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	<title>LIMINAIRE</title>
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	<description>Une palpitation, un mouvement encore immobile, un espace de sursis dans la dissolution.</description>
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		<title>LIMINAIRE</title>
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		<title>Journal du regard : Avril 2022</title>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Pierre M&#233;nard</dc:creator>


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		<description>
&lt;p&gt;Chaque mois, un film regroupant l'ensemble des images prises au fil des jours, le mois pr&#233;c&#233;dent, et le texte qui s'&#233;crit en creux. &lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; Une sorte de palimpseste, dans lequel doivent transpara&#238;tre les traces - t&#233;nues mais non d&#233;chiffrables - de l'&#233;criture &#8220;pr&#233;alable&#8221; &#187;. &lt;br class='autobr' /&gt;
Jorge Luis Borges, Fictions &lt;br class='autobr' /&gt; Premier soir &#224; Montr&#233;al. Retrouvailles avec la ville. La fatigue ne compte pas. Ni les heures de vol. Le repas r&#233;chauff&#233;, sans go&#251;t. Le d&#233;calage horaire ne se fait pas encore ressentir. Parti &#224; (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.liminaire.fr/chronique/journal/" rel="directory"&gt;Journal&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/art" rel="tag"&gt;Art&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/journal" rel="tag"&gt;Journal&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/journal-du-regard" rel="tag"&gt;Journal du regard&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/video" rel="tag"&gt;Vid&#233;o&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/voix" rel="tag"&gt;Voix&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/poesie" rel="tag"&gt;Po&#233;sie&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/voyage" rel="tag"&gt;Voyage&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.liminaire.fr/local/cache-vignettes/L150xH84/arton2341-32189.png?1752752511' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='84' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;i&gt;Chaque mois, un film regroupant l'ensemble des images prises au fil des jours, le mois pr&#233;c&#233;dent, et le texte qui s'&#233;crit en creux.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Une sorte de palimpseste, dans lequel doivent transpara&#238;tre les traces - t&#233;nues mais non d&#233;chiffrables - de l'&#233;criture &#8220;pr&#233;alable&#8221; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Jorge Luis Borges, &lt;i&gt;Fictions&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;
&lt;br&gt;
&lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;center&gt;&lt;iframe width=&#034;560&#034; height=&#034;315&#034; src=&#034;https://www.youtube.com/embed/R78Rb5tlP5o&#034; title=&#034;YouTube video player&#034; frameborder=&#034;0&#034; allow=&#034;accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture&#034; allowfullscreen&gt;&lt;/iframe&gt;&lt;/center&gt;
&lt;p&gt;&lt;br&gt;
Premier soir &#224; Montr&#233;al. Retrouvailles avec la ville. La fatigue ne compte pas. Ni les heures de vol. Le repas r&#233;chauff&#233;, sans go&#251;t. Le d&#233;calage horaire ne se fait pas encore ressentir. Parti &#224; 14h apr&#232;s sept de vol pour arriver &#224; 16h. Le temps para&#238;t s'&#234;tre suspendu. Le temps de rejoindre l'h&#244;tel, de poser mes affaires, me voil&#224; d&#233;j&#224; dehors &#224; marcher pour remettre les pendules &#224; l'heure en attendant la nuit. Juste &#224; la joie d'&#234;tre &#224; nouveau dans cette ville, d'en arpenter certains quartiers que je connais par c&#339;ur, de d&#233;couvrir &#233;galement ce qui a chang&#233; depuis ma derni&#232;re visite, comme je peux le faire &#224; Paris dans des endroits o&#249; je retourne de loin en loin afin de mesurer les changements en cours, m'apercevoir par exemple qu'un commerce &#224; ferm&#233; depuis mon dernier passage, qu'un immeuble a &#233;t&#233; d&#233;truit, un terrain vague ouvre une trou&#233;e &#224; sa place, une perspective in&#233;dite, un chantier &#224; venir, mais le plus souvent c'est le contraire, un immeuble a d&#233;j&#224; &#233;t&#233; construit pour combler le vide, effacer au plus vite la dent creuse et l'endroit change brusquement dans mon souvenir. V&#233;rifier ce qui a chang&#233; pour comprendre ce qui persiste en soi malgr&#233; soi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En marchant &#224; travers la ville, j'ai r&#233;guli&#232;rement l'impression d'&#234;tre d&#233;j&#224; venu &#224; cet endroit avec Caroline, traverser le parc La Fontaine, effectuer des achats dans un D&#233;panneur, boire un caf&#233; en terrasse d'une taverne, remonter ces ruelles sur lesquelles donne l'arri&#232;re des maisons qui n'ont pas de noms mais sont d&#233;sign&#233;es par les rues qui les entourent, les b&#226;timents historiques en pierre dans le Vieux-Montr&#233;al, les bureaux d'affaires et les grattes-ciel dans le centre-ville, les escaliers ext&#233;rieurs en fer forg&#233; sur le Plateau Mont-Royal ou encore les magnifiques demeures victoriennes du square Saint-Louis. Rien &#224; voir avec l'impression de &lt;i&gt;d&#233;j&#224;-vu&lt;/i&gt; qui nous envahit par moment, dans ce cas pr&#233;sent, je sais pertinemment que je suis d&#233;j&#224; venu &#224; cet endroit, je le reconnais ais&#233;ment, mais le trouble vient que j'y convoque le souvenir de Caroline qui surgit dans mes pens&#233;es comme si elle avait v&#233;cu avec moi ce moment pass&#233;, en ce lieu, et je l'imagine &#224; mes c&#244;t&#233;s aussit&#244;t, je m'entends lui parler, tout en sachant fort bien qu'elle n'est jamais venu ici. J'essaie de comprendre ce ph&#233;nom&#232;ne curieux tout en continuant de marcher. Comment cette impression passag&#232;re peut-elle se r&#233;p&#233;ter plusieurs fois de suite lors de mon s&#233;jour ? Sans doute est-ce li&#233; aux r&#233;cits que j'ai pu lui en faire &#224; chaque retour de voyage, &#233;vocations qui refont surface et se confondent avec l'instant pr&#233;sent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les tombes nous tournent le dos. L'herbe blanche irradie de lumi&#232;re. Le sol est une mousse sous nos pas. On sent l'humidit&#233; sous le tapis. Quelques tas de neige &#233;pars. Les racines des arbres en &#233;cho tissent leurs toiles d'araign&#233;e, dans l'ombre de leurs branches nues. Au loin, le bruit du souffleur qui regroupe les feuilles mortes &#233;parpill&#233;es en tas sur le bas-c&#244;t&#233;. Ici le printemps ne dure qu'une semaine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette journ&#233;e pass&#233;e &#224; lire &lt;i&gt;Comanche&lt;/i&gt; le r&#233;cit de Caroline dans les &#233;tages accueillants et paisibles, calmes et chaleureux de la Biblioth&#232;que nationale du Qu&#233;bec &#224; Montr&#233;al, est la plus belle journ&#233;e que j'ai pass&#233;e depuis longtemps, alors que je percevais de loin le bruit des r&#233;sultats pr&#233;visibles du 1er tour de l'&#233;lection pr&#233;sidentielle, qui faisait monter en moi lorsque j'y pensais, une col&#232;re sourde, une rage folle. Je me suis concentr&#233; sur la lecture de son texte. La recherche d'un p&#232;re, entre enqu&#234;te et qu&#234;te &#233;mouvante, avec justesse et pudeur, figure paternelle qui nous appara&#238;t dans la force de ce que seules la m&#233;moire et l'amour sont capables de r&#233;veiller en nous, de raviver, &#224; travers le temps et derri&#232;re tous les silences, ses mots s'imposent, et nous envahissent, nous submergent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si je suis venu &#224; Montr&#233;al c'est dans le cadre du &lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;http://liminaire.fr/liminaire/article/a-l-image-du-texte-geste-de-l-ecriture-et-manipulation-des-images&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Colloque Les iconoth&#232;ques d'&#233;crivain&#183;e&#183;s contemporain&#183;e&#183;s, de l'Universit&#233; du Qu&#233;bec &#224; Montr&#233;al&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;. Ces deux jours de colloque ont &#233;t&#233; d'une grande intensit&#233;, la vari&#233;t&#233; des interventions &#233;tait remarquable, tout comme la personnalit&#233; et l'approche des intervenants, mais ce que je retiens par dessus tout c'est l'accueil chaleureux qui nous a &#233;t&#233; fait &#224; l'Universit&#233;, l'organisation parfaite de ce rendez-vous (avec Corentin Lahouste, Anne Reverseau, et Bertrand Gervais en chefs d'orchestres attentionn&#233;s, g&#233;n&#233;reux, enthousiastes et chaleureux) qui a &#233;t&#233; l'occasion de rencontrer des universitaires passionnants, de d&#233;couvrir des artistes et leur travail, d'&#233;changer avec eux, de r&#233;fl&#233;chir &#224; ma pratique aussi, et m&#234;me d'imaginer de nouveaux projets. Je garde en m&#233;moire tout particuli&#232;rement les pr&#233;cieux &#233;changes avec Marine Riguet, avec Ren&#233; Audet, Yan St-Onge et Micha&#235;l Trahan. Sans oublier nos discussions amicales avec Val&#233;rie Cordy et Val&#233;rie Cavallo, au restaurant comme &#224; l'h&#244;tel o&#249; nous logions tous les trois.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La derni&#232;re fois que j'&#233;tais venu &#224; Montr&#233;al, j'avais retrouv&#233; totalement par hasard, dans la salle d'&#233;changes de la station Berri UQAM, au beau milieu de la foule, le fr&#232;re d'Anne qui habite Montr&#233;al. Cette fois-ci, lors de la soir&#233;e Micro ouvert qui a &#233;t&#233; organis&#233;e &#224; la fin du colloque, quelle surprise de reconna&#238;tre dans l'assembl&#233;e, Gwen Catala, que je n'avais pas vu depuis plus de huit ans, en compagnie d'Emmanuelle Lescou&#235;t.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En rentrant de Montr&#233;al, l'&#233;tonnement de d&#233;couvrir, que Flore, l'une des filles de Val&#233;rie Cavallo, dont nous avions parl&#233; tous les deux en &#233;voquant nos enfants, se trouve &#234;tre l'une des meilleures amies d'Alice, ma fille a&#238;n&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; J'avance en sachant qu'il me faudra laisser mourir une partie de moi. Que ce meurtre, inlassablement r&#233;p&#233;t&#233;, est au c&#339;ur d'un pacte secret, d'une errance dont le timbre encore inconnu sera celui de ma voix. Je reviens &#224; une basse fr&#233;quence, me fonds aux cris des mouettes, aux branches qui se heurtent les unes aux autres. Ma vie enti&#232;re aura &#233;t&#233; cette recherche d'une dissolution, car c'est ainsi que se r&#233;v&#232;le le c&#339;ur des choses : la bouche d&#233;vore la chair du fruit, la d&#233;composition le ram&#232;ne &#224; la terre. C'est ainsi qu'appara&#238;t le noyau. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Rien du tout&lt;/i&gt;, Olivia Tapiero, M&#233;moire d'encrier, 2020&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il faut n&#233;cessairement de la lumi&#232;re pour vivre. Le pr&#233;sent est notre endroit, notre domicile. Nous avons besoin d'espaces pour vivre. Nous cherchons un lieu mouvant pour nous fixer, habiter ce qui nous r&#233;unit et ce qui nous divise. Notre chemin se dessine entre l'ombre et la lumi&#232;re. Il faut du contraste, un minimum de contraste. De l'obscure autant que du lumineux.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>&#192; l'image du texte : Geste de l'&#233;criture et maniement des images</title>
		<link>https://www.liminaire.fr/projets/article/a-l-image-du-texte-geste-de-l-ecriture-et-manipulation-des-images</link>
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		<dc:date>2022-04-09T08:30:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Pierre M&#233;nard</dc:creator>


		<dc:subject>Art</dc:subject>
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		<dc:subject>Livre</dc:subject>
		<dc:subject>&#201;criture</dc:subject>
		<dc:subject>Cin&#233;ma</dc:subject>
		<dc:subject>Musique</dc:subject>
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		<dc:subject>Photographie</dc:subject>
		<dc:subject>R&#233;cit</dc:subject>
		<dc:subject>Vid&#233;o</dc:subject>
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		<dc:subject>Regard</dc:subject>
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		<dc:subject>Marseille</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Je suis tr&#232;s heureux d'avoir &#233;t&#233; invit&#233; &#224; Montr&#233;al les 07 et 08 avril 2022 dans le cadre du Colloque Les iconoth&#232;ques d'&#233;crivain&#183;e&#183;s contemporain&#183;e&#183;s, de l'Universit&#233; du Qu&#233;bec &#224; Montr&#233;al. Cet &#233;v&#233;nement est organis&#233; dans le cadre du programme de recherche HANDLING, avec l'aide de l'Institut INCAL de l'UCLouvain, et en partenariat avec la Chaire de recherche du Canada sur les arts et les litt&#233;ratures num&#233;riques (ALN/NT2), que je remercie chaleureusement. &lt;br class='autobr' /&gt;
Je reviens pour la troisi&#232;me fois &#224; (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/lecture" rel="tag"&gt;Lecture&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/livre" rel="tag"&gt;Livre&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/ecriture" rel="tag"&gt;&#201;criture&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/cinema" rel="tag"&gt;Cin&#233;ma&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/musique" rel="tag"&gt;Musique&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/numerique" rel="tag"&gt;Num&#233;rique&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/photographie" rel="tag"&gt;Photographie&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/recit" rel="tag"&gt;R&#233;cit&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/video" rel="tag"&gt;Vid&#233;o&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/montreal" rel="tag"&gt;Montr&#233;al&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/l-espace-d-un-instant" rel="tag"&gt;L'espace d'un instant&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/l-esprit-d-escalier" rel="tag"&gt;L'esprit d'escalier&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/les-accolades" rel="tag"&gt;Les accolades&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/mon-beau-souci" rel="tag"&gt;Mon beau souci&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/laisse-venir" rel="tag"&gt;Laisse venir&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/travail" rel="tag"&gt;Travail&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/regard" rel="tag"&gt;Regard&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/paris" rel="tag"&gt;Paris&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/marseille" rel="tag"&gt;Marseille&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.liminaire.fr/local/cache-vignettes/L150xH98/arton2338-79ae4.png?1739522739' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='98' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Je suis tr&#232;s heureux d'avoir &#233;t&#233; invit&#233; &#224; Montr&#233;al les 07 et 08 avril 2022 dans le cadre du Colloque &lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;https://nt2.uqam.ca/fr/actualites/colloque-les-iconotheques-decrivaines-contemporaines&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Les iconoth&#232;ques d'&#233;crivain&#183;e&#183;s contemporain&#183;e&#183;s&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;, de &lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;http://www.uqam.ca/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;l'Universit&#233; du Qu&#233;bec &#224; Montr&#233;al&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;. Cet &#233;v&#233;nement est organis&#233; dans le cadre du programme de recherche &lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;https://sites.uclouvain.be/handling/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;HANDLING&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;, avec l'aide de &lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;https://uclouvain.be/fr/instituts-recherche/incal&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;l'Institut INCAL&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt; de &lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;https://uclouvain.be/fr/index.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;l'UCLouvain&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;, et en partenariat avec la &lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;https://nt2.uqam.ca/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Chaire de recherche du Canada sur les arts et les litt&#233;ratures num&#233;riques&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt; (ALN/NT2), que je remercie chaleureusement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je reviens pour la troisi&#232;me fois &#224; Montr&#233;al invit&#233; par &lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;http://www.uqam.ca/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;l'Universit&#233; du Qu&#233;bec &#224; Montr&#233;al&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;, et c'est une grande fiert&#233;. La premi&#232;re fois, en mai 2017, j'avais pr&#233;sent&#233; mon projet des &lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;http://liminaire.fr/liminaire/article/litterature-et-dispositifs-mediatiques-pratiques-d-ecriture-et-de-lecture-en&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Lignes de d&#233;sir&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;, dans le cadre du colloque &lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;https://nt2.uqam.ca/fr/actualites/colloque-litterature-et-dispositifs-mediatiques-pratiques-decriture-et-de-lecture-en&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Litt&#233;rature et dispositifs m&#233;diatiques : pratiques d'&#233;criture et de lecture en contexte num&#233;rique&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;. En mai 2019, je suis revenu pour parler du livre de Philippe Annoque, &lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;http://liminaire.fr/livre-lecture/article/seule-la-nuit-tombe-dans-ses-bras-de-philippe-annocque&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Seule la nuit tombe dans ses bras&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;, dans le cadre du colloque &lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;http://figura.uqam.ca/appels-et-offres/raconter-linternet-et-les-reseaux-socionumeriques&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&#171; Raconter l'Internet et les r&#233;seaux socionum&#233;riques &#187;&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;, &#224; l'Universit&#233; Concordia. Je devais intervenir &#224; nouveau &#224; l'Universit&#233; de Montr&#233;al avec Anne Savelli pour le &lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;https://route.ecrituresnumeriques.ca/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;colloque international &lt;i&gt;La route et ses bas-c&#244;t&#233;s&lt;/i&gt; (imaginaire des lieux autoroutiers liminaires)&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;, mais il a &#233;t&#233; report&#233; en d&#233;cembre 2020 et s'est tenu en distanciel.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette ann&#233;e je pr&#233;sente trois de mes textes publi&#233;s, &lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;http://liminaire.fr/liminaire/article/les-accolades&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Les accolades&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt; (Contre mur, 2014), &lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;http://liminaire.fr/liminaire/article/laisse-venir-co-ecrit-avec-anne-savelli&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Laisse venir&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;, co-&#233;crit avec Anne Savelli (La Marelle &#233;ditions, 2017) et &lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;http://liminaire.fr/liminaire/article/l-esprit-d-escalier&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;L'esprit d'escalier&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt; (La Marelle &#233;ditions, 2020) et l'un de mes tous derniers projets encore en cours : &lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;http://liminaire.fr/liminaire/article/rien-ne-ressemble-a-ce-dont-je-ne-me-souviens-pas&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;L'espace d'un instant&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;.
