#244;m&#233;&#183;es 2024 &amp; 2025 de la &lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;https://villa-arson.fr/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Villa Arson&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;, parmi lesquel&#183;les figurent Nina. Changer ses habitudes au d&#233;but c'est perturbant, on ne sait plus comment faire ce qu'on a pourtant l'habitude de faire r&#233;guli&#232;rement. Le rythme change. On ne sait plus o&#249; donner de la t&#234;te. D&#233;boussol&#233;. Tout est plus long, fastidieux. On a du mal &#224; r&#233;fl&#233;chir, &#224; faire le point. Dans un environnement diff&#233;rent, boulevers&#233;, tout para&#238;t d&#233;stabilisant. On ne s'y reconnait plus. Sans rep&#232;re, perdu. Mais, peu &#224; peu, on retrouve ses marques. Cela vient tout doucement. On regarde ce qui nous entoure avec un autre regard. Changement de perspective salutaire. Le plus important, c'est de retrouver l'&#233;quilibre. Mais rien &#224; voir avec la stabilit&#233; de l'habitude, du quotidien. C'est un d&#233;placement qui s'op&#232;re en nous.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous marchons en direction de Villefranche-sur-Mer, sur l'&#233;troit chemin de randonn&#233;e serpentant le long de la c&#244;te. La mer est agit&#233;e. Les vagues se d&#233;chirent sur les rochers. Les pierres humides sont luisantes et glissantes. &#192; certains endroits nous devons nous h&#226;ter pour ne pas nous faire tremper. Je m'arr&#234;te un instant pour filmer l'une de ces vagues et son d&#233;ferlement d'&#233;cume sur les rochers, dans un bruit assourdissant. Lorsque je me retourne, je vois Caroline, le visage p&#226;le, assise sur un rocher, les filles inqui&#232;tes autour d'elle. Je comprends qu'elle vient de glisser et de tomber par terre avec son appareil photo. Sa t&#234;te a cogn&#233; contre le sol. Son genou lui fait mal. Je ne l'ai pas vu tomber. Je revois en boucle les images des vagues se fracasser sur les rochers. Elle finit par se relever et poursuit la randonn&#233;e en boitillant.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Penser en couleurs vives</title>
		<link>https://www.liminaire.fr/chronique/entre-les-lignes/article/penser-en-couleurs-vives</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.liminaire.fr/chronique/entre-les-lignes/article/penser-en-couleurs-vives</guid>
		<dc:date>2024-12-08T08:00:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Pierre M&#233;nard</dc:creator>


		<dc:subject>Biographie</dc:subject>
		<dc:subject>&#201;criture</dc:subject>
		<dc:subject>Photographie</dc:subject>
		<dc:subject>Biblioth&#232;que</dc:subject>
		<dc:subject>Ville</dc:subject>
		<dc:subject>Contacts successifs</dc:subject>
		<dc:subject>Cin&#233;ma</dc:subject>
		<dc:subject>Quotidien</dc:subject>
		<dc:subject>Regard</dc:subject>
		<dc:subject>Sensation</dc:subject>
		<dc:subject>Michelangelo Antonioni</dc:subject>
		<dc:subject>Julio Cort&#225;zar</dc:subject>
		<dc:subject>Cimeti&#232;re</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Quand je ne dis rien je pense encore &lt;br class='autobr' /&gt;
Chaque phrase h&#233;site &#224; se poser, chaque ligne vacille comme si elle allait s'effacer avant m&#234;me de s'inscrire. Dans l'&#233;tirement de l'instant, cet intervalle qui amplifie la tension, qui en retient l'&#233;lan, le mot tarde &#224; venir, presque &#224; contretemps. Il faut attendre, parfois longtemps, que le bon mot se forme, qu'il soit permis de le dire, m&#234;me si, au fond, ce n'est rien qu'on puisse dire, rien dont il soit permis de parler. Tout commence dans les (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/chronique/entre-les-lignes/" rel="directory"&gt;Entre les lignes&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/biographie" rel="tag"&gt;Biographie&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/ecriture" rel="tag"&gt;&#201;criture&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/photographie" rel="tag"&gt;Photographie&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/bibliotheque" rel="tag"&gt;Biblioth&#232;que&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/ville" rel="tag"&gt;Ville&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/contacts-successifs" rel="tag"&gt;Contacts successifs&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/cinema" rel="tag"&gt;Cin&#233;ma&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/quotidien" rel="tag"&gt;Quotidien&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/regard" rel="tag"&gt;Regard&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/sensation" rel="tag"&gt;Sensation&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/michelangelo-antonioni" rel="tag"&gt;Michelangelo Antonioni&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/julio-cortazar" rel="tag"&gt;Julio Cort&#225;zar&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/cimetiere" rel="tag"&gt;Cimeti&#232;re&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.liminaire.fr/local/cache-vignettes/L150xH75/arton2600-96f43.png?1739524898' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='75' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Quand je ne dis rien je pense encore&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Chaque phrase h&#233;site &#224; se poser, chaque ligne vacille comme si elle allait s'effacer avant m&#234;me de s'inscrire. Dans l'&#233;tirement de l'instant, cet intervalle qui amplifie la tension, qui en retient l'&#233;lan, le mot tarde &#224; venir, presque &#224; contretemps. Il faut attendre, parfois longtemps, que le bon mot se forme, qu'il soit permis de le dire, m&#234;me si, au fond, ce n'est rien qu'on puisse dire, rien dont il soit permis de parler. Tout commence dans les h&#233;sitations et les reprises, les mots qui viennent&#8239;, sans qu'on sache comment. Ceux qui nous &#233;chappent nous tiraillent. On &#233;tire une id&#233;e, on en suspend une autre, et ce silence qui s&#233;pare un mot d'un autre devient territoire d'exploration, terrain de doutes, de retours en arri&#232;re. Chaque phrase porte en elle ce rythme fractur&#233;, cette attente fragile, jusqu'au moment o&#249;, au d&#233;tour d'un paragraphe, le mot s'ajuste et s'ancre, l'harmonie jaillit d'une dissonance. Et alors, enfin, l'&#233;criture devient ce qu'elle aurait d&#251; &#234;tre : une r&#233;v&#233;lation.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_5412 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.liminaire.fr/IMG/jpg/54170313163_63492e2012_k.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.liminaire.fr/local/cache-vignettes/L500xH333/54170313163_63492e2012_k-0e854.jpg?1739524898' width='500' height='333' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;center&gt;Cimeti&#232;re du P&#232;re-Lachaise, Paris 20&#232;me, 28 novembre 2024&lt;/center&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Une salve dans l'impr&#233;visible&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y a des films qu'on voit sans les voir, des films qu'on ne comprend pas tout de suite, il faut le revoir plusieurs fois avant d'en saisir le sens. C'est une histoire de rencontre et de disponibilit&#233;. Il y a des films qu'on aime sans parvenir &#224; savoir pourquoi, ce qui motive notre fascination. Des films qu'on oublie et d'autres inoubliables, certains m&#234;me nous hantent. J'ai vu sans voir plusieurs fois &lt;i&gt;Conversation secr&#232;te&lt;/i&gt; de Francis Ford Coppola. La derni&#232;re fois, avec Caroline qui aime beaucoup ce film, j'avais m&#234;me &#233;t&#233; un peu d&#233;&#231;u par le film. Je le confondais en fait avec un autre, plus r&#233;cent, sur le m&#234;me sujet et avec le m&#234;me acteur, Gene Hackman : &lt;i&gt;Ennemi d'&#201;tat&lt;/i&gt; de Tony Scott. Outre la pr&#233;sence de l'acteur, une sc&#232;ne de surveillance ressemble fortement &#224; celle qui ouvre le film &#224; San Francisco. On y aper&#231;oit &#233;galement une photographie de Gene Hackman jeune, tir&#233;e de &lt;i&gt;Conversation secr&#232;te&lt;/i&gt;. J'attendais des sc&#232;nes qui ne venant pas me frustraient et m'emp&#234;chaient de voir r&#233;ellement le film. Hier soir, j'ai enfin vu le film dans de bonnes dispositions. Robert Duvall qui interpr&#232;te le r&#244;le du Directeur n'est pas cr&#233;dit&#233; au g&#233;n&#233;rique, sujet de la conversation pendant tout le film, il n'appara&#238;t que dans deux sc&#232;nes, l'une o&#249; il &#233;coute, dos tourn&#233;, la bande o&#249; le couple enregistr&#233; ne parle que de lui &#224; distance, et l'autre mort dans un h&#244;tel. Ce qui captive dans ce film, ce n'est pas tant le complot meurtrier que tente de d&#233;jouer le personnage principal, que la conscience d'un homme, son obsession pour la v&#233;rit&#233; et sa lente plong&#233;e vers la folie &#224; mesure qu'il d&#233;couvre la signification cach&#233;e de cette conversation. Le film influence en partie Brian De Palma pour son film &lt;i&gt;Blow Out&lt;/i&gt; que le hasard a voulu que je vois quelques jours plus t&#244;t. Tout comme &lt;i&gt;Blow Out&lt;/i&gt;, &lt;i&gt;Conversation secr&#232;te&lt;/i&gt; dont Coppola a commenc&#233; l'&#233;criture du sc&#233;nario &#224; l'&#233;poque de la sortie de &lt;i&gt;Blow-Up&lt;/i&gt; s'inspire du film d'Antonioni, adaptation de la nouvelle &lt;i&gt;Les fils de la vierge&lt;/i&gt;. Le surprenant renversement de situation &#224; la fin du film et les nombreuses r&#233;f&#233;rences au jazz, accentuent cette r&#233;f&#233;rence subtile &#224; Julio Cort&#225;zar.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le poids du monde&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J'arrive &#224; la maison &#224; la fin de leur vision-conf&#233;rence, en pr&#233;paration d'un week-end &#224; Fontainebleau pour se retrouver et filmer &#224; plusieurs. Avant de clore la discussion, Juliette raconte ce qui lui est arriv&#233; le matin m&#234;me, alors qu'elle nettoyait les marches sales de sa piscine, en pyjama mais v&#234;tue d'un anorak pour ne pas avoir froid. Pench&#233;e au-dessus de l'eau, elle fait tomber le portable qu'elle avait achet&#233; quelques jours plus t&#244;t. Elle le voit filer au fond de la piscine. Elle nous dit qu'elle attendait un coup de fil professionnel dans la matin&#233;e, alors elle n'a pas h&#233;sit&#233; &#224; se jeter &#224; l'eau. Elle a remont&#233; son t&#233;l&#233;phone, frigorifi&#233;e elle est rentr&#233;e rapidement &#224; l'int&#233;rieur de sa maison, o&#249; elle s'est totalement d&#233;shabill&#233;e dans sa cuisine, laissant l'amas de ses v&#234;tements d&#233;tremp&#233;s sur le carrelage de la cuisine. &#192; ce moment l&#224; le t&#233;l&#233;phone s'est mis &#224; sonner, c'&#233;tait son rendez-vous t&#233;l&#233;phonique. Elle l'a report&#233; de quelques minutes, le temps de se rhabiller pour se r&#233;chauffer.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_5413 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.liminaire.fr/IMG/jpg/46496740274_1b235c9f0c_k.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.liminaire.fr/local/cache-vignettes/L500xH281/46496740274_1b235c9f0c_k-028e6.jpg?1739524898' width='500' height='281' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;center&gt;Alhambra de S&#233;ville, Espagne, 26 f&#233;vrier 2019&lt;/center&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Rituel d'amplification du monde&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le soleil du matin rase le sol, obligeant &#224; cligner des yeux pour marcher dans la rue. La lumi&#232;re hivernale sur les vaguelettes &#224; la surface de l'eau transforme le paysage qu'on a l'habitude de voir. Les mouvements d&#233;sordonn&#233;s de mes coll&#232;gues &#224; leur arriv&#233;e &#224; la biblioth&#232;que avant l'ouverture, agissant chacun de son c&#244;t&#233;, sans lien apparent mais &#339;uvrant ensemble &#224; la coh&#233;sion d'un m&#234;me &#233;v&#233;nement. Retrouver ma propre timidit&#233; dans celle des enfants qui fr&#233;quentent la biblioth&#232;que, et me demander si mes parents ressemblaient aux leurs. Les &#233;ch&#233;ances de la fin de l'ann&#233;e o&#249; tout s'acc&#233;l&#232;re pour boucler les derniers projets en cours. Le ciel toujours bleu alors qu'une temp&#234;te est annonc&#233;e dans l'apr&#232;s-midi. Sentir le vent sur son visage, le corps l&#233;g&#232;rement chahut&#233; par des bourrasques intempestives. Le restaurant est vide, seul client j'ai l'impression d'&#234;tre trait&#233; diff&#233;remment. Il y a quelque chose d'&#233;trangement reposant &#224; effectuer des t&#226;ches r&#233;p&#233;titives comme le rangement d'ouvrages rapport&#233;s par les usagers. Le d&#233;part ralenti des coll&#232;gues en fin de journ&#233;e, chacun retardant son d&#233;part pour saluer notre jeune coll&#232;gue qui nous quitte ce soir pour rejoindre d&#232;s la semaine prochaine une autre biblioth&#232;que du r&#233;seau parisien. La pluie fait miroiter au sol les lumi&#232;res color&#233;es des enseignes et des feux de circulation. Le bruit des h&#233;licopt&#232;res survolant Paris, musique lancinante qui tournoie en menace au-dessus de nos t&#234;tes.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Les escaliers</title>
		<link>https://www.liminaire.fr/ecriture/palimpseste/article/les-escaliers</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.liminaire.fr/ecriture/palimpseste/article/les-escaliers</guid>
		<dc:date>2018-04-07T11:05:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Pierre M&#233;nard</dc:creator>


		<dc:subject>Julio Cort&#225;zar</dc:subject>
		<dc:subject>L'esprit d'escalier</dc:subject>
		<dc:subject>Livre</dc:subject>
		<dc:subject>Num&#233;rique</dc:subject>
		<dc:subject>Lecture</dc:subject>
		<dc:subject>R&#233;cit</dc:subject>
		<dc:subject>Marseille</dc:subject>
		<dc:subject>Ville</dc:subject>
		<dc:subject>&#201;criture</dc:subject>
		<dc:subject>Histoire</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;&#171; Les escaliers se montrent de face car en marche arri&#232;re ou lat&#233;rale ce n'est pas particuli&#232;rement commode. L'attitude la plus naturelle &#224; adopter est la station debout, bras ballants, t&#234;te droite mais pas trop cependant afin que les yeux puissent voir la marche &#224; gravir, la respiration lente et r&#233;guli&#232;re. Pour ce qui est de l'ascension proprement dite, on commence par lever cette partie du corps situ&#233;e en bas &#224; droite et g&#233;n&#233;ralement envelopp&#233;e de cuir ou de daim et qui, sauf exception, (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/ecriture/palimpseste/" rel="directory"&gt;Palimpseste&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/julio-cortazar" rel="tag"&gt;Julio Cort&#225;zar&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/l-esprit-d-escalier" rel="tag"&gt;L'esprit d'escalier&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/livre" rel="tag"&gt;Livre&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/numerique" rel="tag"&gt;Num&#233;rique&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/lecture" rel="tag"&gt;Lecture&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/recit" rel="tag"&gt;R&#233;cit&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/marseille" rel="tag"&gt;Marseille&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/ville" rel="tag"&gt;Ville&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/ecriture" rel="tag"&gt;&#201;criture&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/histoire" rel="tag"&gt;Histoire&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.liminaire.fr/local/cache-vignettes/L150xH100/8998658702_5f41030481_c-da904.jpg?1754028171' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='100' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&#171; Les escaliers se montrent de face car en marche arri&#232;re ou lat&#233;rale ce n'est pas particuli&#232;rement commode. L'attitude la plus naturelle &#224; adopter est la station debout, bras ballants, t&#234;te droite mais pas trop cependant afin que les yeux puissent voir la marche &#224; gravir, la respiration lente et r&#233;guli&#232;re. Pour ce qui est de l'ascension proprement dite, on commence par lever cette partie du corps situ&#233;e en bas &#224; droite et g&#233;n&#233;ralement envelopp&#233;e de cuir ou de daim et qui, sauf exception, tient exactement sur la marche. Une fois ladite partie, que nous appellerons pied pour abr&#233;ger, pos&#233;e sur le degr&#233;, on l&#232;ve la partie correspondante gauche (appel&#233;e aussi pied mais qu'il ne faut pas confondre avec le pied mentionn&#233; plus haut) et apr&#232;s l'avoir amen&#233;e &#224; hauteur du premier pied, on la hisse encore un peu pour la poser sur la deuxi&#232;me marche o&#249; le pied pourra enfin se reposer, tandis que sur la premi&#232;re le pied repose d&#233;j&#224;. (Les premi&#232;res marches sont toujours les plus difficiles, jusqu'&#224; ce qu'on ait acquis la coordination n&#233;cessaire. La co&#239;ncidence des noms entre le pied et le pied rend l'explication difficile. Faites sp&#233;cialement attention &#224; ne pas lever en m&#234;me temps le pied et le pied.&lt;br class='autobr' /&gt;
