<?xml 
version="1.0" encoding="utf-8"?><?xml-stylesheet title="XSL formatting" type="text/xsl" href="https://www.liminaire.fr/spip.php?page=backend.xslt" ?>
<rss version="2.0" 
	xmlns:dc="http://purl.org/dc/elements/1.1/"
	xmlns:content="http://purl.org/rss/1.0/modules/content/"
	xmlns:atom="http://www.w3.org/2005/Atom"
>

<channel xml:lang="fr">
	<title>LIMINAIRE</title>
	<link>https://liminaire.fr/</link>
	<description>Une palpitation, un mouvement encore immobile, un espace de sursis dans la dissolution.</description>
	<language>fr</language>
	<generator>SPIP - www.spip.net</generator>
	<atom:link href="https://www.liminaire.fr/spip.php?id_mot=41&amp;page=backend" rel="self" type="application/rss+xml" />

	<image>
		<title>LIMINAIRE</title>
		<url>https://www.liminaire.fr/local/cache-vignettes/L144xH23/siteon0-5d367.jpg?1739520154</url>
		<link>https://liminaire.fr/</link>
		<height>23</height>
		<width>144</width>
	</image>



<item xml:lang="fr">
		<title>Ce temps du dehors</title>
		<link>https://www.liminaire.fr/chronique/entre-les-lignes/article/ce-temps-du-dehors</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.liminaire.fr/chronique/entre-les-lignes/article/ce-temps-du-dehors</guid>
		<dc:date>2026-05-31T07:00:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Pierre M&#233;nard</dc:creator>


		<dc:subject>Art</dc:subject>
		<dc:subject>&#201;criture</dc:subject>
		<dc:subject>Information</dc:subject>
		<dc:subject>Journal</dc:subject>
		<dc:subject>Peinture</dc:subject>
		<dc:subject>Photographie</dc:subject>
		<dc:subject>Paris</dc:subject>
		<dc:subject>Ville</dc:subject>
		<dc:subject>Histoire</dc:subject>
		<dc:subject>Contacts successifs</dc:subject>
		<dc:subject>Quotidien</dc:subject>
		<dc:subject>Soci&#233;t&#233;</dc:subject>
		<dc:subject>Corps</dc:subject>
		<dc:subject>Enfance</dc:subject>
		<dc:subject>Architecture</dc:subject>
		<dc:subject>R&#233;cit</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;La distance du possible &lt;br class='autobr' /&gt;
J'ai particip&#233; &#224; la marche organis&#233;e par Hortense Gauthier et la revue TINA en ligne, dont le principe consistait &#224; &#233;crire une phrase de 60 caract&#232;res par heure de marche, accompagn&#233;e d'une photographie. J'ai d&#233;couvert, en rentrant de promenade dans la for&#234;t de Carnelle avec Caroline et Nina, que l'endroit avait &#233;t&#233; le cadre des premiers essais du t&#233;l&#233;graphe de Chappe. Le 12 juillet 1793, pour la premi&#232;re fois dans l'histoire, 26 mots ont &#233;t&#233; transmis en 11 minutes (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/chronique/entre-les-lignes/" rel="directory"&gt;Entre les lignes&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/art" rel="tag"&gt;Art&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/ecriture" rel="tag"&gt;&#201;criture&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/information" rel="tag"&gt;Information&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/journal" rel="tag"&gt;Journal&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/peinture" rel="tag"&gt;Peinture&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/photographie" rel="tag"&gt;Photographie&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/paris" rel="tag"&gt;Paris&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/ville" rel="tag"&gt;Ville&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/histoire" rel="tag"&gt;Histoire&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/contacts-successifs" rel="tag"&gt;Contacts successifs&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/quotidien" rel="tag"&gt;Quotidien&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/societe" rel="tag"&gt;Soci&#233;t&#233;&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/corps" rel="tag"&gt;Corps&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/enfance" rel="tag"&gt;Enfance&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/architecture" rel="tag"&gt;Architecture&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/recit" rel="tag"&gt;R&#233;cit&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.liminaire.fr/local/cache-vignettes/L150xH75/contacts_succcessifs_8_1_-ce3b8.png?1780210919' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='75' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La distance du possible&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J'ai particip&#233; &#224; la &lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;https://editionsjou.net/2026/05/27/285-focus-30-marches-les-donnees/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;marche organis&#233;e par Hortense Gauthier et la revue TINA en ligne&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;, dont le principe consistait &#224; &#233;crire une phrase de 60 caract&#232;res par heure de marche, accompagn&#233;e d'une photographie. J'ai d&#233;couvert, en rentrant de promenade dans la for&#234;t de Carnelle avec Caroline et Nina, que l'endroit avait &#233;t&#233; le cadre des premiers essais du t&#233;l&#233;graphe de Chappe. Le 12 juillet 1793, pour la premi&#232;re fois dans l'histoire, 26 mots ont &#233;t&#233; transmis en 11 minutes de M&#233;nilmontant &#224; Saint-Martin-du-Tertre, soit une distance de 26 km &#224; vol d'oiseau. Le t&#233;l&#233;graphe Chappe &#233;tait un syst&#232;me de communication visuelle invent&#233; par Claude Chappe pendant la R&#233;volution fran&#231;aise. Il permettait de transmettre rapidement des messages &#224; grande distance gr&#226;ce &#224; une cha&#238;ne de tours &#233;quip&#233;es de bras articul&#233;s visibles &#224; la longue-vue depuis la station voisine. Chaque tour, espac&#233;e d'environ dix &#224; quinze kilom&#232;tres, relayait les signaux jusqu'&#224; destination. La premi&#232;re ligne relia Paris &#224; Lille en 1794 pour des usages militaires. Le syst&#232;me se d&#233;veloppa ensuite dans toute la France. Avec l'arriv&#233;e du t&#233;l&#233;graphe &#233;lectrique dans les ann&#233;es 1840, les tours Chappe furent progressivement abandonn&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_8771 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.liminaire.fr/IMG/jpg/55285243116_9841d761d1_k.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.liminaire.fr/local/cache-vignettes/L500xH333/55285243116_9841d761d1_k-c1662.jpg?1780210919' width='500' height='333' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;center&gt;Bistro du Commerce, Avenue Ledru Rollin, Paris 11&#232;me, 21 mai 2026&lt;/center&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Chaque jour se transforme en demain&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Certains matins j'entends des voix. Ce ne sont pas exactement des voix, mais &#231;a vibre en moi, &#231;a r&#233;sonne dans ma t&#234;te. Difficile de ne pas les comparer &#224; des voix. C'est un tremblement qui se transmet par l'interm&#233;diaire des murs de ma chambre, me parvient en remontant jusqu'aux parois de mon cr&#226;ne. Je crois qu'il s'agit de paroles que j'entends dans un r&#234;ve que je ne parviens pas &#224; comprendre, dont je n'identifie pas explicitement les mots. Cela m'arrive parfois. Une forme de ligne de basse continue, tel un moteur qui gronde sous terre. J'entends parfois les v&#233;hicules sortant du parking de l'immeuble faire vibrer les murs du sous-sol, mais l&#224; ce n'est pas la m&#234;me chose. Le temps de me r&#233;veiller pour comprendre qu'il s'agit en fait de la radio des voisins. Je ne me trompais pas r&#233;ellement, ce sont bien des mots, un brouhaha de paroles incompr&#233;hensibles, de voix confuses, qui se r&#233;sument &#224; une bouillie de phon&#232;mes. Je sens vibrer le monde depuis mon lit, &#224; demi-r&#233;veill&#233;, troubl&#233; par ces &#233;chos lointains qui me rappellent les voix de la radio, programm&#233;e la veille, qui s'allume au moment du journal. Le son est inaudible tout d'abord, il monte progressivement. Il faut que je me presse de l'arr&#234;ter, sinon j'ai l'impression que les voix des journalistes vont se mettre &#224; crier leurs informations anxiog&#232;nes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La mesure du d&#233;sastre&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avec son intervention en cours d'installation sur le Pont-Neuf, JR fait directement r&#233;f&#233;rence &#224; l'&#339;uvre r&#233;alis&#233;e par Christo et Jeanne-Claude en 1985 sur ce m&#234;me monument. Pourtant, derri&#232;re des points communs apparents (lieu d'intervention, gratuit&#233; de leurs projets, caract&#232;re &#233;ph&#233;m&#232;re et financement par la vente d'&#339;uvres pr&#233;paratoires), les deux d&#233;marches rel&#232;vent de conceptions tr&#232;s diff&#233;rentes de l'art dans l'espace public. Lorsque Christo et Jeanne-Claude emballent le Pont-Neuf, ils ne cherchent pas &#224; lui ajouter une image mais &#224; le transformer par la dissimulation. Recouvert d'un tissu couleur pierre, la toile drap&#233;e r&#233;fl&#233;chit la lumi&#232;re sur la Seine. Le pont prend une forme nouvelle, &#233;trange et presque abstraite. L'&#339;uvre invite les passants &#224; red&#233;couvrir physiquement un lieu familier. Pendant quinze jours, le monument se transforme en exp&#233;rience collective, v&#233;cue directement par ceux qui le traversent et l'observent. &#192; l'inverse, l'intervention de JR repose avant tout sur la production d'une image de marque. Un signe visuel, facilement identifiable, con&#231;u pour &#234;tre photographi&#233; puis largement diffus&#233;, partag&#233; et reproduit. Ce camouflage gonflable (montagne &#224; l'ext&#233;rieur, caverne &#224; l'int&#233;rieur) reproduit les codes esth&#233;tiques de JR (&#339;uvre monumentale, illusion d'optique, noir et blanc tr&#232;s contrast&#233;, proche de celui des photocopies) et se plaque de mani&#232;re spectaculaire sur ce monument historique de Paris.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_8772 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.liminaire.fr/IMG/jpg/40153705890_1c59e11d14_k.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.liminaire.fr/local/cache-vignettes/L500xH281/40153705890_1c59e11d14_k-ec26e.jpg?1780210919' width='500' height='281' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;center&gt;Largo Landolina, Noto, Sicile, Italie, 8 mai 2018&lt;/center&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Un mouvement irr&#233;sistible&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je vois des groupes de jeunes s'amuser et nager dans l'eau du canal Saint-Martin pour se rafra&#238;chir par les fortes chaleurs des derniers jours, feindre de ne pas comprendre l'interdiction de se baigner, de sauter depuis les passerelles tandis que d'autres filment leurs plongeons. Ces centaines de jeunes, torses nus, jouant, plaisantant, discutant, riant entre eux. Et leurs cris, leurs courses folles pour &#233;chapper &#224; la police les poursuivant en voiture comme des d&#233;linquants. La police d&#233;bord&#233;e, oblig&#233;e tr&#232;s vite de se cantonner, par manque d'effectif, &#224; fermer l'acc&#232;s &#224; deux ponts et &#224; surveiller, comme de simples ma&#238;tres nargueurs, cette foule juv&#233;nile. J'ai trouv&#233; rafra&#238;chissantes les r&#233;ponses faussement na&#239;ves de jeunes filles tremp&#233;es de la t&#234;te aux pieds, argumentant face aux policiers qu'elles ne s'&#233;taient pas baign&#233;es, qu'elles sortaient juste de chez elles apr&#232;s leur douche. Ces jeunes n'avaient qu'une intention, se rafra&#238;chir, s'amuser ensemble, mais en dehors des centres commerciaux, des piscines bond&#233;es et payantes ou des terrains de sport, des skateparks, o&#249; l'on pr&#233;f&#233;rait les voir rester sagement. Cette g&#233;n&#233;ration cherche des endroits o&#249; tra&#238;ner, se retrouver et vivre des moments collectifs dans une ville qui n'est pas faite pour elle. Sur les r&#233;seaux sociaux, les commentaires aux images de ces sauts de l'ange dans l'eau du canal r&#233;sument assez bien les clivages g&#233;n&#233;rationnels et sociologiques de notre soci&#233;t&#233; : &lt;i&gt;Qu'est-ce qu'ils ne comprennent pas dans le mot interdit ?&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>De la lumi&#232;re et des bruits</title>
		<link>https://www.liminaire.fr/chronique/entre-les-lignes/article/de-la-lumiere-et-des-bruits</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.liminaire.fr/chronique/entre-les-lignes/article/de-la-lumiere-et-des-bruits</guid>
		<dc:date>2026-05-17T07:00:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Pierre M&#233;nard</dc:creator>


		<dc:subject>Art</dc:subject>
		<dc:subject>&#201;criture</dc:subject>
		<dc:subject>Information</dc:subject>
		<dc:subject>Langage</dc:subject>
		<dc:subject>Journal</dc:subject>
		<dc:subject>Num&#233;rique</dc:subject>
		<dc:subject>Photographie</dc:subject>
		<dc:subject>R&#233;cit</dc:subject>
		<dc:subject>Voix</dc:subject>
		<dc:subject>Ville</dc:subject>
		<dc:subject>Contacts successifs</dc:subject>
		<dc:subject>Anne Savelli</dc:subject>
		<dc:subject>L'espace d'un instant</dc:subject>
		<dc:subject>Sensation</dc:subject>
		<dc:subject>Temps</dc:subject>
		<dc:subject>Travail</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Ce recel dans l'&#233;paisseur des mots [[Ces nouveaux mots entrent dans les nouvelles &#233;ditions 2027 des dictionnaires Le Robert et Larousse : &lt;br class='autobr' /&gt;
Aquafaba : Eau de cuisson des l&#233;gumineuses, utilis&#233;e en cuisine comme substitut au blanc d'&#339;uf. &lt;br class='autobr' /&gt;
Assertivit&#233; : Capacit&#233; &#224; s'affirmer dans le respect d'autrui. &lt;br class='autobr' /&gt;
Banger : Chanson qui met tout le monde d'accord d&#232;s les premi&#232;res notes. &lt;br class='autobr' /&gt;
Bouilloire thermique :Logement qui devient invivable en p&#233;riode de fortes chaleurs. &lt;br class='autobr' /&gt;
Bouiner : Passer son temps &#224; de (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/chronique/entre-les-lignes/" rel="directory"&gt;Entre les lignes&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/art" rel="tag"&gt;Art&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/ecriture" rel="tag"&gt;&#201;criture&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/information" rel="tag"&gt;Information&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/langage" rel="tag"&gt;Langage&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/journal" rel="tag"&gt;Journal&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/numerique" rel="tag"&gt;Num&#233;rique&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/photographie" rel="tag"&gt;Photographie&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/recit" rel="tag"&gt;R&#233;cit&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/voix" rel="tag"&gt;Voix&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/ville" rel="tag"&gt;Ville&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/contacts-successifs" rel="tag"&gt;Contacts successifs&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/anne-savelli" rel="tag"&gt;Anne Savelli&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/l-espace-d-un-instant" rel="tag"&gt;L'espace d'un instant&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/sensation" rel="tag"&gt;Sensation&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/temps" rel="tag"&gt;Temps&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/travail" rel="tag"&gt;Travail&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.liminaire.fr/local/cache-vignettes/L150xH75/contacts_succcessifs_6_1_-408f9.png?1779001337' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='75' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Ce recel dans l'&#233;paisseur des mots&lt;/strong&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Ces nouveaux mots entrent dans les nouvelles &#233;ditions 2027 des dictionnaires (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans une bouilloire thermique du Sud-Ouest o&#249; il fait gav&#233; chaud, un instavid&#233;aste neuroatypique passe ses journ&#233;es &#224; bouiner devant son proxy profitant de la d&#233;couvrabilit&#233; des contenus en ligne. Il prompte des intelligences artificielles g&#233;n&#233;ratives capables de matrixer n'importe qui jusqu'au suicide forc&#233;. Son dernier crush ? Une femme qui a d&#233;cid&#233; de marrainer une association d'&#233;quith&#233;rapie prot&#233;geant une esp&#232;ce parapluie menac&#233;e par la fast-fashion. Chaque soir, il pr&#233;pare un bibimbap accompagn&#233; d'onigiris et d'une mousse mont&#233;e &#224; l'aquafaba, pendant qu'un banger tourne en boucle dans son appartement devenu une v&#233;ritable dinguerie climatique. Son voisin, un charo miskine persuad&#233; d'&#234;tre victime du syst&#232;me comme tous les incels, parce qu'on l'accuse de pornodivulgation, passe son temps &#224; publier des vid&#233;os confuses sur la guerre hybride, avec une assertivit&#233; aussi fragile qu'une pistole oubli&#233;e au soleil.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_8761 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.liminaire.fr/IMG/jpg/55257073383_a486877d0a_k.