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	<title>LIMINAIRE</title>
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	<description>Une palpitation, un mouvement encore immobile, un espace de sursis dans la dissolution.</description>
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		<title>La distance du possible</title>
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		<dc:creator>Pierre M&#233;nard</dc:creator>


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		<description>
&lt;p&gt;Raconter cela consiste &#224; s'&#233;loigner &lt;br class='autobr' /&gt;
Joachim et Anne passent &#224; la maison pour pr&#233;parer la soir&#233;e du vendredi 12 juin &#224; la m&#233;diath&#232;que Fran&#231;oise Sagan, o&#249; nous allons lire ensemble des extraits de mon livre. Tr&#232;s vite, nous nous mettons au travail. Nos voix lisent &#224; tour de r&#244;le les diff&#233;rents fragments de plusieurs chapitres. Chacun avec sa voix, sa mani&#232;re de la poser sur le texte, de s'en emparer. C'est &#233;mouvant. &#192; la fin, Joachim s'&#233;tonne de la forme tr&#232;s particuli&#232;re de chaque fragment, (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.liminaire.fr/chronique/entre-les-lignes/" rel="directory"&gt;Entre les lignes&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/biographie" rel="tag"&gt;Biographie&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/ecriture" rel="tag"&gt;&#201;criture&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/journal" rel="tag"&gt;Journal&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/lecture" rel="tag"&gt;Lecture&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/livre" rel="tag"&gt;Livre&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/photographie" rel="tag"&gt;Photographie&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/recit" rel="tag"&gt;R&#233;cit&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/paris" rel="tag"&gt;Paris&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/paysage" rel="tag"&gt;Paysage&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/contacts-successifs" rel="tag"&gt;Contacts successifs&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/animal" rel="tag"&gt;Animal&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/quotidien" rel="tag"&gt;Quotidien&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/solitude" rel="tag"&gt;Solitude&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/sensation" rel="tag"&gt;Sensation&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/absence" rel="tag"&gt;Absence&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.liminaire.fr/local/cache-vignettes/L150xH75/contacts_succcessifs_9_1_-2-90df9.png?1780815619' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='75' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Raconter cela consiste &#224; s'&#233;loigner&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Joachim et Anne passent &#224; la maison pour pr&#233;parer &lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;https://www.paris.fr/evenements/lecture-et-rencontre-avec-pierre-menard-108349&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;la soir&#233;e du vendredi 12 juin &#224; la m&#233;diath&#232;que Fran&#231;oise Sagan&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;, o&#249; nous allons lire ensemble des extraits de mon livre. Tr&#232;s vite, nous nous mettons au travail. Nos voix lisent &#224; tour de r&#244;le les diff&#233;rents fragments de plusieurs chapitres. Chacun avec sa voix, sa mani&#232;re de la poser sur le texte, de s'en emparer. C'est &#233;mouvant. &#192; la fin, Joachim s'&#233;tonne de la forme tr&#232;s particuli&#232;re de chaque fragment, de son rythme propre, de sa musique. Chaque fragment forme une boucle. Cela permet de lire le livre de fa&#231;on continue, mais &#233;galement de le parcourir selon l'heure, le lieu, ou au hasard en le feuilletant. J'ai toujours aim&#233; l'id&#233;e qu'on puisse ainsi circuler &#224; sa guise dans mes livres. Une lecture est un parcours. On peut sugg&#233;rer des chemins, des voies &#224; suivre, mais chacun est libre d'arpenter le r&#233;cit &#224; sa mani&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_8780 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.liminaire.fr/IMG/jpg/55304516081_a32ea3c07b_k.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.liminaire.fr/local/cache-vignettes/L500xH333/55304516081_a32ea3c07b_k-709f0.jpg?1780815619' width='500' height='333' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;center&gt;Quai de la Seine, Bassin de la Villette, Paris 19&#232;me, 30 mai 2026&lt;/center&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;On finit par se comprendre soi-m&#234;me&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;https://www.castorastral.com/livre/ma-propriete-privee/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;i&gt;Ma propri&#233;t&#233; priv&#233;e&lt;/i&gt;, le livre de Mary Ruefle, paru aux &#233;ditions Le Castor Astral en 2026&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;, est un ensemble de proses po&#233;tiques courtes, ni po&#232;me, ni essai, plut&#244;t des m&#233;ditations existentielles, r&#233;cits intimes, introspectifs, dans lesquels l'autrice se pose des questions &#224; voix haute, sur le sens d'une pens&#233;e, la signification d'un r&#234;ve, ce que repr&#233;sente le bonheur. Elle s'interroge &#233;galement sur le sens des diff&#233;rentes couleurs comme Goethe l'avait fait avant elle dans sa &lt;i&gt;Th&#233;orie des couleurs&lt;/i&gt;, publi&#233;e en 1810, o&#249; le po&#232;te explorait l'impact psychologique des diff&#233;rentes couleurs sur l'humeur et les &#233;motions. Ces r&#233;flexions sont plac&#233;es aux c&#244;t&#233;s d'observations plus d&#233;cal&#233;es, comme la fa&#231;on dont on fabrique les t&#234;tes r&#233;duites, ou la d&#233;couverte faite par Ruefle dans son enfance que les milkshakes sont meilleurs avec du sel et du poivre, ou des r&#233;cits franchement autobiographiques comme celui o&#249; elle avoue avoir pleur&#233; sans arr&#234;t durant le mois d'avril 1998, car elle voulait mourir, &#224; cause de la m&#233;nopause qu'elle aborde sous l'angle personnel mais &#233;galement comme ph&#233;nom&#232;ne social : &#171; une nouvelle adolescence, sauf que vous &#234;tes adulte &#187;. &lt;br class='autobr' /&gt;
L'&#233;criture de Ruefle s'apparente &#224; un sentiment pur, &#224; la mani&#232;re de la po&#233;sie. La juxtaposition et l'association d'images s'entrem&#234;lent ainsi tout au long de l'ouvrage. Dans la bri&#232;vet&#233; &#233;nigmatique du texte intitul&#233; &lt;i&gt;Le Sublime&lt;/i&gt;, sensation et sens se m&#234;lent, et nous reconnaissons &#224; la fois l'action et ce que pourrait &#234;tre la signification cach&#233;e du texte : &#171; La route &#233;tait &#233;troite, puis de plus en plus &#233;troite, tournant tant&#244;t d'un c&#244;t&#233;, tant&#244;t de l'autre tandis que je grimpais, pench&#233;e sur le volant. Je voyais du coin de l'&#339;il qu'il y avait une vue incroyable, mais je ne pouvais pas regarder. &#187; &lt;br class='autobr' /&gt;
Dans &lt;i&gt;&#192; lire, s'il vous pla&#238;t&lt;/i&gt;, elle raconte les derniers instants d'une femme chez elle qui remplit de graines de tournesol la mangeoire pour les oiseaux, du point de vue imaginaire d'un chardonneret : &#171; Depuis ma branche, je l'ai vue effectuer les activit&#233;s qui lui plaisaient : ramasser une serviette par terre, remplir un formulaire pour suspendre la distribution du courrier, faire bouillir de l'eau, regarder dans le vide. &#187; &lt;br class='autobr' /&gt;
Toute la beaut&#233; de l'&#233;criture de Mary Ruefle tient dans l'ind&#233;cision permanente dans laquelle nous tient son &#233;criture, qui ne se limite jamais &#224; une forme pr&#233;cise, un genre, ni &#224; un point de vue univoque sur un sujet et qui, m&#234;me si elle para&#238;t autobiographique, nous touche toutes et tous. Les textes s'arr&#234;tent sur des moments de calme, de contemplation, de tristesse parfois, menant &#224; une prise de conscience ou &#224; une nouvelle vision du monde. Ils tissent entre eux des liens qui peu &#224; peu forment le sens du livre. Si les magnifiques fragments sur les couleurs de la tristesse, qui pars&#232;ment tout le livre, se r&#233;p&#232;tent et donnent leur tonalit&#233; au livre, la tristesse y est explor&#233;e comme une &#233;motion de la vie et des vivants, de la perte non pas comme quelque chose de concret, mais comme un signe de changement, une autre forme de possession. Une &lt;i&gt;note de l'auteur&lt;/i&gt; (que je ne livre pas ici pour ne pas d&#233;voiler la fin du recueil) fait office de cl&#233;, peut-&#234;tre m&#234;me de passe-partout, et ouvre de nombreuses portes. &lt;br class='autobr' /&gt;
Ce livre dresse le constat d'un agr&#233;able sentiment de partage contrari&#233;, avec une m&#233;lancolie passionn&#233;e qui nous laisse sans voix : &#171; Au d&#233;but, on comprend le monde mais pas soi-m&#234;me, et que lorsqu'on finit par se comprendre soi-m&#234;me, on ne comprend plus le monde. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Change ton malaise en vibrato&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Rester en mouvement. Ce n'est pas qu'une question d'activit&#233;s. Avoir des choses &#224; faire, travailler &#224; de nouveaux projets, avancer sur d'anciens. C'est avant tout une question de dynamique. Se mettre en mouvement. D&#232;s que j'arr&#234;te, je me sens pris au pi&#232;ge. Ce n'est pas imm&#233;diat, c'est plus pernicieux. Au d&#233;but, il me reste encore des choses &#224; faire, j'avance l'esprit l&#233;ger, je crois que &#231;a va continuer comme &#231;a, dans cet &#233;lan, ce rythme qui me porte au quotidien. Un impr&#233;vu survient, de la visite, une inqui&#233;tude passag&#232;re, des jours de vacances sans partir en voyage, sans pouvoir sortir, me promener, la canicule me retient plus longtemps que pr&#233;vu &#224; l'int&#233;rieur de la maison, sans pouvoir bouger, volets baiss&#233;s, dans la p&#233;nombre &#233;touffante de l'appartement. Des id&#233;es sombres m'envahissent. C'est si rare que j'en suis abasourdi. Je reste sans voix, m&#233;lancolique. Remise en cause g&#233;n&#233;rale. Tout m'&#233;chappe. Sans savoir comment r&#233;agir, ne rien r&#233;ussir &#224; faire d'autre qu'&#224; lire. Je fais du surplace. &#201;crire ce qui ne va pas. Ce qui m'inqui&#232;te, ce qui m'obs&#232;de. Puis tout effacer. Un poids en moins. D&#232;s que je r&#233;ussis enfin &#224; sortir &#224; nouveau, m&#234;me si c'est pour retourner travailler, je me sens mieux, moins oppress&#233;. Je me remets en mouvement, et ce mouvement me soulage, m'apaise.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_8779 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.liminaire.fr/IMG/jpg/9178156514_a07478f68c_k.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.liminaire.fr/local/cache-vignettes/L500xH334/9178156514_a07478f68c_k-88308.jpg?1780815619' width='500' height='334' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;center&gt;Mission Dolores, San Francisco, Californie, &#201;tats-Unis d'Am&#233;rique, 24 avril 2012&lt;/center&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le chant des oiseaux&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Prenant l'air &#224; ma fen&#234;tre, j'observe un merle sur le bord de la fen&#234;tre de mes voisins. Sur le toit de l'immeuble d'en face un petit moineau lance une trille au son per&#231;ant. Je vois le merle sur son promontoire, se figer et lever la t&#234;te vers le haut pour regarder dans la direction de l'oiseau comme s'il comprenait ce que l'autre oiseau exprimait dans son chant. Je me rends compte que je n'ai jamais cherch&#233; &#224; savoir jusqu'&#224; pr&#233;sent si les oiseaux d'esp&#232;ces diff&#233;rentes ont la capacit&#233; de communiquer et de se comprendre. Certains oiseaux communiquent des informations importantes sur les menaces et les ressources alimentaires au sein de leur groupe, mais aussi &#224; d'autres esp&#232;ces qui partagent le m&#234;me habitat. Bien qu'il existe certaines preuves sugg&#233;rant une compr&#233;hension entre certaines esp&#232;ces, dans certaines circonstances, cette capacit&#233; semble &#234;tre limit&#233;e et d&#233;pendante en fonction de l'environnement et de l'apprentissage.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Venise, millefleurs, de Ryoko Sekiguchi</title>
		<link>https://www.liminaire.fr/creation/radio-marelle/article/venise-millefleurs-de-ryoko-sekiguchi</link>
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		<dc:creator>Pierre M&#233;nard</dc:creator>


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		<description>
&lt;p&gt;De 2023 &#224; 2025, Ryoko Sekiguchi a effectu&#233; huit s&#233;jours &#224; Venise. Elle y d&#233;couvre l'herbier d'Ilaria, jeune botaniste du XIX&#7497; si&#232;cle. Ce journal intime l'incite &#224; engager une relation &#233;pistolaire avec la jeune femme &#224; travers le temps. Il l'incite ainsi &#224; appr&#233;hender d'une mani&#232;re in&#233;dite l'espace de la cit&#233; lacustre qu'elle per&#231;oit comme un archipel familier, un espace vivant avec ses jardins secrets. Sensible aux eaux stagnantes et &#224; l'isolement des &#238;les, elle d&#233;laisse le d&#233;cor de th&#233;&#226;tre (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.liminaire.fr/creation/radio-marelle/" rel="directory"&gt;Radio Marelle&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/art" rel="tag"&gt;Art&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/ecriture" rel="tag"&gt;&#201;criture&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/biographie" rel="tag"&gt;Biographie&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/journal" rel="tag"&gt;Journal&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/lecture" rel="tag"&gt;Lecture&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/livre" rel="tag"&gt;Livre&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/peinture" rel="tag"&gt;Peinture&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/recit" rel="tag"&gt;R&#233;cit&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/portrait" rel="tag"&gt;Portrait&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/en-lisant-en-ecrivant" rel="tag"&gt;En lisant en &#233;crivant&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/nature" rel="tag"&gt;Nature&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/voyage" rel="tag"&gt;Voyage&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/temps" rel="tag"&gt;Temps&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.liminaire.fr/local/cache-vignettes/L150xH84/en_lisant_en_e_crivant_3_1_-229c3.png?1780642890' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='84' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_8758 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.liminaire.fr/local/cache-vignettes/L82xH120/venise-millefleurs_1_-2602c.jpg?1777825486' width='82' height='120' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt; &lt;p&gt;De 2023 &#224; 2025, Ryoko Sekiguchi a effectu&#233; huit s&#233;jours &#224; Venise. Elle y d&#233;couvre l'herbier d'Ilaria, jeune botaniste du XIX&#7497; si&#232;cle. Ce journal intime l'incite &#224; engager une relation &#233;pistolaire avec la jeune femme &#224; travers le temps. Il l'incite ainsi &#224; appr&#233;hender d'une mani&#232;re in&#233;dite l'espace de la cit&#233; lacustre qu'elle per&#231;oit comme un archipel familier, un espace vivant avec ses jardins secrets. Sensible aux eaux stagnantes et &#224; l'isolement des &#238;les, elle d&#233;laisse le d&#233;cor de th&#233;&#226;tre et les clich&#233;s du tourisme de masse pour rendre la parole aux habitants et aux plantes. Ce livre, qui s'inspire de la technique verri&#232;re du millefiori, assemble une mosa&#239;que de fragments qui nous r&#233;v&#232;le que Venise est moins une ville de pierre qu'un po&#232;me vivant en perp&#233;tuelle germination.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;https://www.pol-editeur.com/index.php?spec=livre&amp;ISBN=978-2-8180-6512-9&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;i&gt;Venise, millefleurs&lt;/i&gt;, Ryoko Sekiguchi, P.O.L., 2026.&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;
&lt;br&gt;
&lt;br&gt;&lt;/p&gt;
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&lt;p&gt;&lt;br&gt;
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&lt;br&gt;&lt;/p&gt;
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&lt;p&gt;&lt;br&gt;
&lt;br&gt;
&lt;br&gt;&#8232;&lt;br class='autobr' /&gt;
J'avais d&#233;j&#224; &#233;crit sur les villes, en essayant de faire face &#224; celles-ci et d'engager avec elles un dialogue direct. Cette fois, en revanche, je cherchais &#224; faire affleurer le pass&#233; de la S&#233;r&#233;nissime en m'appuyant sur une femme qui y avait v&#233;cu. Certes, cette femme, Ilaria, je ne l'avais pas connue et je ne la conna&#238;trais jamais dans la r&#233;alit&#233;. Je ne pouvais pas non plus &#233;crire sur sa vie comme le ferait une historienne. Elle &#233;tait aussi &#233;ph&#233;m&#232;re qu'une brume, et la seule trace tangible de sa vie &#233;tait ces mains qui avaient cueilli les plantes qui se trouvaient devant moi. Il n'y avait aucune raison objective d'&#233;crire sur elle.&lt;br class='autobr' /&gt;
