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	<title>LIMINAIRE</title>
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	<description>Une palpitation, un mouvement encore immobile, un espace de sursis dans la dissolution.</description>
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		<title>LIMINAIRE</title>
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		<title>De la lumi&#232;re et des bruits</title>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Pierre M&#233;nard</dc:creator>


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&lt;p&gt;Ce recel dans l'&#233;paisseur des mots [[Ces nouveaux mots entrent dans les nouvelles &#233;ditions 2027 des dictionnaires Le Robert et Larousse : &lt;br class='autobr' /&gt;
Aquafaba : Eau de cuisson des l&#233;gumineuses, utilis&#233;e en cuisine comme substitut au blanc d'&#339;uf. &lt;br class='autobr' /&gt;
Assertivit&#233; : Capacit&#233; &#224; s'affirmer dans le respect d'autrui. &lt;br class='autobr' /&gt;
Banger : Chanson qui met tout le monde d'accord d&#232;s les premi&#232;res notes. &lt;br class='autobr' /&gt;
Bouilloire thermique :Logement qui devient invivable en p&#233;riode de fortes chaleurs. &lt;br class='autobr' /&gt;
Bouiner : Passer son temps &#224; de (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.liminaire.fr/chronique/entre-les-lignes/" rel="directory"&gt;Entre les lignes&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/voix" rel="tag"&gt;Voix&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/l-espace-d-un-instant" rel="tag"&gt;L'espace d'un instant&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/travail" rel="tag"&gt;Travail&lt;/a&gt;

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 <content:encoded>&lt;img src='https://www.liminaire.fr/local/cache-vignettes/L150xH75/contacts_succcessifs_6_1_-408f9.png?1779001337' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='75' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Ce recel dans l'&#233;paisseur des mots&lt;/strong&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Ces nouveaux mots entrent dans les nouvelles &#233;ditions 2027 des dictionnaires (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans une bouilloire thermique du Sud-Ouest o&#249; il fait gav&#233; chaud, un instavid&#233;aste neuroatypique passe ses journ&#233;es &#224; bouiner devant son proxy profitant de la d&#233;couvrabilit&#233; des contenus en ligne. Il prompte des intelligences artificielles g&#233;n&#233;ratives capables de matrixer n'importe qui jusqu'au suicide forc&#233;. Son dernier crush ? Une femme qui a d&#233;cid&#233; de marrainer une association d'&#233;quith&#233;rapie prot&#233;geant une esp&#232;ce parapluie menac&#233;e par la fast-fashion. Chaque soir, il pr&#233;pare un bibimbap accompagn&#233; d'onigiris et d'une mousse mont&#233;e &#224; l'aquafaba, pendant qu'un banger tourne en boucle dans son appartement devenu une v&#233;ritable dinguerie climatique. Son voisin, un charo miskine persuad&#233; d'&#234;tre victime du syst&#232;me comme tous les incels, parce qu'on l'accuse de pornodivulgation, passe son temps &#224; publier des vid&#233;os confuses sur la guerre hybride, avec une assertivit&#233; aussi fragile qu'une pistole oubli&#233;e au soleil.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_8761 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.liminaire.fr/IMG/jpg/55257073383_a486877d0a_k.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.liminaire.fr/local/cache-vignettes/L500xH333/55257073383_a486877d0a_k-d3fb2.jpg?1779001337' width='500' height='333' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;center&gt;&#206;le Panchout, Bords de l'Yerres, Yerres, Essonne, 8 mai 2026&lt;/center&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Un espace qui a perdu l'empreinte&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;R&#233;veil en sursaut, en plein milieu d'un r&#234;ve. Je mets du temps &#224; &#233;merger, ce qui m'arrive rarement. Pas l'habitude de sortir le lundi. Il pleut. J'ai regard&#233; la veille l'itin&#233;raire sur une carte pour pr&#233;parer le rendez-vous &#224; venir, un lieu que je connais cependant, o&#249; je suis d&#233;j&#224; venu plusieurs fois. En sortant du m&#233;tro, mes rep&#232;res sont troubl&#233;s. Je me pr&#233;cipite dans une direction qui n'est pas la bonne. J'anticipe sur le rendez-vous suivant. La rue Saint-Sabin forme un arc de cercle. Je sens bien que je m'&#233;loigne du but &#224; atteindre, mais je ne vois pas comment revenir sur mes pas. Tout me semble invers&#233; comme si je regardais le plan se refl&#233;ter sur un miroir. J'ai beau regarder sur mon smartphone, rien n'y fait. Ma g&#233;olocalisation me joue des tours et me d&#233;place &#224; sa guise. Ce n'est plus un rep&#232;re, c'est un leurre qui me perd. Le temps presse, je ne veux pas arriver trop en retard. Anne envoie un message auquel je ne r&#233;ponds pas, concentr&#233; sur mon plan. Je suis si peu souvent d&#233;boussol&#233; &#224; ce point, moi qui me targue d'avoir un excellent sens de l'orientation. En revenant vers le boulevard Richard-Lenoir, j'aper&#231;ois une silhouette famili&#232;re. Je souris. Anne cherche son chemin elle aussi. Je partage avec elle mon d&#233;sarroi, avant de r&#233;aliser que nous allons tous deux &#224; contre-courant du chemin &#224; emprunter. Nous finissons par rejoindre Eric qui nous attend au caf&#233; de l'Industrie. Ce caf&#233; est lui-m&#234;me assez trompeur avec ses deux entr&#233;es, dans deux rues parall&#232;les. Bien s&#251;r, avec Anne, nous entrons par la porte &#224; l'oppos&#233;e de la salle principale. Apr&#232;s ce rendez-vous, je mets plusieurs heures &#224; retrouver mes esprits, &#224; sentir mes pieds &#224; nouveau toucher le sol. Ce n'est pas li&#233; &#224; ce que nous nous sommes dits au caf&#233;, bien au contraire. La conversation a &#233;t&#233; plaisante et tr&#232;s constructive. Mais, depuis mon r&#233;veil pr&#233;cipit&#233; ce matin, j'ai la t&#234;te &#224; l'envers. Apr&#232;s avoir mang&#233; avec Caroline et Alice et avoir visit&#233; &lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;https://100ecs.fr/exposition-curiosite/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;l'exposition &lt;i&gt;Curiosit&#233;&lt;/i&gt; au Cent&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;, je d&#233;cide de rentrer &#224; pied &#224; la maison. Le temps s'est lev&#233;, quelques belles &#233;claircies. La sensation de fatigue &#224; l'arriv&#233;e me fait oublier les absences du matin. Comme si, t&#234;te en l'air, il m'avait fallu m'&#233;puiser &#224; marcher, traverser la ville d'un pas soutenu, et cette activit&#233; physique pour me remettre dans le bon sens, la t&#234;te &#224; l'endroit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le pouvoir argentique des mots&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Anne Savelli m'a fait remarquer qu'il y avait dans plusieurs de mes textes, et dans le dernier tout particuli&#232;rement, de la suspension, l&#224; o&#249; elle, de son c&#244;t&#233;, travaille plut&#244;t la tension. Qu'est-ce qui me fascine tant, m'attire &#224; ce point dans cette situation momentan&#233;e, cette interruption ? Dans ce qui ne dure qu'un moment, qui est &#233;ph&#233;m&#232;re. J'ai toujours &#233;t&#233; proche de l'image dans l'&#233;criture, de ce qui se fixe en un instant, mais reste fragile, &#233;vanescent, dans cette technique de la photographie que je pratique au quotidien, parall&#232;lement &#224; l'&#233;criture. Pour expliquer &#224; Anne ce qui se jouait pour moi dans la fugacit&#233; de chaque sc&#232;ne situ&#233;e au m&#234;me instant dans diff&#233;rents endroits du monde, j'ai utilis&#233; l'image d'une allumette qu'on craque dans l'obscurit&#233;. Le temps qu'elle reste allum&#233;e, on peut percevoir tout ce qui nous entoure. Ce qui nous oblige, dans ce temps r&#233;duit, &#224; nous concentrer pour enregistrer le plus de d&#233;tails possibles, avec l'ensemble de nos sens. Avant que la p&#233;nombre recouvre tout &#224; nouveau et qu'on ne voie plus rien d'autre que ce qu'il nous en reste en m&#233;moire. Cela se r&#233;p&#232;te plus de 400 fois en fonction du nombre de lieux et de sc&#232;nes dans le livre. Bien s&#251;r, en choisissant cette image de l'allumette, je me suis souvenu des s&#233;ances de d&#233;veloppement photo avec mon ami Damien. J'en garde un souvenir puissant, initiatique, celui du bain r&#233;v&#233;lateur. Nous attendions tous deux, f&#233;brilement, dans l'espace confin&#233; de la pi&#232;ce, que l'image surgisse &#224; la surface du papier blanc qu'il agitait dans le bac, avant de l'extirper pour la faire s&#233;cher. Chaque d&#233;tail de l'image photographi&#233;e apparaissait lentement, dans ce laps de temps o&#249; tout devient possible. Le dispositif d'&#233;criture de ce texte explique ce processus proche de la r&#233;v&#233;lation photographique. Ce que Servanne Monjour d&#233;crit tr&#232;s justement dans son texte &lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;http://phlit.org/press/?post_type=articlerevue&amp;p=2872&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;La r&#233;v&#233;lation : arch&#233;ologie d'une m&#233;taphore photolitt&#233;raire&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;. Au d&#233;part de chaque texte du livre, il y a une photographie. C'est ce que l'on peut retrouver dans la premi&#232;re version du texte, dans le projet de &lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;https://liminaire.fr/projets/article/rien-ne-ressemble-a-ce-dont-je-ne-me-souviens-pas&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;L'espace d'un instant&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;. L'appropriation iconique se trouve au c&#339;ur de mon dispositif d'&#233;criture, selon Corentin Lahouste, qui insiste sur la fa&#231;on dont &lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;https://journals.openedition.org/elfe/7210&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;les d&#233;placements qui sont inh&#233;rents &#224; ce geste d'appropriation font &#233;clore de singuli&#232;res exp&#233;rienciations verbo-visuelles&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;. Cette photographie n'existe pas. C'est un arr&#234;t sur image. La capture d'une image anim&#233;e, en provenance d'un film. Pour ce livre, j'ai repris l'ensemble des sc&#232;nes initiales, pour les r&#233;&#233;crire, sans avoir l'image sous les yeux. En les convoquant dans ma m&#233;moire, comme avec l'allumette. Le texte d&#233;crit souvent ce qui se passe &#224; un endroit, mais il peut aussi bien raconter ce qui se passe avant ou apr&#232;s, et parfois m&#234;me dans l'envers de ce lieu.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_8762 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.liminaire.fr/IMG/jpg/9242010380_35f4ee3e02_k.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.liminaire.fr/local/cache-vignettes/L500xH334/9242010380_35f4ee3e02_k-61624.jpg?1779001337' width='500' height='334' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;center&gt;Passage Lhomme, Paris 11&#232;me, 8 juillet 2013&lt;/center&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La pluie d'&#233;clats est sans issue&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il pleut sur les boulevards, les vitrines, les balcons charg&#233;s de g&#233;raniums, les auvents des caf&#233;s, les scooters b&#226;ch&#233;s, les grilles des jardins publics, les platanes, les bancs mouill&#233;s du boulevard de la Villette, les statues, les palissades des chantiers, les journaux abandonn&#233;s par terre, les caniveaux o&#249; tournent des p&#233;tales d&#233;tremp&#233;s, les chaussures blanches d&#233;j&#224; tach&#233;es, les parapluies retourn&#233;s par le vent, les trottinettes, les feux rouges, les fa&#231;ades haussmanniennes grises sous l'averse, les chiens qui s'&#233;bouent, les livreurs press&#233;s, les colonnes Morris couvertes d'affiches bariol&#233;es, les goutti&#232;res qui d&#233;bordent, les pav&#233;s luisants, les ponts, les p&#233;niches, les cadenas, les silhouettes qui courent d'un abri &#224; l'autre, les fen&#234;tres malencontreusement rest&#233;es ouvertes, les m&#233;gots coll&#233;s au sol, les serveurs qui empilent les chaises en catastrophe, les taxis, les bus embu&#233;, les parkings souterrains, les bo&#238;tes aux lettres, les toits d'ardoise luisants, les verri&#232;res des passages couverts, les cours int&#233;rieures o&#249; l'eau tombe en cascade le long des descentes de zinc, les pigeons immobiles sous les corniches, les joggeurs du canal qui pressent l'allure, t&#234;te basse, les couples serr&#233;s sous un m&#234;me parapluie, les fils &#233;lectriques, les gyrophares de la police dans la circulation ralentie, les fontaines, les terrains de basket vides, les squares d&#233;sert&#233;s, les sir&#232;nes lointaines, les halls d'immeubles o&#249; l'on attend que &#231;a passe, les cheveux qui frisent sous l'humidit&#233;, fluffy, les flaques o&#249; le ciel se renverse, puis soudain les nuages se d&#233;chirent, les premi&#232;res ombres r&#233;apparaissent sur les murs, le sol, la vapeur monte du bitume, les oiseaux traversent le ciel, les enfants sautent de joie dans les flaques, les gouttes suspendues aux feuilles des arbres, les odeurs de pierre et de bitume ti&#232;des, les reflets bleus sur les vitres, dans la lumi&#232;re revenue.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Ces nouveaux mots entrent dans les nouvelles &#233;ditions 2027 des dictionnaires Le Robert et Larousse :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aquafaba : Eau de cuisson des l&#233;gumineuses, utilis&#233;e en cuisine comme substitut au blanc d'&#339;uf.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Assertivit&#233; : Capacit&#233; &#224; s'affirmer dans le respect d'autrui.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Banger : Chanson qui met tout le monde d'accord d&#232;s les premi&#232;res notes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bouilloire thermique :Logement qui devient invivable en p&#233;riode de fortes chaleurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bouiner : Passer son temps &#224; de vagues occupations.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bibimbap : Plat cor&#233;en &#224; base de riz, de l&#233;gumes saut&#233;s, d'un &#339;uf et de viande marin&#233;e, relev&#233; de p&#226;te de piment.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Charo : Homme &#224; la recherche de multiples aventures amoureuses.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Crush : Penchant amoureux soudain pour quelqu'un ; coup de c&#339;ur pour quelque chose.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#233;couvrabilit&#233; : Capacit&#233; &#224; rendre une information ou un service facilement accessible sur Internet.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dinguerie : Action ou parole insens&#233;e, extravagante, loufoquerie. Chose extraordinaire, grandiose, propre &#224; susciter l'&#233;merveillement, l'admiration.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Equith&#233;rapie&lt;br class='autobr' /&gt;