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.liminaire.fr/local/cache-vignettes/L500xH333/55257073383_a486877d0a_k-d3fb2.jpg?1779001337' width='500' height='333' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;center&gt;&#206;le Panchout, Bords de l'Yerres, Yerres, Essonne, 8 mai 2026&lt;/center&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Un espace qui a perdu l'empreinte&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;R&#233;veil en sursaut, en plein milieu d'un r&#234;ve. Je mets du temps &#224; &#233;merger, ce qui m'arrive rarement. Pas l'habitude de sortir le lundi. Il pleut. J'ai regard&#233; la veille l'itin&#233;raire sur une carte pour pr&#233;parer le rendez-vous &#224; venir, un lieu que je connais cependant, o&#249; je suis d&#233;j&#224; venu plusieurs fois. En sortant du m&#233;tro, mes rep&#232;res sont troubl&#233;s. Je me pr&#233;cipite dans une direction qui n'est pas la bonne. J'anticipe sur le rendez-vous suivant. La rue Saint-Sabin forme un arc de cercle. Je sens bien que je m'&#233;loigne du but &#224; atteindre, mais je ne vois pas comment revenir sur mes pas. Tout me semble invers&#233; comme si je regardais le plan se refl&#233;ter sur un miroir. J'ai beau regarder sur mon smartphone, rien n'y fait. Ma g&#233;olocalisation me joue des tours et me d&#233;place &#224; sa guise. Ce n'est plus un rep&#232;re, c'est un leurre qui me perd. Le temps presse, je ne veux pas arriver trop en retard. Anne envoie un message auquel je ne r&#233;ponds pas, concentr&#233; sur mon plan. Je suis si peu souvent d&#233;boussol&#233; &#224; ce point, moi qui me targue d'avoir un excellent sens de l'orientation. En revenant vers le boulevard Richard-Lenoir, j'aper&#231;ois une silhouette famili&#232;re. Je souris. Anne cherche son chemin elle aussi. Je partage avec elle mon d&#233;sarroi, avant de r&#233;aliser que nous allons tous deux &#224; contre-courant du chemin &#224; emprunter. Nous finissons par rejoindre Eric qui nous attend au caf&#233; de l'Industrie. Ce caf&#233; est lui-m&#234;me assez trompeur avec ses deux entr&#233;es, dans deux rues parall&#232;les. Bien s&#251;r, avec Anne, nous entrons par la porte &#224; l'oppos&#233;e de la salle principale. Apr&#232;s ce rendez-vous, je mets plusieurs heures &#224; retrouver mes esprits, &#224; sentir mes pieds &#224; nouveau toucher le sol. Ce n'est pas li&#233; &#224; ce que nous nous sommes dits au caf&#233;, bien au contraire. La conversation a &#233;t&#233; plaisante et tr&#232;s constructive. Mais, depuis mon r&#233;veil pr&#233;cipit&#233; ce matin, j'ai la t&#234;te &#224; l'envers. Apr&#232;s avoir mang&#233; avec Caroline et Alice et avoir visit&#233; &lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;https://100ecs.fr/exposition-curiosite/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;l'exposition &lt;i&gt;Curiosit&#233;&lt;/i&gt; au Cent&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;, je d&#233;cide de rentrer &#224; pied &#224; la maison. Le temps s'est lev&#233;, quelques belles &#233;claircies. La sensation de fatigue &#224; l'arriv&#233;e me fait oublier les absences du matin. Comme si, t&#234;te en l'air, il m'avait fallu m'&#233;puiser &#224; marcher, traverser la ville d'un pas soutenu, et cette activit&#233; physique pour me remettre dans le bon sens, la t&#234;te &#224; l'endroit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le pouvoir argentique des mots&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Anne Savelli m'a fait remarquer qu'il y avait dans plusieurs de mes textes, et dans le dernier tout particuli&#232;rement, de la suspension, l&#224; o&#249; elle, de son c&#244;t&#233;, travaille plut&#244;t la tension. Qu'est-ce qui me fascine tant, m'attire &#224; ce point dans cette situation momentan&#233;e, cette interruption ? Dans ce qui ne dure qu'un moment, qui est &#233;ph&#233;m&#232;re. J'ai toujours &#233;t&#233; proche de l'image dans l'&#233;criture, de ce qui se fixe en un instant, mais reste fragile, &#233;vanescent, dans cette technique de la photographie que je pratique au quotidien, parall&#232;lement &#224; l'&#233;criture. Pour expliquer &#224; Anne ce qui se jouait pour moi dans la fugacit&#233; de chaque sc&#232;ne situ&#233;e au m&#234;me instant dans diff&#233;rents endroits du monde, j'ai utilis&#233; l'image d'une allumette qu'on craque dans l'obscurit&#233;. Le temps qu'elle reste allum&#233;e, on peut percevoir tout ce qui nous entoure. Ce qui nous oblige, dans ce temps r&#233;duit, &#224; nous concentrer pour enregistrer le plus de d&#233;tails possibles, avec l'ensemble de nos sens. Avant que la p&#233;nombre recouvre tout &#224; nouveau et qu'on ne voie plus rien d'autre que ce qu'il nous en reste en m&#233;moire. Cela se r&#233;p&#232;te plus de 400 fois en fonction du nombre de lieux et de sc&#232;nes dans le livre. Bien s&#251;r, en choisissant cette image de l'allumette, je me suis souvenu des s&#233;ances de d&#233;veloppement photo avec mon ami Damien. J'en garde un souvenir puissant, initiatique, celui du bain r&#233;v&#233;lateur. Nous attendions tous deux, f&#233;brilement, dans l'espace confin&#233; de la pi&#232;ce, que l'image surgisse &#224; la surface du papier blanc qu'il agitait dans le bac, avant de l'extirper pour la faire s&#233;cher. Chaque d&#233;tail de l'image photographi&#233;e apparaissait lentement, dans ce laps de temps o&#249; tout devient possible. Le dispositif d'&#233;criture de ce texte explique ce processus proche de la r&#233;v&#233;lation photographique. Ce que Servanne Monjour d&#233;crit tr&#232;s justement dans son texte &lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;http://phlit.org/press/?post_type=articlerevue&amp;p=2872&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;La r&#233;v&#233;lation : arch&#233;ologie d'une m&#233;taphore photolitt&#233;raire&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;. Au d&#233;part de chaque texte du livre, il y a une photographie. C'est ce que l'on peut retrouver dans la premi&#232;re version du texte, dans le projet de &lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;https://liminaire.fr/projets/article/rien-ne-ressemble-a-ce-dont-je-ne-me-souviens-pas&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;L'espace d'un instant&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;. L'appropriation iconique se trouve au c&#339;ur de mon dispositif d'&#233;criture, selon Corentin Lahouste, qui insiste sur la fa&#231;on dont &lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;https://journals.openedition.org/elfe/7210&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;les d&#233;placements qui sont inh&#233;rents &#224; ce geste d'appropriation font &#233;clore de singuli&#232;res exp&#233;rienciations verbo-visuelles&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;. Cette photographie n'existe pas. C'est un arr&#234;t sur image. La capture d'une image anim&#233;e, en provenance d'un film. Pour ce livre, j'ai repris l'ensemble des sc&#232;nes initiales, pour les r&#233;&#233;crire, sans avoir l'image sous les yeux. En les convoquant dans ma m&#233;moire, comme avec l'allumette. Le texte d&#233;crit souvent ce qui se passe &#224; un endroit, mais il peut aussi bien raconter ce qui se passe avant ou apr&#232;s, et parfois m&#234;me dans l'envers de ce lieu.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_8762 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.liminaire.fr/IMG/jpg/9242010380_35f4ee3e02_k.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.liminaire.fr/local/cache-vignettes/L500xH334/9242010380_35f4ee3e02_k-61624.jpg?1779001337' width='500' height='334' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;center&gt;Passage Lhomme, Paris 11&#232;me, 8 juillet 2013&lt;/center&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La pluie d'&#233;clats est sans issue&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il pleut sur les boulevards, les vitrines, les balcons charg&#233;s de g&#233;raniums, les auvents des caf&#233;s, les scooters b&#226;ch&#233;s, les grilles des jardins publics, les platanes, les bancs mouill&#233;s du boulevard de la Villette, les statues, les palissades des chantiers, les journaux abandonn&#233;s par terre, les caniveaux o&#249; tournent des p&#233;tales d&#233;tremp&#233;s, les chaussures blanches d&#233;j&#224; tach&#233;es, les parapluies retourn&#233;s par le vent, les trottinettes, les feux rouges, les fa&#231;ades haussmanniennes grises sous l'averse, les chiens qui s'&#233;bouent, les livreurs press&#233;s, les colonnes Morris couvertes d'affiches bariol&#233;es, les goutti&#232;res qui d&#233;bordent, les pav&#233;s luisants, les ponts, les p&#233;niches, les cadenas, les silhouettes qui courent d'un abri &#224; l'autre, les fen&#234;tres malencontreusement rest&#233;es ouvertes, les m&#233;gots coll&#233;s au sol, les serveurs qui empilent les chaises en catastrophe, les taxis, les bus embu&#233;, les parkings souterrains, les bo&#238;tes aux lettres, les toits d'ardoise luisants, les verri&#232;res des passages couverts, les cours int&#233;rieures o&#249; l'eau tombe en cascade le long des descentes de zinc, les pigeons immobiles sous les corniches, les joggeurs du canal qui pressent l'allure, t&#234;te basse, les couples serr&#233;s sous un m&#234;me parapluie, les fils &#233;lectriques, les gyrophares de la police dans la circulation ralentie, les fontaines, les terrains de basket vides, les squares d&#233;sert&#233;s, les sir&#232;nes lointaines, les halls d'immeubles o&#249; l'on attend que &#231;a passe, les cheveux qui frisent sous l'humidit&#233;, fluffy, les flaques o&#249; le ciel se renverse, puis soudain les nuages se d&#233;chirent, les premi&#232;res ombres r&#233;apparaissent sur les murs, le sol, la vapeur monte du bitume, les oiseaux traversent le ciel, les enfants sautent de joie dans les flaques, les gouttes suspendues aux feuilles des arbres, les odeurs de pierre et de bitume ti&#232;des, les reflets bleus sur les vitres, dans la lumi&#232;re revenue.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Ces nouveaux mots entrent dans les nouvelles &#233;ditions 2027 des dictionnaires Le Robert et Larousse :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aquafaba : Eau de cuisson des l&#233;gumineuses, utilis&#233;e en cuisine comme substitut au blanc d'&#339;uf.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Assertivit&#233; : Capacit&#233; &#224; s'affirmer dans le respect d'autrui.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Banger : Chanson qui met tout le monde d'accord d&#232;s les premi&#232;res notes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bouilloire thermique :Logement qui devient invivable en p&#233;riode de fortes chaleurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bouiner : Passer son temps &#224; de vagues occupations.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bibimbap : Plat cor&#233;en &#224; base de riz, de l&#233;gumes saut&#233;s, d'un &#339;uf et de viande marin&#233;e, relev&#233; de p&#226;te de piment.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Charo : Homme &#224; la recherche de multiples aventures amoureuses.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Crush : Penchant amoureux soudain pour quelqu'un ; coup de c&#339;ur pour quelque chose.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#233;couvrabilit&#233; : Capacit&#233; &#224; rendre une information ou un service facilement accessible sur Internet.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dinguerie : Action ou parole insens&#233;e, extravagante, loufoquerie. Chose extraordinaire, grandiose, propre &#224; susciter l'&#233;merveillement, l'admiration.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Equith&#233;rapie&lt;br class='autobr' /&gt;
Th&#233;rapie utilisant le cheval comme m&#233;diateur pour soigner, appartenant aux zooth&#233;rapies.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Esp&#232;ce parapluie : Esp&#232;ce dont la protection assure celle des autres esp&#232;ces d'un m&#234;me &#233;cosyst&#232;me.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Fast-fashion : Mod&#232;le &#233;conomique du pr&#234;t-&#224;-porter qui consiste &#224; proposer un renouvellement rapide de collections &#224; petit prix et de moindre qualit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Gav&#233; : Tr&#232;s usit&#233; dans le Sud-Ouest et qui signifie &#171; beaucoup de, plein de &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Guerre hybride : Conflit combinant des modes d'action militaires et non militaires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Incel : Mouvance masculiniste compos&#233;e d'hommes c&#233;libataires qui se pr&#233;tendent rejet&#233;s par les femmes, qu'ils jugent responsables de leur c&#233;libat.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Instavid&#233;aste : Personne qui diffuse un flux vid&#233;o en direct sur internet, g&#233;n&#233;ralement en interaction avec sa communaut&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Marrainer : Accorder son soutien moral &#224; un projet, une cause, en parlant d'une femme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Matrixer : manipuler ou conditionner. &#171; Faire une impression profonde et durable sur (quelqu'un) &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Miskine : Qui inspire de la piti&#233; ; faible.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Narchomicide : Meurtre li&#233; au trafic de drogue.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Neuroatypique, neurodivergent : Se dit d'une personne dont le fonctionnement neurologique diff&#232;re de celui du plus grand nombre et, sp&#233;cialement, qui pr&#233;sente un trouble du neurod&#233;veloppement (TSA, TDAH, DYS, etc.).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Onigiri : Mot japonais, boulette de riz assaisonn&#233;e et recouverte d'une algue nori.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pistole : Pastille de chocolat plate, ronde ou ovale utilis&#233;e en p&#226;tisserie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pornodivulgation : Divulgation de photos ou de vid&#233;os &#224; caract&#232;re sexuel sans le consentement de la personne expos&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Prompter : Envoyer un prompt, une instruction &#224; un algorithme d'intelligence artificielle g&#233;n&#233;rative pour obtenir une r&#233;ponse cibl&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Proxy : Dispositif informatique servant d'interm&#233;diaire entre les ordinateurs d'un r&#233;seau priv&#233; et Internet.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Suicide forc&#233; : Le geste fatal r&#233;sultant du harc&#232;lement moral exerc&#233; par un conjoint ou ex-conjoint.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Marginalia Woolf, de Christine Jeanney</title>
		<link>https://www.liminaire.fr/creation/radio-marelle/article/marginalia-woolf-de-christine-jeanney</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.liminaire.fr/creation/radio-marelle/article/marginalia-woolf-de-christine-jeanney</guid>
		<dc:date>2026-05-08T07:00:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Pierre M&#233;nard</dc:creator>


		<dc:subject>Art</dc:subject>
		<dc:subject>&#201;criture</dc:subject>
		<dc:subject>Histoire</dc:subject>
		<dc:subject>Information</dc:subject>
		<dc:subject>Langage</dc:subject>
		<dc:subject>Lecture</dc:subject>
		<dc:subject>Livre</dc:subject>
		<dc:subject>Portrait</dc:subject>
		<dc:subject>Voix</dc:subject>
		<dc:subject>Londres</dc:subject>
		<dc:subject>En lisant en &#233;crivant</dc:subject>
		<dc:subject>M&#233;moire</dc:subject>
		<dc:subject>Mort</dc:subject>
		<dc:subject>Sensation</dc:subject>