Parvenu de cette fa&#231;on &#224; la deuxi&#232;me marche, il suffit de r&#233;p&#233;ter alternativement ces deux mouvements jusqu'au bout de l'escalier. On en sort facilement, avec un l&#233;ger coup de talon pour bien fixer la marche &#224; sa place et l'emp&#234;cher de bouger jusqu'&#224; ce qu'on redescende. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Julio Cort&#225;zar, &lt;i&gt;Cronopes et fameux&lt;/i&gt;, Manuel d'instructions, 1962. &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_316 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;64&#034; data-legende-lenx=&#034;xx&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.liminaire.fr/IMG/jpg/instrucciones-3-comp.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.liminaire.fr/local/cache-vignettes/L500xH221/instrucciones-3-comp-81045.jpg?1754028171' width='500' height='221' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;Texte de Julio Cort&#225;zar sur les marches d'un escalier &#224; Madrid
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Un livre qui se lit dans les deux sens comme on monte ou descend un escalier. Commencer d'un c&#244;t&#233; ou de l'autre change l'approche du r&#233;cit, &#224; la mani&#232;re avec laquelle, lorsqu'on p&#233;n&#232;tre pour la premi&#232;re fois dans une ville, qu'on d&#233;couvre un lieu pur la premi&#232;re fois, cet angle de vue, restera &#224; jamais ancr&#233; en nous, dans le regard qu'on porte sur cet endroit, malgr&#233; toutes incursions qu'on pourra faire de cet endroit avec le temps.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Des histoires dans le mouvement, dans cet endroit de passage, ce flux de voyageurs, ceux qui montent les escaliers pour aller prendre leur train et quitter, s'&#233;loigner de la ville, et ceux qui arrivent en ville pour la premi&#232;re fois, ou pour une occasion particuli&#232;re, ou m&#234;me pour aller travailler, mais ils rentrent chez eux. Et dans la premi&#232;re fois comme dans cette r&#233;pl&#233;tion du retour chez soi, se joue quelque chose du lieu familier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lieu de passage, de transition. Lieu d'histoires. Lieu qui en rappelle d'autres. C'est le sujet du livre &lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;https://liminaire.fr/projets/article/l-esprit-d-escalier&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;L'esprit d'escalier&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;, &#224; para&#238;tre &#224; &lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;https://www.la-marelle.org/productions/editions-la-marelle.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;La Marelle &#233;ditions&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;center&gt; &lt;iframe style=&#034;width: 640px; height: 480px;&#034; scrolling=&#034;no&#034; align=&#034;middle&#034; frameborder=&#034;0&#034; src=&#034;https://www.flickr.com/photos/liminaire/sets/72157634498968017/player&#034;&gt; &lt;/iframe&gt; &lt;/center&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Fin du monde de la fin</title>
		<link>https://www.liminaire.fr/chronique/entre-les-lignes/article/fin-du-monde-de-la-fin</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.liminaire.fr/chronique/entre-les-lignes/article/fin-du-monde-de-la-fin</guid>
		<dc:date>2018-04-01T19:58:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Pierre M&#233;nard</dc:creator>


		<dc:subject>&#201;criture</dc:subject>
		<dc:subject>Langage</dc:subject>
		<dc:subject>Lecture</dc:subject>
		<dc:subject>Livre</dc:subject>
		<dc:subject>Julio Cort&#225;zar</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Comme le nombre des scribes ira augmentant, les quelques lecteurs qui restent de par le monde changeront de m&#233;tier et deviendront scribes eux aussi. De plus en plus, les pays appartiendront aux scribes et aux fabriques d'encre et de papier, les scribes le jour et les machines la nuit pour imprimer le travail des scribes. Pour commencer, les biblioth&#232;ques d&#233;borderont des maisons, les municipalit&#233;s d&#233;cident (et c'est l&#224; que les choses commencent &#224; se g&#226;ter) de sacrifier les terrains de jeu (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/chronique/entre-les-lignes/" rel="directory"&gt;Entre les lignes&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/ecriture" rel="tag"&gt;&#201;criture&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/langage" rel="tag"&gt;Langage&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/lecture" rel="tag"&gt;Lecture&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/livre" rel="tag"&gt;Livre&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/julio-cortazar" rel="tag"&gt;Julio Cort&#225;zar&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.liminaire.fr/local/cache-vignettes/L150xH108/capture_d_e_cran_2025-02-23_a_21.56_38-5ecc8.png?1754028172' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='108' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Comme le nombre des scribes ira augmentant, les quelques lecteurs qui restent de par le monde changeront de m&#233;tier et deviendront scribes eux aussi. De plus en plus, les pays appartiendront aux scribes et aux fabriques d'encre et de papier, les scribes le jour et les machines la nuit pour imprimer le travail des scribes. Pour commencer, les biblioth&#232;ques d&#233;borderont des maisons, les municipalit&#233;s d&#233;cident (et c'est l&#224; que les choses commencent &#224; se g&#226;ter) de sacrifier les terrains de jeu pour agrandir les biblioth&#232;ques. Ensuite, elles c&#232;dent les th&#233;&#226;tres, les maternit&#233;s, les abattoirs, les cantines, les h&#244;pitaux. Les pauvres emploient les livres en guise de briques, les assemblent avec du ciment, construisent des murs de livres et vivent dans des cabanes de livres. Puis il advient que les livres d&#233;bordent des villes et envahissent les campagnes, &#233;crasent les champs de bl&#233; et de tournesol ; c'est &#224; peine si les Ponts et Chauss&#233;s obtiennent que les routes restent d&#233;gag&#233;es entre deux immenses murs de livres. Parfois un mur c&#232;de et il y a d'&#233;pouvantables catastrophes routi&#232;res. Les scribes travaillent sans tr&#234;ve parce que l'humanit&#233; respecte les vocations, et les imprim&#233;s finissent par atteindre le bord de la mer. Le pr&#233;sident de la R&#233;publique s'entretient par t&#233;l&#233;phone avec d'autres pr&#233;sidents de r&#233;publique et propose intelligemment de faire jeter &#224; la mer l'exc&#233;dent de livres, ce qui est fait sur toutes les c&#244;tes du monde &#224; la fois. Ainsi les scribes sib&#233;riens voient leurs imprim&#233;s jet&#233;s dans l'oc&#233;an Glacial et les scribes indon&#233;siens et caetera. Cela permet aux scribes d'augmenter pour un temps leur production car il y a de nouveau la place sur terre pour stocker leurs livres. Ils ne songent pas que la mer a un fond et qu'au fond de la mer les imprim&#233;s commencent &#224; s'amonceler, d'abord sous forme de p&#226;te gluante, puis sous forme de p&#226;te agglutinante et enfin comme une plate-forme consistante quoique visqueuse qui monte journellement de quelques m&#232;tres et finira par affleurer &#224; la surface. Alors beaucoup de mers envahissent beaucoup de terres, il y a une nouvelle distribution des continents et des oc&#233;ans, et les pr&#233;sidents de diverses r&#233;publiques sont remplac&#233;s par des lacs et p&#233;ninsules, les pr&#233;sidents d'autres r&#233;publiques voient s'ouvrir d'immenses territoires &#224; leurs ambitions et ainsi de suite. L'eau de mer, violemment contrainte &#224; se r&#233;pandre, s'&#233;vapore plus vite, si bien qu'un jour les capitaines de bateaux de grandes lignes constatent que leurs paquebots avancent plus lentement, de trente n&#339;uds ils tombent &#224; vingt, puis &#224; quinze et les moteurs s'essoufflent et les h&#233;lices se faussent. Finalement tous les bateaux s'arr&#234;tent en diff&#233;rents points de diff&#233;rentes mers, pris dans la p&#226;te imprim&#233;e, et les scribes du monde entier &#233;crivent des milliers de textes plein d'all&#233;gresse pour expliquer le ph&#233;nom&#232;ne. Les pr&#233;sidents et les capitaines d&#233;cident de transformer les bateaux en &#238;les et casinos, le public va &#224; pied sur les mers de carton jusqu'aux &#238;les et casinos o&#249; des orchestres typiques et de genre enchantent l'air climatis&#233; o&#249; l'on danse jusqu'&#224; une heure tr&#232;s avanc&#233;e de la nuit. De nouveaux imprim&#233;s s'entassent sur les c&#244;tes mais cette fois il est impossible de les jeter dans la p&#226;te humide et il s'&#233;l&#232;ve des murailles et il na&#238;t des montagnes au bord des anciennes mers. Les scribes comprennent que les fabriques d'encre et de papier vont faire faillite et ils &#233;crivent d'une &#233;criture de plus en plus petite, ils utilisent les recoins les plus imperceptibles de chaque papier. Et quand l'encre est finie, ils emploient le crayon, et, le papier fini, ils &#233;crivent sur les dalles, ardoises, etc. L'habitude se r&#233;pand d'intercaler un texte dans un autre pour ne pas laisser perdre les interlignes, ou bien on efface &#224; la lame de rasoir les pages d&#233;j&#224; imprim&#233;es pour les r&#233;utiliser. Les scribes travaillent au ralenti mais ils sont en si grand nombre que les imprim&#233;s s&#233;parent &#224; pr&#233;sent d&#233;finitivement les terres du lit des anciennes mers. Sur terre, la race des scribes vit de fa&#231;on pr&#233;caire, condamn&#233;e &#224; s'&#233;teindre, et, sur les mers, il y a les &#238;les et les casinos c'est-&#224;-dire les transatlantiques o&#249; se sont r&#233;fugi&#233;s les pr&#233;sidents des r&#233;publiques et o&#249; l'on donne de grandes f&#234;tes et l'on &#233;change des messages d'&#238;le en &#238;le, de pr&#233;sident &#224; pr&#233;sident, de capitaine &#224; capitaine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Julio Cort&#225;zar, &lt;i&gt;Cronopes et Fameux&lt;/i&gt;, Gallimard, 1962.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Les invisibles</title>
		<link>https://www.liminaire.fr/chronique/journal/article/les-invisibles</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.liminaire.fr/chronique/journal/article/les-invisibles</guid>
		<dc:date>2016-12-27T07:00:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Pierre M&#233;nard</dc:creator>


		<dc:subject>Temps</dc:subject>
		<dc:subject>Voix</dc:subject>
		<dc:subject>Sons</dc:subject>
		<dc:subject>Vid&#233;o</dc:subject>
		<dc:subject>Musique</dc:subject>
		<dc:subject>Information</dc:subject>
		<dc:subject>Cin&#233;ma</dc:subject>
		<dc:subject>Peinture</dc:subject>
		<dc:subject>Num&#233;rique</dc:subject>
		<dc:subject>Julio Cort&#225;zar</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Vos stimulants retours &#224; propos de ce journal me poussent &#224; poursuivre l'exp&#233;rience sans trop tarder, en essayant de maintenir &#224; cet exercice sa r&#233;gularit&#233; et sa spontan&#233;it&#233;. Mick Harvey, musicien australien, est surtout connu pour sa collaboration avec son compatriote Nick Cave, qu'il a accompagn&#233; dans toutes ses aventures musicales, de leur adolescence &#224; janvier 2009, date &#224; laquelle il a d&#233;cid&#233; de se s&#233;parer des Bad Seeds. Il a aussi sorti plusieurs albums en solo, et collabor&#233; &#224; (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/chronique/journal/" rel="directory"&gt;Journal&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/temps" rel="tag"&gt;Temps&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/voix" rel="tag"&gt;Voix&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/sons" rel="tag"&gt;Sons&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/video" rel="tag"&gt;Vid&#233;o&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/musique" rel="tag"&gt;Musique&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/information" rel="tag"&gt;Information&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/cinema" rel="tag"&gt;Cin&#233;ma&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/peinture" rel="tag"&gt;Peinture&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/numerique" rel="tag"&gt;Num&#233;rique&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/julio-cortazar" rel="tag"&gt;Julio Cort&#225;zar&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.liminaire.fr/local/cache-vignettes/L150xH100/arton1925-c00b9.jpg?1754028172' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='100' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Vos stimulants retours &#224; propos de ce journal me poussent &#224; poursuivre l'exp&#233;rience sans trop tarder, en essayant de maintenir &#224; cet exercice sa r&#233;gularit&#233; et sa spontan&#233;it&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;http://www.mickharvey.com/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Mick Harvey&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;, musicien australien, est surtout connu pour sa collaboration avec son compatriote &lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;http://www.nickcave.com/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Nick Cave&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;, qu'il a accompagn&#233; dans toutes ses aventures musicales, de leur adolescence &#224; janvier 2009, date &#224; laquelle il a d&#233;cid&#233; de se s&#233;parer des &lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;http://www.nickcave.com/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Bad Seeds&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;. Il a aussi sorti plusieurs albums en solo, et collabor&#233; &#224; plusieurs bandes originales de films.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mick Harvey a publi&#233; en solo, dans les ann&#233;es 1990, deux albums d'adaptations en anglais de chansons de Serge Gainsbourg : &lt;i&gt;Intoxicated Man&lt;/i&gt; et &lt;i&gt;Pink Elephants&lt;/i&gt;. &lt;i&gt;Delirium tremens&lt;/i&gt; est une nouvelle traduction des chansons de Gainsbourg en anglais. &lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;https://fr.wikipedia.org/wiki/Anita_Lane&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Anita Lane&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;, un temps amoureuse de Nick Cave &#224; l'&#233;poque des &lt;i&gt;Bad Seeds&lt;/i&gt; pour lequel elle &#233;crit ou co&#233;crit certaines chansons de leurs albums, participe &#224; &lt;i&gt;Delirium tremens&lt;/i&gt; en chantant sur plusieurs chansons.
&lt;br&gt;
&lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;center&gt; &lt;iframe width=&#034;560&#034; height=&#034;315&#034; src=&#034;https://www.youtube.com/embed/KOPSge6LrQU&#034; frameborder=&#034;0&#034; allowfullscreen&gt; &lt;/iframe&gt; &lt;/center&gt; &lt;p&gt;&lt;br&gt;
&lt;br&gt;
Peut-on traduire la musique ? La transcription est sans doute la forme la plus courante de cette &lt;i&gt;traduction&lt;/i&gt;, il s'agit de l'adaptation d'une composition &#224; un m&#233;dium pour lequel elle n'a pas &#233;t&#233; initialement &#233;crite.