Th&#233;rapie utilisant le cheval comme m&#233;diateur pour soigner, appartenant aux zooth&#233;rapies.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Esp&#232;ce parapluie : Esp&#232;ce dont la protection assure celle des autres esp&#232;ces d'un m&#234;me &#233;cosyst&#232;me.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Fast-fashion : Mod&#232;le &#233;conomique du pr&#234;t-&#224;-porter qui consiste &#224; proposer un renouvellement rapide de collections &#224; petit prix et de moindre qualit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Gav&#233; : Tr&#232;s usit&#233; dans le Sud-Ouest et qui signifie &#171; beaucoup de, plein de &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Guerre hybride : Conflit combinant des modes d'action militaires et non militaires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Incel : Mouvance masculiniste compos&#233;e d'hommes c&#233;libataires qui se pr&#233;tendent rejet&#233;s par les femmes, qu'ils jugent responsables de leur c&#233;libat.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Instavid&#233;aste : Personne qui diffuse un flux vid&#233;o en direct sur internet, g&#233;n&#233;ralement en interaction avec sa communaut&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Marrainer : Accorder son soutien moral &#224; un projet, une cause, en parlant d'une femme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Matrixer : manipuler ou conditionner. &#171; Faire une impression profonde et durable sur (quelqu'un) &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Miskine : Qui inspire de la piti&#233; ; faible.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Narchomicide : Meurtre li&#233; au trafic de drogue.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Neuroatypique, neurodivergent : Se dit d'une personne dont le fonctionnement neurologique diff&#232;re de celui du plus grand nombre et, sp&#233;cialement, qui pr&#233;sente un trouble du neurod&#233;veloppement (TSA, TDAH, DYS, etc.).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Onigiri : Mot japonais, boulette de riz assaisonn&#233;e et recouverte d'une algue nori.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pistole : Pastille de chocolat plate, ronde ou ovale utilis&#233;e en p&#226;tisserie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pornodivulgation : Divulgation de photos ou de vid&#233;os &#224; caract&#232;re sexuel sans le consentement de la personne expos&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Prompter : Envoyer un prompt, une instruction &#224; un algorithme d'intelligence artificielle g&#233;n&#233;rative pour obtenir une r&#233;ponse cibl&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Proxy : Dispositif informatique servant d'interm&#233;diaire entre les ordinateurs d'un r&#233;seau priv&#233; et Internet.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Suicide forc&#233; : Le geste fatal r&#233;sultant du harc&#232;lement moral exerc&#233; par un conjoint ou ex-conjoint.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Le silence n'est pas un lieu</title>
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		<dc:date>2026-05-03T07:00:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Pierre M&#233;nard</dc:creator>


		<dc:subject>Biographie</dc:subject>
		<dc:subject>&#201;criture</dc:subject>
		<dc:subject>Livre</dc:subject>
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		<dc:subject>Portrait</dc:subject>
		<dc:subject>R&#233;cit</dc:subject>
		<dc:subject>Journal</dc:subject>
		<dc:subject>Paysage</dc:subject>
		<dc:subject>Gare</dc:subject>
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		<dc:subject>Pierre M&#233;nard</dc:subject>
		<dc:subject>Lecture</dc:subject>
		<dc:subject>Travail</dc:subject>
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		<dc:subject>D&#233;rive</dc:subject>
		<dc:subject>Nature</dc:subject>
		<dc:subject>Biblioth&#232;que</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Rien d'autre que vivre et voir vivre &lt;br class='autobr' /&gt;
Embrouille entre plusieurs hommes dans le RER B. Un homme noir, tr&#232;s grand, monte, passablement &#233;nerv&#233; &#224; la station Les Halles, il invective deux autres hommes qui lui tiennent t&#234;te. Le ton monte tr&#232;s vite. Ne me touche pas, r&#233;p&#232;te l'homme qui a l'air d'avoir vu quelque chose en montant, que les deux autres d&#233;mentent avoir fait. Ils le provoquent pour d&#233;tourner l'attention des voyageurs. Je mets du temps &#224; comprendre ce qui les oppose, la raison de leur (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/ecriture" rel="tag"&gt;&#201;criture&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/livre" rel="tag"&gt;Livre&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/numerique" rel="tag"&gt;Num&#233;rique&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/portrait" rel="tag"&gt;Portrait&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/recit" rel="tag"&gt;R&#233;cit&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/journal" rel="tag"&gt;Journal&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/paysage" rel="tag"&gt;Paysage&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/gare" rel="tag"&gt;Gare&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/contacts-successifs" rel="tag"&gt;Contacts successifs&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/pierre-menard" rel="tag"&gt;Pierre M&#233;nard&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/lecture" rel="tag"&gt;Lecture&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/travail" rel="tag"&gt;Travail&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/voix" rel="tag"&gt;Voix&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/derive" rel="tag"&gt;D&#233;rive&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/nature" rel="tag"&gt;Nature&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/bibliotheque" rel="tag"&gt;Biblioth&#232;que&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.liminaire.fr/local/cache-vignettes/L150xH75/contacts_succcessifs_4_1_-28a0f.png?1777792293' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='75' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Rien d'autre que vivre et voir vivre&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Embrouille entre plusieurs hommes dans le RER B. Un homme noir, tr&#232;s grand, monte, passablement &#233;nerv&#233; &#224; la station Les Halles, il invective deux autres hommes qui lui tiennent t&#234;te. Le ton monte tr&#232;s vite. Ne me touche pas, r&#233;p&#232;te l'homme qui a l'air d'avoir vu quelque chose en montant, que les deux autres d&#233;mentent avoir fait. Ils le provoquent pour d&#233;tourner l'attention des voyageurs. Je mets du temps &#224; comprendre ce qui les oppose, la raison de leur dispute. Au milieu d'eux, un jeune homme d'origine asiatique, tient son sac &#224; doc en cuir contre sa poitrine, son portable &#224; la main. Il est question d'un portefeuille que l'homme soup&#231;onne l'un des deux autres hommes d'avoir tent&#233; de d&#233;rober &#224; une femme en montant dans le wagon. Tout va tr&#232;s vite. Les mots mena&#231;ant tournent en boucle, se r&#233;p&#232;tent. Joute verbale. Tu veux te battre. Descend, on va r&#233;gler &#231;a sur le quai ! Le RER entre en gare &#224; Saint-Michel, les deux hommes cherchent &#224; faire descendre l'homme noir qui leur r&#233;siste. Il veut bien se battre avec eux mais pas ici, il travaille, qu'ils viennent donc &#224; Denfert, et l&#224; ils verront, ils pourront s'expliquer. Les deux hommes descendent sur le quai, alors que le signal de la fermeture des portes retentit, cherchent une derni&#232;re fois &#224; faire descendre l'homme qui leur r&#233;siste.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_8749 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.liminaire.fr/IMG/jpg/55231420136_3426314756_k.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.liminaire.fr/local/cache-vignettes/L500xH333/55231420136_3426314756_k-3b3ba.jpg?1777792293' width='500' height='333' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;center&gt;La coul&#233;e verte, Gometz-le-Ch&#226;tel, Essonne, 26 avril 2026&lt;/center&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Ce qui n'a jamais &#233;t&#233; dit &lt;i&gt;ainsi&lt;/i&gt; n'a jamais &#233;t&#233; dit&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je garde un excellent souvenir de l'entretien r&#233;alis&#233; avec Christophe Robert, responsable de la &lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;https://villa-arson.fr/bibliotheque/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;biblioth&#232;que de la Villa Arson&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;, o&#249; Nina a fait ses &#233;tudes d'art. Il avait pr&#233;vu une trame de questions &#224; me poser. Je me sentais en confiance dans ce cadre. Je n'avais rien pr&#233;par&#233; et c'&#233;tait mieux ainsi. Nous avons progress&#233; ensemble, entre question et r&#233;ponse, discutant comme si nous marchions dans le d&#233;dale des all&#233;es de la &lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;https://villa-arson.fr/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Villa Arson&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt; et de son jardin, passant en revue mon travail d'auteur, de biblioth&#233;caire et d'animateurs d'ateliers d'&#233;criture. Dans cet entretien, j'insiste sur une id&#233;e centrale : &#233;crire n'est pas un acte exceptionnel, mais une pratique quotidienne et exp&#233;rimentale. J'y d&#233;fends une vision d&#233;sacralis&#233;e de la litt&#233;rature. L'&#233;crivain n'est pas un g&#233;nie isol&#233;, mais quelqu'un qui travaille, teste, recommence. L'&#233;criture est faite de protocoles, de contraintes, de tentatives, souvent inachev&#233;es. Cette approche rejoint mon int&#233;r&#234;t pour les formes fragmentaires et les dispositifs. J'y reviens en pr&#233;sentant rapidement diff&#233;rents projets, des &lt;i&gt;lignes de d&#233;sir&lt;/i&gt; &#224; &lt;i&gt;Laisse venir&lt;/i&gt;, co&#233;crit avec Anne Savelli, en passant par &lt;i&gt;L'esprit d'escalier&lt;/i&gt;, ces deux textes ayant &#233;t&#233; &#233;dit&#233;s par &lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;https://www.la-marelle.org/productions/editions-la-marelle.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;La Marelle &#233;ditions&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;. J'accorde une place centrale aux ateliers d'&#233;criture, espace essentiel pour l'exp&#233;rimentation. On y &#233;crit sans chercher imm&#233;diatement &#224; produire une &#339;uvre, mais pour explorer des gestes, des formes, des possibles. Je reviens sur le r&#244;le du num&#233;rique dans mon travail. Mon site et mes projets en ligne sont des lieux d'&#233;criture &#224; part enti&#232;re, o&#249; texte, image et son se croisent et dialoguent. L'&#233;criture n'est plus seulement li&#233;e au livre, mais &#224; des formes hybrides. Cette qu&#234;te de la forme s'ach&#232;ve dans la transmission collective. Dans les ateliers d'&#233;criture, notamment. Pour terminer notre &#233;change, je pr&#233;sente un livre, &#224; la demande de mon interlocuteur. Il s'agit de &lt;i&gt;La photo me regardait&lt;/i&gt; de Katia Petrovskaya, qui interroge les hors-champs de l'image et dresse un portrait d'elle en creux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;En avant marge&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;PNJ est l'abr&#233;viation de Personnage non-joueur ou Personnage non-jouable, dans les jeux vid&#233;o. Il d&#233;signe &#233;galement tout protagoniste avec lequel le joueur est amen&#233; &#224; interagir pour r&#233;soudre une intrigue dans un jeu de r&#244;le ou un jeu d'aventures. Dans la vie courante, et plus particuli&#232;rement sur les r&#233;seaux sociaux (comme TikTok), le sigle PNJ est souvent employ&#233; de mani&#232;re p&#233;jorative par les adolescents. Un&#183;e random, un&#183;e nobody, un&#183;e figurant&#183;e, un&#183;e boloss, un&#183;e fragile, quelqu'un de cringe, g&#234;nant, has been, en un mot : invisible. Une personne sans int&#233;r&#234;t, ingrate, discr&#232;te trop discr&#232;te, par essence secondaire, inutile, sans r&#244;le pr&#233;cis, qui doit rester dans l'ombre. &lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;https://editionsjou.net/produit/pnj/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Dans son nouveau livre, PNJ, &#201;ric Arlix&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt; dresse une galerie de dix PNJ, portraits de personnes qui cherchent &#224; entrer dans un jeu qu'ils maitrisent mal, qui les d&#233;passe, dont ils se sentent exclus, chass&#233;s, expuls&#233;s. En marge. Avec humour et justesse, l'auteur d&#233;crit des sc&#232;nes de leur vie en acc&#233;l&#233;r&#233; (travail, politique, corps, sant&#233;, loisirs, voyages, rencontres) avec une m&#234;me vell&#233;it&#233; de ces personnages &#224; se confronter au r&#233;el et &#224; trouver leur place dans une soci&#233;t&#233; n&#233;olib&#233;rale et capitaliste qui repose sur la comp&#233;tition g&#233;n&#233;ralis&#233;e et l'individualisme, transformant les biens et les relations en marchandises, affaiblissant chaque jour un peu plus le sens du collectif ainsi que l'engagement politique. Ce livre tr&#232;s court, par sa concision et sa forme po&#233;tique d'&#233;num&#233;rations scand&#233;es, nous ouvre les yeux sur ces laiss&#233;s pour compte qu'on invisibilise, &#224; nos c&#244;t&#233;s pourtant, quand nous ne nous reconnaissons pas en eux, comme l'auteur lui-m&#234;me avec beaucoup d'auto-d&#233;rision, et soudain on ne voit plus qu'eux et ce qu'ils repr&#233;sentent, une issue, une alternative, un possible et salutaire renversement de perspective sur le monde actuel.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_8750 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.liminaire.fr/IMG/jpg/9284178424_46da538e06_k.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.liminaire.fr/local/cache-vignettes/L500xH334/9284178424_46da538e06_k-f8639.jpg?1777792293' width='500' height='334' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;center&gt;Maruyama-koen Park, Kyoto, Japon, 23 f&#233;vrier 2011&lt;/center&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Un rien d'imagination suffit&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y a ce qu'on pr&#233;voit de faire et ce qui nous emporte presque malgr&#233; nous au-del&#224; de ce qu'on avait en t&#234;te. Le chemin qu'on imagine suivre sur la carte et l'itin&#233;raire qu'on emprunte r&#233;ellement. Nous longeons le Grand Morin, remontant son cours d'eau &#224; contresens. Nous h&#233;sitons &#224; rebrousser chemin au beau milieu des champs pour revenir sur nos pas. Toutefois, nous changeons d'avis en croisant un couple qui revient du sommet de la colline qui nous toise depuis la sortie du village. La femme avec un l&#233;ger accent belge s'enthousiasme &#224; propos de la tr&#232;s belle vue sur l'ensemble de la vall&#233;e qu'on a de l&#224;-haut. Son all&#233;gresse nous ravit et nous d&#233;cidons sans plus attendre de faire le m&#234;me parcours que le leur, mais en sens inverse. La journ&#233;e s'inscrit ainsi, sans pr&#233;m&#233;ditation mais assur&#233;ment, dans un mouvement g&#233;n&#233;ral qui avance &#224; contre-courant. &#192; notre arriv&#233;e en gare de l'Est, nous marchons sur le quai en sens inverse de la foule de voyageurs. Notre sortie s'effectue en effet en bout des quais, au niveau de la station Ch&#226;teau-Landon.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Quelque chose en &#233;change</title>
		<link>https://www.liminaire.fr/chronique/entre-les-lignes/article/quelque-chose-en-echange</link>
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		<dc:date>2026-04-12T07:00:00Z</dc:date>
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		<dc:creator>Pierre M&#233;nard</dc:creator>