Or, c'est peut-&#234;tre pr&#233;cis&#233;ment pour cette raison que je ne pouvais pas me d&#233;tacher d'Ilaria. Ce n'&#233;tait pas une personne dont la vie singuli&#232;re nous aurait r&#233;v&#233;l&#233; des facettes cach&#233;es de l'histoire de Venise, mais quelqu'un d'aussi ordinaire que nous autres, dont les traces &#233;taient elles aussi vou&#233;es &#224; dispara&#238;tre. Les plantes, plus &#233;ph&#233;m&#232;res encore, lui permettaient pourtant de demeurer dans ce monde. Puisque je l'avais rencontr&#233;e &#224; travers son carnet, je n'avais pas d'autre choix que d'&#233;crire sur elle. &#201;crire un livre sur cette personne ne consistait pas &#224; parler uniquement d'elle, mais aussi des autres habitants et de tous les &#234;tres &#233;ph&#233;m&#232;res qui avaient jadis v&#233;cu dans la ville. J'&#233;tais consciente plus que quiconque de la difficult&#233; de composer un livre &#224; partir d'un assemblage maladroit et disparate constitu&#233; de mes notes, de mes lettres &#224; Ilaria et des citations de ses herbiers, mais je ne pouvais soustraire aucun de ces &#233;l&#233;ments. &#192; la place, j'aurais aussi bien pu &#233;crire un joli livre sur les fleurs de la lagune, ou un essai po&#233;tique sur ce lieu, et la tentation d'orienter le texte dans cette direction &#233;tait grande. Pourtant, chaque fois que j'essayais d'&#233;liminer l'un de ces &#233;l&#233;ments, toutes ces mati&#232;res revenaient au galop pour proclamer qu'aucune n'&#233;tait facultative.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est d'ailleurs Ilaria qui me donna l'envie de m'int&#233;resser aux femmes d'ici autant qu'aux plantes. Sans doute aussi &#233;tais-je lasse du nombre de romans &#233;crits sur Venise par des hommes qui projetaient sur la ville une image f&#233;minine pour mieux la fantasmer. Certes, Venise a souvent &#233;t&#233; d&#233;crite comme f&#233;minine, et la pr&#233;sence de nombreuses courtisanes (on en comptait dix mille pour cent mille habitants au xvie si&#232;cle) a sans doute contribu&#233; &#224; renforcer son image de cit&#233; du plaisir au xviiie si&#232;cle. Mais c'&#233;tait exactement ce genre d'associations trop rapides qui, lorsqu'on parlait du Japon, donnait une importance surdimensionn&#233;e aux geishas. Ces descriptions romanesques de Venise en tant qu'objet f&#233;minin, myst&#233;rieux et dangereux, m&#234;me s'il ne s'agissait pas de ma propre ville, n'&#233;taient pas agr&#233;ables &#224; lire. Je voulais mieux conna&#238;tre l'&#238;le et les V&#233;nitiennes pour qui elles &#233;taient.&lt;br class='autobr' /&gt;
Marta affirmait que les V&#233;nitiennes &#233;taient historiquement plus ind&#233;pendantes que dans d'autres r&#233;gions d'Italie, que ni sa m&#232;re ni sa grand-m&#232;re ne s'&#233;taient jamais soumises &#224; un homme, et qu'elle-m&#234;me avait un peu de cela dans le sang. Francesca, sp&#233;cialiste d'histoire chinoise &#224; l'universit&#233; Ca' Foscari, me raconta que le testament de Marco Polo stipulait en 1324 qu'il ne l&#233;guait ses biens qu'&#224; sa femme et &#224; ses filles, dont l'une, Fantina Polo, veuve, avait m&#234;me intent&#233; un proc&#232;s en 1366 &#224; la famille de son mari pour abus de biens sur ce m&#234;me h&#233;ritage, proc&#232;s &#224; l'issue duquel elle obtint gain de cause. La V&#233;nitienne Elena Lucrezia Cornaro Piscopia, premi&#232;re femme au monde &#224; avoir obtenu un dipl&#244;me universitaire, avait r&#233;dig&#233; sa th&#232;se sur Aristote &#224; l'universit&#233; de Padoue en 1678. Des amies lesbiennes m'ont affirm&#233; que nul autre endroit n'&#233;tait plus accueillant, et que cela pouvait s'expliquer par le fait que cette ancienne r&#233;publique avait toujours su garder une certaine distance par rapport au pouvoir religieux. Une amie me raconta qu'elle avait suivi une formation de menuisi&#232;re avec des hommes. Cette image des femmes est bien diff&#233;rente de celle de la Venise &#171; romantique &#187; imagin&#233;e par les hommes.&lt;br class='autobr' /&gt;
Outre ces femmes talentueuses, intelligentes et ind&#233;pendantes que je c&#244;toyais pendant mes s&#233;jours, je rencontrais &#233;galement des V&#233;nitiennes dans les mus&#233;es. Parmi les peintres v&#233;nitiennes, Rosalba Carriera est la plus c&#233;l&#232;bre, pour son travail non seulement &#224; Venise, mais aussi &#224; Paris et &#224; Vienne, entre la fin du XVII et le d&#233;but du XVIIIe si&#232;cle. Encore plus loin en arri&#232;re, dans la seconde partie du xvie si&#232;cle, Marietta Robusti, fille du Tintoret, travaillait avec son p&#232;re. Il suffit de se rendre dans des mus&#233;es comme Ca' Rezzonico &#8211; qui poss&#232;de une collection de peintures retra&#231;ant l'histoire de la ville &#8211; pour d&#233;couvrir les &#339;uvres d'autres femmes peintres, telles que Giulia Lama, qui v&#233;cut au XVIIe - XVIIIe si&#232;cle, ou Emma Ciardi, connue, au tournant du xxe si&#232;cle, pour ses paysages v&#233;nitiens. Marietta Barovier, artiste verri&#232;re et fille de l'artiste Angelo Barovier, est c&#233;l&#232;bre pour avoir invent&#233; les perles rosetta au XVe si&#232;cle, et pour avoir dirig&#233; l'atelier familial &#224; Murano.&lt;br class='autobr' /&gt;
Quant aux femmes repr&#233;sent&#233;es en peinture, j'aimais surtout le portrait d'une V&#233;nitienne r&#233;alis&#233; par Albrecht D&#252;rer lors de son s&#233;jour sur l'&#238;le, aujourd'hui conserv&#233; dans la collection du mus&#233;e d'Histoire de l'art de Vienne, ainsi que celui peint par Vittore Carpaccio au d&#233;but du XVIe si&#232;cle, qui se trouve &#224; la Galleria Borghese &#224; Rome. La premi&#232;re, &#226;g&#233;e d'une vingtaine ou d'une trentaine d'ann&#233;es tout au plus, a l'allure volontaire et d&#233;termin&#233;e, et le regard l&#233;g&#232;rement tourn&#233; vers la gauche ; tandis que la seconde, avec son regard per&#231;ant, a un air presque masculin. Les deux mod&#232;les partagent un sourire p&#233;tillant d'intelligence qui me rappelait quelque peu mes amies v&#233;nitiennes.&lt;br class='autobr' /&gt;
Bien s&#251;r, il n'y avait pas seulement des femmes issues de familles nobles ou artistes &#224; Venise. Beaucoup de fabriques existaient &#233;galement gr&#226;ce &#224; la main-d'&#339;uvre f&#233;minine au cours de la modernisation. L'histoire des ouvri&#232;res dans les anciennes fabriques nationales de tabac entre le Piazzale Roma et Rio Ter&#224; dei Pensieri est c&#233;l&#232;bre parce que ces femmes s'entraidaient et luttaient pour de meilleures conditions de travail, quitte &#224; faire des gr&#232;ves. Elles avaient d&#233;velopp&#233; un caract&#232;re fort et acquis une ind&#233;pendance financi&#232;re. Les enfileuses de perles de Murano faisaient partie du paysage de la Venise populaire : install&#233;es dans les rues, sur les places, elles travaillaient en ext&#233;rieur, de petites perles de verre sur les genoux. Le mus&#233;e de la Dentelle, qui se trouve sur l'&#238;le de Burano, &#233;tait &#224; l'origine une &#233;cole de formation au m&#233;tier de dentelli&#232;re, fond&#233;e en 1872. La plupart des personnes repr&#233;sent&#233;es dans les documents et les peintures de l'&#233;poque sont des femmes. Dans les archives film&#233;es qui compilent des t&#233;moignages de femmes form&#233;es &#224; cette &#233;cole qui ont particip&#233; &#224; la sensibilisation sur l'histoire de l'&#238;le et de la dentelle, l'une des brodeuses, Daniela Battain, dit : &#171; J'ai &#233;t&#233; envoy&#233;e me former &#224; la dentelle d&#232;s que j'ai termin&#233; l'&#233;cole primaire. C'&#233;tait la d&#233;cision de mes parents et je n'avais pas &#224; les contredire. J'&#233;tais si triste que j'en ai pleur&#233;. &#187; Lorena Novello raconte : &#171; J'ai &#233;t&#233; fi&#232;re de pouvoir parler de mon m&#233;tier et de mon exp&#233;rience, lors d'un atelier, &#224; de jeunes Turques qui m'&#233;coutaient avec enthousiasme. &#187; Toutes les femmes ne sont pas n&#233;es pour &#234;tre dentelli&#232;res. Ces t&#233;moignages r&#233;v&#232;lent des d&#233;sirs inavouables ; elles auraient sans doute exerc&#233; une autre profession si elles &#233;taient n&#233;es &#224; une autre &#233;poque.&lt;br class='autobr' /&gt;
En &#233;coutant Maria Seno qui se disait finalement satisfaite de continuer ce m&#233;tier, l'envie me prit de lui demander : &#171; Qu'auriez-vous fait, si vous aviez pu remonter le temps ? &#187; Devant l'image de ces archives, je pouvais voir ces femmes esquisser un sourire de r&#233;signation.&lt;br class='autobr' /&gt;
Quant &#224; la relation entre les femmes et les plantes, c'est Sossima qui me l'a expliqu&#233;e. Originaire du Chili, ayant grandi en France avant de s'installer &#224; Venise, elle participe &#224; diverses activit&#233;s associatives. Elle m'a racont&#233; qu'il existait un potager de culture biologique entretenu par les d&#233;tenues de la prison de femmes de la Giudecca. Je me rendis donc &#224; la Giudecca un jeudi matin, jour o&#249; les produits de ce potager sont en vente. Sous un ciel nuageux, un petit stand &#233;tait tenu devant l'ancien couvent. J'y achetai des topinambours et diverses herbes. On m'expliqua lesquelles &#233;taient &#224; utiliser pour les salades, lesquelles devaient &#234;tre cuites&#8230; Puis on me pr&#233;para un m&#233;lange dans un sac en papier. Une fois &#224; la maison, je mis la main dans le sac et me br&#251;lai aux feuilles d'orties. J'aurais d&#251; les reconna&#238;tre, mais je n'avais pas fait attention au moment de l'achat ; l'id&#233;e qu'elles comptaient au nombre des herbes aromatiques m'&#233;tait sortie de l'esprit.&lt;br class='autobr' /&gt;
&#192; la m&#234;me p&#233;riode, j'ai commenc&#233; &#224; apprendre l'histoire des &#238;les qui entourent la lagune. Moi-m&#234;me originaire d'un pays insulaire, je ressentais qu'une &#238;le dessine un lieu naturellement ferm&#233; : autrefois, criminels et prisonniers politiques &#233;taient ainsi mis &#224; l'isolement. &#192; Venise, l'&#238;le de Murano est c&#233;l&#232;bre pour son verre, car toutes les verreries y ont &#233;t&#233; transf&#233;r&#233;es au Moyen &#194;ge par crainte des incendies. Du temps de la peste, avant de pouvoir accoster, les bateaux &#233;taient soumis &#224; quarantaine dans les &#238;les de Lazzaretto Vecchio et de Lazzaretto Nuovo, o&#249; l'on d&#233;sinfectait les marchandises avec le romarin ou le geni&#232;vre. L'&#238;le de San Lazzaro servait de sanatorium pour les l&#233;preux. Un cimeti&#232;re fut construit sur l'&#238;le de San Michele pour des raisons sanitaires pendant l'occupation napol&#233;onienne, et plusieurs &#238;les &#233;taient aussi utilis&#233;es &#224; des fins militaires au XIXe si&#232;cle.&lt;br class='autobr' /&gt;
Sacca Sessola, l'une des &#238;les artificielles de la lagune, est aujourd'hui r&#233;serv&#233;e aux r&#233;sidents d'un h&#244;tel, mais elle abritait au d&#233;but du XXe si&#232;cle un h&#244;pital pour les tuberculeux. Rachet&#233;e par un groupe h&#244;telier de luxe, elle a &#233;t&#233; rebaptis&#233;e &#171; l'&#238;le des Roses &#187;. Je m'y rendis avec le bateau d'une amie, et d&#233;barquai au pr&#233;texte de me rendre au bar de l'h&#244;tel. Une promenade rapide dans l'agr&#233;able jardin provoqua en moi un sentiment mitig&#233;. L'&#238;le, qui devrait &#234;tre ouverte comme un parc au public v&#233;nitien, est pourtant interdite &#224; ses habitants, et accessible seulement aux riches &#233;trangers. Aujourd'hui, les citoyens contestent vivement la privatisation des &#238;les ; le cas de Poveglia est c&#233;l&#232;bre : depuis longtemps abandonn&#233;e, cette derni&#232;re a fait l'objet d'un projet de vente par les autorit&#233;s, suscitant de vives protestations. L'association Poveglia per tutti (&#171; Poveglia pour tous &#187;) a &#233;t&#233; fond&#233;e pour rendre l'&#238;le accessible &#224; tous, et les jours de manifestation on voit se d&#233;ployer une sc&#232;ne spectaculaire : de petits bateaux arrivent en nombre et accostent l'&#238;le les uns apr&#232;s les autres. Des familles enti&#232;res d&#233;barquent avec leurs enfants, et cette &#238;le sauvage et abandonn&#233;e se transforme alors en espace th&#233;&#226;tral et festif. R&#233;cemment, l'association a obtenu la concession de la partie nord de Poveglia, apr&#232;s onze ans de lutte, sauvant l'&#238;le de la privatisation et initiant &#224; la place un projet d'am&#233;nagement ouvert &#224; tous.&lt;br class='autobr' /&gt;
Une &#238;le n'existe jamais seule. Telle une constellation, les &#238;les vivent et respirent au travers de ces liens organiques qu'elles d&#233;veloppent entre elles. Venise, &#224; ce titre, ne fait pas exception. L'archipel, en japonais, se dit gunt&#244;, ce qui signifie &#171; groupe d'&#238;les &#187;, mais je pr&#233;f&#232;re le traduire litt&#233;ralement ainsi : &#171; multitude d'&#238;les &#187;, ou &#171; nu&#233;e d'&#238;les &#187;, &#224; l'image des &#233;tourneaux au cr&#233;puscule.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Herbier d'Ilaria no 2&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[Deux types de racines sont coll&#233;s au-dessous de la mention &#171; Le cadenas de J&#233;rusalem, le 4 juin 1832 dans la matin&#233;e, racine apport&#233;e par Mauro &#187;. &#192; gauche, de fines racines beiges et &#224; droite, des racines &#233;voquant des fils de cuivre, ainsi qu'une couronne de poudre de couleur rouille autour de ces racines.]&lt;br class='autobr' /&gt;
L'autre jour, Mauro, le jardinier de Claudia, m'a dit, en venant chez moi, qu'il existait deux vari&#233;t&#233;s de cette plante, l'une avec des racines blanches et l'autre avec des racines cuivr&#233;es jusqu'&#224; l'int&#233;rieur. Celle qui est cuivr&#233;e est appel&#233;e &#171; la ni&#232;ce de l'ours &#187; dans son village natal. Un terme jamais entendu auparavant. A-t-elle &#233;t&#233; ainsi baptis&#233;e parce que ses racines ressemblent &#224; des poils d'ours ?&lt;br class='autobr' /&gt;
Il me conseille de faire arracher celle dont les racines sont cuivr&#233;es, car elles durcissent comme du m&#233;tal &#224; mesure qu'elles se d&#233;veloppent, et une fois que les racines s'&#233;tendent il est difficile de s'en d&#233;barrasser, mais il est impossible de distinguer sur la terre les racines cuivr&#233;es des racines blanches. J'aime l'odeur de ces feuilles dont le parfum m'&#233;voque &#233;trangement le caill&#233; de lait &#224; la vanille, alors je ne puis me r&#233;soudre &#224; les arracher.&lt;br class='autobr' /&gt;
Il ne s'agit pas de deux esp&#232;ces distinctes stricto sensu mais de transformations touchant la m&#234;me vari&#233;t&#233;. D'apr&#232;s lui, les ann&#233;es o&#249; le coucher de soleil est magnifique, les racines cuivr&#233;es sont plus nombreuses. Cela est-il possible ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;https://www.pol-editeur.com/index.php?spec=livre&amp;ISBN=978-2-8180-6512-9&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;i&gt;Venise, millefleurs&lt;/i&gt;, Ryoko Sekiguchi, P.O.L., 2026.&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Vous pouvez suivre le podcast de ces lectures versatiles sur les diff&#233;rents points d'acc&#232;s ci-dessous : &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;https://anchor.fm/s/24d0b3d4/podcast/rss&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;RSS&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt; | &lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;https://podcasts.apple.com/fr/podcast/en-lisant-en-%C3%A9crivant/id1517222611&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Apple Podcast&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt; | &lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;https://www.youtube.com/c/PierreM%C3%A9nard/podcasts&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Youtube&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt; | &lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;https://www.deezer.com/fr/show/1001542221&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Deezer&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt; | &lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;https://open.spotify.com/episode/5ItGd0Gb92KVQOcyRpsVtj&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Spotify&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Journal du regard : Mai 2026</title>
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		<dc:creator>Pierre M&#233;nard</dc:creator>


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		<dc:subject>Nature</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Chaque mois, un film regroupant l'ensemble des images prises au fil des jours, le mois pr&#233;c&#233;dent, et le texte qui s'&#233;crit en creux. &lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; Une sorte de palimpseste, dans lequel doivent transpara&#238;tre les traces - t&#233;nues mais non d&#233;chiffrables - de l'&#233;criture &#8220;pr&#233;alable&#8221; &#187;. &lt;br class='autobr' /&gt;
Jorge Luis Borges, Fictions &lt;br class='autobr' /&gt;