		<dc:subject>Travail</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Traductrice de l'&#339;uvre de Virginia Woolf (Les vagues, Des fant&#244;mes dans les arbres), Christine Jeanney propose dans ce texte &#224; la forme in&#233;dite, &#224; l'architecture visuelle et textuelle hybride, une d&#233;construction de la structure classique du r&#233;cit biographique. L'ouvrage est en effet compos&#233; de blocs de texte spatialement organis&#233;s sur la page pour cr&#233;er un dialogue constant entre plusieurs voix. Les paroles et les &#233;crits de Virginia Woolf. Les t&#233;moignages et les impressions de ceux qui l'ont (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/creation/radio-marelle/" rel="directory"&gt;Radio Marelle&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/art" rel="tag"&gt;Art&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/ecriture" rel="tag"&gt;&#201;criture&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/histoire" rel="tag"&gt;Histoire&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/information" rel="tag"&gt;Information&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/langage" rel="tag"&gt;Langage&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/lecture" rel="tag"&gt;Lecture&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/livre" rel="tag"&gt;Livre&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/portrait" rel="tag"&gt;Portrait&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/voix" rel="tag"&gt;Voix&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/londres" rel="tag"&gt;Londres&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/en-lisant-en-ecrivant" rel="tag"&gt;En lisant en &#233;crivant&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/memoire" rel="tag"&gt;M&#233;moire&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/mort" rel="tag"&gt;Mort&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/sensation" rel="tag"&gt;Sensation&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/travail" rel="tag"&gt;Travail&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.liminaire.fr/local/cache-vignettes/L150xH84/en_lisant_en_e_crivant_1_-c19f6.png?1778223624' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='84' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_8734 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.liminaire.fr/local/cache-vignettes/L89xH120/capture_d_e_cran_2026-04-20_a_10.37_23-d5e55.png?1777020379' width='89' height='120' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt; &lt;p&gt;Traductrice de l'&#339;uvre de Virginia Woolf (&lt;i&gt;Les vagues&lt;/i&gt;, &lt;i&gt;Des fant&#244;mes dans les arbres&lt;/i&gt;), Christine Jeanney propose dans ce texte &#224; la forme in&#233;dite, &#224; l'architecture visuelle et textuelle hybride, une d&#233;construction de la structure classique du r&#233;cit biographique. L'ouvrage est en effet compos&#233; de blocs de texte spatialement organis&#233;s sur la page pour cr&#233;er un dialogue constant entre plusieurs voix. Les paroles et les &#233;crits de Virginia Woolf. Les t&#233;moignages et les impressions de ceux qui l'ont c&#244;toy&#233;. Les r&#233;flexions de Christine Jeanney sur l'autrice et sur l'&#233;criture. Cette accumulation de fragments permet de s'approcher au plus pr&#232;s de Virginia Woolf &#171; et de la voir en papillon qui refuse de rester &#233;pingl&#233; dans sa boite &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;https://abrupt.cc/c-jeanney/marginalia-woolf/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;i&gt;Marginalia Woolf&lt;/i&gt;, Christine Jeanney, Abr&#252;pt, 2026.&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;
&lt;br&gt;
&lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip_document_8745 spip_document spip_documents spip_document_video&#034;&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt;
&lt;div class=&#034;video-intrinsic-wrapper&#034; style='height:0;width:640px;max-width:100%;padding-bottom:56.25%;position:relative;'&gt; &lt;div class=&#034;video-wrapper&#034; style=&#034;position: absolute;top:0;left:0;width:100%;height:100%;&#034;&gt; &lt;video class=&#034;mejs mejs-8745&#034; data-id=&#034;70824915577912b76191c48b42316c95&#034; data-mejsoptions='{&#034;iconSprite&#034;: &#034;plugins-dist/medias/lib/mejs/mejs-controls.svg&#034;,&#034;alwaysShowControls&#034;: true,&#034;pluginPath&#034;:&#034;plugins-dist/medias/lib/mejs/&#034;,&#034;loop&#034;:false,&#034;videoWidth&#034;:&#034;100%&#034;,&#034;videoHeight&#034;:&#034;100%&#034;,&#034;duration&#034;:852}' width=&#034;100%&#034; height=&#034;100%&#034; poster=&#034;local/cache-vignettes/L640xH360/en_lisant_en_e_crivant-22-88006.png?1778223624&#034; controls=&#034;controls&#034; preload=&#034;none&#034; &gt; &lt;source type=&#034;video/mp4&#034; src=&#034;IMG/mp4/en_lisant_marginalia_woolf_christine_jeanney.mp4&#034; /&gt; &lt;img src='https://www.liminaire.fr/local/cache-vignettes/L500xH281/en_lisant_en_e_crivant-22-88006-6ce50.png?1778223625' width='500' height='281' alt='Impossible de lire la video' /&gt; &lt;/video&gt; &lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div class=&#034;base64javascript7320343766a26f709782922.09222780&#034; title=&#034;PHNjcmlwdD4gdmFyIG1lanNwYXRoPSdwbHVnaW5zLWRpc3QvbWVkaWFzL2xpYi9tZWpzL21lZGlhZWxlbWVudC1hbmQtcGxheWVyLm1pbi5qcz8xNzcyNzk1ODQwJyxtZWpzY3NzPSdwbHVnaW5zLWRpc3QvbWVkaWFzL2xpYi9tZWpzL21lZGlhZWxlbWVudHBsYXllci5taW4uY3NzPzE3NzI3OTU4NDAnOwp2YXIgbWVqc2xvYWRlcjsKKGZ1bmN0aW9uKCl7dmFyIGE9bWVqc2xvYWRlcjsidW5kZWZpbmVkIj09dHlwZW9mIGEmJihtZWpzbG9hZGVyPWE9e2dzOm51bGwscGx1Zzp7fSxjc3M6e30saW5pdDpudWxsLGM6MCxjc3Nsb2FkOm51bGx9KTthLmluaXR8fChhLmNzc2xvYWQ9ZnVuY3Rpb24oYyl7aWYoInVuZGVmaW5lZCI9PXR5cGVvZiBhLmNzc1tjXSl7YS5jc3NbY109ITA7dmFyIGI9ZG9jdW1lbnQuY3JlYXRlRWxlbWVudCgibGluayIpO2IuaHJlZj1jO2IucmVsPSJzdHlsZXNoZWV0IjtiLnR5cGU9InRleHQvY3NzIjtkb2N1bWVudC5nZXRFbGVtZW50c0J5VGFnTmFtZSgiaGVhZCIpWzBdLmFwcGVuZENoaWxkKGIpfX0sYS5pbml0PWZ1bmN0aW9uKCl7ITA9PT1hLmdzJiZmdW5jdGlvbihjKXtqUXVlcnkoImF1ZGlvLm1lanMsdmlkZW8ubWVqcyIpLm5vdCgiLmRvbmUsLm1lanNfX3BsYXllciIpLmVhY2goZnVuY3Rpb24oKXtmdW5jdGlvbiBiKCl7dmFyIGU9ITAsaDtmb3IoaCBpbiBkLmNzcylhLmNzc2xvYWQoZC5jc3NbaF0pO2Zvcih2YXIgZiBpbiBkLnBsdWdpbnMpInVuZGVmaW5lZCI9PQp0eXBlb2YgYS5wbHVnW2ZdPyhlPSExLGEucGx1Z1tmXT0hMSxqUXVlcnkuZ2V0U2NyaXB0KGQucGx1Z2luc1tmXSxmdW5jdGlvbigpe2EucGx1Z1tmXT0hMDtiKCl9KSk6MD09YS5wbHVnW2ZdJiYoZT0hMSk7ZSYmalF1ZXJ5KCIjIitjKS5tZWRpYWVsZW1lbnRwbGF5ZXIoalF1ZXJ5LmV4dGVuZChkLm9wdGlvbnMse3N1Y2Nlc3M6ZnVuY3Rpb24oYSxjKXtmdW5jdGlvbiBiKCl7dmFyIGI9alF1ZXJ5KGEpLmNsb3Nlc3QoIi5tZWpzX19pbm5lciIpO2EucGF1c2VkPyhiLmFkZENsYXNzKCJwYXVzaW5nIiksc2V0VGltZW91dChmdW5jdGlvbigpe2IuZmlsdGVyKCIucGF1c2luZyIpLnJlbW92ZUNsYXNzKCJwbGF5aW5nIikucmVtb3ZlQ2xhc3MoInBhdXNpbmciKS5hZGRDbGFzcygicGF1c2VkIil9LDEwMCkpOmIucmVtb3ZlQ2xhc3MoInBhdXNlZCIpLnJlbW92ZUNsYXNzKCJwYXVzaW5nIikuYWRkQ2xhc3MoInBsYXlpbmciKX1iKCk7YS5hZGRFdmVudExpc3RlbmVyKCJwbGF5IixiLCExKTsKYS5hZGRFdmVudExpc3RlbmVyKCJwbGF5aW5nIixiLCExKTthLmFkZEV2ZW50TGlzdGVuZXIoInBhdXNlIixiLCExKTthLmFkZEV2ZW50TGlzdGVuZXIoInBhdXNlZCIsYiwhMSk7Zy5hdHRyKCJhdXRvcGxheSIpJiZhLnBsYXkoKX19KSl9dmFyIGc9alF1ZXJ5KHRoaXMpLmFkZENsYXNzKCJkb25lIiksYzsoYz1nLmF0dHIoImlkIikpfHwoYz0ibWVqcy0iK2cuYXR0cigiZGF0YS1pZCIpKyItIithLmMrKyxnLmF0dHIoImlkIixjKSk7dmFyIGQ9e29wdGlvbnM6e30scGx1Z2luczp7fSxjc3M6W119LGUsaDtmb3IoZSBpbiBkKWlmKGg9Zy5hdHRyKCJkYXRhLW1lanMiK2UpKWRbZV09alF1ZXJ5LnBhcnNlSlNPTihoKTtiKCl9KX0oalF1ZXJ5KX0pO2EuZ3N8fCgidW5kZWZpbmVkIiE9PXR5cGVvZiBtZWpzY3NzJiZhLmNzc2xvYWQobWVqc2NzcyksYS5ncz1qUXVlcnkuZ2V0U2NyaXB0KG1lanNwYXRoLGZ1bmN0aW9uKCl7YS5ncz0hMDthLmluaXQoKTtqUXVlcnkoYS5pbml0KTtvbkFqYXhMb2FkKGEuaW5pdCl9KSl9KSgpOzwvc2NyaXB0Pg==&#034;&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;br&gt;
&lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;https://open.spotify.com/episode/7jknCvDgBJdsdqsLbLXGPy?si=ZhLbWo1ZQY680IUcOqv7Dg&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Extrait du texte &#224; &#233;couter sur Spotify&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt; &lt;br&gt;
&lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_3089 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt;
&lt;a href=&#034;https://open.spotify.com/episode/7jknCvDgBJdsdqsLbLXGPy?si=ZhLbWo1ZQY680IUcOqv7Dg&#034; class=&#034;spip_out spip_doc_lien&#034;&gt; &lt;img src='https://www.liminaire.fr/local/cache-vignettes/L35xH35/anchor-52133.png?1739520156' width='35' height='35' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;br&gt;
&lt;br&gt;
&lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_8744 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.liminaire.fr/IMG/png/capture_d_e_cran_2026-04-24_a_10.47_12.png' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/png&#034;&gt; &lt;img src='https://www.liminaire.fr/local/cache-vignettes/L500xH430/capture_d_e_cran_2026-04-24_a_10.47_12-92d79.png?1778223625' width='500' height='430' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_8739 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.liminaire.fr/IMG/png/capture_d_e_cran_2026-04-24_a_10_43.00.png' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/png&#034;&gt; &lt;img src='https://www.liminaire.fr/local/cache-vignettes/L500xH396/capture_d_e_cran_2026-04-24_a_10_43.00-d02d0.png?1778223625' width='500' height='396' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_8740 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.liminaire.fr/IMG/png/capture_d_e_cran_2026-04-24_a_10.43_12.png' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/png&#034;&gt; &lt;img src='https://www.liminaire.fr/local/cache-vignettes/L500xH380/capture_d_e_cran_2026-04-24_a_10.43_12-5e61c.png?1778223626' width='500' height='380' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_8741 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.liminaire.fr/IMG/png/capture_d_e_cran_2026-04-24_a_10.43_25.png' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/png&#034;&gt; &lt;img src='https://www.liminaire.fr/local/cache-vignettes/L500xH435/capture_d_e_cran_2026-04-24_a_10.43_25-28fc0.png?1778223626' width='500' height='435' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_8742 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.liminaire.fr/IMG/png/capture_d_e_cran_2026-04-24_a_10.43_40.png' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/png&#034;&gt; &lt;img src='https://www.liminaire.fr/local/cache-vignettes/L500xH417/capture_d_e_cran_2026-04-24_a_10.43_40-4d6fd.png?1778223626' width='500' height='417' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_8743 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.liminaire.fr/IMG/png/capture_d_e_cran_2026-04-24_a_10.43_51.png' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/png&#034;&gt; &lt;img src='https://www.liminaire.fr/local/cache-vignettes/L500xH370/capture_d_e_cran_2026-04-24_a_10.43_51-17637.png?1778223626' width='500' height='370' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;https://abrupt.cc/c-jeanney/marginalia-woolf/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;i&gt;Marginalia Woolf&lt;/i&gt;, Christine Jeanney, Abr&#252;pt, 2026.&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Vous pouvez suivre le podcast de ces lectures versatiles sur les diff&#233;rents points d'acc&#232;s ci-dessous : &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;https://anchor.fm/s/24d0b3d4/podcast/rss&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;RSS&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt; | &lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;https://podcasts.apple.com/fr/podcast/en-lisant-en-%C3%A9crivant/id1517222611&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Apple Podcast&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt; | &lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;https://www.youtube.com/c/PierreM%C3%A9nard/podcasts&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Youtube&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt; | &lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;https://www.deezer.com/fr/show/1001542221&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Deezer&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt; | &lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;https://open.spotify.com/episode/5ItGd0Gb92KVQOcyRpsVtj&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Spotify&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Quelque chose en &#233;change</title>
		<link>https://www.liminaire.fr/chronique/entre-les-lignes/article/quelque-chose-en-echange</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.liminaire.fr/chronique/entre-les-lignes/article/quelque-chose-en-echange</guid>
		<dc:date>2026-04-12T07:00:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Pierre M&#233;nard</dc:creator>


		<dc:subject>Atelier</dc:subject>
		<dc:subject>Biographie</dc:subject>
		<dc:subject>&#201;criture</dc:subject>
		<dc:subject>Information</dc:subject>
		<dc:subject>Journal</dc:subject>
		<dc:subject>Num&#233;rique</dc:subject>
		<dc:subject>Photographie</dc:subject>
		<dc:subject>R&#233;cit</dc:subject>
		<dc:subject>Paris</dc:subject>
		<dc:subject>Paysage</dc:subject>
		<dc:subject>Biblioth&#232;que</dc:subject>
		<dc:subject>Livre</dc:subject>
		<dc:subject>Contacts successifs</dc:subject>
		<dc:subject>Regard</dc:subject>
		<dc:subject>Quotidien</dc:subject>
		<dc:subject>D&#233;rive</dc:subject>
		<dc:subject>Histoire</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;R&#233;inventer en temps r&#233;el &lt;br class='autobr' /&gt;
En promenade dans le 13&#232;me, nous d&#233;butons notre parcours aux Gobelins, par le Square Ren&#233; Le Gall. Dans une petite portion &#224; l'entr&#233;e, un jardin partag&#233;, des jeunes y avancent t&#234;te baiss&#233;e. Ils cherchent des chocolats de P&#226;ques. Leur m&#232;re repasse derri&#232;re eux pour leur montrer ceux qu'ils ont oubli&#233; en chemin. En observant les plantes, les fleurs et les arbres du jardin, nous en trouvons &#224; notre tour, au milieu de l'herbe, en &#233;quilibre sur une branche, sous les (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/chronique/entre-les-lignes/" rel="directory"&gt;Entre les lignes&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/atelier" rel="tag"&gt;Atelier&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/biographie" rel="tag"&gt;Biographie&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/ecriture" rel="tag"&gt;&#201;criture&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/information" rel="tag"&gt;Information&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/journal" rel="tag"&gt;Journal&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/numerique" rel="tag"&gt;Num&#233;rique&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/photographie" rel="tag"&gt;Photographie&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/recit" rel="tag"&gt;R&#233;cit&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/paris" rel="tag"&gt;Paris&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/paysage" rel="tag"&gt;Paysage&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/bibliotheque" rel="tag"&gt;Biblioth&#232;que&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/livre" rel="tag"&gt;Livre&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/contacts-successifs" rel="tag"&gt;Contacts successifs&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/regard" rel="tag"&gt;Regard&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/quotidien" rel="tag"&gt;Quotidien&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/derive" rel="tag"&gt;D&#233;rive&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/histoire" rel="tag"&gt;Histoire&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.liminaire.fr/local/cache-vignettes/L150xH75/contacts_succcessifs_1_-2-d969e.png?1775977301' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='75' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;R&#233;inventer en temps r&#233;el&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En promenade dans le 13&#232;me, nous d&#233;butons notre parcours aux Gobelins, par le Square Ren&#233; Le Gall. Dans une petite portion &#224; l'entr&#233;e, un jardin partag&#233;, des jeunes y avancent t&#234;te baiss&#233;e. Ils cherchent des chocolats de P&#226;ques. Leur m&#232;re repasse derri&#232;re eux pour leur montrer ceux qu'ils ont oubli&#233; en chemin. En observant les plantes, les fleurs et les arbres du jardin, nous en trouvons &#224; notre tour, au milieu de l'herbe, en &#233;quilibre sur une branche, sous les feuilles des arbustes. Le charme de ce jardin vient de la diversit&#233; de ses espaces. Il y a la partie occup&#233;e par des bandes de gazon au centre desquelles se dresse un ob&#233;lisque encadr&#233; par quatre gloriettes. Au centre, le sous-bois divis&#233; en bosquets s'ordonne autour de l'all&#233;e m&#233;diane, plant&#233;e de diverses essences qui viennent s'ajouter aux charmes et aux c&#232;dres bleus plant&#233;s sur le pourtour du jardin. En avan&#231;ant dans le jardin, nous croisons deux femmes qui discutent. J'entends l'une d'elles prononcer cette phrase : &lt;i&gt;Je ne suis pas tr&#232;s virtuelle&lt;/i&gt;. Le jardin est situ&#233; &#224; l'emplacement de l'ancien potager des tapissiers de la Manufacture des Gobelins. Celui-ci se dressait sur une des nombreuses petites &#238;les que la Bi&#232;vre entourait autrefois. On l'appelait l'Ile aux Singes, les bateleurs avaient l'habitude d'y laisser leurs singes en toute libert&#233;. L'Ile de la Cit&#233; et l'Ile Saint-Louis voisinaient avec l'Ile Louviers et l'Ile Maquerelle. La vall&#233;e de la Bi&#232;vre &#233;tait alors un lieu tr&#232;s vivant, dynamique, malgr&#233; les odeurs putrides qui s'&#233;chappaient de la rivi&#232;re. Les Parisiens venaient s'encanailler dans les guinguettes, qui s'&#233;taient multipli&#233;es apr&#232;s la construction du mur des Fermiers G&#233;n&#233;raux, car le vin n'y &#233;tait pas tax&#233;. On y buvait une bi&#232;re r&#233;put&#233;e depuis que des ouvriers flamands, venus travailler &#224; la Manufacture des Gobelins, avaient ouvert sur place des brasseries. Traverser l'espace d'une ville c'est le parcourir &#224; travers le palimpseste d'un temps qu'on ne per&#231;oit que certaines strates.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_8722 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.liminaire.fr/IMG/jpg/55174108987_c4e54efdf5_k.