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	<title>LIMINAIRE</title>
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	<description>Une palpitation, un mouvement encore immobile, un espace de sursis dans la dissolution.</description>
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		<title>Quelque chose en &#233;change</title>
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		<dc:date>2026-04-12T07:00:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Pierre M&#233;nard</dc:creator>


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		<description>
&lt;p&gt;R&#233;inventer en temps r&#233;el &lt;br class='autobr' /&gt;
En promenade dans le 13&#232;me, nous d&#233;butons notre parcours aux Gobelins, par le Square Ren&#233; Le Gall. Dans une petite portion &#224; l'entr&#233;e, un jardin partag&#233;, des jeunes y avancent t&#234;te baiss&#233;e. Ils cherchent des chocolats de P&#226;ques. Leur m&#232;re repasse derri&#232;re eux pour leur montrer ceux qu'ils ont oubli&#233; en chemin. En observant les plantes, les fleurs et les arbres du jardin, nous en trouvons &#224; notre tour, au milieu de l'herbe, en &#233;quilibre sur une branche, sous les (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.liminaire.fr/chronique/entre-les-lignes/" rel="directory"&gt;Entre les lignes&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/ecriture" rel="tag"&gt;&#201;criture&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/journal" rel="tag"&gt;Journal&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/numerique" rel="tag"&gt;Num&#233;rique&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/photographie" rel="tag"&gt;Photographie&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/recit" rel="tag"&gt;R&#233;cit&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/paris" rel="tag"&gt;Paris&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/paysage" rel="tag"&gt;Paysage&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/bibliotheque" rel="tag"&gt;Biblioth&#232;que&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/contacts-successifs" rel="tag"&gt;Contacts successifs&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/regard" rel="tag"&gt;Regard&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/quotidien" rel="tag"&gt;Quotidien&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/derive" rel="tag"&gt;D&#233;rive&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/histoire" rel="tag"&gt;Histoire&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.liminaire.fr/local/cache-vignettes/L150xH75/contacts_succcessifs_1_-2-d969e.png?1775977301' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='75' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;R&#233;inventer en temps r&#233;el&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En promenade dans le 13&#232;me, nous d&#233;butons notre parcours aux Gobelins, par le Square Ren&#233; Le Gall. Dans une petite portion &#224; l'entr&#233;e, un jardin partag&#233;, des jeunes y avancent t&#234;te baiss&#233;e. Ils cherchent des chocolats de P&#226;ques. Leur m&#232;re repasse derri&#232;re eux pour leur montrer ceux qu'ils ont oubli&#233; en chemin. En observant les plantes, les fleurs et les arbres du jardin, nous en trouvons &#224; notre tour, au milieu de l'herbe, en &#233;quilibre sur une branche, sous les feuilles des arbustes. Le charme de ce jardin vient de la diversit&#233; de ses espaces. Il y a la partie occup&#233;e par des bandes de gazon au centre desquelles se dresse un ob&#233;lisque encadr&#233; par quatre gloriettes. Au centre, le sous-bois divis&#233; en bosquets s'ordonne autour de l'all&#233;e m&#233;diane, plant&#233;e de diverses essences qui viennent s'ajouter aux charmes et aux c&#232;dres bleus plant&#233;s sur le pourtour du jardin. En avan&#231;ant dans le jardin, nous croisons deux femmes qui discutent. J'entends l'une d'elles prononcer cette phrase : &lt;i&gt;Je ne suis pas tr&#232;s virtuelle&lt;/i&gt;. Le jardin est situ&#233; &#224; l'emplacement de l'ancien potager des tapissiers de la Manufacture des Gobelins. Celui-ci se dressait sur une des nombreuses petites &#238;les que la Bi&#232;vre entourait autrefois. On l'appelait l'Ile aux Singes, les bateleurs avaient l'habitude d'y laisser leurs singes en toute libert&#233;. L'Ile de la Cit&#233; et l'Ile Saint-Louis voisinaient avec l'Ile Louviers et l'Ile Maquerelle. La vall&#233;e de la Bi&#232;vre &#233;tait alors un lieu tr&#232;s vivant, dynamique, malgr&#233; les odeurs putrides qui s'&#233;chappaient de la rivi&#232;re. Les Parisiens venaient s'encanailler dans les guinguettes, qui s'&#233;taient multipli&#233;es apr&#232;s la construction du mur des Fermiers G&#233;n&#233;raux, car le vin n'y &#233;tait pas tax&#233;. On y buvait une bi&#232;re r&#233;put&#233;e depuis que des ouvriers flamands, venus travailler &#224; la Manufacture des Gobelins, avaient ouvert sur place des brasseries. Traverser l'espace d'une ville c'est le parcourir &#224; travers le palimpseste d'un temps qu'on ne per&#231;oit que certaines strates.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_8722 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.liminaire.fr/IMG/jpg/55174108987_c4e54efdf5_k.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.liminaire.fr/local/cache-vignettes/L500xH333/55174108987_c4e54efdf5_k-de70c.jpg?1775977302' width='500' height='333' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;center&gt;Bassin de l'Arsenal, Place de la Bastille, Partis 12&#232;me, 29 mars 2026&lt;/center&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Grand retard&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous contactons un usager de la biblioth&#232;que &#224; propos d'un grand retard. Il devait rendre le 13 janvier 2026 l'ouvrage qu'il avait emprunt&#233;. Nous l'invitons &#224; le rapporter au plus vite &#224; la biblioth&#232;que, avant qu'il ne re&#231;oive une facture du Tr&#233;sor public. Je ne peux m'emp&#234;cher de sourire en d&#233;couvrant le titre du livre : &lt;i&gt;La procrastination : l'art de reporter au lendemain&lt;/i&gt;, de John Perry.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Toutes les images du futur&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;En qu&#234;te d'info&lt;/i&gt; est le festival de d&#233;cryptage des m&#233;dias dans les biblioth&#232;ques de Paris. &#192; cette occasion, j'ai anim&#233; plusieurs ateliers autour de l'IA pour diff&#233;rents types de publics. Dans l'atelier sur la cr&#233;ation d'images, de vid&#233;os et de musique, nous avons tent&#233; de rep&#233;rer celles g&#233;n&#233;r&#233;es par l'IA pour questionner ces diff&#233;rents m&#233;dias, afin d'inviter le public &#224; d&#233;velopper son esprit critique, &#224; mieux s'informer et &#224; r&#233;fl&#233;chir &#224; la place qu'on accorde &#224; l'IA dans notre rapport aux images et &#224; l'information. Je me suis rendu compte que les images cr&#233;&#233;es r&#233;cemment avec l'IA &#233;taient devenues beaucoup plus difficiles &#224; diff&#233;rencier qu'auparavant. Les pr&#233;cautions d'usage pour rep&#233;rer ces images ne sont plus aussi efficaces. Les d&#233;tails anatomiques par exemple, comme les pupilles asym&#233;triques, les reflets identiques dans les deux yeux ou des regards &#171; vitreux &#187; qui &#233;taient caract&#233;ristiques jusqu'&#224; pr&#233;sent, ne le sont plus autant. Il en va de m&#234;me pour la coh&#233;rence physique. Les IA peinaient &#224; reproduire fid&#232;lement l'interaction de la lumi&#232;re avec les objets. Les ombres ne correspondaient pas toujours &#224; la source lumineuse apparente et les reflets pouvaient &#234;tre fauss&#233;s. C'est de moins en moins le cas. De m&#234;me pour les imperfections textuelles. Les mots sont moins d&#233;form&#233;s, illisibles. La tendance &#224; la perfection &#233;tait une particularit&#233; esth&#233;tique de cette technologie. Une image trop parfaite est suspecte. L'IA avait tendance &#224; cr&#233;er des surfaces anormalement lisses, une peau sans pores ni imperfections, et des couleurs trop satur&#233;es ou artificiellement att&#233;nu&#233;es. Dans la nature, les textures pr&#233;sentent toujours une certaine irr&#233;gularit&#233;, l'IA peinait &#224; les reproduire de mani&#232;re convaincante, m&#234;me si on assiste depuis peu &#224; des &#233;volutions remarquables.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_8723 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.liminaire.fr/IMG/jpg/53210475789_35bada3a5c_k.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.liminaire.fr/local/cache-vignettes/L500xH333/53210475789_35bada3a5c_k-057f3.jpg?1775977302' width='500' height='333' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;center&gt;Atelier Lardeur, rue du Cherche-Midi, Paris 6&#232;me, 24 septembre 2023&lt;/center&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;L'attente patiente de ce moment pr&#233;cis&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;https://liminaire.fr/projets/article/rien-que-les-heures&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Rien que les heures&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt; est arriv&#233;. Un enchainement de circonstances m'emp&#234;che de trouver le temps de prendre le livre en main et de le parcourir. Je v&#233;rifie juste la derni&#232;re correction apport&#233; au texte, mais rest&#233;e sans r&#233;ponse, une coquille sur le nom de mon premier &#233;diteur. J'ouvre le livre, le soup&#232;se, tourne bri&#232;vement quelques pages. Je dois aller travailler. J'attends curieusement d'&#234;tre seul le soir avec le livre pour le consulter plus attentivement. J'aime la couleur et le graphisme de la couverture. La taille du livre. La qualit&#233; du papier, pas trop mince comme cela arrive de plus en plus souvent. La mise en page, qui est moins a&#233;r&#233;e que celle que j'avais imagin&#233;e en envoyant le texte il y a huit mois, mais dont &#201;ric m'a persuad&#233; de la pertinence, permet en effet une lecture plus fluide. Je lis quelques passages. Je me s&#233;pare du texte pour mieux le retrouver. Je ne le lis plus comme j'ai pu le faire pendant ces derniers mois de relecture, avec cette impression d'un texte mouvant, sans arr&#234;t changeant, aux multiples variations et d&#233;veloppements possibles. Les mots sont &#233;crits noirs sur blancs. Ils acqui&#232;rent une forme d'autonomie qui me permet un certain d&#233;tachement dans ma lecture. Je sais que je suis l'auteur de ce livre, mais avec sa publication, et l'objet clos que je tiens enfin entre mes mains, je deviens son premier lecteur.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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<item xml:lang="fr">
		<title>Journal du regard : F&#233;vrier 2026</title>
		<link>https://www.liminaire.fr/chronique/journal/article/journal-du-regard-fevrier-2026</link>
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		<dc:creator>Pierre M&#233;nard</dc:creator>


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&lt;p&gt;Chaque mois, un film regroupant l'ensemble des images prises au fil des jours, le mois pr&#233;c&#233;dent, et le texte qui s'&#233;crit en creux. &lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; Une sorte de palimpseste, dans lequel doivent transpara&#238;tre les traces - t&#233;nues mais non d&#233;chiffrables - de l'&#233;criture &#8220;pr&#233;alable&#8221; &#187;. &lt;br class='autobr' /&gt;
Jorge Luis Borges, Fictions &lt;br class='autobr' /&gt;
On ne sait pas ce que cette construction qui n'est pas encore achev&#233;e, encore en travaux, vient faire l&#224;, la raison de sa pr&#233;sence au milieu de la pelouse : elle transforme le panorama habituel, (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/atelier" rel="tag"&gt;Atelier&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/ecriture" rel="tag"&gt;&#201;criture&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/journal" rel="tag"&gt;Journal&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/recit" rel="tag"&gt;R&#233;cit&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/video" rel="tag"&gt;Vid&#233;o&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/sons" rel="tag"&gt;Sons&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/paris" rel="tag"&gt;Paris&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/paysage" rel="tag"&gt;Paysage&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/ville" rel="tag"&gt;Ville&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/journal-du-regard" rel="tag"&gt;Journal du regard&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/quotidien" rel="tag"&gt;Quotidien&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/derive" rel="tag"&gt;D&#233;rive&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/memoire" rel="tag"&gt;M&#233;moire&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/regard" rel="tag"&gt;Regard&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/nuit" rel="tag"&gt;Nuit&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/sensation" rel="tag"&gt;Sensation&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/temps" rel="tag"&gt;Temps&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.liminaire.fr/local/cache-vignettes/L150xH85/capture_d_e_cran_2026-02-23_a_23.00_01-88824.png?1772438466' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='85' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;i&gt;Chaque mois, un film regroupant l'ensemble des images prises au fil des jours, le mois pr&#233;c&#233;dent, et le texte qui s'&#233;crit en creux.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Une sorte de palimpseste, dans lequel doivent transpara&#238;tre les traces - t&#233;nues mais non d&#233;chiffrables - de l'&#233;criture &#8220;pr&#233;alable&#8221; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Jorge Luis Borges, &lt;i&gt;Fictions&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;center&gt;&lt;iframe width=&#034;660&#034; height=&#034;415&#034; src=&#034;https://www.youtube.com/embed/35GqNZC5AUQ&#034; title=&#034;&#034; frameborder=&#034;0&#034; allow=&#034;accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share&#034; referrerpolicy=&#034;strict-origin-when-cross-origin&#034; allowfullscreen&gt;&lt;/iframe&gt;&lt;/center&gt;