&lt;br&gt;
&lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;center&gt; &lt;iframe src=&#034;https://www.slideshare.net/slideshow/embed_code/key/FPwzyyAPrUics1?hostedIn=slideshare&amp;page=upload&#034; width=&#034;576&#034; height=&#034;500&#034; frameborder=&#034;0&#034; marginwidth=&#034;0&#034; marginheight=&#034;0&#034; scrolling=&#034;no&#034;&gt;&lt;/iframe&gt;&lt;/center&gt; &lt;p&gt;&lt;br&gt;
&lt;br&gt; &#192; la suite de cette pr&#233;sentation, je lirai un extrait in&#233;dit de mon projet en cours d'&#233;criture sur Liminaire &lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;http://liminaire.fr/liminaire/article/rien-ne-ressemble-a-ce-dont-je-ne-me-souviens-pas&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;L'espace d'un instant&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt; et dont on peut &#233;couter &lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;https://anchor.fm/espaceinstant&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;une premi&#232;re lecture en mode podcast&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;. &lt;br&gt;
&lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;center&gt;&lt;iframe width=&#034;560&#034; height=&#034;315&#034; src=&#034;https://www.youtube.com/embed/gRXJee7njgs&#034; title=&#034;YouTube video player&#034; frameborder=&#034;0&#034; allow=&#034;accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture&#034; allowfullscreen&gt;&lt;/iframe&gt;&lt;/center&gt;
&lt;p&gt;&lt;br&gt;
&lt;br&gt; Une discussion au t&#233;l&#233;phone. Les pleurs d'une inconnue. Les lignes de la main. Un homme endormi au petit matin dans une chambre d'h&#244;tel. Le paysage qui d&#233;file &#224; travers les fen&#234;tres d'un train. Les jeux de regards complices entre amis dans le r&#233;troviseur d'une voiture. Le regard que l'on porte sur soi dans un miroir. Le sentiment de libert&#233; ressenti par des enfants dans une course effr&#233;n&#233;e. Caresser de son doigt les l&#232;vres d'une femme qui sourit. Un homme qui progresse dans la jungle &#224; l'aide de sa seule lampe torche. Fumer une cigarette allong&#233;e dans son bain. Un paysage travers&#233; comme un r&#234;ve &#233;veill&#233;. La proximit&#233; in&#233;dite, insolite de deux personnes dans un m&#233;tro bond&#233;, face &#224; face. La photographie ancienne d'un portrait d'enfant. Les sensations li&#233;es au lavage de ses cheveux chez le coiffeur. L'odeur de br&#251;l&#233; encore tenace bien apr&#232;s l'incendie d'une for&#234;t. L'attente du d&#233;part sur le quai d'un port. Un baiser insistant sur la joue. L'ombre d'une silhouette se d&#233;tachant derri&#232;re une porte en verre. Une femme traverse son jardin &#224; l'aube en longeant les murs de sa maison. La main qui plonge &#224; l'aveugle dans l'eau du lavabo pour en d&#233;boucher la bonde. Un feu de chemin&#233;e. Un homme songeur la nuit derri&#232;re la fen&#234;tre de sa maison silencieuse. Un homme qui se cache le visage avec ses mains lib&#233;rant l'un de ses yeux pour continuer &#224; voir ce qui se passe malgr&#233; tout dans la pi&#232;ce. Un jeune homme arrose ses plantes vertes le matin. Un poisson rouge inerte dans son bocal. Jouer avec sa fourchette pour se distraire lors d'un repas en dessinant des traits sinueux sur la nappe blanche. Les mains ouvertes d'un vieil homme comme en offrande, ce qu'elles peuvent r&#233;v&#233;ler de lui. Dans un immeuble plong&#233; dans la p&#233;nombre une seule fen&#234;tre allum&#233;e. Une femme attend dans leur voiture son compagnon qui t&#233;l&#233;phone &#224; l'ext&#233;rieur, au milieu de la route. Une femme marche sur le trottoir sous le regard insistant des hommes. Le cadavre d'un cerf mort dans la neige. Un homme malade sort pr&#233;cipitamment de sa voiture pour vomir sur le bord de la route. Se couvrir le visage avec son pull pour tenter vainement de se r&#233;chauffer. Dans la violence des gestes d'un couple amoureux, la fougue de leur tendre passion. Une ombre fantomatique derri&#232;re un drap blanc. Une vieille boite d'allumette qui sert &#224; cacher de menus tr&#233;sors. Un incendie dont les flammes d&#233;vorent une maison devant ses habitants impuissants. Un feu d'artifice &#224; la fin de l'&#233;t&#233;. L'attente &#224; l'aube, devant la voiture charg&#233;e de meubles, lors d'un d&#233;m&#233;nagement. En haut d'un immeuble, regarder l'agitation de la ville en contrebas. Une liste de courses dont on rature au fur et &#224; mesure les achats effectu&#233;s. La nuit, un homme court dans la rue pour tenter d'&#233;chapper &#224; son poursuivant. Les enfants jouent dans la fra&#238;cheur de la maison aux volets ferm&#233;s. Se coiffer comme on coiffe ses enfants. P&#233;n&#233;trer lentement dans une grotte sombre. Un tissu humide pos&#233; sur les yeux pour calmer sa migraine. La lumi&#232;re rasante de d&#233;but de soir&#233;e sur les motifs du tapis du salon. Une ombre passag&#232;re, fuyante, glisse de mani&#232;re furtive devant la fen&#234;tre voil&#233;e sans faire de bruit. Se laisser flotter avec la sensation de l'eau qui nous porte au-dessus de l'eau. La beaut&#233; &#233;clatante, la jeunesse rayonnante, d'une jeune femme qui distribue du th&#233; aux visiteurs de passage. Les volutes de fum&#233;e, &#233;cran a&#233;rien derri&#232;re lequel les visages disparaissent soudain. Une f&#234;te de village. Poser la t&#234;te sur le col de son cheval pour entendre battre son c&#339;ur. Jeter en mer les cendres de son p&#232;re mort quelques semaines plus t&#244;t. Une jeune femme consulte son portable dans la p&#233;nombre de son appartement, la lumi&#232;re bleut&#233;e de l'&#233;cran illuminant son visage. Une femme s'abrite du soleil, un parapluie au-dessus de sa t&#234;te. Se contempler dans un miroir bris&#233;. Une jeune femme nue se dirige vers le ponton d'un lac pour s'y baigner. Transformer le mur en &#233;cran, la ville en salle de cin&#233;ma &#224; ciel ouvert. Deux enfants s'amusent &#224; grimper dans les arbres. La clart&#233; qui se glisse &#224; travers les lattes de bois des volets ferm&#233;s. Un homme, &#233;tendu en plein milieu de la route, inanim&#233;, trois hommes &#224; ses c&#244;t&#233;s tenatnt de lui porter secours. Passer le balai dans son appartement. Le corps l&#226;che prise, les yeux se ferment, assomm&#233; de sommeil. Le geste de consoler, la t&#234;te sur l'&#233;paule. Une grenouille dans le creux de la main. Le ciel constell&#233; d'&#233;toiles, confettis de lumi&#232;re au-dessus de nos t&#234;tes.&#8232;Le reflet de son visage en miroir dans une vitre sombre. Une femme donne le sein &#224; son enfant. Regarder une vieille photographie d'un lieu oubli&#233;. Avancer dans le noir les mains devant soi pour se prot&#233;ger. Sur le plan de la ville tracer le chemin parcouru ce matin l&#224;. Poser sa main sur la courbe de ses hanches, les rondeurs enjou&#233;es de son visage. S'allonger lentement, se coucher dans l'ombre de son ombre, et s'offrir &#224; cet inconnu. Une &#233;toile de mer &#233;chou&#233;e sur le sable. Le menton au creux de la paume de sa main, laisser son regard se perdre au loin, sans but. Les gestes coordonn&#233;es, chor&#233;graphi&#233;s de jeunes filles &#224; leur cours de danse. Ouvrir un livre dans une biblioth&#232;que pour en lire quelques lignes en diagonale. Placer ses mains devant les yeux de quelqu'un pour lui faire une surprise et le laisser deviner qui l'on est. Un groupe de pigeons apeur&#233;s qui s'envolent dans un grand bruit d'ailes. Ne plus retrouver ses cl&#233;s devant sa voiture gar&#233;e dans le froid de la nuit. En classe, se concentrer sur ce qu'on &#233;crit. &#201;couter la radio le poste coll&#233; &#224; son oreille. Tenter de rester le plus longtemps possible sous l'eau sans respirer. Caresser tendrement de ses doigts effil&#233;s le buste imberbe de l'homme que l'on d&#233;sire. Un petit gar&#231;on vient de mourir sous les bombardements. Dans la nuit, les ombres des silhouettes se projettent sur le silo du Port. Recouvrir ses ongles avec des p&#233;tales de fleurs. Une rang&#233;e d'arbres aux troncs fins, &#224; l'&#233;corce noueuse. La t&#234;te lourde, les yeux rouges d'avoir tant pleur&#233;. Une femme &#233;treint son fils toute &#224; la joie de leurs retrouvailles. La tourmente d'une tornade. Avancer dans le d&#233;dale d'une librairie plong&#233;e dans le noir. S'endormir, couch&#233; sur le gazon, un livre ouvert sur la poitrine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;https://youtu.be/9SeM4ArbAyA&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;L'enregistrement vid&#233;o de la table ronde&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt; du 8 avril &#224; Montr&#233;al avec Val&#233;rie Cordy, Micha&#235;l Trahan et moi-m&#234;me, anim&#233;e par Bertrand Gervais est disponible en ligne.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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<item xml:lang="fr">
		<title>Vie nouvelle, de Micha&#235;l Trahan</title>
		<link>https://www.liminaire.fr/creation/radio-marelle/article/vie-nouvelle-de-michael-trahan</link>
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		<dc:date>2021-04-23T08:00:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Pierre M&#233;nard</dc:creator>


		<dc:subject>Art</dc:subject>
		<dc:subject>Cin&#233;ma</dc:subject>
		<dc:subject>&#201;criture</dc:subject>
		<dc:subject>Langage</dc:subject>
		<dc:subject>Lecture</dc:subject>
		<dc:subject>Inventaire</dc:subject>
		<dc:subject>Livre</dc:subject>
		<dc:subject>Po&#233;sie</dc:subject>
		<dc:subject>Voix</dc:subject>
		<dc:subject>Montr&#233;al</dc:subject>
		<dc:subject>En lisant en &#233;crivant</dc:subject>
		<dc:subject>Enfance</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Micha&#235;l Trahan poursuit dans ce livre une d&#233;marche entreprise avec N&#339;ud coulant et La raison des fleurs, ses deux premiers ouvrages qui cherchaient &#224; dire la v&#233;rit&#233; d'une douleur, un triptyque po&#233;tique qui, m&#234;me s'il creuse des th&#232;mes proches, se pr&#233;sente sous des formes diff&#233;rentes. La mention po&#233;sie ne figure pas sur la couverture du livre, mais il s'agit bien de po&#233;sie, instaurant dans sa forme forme hybride un dialogue entre vers, prose, journal, monologue de th&#233;&#226;tre, r&#233;flexion et (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.liminaire.fr/creation/radio-marelle/" rel="directory"&gt;Radio Marelle&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/art" rel="tag"&gt;Art&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/cinema" rel="tag"&gt;Cin&#233;ma&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/ecriture" rel="tag"&gt;&#201;criture&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/langage" rel="tag"&gt;Langage&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/lecture" rel="tag"&gt;Lecture&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/inventaire" rel="tag"&gt;Inventaire&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/poesie" rel="tag"&gt;Po&#233;sie&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/voix" rel="tag"&gt;Voix&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/montreal" rel="tag"&gt;Montr&#233;al&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/en-lisant-en-ecrivant" rel="tag"&gt;En lisant en &#233;crivant&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/enfance" rel="tag"&gt;Enfance&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.liminaire.fr/local/cache-vignettes/L150xH84/arton2247-b6af3.png?1752752511' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='84' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_3667 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.liminaire.fr/local/cache-vignettes/L120xH181/trahan-3eb9d.png?1739526053' width='120' height='181' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt; &lt;p&gt;Micha&#235;l Trahan poursuit dans ce livre une d&#233;marche entreprise avec &lt;i&gt;N&#339;ud coulant &lt;/i&gt; et &lt;i&gt;La raison des fleurs&lt;/i&gt;, ses deux premiers ouvrages qui cherchaient &#224; dire la v&#233;rit&#233; d'une douleur, un triptyque po&#233;tique qui, m&#234;me s'il creuse des th&#232;mes proches, se pr&#233;sente sous des formes diff&#233;rentes. La mention po&#233;sie ne figure pas sur la couverture du livre, mais il s'agit bien de po&#233;sie, instaurant dans sa forme forme hybride un dialogue entre vers, prose, journal, monologue de th&#233;&#226;tre, r&#233;flexion et citation. La forme que l'auteur travaille est celle du livre, le r&#234;ve de sa forme en devenir. Le titre de l'ouvrage provient d'une phrase de Barthes, &#171; je n'ai plus le temps d'essayer plusieurs vies : il faut que je choisisse ma derni&#232;re vie, ma vie nouvelle. &#187; &lt;i&gt;Vie nouvelle&lt;/i&gt; est ainsi &#224; la fois le nouveau et le &lt;i&gt;neuf&lt;/i&gt; qui imposent leurs cadres formels, le livre s'ach&#232;ve d'ailleurs sur un po&#232;me de 999 vers qui s'inspire des neuf cercles de &lt;i&gt;L'enfer&lt;/i&gt; de Dante. Un livre sur la recherche d'amour et, avec la naissance d'un enfant, l'adieu aux douleurs de l'enfance : &#171; un jeu pour traverser le temps. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;https://www.lequartanier.com/catalogue/vienouvelle.htm&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;i&gt;Vie nouvelle&lt;/i&gt;, Micha&#235;l Trahan, Le Quartanier, 2020.&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;
&lt;br&gt;
&lt;br&gt;&lt;/p&gt;
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&lt;div class='spip_document_3089 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left'&gt;
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&lt;a href=&#034;https://anchor.fm/en-lisant/episodes/Vie-nouvelle--de-Michal-Trahan-ev5cg7/a-a59kd21&#034; class=&#034;spip_out spip_doc_lien&#034;&gt; &lt;img src='https://www.liminaire.fr/local/cache-vignettes/L35xH35/anchor-52133.png?1739520156' width='35' height='35' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