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.liminaire.fr/local/cache-vignettes/L500xH333/55174108987_c4e54efdf5_k-de70c.jpg?1775977302' width='500' height='333' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;center&gt;Bassin de l'Arsenal, Place de la Bastille, Partis 12&#232;me, 29 mars 2026&lt;/center&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Grand retard&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous contactons un usager de la biblioth&#232;que &#224; propos d'un grand retard. Il devait rendre le 13 janvier 2026 l'ouvrage qu'il avait emprunt&#233;. Nous l'invitons &#224; le rapporter au plus vite &#224; la biblioth&#232;que, avant qu'il ne re&#231;oive une facture du Tr&#233;sor public. Je ne peux m'emp&#234;cher de sourire en d&#233;couvrant le titre du livre : &lt;i&gt;La procrastination : l'art de reporter au lendemain&lt;/i&gt;, de John Perry.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Toutes les images du futur&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;En qu&#234;te d'info&lt;/i&gt; est le festival de d&#233;cryptage des m&#233;dias dans les biblioth&#232;ques de Paris. &#192; cette occasion, j'ai anim&#233; plusieurs ateliers autour de l'IA pour diff&#233;rents types de publics. Dans l'atelier sur la cr&#233;ation d'images, de vid&#233;os et de musique, nous avons tent&#233; de rep&#233;rer celles g&#233;n&#233;r&#233;es par l'IA pour questionner ces diff&#233;rents m&#233;dias, afin d'inviter le public &#224; d&#233;velopper son esprit critique, &#224; mieux s'informer et &#224; r&#233;fl&#233;chir &#224; la place qu'on accorde &#224; l'IA dans notre rapport aux images et &#224; l'information. Je me suis rendu compte que les images cr&#233;&#233;es r&#233;cemment avec l'IA &#233;taient devenues beaucoup plus difficiles &#224; diff&#233;rencier qu'auparavant. Les pr&#233;cautions d'usage pour rep&#233;rer ces images ne sont plus aussi efficaces. Les d&#233;tails anatomiques par exemple, comme les pupilles asym&#233;triques, les reflets identiques dans les deux yeux ou des regards &#171; vitreux &#187; qui &#233;taient caract&#233;ristiques jusqu'&#224; pr&#233;sent, ne le sont plus autant. Il en va de m&#234;me pour la coh&#233;rence physique. Les IA peinaient &#224; reproduire fid&#232;lement l'interaction de la lumi&#232;re avec les objets. Les ombres ne correspondaient pas toujours &#224; la source lumineuse apparente et les reflets pouvaient &#234;tre fauss&#233;s. C'est de moins en moins le cas. De m&#234;me pour les imperfections textuelles. Les mots sont moins d&#233;form&#233;s, illisibles. La tendance &#224; la perfection &#233;tait une particularit&#233; esth&#233;tique de cette technologie. Une image trop parfaite est suspecte. L'IA avait tendance &#224; cr&#233;er des surfaces anormalement lisses, une peau sans pores ni imperfections, et des couleurs trop satur&#233;es ou artificiellement att&#233;nu&#233;es. Dans la nature, les textures pr&#233;sentent toujours une certaine irr&#233;gularit&#233;, l'IA peinait &#224; les reproduire de mani&#232;re convaincante, m&#234;me si on assiste depuis peu &#224; des &#233;volutions remarquables.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_8723 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.liminaire.fr/IMG/jpg/53210475789_35bada3a5c_k.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.liminaire.fr/local/cache-vignettes/L500xH333/53210475789_35bada3a5c_k-057f3.jpg?1775977302' width='500' height='333' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;center&gt;Atelier Lardeur, rue du Cherche-Midi, Paris 6&#232;me, 24 septembre 2023&lt;/center&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;L'attente patiente de ce moment pr&#233;cis&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;https://liminaire.fr/projets/article/rien-que-les-heures&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Rien que les heures&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt; est arriv&#233;. Un enchainement de circonstances m'emp&#234;che de trouver le temps de prendre le livre en main et de le parcourir. Je v&#233;rifie juste la derni&#232;re correction apport&#233; au texte, mais rest&#233;e sans r&#233;ponse, une coquille sur le nom de mon premier &#233;diteur. J'ouvre le livre, le soup&#232;se, tourne bri&#232;vement quelques pages. Je dois aller travailler. J'attends curieusement d'&#234;tre seul le soir avec le livre pour le consulter plus attentivement. J'aime la couleur et le graphisme de la couverture. La taille du livre. La qualit&#233; du papier, pas trop mince comme cela arrive de plus en plus souvent. La mise en page, qui est moins a&#233;r&#233;e que celle que j'avais imagin&#233;e en envoyant le texte il y a huit mois, mais dont &#201;ric m'a persuad&#233; de la pertinence, permet en effet une lecture plus fluide. Je lis quelques passages. Je me s&#233;pare du texte pour mieux le retrouver. Je ne le lis plus comme j'ai pu le faire pendant ces derniers mois de relecture, avec cette impression d'un texte mouvant, sans arr&#234;t changeant, aux multiples variations et d&#233;veloppements possibles. Les mots sont &#233;crits noirs sur blancs. Ils acqui&#232;rent une forme d'autonomie qui me permet un certain d&#233;tachement dans ma lecture. Je sais que je suis l'auteur de ce livre, mais avec sa publication, et l'objet clos que je tiens enfin entre mes mains, je deviens son premier lecteur.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Ce qu'il faut au jour</title>
		<link>https://www.liminaire.fr/chronique/entre-les-lignes/article/ce-qu-il-faut-au-jour</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.liminaire.fr/chronique/entre-les-lignes/article/ce-qu-il-faut-au-jour</guid>
		<dc:date>2026-03-15T08:00:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Pierre M&#233;nard</dc:creator>


		<dc:subject>Architecture</dc:subject>
		<dc:subject>Biographie</dc:subject>
		<dc:subject>Information</dc:subject>
		<dc:subject>Num&#233;rique</dc:subject>
		<dc:subject>Photographie</dc:subject>
		<dc:subject>Vid&#233;o</dc:subject>
		<dc:subject>R&#233;cit</dc:subject>
		<dc:subject>Paris</dc:subject>
		<dc:subject>Paysage</dc:subject>
		<dc:subject>Contacts successifs</dc:subject>
		<dc:subject>D&#233;rive</dc:subject>
		<dc:subject>R&#234;ve</dc:subject>
		<dc:subject>Sensation</dc:subject>
		<dc:subject>Quotidien</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Un pas encore et tout dispara&#238;t &lt;br class='autobr' /&gt;
Je tombe malade, ma cam&#233;ra tombe en panne. La plupart du temps, des &#233;v&#233;nements concomitants n'ont cependant rien de commun, seule la simultan&#233;it&#233; de leurs surgissements les associe myst&#233;rieusement. Et c'est ce qui m'arrive. Je ne parviens pas &#224; s&#233;parer ces deux &#233;v&#233;nements qui n'ont pourtant rien &#224; voir. Dans les all&#233;es ensoleill&#233;es du parc Montsouris, apr&#232;s avoir mang&#233; en famille &#224; la terrasse d'un restaurant, nous cheminons un peu au hasard, sans but (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/chronique/entre-les-lignes/" rel="directory"&gt;Entre les lignes&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/architecture" rel="tag"&gt;Architecture&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/biographie" rel="tag"&gt;Biographie&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/information" rel="tag"&gt;Information&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/numerique" rel="tag"&gt;Num&#233;rique&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/photographie" rel="tag"&gt;Photographie&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/video" rel="tag"&gt;Vid&#233;o&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/recit" rel="tag"&gt;R&#233;cit&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/paris" rel="tag"&gt;Paris&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/paysage" rel="tag"&gt;Paysage&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/contacts-successifs" rel="tag"&gt;Contacts successifs&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/derive" rel="tag"&gt;D&#233;rive&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/reve" rel="tag"&gt;R&#234;ve&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/sensation" rel="tag"&gt;Sensation&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/quotidien" rel="tag"&gt;Quotidien&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.liminaire.fr/local/cache-vignettes/L150xH75/contacts_succcessifs_63_1_-6a586.png?1773561629' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='75' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Un pas encore et tout dispara&#238;t&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je tombe malade, ma cam&#233;ra tombe en panne. La plupart du temps, des &#233;v&#233;nements concomitants n'ont cependant rien de commun, seule la simultan&#233;it&#233; de leurs surgissements les associe myst&#233;rieusement. Et c'est ce qui m'arrive. Je ne parviens pas &#224; s&#233;parer ces deux &#233;v&#233;nements qui n'ont pourtant rien &#224; voir. Dans les all&#233;es ensoleill&#233;es du parc Montsouris, apr&#232;s avoir mang&#233; en famille &#224; la terrasse d'un restaurant, nous cheminons un peu au hasard, sans but pr&#233;cis. Vers la fin du parcours, je cherche &#224; filmer le lac, le bouton de ma cam&#233;ra est devenu tout mou, il n'offre plus aucune r&#233;sistance, il s'enfonce mais ne d&#233;clenche plus l'enregistrement vid&#233;o. Je peux allumer et &#233;teindre sans difficult&#233; la cam&#233;ra mais je ne parviens plus &#224; filmer. Combien de fois ai-je fait ce r&#234;ve du d&#233;clencheur d'un appareil photo qui s'enrayait, du bouton d'une cam&#233;ra qui ne r&#233;pondait pas &#224; la pression de mon doigt. Avec cette impression de perte et d'effacement, d'inach&#232;vement et d'impuissance. Il y a quelques mois, j'avais d&#233;j&#224; rencontr&#233; ce probl&#232;me technique avec ma cam&#233;ra. Quelques jours apr&#232;s, cependant, le bouton fonctionnait &#224; nouveau sans que je comprenne comment cela s'&#233;tait r&#233;solu. J'inspecte m&#233;ticuleusement le m&#233;canisme &#224; la maison, mais rien n'y fait. Dans la nuit enfi&#233;vr&#233;e, les mots et les gestes se r&#233;p&#232;tent en boucle dans mon esprit, d&#233;passent l'ordinaire diurne, pour se transformer en leitmotiv incantatoire. Je formule les phrases que je vais prononcer au r&#233;veil pour dire la nuit d&#233;testable que je viens de passer, pour pr&#233;venir mes coll&#232;gues que je ne viendrai pas travailler. Mais une fois debout, tout cela est pass&#233;, derri&#232;re moi. Bien s&#251;r le manque de sommeil se fera sentir. La fatigue, les toux r&#233;p&#233;t&#233;es, la difficult&#233; &#224; respirer, les frissons intempestifs. La journ&#233;e de travail va &#234;tre bien longue. Mais j'ai d&#233;j&#224; command&#233; une nouvelle cam&#233;ra. Et c'est un soulagement.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_8699 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.liminaire.fr/IMG/jpg/55125362040_e1182e4c9c_k.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.liminaire.fr/local/cache-vignettes/L500xH333/55125362040_e1182e4c9c_k-f077a.jpg?1773561630' width='500' height='333' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;center&gt;Autoportrait, Jardin du Luxembourg, Paris 6&#232;me, 2 mars 2026&lt;/center&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le flou des retomb&#233;es&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette femme se rend &#224; la biblioth&#232;que avec sa jeune fille. Elle cherche un guide de voyage pour le Japon. Elle dit &#224; son enfant qui sort des rayonnages un livre volumineux, non un livre pas trop gros. On va juste &#224; Tokyo et &#224; Kyoto ! Je souris lorsqu'elles passent devant moi. Je ne peux m'emp&#234;cher de leur dire c'est un beau voyage. La m&#232;re se retourne vers moi et je l'entends dire : Nous allons voir les cerisiers en fleurs au Japon. Je sais bien que je vais retourner une cinqui&#232;me fois au Japon avec Caroline en octobre prochain, je suis donc mal plac&#233; a priori pour juger le voyage de cette inconnue, mais dans la l&#233;g&#232;ret&#233; de sa phrase que la joie de la perspective de ce voyage peut sans doute expliquer, je d&#233;note une incons&#233;quence d&#233;plac&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Les &#233;vidences et les incertitudes&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Caroline part quelques jours dans sa famille dans le sud. Je continue &#224; travailler, mais nous allons nous retrouver dans quelques jours &#224; Marseille afin de reprendre le travail sur &lt;i&gt;Autour&lt;/i&gt; devenu depuis &lt;i&gt;Nostos&lt;/i&gt;, le projet que nous avons men&#233; pendant un mois l'&#233;t&#233; dernier &lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;https://www.la-marelle.org/en-creation/residences/1593-pierre-menard-et-caroline-diaz-a-la-ciotat.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&#224; La Ciotat, &#224; l'invitation de La Marelle&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;. Avant son d&#233;part, nous avons un peu discut&#233; de ce que nous souhaitions faire pendant cette semaine de travail. En effet, depuis notre retour de La Ciotat, nous n'avons pas r&#233;ussi &#224; reprendre le travail o&#249; nous l'avions laiss&#233;, un ensemble de textes cons&#233;quent qui correspondait &#224; l'objectif que nous nous &#233;tions fix&#233; : parvenir &#224; construire autour de diff&#233;rents personnages et de leurs points de vue vari&#233;s, dans des endroits r&#233;partis sur le pourtour m&#233;diterran&#233;en, des histoires se d&#233;roulant en contrepoint d'un &#233;v&#233;nement &#233;voqu&#233; par bribes, en filigrane, entre chaque r&#233;cit, l'errance d'un navire, le &lt;i&gt;Nostos&lt;/i&gt;, ayant sauv&#233; des migrants de la noyade, et qui erre sur la mer, aucun pays n'acceptant qu'il accoste sur son territoire. Depuis notre retour, pris par le travail et nos diff&#233;rents imp&#233;ratifs, le texte est rest&#233; inchang&#233;. Il s'est repos&#233; cependant. Nous avons pris un peu de distance avec lui, ce qui est toujours une bonne chose au moment de se remettre &#224; l'&#233;criture. J'ai commenc&#233; &#224; le relire, pris dans un double mouvement de surprise et de questionnement. L'&#233;tonnement de r&#233;aliser l'ampleur du texte &#233;crit &#224; deux en un mois, la coh&#233;sion du projet et en m&#234;me temps, des questions sur sa forme. Nous &#233;chafaudons ensemble, avant son d&#233;part, les points essentiels sur lesquels travailler pour tenter de r&#233;ussir, dans ce court temps de vacances enti&#232;rement consacr&#233; &#224; ce projet, &#224; transmettre au texte la dynamique et l'&#233;lan que nous voulons lui insuffler.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_8698 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.liminaire.fr/IMG/jpg/28090016800_7900ec3f95_k.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.liminaire.fr/local/cache-vignettes/L500xH334/28090016800_7900ec3f95_k-76424.jpg?1773561630' width='500' height='334' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;center&gt;Zoo du parc de la T&#234;te d'Or, Lyon, 16 juillet 2016&lt;/center&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Dans la poudre de leur &#233;vanescence&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je d&#233;couvre par hasard un article sur un gigantesque cylindre en acier qui a myst&#233;rieusement surgi du sol au beau milieu d'Osaka au Japon. Il s'agit d'un tube en acier d'un diam&#232;tre d'environ quatre m&#232;tres, utilis&#233; pour le sout&#232;nement des sols lors de la pr&#233;vention des inondations, au niveau des &#233;gouts. Il a transperc&#233; le sol, soulevant l'&#233;pais rev&#234;tement en bitume de la route. Il serait remont&#233; face &#224; la pression de l'eau en sous-sol, et s'est &#233;lev&#233; &#224; treize m&#232;tres dans les airs, juste en dessous de l'autoroute sur&#233;lev&#233;e Shin-Midosuji qui traverse la ville. Des ouvriers se sont empress&#233;s de verser de l'eau &#224; l'int&#233;rieur, ce qui a permis au cylindre de s'enfoncer de quelques m&#232;tres, &#233;vitant in extremis de buter contre le plateau m&#233;tallique de la route suspendue. Les routes situ&#233;es &#224; proximit&#233; ont tout de m&#234;me &#233;t&#233; ferm&#233;es &#224; la circulation depuis mercredi. En 2016, un &#233;norme gouffre s'&#233;tait ouvert sur une rue &#224; cinq voies &#224; Hakata. Ce gouffre avait provoqu&#233; des coupures d'&#233;lectricit&#233; et des perturbations de la circulation, mais les &#233;quipes avaient travaill&#233; sans rel&#226;che pour colmater cette br&#232;che b&#233;ante sur cette art&#232;re tr&#232;s fr&#233;quent&#233;e.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Appara&#238;tre dispara&#238;tre</title>
		<link>https://www.liminaire.fr/chronique/entre-les-lignes/article/apparaitre-disparaitre</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.liminaire.fr/chronique/entre-les-lignes/article/apparaitre-disparaitre</guid>
		<dc:date>2026-02-22T08:00:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Pierre M&#233;nard</dc:creator>


		<dc:subject>Architecture</dc:subject>
		<dc:subject>Biographie</dc:subject>
		<dc:subject>&#201;criture</dc:subject>
		<dc:subject>Journal</dc:subject>
		<dc:subject>Information</dc:subject>