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		<dc:subject>&#201;criture</dc:subject>
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		<dc:subject>Journal</dc:subject>
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		<dc:subject>R&#233;cit</dc:subject>
		<dc:subject>Paris</dc:subject>
		<dc:subject>Paysage</dc:subject>
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		<dc:subject>Livre</dc:subject>
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		<description>
&lt;p&gt;R&#233;inventer en temps r&#233;el &lt;br class='autobr' /&gt;
En promenade dans le 13&#232;me, nous d&#233;butons notre parcours aux Gobelins, par le Square Ren&#233; Le Gall. Dans une petite portion &#224; l'entr&#233;e, un jardin partag&#233;, des jeunes y avancent t&#234;te baiss&#233;e. Ils cherchent des chocolats de P&#226;ques. Leur m&#232;re repasse derri&#232;re eux pour leur montrer ceux qu'ils ont oubli&#233; en chemin. En observant les plantes, les fleurs et les arbres du jardin, nous en trouvons &#224; notre tour, au milieu de l'herbe, en &#233;quilibre sur une branche, sous les (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/biographie" rel="tag"&gt;Biographie&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/ecriture" rel="tag"&gt;&#201;criture&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/information" rel="tag"&gt;Information&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/journal" rel="tag"&gt;Journal&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/numerique" rel="tag"&gt;Num&#233;rique&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/photographie" rel="tag"&gt;Photographie&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/recit" rel="tag"&gt;R&#233;cit&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/paris" rel="tag"&gt;Paris&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/paysage" rel="tag"&gt;Paysage&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/livre" rel="tag"&gt;Livre&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/quotidien" rel="tag"&gt;Quotidien&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/histoire" rel="tag"&gt;Histoire&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.liminaire.fr/local/cache-vignettes/L150xH75/contacts_succcessifs_1_-2-d969e.png?1775977301' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='75' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;R&#233;inventer en temps r&#233;el&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En promenade dans le 13&#232;me, nous d&#233;butons notre parcours aux Gobelins, par le Square Ren&#233; Le Gall. Dans une petite portion &#224; l'entr&#233;e, un jardin partag&#233;, des jeunes y avancent t&#234;te baiss&#233;e. Ils cherchent des chocolats de P&#226;ques. Leur m&#232;re repasse derri&#232;re eux pour leur montrer ceux qu'ils ont oubli&#233; en chemin. En observant les plantes, les fleurs et les arbres du jardin, nous en trouvons &#224; notre tour, au milieu de l'herbe, en &#233;quilibre sur une branche, sous les feuilles des arbustes. Le charme de ce jardin vient de la diversit&#233; de ses espaces. Il y a la partie occup&#233;e par des bandes de gazon au centre desquelles se dresse un ob&#233;lisque encadr&#233; par quatre gloriettes. Au centre, le sous-bois divis&#233; en bosquets s'ordonne autour de l'all&#233;e m&#233;diane, plant&#233;e de diverses essences qui viennent s'ajouter aux charmes et aux c&#232;dres bleus plant&#233;s sur le pourtour du jardin. En avan&#231;ant dans le jardin, nous croisons deux femmes qui discutent. J'entends l'une d'elles prononcer cette phrase : &lt;i&gt;Je ne suis pas tr&#232;s virtuelle&lt;/i&gt;. Le jardin est situ&#233; &#224; l'emplacement de l'ancien potager des tapissiers de la Manufacture des Gobelins. Celui-ci se dressait sur une des nombreuses petites &#238;les que la Bi&#232;vre entourait autrefois. On l'appelait l'Ile aux Singes, les bateleurs avaient l'habitude d'y laisser leurs singes en toute libert&#233;. L'Ile de la Cit&#233; et l'Ile Saint-Louis voisinaient avec l'Ile Louviers et l'Ile Maquerelle. La vall&#233;e de la Bi&#232;vre &#233;tait alors un lieu tr&#232;s vivant, dynamique, malgr&#233; les odeurs putrides qui s'&#233;chappaient de la rivi&#232;re. Les Parisiens venaient s'encanailler dans les guinguettes, qui s'&#233;taient multipli&#233;es apr&#232;s la construction du mur des Fermiers G&#233;n&#233;raux, car le vin n'y &#233;tait pas tax&#233;. On y buvait une bi&#232;re r&#233;put&#233;e depuis que des ouvriers flamands, venus travailler &#224; la Manufacture des Gobelins, avaient ouvert sur place des brasseries. Traverser l'espace d'une ville c'est le parcourir &#224; travers le palimpseste d'un temps qu'on ne per&#231;oit que certaines strates.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_8722 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.liminaire.fr/IMG/jpg/55174108987_c4e54efdf5_k.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.liminaire.fr/local/cache-vignettes/L500xH333/55174108987_c4e54efdf5_k-de70c.jpg?1775977302' width='500' height='333' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;center&gt;Bassin de l'Arsenal, Place de la Bastille, Partis 12&#232;me, 29 mars 2026&lt;/center&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Grand retard&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous contactons un usager de la biblioth&#232;que &#224; propos d'un grand retard. Il devait rendre le 13 janvier 2026 l'ouvrage qu'il avait emprunt&#233;. Nous l'invitons &#224; le rapporter au plus vite &#224; la biblioth&#232;que, avant qu'il ne re&#231;oive une facture du Tr&#233;sor public. Je ne peux m'emp&#234;cher de sourire en d&#233;couvrant le titre du livre : &lt;i&gt;La procrastination : l'art de reporter au lendemain&lt;/i&gt;, de John Perry.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Toutes les images du futur&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;En qu&#234;te d'info&lt;/i&gt; est le festival de d&#233;cryptage des m&#233;dias dans les biblioth&#232;ques de Paris. &#192; cette occasion, j'ai anim&#233; plusieurs ateliers autour de l'IA pour diff&#233;rents types de publics. Dans l'atelier sur la cr&#233;ation d'images, de vid&#233;os et de musique, nous avons tent&#233; de rep&#233;rer celles g&#233;n&#233;r&#233;es par l'IA pour questionner ces diff&#233;rents m&#233;dias, afin d'inviter le public &#224; d&#233;velopper son esprit critique, &#224; mieux s'informer et &#224; r&#233;fl&#233;chir &#224; la place qu'on accorde &#224; l'IA dans notre rapport aux images et &#224; l'information. Je me suis rendu compte que les images cr&#233;&#233;es r&#233;cemment avec l'IA &#233;taient devenues beaucoup plus difficiles &#224; diff&#233;rencier qu'auparavant. Les pr&#233;cautions d'usage pour rep&#233;rer ces images ne sont plus aussi efficaces. Les d&#233;tails anatomiques par exemple, comme les pupilles asym&#233;triques, les reflets identiques dans les deux yeux ou des regards &#171; vitreux &#187; qui &#233;taient caract&#233;ristiques jusqu'&#224; pr&#233;sent, ne le sont plus autant. Il en va de m&#234;me pour la coh&#233;rence physique. Les IA peinaient &#224; reproduire fid&#232;lement l'interaction de la lumi&#232;re avec les objets. Les ombres ne correspondaient pas toujours &#224; la source lumineuse apparente et les reflets pouvaient &#234;tre fauss&#233;s. C'est de moins en moins le cas. De m&#234;me pour les imperfections textuelles. Les mots sont moins d&#233;form&#233;s, illisibles. La tendance &#224; la perfection &#233;tait une particularit&#233; esth&#233;tique de cette technologie. Une image trop parfaite est suspecte. L'IA avait tendance &#224; cr&#233;er des surfaces anormalement lisses, une peau sans pores ni imperfections, et des couleurs trop satur&#233;es ou artificiellement att&#233;nu&#233;es. Dans la nature, les textures pr&#233;sentent toujours une certaine irr&#233;gularit&#233;, l'IA peinait &#224; les reproduire de mani&#232;re convaincante, m&#234;me si on assiste depuis peu &#224; des &#233;volutions remarquables.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_8723 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.liminaire.fr/IMG/jpg/53210475789_35bada3a5c_k.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.liminaire.fr/local/cache-vignettes/L500xH333/53210475789_35bada3a5c_k-057f3.jpg?1775977302' width='500' height='333' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;center&gt;Atelier Lardeur, rue du Cherche-Midi, Paris 6&#232;me, 24 septembre 2023&lt;/center&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;L'attente patiente de ce moment pr&#233;cis&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;https://liminaire.fr/projets/article/rien-que-les-heures&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Rien que les heures&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt; est arriv&#233;. Un enchainement de circonstances m'emp&#234;che de trouver le temps de prendre le livre en main et de le parcourir. Je v&#233;rifie juste la derni&#232;re correction apport&#233; au texte, mais rest&#233;e sans r&#233;ponse, une coquille sur le nom de mon premier &#233;diteur. J'ouvre le livre, le soup&#232;se, tourne bri&#232;vement quelques pages. Je dois aller travailler. J'attends curieusement d'&#234;tre seul le soir avec le livre pour le consulter plus attentivement. J'aime la couleur et le graphisme de la couverture. La taille du livre. La qualit&#233; du papier, pas trop mince comme cela arrive de plus en plus souvent. La mise en page, qui est moins a&#233;r&#233;e que celle que j'avais imagin&#233;e en envoyant le texte il y a huit mois, mais dont &#201;ric m'a persuad&#233; de la pertinence, permet en effet une lecture plus fluide. Je lis quelques passages. Je me s&#233;pare du texte pour mieux le retrouver. Je ne le lis plus comme j'ai pu le faire pendant ces derniers mois de relecture, avec cette impression d'un texte mouvant, sans arr&#234;t changeant, aux multiples variations et d&#233;veloppements possibles. Les mots sont &#233;crits noirs sur blancs. Ils acqui&#232;rent une forme d'autonomie qui me permet un certain d&#233;tachement dans ma lecture. Je sais que je suis l'auteur de ce livre, mais avec sa publication, et l'objet clos que je tiens enfin entre mes mains, je deviens son premier lecteur.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Journal du regard : Mars 2026</title>
		<link>https://www.liminaire.fr/chronique/journal/article/journal-du-regard-mars-2026</link>
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		<dc:date>2026-04-01T07:00:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Pierre M&#233;nard</dc:creator>


		<dc:subject>Art</dc:subject>
		<dc:subject>Architecture</dc:subject>
		<dc:subject>Biographie</dc:subject>
		<dc:subject>&#201;criture</dc:subject>
		<dc:subject>Journal</dc:subject>
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		<dc:subject>Num&#233;rique</dc:subject>
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		<dc:subject>Regard</dc:subject>
		<dc:subject>Quotidien</dc:subject>
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		<description>
&lt;p&gt;Chaque mois, un film regroupant l'ensemble des images prises au fil des jours, le mois pr&#233;c&#233;dent, et le texte qui s'&#233;crit en creux. &lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; Une sorte de palimpseste, dans lequel doivent transpara&#238;tre les traces - t&#233;nues mais non d&#233;chiffrables - de l'&#233;criture &#8220;pr&#233;alable&#8221; &#187;. &lt;br class='autobr' /&gt;
Jorge Luis Borges, Fictions &lt;br class='autobr' /&gt; Rien que les heures, mon livre qui para&#238;t aux &#233;ditions JOU en mai prochain, est un r&#233;cit qui se d&#233;roule sur une journ&#233;e, du jour au lendemain. Chaque heure de cette journ&#233;e, de 00h24 &#224; 23h53, (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/ecriture" rel="tag"&gt;&#201;criture&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/marseille" rel="tag"&gt;Marseille&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/numerique" rel="tag"&gt;Num&#233;rique&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/travail" rel="tag"&gt;Travail&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/regard" rel="tag"&gt;Regard&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/quotidien" rel="tag"&gt;Quotidien&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/voyage" rel="tag"&gt;Voyage&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.liminaire.fr/local/cache-vignettes/L150xH84/capture_d_e_cran_2026-03-30_a_00.04_14-0e6de.png?1775026977' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='84' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;i&gt;Chaque mois, un film regroupant l'ensemble des images prises au fil des jours, le mois pr&#233;c&#233;dent, et le texte qui s'&#233;crit en creux.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Une sorte de palimpseste, dans lequel doivent transpara&#238;tre les traces - t&#233;nues mais non d&#233;chiffrables - de l'&#233;criture &#8220;pr&#233;alable&#8221; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Jorge Luis Borges, &lt;i&gt;Fictions&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;center&gt;&lt;iframe width=&#034;660&#034; height=&#034;415&#034; src=&#034;https://www.youtube.com/embed/fKnTZ2gwD2M&#034; title=&#034;&#034; frameborder=&#034;0&#034; allow=&#034;accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share&#034; referrerpolicy=&#034;strict-origin-when-cross-origin&#034; allowfullscreen&gt;&lt;/iframe&gt;&lt;/center&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;a href=&#034;https://editionsjou.net/produit/rien-que-les-heures/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;i&gt;Rien que les heures&lt;/i&gt;, mon livre qui para&#238;t aux &#233;ditions JOU&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt; en mai prochain, est un r&#233;cit qui se d&#233;roule sur une journ&#233;e, du jour au lendemain. Chaque heure de cette journ&#233;e, de 00h24 &#224; 23h53, correspond &#224; un lieu &#224; Paris &#224; une heure pr&#233;cise. Cet endroit est situ&#233; sur une ligne qui traverse Paris du nord au sud, en longeant le m&#233;ridien de Paris. Ce m&#233;ridien a &#233;t&#233; d&#233;fini pour la premi&#232;re fois le 21 juin 1667, jour du solstice d'&#233;t&#233;. Il traverse la France de Dunkerque &#224; Perpignan. L'emplacement de l'Observatoire de Paris, dans le 14&#7497; arrondissement, a &#233;t&#233; d&#233;termin&#233; &#224; cette date et de fa&#231;on &#224; ce que cette ligne imaginaire le traverse. C'est &#224; partir du m&#233;ridien de Paris que le syst&#232;me m&#233;trique a &#233;t&#233; cr&#233;&#233;. Le m&#232;tre est la 1/10 000 000&#7497; partie de la moiti&#233; du m&#233;ridien. Il a ensuite &#233;t&#233; abandonn&#233; au profit du m&#233;ridien de Greenwich en 1884. Le r&#233;cit est divis&#233; en soixante chapitres, des &#233;tapes sur ces lieux qui ne sont d&#233;sign&#233;s tout d'abord que par leurs coordonn&#233;es g&#233;olocalis&#233;es (on trouve cependant &#224; la fin du livre leurs adresses pr&#233;cises, dans un index complet). &#192; chaque &#233;tape du parcours, en fonction de l'heure qu'il est &#224; Paris, on peut lire sept r&#233;cits se d&#233;roulant au m&#234;me moment dans sept lieux diff&#233;rents r&#233;partis dans le monde entier, mais &#224; une heure alternative selon le fuseau horaire de l'histoire racont&#233;e. Pour ce projet sur l'espace et le temps, j'ai choisi le nombre d'&#233;tapes, en r&#233;f&#233;rence au nombre de secondes dans une minute et de minutes dans une heure. Je souhaitais &#233;galement que le chiffre des minutes de chaque &#233;tape soit diff&#233;rent, et contenu entre 1 et 60. J'ai choisi le chiffre sept pour le nombre de lieux en r&#233;f&#233;rence au nombre de jours dans une semaine, sans penser aux bottes de sept lieux du &lt;i&gt;Petit Poucet&lt;/i&gt; de Charles Perrault, dont les bottes magiques permettent de parcourir, comme dans mon livre, de tr&#232;s grandes distances en tr&#232;s peu de temps. Pour accompagner la sortie du livre, je pr&#233;pare une webfiction en ligne, qui permettra de d&#233;couvrir le r&#233;cit, accompagn&#233; de courtes vid&#233;os film&#233;es dans les soixante lieux parisiens, des photographies qui sont &#224; l'origine des textes, qu'on a pu d&#233;couvrir sur mon site, entre janvier 2021 et f&#233;vrier 2022, sous la forme d'un r&#233;cit par fragments et d'un podcast, intitul&#233;s &lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;https://liminaire.fr/projets/article/rien-ne-ressemble-a-ce-dont-je-ne-me-souviens-pas&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;L'espace d'un instant&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;. et des textes qu'on pourra lire et &#233;couter, dans la nouvelle version du r&#233;cit. Pour pr&#233;parer le tournage de ces vid&#233;os au printemps, j'ai fait quelques rep&#233;rages sur les lieux o&#249; je vais filmer. Il y a de nombreuses s&#233;quences qui se d&#233;rouleront dans le jardin du Luxembourg, et autour de l'Observatoire de Paris.