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&#171; &lt;strong&gt;Rideau&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J'ENTRE dans l'image, j'ouvre la porte, je la referme, je suis dans l'image, je suis derri&#232;re l'image, je suis dans le train, je suis &#224; San Francisco, je suis presque disparu, je n'ai pas r&#233;solu le probl&#232;me de l'image, je m'attaque au probl&#232;me de l'innocence, je fais semblant de le d&#233;sirer, je fais semblant de l'aimer, je recule sans m' attendre, l'histoire vient naturellement, la chambre sourde, la for&#234;t, la camionnette surgit de nulle part et cause la mort, le milieu d'une vie arrach&#233;e pour rien, une livraison, un hasard dans la rue, une m&#232;re &#224; enterrer, un cours &#224; pr&#233;parer, le jeu de la m&#233;lancolie, une maison de poup&#233;es, un mus&#233;e de cire, l'&#233;chec du c&#339;ur, les choses qui s&#232;chent et ne peuvent plus reprendre vie, les trajets qu'on r&#233;p&#232;te m&#233;caniquement et ceux qui donnent la mort sans la reprendre, ceux qui calquent leurs formes sur le bleu du ciel, ils portent des masques d'argile, des visages pris dans la terre, des visages rendus au secret, et B&#233;atrice marche &#224; c&#244;t&#233; de moi, &#224; c&#244;t&#233; de ma peine, B&#233;atrice est le nom d'un enfant b&#233;ni, d'un enfant maudit, d'une vie roul&#233;e dans la poussi&#232;re et gliss&#233;e derri&#232;re le rideau, oubli&#233;e derri&#232;re le rideau, abandonn&#233;e derri&#232;re le rideau, le tissu bouge, remue, m'encercle, moi le gisant, l'&#233;veill&#233; entre deux jours, deux murs, deux pages, le si&#232;ge vide quand j'y suis, la rang&#233;e vide, la salle vide, le c&#339;ur vide, la vie retourn&#233;e non pas sur elle-m&#234;me mais sur ce qui n'existe plus et qui reste, je dis demain, je ne dis rien, je ne veux pas, jet peux pas, je ne le fais pas, je l'&#233;cris puis j'&#233;cris le contraire, je pense &#224; cette histoire, je pense toujours &#224; cette histoire, je n'y pense pas elle n'existe pas, elle n'a jamais exist&#233;, elle est vide comme un miroir, comme un fant&#244;me, comme le c&#339;ur de B&#233;atrice donn&#233; aux chiens apr&#232;s la pluie, un pr&#233;sent impossible &#224; abandonner, impossible &#224; nommer, une id&#233;e plus forte que soi, plus belle, plus dure m&#234;me que la lumi&#232;re, un fil tendu entre douceur et douleur, puis l'&#233;cran noir recommence, il ne veut pas partir, c'est encore moi sur le fauteuil, le cin&#233;ma, le mot cin&#233;ma, la douleur du cin&#233;ma, la solitude irr&#233;versible du cin&#233;ma, le parc, le banc, la fontaine, les arbres, la nuit, la main, toujours la main, toujours la m&#234;me s&#233;quence. les signes de l'amour grav&#233;s dans la pierre ou sur la peau, l'histoire d'un jeune enfant &#233;tendu le soir dans son lit, fen&#234;tre ouverte, l'&#233;t&#233;, le miracle d'une saison aim&#233;e, le bruit de la nuit, la peur de la nuit, les yeux ouverts qui traversent le temps, qui ouvrent un passage jusqu'au trente-huiti&#232;me jour de juillet, le feu qui bride et le le feu qui ne br&#251;le pas, l'enfant qui attend et l'enfant qui n'attend plus, qui n'esp&#232;re plus, qui s'&#233;puise. qui est malade, qui fait semblant d'exister, d'avoir une maison, de dormir, d'aimer et de d&#233;tester, de tenir debout m&#234;me parfois, l'enfant sauvage dans la solitude, le fruit oubli&#233; sur la table, le rideau, un voyage, une montagne, une cassette qu'on peut toujours repasser du d&#233;but, quand on le veut et m&#234;me quand on ne le veut et m&#234;me quand on ne le veut pas, quand on veut reprendre au milieu parce qu'on conna&#238;t d&#233;j&#224; l'histoire, on ne veut pas l'&#233;couter au complet, du d&#233;but &#224; la fin, on veut &#233;clipser quelque chose, rejeter quelque chose mais garder cette absence et faire de cette absence notre bien le plus pr&#233;cieux, un diamant, un miroir, un portrait de famille, une maison construite sur l'&#238;le et emport&#233;e par la crue, la rivi&#232;re traverse la ville, la for&#234;t, la vie, la rivi&#232;re qu'on tire comme un rideau, une poup&#233;e de chiffon, la voix intacte, le portrait au mur, la mal&#233;diction de l'image impossible &#224; reproduire, la solitude de l'image rest&#233;e seule, cette solitude devient un outil contre la solitude, contre la joie, contre l'abandon de tout espoir, contre les lieux inhabitables, ceux que l'on traverse sans s'arr&#234;ter, ceux que l'on ne peut pas traverser, comme une page blanche, une page remplie, une page d&#233;chir&#233;e et regrett&#233;e, une lettre oubli&#233;e, parfaite pour le regret, parfaite pour l'amour du regret, la hantise, le geste accompli il y a vingt-deux ans et qui revient, tous les gestes reviennent, tous les gestes vraiment accomplis ne le sont que pour revenir, que pour monter, que pour descendre puis revenir, comme un portrait, un film, un cauchemar rejou&#233; chaque nuit, un cahier v&#233;ritablement d&#233;truit mais qui ne se d&#233;truit pas, une image disparue, enfouie, perdue &#224; jamais et faite pour revenir &#224; jamais, faite pour ne jamais dispara&#238;tre, une main tendue, une parole &#233;chapp&#233;e, un acte qui est une trahison, une infamie, une vague de plus en plus noire, un ange, une rue jolie et sans nom, qui ne m&#232;ne nulle part, qui est source d'inqui&#233;tude parce qu'on ne sait pas o&#249; elle m&#232;ne, qui source de fatigue parce qu'on ne sait pas combien de temps on devra la suivre, comme le probl&#232;me de l'image m&#232;ne au jugement, au probl&#232;me de l'innocence, &#224; l'animal mis &#224; mort et accroch&#233; au mur, au mur d'une couleur sobre, une couleur sobre, une couleur comme si de rien n'&#233;tait, comme si je n'&#233;tais pas concern&#233;, comme si je n'existais pas, comme si le portrait n'&#233;tait pas maudit, comme le ciel, comme la v&#233;rit&#233;, comme une main tient une main pour ne pas mourir, pour ne pas tomber, pour &#233;chapper au verdict, au r&#234;ve de la m&#232;re de voir le fils mourir, &#224; l'effacement du fils, l'effacement de la pellicule m&#234;me si le film garde tous les souvenirs, il les prend sans les rendre et fait chanter en retour comme une chose coupante au-dessus de la t&#232;te, une chose tranchante, une for&#234;t, les voix humaines des morts, la chose qui s'&#233;loigne &#224; mesure que je m'approche, l'animal qui a peur de moi, qui entre au cin&#233;ma comme s'il habitait l&#224;, comme si j'habitais l&#224;, comme si cette nuit avait eu lieu, comme si n'y avait rien d'autre, rien qu'une pi&#232;ce noire, le milieu de la vie recommence quelques mois plus tard, c'est un mensonge, un appel d'air, une forme sourde &#224; toute &#233;treinte, un nom peint en rouge dans la cour d'&#233;cole, une fen&#234;tre condamn&#233;e, une cigarette, un baiser, les l&#232;vres qui reviennent toujours, qui sont la fin de la premi&#232;re vie, de la deuxi&#232;me vie, de la troisi&#232;me vie, de la patience venue avec la mort, l'escalier, le d&#233;sir de voir la mer, le d&#233;sir de dispara&#238;tre, la pauvret&#233; de cette r&#233;p&#233;tition, l'impasse d'une seule photographie dont on rejoue la sc&#232;ne sans se fatiguer, sans reprendre vie mais sans pouvoir agir autrement, une photographie qui est comme une condamnation, comme un r&#234;ve, comme la v&#233;rit&#233;, une question irr&#233;parable, une feuille de satin, le trac&#233; d'une fleur sur la peau, quelqu'un se l&#232;ve pendant la nuit et ne retourne pas se coucher, quelqu'un souffre d'insomnie, ne veut plus dormir, refuse de fermer les yeux, n'est pas raisonnable, se comporte comme un enfant, une chose bris&#233;e, une chaise renvers&#233;e, quelqu'un parti sans laisser de traces, sans dire au revoir, quelqu'un qui ne reviendra pas, quelqu'un qui a &#233;t&#233; aim&#233; mais dont la perte est irr&#233;versible comme la pluie ou le bleu du ciel, comme un livre, une f&#234;te, un bout de bois flottant sur l'eau, un journal, une trahison, une vie qui n'est pas faite pour &#234;tre v&#233;cue mais pour &#234;tre &#233;crite, un train entre deux villes que je ne veux plus nommer, la route tr&#232;s droite, l'amour qu'on refuse, qu'on se sent incapable d'accueillir, de retourner, de comprendre m&#234;me, le train qui avance, imperturbable malgr&#233; la peine, malgr&#233; la joie, malgr&#233; les souvenirs qui vont rester, qui ne vont plus s'effacer, qui seront en moi jusqu'&#224; la fin de la vie, comme si la vie devait mener &#224; ces souvenirs, aux &#233;v&#233;nements qui fondent les souvenirs et qui disparaissent non pas sans laisser de traces mais en s'effa&#231;ant derri&#232;re les traces, comme si les &#233;v&#233;nements eux-m&#234;mes ne comptaient pas, comme s'ils n'existaient pas, j'&#233;cris ces mots et j'existe &#224; peine, l'existence est l&#224;, non pas bien remplie mais ni&#233;e, rompue &#224; la fatigue, aux jours qui succ&#232;dent aux nuits qui succ&#232;dent aux jours, et je pense &#224; l'eau des fleurs, &#224; l'eau qui donne la vie et la mort, &#224; l'eau qui trouble la lumi&#232;re pr&#233;cis&#233;ment comme les souvenirs troublent la vie, celle qu'on m&#232;ne, que je m&#232;ne, tous les jours comme si rien n'avait eu lieu, comme l'incapacit&#233; de r&#234;ver, l'incapacit&#233; de dormir, l'incapacit&#233; d'aimer ou de trouver une issue, l'incapacit&#233; jusqu'&#224; l'oubli, jusqu'&#224; l'arr&#234;t, la photographie trouv&#233;e par hasard, la photographie de quelqu'un que je ne connais pas et qui d&#233;tient pourtant le secret de mon existence, comme si une existence avait un secret, comme si une existence &#233;tait autre chose qu'un &#233;tau construit autour d'un secret, d'une fable, d'une histoire racont&#233;e et retir&#233;e d'un seul souffle, montr&#233;e et cach&#233;e, offerte et enterr&#233;e comme une fleur, comme le muscle rouge qui bat dans la poitrine et qui br&#251;le tout, m&#234;me l'arbre devant la fen&#234;tre dont les feuilles poussent et tombent dans la rue, elles recouvrent la rue, je pense aux choses cach&#233;es sous les feuilles et aux choses cach&#233;es derri&#232;re le c&#339;ur, derri&#232;re le train, derri&#232;re l'histoire qui commence par un voyage en train, par un train au milieu de nulle part, entre deux villes impossibles &#224; nommer, comme un film, un r&#234;ve, une b&#234;te noy&#233;e en pleine for&#234;t, l'&#233;tang noir juste avant la clairi&#232;re et la rue, la rue qui revient quand le vent se l&#232;ve, quand le vent fait d'un seul coup voler les feuilles recouvrant le sol, toutes les asp&#233;rit&#233;s du sol, les crevasses, les blessures, les lignes bris&#233;es, le vent qui se l&#232;ve comme un secret &#224; ciel ouvert, une image dont la lumi&#232;re se module quand on la regarde, quand on la retourne pour d&#233;chiffrer l'inscription dans son dos, les marques laiss&#233;es l&#224; forc&#233;ment par quelqu'un mais effar&#233;es par le temps, les ann&#233;es qui passent comme des si&#232;cles qu'on ne sait pas compter, les signes traversent le temps et s'effacent peu &#224; peu, ils s'estompent et laissent place &#224; quelque chose qui n'est plus que l'ombre de ce qu'ils ont &#233;t&#233;, une forme lumineuse marqu&#233;e dans la pierre, l'&#233;cho d'un bruit que personne n'a entendu, que personne n'a enregistr&#233; mais qui reste, qui est comme une lettre insensible &#224; la r&#233;v&#233;lation, insensible au partage, le besoin de l'&#233;crire, l'urgence, la force qui manque pour le faire, comme la pluie, comme l'amour, comme le d&#233;sir de voir quelqu'un qu'on ne peut pas revoir, la chaleur de l'&#233;t&#233;, les choses qu'on n'arrive pas &#224; dire et qu'on remplace par des choses plus faciles &#224; dire, avec des mots simples, des mots inoffensifs, des mots indiff&#233;rents &#224; l'aveu qu'ils cherchent &#224; esquiver, le rideau, le r&#234;ve d'une phrase si longue que personne ne la lirait jusqu'au bout, le r&#234;ve d'un tel lieu, marqu&#233; par le d&#233;sir, le besoin de se dire, le besoin de se trahir et l'incapacit&#233; de le faire, le r&#234;ve d'une maison de poup&#233;es, d'un th&#233;&#226;tre en ruines, un lieu inerte mais capable d'accueillir toute une vie, un jeu d'enfant, un po&#232;me sans d&#233;but ni fin, une serviette de plage, des sous-v&#234;tements abandonn&#233;s pr&#232;s d'un mur, la nudit&#233; d'un corps, la duret&#233; du sol, la peau qui fr&#233;mit au contact de la pierre, la danse qui s'arr&#234;te, le corps qui reste l&#224;, infiniment nu, tendre comme un oiseau, un insecte, un tas de poussi&#232;re. une chose aim&#233;e mais ind&#233;sirable, une chose qui se l&#232;ve avec le vent et qui ne revient pas, une vie qui ne veut pas finir, qui ne veut pas commencer, qui est ind&#233;finiment prise entre deux images, le besoin de la photographie, le probl&#232;me de la disparition, le probl&#232;me des yeux ouverts, le probl&#232;me de la vie r&#234;v&#233;e qui devient un r&#234;ve, une com&#233;die, une lettre d'amour oubli&#233;e au fond d'un tiroir, tond de la rivi&#232;re, au fond du c&#339;ur, je pense &#224; une nuit qui refuse toute lumi&#232;re, une encre qui ne s&#232;che pas, un mot qu'on conna&#238;t mais qu'on ne prononce jamais, une pierre qu'on n'a pas la for&#233;e de lancer, une fen&#234;tre ouverte, une saison nouvelle et le sommeil qui vient vite et se retire avant m&#234;me que les paupi&#232;res ne se ferment, la nuit qui est interminable et qu'on aime comme du marbre, une chose frissonnante qui broie le c&#339;ur, une chose fragile et dure, une carte postale, un livre bleu comme le ciel, le jardin, le fauteuil d&#233;fonc&#233;, une pierre si douce qu'on lui confie tout ce que l'on est, tout ce que l'on n'est pas, un si&#232;cle oubli&#233;, trou&#233;, recommenc&#233; et perdu de nouveau, une peinture emport&#233;e par les loups, une femme aim&#233;e et trahie, aim&#233;e et d&#233;truite, bless&#233;e et repouss&#233;e, une histoire &#233;trang&#232;re &#224; l'image, &#233;trang&#232;re &#224; la voix mais tenue &#224; l'impossible d&#233;sir d'&#234;tre &#233;crite, d'&#234;tre lue, d'&#234;tre aim&#233;e, d'&#234;tre ha&#239;e, reni&#233;e, perdue pour de bon comme si c'&#233;tait la premi&#232;re fois, comme si j'avais le dos tourn&#233; et que je me mettais &#224; parler, comme si une parole &#233;tait un fruit, une table, une promesse cent fois rompue, une vie rejou&#233;e sous la pluie, &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;https://www.lequartanier.com/catalogue/vienouvelle.htm&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;i&gt;Vie nouvelle&lt;/i&gt;, Micha&#235;l Trahan, Le Quartanier, 2020.&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Vous pouvez suivre le podcast de ces lectures versatiles sur les diff&#233;rents points d'acc&#232;s ci-dessous : &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;https://anchor.fm/s/24d0b3d4/podcast/rss&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;RSS&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt; | &lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;https://podcasts.apple.com/fr/podcast/en-lisant-en-%C3%A9crivant/id1517222611&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Apple Podcast&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt; | &lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;https://www.youtube.com/c/PierreM%C3%A9nard/podcasts&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Youtube&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt; | &lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;https://www.deezer.com/fr/show/1001542221&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Deezer&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt; | &lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;https://open.spotify.com/show/5VkBfdpna4Cg8lkfrP5Crp&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Spotify&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Ruban de M&#246;bius : La zone comme espace affranchi des lieux et du temps</title>
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		<dc:date>2020-12-13T09:00:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Pierre M&#233;nard</dc:creator>


		<dc:subject>Architecture</dc:subject>
		<dc:subject>&#201;criture</dc:subject>
		<dc:subject>Vid&#233;o</dc:subject>
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		<description>
&lt;p&gt;Le colloque international La route et ses bas-c&#244;t&#233;s (imaginaire des lieux autoroutiers liminaires) qui devait avoir lieu en avril 2020 &#224; l'Universit&#233; de Montr&#233;al, a finalement lieu en ligne les 10 et 11 d&#233;cembre 2020. &lt;br class='autobr' /&gt;