&lt;p&gt;On ne sait pas ce que cette construction qui n'est pas encore achev&#233;e, encore en travaux, vient faire l&#224;, la raison de sa pr&#233;sence au milieu de la pelouse : elle transforme le panorama habituel, devant le d&#244;me &#233;tincelant de La Villette, bouleverse les habitudes des sportifs qui viennent jouer ou s'entra&#238;ner &#224; cet endroit, mais aussi les promeneurs, et toutes les personnes qui appr&#233;cient, aux premiers beaux jours, s'installer l&#224; pour pique-niquer le midi, se reposer, profiter du soleil, du calme du parc. Par la porte rest&#233;e entrouverte, on aper&#231;oit &#224; l'int&#233;rieur de grands &#233;chafaudages. On imagine qu'il s'agit d'une salle de spectacle pour une dur&#233;e limit&#233;e. Quand on revient de promenade, on comprend que la mani&#232;re dont le b&#226;timent transformait le paysage, dans la lumi&#232;re p&#226;le de cette journ&#233;e d'hiver, le bleu vif et tenace de ses reflets qui se propageait au sol, sur les pav&#233;s, l'herbe et jusqu'&#224; l'eau du canal. Tout cela nous laissait deviner ce qui allait se passer &#224; l'int&#233;rieur. On d&#233;couvre en effet que ce lieu &#233;ph&#233;m&#232;re dispara&#238;tra au printemps, dans deux mois &#224; peine, et qu'il va proposer &lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;https://prodigy12.com/fr&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;un spectacle immersif&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt; m&#234;lant installations LED &#224; 360&#176;, performances chor&#233;graphiques et visuels 3D avec une musique originale interpr&#233;t&#233;e en direct. Ce spectacle &lt;i&gt;son et lumi&#232;re&lt;/i&gt; va plonger le spectateur, selon les organisateurs, dans une version surr&#233;aliste de Paris, s'effondrant sous le poids du temps. Dans leur pr&#233;sentation clinquante et sensationnaliste, qui s'accorde parfaitement cela dit &#224; ce spectacle que je n'irais pas voir, je retiens cependant qu'il efface la fronti&#232;re entre le r&#234;ve et la r&#233;alit&#233;, entre ce qui est construit et ce qui est imagin&#233;, car c'est bien l'effet ressenti devant cette architecture &#233;ph&#233;m&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La fum&#233;e d'abord, il n'y a pas de fum&#233;e sans feu, le feu qui prend, qui craque, au feu les pompiers, la maison qui br&#251;le, poings serr&#233;s, serrer les dents, dent de scie, scie circulaire, cercle de cendres, sang d'encre, signaux de fum&#233;e, noir de monde, feu follet, allumette craqu&#233;e, pic de chaleur, chaleur humaine, humain trop humain, fum&#233;e de cigarette, m&#233;got qui m&#233;gote, m&#233;gaphone qui crache, crachat, crachin, brouillard, brouiller les pistes, atterrissage forc&#233;, force majeure, carbone quatorze, &#226;ge du feu, feu de joie, soufre et salp&#234;tre, noir dessein, dessin dans la bu&#233;e sur la vitre, vitre f&#234;l&#233;e, faille sismique, combustion lente, mont&#233;e de fi&#232;vre, fum&#233;e qui monte, qui ment, qui m'enveloppe, me disperse en particules, volutes et volte-face, feu qui couve, qui couvre tout, d'un nuage, brasier des souvenirs, souvenirs en cendres, cendres encore chaudes, comme un secret qui fume.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'autre jour, j'ai entendu un morceau de Bud Powell, dans une compilation de ses enregistrements &#224; New York entre 1944 et 1949. Le son avait quelque chose de m&#233;tallique. Je me sentais ext&#233;rieur &#224; cette musique, et je m'en suis &#233;tonn&#233;, car c'est un musicien que j'aime beaucoup. Au bout de quelques minutes, pourtant, la musique m'emportait &#224; nouveau. J'&#233;tais entr&#233;, et il devenait difficile d'en sortir. J'&#233;tais propuls&#233; dans les m&#233;andres du jeu tout en v&#233;locit&#233; et en l&#233;g&#232;ret&#233; du pianiste et de ses musiciens. J'ai pens&#233; que ma difficult&#233; venait d'abord de l'enregistrement, de son anciennet&#233;. Cette id&#233;e continuait &#224; m'occuper tandis que je me souvenais d'une r&#233;cente promenade dans un quartier du 20&#7497; arrondissement o&#249; je n'&#233;tais plus retourn&#233; depuis longtemps. Je ne sais pas ce qui m'en avait &#233;loign&#233;, il aurait suffi d'un petit d&#233;tour pour y revenir, mais l'occasion ne s'&#233;tait pas pr&#233;sent&#233;e. En reprenant mentalement ce parcours, cela m'a fait r&#233;fl&#233;chir &#224; mon rapport au temps. Je ne vois plus ce quartier comme je l'ai vu la premi&#232;re fois. Certains rep&#232;res me sont revenus en y d&#233;ambulant, mais ils se reliaient diff&#233;remment, dessinant un trajet inattendu, qui en transformait de mani&#232;re in&#233;dite le souvenir. Le lieu avait vieilli, sans moi. Je ne voyais plus sa nouveaut&#233;, seulement l'anciennet&#233; de mon passage, comme si je feuilletais un album d'images d'un lieu qui aurait disparu. Quel lien avec Bud Powell ? Sa musique est intemporelle, mais nous l'&#233;coutons parfois sur des supports dat&#233;s. Les enregistrements anciens peuvent nous laisser un temps sur le seuil de l'&#339;uvre, si l'on ne force pas l'entr&#233;e de l'&#233;coute. Et c'est une &#339;uvre en mouvement dans laquelle on entre en accueillant cet &#233;lan qui nous emporte. Revenir dans ce lieu m'a laiss&#233;, moi aussi, un temps, sur le seuil. Je suis rest&#233; &#224; distance, dans le souvenir et non dans le pr&#233;sent de ce lieu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J'ai rendez-vous, je presse le pas, &#231;a file, &#231;a clignote autour de moi. Je traverse la ville &#224; grandes enjamb&#233;es, la pluie &#233;clabousse mon visage, mes chaussures s'enfoncent dans l'eau des flaques. Les enseignes des commerces brillent dans l'obscurit&#233;, leur &#233;clat color&#233; me saute aux yeux. Je ne distingue pas nettement ceux que je croise dans la rue. Leurs silhouettes surgissent et disparaissent &#224; contretemps. Elles se succ&#232;dent, tournoient, comme dans un tourbillon. Un couple sous un abribus. Un homme parle seul, &#233;clair&#233; par les phares des voitures, il surgit de la p&#233;nombre, comme sur une photo surexpos&#233;e. Je presse l'allure. J'ai l'impression de m'&#233;chapper sans savoir d'o&#249;. Personne ne me regarde vraiment, pas le temps. Pourtant je vois leurs traits, stri&#233;s par la pluie, travers&#233;s d'&#233;clairs aveuglants. Les vitrines me renvoient un double flou, une ombre qui pourrait &#234;tre la mienne. Tout se bouscule. Un porche sombre, une odeur d'essence, le fant&#244;me d'un chien, le grincement du m&#233;tro a&#233;rien, une sir&#232;ne au loin. Une tension douce me serre la poitrine. C'est presque agr&#233;able. Je continue d'avancer, encore, plus vite, jusqu'au prochain carrefour.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Journal du regard : Janvier 2026</title>
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		<dc:creator>Pierre M&#233;nard</dc:creator>


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		<description>
&lt;p&gt;Chaque mois, un film regroupant l'ensemble des images prises au fil des jours, le mois pr&#233;c&#233;dent, et le texte qui s'&#233;crit en creux. &lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; Une sorte de palimpseste, dans lequel doivent transpara&#238;tre les traces - t&#233;nues mais non d&#233;chiffrables - de l'&#233;criture &#8220;pr&#233;alable&#8221; &#187;. &lt;br class='autobr' /&gt;
Jorge Luis Borges, Fictions &lt;br class='autobr' /&gt;
Marcher sur la neige, c'est entrer dans une danse lente. R&#233; mi, mi fa, des pas prudents qui avancent au ralenti, comme les doigts s'enfoncent dans le manteau blanc des touches du piano. La ville (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.liminaire.fr/local/cache-vignettes/L150xH84/capture_d_e_cran_2026-02-01_a_15.01_50-4b0c6.png?1770019209' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='84' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;i&gt;Chaque mois, un film regroupant l'ensemble des images prises au fil des jours, le mois pr&#233;c&#233;dent, et le texte qui s'&#233;crit en creux.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Une sorte de palimpseste, dans lequel doivent transpara&#238;tre les traces - t&#233;nues mais non d&#233;chiffrables - de l'&#233;criture &#8220;pr&#233;alable&#8221; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Jorge Luis Borges, &lt;i&gt;Fictions&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;center&gt;&lt;iframe width=&#034;660&#034; height=&#034;415&#034; src=&#034;https://www.youtube.com/embed/f__4HgDhW4w&#034; title=&#034;&#034; frameborder=&#034;0&#034; allow=&#034;accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share&#034; referrerpolicy=&#034;strict-origin-when-cross-origin&#034; allowfullscreen&gt;&lt;/iframe&gt;&lt;/center&gt;
&lt;p&gt;Marcher sur la neige, c'est entrer dans une danse lente. R&#233; mi, mi fa, des pas prudents qui avancent au ralenti, comme les doigts s'enfoncent dans le manteau blanc des touches du piano. La ville dans un silence feutr&#233;. Le motif musical de Debussy, dans son pr&#233;lude &lt;i&gt;Des pas sur la neige&lt;/i&gt; laisse derri&#232;re lui ces empreintes d&#233;licates, des grappes d'accords enveloppants. Chaque note devient m&#233;ditation, &#224; peine troubl&#233;e par une gamme par tons qui fait perdre l'orientation. R&#233; mi, mi fa. Les pas reviennent en &#233;cho, expressifs. Les accords glissent comme des blocs de glace, et soudain, dans les aigus, un carillon &#233;claire la fin. Un tendre regret, la trace laiss&#233;e par quelqu'un, un &#234;tre cher, que la neige et la musique retiennent encore un instant. Celui que l'on &#233;tait lorsqu'enfant nos pas s'enfon&#231;aient sur la neige.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans les r&#233;cents &#233;changes avec Anh Mat, pour nos &lt;i&gt;vases communicants&lt;/i&gt;, j'ai r&#233;alis&#233; que ce qui m'importait dans l'&#233;criture vid&#233;o, ce que certains appellent &lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;https://ateliers.sens-public.org/qu-est-ce-que-la-litteratube/index.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;la litt&#233;ratube&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;, ce n'&#233;tait pas le texte. &lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;https://www.tierslivre.net/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Fran&#231;ois&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt; m'a dit plusieurs fois en commentaires de ce journal vid&#233;o qu'il aimerait pouvoir le lire dans son int&#233;gralit&#233;. Pour moi, l'int&#233;r&#234;t du texte tient uniquement dans le dialogue qui s'instaure avec les images, en d&#233;calage parfois avec ce que l'on voit ou au contraire en accord direct avec elles. Dans l'alternance des sons et de la musique. Je le con&#231;ois comme l'un des &#233;l&#233;ments, mais il n'est pas central, il joue son r&#244;le au m&#234;me titre que les autres. Filmer au quotidien me permet d'&#233;crire plus facilement, de creuser des sujets que je n'aborde pas dans le journal hebdomadaire de mes &lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;https://liminaire.fr/mot/contacts-successifs&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Contacts successifs&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;, dans lequel je d&#233;cris ma semaine par le biais de textes qui forment des blocs autonomes, d&#233;cal&#233;s, accompagn&#233;s par deux photographies, l'une prise la semaine pr&#233;c&#233;dant la publication sur mon site et la seconde, qui porte le m&#234;me nom de fichier que la premi&#232;re, et montre un autre lieu &#224; une date ant&#233;rieure, parfois plusieurs ann&#233;es auparavant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette ann&#233;e, j'ai souhait&#233; animer plus d'ateliers artistiques que d'ateliers num&#233;riques, m&#234;me si par ailleurs je continue d'en proposer tr&#232;s r&#233;guli&#232;rement &#224; la biblioth&#232;que Fran&#231;ois Villon. En privil&#233;giant la cr&#233;ation manuelle, je voulais utiliser d'autres outils, apprendre de nouvelles techniques, changer de perspective, avoir une approche plus directe, plus physique, cr&#233;ant un rapport au temps diff&#233;rent, sp&#233;cifique au travail manuel. Pour mettre au point ces ateliers de cr&#233;ation, il a d'abord fallu que je r&#233;fl&#233;chisse &#224; leur mise en place pratique (le mat&#233;riel, les outils), avant de pouvoir enfin, convoquer les propositions d'&#233;criture qui s'y int&#233;greraient au mieux. Je vais ainsi animer &lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;https://bibliotheques.paris.fr/Default/doc/QUEFAIRE/104941/atelier-broderie-sur-photographie&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;un atelier broderie sur photographie&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt; et un atelier leporello po&#233;tique en cyanotype. J'ai propos&#233; &#233;galement un atelier de lecture &#224; voix haute, un atelier d'&#233;criture po&#233;tique et cr&#233;ation d'un carnet reli&#233; avec la technique de reliure japonaise que je reproposerai en juin. Dans ces ateliers, c'est le temps d'ex&#233;cution qui change par rapport aux ateliers d'&#233;criture. Il faut que je l'int&#232;gre peu &#224; peu. Et c'est r&#233;jouissant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Toujours &#233;tonn&#233; de d&#233;couvrir, presque par hasard, au d&#233;tour d'un chemin, pour ne pas emprunter encore une fois l'itin&#233;raire que j'ai pris des dizaines de fois, dans un quartier que je connais tr&#232;s bien, que j'arpente r&#233;guli&#232;rement, en effectuant un pas de c&#244;t&#233; qui permet de me d&#233;porter &#224; l'&#233;cart de la route habituelle et d'atteindre un endroit inconnu de la ville, comme si celle-ci s'&#233;tait agrandie soudainement. Ici, c'est un chantier ouvert derri&#232;re l'&#233;glise Saint-Georges de la Villette, du c&#244;t&#233; de la rue Henri Murger, &#224; l'endroit de l'ancien centre communautaire et culturel du juda&#239;sme de l'Est parisien, avec sa synagogue et le b&#226;timent attenant, une &#233;cole de cr&#233;ation de bijoux, qui ont &#233;t&#233; enti&#232;rement ras&#233;s il y a deux ans. Le panneau &lt;i&gt;D&#233;viation&lt;/i&gt; dispos&#233; &#224; l'entr&#233;e du chantier rappelle l'importance des bifurcations, qui se transforme alors en mot d'ordre.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Rien &#224; gagner ou &#224; perdre</title>