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les plus avertis s'en rendront compte en regardant les images de ce journal, il y a quelque chose de chang&#233; dans la prise de vue. La cam&#233;ra DJI Osmo Pocket que j'utilisais depuis 2019 ne fonctionne plus. Le bouton d'enregistrement s'est brusquement bloqu&#233; alors que nous d&#233;ambulions en famille dans le parc Montsouris. La prise en main d'un nouvel outil prend toujours un peu de temps. La cam&#233;ra de la m&#234;me marque que la pr&#233;c&#233;dente que j'ai achet&#233;e est un peu plus encombrante, plus lourde &#233;galement, elle poss&#232;de un &#233;cran qui m'a un peu d&#233;stabilis&#233; au d&#233;part pour le cadrage, mais question mise au point et stabilit&#233; de l'image, elle est encore plus efficace que la pr&#233;c&#233;dente.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je ne pensais pas revenir &#224; la &lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;https://villa-arson.fr/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Villa Arson &#224; Nice&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;. Nina a termin&#233; en fin d'ann&#233;e derni&#232;re ses cinq ans d'&#233;tudes sup&#233;rieures, et m&#234;me si Caroline et moi nous avons une amie qui vit d&#233;sormais &#224; Nice, je n'envisageais pas d'y revenir et de revoir l'&#233;cole. Comme ma fille y avait laiss&#233; des affaires au moment de partir vivre &#224; Marseille, et qu'elle n'avait pas r&#233;ussi &#224; y retourner depuis son d&#233;part, je lui ai propos&#233; de l'y accompagner &#224; l'occasion de notre bref s&#233;jour &#224; Marseille. En effet, avec Caroline, nous sommes venus travailler une semaine sur notre projet d'&#233;criture &lt;i&gt;Autour&lt;/i&gt; (devenu &lt;i&gt;Nostos&lt;/i&gt;) pour lequel nous avions &#233;t&#233; accueillis l'&#233;t&#233; dernier &lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;https://www.la-marelle.org/en-creation/residences/1593-pierre-menard-et-caroline-diaz-a-la-ciotat.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;en r&#233;sidence &#224; La Ciotat &#224; l'invitation de La Marelle&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;. &#192; chaque fois que j'ai eu l'occasion de me rendre &#224; la Villa Arson, j'ai film&#233; quelques s&#233;quences sur place, car c'est un lieu de cr&#233;ation magnifique situ&#233; sur les hauteurs de Nice, &#224; la fois &#233;cole d'art et espace d'exposition, avec son architecture en b&#233;ton et galets, son jardin aux arbres centenaires qui offre une vue incroyable sur toute la ville. &#192; chaque fois que je postais des images de mon passage, le responsable de la biblioth&#232;que me disait que j'aurais d&#251; lui dire que je passais, nous aurions pu r&#233;aliser ensemble un entretien sous forme de podcast. Cette fois-ci, j'ai finalement devanc&#233; sa proposition, et nous avons enregistr&#233; un entretien autour de mon parcours.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quand on arrive &#224; Marseille en train, on a l'impression que la gare tourne le dos &#224; certains quartiers au profit d'une unique ouverture sur le centre-ville. La Belle de Mai est un ancien quartier ouvrier qui para&#238;t abandonn&#233; depuis de longues ann&#233;es, m&#234;me si les choses changent peu &#224; peu. La veille, de retour de Nice, Caroline, Nina et moi, nous avions travers&#233; rapidement les ruelles &#233;troites du quartier, &#224; bord d'un taxi, pour rapporter les affaires de Nina dans son appartement du boulevard Ricard. Dans notre trajet nocturne, nous avons &#233;t&#233; surpris par le nombre de personnes dehors &#224; cette heure, marchant sur les trottoirs, traversant la route en pressant le pas, mangeant et buvant debout devant les caf&#233;s. C'&#233;tait l'heure de la rupture du je&#251;ne, la fin du ramadan toute proche. Le lendemain nous sommes repass&#233;s dans le quartier, marchant &#224; travers les m&#234;mes rues, cette fois presque d&#233;sertes. Nina nous a conseill&#233; d'emprunter la rue Levat. Au milieu de cette ruelle &#233;troite qui serpente entre murets, maisons de ville et petits immeubles, un portail ouvre sur un ancien couvent reconverti depuis peu en lieu de cr&#233;ation, de rencontres et de diffusion. On entre &#224; l'int&#233;rieur, le jardin est immense. C'est une parenth&#232;se dans la ville. Un moment suspendu. Une respiration.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Le r&#234;ve dans son cheminement</title>
		<link>https://www.liminaire.fr/chronique/entre-les-lignes/article/le-reve-dans-son-cheminement</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.liminaire.fr/chronique/entre-les-lignes/article/le-reve-dans-son-cheminement</guid>
		<dc:date>2026-03-22T08:00:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Pierre M&#233;nard</dc:creator>


		<dc:subject>Biographie</dc:subject>
		<dc:subject>&#201;criture</dc:subject>
		<dc:subject>Journal</dc:subject>
		<dc:subject>Num&#233;rique</dc:subject>
		<dc:subject>Photographie</dc:subject>
		<dc:subject>R&#233;cit</dc:subject>
		<dc:subject>Ville</dc:subject>
		<dc:subject>Contacts successifs</dc:subject>
		<dc:subject>Les lignes de d&#233;sir</dc:subject>
		<dc:subject>Art</dc:subject>
		<dc:subject>Vid&#233;o</dc:subject>
		<dc:subject>Quotidien</dc:subject>
		<dc:subject>D&#233;rive</dc:subject>
		<dc:subject>Voyage</dc:subject>
		<dc:subject>Nature</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Les sacrifices et les rituels d'aujourd'hui &lt;br class='autobr' /&gt;
Je me souviens de l'apparition du jeu vid&#233;o mobile Pok&#233;mon GO qui utilisait la localisation et la r&#233;alit&#233; augment&#233;e. J'ai essay&#233; d'y jouer &#224; l'&#233;poque, alors que nous &#233;tions en vacances &#224; Lyon, pendant l'&#233;t&#233; 2016, mais mon t&#233;l&#233;phone rendait difficile l'exp&#233;rience. Je garde en m&#233;moire les attroupements de curieux qui marchaient, le t&#233;l&#233;phone devant eux, le tournant en l'air comme une boussole, &#224; la recherche de cr&#233;atures invisibles. Leur (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.liminaire.fr/chronique/entre-les-lignes/" rel="directory"&gt;Entre les lignes&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/biographie" rel="tag"&gt;Biographie&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/ecriture" rel="tag"&gt;&#201;criture&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/journal" rel="tag"&gt;Journal&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/numerique" rel="tag"&gt;Num&#233;rique&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/photographie" rel="tag"&gt;Photographie&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/recit" rel="tag"&gt;R&#233;cit&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/ville" rel="tag"&gt;Ville&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/contacts-successifs" rel="tag"&gt;Contacts successifs&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/les-lignes-de-desir-25" rel="tag"&gt;Les lignes de d&#233;sir&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/art" rel="tag"&gt;Art&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/video" rel="tag"&gt;Vid&#233;o&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/quotidien" rel="tag"&gt;Quotidien&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/derive" rel="tag"&gt;D&#233;rive&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/voyage" rel="tag"&gt;Voyage&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/nature" rel="tag"&gt;Nature&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.liminaire.fr/local/cache-vignettes/L150xH75/contacts_succcessifs_64_1_-faf7d.png?1774166746' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='75' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Les sacrifices et les rituels d'aujourd'hui&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je me souviens de l'apparition du jeu vid&#233;o mobile &lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;https://pokemongo.com/fr&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Pok&#233;mon GO&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt; qui utilisait la localisation et la r&#233;alit&#233; augment&#233;e. J'ai essay&#233; d'y jouer &#224; l'&#233;poque, alors que nous &#233;tions en vacances &#224; Lyon, pendant l'&#233;t&#233; 2016, mais mon t&#233;l&#233;phone rendait difficile l'exp&#233;rience. Je garde en m&#233;moire les attroupements de curieux qui marchaient, le t&#233;l&#233;phone devant eux, le tournant en l'air comme une boussole, &#224; la recherche de cr&#233;atures invisibles. Leur d&#233;placement &#233;tait cocasse. Je me disais qu'ils jouaient &#224; un jeu qu'ils &#233;taient les seuls &#224; voir. En fait, ils &#233;taient tr&#232;s nombreux &#224; jouer, puisque ce jeu en ligne massivement multijoueur permettait &#224; un grand nombre de personnes d'interagir simultan&#233;ment dans un monde virtuel tout en &#233;voluant sur une carte des environs utilisant la g&#233;olocalisation du joueur. D'une certaine mani&#232;re, ils cartographiaient &#233;galement. &#192; l'&#233;poque, je travaillais avec Ulrich Fischer au prototype de l'application de mon r&#233;cit &lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;https://liminaire.fr/mot/les-lignes-de-desir-25&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Les lignes de d&#233;sir&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;, proposant &lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;https://liminaire.fr/projets/article/l-experience-d-un-recit-en-marche&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;l'exp&#233;rience d'un livre en marche&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;. J'enviais l'approche ludique utilis&#233;e pour faire d&#233;placer tous ces gens dans l'espace public. Sans le savoir, ces personnes produisaient une masse d'images, de trajectoires, de regards. Une ville enregistr&#233;e en marchant, dans la r&#233;p&#233;tition des pas. Une ville v&#233;cue, fragment&#233;e, recompos&#233;e. On d&#233;couvre aujourd'hui que Niantic Spatial, la filiale d'intelligence artificielle fond&#233;e il y a un an par le cr&#233;ateur du jeu, exploite les donn&#233;es collaboratives compos&#233;es d'images de rep&#232;res urbains g&#233;olocalis&#233;es collect&#233;es via le jeu pour construire &#171; un syst&#232;me de positionnement visuel, une technologie qui d&#233;termine votre position &#224; partir de ce que vous voyez. &#187; Autrement dit, ces 30 milliards d'images, photographies de b&#226;timents ou rep&#232;res visibles, issus de l'exp&#233;rience des joueurs, ont contribu&#233; &#224; l'&#233;laboration d'une immense cartographie visuelle du monde, qui va permettre de guider des robots de livraison afin qu'ils s'orientent dans l'espace avec une pr&#233;cision beaucoup plus grande. Ce qui relevait de l'exp&#233;rience devient infrastructure. Ce qui appartenait &#224; l'errance devient syst&#232;me. Il y a l&#224; une forme de d&#233;l&#233;gation silencieuse. Un d&#233;tournement mercantile du jeu. Mais ce n'est pas nouveau. Depuis longtemps, les reCAPTCHA de Google, tests con&#231;us initialement pour d&#233;terminer si un utilisateur en ligne est vraiment un humain, et non un bot, d&#233;tournent cet usage et profitent du travail des utilisateurs afin d'am&#233;liorer son programme de reconnaissance optique de caract&#232;res (ROC). Les clics, les likes, toutes nos recherches nourrissent des mod&#232;les pr&#233;dictifs. Nos conversations elles-m&#234;mes servent &#224; affiner des intelligences artificielles. Nous croyons utiliser des outils, mais en retour ce sont eux qui nous utilisent. &lt;i&gt;Quand c'est gratuit, c'est toi le produit.&lt;/i&gt; On conna&#238;t bien la formule qui r&#233;sume notre relation ambigu&#235; au num&#233;rique. Les entreprises technologiques mettent l'attention au centre d'une pratique qu'on a trop longtemps voulu croire gratuite. Mais, marcher, c'est autre chose. C'est produire une carte qui n'appartient qu'&#224; soi. Une carte intime, &#233;volutive, faite de d&#233;tours, d'habitudes, de raccourcis, de souvenirs. Elle ne se voit pas. Elle se superpose &#224; la carte commune sans jamais s'y r&#233;duire. Chaque trajet invente une ville l&#233;g&#232;rement diff&#233;rente qui n'appartient qu'&#224; nous.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_8707 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.liminaire.fr/IMG/jpg/55134817702_39b9b445bb_k.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.liminaire.fr/local/cache-vignettes/L500xH333/55134817702_39b9b445bb_k-9c567.jpg?1774166746' width='500' height='333' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;center&gt;Lac du Parc Montsouris, Paris 14&#232;me, 8 mars 2026&lt;/center&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Ce qui emp&#234;che et oblige &#224; la fois&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Se sentir chez soi dans un appartement qu'on loue, qui n'est pas un ersatz de la chambre d'h&#244;tel, un v&#233;ritable endroit o&#249; vivre, mais qui ne nous est pas pr&#234;t&#233;, comme cela m'est d&#233;j&#224; arriv&#233;. Je me souviens notamment avoir &#233;t&#233; h&#233;berg&#233; par Enrico Agostini Marchese qui m'avait amicalement accueilli dans son appartement &#224; Montr&#233;al, pendant une semaine, alors que d'habitude on me r&#233;servait une chambre d'h&#244;tel pour la p&#233;riode du colloque pour lequel on m'invitait, prolongeant de quelques jours pour profiter de la ville. Je m'&#233;tais senti vraiment chez moi. Je retrouve la m&#234;me impression de familiarit&#233; et de bien-&#234;tre dans l'appartement que nous louons Caroline et moi &#224; Marseille, dans le quartier Longchamp. C'est un appartement spacieux, lumineux et calme. Un appartement vivant, avec des plantes vertes, des &#339;uvres d'art accroch&#233;es au mur, de beaux bibelots, et des piles de livres. Dans la cuisine, tout est &#224; disposition pour cuisiner. Dans ces conditions, difficile de ne pas r&#233;ussir &#224; travailler sur notre projet. Nous avan&#231;ons bien, consacrant une grande partie de la journ&#233;e et de la soir&#233;e &#224; l'&#233;criture (lecture, r&#233;&#233;criture des textes, discussions), le reste du temps &#233;tant consacr&#233; aux promenades en ville. J'en profite pour filmer tout en approvoisant ma nouvelle cam&#233;ra. Si je ne rencontre plus du tout de souci de focus au d&#233;but des plans, la mobilt&#233; de la nacelle me perturbe encore un peu. Mais c'est un outil incroyable.