En mai 2012, pour r&#233;pondre &#224; l'appel de textes de cr&#233;ation autour d'un trajet, r&#233;el ou fabul&#233; &#171; Vers Qu&#233;bec &#187;, j'avais &#233;crit &#224; l'&#233;poque Ruban de M&#246;bius, &#233;labor&#233; &#224; partir de Google Street View, un texte qui s'interrogeait sur l'&#233;tranget&#233; de ces espaces et l'impression de (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/architecture" rel="tag"&gt;Architecture&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/ecriture" rel="tag"&gt;&#201;criture&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/video" rel="tag"&gt;Vid&#233;o&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/langage" rel="tag"&gt;Langage&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/voix" rel="tag"&gt;Voix&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/montreal" rel="tag"&gt;Montr&#233;al&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/paris" rel="tag"&gt;Paris&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/derive" rel="tag"&gt;D&#233;rive&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/memoire" rel="tag"&gt;M&#233;moire&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.liminaire.fr/local/cache-vignettes/L150xH84/arton2209-39e6a.png?1752752512' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='84' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_3403 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.liminaire.fr/local/cache-vignettes/L250xH323/montre_al-a91ca.png?1739537272' width='250' height='323' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt; &lt;p&gt;Le colloque international &lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;https://route.ecrituresnumeriques.ca/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;La route et ses bas-c&#244;t&#233;s (imaginaire des lieux autoroutiers liminaires&lt;/a&gt;)&lt;/strong&gt; qui devait avoir lieu en avril 2020 &#224; &lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;http://www.umontreal.ca&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;l'Universit&#233; de Montr&#233;al&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;, a finalement lieu en ligne les 10 et 11 d&#233;cembre 2020.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En mai 2012, pour r&#233;pondre &#224; l'appel de textes de cr&#233;ation autour d'un trajet, r&#233;el ou fabul&#233; &lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;https://carnets.contemporain.info/moyens/vers-quebec-textes&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&#171; Vers Qu&#233;bec &#187;&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;, j'avais &#233;crit &#224; l'&#233;poque &lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;http://liminaire.fr/au-lieu-de-se-souvenir/article/ruban-de-mobius&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Ruban de M&#246;bius&lt;/i&gt;&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;, &#233;labor&#233; &#224; partir de &lt;i&gt;Google Street View&lt;/i&gt;, un texte qui s'interrogeait sur l'&#233;tranget&#233; de ces espaces et l'impression de d&#233;j&#224;-vu qu'ils laissent en nous, ces paysages qui nous sont familiers sans que nous n'y soyons jamais all&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour r&#233;pondre &#224; l'invitation de la &lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;https://digitaltextualities.ca/fr/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Chaire de recherche du Canada sur les &#201;critures num&#233;riques&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;, j'ai relu ce texte et le relis avec un texte &#233;crit sp&#233;cialement sur le th&#232;me de l'autoroute et de ses bas-c&#244;t&#233;s, &#224; partir d'une vid&#233;o que j'ai tourn&#233;e sous l'&#233;changeur de la porte de Bagnolet. Une femme marche dans un endroit cach&#233;, un jardin secret dissimul&#233; sous les voies de ce complexe autoroutier qui se croisent sur le boulevard p&#233;riph&#233;rique de Paris, dans la zone qui s'appelait encore ainsi &#224; l'&#233;poque des fortifications. Elle se souvient des p&#233;riples d'un ami &#224; cet endroit, les d&#233;crit en se rappelant leur dialogue de loin. &lt;br&gt;
&lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;center&gt;&lt;iframe width=&#034;760&#034; height=&#034;515&#034; src=&#034;https://www.youtube.com/embed/inJypS7KBHk&#034; frameborder=&#034;0&#034; allow=&#034;accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture&#034; allowfullscreen&gt;&lt;/iframe&gt;&lt;/center&gt;
&lt;p&gt;&lt;br&gt;
&lt;br&gt;
L'HOMME&lt;br class='autobr' /&gt;
Elle marche vers l'&#233;changeur de la porte de Bagnolet. Elle traverse la ville, elle monte les marches de l'escalier pour rejoindre la dalle au pied des tours jumelles. Elle avance, d'un pas l&#233;ger, les yeux lev&#233;s vers le ciel. Elle regarde autour d'elle. Le ciel est d'un bleu transparent. Elle s'arr&#234;te un instant pour r&#233;fl&#233;chir. D&#233;cider l'itin&#233;raire qu'elle va prendre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;LE CONDUCTEUR&lt;br class='autobr' /&gt;
Peut-&#234;tre perdu, ne pas savoir. T&#234;te en l'air. Tourner en voiture sur l'autoroute, chercher son chemin sans savoir o&#249; aller, ne pas parvenir &#224; se rep&#233;rer, savoir pr&#233;cis&#233;ment ce que je fais l&#224;, dans cette voiture, emport&#233; litt&#233;ralement par elle, son mouvement lancinant, elliptique, le trajet qu'elle op&#232;re. Les images d&#233;filent sous mes yeux fatigu&#233;s (la vitre se fait &#233;cran) diff&#233;rentes de celles que j'ai dans la t&#234;te, et de celles qu'elles produisent en moi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'HOMME&lt;br class='autobr' /&gt;
Les gens vont et viennent sur la dalle. Ils habitent le quartier. Quand ils traversent la passerelle pour rejoindre le centre commercial o&#249; ils vont faire leur course, le m&#233;tro pour aller travailler, la gare de bus, ils surplombent le ruban des routes en contrebas, ils ne pr&#234;tent pas attention au paysage. Ils l'ignorent. Pas un regard. C'est comme s'ils avaient le vertige, une peur de cet appel et l'impossibilit&#233; de s'en sortir. De s'&#233;loigner de ce lieu. La route se profile &#224; l'horizon, c'est une invitation au d&#233;part. Mais il faudrait faire la route &#224; l'envers, rebrousser chemin.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;LA FEMME&lt;br class='autobr' /&gt;
&#199;a ma rappelle le disque de Fr&#233;hel qu'&#233;coutait Jean-Pierre L&#233;aud dans le film de Jean Eustache que tu m'avais fait d&#233;couvrir : &lt;i&gt;La maman et la putain&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'HOMME&lt;br class='autobr' /&gt;
La route est d&#233;serte, abandonn&#233;e. Elle voit des voitures qui s'approchent, mais elles tournent au dernier moment, empruntent une autre voie, comme si elles rencontraient un sens interdit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;LE CONDUCTEUR&lt;br class='autobr' /&gt;
Tout se m&#234;le. Les immeubles se profilent au loin. Immenses arches en b&#233;ton des ponts de l'autoroute au-dessus de ma t&#234;te. Nuages passagers. Et cette impression de d&#233;j&#224;-vu. Je suis venu en voiture &#224; cet endroit pr&#233;cis. Il y a longtemps d&#233;j&#224;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'HOMME&lt;br class='autobr' /&gt;
Elle traverse la route. Il n'y a pas de danger mais elle presse le pas. Elle ne veut pas rester au milieu de la route dont la pente inclin&#233;e la conduit vers un lieu qu'elle ne conna&#238;t pas encore mais qui l'attire. On dirait un jardin &#224; l'abri des regards. Elle marche lentement pour ne pas tr&#233;bucher, le rebord de la route est d&#233;fonc&#233;e, des trous pourraient pr&#233;cipiter sa chute. Elle parvient enfin dans ce lieu retir&#233;. &#192; l'abri.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;LA FEMME&lt;br class='autobr' /&gt;
Tu cherchais des r&#233;ponses en partant de l'id&#233;e que le monde restait &#224; explorer et qu'il demeurait une &#233;nigme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'HOMME&lt;br class='autobr' /&gt;
Sous le ruban des routes au-dessus de sa t&#234;te, les voies de garage pour entrer au parking couvert que peu de voitures utilisent finalement. Elle s'avance sur le terre-plain central. De la terre, de l'herbe et des arbustes ont pouss&#233; l&#224;. On dirait vraiment un jardin. Elle a l'impression de se situer entre le r&#233;el enr&#234;v&#233; et le r&#234;ve &#233;veill&#233;, entre le sol et le ciel, entre le monde observ&#233; et la vision hallucin&#233;e, entre les t&#233;n&#232;bres et la lumi&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;LA FEMME&lt;br class='autobr' /&gt;
Les zones d'ombres imperceptibles ou dissimul&#233;es restaient nombreuses. Il existe des mondes parall&#232;les hors de notre port&#233;e. C'est ce que tu me disais &#224; l'&#233;poque.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'HOMME&lt;br class='autobr' /&gt;
C'&#233;tait la Zone ici. Une bande de terrains vagues occup&#233;e par une population tr&#232;s pauvre. Entre 1953 et 1973, les zoniers migr&#232;rent dans un mouvement circulaire, tout autour de Paris, au rythme de la construction du p&#233;riph&#233;rique qui finit par engloutir enti&#232;rement la Zone. L'ambition sociale qui &#233;tait de reloger sur place les anciens zoniers ne sera pas respect&#233;e, ils iront &#224; Pantin, Bagnolet ou Orly. Un certain nombre continuera de camper tr&#232;s longtemps sous le p&#233;riph&#233;rique parisien ou &#224; ses abords.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;LA FEMME&lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; Le P&#233;riph' &#187; en &#233;cho aux &#171; fortif' &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'HOMME&lt;br class='autobr' /&gt;
Un espace affranchi des lieux et du temps.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;LE CONDUCTEUR&lt;br class='autobr' /&gt;
La voiture tourne en rond, monte et descend, mon corps ballott&#233; d'un c&#244;t&#233; et de l'autre de l'habitacle, surpris par le vertige, suspendu entre ciel et terre, une vingtaine de m&#232;tres au-dessus du sol. L'impression d'avoir les yeux band&#233;s, ce jeu que j'affectionnais enfant, tourne, tourne, et quand le voile se l&#232;ve enfin, aveugl&#233;s par la vive lumi&#232;re, fermer les yeux l'espace d'un instant. Tout se brouille, le corps chancelant, d&#233;boussol&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'HOMME&lt;br class='autobr' /&gt;
Elle se souvient de ce que tu lui as racont&#233; sur cet endroit. Tu lui en avais parl&#233; au moment de votre rencontre. C'est une mani&#232;re de te retrouver, de venir l&#224; sans toi. De penser &#224; toi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;LA FEMME&lt;br class='autobr' /&gt;
Je pense &#224; toi dans ce lieu loin de tout, je pense &#224; toi loin de moi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'HOMME&lt;br class='autobr' /&gt;
Dans un futur proche, ou peut-&#234;tre un pass&#233; r&#233;cent. Aux abords de l'&#233;changeur de la porte de Bagnolet. Construit autour d'un grand parking coupl&#233; avec une gare routi&#232;re. Cet espace singulier est devenu le refuge pr&#233;caire de migrants.&lt;br class='autobr' /&gt;
Les flux migratoires n'ont jamais cess&#233;. Dans ces campements de fortune au bord de l'&#233;changeur, il y a eu des Bulgares, des Roms, il y a eu des Maliens, des Afghans, des Syriens. Ils se sont r&#233;fugi&#233;s dans les recoins inhabit&#233;s de l'&#233;changeur, dans ces zones blanches o&#249; personne ne va, que personne ne veut voir ni ne surveille. Dissimul&#233;s derri&#232;re les ronces et les arbustes, sous l'amas de morceaux de bois, de palettes, de t&#244;les ondul&#233;s, de b&#226;ches plastique de couleur bleu, pour se construire un abri.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;LA FEMME&lt;br class='autobr' /&gt;
Hors temps et hors lieu, entre chez soi et les terres &#233;trang&#232;res, entre regrets et potentialit&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;LE CONDUCTEUR&lt;br class='autobr' /&gt;
Arriver dans ce lieu &#224; part, cach&#233;, encercl&#233; de barri&#232;res, est toujours comme un voyage dans le temps, dans une &#233;poque r&#233;volue. C'est comme entrer dans une bulle, sorte de kyste immobile coinc&#233; entre le flux incessant des v&#233;hicules, des passagers, des migrants, des marchandises.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;LA FEMME&lt;br class='autobr' /&gt;
Tu m'&#233;crivais : Comment le monde pourrait-il encore nous surprendre ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'HOMME&lt;br class='autobr' /&gt;
Des images de transit, d&#233;voilent des ombres et des abysses, proposent des constellations et des souffles. Elles se tiennent juste l&#224;, devant ses yeux &#233;carquill&#233;s. Comme ces lignes artificielles invisibles que sont les fronti&#232;res, dessin&#233;es par l'humain pour des raisons &#233;conomiques, culturelles ou politiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;LE CONDUCTEUR&lt;br class='autobr' /&gt;
La t&#234;te &#224; droite &#224; gauche pour tenter de rep&#233;rer un itin&#233;raire, un chemin, une voie &#224; suivre, une direction &#224; prendre. La route effectue une boucle, en bretelles d'autoroute et ponts suspendus dans le vide. Difficile de se r&#233;soudre &#224; sortir de ce paysage r&#233;p&#233;t&#233; &#224; l'identique, de ces variations de r&#233;cit sur r&#233;el.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'HOMME&lt;br class='autobr' /&gt;
Elle se tient droite, au milieu du jardin, la t&#234;te lev&#233;e. Elle ne voit pas les voitures qui passent sur la route au-dessus d'elle. Elle ne voit pas les camions, mais elle entend le bruit des v&#233;hicules. Sous les voies de l'&#233;changeur construites en dalles de b&#233;ton pr&#233;contraintes, l&#233;g&#232;res et disjointes pour laisser p&#233;n&#233;trer la lumi&#232;re du jour jusqu'en bas.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;LA FEMME&lt;br class='autobr' /&gt;
Cette place am&#233;nag&#233;e sous l'&#233;changeur, en r&#233;serve, tu l'appelais la zone, en souvenir du film de Tarkovski, que tu aimais tant. L'histoire de ces hommes, un &#233;crivain et un physicien, guid&#233;s par un passeur, le &lt;i&gt;Stalker&lt;/i&gt; &#224; travers un &lt;i&gt;no man's land&lt;/i&gt; o&#249; les fondamentaux de la physique sont alt&#233;r&#233;s, pour trouver la Chambre o&#249;, dit-on, les d&#233;sirs les plus secrets s'exaucent. Ce film t'avait appris qu'aller droit au but n'est pas la route la plus s&#251;re, il faut emprunter des chemins d&#233;tourn&#233;s. On doit laisser ses d&#233;fenses &#224; l'entr&#233;e et cheminer d&#233;sarm&#233;, ne jamais suivre deux fois le m&#234;me itin&#233;raire ni sortir de la Zone par o&#249; l'on est entr&#233;. Tu pr&#233;tendais que cette zone &#233;tait comme nous l'avions cr&#233;&#233;e nous-m&#234;mes, comme notre &#233;tat d'&#226;me, que ce que nous y trouvions ne d&#233;pendait pas de la zone, &#231;a d&#233;pendait de nous.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'HOMME&lt;br class='autobr' /&gt;
Les ombres des v&#233;hicules se projettent furtives sur les contreforts des bordures de la route. Le souffle du vent sur son visage. La chaleur d'un rayon de soleil. L'odeur de la poussi&#232;re et du b&#233;ton froid. Elle ressent le rythme, une certaine vibration des roues des v&#233;hicules sur le rev&#234;tement du sol, les acc&#233;l&#233;rations incessantes des moteurs, des changement de vitesse, les glissements, les appels d'air des v&#233;hicules roulant &#224; toute vitesse. On les entend mais on ne les voit pas. Leurs ombres se profilent sur les contreforts de la route, lui font signe de loin.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;LA FEMME&lt;br class='autobr' /&gt;
Tu &#233;tais &#224; la recherche de ces &#238;les fant&#244;mes, ces &#238;les dont l'existence, mentionn&#233;e sur des atlas pendant un certain temps, en a &#233;t&#233; ensuite retir&#233;e parce qu'il a &#233;t&#233; prouv&#233; qu'elles n'existaient pas. Tu poursuivais l'enqu&#234;te malgr&#233; tout. Il y avait de nombreuses raisons qui pouvaient expliquer ces fictions g&#233;ographiques. Des int&#233;r&#234;ts g&#233;opolitiques, &#233;conomiques, des questions de droit, de mirages, d'illusions d'optiques, d'erreurs humaines, de l&#233;gendes. Tu te demandais parfois si, dans un monde hyperconnect&#233; et exhaustivement cartographi&#233;, il pouvait encore exister des terres inconnues ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;LE CONDUCTEUR&lt;br class='autobr' /&gt;