&lt;br&gt;
&lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;center&gt; &lt;iframe width=&#034;560&#034; height=&#034;315&#034; src=&#034;https://www.youtube.com/embed/videoseries?list=PLA899BDADA54A7949&#034; frameborder=&#034;0&#034; allowfullscreen&gt; &lt;/iframe&gt; &lt;/center&gt; &lt;p&gt;&lt;br&gt;
&lt;br&gt;
&lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;https://fr.wikipedia.org/wiki/Franz_Liszt&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Franz Liszt&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt; a r&#233;alis&#233; de nombreuses transcriptions musicales et d'arrangements pour un ou deux pianos, parmi elles de nombreuses fantaisies et variations sur des th&#232;mes d'op&#233;ras c&#233;l&#232;bres, dont ceux de &lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;https://fr.wikipedia.org/wiki/Richard_Wagner&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Richard Wagner&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;http://superette.tv/exhibette/les-invisibles/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Exposition &lt;i&gt;Les Invisibles&lt;/i&gt;&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;, de Julien Mignot et Camille Rousseau, jusqu'au 16 f&#233;vrier 2017, &#224; la &lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;http://superette.tv/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Sup&#233;rette&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;, 104, rue du Faubourg Poissonni&#232;re, Paris 10&#232;me. Une s&#233;rie de portraits, dont ceux de Patti Smith et d'Etienne Daho.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour cette nouvelle s&#233;rie plus musicale, &lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;http://www.camillerousseau.com/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Camille Rousseau&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt; travaille sur chaque portrait de musicien en &#233;coutant un de ses morceaux. Deux &#233;critures se juxtaposent dans ces photographies. Le photographe &lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;http://www.julienmignot.com/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Julien Mignot&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt; d&#233;crit ce travail &#224; quatre mains dans &lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;http://next.liberation.fr/arts/2016/12/24/julien-mignot-john-cale-la-seance-photo-la-plus-courte-de-mon-histoire_1536925&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Lib&#233;ration&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; &#171; Le compositeur, c'est d'abord un calligraphe &#187; disait Igor Stravinsky. Alors, un peu &#224; la mani&#232;re des calligraphies musicales de Claude Melin, &#233;crit L&#233;a Chauvel-L&#233;vy, Camille Rousseau laisse son geste r&#233;agir au rythme du morceau et com- pose, ainsi, la partition invisible des portraits de Julien Mignot, les dotant d'une parole sourde mais vivante. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est du noir que sort l'&#233;criture. Samuel Beckett &#233;crit : &#171; Les mots ont le pouvoir d'illuminer la noirceur. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;http://www.ilm.com/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Industrial Light Magic&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;, la soci&#233;t&#233; en charge des effets sp&#233;ciaux du film &lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;http://www.rogueone.fr/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Rogue One&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;, a effac&#233; &#224; l'aide de CGI (Computer Generated Imagery) le visage de Guy Henry, connu pour son r&#244;le de &lt;i&gt;Ministre de la Magie&lt;/i&gt; dans &lt;i&gt;Harry Potter&lt;/i&gt;, recrut&#233; par la production pour sa physionomie proche de celle de Peter Cushing, mort 22 ans plus t&#244;t, afin de le remplacer. De m&#234;me pour Carrie Fisher qui incarne la princesse originelle du film, et qui bien que toujours vivante au moment du tournage, a &#233;t&#233; rejou&#233;e par une autre actrice dont le visage a ensuite &#233;t&#233; remplac&#233; par celui de Carrie Fisher lorsqu'elle avait 21 ans.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On apprend &lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;http://www.lesinrocks.com/2016/12/19/cinema/rogue-one-a-ramene-a-vie-acteur-mort-20-ans-11894639/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;dans cet article&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt; que les acteurs des films &#224; tr&#232;s gros budgets sont souvent int&#233;gralement scann&#233;s, en interpr&#233;tant le plus grand nombre d'&#233;motions possible afin de r&#233;utiliser leurs images. Le but est de leur &#233;viter d'avoir &#224; jouer de dangereuses cascades, de les rajeunir ou de les embellir au besoin et de disposer de plans de secours dans le cas o&#249; ils d&#233;c&#233;deraient avant la fin du tournage. C'est le sujet du film &lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;https://fr.wikipedia.org/wiki/Le_Congr%C3%A8s&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;i&gt;Le Congr&#232;s&lt;/i&gt;, d'Ari Folman&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt; m&#234;lant animation et prises de vue r&#233;elles, le scanner d'une actrice, interpr&#233;t&#233;e par &lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;https://fr.wikipedia.org/wiki/Robin_Wright&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Robin Wright&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt; et dont le personnage est en partie bas&#233; sur sa carri&#232;re r&#233;elle.
&lt;br&gt;
&lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;center&gt; &lt;iframe width=&#034;560&#034; height=&#034;315&#034; src=&#034;https://www.youtube.com/embed/BPGhw4nACfk&#034; frameborder=&#034;0&#034; allowfullscreen&gt; &lt;/iframe&gt; &lt;/center&gt; &lt;p&gt;&lt;br&gt;
&lt;br&gt;
Les m&#233;dias traditionnels se sont trouv&#233;s impuissants devant &lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;http://affordance.typepad.com//mon_weblog/2016/11/un-algorithme-est-un-editorialiste-comme-les-autres.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;la viralit&#233; des fausses informations mises en ligne lors des &#233;lections am&#233;ricaines&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;, pour lutter contre les fausses informations qui pullulent sur le web, &lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;http://www.lemonde.fr/pixels/article/2016/12/16/facebook-annonce-une-serie-de-mesures-pour-lutter-contre-les-fausses-informations_5049975_4408996.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Facebook est en train d'exp&#233;rimenter un nouveau syst&#232;me de fact-checking&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;. &#171; Dans un contexte de m&#233;fiance grandissante envers les m&#233;dias, rappelle &lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;http://www.novaplanet.com/novamag/68868/les-ai-pourront-bientot-vous-faire-croire-n-importe-quoi&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Cl&#233;mentine Spiler sur Nova&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt; une fausse vid&#233;o est plus dommageable que jamais. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La perspective de pouvoir modifier un contenu aussi facilement s'av&#232;re inqui&#233;tante, comme le montre un r&#233;cent article paru dans le magazine am&#233;ricain &lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;http://www.theverge.com/2016/12/20/14022958/ai-image-manipulation-creation-fakes-audio-video&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;The Verge&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt; : &#171; Algorithmes et &lt;i&gt;machine learning&lt;/i&gt; sont d&#233;j&#224; capables de cr&#233;er des visages en 3D &#224; partir d'une image en 2D, de changer l'expression faciale voire le discours d'une personne dans une vid&#233;o. &#187;
&lt;br&gt;
&lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;center&gt; &lt;iframe width=&#034;560&#034; height=&#034;315&#034; src=&#034;https://www.youtube.com/embed/ohmajJTcpNk&#034; frameborder=&#034;0&#034; allowfullscreen&gt; &lt;/iframe&gt; &lt;/center&gt; &lt;p&gt;&lt;br&gt;
&lt;br&gt;
Le temps ne s'&#233;coule pas. Nous nous &#233;coulons dans le temps. Notre conception du temps est totalement d&#233;pass&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;https://fr.wikipedia.org/wiki/Thibault_Damour&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Thibault Damour&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;, professeur &#224; l'&lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;http://www.ihes.fr/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Institut des hautes &#233;tudes scientifiques&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt; et membre de l'&lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;http://www.academie-sciences.fr/fr/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Acad&#233;mie des sciences&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;, l'explique dans un entretien paru dans la revue &lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;https://usbeketrica.com/article/l-ecoulement-du-temps-est-une-illusion&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Usbek &amp; Rika&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt; : &#171; Le changement fondamental, c'est que la relativit&#233; restreinte nous dit que l'&#233;coulement du temps est une illusion. La r&#233;alit&#233; existe au sein d'un espace-temps qui ne s'&#233;coule pas. Une bonne fa&#231;on que j'ai d'expliquer &#231;a, c'est la derni&#232;re phrase du &lt;i&gt;Temps retrouv&#233;&lt;/i&gt; de Proust&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; Si du moins il m'&#233;tait laiss&#233; assez de temps pour accomplir mon &#339;uvre, je (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, qui repr&#233;sente les hommes comme des g&#233;ants plong&#233;s dans les ann&#233;es. L'essence de Proust consiste &#224; dire que l'id&#233;e habituelle de temps qui passe (c'est le temps perdu) est une illusion. Ce que sentait Proust intuitivement et ce que Einstein sugg&#232;re, c'est que la vraie r&#233;alit&#233; est hors du temps. Il faut imaginer comme des paquets de cartes les uns sur les autres. Les cartes sont comme des photographies du pass&#233;, du pr&#233;sent et du futur, qui coexistent. Il n'y a pas quelque chose qui s'&#233;coule. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Voyager dans le temps, c'est possible. La mauvaise nouvelle, par contre, c'est que l'avenir est d&#233;j&#224; &#233;crit. La th&#233;orie de la relativit&#233; et Einstein nous le disent depuis d&#233;j&#224; un si&#232;cle. Ces discours pourtant, nous les entendons de loin, comme des v&#233;rit&#233;s abstraites et des r&#233;flexions farfelues de scientifiques &#233;sot&#233;riques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La plupart des textes de &lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;http://liminaire.fr/spip.php?page=recherche&amp;recherche=Julio+Cort%C3%A1zar&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Julio Cort&#225;zar&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt; cherchent &#224; d&#233;construire les certitudes qui nous fixent &#224; une r&#233;alit&#233; pens&#233;e et structur&#233;e par des repr&#233;sentations h&#233;rit&#233;es : &#171; Il semble que je sois n&#233; pour ne pas accepter les choses telles qu'elles me sont donn&#233;es. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Install&#233; dans son fauteuil favori, le dos &#224; la porte pour ne pas &#234;tre g&#234;n&#233; par une irritante possibilit&#233; de d&#233;rangements divers, il laissait sa main gauche caresser de temps en temps le velours vert. Il se mit &#224; lire les derniers chapitres. Sa m&#233;moire retenait sans effort les noms et l'apparence des h&#233;ros. L'illusion romanesque le prit presque aussit&#244;t. Il jouissait du plaisir presque pervers de s'&#233;loigner petit &#224; petit, ligne apr&#232;s ligne, de ce qui l'entourait, tout en demeurant conscient que sa t&#234;te reposait commod&#233;ment sur le velours du dossier &#233;lev&#233;, que les cigarettes restaient &#224; port&#233;e de sa main et qu'au -del&#224; des grandes fen&#234;tres le souffle du cr&#233;puscule semblait danser sous les ch&#234;nes. &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Julio Cortazar, &#171; Continut&#233; des parcs &#187;, Fin d'un jeu (1956), traduit de (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans sa derni&#232;re lettre d'information, &lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;http://page42.org/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Neil Jomunsi&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt; &#233;voque les raisons de &lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;http://page42.org/urgence-creer-web-aimerons-nouveau/#more-5965&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;sa disparition des r&#233;seaux sociaux&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt; :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Alors il convient de se r&#233;approprier le r&#233;seau, la toile, au sens premier du terme : c'est &#224; dire de la tisser nous-m&#234;mes. Nous devons &#234;tre des clefs, mais aussi des portes vers l'ailleurs. Et &#224; ce titre, utiliser une arme redoutable &#224; l'origine m&#234;me d'internet : le lien. Un b&#234;te lien hypertexte. Voil&#224; notre arme secr&#232;te pour reconqu&#233;rir le web. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le lien, oui tout est l&#224;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&#171; Si du moins il m'&#233;tait laiss&#233; assez de temps pour accomplir mon &#339;uvre, je ne manquerais pas de la marquer au sceau de ce Temps dont l'id&#233;e s'imposait &#224; moi avec tant de force aujourd'hui, et j'y d&#233;crirais les hommes, cela d&#251;t-il les faire ressembler &#224; des &#234;tres monstrueux, comme occupant dans le Temps une place autrement consid&#233;rable que celle si restreinte qui leur est r&#233;serv&#233;e dans l'espace, une place, au contraire, prolong&#233;e sans mesure, puisqu'ils touchent simultan&#233;ment, comme des g&#233;ants, plong&#233;s dans les ann&#233;es, &#224; des &#233;poques v&#233;cues par eux, si distantes, &#8212; entre lesquelles tant de jours sont venus se placer &#8212; dans le Temps. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Julio Cortazar, &lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;http://jecrisdoncjesuis.over-blog.com/article-23412171.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&#171; Continut&#233; des parcs &#187;&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;, &lt;i&gt;Fin d'un jeu&lt;/i&gt; (1956), traduit de l'espagnol par C. et R. Caillois, Gallimard, 1963.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>S'il y a lieu je pars avec vous</title>
		<link>https://www.liminaire.fr/ecriture/palimpseste/article/s-il-y-a-lieu-je-pars-avec-vous</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.liminaire.fr/ecriture/palimpseste/article/s-il-y-a-lieu-je-pars-avec-vous</guid>
		<dc:date>2014-09-14T14:56:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Pierre M&#233;nard</dc:creator>


		<dc:subject>Regard</dc:subject>
		<dc:subject>Photographie</dc:subject>
		<dc:subject>Ville</dc:subject>
		<dc:subject>Paysage</dc:subject>
		<dc:subject>Paris</dc:subject>
		<dc:subject>Vid&#233;o</dc:subject>
		<dc:subject>Voyage</dc:subject>
		<dc:subject>Histoire</dc:subject>
		<dc:subject>Julio Cort&#225;zar</dc:subject>
		<dc:subject>Mus&#233;e</dc:subject>
		<dc:subject>Sophie Calle</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Sophie Calle, Antoine d'Agata, Julien Magre, St&#233;phane Couturier et Alain Bublex ont chacun fait de l'autoroute un territoire d'exp&#233;rimentation et nous embarquent dans de dr&#244;les d'endroits, nous racontent d'&#233;tranges histoires, &#224; l'occasion de l'exposition S'il y a lieu je pars avec vous, qui se tient au Bal, du 11 septembre au 26 octobre 2014. &lt;br class='autobr' /&gt; Alain Bublex s'int&#233;resse &#224; l'effet que l'autoroute produit sur nous, l'effet de son surgissement. Sophie Calle interpelle l'automobiliste au p&#233;age (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/ecriture/palimpseste/" rel="directory"&gt;Palimpseste&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/regard" rel="tag"&gt;Regard&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/photographie" rel="tag"&gt;Photographie&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/ville" rel="tag"&gt;Ville&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/paysage" rel="tag"&gt;Paysage&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/paris" rel="tag"&gt;Paris&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/video" rel="tag"&gt;Vid&#233;o&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/voyage" rel="tag"&gt;Voyage&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/histoire" rel="tag"&gt;Histoire&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/julio-cortazar" rel="tag"&gt;Julio Cort&#225;zar&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/musee" rel="tag"&gt;Mus&#233;e&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/sophie-calle" rel="tag"&gt;Sophie Calle&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.liminaire.fr/local/cache-vignettes/L150xH100/arton1736-d7ceb.jpg?1754028172' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='100' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Sophie Calle, Antoine d'Agata, Julien Magre, St&#233;phane Couturier et Alain Bublex ont chacun fait de l'autoroute un territoire d'exp&#233;rimentation et nous embarquent dans de dr&#244;les d'endroits, nous racontent d'&#233;tranges histoires, &#224; l'occasion de l'exposition &lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;http://www.le-bal.fr/fr/mh/les-expositions/sil-y-a-lieu-je-pars-avec-vous/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;S'il y a lieu je pars avec vous, qui se tient au Bal, du 11 septembre au 26 octobre 2014.&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt; &lt;br&gt;
&lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;center&gt;&lt;iframe style=&#034;width: 640px; height: 480px;&#034; scrolling=&#034;no&#034; src=&#034;https://www.flickr.com/photos/liminaire/albums/72177720297415869/player&#034; align=&#034;middle&#034; frameborder=&#034;0&#034;&gt;&lt;/iframe&gt;&lt;/center&gt;
&lt;p&gt;&lt;br&gt;
&lt;br&gt;
&lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;http://www.galerie-vallois.com/artistes/alain-bublex.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Alain Bublex&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt; s'int&#233;resse &#224; l'effet que l'autoroute produit sur nous, l'effet de son surgissement. &lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;http://mediation.centrepompidou.fr/education/ressources/ENS-calle/ENS-calle.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Sophie Calle&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt; interpelle l'automobiliste au p&#233;age de Saint-Arnoult : &#171; Faites-moi voyager et je vous offre le p&#233;age. &#187; Sur le trajet de Paris &#224; Marseille, d'o&#249; est originaire &lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;http://documentsdartistes.org/artistes/dagata/repro.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Antoine d'Agata&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;, l'artiste enregistre les paysages nocturnes des parkings. &lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;http://www.julienmagre.fr/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Julien Magre&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt; nous embarque dans un &lt;i&gt;road movie&lt;/i&gt; entre r&#234;ves, apparitions et hallucinations. &lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;http://www.stephanecouturier.fr/couturier/accueil.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;St&#233;phane Couturier&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt; restitue en image la sensation permanente de saccade, la griserie de la vitesse.