		<link>https://www.liminaire.fr/chronique/entre-les-lignes/article/rien-a-gagner-ou-a-perdre</link>
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		<dc:creator>Pierre M&#233;nard</dc:creator>


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		<dc:subject>Livre</dc:subject>

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&lt;p&gt;Choisir c'est d&#233;j&#224; r&#233;v&#233;ler &lt;br class='autobr' /&gt;
Je d&#233;chire la page d'un vieux livre, mes yeux se prom&#232;nent &#224; la surface, explorent les mots, naviguent entre les lignes, dans l'attente de ce qui va attirer leur attention. Mon regard s'arr&#234;te sur un mot, comme on bute au milieu d'une phrase. Sans m'attarder trop longtemps dessus, je le d&#233;coupe. Un mot, une phrase. Je d&#233;tache un fragment du texte pour le mettre en r&#233;serve, sur le c&#244;t&#233;. Je r&#233;p&#232;te avec toutes les pages du livre que j'effeuille les unes apr&#232;s les (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/biographie" rel="tag"&gt;Biographie&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/cinema" rel="tag"&gt;Cin&#233;ma&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/ecriture" rel="tag"&gt;&#201;criture&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/livre" rel="tag"&gt;Livre&lt;/a&gt;

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 <content:encoded>&lt;img src='https://www.liminaire.fr/local/cache-vignettes/L150xH75/contacts_succcessifs_51_1_-d822a.png?1766305065' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='75' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Choisir c'est d&#233;j&#224; r&#233;v&#233;ler&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je d&#233;chire la page d'un vieux livre, mes yeux se prom&#232;nent &#224; la surface, explorent les mots, naviguent entre les lignes, dans l'attente de ce qui va attirer leur attention. Mon regard s'arr&#234;te sur un mot, comme on bute au milieu d'une phrase. Sans m'attarder trop longtemps dessus, je le d&#233;coupe. Un mot, une phrase. Je d&#233;tache un fragment du texte pour le mettre en r&#233;serve, sur le c&#244;t&#233;. Je r&#233;p&#232;te avec toutes les pages du livre que j'effeuille les unes apr&#232;s les autres. Ce temps de la d&#233;coupe, c'est autant pour moi une forme de lecture que d'&#233;criture. Les petits morceaux s'accumulent sur la table. Des phrases se dessinent peu &#224; peu. Un po&#232;me s'&#233;crit dans la tension, et dans l'incertitude de ce qui affleure par surprise. Le temps que &#231;a prend m'&#233;tonne et me ravit. Un ralentissement s'op&#232;re en moi. Travailler le texte avec les mains, le laisser filer entre ses doigts. Agencer les diff&#233;rents &#233;l&#233;ments, copeaux de textes que je fais permuter sur la table, jusqu'&#224; trouver, en les manipulant ainsi, l'&#233;tincelle qui jaillit de ces mots, bribes de sens, de phases qui, associ&#233;es, provoquent en moi l'&#233;tonnement d'un &#233;blouissement. L'objectif est de fabriquer un carnet dans le cadre d'un atelier de cr&#233;ation que je vais animer fin janvier &#224; la biblioth&#232;que, d'&#233;crire de courts po&#232;mes sur le th&#232;me du fil et de les assembler ensuite dans un carnet reli&#233; en utilisant la technique de la reliure japonaise. Tout se construit au fil du temps. Chaque fragment d&#233;cide du suivant. Le faire dans un temps r&#233;duit, &#224; l'abri des regards, accentue la tension de la performance, la conjoncture d'une improvisation.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_8578 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.liminaire.fr/IMG/jpg/54968888549_89cfd24bbe_k.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.liminaire.fr/local/cache-vignettes/L500xH333/54968888549_89cfd24bbe_k-3e19d.jpg?1766305065' width='500' height='333' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;center&gt;Chantier de la Place du Colonel Fabien, Paris 10&#232;me, 6 d&#233;cembre 2025&lt;/center&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Ce qui s'appelle faire le vide&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On ne sait plus o&#249; c'est rang&#233;, on commence &#224; chercher dans les diff&#233;rentes pi&#232;ces de la maison, sur les &#233;tag&#232;res, on v&#233;rifie les rayonnages des biblioth&#232;ques, on ouvre des tiroirs, on fouille des cartons, on retrouve des choses qu'on croyait perdues depuis longtemps, on se souvient de papiers ou de documents qu'on avait oubli&#233;s. Il n'y a qu'une solution, dans ces moments-l&#224;, c'est de profiter de ces recherches pour se d&#233;barrasser au plus vite, sans r&#233;fl&#233;chir, de ce qu'on trouve, qu'on juge &#224; la h&#226;te obsol&#232;te, inutile, sinon, &#231;a s'accumule &#224; l'ext&#233;rieur, envahit et recouvre le sol &#224; nos pieds, au risque de tout encombrer, de semer le d&#233;sordre. On ne trouve pas ce qu'on cherchait, malgr&#233; nos efforts. Mais ce d&#233;ballage, insinue en nous le secret d&#233;sir de tout ranger, pour ne pas sombrer et dispara&#238;tre sous les feuilles. Dans ce cas-l&#224;, ce qu'il faut, c'est d'abord jeter, &#233;liminer ce qui encombre, se soulager de ce poids invisible sur nos &#233;paules, de cette charge mentale qu'on ne soup&#231;onne m&#234;me pas, qui s'accumule au fond de nos tiroirs, sur nos &#233;tag&#232;res, enfouie dans des sacs ou des placards inaccessibles. Le souvenir de la sc&#232;ne du film &lt;i&gt;Brazil&lt;/i&gt; de Terry Gilliam demeure intact dans notre m&#233;moire. Harry Tuttle, le plombier-chauffagiste dissident, interpr&#233;t&#233; par Robert de Niro, est pris dans un tourbillon de feuilles qui volent autour de lui jusqu'&#224; l'aspirer dans leur tourbillon, le faire dispara&#238;tre dedans, et lorsque la bourrasque se calme enfin, il ne reste de lui que quelques feuilles &#233;parses.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Opera aperta&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le film de Radu Jude, &lt;i&gt;N'attendez pas trop de la fin du monde&lt;/i&gt;, met en regard, par un jeu de miroirs entre deux &#233;poques, deux films, la trajectoire d'une chauffeuse de taxi &#224; l'&#233;poque communiste (avec des extraits du film &lt;i&gt;Angela poursuit sa route&lt;/i&gt;, de Lucian Bratu (1981)) et celle de son double contemporain dans le capitalisme post-totalitaire de la Roumanie, avant de resserrer le r&#233;cit dans un long plan-s&#233;quence final. Angela, jeune assistante de production, passe sa journ&#233;e &#224; conduire dans le flot de circulation d&#233;j&#224; important de Bucarest, autoradio &#224; fond, m&#226;chant du chewing-gum et buvant du caf&#233; pour ne pas s'endormir au volant. Elle travaille sans rel&#226;che pour un projet qui ne la motive pas vraiment. Elle filme avec son portable des personnes qui ont subi des accidents du travail, elle les fait parler pour enregistrer leurs r&#233;cits, des paroles que ses employeurs lui demandent de cadrer, d'ajuster, parfois de d&#233;former pour satisfaire les multinationales pour lesquelles ils travaillent. C'est un casting pour un clip sur la s&#233;curit&#233; au travail. Autour d'elle, les images se multiplient : celles du pr&#233;sent, rapides et agressives, et celles d'un pass&#233; qui revient par fragments. Ouvriers bless&#233;s, m&#232;res fatigu&#233;es, figures du pass&#233; qui traversent le pr&#233;sent comme des fant&#244;mes. Pour tenir le coup, et r&#233;sister d'une mani&#232;re, Angela devient Bobitz&#259;, un jeune imberbe aux gros sourcils. Elle se transforme en se filmant avec un filtre aux couleurs satur&#233;es sur TikTok, et se lance dans une critique de la soci&#233;t&#233; masculiniste, raciste, violente et vulgaire. Ses vid&#233;os, ouvertement obsc&#232;nes, sont &#224; la fois sarcastiques et irr&#233;v&#233;rencieuses. La ville n'est plus une ville mais un montage urbain : cimeti&#232;res d&#233;plac&#233;s, immeubles neufs, routes bord&#233;es de croix. Peu &#224; peu, le film fait glisser le regard du simple trajet vers une mise &#224; nu des rapports de pouvoir. On se demande qui parle, qui se tait, qui est montr&#233;, qui est effac&#233;. Le tournage d'une vid&#233;o pr&#233;tendument bienveillante devient le lieu d'un affrontement discret entre v&#233;rit&#233; v&#233;cue et discours impos&#233;. Le film avance ainsi par collisions, jusqu'&#224; faire sentir que les images, loin d'&#234;tre neutres, travaillent les corps, le temps et la m&#233;moire.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_8579 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.liminaire.fr/IMG/jpg/54075396268_55633e32e0_k.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.liminaire.fr/local/cache-vignettes/L500xH333/54075396268_55633e32e0_k-ec2da.jpg?1766305065' width='500' height='333' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;center&gt;&#206;le de Teshima, Japon, 18 octobre 2024&lt;/center&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;On n'irait pas plus loin&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Caresse. Ce geste de la main, la paume qui fr&#244;le &#224; peine la peau de l'autre, qui rassure, par la justesse de l'accord entre la forme creuse de la main qui s'accorde &#224; la rondeur de la joue, sans l'&#233;pouser parfaitement, je suis l&#224; avec toi, tu peux compter sur moi, ce n'est pas tout &#224; fait une caresse, le geste reste unique, c'est l'approche qui compte, la lenteur, le temps accord&#233; &#224; l'autre, l'assurance d'une pr&#233;sence amicale. Regard. Ils s'approchent l'un de l'autre lentement, les yeux dans les yeux, et dans cette proximit&#233;, cette intimit&#233; inattendue, l'intensit&#233; de leur regard, ils maintiennent la distance sans quoi ce geste se transforme en contact, en caresse, en baiser, il n'y a pas d'attirance, c'est autre chose, mais cette possibilit&#233; offerte entre eux de s'approcher si pr&#232;s, de sentir le souffle de l'autre, de l'accompagner, de s'en faire l'&#233;cho, accordant leur mouvement au m&#234;me rythme, et tout passe par le regard. Mots. Le verbe tendre qui n'a rien de ce que contient la tendresse. Tirer sur (une chose souple ou &#233;lastique), de mani&#232;re &#224; la rendre droite (tension ; tendu). Tendre une corde. D&#233;ployer en allongeant en tous sens. Tendre &#224;, tendre vers, avoir un but, une fin et s'en rapprocher d'une mani&#232;re d&#233;lib&#233;r&#233;e. La tendresse est ailleurs, c'est un caract&#232;re de douceur et de d&#233;licatesse. &#201;coute. C'est l'attention plut&#244;t que la tension, c'est se tenir &#224; distance mais pr&#233;sent dans ce retrait, disponible, ouvert. Ne pas parler, se retenir de dire ce qu'on pense en premier lieu, ce n'est pas ce qui importe &#224; cet instant, il faut se garder d'intervenir et lib&#233;rer ainsi toute la concentration n&#233;cessaire pour, le moment venu, trouver peut-&#234;tre enfin les mots. Il faut garder ce silence, entendre ce que l'autre a &#224; nous dire, le comprendre ce nous, ce qui s'y joue, avant de pouvoir lui r&#233;pondre et l'accueillir. Ce n'est pas un dialogue. On ne parle que si n&#233;cessaire, parfois le silence est la meilleure r&#233;ponse.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>La tentative d'un monde</title>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Pierre M&#233;nard</dc:creator>


		<dc:subject>&#201;criture</dc:subject>
		<dc:subject>Journal</dc:subject>
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		<dc:subject>Sensation</dc:subject>
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		<description>
&lt;p&gt;La proximit&#233;, son paradoxe &lt;br class='autobr' /&gt;
Je viens de lire le roman de Daniel Bourrion, Le Pays dont tu as march&#233; la terre. Je pense &#224; la maison de Stephan M&#233;nard, &#224; celle de Maryse et de ses enfants, ce lieu referm&#233; sur lui-m&#234;me apr&#232;s la disparition trop pr&#233;coce de leur m&#232;re. Ils y avaient v&#233;cu en vase clos, chacun tournant en rond autour de son chagrin, et lorsque leur p&#232;re, gros fumeur, mourut &#224; son tour, ils rest&#232;rent l&#224;, dans l'h&#233;ritage de ces murs, comme si le monde ext&#233;rieur n'avait plus d'usage. (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/bibliotheque" rel="tag"&gt;Biblioth&#232;que&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/enfance" rel="tag"&gt;Enfance&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/sensation" rel="tag"&gt;Sensation&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/recit" rel="tag"&gt;R&#233;cit&lt;/a&gt;