Les camions, les voitures nous doublent &#224; vive allure. Personne ne nous regarde. Chacun pour soi. Je me laisse conduire, &#224; la place du mort. Ne rien diriger, laisser juste glisser son regard par la fen&#234;tre, tenter tout de m&#234;me de voir quelque chose, des bribes de r&#233;el. Avec la vitesse c'est toujours compliqu&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'HOMME&lt;br class='autobr' /&gt;
L'architecte de l'&#233;changeur de la porte de Bagnolet, voyait son projet comme &#171; un estuaire, avec une arriv&#233;e, un d&#233;part et, au milieu, une &#238;le &#187;. Sous les voies de l'autoroute construites en dalles de b&#233;ton. La dalle du parking est rest&#233;e d&#233;sesp&#233;r&#233;ment vide pendant tr&#232;s longtemps, offrant au regard l'aspect d'un immense monolithe de b&#233;ton aveugle. On a imagin&#233; une salle de sport, une patinoire, un v&#233;lodrome et une salle de concert avant de construire &#224; la place un vaste centre commercial. Plus de 180 000 automobilistes empruntent ce r&#233;seau chaque jour.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;LE CONDUCTEUR&lt;br class='autobr' /&gt;
L&#224;, les rubans gris&#233;s de l'autoroute qui dessinent des S semblent s'enlacer &#224; l'infini. En contrebas une structure en b&#233;ton nu s&#233;pare les deux autoroutes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;LA FEMME&lt;br class='autobr' /&gt;
Tu parlais de monuments fant&#244;mes qui ont travers&#233; le temps.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;LE CONDUCTEUR&lt;br class='autobr' /&gt;
Tous ces lieux n'existent plus depuis longtemps d&#233;j&#224;, en tout cas plus comme on peut les observer sur ces images. Je continue pourtant &#224; les voir ces lieux, &#224; les arpenter ces routes vertigineuses, &#224; refaire ce parcours en boucle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'HOMME&lt;br class='autobr' /&gt;
Ici, le temps s'&#233;ternise. Une succession d'&#233;v&#233;nements extraordinairement vains est en cours. Le d&#233;cor prend des initiatives mais elle n'y pr&#234;te pas vraiment attention. Cela ressemble &#224; un faux d&#233;part, rien ne se r&#233;alise et le r&#233;el b&#233;gaye. Elle se souvient.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;LE CONDUCTEUR&lt;br class='autobr' /&gt;
C'est un temps qui ne peut pas se clore. M&#234;me si ces images s'effacent peu &#224; peu, ou viennent &#224; dispara&#238;tre, j'en pr&#233;serve en moi un double sans pareil. Un trajet intime.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;LA FEMME&lt;br class='autobr' /&gt;
Un chemin qui s'ouvre en toi.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Journal du regard (Semaine 19)</title>
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		<dc:date>2019-05-13T08:09:37Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Pierre M&#233;nard</dc:creator>


		<dc:subject>Regard</dc:subject>
		<dc:subject>Photographie</dc:subject>
		<dc:subject>Ville</dc:subject>
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		<dc:subject>Biographie</dc:subject>
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		<dc:subject>Nature</dc:subject>
		<dc:subject>Montr&#233;al</dc:subject>
		<dc:subject>Journal du regard</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Chaque jour, un film d'une minute environ, chaque lundi, la compilation du journal vid&#233;o de la semaine pr&#233;c&#233;dente, et le texte qui s'&#233;crit en creux. &lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; Une sorte de palimpseste, dans lequel doivent transpara&#238;tre les traces - t&#233;nues mais non d&#233;chiffrables - de l'&#233;criture &#8220;pr&#233;alable&#8221; &#187; &lt;br class='autobr' /&gt;
Jorge Borges, Fictions &lt;br class='autobr' /&gt;
Je tourne le dos au soleil. &#192; l'int&#233;rieur s'ouvre quelque part un trou noir. L'image manquante est une image d&#233;sirante qui engendre ensuite un film. &lt;br class='autobr' /&gt;
L'ordre des choses semble (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.liminaire.fr/chronique/journal/" rel="directory"&gt;Journal&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/regard" rel="tag"&gt;Regard&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/photographie" rel="tag"&gt;Photographie&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/ville" rel="tag"&gt;Ville&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/voix" rel="tag"&gt;Voix&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/sons" rel="tag"&gt;Sons&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/quotidien" rel="tag"&gt;Quotidien&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/paysage" rel="tag"&gt;Paysage&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/paris" rel="tag"&gt;Paris&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/musique" rel="tag"&gt;Musique&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/numerique" rel="tag"&gt;Num&#233;rique&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/nature" rel="tag"&gt;Nature&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/montreal" rel="tag"&gt;Montr&#233;al&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/journal-du-regard" rel="tag"&gt;Journal du regard&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.liminaire.fr/local/cache-vignettes/L150xH84/arton2083-9f85a.jpg?1752752512' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='84' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;i&gt;Chaque jour, un film d'une minute environ, chaque lundi, la compilation du journal vid&#233;o de la semaine pr&#233;c&#233;dente, et le texte qui s'&#233;crit en creux.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Une sorte de palimpseste, dans lequel doivent transpara&#238;tre les traces - t&#233;nues mais non d&#233;chiffrables - de l'&#233;criture &#8220;pr&#233;alable&#8221; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Jorge Borges, &lt;i&gt;Fictions&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;center&gt;&lt;iframe width=&#034;560&#034; height=&#034;315&#034; src=&#034;https://www.youtube.com/embed/rJ8s8W0DkBM&#034; frameborder=&#034;0&#034; allow=&#034;accelerometer; autoplay; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture&#034; allowfullscreen&gt;&lt;/iframe&gt;&lt;/center&gt;
&lt;p&gt;Je tourne le dos au soleil. &#192; l'int&#233;rieur s'ouvre quelque part un trou noir. L'image manquante est une image d&#233;sirante qui engendre ensuite un film.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'ordre des choses semble boulevers&#233;. C'est tout le paysage qui change. Comme un sourire qui enrobe toute la ville. Le lieu o&#249; l'on peut &#234;tre qui l'on veut, o&#249; l'espace et le temps n'ont plus cours, o&#249; les horloges sont arr&#234;t&#233;es ou d&#233;boussol&#233;es, un lieu o&#249; l'on communique par les corps.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&#233;criture a ses propres crit&#232;res de temps. Elle envahit tout, on ne la laisse pas, comme c'est le cas ailleurs, entre parenth&#232;ses. Des nuages et le cri des foudres, cet ultime jeu du ciel. Une fois encore.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'o&#249; peut-il donc venir alors que tout le monde ne cherche qu'&#224; avancer ? Tout l&#224;-haut, dans les nuages, les gouttes de pluie d&#233;goulinent sur nos fronts rougis par l'effort, tandis que de nos mains s'&#233;chappent les derniers pinceaux du vertige. Je suis venu sans un mot mais combl&#233; d'images et de sons.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Absorber le temps qui se r&#233;sorbe en nous. La fatigue et la m&#233;lancolie, le noir et le vertige. Ce qu'on n'a pas dit, ce qu'on voulait dire, ce qu'il aurait fallu dire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le temps ne se laisse pas entra&#238;ner. Attendre la pluie. Et quand la pluie est l&#224;, dans l'abri de la chambre ou sous un porche, en r&#234;vant de l'&#233;t&#233;, en m&#233;moire de l'hiver. Une fa&#231;on d'&#234;tre. Toujours en avance d'une saison. Il faut savoir anticiper. Apprendre &#224; tenir. Parer au moins press&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Vivre &#224; hauteur d'inou&#239;. Tout en nous est mouvement. Faut-il faire semblant de s'&#233;tonner ?&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Journal du regard (Semaine 18)</title>
		<link>https://www.liminaire.fr/chronique/journal/article/journal-du-regard-semaine-18</link>
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		<dc:date>2019-05-07T08:17:56Z</dc:date>
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		<dc:creator>Pierre M&#233;nard</dc:creator>


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		<dc:subject>Num&#233;rique</dc:subject>
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		<dc:subject>Journal du regard</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Chaque jour, un film d'une minute environ, chaque lundi, la compilation du journal vid&#233;o de la semaine pr&#233;c&#233;dente, et le texte qui s'&#233;crit en creux. &lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; Une sorte de palimpseste, dans lequel doivent transpara&#238;tre les traces - t&#233;nues mais non d&#233;chiffrables - de l'&#233;criture &#8220;pr&#233;alable&#8221; &#187; &lt;br class='autobr' /&gt;
Jorge Borges, Fictions &lt;br class='autobr' /&gt;
Les matins seront froids, les soirs aussi. Dans le bois l'oiseau siffle de mani&#232;re r&#233;p&#233;t&#233;e : qui es-tu ? qui es-tu ? Tenter de s'&#233;blouir &#224; fixer le soleil. Se faufiler dans un de ce (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/video" rel="tag"&gt;Vid&#233;o&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/musique" rel="tag"&gt;Musique&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/numerique" rel="tag"&gt;Num&#233;rique&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/montreal" rel="tag"&gt;Montr&#233;al&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/journal-du-regard" rel="tag"&gt;Journal du regard&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.liminaire.fr/local/cache-vignettes/L150xH113/arton2081-4fe65.jpg?1752752512' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='113' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;i&gt;Chaque jour, un film d'une minute environ, chaque lundi, la compilation du journal vid&#233;o de la semaine pr&#233;c&#233;dente, et le texte qui s'&#233;crit en creux.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Une sorte de palimpseste, dans lequel doivent transpara&#238;tre les traces - t&#233;nues mais non d&#233;chiffrables - de l'&#233;criture &#8220;pr&#233;alable&#8221; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Jorge Borges, &lt;i&gt;Fictions&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;center&gt;&lt;iframe width=&#034;560&#034; height=&#034;315&#034; src=&#034;https://www.youtube.com/embed/rZD1JeyuhcM&#034; frameborder=&#034;0&#034; allow=&#034;accelerometer; autoplay; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture&#034; allowfullscreen&gt;&lt;/iframe&gt;&lt;/center&gt;
&lt;p&gt;Les matins seront froids, les soirs aussi. Dans le bois l'oiseau siffle de mani&#232;re r&#233;p&#233;t&#233;e : qui es-tu ? qui es-tu ? Tenter de s'&#233;blouir &#224; fixer le soleil. Se faufiler dans un de ce temps morts, &#224; l'heure qui pr&#233;c&#232;de l'ouverture. Friction des temporalit&#233;s. L'&#233;criture comme questionnement. Passer d'un c&#244;t&#233; &#224; l'autre. Envisager les circulations. C'est partie de cette id&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais on n'arriverait jamais quelque part. Dans l'ombre on perdrait m&#234;me l'id&#233;e d'y aller. Tourner en rond dans la fatigue d'un chemin d&#233;j&#224; emprunt&#233; qu'on reprend &#224; l'identique comme pour v&#233;rifier qu'on ne s'est pas perdu tout ce temps l&#224;. La loi des s&#233;ries dont je ne suis pas dupe. Le genou qui tire, qui boite, ralentit l'allure. Je vais finir &#224; genoux. J'attends qu'il arr&#234;te de faire beau lorsque chaque matin on m'annonce la pluie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Vibrations &#224; l'horizon, la ligne menant au point de fuite. Ombres comme reflets soulignent le d&#233;doublement de la mise en sc&#232;ne, de cette saisie oblique de soi. Une co&#239;ncidence cette proximit&#233;. Le temps fait effraction. Jusqu'ici l'op&#233;ration est un succ&#232;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le lieu de tout ce qui n'est pas l&#224;. Se chercher, se r&#233;soudre, se perdre, le temps pris, revenir sur ses pas. Douter encore. Ce ne doit pas &#234;tre un hasard. Dans un ensemble discontinu d'&#233;clats. Et si, &#224; force d'en parler, on cessait de le regarder ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous sommes des &#233;vidences. La narration de notre propre pr&#233;sence inh&#233;rente &#224; une perp&#233;tuelle mouvance. Soulagements de corps, un dernier essoufflement. Parfois notre pr&#233;sence persiste m&#234;me si notre empreinte semble invisible. J'attends un regard comme on esp&#232;re une invitation. L'envie est au recommencement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#233;lier les lieux, voil&#224; ce qu'il faudrait. On n'&#233;crit pas le lieu d'o&#249; l'on vient mais du lieu o&#249; l'on est, l'endroit o&#249; l'on n'est plus. Il faut revenir sur nos pas en effa&#231;ant nos traces. Un souvenir, un &#233;cran. D&#233;tails et d&#233;dales. Les espaces comme des points sont reli&#233;s par l'horizon. Je voudrais &#234;tre avec toi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pourquoi persistes-tu &#224; chercher l'&#233;piphanie dans la vacuit&#233; ? Ce sera autant d'indices pour la suite. Pour tout vous dire je ne suis pas d'ici. L'image impossible qui &#171; a lieu &#187; devant moi. Une &#233;chelle de distance. Tout ira bien &#224; la fin, et si &#231;a ne va pas c'est que ce n'est pas encore la fin.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>Journal du regard (Semaine 17)</title>
		<link>https://www.liminaire.fr/chronique/journal/article/journal-du-regard-semaine-17</link>
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		<dc:date>2019-04-29T08:10:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Pierre M&#233;nard</dc:creator>


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		<dc:subject>Journal du regard</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Chaque jour, un film d'une minute environ, chaque lundi, la compilation du journal vid&#233;o de la semaine pr&#233;c&#233;dente, et le texte qui s'&#233;crit en creux. &lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; Une sorte de palimpseste, dans lequel doivent transpara&#238;tre les traces - t&#233;nues mais non d&#233;chiffrables - de l'&#233;criture &#8220;pr&#233;alable&#8221; &#187; &lt;br class='autobr' /&gt;
Jorge Borges, Fictions &lt;br class='autobr' /&gt;