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; C'&#233;tait la Terre qui envoyait des signes&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En quelques semaines, &#224; l'&#233;t&#233; 1831, une &#233;ruption volcanique sous-marine a lieu en M&#233;diterran&#233;e, dans le canal de Sicile, en face de la Tunisie. Elle provoque l'&#233;mersion d'une &#238;le &#233;ph&#233;m&#232;re qui dispara&#238;t sous les flots six mois plus tard seulement. Ce nouveau territoire &#233;veille la curiosit&#233; des scientifiques et la convoitise des puissances europ&#233;ennes, le Royaume des Deux-Siciles, la France et l'Angleterre, en pleine expansion coloniale. Chacun de ces trois pays entre en comp&#233;tition pour revendiquer cette &#238;le &#224; la position strat&#233;gique. Elle devient &lt;i&gt;Ferdinandea&lt;/i&gt; pour le Royaume des Deux-Siciles, en l'honneur du roi Ferdinand II de Bourbon, &lt;i&gt;Julia&lt;/i&gt;, pour les Fran&#231;ais en r&#233;f&#233;rence &#224; la monarchie de Juillet, &lt;i&gt;Graham Island&lt;/i&gt;, pour les Anglais, d'apr&#232;s Sir James Graham, premier seigneur de l'amiraut&#233;, et enfin &lt;i&gt;Nerita&lt;/i&gt;, pour les populations locales. L'artiste &lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;https://clementcogitore.com/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Cl&#233;ment Cogitore&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt; s'appuit sur cet &#233;v&#233;nement historique comme point de d&#233;part de son &lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;https://mucem.org/expositions/clement-cogitore/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;exposition au Mucem&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt; qu'il d&#233;veloppe en un r&#233;cit multiforme m&#234;lant documentaire, r&#233;cit historique et fiction sp&#233;culative, narration et contemplation. &#192; travers un ensemble de diff&#233;rentes pi&#232;ces aux formats et supports vari&#233;s (documents d'archives, relev&#233;s scientifiques, croyances populaires, photographies sous verre grav&#233;, installation filmique en 16 mm, reportage scientifique, et film de fiction), il analyse les m&#233;canismes de revendication territoriale et la gestion des fronti&#232;res, tente de substituer une logique de possession par une volont&#233; de construire un espace commun. &#171; Entre utopie et dystopie, si une terre qui n'appartient &#224; personne r&#233;apparaissait aujourd'hui, quel usage commun pourrait-on en faire ? Quel nom lui donnerait-on ? Et quelles langues y parlerait-on ? &#187; se demande l'artiste, dans le film &lt;i&gt;Ferdinandea : Incertitudes&lt;/i&gt;, la vid&#233;o qui constitue le c&#339;ur de l'exposition, projet&#233;e dans un espace d&#233;di&#233;, au centre de la salle. Dans un contexte contemporain marqu&#233; par des crises migratoires et climatiques, le dispositif artistique de Cl&#233;ment Cogitore interroge la capacit&#233; des &#201;tats &#224; envisager la M&#233;diterran&#233;e comme un espace de coop&#233;ration plut&#244;t que comme une zone de conqu&#234;te.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_8708 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.liminaire.fr/IMG/jpg/52121422936_0d73dc631f_k.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.liminaire.fr/local/cache-vignettes/L500xH333/52121422936_0d73dc631f_k-bff0d.jpg?1774166746' width='500' height='333' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;center&gt;Parc Clichy Batignolles Martin Luther King, Paris 17&#232;me, 4 juin 2022&lt;/center&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;L'envie de partir ne d&#233;livre pas&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je marche pour tenir debout. Ici n'est d&#233;j&#224; plus. La ville ne m'accueille pas, elle me traverse. Dedans, je m'&#233;gare plus vite que dehors. L'espace s'ouvre devant moi. Alors j'avance. Chaque pas efface le pr&#233;c&#233;dent. Le sol accepte tout. M&#234;me l'espace a besoin d'&#234;tre contenu. Les rues ne bougent pas, mais je les transforme en les traversant. Je ferme les yeux un instant et le bruit me suffit. La rumeur remplace la direction. J'aime entendre le bruit de la ville. Le mouvement fabrique un passage. Une travers&#233;e. D'un trottoir &#224; l'autre, d'une lumi&#232;re &#224; une autre. Rien ne relie vraiment ces points, sauf le mouvement. Je ne sais plus si je pars ou si je reviens. L'espace est satur&#233; de signes. Voyager c'est rester au m&#234;me endroit et sentir le monde glisser en soi. Les lieux r&#233;sistent, mais le corps insiste. Il avance malgr&#233; tout, comme s'il cherchait un seuil invisible. Chacun place son horizon o&#249; il peut. Je marche encore. Dans l'air, des appuis, des attentes. S'arr&#234;ter serait admettre que rien ne m&#232;ne nulle part. Et pourtant, quelque chose r&#233;pond toujours, un signe, un souffle, une direction possible. Tout d&#233;part a son arriv&#233;e.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
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		<title>Ce qu'il faut au jour</title>
		<link>https://www.liminaire.fr/chronique/entre-les-lignes/article/ce-qu-il-faut-au-jour</link>
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		<dc:date>2026-03-15T08:00:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Pierre M&#233;nard</dc:creator>


		<dc:subject>Architecture</dc:subject>
		<dc:subject>Biographie</dc:subject>
		<dc:subject>Information</dc:subject>
		<dc:subject>Num&#233;rique</dc:subject>
		<dc:subject>Photographie</dc:subject>
		<dc:subject>Vid&#233;o</dc:subject>
		<dc:subject>R&#233;cit</dc:subject>
		<dc:subject>Paris</dc:subject>
		<dc:subject>Paysage</dc:subject>
		<dc:subject>Contacts successifs</dc:subject>
		<dc:subject>D&#233;rive</dc:subject>
		<dc:subject>R&#234;ve</dc:subject>
		<dc:subject>Sensation</dc:subject>
		<dc:subject>Quotidien</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Un pas encore et tout dispara&#238;t &lt;br class='autobr' /&gt;
Je tombe malade, ma cam&#233;ra tombe en panne. La plupart du temps, des &#233;v&#233;nements concomitants n'ont cependant rien de commun, seule la simultan&#233;it&#233; de leurs surgissements les associe myst&#233;rieusement. Et c'est ce qui m'arrive. Je ne parviens pas &#224; s&#233;parer ces deux &#233;v&#233;nements qui n'ont pourtant rien &#224; voir. Dans les all&#233;es ensoleill&#233;es du parc Montsouris, apr&#232;s avoir mang&#233; en famille &#224; la terrasse d'un restaurant, nous cheminons un peu au hasard, sans but (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.liminaire.fr/chronique/entre-les-lignes/" rel="directory"&gt;Entre les lignes&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/architecture" rel="tag"&gt;Architecture&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/biographie" rel="tag"&gt;Biographie&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/information" rel="tag"&gt;Information&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/numerique" rel="tag"&gt;Num&#233;rique&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/photographie" rel="tag"&gt;Photographie&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/video" rel="tag"&gt;Vid&#233;o&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/recit" rel="tag"&gt;R&#233;cit&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/paris" rel="tag"&gt;Paris&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/paysage" rel="tag"&gt;Paysage&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/contacts-successifs" rel="tag"&gt;Contacts successifs&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/derive" rel="tag"&gt;D&#233;rive&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/reve" rel="tag"&gt;R&#234;ve&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/sensation" rel="tag"&gt;Sensation&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/quotidien" rel="tag"&gt;Quotidien&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.liminaire.fr/local/cache-vignettes/L150xH75/contacts_succcessifs_63_1_-6a586.png?1773561629' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='75' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Un pas encore et tout dispara&#238;t&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je tombe malade, ma cam&#233;ra tombe en panne. La plupart du temps, des &#233;v&#233;nements concomitants n'ont cependant rien de commun, seule la simultan&#233;it&#233; de leurs surgissements les associe myst&#233;rieusement. Et c'est ce qui m'arrive. Je ne parviens pas &#224; s&#233;parer ces deux &#233;v&#233;nements qui n'ont pourtant rien &#224; voir. Dans les all&#233;es ensoleill&#233;es du parc Montsouris, apr&#232;s avoir mang&#233; en famille &#224; la terrasse d'un restaurant, nous cheminons un peu au hasard, sans but pr&#233;cis. Vers la fin du parcours, je cherche &#224; filmer le lac, le bouton de ma cam&#233;ra est devenu tout mou, il n'offre plus aucune r&#233;sistance, il s'enfonce mais ne d&#233;clenche plus l'enregistrement vid&#233;o. Je peux allumer et &#233;teindre sans difficult&#233; la cam&#233;ra mais je ne parviens plus &#224; filmer. Combien de fois ai-je fait ce r&#234;ve du d&#233;clencheur d'un appareil photo qui s'enrayait, du bouton d'une cam&#233;ra qui ne r&#233;pondait pas &#224; la pression de mon doigt. Avec cette impression de perte et d'effacement, d'inach&#232;vement et d'impuissance. Il y a quelques mois, j'avais d&#233;j&#224; rencontr&#233; ce probl&#232;me technique avec ma cam&#233;ra. Quelques jours apr&#232;s, cependant, le bouton fonctionnait &#224; nouveau sans que je comprenne comment cela s'&#233;tait r&#233;solu. J'inspecte m&#233;ticuleusement le m&#233;canisme &#224; la maison, mais rien n'y fait. Dans la nuit enfi&#233;vr&#233;e, les mots et les gestes se r&#233;p&#232;tent en boucle dans mon esprit, d&#233;passent l'ordinaire diurne, pour se transformer en leitmotiv incantatoire. Je formule les phrases que je vais prononcer au r&#233;veil pour dire la nuit d&#233;testable que je viens de passer, pour pr&#233;venir mes coll&#232;gues que je ne viendrai pas travailler. Mais une fois debout, tout cela est pass&#233;, derri&#232;re moi. Bien s&#251;r le manque de sommeil se fera sentir. La fatigue, les toux r&#233;p&#233;t&#233;es, la difficult&#233; &#224; respirer, les frissons intempestifs. La journ&#233;e de travail va &#234;tre bien longue. Mais j'ai d&#233;j&#224; command&#233; une nouvelle cam&#233;ra. Et c'est un soulagement.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_8699 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.liminaire.fr/IMG/jpg/55125362040_e1182e4c9c_k.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.liminaire.fr/local/cache-vignettes/L500xH333/55125362040_e1182e4c9c_k-f077a.jpg?1773561630' width='500' height='333' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;center&gt;Autoportrait, Jardin du Luxembourg, Paris 6&#232;me, 2 mars 2026&lt;/center&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le flou des retomb&#233;es&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette femme se rend &#224; la biblioth&#232;que avec sa jeune fille. Elle cherche un guide de voyage pour le Japon. Elle dit &#224; son enfant qui sort des rayonnages un livre volumineux, non un livre pas trop gros. On va juste &#224; Tokyo et &#224; Kyoto ! Je souris lorsqu'elles passent devant moi. Je ne peux m'emp&#234;cher de leur dire c'est un beau voyage. La m&#232;re se retourne vers moi et je l'entends dire : Nous allons voir les cerisiers en fleurs au Japon. Je sais bien que je vais retourner une cinqui&#232;me fois au Japon avec Caroline en octobre prochain, je suis donc mal plac&#233; a priori pour juger le voyage de cette inconnue, mais dans la l&#233;g&#232;ret&#233; de sa phrase que la joie de la perspective de ce voyage peut sans doute expliquer, je d&#233;note une incons&#233;quence d&#233;plac&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Les &#233;vidences et les incertitudes&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Caroline part quelques jours dans sa famille dans le sud. Je continue &#224; travailler, mais nous allons nous retrouver dans quelques jours &#224; Marseille afin de reprendre le travail sur &lt;i&gt;Autour&lt;/i&gt; devenu depuis &lt;i&gt;Nostos&lt;/i&gt;, le projet que nous avons men&#233; pendant un mois l'&#233;t&#233; dernier &lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;https://www.la-marelle.org/en-creation/residences/1593-pierre-menard-et-caroline-diaz-a-la-ciotat.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&#224; La Ciotat, &#224; l'invitation de La Marelle&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;. Avant son d&#233;part, nous avons un peu discut&#233; de ce que nous souhaitions faire pendant cette semaine de travail. En effet, depuis notre retour de La Ciotat, nous n'avons pas r&#233;ussi &#224; reprendre le travail o&#249; nous l'avions laiss&#233;, un ensemble de textes cons&#233;quent qui correspondait &#224; l'objectif que nous nous &#233;tions fix&#233; : parvenir &#224; construire autour de diff&#233;rents personnages et de leurs points de vue vari&#233;s, dans des endroits r&#233;partis sur le pourtour m&#233;diterran&#233;en, des histoires se d&#233;roulant en contrepoint d'un &#233;v&#233;nement &#233;voqu&#233; par bribes, en filigrane, entre chaque r&#233;cit, l'errance d'un navire, le &lt;i&gt;Nostos&lt;/i&gt;, ayant sauv&#233; des migrants de la noyade, et qui erre sur la mer, aucun pays n'acceptant qu'il accoste sur son territoire. Depuis notre retour, pris par le travail et nos diff&#233;rents imp&#233;ratifs, le texte est rest&#233; inchang&#233;. Il s'est repos&#233; cependant. Nous avons pris un peu de distance avec lui, ce qui est toujours une bonne chose au moment de se remettre &#224; l'&#233;criture. J'ai commenc&#233; &#224; le relire, pris dans un double mouvement de surprise et de questionnement. L'&#233;tonnement de r&#233;aliser l'ampleur du texte &#233;crit &#224; deux en un mois, la coh&#233;sion du projet et en m&#234;me temps, des questions sur sa forme. Nous &#233;chafaudons ensemble, avant son d&#233;part, les points essentiels sur lesquels travailler pour tenter de r&#233;ussir, dans ce court temps de vacances enti&#232;rement consacr&#233; &#224; ce projet, &#224; transmettre au texte la dynamique et l'&#233;lan que nous voulons lui insuffler.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_8698 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.liminaire.fr/IMG/jpg/28090016800_7900ec3f95_k.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.liminaire.fr/local/cache-vignettes/L500xH334/28090016800_7900ec3f95_k-76424.jpg?1773561630' width='500' height='334' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;center&gt;Zoo du parc de la T&#234;te d'Or, Lyon, 16 juillet 2016&lt;/center&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Dans la poudre de leur &#233;vanescence&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je d&#233;couvre par hasard un article sur un gigantesque cylindre en acier qui a myst&#233;rieusement surgi du sol au beau milieu d'Osaka au Japon. Il s'agit d'un tube en acier d'un diam&#232;tre d'environ quatre m&#232;tres, utilis&#233; pour le sout&#232;nement des sols lors de la pr&#233;vention des inondations, au niveau des &#233;gouts. Il a transperc&#233; le sol, soulevant l'&#233;pais rev&#234;tement en bitume de la route. Il serait remont&#233; face &#224; la pression de l'eau en sous-sol, et s'est &#233;lev&#233; &#224; treize m&#232;tres dans les airs, juste en dessous de l'autoroute sur&#233;lev&#233;e Shin-Midosuji qui traverse la ville. Des ouvriers se sont empress&#233;s de verser de l'eau &#224; l'int&#233;rieur, ce qui a permis au cylindre de s'enfoncer de quelques m&#232;tres, &#233;vitant in extremis de buter contre le plateau m&#233;tallique de la route suspendue. Les routes situ&#233;es &#224; proximit&#233; ont tout de m&#234;me &#233;t&#233; ferm&#233;es &#224; la circulation depuis mercredi. En 2016, un &#233;norme gouffre s'&#233;tait ouvert sur une rue &#224; cinq voies &#224; Hakata. Ce gouffre avait provoqu&#233; des coupures d'&#233;lectricit&#233; et des perturbations de la circulation, mais les &#233;quipes avaient travaill&#233; sans rel&#226;che pour colmater cette br&#232;che b&#233;ante sur cette art&#232;re tr&#232;s fr&#233;quent&#233;e.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>La mesure de sa v&#233;rit&#233;</title>