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 <content:encoded>&lt;img src='https://www.liminaire.fr/local/cache-vignettes/L150xH75/contacts_succcessifs_48_1_-e52b5.png?1764489710' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='75' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La proximit&#233;, son paradoxe&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je viens de lire le roman de Daniel Bourrion, &lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;https://liminaire.fr/creation/radio-marelle/article/le-pays-dont-tu-as-marche-la-terre-de-daniel-bourrion&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Le Pays dont tu as march&#233; la terre&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;. Je pense &#224; la maison de Stephan M&#233;nard, &#224; celle de Maryse et de ses enfants, ce lieu referm&#233; sur lui-m&#234;me apr&#232;s la disparition trop pr&#233;coce de leur m&#232;re. Ils y avaient v&#233;cu en vase clos, chacun tournant en rond autour de son chagrin, et lorsque leur p&#232;re, gros fumeur, mourut &#224; son tour, ils rest&#232;rent l&#224;, dans l'h&#233;ritage de ces murs, comme si le monde ext&#233;rieur n'avait plus d'usage. Le mercredi matin, quand nous n'avions pas &#233;cole, je passais chez Stephan, et ce qui m'y fascinait, c'&#233;tait ce d&#233;sordre sans fond, cette fa&#231;on qu'avait la maison de ne rien exiger, de laisser tout &#224; sa place de chaos : le sol couvert de poils de chien, la poussi&#232;re incrust&#233;e dans les meubles, la terre s&#233;ch&#233;e sur les carreaux, les restes du petit d&#233;jeuner abandonn&#233;s sur la table, tartines entam&#233;es, poudre de cacao r&#233;pandue, flaques de lait fig&#233;es, comme si quelqu'un avait quitt&#233; la pi&#232;ce &#224; la h&#226;te sans plus jamais y revenir. Chaque pi&#232;ce semblait prolonger la chambre de Stephan, devenue le centre du monde, et l'ensemble de la maison s'offrait comme un territoire de jeu permanent, une cabane g&#233;ante o&#249; rien n'&#233;tait sacr&#233;, o&#249; rien ne devait &#234;tre rang&#233;. Apr&#232;s la mort de Marise, cet &#233;tat devint la normalit&#233; : les fr&#232;res vivaient nuit et jour devant les jeux vid&#233;o, les conversations capt&#233;es sur des forums lointains, tandis que le p&#232;re, mur&#233; dans sa m&#233;lancolie, fumait sans rel&#226;che, encha&#238;nant les verres de whisky pour tenter d'oublier ce qui l'avait bris&#233;. Les rares fois o&#249; j'entrais chez eux, je retrouvais la m&#234;me odeur stagnante que dans la maison mitoyenne de la mienne : une atmosph&#232;re satur&#233;e de fum&#233;e, rideau jaune collant aux rideaux et aux murs, air vici&#233; qu'aucune fen&#234;tre n'aurait su dissiper, une maison o&#249; l'on respirait difficilement, comme si la m&#233;moire m&#234;me des lieux s'&#233;tait &#233;paissie. Tout semblait suspendu, fig&#233; dans ce brouillard, et pourtant, au milieu de ce d&#233;sordre, quelque chose tenait encore debout : une enfance qui essayait tant bien que mal de continuer.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_8560 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.liminaire.fr/IMG/jpg/54927859918_532135d806_k.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.liminaire.fr/local/cache-vignettes/L500xH333/54927859918_532135d806_k-14547.jpg?1764489711' width='500' height='333' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;center&gt;Place de la R&#233;publique, Paris 10&#232;me, 16 novembre 2025&lt;/center&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La forme d'un r&#233;cit&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#199;a sent le livre qui fait &#233;crire&lt;/i&gt;. Ahn Mat me laisse ce message amical sur &lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;https://youtu.be/GRKNhUkBGyE?si=J_n6q4pl9gtqVhz1&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;la vid&#233;o de ma lecture d'un extrait de mon texte &lt;i&gt;Rien que les heures&lt;/i&gt;&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt; &#224; para&#238;tre le 13 mai aux &#233;ditions JOU et dont &lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;https://www.helloasso.com/associations/association-jou/collectes/rien-que-les-heures&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;la souscription pour l'aide &#224; sa publication se termine la semaine prochaine&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;. Mais au fond, c'est quoi un livre qui fait &#233;crire ? Pour animer r&#233;guli&#232;rement des ateliers d'&#233;criture, et plus r&#233;cemment des formations aux ateliers d'&#233;criture en biblioth&#232;que, je reviens dans ce cadre sur ce qu'est un d&#233;clencheur d'&#233;criture afin de permettre aux participants d'&#234;tre en capacit&#233; d'en d&#233;nicher dans les livres qu'ils lisent. Pour r&#233;sumer, c'est l'association d'un th&#232;me, d'un sujet, avec une forme ou une structure particuli&#232;re. Je n'ai pas pens&#233; &#224; cette dimension de mon livre en l'&#233;crivant, mais je sais que sa structure, assez particuli&#232;re, avec sa suite de sc&#232;nes se d&#233;roulant en m&#234;me temps dans diff&#233;rents lieux du monde le m&#234;me jour, s'apparente &#224; une &#233;criture sous contrainte, permet d'acc&#233;der &#224; des id&#233;es inattendues et des formes nouvelles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Injonctions contradictoires&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je peine &#224; comprendre la logique qui pousse un employeur &#224; autoriser l'usage des outils d'intelligence artificielle g&#233;n&#233;rative tout en prescrivant d'embl&#233;e lequel utiliser, au nom d'une suppos&#233;e s&#233;curit&#233; accrue. Comme si l&#233;gitimer l'outil suffisait &#224; en ma&#238;triser les risques. L'exigence de passer par un service propuls&#233; par Microsoft s'inscrit pourtant dans un &#233;cosyst&#232;me qui impose r&#233;guli&#232;rement ses mises &#224; jour, ses d&#233;pendances, ses changements de syst&#232;me d'exploitation, laissant entendre que les usages professionnels devront s'y adapter, qu'on le veuille ou non. Dans la lettre accompagnant cette g&#233;n&#233;ralisation, on lit un m&#233;lange &#233;trange d'encouragement et de mise en garde : utilisez ces outils, mais prudemment ; profitez-en, mais soyez raisonnables ; tenez compte de leur impact climatique, mais sans jamais &#233;voquer les conditions humaines et mat&#233;rielles de leur production. On recommande la vigilance sans fournir de mode d'emploi, comme si la ma&#238;trise de ces technologies allait de soi. Les injonctions contradictoires se poursuivent : d'un c&#244;t&#233;, on vante les &#171; potentialit&#233;s &#187; de l'IA ; de l'autre, on invite &#224; v&#233;rifier, avant toute utilisation, si un moteur de recherche classique ou un outil m&#233;tier ne suffirait pas. On affirme m&#234;me que, pour obtenir une information fiable, v&#233;rifiable, factuelle, les bases professionnelles restent plus pertinentes, et moins &#233;nergivores, qu'une conversation avec un mod&#232;le linguistique. D&#232;s lors, &#224; quoi sert cet outil ? &#192; &#171; structurer une pens&#233;e &#187;, &#171; formuler une hypoth&#232;se &#187;, &#171; r&#233;sumer &#187;, &#171; produire une version initiale &#187; d'un texte. Une aide &#224; l'&#233;criture, donc, mais dont le statut demeure flou, surtout dans un environnement o&#249; la rigueur documentaire, la tra&#231;abilit&#233; des sources et l'&#233;thique de l'information sont des fondements professionnels. Dans les biblioth&#232;ques, o&#249; l'attention au vrai, au v&#233;rifiable, au transmissible constitue une exigence quotidienne, &lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;https://www.arthurperret.fr/articles/2025-06-20-congres-sfsic-ia-impasse-informationnelle.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;l'introduction de ces outils devrait s'accompagner d'un v&#233;ritable travail de formation, de r&#233;flexion collective, d'encadrement lucide&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;. Or la charte informatique r&#233;cemment soumise au vote, cens&#233;e guider ces usages, a &#233;t&#233; adopt&#233;e mais sans v&#233;ritable r&#233;flexion ou remise en cause (11 voix pour, 4 abstentions). L'enjeu d&#233;passe la technique : il interroge notre rapport &#224; la m&#233;diation, &#224; la confiance, &#224; la pens&#233;e elle-m&#234;me. L'IA peut &#234;tre un outil utile, mais elle n'est pas un chemin d&#233;j&#224; trac&#233;. Elle exige que nous gardions, plus que jamais, le sens critique qui fonde le c&#339;ur de nos m&#233;tiers.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_8561 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.liminaire.fr/IMG/jpg/49898139891_fc4ad0e8ff_k-2.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.liminaire.fr/local/cache-vignettes/L500xH333/49898139891_fc4ad0e8ff_k-2-ec031.jpg?1764489711' width='500' height='333' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;center&gt;Rue du Faubourg Saint-Martin, Paris 10&#232;me, 15 mai 2020&lt;/center&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Jour de f&#234;te&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y a des journ&#233;es en biblioth&#232;que qui surprennent par la vari&#233;t&#233; des actions culturelles mises en place. Cet apr&#232;s-midi, nous recevions Jean-Carl Feldis, musicien, compositeur et bruiteur, qui a pr&#233;sent&#233;, &#224; la quarantaine d'inscrits pr&#233;sents, comment sonoriser un film, &#224; partir de bruitages, en cr&#233;ant simultan&#233;ment les voix, les sons d'ambiances, la musique. Il est intervenu il y a plus de dix ans pour un atelier de cr&#233;ation &#224; l'Astrolabe de Melun, sa ville de naissance, pour cr&#233;er en direct, avec le public de la m&#233;diath&#232;que, la bande son du &lt;i&gt;Voyage dans la Lune&lt;/i&gt; de Georges M&#233;li&#232;s. Avec toujours la m&#234;me &#233;nergie d&#233;bordante et l'humour ravageur. Et ce soir, j'ai assist&#233; &#224; la m&#233;diath&#232;que Fran&#231;oise Sagan &#224; la restitution des trois ateliers d'&#233;criture anim&#233;s par Arno Bertina dans les trois biblioth&#232;ques du 10&#7497;, car j'avais particip&#233; il y a quelques semaines &#224; la mise en place de la partie vid&#233;o de cette soir&#233;e. Son dispositif consistait en un triptyque de trois lectures par les participantes autour de l'objet sur lequel elles avaient &#233;crit durant l'atelier, une premi&#232;re lecture sur sc&#232;ne suivie des deux autres au format vid&#233;o, sur un &#233;cran partag&#233; en deux o&#249; d'un c&#244;t&#233; on assistait &#224; la lecture de la personne pendant que sur l'autre versant vid&#233;o elle &#233;coutait sa lecture, et inversement pour la troisi&#232;me lecture. Une soir&#233;e charg&#233;e en &#233;motion.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Un dialogue permanent</title>
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		<dc:date>2025-08-10T06:30:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Pierre M&#233;nard</dc:creator>


		<dc:subject>Architecture</dc:subject>
		<dc:subject>Art</dc:subject>
		<dc:subject>Atelier</dc:subject>
		<dc:subject>Biographie</dc:subject>
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		<description>
&lt;p&gt;De la fuite dans les id&#233;es &lt;br class='autobr' /&gt;
Partout en France il y a des festivals, notamment pendant l'&#233;t&#233;. Quand on habite Paris, on se dit qu'il faudrait &#234;tre en vacances dans la r&#233;gion pour y assister. Notre arriv&#233;e &#224; La Ciotat correspond aux dates du Festival Tournez la plage, festival des &#233;critures contemporaines qui a lieu du 1&#7497;&#691; au 3 ao&#251;t. Depuis 8 ans, avec ce festival, la po&#233;sie investit la rue, les places et les quais. Elle bouscule et transporte le public. Nous assistons en famille aux (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.liminaire.fr/chronique/entre-les-lignes/" rel="directory"&gt;Entre les lignes&lt;/a&gt;

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		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.liminaire.fr/local/cache-vignettes/L150xH75/contacts_succcessifs_33_1_-2b253.png?1754807406' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='75' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;De la fuite dans les id&#233;es&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Partout en France il y a des festivals, notamment pendant l'&#233;t&#233;. Quand on habite Paris, on se dit qu'il faudrait &#234;tre en vacances dans la r&#233;gion pour y assister. Notre arriv&#233;e &#224; La Ciotat correspond aux dates du Festival &lt;i&gt;Tournez la plage&lt;/i&gt;, festival des &#233;critures contemporaines qui a lieu du 1&#7497;&#691; au 3 ao&#251;t. Depuis 8 ans, avec ce festival, la po&#233;sie investit la rue, les places et les quais. Elle bouscule et transporte le public. Nous assistons en famille aux performances de Peter Hart, A. C. Hello et Charles Pennequin. &#192; l'ombre de la place Evariste Gras, &#224; proximit&#233; de l'architecture m&#233;tallique de l'ancien march&#233; couvert, une soixantaine de spectateurs. Les trois auteurs se succ&#232;dent derri&#232;re le micro. L'improvisation de Peter Hart se d&#233;plie comme un mantra d&#233;sacralis&#233; fait de r&#233;p&#233;titions et de boucles successives. La lecture lyrique d'AC Hello sur les ravages de la guerre est hypnotique et &#233;mouvante. Charles Pennequin propose des r&#233;flexions sur la place de l'auteur et de l'&#233;criture tout en gesticulant son texte &lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;https://youtu.be/JZs3HNVrMP0?si=-UewlOobCXcDN4WS&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Les cloportes&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt; et plusieurs extraits de son livre &lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;https://liminaire.fr/creation/radio-marelle/article/petite-bande-de-charles-pennequin&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Petite bande&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;, en faisant des bruitages, en jouant avec la saturation du micro et en amplifiant sa voix avec son m&#233;gaphone.