&#192; chacun d'entrevoir cette ombre ou cette aube et de choisir sa propre nuit, sans illusion. Dire l'ombre plut&#244;t que la lumi&#232;re. Propension &#224; vivre dans le pass&#233;. Je ne sais o&#249; je (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/voix" rel="tag"&gt;Voix&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/sons" rel="tag"&gt;Sons&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/biographie" rel="tag"&gt;Biographie&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/derive" rel="tag"&gt;D&#233;rive&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/poesie" rel="tag"&gt;Po&#233;sie&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/paysage" rel="tag"&gt;Paysage&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/paris" rel="tag"&gt;Paris&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/video" rel="tag"&gt;Vid&#233;o&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/voyage" rel="tag"&gt;Voyage&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/journal" rel="tag"&gt;Journal&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/montreal" rel="tag"&gt;Montr&#233;al&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/journal-du-regard" rel="tag"&gt;Journal du regard&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.liminaire.fr/local/cache-vignettes/L150xH113/arton2080-5eb36.jpg?1752752512' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='113' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;i&gt;Chaque jour, un film d'une minute environ, chaque lundi, la compilation du journal vid&#233;o de la semaine pr&#233;c&#233;dente, et le texte qui s'&#233;crit en creux.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Une sorte de palimpseste, dans lequel doivent transpara&#238;tre les traces - t&#233;nues mais non d&#233;chiffrables - de l'&#233;criture &#8220;pr&#233;alable&#8221; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Jorge Borges, &lt;i&gt;Fictions&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;center&gt;&lt;iframe width=&#034;560&#034; height=&#034;315&#034; src=&#034;https://www.youtube.com/embed/U3ETSbSFTOg&#034; frameborder=&#034;0&#034; allow=&#034;accelerometer; autoplay; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture&#034; allowfullscreen&gt;&lt;/iframe&gt;&lt;/center&gt;
&lt;p&gt;&#192; chacun d'entrevoir cette ombre ou cette aube et de choisir sa propre nuit, sans illusion. Dire l'ombre plut&#244;t que la lumi&#232;re. Propension &#224; vivre dans le pass&#233;. Je ne sais o&#249; je vais. S'enfuir dehors et dedans m&#234;me. Et d&#233;j&#224; tout est oubli&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le spectacle est banal, m&#234;me si fort accablant. Incapacit&#233; &#224; accepter le monde tel qu'il est, dans ses travers et m&#234;me sa beaut&#233;, fugace, fragmentaire : invisible ou cach&#233;e. Il est &#224; l'inverse dans ce rideau qu'on d&#233;chire. Nous manquons singuli&#232;rement d'ouverture, d'attention. Nous n'apercevons sans doute qu'&#233;bauches et fragments.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#201;clats dont l'apparent d&#233;sordre est en lui-m&#234;me un ordre et o&#249; l'homme est r&#233;duit &#224; son regard. Il ne bouge pas. Il ne bouge jamais. Et d'ailleurs rien ne bouge, le temps n'existe pas. Une retenue apparente.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#201;tranger &#224; moi-m&#234;me. Permettez-moi, pour plus de clart&#233;, d'avancer ici quelques exemples. La marge est grande. Par-del&#224; nos diff&#233;rences, voire nos divergences. Il reste un seuil &#224; franchir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le temps passe et j'invente et je cr&#233;&#233; et je mens. Le temps manque pour reconstituer chacune des &#233;preuves. Le temps s'&#233;coule et se d&#233;compose. Seule jusqu'&#224; ne plus entendre, ne plus savoir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ni d&#233;part, ni d'arriv&#233;e. La pudeur voudrait qu'on se taise. Parlant &#224; travers, voire &#224; tort, et vers d'autres. Comme sur un &#233;cran tendu &#224; l'int&#233;rieur de soi. Je reviens de loin mais c'est rapide.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il n'y a pas de trace de sentiers, ni de clairi&#232;res. Essayons d'&#234;tre plus pr&#233;cis. Fulgurance des sensations o&#249; tout est calme et repos&#233;. R&#233;guler le mouvement des mots. Et pour le reste je marche en ville. Je crois r&#234;ver.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>Extrait des actions de chemins</title>
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		<dc:date>2017-05-30T15:58:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Pierre M&#233;nard</dc:creator>


		<dc:subject>Regard</dc:subject>
		<dc:subject>&#201;criture</dc:subject>
		<dc:subject>Photographie</dc:subject>
		<dc:subject>Ville</dc:subject>
		<dc:subject>D&#233;rive</dc:subject>
		<dc:subject>Po&#233;sie</dc:subject>
		<dc:subject>Paysage</dc:subject>
		<dc:subject>Voyage</dc:subject>
		<dc:subject>Num&#233;rique</dc:subject>
		<dc:subject>Montr&#233;al</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Ce texte est un hommage &#224; Benoit Bordeleau et &#224; son travail de d&#233;rive dans Montr&#233;al, dont il a lu un extrait lors de la soir&#233;e de performances et de lectures de la revue bleuOrange, &#224; laquelle j'ai particip&#233; le Jeudi 25 mai 2017 &#224; la Station Ho.st, 1494 rue Ontario, &#224; Montr&#233;al. L'envers du d&#233;cor est parfois plus explicite que l'endroit lui-m&#234;me. Les Foufounes &#201;lectriques sont &#224; l'arr&#234;t. Rue de Boisbriand. &lt;br class='autobr' /&gt;
L'ascension du Mont-Royal est un vrai calvaire. Au sommet il y a m&#234;me une croix (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/poesie" rel="tag"&gt;Po&#233;sie&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/montreal" rel="tag"&gt;Montr&#233;al&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.liminaire.fr/local/cache-vignettes/L150xH84/arton1957-ed0cc.jpg?1739537022' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='84' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Ce texte est un hommage &#224; &lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;https://bbordeleau.wordpress.com&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Benoit Bordeleau&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt; et &#224; son travail de &lt;i&gt;d&#233;rive&lt;/i&gt; dans Montr&#233;al, dont il a lu un extrait lors de la soir&#233;e de performances et de lectures de la &lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;http://revuebleuorange.org/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;revue bleuOrange&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;, &#224; laquelle j'ai particip&#233; le Jeudi 25 mai 2017 &#224; la &lt;i&gt;Station Ho.st&lt;/i&gt;, 1494 rue Ontario, &#224; Montr&#233;al.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'envers du d&#233;cor est parfois plus explicite que l'endroit lui-m&#234;me. &lt;i&gt;Les Foufounes &#201;lectriques&lt;/i&gt; sont &#224; l'arr&#234;t. Rue de Boisbriand.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'ascension du Mont-Royal est un vrai calvaire. Au sommet il y a m&#234;me une croix mais elle est recouverte d'ampoules fa&#231;on Las Vegas.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tu attires mon regard mais comme souvent c'est un d&#233;tail qui retiendra finalement mon attention. Caf&#233; #N&#233;v&#233;, Rue Rachel.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On ne voit pas ce qu'elles observent avec tant d'attention pench&#233;es devant la vitrine, circulez il n'y a rien &#224; voir ! Rue Saint-Denis.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Prenez un livre, donnez en un. Syst&#232;me de livre &#233;change, biblioth&#232;que &#224; ciel ouvert contre le mur de brique blanche rue de la Roche.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les titres des spectacles &#224; l'affiche en ville reviennent en m&#233;moire : Beaucoup de belles choses pour la fin du temps. Rue Saint-Hubert.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Panneau abandonn&#233; dans une friche Rue Saint-Denis, souvenir de la campagne d'Hilary Clinton en 2015 : L'amour l'emporte sur la haine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pecho s'est fait choper, la recherche est vaine, le chat ne reviendra pas et l'affichette dispara&#238;tra &#224; son tour. Rue Saint-Gr&#233;goire #d&#233;rive&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Trouver par hasard dans l'all&#233;e des bouquinistes de la Grande Biblioth&#232;que le recueil de F&#233;lix Leclerc : &#171; Le calepin d'un fl&#226;neur. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La lumi&#232;re se perd dans la foule. L'&#339;uvre montre la fragilit&#233; de l'esp&#232;ce sculpt&#233;e dans une motte de beurre. Avenue McGill College.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On entend encore la sonnerie retentir &#224; distance, au bout du fil et personne ne d&#233;croche, sentiment d'abandon, Rue Sainte-Catherine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sentiment d'extr&#234;me solitude r&#233;duit &#224; n&#233;ant par un promeneur de chien en laisse et la joggeuse en sueur. Sommet du parc Mont-Royal.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Se lib&#233;rer du jour pour l'effacer. &#192; l'abandon, dans la r&#233;p&#233;tition d'un geste inutile. Ce qui file entre les doigts. Rue Saint-Denis.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le mouvement incessant au c&#339;ur du cycle naturel s'inscrit dans le temps. &lt;i&gt;Panta rei&lt;/i&gt;. Tout s'&#233;coule, rien ne reste tel.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au March&#233; Jean-Talon, c'est la foule des grands jours. Tout le monde a les bras charg&#233;s de plantes et de fleurs. Des chariots !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est encore impossible de discerner visuellement l'approche de l'aube. Pixels comme tessons de lumi&#232;res. Place &#201;milie Gamelin.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Le temps d&#233;truit tout, le temps arrange tout. Il est bien insupportable &#224; la fin. J'imagine un pays sans lui. &#187; F&#233;lix Leclerc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Trop las pour imaginer. Le pr&#233;sent n'est pas une copie parfaite. Mais il ne sait plus ce qu'il doit acheter. Rue Jean-Talon Est.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; &#192; la fin, les rus&#233;es tombent dans leurs propres pi&#232;ges. &#187; F&#233;lix Leclerc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le flamand rose indique le sens du vent au jardinier d&#233;boussol&#233; du quartier de la Petite Bourgogne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les passants le fixe sans bouger, &#224; l'aff&#251;t, cherchant la moindre faille, rien qu'un souffle du mannequin vivant. Rue Sainte-Catherine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les reflets modifient nos grilles de lecture. Certains font les mots crois&#233;s, d'autres marchent le nez en l'air. Square Dorchester.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le bleu de la piscine est effet du carreau. Ici, c'est le trottoir qui joue avec le bleu du ciel. Refait &#224; neuf. Avenue de Gasp&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;L'homme rapaill&#233;&lt;/i&gt;, de Gaston #Miron : &#171; Je ne suis pas revenu pour revenir. Je suis arriv&#233; &#224; ce qui commence. &#187; Placette Villeneuve.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Quelques photographies de mon s&#233;jour &#224; Montr&#233;al : &lt;/strong&gt; &lt;br&gt;
&lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;center&gt; &lt;center&gt; &lt;iframe style=&#034;width: 600px; height: 500px;&#034; scrolling=&#034;no&#034; align=&#034;middle&#034; frameborder=&#034;0&#034; src=&#034;https://www.flickr.com/photos/liminaire/albums/72157681259311084/player&#034;&gt; &lt;/iframe&gt; &lt;/center&gt; &lt;/center&gt;
&lt;p&gt;&lt;br&gt;
&lt;br&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Narration combinatoire : L'&#233;criture en mouvement</title>
		<link>https://www.liminaire.fr/projets/article/narration-combinatoire-l-ecriture-en-mouvement</link>
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		<dc:date>2017-05-26T16:14:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Pierre M&#233;nard</dc:creator>


		<dc:subject>&#201;criture</dc:subject>
		<dc:subject>Langage</dc:subject>
		<dc:subject>R&#233;cit</dc:subject>
		<dc:subject>Lecture</dc:subject>
		<dc:subject>Livre</dc:subject>
		<dc:subject>Num&#233;rique</dc:subject>
		<dc:subject>Montr&#233;al</dc:subject>
		<dc:subject>Michel Butor</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Je suis tr&#232;s heureux d'avoir &#233;t&#233; invit&#233; &#224; Montr&#233;al les 25 et 26 mai 2017 dans le cadre du Colloque Litt&#233;rature et dispositifs m&#233;diatiques : pratiques d'&#233;criture et de lecture en contexte num&#233;rique, de l'Universit&#233; du Qu&#233;bec et tout particuli&#232;rement la Chaire de recherche du Canada sur les arts et les litt&#233;ratures que je remercie chaleureusement. Le premier texte que j'ai publi&#233; Le spectre des armatures, a &#233;t&#233; &#233;dit&#233; par Le Quartanier il y a tout juste dix ans. Venir pr&#233;senter le projet des (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/langage" rel="tag"&gt;Langage&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/recit" rel="tag"&gt;R&#233;cit&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/lecture" rel="tag"&gt;Lecture&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/livre" rel="tag"&gt;Livre&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/numerique" rel="tag"&gt;Num&#233;rique&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/montreal" rel="tag"&gt;Montr&#233;al&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/michel-butor" rel="tag"&gt;Michel Butor&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.liminaire.fr/local/cache-vignettes/L150xH84/arton1956-ac056.jpg?1752739356' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='84' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Je suis tr&#232;s heureux d'avoir &#233;t&#233; invit&#233; &#224; Montr&#233;al les 25 et 26 mai 2017 dans le cadre du Colloque &lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;http://liminaire.fr/liminaire/article/litterature-et-dispositifs&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Litt&#233;rature et dispositifs m&#233;diatiques : pratiques d'&#233;criture et de lecture en contexte num&#233;rique&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;, de &lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;http://www.uqam.ca/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;l'Universit&#233; du Qu&#233;bec&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt; et tout particuli&#232;rement la &lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;http://nt2.uqam.ca/fr/chaire-aln&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Chaire de recherche du Canada sur les arts et les litt&#233;ratures&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt; que je remercie chaleureusement. Le premier texte que j'ai publi&#233; &lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;http://liminaire.fr/ateliers-d-ecriture-5/article/pierre-menard-le-spectre-des&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Le spectre des armatures&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;, a &#233;t&#233; &#233;dit&#233; par &lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;http://lequartanier.com/catalogue/spectre.htm&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Le Quartanier&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt; il y a tout juste dix ans. Venir pr&#233;senter le projet des &lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;http://leslignesdedesir.net/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Lignes de d&#233;sir&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt; dans cette ville est donc une &#233;tape importante et un moment tr&#232;s particulier pour moi.