&lt;br&gt;
&lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;center&gt; &lt;iframe src=&#034;//player.vimeo.com/video/105353973&#034; width=&#034;500&#034; height=&#034;281&#034; webkitallowfullscreen mozallowfullscreen allowfullscreen&gt; &lt;/iframe&gt; &lt;/center&gt; &lt;p&gt;&lt;br&gt;
&lt;br&gt;
&#171; Ils sont cinq sur cette autoroute, &#233;crit Philippe Azoury dans le magnifique livre de l'exposition - dr&#244;le d'endroit pour une rencontre. Cinq photographes/artistes &#224; qui l'on a demand&#233; de voir &#224; notre place - nous qui roulons l&#224; sans rien y voir, nous qui roulons &#224; l'aveugle. Cinq pour investir l'autoroute, et la faire sortir de cette id&#233;e fausse qui lui colle &#224; la roue : n'&#234;tre &#224; jamais qu'un non-lieu. Pour cela, rouler diff&#233;remment, prendre leur temps, un autre temps, a contrario de l'exc&#232;s de vitesse. Un temps de pause, peut-&#234;tre. Le temps de se perdre et celui de s'arr&#234;ter, de parler, de chercher &#224; parler, d'&#233;crire. Pour atteindre quelque chose qui aurait l'intensit&#233; du voyage ultime et l'ironie de l'aire de jeu. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_4284 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.liminaire.fr/IMG/jpg/photo1-6.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.liminaire.fr/local/cache-vignettes/L500xH375/photo1-6-e3d3e.jpg?1754028172' width='500' height='375' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;L'autoroute est propice &#224; la fiction, comme &lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;http://liminaire.fr/livre-lecture/article/les-autonautes-de-la-cosmoroute&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Julio Cort&#225;zar et Carol Dunlop l'ont montr&#233; dans &lt;i&gt;Les autonautes de la cosmoroute&lt;/i&gt;&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;. C'est un endroit fragment&#233;, o&#249; se m&#234;lent les notions de vitesse, d'espace temps. Une travers&#233;e g&#233;ographique, parfois autobiographique. Un territoire de cr&#233;ation. Une invitation au voyage. Une prolongation du journal intime. Une invitation &lt;i&gt;&#224; se trouver, &#224; se perdre&lt;/i&gt;. Un changement de dimension en nous. Un monde d'&#233;clats, de flashs, d'apparitions fulgurantes, de disparitions sans regret, un monde de vitesse pure. Toute la m&#233;moire que nous avons des paysages d'autoroute, d&#233;form&#233;e par le temps et par la voiture, par la fatigue et par l'enfance. Chacun ses fant&#244;mes. Et mille et une fa&#231;ons de voyager. En soi.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_4283 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.liminaire.fr/IMG/jpg/photo_4.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.liminaire.fr/local/cache-vignettes/L500xH375/photo_4-3c4ae.jpg?1754028172' width='500' height='375' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&#171; O&#249; pourriez vous m'emmener ? &#187; demande Sophie Calle aux conducteurs sur l'autoroute. &#171; Au paradis, mais quand et comment, je ne sais pas, &#231;a s'organise tellement &#224; l'avance qu'on risque de jamais y aller. &#187;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>L'autoroute du Sud ou le grand embouteillage</title>
		<link>https://www.liminaire.fr/chronique/entre-les-lignes/article/l-autoroute-du-sud-ou-le-grand-embouteillage</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.liminaire.fr/chronique/entre-les-lignes/article/l-autoroute-du-sud-ou-le-grand-embouteillage</guid>
		<dc:date>2014-07-24T15:00:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Pierre M&#233;nard</dc:creator>


		<dc:subject>Ville</dc:subject>
		<dc:subject>Livre</dc:subject>
		<dc:subject>Paysage</dc:subject>
		<dc:subject>Vid&#233;o</dc:subject>
		<dc:subject>Cin&#233;ma</dc:subject>
		<dc:subject>Rire</dc:subject>
		<dc:subject>Julio Cort&#225;zar</dc:subject>
		<dc:subject>Jean-Luc Godard</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;&#171; Au d&#233;but, la jeune fille de la Dauphine aurait bien voulu compter les heures, mais l'ing&#233;nieur de la 404 n'en voyait pas l'int&#233;r&#234;t. tout le monde pouvait regarder sa montre mais c'&#233;tait comme si ce temps attach&#233; au poignet ou le bip bip bip de la radio mesurait autre chose, par exemple le temps de ceux qui n'avaient pas fait la b&#234;tise de vouloir rentrer &#224; Paris par l'autoroute du Sud un dimanche apr&#232;s-midi et qui n(avaient pas d&#251;, d&#232;s apr&#232;s Fontainebleau, se mettre au pas, s'arr&#234;ter, six (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/chronique/entre-les-lignes/" rel="directory"&gt;Entre les lignes&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/ville" rel="tag"&gt;Ville&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/livre" rel="tag"&gt;Livre&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/paysage" rel="tag"&gt;Paysage&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/video" rel="tag"&gt;Vid&#233;o&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/cinema" rel="tag"&gt;Cin&#233;ma&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/rire" rel="tag"&gt;Rire&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/julio-cortazar" rel="tag"&gt;Julio Cort&#225;zar&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/jean-luc-godard" rel="tag"&gt;Jean-Luc Godard&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.liminaire.fr/local/cache-vignettes/L150xH99/arton1722-c50c7.jpg?1754028172' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='99' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&#171; Au d&#233;but, la jeune fille de la Dauphine aurait bien voulu compter les heures, mais l'ing&#233;nieur de la 404 n'en voyait pas l'int&#233;r&#234;t. tout le monde pouvait regarder sa montre mais c'&#233;tait comme si ce temps attach&#233; au poignet ou le bip bip bip de la radio mesurait autre chose, par exemple le temps de ceux qui n'avaient pas fait la b&#234;tise de vouloir rentrer &#224; Paris par l'autoroute du Sud un dimanche apr&#232;s-midi et qui n(avaient pas d&#251;, d&#232;s apr&#232;s Fontainebleau, se mettre au pas, s'arr&#234;ter, six files de chaque c&#244;t&#233; (on sait que les dimanches l'autoroute est r&#233;serv&#233;e exclusivement &#224; ceux qui rentrent &#224; Paris), remettre le moteur en marche, avancer de trois m&#232;tres, s'arr&#234;ter, bavarder avec les deux religieuses dans la 2 CV &#224; droite, avec la fille de la Dauphine &#224; gauche, regarder dans le r&#233;troviseur l'homme au teint p&#226;le qui est au volant d'une Caravelle, envier ironiquement le bonheur du couple de la 203 (derri&#232;re la Dauphine) qui joue avec leur petite fille, plaisantant et mangeant du fromage, ou &#234;tre exasp&#233;r&#233; par les deux petits jeunes gens de la Simca qui pr&#233;c&#232;de la 404 et m&#234;me descendre aux arr&#234;ts et explorer un peu alentours sans trop s'&#233;loigner (parce qu'on ne peut pas savoir quand la colonne se remettra en marche et il faudra revenir au grand trot pour que ceux de derri&#232;re ne commencent pas un concert de klaxon et d'injures), ce qui nous am&#232;nera &#224; la hauteur d'une Taunus devant la Dauphine et nous permettra d'&#233;changer quelques phrases d&#233;courag&#233;es et ironiques avec deux hommes qui voyagent avec un petit gar&#231;on blond dont le plus grand amusement est de faire rouler son auto sur la piste d&#233;gag&#233;e de la plage arri&#232;re, ou bien nous nous risquerons &#224; avancer un peu plus pour consid&#233;rer avec une certaine piti&#233; le vieux couple de la DS qui ressemble &#224; une gigantesque baignoire violette o&#249; surnagent les deux petits vieux, lui appuy&#233; sur son volant, elle mordillant une pomme avec plus d'application que d'envie. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Julio Cort&#225;zar L'Autoroute du Sud, extrait du recueil Tous les feux le feu, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_4441 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.liminaire.fr/IMG/jpg/le_grand_embouteillage.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.liminaire.fr/local/cache-vignettes/L500xH281/le_grand_embouteillage-5f226.jpg?1754028172' width='500' height='281' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Le Grand Embouteillage &lt;/i&gt; (L'Ingorgo : Una storia impossibile) est un film europ&#233;en (franco-italo-germano-espagnol) r&#233;alis&#233; par Luigi Comencini et sorti en 1979. Il s'agit d'une adaptation de la nouvelle de Julio Cort&#225;zar &lt;i&gt;L'Autoroute du Sud&lt;/i&gt;, extrait du recueil &lt;i&gt;Tous les feux le feu&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un embouteillage gigantesque se forme sur une autoroute aux abords de Rome. Les automobilistes immobilis&#233;s sur place, font face &#224; la situation chacun &#224; leur mani&#232;re. Le stade de la premi&#232;re exasp&#233;ration pass&#233;, chacun s'efforce de tirer parti de la situation&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce film qui commence comme une com&#233;die italienne dont le r&#233;alisateur &#233;tait du reste l'un des plus grands repr&#233;sentants, d&#233;butant de mani&#232;re cocasse, l'embouteillage se formant de mani&#232;re comique avec la voiture du personnage de l'entrepreneur &#233;go&#239;ste et hypocrite dans sa voiture de luxe, interpr&#233;t&#233; par Alberto Sordi qui pour &#233;chapper &#224; l'embouteillage naissant fait une man&#339;uvre qui va coincer sa voiture de travers, en plein du trafic automobile, mais l'angoisse p&#232;se sur cet embouteillage qui s'installe dans la dur&#233;e : &#171; Les heures finissaient par se superposer, par &#234;tre toujours la m&#234;me dans le souvenir, &#187; &#233;crit Cort&#225;zar.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_4442 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.liminaire.fr/IMG/jpg/image-w1280.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.liminaire.fr/local/cache-vignettes/L500xH281/image-w1280-334f8.jpg?1754028172' width='500' height='281' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&#171; Le film, &lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;http://www.ina.fr/video/DVC7908095001&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;d&#233;clare le r&#233;alisateur dans une &#233;mission t&#233;l&#233; &#224; l'&#233;poque de sa projection au Festival de Cannes&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;, est symbolique de notre existence o&#249; personne n'est plus capable de r&#233;sonner sur le ph&#233;nom&#232;ne, aucune tentative d'organisation sociale de ne v&#233;rifie dans l'embouteillage, chacun pense seulement &#224; soi-m&#234;me, il n'y a que deux sentiments : la solitude ou la haine. C'est un film d'un pessimisme croissant qui marque vraiment un passage de la com&#233;die italienne &#224; un apologue moral sur la condition de l'homme aujourd'hui. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dix ans plus t&#244;t, Jean-Luc Godard avait &#233;galement adapt&#233; la nouvelle de Julio Cort&#225;zar en r&#233;alisant le fameux travelling de son film &lt;i&gt;Week-end&lt;/i&gt;. Comme j'en ai d&#233;j&#224; parl&#233; en &#233;voquant &lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;http://liminaire.fr/livre-lecture/article/les-autonautes-de-la-cosmoroute&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Les Autonautes de la cosmoroute&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;, dans la sc&#232;ne de l'embouteillage au d&#233;but de son film, Jean-Luc Godard ne garde que la trame narrative et le travelling de la nouvelle de Julio Cort&#225;zar, et c'est surtout dans construction antinarrative qu'il se rapproche le plus de l'univers de l'auteur de &lt;i&gt;Marelle&lt;/i&gt; : ce n'est pas l'histoire que l'on raconte qui importe, mais les d&#233;tours que l'on emprunte, les circonvolutions que l'on invente autour de l'histoire qui permettent d'en &#233;laborer le r&#233;cit au fil de son &#233;criture, dans son mouvement.&lt;/p&gt;
&lt;center&gt;&lt;iframe width=&#034;560&#034; height=&#034;315&#034; src=&#034;https://www.youtube.com/embed/k8tSqR8DP7I&#034; title=&#034;YouTube video player&#034; frameborder=&#034;0&#034; allow=&#034;accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture&#034; allowfullscreen&gt;&lt;/iframe&gt;&lt;/center&gt;
&lt;p&gt;Le film de Comencini est loin du carnage sanglant provoqu&#233; par Jean-Luc Godard dans son film &lt;i&gt;Week-end&lt;/i&gt;. Mais sa fable apocalyptique dans laquelle il d&#233;peint avec pessimisme et f&#233;rocit&#233; les travers de l'Italie de la fin des ann&#233;es 1970, est malheureusement toujours d'actualit&#233;, ce qui rend d'autant plus amer son constat sur l'angoisse de notre temps, et transforme ce film en v&#233;ritable parabole des temps modernes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; On &#233;tait bien oblig&#233; de s'abandonner au flot, de s'adapter m&#233;caniquement &#224; la vitesse des voitures qui vous entouraient, de ne pas penser. &#187;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb2-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Julio Cort&#225;zar &lt;i&gt;L'Autoroute du Sud&lt;/i&gt;, extrait du recueil &lt;i&gt;Tous les feux le feu&lt;/i&gt;, Gallimard, 1966.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Jeu de parcours</title>
		<link>https://www.liminaire.fr/creation/photographie/article/jeu-de-parcours</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.liminaire.fr/creation/photographie/article/jeu-de-parcours</guid>
		<dc:date>2014-05-11T06:30:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Pierre M&#233;nard</dc:creator>


		<dc:subject>Regard</dc:subject>
		<dc:subject>D&#233;rive</dc:subject>
		<dc:subject>Paris</dc:subject>
		<dc:subject>Art</dc:subject>
		<dc:subject>Portrait</dc:subject>
		<dc:subject>Architecture</dc:subject>
		<dc:subject>Visage</dc:subject>
		<dc:subject>Peinture</dc:subject>
		<dc:subject>Atelier</dc:subject>
		<dc:subject>Num&#233;rique</dc:subject>
		<dc:subject>Julio Cort&#225;zar</dc:subject>
		<dc:subject>Joachim S&#233;n&#233;</dc:subject>
		<dc:subject>Louvre</dc:subject>
		<dc:subject>Mus&#233;e</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Je dois faire un aveu, lorsque je vais au Louvre j'ai tendance &#224; privil&#233;gier la peinture. Je suis heureux d'avoir pu animer les ateliers d'&#233;criture num&#233;rique au Mus&#233;e cette ann&#233;e, cela m'a permis de sortir de mes habitudes, et de visiter enfin l'ensemble du Mus&#233;e. Dans le site cr&#233;&#233; par Joachim S&#233;n&#233;, &#192; Louvre ouvert, une rubrique permet de se rep&#233;rer dans le Mus&#233;e. Pour ma part, je n'aime pas me rep&#233;rer, utiliser les plans, pr&#233;voir &#224; l'avance ce que je vais voir, concevoir un (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/creation/photographie/" rel="directory"&gt;Photographie&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/regard" rel="tag"&gt;Regard&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/derive" rel="tag"&gt;D&#233;rive&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/paris" rel="tag"&gt;Paris&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/art" rel="tag"&gt;Art&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/portrait" rel="tag"&gt;Portrait&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/architecture" rel="tag"&gt;Architecture&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/visage" rel="tag"&gt;Visage&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/peinture" rel="tag"&gt;Peinture&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/atelier" rel="tag"&gt;Atelier&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/numerique" rel="tag"&gt;Num&#233;rique&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/julio-cortazar" rel="tag"&gt;Julio Cort&#225;zar&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/joachim-sene" rel="tag"&gt;Joachim S&#233;n&#233;&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/louvre" rel="tag"&gt;Louvre&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/musee" rel="tag"&gt;Mus&#233;e&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.liminaire.fr/local/cache-vignettes/L150xH100/arton1698-9f83b.jpg?1754028173' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='100' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Je dois faire un aveu, lorsque je vais au &lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;http://www.louvre.fr/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Louvre&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt; j'ai tendance &#224; privil&#233;gier la peinture. Je suis heureux d'avoir pu animer les &lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;http://liminaire.fr/ateliers-d-ecriture-5/article/a-louvre-ouvert-le-musee-mis-a-nu&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;ateliers d'&#233;criture num&#233;rique au Mus&#233;e&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt; cette ann&#233;e, cela m'a permis de sortir de mes habitudes, et de visiter enfin l'ensemble du Mus&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans le site cr&#233;&#233; par &lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;http://jsene.net/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Joachim S&#233;n&#233;&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;, &lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;http://relire.net/louvre-ouvert/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&#192; Louvre ouvert&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;, une rubrique permet de &lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;http://relire.net/louvre-ouvert/spip.php?rubrique14&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;se rep&#233;rer dans le Mus&#233;e.