		<dc:subject>Photographie</dc:subject>
		<dc:subject>R&#233;cit</dc:subject>
		<dc:subject>Biblioth&#232;que</dc:subject>
		<dc:subject>Contacts successifs</dc:subject>
		<dc:subject>D&#233;rive</dc:subject>
		<dc:subject>Sensation</dc:subject>
		<dc:subject>R&#234;ve</dc:subject>
		<dc:subject>Quotidien</dc:subject>
		<dc:subject>Politique</dc:subject>
		<dc:subject>Paysage</dc:subject>
		<dc:subject>Voix</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Au pr&#233;sent, au pr&#233;sent perp&#233;tuel &lt;br class='autobr' /&gt;
Rentrer en marchant, en discutant, sans arr&#234;ter de parler, avec Alice &#224; mes c&#244;t&#233;s, au rythme de notre avanc&#233;e, nos mots et nos pas s'encha&#238;nent dans un mouvement qui les associe, les dynamise, et les emballe. Tout va si vite, on ne r&#233;fl&#233;chit pas au chemin suivi, pas la peine, on rentre chez nous. Le paysage dispara&#238;t dans cet &#233;lan, les points de vue se confondent, sur le parcours, seules quelques images, parfois seulement quelques fragments, retiennent (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/chronique/entre-les-lignes/" rel="directory"&gt;Entre les lignes&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/architecture" rel="tag"&gt;Architecture&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/biographie" rel="tag"&gt;Biographie&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/ecriture" rel="tag"&gt;&#201;criture&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/journal" rel="tag"&gt;Journal&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/information" rel="tag"&gt;Information&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/photographie" rel="tag"&gt;Photographie&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/recit" rel="tag"&gt;R&#233;cit&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/bibliotheque" rel="tag"&gt;Biblioth&#232;que&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/contacts-successifs" rel="tag"&gt;Contacts successifs&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/derive" rel="tag"&gt;D&#233;rive&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/sensation" rel="tag"&gt;Sensation&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/reve" rel="tag"&gt;R&#234;ve&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/quotidien" rel="tag"&gt;Quotidien&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/politique" rel="tag"&gt;Politique&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/paysage" rel="tag"&gt;Paysage&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/voix" rel="tag"&gt;Voix&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.liminaire.fr/local/cache-vignettes/L150xH75/contacts_succcessifs_60_1_-d8840.png?1771747349' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='75' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Au pr&#233;sent, au pr&#233;sent perp&#233;tuel&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Rentrer en marchant, en discutant, sans arr&#234;ter de parler, avec Alice &#224; mes c&#244;t&#233;s, au rythme de notre avanc&#233;e, nos mots et nos pas s'encha&#238;nent dans un mouvement qui les associe, les dynamise, et les emballe. Tout va si vite, on ne r&#233;fl&#233;chit pas au chemin suivi, pas la peine, on rentre chez nous. Le paysage dispara&#238;t dans cet &#233;lan, les points de vue se confondent, sur le parcours, seules quelques images, parfois seulement quelques fragments, retiennent notre attention : la perspective d'une rue fuyante, les branches des arbres se d&#233;tachant dans le bleu du ciel, la lumi&#232;re chatoyante qui fait vibrer la pierre des immeubles, les passants qui nous croisent d'un pas press&#233;, nous ignorant ou faisant mine de. On parvient tout de m&#234;me &#224; prendre quelques photos, au passage, on d&#233;clenche sur le vif, ou au moment d'attendre son tour pour traverser la rue, au passage pi&#233;ton. Notre conversation ne s'interrompt &#224; aucun moment, c'est un flux continuel, un dialogue impromptu, enjou&#233;. Et nous voil&#224; d&#233;j&#224; arriv&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_8680 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.liminaire.fr/IMG/jpg/55086638056_45ec3a6017_k.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.liminaire.fr/local/cache-vignettes/L500xH333/55086638056_45ec3a6017_k-f7ed7.jpg?1771747349' width='500' height='333' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;center&gt;Cour de la M&#233;tairie, Paris 20&#232;me, 9 f&#233;vrier 2026&lt;/center&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Des envies de m&#233;tamorphose&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un r&#234;ve : Je suis invit&#233;e &#224; une r&#233;union qui se tient, sans que cela me surprenne, au fond d'une piscine vide. Les chaises sont pos&#233;es sur le carrelage bleu, l&#233;g&#232;rement fissur&#233;. On me tend un micro en me pr&#233;cisant discr&#232;tement qu'il ne sert qu'&#224; chuchoter. &#192; chaque mot prononc&#233;, une ampoule s'&#233;teint au plafond avec le bruit sec d'une noix qu'on &#233;crase. Bient&#244;t il ne reste qu'un halo vert, comme dans certains aquariums mal entretenus. Je cherche mon manteau, l'enfile pour sortir, d&#233;couvre au fond de ma poche une orange d&#233;j&#224; pel&#233;e au lieu des cl&#233;s que je pensais y trouver. Le parfum de sa peau envahit mes narines. Je ne sais pas pourquoi les participants &#224; la r&#233;union se mettent &#224; prendre des notes sur leurs bras. Quelqu'un affirme que la mer approche, bien que nous soyons sous terre. L'eau commence effectivement &#224; perler entre les joints des murs carrel&#233;s. Je grimpe &#224; l'&#233;chelle sans pr&#233;venir personne. Dehors, une fanfare joue pour un mariage dont je ne vois pas les invit&#233;s. On me f&#233;licite pour un discours que je ne me souviens pas avoir fait.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Dans le vide de la pens&#233;e&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J'ai l'impression d'une lassitude extr&#234;me ce matin. Rien &#224; faire, je sais que &#231;a va passer. Il suffit d'une bonne nouvelle sous la forme d'un message, d'un sourire dans la rue, d'un coup d'&#339;il par la fen&#234;tre, d'un texte qui s'&#233;crit comme on regarde un film. Petit pincement au c&#339;ur en voyant la lumi&#232;re du jour et le bleu du ciel. Point info impromptu. Jean-Pierre annonce son d&#233;part prochain de la biblioth&#232;que. Je me suis toujours promis de terminer ma carri&#232;re l&#224; o&#249; je l'avais commenc&#233;e. Je v&#233;rifie sur l'ordinateur : il a l'&#226;ge de ma s&#339;ur. Dans sept ans ce sera mon tour. J'ai v&#233;rifi&#233; la semaine derni&#232;re. Ce midi, ce dessin de Fred Sochard. Une minute de silence &#224; l'Assembl&#233;e nationale pour Quentin Deranque. &lt;i&gt;Et pour les victimes de crimes racistes ?&lt;/i&gt; demande une jeune femme. Une femme lui r&#233;pond ironiquement : &lt;i&gt;Des ann&#233;es de silence, &#231;a vous suffit pas ! &lt;/i&gt; Pendant ma plage de service public au sous-sol de la biblioth&#232;que, un vieil habitu&#233; revient plusieurs fois vers moi pour des renseignements. Le nom de Cort&#225;zar appara&#238;t sur son smartphone. Mon coll&#232;gue vient l'aider &#224; trouver les musiques qu'il cherche : Cap-Vert, Br&#233;sil, Argentine. Complicit&#233; autour des &lt;i&gt;Bachianas brasileiras&lt;/i&gt; d'Heitor Villa-Lobos dont nous parlions bri&#232;vement. Je finis par renouveler son abonnement payant. Il est psychiatre. Tous les DVD de la table de pr&#233;sentation sur l'&#339;uvre de Frederick Wiseman, qui s'est fait la malle hier &#224; 96 ans, tombent au passage d'une usag&#232;re. C'est l'effet domino. Une femme me demande si nous avons : &lt;i&gt;Moi ce que j'aime, c'est les monstres.&lt;/i&gt; J'aime les gens qui lisent sur place dans les biblioth&#232;ques, &#231;a me rappelle des souvenirs d'enfance. J'&#233;coute l'album &lt;i&gt;Smile&lt;/i&gt; de Jacky Terrasson. J'emprunte &lt;i&gt;Oiseaux tristes&lt;/i&gt;, disque du pianiste Fazil Say, qui interpr&#232;te des morceaux de Couperin, Debussy et Ravel. Tenir le doute &#224; distance comme on fait respecter des distances. J'entends quelques notes de La &lt;i&gt;Tendresse&lt;/i&gt; de Bourvil que mes coll&#232;gues ont &#233;cout&#233;es dans le cadre de nos ateliers de conversation. Long, long, long, long. Le temps vous para&#238;t long&#8230; J'ai tout oubli&#233; de &lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;ttps://fr.wikipedia.org/wiki/Affaire_Paul_Voise&#034; class=&#034;spip_out&#034;&gt;l'affaire Paul Voise&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;. Autre visuel de Gilbert Cram : Un homme en costume dit &#224; son vis-&#224;-vis : &lt;i&gt;C'est dans le vide de la pens&#233;e que s'inscrit le mal&lt;/i&gt;. &lt;i&gt;Ou dans la minute de silence&lt;/i&gt;, lui r&#233;pond son interlocuteur.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_8681 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.liminaire.fr/IMG/jpg/49057904013_04cfa9fc23_k.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.liminaire.fr/local/cache-vignettes/L500xH375/49057904013_04cfa9fc23_k-27bec.jpg?1771747349' width='500' height='375' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;center&gt;Abeno Harukas, Osaka, Japon, 13 novembre 2019&lt;/center&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Un processus qui se d&#233;veloppe dans le temps&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En fin de journ&#233;e, un homme s'approche de moi pour savoir si je travaille &#224; la biblioth&#232;que depuis longtemps. Je crois qu'il me demande si cela fait trente ans. Cependant, je ne rel&#232;ve pas la d&#233;mesure de cette demande, en pr&#233;cisant, seulement depuis dix ans. Il m'avoue qu'il venait dans cette biblioth&#232;que avec ses parents lorsqu'il &#233;tait enfant. Je lui dis que moi aussi, puis je me reprends, j'y venais moi aussi avec mes enfants. Il est venu cet apr&#232;s-midi avec son fils et sa femme. Son petit gar&#231;on, tout sourire, porte un d&#233;guisement de Batman. Il tient un ballon en forme de requin. Pendant un long moment, je discute avec son p&#232;re qui se r&#233;jouit de se rem&#233;morer avec moi les diff&#233;rents espaces de la biblioth&#232;que dans leur ancienne configuration, avant l'ach&#232;vement des travaux, il y a d&#233;sormais quatre ans. J'&#233;voque les diff&#233;rents bureaux situ&#233;s auparavant &#224; chaque &#233;tage, remplac&#233;s par un bureau en openspace au deuxi&#232;me &#233;tage. La modification de la circulation, des baies vitr&#233;es, la disposition des collections dans les diff&#233;rents niveaux de la biblioth&#232;que. Sa joie est communicative.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Po&#233;tique de l'obscurit&#233;</title>
		<link>https://www.liminaire.fr/creation/livre-lecture/article/poetique-de-l-obscurite</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.liminaire.fr/creation/livre-lecture/article/poetique-de-l-obscurite</guid>
		<dc:date>2026-01-23T08:00:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Pierre M&#233;nard</dc:creator>


		<dc:subject>Art</dc:subject>
		<dc:subject>&#201;criture</dc:subject>
		<dc:subject>Lecture</dc:subject>
		<dc:subject>Livre</dc:subject>
		<dc:subject>Peinture</dc:subject>
		<dc:subject>R&#233;cit</dc:subject>
		<dc:subject>Information</dc:subject>
		<dc:subject>Sens</dc:subject>
		<dc:subject>Corps</dc:subject>
		<dc:subject>Nuit</dc:subject>
		<dc:subject>Regard</dc:subject>
		<dc:subject>Sensation</dc:subject>
		<dc:subject>Journal</dc:subject>
		<dc:subject>Po&#233;sie</dc:subject>
		<dc:subject>Photographie</dc:subject>
		<dc:subject>Nature</dc:subject>
		<dc:subject>Temps</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Recours &#224; la nuit de Virginie Gautier se d&#233;ploie &#224; la crois&#233;e du journal intime, de l'essai po&#233;tique et de l'enqu&#234;te sensible. Loin de chercher &#224; percer les secrets de l'obscurit&#233;, l'autrice s'y immerge pour en &#233;prouver la mati&#232;re, les textures et les r&#233;sonances. Elle d&#233;plie l'espace nocturne pour en r&#233;v&#233;ler les multiples dimensions po&#233;tiques, g&#233;ographiques, mais aussi &#233;minemment politiques. Le livre se pr&#233;sente ainsi comme une invitation vivifiante &#224; se d&#233;prendre d'un monde domin&#233; par le (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/creation/livre-lecture/" rel="directory"&gt;Livre &amp; lecture&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/art" rel="tag"&gt;Art&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/ecriture" rel="tag"&gt;&#201;criture&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/lecture" rel="tag"&gt;Lecture&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/livre" rel="tag"&gt;Livre&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/peinture" rel="tag"&gt;Peinture&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/recit" rel="tag"&gt;R&#233;cit&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/information" rel="tag"&gt;Information&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/sens" rel="tag"&gt;Sens&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/corps" rel="tag"&gt;Corps&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/nuit" rel="tag"&gt;Nuit&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/regard" rel="tag"&gt;Regard&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/sensation" rel="tag"&gt;Sensation&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/journal" rel="tag"&gt;Journal&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/poesie" rel="tag"&gt;Po&#233;sie&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/photographie" rel="tag"&gt;Photographie&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/nature" rel="tag"&gt;Nature&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/temps" rel="tag"&gt;Temps&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.liminaire.fr/local/cache-vignettes/L150xH100/54726475218_3b1c4035db_k_1_-552df.jpg?1769157722' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='100' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;i&gt;Recours &#224; la nuit&lt;/i&gt; de Virginie Gautier se d&#233;ploie &#224; la crois&#233;e du journal intime, de l'essai po&#233;tique et de l'enqu&#234;te sensible. Loin de chercher &#224; percer les secrets de l'obscurit&#233;, l'autrice s'y immerge pour en &#233;prouver la mati&#232;re, les textures et les r&#233;sonances. Elle d&#233;plie l'espace nocturne pour en r&#233;v&#233;ler les multiples dimensions po&#233;tiques, g&#233;ographiques, mais aussi &#233;minemment politiques. Le livre se pr&#233;sente ainsi comme une invitation vivifiante &#224; se d&#233;prendre d'un monde domin&#233; par le visible et la ma&#238;trise pour retrouver, dans l'exp&#233;rience de la nuit, une relation &#224; la fois plus intense et plus humble au monde. Un appel &#224; une nouvelle &#233;cologie de la perception.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Sonder la nuit&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'originalit&#233; de &lt;i&gt;Recours &#224; la nuit&lt;/i&gt; r&#233;side d'abord dans sa structure polyphonique, choix strat&#233;gique qui conditionne toute la d&#233;marche de l'ouvrage. En alternant les formes (journal de bord, r&#233;flexions th&#233;matiques, transcriptions de r&#234;ves et recueil de t&#233;moignages), Virginie Gautier refuse une approche unique ou r&#233;ductrice de la nuit. Elle lui pr&#233;f&#232;re une exploration par fragments, par touches successives, qui &#233;pouse la nature m&#234;me de l'exp&#233;rience nocturne. La nuit, par essence, r&#233;siste &#224; la d&#233;finition singuli&#232;re et &#224; la vision totalisante, la forme &#233;clat&#233;e n'est donc pas un simple choix stylistique, mais une n&#233;cessit&#233; &#233;pist&#233;mologique pour demeurer fid&#232;le &#224; l'exp&#233;rience de l'obscurit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le livre s'articule autour d'une colonne vert&#233;brale constitu&#233;e d'entr&#233;es de journal, dat&#233;es et situ&#233;es. Ces fragments ancrent l'exp&#233;rience dans un r&#233;el sensible, un temps et un lieu pr&#233;cis. Autour de ce fil chronologique viennent se greffer des sections th&#233;matiques plus r&#233;flexives qui approfondissent les intuitions n&#233;es de l'exp&#233;rience directe. Cette construction hybride permet un va-et-vient constant entre l'&#233;prouv&#233; et le pens&#233;, le corps et l'esprit, tissant une trame o&#249; l'intime et l'universel dialoguent en permanence.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_8636 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.liminaire.fr/IMG/jpg/crewdson.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.liminaire.fr/local/cache-vignettes/L500xH333/crewdson-2cdff.jpg?1769156335' width='500' height='333' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;center&gt;&lt;i&gt;Fireflies&lt;/i&gt;, de Gregory Crewdson&lt;/center&gt;