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		<dc:creator>Pierre M&#233;nard</dc:creator>


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&lt;p&gt;Un mouvement suffit &lt;br class='autobr' /&gt;
Promenade &#224; travers Paris. Je marche en ligne droite d'un pas tr&#232;s rapide. Je m'arr&#234;te sans trop savoir pourquoi &#224; la hauteur d'un immeuble haussmannien en feu rue de Turbigo. Plusieurs camions de pompiers ont d&#233;pli&#233; leurs grandes &#233;chelles. Certains pompiers sont juch&#233;s sur le toit qui a br&#251;l&#233;, d'autres empruntent les balcons. Plusieurs &#233;tages de l'immeuble sont touch&#233;s. Tout le quartier est boucl&#233;. J'arrive sur la place Joachim du Bellay. Il y a l&#224; toujours autant de (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.liminaire.fr/chronique/entre-les-lignes/" rel="directory"&gt;Entre les lignes&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/journal" rel="tag"&gt;Journal&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/poesie" rel="tag"&gt;Po&#233;sie&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/photographie" rel="tag"&gt;Photographie&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/paris" rel="tag"&gt;Paris&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/ville" rel="tag"&gt;Ville&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/contacts-successifs" rel="tag"&gt;Contacts successifs&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/derive" rel="tag"&gt;D&#233;rive&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/reve" rel="tag"&gt;R&#234;ve&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/video" rel="tag"&gt;Vid&#233;o&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/numerique" rel="tag"&gt;Num&#233;rique&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.liminaire.fr/local/cache-vignettes/L150xH75/contacts_succcessifs_62_1_-470aa.png?1772957003' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='75' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Un mouvement suffit&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Promenade &#224; travers Paris. Je marche en ligne droite d'un pas tr&#232;s rapide. Je m'arr&#234;te sans trop savoir pourquoi &#224; la hauteur d'un immeuble haussmannien en feu rue de Turbigo. Plusieurs camions de pompiers ont d&#233;pli&#233; leurs grandes &#233;chelles. Certains pompiers sont juch&#233;s sur le toit qui a br&#251;l&#233;, d'autres empruntent les balcons. Plusieurs &#233;tages de l'immeuble sont touch&#233;s. Tout le quartier est boucl&#233;. J'arrive sur la place Joachim du Bellay. Il y a l&#224; toujours autant de monde depuis la fin du chantier de son r&#233;am&#233;nagement. La pierre blanche de la fontaine des Innocents brille dans l'&#233;clat lumineux du jour. Un g&#233;ant r&#233;p&#232;te en boucle les m&#234;mes invectives religieuses autour du Car&#234;me, qui n'est ni chr&#233;tien, ni juif, ni musulman. Personne ne l'&#233;coute mais sa voix porte. En haut d'un arbre, &#224; l'autre bout de la place, une corneille lui r&#233;pond avec v&#233;h&#233;mence. En marchant pour m'&#233;loigner de la place, j'entends cette phrase &#233;nigmatique : le pire n'est jamais s&#251;r ! Sans lien avec la sc&#232;ne pr&#233;c&#233;dente, elle lui fait furieusement &#233;cho. Je passe devant le &lt;i&gt;Dernier bar avant la fin du monde&lt;/i&gt;. Sur le perron de l'immeuble voisin, un SDF dort par terre, sur le seuil, le corps recroquevill&#233;, une jambe d&#233;sax&#233;e, d&#233;boit&#233;e dirait-on, comme on en voit souvent dans les films lorsqu'un corps tombe de haut. Je traverse la Seine, &#233;bloui par la forte luminosit&#233;. Les abords du Palais de justice sont ferm&#233;s pour cause de proc&#232;s de l'assassinat de Samuel Paty. Un petit gar&#231;on s'amuse &#224; r&#233;p&#233;ter ce que sa m&#232;re vient d'affirmer : il y a des voleurs gentils et d'autres m&#233;chants. Je ne vois pas ce que cela veut dire. Une jeune femme brune marche dans ma direction. Sur la peau lisse de son cou, un surprenant tatouage de la cath&#233;drale Notre-Dame de Paris. Une vieille dame fort aimable me demande au milieu de la route le chemin le plus rapide pour rejoindre le march&#233; couvert de Saint-Germain. Un motard nous fr&#244;le de tout son m&#233;pris : Au milieu de la route, souffle-t-il en prenant de la vitesse avec son scooter. Deux jardiniers interpr&#232;tent m&#233;caniquement une chor&#233;graphie rigoureuse et sonore, ils ratissent de concert le jardin de gravier qui jouxte le Petit Luxembourg. Les pelouses du jardin du Luxembourg sont toutes laiss&#233;es au repos. Gazon anglais, impeccable. Un monde incroyable autour du bassin et dans les all&#233;es bois&#233;es. Un vieil homme se met &#224; crier pour une chaise qu'il veut prendre &#224; tout prix &#224; un couple de jeunes gens qui ne sont pas du tout d'accord avec lui. Le ton monte. Tout le monde s'offusque, mais personne ne bouge.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_8693 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.liminaire.fr/IMG/jpg/55110198875_c5e80e00ec_k.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.liminaire.fr/local/cache-vignettes/L500xH333/55110198875_c5e80e00ec_k-318ae.jpg?1772957004' width='500' height='333' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;center&gt;Mus&#233;e d'art et d'histoire Paul-&#201;luard, Saint-Denis, 22 f&#233;vrier 2026&lt;/center&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Du jour au lendemain&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Rep&#233;rage sur les lieux d'un tournage &#224; venir au printemps pour le projet de webfiction sur lequel je travaille depuis plusieurs semaines, afin d'accompagner la publication de mon r&#233;cit &lt;i&gt;Rien que les heures&lt;/i&gt;, aux &#233;ditions JOU, le 13 mai. Le r&#233;cit progresse le long de la ligne form&#233;e par le m&#233;ridien de Paris qui traverse la ville du nord au sud. Je retrouve au sol les m&#233;daillons de l'&lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;https://fr.wikipedia.org/wiki/Hommage_%C3%A0_Arago&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Hommage &#224; Arago&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt; cr&#233;&#233;s par l'artiste Jan Dibbets, le long du m&#233;ridien de Paris. Cette &#339;uvre d'art a &#233;t&#233; con&#231;ue en 1994 en l'honneur du scientifique et homme politique fran&#231;ais Fran&#231;ois Arago &#224; l'occasion du bicentenaire de sa naissance. Je vais tourner dans les soixante lieux du r&#233;cit. Plusieurs d'entre eux traversent le jardin du Luxembourg. Dans les pr&#233;c&#233;dentes versions du texte, un roman racontait l'histoire d'une travers&#233;e de Paris en une journ&#233;e, le long de ce m&#233;ridien. Cette histoire a totalement disparu dans la nouvelle version resserr&#233;e du texte qui va para&#238;tre, qui se concentre d&#233;sormais sur un &lt;i&gt;tour du jour en quatre-vingts mondes&lt;/i&gt;, pour reprendre le titre d'un livre de Cort&#225;zar. Cette webfiction permettra de retrouver une lecture du texte sur les images de ce parcours r&#233;alis&#233; du jour au lendemain. J'aime l'id&#233;e d'une structure qui garde la trace d'une trajectoire dont il ne reste qu'une ligne form&#233;e par des points g&#233;olocalis&#233;s. Elle dessine un parcours que l'on peut suivre ind&#233;pendamment du livre. Un chemin &#224; suivre si on le souhaite, qui nous place en dehors du livre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Ce qu'il faut au jour&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Chacun notre tour, pendant un mois, nous saisissons quelques sc&#232;nes de notre quotidien. Une minute environ par personne. Et nous recommen&#231;ons tous les mois. Pendant un an. Et tous les ans depuis novembre 2022. &lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;https://www.youtube.com/@heuresindues365&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Chaque film diffus&#233; sur YouTube&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt; regroupe quatre mois d'une ann&#233;e. Successions d'images enregistr&#233;es au fil des saisons, des voyages de chacun. Les obsessions visuelles de chacun apparaissent en filigrane. Les reflets, les cimeti&#232;res, les trajets en bus, les ombres des arbres et leur dentelle h&#233;sitante, les chats qui pr&#233;lassent, les chantiers, les bords de mer, Ce qui compte, c'est l'accumulation et la r&#233;p&#233;tition. Le temps qui s'efface &#224; force de se r&#233;p&#233;ter. Des motifs reviennent, des lieux en commun. Les images sont brutes, tr&#232;s peu de montage, le son sans mixage, quelques transitions mais assez rares, ce qui attire le regard c'est la juxtaposition des instants. Il y a une forme de partage. Un titre indique sobrement en blanc sur fond noir le mois o&#249; les s&#233;quences sont film&#233;es. C'est un film de famille dans lequel nous apparaissons que tr&#232;s peu, un reflet dans un miroir, une ombre au sol, un autoportrait domestique. Ou sous la forme d'une mise en abyme, dans un mus&#233;e, en train de regarder un film. Nous ne nous filmons pas, ce ne sont pas nos images qui comptent, nos visages, nos corps, nos gestes. Les moments que nous partageons lorsqu'il nous arrive encore de partir ensemble en voyage. Nous filmons le portrait de notre famille en creux. Par les lieux partag&#233;s et ceux qui nous tiennent &#224; distance. Le projet a commenc&#233; au moment o&#249; Nina est partie vivre &#224; Nice et qu'Alice a pris un appartement en colocation &#224; Pantin. &#192; chaque fois que nous nous voyons et que nous passons plusieurs jours ensemble, il y a toujours un moment o&#249;, pour relancer la machine autant que pour le simple plaisir de la d&#233;couverte de ce que chacun a mont&#233;, nous diffusons sur le moniteur de la t&#233;l&#233;vision &#224; la maison les derniers mois film&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_8694 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.liminaire.fr/IMG/jpg/28346082405_872d258748_k.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.liminaire.fr/local/cache-vignettes/L500xH334/28346082405_872d258748_k-22abd.jpg?1772957004' width='500' height='334' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;center&gt;Rue de l'Abb&#233; Rozier, Lyon, 16 juillet 2016&lt;/center&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Ce qui reste de la nuit&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans la poudreuse du r&#234;ve quelque chose commence, un mouvement incertain, comme si mon corps n'avait l'habitude de rien, ni de la chute ni de l'&#233;lan, aucune amplitude, aucun horaire, pourtant la trajectoire s'invente malgr&#233; moi, fragile, une vibration me traverse et je m'applique &#224; la d&#233;nicher dans les recoins du jour, l&#224; o&#249; la pens&#233;e s'effiloche, s'&#233;tiole, perd le fil, &#224; la toute fin de la toute fin, quand il ne reste plus que des traces, des sillons dans la poussi&#232;re du temps, et je m'y agrippe pour ne pas glisser tout &#224; fait. Ma t&#234;te attend les nuages, comme si le ciel pouvait me r&#233;pondre. J'ai besoin d'une minute seulement, dans ce bleu nuit qui envahit le monde en suspens, pour me tenir debout face au souffle lent. Depuis ces jours sans parole, je ramasse les mots un &#224; un, racines fragiles. Je voudrais retenir nos futurs, sentir passer les vagues entre nous, les nouvelles comme les anciennes, l'&#233;nergie de ta pr&#233;sence, cet appel d'air qui soul&#232;ve encore la lumi&#232;re en moi.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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<item xml:lang="fr">
		<title>Les ombres de la nuit</title>
		<link>https://www.liminaire.fr/chronique/entre-les-lignes/article/les-ombres-de-la-nuit</link>
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		<dc:date>2026-02-15T08:00:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Pierre M&#233;nard</dc:creator>


		<dc:subject>Architecture</dc:subject>
		<dc:subject>Art</dc:subject>
		<dc:subject>Biographie</dc:subject>
		<dc:subject>&#201;criture</dc:subject>
		<dc:subject>Photographie</dc:subject>
		<dc:subject>R&#233;cit</dc:subject>
		<dc:subject>Biblioth&#232;que</dc:subject>
		<dc:subject>Ville</dc:subject>
		<dc:subject>Contacts successifs</dc:subject>
		<dc:subject>D&#233;rive</dc:subject>
		<dc:subject>Regard</dc:subject>
		<dc:subject>Peinture</dc:subject>
		<dc:subject>Quotidien</dc:subject>
		<dc:subject>Num&#233;rique</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Il est plus facile d'imaginer la fin du monde que la fin du capitalisme &lt;br class='autobr' /&gt;