&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour ma part, je n'aime pas me rep&#233;rer, utiliser les plans, pr&#233;voir &#224; l'avance ce que je vais voir, concevoir un parcours fl&#233;ch&#233;, j'aime me perdre. Lorsque je me prom&#232;ne en ville, aussi bien que lorsque je vais dans un Mus&#233;e. Et je comprends pourquoi lorsque j'&#233;cris et r&#233;fl&#233;chis &#224; l'&#233;dition d'un ouvrage, c'est &#224; un livre hybride auquel je pense, avec une lecture en mode al&#233;atoire. La forme du livre s'apparente alors &#224; celle d'ouvrages tels qu'&lt;i&gt;&#218;ltimo round&lt;/i&gt; ou &lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;http://liminaire.fr/livre-lecture/article/les-autonautes-de-la-cosmoroute&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Le Tour du Jour en 80 mondes&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt; que Julio Cort&#225;zar appelait ses &lt;i&gt;livres-almanachs&lt;/i&gt; ou &lt;i&gt;livres-valises&lt;/i&gt;, r&#233;alis&#233;s &#224; partir d'un collage-montage-assemblage de mat&#233;riaux textuels composites (po&#232;mes, contes, essais, texte autobiographiques, citations comprenant de nombreux mat&#233;riaux iconiques (photos, planches-contact, photogrammes, dessins, gravures, auxquels pourraient s'ajouter vid&#233;os et enregistrements sonores).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lors du dernier atelier, les participants ont travaill&#233; sur le th&#232;me du portrait, je mettrai prochainement en ligne leurs textes. Pendant qu'ils &#233;crivaient, je me suis perdu volontairement dans le Mus&#233;e comme j'aime le faire. Ce qui est amusant, c'est qu'avant de partir, &lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;http://relire.net/louvre-ouvert/spip.php?auteur21&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Luc Dall'Armellina&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;, qui participait &#224; l'atelier, m'a parl&#233; de &lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;http://serendipitor.net/site/?page_id=5&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;l'application iPhone &lt;i&gt;Serendipitor&lt;/i&gt; pour se perdre en ville&lt;/i&gt;&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_1885 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.liminaire.fr/local/cache-vignettes/L500xH334/14153515863_c98f3ca8e6_bbis-47890.jpg?1754028173' width='500' height='334' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt; &lt;p&gt;D&#233;partement des Antiquit&#233;s orientales au Mus&#233;e du Louvre&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je me suis rendu au rez-de-chauss&#233;e du Mus&#233;e, dans l'Aile Sully, au &lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;http://www.louvre.fr/departments/antiquit%C3%A9s-orientales&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;D&#233;partement des Antiquit&#233;s orientales&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;. plus exactement dans les &lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;http://louvre-passion.over-blog.com/article-les-salles-du-levant-121608868.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Salles du Levant&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;. Et l&#224;, j'ai d&#233;couvert des merveilles d'une grande beaut&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_1886 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.liminaire.fr/local/cache-vignettes/L500xH334/14133741034_46c532b793_bbis-6c3c0.jpg?1754028173' width='500' height='334' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Une statue de forme humaine, en pl&#226;tre de gypse, paupi&#232;res et pupilles en bitume, de la P&#233;riode N&#233;olithique, &lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;http://www.histoiredelantiquite.net/archeologie-proche-orient/les-statues-anthropomorphes-dain-ghazal-un-exemple-exceptionnel-de-restauration/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;issue de la fouille de A&#239;n Ghazal (la source des gazelles)&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;, en Jordanie, en 1985. Il s'agit de la plus ancienne statue pr&#233;sent&#233;e au Mus&#233;e du Louvre.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_1887 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.liminaire.fr/local/cache-vignettes/L500xH334/14130098711_3d4a7d9f3e_bbis-33a91.jpg?1754028173' width='500' height='334' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;T&#234;te en alb&#226;tre, vraisemblablement f&#233;minine, du IIIe si&#232;cle - Ier si&#232;cle avant J.-C. ? En provenance d'Arabie du Sud.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le souvenir des d&#233;funts &#233;taient rappel&#233;s dans les temples par ces st&#232;les, statuettes et masques fun&#233;raires.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_1888 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.liminaire.fr/local/cache-vignettes/L500xH334/14130458322_efdc9c20b8_bbis-b104d.jpg?1754028173' width='500' height='334' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Une t&#234;te de dieu, couronn&#233;e de rayons et ceinte de rameaux de vigne, provenant d'un &#233;l&#233;ment de linteau, datant du dernier tiers du Ier si&#232;cle avant J.-C. et venant du temple de Baal Shamin, &#224; Hauran en Syrie du Sud.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_1889 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.liminaire.fr/IMG/jpg/statue_fune_raire_qtabanite_de_amma_alay_du_clan_dharah_il.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.liminaire.fr/local/cache-vignettes/L500xH256/statue_fune_raire_qtabanite_de_amma_alay_du_clan_dharah_il-5ab65.jpg?1754028173' width='500' height='256' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt; &lt;p&gt;Une statue fun&#233;raire de 'Amma'alay du clan de Dharah'il, en alb&#226;tre, datant du Ier si&#232;cle avant J.-C. originaire du Y&#233;men, au Mus&#233;e du Louvre&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_1890 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.liminaire.fr/local/cache-vignettes/L500xH334/14133733974_717afd693f_bbis-877b2.jpg?1754028173' width='500' height='334' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Portraits fun&#233;raires masculins d&#233;pos&#233;s dans des tombes en forme de caveaux vo&#251;t&#233;s, en terre crue peinte, r&#233;alis&#233;s vers 1500 avant J.-C. &#224; Suse en Iran. Cette t&#234;te fun&#233;raire, qui est presque de grandeur nature, est en terre crue. Elle a &#233;t&#233; d&#233;couverte dans un tombeau de la &lt;i&gt;Ville royale&lt;/i&gt; de Suse, avec d'autres t&#234;tes du m&#234;me type. Elle date du milieu du IIe mill&#233;naire. La chevelure, dispos&#233;e en visi&#232;re au-dessus du front, comme les traits masculins du visage, sont typiques de Suse.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_1891 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.liminaire.fr/local/cache-vignettes/L500xH334/13946798679_69e3d20578_bbis-5eb5f.jpg?1754028173' width='500' height='334' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Des panneaux de briques d'argile cuite moul&#233;es du milieu du XIIe si&#232;cle avant J.-C. destin&#233;s &#224; d&#233;corer la fa&#231;ade du temple ext&#233;rieur, sur la colline de Suse.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Des hommes-taureaux prot&#233;geant un palmier alternent avec des d&#233;esses Lama, elles-m&#234;mes consid&#233;r&#233;es comme des divinit&#233;s protectrices.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La divinit&#233; demeure fig&#233;e, les bras lev&#233;s, dans l'attitude caract&#233;ristique de la b&#233;n&#233;diction. Ainsi, les fid&#232;les &#233;taient accueillis par des figures rassurantes, charg&#233;es de garantir la s&#233;r&#233;nit&#233; de la demeure divine et de la chapelle dynastique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais ceux devant lesquels je suis rest&#233; m&#233;dus&#233;, fascin&#233; pendant de longues minutes, ce sont les membres de cette famille.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_1892 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;130&#034; data-legende-lenx=&#034;xxx&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.liminaire.fr/local/cache-vignettes/L500xH451/66932_10-536475-2-8d6b8.jpg?1754028173' width='500' height='451' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;St&#232;le fun&#233;raire d'Amos et de sa famille, en basalte, du deuxi&#232;me quart du IIe si&#232;cle apr&#232;s J.-C., en provenance de Syrie du Sud.
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Une st&#232;le fun&#233;raire d'Amos et de sa famille, en basalte, du deuxi&#232;me quart du IIe si&#232;cle apr&#232;s J.-C., en provenance de Syrie du Sud.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je l'ai prise en photo, j'ai cherch&#233; le meilleur angle pour &#233;viter les reflets de la lumi&#232;re artificielle du Mus&#233;e ou celle de la fen&#234;tre de la salle qui venait troubler l'image derri&#232;re la vitrine. J'ai cherch&#233; &#224; entrer en contact avec les membres de cette famille, ils m'attiraient, sans savoir quoi au juste dans leur tenue, dans l'ensemble qu'ils formaient, le couple l'un &#224; c&#244;t&#233; de l'autre, et les enfants, l'un au-dessus, l'autre en-dessous, les entourant de leur affection, complices, soud&#233;s. Et quand j'ai enfin cess&#233; de leur faire face (comme on dit &lt;i&gt;faire front&lt;/i&gt;), c'est-&#224;-dire de m'opposer &#224; eux dans un rapport de spectateur, d'observateur, et que j'ai r&#233;ellement cherch&#233; &#224; dialoguer avec eux, j'ai fini par trouver la bonne position, l&#233;g&#232;rement d&#233;cal&#233;, ils me sont apparus r&#233;els, vivants, la pierre s'est gonfl&#233;e, amplifi&#233;e, son volume s'est mis &#224; vivre, &#224; respirer, &#224; &#233;voluer diff&#233;remment sous la lumi&#232;re, comme si je pouvais le sentir vibrer sous mes doigts. J'ai cess&#233; de voir une st&#232;le fun&#233;raire, pour envisager un portrait de famille, et leurs visages me sont apparus en pleine lumi&#232;re. Et vous savez quoi ? ils m'ont parl&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_1893 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.liminaire.fr/local/cache-vignettes/L500xH334/14110233566_18f1848187_bbis-db420.jpg?1754028173' width='500' height='334' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Le visage et le portrait ne sont pas synonymes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et tous les autres visages se sont mis &#224; me regarder et &#224; me parler &#224; leur tour. La foule de ces visages devenant soudain des &#233;lectrons libres dans l'espace &#233;trangement silencieux du Mus&#233;e (les &lt;i&gt;Salles du Levant&lt;/i&gt; sont assez peu visit&#233;es). Ce n'est pas une question de ressemblance, me suis-je dit. Je ne te connais pas, ne te reconna&#238;trais sans doute pas de toute fa&#231;on, mais ton regard me d&#233;visage &#224; travers le temps. L'ar&#234;te de ton nez, tr&#232;s marqu&#233;e, attrape toute la lumi&#232;re du lieu et souligne la ligne de ta bouche, un trait droit, rectiligne. Je ne vois que tes yeux et leur pupille noire comme une bille ronde.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le portrait ne se limite pas uniquement au visage, m&#234;me si cette partie de la personne reste souvent le point focal. Mettre un nom sur un visage...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce visage ne vise pas &#224; &#234;tre un portrait mais &#224; mat&#233;rialiser la force d'une pr&#233;sence symbolique, notamment par l'intensit&#233; du regard dans ce visage repr&#233;sent&#233; de face. Pour produire cet effet, les yeux, ici disparus, &#233;taient rapport&#233;s, sertis dans des orbites creus&#233;es. Les sourcils rehauss&#233;s par des incrustations de bitume.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le visage ne se transforme pas n&#233;cessairement en portrait. Le portrait est l'alter ego reconnu et respect&#233; du visage.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les lignes l&#233;g&#232;rement tombantes de la bouche et des yeux creus&#233;s par la lumi&#232;re rasante conf&#232;rent &#224; ce visage de basalte une expression plus m&#233;lancolique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Le visage, &#224; l'oppos&#233; du portrait, fait des allers-retours entre r&#233;el et fictif, mais, dans l'espace artistique, il ne partage pas les contraintes de son faux fr&#232;re. &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Portrait et visage, visage ou portrait, par Itzhak Goldberg&#034; id=&#034;nh3-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Elle n'ose pas me regarder en face, d&#233;tourne m&#234;me le regard un instant, timide, elle fait semblant de chercher comment fonctionne son audioguide, derri&#232;re la vitre qui abrite cette statuette qui elle me regarde bien en face, maintient droit son regard face au mien, plante ses yeux dans mes yeux, mais sans provocation, toute en douceur, pour que je la regarde enfin, ses larges yeux en amande, sa barbe peinte qui dissimule le bas de son visage mais en souligne le sourire attendri, t&#233;moin de notre rencontre &#224; distance. Elle va finir par lever la t&#234;te, elle attend juste que son ami s'&#233;loigne vers une autre vitrine, sorte du champ, pour me regarder, que nos yeux se croisent enfin et qu'elle me sourit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Le portrait est double, &#224; la fois le visage physique et le visage social ou institutionnel. Le portrait est toujours la mise &#224; distance du visage, sa mise en sc&#232;ne volontairement admise, le visage semble parfois comme la mise &#224; nu du portrait. De m&#234;me, si le face &#224; face avec le visage est toujours une rencontre qui d&#233;bouche sur la pr&#233;sence de l'autre, cette rencontre est, avec le portrait, accompagn&#233;e d'informations qui en orientent la lecture. Plus que figurer la repr&#233;sentation de l'individu, le portrait est la figure de l'individu en repr&#233;sentation. &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Portrait et visage, visage ou portrait, par Itzhak Goldberg&#034; id=&#034;nh3-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'utilisation du basalte, la simplification des volumes du visage, les oreilles plac&#233;es tr&#232;s haut, les yeux largement ouverts, soulign&#233;s d'un bourrelet sup&#233;rieur et inf&#233;rieur sans pupille marqu&#233;e, et l'expression fig&#233;e de la bouche. Que veux-tu me dire ? Je te regarde pour entrer en dialogue avec toi, mais le silence s'impose dans un tel endroit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pouvoir de l'image comme lieu de signification possible permettant d'&#233;voquer une personne en son absence.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La forme du corps est simplifi&#233;e et disproportionn&#233;e. Les jambes &#233;paisses et courtes, la taille n'est pas marqu&#233;e. Le cou tr&#232;s long. Au contraire du corps, le visage est trait&#233; avec soin. Travaill&#233;, la trace des doigts est visible, p&#226;te &#224; modeler de notre enfance. Le visage est expressif avec ses yeux creus&#233;s dans leurs orbites, soulign&#233;s au bitume noir en forme d'amande. Sa bouche tr&#232;s l&#233;g&#232;rement pinc&#233;e sous le nez pointu de biais. Elle nous toise et nous fixe. Sa moue amus&#233;e est un un mot doux, signe de tendresse.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J'entame en secret avec chacune de ces statues un dialogue tout particulier.&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Le titre de ce texte porte le nom d'une pi&#232;ce visible dans la Salle du (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &lt;br class='autobr' /&gt;
Je ne suis plus un spectateur passif. En s'offrant &#224; mon regard, le visage me renvoie lui-m&#234;me son propre regard. &#201;change incessant qui fait na&#238;tre un sentiment de malaise. Je ne contr&#244;le plus rien, l'&#339;uvre n'est plus en vitrine, elle entre en contact avec moi, me regarde et parfois elle me parle. Elle me comprend. Se voir &#234;tre vu remet en question le pouvoir reconnu de son regard et fait basculer brusquement les r&#244;les du sujet et de l'objet de la repr&#233;sentation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le temps d'une rencontre privil&#233;gi&#233;e.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb3-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;i&gt;Portrait et visage, visage ou portrait&lt;/i&gt;, par &lt;a href=&#034;http://books.openedition.org/pupo/948?lang=fr&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Itzhak Goldberg&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;i&gt;Portrait et visage, visage ou portrait&lt;/i&gt;, par &lt;a href=&#034;http://books.openedition.org/pupo/948?lang=fr&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Itzhak Goldberg&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Le titre de ce texte porte le nom d'une pi&#232;ce visible dans la Salle du Levant, le &lt;i&gt;Jeu de parcours, dit &lt;i&gt;&lt;a href=&#034;http://www.louvre.fr/oeuvre-notices/jeu-de-parcours-dit-jeu-de-58-trous&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;jeu de 58 trous&lt;/a&gt;&lt;/i&gt;, qui est un jeu de course-poursuite le plus souvent attest&#233; pour l'Iran ancien.&lt;/i&gt; Comme en &#201;gypte, les jeux de parcours constituent une offrande fun&#233;raire de choix dans l'Orient ancien. Cette plaque de jeu de 58 trous, en terre cuite peinte, provient de la n&#233;cropole de Tepe Sialk, qui date du d&#233;but du Ier mill&#233;naire av. J.-C. Des liaisons entre les postes entra&#238;nant l'avanc&#233;e ou le recul des pions sont visibles, comme sur le plateau en forme d'hippopotame. Des sillons suppl&#233;mentaires, reliant des points dans deux directions, semblent indiquer ici que les joueurs pouvaient choisir leur chemin et poursuivre des pions adverses.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Infinit&#233;simal </title>
		<link>https://www.liminaire.fr/ecriture/palimpseste/article/infinitesimal</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.liminaire.fr/ecriture/palimpseste/article/infinitesimal</guid>
		<dc:date>2014-04-06T17:30:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Pierre M&#233;nard</dc:creator>


		<dc:subject>Sommeil</dc:subject>
		<dc:subject>&#201;criture</dc:subject>