&lt;p&gt;De nombreuses voix externes sont convoqu&#233;es pour enrichir la propre exploration de l'autrice. Elle dialogue avec des artistes (photographes, peintres) et rapporte les t&#233;moignages de celles et ceux qui vivent ou travaillent la nuit. En faisant r&#233;sonner ces autres voix, Virginie Gautier montre que la nuit est un patrimoine commun, un lieu de relations multiples qui exc&#232;de de loin l'exp&#233;rience individuelle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Se d&#233;centrer du regard&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'exp&#233;rience sensorielle constitue le c&#339;ur de la d&#233;marche de Virginie Gautier. Pour elle, entrer dans la nuit n'est pas tant une exploration visuelle qu'un apprentissage de l'effacement du sens souverain, la vue, au profit d'une perception qui n'est plus frontale et distanci&#233;e, mais enveloppante et haptique. Il s'agit de d&#233;sapprendre &#224; voir pour apprendre &#224; sentir autrement, en mobilisant l'ensemble du corps comme un organe perceptif.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De mani&#232;re r&#233;v&#233;latrice, l'autrice consacre une section &#224; la myopie qu'elle ne pr&#233;sente pas comme un handicap mais comme une m&#233;thode. Elle revendique ce &lt;i&gt;d&#233;faut&lt;/i&gt; comme un outil pour court-circuiter la tyrannie du regard et acc&#233;der &#224; une autre forme de connaissance, plus tactile et plus intime : &#171; J'ai clairement fond&#233; mon rapport &#224; la cr&#233;ation sur le grain de l'&#233;toffe, et prends mon parti d'une d&#233;faillance du regard qui continue de s'accentuer. Cette myopie &#8212; que je revendique comme une modalit&#233; de la rencontre &#8212; m'ouvre &#224; un contact sensible. &#187; Cette myopie volontaire devient le modus operandi de son enqu&#234;te. Pr&#233;f&#233;rer le trouble &#224; la nettet&#233;, le t&#226;tonnement &#224; la certitude, pour entrer non plus en face mais dans le monde.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En l'abscence de la vue, les autres sens prennent le relais et se r&#233;organisent. Le toucher et l'ou&#239;e deviennent les instruments privil&#233;gi&#233;s de la perception nocturne. Le corps apprend une nouvelle grammaire du monde, comme l'illustre magnifiquement la description d'une marche en for&#234;t les yeux ferm&#233;s. On sent &#171; l'ombre froide des troncs des arbres s'interposer devant la lumi&#232;re avant la rencontre avec leurs &#233;corces &#187;. Le passage de la perception visuelle &#224; une perception thermique et tactile y est saisissant : &#171; Dans cette lenteur, dans cette absence de vue, les mains ouvrent le chemin. Elles cherchent &#224; pr&#233;venir tout obstacle, pianotent &#224; la recherche d'indices, de sensations. &#187; Le corps, guid&#233; par les mains et une ou&#239;e affin&#233;e qui capte les &#171; infimes gr&#233;sillements &#187; ou le &#171; crissement doux des escargots &#187;, d&#233;couvre un paysage d'une richesse insoup&#231;onn&#233;e, accessible uniquement par ce r&#233;agencement sensoriel.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_8648 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.liminaire.fr/IMG/jpg/54726656165_ac6068dc7d_k.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.liminaire.fr/local/cache-vignettes/L500xH333/54726656165_ac6068dc7d_k-6b8dd.jpg?1769156335' width='500' height='333' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;center&gt;Nuit &#224; la Villa Deroze, &#224; La Ciotat&lt;/center&gt;&lt;center&gt;&#171; Nuit d'arbres. C'est un morceau de montagne tout autour de la maison, avec pin&#232;de et v&#233;g&#233;tation de garrigue sous les pieds que j'ai foul&#233; avant la fin du jour. Un jardin s'y m&#234;le dont on ne sait quand il commence o&#249; il s'arr&#234;te, mais qui, de lui-m&#234;me, &#224; mesure que l'ombre l'envahit, se rend tout &#224; fait &#224; son origine sauvage. &#187;&lt;/center&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La nuit comme territoire po&#233;tique et g&#233;ographique&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'obscurit&#233; n'est pas un simple intervalle temporel entre deux jours, mais bien un espace &#224; part enti&#232;re, un &#171; pays qui gagne &#224; rester largement &#233;tranger &#187;. Virginie Gautier cartographie ce territoire en montrant comment la nuit redessine les paysages familiers, leur conf&#232;re une &#233;tranget&#233;, une profondeur et une mat&#233;rialit&#233; nouvelles. Elle devient une g&#233;ographie alternative, r&#233;gie par d'autres lois que celles du monde diurne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les entr&#233;es de journal regorgent d'exemples de cette m&#233;tamorphose. Le jardin, la for&#234;t ou les champs, lieux connus et ma&#238;tris&#233;s le jour, deviennent la nuit des espaces incertains et spectraux. Les rep&#232;res s'effacent, les formes se dissolvent et le r&#233;el semble basculer dans une autre dimension, &#224; la fois plus archa&#239;que et plus vibrante : &#171; Au jardin on voit comme des os. Des phosphorescences d'os, qui &#233;taient des troncs, qui &#233;taient des marches, des seuils, des encadrements de fen&#234;tres. Chaque chose, auparavant solide, devenue blancheur sans contour, corps enflant et d&#233;senflant. Corps qui &#233;taient des pierres, qui &#233;taient des branches ou de simples poteries. Avec des &#233;tranget&#233;s et des craquements qu'on ne sait reconna&#238;tre. Rien qui rassure. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette perception, qui transforme les arbres en squelettes et le jardin en &#171; n&#233;gatif du r&#233;el &#187;, t&#233;moigne de la puissance de la nuit &#224; d&#233;faire nos certitudes et &#224; r&#233;v&#233;ler l'inqui&#233;tante &#233;tranget&#233; du monde que l'on croyait conna&#238;tre.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_8635 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.liminaire.fr/local/cache-vignettes/L473xH600/960px-rembrandt_harmensz__van_rijn_145_1_-306ba.jpg?1768599173' width='473' height='600' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;center&gt;&lt;i&gt;La Pri&#232;re de Sim&#233;on&lt;/i&gt;, Rembrandt&lt;/center&gt;
&lt;p&gt;Pour approfondir son exploration du territoire nocturne, Virginie Gautier convoque des artistes qui ont fait du sombre la mati&#232;re de leur art. Rembrandt, en particulier, n'est pas une simple r&#233;f&#233;rence mais une figure tut&#233;laire : &#171; On dit de Rembrandt que c'est avec la nuit qu'il fait du jour &#187;. La technique du peintre, sa mani&#232;re de partir du noir, d'avancer par t&#226;tonnements dans la mati&#232;re, de pr&#233;f&#233;rer l'&#233;paisseur &#224; la lisse surface, devient le miroir de sa propre &#171; &#233;criture du sensible &#187;. La &#171; peinture d'ombres et de t&#233;n&#232;bres &#187; de l'artiste, qui privil&#233;gie la vibration lumineuse au contraste net, est une mani&#232;re de sonder la nuit non pour l'&#233;claircir, mais pour en habiter la densit&#233; et y faire sourdre la lumi&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La dimension politique de l'obscurit&#233;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le livre d&#233;ploie une r&#233;flexion politique subtile sur notre rapport contemporain &#224; la lumi&#232;re et &#224; l'obscurit&#233;. Virginie Gautier interroge la lumi&#232;re artificielle non comme un simple progr&#232;s, mais comme un outil de contr&#244;le, d'appauvrissement du sensible et d'exclusion. Habiter la nuit devient alors un acte de r&#233;sistance face &#224; une soci&#233;t&#233; qui vise &#224; tout &#233;clairer, tout surveiller et tout ma&#238;triser.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'autrice m&#232;ne une critique acerbe de la &#171; pollution lumineuse &#187; et de l'&#233;clairage public omnipr&#233;sent. Dans &#171; R&#234;veur de flammes &#187;, elle oppose la flamme vivante de la bougie &#224; la lumi&#232;re froide de l'ampoule. Reprenant Bachelard, elle note que le &#171; on/off &#187; nous prive de &#171; l'&#233;paisseur de l'acte &#187;, de ce geste qui nous constituait comme &#171; les sujets du verbe allumer &#187;. L'&#233;clairage moderne, en nous raccordant &#224; un &#171; flux commun &#187; abstrait, nous d&#233;poss&#232;de d'une relation fondamentale au monde, tandis que la bougie, elle, cr&#233;e un &#171; cercle fragile &#187; et rend &#224; nos maisons leurs &#171; profondeurs secr&#232;tes &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;center&gt;&lt;iframe width=&#034;560&#034; height=&#034;315&#034; src=&#034;https://www.youtube.com/embed/FNGh9V6TJvI&#034; title=&#034;Nuit Blanche avec Marie-Ange Guilleminot &#224; la Monnaie de Paris&#034; frameborder=&#034;0&#034; allow=&#034;accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share&#034; referrerpolicy=&#034;strict-origin-when-cross-origin&#034; allowfullscreen&gt;&lt;/iframe&gt;&lt;/center&gt;
&lt;p&gt;Face &#224; ce constat, le livre propose un geste politique et philosophique : &#171; d&#233;s-&#233;clairer &#187;. Il ne s'agit pas d'un simple retour en arri&#232;re, mais d'une proposition radicale pour r&#233;apprendre &#224; habiter le monde, rendre l'espace aux autres vivants et retrouver une puissance perdue dans le confort et la sur-visibilit&#233; : &#171; Ce qu'on perd, on le gagne pour trouver dans le ralentissement, dans la nuit, dans le moindre, quelque chose de plus puissant. D&#233;s-&#233;clairer est et n'est pas qu'une m&#233;taphore pour se rapprocher du monde. &#187; C'est une invitation &#224; accepter une part d'ombre et d'inconnu, &#224; la fois en nous et hors de nous, comme condition d'une relation plus juste au vivant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Enfin, Virginie Gautier utilise la nuit comme un v&#233;ritable r&#233;v&#233;lateur politique. Loin d'&#234;tre un grand &#233;galisateur, le noir amplifie les dynamiques de pouvoir qui structurent notre soci&#233;t&#233;. Que ce soit &#224; travers la surveillance urbaine o&#249; &#171; les lampadaires connect&#233;s deviennent les yeux et les oreilles d'une ville &#187;, la pr&#233;carit&#233; des migrants dans les &#171; corridors d'obscurit&#233; &#187; ou l'exp&#233;rience genr&#233;e de l'espace public, la nuit devient un test de v&#233;rit&#233;. Elle distingue violemment celui qui surveille et celui qui est surveill&#233;, celui qui est &#224; l'abri et celui qui est expos&#233;, le pr&#233;dateur et la proie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La qu&#234;te de la puissance dans &lt;i&gt;le moindre&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'un des axes philosophiques majeurs du livre est la notion du &#171; moindre &#187;. Pour Virginie Gautier, se d&#233;prendre du spectaculaire, du visible et du confort n'est pas une asc&#232;se ou un renoncement, mais une voie d'acc&#232;s &#224; une forme de puissance et de r&#233;sonance plus profonde. Cette puissance se trouve dans ce qui est petit, discret, t&#233;nu, et souvent ignor&#233; par un regard habitu&#233; &#224; chercher l'&#233;vidence. Le &#171; moindre &#187; est ce qui nous relie &#224; l'essentiel lorsque nous acceptons de ralentir et de r&#233;adapter notre perception.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'autrice inscrit explicitement sa d&#233;marche dans la lign&#233;e du cin&#233;aste Nicolas Philibert (&lt;i&gt;La Moindre des choses&lt;/i&gt;) et surtout du p&#233;dagogue et penseur Fernand Deligny (&lt;i&gt;Le Moindre geste&lt;/i&gt;). Elle partage avec eux cette &#171; attention &#224; ce qui ne fait pas imm&#233;diatement sens, et qui serait justement ce qui a de l'importance &#187;. Il s'agit de valoriser le geste infime, la pr&#233;sence discr&#232;te, la trace &#224; peine visible, non pour leur insignifiance mais pour la richesse de monde qu'ils contiennent et r&#233;v&#232;lent &#224; qui sait regarder.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_8649 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.liminaire.fr/IMG/jpg/dessin-22nuits22-n.2-mai-2024-1024x726.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.liminaire.fr/local/cache-vignettes/L500xH354/dessin-22nuits22-n.2-mai-2024-1024x726-4cadf.jpg?1769157722' width='500' height='354' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;center&gt;&lt;i&gt;Nuits&lt;/i&gt;, s&#233;rie de dessins de Virginie Gautier (encre sur papier 19X26 cm)&lt;/center&gt;
&lt;p&gt;Le texte est parsem&#233; d'illustrations concr&#232;tes de cette attention au d&#233;tail. Ce peut &#234;tre le son presque inaudible d'un escargot, la texture d'une &#233;corce rencontr&#233;e dans le noir, ou la lueur fragile d'un ver luisant. &#171; Lampyre, si modeste soit-elle, sauve ce soir par sa pr&#233;sence de tr&#232;s petite lanterne, par sa vie minuscule, le jardin tout entier. &#187; Dans cet &#233;clat minuscule, c'est tout un monde qui est sauv&#233; de l'indiff&#233;rence et de l'obscurit&#233; totale. La puissance ne r&#233;side pas dans l'intensit&#233; de la lumi&#232;re, mais dans le simple fait de sa pr&#233;sence, si infime soit-elle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Paradoxalement, c'est en se concentrant sur le &#171; moindre &#187; que l'on parvient &#224; approcher la &#171; d&#233;mesure du monde &#187;. C'est en se faisant &#171; tout petit &#187;, en cherchant &#224; &#171; s'all&#233;ger de l'omnipr&#233;sence humaine &#187;, que l'on peut v&#233;ritablement ressentir le vertige de l'immensit&#233; &#233;toil&#233;e. L'attention au d&#233;tail n'est pas un r&#233;tr&#233;cissement du champ de perception, mais au contraire une mani&#232;re d'entrer en r&#233;sonance avec l'immense sans l'hubris de le ma&#238;triser, trouvant dans cet all&#232;gement un profond &#171; r&#233;confort &#187;. Cette philosophie du &#171; moindre &#187; n'est pas une simple posture, mais l'aboutissement de toute la d&#233;marche de l'ouvrage : une proposition concr&#232;te pour habiter le monde autrement, en y cherchant non pas la ma&#238;trise, mais la relation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Virginie Gautier d&#233;ploie dans son livre une &#233;criture du d&#233;centrement, nous invitant &#224; quitter la souverainet&#233; du regard pour nous ouvrir &#224; une perception plus tactile et plus humble du monde. Elle nous incite &#224; consid&#233;rer la nuit non plus comme une absence, mais comme un territoire foisonnant, un espace de r&#233;sistance et le lieu d'une qu&#234;te philosophique de la puissance dans le &#171; moindre &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La force principale du livre r&#233;side dans sa capacit&#233; &#224; transformer une exp&#233;rience intime et personnelle en une r&#233;flexion universelle sur notre rapport &#224; la nature, au temps et &#224; la modernit&#233;. Port&#233;e par une &#233;criture d'une grande pr&#233;cision, &#224; la fois charnelle et &#233;vocatrice, l'enqu&#234;te de Virginie Gautier nous touche par sa justesse et sa profondeur. Elle ne cherche pas &#224; imposer une v&#233;rit&#233;, mais &#224; ouvrir des pistes, &#224; partager des sensations et &#224; susciter des questionnements. Plus qu'une simple exploration de la nuit, Virginie Gautier nous offre une v&#233;ritable &#233;thique de la perception. &lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;https://www.virginiegautier.com/recours-a-la-nuit/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;i&gt;Recours &#224; la nuit&lt;/i&gt;&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt; est un appel vibrant &#224; &#171; r&#233;adapter notre &#339;il &#187;, &#224; accueillir le sombre, le sauvage et l'incertain. C'est une invitation &#224; retrouver, dans l'ombre volontairement choisie, une libert&#233; et une intensit&#233; d'&#234;tre face &#224; un monde qui, en cherchant &#224; tout &#233;clairer, risque de nous laisser aveugles &#224; l'essentiel.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Journal du Combat #8</title>
		<link>https://www.liminaire.fr/ecriture/au-lieu-de-se-souvenir/article/journal-du-combat-8</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.liminaire.fr/ecriture/au-lieu-de-se-souvenir/article/journal-du-combat-8</guid>
		<dc:date>2025-12-30T08:00:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Pierre M&#233;nard</dc:creator>


		<dc:subject>Architecture</dc:subject>
		<dc:subject>Information</dc:subject>
		<dc:subject>Journal</dc:subject>
		<dc:subject>Photographie</dc:subject>
		<dc:subject>Vid&#233;o</dc:subject>
		<dc:subject>R&#233;cit</dc:subject>
		<dc:subject>Paris</dc:subject>
		<dc:subject>Ville</dc:subject>
		<dc:subject>Paysage</dc:subject>
		<dc:subject>Nature</dc:subject>
		<dc:subject>Soci&#233;t&#233;</dc:subject>
		<dc:subject>Travail</dc:subject>
		<dc:subject>Temps</dc:subject>
		<dc:subject>Traces</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Les travaux se sont acc&#233;l&#233;r&#233;s ces deux derniers mois pour se concentrer essentiellement du c&#244;t&#233; du Generator et du centre de la place du Colonel-Fabien. &lt;br class='autobr' /&gt;
&#192; la Sainte-Catherine, tout bois prend racine. C'est &#224; la fin novembre que les premiers arbres ont &#233;t&#233; plant&#233;s. &lt;br class='autobr' /&gt;