&#192; chaque excursion, il y a ce qu'on imagine pouvoir faire, le parcours qu'on pr&#233;pare en amont. Ce qu'on anticipe et ce qu'on improvise sur place. &#192; Cr&#233;cy-la-Chapelle, nous longeons les quais de (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/biographie" rel="tag"&gt;Biographie&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/sons" rel="tag"&gt;Sons&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/musique" rel="tag"&gt;Musique&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/recit" rel="tag"&gt;R&#233;cit&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/video" rel="tag"&gt;Vid&#233;o&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/voix" rel="tag"&gt;Voix&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/paris" rel="tag"&gt;Paris&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/ville" rel="tag"&gt;Ville&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/paysage" rel="tag"&gt;Paysage&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/journal-du-regard" rel="tag"&gt;Journal du regard&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/derive" rel="tag"&gt;D&#233;rive&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/sensation" rel="tag"&gt;Sensation&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/nature" rel="tag"&gt;Nature&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.liminaire.fr/local/cache-vignettes/L150xH84/capture_d_e_cran_2026-05-25_a_23.49_00_1_-72a86.png?1780297394' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='84' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;i&gt;Chaque mois, un film regroupant l'ensemble des images prises au fil des jours, le mois pr&#233;c&#233;dent, et le texte qui s'&#233;crit en creux.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Une sorte de palimpseste, dans lequel doivent transpara&#238;tre les traces - t&#233;nues mais non d&#233;chiffrables - de l'&#233;criture &#8220;pr&#233;alable&#8221; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Jorge Luis Borges, &lt;i&gt;Fictions&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;center&gt;&lt;iframe width=&#034;660&#034; height=&#034;415&#034; src=&#034;https://www.youtube.com/embed/rzOLeO22OI4&#034; title=&#034;&#034; frameborder=&#034;0&#034; allow=&#034;accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share&#034; referrerpolicy=&#034;strict-origin-when-cross-origin&#034; allowfullscreen&gt;&lt;/iframe&gt;&lt;/center&gt;
&lt;p&gt;&#192; chaque excursion, il y a ce qu'on imagine pouvoir faire, le parcours qu'on pr&#233;pare en amont. Ce qu'on anticipe et ce qu'on improvise sur place. &#192; Cr&#233;cy-la-Chapelle, nous longeons les quais de la Venise briarde, avant de rejoindre le chemin de halage le long de la rivi&#232;re que j'avais rep&#233;r&#233; sur la carte. Sur le chemin, nous croisons des marcheurs qui nous conseillent un itin&#233;raire que nous n'avions pas envisag&#233; d'emprunter. Nous traversons des champs, montons sur la colline qui surplombe le village. En pr&#233;parant notre promenade, j'avais lu qu'il y avait de ce c&#244;t&#233;-l&#224; un ancien cimeti&#232;re protestant &#224; l'ombre des bois. Cependant, je ne pensais pas que nous irions jusque-l&#224; car cela me semblait consid&#233;rablement rallonger la distance de notre parcours. Au moment de passer &#224; la hauteur du cimeti&#232;re, nous ne comprenons pas la direction indiqu&#233;e par le panneau pour nous y rendre et passons &#224; c&#244;t&#233;. Je suis un peu d&#233;pit&#233;, mais difficile de revenir sur nos pas, puisque nous descendons &#224; travers la for&#234;t et que nous sommes d&#233;j&#224; &#224; proximit&#233; du village en contrebas. Ironie du sort, c'est au cimeti&#232;re que nous finissons notre p&#233;riple.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un thomasson est un objet urbain inutile, pr&#233;serv&#233; dans le cadre d'un b&#226;timent ou de son environnement. Quatre colonnes en fonte soutenaient le viaduc de la ligne 2 avant la cr&#233;ation des voies routi&#232;res. Ces colonnes creuses, d&#233;cal&#233;es vers la rotonde, servent d&#233;sormais de gaines de ventilation &#224; l'usine souterraine d'eau non potable de La Villette.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La d&#233;marche de Caroline pour inscrire la m&#233;moire de son grand-oncle Antoine Poletti, r&#233;sistant pendant la guerre et mort en d&#233;portation, dans le quartier o&#249; il a v&#233;cu avec toute sa famille, rue Corbera, dans le 12&#7497; arrondissement, tout proche du quartier de mes parents, et de la famille de ma m&#232;re, rue Beccaria, me touche. Ce qu'elle &#233;crit sur lui va se prolonger sur une plaque comm&#233;morative, appos&#233;e prochainement sur la fa&#231;ade de l'immeuble. Je traverse pour ma part ces lieux hant&#233;s par mes parents sans aucune nostalgie. Les seules traces qui m'&#233;meuvent et me touchent sont celles des marques de ballons des enfants qui recouvrent le mur blanc de la Petite Mairie du march&#233; d'Aligre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La plupart du temps, je ne suis pas seul quand je filme, j'enregistre ce que je vois &#224; la vol&#233;e, dans un temps r&#233;duit, un empressement constant sur le cours des choses. Quelque chose attire mon attention, je m'arr&#234;te pour filmer. On ne m'attend pas, c'est une habitude. Je les rejoins apr&#232;s en pressant le pas. Cela ne me g&#234;ne pas, mais je dois &#224; chaque fois rattraper le temps perdu pour ne pas me laisser distancer. Les conversations qui s'&#233;taient engag&#233;es sont interrompues, elles ont chang&#233; de sujet ou de direction, j'en entends que des bribes. Je les suis en pointill&#233;. Je dois agir vite et dilater le temps. Je ne sais pas si ce que je vis est vrai ou si je suis embarqu&#233; dans le r&#234;ve de quelqu'un d'autre. Une r&#233;alit&#233; alternative. Un univers parall&#232;le. Ce que je per&#231;ois de ce qui m'entoure, et pas seulement avec les personnes qui m'accompagnent, avec qui je partage l'espace, para&#238;t d&#233;tach&#233; de l'ensemble du paysage, comme si je n'en saisissais qu'un fragment, un seul versant, laissant l'autre dans l'ombre, sur le c&#244;t&#233;. C'est comme une machination. Qu'est-ce que c'est qu'&#234;tre s&#233;par&#233; de quelque chose qu'on n'a jamais eu ? De regarder ce qu'on ne voit pas vraiment, qui nous &#233;chappe ? Une &#233;norme absence m&#234;l&#233;e &#224; la certitude d'une grande pr&#233;sence possible cr&#233;e une impression singuli&#232;re. Je r&#233;fl&#233;chis &#224; tout cela en remontant vers la maison, apr&#232;s avoir mang&#233; en famille dans un restaurant du 12&#7497;. Nous rentrons &#224; pied, en longeant le canal Saint-Martin. Dans l'effervescence de cette chaude journ&#233;e, les quais sont bond&#233;s d'une foule de Parisiens et de touristes, jeunes gens buvant et fumant, riant et parlant fort, assis, debout, dans le d&#233;sordre de la nuit. Comment aurais-je pu imaginer qu'une bagarre entre hooligans en marge de la finale de la coupe de France de football aurait lieu quelques heures plus tard, m&#234;me si, peinant &#224; remonter le quai, &#224; cause de la foule, j'ai ressenti quelque chose d'&#233;lectrique dans l'air qui m'a profond&#233;ment troubl&#233;, mis mal &#224; l'aise, comme il arrive parfois qu'on pressente ce qui va se passer mais qu'on ne le comprenne qu'apr&#232;s coup ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Invit&#233;s &#224; manger chez mes parents, avec Caroline et Nina, nous descendons &#224; la gare de Boussy-Saint-Antoine, pour rejoindre Combs-la-Ville &#224; travers champs et bords de l'Yerres. C'est un voyage dans le temps. Je retrouve des lieux de promenades de mon enfance, quand nous habitions Boussy, o&#249; nous descendions avec mon oncle et ma tante jusqu'&#224; Jarcy. Sur le chemin, je retrouve des maisons et des jardins o&#249; j'ai &#233;t&#233; invit&#233; lorsque j'&#233;tais enfant, chez des camarades de classe. Je ne me souviens de rien mais tout me revient. Les lieux de mon enfance se r&#233;sument trop souvent aux vacances estivales pass&#233;es chez mes grands-parents dans le Berry. Mais ces paysages travers&#233;s aujourd'hui m'y ram&#232;nent par un d&#233;tour que seule la m&#233;moire sait faire jouer en nous.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nos pas s'impriment dans la terre encore humide des sous-bois, &#233;criture illisible, les reflets des flaques s'&#233;vaporent dans la touffeur du jour, la lumi&#232;re &#224; leur surface, artificielle comme les &#233;tangs de la for&#234;t, mirages de fra&#238;cheur.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Ce temps du dehors</title>
		<link>https://www.liminaire.fr/chronique/entre-les-lignes/article/ce-temps-du-dehors</link>
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		<dc:creator>Pierre M&#233;nard</dc:creator>


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		<dc:subject>R&#233;cit</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;La distance du possible &lt;br class='autobr' /&gt;
J'ai particip&#233; &#224; la marche organis&#233;e par Hortense Gauthier et la revue TINA en ligne, dont le principe consistait &#224; &#233;crire une phrase de 60 caract&#232;res par heure de marche, accompagn&#233;e d'une photographie. J'ai d&#233;couvert, en rentrant de promenade dans la for&#234;t de Carnelle avec Caroline et Nina, que l'endroit avait &#233;t&#233; le cadre des premiers essais du t&#233;l&#233;graphe de Chappe. Le 12 juillet 1793, pour la premi&#232;re fois dans l'histoire, 26 mots ont &#233;t&#233; transmis en 11 minutes (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.liminaire.fr/chronique/entre-les-lignes/" rel="directory"&gt;Entre les lignes&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/art" rel="tag"&gt;Art&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/ecriture" rel="tag"&gt;&#201;criture&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/information" rel="tag"&gt;Information&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/journal" rel="tag"&gt;Journal&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/peinture" rel="tag"&gt;Peinture&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/photographie" rel="tag"&gt;Photographie&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/paris" rel="tag"&gt;Paris&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/ville" rel="tag"&gt;Ville&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/histoire" rel="tag"&gt;Histoire&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/contacts-successifs" rel="tag"&gt;Contacts successifs&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/quotidien" rel="tag"&gt;Quotidien&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/societe" rel="tag"&gt;Soci&#233;t&#233;&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/corps" rel="tag"&gt;Corps&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/enfance" rel="tag"&gt;Enfance&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/architecture" rel="tag"&gt;Architecture&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/recit" rel="tag"&gt;R&#233;cit&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.liminaire.fr/local/cache-vignettes/L150xH75/contacts_succcessifs_8_1_-ce3b8.png?1780210919' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='75' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La distance du possible&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J'ai particip&#233; &#224; la &lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;https://editionsjou.net/2026/05/27/285-focus-30-marches-les-donnees/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;marche organis&#233;e par Hortense Gauthier et la revue TINA en ligne&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;, dont le principe consistait &#224; &#233;crire une phrase de 60 caract&#232;res par heure de marche, accompagn&#233;e d'une photographie. J'ai d&#233;couvert, en rentrant de promenade dans la for&#234;t de Carnelle avec Caroline et Nina, que l'endroit avait &#233;t&#233; le cadre des premiers essais du t&#233;l&#233;graphe de Chappe. Le 12 juillet 1793, pour la premi&#232;re fois dans l'histoire, 26 mots ont &#233;t&#233; transmis en 11 minutes de M&#233;nilmontant &#224; Saint-Martin-du-Tertre, soit une distance de 26 km &#224; vol d'oiseau. Le t&#233;l&#233;graphe Chappe &#233;tait un syst&#232;me de communication visuelle invent&#233; par Claude Chappe pendant la R&#233;volution fran&#231;aise. Il permettait de transmettre rapidement des messages &#224; grande distance gr&#226;ce &#224; une cha&#238;ne de tours &#233;quip&#233;es de bras articul&#233;s visibles &#224; la longue-vue depuis la station voisine. Chaque tour, espac&#233;e d'environ dix &#224; quinze kilom&#232;tres, relayait les signaux jusqu'&#224; destination. La premi&#232;re ligne relia Paris &#224; Lille en 1794 pour des usages militaires. Le syst&#232;me se d&#233;veloppa ensuite dans toute la France. Avec l'arriv&#233;e du t&#233;l&#233;graphe &#233;lectrique dans les ann&#233;es 1840, les tours Chappe furent progressivement abandonn&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_8771 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.liminaire.fr/IMG/jpg/55285243116_9841d761d1_k.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.liminaire.fr/local/cache-vignettes/L500xH333/55285243116_9841d761d1_k-c1662.jpg?1780210919' width='500' height='333' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;center&gt;Bistro du Commerce, Avenue Ledru Rollin, Paris 11&#232;me, 21 mai 2026&lt;/center&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Chaque jour se transforme en demain&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Certains matins j'entends des voix. Ce ne sont pas exactement des voix, mais &#231;a vibre en moi, &#231;a r&#233;sonne dans ma t&#234;te. Difficile de ne pas les comparer &#224; des voix. C'est un tremblement qui se transmet par l'interm&#233;diaire des murs de ma chambre, me parvient en remontant jusqu'aux parois de mon cr&#226;ne. Je crois qu'il s'agit de paroles que j'entends dans un r&#234;ve que je ne parviens pas &#224; comprendre, dont je n'identifie pas explicitement les mots. Cela m'arrive parfois. Une forme de ligne de basse continue, tel un moteur qui gronde sous terre. J'entends parfois les v&#233;hicules sortant du parking de l'immeuble faire vibrer les murs du sous-sol, mais l&#224; ce n'est pas la m&#234;me chose. Le temps de me r&#233;veiller pour comprendre qu'il s'agit en fait de la radio des voisins. Je ne me trompais pas r&#233;ellement, ce sont bien des mots, un brouhaha de paroles incompr&#233;hensibles, de voix confuses, qui se r&#233;sument &#224; une bouillie de phon&#232;mes. Je sens vibrer le monde depuis mon lit, &#224; demi-r&#233;veill&#233;, troubl&#233; par ces &#233;chos lointains qui me rappellent les voix de la radio, programm&#233;e la veille, qui s'allume au moment du journal. Le son est inaudible tout d'abord, il monte progressivement. Il faut que je me presse de l'arr&#234;ter, sinon j'ai l'impression que les voix des journalistes vont se mettre &#224; crier leurs informations anxiog&#232;nes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La mesure du d&#233;sastre&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avec son intervention en cours d'installation sur le Pont-Neuf, JR fait directement r&#233;f&#233;rence &#224; l'&#339;uvre r&#233;alis&#233;e par Christo et Jeanne-Claude en 1985 sur ce m&#234;me monument. Pourtant, derri&#232;re des points communs apparents (lieu d'intervention, gratuit&#233; de leurs projets, caract&#232;re &#233;ph&#233;m&#232;re et financement par la vente d'&#339;uvres pr&#233;paratoires), les deux d&#233;marches rel&#232;vent de conceptions tr&#232;s diff&#233;rentes de l'art dans l'espace public. Lorsque Christo et Jeanne-Claude emballent le Pont-Neuf, ils ne cherchent pas &#224; lui ajouter une image mais &#224; le transformer par la dissimulation. Recouvert d'un tissu couleur pierre, la toile drap&#233;e r&#233;fl&#233;chit la lumi&#232;re sur la Seine. Le pont prend une forme nouvelle, &#233;trange et presque abstraite. L'&#339;uvre invite les passants &#224; red&#233;couvrir physiquement un lieu familier. Pendant quinze jours, le monument se transforme en exp&#233;rience collective, v&#233;cue directement par ceux qui le traversent et l'observent. &#192; l'inverse, l'intervention de JR repose avant tout sur la production d'une image de marque. Un signe visuel, facilement identifiable, con&#231;u pour &#234;tre photographi&#233; puis largement diffus&#233;, partag&#233; et reproduit. Ce camouflage gonflable (montagne &#224; l'ext&#233;rieur, caverne &#224; l'int&#233;rieur) reproduit les codes esth&#233;tiques de JR (&#339;uvre monumentale, illusion d'optique, noir et blanc tr&#232;s contrast&#233;, proche de celui des photocopies) et se plaque de mani&#232;re spectaculaire sur ce monument historique de Paris.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_8772 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.liminaire.fr/IMG/jpg/40153705890_1c59e11d14_k.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.liminaire.fr/local/cache-vignettes/L500xH281/40153705890_1c59e11d14_k-ec26e.jpg?1780210919' width='500' height='281' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;center&gt;Largo Landolina, Noto, Sicile, Italie, 8 mai 2018&lt;/center&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Un mouvement irr&#233;sistible&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je vois des groupes de jeunes s'amuser et nager dans l'eau du canal Saint-Martin pour se rafra&#238;chir par les fortes chaleurs des derniers jours, feindre de ne pas comprendre l'interdiction de se baigner, de sauter depuis les passerelles tandis que d'autres filment leurs plongeons. Ces centaines de jeunes, torses nus, jouant, plaisantant, discutant, riant entre eux. Et leurs cris, leurs courses folles pour &#233;chapper &#224; la police les poursuivant en voiture comme des d&#233;linquants. La police d&#233;bord&#233;e, oblig&#233;e tr&#232;s vite de se cantonner, par manque d'effectif, &#224; fermer l'acc&#232;s &#224; deux ponts et &#224; surveiller, comme de simples ma&#238;tres nargueurs, cette foule juv&#233;nile. J'ai trouv&#233; rafra&#238;chissantes les r&#233;ponses faussement na&#239;ves de jeunes filles tremp&#233;es de la t&#234;te aux pieds, argumentant face aux policiers qu'elles ne s'&#233;taient pas baign&#233;es, qu'elles sortaient juste de chez elles apr&#232;s leur douche. Ces jeunes n'avaient qu'une intention, se rafra&#238;chir, s'amuser ensemble, mais en dehors des centres commerciaux, des piscines bond&#233;es et payantes ou des terrains de sport, des skateparks, o&#249; l'on pr&#233;f&#233;rait les voir rester sagement. Cette g&#233;n&#233;ration cherche des endroits o&#249; tra&#238;ner, se retrouver et vivre des moments collectifs dans une ville qui n'est pas faite pour elle. Sur les r&#233;seaux sociaux, les commentaires aux images de ces sauts de l'ange dans l'eau du canal r&#233;sument assez bien les clivages g&#233;n&#233;rationnels et sociologiques de notre soci&#233;t&#233; : &lt;i&gt;Qu'est-ce qu'ils ne comprennent pas dans le mot interdit ?&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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<item xml:lang="fr">