		<dc:subject>R&#233;cit</dc:subject>
		<dc:subject>Po&#233;sie</dc:subject>
		<dc:subject>Paris</dc:subject>
		<dc:subject>Musique</dc:subject>
		<dc:subject>Corps</dc:subject>
		<dc:subject>R&#234;ve</dc:subject>
		<dc:subject>Biblioth&#232;que</dc:subject>
		<dc:subject>Nuit</dc:subject>
		<dc:subject>Julio Cort&#225;zar</dc:subject>
		<dc:subject>Marseille</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Le texte qui suit a &#233;t&#233; &#233;crit dans le train Paris-Marseille et Marseille-Paris, &#224; l'occasion de ma venue &#224; Marseille pour &#233;voquer Les autonautes de la cosmoroute de Julio Cort&#225;zar aux Bancs Publics dans le cadre du centenaire de sa naissance. &lt;br class='autobr' /&gt;
Ce texte a &#233;t&#233; &#233;crit sp&#233;cialement pour la lecture &#224; laquelle Mathilde Roux m'a invit&#233;e, samedi 5 avril, &#224; 18h30 &#224; Biblioth&#232;que Marguerite Audoux, pour le vernissage de son exposition Territoires des possibles : cartes en calques, d&#233;coupes, (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/ecriture/palimpseste/" rel="directory"&gt;Palimpseste&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/sommeil" rel="tag"&gt;Sommeil&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/ecriture" rel="tag"&gt;&#201;criture&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/recit" rel="tag"&gt;R&#233;cit&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/poesie" rel="tag"&gt;Po&#233;sie&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/paris" rel="tag"&gt;Paris&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/musique" rel="tag"&gt;Musique&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/corps" rel="tag"&gt;Corps&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/reve" rel="tag"&gt;R&#234;ve&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/bibliotheque" rel="tag"&gt;Biblioth&#232;que&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/nuit" rel="tag"&gt;Nuit&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/julio-cortazar" rel="tag"&gt;Julio Cort&#225;zar&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/marseille" rel="tag"&gt;Marseille&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.liminaire.fr/local/cache-vignettes/L150xH100/arton1682-e9386.jpg?1754028174' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='100' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Le texte qui suit a &#233;t&#233; &#233;crit dans le train Paris-Marseille et Marseille-Paris, &#224; l'occasion de ma venue &#224; Marseille pour &#233;voquer &lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;http://liminaire.fr/livre-lecture/article/les-autonautes-de-la-cosmoroute&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;i&gt;Les autonautes de la cosmoroute&lt;/i&gt; de Julio Cort&#225;zar aux &lt;i&gt;Bancs Publics&lt;/i&gt;&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt; dans le cadre du centenaire de sa naissance.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce texte a &#233;t&#233; &#233;crit sp&#233;cialement pour la lecture &#224; laquelle &lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;http://www.mathilderoux.fr/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Mathilde Roux&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt; m'a invit&#233;e, samedi 5 avril, &#224; 18h30 &#224; &lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;https://quefaire.paris.fr/fiche/81475_territoires_des_possibles&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Biblioth&#232;que Marguerite Audoux&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;, pour le vernissage de son exposition &lt;i&gt;Territoires des possibles : cartes en calques, d&#233;coupes, cheminements dans le corps du texte&lt;/i&gt;, en compagnie d'&lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;http://www.auxbordsdesmondes.fr/spip.php?article1904&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Isabelle Pariente-Butterlin&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;, &lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;http://carnetdesdeparts.blogspot.fr/2014/04/territoire-des-possibles.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Virginie Gautier&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;, &lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;http://&#224;peineperdue.fr/spip.php?article457&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Emmanuel Delabranche&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_733 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;64&#034; data-legende-lenx=&#034;xx&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.liminaire.fr/local/cache-vignettes/L500xH334/8999604449_88d92a38a7_z-2-d43e3.jpg?1754028174' width='500' height='334' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;Autoportrait dans l'immeuble du Corbusier, &#224; Marseille en 2013
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Les textes lus lors de cette soir&#233;e sont disponibles sur le site des auteurs (liens ci-dessus). Merci &#224; &lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;http://www.pendantleweekend.net/2014/04/samedi-soir-mediatheque-marguerite-audoux/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Pierre Cohen-Hadria&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt; et &#224; &lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;http://www.auxbordsdesmondes.fr/spip.php?article1905&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Isabelle Pariente-Butterlin&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;, pour leurs retours enthousiastes &#224; la suite de cette soir&#233;e :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; &#192; propos des possibles, Pierre M&#233;nard livre une m&#233;ditation tr&#232;s cart&#233;sienne, du Descartes se retirant &#034;une bonne fois en son po&#234;le pour m&#233;diter&#034;, d'une nuit insomniaque, de ce qu'il advient de nous lorsque le creux de la nuit, silencieuse et vide, nous ram&#232;ne &#224; nous, et il la livre d'une voix si juste pour parler de nous, qu'on a l'impression qu'il parle &#224; chacun d'entre nous, qu'il parle de nous, de ce que nous sommes, &#224; chacun d'entre nous, qu'il parle &#224; chacun d'entre nous de ce que chacun traverse dans l'insomnie jusqu'&#224; se retrouver sur les berges du matin. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce texte &#233;voque une nuit blanche v&#233;cue l'ann&#233;e derni&#232;re, alors en vacances en famille &#224; la &lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;http://www.pension-edelweiss.fr/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Pension Edelweiss&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;, rue Lafayette &#224; Marseille, suite (entre autre) &#224; la &lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;http://www.auxbordsdesmondes.fr/spip.php?mot150&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;lecture de la s&#233;rie des &lt;i&gt;Erased de Kooning Drawing&lt;/i&gt; d'Isabelle Pariente-Butterlin sur l'effacement&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt; :&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_734 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;17&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.liminaire.fr/local/cache-vignettes/L500xH334/9003990015_64f5a8d707_z-2-8962a.jpg?1754028174' width='500' height='334' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;Marseille, 2013
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Je me demande dans quelle langue dormir. C'est une question d'exercice, exercer son &#339;il. Une tentative de mettre au jour et, en m&#234;me temps, de conjurer. Quoi ? Mouvement continu, encha&#238;nements discursifs, mais par constellations, rayonnements de synth&#232;se : une ellipse englobante, vitesse fixe, zones de diffraction. Tissu sonore en extension, flux du temps. Le cycle se referme, recommence.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Rien ne nous pr&#233;pare &#224; une telle &#233;preuve. Pas seulement la lenteur d'une fatigue affreuse, mais l'indiff&#233;rence la plus compl&#232;te &#224; tout danger, pr&#233;sent ou &#233;loign&#233;. Cela surgit sans pr&#233;venir, creuse silencieusement son pernicieux sillon. Il suffit de se coucher avec une id&#233;e ou une image en t&#234;te, une &#233;motion ou une t&#226;che &#224; finir, une seule pens&#233;e suffit, m&#234;me confuse, embryonnaire, qui se devine &#224; peine, comme un corps &#233;tranger s'insinuant en nous subrepticement, un serpent sournois se glissant dans son nid, pour tout d&#233;truire sur son chemin. L'&#233;motion &#224; ses exigences, elle na&#238;t de l'espace, de l'immobilit&#233;, du silence et de l'intensit&#233; de notre regard. M&#234;me une toute petite anecdote &#224; laquelle personne ne pr&#234;te gu&#232;re attention d'habitude, une phrase ou une expression entendues au fil d'une conversation, un souvenir qu'un membre de sa famille vient remettre en question d'un air badin, un film dont aucun souvenir ne s'&#233;tait fix&#233; en nous mais dont visiblement tout indique que nous l'avons d&#233;j&#224; vu. Difficile de redevenir soi-m&#234;me et refaire surface apr&#232;s ces longues journ&#233;es, silencieuses les soir&#233;es, et les nuits sans sommeil. Que faire de ce temps qui d&#233;ferle sur moi ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un caf&#233; bu tardivement, au-del&#224; de l'heure habituelle, un peu plus fort que celui que nous ingurgitons chaque soir pour tenir le choc, lutter conte la fatigue et ne pas nous coucher trop t&#244;t. Toujours du travail. Le triomphe des corps &#233;clate quand il se referme. Une solitude, tout pr&#232;s et puis loin d'elle, tr&#232;s loin et tout pr&#232;s d'elle. Nous ne sommes pas chez nous, en d&#233;placement depuis quelques jours, les objets nous jouent des tours. En passe de devenir l'ultime refuge. Ce qui nous rappelle que nous sommes p&#233;tris d'habitudes auxquelles nous ne pr&#234;tons plus attention et qui construisent notre quotidien, le dirigent malgr&#233; nous, le contraignent. Un acharnement qui, &#224; certains instants, peut para&#238;tre suspect. Du temps passe, immobile. Sur place. Plus rien ne nous relie au monde, souvenirs d'une vie ant&#233;rieure, reflets d'un autre monde.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La fatigue et l'envie de dormir sont parfois trompeurs, ne dissimulant qu'en surface la lave qui sommeille en nous. C'est avec calme que je regarde mon image dans le miroir. Ce qui est &#224; c&#244;t&#233; de moi, c'est comme moi-m&#234;me. Le corps cherche sa position et, tardant &#224; la trouver, baillant jusqu'aux larmes, oblig&#233; de s&#233;cher ses yeux humides d'un revers maladroit de la main. C'est l'indiff&#233;rence qui a dessin&#233; ses propres traces. Le corps se maintient dans une activit&#233; impropre &#224; l'assoupissement, coinc&#233; dans ces mouvements saccad&#233;s, peinant &#224; trouver le calme n&#233;cessaire pour s'endormir. Rien ne m'&#233;chappe, tu comprends ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les gesticulations de notre corps entrav&#233; par les draps qui limitent nos mouvements, nous maintiennent &#224; la surface. Le sommeil est un voyage immobile, similaire &#224; celui que l'on vit dans un train en regardant d&#233;filer les paysages &#224; toute vitesse derri&#232;re la vitre. Cela ressemble plut&#244;t &#224; un torrent rapide et sombre : des visages, des mouvements, des voix, des gestes, des cris, des ombres et de la lumi&#232;re, des atmosph&#232;res, des r&#234;ves, rien de fix&#233;, rien de vraiment tangible que l'instantan&#233; des apparences. L'immobilit&#233; de notre corps, son calme et la distance qui nous s&#233;pare avec ce que l'on observe. Un r&#234;ve, une nostalgie ou peut-&#234;tre un espoir ? Le mieux c'est de commencer tout de suite. Tout prend lointain, calme, parfois un peu d&#233;sertique. Comme dans les r&#234;ves.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ses r&#234;ves qui tourmentent par intervalles. Fureur contenue. Sur place. Pas la moindre id&#233;e du monde qui nous entoure, encercle. Tout est lourdeur. Corps, visage, bouche, regard. Est-ce que l'on peut dispara&#238;tre pour revenir &#224; soi, effacer ce que l'on a fait jusqu'&#224; pr&#233;sent pour d&#233;marrer une nouvelle vie ? Et cette id&#233;e fixe qui revient sans cesse, en t&#234;te. Justement on ne parvient pas &#224; la fixer, &#224; en figer l'id&#233;e principale, pour passer enfin &#224; autre chose. L'effacement est d&#233;j&#224; quotidien, il s'op&#232;re automatiquement. Il faudrait tourner la page, fermer les yeux, changer de sujet. L&#224;, impossible, &#231;a revient, ce n'est jamais vraiment parti, tourne en rond, en circuit ferm&#233;, les mots identiques, rien &#224; quoi se raccrocher vraiment, s'effacent et apparaissent dans le m&#234;me mouvement. Repartir &#224; z&#233;ro, impossible, tout effacer non plus, rena&#238;tre ? Cela se fait chaque jour, chaque nuit. Nos pens&#233;es en boucle, certaines plus pr&#233;sentes que d'autres. L'impression de bouger, d'avancer, mais en fait non. Voyage immobile. Son onde de choc. Il faut se m&#233;fier des grandes d&#233;clarations, des effets de manches, des bons mots qui sonnent creux comme les slogans une fois qu'on a d&#233;cel&#233; le sens de leur message. Au ralenti, au travail. Rien n'avance. L'objet &#224; vendre, la pens&#233;e que l'on veut nous imposer. Sur place, m&#234;me l'impression passag&#232;re sans doute, que cela ne passe pas. Roue libre. Le chemin tout trac&#233; que l'on veut nous faire suivre. Ce matin, sur le chemin. C'est au quotidien que nous sommes h&#233;ro&#239;ques, &#231;a ne pr&#233;vient pas quand &#231;a arrive, &#231;a vient de loin. Nous sommes nous-m&#234;mes, en construction, incessante &#233;volution.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour effacer, il faut sortir de soi. Les yeux br&#251;l&#233;s par l'insomnie et la souffrance retenue. Couch&#233; depuis une heure ou deux, lutter contre l'agitation. Il faudrait se lever, bouger, s'asseoir sur une chaise, feuilleter un livre. Parvenir &#224; savoir ce que l'on veut garder et ce que l'on veut supprimer, alors que ce que nous construisons, chaque jour patiemment, c'est justement cette connaissance de soi. Ce qui compte, c'est de donner sa pleine mesure. L&#233;g&#232;res inflexions, modestes modifications, erreurs, errements et sursauts de justesse. Rester longuement pr&#232;s de la fen&#234;tre dont les vitres sont recouvertes d'une l&#233;g&#232;re bu&#233;e et de gouttes de pluie, image floue du jardin derri&#232;re la fen&#234;tre. Notre vie est un parcours chaotique qui dessine avec le temps le portrait de celui que nous avons &#233;t&#233;. Le corps se raidit dans une tension tenace. Dans l'impossibilit&#233; de poursuivre. Dans un m&#234;me mouvement, lent, patient parcours d'une vie. Je ne me sens pas si seul dans l'obscurit&#233;. Se coucher dans son lit, sur le c&#244;t&#233;, la douleur est moins vive.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces id&#233;es tournent dans ma t&#234;te avec l'insistance et la r&#233;gularit&#233; du rythme sanguin qui bat &#224; mes tempes comme un inconnu &#224; ma porte. Espace contraint, souvenir ferm&#233; sur lui-m&#234;me, autonome. En boucle, je fais tourner ces id&#233;es, les inspecte sous tous les angles, mais elles m'accaparent et me d&#233;tournent du sommeil. Leur ritournelle prend des airs d'&#233;vidences flatteuses qui s'imposent persuasives. Je m'accroche &#224; elles comme si la v&#233;rit&#233; de leurs sentences pouvait tout expliquer, tout exprimer, sans me rendre compte que plus je tente de leur donner forme en les r&#233;citant pour mieux les comprendre et m'en souvenir, plus c'est l'effet contraire qui se produit, elles effacent mes capacit&#233;s &#224; les retenir, je r&#233;p&#232;te leur m&#233;lodie tel un mantra dont le sens m'&#233;chappe et dont seul l'ent&#234;tante m&#233;lodie s'inscrit durablement en moi. En lettres majuscules.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Vivez encore un peu et vous vivrez toujours. Mauvais r&#234;ves. Mais demain est un nouveau jour. L'information n'est pas &#233;ternelle. Elle vit tant qu'elle est pertinente et importante. L'oubli a du bon. Le pass&#233; est aujourd'hui. Et puis tout s'acc&#233;l&#232;re &#224; nouveau, constants cliquetis, cris essouffl&#233;s et r&#233;p&#233;t&#233;s, au bout du rouleau. Ne plus cacher les machines, mais au contraire, rendre les limites, les fronti&#232;res, les incertitudes visibles. Cet imperceptible mouvement de la lumi&#232;re torche qui touche maintenant l'extr&#233;mit&#233; des branches les plus basses. Je rebats les oreilles de mes chiens avec des rumeurs. Et vous, &#231;a va depuis hier ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les obstacles furent certainement nombreux et le combat difficile. Morceaux de miroirs, de r&#233;troviseurs. Rares trouvailles et sombres soubresauts. Ponctuant son silence de brefs mouvements d'approbation, se levant, sans l&#226;cher le r&#233;cepteur, s'approchant de la fen&#234;tre. En appuyant ici sur le sens du mot pr&#233;sent. Maintenant configuration diff&#233;rente, les d&#233;comptes, les relev&#233;s, les bilans s'&#233;tablissent par espace autonome.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;S'asseoir sur le grand fauteuil au milieu de la pi&#232;ce transform&#233;e en chambre, dans la p&#233;nombre, au milieu de la nuit. Je n'ai pas envie de perdre la raison. R&#233;veill&#233;, r&#233;fl&#233;chissant, agit&#233;, persuad&#233; qu'il ne peut rien sortir de bon de cet &#233;chauffement, qu'une fi&#232;vre passag&#232;re et des lambeaux de pens&#233;es difficiles &#224; d&#233;chiffrer, quand au matin, &#233;puis&#233;, il faudra se lever pour partir se promener en ville en famille. Il ne nous arrivera rien. La fatigue, seul souvenir de cette nuit blanche, blanche. Tout cela n'est qu'un r&#234;ve qu'il faut laisser derri&#232;re soi pour qu'il ne se m&#234;le pas aux bruits de la rue, aux visages des amis. Blanche comme la page sur laquelle j'&#233;cris aujourd'hui. Oui, il y a de l'espoir. Mais pas pour nous.