Depuis l'apparition de l'IA, on sait que pour enrichir leurs grands mod&#232;les de langage (LLM), les entreprises de la technologie utilisent massivement des donn&#233;es de diff&#233;rentes origines, brassant &#224; la fois des corpus g&#233;ants comme ceux issus de Common Crawl, qui fournit gratuitement ses archives et ses p&#233;taoctets de donn&#233;es collect&#233;es depuis 2008 au public, les textes en provenance de l'encyclop&#233;die en ligne Wikip&#233;dia, (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/biographie" rel="tag"&gt;Biographie&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/ecriture" rel="tag"&gt;&#201;criture&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/photographie" rel="tag"&gt;Photographie&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/recit" rel="tag"&gt;R&#233;cit&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/bibliotheque" rel="tag"&gt;Biblioth&#232;que&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/ville" rel="tag"&gt;Ville&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/contacts-successifs" rel="tag"&gt;Contacts successifs&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/derive" rel="tag"&gt;D&#233;rive&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/regard" rel="tag"&gt;Regard&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/peinture" rel="tag"&gt;Peinture&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/quotidien" rel="tag"&gt;Quotidien&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/numerique" rel="tag"&gt;Num&#233;rique&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.liminaire.fr/local/cache-vignettes/L150xH75/contacts_succcessifs_59_1_-de238.png?1771142975' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='75' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Il est plus facile d'imaginer la fin du monde que la fin du capitalisme&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Depuis l'apparition de l'IA, on sait que pour enrichir leurs grands mod&#232;les de langage (LLM), les entreprises de la technologie utilisent massivement des donn&#233;es de diff&#233;rentes origines, brassant &#224; la fois des corpus g&#233;ants comme ceux issus de Common Crawl, qui fournit gratuitement ses archives et ses p&#233;taoctets de donn&#233;es collect&#233;es depuis 2008 au public, les textes en provenance de l'encyclop&#233;die en ligne Wikip&#233;dia, de livres num&#233;ris&#233;s, d'articles de presse et des d&#233;p&#244;ts de code (GitHub). Comme il s'agit de donn&#233;es num&#233;riques, et qu'on a toujours besoin de donn&#233;es suppl&#233;mentaires pour poursuivre l'enrichissement de ces mod&#232;les, il est parfois n&#233;cessaire de chercher de nouvelles sources de donn&#233;es. C'est ce que r&#233;v&#232;le le &lt;i&gt;Project Panama&lt;/i&gt; de la start-up Anthropic, qui a d&#233;pens&#233; &#171; des dizaines de millions de dollars &#187; pour acqu&#233;rir des millions d'ouvrages achet&#233;s sur le march&#233; du livre d'occasion et les d&#233;sosser en vue de les int&#233;grer &#224; ses bases d'entra&#238;nement, et nourrir ainsi les algorithmes qui font fonctionner son chatbot Claude. Le &lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;https://www.washingtonpost.com/technology/2026/01/27/anthropic-ai-scan-destroy-books&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Washington Post&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt; r&#233;v&#232;le dans une longue enqu&#234;te une note interne, rep&#233;r&#233;e dans les pi&#232;ces judiciaires, o&#249; il est &#233;crit : &#171; Project Panama est notre effort pour scanner de fa&#231;on destructive tous les livres du monde ; nous ne voulons pas que l'on sache que nous travaillons l&#224;-dessus. &#187; On imagine la sc&#232;ne : les livres d&#233;coup&#233;s &#224; l'aide de machines hydrauliques avant d'&#234;tre transport&#233;s vers des scanners haute vitesse, pour finir dans une benne &#224; recycler le papier. Comme le rappelle &lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;https://hyperbate.fr/dernier/?p=36318&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Jean-No&#235;l Lafargue sur son site&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;, une sc&#232;ne similaire figure dans &lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;https://fr.wikipedia.org/wiki/Rainbows_End&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;le roman &lt;i&gt;Rainbows End&lt;/i&gt; de Vernor Vinge&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;, vieux de vingt ans d&#233;j&#224;, dans lequel des biblioth&#232;ques enti&#232;res sont ravag&#233;es par un appareil qui scanne les livres en les d&#233;truisant. Pour Vinge, la num&#233;risation n'est pas un processus lent et soigneux, mais une op&#233;ration industrielle radicale. Le savoir est &#034;lib&#233;r&#233;&#034; et index&#233;, mais l'objet physique est physiquement an&#233;anti. C'est le triomphe de l'information sur la mati&#232;re. Vinge imagine que la biblioth&#232;que du futur n'est plus un lieu de stockage, mais un n&#339;ud de r&#233;seau.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_8670 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.liminaire.fr/IMG/jpg/55084242526_10d5da3903_k.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.liminaire.fr/local/cache-vignettes/L500xH333/55084242526_10d5da3903_k-d72f7.jpg?1771142976' width='500' height='333' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;center&gt;Place Robert Desnos, Paris 10&#232;me, 4 f&#233;vrier 2026&lt;/center&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Noir d'os&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Se lancer dans la marche &#224; corps perdu. Ne pas r&#233;fl&#233;chir o&#249; l'on va, maintenir la cadence des pas. Au d&#233;but, on suit un parcours qu'on conna&#238;t d&#233;j&#224;, on sort &#224; peine du quartier, c'est normal d'emprunter des voies habituelles. La rue nous guide. On continue d'avancer. La vitesse finit par nous emp&#234;cher de pr&#233;voir l'itin&#233;raire. La route monte, les jambes tirent un peu. Je repasse par hasard par des endroits o&#249; je ne suis plus venu depuis tr&#232;s longtemps. En montant la rue de Belleville, je contourne le Parc de Belleville, Je fais un petit crochet par la cour de la m&#233;tairie, je remarque pour la premi&#232;re fois une terrasse minuscule derri&#232;re une grille ouverte envahie par la v&#233;g&#233;tation. Il s'agit en fait de l'arri&#232;re cour du restaurant &lt;i&gt;Le Mistral&lt;/i&gt; dont la devanture est situ&#233;e de l'autre c&#244;t&#233; du b&#226;timent, sur la rue des Pyr&#233;n&#233;es. Je pousse jusqu'&#224; la place des grandes Rigoles. Sur le montant du auvent de la librairie &lt;i&gt;L'Atelier&lt;/i&gt; ces mots qui attirent le regard : &lt;i&gt;&#233;crivez partout&lt;/i&gt;. Dans la vitrine de la banque, de l'autre c&#244;t&#233; de la rue, la peinture d'un homme qui dort sous une publicit&#233; qui nous invite &#224; faire confiance &#224; la banque, &#224; se reposer sur leurs services. &lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;https://editionsjou.net/2026/02/13/231-pour-aller-de-lavant-par-pierre-menard/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Pour aller de l'avant&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;. J'acc&#233;l&#232;re le pas. C'est difficile de se perdre, de trouver l'inconnu. Je crois que c'est la premi&#232;re fois que j'entre dans le Square des Saint-Simoniens. Je remonte la rue Pelleport dans la perspective de laquelle la fa&#231;ade blanche de l'immeuble futuriste de l'architecte Fr&#233;d&#233;ric Borel. Cet &#233;difice de b&#233;ton et de verre aux volumes &#233;clat&#233;s a des allures de sculpture cubiste monumentale. On dirait un jeu de mikado g&#233;ant. L'usage de la couleur renforce l'effet g&#233;n&#233;ral et apporte une &#233;nergie qui irradie dans le quartier. Je redescend vers la place des f&#234;tes. Un homme avec un casque sur les oreilles invective les passants avec violence. S'il &#233;tait arm&#233; il tirerait au hasard dans la foule. Je presse le pas pour m'esquiver cette fois. Je rentre en longeant le Parc des Buttes-Chaumont. De retour &#224; la maison, sur Mastodon, je d&#233;couvre par l'interm&#233;diaire de Gilda, l'existence du terme &lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;https://fr.wikipedia.org/wiki/Noir_animal&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Noir animal&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La chaleur de nos liens d&#233;fait les n&#339;uds des autres&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; la biblioth&#232;que, nous proposons r&#233;guli&#232;rement des aides informatiques individuelles qui se pr&#233;sentent sous la forme de rendez-vous de 45 minutes pour accompagner le public qui rencontre ponctuellement des probl&#232;mes avec le fonctionnement de son ordinateur, de son smartphone, de sa tablette, l'usage de certains logiciels. Nous leur conseillons de venir avec leur mat&#233;riel et une s&#233;rie de questions sur ce qu'ils ne r&#233;ussissent pas &#224; faire fonctionner, qu'ils ne savent pas utiliser, pour qu'on puisse les aider au mieux, et que ce temps qui leur est consacr&#233;, assez court finalement, parvienne &#224; r&#233;pondre &#224; leur attente. Et c'est g&#233;n&#233;ralement ce qui se passe. Bien s&#251;r, comme toujours en biblioth&#232;que, qui est tout autant le lieu d'une offre documentaire vari&#233;e qu'un espace favorisant le lien social, on accueille beaucoup de gens qui viennent &#224; ces s&#233;ances pour parler, &#233;voquer leurs probl&#232;mes (qui d&#233;passent souvent leur seul cadre de l'informatique). Une de mes coll&#232;gues m'avait pr&#233;venu, elle avait accept&#233; l'inscription d'une tr&#232;s vieille femme qui voulait apprendre &#224; utiliser l'ordinateur, et savoir comment se connecter. J'ai h&#233;sit&#233; &#224; la rappeler pour lui dire qu'il &#233;tait impossible de r&#233;ussir &#224; faire cela en si peu de temps. Mais j'ai finalement pr&#233;f&#233;r&#233; la recevoir pour le lui expliquer de vive voix. Cette femme, qui n'avait pas d'ordinateur chez elle, ni smartphone, avait tr&#232;s envie d'apprendre &#224; se connecter &#224; Internet. Elle &#233;coutait avec attention tout ce que je lui disais en essayant de ne pas &#234;tre trop technique. Avec une d&#233;termination et une &#233;coute, une attention touchante. Elle posait des questions pertinentes. J'ai compris qu'elle cherchait des informations sur Internet. Je lui ai dit que nous &#233;tions l&#224; pour la renseigner. Elle souhaitait obtenir l'adresse de l'office de tourisme de Dinard. J'ai senti qu'elle n'osait pas nous d&#233;ranger et qu'elle voulait &#234;tre autonome. Je lui ai dit que cela prendrait du temps, mais j'ai surtout insist&#233; pour lui dire que nous &#233;tions l&#224; pour renseigner le public (sur tous les sujets, pas uniquement sur nos fonds documentaires) et qu'il ne fallait pas h&#233;siter &#224; venir nous voir. Nous serions ravis de lui r&#233;pondre.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_8671 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.liminaire.fr/IMG/jpg/9153222587_5eb2e16cc3_k.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.liminaire.fr/local/cache-vignettes/L500xH334/9153222587_5eb2e16cc3_k-f5fbd.jpg?1771142976' width='500' height='334' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;center&gt;Autoportrait, Beaver Street, San Francisco, Californie, &#201;tats-Unis d'Am&#233;rique, 18 avril 2012&lt;/center&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Pour aller de l'avant&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au fil du temps, se dessiner un chemin qui n'existait pas au moment o&#249; je le parcourais.&lt;br class='autobr' /&gt;
Appara&#238;tre dispara&#238;tre, partir revenir.&lt;br class='autobr' /&gt;
Est-ce que ces r&#234;ves ont un sens ?&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Journal du regard : Janvier 2026</title>
		<link>https://www.liminaire.fr/chronique/journal/article/journal-du-regard-janvier-2026</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.liminaire.fr/chronique/journal/article/journal-du-regard-janvier-2026</guid>
		<dc:date>2026-02-02T08:00:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Pierre M&#233;nard</dc:creator>


		<dc:subject>Architecture</dc:subject>
		<dc:subject>Art</dc:subject>
		<dc:subject>Atelier</dc:subject>
		<dc:subject>Biographie</dc:subject>
		<dc:subject>Journal</dc:subject>
		<dc:subject>Voix</dc:subject>
		<dc:subject>Sons</dc:subject>
		<dc:subject>Vid&#233;o</dc:subject>
		<dc:subject>Paris</dc:subject>
		<dc:subject>Ville</dc:subject>
		<dc:subject>Paysage</dc:subject>
		<dc:subject>Biblioth&#232;que</dc:subject>
		<dc:subject>Journal du regard</dc:subject>
		<dc:subject>D&#233;rive</dc:subject>
		<dc:subject>Nuit</dc:subject>
		<dc:subject>Travail</dc:subject>
		<dc:subject>Quotidien</dc:subject>
		<dc:subject>Nature</dc:subject>
		<dc:subject>Num&#233;rique</dc:subject>
		<dc:subject>Musique</dc:subject>
		<dc:subject>Silence</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Chaque mois, un film regroupant l'ensemble des images prises au fil des jours, le mois pr&#233;c&#233;dent, et le texte qui s'&#233;crit en creux. &lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; Une sorte de palimpseste, dans lequel doivent transpara&#238;tre les traces - t&#233;nues mais non d&#233;chiffrables - de l'&#233;criture &#8220;pr&#233;alable&#8221; &#187;. &lt;br class='autobr' /&gt;
Jorge Luis Borges, Fictions &lt;br class='autobr' /&gt;
Marcher sur la neige, c'est entrer dans une danse lente. R&#233; mi, mi fa, des pas prudents qui avancent au ralenti, comme les doigts s'enfoncent dans le manteau blanc des touches du piano. La ville (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.liminaire.fr/chronique/journal/" rel="directory"&gt;Journal&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/architecture" rel="tag"&gt;Architecture&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/art" rel="tag"&gt;Art&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/atelier" rel="tag"&gt;Atelier&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/biographie" rel="tag"&gt;Biographie&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/journal" rel="tag"&gt;Journal&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/voix" rel="tag"&gt;Voix&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/sons" rel="tag"&gt;Sons&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/video" rel="tag"&gt;Vid&#233;o&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/paris" rel="tag"&gt;Paris&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/ville" rel="tag"&gt;Ville&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/paysage" rel="tag"&gt;Paysage&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/bibliotheque" rel="tag"&gt;Biblioth&#232;que&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/journal-du-regard" rel="tag"&gt;Journal du regard&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/derive" rel="tag"&gt;D&#233;rive&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/nuit" rel="tag"&gt;Nuit&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/travail" rel="tag"&gt;Travail&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/quotidien" rel="tag"&gt;Quotidien&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/nature" rel="tag"&gt;Nature&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/numerique" rel="tag"&gt;Num&#233;rique&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/musique" rel="tag"&gt;Musique&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/silence" rel="tag"&gt;Silence&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.liminaire.fr/local/cache-vignettes/L150xH84/capture_d_e_cran_2026-02-01_a_15.01_50-4b0c6.png?1770019209' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='84' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;i&gt;Chaque mois, un film regroupant l'ensemble des images prises au fil des jours, le mois pr&#233;c&#233;dent, et le texte qui s'&#233;crit en creux.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Une sorte de palimpseste, dans lequel doivent transpara&#238;tre les traces - t&#233;nues mais non d&#233;chiffrables - de l'&#233;criture &#8220;pr&#233;alable&#8221; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Jorge Luis Borges, &lt;i&gt;Fictions&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;center&gt;&lt;iframe width=&#034;660&#034; height=&#034;415&#034; src=&#034;https://www.youtube.com/embed/f__4HgDhW4w&#034; title=&#034;&#034; frameborder=&#034;0&#034; allow=&#034;accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share&#034; referrerpolicy=&#034;strict-origin-when-cross-origin&#034; allowfullscreen&gt;&lt;/iframe&gt;&lt;/center&gt;