		<title>Dans l'&#233;paisseur des mots</title>
		<link>https://www.liminaire.fr/chronique/entre-les-lignes/article/dans-l-epaisseur-des-mots</link>
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		<dc:date>2026-05-24T07:00:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Pierre M&#233;nard</dc:creator>


		<dc:subject>Cin&#233;ma</dc:subject>
		<dc:subject>Biographie</dc:subject>
		<dc:subject>&#201;criture</dc:subject>
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		<dc:subject>Paysage</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Un concours de circonstances &lt;br class='autobr' /&gt;
Il y a quelque chose d'&#233;trange et de d&#233;plac&#233; dans le fait de donner des pr&#233;noms aux temp&#234;tes. Une temp&#234;te n'arrive plus seulement avec son cort&#232;ge de pr&#233;cipitations, de vent, de branches arrach&#233;es, d'impressionnants d&#233;g&#226;ts. J'imagine que c'est avec l'intention de rendre l'&#233;v&#233;nement plus proche de la population, de permettre d'identifier plus facilement le ph&#233;nom&#232;ne m&#233;t&#233;orologique, mais il associe ainsi le drame aux personnes qui portent ce pr&#233;nom. La temp&#234;te (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.liminaire.fr/chronique/entre-les-lignes/" rel="directory"&gt;Entre les lignes&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/cinema" rel="tag"&gt;Cin&#233;ma&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/biographie" rel="tag"&gt;Biographie&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/ecriture" rel="tag"&gt;&#201;criture&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/journal" rel="tag"&gt;Journal&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/langage" rel="tag"&gt;Langage&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/photographie" rel="tag"&gt;Photographie&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/portrait" rel="tag"&gt;Portrait&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/contacts-successifs" rel="tag"&gt;Contacts successifs&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/regard" rel="tag"&gt;Regard&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/nature" rel="tag"&gt;Nature&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/recit" rel="tag"&gt;R&#233;cit&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/ville" rel="tag"&gt;Ville&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/paysage" rel="tag"&gt;Paysage&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.liminaire.fr/local/cache-vignettes/L150xH75/contacts_succcessifs_7_1_-08915.png?1779606376' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='75' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Un concours de circonstances&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y a quelque chose d'&#233;trange et de d&#233;plac&#233; dans le fait de donner des pr&#233;noms aux temp&#234;tes. Une temp&#234;te n'arrive plus seulement avec son cort&#232;ge de pr&#233;cipitations, de vent, de branches arrach&#233;es, d'impressionnants d&#233;g&#226;ts. J'imagine que c'est avec l'intention de rendre l'&#233;v&#233;nement plus proche de la population, de permettre d'identifier plus facilement le ph&#233;nom&#232;ne m&#233;t&#233;orologique, mais il associe ainsi le drame aux personnes qui portent ce pr&#233;nom. La temp&#234;te s'approche. On redoute ses effets. On suit avec crainte son parcours sur les cartes. On prononce son nom &#224; la t&#233;l&#233;vision avec une forme de proximit&#233; troublante. Le pr&#233;nom change la nature des temp&#234;tes. Elles cessent d'&#234;tre neutres, et si elles restent uniques, difficile sans cela &#224; les diff&#233;rencier. C'est tout un ensemble d'images qui nous parvient dans son sillage. Des routes inond&#233;es, des fen&#234;tres qui claquent, des personnes qui regardent le ciel s'assombrir. Certains pr&#233;noms semblent soudain impossibles &#224; porter sans que revienne le souvenir dramatique. Tout le monde se souvient des temp&#234;tes de fin d&#233;cembre 1999 en Europe. Leurs pr&#233;noms r&#233;sonnent encore dans nos m&#233;moires. Lothar et Martin. Il y a cependant des moyens moins raccoleurs qu'&lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;https://meteofrance.com/actualites-et-dossiers/actualites/quel-nom-choisiriez-vous-pour-une-tempete&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;un concours pour choisir les prochains noms de temp&#234;te&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_8769 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.liminaire.fr/IMG/jpg/55262998201_4463f40bf0_k.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.liminaire.fr/local/cache-vignettes/L500xH333/55262998201_4463f40bf0_k-96e33.jpg?1779606376' width='500' height='333' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;center&gt;Exposition &lt;i&gt;Curiosit&#233;&lt;/i&gt; (objets de Ma&#239;ssa Toulet), Cent, 100 rue de Charenton, Paris 12&#232;me, 11 mai 2026&lt;/center&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Mon temps mon demain mes toujours&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La jeune femme s'est juch&#233;e sur le rebord de la fen&#234;tre aux volets m&#233;talliques ferm&#233;s, au rez-de-chauss&#233;e de cette maison devant laquelle je passe quotidiennement. Elle n'est pas chez elle, mais elle s'y sent &#224; l'aise, l'air d&#233;tendu, joyeuse et insouciante. Elle est assise, son dos contre le montant b&#233;tonn&#233; du cadre de la fen&#234;tre, son corps recroquevill&#233; pour se lover dans cet espace r&#233;duit, plus large que long, genou relev&#233; vers sa poitrine pour s'y maintenir en entier et ne pas risquer de tomber, ce qui lui permet de maintenir en &#233;quilibre son smartphone sur ses genoux pour discuter en vid&#233;o avec un ami. Elle ne pr&#234;te pas attention aux pi&#233;tons qui marchent sur le trottoir et passent &#224; sa hauteur. Sans un regard, ni un sourire. Concentr&#233;e dans sa conversation qui prend toute la place comme son corps dans cet espace incongru.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le moment fragile o&#249; ce sentiment appara&#238;t&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y a chez l'actrice Renate Reinsve quelque chose qui &#233;chappe imm&#233;diatement aux cat&#233;gories habituelles de la beaut&#233;. Son visage semble toujours travers&#233; par une pens&#233;e, une inqui&#233;tude, un tremblement int&#233;rieur. Sa beaut&#233; tient dans la mani&#232;re qu'elle a de laisser appara&#238;tre le doute, d'accueillir la fatigue, l'ironie, d'exprimer la g&#234;ne ou le d&#233;sir sans jamais vraiment les souligner. Dans &lt;i&gt;Julie (en 12 chapitres)&lt;/i&gt;, elle incarne un personnage qui change sans cesse de forme. Julie h&#233;site, fuit, recommence, d&#233;truit ce qu'elle aime, cherche sa place dans sa propre vie. Beaucoup d'acteurs jouent les contradictions. Renate Reinsve les laisse coexister en elle. Elle peut &#234;tre lumineuse dans une sc&#232;ne de f&#234;te, puis soudain totalement ferm&#233;e, presque absente, comme si une autre pens&#233;e traversait son esprit. Son jeu repose moins sur la d&#233;monstration psychologique que sur des micro-d&#233;placements. Une mani&#232;re de regarder quelqu'un trop longtemps, de sourire avant de se refermer, de ralentir l&#233;g&#232;rement au milieu d'une phrase. Dans &lt;i&gt;La Convocation&lt;/i&gt;, son visage devient plus inqui&#233;tant. Le film repose largement sur sa capacit&#233; &#224; maintenir une ambigu&#239;t&#233; permanente. Elle parait &#224; la fois fragile et capable d'une violence exag&#233;r&#233;e. Elle ne cherche pas &#224; rendre son personnage sympathique. Elle laisse des zones de silence, des moments o&#249; l'on ne sait plus si elle souffre, si elle manipule ou se prot&#232;ge. C'est cette opacit&#233; qui la rend troublante. Dans &lt;i&gt;Valeur sentimentale&lt;/i&gt;, cette qualit&#233; devient plus sensible encore. Son personnage existe &#224; travers un simple mouvement de t&#234;te ou une respiration suspendue. Elle accepte les contradictions, les moments embarrassants, les silences. Son corps lui-m&#234;me semble toujours l&#233;g&#232;rement en d&#233;calage sur son &#233;motion. C'est ce qui produit sur nous une impression de v&#233;rit&#233; tr&#232;s rare. Jouer ne consiste pas &#224; montrer un sentiment, mais &#224; laisser voir le moment fragile o&#249; ce sentiment appara&#238;t, se transforme ou dispara&#238;t.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_8768 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.liminaire.fr/IMG/jpg/49077899932_43572f5e68_k.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.liminaire.fr/local/cache-vignettes/L500xH333/49077899932_43572f5e68_k-4dfc7.jpg?1779606376' width='500' height='333' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;center&gt;Yomise-dori, Yanaka, Tokyo, Japon, 17 novembre 2019&lt;/center&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Ce temps du dehors&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le brouhaha des conversations s'entrechoque &#224; contretemps avec la musique pouss&#233;e trop fort dans le caf&#233;, une rythmique s&#232;che et cadenc&#233;e dont on distingue &#224; peine la voix f&#233;minine, noy&#233;e sous une batterie omnipr&#233;sente. Dans la vitre de la porte-fen&#234;tre, &#224; c&#244;t&#233; de moi, plusieurs reflets vibrent et se diffractent, se surimpriment aux silhouettes &#233;vasives des passants qui traversent la rue d'un pas rapide dans la lumi&#232;re de fin de journ&#233;e. Lorsqu'on d&#233;tache l&#233;g&#232;rement le regard de ce mirage tremblotant, c'est alors l'ensemble du carrefour qui appara&#238;t, toute la sc&#232;ne et sa m&#233;canique visible. Le passage r&#233;gulier des voitures, toujours &#224; la m&#234;me allure, l'alternance presque hypnotique des feux, les croisements de pi&#233;tons qui s'engagent chacun son tour sur les bandes blanches des passages-pi&#233;tons. Il y a dans cette effervescence quelque chose d'entra&#238;nant et d'artificiel &#224; la fois. Une dynamique fabriqu&#233;e. Cin&#233;matographique. Comme ces sc&#232;nes de foule o&#249;, soudain, le regard cesse de croire &#224; l'illusion et commence &#224; voir ce qu'elle contient r&#233;ellement. Des figurants qui r&#233;p&#232;tent plusieurs fois les m&#234;mes gestes, pour produire un effet de r&#233;el qui finit, au contraire, par r&#233;v&#233;ler la mise en sc&#232;ne. Un couple s'arr&#234;te devant le caf&#233;, comme s'ils attendaient quelqu'un avant d'entrer. Ils se rapprochent, s'embrassent. Leurs corps glissent l'un contre l'autre, s'agrippent doucement, cherchent encore un peu plus de proximit&#233;, tout en conservant entre eux une distance infime, presque invisible, avant l'&#233;treinte. La femme commence, sans y penser, &#224; faire basculer son corps d'avant en arri&#232;re. Un mouvement lent, presque imperceptible, qui se transmet aussit&#244;t au corps de son compagnon. Ils se mettent &#224; danser. Ils semblent oublier toute l'agitation qui les entoure. Mieux encore, ils l'effacent. Pour ceux qui les regardent, la rue dispara&#238;t &#224; son tour, les voitures, les feux, les passants. Il ne reste plus qu'eux et leur chor&#233;graphie discr&#232;te, vacillante, renversante.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Rien que les heures, de Pierre M&#233;nard</title>
		<link>https://www.liminaire.fr/creation/radio-marelle/article/rien-que-les-heures-de-pierre-menard</link>
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		<dc:creator>Pierre M&#233;nard</dc:creator>


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		<dc:subject>Pierre M&#233;nard</dc:subject>
		<dc:subject>L'espace d'un instant</dc:subject>
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		<dc:subject>Temps</dc:subject>
		<dc:subject>Voyage</dc:subject>
		<dc:subject>Sensation</dc:subject>
		<dc:subject>Quotidien</dc:subject>
		<dc:subject>Regard</dc:subject>
		<dc:subject>Nature</dc:subject>
		<dc:subject>Ville</dc:subject>
		<dc:subject>Paysage</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Ce livre se d&#233;ploie, au fil des heures d'une journ&#233;e, sur la ligne du m&#233;ridien de Paris. &#192; chaque &#233;tape g&#233;olocalis&#233;e le long de ce parcours, traversant la ville du nord au sud, une mosa&#239;que de brefs r&#233;cits et de sc&#232;nes vari&#233;es se succ&#232;de dans diff&#233;rents lieux du monde, exactement au m&#234;me moment. La juxtaposition de ces fragments d'histoires, de ces arr&#234;ts sur image, permet d'explorer simultan&#233;ment diff&#233;rents points de vue. Le texte d&#233;tourne la chronologie d'une journ&#233;e pour la transformer en (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.liminaire.fr/creation/radio-marelle/" rel="directory"&gt;Radio Marelle&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/cinema" rel="tag"&gt;Cin&#233;ma&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/ecriture" rel="tag"&gt;&#201;criture&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/histoire" rel="tag"&gt;Histoire&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/inventaire" rel="tag"&gt;Inventaire&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/lecture" rel="tag"&gt;Lecture&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/livre" rel="tag"&gt;Livre&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/photographie" rel="tag"&gt;Photographie&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/poesie" rel="tag"&gt;Po&#233;sie&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/portrait" rel="tag"&gt;Portrait&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/recit" rel="tag"&gt;R&#233;cit&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/voix" rel="tag"&gt;Voix&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/pierre-menard" rel="tag"&gt;Pierre M&#233;nard&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/l-espace-d-un-instant" rel="tag"&gt;L'espace d'un instant&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/derive" rel="tag"&gt;D&#233;rive&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/memoire" rel="tag"&gt;M&#233;moire&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/temps" rel="tag"&gt;Temps&lt;/a&gt;, 
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 <content:encoded>&lt;img src='https://www.liminaire.fr/local/cache-vignettes/L150xH84/en_lisant_en_e_crivant_2_1_-3ba46.png?1779433275' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='84' alt=&#034;&#034; /&gt;
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&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Ce livre se d&#233;ploie, au fil des heures d'une journ&#233;e, sur la ligne du m&#233;ridien de Paris. &#192; chaque &#233;tape g&#233;olocalis&#233;e le long de ce parcours, traversant la ville du nord au sud, une mosa&#239;que de brefs r&#233;cits et de sc&#232;nes vari&#233;es se succ&#232;de dans diff&#233;rents lieux du monde, exactement au m&#234;me moment. La juxtaposition de ces fragments d'histoires, de ces &lt;i&gt;arr&#234;ts sur image&lt;/i&gt;, permet d'explorer simultan&#233;ment diff&#233;rents points de vue. Le texte d&#233;tourne la chronologie d'une journ&#233;e pour la transformer en une topographie de l'omnipr&#233;sence des exp&#233;riences humaines. Un voyage immobile, une cartographie de l'intime et du collectif, pour observer le monde en l'espace d'un instant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;https://editionsjou.net/produit/rien-que-les-heures/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;i&gt;Rien que les heures&lt;/i&gt;, Pierre M&#233;nard, &#201;ditions JOU, 2026.&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;
&lt;br&gt;
&lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip_document_8747 spip_document spip_documents spip_document_video&#034;&gt;
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&lt;p&gt;&lt;br&gt;
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&lt;div class='spip_document_3089 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left'&gt;
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&lt;a href=&#034;https://open.spotify.com/episode/0qz35jgoGUWOrkBcZN9Li8?si=k0GobU-LTf-fcOj3rcmV6Q&#034; class=&#034;spip_out spip_doc_lien&#034;&gt; &lt;img src='https://www.liminaire.fr/local/cache-vignettes/L35xH35/anchor-52133.png?1739520156' width='35' height='35' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