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_8456 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.liminaire.fr/IMG/jpg/54693527592_93cb96c112_k.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.liminaire.fr/local/cache-vignettes/L500xH333/54693527592_93cb96c112_k-64923.jpg?1754807406' width='500' height='333' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;center&gt;Villa Deroze, La Ciotat, 1er ao&#251;t 2025&lt;/center&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;L'air des sons &#224; l'oreille sur la peau&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le chant des cigales le jour, d&#232;s qu'il fait 25&#176; &#231;a commence et &#231;a ne s'arr&#234;te qu'au soir o&#249; le grillon prend son relais, &#224; la fois plus aigu et m&#233;lodieux. Le cri du coucou qui ponctue la journ&#233;e comme le roucoulement des tourterelles qui revient quand on a oubli&#233; leur pr&#233;sence. Le chant du coq le matin et le soir. La pie qui jacasse. &#192; la tomb&#233;e du jour notamment, o&#249; elle fait le tour des grands pins de la propri&#233;t&#233;, en se postant au fa&#238;te des arbres. Le bourdonnement des mouches assez peu pr&#233;sentes contrairement aux moustiques et leurs piqures urticantes. Le bourdonnement des abeilles et des gu&#234;pes. Le cri du perroquet dans la maison du voisin qui dialogue tous les soirs avec la perruche qui partage sa voli&#232;re. Certains jours le perroquet s'amuse &#224; imiter le braiment de l'&#226;ne, c'est assez perturbant. Les aboiements lointain d'un chien dans le voisinage, qui ponctue &#224; espace r&#233;guliers l'ensemble de ces sons. Le craquement de l'&#233;corce des arbres du jardin. Le vent dans les pins centenaires qui n'a rien &#224; voir le son qu'il produit dans les branches des feuillus. Il arrive par bourrasques et rappelle le son de certains films de Fellini, ce bruit lancinant, pr&#233;sent pour signifier l'indicible, la marque du temps que l'on ne peut rattraper, que l'on ne peut dompter.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Il n'y a que ceux qui n'ont rien &#224; faire qui ont le temps de se compliquer la vie&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La Villa Deroze a &#233;t&#233; construite en 1948 sur un terrain isol&#233;, d&#233;couvert pendant l'occupation allemande de la Ciotat dans le quartier dit Pignet de Rohan. Gilbert Deroze, pharmacien, y construit en 1957 un laboratoire de produits pharmaceutiques, qui fonctionnera jusqu'en 1970. Passionn&#233; de peinture, de sculpture, de musique et d'architecture, il cr&#233;e quand il trouve le temps. Une des pi&#232;ces les plus &#233;tonnantes de sa villa, dont les murs sont recouverts de ses toiles tandis que le jardin est parsem&#233; de sculptures et des &#339;uvres d'autres artistes, est un peu secr&#232;te. Pour y acc&#233;der, plusieurs portes &#224; pousser, plusieurs sas &#224; franchir. Il s'agit de l'atelier de l'ancien propri&#233;taire du lieu, Gilbert Deroze. La pi&#232;ce est assez lumineuse, malgr&#233; l'absence de grandes fen&#234;tres. Au centre, une tr&#232;s belle table en bois jonch&#233;e de papiers, de boites de couleurs, de pinceaux, de bouteilles d'encre de Chine, de vernis &#224; peindre, d'ac&#233;tone. Contre le pied de la table, un porte-carton dans lequel on trouve p&#234;le-m&#234;le des gravures anciennes, des esquisses de dessins, des peintures sur papiers de l'artiste. Sur le pan de mur &#224; gauche, un large buffet &#224; c&#244;t&#233; d'un &#233;tabli, sur le dessus duquel tra&#238;nent de vieux tableaux peints &#224; l'huile, une photographie de l'artiste en jeune gar&#231;on, une pipe &#224; la bouche, entour&#233; de bustes dont on peut supposer qu'il s'agit de ses enfants. Plus incongru dans cet atelier, de grands circuits int&#233;gr&#233;s accol&#233;s aux murs tels des tableaux d'un autre temps. De l'autre c&#244;t&#233; de la pi&#232;ce, les murs sont int&#233;gralement recouverts d'&#233;tag&#232;res en bois et parpaings o&#249; reposent des centaines de bustes, sculptures anthropomorphes, r&#233;alis&#233;es &#224; partir de deux grosses pierres dispos&#233;es l'une sur l'autre, choisies par l'artiste pour leur expressivit&#233;. Il trace les yeux, la bouche, parfois le nez, en creusant l&#233;g&#232;rement leurs contours dans la pierre brute. Sur le socle en bois de chaque &#339;uvre, une plaque indique leur titre, noms de personnalit&#233;s, types de personnes, de caract&#232;res ou d'&#233;motions. La liste de ces figures forme une &#233;trange galerie de portraits qui dessine en creux l'autoportrait de leur auteur.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_8455 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.liminaire.fr/IMG/jpg/39516248952_fa63f1b7a1_k.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.liminaire.fr/local/cache-vignettes/L500xH281/39516248952_fa63f1b7a1_k-fe003.jpg?1754807406' width='500' height='281' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;center&gt;Exposition en plein air, Mus&#233;e des Beaux-Arts, Bordeaux, 6 janvier 2018&lt;/center&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Ligne de partage au-dessus du vide&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&#233;closion du sens est le sens m&#234;me. C'est la r&#233;v&#233;lation quotidienne de l'&#233;criture. Il n'y a de sens que dans cette vibration initiale o&#249; l'id&#233;e prend forme au moment m&#234;me de son surgissement. Le reste n'est que m&#233;moire, d&#233;p&#244;t, s&#233;diment. C'est pourquoi certaines exp&#233;riences brutales, inattendues, agissent comme des secousses capables de nous rendre &#224; ce moment v&#233;ritable. Ce point de rencontre. Le r&#233;veil apr&#232;s un accident, apr&#232;s une perte de conscience, quand la lumi&#232;re, les sons, les odeurs se recomposent et que tout semble miraculeusement l&#224;. &lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Le 24 octobre 1776, Jean-Jacques Rousseau est renvers&#233; par un gros chien (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; Ce n'est pas seulement un retour au monde, mais sa premi&#232;re apparition. Tout se donne comme neuf, m&#234;me ce qui nous &#233;tait le plus familier. Ce trottoir, cet arbre, ce morceau de ciel ne sont pas reconnus, ils naissent &#224; nous, et nous avec eux. La perception, dans ces instants, n'est pas un simple enregistrement du r&#233;el. C'est une invention. Nous croyons voir ce qui est, mais nous faisons advenir ce qui appara&#238;t. Il y a dans cette co&#239;ncidence entre le regard et le monde autour de nous un geste cr&#233;ateur, aussi fragile qu'absolu, qui pr&#233;c&#232;de le langage et dont le langage ne garde qu'une trace fugace. Penser &#224; partir de l&#224;, c'est refuser l'id&#233;e que le monde est donn&#233; une fois pour toutes. C'est admettre qu'il est en perp&#233;tuelle invention dans notre exp&#233;rience. Penser, ce n'est pas stocker, analyser, d&#233;duire, mais accueillir ce qui advient comme si c'&#233;tait la premi&#232;re fois, et le laisser se d&#233;plier en nous. Repenser la pens&#233;e du monde, retrouver cette disponibilit&#233; du regard qui sait que rien n'est acquis, que tout peut se d&#233;faire et se reformer, que chaque perception est une &#233;closion. Que celle-ci, loin d'&#234;tre un miracle isol&#233;, est la condition m&#234;me de notre pr&#233;sence au monde.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Le 24 octobre 1776, Jean-Jacques Rousseau est renvers&#233; par un gros chien danois &#224; la barri&#232;re de M&#233;nilmontant. Il perd connaissance. Ce qu'il raconte dans la deuxi&#232;me de ses &lt;i&gt;R&#234;veries du promeneur solitaire&lt;/i&gt; : &#171; J'aper&#231;us le ciel, quelques &#233;toiles, et un peu de verdure. Cette premi&#232;re sensation fut un moment d&#233;licieux&#8230; Je naissais dans cet instant &#224; la vie, et il me semblait que je remplissais de ma l&#233;g&#232;re existence tous les objets que j'apercevais. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Journal du Combat #6</title>
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		<dc:date>2025-07-08T07:00:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Pierre M&#233;nard</dc:creator>


		<dc:subject>Architecture</dc:subject>
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		<dc:subject>Atelier</dc:subject>
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		<description>
&lt;p&gt;En f&#233;vrier 2025, pour le 2&#232;me num&#233;ro de ce Journal du Combat, j'ai particip&#233;, comme de nombreuses personnes, &#224; un appel international pour rendre un hommage collectif &#224; Nicolas Nova, anthropologue franco-suisse, d&#233;c&#233;d&#233; le 31 d&#233;cembre 2024. &lt;br class='autobr' /&gt;
En 2023, Nicolas Nova avait publi&#233; Exercices d'observation aux &#233;ditions Premier Parall&#232;le, un livre invitant &#224; &#171; &#233;tudier les choses et les &#234;tres &#187; en collectant, classant, cartographiant, en s'inspirant des fa&#231;ons de faire des &#233;crivains, des (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.liminaire.fr/ecriture/au-lieu-de-se-souvenir/" rel="directory"&gt;Au lieu de se souvenir&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/architecture" rel="tag"&gt;Architecture&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/art" rel="tag"&gt;Art&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/atelier" rel="tag"&gt;Atelier&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/inventaire" rel="tag"&gt;Inventaire&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/ecriture" rel="tag"&gt;&#201;criture&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/poesie" rel="tag"&gt;Po&#233;sie&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/photographie" rel="tag"&gt;Photographie&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/sons" rel="tag"&gt;Sons&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/video" rel="tag"&gt;Vid&#233;o&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/voix" rel="tag"&gt;Voix&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/paris" rel="tag"&gt;Paris&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/ville" rel="tag"&gt;Ville&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/paysage" rel="tag"&gt;Paysage&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/memoire" rel="tag"&gt;M&#233;moire&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/quotidien" rel="tag"&gt;Quotidien&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/temps" rel="tag"&gt;Temps&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/traces" rel="tag"&gt;Traces&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/travail" rel="tag"&gt;Travail&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.liminaire.fr/local/cache-vignettes/L150xH100/54573286066_15648fb815_k_1_-5cfb4.jpg?1751958190' class='spip_logo spip_logo_right spip_logo_survol' width='150' height='100' alt=&#034;&#034; data-src-hover=&#034;IMG/logo/54578067419_d8bb8b211e_k_1_.jpg?1751576300&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;En f&#233;vrier 2025, &lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;https://liminaire.fr/ecriture/au-lieu-de-se-souvenir/article/journal-du-combat-2&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;pour le 2&#232;me num&#233;ro de ce &lt;i&gt;Journal du Combat&lt;/i&gt;&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;, j'ai particip&#233;, comme de nombreuses personnes, &#224; un appel international pour rendre un hommage collectif &#224; Nicolas Nova, anthropologue franco-suisse, d&#233;c&#233;d&#233; le 31 d&#233;cembre 2024.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 2023, Nicolas Nova avait publi&#233; &lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;https://noticing.world/fr/exercices/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Exercices d'observation&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt; aux &lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;https://www.premierparallele.fr/livre/exercices-dobservation&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&#233;ditions Premier Parall&#232;le&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;, un livre invitant &#224; &#171; &#233;tudier les choses et les &#234;tres &#187; en collectant, classant, cartographiant, en s'inspirant des fa&#231;ons de faire des &#233;crivains, des anthropologues, des ethnographes, des designers ou des artistes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je r&#233;it&#232;re l'op&#233;ration en juin, mais cette fois-ci en animant un atelier d'&#233;criture sonore itin&#233;rant qui s'est d&#233;roul&#233; le samedi 28 juin 2025, autour de la place, dans le cadre de l'&#233;v&#233;nement &lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;https://www.jds.fr/paris/manifestations/conferences/en-lieu-et-place-du-10e-au-19e-arrondissement-966868_A&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;En lieu et place&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt; organis&#233; entre janvier et juin 2025, par la &lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;https://www.paris.fr/lieux/bibliotheque-francois-villon-1722&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;biblioth&#232;que Fran&#231;ois Villon&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt; (Paris 10&#232;me).&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_8406 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.liminaire.fr/IMG/jpg/54573286596_16b6315836_k.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.liminaire.fr/local/cache-vignettes/L500xH333/54573286596_16b6315836_k-806d2.jpg?1751958191' width='500' height='333' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;J'ai propos&#233; aux participants &#224; l'atelier de choisir trois consignes parmi les huit pistes suivantes, inspir&#233;es du livre de Nicolas Nova.