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La po&#233;sie est battement du sens.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les mots me viennent dans le d&#233;sordre, jamais directement, de mani&#232;re fluide. Puis le calme revient. J'ai appris &#224; d&#233;construire mon &#233;criture, &#224; me m&#233;fier de ce qui vient naturellement. Apr&#232;s ces combats &#233;tranges qui se d&#233;roulent &#224; distance sur les cr&#234;tes, &#224; l'abri des pierres assembl&#233;es, des bouches b&#233;antes d'hommes dans leur respiration nocturne. J'utilise la mati&#232;re des textes des autres, leur emprunte des fragments, pour les copier et les coller les uns aux autres. Mille empreintes nouvelles, et sous des formes toujours vari&#233;es, demeure toujours la m&#234;me. Pour mettre en &#233;vidence un rythme, des ruptures et des liaisons in&#233;dites. Perception d'une pr&#233;sence. Respiration pr&#233;cise qui s'&#233;chappe en courants calmes et r&#233;guliers. Le texte s'&#233;crit en marge, dans les interstices et les blancs du r&#233;cit. Les mains dans les poches de derri&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La nuit ne fabrique que de la nuit. L'&#233;cho r&#233;p&#233;t&#233; d'un bruit lointain, ind&#233;chiffrable, m&#234;l&#233; aux sir&#232;nes d&#233;form&#233;es par le vent, courant d'air qui glisse d'un tuyau, la musique reprend ses droits dans notre paysage, progressivement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le temps suspendu, ralenti, d&#233;pli&#233;, tourne en spirales. Ces mots n'ont pas de prix. Ni traces retir&#233;es. Jeux sensoriels sur la perception du temps. &#201;claire demain fruit du sommeil. Exp&#233;rience du d&#233;roulement : se fixer sur un moment pr&#233;sent pour acc&#233;der, par strates, &#224; une perception plus profonde. Ma r&#233;action est disproportionn&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le temps tranche l'&#233;ternit&#233;. Respiration. Je finirai par m'endormir. Le temps suspendu. Tout m'&#233;tait donn&#233;, encore une fois. Je le v&#233;rifie tous les jours. Tu pourras lire si tu veux. Le bruit brouille tout. Le sentiment, mission accomplie. Un bonheur, un soulagement immense.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Enfin endormi, la lumi&#232;re du soleil tremble pendant quelques instants sur le lit o&#249; je repose, recroquevill&#233;, les mains ouvertes. Mon corps parcouru de temps en temps par un frisson, presque un sanglot.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La respiration profonde fait peur, la bouche ouverte comme si j'allais &#233;touffer, le pouls &#224; peine sensible. Les yeux s'entrouvrent, je bredouille quelques mots.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au matin rien n'a chang&#233;, nous si.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_3845 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.liminaire.fr/local/cache-vignettes/L500xH335/13631071723_a7b9f44fc7_z-b580a-9acba.jpg?1739541053' width='500' height='335' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Ce texte s'inscrit dans un tout r&#233;cent projet que je souhaite mener autour du &lt;strong&gt;dernier album de &lt;a href=&#034;http://www.subrosa.net/en/catalogue/new-series-framework/new-series-framework-18---berangere-maximin.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;B&#233;rang&#232;re Maximin, &lt;i&gt;Infinit&#233;simal&lt;/i&gt;&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J'ai rencontr&#233; &lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;http://www.berangeremaximin.com&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;B&#233;rang&#232;re Maximin&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt; l'ann&#233;e derni&#232;re, compositrice de musique &#233;lectroacoustique, auteur de trois albums, dans le cadre du &lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;http://liminaire.fr/liminaire/article/les-lignes-de-desir-installation&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;festival &lt;i&gt;Les chemins &#233;lectroniques&lt;/a&gt;&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt; auquel nous participions tous les deux. Je connaissais son travail, j'avais &#233;cout&#233; ses disques, mais j'ai eu l'occasion de l'&#233;couter en concert l&#224;-bas et ce fut une r&#233;v&#233;lation. Nous avons eu l'occasion d'&#233;changer longuement &#224; la suite de nos interventions r&#233;ciproques et j'ai d&#233;couvert une artiste &lt;i&gt;&#224; l'&#233;coute&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_3764 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.liminaire.fr/local/cache-vignettes/L500xH385/artoff871-f232f.jpg?1739529098' width='500' height='385' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt; &lt;p&gt;Les vibrations d'&lt;i&gt;Infinit&#233;simal&lt;/i&gt; nous enveloppent comme une brume, pour nous faire partager les &#233;motions qui s'expriment. Renaissance, bouleversement. Et l'oreille capte la moindre variation, le plus petit changement sonore.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La forme de mon texte reprendra la structure de sa composition, en cinq parties, dont la dur&#233;e de lecture sera la m&#234;me que celle des diff&#233;rents mouvements de l'album. De m&#234;me, le principe d'&#233;criture, fera &#233;cho &#224; l'approche &#233;lectroacoustique de &lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;http://berangeremaximin.bandcamp.com&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;B&#233;rang&#232;re Maximin&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt; : &#171; G&#233;n&#233;ralement, dit-elle, tout part d'une s&#233;quence enregistr&#233;e en ext&#233;rieur au microphone ou d'une session de transformation en studio, une s&#233;quence que j'ai envie d'&#233;couter en boucle et qui me procure un certain plaisir obsessionnel, si j'ose dire. Cette s&#233;quence, &#224; force de l'entendre, me fait imaginer d'autres sons/textures qui viennent en contrepoint. Autrement dit, ce serait d'abord comme quand on siffle un air avec &#233;motion, on le ralentit et on le d&#233;forme en le r&#233;p&#233;tant. Ensuite, le d&#233;veloppement de la base se fait par de nombreux aller-retour du faire &#224; l'entendre, &#224; l'instinct. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_3846 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.liminaire.fr/local/cache-vignettes/L419xH378/a3978143098_10-08ff0-946e4.jpg?1739541053' width='419' height='378' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Son approche musicale rejoint ma pratique po&#233;tique. &#192; partir d'un texte pr&#233;existant, dans lequel je s&#233;lectionne un ensemble de mots, de phrases, de fa&#231;on impr&#233;vue, en cherchant autre chose, voire rien de particulier, dans une approche issue d'une d&#233;marche heuristique qu'on appelle s&#233;rendipit&#233;, je tente de faire affleurer des histoires en filigrane, morceaux d'un roman, r&#233;cits &#224; demi-mot, microfictions, nouvelles en devenir. Une succession d'instantan&#233;s qui scintillent, en vrac. J'invente des liaisons nouvelles, in&#233;dites, entre ces mots choisis dans ce corpus dont je me suis impos&#233; le rythme de prises et l'ampleur du tamis. Les tableaux fissur&#233;s se refont ailleurs. Et les sc&#232;nes enfuies le sont dans le mouvement qui les tisse.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Sa musique &#233;voque des images, &#233;crit &lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;http://www.loreilleabsolue.com/article/15-_B%C3%A9rang%C3%A8re_Maximin_et_ses_sir%C3%A8nes_extraterrestres&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Jacques Serena dans la revue &lt;i&gt;L'oreille absolue&lt;/i&gt;&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;, j'en r&#233;ponds, des mondes aux &#233;tranges beaut&#233;s. Et la beaut&#233; n'est pas seulement dans ces images &#233;voqu&#233;es, bien s&#251;r que non, elle est aussi, elle est &#233;videmment surtout, dans la fa&#231;on de les &#233;voquer, le langage cr&#233;&#233; pour. Pour ce que j'en sais, j'ai aim&#233; y retrouver l'&#233;cho de quelques bruits al&#233;atoires comme les aimait Stockhausen. Imaginer l'usage d'objets d&#233;tourn&#233;s de leur fonction, ces sons d'ustensiles qui, lib&#233;r&#233;s de leur c&#244;t&#233; utilitaire, ont pu &#234;tre reconsid&#233;r&#233;s en tant qu'eux-m&#234;mes. Cette affection qu'ont les artistes de ce genre pour les choses d&#233;saffect&#233;es. Et le fait est que les auditeurs dans mon genre trouvent beaux ces sons, et les &#233;motions qu'ils procurent. Je dis beau, qu'est-ce &#224; dire, on a dit beau, on n'a rien dit. On pense &#224; ces usagers &#224; la t&#233;l&#233; qui rab&#226;chent tous, &#224; chaque fois qu'on leur colle un micro sous le nez, qu'il n'y a pas les mots. Pour le coup, on leur donnerait presque raison. Les mots, j'ai d&#251; aller les chercher chez les Japonais, pour tenter de dire par quelles gammes de beaut&#233;s on passe en &#233;coutant la musique de B&#233;rang&#232;re. &lt;i&gt;Kuwashi&lt;/i&gt;, le beau de ce qui est fin, raffin&#233;, d&#233;taill&#233;. &lt;i&gt;Kiyushi,&lt;/i&gt; le beau &#224; travers la puret&#233;, exempt de souillure, rien de nuisible, du vierge, o&#249; le moindre objet, son, mouvement se d&#233;tache dans toute sa richesse. Et aussi &lt;i&gt;Utsukushi&lt;/i&gt;, mon pr&#233;f&#233;r&#233;, le beau qui contient une dimension affective, que l'on pourrait, en gros, traduire par l'&#233;mouvante intimit&#233; des choses. &#187;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Les autonautes de la cosmoroute</title>
		<link>https://www.liminaire.fr/creation/livre-lecture/article/les-autonautes-de-la-cosmoroute</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.liminaire.fr/creation/livre-lecture/article/les-autonautes-de-la-cosmoroute</guid>
		<dc:date>2014-04-02T07:30:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Pierre M&#233;nard</dc:creator>


		<dc:subject>&#201;criture</dc:subject>
		<dc:subject>R&#233;cit</dc:subject>
		<dc:subject>Photographie</dc:subject>
		<dc:subject>Lecture</dc:subject>
		<dc:subject>Biographie</dc:subject>
		<dc:subject>D&#233;rive</dc:subject>
		<dc:subject>Livre</dc:subject>
		<dc:subject>Fran&#231;ois Bon</dc:subject>
		<dc:subject>Anne Savelli</dc:subject>
		<dc:subject>Vid&#233;o</dc:subject>
		<dc:subject>Art</dc:subject>
		<dc:subject>Cin&#233;ma</dc:subject>
		<dc:subject>Julio Cort&#225;zar</dc:subject>
		<dc:subject>Jean-Luc Godard</dc:subject>
		<dc:subject>Laisse venir</dc:subject>
		<dc:subject>Marseille</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Invit&#233; par Pascal Jourdana de la Villa Marelle &#224; participer au Colloque Pour Cort&#225;zar qui se d&#233;roule en 2014 &#224; Marseille, Fontevraud et Paris, sous la direction scientifique de Sylvie Protin, j'interviens, le vendredi 4 avril &#224; 10h. aux Bancs Publics, pour la table ronde sur Les Autonautes de la cosmoroute : un espace dilat&#233;, avec Roberto Ferrucci (qui a r&#233;dig&#233; un article passionnant pour la sortie italienne du livre), et St&#233;phane Hebert, fils de Carol Dunlop, et auteur (alors enfant) des (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/creation/livre-lecture/" rel="directory"&gt;Livre &amp; lecture&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/ecriture" rel="tag"&gt;&#201;criture&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/recit" rel="tag"&gt;R&#233;cit&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/photographie" rel="tag"&gt;Photographie&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/lecture" rel="tag"&gt;Lecture&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/biographie" rel="tag"&gt;Biographie&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/derive" rel="tag"&gt;D&#233;rive&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/livre" rel="tag"&gt;Livre&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/francois-bon" rel="tag"&gt;Fran&#231;ois Bon&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/anne-savelli" rel="tag"&gt;Anne Savelli&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/video" rel="tag"&gt;Vid&#233;o&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/art" rel="tag"&gt;Art&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/cinema" rel="tag"&gt;Cin&#233;ma&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/julio-cortazar" rel="tag"&gt;Julio Cort&#225;zar&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/jean-luc-godard" rel="tag"&gt;Jean-Luc Godard&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/laisse-venir" rel="tag"&gt;Laisse venir&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/marseille" rel="tag"&gt;Marseille&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.liminaire.fr/local/cache-vignettes/L150xH120/arton1681-83d45.jpg?1748935031' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='120' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Invit&#233; par Pascal Jourdana de la &lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;http://villa-lamarelle.fr/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Villa Marelle&lt;/i&gt;&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt; &#224; participer au Colloque &lt;i&gt;Pour Cort&#225;zar&lt;/i&gt; qui se d&#233;roule en 2014 &#224; Marseille, Fontevraud et Paris, sous la direction scientifique de Sylvie Protin, j'interviens, le vendredi 4 avril &#224; 10h. aux &lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;http://www.lesbancspublics.com/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Bancs Publics&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;, pour la table ronde sur &lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;http://www.lesbancspublics.com/pour-cortazar/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;i&gt;Les Autonautes de la cosmoroute&lt;/i&gt; : un espace dilat&#233;&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;, avec &lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;http://www.robertoferrucci.com/wordpress/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Roberto Ferrucci&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt; (qui a r&#233;dig&#233; un &lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;http://www.robertoferrucci.com/wordpress/2013/02/13/cortazar-oggi/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;article passionnant&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt; pour la sortie italienne du livre), et St&#233;phane Hebert, fils de Carol Dunlop, et auteur (alors enfant) des dessins du livre.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_1817 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;100&#034; data-legende-lenx=&#034;xx&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.liminaire.fr/local/cache-vignettes/L500xH354/cortazarautonaute-f7c0c.jpg?1748935031' width='500' height='354' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;Julio Cort&#225;zar sur l'autroute du soleil pour l'&#233;criture du livre &#034;Les autonautes de la cosmoroute&#034;
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Julio Cort&#225;zar, dont nous f&#234;tons cette ann&#233;e le centenaire de la naissance, est n&#233; en 1914 &#224; Bruxelles en Belgique, et mort &#224; Paris, rue Martel, dans le 10&#232;me arrondissement, en 1984, apr&#232;s avoir &#233;migr&#233; en France en 1951 et avoir &#233;t&#233; naturalis&#233; fran&#231;ais trente ans plus tard.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour l'occasion, les &#233;ditions Gallimard r&#233;&#233;dite le recueil de nouvelles &lt;i&gt;Fa&#231;ons de perdre&lt;/i&gt;, traduit par Laure Bataillon, et &lt;i&gt;Les Autonautes de la cosmoroute&lt;/i&gt; ou &lt;i&gt;Un voyage intemporel Paris-Marseille&lt;/i&gt;, &#233;crit en 1983 par Julio Cort&#225;zar et sa derni&#232;re compagne, l'&#233;crivaine et photographe am&#233;ricaine Carol Dunlop.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_1818 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;73&#034; data-legende-lenx=&#034;xx&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.liminaire.fr/local/cache-vignettes/L400xH237/cortazarcaroldunlop-8a320.jpg?1739529834' width='400' height='237' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;En mai 1982, Julio Cort&#225;zar et Carol Dunlop prennent l'autoroute du Sud
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Un jour de mai 1982, Julio Cort&#225;zar et Carol Dunlop prennent l'autoroute du Sud en direction de Marseille. C'est le d&#233;but d'une aventure et d'un jeu merveilleux, &#224; la limite de la l&#233;galit&#233;, qui se d&#233;roulent pendant trente-deux jours sur l'A6.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_1819 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;117&#034; data-legende-lenx=&#034;xx&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.liminaire.fr/local/cache-vignettes/L500xH645/aire-de-villiers-les-autonautes-de-la-cosmoroute-p45-2-50a7b.jpg?1739529834' width='500' height='645' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;St&#233;phane Hebert, fils de Carol Dunlop, auteur (alors enfant) des dessins du livre &#034;Les autonautes de la cosmoroute&#034;
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Les deux explorateurs de l'autoroute &#224; bord de leur vieux combi Volkswagen rebaptis&#233; &lt;i&gt;Fafner&lt;/i&gt;, en hommage au l&#233;gendaire dragon de Wagner, tiennent un journal de bord d&#233;taill&#233; o&#249; ils d&#233;crivent non seulement tous les al&#233;as de leur p&#233;riple Paris-Marseille, depuis la faune, la flore des aires de parking jusqu'aux toilettes pour dames en passant par ces &#171; renforts gastronomiques et moraux commun&#233;ment appel&#233;s restaurants. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_1820 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;66&#034; data-legende-lenx=&#034;xx&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.liminaire.fr/local/cache-vignettes/L500xH400/airedereposdelaferteyhippopotamus-a40e8.jpg?1739529834' width='500' height='400' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;Restaurant de l'aire de La Fert&#233; sur l'A6 via Google Street View