Leur arriv&#233;e, apr&#232;s un an de chantier, est un r&#233;el tournant du chantier. Il faut reconna&#238;tre que les voir enfin appara&#238;tre rassure sur le projet de cr&#233;ation d'une for&#234;t urbaine. Pour le moment, la premi&#232;re phase du chantier (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/ecriture/au-lieu-de-se-souvenir/" rel="directory"&gt;Au lieu de se souvenir&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/architecture" rel="tag"&gt;Architecture&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/information" rel="tag"&gt;Information&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/journal" rel="tag"&gt;Journal&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/photographie" rel="tag"&gt;Photographie&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/video" rel="tag"&gt;Vid&#233;o&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/recit" rel="tag"&gt;R&#233;cit&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/paris" rel="tag"&gt;Paris&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/ville" rel="tag"&gt;Ville&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/paysage" rel="tag"&gt;Paysage&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/nature" rel="tag"&gt;Nature&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/societe" rel="tag"&gt;Soci&#233;t&#233;&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/travail" rel="tag"&gt;Travail&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/temps" rel="tag"&gt;Temps&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/traces" rel="tag"&gt;Traces&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.liminaire.fr/local/cache-vignettes/L150xH100/54968934785_00bb326f82_z-a958e.jpg?1767081703' class='spip_logo spip_logo_right spip_logo_survol' width='150' height='100' alt=&#034;&#034; data-src-hover=&#034;IMG/logo/54980882717_1a1257c34b_z.jpg?1766439445&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Les travaux se sont acc&#233;l&#233;r&#233;s ces deux derniers mois pour se concentrer essentiellement du c&#244;t&#233; du Generator et du centre de la place du Colonel-Fabien.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_8596 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.liminaire.fr/IMG/jpg/54910766900_8438ca5cdb_k.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.liminaire.fr/local/cache-vignettes/L500xH333/54910766900_8438ca5cdb_k-b8fa3.jpg?1767081703' width='500' height='333' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&#192; la Sainte-Catherine, tout bois prend racine. C'est &#224; la fin novembre que les premiers arbres ont &#233;t&#233; plant&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Leur arriv&#233;e, apr&#232;s un an de chantier, est un r&#233;el tournant du chantier. Il faut reconna&#238;tre que les voir enfin appara&#238;tre rassure sur le projet de cr&#233;ation d'une for&#234;t urbaine. Pour le moment, la premi&#232;re phase du chantier s'est concentr&#233;e sur la pr&#233;paration des sols pour les plantations, l'am&#233;lioration des r&#233;seaux souterrains et la modernisation de l'&#233;clairage. L'ensemble des abords de la place a &#233;t&#233; r&#233;am&#233;nag&#233;, les trottoirs ont &#233;t&#233; pav&#233;s, de nouvelles pistes cyclables ont &#233;t&#233; am&#233;nag&#233;es et des espaces v&#233;g&#233;talis&#233;s cr&#233;&#233;s le long des pourtours de la place, du c&#244;t&#233; du si&#232;ge du Parti communiste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La pelouse devant le si&#232;ge du Parti communiste a elle aussi &#233;t&#233; l'objet d'un chantier &#224; l'automne. Un chemin sinueux a &#233;t&#233; construit, creus&#233; en pente douce, pour permettre aux personnes handicap&#233;es d'entrer du c&#244;t&#233; du boulevard de la Villette. La cl&#244;ture m&#233;tallique qui emp&#234;chait l'acc&#232;s au monument, contrairement &#224; l'intention initiale d'Oscar Niemeyer qui souhaitait offrir aux passants un acc&#232;s ouvert depuis la place sur le b&#226;timent, a &#233;t&#233; perc&#233;e pour installer un portail.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_8597 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.liminaire.fr/IMG/jpg/54910709414_008618a902_k.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.liminaire.fr/local/cache-vignettes/L500xH333/54910709414_008618a902_k-bf10b.jpg?1767081703' width='500' height='333' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;La circulation est d&#233;sormais totalement interdite du c&#244;t&#233; du Generator. Les pav&#233;s ont &#233;t&#233; enlev&#233;s en un jour, avant que de la terre soit apport&#233;e par camions et d&#233;vers&#233;e dans cette partie de la place. La route qui passait de ce c&#244;t&#233; a &#233;t&#233; supprim&#233;e. Quelques semaines plus t&#244;t, le passage de la rue Goerg-Friedrich-Haendel &#224; la rue Albert-Camus, qui croise la place Robert-Desnos, a &#233;t&#233; transform&#233; en voie r&#233;serv&#233;e aux pompiers, ce qui indique bien que c'est la seule issue leur permettant d'atteindre cette partie de la place.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Certaines zones restent encore prot&#233;g&#233;es par des barri&#232;res de s&#233;curit&#233;, d&#233;tournant la circulation des pi&#233;tons et des cyclistes, la plupart du temps &#224; cause des derniers travaux sur les feux de signalisation. &#192; ces endroits, il reste encore des zones en attente d'&#234;tre goudronn&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Rue Claude-Vellefaux, la station du bus 46 est termin&#233;e depuis plusieurs mois, les publicit&#233;s sont chang&#233;es r&#233;guli&#232;rement, mais le bus qui passe &#224; sa hauteur ne marque pas encore l'arr&#234;t.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_8598 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.liminaire.fr/IMG/jpg/54937696779_1e06d7cc30_k.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.liminaire.fr/local/cache-vignettes/L500xH333/54937696779_1e06d7cc30_k-9d063.jpg?1767081703' width='500' height='333' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s avoir laiss&#233; pousser des fleurs sauvages sur les monticules du c&#244;t&#233; de la rue de Meaux et de l'avenue Mathurin-Moreau, celles-ci ont &#233;t&#233; enlev&#233;es &#224; l'automne, avant d'&#234;tre remplac&#233;es par la plantation de jeunes arbustes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un important tas de terre, culminant &#224; un m&#232;tre environ, a &#233;t&#233; dispos&#233; devant l'auberge de jeunesse. Au sommet de ce tas, une rang&#233;e d'arbustes et d'arbres a &#233;t&#233; plant&#233;e. &#192; leurs pieds, des plantes rampantes recouvrent la terre meuble.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_8599 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.liminaire.fr/IMG/jpg/54927908034_43a442d021_k.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.liminaire.fr/local/cache-vignettes/L500xH333/54927908034_43a442d021_k-a8c05.jpg?1767081704' width='500' height='333' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Au centre de la place, sur une superficie assez proche du terre-plein central qui existait auparavant et sur lequel d'anciens habitu&#233;s jouaient depuis les ann&#233;es 70 &#224; la p&#233;tanque sur le sol ensabl&#233;, les ouvriers ont coul&#233; une large chape de b&#233;ton dont la couleur rappelle le sable d'antan.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_8600 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.liminaire.fr/IMG/jpg/54999177932_b6aa6fa0d5_k.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.liminaire.fr/local/cache-vignettes/L500xH333/54999177932_b6aa6fa0d5_k-356b7.jpg?1767081704' width='500' height='333' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Pourquoi r&#233;server au centre de la place une importance aussi grande &#224; un sol min&#233;ral, alors que les r&#233;am&#233;nagements du pourtour de la place, qui agrandissent certes la circulation des pi&#233;tons en agrandissant les trottoirs, empi&#232;tent d&#233;j&#224; beaucoup sur la v&#233;g&#233;talisation de l'ensemble du lieu ? N'aurait-il pas &#233;t&#233; plus judicieux de limiter la place des circulations qui vont se croiser au centre de la place en les entourant de pelouse ? Sans doute le passage de la ligne du m&#233;tro quelques m&#232;tres en dessous emp&#234;chait-il de creuser suffisamment pour planter de nouveaux arbres dans cette partie centrale, mais on aurait tr&#232;s bien pu cr&#233;er d'autres buttes sur lesquelles les planter ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y aura des assises &#224; l'ombre, d'ailleurs des bancs en arrondi ont d&#233;j&#224; &#233;t&#233; apport&#233;s sur place mais ils ne sont pas encore install&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Photographies du chantier (de novembre &#224; d&#233;cembre 2025) &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;center&gt; &lt;iframe style=&#034;width: 640px; height: 460px;&#034; scrolling=&#034;no&#034; align=&#034;middle&#034; frameborder=&#034;0&#034; src=&#034;https://www.flickr.com/photos/liminaire/sets/72177720331082058/player&#034;&gt;&lt;/iframe&gt; &lt;/center&gt;
&lt;p&gt;Le chantier du r&#233;am&#233;nagement de la place doit se terminer en f&#233;vrier 2026.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Vid&#233;o du chantier (de novembre &#224; d&#233;cembre 2025) &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;center&gt;&lt;iframe width=&#034;640&#034; height=&#034;395&#034; src=&#034;https://www.youtube.com/embed/TpMOouhZhm8&#034; title=&#034;&#034; frameborder=&#034;0&#034; allow=&#034;accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share&#034; referrerpolicy=&#034;strict-origin-when-cross-origin&#034; allowfullscreen&gt;&lt;/iframe&gt;&lt;/center&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>L'&#233;criture &#224; l'&#232;re de sa reproductibilit&#233; photographique</title>
		<link>https://www.liminaire.fr/creation/livre-lecture/article/l-ecriture-a-l-ere-de-sa-reproductibilite-photographique</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.liminaire.fr/creation/livre-lecture/article/l-ecriture-a-l-ere-de-sa-reproductibilite-photographique</guid>
		<dc:date>2025-12-12T08:00:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Pierre M&#233;nard</dc:creator>


		<dc:subject>Art</dc:subject>
		<dc:subject>&#201;criture</dc:subject>
		<dc:subject>Inventaire</dc:subject>
		<dc:subject>Information</dc:subject>
		<dc:subject>Langage</dc:subject>
		<dc:subject>Lecture</dc:subject>
		<dc:subject>Livre</dc:subject>
		<dc:subject>Num&#233;rique</dc:subject>
		<dc:subject>Photographie</dc:subject>
		<dc:subject>Jeu</dc:subject>
		<dc:subject>Regard</dc:subject>
		<dc:subject>Sens</dc:subject>
		<dc:subject>Travail</dc:subject>
		<dc:subject>Histoire</dc:subject>
		<dc:subject>Fran&#231;ois Bon</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Copier-coller : le tournant photographique de l'&#233;criture num&#233;rique, d'Allan Deneuville, publi&#233; en 2025 chez UGA &#201;ditions est &#233;galement publi&#233; sur OpenEdition Books. &lt;br class='autobr' /&gt;
Le 20 novembre 2025, Sylvain Bourmeau recevait Allan Deneuville, ma&#238;tre de conf&#233;rences &#224; l'universit&#233; Bordeaux Montaigne et auteur de Copier-coller : le tournant photographique de l'&#233;criture num&#233;rique (UGA &#201;ditions, septembre 2025), dans son &#233;mission La Suite dans les id&#233;es sur France Culture. &lt;br class='autobr' /&gt;
Anatomie d'un geste invisible (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/creation/livre-lecture/" rel="directory"&gt;Livre &amp; lecture&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/art" rel="tag"&gt;Art&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/ecriture" rel="tag"&gt;&#201;criture&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/inventaire" rel="tag"&gt;Inventaire&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/information" rel="tag"&gt;Information&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/langage" rel="tag"&gt;Langage&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/lecture" rel="tag"&gt;Lecture&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/livre" rel="tag"&gt;Livre&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/numerique" rel="tag"&gt;Num&#233;rique&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/photographie" rel="tag"&gt;Photographie&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/jeu" rel="tag"&gt;Jeu&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/regard" rel="tag"&gt;Regard&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/sens" rel="tag"&gt;Sens&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/travail" rel="tag"&gt;Travail&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/histoire" rel="tag"&gt;Histoire&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/francois-bon" rel="tag"&gt;Fran&#231;ois Bon&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.liminaire.fr/local/cache-vignettes/L150xH100/te_tie_re_copier-coller_01_1_-a8658.jpg?1765526986' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='100' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_8571 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.liminaire.fr/local/cache-vignettes/L120xH184/couv_copie_-colle__02b_final_1_-00225.jpg?1764930178' width='120' height='184' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;https://www.uga-editions.com/menu-principal/collections-et-revues/collections/humanites-et-medialites/copier-coller-le-tournant-photographique-de-l-ecriture-numerique-1562658.kjsp&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;i&gt;Copier-coller : le tournant photographique de l'&#233;criture num&#233;rique&lt;/i&gt;, d'Allan Deneuville, publi&#233; en 2025 chez UGA &#201;ditions&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt; est &#233;galement &lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;https://books.openedition.org/ugaeditions/49972&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;publi&#233; sur OpenEdition Books&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 20 novembre 2025, Sylvain Bourmeau recevait Allan Deneuville, ma&#238;tre de conf&#233;rences &#224; l'universit&#233; Bordeaux Montaigne et auteur de &lt;i&gt;Copier-coller : le tournant photographique de l'&#233;criture num&#233;rique&lt;/i&gt; (UGA &#201;ditions, septembre 2025), &lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;https://www.radiofrance.fr//franceculture/podcasts/la-suite-dans-les-idees/le-geste-de-copier-coller-un-nouveau-paradigme-pour-la-creation-3003463&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;dans son &#233;mission &lt;i&gt;La Suite dans les id&#233;es&lt;/i&gt; sur France Culture&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Anatomie d'un geste invisible&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le geste est si quotidien qu'il en devient invisible. On copie, on colle, un morceau d'article, une ligne de code, une phrase qu'on veut garder sous la main. Une action trop machinale pour qu'on y pr&#234;te attention, sauf quand tout se bloque et qu'on r&#233;alise soudain combien elle nous est devenue indispensable.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans son livre, Allan Deneuville montre que le copier-coller n'est ni un appauvrissement de l'&#233;criture ni un plagiat facilit&#233;.&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Le plagiat est une copie qui a comme objectif de s'invisibiliser. Tout (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; C'est un geste neuf, un geste de capture, qui transforme notre mani&#232;re de produire et de faire circuler les textes. En retra&#231;ant son histoire, l'auteur r&#233;v&#232;le non seulement une &#233;volution technique, mais aussi des changements culturels et mentaux qui accompagnent nos vies en ligne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'o&#249; vient ce geste ? Pourquoi s'est-il impos&#233; si vite ? Et que dit-il de notre &#233;poque ? Deneuville esquisse la r&#233;ponse : derri&#232;re sa simplicit&#233; apparente, le copier-coller fa&#231;onne une nouvelle mani&#232;re d'&#233;crire, faite de fragments, d'emprunts et de recompositions. Une &#233;criture typique de notre monde num&#233;rique, discr&#232;te mais profond&#233;ment structurante.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Red&#233;finir le geste : De la main qui &#233;crit &#224; l'&#339;il qui capture&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le tournant photographique de l'&#233;criture&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si l'on veut comprendre ce que fait vraiment le copier-coller, il faut cesser de le regarder comme un simple outil d'&#233;criture. Certes, d&#233;placer des morceaux de textes, les r&#233;assembler, les faire tenir ensemble par une couture plus ou moins visible n'a rien de neuf, Paul Val&#233;ry accumulait notes et bribes de textes.