&lt;br&gt;
&lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;center&gt; &lt;iframe src=&#034;//www.slideshare.net/slideshow/embed_code/key/w70wSCgsCXaQtE&#034; width=&#034;595&#034; height=&#034;485&#034; frameborder=&#034;0&#034; marginwidth=&#034;0&#034; marginheight=&#034;0&#034; scrolling=&#034;no&#034; style=&#034;border:1px solid #CCC; border-width:1px; margin-bottom:5px; max-width: 100%;&#034; allowfullscreen&gt; &lt;/iframe&gt; &lt;div style=&#034;margin-bottom:5px&#034;&gt; &lt;a href=&#034;//www.slideshare.net/marelle/narration-combinatoire-le-texte-en-mouvement&#034; title=&#034;Narration combinatoire : Le texte en mouvement&#034; target=&#034;_blank&#034;&gt;
&lt;p&gt; Narration combinatoire : Le texte en mouvement from &lt;a target=&#034;_blank&#034; href=&#034;https://www.slideshare.net/marelle&#034;&gt; Philippe Diaz&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt; &lt;/center&gt; &lt;p&gt;&lt;br&gt;
&lt;br&gt; Dans cette pr&#233;sentation je voudrais vous parler de la &lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;http://oic.uqam.ca/fr/communications/la-narration-combinatoire-lecriture-en-mouvement&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;narration combinatoire&lt;/p&gt;
&lt;/a&gt;
&lt;p&gt;&lt;/strong&gt;. La &lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;https://fr.slideshare.net/ulrfis/narration-combinatoire&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;narration combinatoire&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt; c'est une notion que j'ai d&#233;couvert par le biais d'&lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;http://ulrichfischer.net/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Ulrich Fischer&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;, cin&#233;aste Suisse, que j'ai rencontr&#233; en 2015. Il lance le projet &lt;a href=&#034;http://www.walking-the-edit.net/fr/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;strong&gt;Walking the Edit&lt;/strong&gt;&lt;/a&gt; en janvier 2008. Depuis 2011 il p&#233;rennise tout le travail logiciel et conceptuel mis en place dans le cadre de ce dispositif.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;http://ulrichfischer.net/2016/05/24/projet-lignes-de-desir/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Ulrich m'accompagne dans l'&#233;laboration de mon projet des &lt;i&gt;Lignes de d&#233;sir&lt;/i&gt;&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;, un dispositif interactif qui cherche &#224; mettre le texte en mouvement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; partir des exemples des &lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;http://ulrichfischer.net/projets/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;travaux et projets d'Ulrich Fischer&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt; et celui des &lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;http://leslignesdedesir.net/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Lignes de d&#233;sir&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt; je souhaite montrer comment la litt&#233;rature peut chercher &#224; sortir des limites du livre pour inventer de nouvelles formes et produire des textes qui entrent enfin en r&#233;sonance avec le monde dans lequel nous vivons.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous vivons en effet dans un espace hybride o&#249; les fronti&#232;res entre r&#233;el et num&#233;rique sont devenues poreuses. Au regard de la digitalisation de nos vies, de la prolif&#233;ration des &#171; mondes parall&#232;les &#187; (r&#233;alit&#233; augment&#233;e, r&#233;seaux sociaux&#8230;), de nos mobilit&#233;s nouvelles (voir comment le smartphone influence et bouleverse nos comportements), dans un monde o&#249; les strates spatio-temporelles s'entrem&#234;lent, modifient nos perceptions et configurent notre sens du r&#233;el. Les &#339;uvres d'art et de litt&#233;rature num&#233;riques peuvent nous permettre de mieux le comprendre et l'appr&#233;hender, voire le d&#233;passer, en tout cas ne pas nous laisser &#224; sa merci et sans contr&#244;le. Le num&#233;rique transforme sensiblement nos mani&#232;res d'&#233;crire, de lire, et change notre rapport au monde. Il bouleverse &#233;galement les r&#244;les de cr&#233;ateur, d'auteur, de lecteur, d'acteur, de spectateur qui se brouillent et sont parfois remis en question.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On a beaucoup parl&#233; d'&#233;criture num&#233;rique, mais la plupart des textes &#233;crits et diffus&#233;s aujourd'hui au format num&#233;rique, suivent le mod&#232;le classique, ancien, du livre imprim&#233;. Avec un d&#233;but, un milieu, et une fin. Aristote dans sa &#171; Po&#233;tique &#187; d&#233;crivait l'intrigue comme &#171; ce qui a un d&#233;but, un milieu et une fin &#187; en pr&#233;cisant : &#171; Les histoires bien agenc&#233;es ne doivent ni commencer au hasard ni finir au hasard &#187;. Le tout dans un objet clos. Bien s&#251;r rien n'emp&#234;che le lecteur de sauter des pages, de lire &#224; l'envers, mais l'auteur a fig&#233; une fois pour toutes le sens de lecture. Il existe des formes plus &#233;lastiques, comme celle qu'on peut trouver dans certains webdocs, avec des d&#233;crochements et des d&#233;viations occasionnels sur un chemin unique. La structure en arborescence, proche de celle des premiers CD-Roms est celle que nous connaissons sur les sites web statiques. C'est ce qu'on appelle la narration connect&#233;e. Elle est pr&#233;d&#233;finie, pr&#233;-&#233;ditorialis&#233;e, ma&#238;tris&#233;e mais ferm&#233;e et peu &#233;volutive. C'est la fa&#231;on la plus classique de raconter une histoire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La narration combinatoire est g&#233;n&#233;r&#233;e &#224; partir d'un flux de donn&#233;es. Elle est radicalement diff&#233;rente de la narration connect&#233;e o&#249; chaque &#233;l&#233;ment de contenu est d&#233;fini par avance, ne permettant pas d'autres combinaisons que celles pr&#233;vues par l'auteur. Elle est vivante, ouverte et &#233;volutive. Il s'agit d'un parcours &#224; travers un ensemble structur&#233; de contenus qui se combinent dynamiquement les uns aux autres pour g&#233;n&#233;rer un r&#233;cit in&#233;dit.&#8232;La narration combinatoire produit autant d'histoires qu'il y a de parcours, ce qui permet de faire raconter des choses diff&#233;rentes &#224; un m&#234;me contenu. Le lecteur y prend une place plus active, devenant co-auteur. La narration combinatoire permet la contextualisation des contenus en fonction des usages, les contenus s'adaptant &#224; l'utilisateur et non le contraire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour aller plus loin dans l'approche de cette notion de narration combinatoire, voyons l'exemple de &lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;http://www.walking-the-edit.net/fr/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Walking the edit&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt; d'Ulrich Fischer : Notre perception est &lt;i&gt;augment&#233;e&lt;/i&gt; et notre imaginaire stimul&#233; (par ce qu'on entend et qu'on imagine chemin faisant). Notre d&#233;ambulation enregistr&#233;e compose un film (de mani&#232;re interactive, intuitive et ludique). &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Deuxi&#232;me projet d'Ulrich Fischer qui prolonge le premier : il est double, il s'agit d'une plateforme d'&#233;ditorialisation vid&#233;o : &lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;http://ulrichfischer.net/tag/kura/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Kura&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt; et une plateforme de diffusion vid&#233;o &lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;http://ulrichfischer.net/tag/comet/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Comet&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; En cliquant sur les mots clefs, nous dit Ulrich Fischer sur son site, il est possible de filtrer, mixer sa propre liste de lecture. En ligne de mire, il y a donc la possibilit&#233; de g&#233;n&#233;rer un film personnalis&#233; juste en jouant&#8230; avec des mots &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;http://ulrichfischer.net/tag/kura/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Kura&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt; n'est pas une application de montage vid&#233;o classique : cet outil simple d'usage permet de cr&#233;er en quelques clics, de mani&#232;re collaborative et efficace, des exp&#233;riences vid&#233;o interactives et personnalis&#233;es.
&lt;br&gt;
&lt;br&gt;
&lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;http://ulrichfischer.net/tag/comet/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Comet&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt; est &lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;http://comet.memoways.com/comets/4#&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;une plateforme de publication de vid&#233;o qui permet de cr&#233;er une playlist qui devient une vid&#233;o&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;. &lt;br&gt;
&lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;center&gt; &lt;iframe id=&#034;iframe_container&#034; webkitallowfullscreen=&#034;&#034; mozallowfullscreen=&#034;&#034; allowfullscreen=&#034;&#034; src=&#034;https://prezi.com/embed/nyjtunxzubbr/?bgcolor=ffffff&amp;lock_to_path=0&amp;autoplay=0&amp;autohide_ctrls=0&amp;landing_data=bHVZZmNaNDBIWnNjdEVENDRhZDFNZGNIUE43MHdLNWpsdFJLb2ZHanI0OUVkRndFSGE0TnRQTG5Kc01LYUJ1ZGlnPT0&amp;landing_sign=v5li_59OLHhKia-pyV8uq_3JuBuxtcSb5ByFE2sdy3c&#034; height=&#034;400&#034; frameborder=&#034;0&#034; width=&#034;550&#034;&gt; &lt;/iframe&gt; &lt;/center&gt; &lt;p&gt;&lt;br&gt;
&lt;br&gt;
&#192; l'&#233;poque des premiers livres num&#233;riques, notamment autour de l'exp&#233;rience men&#233;e initialement par &lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;http://www.tierslivre.net&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Fran&#231;ois Bon&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt; avec &lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;http://www.publie.net&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Publie.net&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;, en 2008, je me suis interrog&#233; sur la sp&#233;cificit&#233; du &#171; livre num&#233;rique &#187; dont on parlait beaucoup. J'ai cr&#233;&#233; un diaporama intitul&#233; non sans une pointe de provocation &lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;https://prezi.com/nyjtunxzubbr/la-forme-dun-livre/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;La forme d'un livre change plus vite, h&#233;las ! Que le c&#339;ur d'un mortel&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt; en clin d'&#339;il &#224; Baudelaire, Gracq et Roubaud. Ce n'est pas tant la forme du livre qui change en fait, mais sa d&#233;finition, qui &#224; l'heure actuelle n'est toujours pas arr&#234;t&#233;e. Mais pour ma part ce travail initial a &#233;t&#233; l'occasion d'une r&#233;flexion sur ce qui pour moi &#233;tait important dans le &#171; livre num&#233;rique &#187; qui n'a pas grand chose &#224; voir avec ce qui se vend aujourd'hui sous ce nom.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'un des points de cette r&#233;flexion est que le livre num&#233;rique est hybride. &#192; l'origine du projet des &lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;http://leslignesdedesir.net&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Lignes de d&#233;sir&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;, la gageure &#233;tait de raconter une histoire et de d&#233;terminer comment elle &#233;volue en fonction des supports de diffusion. En effet, il s'agissait au d&#233;part d'un projet d'&#233;dition prot&#233;iforme qui interrogeait ce qu'on pouvait faire avec le livre num&#233;rique, qu'on ne pouvait pas faire avec l'imprim&#233;, l'aborder dans ses sp&#233;cificit&#233;s techniques et voir le nouveau paradigme de lecture auquel il nous confrontait plut&#244;t que reproduire le livre imprim&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comment raconter une histoire &#233;crite sous forme de blocs distincts, fragments de textes ind&#233;pendants qui puissent se lire de mani&#232;re non-lin&#233;aire ? Comment faire partager au plus grand nombre cette exp&#233;rience intime qu'on a tous v&#233;cue en tant que lecteur o&#249; chacune de nos lectures d'un texte nous en fait devenir l'auteur ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;http://leslignesdedesir.net&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Les lignes de d&#233;sir&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt; est un dispositif interactif sous la forme d'une application qui permettra aux utilisateurs une &#233;coute mobile de l'histoire d'un homme qui traverse Paris &#224; la recherche de la femme qu'il aime et qui a myst&#233;rieusement disparu, dans les lieux qu'ils fr&#233;quentaient, &#224; travers une d&#233;ambulation libre dans l'espace du r&#233;cit (l'&#238;le Saint-Louis), et de proposer ainsi aux lecteurs d'&#233;crire le texte en marchant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; l'issue de sa balade chaque participant pourra &#233;diter de mani&#232;re ludique et originale, en fonction de son itin&#233;raire et de ses mouvements (rythme des pas, sens de circulation, dur&#233;e du parcours effectu&#233;), un r&#233;cit po&#233;tique in&#233;dit sous la forme d'un livre audio ou celle d'un livre num&#233;rique. Le dispositif proposera &#233;galement une version en dehors du site, selon un mode visuel (en fonction de photographies qu'on s&#233;lectionne cela d&#233;termine un parcours et une playlist de r&#233;cits qu'on &#233;coute.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un livre devient un autre livre &#224; chaque fois que nous le lisons. Une ville c'est pareille invention, chaque parcours la transforme. Marcher dans les rues comme entre les pages d'un livre, en garder une trace et voir, au fil du temps, se dessiner un chemin qui n'existait pas au moment de notre trajet.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un texte &#233;clat&#233; fa&#231;on puzzle : Le texte est une mosa&#239;que qui proc&#232;de par fragments, accumulation, juxtaposition et s&#233;dimentation, permettant au lecteur un acc&#232;s direct au processus d'&#233;criture. Les textes sont li&#233;s les uns aux autres mais pas de fa&#231;on chronologique. La temporalit&#233; de la narration ne correspond pas &#224; celle des &#233;v&#233;nements racont&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;R&#233;cit polyphonique dont la publication ne retiendra qu'une s&#233;lection al&#233;atoire dans l'ensemble des fragments &#233;crits, &#233;dit&#233;e sous diff&#233;rentes formes. &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le r&#233;cit a &#233;t&#233; &#233;crit d&#232;s le d&#233;part par blocs, fragments ind&#233;pendants, tout en suivant &#224; certains moments des s&#233;ries th&#233;matiques (sur la marche, la photographie, la m&#233;moire, le temps, la disparition, les visages, Paris et ses quartiers&#8230;), en cherchant toujours &#224; garder un &#233;quilibre &#224; l'ensemble.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le texte comme base de donn&#233;es :&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour ce projet nous avons cr&#233;&#233; une base de donn&#233;es des fragments du texte et de leur version sonore, avec le logiciel &lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;https://airtable.com/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Airtable&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;, ce qui nous a permis d'indexer les contenus, d'ajouter des m&#233;tadonn&#233;es (descripteurs, mots cl&#233;s, th&#232;mes, et conditions de connexion et de variables). Le type d'usage et les comportements des utilisateurs influen&#231;ant les connexions, il est indispensable de les imaginer en amont, en documentant le texte pour l'enrichir de ces variables qui lui assurent sa dimension combinatoire. Et c'est ce qui devient r&#233;ellement fascinant dans ce travail d'&#233;criture &#224; proprement parler &#034;num&#233;rique&#034;, c'est qu'il se d&#233;roule en deux temps. On &#233;crit un texte classique comme on le fait traditionnellement en &#233;crivant sur le web par exemple, mais on ajoute &#224; ce texte les m&#233;tadonn&#233;es (c'est &#224; dire un autre texte). Et l'un enrichit l'autre mais la r&#233;ciproque est &#233;galement vraie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La continuit&#233; th&#233;matique : &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le r&#233;cit est con&#231;u pour fonctionner avec ses blocs autonomes, &#233;crits en fonction de th&#232;mes, de styles de textes de genres vari&#233;s &#233;crits au fil du temps, afin de rendre sensible un mode &#233;clat&#233; de lecture, de permettre une vision en forme de kal&#233;idoscope afin que les textes ne donnent pas l'impression d'avoir &#233;t&#233; d&#233;coup&#233;s &#224; partir d'une trame classique de livres, mais directement avec cette approche fragmentaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Sc&#233;nario d'usage et m&#233;tadonn&#233;es : &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La sc&#233;narisation de l'exp&#233;rience des utilisateurs est une &#233;tape importante du travail. Il s'agit d'aller vers une description fine des sc&#233;narios d'usages du dispositif tels qu'ils pourront &#234;tre v&#233;cus individuellement ou collectivement, en prenant en compte leur enrichissement par les contextes, les histoires et les outils. Ce que l'on retrouve &#233;galement dans les jeux vid&#233;os o&#249; le design utilisateur est indispensable pour l'ergonomie du jeu et sa &#034;jouabilit&#233;&#034;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En fonction de l'attitude des utilisateurs le r&#233;cit propos&#233; &#233;volue.