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1. &#201;puisement : Sur la place du Colonel Fabien, passez quinze minutes &#224; dresser un inventaire syst&#233;matique (&#233;crit ou oral) de ce qui se d&#233;roule autour de vous.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;2. Collecte : Promenez-vous pendant au moins trente minutes autour de la place et relevez tous les mots et toutes les phrases que vous rencontrez.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;3. Le&#231;on de chose : Trouvez vingt-cinq questions &#224; vous poser sur le chantier de la place sans chercher n&#233;cessairement &#224; y r&#233;pondre. Pr&#233;sentez ces questions sous forme d'une liste en vrac.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;4. Au vol : Rendez-vous dans un lieu public de la place (caf&#233;, biblioth&#232;que, banc public). Rapprochez-vous d'un groupe de deux ou trois personnes et prenez des notes &#224; propos de la discussion en cours, en vous attachant &#224; relever le maximum de d&#233;tails.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;5. Coins et recoins : Sur un territoire plus ou moins circonscrit de la place, observez les coins moins accessibles &#224; premi&#232;re vue, les passages discrets, les recoins, les interstices, les anfractuosit&#233;s quelconques. Consignez toutes les choses et les &#234;tres que vous y rencontrez. Produisez-en un ab&#233;c&#233;daire compos&#233; d'une liste et d'un court texte organis&#233; par ordre alphab&#233;tique.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_8407 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.liminaire.fr/IMG/jpg/54577021712_86eeafe568_k.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.liminaire.fr/local/cache-vignettes/L500xH333/54577021712_86eeafe568_k-60bd6.jpg?1751958191' width='500' height='333' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;6. Portrait : Rendez-vous dans un lieu un peu anim&#233; de la place et entrez en discussion avec une personne de votre choix, en lui demandant son accord. Tentez de recueillir le maximum d'informations sur son rapport au lieu, au chantier en cours, en enregistrant votre entretien.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;7. Relev&#233; : Pendant votre arpentage autour de la place, rep&#233;rez tous les objets qui ont &#233;t&#233; d&#233;tourn&#233;s de leur usage initial. Pour les remarquer, faites attention &#224; la pr&#233;sence &#233;ventuelle de bricolages en tout genre, traces d'usure ou couleurs discordantes, recours &#224; du scotch, des ficelles, des mati&#232;res disparates, ou signal&#233;tique approximative (fl&#232;ches, messages, dessins griffonn&#233;s).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;8. Cueillette : Ramassez tous les petits objets (artificiels ou naturels) rencontr&#233;s dans votre promenade : bouteilles, m&#233;gots de cigarette, tickets de transports en commun, feuilles mortes, d&#233;bris en plastique, d&#233;pliants, plumes d'oiseau, etc. Mettez-les dans un sac ou un bocal, et d&#233;posez-les apr&#232;s sur une grande feuille de papier au sol (faites-en des photos si vos trouvailles vous r&#233;pugnent ou que les observables sont trop volumineux). Produisez une classification.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_8408 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.liminaire.fr/IMG/jpg/54601549906_8dc65e1dc5_k.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.liminaire.fr/local/cache-vignettes/L500xH333/54601549906_8dc65e1dc5_k-df7ac.jpg?1751958191' width='500' height='333' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Les enregistrements sonores r&#233;alis&#233;s en m&#234;me temps que les textes &#233;crits lors de l'arpentage de la place du Colonel Fabien, textes lus et enregistr&#233;s &#224; l'issue de l'atelier par les participants se pr&#233;sentent sous deux formes diff&#233;rentes :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Pi&#232;ce sonore : &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip_document_8421 spip_document spip_documents spip_document_audio spip_documents_left spip_document_left&#034;&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;div class=&#034;audio-wrapper&#034; style='width:400px;max-width:100%;'&gt; &lt;audio class=&#034;mejs mejs-8421 &#034; data-id=&#034;62aab5aac0a1ce69938ba01bc155a885&#034; src=&#034;IMG/mp3/place_du_colonel_fabien.mp3&#034; type=&#034;audio/mpeg&#034; preload=&#034;none&#034; data-mejsoptions='{&#034;iconSprite&#034;: &#034;plugins-dist/medias/lib/mejs/mejs-controls.svg&#034;,&#034;alwaysShowControls&#034;: true,&#034;loop&#034;:false,&#034;audioWidth&#034;:&#034;100%&#034;,&#034;duration&#034;:1114}' controls=&#034;controls&#034; &gt;&lt;/audio&gt; &lt;/div&gt;
&lt;div class=&#034;base64javascript5093803346a27d5445b2101.25196081&#034; title=&#034;PHNjcmlwdD4gdmFyIG1lanNwYXRoPSdwbHVnaW5zLWRpc3QvbWVkaWFzL2xpYi9tZWpzL21lZGlhZWxlbWVudC1hbmQtcGxheWVyLm1pbi5qcz8xNzcyNzk1ODQwJyxtZWpzY3NzPSdwbHVnaW5zLWRpc3QvbWVkaWFzL2xpYi9tZWpzL21lZGlhZWxlbWVudHBsYXllci5taW4uY3NzPzE3NzI3OTU4NDAnOwp2YXIgbWVqc2xvYWRlcjsKKGZ1bmN0aW9uKCl7dmFyIGE9bWVqc2xvYWRlcjsidW5kZWZpbmVkIj09dHlwZW9mIGEmJihtZWpzbG9hZGVyPWE9e2dzOm51bGwscGx1Zzp7fSxjc3M6e30saW5pdDpudWxsLGM6MCxjc3Nsb2FkOm51bGx9KTthLmluaXR8fChhLmNzc2xvYWQ9ZnVuY3Rpb24oYyl7aWYoInVuZGVmaW5lZCI9PXR5cGVvZiBhLmNzc1tjXSl7YS5jc3NbY109ITA7dmFyIGI9ZG9jdW1lbnQuY3JlYXRlRWxlbWVudCgibGluayIpO2IuaHJlZj1jO2IucmVsPSJzdHlsZXNoZWV0IjtiLnR5cGU9InRleHQvY3NzIjtkb2N1bWVudC5nZXRFbGVtZW50c0J5VGFnTmFtZSgiaGVhZCIpWzBdLmFwcGVuZENoaWxkKGIpfX0sYS5pbml0PWZ1bmN0aW9uKCl7ITA9PT1hLmdzJiZmdW5jdGlvbihjKXtqUXVlcnkoImF1ZGlvLm1lanMsdmlkZW8ubWVqcyIpLm5vdCgiLmRvbmUsLm1lanNfX3BsYXllciIpLmVhY2goZnVuY3Rpb24oKXtmdW5jdGlvbiBiKCl7dmFyIGU9ITAsaDtmb3IoaCBpbiBkLmNzcylhLmNzc2xvYWQoZC5jc3NbaF0pO2Zvcih2YXIgZiBpbiBkLnBsdWdpbnMpInVuZGVmaW5lZCI9PQp0eXBlb2YgYS5wbHVnW2ZdPyhlPSExLGEucGx1Z1tmXT0hMSxqUXVlcnkuZ2V0U2NyaXB0KGQucGx1Z2luc1tmXSxmdW5jdGlvbigpe2EucGx1Z1tmXT0hMDtiKCl9KSk6MD09YS5wbHVnW2ZdJiYoZT0hMSk7ZSYmalF1ZXJ5KCIjIitjKS5tZWRpYWVsZW1lbnRwbGF5ZXIoalF1ZXJ5LmV4dGVuZChkLm9wdGlvbnMse3N1Y2Nlc3M6ZnVuY3Rpb24oYSxjKXtmdW5jdGlvbiBiKCl7dmFyIGI9alF1ZXJ5KGEpLmNsb3Nlc3QoIi5tZWpzX19pbm5lciIpO2EucGF1c2VkPyhiLmFkZENsYXNzKCJwYXVzaW5nIiksc2V0VGltZW91dChmdW5jdGlvbigpe2IuZmlsdGVyKCIucGF1c2luZyIpLnJlbW92ZUNsYXNzKCJwbGF5aW5nIikucmVtb3ZlQ2xhc3MoInBhdXNpbmciKS5hZGRDbGFzcygicGF1c2VkIil9LDEwMCkpOmIucmVtb3ZlQ2xhc3MoInBhdXNlZCIpLnJlbW92ZUNsYXNzKCJwYXVzaW5nIikuYWRkQ2xhc3MoInBsYXlpbmciKX1iKCk7YS5hZGRFdmVudExpc3RlbmVyKCJwbGF5IixiLCExKTsKYS5hZGRFdmVudExpc3RlbmVyKCJwbGF5aW5nIixiLCExKTthLmFkZEV2ZW50TGlzdGVuZXIoInBhdXNlIixiLCExKTthLmFkZEV2ZW50TGlzdGVuZXIoInBhdXNlZCIsYiwhMSk7Zy5hdHRyKCJhdXRvcGxheSIpJiZhLnBsYXkoKX19KSl9dmFyIGc9alF1ZXJ5KHRoaXMpLmFkZENsYXNzKCJkb25lIiksYzsoYz1nLmF0dHIoImlkIikpfHwoYz0ibWVqcy0iK2cuYXR0cigiZGF0YS1pZCIpKyItIithLmMrKyxnLmF0dHIoImlkIixjKSk7dmFyIGQ9e29wdGlvbnM6e30scGx1Z2luczp7fSxjc3M6W119LGUsaDtmb3IoZSBpbiBkKWlmKGg9Zy5hdHRyKCJkYXRhLW1lanMiK2UpKWRbZV09alF1ZXJ5LnBhcnNlSlNPTihoKTtiKCl9KX0oalF1ZXJ5KX0pO2EuZ3N8fCgidW5kZWZpbmVkIiE9PXR5cGVvZiBtZWpzY3NzJiZhLmNzc2xvYWQobWVqc2NzcyksYS5ncz1qUXVlcnkuZ2V0U2NyaXB0KG1lanNwYXRoLGZ1bmN0aW9uKCl7YS5ncz0hMDthLmluaXQoKTtqUXVlcnkoYS5pbml0KTtvbkFqYXhMb2FkKGEuaW5pdCl9KSl9KSgpOzwvc2NyaXB0Pg==&#034;&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;br&gt; &lt;br&gt;
&lt;br&gt;
&lt;strong&gt;Vid&#233;o incluant un extrait sonore de l'atelier :&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les textes ont &#233;t&#233; &#233;crits et lus par Hoan Bui-Yuan, Marine Brogard et J&#233;r&#233;my Rondin. &lt;br class='autobr' /&gt;
Les interviews r&#233;alis&#233;es par Hoan Bui-Yuan.&lt;/p&gt;
&lt;center&gt;&lt;iframe width=&#034;640&#034; height=&#034;395&#034; src=&#034;https://www.youtube.com/embed/_JNNbAIVSxQ&#034; title=&#034;&#034; frameborder=&#034;0&#034; allow=&#034;accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share&#034; referrerpolicy=&#034;strict-origin-when-cross-origin&#034; allowfullscreen&gt;&lt;/iframe&gt;&lt;/center&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Photographies du chantier (Juin 2025) : &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;center&gt; &lt;iframe style=&#034;width: 640px; height: 460px;&#034; scrolling=&#034;no&#034; align=&#034;middle&#034; frameborder=&#034;0&#034; src=&#034;https://www.flickr.com/photos/liminaire/sets/72177720327324309/player&#034;&gt;&lt;/iframe&gt; &lt;/center&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Vid&#233;o du chantier (Juin 2025) : &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;center&gt;&lt;iframe width=&#034;640&#034; height=&#034;395&#034; src=&#034;https://www.youtube.com/embed/P4X0jZef1Xk&#034; title=&#034;&#034; frameborder=&#034;0&#034; allow=&#034;accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share&#034; referrerpolicy=&#034;strict-origin-when-cross-origin&#034; allowfullscreen&gt;&lt;/iframe&gt;&lt;/center&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Un songe qui n'est pas r&#234;v&#233;</title>
		<link>https://www.liminaire.fr/chronique/entre-les-lignes/article/un-songe-qui-n-est-pas-reve</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.liminaire.fr/chronique/entre-les-lignes/article/un-songe-qui-n-est-pas-reve</guid>
		<dc:date>2025-04-13T07:00:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Pierre M&#233;nard</dc:creator>


		<dc:subject>Biographie</dc:subject>
		<dc:subject>Cin&#233;ma</dc:subject>
		<dc:subject>Journal</dc:subject>
		<dc:subject>Photographie</dc:subject>
		<dc:subject>Po&#233;sie</dc:subject>
		<dc:subject>R&#233;cit</dc:subject>
		<dc:subject>Ville</dc:subject>
		<dc:subject>Paris</dc:subject>
		<dc:subject>Contacts successifs</dc:subject>
		<dc:subject>D&#233;rive</dc:subject>
		<dc:subject>M&#233;moire</dc:subject>
		<dc:subject>Mort</dc:subject>
		<dc:subject>Sensation</dc:subject>
		<dc:subject>Temps</dc:subject>
		<dc:subject>Biblioth&#232;que</dc:subject>
		<dc:subject>Atelier</dc:subject>
		<dc:subject>Chris Marker</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Appeler le pass&#233; et l'avenir au secours du pr&#233;sent &lt;br class='autobr' /&gt;
Le hasard a des intuitions qu'il ne faut pas prendre pour des co&#239;ncidences. Cette id&#233;e, profond&#233;ment ancr&#233;e dans les r&#233;flexions de Chris Marker, trouve une r&#233;sonance particuli&#232;re dans le film de Dominique Cabrera Le cinqui&#232;me plan de La Jet&#233;e. Ce film explore les liens invisibles entre le cin&#233;ma et la m&#233;moire, entre les images d'un pass&#233; oubli&#233; et les visages d'une &#233;poque r&#233;volue. C'est au cours d'une exposition de Chris Marker &#224; la (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/chris-marker" rel="tag"&gt;Chris Marker&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.liminaire.fr/local/cache-vignettes/L150xH75/contacts_succcessifs_16_1_-cfebb.png?1744527775' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='75' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Appeler le pass&#233; et l'avenir au secours du pr&#233;sent&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le hasard a des intuitions qu'il ne faut pas prendre pour des co&#239;ncidences.&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Exposition L'Image d'apr&#232;s, Chris Marker, &#233;d. La Cin&#233;math&#232;que fran&#231;aise, 2007&#034; id=&#034;nh2-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; Cette id&#233;e, profond&#233;ment ancr&#233;e dans les r&#233;flexions de Chris Marker, trouve une r&#233;sonance particuli&#232;re &lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;https://www.arte.tv/fr/videos/109351-000-A/le-cinquieme-plan-de-la-jetee/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;dans le film de Dominique Cabrera &lt;i&gt;Le cinqui&#232;me plan de&lt;/i&gt; La Jet&#233;e&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;. Ce film explore les liens invisibles entre le cin&#233;ma et la m&#233;moire, entre les images d'un pass&#233; oubli&#233; et les visages d'une &#233;poque r&#233;volue. C'est au cours d'une exposition de Chris Marker &#224; la Cin&#233;math&#232;que fran&#231;aise que le cousin de Dominique, Jean-Henri Bertrand, reconna&#238;t un fragment de sa propre histoire dans un film culte du cin&#233;ma fran&#231;ais. Sur un plan de La Jet&#233;e, un homme se tient de dos, sur la terrasse d'Orly, accompagn&#233; de ses parents, Julien et Ang&#232;le. Jean-Henri est convaincu que c'est lui, l'enfant du film. Le d&#233;tail, pourtant anodin pour l'observateur ext&#233;rieur, lui semble &#234;tre la confirmation d'une intuition enfouie : il se reconna&#238;t dans l'image, dans les oreilles d&#233;coll&#233;es, la coupe de cheveux, la posture pench&#233;e de son p&#232;re. Ce n'est pas une co&#239;ncidence, mais bien un lien secret, un morceau du puzzle de sa propre histoire familiale. Et toute la famille semble d'accord : la reconnaissance est unanime. Ce moment, suspendu entre le pass&#233; et le pr&#233;sent, est celui o&#249; le film de Marker prend une forme nouvelle pour Cabrera. La r&#233;alit&#233; et la fiction se confondent dans cette image d'archive, film&#233;e en 1962, dans l'ombre discr&#232;te de Chris Marker lui-m&#234;me. Le hasard, cette intuition presque furtive, se d&#233;voile &#224; travers un film qui capte bien plus qu'une simple sc&#232;ne d'a&#233;roport : il fixe l'instant d'un pass&#233; que l'on croyait effac&#233;, en particulier pour une famille qui a travers&#233; l'exil, comme tant d'autres durant les ann&#233;es 60. Orly, point de d&#233;part des espoirs et des d&#233;chirements, est aussi le lieu des retrouvailles inattendues avec une image famili&#232;re, presque intime. La famille Bertrand est ainsi projet&#233;e dans le vortex du film, cet entre-deux temporel o&#249; le souvenir de l'exil et du retour en France se m&#234;le &#224; l'image fig&#233;e d'un pass&#233; inalt&#233;r&#233;. Dominique Cabrera et Jean-Henri, aujourd'hui dans la salle de montage, confrontent ces images, ces photos prises par le p&#232;re de Jean-Henri, et celles de Chris Marker. Par