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&lt;center&gt;&lt;h2&gt;&lt;strong&gt;13:10&lt;/strong&gt;&lt;/h2&gt;&lt;/center&gt;
&lt;div class='spip_document_8735 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.liminaire.fr/IMG/png/13_10.png' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/png&#034;&gt; &lt;img src='https://www.liminaire.fr/local/cache-vignettes/L500xH281/13_10-40656.png?1779433275' width='500' height='281' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;center&gt;&lt;h3&gt;&lt;strong&gt;48&#176; 51'25,5'' N &#8211; 2&#176; 20'11,7'' E&lt;/strong&gt;&lt;/h3&gt;&lt;/center&gt;&lt;center&gt;Zvenigorod, Russie : 14:10&lt;/center&gt;&lt;center&gt;Varsovie, Pologne : 13:10&lt;/center&gt;&lt;center&gt;Buenos Aires, Argentine : 08:10&lt;/center&gt;&lt;center&gt;Paris, France : 13:10&lt;/center&gt;&lt;center&gt;Douvres, Angleterre, Royaume-Uni : 12:10&lt;/center&gt;&lt;center&gt;Mexico, Mexique : 06:10&lt;/center&gt;&lt;center&gt;Moscazzano, Italie : 13:10&#8232;&lt;/center&gt;
&lt;p&gt;Le ciel &#233;toil&#233; s'&#233;tend au-dessus, confettis de lumi&#232;re dispers&#233;s sur la vo&#251;te sombre. Chaque nuit, il scrute ce panorama anim&#233;, cherchant des indices sur ce qui l'attend. Les &#233;toiles scintillantes conversent avec les algues ondulantes d'une rivi&#232;re peu profonde. Le souffle du vent caresse un champ tandis que le brouillard enveloppe le d&#233;cor. Des visages apparaissent et s'&#233;vanouissent dans la lumi&#232;re, tourment&#233;s par une anxi&#233;t&#233; diffuse. Les souvenirs, d&#233;licats et changeants, ne tiennent gu&#232;re, marques d'un pass&#233; en demi-teinte.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le reflet de son visage appara&#238;t dans la vitre obscure, fragment&#233; par les contours de son cou, l'arrondi des joues, les rides comme autant de sillons d'un atlas imaginaire. D'un doigt, elle esquisse un chemin, un parcours qui se replie sur lui-m&#234;me. Ce n'est pas une simple image, c'est un appel, une invention. Elle ferme les yeux, esp&#233;rant tracer un retour vers ce qui est perdu. Dans le silence et la p&#233;nombre, le premier mot qu'elle murmure l'immerge dans un tourbillon d'&#233;motions dispers&#233;es &#224; l'infini.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le pr&#233;sentoir de moulins &#224; vent, &#233;clatants de couleurs, capte le regard de l'enfant assis sur le banc. Les pales h&#233;lico&#239;dales de plastique d&#233;fient l'immobilit&#233;. Il r&#234;ve de les faire tournoyer, comme autrefois son p&#232;re s'amusait &#224; construire des h&#233;lices de fortune avec des feuilles de laurier palme. Une brise douce aurait suffi pour r&#233;veiller ces souvenirs bricol&#233;s, pour rappeler la magie na&#239;ve d'un bruit qui imite celui du vent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La m&#232;re offre son sein &#224; l'enfant qui t&#232;te avidement. Bruits de succion. Tout son corps se consacre &#224; ce besoin primaire, mais c'est autre chose qui attire le regard. Le geste de la femme. Une gr&#226;ce ferme et douce &#233;mane de sa mani&#232;re de tenir le b&#233;b&#233;, de l'approcher, de lui offrir ce r&#233;confort. Ce geste simple, bienheureux, o&#249; le don et la s&#233;r&#233;nit&#233; s'unissent et s'accordent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La photographie r&#233;v&#232;le une maison solitaire perch&#233;e sur une falaise de craie blanche, minuscule face &#224; l'horizon. Ce pass&#233;, toujours en embuscade, le frappe soudainement. L'image &#233;voque une soir&#233;e paisible. Un homme lisant pr&#232;s de la chemin&#233;e, une cigarette oubli&#233;e sur le rebord du cendrier. Une femme souriante, envo&#251;t&#233;e par la musique classique. Tout cela se dilate dans l'&#233;cho d'un temps o&#249; le pr&#233;sent et le futur n'&#233;taient que des promesses voil&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans l'obscurit&#233;, il avance &#224; t&#226;tons, les mains en avant, comme pour repousser un choc imminent. Chaque pas h&#233;sitant r&#233;sonne d'une vibration imperceptible. Ce qui semblait une rencontre in&#233;vitable n'&#233;tait qu'un mirage, une illusion. Les sens en alerte le trompent. Ce n'est qu'apr&#232;s coup qu'il per&#231;oit l'erreur, la n&#233;cessit&#233; de r&#233;&#233;valuer. L'amour aussi peut &#234;tre une fausse piste, une &#233;valuation mal ajust&#233;e dans l'obscurit&#233; du c&#339;ur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'air devient une barri&#232;re, la peau un seuil. Des bruits distants filtrent &#224; travers une ampoule gratt&#233;e jusqu'au sang, la peau marqu&#233;e par les sillons blancs des ongles. Le ciel limpide s'&#233;tire sous un soleil impassible. Lever les bras dans cette lumi&#232;re devient un acte lib&#233;rateur. Un souffle, un d&#233;clic. Le vent qui joue dans les branches amplifie ce moment ondulatoire. Ombre et lumi&#232;re dansent ensemble, r&#233;sonnant avec ce qui, en lui, &#233;clate enfin dans un mouvement irr&#233;sistible.&lt;/p&gt;
&lt;center&gt;&lt;h2&gt;&lt;strong&gt;14:02&lt;/strong&gt;&lt;/h2&gt;&lt;/center&gt;
&lt;div class='spip_document_8736 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.liminaire.fr/IMG/png/14_02.png' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/png&#034;&gt; &lt;img src='https://www.liminaire.fr/local/cache-vignettes/L500xH281/14_02-f860c.png?1779433275' width='500' height='281' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;center&gt;&lt;h3&gt;&lt;strong&gt;48&#176; 51'22,6'' N &#8211; 2&#176; 20'11,8'' E&lt;/strong&gt;&lt;/h3&gt;&lt;/center&gt;&lt;center&gt;Shalkar, Kazakhstan : 17:02&lt;/center&gt;
&lt;center&gt;Clermont-Ferrand, France : 14:02&lt;/center&gt;
&lt;center&gt;Kutowinangun, Indon&#233;sie : 19:02&lt;/center&gt;
&lt;center&gt;P&#233;kin, Chine : 20:02&lt;/center&gt;
&lt;center&gt;Montr&#233;al, Qu&#233;bec, Canada : 08:02&lt;/center&gt;
&lt;center&gt;Asan, R&#233;publique de Cor&#233;e : 21:02&lt;/center&gt;
&lt;center&gt;Manayaycuna, P&#233;rou : 07:02&lt;/center&gt;
&lt;p&gt;Discussions &#224; b&#226;tons rompus entre voisins, chacun derri&#232;re le grillage qui s&#233;pare leurs terrains. On parle jardin, r&#233;coltes, les fruits trop lents &#224; pousser, les l&#233;gumes &#224; planter. Les commer&#231;ants du village ? Ils vont fermer boutique. Les enfants ? Ce qu'ils deviennent. &#199;a lui fait quel &#226;ge, &#224; la petite ? demande l'un. Ils vont bient&#244;t se marier ? Avec le temps, les visites se rar&#233;fient, les relations s'espacent. Un jour, sans savoir pourquoi, les mots se brisent, remplac&#233;s par un silence &#233;crasant. Un mur invisible.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La brume, qui s'&#233;chappe des bosquets, rappelle les feux de bruy&#232;re. Une solitude immense enveloppe ces instants d'incertitude. Les vitres de la maison sont embu&#233;es, cercl&#233;es d'humidit&#233;. Il fait un th&#233;, r&#233;flexe instinctif, r&#233;confort imm&#233;diat. L'odeur de bergamote monte doucement. Orange am&#232;re, citron vert. Le temps se fige. La soir&#233;e s'&#233;tire langoureusement dans le murmure des souvenirs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y a en elle une fiert&#233; farouche, une combativit&#233; muette. Elle a le regard fixe, la nuque tendue, elle se tient droite et fait face &#224; la femme devant elle. Elle sait qu'elle ne pourra plus esquiver. Il faudra r&#233;pondre, affronter cette attente, cette v&#233;rit&#233; trop longtemps contenue. Se souvenir, oublier sont deux forces contraires. Son silence feint la r&#233;signation, mais son regard vacille l&#233;g&#232;rement, trahissant un vertige int&#233;rieur. Ce qui reste ? Un d&#233;tachement. Une v&#233;rit&#233; qui lui glisse entre les doigts.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le bus s'&#233;branle, lentement d'abord, suivant la route qui relie l'a&#233;roport au centre-ville. Zones industrielles, entrep&#244;ts align&#233;s, ponts suspendus, parkings bond&#233;s. Un paysage monotone d&#233;file, r&#233;p&#233;titif, presque m&#233;canique. La banlieue s'efface peu &#224; peu, les tours apparaissent &#224; l'horizon. Le roulis r&#233;gulier du bus et le ronronnement de son moteur bercent les passagers. Dans cette fatigue partag&#233;e, certains sombrent dans le sommeil.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le soleil naissant colore le fleuve d'un &#233;clat dor&#233;, alangui. Vivre, c'est habiter cet intervalle, entre aube et cr&#233;puscule, entre fatigue et beaut&#233;, agitation et solitude. Tout converge dans un geste anodin, presque imperceptible. Celui d'un pied qui s'avance, trouve le rebord du garde-fou au dernier &#233;tage d'un immeuble. Un frisson d'audace traverse l'air, une sensation d'un pouvoir inexplicable, insens&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans la cuisine, le repas mijote. Ce soir, elle a pr&#233;par&#233; un plat de son enfance : son galbi-jim, pot-au-feu cor&#233;en. Longuement mijot&#233;, le b&#339;uf se d&#233;tache tendrement, parfum&#233; d'aromates et de l&#233;gumes. Tandis qu'il go&#251;te la premi&#232;re bouch&#233;e, il ferme les yeux. Un instant &#224; part. Elle l'observe discr&#232;tement, le c&#339;ur battant. Les saveurs le bouleversent. Sans pr&#233;venir, il &#233;clate en sanglots, envahi par une &#233;motion qu'elle n'avait pas imagin&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; la lueur tremblotante de la bougie, le visage de la jeune femme subit une transformation. Ses paupi&#232;res, l'arc de ses l&#232;vres, son menton, se modifient tour &#224; tour. Elle avance lentement et prot&#232;ge la flamme de sa main droite. Ses joues sont marqu&#233;es par des larmes factices, dessin&#233;es par l'ombre. Elle est capable de ressentir la compassion. Pour le malheur, la souffrance, pour ceux qui se rel&#232;vent difficilement. Son c&#339;ur se serre en pensant &#224; ceux qui ne savent pas comment y parvenir.&lt;/p&gt;
&lt;center&gt;&lt;h2&gt;&lt;strong&gt;14:09&lt;/strong&gt;&lt;/h2&gt;&lt;/center&gt;&lt;div class='spip_document_8737 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.liminaire.fr/IMG/png/14_09.png' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/png&#034;&gt; &lt;img src='https://www.liminaire.fr/local/cache-vignettes/L500xH281/14_09-de247.png?1779433275' width='500' height='281' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&#8232;&lt;/p&gt;
&lt;center&gt;&lt;h3&gt;&lt;strong&gt;48&#176; 51'16,1'' N &#8211; 2&#176; 20'12,7'' E&lt;/strong&gt;&lt;/h3&gt;&lt;/center&gt;&lt;center&gt;Qeqertarsuaq, Groenland : 10:09&lt;/center&gt;
&lt;center&gt;Grand d&#233;sert de Victoria, Australie : 20:54&lt;/center&gt;
&lt;center&gt;Ostende, Belgique : 14:09&lt;/center&gt;
&lt;center&gt;Morki, r&#233;publique des Maris, Russie : 15:09&lt;/center&gt;
&lt;center&gt;Nightmute, Alaska, &#201;tats-Unis d'Am&#233;rique : 04:09&lt;/center&gt;
&lt;center&gt;Ramallah, Palestine : 15:09&lt;/center&gt;
&lt;center&gt;Loznica, Serbie : 14:09&lt;/center&gt;
&lt;p&gt;Dans le port, les p&#234;cheurs attendent que les bateaux d&#233;chargent leur cargaison. Les conversations s'&#233;garent, sautant d'un sujet &#224; l'autre sans logique. L'un s'assied sur des palettes empil&#233;es. Un autre, absorb&#233;, fume lentement. Le soleil grimpe au-dessus des collines qui enserrent le village. Le clapotis de l'eau contre le quai remplit l'air. Une impatience diffuse les habite, celle d'entrevoir les bateaux rassembl&#233;s dans le port, tandis que le leur, toujours absent, retarde leur routine quotidienne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les roues de la voiture s'enlisent dans le sable du d&#233;sert, secouant violemment l'habitacle. Sous la pression, le sol glisse et se d&#233;robe. Le chauffeur insiste, l'acc&#233;l&#233;ration creuse un vide o&#249; le pneu tourne en vain, patinant sur place. Le moteur gronde. La gomme se charge de chaleur et d&#233;gage une l&#233;g&#232;re fum&#233;e. Tout autour, un nuage rouge&#226;tre de poussi&#232;re se soul&#232;ve, masquant le paysage et tout espoir de progression.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Assise sur le rebord de la fen&#234;tre, elle laisse son regard flotter. Dans la maison d'en face, les jeunes filles ne veulent pas la voir, ou feignent de l'ignorer. Elles &#233;changent des mimiques complices, rient &#224; voix basse. Leur th&#233;&#226;tre enfantin l'exclut, et chaque chuchotement amplifie sa solitude. Sur le verre de la fen&#234;tre ouverte, son propre reflet lui &#233;chappe, elle ne trouve pas sa place.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les tiges de bl&#233; et d'orge atteignent la taille du gar&#231;on, qui s'efface presque dans leur densit&#233;. Rien ne l'arr&#234;te. Il court, bras &#233;cart&#233;s, imaginant qu'&#224; cette vitesse, il pourrait voler. L'air caresse ses membres en sueur. Les poteaux &#233;lectriques, silencieux, marquent une direction rassurante. La baraque en bois devient son refuge, loin du regard des autres, o&#249; il r&#234;ve &#224; demi &#233;veill&#233; de ce qu'il pourrait &#234;tre, prot&#233;g&#233; par le silence apaisant des champs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La nuit incompl&#232;te, le soleil effleure l'horizon sans jamais vraiment dispara&#238;tre. Rien ne l'avait pr&#233;par&#233; &#224; ce trouble, pas la lenteur &#233;crasante de la fatigue ni l'indiff&#233;rence au danger omnipr&#233;sent. La lumi&#232;re baigne la neige et les glaces, tandis que les aurores bor&#233;ales dansent dans le ciel iridescent. L'insomnie persiste. Il tente de noyer cette lumi&#232;re in&#233;puisable en pla&#231;ant d'&#233;pais tissus sur les fen&#234;tres, esp&#233;rant un r&#233;pit momentan&#233; dans l'ombre artificielle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Certains cin&#233;astes dessinent leurs plans, d'autres explorent les lieux. Lui associe mots et images comme un artisan. Il feuillette ses dictionnaires, navigue entre logiciels de montage et livres ouverts. Chercher une phrase, retrouver une image. Tout cela se transforme en une qu&#234;te obstin&#233;e. Il enregistre, r&#233;&#233;coute, corrige sans rel&#226;che. Les jours s'effacent dans l'intensit&#233; de ce labeur, jusqu'&#224; ce que les fragments s'assemblent enfin, &#233;chos d'un autre temps, reflets d'une m&#233;moire presque tangible.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le jeu impose entre eux une tension sourde. Leurs mains restent en l'air, pr&#234;tes &#224; bondir, l'une en dessous, l'autre au-dessus. Les paumes basculent, frappent avec force de mani&#232;re impr&#233;visible. La surprise amplifie la douleur. Sous les coups qui s'acc&#233;l&#232;rent et gagnent en violence, les doigts rougissent. Chaque impact est une vengeance feutr&#233;e. Le geste, une r&#233;ponse muette &#224; l'affront pr&#233;c&#233;dent. Plus qu'un jeu, c'est un duel o&#249; l'anticipation et la ruse dominent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;https://editionsjou.net/produit/rien-que-les-heures/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;i&gt;Rien que les heures&lt;/i&gt;, Pierre M&#233;nard, &#201;ditions JOU, 2026.&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Vous pouvez suivre le podcast de ces lectures versatiles sur les diff&#233;rents points d'acc&#232;s ci-dessous : &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;https://anchor.fm/s/24d0b3d4/podcast/rss&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;RSS&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt; | &lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;https://podcasts.apple.com/fr/podcast/en-lisant-en-%C3%A9crivant/id1517222611&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Apple Podcast&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt; | &lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;https://www.youtube.com/c/PierreM%C3%A9nard/podcasts&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Youtube&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt; | &lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;https://www.deezer.com/fr/show/1001542221&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Deezer&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt; | &lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;https://open.spotify.com/episode/5ItGd0Gb92KVQOcyRpsVtj&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Spotify&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>De la lumi&#232;re et des bruits</title>
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		<dc:subject>Anne Savelli</dc:subject>
		<dc:subject>L'espace d'un instant</dc:subject>
		<dc:subject>Sensation</dc:subject>
		<dc:subject>Temps</dc:subject>
		<dc:subject>Travail</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Ce recel dans l'&#233;paisseur des mots [[Ces nouveaux mots entrent dans les nouvelles &#233;ditions 2027 des dictionnaires Le Robert et Larousse : &lt;br class='autobr' /&gt;
Aquafaba : Eau de cuisson des l&#233;gumineuses, utilis&#233;e en cuisine comme substitut au blanc d'&#339;uf. &lt;br class='autobr' /&gt;
Assertivit&#233; : Capacit&#233; &#224; s'affirmer dans le respect d'autrui. &lt;br class='autobr' /&gt;
Banger : Chanson qui met tout le monde d'accord d&#232;s les premi&#232;res notes. &lt;br class='autobr' /&gt;
Bouilloire thermique :Logement qui devient invivable en p&#233;riode de fortes chaleurs. &lt;br class='autobr' /&gt;