&lt;p&gt;Marcher sur la neige, c'est entrer dans une danse lente. R&#233; mi, mi fa, des pas prudents qui avancent au ralenti, comme les doigts s'enfoncent dans le manteau blanc des touches du piano. La ville dans un silence feutr&#233;. Le motif musical de Debussy, dans son pr&#233;lude &lt;i&gt;Des pas sur la neige&lt;/i&gt; laisse derri&#232;re lui ces empreintes d&#233;licates, des grappes d'accords enveloppants. Chaque note devient m&#233;ditation, &#224; peine troubl&#233;e par une gamme par tons qui fait perdre l'orientation. R&#233; mi, mi fa. Les pas reviennent en &#233;cho, expressifs. Les accords glissent comme des blocs de glace, et soudain, dans les aigus, un carillon &#233;claire la fin. Un tendre regret, la trace laiss&#233;e par quelqu'un, un &#234;tre cher, que la neige et la musique retiennent encore un instant. Celui que l'on &#233;tait lorsqu'enfant nos pas s'enfon&#231;aient sur la neige.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans les r&#233;cents &#233;changes avec Anh Mat, pour nos &lt;i&gt;vases communicants&lt;/i&gt;, j'ai r&#233;alis&#233; que ce qui m'importait dans l'&#233;criture vid&#233;o, ce que certains appellent &lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;https://ateliers.sens-public.org/qu-est-ce-que-la-litteratube/index.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;la litt&#233;ratube&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;, ce n'&#233;tait pas le texte. &lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;https://www.tierslivre.net/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Fran&#231;ois&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt; m'a dit plusieurs fois en commentaires de ce journal vid&#233;o qu'il aimerait pouvoir le lire dans son int&#233;gralit&#233;. Pour moi, l'int&#233;r&#234;t du texte tient uniquement dans le dialogue qui s'instaure avec les images, en d&#233;calage parfois avec ce que l'on voit ou au contraire en accord direct avec elles. Dans l'alternance des sons et de la musique. Je le con&#231;ois comme l'un des &#233;l&#233;ments, mais il n'est pas central, il joue son r&#244;le au m&#234;me titre que les autres. Filmer au quotidien me permet d'&#233;crire plus facilement, de creuser des sujets que je n'aborde pas dans le journal hebdomadaire de mes &lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;https://liminaire.fr/mot/contacts-successifs&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Contacts successifs&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;, dans lequel je d&#233;cris ma semaine par le biais de textes qui forment des blocs autonomes, d&#233;cal&#233;s, accompagn&#233;s par deux photographies, l'une prise la semaine pr&#233;c&#233;dant la publication sur mon site et la seconde, qui porte le m&#234;me nom de fichier que la premi&#232;re, et montre un autre lieu &#224; une date ant&#233;rieure, parfois plusieurs ann&#233;es auparavant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette ann&#233;e, j'ai souhait&#233; animer plus d'ateliers artistiques que d'ateliers num&#233;riques, m&#234;me si par ailleurs je continue d'en proposer tr&#232;s r&#233;guli&#232;rement &#224; la biblioth&#232;que Fran&#231;ois Villon. En privil&#233;giant la cr&#233;ation manuelle, je voulais utiliser d'autres outils, apprendre de nouvelles techniques, changer de perspective, avoir une approche plus directe, plus physique, cr&#233;ant un rapport au temps diff&#233;rent, sp&#233;cifique au travail manuel. Pour mettre au point ces ateliers de cr&#233;ation, il a d'abord fallu que je r&#233;fl&#233;chisse &#224; leur mise en place pratique (le mat&#233;riel, les outils), avant de pouvoir enfin, convoquer les propositions d'&#233;criture qui s'y int&#233;greraient au mieux. Je vais ainsi animer &lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;https://bibliotheques.paris.fr/Default/doc/QUEFAIRE/104941/atelier-broderie-sur-photographie&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;un atelier broderie sur photographie&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt; et un atelier leporello po&#233;tique en cyanotype. J'ai propos&#233; &#233;galement un atelier de lecture &#224; voix haute, un atelier d'&#233;criture po&#233;tique et cr&#233;ation d'un carnet reli&#233; avec la technique de reliure japonaise que je reproposerai en juin. Dans ces ateliers, c'est le temps d'ex&#233;cution qui change par rapport aux ateliers d'&#233;criture. Il faut que je l'int&#232;gre peu &#224; peu. Et c'est r&#233;jouissant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Toujours &#233;tonn&#233; de d&#233;couvrir, presque par hasard, au d&#233;tour d'un chemin, pour ne pas emprunter encore une fois l'itin&#233;raire que j'ai pris des dizaines de fois, dans un quartier que je connais tr&#232;s bien, que j'arpente r&#233;guli&#232;rement, en effectuant un pas de c&#244;t&#233; qui permet de me d&#233;porter &#224; l'&#233;cart de la route habituelle et d'atteindre un endroit inconnu de la ville, comme si celle-ci s'&#233;tait agrandie soudainement. Ici, c'est un chantier ouvert derri&#232;re l'&#233;glise Saint-Georges de la Villette, du c&#244;t&#233; de la rue Henri Murger, &#224; l'endroit de l'ancien centre communautaire et culturel du juda&#239;sme de l'Est parisien, avec sa synagogue et le b&#226;timent attenant, une &#233;cole de cr&#233;ation de bijoux, qui ont &#233;t&#233; enti&#232;rement ras&#233;s il y a deux ans. Le panneau &lt;i&gt;D&#233;viation&lt;/i&gt; dispos&#233; &#224; l'entr&#233;e du chantier rappelle l'importance des bifurcations, qui se transforme alors en mot d'ordre.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Sur la carte du ciel</title>
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		<dc:date>2026-01-18T08:00:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Pierre M&#233;nard</dc:creator>


		<dc:subject>Architecture</dc:subject>
		<dc:subject>&#201;criture</dc:subject>
		<dc:subject>Photographie</dc:subject>
		<dc:subject>R&#233;cit</dc:subject>
		<dc:subject>Journal</dc:subject>
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		<description>
&lt;p&gt;Au coin de la rue l&#224;-bas &lt;br class='autobr' /&gt;
Je me rends compte que je parle beaucoup ce matin, malgr&#233; l'effort, au rythme soutenu de notre marche rapide, alors que nous pressons le pas avec Caroline &#224; cause du froid, &#224; peine ralentis par quelques images prises au vol, de rares plans film&#233;s dans la rue, dans la mont&#233;e, par strates successives, en direction de Montmartre. Je m'entends m&#234;me le dire &#224; haute voix. Je ne peux pas m'en emp&#234;cher. Bien s&#251;r nous parlons de notre projet Autour. J'ai vu bri&#232;vement (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/recit" rel="tag"&gt;R&#233;cit&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/paysage" rel="tag"&gt;Paysage&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/ville" rel="tag"&gt;Ville&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/paris" rel="tag"&gt;Paris&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/bibliotheque" rel="tag"&gt;Biblioth&#232;que&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/derive" rel="tag"&gt;D&#233;rive&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/travail" rel="tag"&gt;Travail&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/musique" rel="tag"&gt;Musique&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/numerique" rel="tag"&gt;Num&#233;rique&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.liminaire.fr/local/cache-vignettes/L150xH75/contacts_succcessifs_55_1_-a04a9.png?1768723618' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='75' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Au coin de la rue l&#224;-bas&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je me rends compte que je parle beaucoup ce matin, malgr&#233; l'effort, au rythme soutenu de notre marche rapide, alors que nous pressons le pas avec Caroline &#224; cause du froid, &#224; peine ralentis par quelques images prises au vol, de rares plans film&#233;s dans la rue, dans la mont&#233;e, par strates successives, en direction de Montmartre. Je m'entends m&#234;me le dire &#224; haute voix. Je ne peux pas m'en emp&#234;cher. Bien s&#251;r nous parlons de notre projet &lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;https://www.la-marelle.org/en-creation/residences/1593-pierre-menard-et-caroline-diaz-a-la-ciotat.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Autour&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;. J'ai vu bri&#232;vement C&#233;cile Portier quelques jours plus t&#244;t &#224; la biblioth&#232;que. Elle m'a demand&#233; des nouvelles du projet. Alors que j'allais lui annoncer qu'il &#233;tait au point mort, une personne est venue se renseigner &#224; l'accueil et notre conversation s'est interrompue brusquement. Assis en terrasse d'un caf&#233; pour boire notre premier caf&#233; de la journ&#233;e, nous convenons avec Caroline d'y travailler en mars prochain &#224; l'occasion d'un bref s&#233;jour d'une semaine &#224; Marseille qui sera enti&#232;rement consacr&#233; &#224; cela. Avant, il nous faudra &#233;tablir un &#233;ch&#233;ancier pour relire nos textes, les annoter, afin de pr&#233;parer au mieux cette prochaine &#233;tape du travail en commun. En remontant la rue Labat, Caroline se met &#224; chanter les paroles de &lt;i&gt;L'accord&#233;oniste&lt;/i&gt;, d'&#201;dith Piaf. &#171; La fille de joie est belle / Au coin d' la rue Labat / Elle a un' client&#232;le / Qui lui remplit son bas. / Quand son boulot s'ach&#232;ve, / Elle s'en va &#224; son tour / Chercher un peu de r&#234;ve : Dans un bal du faubourg. / Son homme est un artiste, / C'est un dr&#244;le de p'tit gars, / Un accord&#233;oniste qui sait jouer la java... &#187;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_8627 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.liminaire.fr/IMG/jpg/55029774510_661106311d_k.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.liminaire.fr/local/cache-vignettes/L500xH333/55029774510_661106311d_k-1a64b.jpg?1768723618' width='500' height='333' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;center&gt;Rue Georg Friedrich Haendel, Paris 10&#232;me, 6 janvier 2026&lt;/center&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;En commun&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On me reproche parfois au travail ma difficult&#233; &#224; travailler avec les autres, plus exactement, &#224; ne pas parvenir &#224; communiquer avec mes coll&#232;gues sur ce que je fais. &#192; pr&#233;f&#233;rer travailler seul. M&#234;me s'il y a une part de vrai, je tiens &#224; mon ind&#233;pendance et je crois qu'on travaille mieux seul qu'&#224; plusieurs, je ne crois pas me couper des autres, bien au contraire, je sais qu'il est n&#233;cessaire d'avoir des retours sur ce qu'on fait comme sur ce qu'on &#233;crit, simplement, pour que ce temps puisse &#234;tre utile, il ne peut intervenir qu'apr&#232;s un premier travail en solitaire. En dehors du travail professionnel, je pourrais tr&#232;s bien privil&#233;gier l'isolement, &#224; priori le travail d'&#233;crivain est avant tout solitaire, mais j'aime me confronter aux autres. Je participe ainsi &#224; deux collectifs, &#224; &lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;https://www.lairnu.net/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;L'AiR Nu&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt; et au comit&#233; &#233;ditorial de la &lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;https://editionsjou.net/accueil-de-la-revue-tina/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;revue TINA&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;. J'ai aim&#233; travailler avec l'&#233;quipe de &lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;https://www.publie.net/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Publie.net&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt; il y a quelques ann&#233;es. Cela demande des efforts d'ajustements, d'&#233;coute, de synth&#232;se, il faut chercher le consensus, accepter les compromis, ce n'est pas toujours &#233;vident, mais ce travail avec les autres permet de sortir de soi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Entre l'absence de tout et le trop de pr&#233;sence&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;S'arr&#234;ter n'est pas renoncer, c'est reprendre pied. Il y a dans le geste de s'interrompre quelque chose de souvent n&#233;cessaire, une d&#233;c&#233;l&#233;ration indispensable, d&#233;cisive. Arr&#234;ter ce qu'on est en train de faire, poser les outils qu'on utilise, fermer les yeux un instant, laisser retomber le bruit autour de soi. Faire le vide, non pour fuir le monde, mais pour cesser de s'y diss&#233;miner. Chaque jour r&#233;clame cette pause salutaire comme un seuil &#224; ne pas d&#233;passer, un retrait passager, un endroit o&#249; l'on rassemble ce qui s'est &#233;parpill&#233;. Quand je ne m'arr&#234;te pas, tout s'acc&#233;l&#232;re et me d&#233;passe, mes pens&#233;es s'entrechoquent, mes gestes deviennent automatiques, les phrases se mettent &#224; tourner en rond. Alors je m'arr&#234;te. Je prends une large respiration. Je laisse passer ce qui veut passer. Je regarde ce qui m'entoure d'un air d&#233;tach&#233;. Ce temps suspendu n'est pas inutile. Il op&#232;re sur moi comme une chambre d'&#233;cho. C'est l&#224; que les id&#233;es cessent de m'&#234;tre impos&#233;es, qu'elles redeviennent miennes. S'arr&#234;ter, c'est retrouver la nettet&#233;, la justesse, la possibilit&#233; de choisir, de r&#233;fl&#233;chir &#224; nouveau. C'est refuser la simulation permanente pour lui pr&#233;f&#233;rer la stimulation d'une simple pr&#233;sence. &#202;tre l&#224;, pleinement, sans distraction. Dans ce bref repli, je ne me retire pas du monde, je m'y r&#233;inscris autrement. Et l'&#233;criture revient avec la lecture. Elle recommence son lent travail en moi.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_8628 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.liminaire.fr/IMG/jpg/49945069991_f23bdc3d79_k.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.liminaire.fr/local/cache-vignettes/L500xH333/49945069991_f23bdc3d79_k-240fb.jpg?1768723618' width='500' height='333' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;center&gt;Rue du 4 septembre, Paris 2&#232;me, 28 mai 2020&lt;/center&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le cri du bleu dans la lumi&#232;re&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il ne devait pas faire beau aujourd'hui, mais ce matin, le ciel &#233;tait uniform&#233;ment bleu. Nous tardons &#224; sortir. Une fois dehors, dans l'apr&#232;s-midi, le ciel s'est finalement voil&#233;. Bas, gris. En arrivant pr&#232;s de la Seine, tous les monuments sont recouverts d'un voile terne qui alt&#232;re leurs contours et leurs formes (l'&#233;glise Saint-Germain-l'Auxerrois, le Louvre, le pont des Arts, la coupole de l'Institut). La lumi&#232;re s'est &#233;vanouie. On dirait que la nuit va tomber plus t&#244;t que pr&#233;vu. Nous entrons dans une boutique de papiers dominot&#233;s, dans la devanture de laquelle une maison miniature est expos&#233;e. Au moment de sortir, une lumi&#232;re dor&#233;e mod&#232;le par surprise toutes les surfaces des b&#226;timents de la rue, d&#233;coupe les angles de ses murs, de ses parois, modifie leurs couleurs, par contraste. Nous retournons voir la Seine. Les murs du Louvre attirent la lumi&#232;re pour raviver le prestige ancien de ses d&#233;corations. Les lumi&#232;res, qui se refl&#232;tent dans les vitres du mus&#233;e, dansent en cercles concentriques &#224; la surface du fleuve. C'est la foule des grands jours dans la rue. Traverser &#224; deux reprises les m&#234;mes endroits, les trouver si dissemblables qu'on peine &#224; les reconna&#238;tre. Certains jours, on est comme cet endroit, sous une lumi&#232;re changeante, ni tout &#224; fait le m&#234;me, ni tout &#224; fait un autre.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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