cette confrontation, l'histoire s'&#233;largit, les souvenirs sont revisit&#233;s. Cabrera se trouve, pour un instant, dans un m&#234;me espace que la cam&#233;ra de Marker, cherchant l'endroit pr&#233;cis d'o&#249; Chris a pris son clich&#233;, dans une qu&#234;te qui semble aussi improvis&#233;e que pos&#233;e. La v&#233;rit&#233; de la rencontre de ces deux familles, entre les &#233;clats du pass&#233; et l'ombre du cin&#233;ma, prend un tour plus lourd, plus &#233;mouvant. Dans l'entrelacs de ces images, &lt;i&gt;Le cinqui&#232;me plan de La Jet&#233;e&lt;/i&gt; devient une m&#233;taphore du cin&#233;ma de Marker, un cin&#233;ma qui, loin d'&#234;tre fig&#233; dans des images mortes, transporte en lui des fragments de vie et des co&#239;ncidences qui se tissent &#224; travers le temps. Cabrera, en filmant cette rencontre, nous offre une r&#233;flexion sur les liens invisibles du pass&#233;, sur la mani&#232;re dont des images, prises sur le vif, peuvent marquer une existence et r&#233;sonner bien au-del&#224; de leur apparition &#224; l'&#233;cran. La famille de Jean-Henri n'a pas simplement retrouv&#233; une image d'elle-m&#234;me dans un film de 1962, mais elle a rencontr&#233; un souvenir, une m&#233;moire enfouie qui les ram&#232;ne au c&#339;ur d'un Paris d'apr&#232;s-guerre, &#224; un exil qui r&#233;sonne dans leurs corps, dans leurs &#226;mes. L'intuition du hasard se fait alors plus &#233;vidente : les co&#239;ncidences ne sont que des apparences d'une v&#233;rit&#233; plus profonde, celle qui r&#233;side dans les silences, les omissions et les r&#233;miniscences d'une &#233;poque marqu&#233;e par la douleur et l'espoir du retour. En red&#233;couvrant ces images, Cabrera nous invite &#224; comprendre que le cin&#233;ma, tout comme le temps, ne fait pas que raconter des histoires : il construit des ponts entre les individus et les &#233;v&#233;nements. Et parfois, dans ce maillage complexe d'images, de souvenirs et de hasards, l'histoire se fait plus fluide, se m&#234;le, se recompose et nous appelle &#224; revoir le pass&#233;, non pas pour le r&#233;&#233;crire, mais pour en percevoir les lignes secr&#232;tes, les intuitions cach&#233;es qui nous traversent.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_8304 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.liminaire.fr/IMG/jpg/54430713839_ac873f944a_k.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.liminaire.fr/local/cache-vignettes/L500xH333/54430713839_ac873f944a_k-0716e.jpg?1744527776' width='500' height='333' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;center&gt;&#201;cluse des morts, Canal Saint-Martin, Paris 10&#232;me, 3 avril 2025&lt;/center&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Vite, ici, maintenant, toujours&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La fin est o&#249; nous commen&#231;ons. M&#234;me quand on pense s'arr&#234;ter, on recommence. L'exploration est infinie. Ce que nous cherchons au loin, ailleurs, plus tard, c'est peut-&#234;tre quelque chose que nous avions d&#233;j&#224;, d&#232;s le d&#233;but. Comme si toute qu&#234;te nous ramenait, &lt;i&gt;in fine&lt;/i&gt;, &#224; l'origine. Mais on ne revient pas identique. Le retour est un cercle, mais c'est un cercle ascendant. La r&#233;v&#233;lation ne vient pas de la nouveaut&#233;, mais du regard. Ce lieu qu'on connaissait d&#233;j&#224;, on le voit soudain pour la premi&#232;re fois. On le reconna&#238;t, avec des yeux neufs, avec l'exp&#233;rience du voyage, de la perte, du temps. Parfois, il faut se perdre tr&#232;s loin pour vraiment voir ce qu'on avait sous les yeux. Il faut vieillir pour voir l'enfance. Il faut aimer, perdre, chercher, tomber, recommencer, pour que ce qui &#233;tait familier devienne soudain myst&#233;rieux, vibrant, sacr&#233;. La fin, c'est l'endroit d'o&#249; nous partons. C'&#233;tait ici, depuis toujours.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Et le vide alentour&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le taxi est gar&#233; en double file. &#192; cet endroit de la place, il ne g&#234;ne pas la circulation. Le chauffeur sort du v&#233;hicule, les bras charg&#233;s d'un lourd bouquet de fleurs enrob&#233; de cellophane. Il marche lentement en longeant son taxi noir. Le bouquet devant lui, contre son torse. Il regarde autour de lui, &#224; l'aff&#251;t. Est-ce qu'il fait attention &#224; la circulation des v&#233;hicules qui le fr&#244;lent &#224; cet endroit marquant un r&#233;tr&#233;cissement de la route ? H&#233;site-t-il sur ce qu'il doit faire de cet encombrant bouquet ? Je ne sais pas, mais sa d&#233;marche est intrigante. Il a remarqu&#233; que je l'observe &#224; distance. Je ne sais pas pourquoi j'ai pens&#233; qu'il cherchait discr&#232;tement &#224; se d&#233;barrasser du bouquet en le jetant derri&#232;re la barri&#232;re du chantier &#224; proximit&#233;. Mais il n'en fait rien. Il ouvre la porte arri&#232;re de son taxi pour y d&#233;poser le bouquet. Je m'en veux tout &#224; coup de l'avoir soup&#231;onn&#233;. Je pense &#224; un enterrement. Je viens d'apprendre qu'un ancien coll&#232;gue que je ne connaissais pas bien, plus jeune que moi, vient de mourir. Il &#233;tait d&#233;j&#224; parti quand j'ai &#233;t&#233; engag&#233; &#224; la biblioth&#232;que Fran&#231;ois Villon. L'annonce de son d&#233;c&#232;s me d&#233;sar&#231;onne, de la m&#234;me mani&#232;re que le man&#232;ge myst&#233;rieux de cet homme et de son bouquet.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_8305 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.liminaire.fr/IMG/jpg/9648310870_4629741ce5_k.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.liminaire.fr/local/cache-vignettes/L500xH334/9648310870_4629741ce5_k-3c486.jpg?1744527776' width='500' height='334' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;center&gt;Passy, Paris 16&#232;me, 1er septembre 2013&lt;/center&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Au hasard des rues&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sous la vo&#251;te des arbres, les oiseaux nous survolent en nous fr&#244;lant. L'inqui&#233;tude de leurs mouvements en sens contraire devrait nous alerter. On poursuit notre chemin. Noter tout ce que l'on voit, ce que l'on croise, ce que l'on entend &#224; travers les rues. Le groupe des participants &#224; l'atelier d'&#233;criture marche derri&#232;re moi en ordre dispers&#233;. Je me retourne discr&#232;tement pour v&#233;rifier qu'ils me suivent. En quelques minutes &#224; peine, le ciel s'est couvert, sous un voile diffus. Le vent se l&#232;ve. Bourrasques soudaines. Pluie de graines de platanes qui pique les yeux. Je ferme les yeux tout en continuant &#224; marcher. Un raccourci coupe &#224; travers la cit&#233; Saint-Chaumont. Un joli passage, bord&#233; d'immeubles et de maisons, entre les boulevards de la Villette et Simon-Bolivar. Une voie priv&#233;e. Le vent agite les branches des prunus en fleurs de l'all&#233;e, couvrant le sol de celle-ci d'un &#233;pais tapis de p&#233;tales roses, confettis &#233;ph&#233;m&#232;res. Devant un magasin de t&#233;l&#233;phonie mobile, un jeune homme regarde un match de foot sur l'&#233;cran de son smartphone. Je comprends, en entendant les commentaires, que le match a d&#233;j&#224; eu lieu. Dans les conditions du direct. Sur la butte Bergeyre, l'effet de perspective trouble notre perception des distances. De loin, le Sacr&#233;-C&#339;ur parait &#233;trangement plus grand et plus d&#233;fini que lorsqu'on s'en rapproche. Les nuages sur le fond du ciel lui dressent une couronne de teintes gris&#233;es qui en renforcent la min&#233;ralit&#233;. L'impression d'un ch&#226;teau dans le ciel. Le bruit d'une sir&#232;ne retentit dans la rue, mais aucune ambulance &#224; proximit&#233;. Une jeune femme nous d&#233;passe, un smartphone devant les yeux. Le son provient d'une s&#233;rie qu'elle regarde en marchant. Le temps se couvre. Le ciel devient gris et tout para&#238;t sale. La poussi&#232;re des trottoirs se soul&#232;ve sous les rafales de vent. Les beaux jours des derni&#232;res semaines sont derri&#232;re nous. Quelques gouttes de pluie pars&#232;ment le sol de p&#233;tales grises. Nous &#233;courtons la promenade afin de rentrer &#233;crire un texte qui restitue cette errance de l'esprit qui suit le fil ou plut&#244;t les zigzags de la pens&#233;e, comme un promeneur errant au hasard des rues, disponible &#224; tous les possibles.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb2-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Exposition L'Image d'apr&#232;s, Chris Marker, &#233;d. La Cin&#233;math&#232;que fran&#231;aise, 2007&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Dans le monde &#224; l'envers</title>
		<link>https://www.liminaire.fr/chronique/entre-les-lignes/article/dans-le-monde-a-l-envers</link>
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		<dc:date>2025-03-23T08:00:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Pierre M&#233;nard</dc:creator>


		<dc:subject>Architecture</dc:subject>
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		<dc:subject>Regard</dc:subject>
		<dc:subject>Silence</dc:subject>
		<dc:subject>Visage</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Il faudrait commencer par les mots qui terminent &lt;br class='autobr' /&gt;
Reflets qui d&#233;forment les fa&#231;ades des immeubles, renversent les perspectives, modifiant jusqu'au vertige les dimensions et parfois m&#234;me la mat&#233;rialit&#233;. Les ombres de leurs silhouettes d&#233;coupent &#224; l'int&#233;rieur de leur vis-&#224;-vis surexpos&#233; une trou&#233;e sombre qui les transperce. Dans la salle d'un restaurant prestigieux, dont c'est la journ&#233;e de fermeture, la lumi&#232;re s'infiltre &#224; l'int&#233;rieur, &#224; travers les rideaux pourtant tir&#233;s, laissant penser (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/bibliotheque" rel="tag"&gt;Biblioth&#232;que&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/ville" rel="tag"&gt;Ville&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/regard" rel="tag"&gt;Regard&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/silence" rel="tag"&gt;Silence&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/visage" rel="tag"&gt;Visage&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.liminaire.fr/local/cache-vignettes/L150xH75/contacts_succcessifs_13_1_-b8a17.png?1742716957' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='75' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Il faudrait commencer par les mots qui terminent&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Reflets qui d&#233;forment les fa&#231;ades des immeubles, renversent les perspectives, modifiant jusqu'au vertige les dimensions et parfois m&#234;me la mat&#233;rialit&#233;. Les ombres de leurs silhouettes d&#233;coupent &#224; l'int&#233;rieur de leur vis-&#224;-vis surexpos&#233; une trou&#233;e sombre qui les transperce. Dans la salle d'un restaurant prestigieux, dont c'est la journ&#233;e de fermeture, la lumi&#232;re s'infiltre &#224; l'int&#233;rieur, &#224; travers les rideaux pourtant tir&#233;s, laissant penser que la salle est anim&#233;e alors qu'il n'y a aucun client, ni personne en service pour s'occuper d'eux. L'ombre translucide d'un lampadaire flotte sur le mur nu, &#224; c&#244;t&#233; de son reflet sur la vitre attenante. Une femme &#224; bol&#233;ro rouge et veste de la m&#234;me couleur est assise sur un banc, elle se penche pour attraper la lumi&#232;re. Dans son mouvement, elle tourne le dos &#224; la statue qui la surplombe en se penchant vers elle au risque de perdre l'&#233;quilibre. Un b&#226;timent en verre, install&#233; depuis longtemps au centre de la place du Palais-Royal, se fait oublier avec le temps. Les immeubles alentour donnent l'impression qu'ils l'ont d&#233;sormais accueilli parmi eux. Ils ne renvoient plus leur image en les diffractant, mais les int&#232;grent g&#233;n&#233;reusement aux siennes. Cela devient difficile de rep&#233;rer o&#249; commence l'un et o&#249; l'autre finit. Une statue vue de profil, juch&#233;e sur son haut pi&#233;destal, ne nous voit pas l'observer regarder les passants en contrebas. &lt;i&gt;Un mur au vent&lt;/i&gt; qui, malgr&#233; les bourrasques du jour, ne bouge pas quand on essaie d'en filmer le mouvement, seulement quand on &#233;teint la cam&#233;ra. Dans la vitrine d'un passage couvert, un mannequin dont les mensurations disproportionn&#233;es attirent le regard et troublent le d&#233;sir.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_8264 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.liminaire.fr/IMG/jpg/54384013101_d5be57530e_k.