Bouiner : Passer son temps &#224; de (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/sensation" rel="tag"&gt;Sensation&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/temps" rel="tag"&gt;Temps&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/travail" rel="tag"&gt;Travail&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.liminaire.fr/local/cache-vignettes/L150xH75/contacts_succcessifs_6_1_-408f9.png?1779001337' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='75' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Ce recel dans l'&#233;paisseur des mots&lt;/strong&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Ces nouveaux mots entrent dans les nouvelles &#233;ditions 2027 des dictionnaires (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans une bouilloire thermique du Sud-Ouest o&#249; il fait gav&#233; chaud, un instavid&#233;aste neuroatypique passe ses journ&#233;es &#224; bouiner devant son proxy profitant de la d&#233;couvrabilit&#233; des contenus en ligne. Il prompte des intelligences artificielles g&#233;n&#233;ratives capables de matrixer n'importe qui jusqu'au suicide forc&#233;. Son dernier crush ? Une femme qui a d&#233;cid&#233; de marrainer une association d'&#233;quith&#233;rapie prot&#233;geant une esp&#232;ce parapluie menac&#233;e par la fast-fashion. Chaque soir, il pr&#233;pare un bibimbap accompagn&#233; d'onigiris et d'une mousse mont&#233;e &#224; l'aquafaba, pendant qu'un banger tourne en boucle dans son appartement devenu une v&#233;ritable dinguerie climatique. Son voisin, un charo miskine persuad&#233; d'&#234;tre victime du syst&#232;me comme tous les incels, parce qu'on l'accuse de pornodivulgation, passe son temps &#224; publier des vid&#233;os confuses sur la guerre hybride, avec une assertivit&#233; aussi fragile qu'une pistole oubli&#233;e au soleil.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_8761 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.liminaire.fr/IMG/jpg/55257073383_a486877d0a_k.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.liminaire.fr/local/cache-vignettes/L500xH333/55257073383_a486877d0a_k-d3fb2.jpg?1779001337' width='500' height='333' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;center&gt;&#206;le Panchout, Bords de l'Yerres, Yerres, Essonne, 8 mai 2026&lt;/center&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Un espace qui a perdu l'empreinte&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;R&#233;veil en sursaut, en plein milieu d'un r&#234;ve. Je mets du temps &#224; &#233;merger, ce qui m'arrive rarement. Pas l'habitude de sortir le lundi. Il pleut. J'ai regard&#233; la veille l'itin&#233;raire sur une carte pour pr&#233;parer le rendez-vous &#224; venir, un lieu que je connais cependant, o&#249; je suis d&#233;j&#224; venu plusieurs fois. En sortant du m&#233;tro, mes rep&#232;res sont troubl&#233;s. Je me pr&#233;cipite dans une direction qui n'est pas la bonne. J'anticipe sur le rendez-vous suivant. La rue Saint-Sabin forme un arc de cercle. Je sens bien que je m'&#233;loigne du but &#224; atteindre, mais je ne vois pas comment revenir sur mes pas. Tout me semble invers&#233; comme si je regardais le plan se refl&#233;ter sur un miroir. J'ai beau regarder sur mon smartphone, rien n'y fait. Ma g&#233;olocalisation me joue des tours et me d&#233;place &#224; sa guise. Ce n'est plus un rep&#232;re, c'est un leurre qui me perd. Le temps presse, je ne veux pas arriver trop en retard. Anne envoie un message auquel je ne r&#233;ponds pas, concentr&#233; sur mon plan. Je suis si peu souvent d&#233;boussol&#233; &#224; ce point, moi qui me targue d'avoir un excellent sens de l'orientation. En revenant vers le boulevard Richard-Lenoir, j'aper&#231;ois une silhouette famili&#232;re. Je souris. Anne cherche son chemin elle aussi. Je partage avec elle mon d&#233;sarroi, avant de r&#233;aliser que nous allons tous deux &#224; contre-courant du chemin &#224; emprunter. Nous finissons par rejoindre Eric qui nous attend au caf&#233; de l'Industrie. Ce caf&#233; est lui-m&#234;me assez trompeur avec ses deux entr&#233;es, dans deux rues parall&#232;les. Bien s&#251;r, avec Anne, nous entrons par la porte &#224; l'oppos&#233;e de la salle principale. Apr&#232;s ce rendez-vous, je mets plusieurs heures &#224; retrouver mes esprits, &#224; sentir mes pieds &#224; nouveau toucher le sol. Ce n'est pas li&#233; &#224; ce que nous nous sommes dits au caf&#233;, bien au contraire. La conversation a &#233;t&#233; plaisante et tr&#232;s constructive. Mais, depuis mon r&#233;veil pr&#233;cipit&#233; ce matin, j'ai la t&#234;te &#224; l'envers. Apr&#232;s avoir mang&#233; avec Caroline et Alice et avoir visit&#233; &lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;https://100ecs.fr/exposition-curiosite/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;l'exposition &lt;i&gt;Curiosit&#233;&lt;/i&gt; au Cent&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;, je d&#233;cide de rentrer &#224; pied &#224; la maison. Le temps s'est lev&#233;, quelques belles &#233;claircies. La sensation de fatigue &#224; l'arriv&#233;e me fait oublier les absences du matin. Comme si, t&#234;te en l'air, il m'avait fallu m'&#233;puiser &#224; marcher, traverser la ville d'un pas soutenu, et cette activit&#233; physique pour me remettre dans le bon sens, la t&#234;te &#224; l'endroit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le pouvoir argentique des mots&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Anne Savelli m'a fait remarquer qu'il y avait dans plusieurs de mes textes, et dans le dernier tout particuli&#232;rement, de la suspension, l&#224; o&#249; elle, de son c&#244;t&#233;, travaille plut&#244;t la tension. Qu'est-ce qui me fascine tant, m'attire &#224; ce point dans cette situation momentan&#233;e, cette interruption ? Dans ce qui ne dure qu'un moment, qui est &#233;ph&#233;m&#232;re. J'ai toujours &#233;t&#233; proche de l'image dans l'&#233;criture, de ce qui se fixe en un instant, mais reste fragile, &#233;vanescent, dans cette technique de la photographie que je pratique au quotidien, parall&#232;lement &#224; l'&#233;criture. Pour expliquer &#224; Anne ce qui se jouait pour moi dans la fugacit&#233; de chaque sc&#232;ne situ&#233;e au m&#234;me instant dans diff&#233;rents endroits du monde, j'ai utilis&#233; l'image d'une allumette qu'on craque dans l'obscurit&#233;. Le temps qu'elle reste allum&#233;e, on peut percevoir tout ce qui nous entoure. Ce qui nous oblige, dans ce temps r&#233;duit, &#224; nous concentrer pour enregistrer le plus de d&#233;tails possibles, avec l'ensemble de nos sens. Avant que la p&#233;nombre recouvre tout &#224; nouveau et qu'on ne voie plus rien d'autre que ce qu'il nous en reste en m&#233;moire. Cela se r&#233;p&#232;te plus de 400 fois en fonction du nombre de lieux et de sc&#232;nes dans le livre. Bien s&#251;r, en choisissant cette image de l'allumette, je me suis souvenu des s&#233;ances de d&#233;veloppement photo avec mon ami Damien. J'en garde un souvenir puissant, initiatique, celui du bain r&#233;v&#233;lateur. Nous attendions tous deux, f&#233;brilement, dans l'espace confin&#233; de la pi&#232;ce, que l'image surgisse &#224; la surface du papier blanc qu'il agitait dans le bac, avant de l'extirper pour la faire s&#233;cher. Chaque d&#233;tail de l'image photographi&#233;e apparaissait lentement, dans ce laps de temps o&#249; tout devient possible. Le dispositif d'&#233;criture de ce texte explique ce processus proche de la r&#233;v&#233;lation photographique. Ce que Servanne Monjour d&#233;crit tr&#232;s justement dans son texte &lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;http://phlit.org/press/?post_type=articlerevue&amp;p=2872&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;La r&#233;v&#233;lation : arch&#233;ologie d'une m&#233;taphore photolitt&#233;raire&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;. Au d&#233;part de chaque texte du livre, il y a une photographie. C'est ce que l'on peut retrouver dans la premi&#232;re version du texte, dans le projet de &lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;https://liminaire.fr/projets/article/rien-ne-ressemble-a-ce-dont-je-ne-me-souviens-pas&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;L'espace d'un instant&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;. L'appropriation iconique se trouve au c&#339;ur de mon dispositif d'&#233;criture, selon Corentin Lahouste, qui insiste sur la fa&#231;on dont &lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;https://journals.openedition.org/elfe/7210&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;les d&#233;placements qui sont inh&#233;rents &#224; ce geste d'appropriation font &#233;clore de singuli&#232;res exp&#233;rienciations verbo-visuelles&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;. Cette photographie n'existe pas. C'est un arr&#234;t sur image. La capture d'une image anim&#233;e, en provenance d'un film. Pour ce livre, j'ai repris l'ensemble des sc&#232;nes initiales, pour les r&#233;&#233;crire, sans avoir l'image sous les yeux. En les convoquant dans ma m&#233;moire, comme avec l'allumette. Le texte d&#233;crit souvent ce qui se passe &#224; un endroit, mais il peut aussi bien raconter ce qui se passe avant ou apr&#232;s, et parfois m&#234;me dans l'envers de ce lieu.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_8762 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.liminaire.fr/IMG/jpg/9242010380_35f4ee3e02_k.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.liminaire.fr/local/cache-vignettes/L500xH334/9242010380_35f4ee3e02_k-61624.jpg?1779001337' width='500' height='334' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;center&gt;Passage Lhomme, Paris 11&#232;me, 8 juillet 2013&lt;/center&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La pluie d'&#233;clats est sans issue&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il pleut sur les boulevards, les vitrines, les balcons charg&#233;s de g&#233;raniums, les auvents des caf&#233;s, les scooters b&#226;ch&#233;s, les grilles des jardins publics, les platanes, les bancs mouill&#233;s du boulevard de la Villette, les statues, les palissades des chantiers, les journaux abandonn&#233;s par terre, les caniveaux o&#249; tournent des p&#233;tales d&#233;tremp&#233;s, les chaussures blanches d&#233;j&#224; tach&#233;es, les parapluies retourn&#233;s par le vent, les trottinettes, les feux rouges, les fa&#231;ades haussmanniennes grises sous l'averse, les chiens qui s'&#233;bouent, les livreurs press&#233;s, les colonnes Morris couvertes d'affiches bariol&#233;es, les goutti&#232;res qui d&#233;bordent, les pav&#233;s luisants, les ponts, les p&#233;niches, les cadenas, les silhouettes qui courent d'un abri &#224; l'autre, les fen&#234;tres malencontreusement rest&#233;es ouvertes, les m&#233;gots coll&#233;s au sol, les serveurs qui empilent les chaises en catastrophe, les taxis, les bus embu&#233;, les parkings souterrains, les bo&#238;tes aux lettres, les toits d'ardoise luisants, les verri&#232;res des passages couverts, les cours int&#233;rieures o&#249; l'eau tombe en cascade le long des descentes de zinc, les pigeons immobiles sous les corniches, les joggeurs du canal qui pressent l'allure, t&#234;te basse, les couples serr&#233;s sous un m&#234;me parapluie, les fils &#233;lectriques, les gyrophares de la police dans la circulation ralentie, les fontaines, les terrains de basket vides, les squares d&#233;sert&#233;s, les sir&#232;nes lointaines, les halls d'immeubles o&#249; l'on attend que &#231;a passe, les cheveux qui frisent sous l'humidit&#233;, fluffy, les flaques o&#249; le ciel se renverse, puis soudain les nuages se d&#233;chirent, les premi&#232;res ombres r&#233;apparaissent sur les murs, le sol, la vapeur monte du bitume, les oiseaux traversent le ciel, les enfants sautent de joie dans les flaques, les gouttes suspendues aux feuilles des arbres, les odeurs de pierre et de bitume ti&#232;des, les reflets bleus sur les vitres, dans la lumi&#232;re revenue.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Ces nouveaux mots entrent dans les nouvelles &#233;ditions 2027 des dictionnaires Le Robert et Larousse :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aquafaba : Eau de cuisson des l&#233;gumineuses, utilis&#233;e en cuisine comme substitut au blanc d'&#339;uf.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Assertivit&#233; : Capacit&#233; &#224; s'affirmer dans le respect d'autrui.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Banger : Chanson qui met tout le monde d'accord d&#232;s les premi&#232;res notes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bouilloire thermique :Logement qui devient invivable en p&#233;riode de fortes chaleurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bouiner : Passer son temps &#224; de vagues occupations.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bibimbap : Plat cor&#233;en &#224; base de riz, de l&#233;gumes saut&#233;s, d'un &#339;uf et de viande marin&#233;e, relev&#233; de p&#226;te de piment.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Charo : Homme &#224; la recherche de multiples aventures amoureuses.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Crush : Penchant amoureux soudain pour quelqu'un ; coup de c&#339;ur pour quelque chose.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#233;couvrabilit&#233; : Capacit&#233; &#224; rendre une information ou un service facilement accessible sur Internet.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dinguerie : Action ou parole insens&#233;e, extravagante, loufoquerie. Chose extraordinaire, grandiose, propre &#224; susciter l'&#233;merveillement, l'admiration.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Equith&#233;rapie&lt;br class='autobr' /&gt;
Th&#233;rapie utilisant le cheval comme m&#233;diateur pour soigner, appartenant aux zooth&#233;rapies.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Esp&#232;ce parapluie : Esp&#232;ce dont la protection assure celle des autres esp&#232;ces d'un m&#234;me &#233;cosyst&#232;me.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Fast-fashion : Mod&#232;le &#233;conomique du pr&#234;t-&#224;-porter qui consiste &#224; proposer un renouvellement rapide de collections &#224; petit prix et de moindre qualit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Gav&#233; : Tr&#232;s usit&#233; dans le Sud-Ouest et qui signifie &#171; beaucoup de, plein de &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Guerre hybride : Conflit combinant des modes d'action militaires et non militaires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Incel : Mouvance masculiniste compos&#233;e d'hommes c&#233;libataires qui se pr&#233;tendent rejet&#233;s par les femmes, qu'ils jugent responsables de leur c&#233;libat.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Instavid&#233;aste : Personne qui diffuse un flux vid&#233;o en direct sur internet, g&#233;n&#233;ralement en interaction avec sa communaut&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Marrainer : Accorder son soutien moral &#224; un projet, une cause, en parlant d'une femme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Matrixer : manipuler ou conditionner. &#171; Faire une impression profonde et durable sur (quelqu'un) &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Miskine : Qui inspire de la piti&#233; ; faible.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Narchomicide : Meurtre li&#233; au trafic de drogue.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Neuroatypique, neurodivergent : Se dit d'une personne dont le fonctionnement neurologique diff&#232;re de celui du plus grand nombre et, sp&#233;cialement, qui pr&#233;sente un trouble du neurod&#233;veloppement (TSA, TDAH, DYS, etc.).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Onigiri : Mot japonais, boulette de riz assaisonn&#233;e et recouverte d'une algue nori.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pistole : Pastille de chocolat plate, ronde ou ovale utilis&#233;e en p&#226;tisserie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pornodivulgation : Divulgation de photos ou de vid&#233;os &#224; caract&#232;re sexuel sans le consentement de la personne expos&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Prompter : Envoyer un prompt, une instruction &#224; un algorithme d'intelligence artificielle g&#233;n&#233;rative pour obtenir une r&#233;ponse cibl&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Proxy : Dispositif informatique servant d'interm&#233;diaire entre les ordinateurs d'un r&#233;seau priv&#233; et Internet.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Suicide forc&#233; : Le geste fatal r&#233;sultant du harc&#232;lement moral exerc&#233; par un conjoint ou ex-conjoint.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Une marque ind&#233;l&#233;bile dans l'air</title>
		<link>https://www.liminaire.fr/chronique/entre-les-lignes/article/une-marque-indelebile-dans-l-air</link>
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		<dc:date>2026-05-10T07:00:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Pierre M&#233;nard</dc:creator>


		<dc:subject>Biographie</dc:subject>
		<dc:subject>&#201;criture</dc:subject>
		<dc:subject>Journal</dc:subject>
		<dc:subject>Photographie</dc:subject>
		<dc:subject>R&#233;cit</dc:subject>
		<dc:subject>Paris</dc:subject>
		<dc:subject>Ville</dc:subject>
		<dc:subject>Paysage</dc:subject>