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce r&#233;cit n'est pas enferm&#233; du coup dans une seule lecture, r&#233;duit &#224; une unique version, il s'ouvre, avec les moyens &#224; notre disposition, vers autant d'histoires possibles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#201;crire le texte en marche : &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le lecteur est l'auteur du texte qu'il &#233;coute en marchant. C'est son parcours dans l'espace de l'&#238;le Saint-Louis qui fa&#231;onne le texte final, dans un temps donn&#233; et un espace clos arpent&#233; librement (les rues, les quais, les jardins, les monuments de l'&#238;le), de mani&#232;re autonome, par l'assemblage des &#233;l&#233;ments r&#233;v&#233;l&#233;s par le corps du lecteur &#224; l'&#233;coute, &#224; l'aff&#251;t, son cheminement &#224; travers l'espace. Le lecteur se prom&#232;ne en effet &#224; travers le texte qu'il invente au gr&#233; de ses mouvements, au fil de son parcours, le temps qu'il y passe, l'itin&#233;raire qu'il emprunte, ses h&#233;sitations et ses acc&#233;l&#233;rations, ses allers-retours et ses volte-face, la vitesse &#224; laquelle il envisage son parcours, le temps dont il dispose, et c'est de cette mani&#232;re versatile qu'il &#233;dite son texte &#224; l'issue de l'exp&#233;rience.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Trace, &#233;cart et carte : &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Notre parcours laisse des traces et cr&#233;e des formes. Le chemin effectu&#233; est une lecture autant qu'une &#233;criture. C'est dans cet &#233;cart que na&#238;t le r&#233;cit. C'est l'exp&#233;rience en &#339;uvre tandis que la destination est l'&#339;uvre elle-m&#234;me, en mouvement. Penser l'espace c'est disposer un r&#233;cit sur une carte et un territoire d&#233;fini.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je pense que des projets de narration combinatoire comme &lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;http://leslignesdedesir.net&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Les lignes de d&#233;sir&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt; peuvent permettre de faire bouger les lignes de notre perception du monde, son &#233;criture et sa lecture. Peut-&#234;tre pas changer le monde, mais nous indiquer la voie pour passer d'un monde &#224; l'autre, voyager dans les interstices du r&#233;el comme nos avatars qui font partie de notre identit&#233; (notre identit&#233; num&#233;rique) sans l'englober totalement, un reflet de nos visages, de notre identit&#233; d&#233;brid&#233;e, versatile, dans un r&#233;el hybride.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Certains lieux sont particuli&#232;rement actifs, &#233;crivait Michel Butor, r&#233;v&#233;lant des parties de nous-m&#234;mes que nous ignorions ; c'est ce que j'appelle leur &#171; g&#233;nie &#187;, m'appuyant sur la tradition latine. Souvent c'est parce qu'ils sont fa&#231;onn&#233;s par l'homme, qu'ils sont la mat&#233;rialisation d'une culture ou d'une &#233;poque. Parfois un grand artiste, un architecte par exemple, les a fa&#231;onn&#233;s ; mais la plupart du temps ils se sont mis &#224; plusieurs et les &#233;poques se superposent. Parfois ce sont des &#233;crivains qui ont d&#233;crit telle ville, et dont nous avons l'impression de retrouver le texte &#224; tous les coins de rues. &#187;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Litt&#233;rature et dispositifs m&#233;diatiques : pratiques d'&#233;criture et de lecture en contexte num&#233;rique</title>
		<link>https://www.liminaire.fr/projets/article/litterature-et-dispositifs-mediatiques-pratiques-d-ecriture-et-de-lecture-en</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.liminaire.fr/projets/article/litterature-et-dispositifs-mediatiques-pratiques-d-ecriture-et-de-lecture-en</guid>
		<dc:date>2017-05-14T16:30:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Pierre M&#233;nard</dc:creator>


		<dc:subject>&#201;criture</dc:subject>
		<dc:subject>Langage</dc:subject>
		<dc:subject>Ville</dc:subject>
		<dc:subject>Lecture</dc:subject>
		<dc:subject>Pierre M&#233;nard</dc:subject>
		<dc:subject>D&#233;rive</dc:subject>
		<dc:subject>Livre</dc:subject>
		<dc:subject>Les lignes de d&#233;sir</dc:subject>
		<dc:subject>Art</dc:subject>
		<dc:subject>Traces</dc:subject>
		<dc:subject>Num&#233;rique</dc:subject>
		<dc:subject>Montr&#233;al</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;L'invitation au colloque international Litt&#233;rature et dispositifs m&#233;diatiques : pratiques d'&#233;criture et de lecture en contexte num&#233;rique, &#224; l'Universit&#233; du Qu&#233;bec &#224; Montr&#233;al, les 25 et 26 mai 2017, est l'occasion pour moi de faire le point sur le travail des d&#233;veloppeurs avec lesquels nous abordons la deuxi&#232;me version du prototype de l'application mobile des Lignes de d&#233;sir avant la r&#233;sidence au 104 qui aura lieu du 6 au 18 juin et qui sera l'occasion de finaliser celle-ci, en vue du (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.liminaire.fr/projets/" rel="directory"&gt;Projets&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/ecriture" rel="tag"&gt;&#201;criture&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/langage" rel="tag"&gt;Langage&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/ville" rel="tag"&gt;Ville&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/lecture" rel="tag"&gt;Lecture&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/pierre-menard" rel="tag"&gt;Pierre M&#233;nard&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/derive" rel="tag"&gt;D&#233;rive&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/livre" rel="tag"&gt;Livre&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/les-lignes-de-desir-25" rel="tag"&gt;Les lignes de d&#233;sir&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/art" rel="tag"&gt;Art&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/traces" rel="tag"&gt;Traces&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/numerique" rel="tag"&gt;Num&#233;rique&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/montreal" rel="tag"&gt;Montr&#233;al&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.liminaire.fr/local/cache-vignettes/L150xH89/arton1954-6c8d2.jpg?1752752512' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='89' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;L'invitation au colloque international &lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;http://nt2.uqam.ca/fr/actualites/colloque-litterature-et-dispositifs-mediatiques-pratiques-decriture-et-de-lecture-en&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Litt&#233;rature et dispositifs m&#233;diatiques : pratiques d'&#233;criture et de lecture en contexte num&#233;rique&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;, &#224; &lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;http://uqam.ca/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;l'Universit&#233; du Qu&#233;bec &#224; Montr&#233;al&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;, les 25 et 26 mai 2017, est l'occasion pour moi de faire le point sur le travail des d&#233;veloppeurs avec lesquels nous abordons la deuxi&#232;me version du prototype de l'application mobile des &lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;http://leslignesdedesir.net&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Lignes de d&#233;sir&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt; avant la r&#233;sidence au &lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;http://www.104.fr/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;104&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt; qui aura lieu du 6 au 18 juin et qui sera l'occasion de finaliser celle-ci, en vue du d&#233;veloppement de la version d&#233;finitive du dispositif interactif que j'esp&#232;re pouvoir rendre publique en octobre prochain, &#224; l'occasion de la &lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;http://quefaire.paris.fr/nuitblanche&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Nuit blanche&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt; &#224; Paris.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_131 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;65&#034; data-legende-lenx=&#034;xx&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.liminaire.fr/local/cache-vignettes/L500xH313/capture_d_e_cran_2017-05-14_a_00-56-26-a7a2a-7c001.png?1739537802' width='500' height='313' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;Interface de la base de donn&#233;es des &lt;i&gt;Lignes de d&#233;sir&lt;/i&gt;sur Airtable
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Ce colloque qui chercher &#224; identifier l'impact des modifications des supports de l'&#233;crit sur les pratiques litt&#233;raires, tant du point de vue de l'&#233;criture que de la lecture, est un moment important pour prendre du recul sur le contexte num&#233;rique actuel dans lequel s'inscrit ce projet.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En effet, la question pos&#233;e par ce colloque est avant tout celle des pratiques et non celle des d&#233;veloppements technologiques. Elle entre en r&#233;sonances avec la r&#233;flexion men&#233;e dans le cadre du dispositif interactif des &lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;http://leslignesdedesir.net&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Lignes de d&#233;sir&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt; : Comment les &#233;crivains se servent-ils des nouveaux m&#233;dias et dispositifs num&#233;riques ? Comment les conduire &#224; se servir des dispositifs num&#233;riques pour &#233;crire, proposer des textes, les diffuser et rejoindre leurs lecteurs ? De la m&#234;me fa&#231;on, comment se servir des dispositifs num&#233;riques comme tremplins pour discuter de litt&#233;rature, la mettre en sc&#232;ne et en jeu, imaginer de nouvelles formes litt&#233;raires ? Il ne suffit pas qu'il y ait des technologies pour que des pratiques naissent, il faut des milieux pour les encadrer. J'ajouterai qu'il faut &#233;galement que les artistes parviennent &#224; les d&#233;passer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le programme de ces deux jours &#224; Montr&#233;al :&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;http://nt2.uqam.ca/fr/actualites/colloque-litterature-et-dispositifs-mediatiques-pratiques-decriture-et-de-lecture-en&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Litt&#233;rature et dispositifs m&#233;diatiques : pratiques d'&#233;criture et de lecture en contexte num&#233;rique&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_129 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;14&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.liminaire.fr/local/cache-vignettes/L500xH282/yp2-bf418-e2994.jpg?1739537802' width='500' height='282' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;Daijiro Hama
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Pr&#233;sentation de mes deux interventions :&lt;/strong&gt; &lt;strong&gt;Jeudi 25 mai 2017, &#224; 14h30 : &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Narrer des flux&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La narration combinatoire : l'&#233;criture en mouvement &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La litt&#233;rature doit sortir des limites du livre pour inventer de nouvelles formes et produire des textes qui entrent en r&#233;sonance avec le monde dans lequel nous vivons.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La narration connect&#233;e c'est la fa&#231;on la plus classique de raconter une histoire. Elle est pr&#233;d&#233;finie, ma&#238;tris&#233;e mais ferm&#233;e et peu &#233;volutive, tandis que la narration combinatoire est li&#233;e &#224; un flux de donn&#233;es. Elle est vivante, ouverte et &#233;volutive. Un parcours &#224; travers un ensemble structur&#233; de contenus qui se combinent dynamiquement les uns aux autres pour g&#233;n&#233;rer un r&#233;cit in&#233;dit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La narration combinatoire produit autant d'histoires qu'il y a de parcours, ce qui permet de faire raconter des choses diff&#233;rentes &#224; un m&#234;me contenu. Le lecteur y prend une place plus active, devenant co-auteur. La narration combinatoire permet la contextualisation des contenus en fonction des usages, les contenus s'adaptant &#224; l'utilisateur et non le contraire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les pistes d&#233;velopp&#233;es ici s'appuient sur le projet des Lignes de d&#233;sir qui propose d'explorer un r&#233;cit interactif sous forme de narration combinatoire.&lt;br class='autobr' /&gt;
Les lignes de d&#233;sir est un dispositif interactif sous la forme d'une application qui permet aux utilisateurs une &#233;coute mobile de l'histoire d'un homme qui traverse Paris &#224; la recherche de la femme qu'il aime et qui a myst&#233;rieusement disparu, dans les lieux qu'ils fr&#233;quentaient, &#224; travers une d&#233;ambulation libre dans l'espace du r&#233;cit (l'&#238;le Saint-Louis), afin d'&#233;crire le texte en marche.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; l'issue de sa ballade chaque participant pourra &#233;diter de mani&#232;re ludique et originale, en fonction de son itin&#233;raire et de ses mouvements (rythme des pas, sens de circulation, dur&#233;e du parcours effectu&#233;), un r&#233;cit po&#233;tique in&#233;dit sous la forme d'un livre audio ou celle d'un livre num&#233;rique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un livre devient un autre livre &#224; chaque fois que nous le lisons. Une ville c'est pareille invention, chaque parcours la transforme. Marcher dans les rues comme entre les pages d'un livre, en garder une trace et voir, au fil du temps, se dessiner un chemin qui n'existait pas au moment de notre trajet.&#8232;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_130 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;34&#034; data-legende-lenx=&#034;x&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.liminaire.fr/local/cache-vignettes/L500xH379/tumblr_n30nfty48v1qflqh6o1_1280-ce855-56a23.jpg?1739537802' width='500' height='379' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;Ici et ailleurs, Jean-Luc Godard
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Vendredi 26 mai 2017, de 16h00 &#224; 17h30 &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Table ronde : Mobiliser les formes narratives&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;Pas de marche pas d'&#339;uvre&lt;/i&gt; : espace &#224; explorer, parcours de lecture et imaginaire mobilis&#233;.&#8232;&lt;/strong&gt;&#8232;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans un espace hybride o&#249; les fronti&#232;res entre r&#233;el et num&#233;rique sont devenues poreuses, les &#339;uvres d'art et de litt&#233;rature num&#233;riques modifient nos structures perceptives et configurent notre sens du r&#233;el. Elles transforment sensiblement nos mani&#232;res d'&#233;crire, de lire, et changent notre rapport au monde. &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'id&#233;e de navigation appliqu&#233;e &#224; la connaissance, c'est une invitation &#224; prendre le large. Mais ce qui compte en premier lieu ce n'est pas tant l'inventaire du savoir, c'est la marche, le mouvement de la connaissance. C'est cette m&#234;me id&#233;e d'ouverture, de l'action de l'usager comme constructeur de ses propres connaissances, que l'on retrouve dans la substitution de &#171; navigation &#187; &#224; &#171; lecture &#187; pour d&#233;signer l'exploration num&#233;rique. Mais si la navigation s'applique bien au savoir, la &#171; d&#233;ambulation &#187; para&#238;t plus adapt&#233;e aujourd'hui &#224; ce qui est en jeu avec la litt&#233;rature num&#233;rique qui transforme la question litt&#233;raire et la &#171; d&#233;place &#187; sur des probl&#233;matiques qui lui &#233;taient traditionnellement ext&#233;rieures ou marginales. Une mani&#232;re d'avancer dans la lecture, de mettre le texte en marche. &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La forme la plus r&#233;pandue et la plus populaire du texte est le roman. Le r&#233;cit interactif est &#233;clat&#233;, il remet en question la lin&#233;arit&#233; traditionnelle du texte. Le passage du livre &#224; diff&#233;rentes formes d'interfaces num&#233;riques, offre en effet au lecteur comme &#224; l'auteur, qui deviennent acteurs, agissants non comme des machines, mais de mani&#232;re libre et autonome, d'in&#233;dites et singuli&#232;res approches du r&#233;cit et de lectures du monde. &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les parcours invisibles que chacun dessine quand il marche en ville, dans les paysages qu'il traverse, dans ses d&#233;placements, ses errements comme son cheminement, s'apparentent &#224; un labyrinthe de textes &lt;i&gt;aux sentiers qui bifurquent&lt;/i&gt;, &#224; l'int&#233;rieur desquels le lecteur doit s'&#233;garer selon sa fantaisie, retourner sur ses pas, refaire le m&#234;me trajet en sens inverse, en inventer d'autres parfois, pour s'approprier l'espace num&#233;rique, le parcourir plus librement et participer ainsi de fa&#231;on active &#224; une cr&#233;ation toujours recommenc&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Il ne s'agit pas de repr&#233;senter l'espace, mais de le produire en lui donnant un sens. On retrouve &#233;galement ces cheminements dans la pratique artistique de la mobilit&#233;. Dans ces mouvements, les lieux se transforment, les images se succ&#232;dent. La mobilit&#233; de l'esprit qui divague en cours de route le rend apte &#224; la r&#233;flexion, sensible &#224; l'imaginaire et &#224; son environnement.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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