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.liminaire.fr/local/cache-vignettes/L500xH333/54384013101_d5be57530e_k-e62da.jpg?1742716957' width='500' height='333' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;center&gt;Quai de Valmy, Paris 10&#232;me, 13 mars 2025&lt;/center&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;L'&#233;criture est un don de soi-m&#234;me&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je poursuis la formation de mes coll&#232;gues biblioth&#233;caires du r&#233;seau parisien. Ma difficult&#233; est de parvenir &#224; leur faire saisir la dimension cr&#233;ative de ces ateliers. Un atelier d'&#233;criture, ce n'est pas un simple passe-temps, juste un loisir. Ce n'est pas non plus un enseignement. L'&#233;criture cr&#233;ative s'oppose &#224; l'approche scolaire de l'&#233;criture litt&#233;raire, bas&#233;e sur l'analyse et la reproduction des proc&#233;d&#233;s litt&#233;raires des auteurs renomm&#233;s. On a parfois encore du mal en biblioth&#232;que &#224; dissocier le plaisir d'&#233;crire de sa dimension ludique qui cantonne le public dans une consommation passive. Les mots ne sont pas un simple divertissement, ils portent en eux une charge vitale, et l'atelier d'&#233;criture consiste &#224; mettre en mouvement cette transformation, tout en assumant ses limites. Les propositions d'&#233;criture ne sont jamais des sujets de r&#233;daction. On ne cherche pas &#224; faire r&#233;diger les participants, mais &#224; les faire &#233;crire. Il n'est pas question de raconter des histoires ou de chercher &lt;i&gt;l'expression de soi&lt;/i&gt;. On laisse cela aux r&#233;seaux sociaux qui invitent sans arr&#234;t &#224; &lt;i&gt;s'exprimer&lt;/i&gt;. L'essentiel est de passer de l'&#233;criture utilitaire &#224; l'&#233;criture cr&#233;ative. La pratique de l'atelier d'&#233;criture entra&#238;ne la d&#233;couverte et la lecture de textes d'auteurs qui servent de point de d&#233;part, d'appui ou de prolongement et visent &#224; inspirer les propositions d'&#233;criture de l'animateur. Des textes susceptibles de d&#233;clencher l'&#233;criture parce qu'ils questionnent &#233;galement celui qui les propose. Faire entendre d'autres voix, des textes in&#233;dits. Des sujets qui s'&#233;loignent des manuels ou des programmes scolaires. Transformer le lecteur en &#233;crivant, avec la prise d'initiative que cela comporte. Si la lecture est pr&#233;sente dans l'atelier d'&#233;criture, c'est d&#233;j&#224; par celles qu'effectuent les participants de leurs propres textes. La lecture oralis&#233;e est aussi une cr&#233;ation. Et cela comprend la lecture des textes de tous les participants &#224; l'issue de la phase d'&#233;criture. Une lecture qui n'est pas destin&#233;e &#224; d&#233;cortiquer en d&#233;tail ni m&#234;me &#224; analyser en profondeur les textes produits, mais &#224; tirer les fils qui les relient secr&#232;tement entre eux, &#224; r&#233;v&#233;ler les &#233;chos qui enrichissent leur lecture et renforcent le partage collectif propre aux ateliers. Il faut se mettre en qu&#234;te de ce que les textes produisent chez chacun, de ce que l'on entend &#224; leur lecture, de ce que l'on ressent. Toucher davantage cette fibre sensible plut&#244;t que solliciter l'intellect.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Est-ce cela que nous voulons ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces bruits subtils qui flottent en arri&#232;re-plan d'un espace silencieux que l'on per&#231;oit &#224; peine, pourquoi les nomme-t-on silence ? Le bourdonnement d'un r&#233;frig&#233;rateur. Le souffle du vent dans les hautes herbes. Le ronronnement d'un ordinateur. Le roulement assourdi du tonnerre avant l'orage qui s'annonce au loin. Le bruissement des pages d'un livre qu'on feuillette. Le frottement d'un stylo sur le papier. Le murmure d'un n&#233;on allum&#233;. Le lointain grondement d'une avenue anim&#233;e. Le l&#233;ger craquement d'un parquet sous un pas discret. Le l&#233;ger vrombissement d'une climatisation. La respiration paisible et r&#233;guli&#232;re d'une personne endormie &#224; ses c&#244;t&#233;s. Le souffle discret du vent sous une porte. Le gr&#233;sillement d'un lampadaire dans la nuit. Les pas amortis d'un passant sur un trottoir mouill&#233;. Le murmure d'un ruisseau &#224; peine perceptible. Le bourdonnement d'un insecte lointain. Le cliquetis d'un feu tricolore pour les malvoyants. Le son feutr&#233; d'un ascenseur qui s'ouvre doucement. L'&#233;cho diffus d'une conversation &#233;touff&#233;e derri&#232;re un mur. Le vent jouant avec les rideaux d'une fen&#234;tre entreba&#238;ll&#233;e. Le silence enneig&#233;, ponctu&#233; par la chute d'un flocon sur une surface. Tous ces sons &lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;https://www.isthiswhatwewant.com/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;au seuil du silence&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;, bruits t&#233;nus qui habitent l'espace sans jamais l'envahir.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_8265 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.liminaire.fr/IMG/jpg/54390244013_dc5b01405e_k.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.liminaire.fr/local/cache-vignettes/L500xH334/54390244013_dc5b01405e_k-dcad5.jpg?1742716958' width='500' height='334' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;center&gt;Aoyama Dori, Tokyo, Japon, 2 avril 2010&lt;/center&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;D&#233;passer la limite propre de la parole&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est arriv&#233; hier soir, sans pr&#233;venir, une douleur intense au ventre, un poids sur la poitrine. J'avais l'impression que j'allais exploser. Je me suis lev&#233; de mon fauteuil, tremblant, naus&#233;eux. Je sentais mes jambes fl&#233;chir. C'&#233;tait tout mon corps qui ne tenait plus debout, pris de tremblements, de sueurs froides, d'&#233;tourdissements. Je ne pensais qu'&#224; une seule chose, m'asseoir pour &#233;viter de tomber d'un moment &#224; l'autre. Au contact du sol, dans cette position incongrue, un peu de fra&#238;cheur pour me ramener &#224; moi un court instant. La douleur est rest&#233;e tr&#232;s forte cependant, intenable, faisant pression sur mon ventre gonfl&#233;. La violence de mon vomissement m'a surprise et m'a soulag&#233;e imm&#233;diatement. La douleur a dur&#233; toute la nuit, m'obligeant &#224; retourner plusieurs fois aux toilettes. J'ai mal dormi et n'ai pas pu aller travailler aujourd'hui. Quel int&#233;r&#234;t d'&#233;crire tout cela ici, je me le demande aussi, tout en me rendant compte que je ne parviens &#224; rien &#233;crire d'autre.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Journal du regard : D&#233;cembre 2024</title>
		<link>https://www.liminaire.fr/chronique/journal/article/journal-du-regard-decembre-2024</link>
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		<dc:date>2025-01-01T08:00:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Pierre M&#233;nard</dc:creator>


		<dc:subject>Art</dc:subject>
		<dc:subject>Atelier</dc:subject>
		<dc:subject>Biographie</dc:subject>
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		<description>
&lt;p&gt;Chaque mois, un film regroupant l'ensemble des images prises au fil des jours, le mois pr&#233;c&#233;dent, et le texte qui s'&#233;crit en creux. &lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; Une sorte de palimpseste, dans lequel doivent transpara&#238;tre les traces - t&#233;nues mais non d&#233;chiffrables - de l'&#233;criture &#8220;pr&#233;alable&#8221; &#187;. &lt;br class='autobr' /&gt;
Jorge Luis Borges, Fictions &lt;br class='autobr' /&gt; J'ai des souvenirs que je n'ai pas choisis, des instants oubli&#233;s qui restent accroch&#233;s dans ma m&#233;moire. Des silences pesants, des phrases jamais prononc&#233;es. J'ai des objets inutiles dans mes (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/cinema" rel="tag"&gt;Cin&#233;ma&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/travail" rel="tag"&gt;Travail&lt;/a&gt;, 
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		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.liminaire.fr/local/cache-vignettes/L150xH84/arton2605-0f7e9.png?1739535465' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='84' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;i&gt;Chaque mois, un film regroupant l'ensemble des images prises au fil des jours, le mois pr&#233;c&#233;dent, et le texte qui s'&#233;crit en creux.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Une sorte de palimpseste, dans lequel doivent transpara&#238;tre les traces - t&#233;nues mais non d&#233;chiffrables - de l'&#233;criture &#8220;pr&#233;alable&#8221; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Jorge Luis Borges, &lt;i&gt;Fictions&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;
&lt;br&gt;
&lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;center&gt;
&lt;iframe width=&#034;560&#034; height=&#034;315&#034; src=&#034;https://www.youtube.com/embed/WpEFRf9qCX8&#034; title=&#034;&#034; frameborder=&#034;0&#034; allow=&#034;accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share&#034; referrerpolicy=&#034;strict-origin-when-cross-origin&#034; allowfullscreen&gt;&lt;/iframe&gt;&lt;/center&gt;
&lt;p&gt;&lt;br&gt;
J'ai des souvenirs que je n'ai pas choisis, des instants oubli&#233;s qui restent accroch&#233;s dans ma m&#233;moire. Des silences pesants, des phrases jamais prononc&#233;es. J'ai des objets inutiles dans mes tiroirs, il faudrait que je m'en s&#233;pare, mais je les garde par lassitude. J'ai des v&#234;tements qui ne me vont plus, des livres que je ne relirai pas. Il y a des noms qui r&#233;sonnent encore mais dont les visages s'effacent peu &#224; peu. J'ai des cicatrices sur ma peau et d'autres, invisibles. Des regards crois&#233;s avec des inconnus que je n'oublie pas. J'ai des id&#233;es qui ne sont pas les miennes, mais que je garde, comme si elles l'&#233;taient devenues. Des envies de mouvement. Une peur de l'inconnu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je crois que le silence me prot&#232;ge, mais il m'isole. Je crois que mes gestes mesur&#233;s traduisent une ma&#238;trise, alors qu'ils cachent un tremblement. Je crois que prendre la parole m'&#233;loigne de la peur. Le temps efface. Je crois que l'oubli lib&#232;re, mais il revient toujours dans une lumi&#232;re diff&#233;rente. Ce que mes yeux disent n'a parfois rien &#224; voir avec ce que je ressens. J'ai appris &#224; vivre, mais je me contente parfois de m'adapter.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les pentes douces du parc des Buttes-Chaumont la nuit, les silhouettes des passants anonymes, certains sont des habitu&#233;s, ils prom&#232;nent leur chien, des colliers lumineux autour de leurs cous qui clignotent dans l'obscurit&#233;. Les personnes crois&#233;es le matin sont tr&#232;s diff&#233;rentes de celles aper&#231;ues dans la soir&#233;e. Le matin, des travailleurs press&#233;s qui coupent par le parc, quelques sportifs font le tour du jardin malgr&#233; le froid et l'humidit&#233;. Des personnes &#226;g&#233;es en file indienne le long de l'all&#233;e principale, suivent le cours de gymnastique chinoise prodigu&#233; par un vieux professeur de Qi Gong, associant mouvements lents et respirations, le tout visant l'harmonie entre le corps et l'esprit. &#192; la tomb&#233;e de la nuit, tous les bruits de la ville s'att&#233;nuent pour laisser place aux seuls bruits du Parc. Le chant des oiseaux, l'aboiement des chiens, le souffle du vent dans les arbres. Les lumi&#232;res des lampadaires forment une guirlande dans la p&#233;nombre. J'avance &#224; pas feutr&#233;s. La douceur de l'air m'apaise apr&#232;s ma journ&#233;e de travail. Le paysage en dehors de l'all&#233;e principale est plong&#233;e dans le noir. Il y a quelque chose d'envo&#251;tant dans cette p&#233;nombre. Au loin, les immeubles align&#233;s &#224; l'horizon ressemblent &#224; un d&#233;cor de cin&#233;ma. On s'y projette d'un simple regard.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est un d&#233;licat &#233;quilibre entre savoir-faire et incertitude, exp&#233;rience et exp&#233;rimentation, d&#233;couverte et surprise, questions, r&#233;ponses, lent travail de r&#233;v&#233;lation et r&#233;guli&#232;re mise en pratique. Il y a ce que les participants esp&#232;rent trouver, leurs attentes, et ce qu'on a pr&#233;vu de leur transmettre, &#224; travers des &#339;uvres et des textes qu'on leur pr&#233;sente, ce que cela va leur permettre de d&#233;bloquer en eux pour se lancer et cr&#233;er, comment, jour apr&#232;s jour, ces diff&#233;rentes cr&#233;ations d'images et de textes, vont enrichir leur approche et transformer leur projet initial. Leur regard sur le monde. Car avant de vouloir transformer le monde, il faut savoir le regarder, l'appr&#233;hender. &#202;tre &#224; l'&#233;coute.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; la fin de la journ&#233;e, tout le monde rentre chez soi. J'aime rester apr&#232;s le d&#233;part des &#233;tudiants, dans la salle vide, je sens encore leur pr&#233;sence. Mes yeux s'attardent sur les chaises vides, les tables o&#249; trainent ce qui a &#233;t&#233; oubli&#233;, dans le d&#233;sordre de leur d&#233;part. Je remarque enfin la disposition du mobilier dans la salle, en fonction de l'usage le plus courant de celle-ci. Il y a parfois d'anciens travaux abandonn&#233;s aux murs ou sur certaines tables. Les traces d'un travail oubli&#233; depuis longtemps. Esquisses, maquettes, premiers rendus. Ce sas avant de sortir, avant de rentrer &#224; la nuit tomb&#233;e, de traverser la ville dans la froid, pour &#233;vacuer toutes les interrogations et les tentions de la journ&#233;e et les doutes qu'elles font remonter en m&#234;me temps que ce qu'elles mettent en lumi&#232;re, ce qui nous motive, la surprise de certaines propositions, l'engagement de certains &#233;tudiants, leurs trouvailles, leurs t&#226;tonnements, le calme et le s&#233;rieux qui succ&#232;dent aux moments de d&#233;contraction, o&#249; les discussions reprennent le dessus, quelques rires qui &#233;clatent, explosion de joie, avant de retourner travailler, de se concentrer &#224; nouveau sur le travail &#224; fournir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un homme marche seul dans une rue d&#233;serte, &#224; la nuit tomb&#233;e. Les arbres bordant l'all&#233;e s'agitent doucement sous le vent froid. Des guirlandes lumineuses scintillent au-dessus de lui. &#192; chaque pas, les pav&#233;s semblent vibrer, puis s'enfoncent l&#233;g&#232;rement. Il ralentit, inquiet, mais continue. Derri&#232;re lui, il entend un craquement sourd : les pav&#233;s disparaissent un &#224; un, engloutis par une profonde obscurit&#233; qui d&#233;vore la rue toute enti&#232;re. Les guirlandes, d'abord tremblotantes, s'&#233;teignent brusquement, plongeant l'espace dans le noir, &#224; l'exception de quelques &#233;toiles qui brillent, flottant maintenant &#224; sa hauteur.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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