		<dc:subject>Lecture</dc:subject>
		<dc:subject>Livre</dc:subject>
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		<description>
&lt;p&gt;Chaque mouvement est une lente r&#233;v&#233;lation &lt;br class='autobr' /&gt;
Une des cons&#233;quences de nos r&#233;centes balades avec Caroline, le week-end en banlieue parisienne, est la difficult&#233; de trouver le temps et la motivation pour filmer des coins de Paris, &#224; l'oppos&#233; de l'est parisien o&#249; je r&#233;side. Je pense au public qui regarde ce journal vid&#233;o et je me dis que je ne peux pas toujours filmer les m&#234;mes endroits. C'est d'ailleurs ce que j'aime dans nos promenades en banlieue, prendre le train, et le temps que &#231;a lib&#232;re (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.liminaire.fr/chronique/entre-les-lignes/" rel="directory"&gt;Entre les lignes&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/biographie" rel="tag"&gt;Biographie&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/ecriture" rel="tag"&gt;&#201;criture&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/journal" rel="tag"&gt;Journal&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/photographie" rel="tag"&gt;Photographie&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/recit" rel="tag"&gt;R&#233;cit&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/paris" rel="tag"&gt;Paris&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/ville" rel="tag"&gt;Ville&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/paysage" rel="tag"&gt;Paysage&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/lecture" rel="tag"&gt;Lecture&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/livre" rel="tag"&gt;Livre&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/derive" rel="tag"&gt;D&#233;rive&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/sensation" rel="tag"&gt;Sensation&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/bibliotheque" rel="tag"&gt;Biblioth&#232;que&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/quotidien" rel="tag"&gt;Quotidien&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/cinema" rel="tag"&gt;Cin&#233;ma&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.liminaire.fr/local/cache-vignettes/L150xH75/contacts_succcessifs_5_2_-6d304.png?1778396544' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='75' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Chaque mouvement est une lente r&#233;v&#233;lation&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une des cons&#233;quences de nos r&#233;centes balades avec Caroline, le week-end en banlieue parisienne, est la difficult&#233; de trouver le temps et la motivation pour filmer des coins de Paris, &#224; l'oppos&#233; de l'est parisien o&#249; je r&#233;side. Je pense au public qui regarde ce journal vid&#233;o et je me dis que je ne peux pas toujours filmer les m&#234;mes endroits. C'est d'ailleurs ce que j'aime dans nos promenades en banlieue, prendre le train, et le temps que &#231;a lib&#232;re pour lire un livre, cr&#233;ant une parenth&#232;se entre le lieu de d&#233;part et la destination, qui renforce ainsi le d&#233;paysement. J'ai plus de mal &#224; filmer les jours de mauvais temps. C'est une question de lumi&#232;re. Les jours maussades, j'ai tendance &#224; travailler &#224; la maison plut&#244;t qu'&#224; sortir me promener. Je privil&#233;gie alors les lieux les plus accessibles, pr&#232;s de chez moi. Vers la Villette ou vers Belleville. Difficile de filmer au quotidien. J'arpente r&#233;guli&#232;rement les m&#234;mes lieux. Heureusement, il arrive parfois des miracles inattendus, la possibilit&#233; de filmer par exemple un endroit bien connu et appr&#233;ci&#233; sous un angle in&#233;dit, en une saison diff&#233;rente, mais cela devient de plus en plus rare.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_8754 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.liminaire.fr/IMG/jpg/55242121206_7f7eae6662_k.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.liminaire.fr/local/cache-vignettes/L500xH333/55242121206_7f7eae6662_k-9082c.jpg?1778396544' width='500' height='333' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;center&gt;Rue de Charenton, Paris 12&#232;me, 29 avril 2026&lt;/center&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Ce qui reste du passage&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je descends les escaliers. Je crains souvent de rater la derni&#232;re marche. Je connais pourtant ce ph&#233;nom&#232;ne par c&#339;ur, ce n'est pas la premi&#232;re fois que cela m'arrive. Lorsque je suis pris dans l'&#233;lan de la descente, dans le mouvement qui s'apparente &#224; un glissement, je ne peux m'emp&#234;cher de penser &#224; la chute, d'imaginer ce qui va se passer, mon corps qui tombe, roule sur lui-m&#234;me, j'entends craquer mes os, c'est comme si quelque chose en moi imaginait tr&#233;bucher toujours au m&#234;me endroit, comme on bute sur un mot, sans parvenir &#224; apprendre de ses erreurs. C'est sans doute ainsi que la m&#233;moire fonctionne, nous nous souvenons d'une chose mais pour y revenir nous empruntons &#224; chaque fois des chemins diff&#233;rents, des voies d&#233;tourn&#233;es. Parfois, pour se prot&#233;ger, il faut se replier doucement en soi pour tenter d'&#233;chapper &#224; cette fatigue lancinante, &#224; ce sentiment usant qui s'empare de nous. La peur de tomber, ralentir la descente, revenir &#224; soi. Faire attention o&#249; l'on met les pieds. Marche apr&#232;s marche. En discutant avec d'autres personnes, notre esprit d&#233;croche parfois et s'&#233;vade. Sans vraiment penser &#224; ce qu'on dit, &#224; ce qu'on est en train de vivre, on est soudain distrait, la t&#234;te ailleurs, dans un chaos de pens&#233;es entrem&#234;l&#233;es, de phrases qui tournent en boucle, qu'on se r&#233;p&#232;te sans jamais les finir, &#233;tourdi par leur r&#233;p&#233;tition monotone. On reste l&#224;, entre deux marches, &#224; chercher l'&#233;quilibre, pour ne pas sombrer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Par-del&#224; le temps et l'espace&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je me r&#233;jouis de voir les premi&#232;res photographies du livre &lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;https://editionsjou.net/produit/rien-que-les-heures/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Rien que les heures&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt; chez les amis et les connaissances, les fid&#232;les lecteurs de &lt;i&gt;Liminaire&lt;/i&gt; ou de mes pr&#233;c&#233;dents ouvrages. Ils m'envoient l'image du livre dispos&#233; sur leur table, leur bureau, ou en chemin vers son destinataire (c'est le cas pour celui envoy&#233; &#224; &lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;http://www.lesnuitsechouees.com/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Anh Mat&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt; qui transite dans les airs jusqu'au Vietnam) avant sa sortie officielle le 15 mai. Ils ont accept&#233; de participer &#224; son lancement, c'est en grande partie gr&#226;ce &#224; eux que ce livre a pu voir le jour. Ravi de d&#233;couvrir &#233;galement &lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;https://sonneur.fr/rien-que-les-heures-p-menard/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;ce premier article paru dans &lt;i&gt;Les notes du Sonneur&lt;/i&gt;&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt; qui a si bien saisi les enjeux de ce r&#233;cit. J'essaie de ne pas trop penser &#224; l'arriv&#233;e de l'ouvrage sur les tables des libraires. Le livre ne m'appartient plus vraiment d&#233;sormais. Anne Savelli et Eric Arlix souhaitent qu'on se voie afin de pr&#233;parer la rencontre &#224; la librairie de l'Atelier, le lundi 18 mai. Il y aura d'autres rendez-vous, j'y reviendrai, notamment &lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;https://www.paris.fr/evenements/lecture-et-rencontre-avec-pierre-menard-108349&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;une soir&#233;e lecture &#224; la m&#233;diath&#232;que Fran&#231;oise Sagan&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;, accompagn&#233;e par &lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;https://www.lairnu.net/l-air-lu/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;L'aiR Lu&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;, et une marche le 22 juin sur une partie du parcours le long duquel est construit le r&#233;cit. Pour prolonger et accompagner la parution de &lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;https://liminaire.fr/projets/article/rien-que-les-heures&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Rien que les heures&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;, je reviens aux sources qui y sont &#224; l'origine. Les images et les trajets qui figuraient dans le projet initialement publi&#233; sur mon site : &lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;https://liminaire.fr/mot/l-espace-d-un-instant&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;L'espace d'un instant&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;. Corentin Lahouste a &#233;crit &#224; ce propos &lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;https://journals.openedition.org/elfe/7210&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;un texte tr&#232;s pr&#233;cis et pr&#233;cieux&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;. J'ai d&#233;j&#224; &#233;voqu&#233; ici la forme de cette extension, celui d'une web fiction. J'utilise un logiciel pour cr&#233;er des webdocumentaires. Je m'en suis d&#233;j&#224; servi, il y a plusieurs ann&#233;es, pour la restitution du travail men&#233; avec les &#233;l&#232;ves d'Argenteuil : &lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;https://liminaire.fr/projets/article/d-ici-d-ailleurs&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;d'ici d'ailleurs&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;. Il s'agit de l'&#233;diteur de narration interactive &lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;https://www.klynt.net/fr/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Klynt&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;. Je propose plusieurs lectures des 420 microfictions, &#224; partir d'images et d'audio, agenc&#233;es autour de courts films tourn&#233;s sur les lieux parisiens du r&#233;cit. Un parcours en trois entr&#233;es. Selon les heures de la journ&#233;e. Par les lieux du parcours parisien. Et enfin, par les diff&#233;rents pays travers&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_8753 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.liminaire.fr/IMG/jpg/50173407973_753ea4bb15_k.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.liminaire.fr/local/cache-vignettes/L500xH333/50173407973_753ea4bb15_k-3c2b8.jpg?1778396544' width='500' height='333' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;center&gt;&#201;glise Saint Jean-Baptiste, Bastia, Corse, 29 juillet 2020&lt;/center&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Il n'y a rien &#224; voir&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La biblioth&#232;que a ferm&#233; plus t&#244;t aujourd'hui, &#224; la suite d'une gr&#232;ve. Avec une de mes coll&#232;gues, nous sommes sortis les derniers pour fermer le b&#226;timent. Je m'occupe de baisser le rideau de fer qui cl&#244;t l'issue de secours. Au fond d'un couloir &#233;troit, j'ouvre la porte afin de v&#233;rifier qu'il n'y a personne assis sur le seuil (ce qui arrive souvent, surtout les jours de pluie, car l'endroit est &#224; l'abri) afin de ne blesser personne. Puis, j'actionne la cl&#233; dans le boitier pour activer la fermeture de la grille. Au moment d'enlever la cl&#233; et de me retourner pour remonter le couloir en sens inverse, je me trouve soudain plong&#233; dans le noir le plus profond. Je ne vois plus rien. Je comprends que ma coll&#232;gue vient de tourner la cl&#233; qui permet d'&#233;teindre l'ensemble des &#233;clairages. Pour avancer dans l'obscurit&#233;, je dois t&#226;tonner les murs avec mes mains pour essayer de me rep&#233;rer. La sensation de mes doigts effleurant la surface du mur, dans la p&#233;nombre du couloir, me transporte instantan&#233;ment sur l'&#238;le de Naoshima au Japon, dans la Minamidera, le b&#226;timent con&#231;u par l'architecte Tadao Ando, &#224; l'endroit o&#249; se trouvait un ancien temple bouddhiste, pour accueillir &lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;https://liminaire.fr/chronique/entre-les-lignes/article/le-temps-n-est-pas-une-destination&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;i&gt;Backside of the Moon&lt;/i&gt;, l'&#339;uvre de James Turrell&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Marginalia Woolf, de Christine Jeanney</title>
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		<dc:date>2026-05-08T07:00:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Pierre M&#233;nard</dc:creator>


		<dc:subject>Art</dc:subject>
		<dc:subject>&#201;criture</dc:subject>
		<dc:subject>Histoire</dc:subject>
		<dc:subject>Information</dc:subject>
		<dc:subject>Langage</dc:subject>
		<dc:subject>Lecture</dc:subject>
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		<dc:subject>M&#233;moire</dc:subject>
		<dc:subject>Mort</dc:subject>
		<dc:subject>Sensation</dc:subject>
		<dc:subject>Travail</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Traductrice de l'&#339;uvre de Virginia Woolf (Les vagues, Des fant&#244;mes dans les arbres), Christine Jeanney propose dans ce texte &#224; la forme in&#233;dite, &#224; l'architecture visuelle et textuelle hybride, une d&#233;construction de la structure classique du r&#233;cit biographique. L'ouvrage est en effet compos&#233; de blocs de texte spatialement organis&#233;s sur la page pour cr&#233;er un dialogue constant entre plusieurs voix. Les paroles et les &#233;crits de Virginia Woolf. Les t&#233;moignages et les impressions de ceux qui l'ont (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.liminaire.fr/creation/radio-marelle/" rel="directory"&gt;Radio Marelle&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/art" rel="tag"&gt;Art&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/ecriture" rel="tag"&gt;&#201;criture&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/histoire" rel="tag"&gt;Histoire&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/information" rel="tag"&gt;Information&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/langage" rel="tag"&gt;Langage&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/lecture" rel="tag"&gt;Lecture&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/portrait" rel="tag"&gt;Portrait&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/voix" rel="tag"&gt;Voix&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/londres" rel="tag"&gt;Londres&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/en-lisant-en-ecrivant" rel="tag"&gt;En lisant en &#233;crivant&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/memoire" rel="tag"&gt;M&#233;moire&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/mort" rel="tag"&gt;Mort&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/sensation" rel="tag"&gt;Sensation&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/travail" rel="tag"&gt;Travail&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.liminaire.fr/local/cache-vignettes/L150xH84/en_lisant_en_e_crivant_1_-c19f6.png?1778223624' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='84' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_8734 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.liminaire.fr/local/cache-vignettes/L89xH120/capture_d_e_cran_2026-04-20_a_10.37_23-d5e55.png?1777020379' width='89' height='120' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt; &lt;p&gt;Traductrice de l'&#339;uvre de Virginia Woolf (&lt;i&gt;Les vagues&lt;/i&gt;, &lt;i&gt;Des fant&#244;mes dans les arbres&lt;/i&gt;), Christine Jeanney propose dans ce texte &#224; la forme in&#233;dite, &#224; l'architecture visuelle et textuelle hybride, une d&#233;construction de la structure classique du r&#233;cit biographique. L'ouvrage est en effet compos&#233; de blocs de texte spatialement organis&#233;s sur la page pour cr&#233;er un dialogue constant entre plusieurs voix. Les paroles et les &#233;crits de Virginia Woolf. Les t&#233;moignages et les impressions de ceux qui l'ont c&#244;toy&#233;. Les r&#233;flexions de Christine Jeanney sur l'autrice et sur l'&#233;criture. Cette accumulation de fragments permet de s'approcher au plus pr&#232;s de Virginia Woolf &#171; et de la voir en papillon qui refuse de rester &#233;pingl&#233; dans sa boite &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;https://abrupt.cc/c-jeanney/marginalia-woolf/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;i&gt;Marginalia Woolf&lt;/i&gt;, Christine Jeanney, Abr&#252;pt, 2026.&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;
&lt;br&gt;
&lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip_document_8745 spip_document spip_documents spip_document_video&#034;&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt;