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Mais aussi tous les pi&#232;ges et les menaces les plus abominables auxquels ils doivent faire face : sorci&#232;res, gendarmes, agents secrets...&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_1821 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;53&#034; data-legende-lenx=&#034;x&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.liminaire.fr/local/cache-vignettes/L500xH400/airedereposdetricastin-dfcf8.jpg?1739529834' width='500' height='400' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;Aire e repos de Tricastin, sur l'A6 via Street View
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Camions sinistres d'origine inconnue qui les doublent dangereusement et essaient de les &#233;craser.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_1822 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;71&#034; data-legende-lenx=&#034;xx&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.liminaire.fr/local/cache-vignettes/L500xH400/airedereposdelanc_onprovence1-459df.jpg?1739529834' width='500' height='400' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;Camion hommage &#224; Fafner sur l'aire de repos de l'A6 &#224; Lan&#231;on-Provence
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Comme souvent chez Cort&#225;zar, les fronti&#232;res entre r&#234;ve et r&#233;alit&#233; s'effacent graduellement au cours de ce voyage inattendu et po&#233;tique, qui devient au fil des pages une c&#233;l&#233;bration sans fin de la vie.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_1823 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;63&#034; data-legende-lenx=&#034;x&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.liminaire.fr/local/cache-vignettes/L500xH400/airedereposduboismoreau-c8b0f.jpg?1739529834' width='500' height='400' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;Aire de repos du Bois Moreau, sur l'A6 via Google Street View
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Mais cette histoire d&#233;bute quelques ann&#233;es plus t&#244;t, lorsque Cort&#225;zar, dans sa nouvelle &lt;i&gt;L'autoroute du sud&lt;/i&gt;, d&#233;crit un myst&#233;rieux incident qui bloque un dimanche la circulation sur l'autoroute. Les heures, les jours passent. Peu &#224; peu, une subtile confusion s'&#233;tablit ; en fonction du caract&#232;re de chacun et de la personnalit&#233; m&#234;me de leurs voitures, les r&#244;les se distribuent. Le plus &#233;trange est que tout cela para&#238;t normal.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_1824 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;53&#034; data-legende-lenx=&#034;x&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.liminaire.fr/local/cache-vignettes/L500xH400/airedereposdelabiche1-60a08.jpg?1739529834' width='500' height='400' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;Aire de repose de la Biche sur l'A6 via Street View
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&#171; La colonne se remettait en marche, lentement d'abord puis comme si l'autoroute &#233;tait d&#233;finitivement libre. &#192; la gauche de la 404 &#233;tait revenue une Taunus et 404 eut un instant l'impression que le groupe se recomposait, que tout rentrait dans l'ordre, qu'on pouvait aller de l'avant sans rien d&#233;faire. Mais c'&#233;tait une Taunus verte et, au volant, il y avait une femme &#224; lunettes noires qui regardait fixement devant elle. On &#233;tait bien oblig&#233; de s'abandonner au flot, de s'adapter m&#233;caniquement &#224; la vitesse des voitures qui vous entouraient, de ne pas penser. Sa veste en cuir devait &#234;tre dans la voiture du soldat. Taunus avait le roman qu'il avait lu les premiers jours. Son flacon de lavande &#224; demi plein dans la voiture des religieuses. Et lui, il avait l&#224;, et le touchait de temps en temps, le petit ours de feutre que Dauphine lui avait offert comme mascotte. Absurdement, il s'accrocha &#224; l'id&#233;e qu'&#224; neuf heures et demie on distribuerait les rations de nourriture, il faudrait voir les malades, examiner la situation avec Taunus et le paysan de l'Ariane ; puis viendrait la nuit, et Dauphine, ouvrant avec pr&#233;caution sa porti&#232;re, les &#233;toiles ou les nuages, la vie. Oui, il fallait que ce soit comme &#231;a, ce n'&#233;tait pas possible que tout soit fini pour toujours. Peut-&#234;tre le soldat se serait-il procur&#233; une ration d'eau suppl&#233;mentaire, elle avait bien diminu&#233; les derniers temps ; de toute fa&#231;on, on pouvait compter sur Porsche &#224; condition d'y mettre le prix. Et sur l'antenne de sa radio flottait follement le petit drapeau &#224; croix rouge et l'on roulait &#224; quatre-vingts &#224; l'heure vers les lumi&#232;res qui se rapprochaient peu &#224; peu, sans que l'on sache bien pourquoi tant de h&#226;te, pourquoi cette course dans la nuit entre autos qui ne se connaissaient pas, o&#249; personne ne savait rien des autres, o&#249; tout le monde regardait fixement de l'avant, exclusivement de l'avant. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans la sc&#232;ne de l'embouteillage au d&#233;but de son film &lt;i&gt;Week-end&lt;/i&gt;, Jean-Luc Godard ne garde que la trame narrative et le travelling de la nouvelle de Julio Cort&#225;zar, et c'est surtout dans sa construction antinarrative qu'il se rapproche le plus de l'univers de l'auteur de &lt;i&gt;Marelle&lt;/i&gt; : ce n'est pas l'histoire que l'on raconte qui importe, mais les d&#233;tours que l'on emprunte, les circonvolutions que l'on invente autour de l'histoire qui permettent d'en &#233;laborer le r&#233;cit au fil de son &#233;criture, dans son mouvement. &lt;br&gt;
&lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;center&gt;&lt;iframe width=&#034;640&#034; height=&#034;480&#034; src=&#034;//www.youtube.com/embed/BySdtZWDCwI?rel=0&#034; frameborder=&#034;0&#034; allowfullscreen&gt; &lt;/iframe&gt;&lt;/center&gt; &lt;p&gt;&lt;br&gt;
&lt;br&gt;
Dans &lt;i&gt;Les Autonautes de la cosmoroute&lt;/i&gt; Cort&#225;zar &#233;voque &#224; plusieurs reprises les films de &lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;http://fr.wikipedia.org/wiki/Werner_Herzog&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Werner Herzog&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;, mais c'est surtout &#224; son &lt;i&gt;carnet de route&lt;/i&gt; que je pense : &lt;i&gt;Sur le chemin des glaces&lt;/i&gt;. En novembre 1974, Werner Herzog apprend que son amie &lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;http://fr.wikipedia.org/wiki/Lotte_H._Eisner&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Lotte Eisner&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;, critique et historienne du cin&#233;ma allemand, est tr&#232;s malade, on craint pour ses jours.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Je me mis en route pour Paris par le plus court chemin, avec la certitude qu'elle vivrait si j'allais &#224; elle &#224; pied. Et puis, j'avais envie de me retrouver seul. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; travers cette marche de Munich &#224; Paris qui anime de bout en bout le r&#233;cit, Herzog nous r&#233;apprend &#224; voir ce sur quoi notre &#339;il glisse, indiff&#233;rent. Tout ici est mouvement : chemins, fleuve, oiseaux, arbres, pluie, neige. Reportage mais aussi t&#233;moignage d'un homme qui nous fait partager tour &#224; tour ses moments d'exaltation, d'&#233;puisement, de pl&#233;nitude. C'est un geste de chevalerie, un acte fou dict&#233; par l'amiti&#233; qui fait &#233;cho au voyage intemporel de Julio et Carol et qui s'inscrit &#224; jamais dans le temps d'un livre, sous l forme d'une d&#233;claration d'amour.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_1825 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;55&#034; data-legende-lenx=&#034;x&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.liminaire.fr/local/cache-vignettes/L500xH400/airedereposdelarepotte3-20494.jpg?1739529834' width='500' height='400' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;Aire de repos de la Repotte, sur l'A6 via Street View
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;L'ann&#233;e derni&#232;re &lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;http://www.tierslivre.net/spip/spip.php?article3772&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Fran&#231;ois Bon a dress&#233; l'inventaire de ses livres&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;, &lt;i&gt;Les autonautes de la cosmoroute&lt;/i&gt; y figure en bonne place.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Si j'ai achet&#233; &lt;i&gt;Les autonautes de la cosmoroute&lt;/i&gt;, c'&#233;tait clairement &#224; cause des &lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;http://librairie.publie.net/fr/ebook/9782814501775/autoroute&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;autoroutes&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt; et des &lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;http://librairie.publie.net/fr/ebook/9782814501386/en-voiture-ecritures-automobiles&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;voitures&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;. Et, d&#232;s le livre aval&#233;, cet immense silence qui fait qu'on reste avec le livre &#224; la main referm&#233;, les yeux dans le vide, et que cette immobilisation int&#233;rieure se prolonge m&#234;me longtemps, des jours et des jours (ou m&#234;me des ann&#233;es, ou m&#234;me jusqu'&#224; maintenant) alors qu'on a repris l'activit&#233; habituelle. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_1826 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;61&#034; data-legende-lenx=&#034;x&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.liminaire.fr/local/cache-vignettes/L500xH400/airedereposdhervau2-217d9.jpg?1739529834' width='500' height='400' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;Aire de repos d'Hervau, sur l'autoroute A6, via Street View
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Ainsi, dans ces 34 jours que Julio Cort&#225;zar et Carol Dunlop mettent &#224; rejoindre Marseille depuis Paris, par l'autoroute juste ouverte dans son int&#233;gralit&#233;, avec la contrainte de s'arr&#234;ter &#224; un parking pour y d&#233;jeuner, un autre pour y dormir, sans en passer aucun, et se faisant ravitailler une fois &#224; mi-parcours, dans la lenteur des poses d&#233;ployant sur table de camping la machine &#224; &#233;crire ou le carnet &#224; dessin.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais pouvions-nous comprendre, sinon quelques mois plus tard, qu'eux deux se savaient malades, et que cet enfermement dans la trajectoire et le mouvement lin&#233;aire ind&#233;fini de l'autoroute &#233;tait la fa&#231;on la plus privil&#233;gi&#233;e de trouver un lieu hors du monde, sans signe, sans attache ? Passer au cimeti&#232;re Montparnasse, o&#249; tant de jeunes sud-am&#233;ricains viennent poser un petit gravier blanc, et comparer les deux dates de d&#233;c&#232;s &#224; celle du dernier voyage. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_1827 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;89&#034; data-legende-lenx=&#034;xx&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.liminaire.fr/local/cache-vignettes/L500xH334/10249088155_b84c13d325-2-cbcab.jpg?1739529834' width='500' height='334' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;Tombe de Carol Dunlop et Julio Cort&#225;zar au cimeti&#232;re du Montparnasse, par Pierre M&#233;nard
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Dans son livre &lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;http://librairie.publie.net/fr/ebook/9782814501775/autoroute&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Autoroute, &#233;dit&#233; en num&#233;rique sur Publie.net&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;, Fran&#231;ois Bon envoie une voiture imaginaire, avec un type qui filme et un autre qui &#233;crit. &#171; Tous les paysages d&#233;crits sont r&#233;els, &#233;crit-il &lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;http://www.tierslivre.net/spip/spip.php?article1454&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;sur son site&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;, minutieusement reconstruits, mais d'apr&#232;s les photos les plus arch&#233;typiques d&#233;coup&#233;es dans France-Routes. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;http://liminaire.fr/au-lieu-de-se-souvenir-16/article/laisse-venir&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;i&gt;Laisse-venir&lt;/i&gt; est le r&#233;cit d'un trajet Paris-Marseille&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;, d'abord virtuel, comportant dix &#233;tapes li&#233;es &#224; des lieux d'enfance ou &#224; l'histoire personnelle de chacun. Ce projet, dont l'id&#233;e m'a bien &#233;videmment &#233;t&#233; inspir&#233;e par la lecture du livre de Julio Cort&#225;zar &lt;i&gt;Les Autonautes de la cosmoroute&lt;/i&gt;, a commenc&#233; &#224; prendre forme en mai 2012 lors de ma venue pour une r&#233;sidence d'&#233;criture avec Anne Savelli &#224; la &lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;http://www.lafriche.org/friche/zdyn1/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Friche Belle de Mai&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;. Une approche de la ville tout en d&#233;tours et cheminements, apr&#232;s en avoir r&#234;v&#233; tous deux l'acc&#232;s. Deux parcours fictifs donc, avec des textes et des images de &lt;i&gt;Google Street View&lt;/i&gt; associ&#233;es aux lieux choisis. Puis le voyage a &#233;t&#233; &#171; &#233;prouv&#233; &#187; r&#233;ellement dans un train. Un processus d'&#233;criture complexe : plusieurs voix, divers modes d'expression (texte et image), plusieurs niveaux de r&#233;alit&#233;, plusieurs m&#233;dias (twitter, les blogs et sites des auteurs et bient&#244;t un livre num&#233;rique), plusieurs temporalit&#233;s (&#233;volution de la simultan&#233;it&#233; de l'exp&#233;rience v&#233;cu et de l'&#233;criture &#224; un travail &#233;ditorial sur une cr&#233;ation finie). Une cr&#233;ation litt&#233;raire num&#233;rique multidimensionnelle, peut-&#234;tre la plus &#224; m&#234;me de transcrire &#171; les interstices de la vie &#187; et de cerner au mieux la complexit&#233; cach&#233;e du quotidien.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Laisse venir&lt;/i&gt; est un texte d'&lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;http://fenetresopenspace.blogspot.fr/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Anne Savelli&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt; et Pierre M&#233;nard, &#224; para&#238;tre cette ann&#233;e, dans une co-&#233;dition des &lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;http://www.becair.com/accueil.php&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&#233;ditions du Bec en l'air&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt; et de &lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;http://villa-lamarelle.fr/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;la Marelle&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_1828 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;73&#034; data-legende-lenx=&#034;xx&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.liminaire.fr/local/cache-vignettes/L500xH400/airedereposdelarepotte-de797.jpg?1739529834' width='500' height='400' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;Aire de repos de la Repotte, sur l'autoroute A6, sur Google Street View
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;On comprend lentement que ce voyage Paris-Marseille en fait est un adieu au monde, ce que Julio Cort&#225;zar, qui mourra peu de temps apr&#232;s sa femme, explique avec &#233;motion dans le post-scriptum du livre :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Tout comme je lui dois le meilleur de mes derni&#232;res ann&#233;es, je lui dois de finir seul ce r&#233;cit. Je sais bien Oursine, que tu aurais fait la m&#234;me chose si c'&#233;tait moi qui avais d&#251; partir le premier et je sais que ta main &#233;crit, unie &#224; la mienne, ces derniers mots o&#249; la douleur n'est pas, ne sera jamais plus forte que la vie que tu m'as appris &#224; vivre, comme nous sommes peut-&#234;tre arriv&#233;s &#224; le montrer dans cette aventure qui parvient ici &#224; son terme mais qui continue, continue dans notre Dragon, continue &#224; jamais sur notre autoroute. &#187;
&lt;br&gt;
&lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;center&gt;&lt;iframe width=&#034;500&#034; height=&#034;375&#034; src=&#034;//www.youtube.com/embed/2bwSR-tcSH0&#034; frameborder=&#034;0&#034; allowfullscreen&gt; &lt;/iframe&gt;&lt;/center&gt; &lt;p&gt;&lt;br&gt;
&lt;br&gt;
&lt;i&gt;Les autonautes de la cosmoroute&lt;/i&gt; est un au revoir, &#224; la fois enjou&#233; et cr&#233;atif, une d&#233;claration d'amour dans une in&#233;dite carte du tendre, o&#249; le couple prend le temps de se retrouver dans le lieu le plus paradoxal de l'isolement, celui du bruit, du mouvement et de la vitesse, pour arr&#234;ter le temps, nous faire signe et nous saluer avec un pas de deux au bord de la route.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; &#201;crire. Mais peut-&#234;tre pas directement ; il faut toujours un petit temps &#224; l'&#233;v&#233;nement pour se faire parole. Comme si son sens et m&#234;me sa forme devraient passer par un long chemin int&#233;rieur avant de trouver leur coh&#233;sion. &#187;
&lt;br&gt;
&lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;center&gt;&lt;iframe src=&#034;//player.vimeo.com/video/26195629&#034; width=&#034;500&#034; height=&#034;375&#034; frameborder=&#034;0&#034; webkitallowfullscreen mozallowfullscreen allowfullscreen&gt; &lt;/iframe&gt;&lt;/center&gt; &lt;p&gt;&lt;br&gt;
&lt;br&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>



</channel>

</rss>