&lt;div class=&#034;video-intrinsic-wrapper&#034; style='height:0;width:640px;max-width:100%;padding-bottom:56.25%;position:relative;'&gt; &lt;div class=&#034;video-wrapper&#034; style=&#034;position: absolute;top:0;left:0;width:100%;height:100%;&#034;&gt; &lt;video class=&#034;mejs mejs-8745&#034; data-id=&#034;70824915577912b76191c48b42316c95&#034; data-mejsoptions='{&#034;iconSprite&#034;: &#034;plugins-dist/medias/lib/mejs/mejs-controls.svg&#034;,&#034;alwaysShowControls&#034;: true,&#034;pluginPath&#034;:&#034;plugins-dist/medias/lib/mejs/&#034;,&#034;loop&#034;:false,&#034;videoWidth&#034;:&#034;100%&#034;,&#034;videoHeight&#034;:&#034;100%&#034;,&#034;duration&#034;:852}' width=&#034;100%&#034; height=&#034;100%&#034; poster=&#034;local/cache-vignettes/L640xH360/en_lisant_en_e_crivant-22-88006.png?1778223624&#034; controls=&#034;controls&#034; preload=&#034;none&#034; &gt; &lt;source type=&#034;video/mp4&#034; src=&#034;IMG/mp4/en_lisant_marginalia_woolf_christine_jeanney.mp4&#034; /&gt; &lt;img src='https://www.liminaire.fr/local/cache-vignettes/L500xH281/en_lisant_en_e_crivant-22-88006-6ce50.png?1778223625' width='500' height='281' alt='Impossible de lire la video' /&gt; &lt;/video&gt; &lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
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&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;br&gt;
&lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;https://open.spotify.com/episode/7jknCvDgBJdsdqsLbLXGPy?si=ZhLbWo1ZQY680IUcOqv7Dg&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Extrait du texte &#224; &#233;couter sur Spotify&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt; &lt;br&gt;
&lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_3089 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt;
&lt;a href=&#034;https://open.spotify.com/episode/7jknCvDgBJdsdqsLbLXGPy?si=ZhLbWo1ZQY680IUcOqv7Dg&#034; class=&#034;spip_out spip_doc_lien&#034;&gt; &lt;img src='https://www.liminaire.fr/local/cache-vignettes/L35xH35/anchor-52133.png?1739520156' width='35' height='35' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;br&gt;
&lt;br&gt;
&lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_8744 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.liminaire.fr/IMG/png/capture_d_e_cran_2026-04-24_a_10.47_12.png' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/png&#034;&gt; &lt;img src='https://www.liminaire.fr/local/cache-vignettes/L500xH430/capture_d_e_cran_2026-04-24_a_10.47_12-92d79.png?1778223625' width='500' height='430' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_8739 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.liminaire.fr/IMG/png/capture_d_e_cran_2026-04-24_a_10_43.00.png' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/png&#034;&gt; &lt;img src='https://www.liminaire.fr/local/cache-vignettes/L500xH396/capture_d_e_cran_2026-04-24_a_10_43.00-d02d0.png?1778223625' width='500' height='396' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_8740 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.liminaire.fr/IMG/png/capture_d_e_cran_2026-04-24_a_10.43_12.png' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/png&#034;&gt; &lt;img src='https://www.liminaire.fr/local/cache-vignettes/L500xH380/capture_d_e_cran_2026-04-24_a_10.43_12-5e61c.png?1778223626' width='500' height='380' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_8741 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.liminaire.fr/IMG/png/capture_d_e_cran_2026-04-24_a_10.43_25.png' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/png&#034;&gt; &lt;img src='https://www.liminaire.fr/local/cache-vignettes/L500xH435/capture_d_e_cran_2026-04-24_a_10.43_25-28fc0.png?1778223626' width='500' height='435' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_8742 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.liminaire.fr/IMG/png/capture_d_e_cran_2026-04-24_a_10.43_40.png' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/png&#034;&gt; &lt;img src='https://www.liminaire.fr/local/cache-vignettes/L500xH417/capture_d_e_cran_2026-04-24_a_10.43_40-4d6fd.png?1778223626' width='500' height='417' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_8743 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.liminaire.fr/IMG/png/capture_d_e_cran_2026-04-24_a_10.43_51.png' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/png&#034;&gt; &lt;img src='https://www.liminaire.fr/local/cache-vignettes/L500xH370/capture_d_e_cran_2026-04-24_a_10.43_51-17637.png?1778223626' width='500' height='370' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;https://abrupt.cc/c-jeanney/marginalia-woolf/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;i&gt;Marginalia Woolf&lt;/i&gt;, Christine Jeanney, Abr&#252;pt, 2026.&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Vous pouvez suivre le podcast de ces lectures versatiles sur les diff&#233;rents points d'acc&#232;s ci-dessous : &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;https://anchor.fm/s/24d0b3d4/podcast/rss&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;RSS&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt; | &lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;https://podcasts.apple.com/fr/podcast/en-lisant-en-%C3%A9crivant/id1517222611&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Apple Podcast&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt; | &lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;https://www.youtube.com/c/PierreM%C3%A9nard/podcasts&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Youtube&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt; | &lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;https://www.deezer.com/fr/show/1001542221&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Deezer&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt; | &lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;https://open.spotify.com/episode/5ItGd0Gb92KVQOcyRpsVtj&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Spotify&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Le silence n'est pas un lieu</title>
		<link>https://www.liminaire.fr/chronique/entre-les-lignes/article/le-silence-n-est-pas-un-lieu</link>
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		<dc:date>2026-05-03T07:00:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Pierre M&#233;nard</dc:creator>


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		<dc:subject>D&#233;rive</dc:subject>
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		<description>
&lt;p&gt;Rien d'autre que vivre et voir vivre &lt;br class='autobr' /&gt;
Embrouille entre plusieurs hommes dans le RER B. Un homme noir, tr&#232;s grand, monte, passablement &#233;nerv&#233; &#224; la station Les Halles, il invective deux autres hommes qui lui tiennent t&#234;te. Le ton monte tr&#232;s vite. Ne me touche pas, r&#233;p&#232;te l'homme qui a l'air d'avoir vu quelque chose en montant, que les deux autres d&#233;mentent avoir fait. Ils le provoquent pour d&#233;tourner l'attention des voyageurs. Je mets du temps &#224; comprendre ce qui les oppose, la raison de leur (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/ecriture" rel="tag"&gt;&#201;criture&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/livre" rel="tag"&gt;Livre&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/numerique" rel="tag"&gt;Num&#233;rique&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/portrait" rel="tag"&gt;Portrait&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/recit" rel="tag"&gt;R&#233;cit&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/journal" rel="tag"&gt;Journal&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/paysage" rel="tag"&gt;Paysage&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/travail" rel="tag"&gt;Travail&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/voix" rel="tag"&gt;Voix&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/derive" rel="tag"&gt;D&#233;rive&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/nature" rel="tag"&gt;Nature&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/bibliotheque" rel="tag"&gt;Biblioth&#232;que&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.liminaire.fr/local/cache-vignettes/L150xH75/contacts_succcessifs_4_1_-28a0f.png?1777792293' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='75' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Rien d'autre que vivre et voir vivre&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Embrouille entre plusieurs hommes dans le RER B. Un homme noir, tr&#232;s grand, monte, passablement &#233;nerv&#233; &#224; la station Les Halles, il invective deux autres hommes qui lui tiennent t&#234;te. Le ton monte tr&#232;s vite. Ne me touche pas, r&#233;p&#232;te l'homme qui a l'air d'avoir vu quelque chose en montant, que les deux autres d&#233;mentent avoir fait. Ils le provoquent pour d&#233;tourner l'attention des voyageurs. Je mets du temps &#224; comprendre ce qui les oppose, la raison de leur dispute. Au milieu d'eux, un jeune homme d'origine asiatique, tient son sac &#224; doc en cuir contre sa poitrine, son portable &#224; la main. Il est question d'un portefeuille que l'homme soup&#231;onne l'un des deux autres hommes d'avoir tent&#233; de d&#233;rober &#224; une femme en montant dans le wagon. Tout va tr&#232;s vite. Les mots mena&#231;ant tournent en boucle, se r&#233;p&#232;tent. Joute verbale. Tu veux te battre. Descend, on va r&#233;gler &#231;a sur le quai ! Le RER entre en gare &#224; Saint-Michel, les deux hommes cherchent &#224; faire descendre l'homme noir qui leur r&#233;siste. Il veut bien se battre avec eux mais pas ici, il travaille, qu'ils viennent donc &#224; Denfert, et l&#224; ils verront, ils pourront s'expliquer. Les deux hommes descendent sur le quai, alors que le signal de la fermeture des portes retentit, cherchent une derni&#232;re fois &#224; faire descendre l'homme qui leur r&#233;siste.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_8749 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.liminaire.fr/IMG/jpg/55231420136_3426314756_k.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.liminaire.fr/local/cache-vignettes/L500xH333/55231420136_3426314756_k-3b3ba.jpg?1777792293' width='500' height='333' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;center&gt;La coul&#233;e verte, Gometz-le-Ch&#226;tel, Essonne, 26 avril 2026&lt;/center&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Ce qui n'a jamais &#233;t&#233; dit &lt;i&gt;ainsi&lt;/i&gt; n'a jamais &#233;t&#233; dit&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je garde un excellent souvenir de l'entretien r&#233;alis&#233; avec Christophe Robert, responsable de la &lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;https://villa-arson.fr/bibliotheque/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;biblioth&#232;que de la Villa Arson&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;, o&#249; Nina a fait ses &#233;tudes d'art. Il avait pr&#233;vu une trame de questions &#224; me poser. Je me sentais en confiance dans ce cadre. Je n'avais rien pr&#233;par&#233; et c'&#233;tait mieux ainsi. Nous avons progress&#233; ensemble, entre question et r&#233;ponse, discutant comme si nous marchions dans le d&#233;dale des all&#233;es de la &lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;https://villa-arson.fr/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Villa Arson&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt; et de son jardin, passant en revue mon travail d'auteur, de biblioth&#233;caire et d'animateurs d'ateliers d'&#233;criture. Dans cet entretien, j'insiste sur une id&#233;e centrale : &#233;crire n'est pas un acte exceptionnel, mais une pratique quotidienne et exp&#233;rimentale. J'y d&#233;fends une vision d&#233;sacralis&#233;e de la litt&#233;rature. L'&#233;crivain n'est pas un g&#233;nie isol&#233;, mais quelqu'un qui travaille, teste, recommence. L'&#233;criture est faite de protocoles, de contraintes, de tentatives, souvent inachev&#233;es. Cette approche rejoint mon int&#233;r&#234;t pour les formes fragmentaires et les dispositifs. J'y reviens en pr&#233;sentant rapidement diff&#233;rents projets, des &lt;i&gt;lignes de d&#233;sir&lt;/i&gt; &#224; &lt;i&gt;Laisse venir&lt;/i&gt;, co&#233;crit avec Anne Savelli, en passant par &lt;i&gt;L'esprit d'escalier&lt;/i&gt;, ces deux textes ayant &#233;t&#233; &#233;dit&#233;s par &lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;https://www.la-marelle.org/productions/editions-la-marelle.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;La Marelle &#233;ditions&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;. J'accorde une place centrale aux ateliers d'&#233;criture, espace essentiel pour l'exp&#233;rimentation. On y &#233;crit sans chercher imm&#233;diatement &#224; produire une &#339;uvre, mais pour explorer des gestes, des formes, des possibles. Je reviens sur le r&#244;le du num&#233;rique dans mon travail. Mon site et mes projets en ligne sont des lieux d'&#233;criture &#224; part enti&#232;re, o&#249; texte, image et son se croisent et dialoguent. L'&#233;criture n'est plus seulement li&#233;e au livre, mais &#224; des formes hybrides. Cette qu&#234;te de la forme s'ach&#232;ve dans la transmission collective. Dans les ateliers d'&#233;criture, notamment. Pour terminer notre &#233;change, je pr&#233;sente un livre, &#224; la demande de mon interlocuteur. Il s'agit de &lt;i&gt;La photo me regardait&lt;/i&gt; de Katia Petrovskaya, qui interroge les hors-champs de l'image et dresse un portrait d'elle en creux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;En avant marge&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;PNJ est l'abr&#233;viation de Personnage non-joueur ou Personnage non-jouable, dans les jeux vid&#233;o. Il d&#233;signe &#233;galement tout protagoniste avec lequel le joueur est amen&#233; &#224; interagir pour r&#233;soudre une intrigue dans un jeu de r&#244;le ou un jeu d'aventures. Dans la vie courante, et plus particuli&#232;rement sur les r&#233;seaux sociaux (comme TikTok), le sigle PNJ est souvent employ&#233; de mani&#232;re p&#233;jorative par les adolescents. Un&#183;e random, un&#183;e nobody, un&#183;e figurant&#183;e, un&#183;e boloss, un&#183;e fragile, quelqu'un de cringe, g&#234;nant, has been, en un mot : invisible. Une personne sans int&#233;r&#234;t, ingrate, discr&#232;te trop discr&#232;te, par essence secondaire, inutile, sans r&#244;le pr&#233;cis, qui doit rester dans l'ombre. &lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;https://editionsjou.net/produit/pnj/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Dans son nouveau livre, PNJ, &#201;ric Arlix&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt; dresse une galerie de dix PNJ, portraits de personnes qui cherchent &#224; entrer dans un jeu qu'ils maitrisent mal, qui les d&#233;passe, dont ils se sentent exclus, chass&#233;s, expuls&#233;s. En marge. Avec humour et justesse, l'auteur d&#233;crit des sc&#232;nes de leur vie en acc&#233;l&#233;r&#233; (travail, politique, corps, sant&#233;, loisirs, voyages, rencontres) avec une m&#234;me vell&#233;it&#233; de ces personnages &#224; se confronter au r&#233;el et &#224; trouver leur place dans une soci&#233;t&#233; n&#233;olib&#233;rale et capitaliste qui repose sur la comp&#233;tition g&#233;n&#233;ralis&#233;e et l'individualisme, transformant les biens et les relations en marchandises, affaiblissant chaque jour un peu plus le sens du collectif ainsi que l'engagement politique. Ce livre tr&#232;s court, par sa concision et sa forme po&#233;tique d'&#233;num&#233;rations scand&#233;es, nous ouvre les yeux sur ces laiss&#233;s pour compte qu'on invisibilise, &#224; nos c&#244;t&#233;s pourtant, quand nous ne nous reconnaissons pas en eux, comme l'auteur lui-m&#234;me avec beaucoup d'auto-d&#233;rision, et soudain on ne voit plus qu'eux et ce qu'ils repr&#233;sentent, une issue, une alternative, un possible et salutaire renversement de perspective sur le monde actuel.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_8750 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.liminaire.fr/IMG/jpg/9284178424_46da538e06_k.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.liminaire.fr/local/cache-vignettes/L500xH334/9284178424_46da538e06_k-f8639.jpg?1777792293' width='500' height='334' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;center&gt;Maruyama-koen Park, Kyoto, Japon, 23 f&#233;vrier 2011&lt;/center&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Un rien d'imagination suffit&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y a ce qu'on pr&#233;voit de faire et ce qui nous emporte presque malgr&#233; nous au-del&#224; de ce qu'on avait en t&#234;te. Le chemin qu'on imagine suivre sur la carte et l'itin&#233;raire qu'on emprunte r&#233;ellement. Nous longeons le Grand Morin, remontant son cours d'eau &#224; contresens. Nous h&#233;sitons &#224; rebrousser chemin au beau milieu des champs pour revenir sur nos pas. Toutefois, nous changeons d'avis en croisant un couple qui revient du sommet de la colline qui nous toise depuis la sortie du village. La femme avec un l&#233;ger accent belge s'enthousiasme &#224; propos de la tr&#232;s belle vue sur l'ensemble de la vall&#233;e qu'on a de l&#224;-haut. Son all&#233;gresse nous ravit et nous d&#233;cidons sans plus attendre de faire le m&#234;me parcours que le leur, mais en sens inverse. La journ&#233;e s'inscrit ainsi, sans pr&#233;m&#233;ditation mais assur&#233;ment, dans un mouvement g&#233;n&#233;ral qui avance &#224; contre-courant. &#192; notre arriv&#233;e en gare de l'Est, nous marchons sur le quai en sens inverse de la foule de voyageurs. Notre sortie s'effectue en effet en bout des quais, au niveau de la station Ch&#226;teau-Landon.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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