&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Mon travail d'&#233;crivain consiste uniquement &#224; mettre en &#339;uvre (&#224; la lettre) (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; Mais quelque chose s'est d&#233;plac&#233; avec les technologies num&#233;riques. Le geste n'est plus seulement une mani&#232;re de composer, c'est une mani&#232;re de saisir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est l&#224; que l'hypoth&#232;se d'Allan Deneuville devient &#233;clairante, pour lui, le copier-coller est un geste photographique. L'id&#233;e peut surprendre, mais elle nous convainc tr&#232;s vite. La photo, &#233;crivait Andr&#233; Bazin dans &lt;i&gt;Qu'est-ce que le cin&#233;ma ?&lt;/i&gt;, a lib&#233;r&#233; les arts plastiques de leur obsession de l'imitation. &#192; l'inverse, le copier-coller, geste &lt;i&gt;photographique&lt;/i&gt; dans son principe, rappelle &#224; l'&#233;criture sa puissance d'imitation, non plus du monde mais d'autres textes. On n'&#233;crit plus seulement pour d&#233;crire, mais on pr&#233;l&#232;ve, on isole, on capture des formes d&#233;j&#224; existantes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette capture n'a rien d'anodin. Elle donne au texte copi&#233; une valeur d'empreinte. Roland Barthes parlait dans &lt;i&gt;La chambre claire&lt;/i&gt; du fameux &#171; &#231;a-a-&#233;t&#233; &#187;, qui garantit que l'image atteste un instant du r&#233;el. Copier-coller un passage (&#224; condition d'indiquer d'o&#249; il vient) produit un effet comparable, il signale qu'un ensemble pr&#233;cis de mots a exist&#233; ailleurs, avant, dans un autre contexte. Ce n'est plus simplement un &#233;nonc&#233;, c'est une trace, un pr&#233;l&#232;vement r&#233;alis&#233; dans le flux incessant des textes num&#233;riques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour mesurer la port&#233;e de ce geste, il faut aussi revenir &#224; son histoire, une histoire industrielle, machinique, o&#249; le manipuler, le r&#233;p&#233;ter, le dupliquer sont devenus des op&#233;rations aussi fondamentales que lire ou &#233;crire. Le copier-coller dit quelque chose de profond sur la mani&#232;re dont nous transformons aujourd'hui les mots, les id&#233;es et le r&#233;el lui-m&#234;me.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Arch&#233;ologie d'un geste industriel : vitesse et fid&#233;lit&#233;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La g&#233;n&#233;alogie de l'outil&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le copier-coller s'inscrit dans une longue histoire de la copie. Depuis le XIX&#7497; si&#232;cle, on a cherch&#233; &#224; reproduire les textes toujours plus vite et plus fid&#232;lement. Cette double exigence a fa&#231;onn&#233; quantit&#233; d'inventions qui, d'&#233;tape en &#233;tape, ont fait glisser la copie de la main du copiste vers l'&#339;il de la machine, jusqu'&#224; ce geste devenu aujourd'hui presque r&#233;flexe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si l'on remonte cette g&#233;n&#233;alogie, on retrouve d'abord le scribe, premier artisan de la reproduction, dont le travail restait lent, co&#251;teux, fragile. L'imprimerie de Gutenberg a &#233;videmment tout chang&#233;. Le texte s'est mis &#224; se multiplier &#224; l'identique, mais avec des moyens lourds et r&#233;serv&#233;s &#224; quelques sp&#233;cialistes.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le XIX&#7497; si&#232;cle ouvre un autre chapitre, plus intime et prosa&#239;que. Les presses &#224; copier, les papiers carbone&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;La machine de Pellegrino Turri a &#233;t&#233; mise au point pour permettre &#224; la (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, puis une s&#233;rie de machines &#224; dupliquer qui accompagnent l'essor administratif et commercial. Vient ensuite la photocopieuse, qui fait basculer la copie dans un r&#233;gime proprement visuel. Ce n'est plus un texte qu'on reproduit, mais l'image d'un texte. Les r&#233;dactions en savent quelque chose : &lt;i&gt;couper&lt;/i&gt; et &lt;i&gt;coller&lt;/i&gt; viennent litt&#233;ralement des ciseaux et de la colle utilis&#233;s pour monter les pages ensemble.&lt;br class='autobr' /&gt;
Jusqu'au moment o&#249; tout cela bascule dans le num&#233;rique. Dans les ann&#233;es 1970, au Xerox PARC, Larry Tesler imagine un geste qui deviendra universel : le copier-coller. Avec lui na&#238;t aussi l'id&#233;e du &lt;i&gt;presse-papier&lt;/i&gt;, cet espace minuscule, temporaire, o&#249; transitent aujourd'hui des milliards de fragments. &#171; Qu'elle est la permanence temporelle de cette m&#233;moire volatile ? Est-elle vraiment volatile si elle peut durer des heures ? Que fait-elle pendant des heures dans mon ordinateur ? Ne pouvons-nous pas en trouver, n'en serait-ce qu'une infime trace, dans une autre couche de l'ordinateur ? &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette histoire rappelle &#224; quel point ce geste, si simple en apparence, est le produit d'une longue ing&#233;nierie. Rien de naturel ni de spontan&#233;. C'est un geste con&#231;u, optimis&#233;, affin&#233;. Son &#233;vidence actuelle masque la complexit&#233; de son pass&#233; et les effets immenses de sa diffusion dans nos mani&#232;res de lire, d'&#233;crire, de penser.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Les enjeux d'une pratique : Du geste individuel &#224; la construction du r&#233;el&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;L'hypergeste collectif et l'&#233;ditorialisation du monde&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bien qu'il s'accomplisse seul, le copier-coller agit comme un geste collectif &#224; grande &#233;chelle. Des milliards de personnes l'ex&#233;cutent chaque jour, sans se conna&#238;tre, et pourtant leurs actions s'additionnent, se r&#233;pondent, s'influencent. C'est ce que le math&#233;maticien, musicien et th&#233;oricien du jazz suisse Guerino Mazzola appelle un &lt;i&gt;hypergeste&lt;/i&gt;. Une force commune n&#233;e de gestes minuscules et dispers&#233;s, comme une improvisation collective o&#249; chacun joue sa note sans entendre l'ensemble.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans ce mouvement d'ensemble, le copier-coller devient un outil central de ce que Marcello Vitali-Rosati nomme l'&lt;i&gt;&#233;ditorialisation&lt;/i&gt; : toutes ces op&#233;rations visibles ou invisibles qui fa&#231;onnent l'espace num&#233;rique, qui d&#233;cident de ce qui circule, de ce qui s'impose, de ce qui dispara&#238;t. Copier-coller un fragment n'est donc jamais une op&#233;ration neutre. C'est un acte qui produit du r&#233;el, qui d&#233;place des contours, qui fabrique des &#233;vidences.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&#233;pisode de la fausse arrestation de Xavier Dupont de Ligonn&#232;s, en 2019, l'a montr&#233; de mani&#232;re in&#233;dite. Une information erron&#233;e, relay&#233;e de r&#233;daction en r&#233;daction, copi&#233;e, recopi&#233;e, a suffi pour construire en quelques heures une r&#233;alit&#233; m&#233;diatique. &#171; Cette anecdote permet de rendre compte de certaines dynamiques de construction du r&#233;el par l'&#233;ditorialisation et le copier-coller. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette puissance du copier-coller r&#233;v&#232;le une tension profonde, particuli&#232;rement visible &#224; l'universit&#233;. On continue de voir dans ce geste un raccourci moralement condamnable (le plagiat), sans toujours percevoir qu'il traduit aussi une collision entre deux r&#233;gimes de savoir, celui du livre imprim&#233;, o&#249; l'on valorise la propri&#233;t&#233; intellectuelle, la signature, l'original, et celui du num&#233;rique, qui privil&#233;gie le flux, le m&#233;lange, la recomposition. Entre ces deux mondes, les &#233;tudiants naviguent comme ils peuvent.&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Sous le plagiat, le pav&#233; de l'authenticit&#233; : vieux mot d'ordre, qu'on aurait (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_8577 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.liminaire.fr/IMG/png/chapitre_2_figure_2_4.png' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/png&#034;&gt; &lt;img src='https://www.liminaire.fr/local/cache-vignettes/L500xH666/chapitre_2_figure_2_4-0d548.png?1765526987' width='500' height='666' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;center&gt;Nicolas Aiello, dans son &#339;uvre &lt;i&gt;Drawing as Epistemological Tool&lt;/i&gt;, recopie sur des feuilles de 50 &#215; 70 cm, &#171; fragment d'une expression &#187; de l'historien de l'art Aby Warburg
&lt;/center&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La po&#233;sie comme d&#233;sautomatisation&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La po&#233;sie contemporaine, et en particulier tout ce qui gravite autour de l'&lt;i&gt;uncreative writing&lt;/i&gt; de Kenneth Goldsmith&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;L'&#233;criture sans &#233;criture - du langage &#224; l'&#226;ge num&#233;rique, Kenneth Goldsmith, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh5&#034;&gt;5&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, s'est empar&#233;e du copier-coller pour en faire tout autre chose qu'un simple r&#233;flexe pratique. Arrach&#233; &#224; son usage utilitaire, ce mouvement r&#233;p&#233;titif devient un geste po&#233;tique, mais aussi un outil critique, capable de faire surgir ce qui reste habituellement enfoui dans le flux num&#233;rique. Les po&#232;tes, en r&#233;cup&#233;rant des morceaux d'Internet (commentaires YouTube, tweets perdus, messages de forums), se bricolent de nouveaux dispositifs et protocoles pour regarder autrement notre monde connect&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cory Arcangel, par exemple, rassemble tous les tweets contenant &#171; working on my novel &#187; (Je travaille sur mon roman). Une simple phrase r&#233;p&#233;t&#233;e par des inconnus devient un portrait d'&#233;poque, fait d'inqui&#233;tudes et de projets suspendus. Il fait appara&#238;tre ce qu'on ne remarquait plus. Il choisit des fragments minuscules qu'il met en lumi&#232;re. Ici, choisir, c'est d&#233;j&#224; r&#233;v&#233;ler.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Franck Leibovici assemble des &lt;i&gt;documents po&#233;tiques&lt;/i&gt; qui, mis bout &#224; bout, forment des archives de nos pr&#233;sences num&#233;riques. Il explore les communaut&#233;s en ligne comme on observerait des fa&#231;ons de vivre. Il s'y emploie lorsqu'il r&#233;cup&#232;re des discussions de forums pour comprendre les rituels de la s&#233;duction &#224; distance.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces d&#233;marches montrent bien que la v&#233;ritable habilet&#233; du copier-coller ne tient pas &#224; la facilit&#233; du geste (tout le monde sait appuyer sur deux touches), mais &#224; ce qui pr&#233;c&#232;de et suit ce geste : regarder, choisir, d&#233;placer, recomposer. Elles nous invitent &#224; consid&#233;rer le copier-coller non comme une facilit&#233;, mais comme une autre fa&#231;on d'&#233;crire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Penser avec le copier-coller&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le copier-coller, ce n'est pas seulement deux touches qu'on presse sans y penser. C'est un geste qui tient presque de la prise de vue. On pr&#233;l&#232;ve, on cadre, on d&#233;place. H&#233;ritier de toute une culture industrielle de la reproduction, il a peu &#224; peu transform&#233; notre mani&#232;re d'&#233;crire en un travail de capture et de montage. En le rapprochant de la photographie, on ne cherche pas une image commode. On se donne une mani&#232;re plus juste de comprendre ce qu'il fait, ce qu'il ouvre et ce qu'il trouble. Son c&#244;t&#233; &lt;i&gt;indice&lt;/i&gt;, sa capacit&#233; &#224; organiser des fragments et sa r&#233;cup&#233;ration par la po&#233;sie montrent &#224; quel point ce geste anodin structure notre rapport au num&#233;rique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'arriv&#233;e des intelligences artificielles g&#233;n&#233;ratives amplifie encore cette dynamique. On pourrait presque voir des outils comme ChatGPT comme un &#171; JPEG flou de tout le texte du Web &#187;, car on est face &#224; des machines &#224; pr&#233;lever, &#224; compresser et &#224; r&#233;agencer des quantit&#233;s immenses de textes. Une sorte de copier-coller d&#233;multipli&#233;, devenu syst&#232;me. Dans cette situation, il devient essentiel d'apprendre &#224; regarder de pr&#232;s ce geste si banal : comprendre ce que signifie choisir un fragment, le sortir de son contexte, lui en donner un autre. &#171; D&#233;plier le fonctionnement du copier-coller, &#233;crit Allan Deneuville en conclusion, aide &#224; la compr&#233;hension des dispositifs avec et par lesquels nous communiquons aujourd'hui, dans des rapports croisant le scripturaire et le photographique. &#187; Apprendre &#224; penser avec le copier-coller, c'est finalement apprendre &#224; circuler plus lucidement dans le monde num&#233;rique o&#249; l'on vit.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Le plagiat est une copie qui a comme objectif de s'invisibiliser. Tout plagiat est une copie, mais toute copie n'est pas un plagiat. Le plagiat est une notion &#224; caract&#232;re axiologique, l&#224; o&#249; la copie est une pratique d'&#233;criture parmi d'autres.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Mon travail d'&#233;crivain consiste uniquement &#224; mettre en &#339;uvre (&#224; la lettre) des notes, des fragments &#233;crits &#224; propos de tout, et &#224; toute &#233;poque de mon histoire. Pour moi, traiter un sujet, c'est amener des morceaux existants &#224; se grouper dans le sujet choisi bien plus tard ou impos&#233;. (Val&#233;ry, 1977, p. 245-246)&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;La machine de Pellegrino Turri a &#233;t&#233; mise au point pour permettre &#224; la comtesse Carolina Fantoni da Fivizzano, devenue aveugle, &#171; d'&#233;crire de mani&#232;re priv&#233;e &#224; ses amis &#187;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Sous le plagiat, le pav&#233; de l'authenticit&#233; : vieux mot d'ordre, qu'on aurait pu croire d&#233;finitivement rendu caduc par les courants esth&#233;tiques modernes. Mais l'authenticit&#233; fait un beau retour en force, avec sa doublure : l'originalit&#233; et son pendant id&#233;ologique : l'indicible. Ces discours de l'origine, aussi vieux que Platon, s'assoient aujourd'hui sur un nouveau discours du je, riche des exp&#233;rimentations de l'autofiction. (Darrieussecq, 2010, p. 21)&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;a href=&#034;https://www.jbe-books.com/products/lecriture-sans-ecriture-by-kenneth-goldsmith&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;L'&#233;criture sans &#233;criture - du langage &#224; l'&#226;ge num&#233;rique, Kenneth Goldsmith, traduit par Fran&#231;ois Bon, Jean Bo&#238;te &#201;ditions&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Qui tombe des &#233;toiles, de Julien d'Abrigeon</title>
		<link>https://www.liminaire.fr/creation/radio-marelle/article/qui-tombe-des-etoiles-de-julien-d-abrigeon</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.liminaire.fr/creation/radio-marelle/article/qui-tombe-des-etoiles-de-julien-d-abrigeon</guid>
		<dc:date>2025-12-05T08:00:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Pierre M&#233;nard</dc:creator>


		<dc:subject>Biographie</dc:subject>
		<dc:subject>Art</dc:subject>
		<dc:subject>&#201;criture</dc:subject>
		<dc:subject>Histoire</dc:subject>
		<dc:subject>Information</dc:subject>
		<dc:subject>Inventaire</dc:subject>
		<dc:subject>Livre</dc:subject>
		<dc:subject>Lecture</dc:subject>
		<dc:subject>R&#233;cit</dc:subject>
		<dc:subject>Po&#233;sie</dc:subject>
		<dc:subject>Portrait</dc:subject>
		<dc:subject>Voix</dc:subject>
		<dc:subject>En lisant en &#233;crivant</dc:subject>
		<dc:subject>Corps</dc:subject>
		<dc:subject>Ciel</dc:subject>
		<dc:subject>Sensation</dc:subject>
		<dc:subject>Soci&#233;t&#233;</dc:subject>
		<dc:subject>Temps</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;&#192; travers une mosa&#239;que de destins r&#233;els (l'astronaute Christa McAuliffe, l'inventeur Adolphe P&#233;goud, le grimpeur Patrick Edlinger, le peintre Nicolas de Sta&#235;l, l'escroc de la Silicon Valley, Elizabeth Holmes, la parapentiste Ewa Wi&#347;nierska), le roman de Julien d'Abrigeon explore une m&#234;me loi, celle de la gravit&#233;, physique et morale. Chacun s'&#233;l&#232;ve avant de tomber. Par un montage rapide, presque cin&#233;matographique, l'auteur encha&#238;ne ces chutes comme autant d'&#233;clats d'un monde obs&#233;d&#233; par la (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/creation/radio-marelle/" rel="directory"&gt;Radio Marelle&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/biographie" rel="tag"&gt;Biographie&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/art" rel="tag"&gt;Art&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/ecriture" rel="tag"&gt;&#201;criture&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/histoire" rel="tag"&gt;Histoire&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/information" rel="tag"&gt;Information&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/inventaire" rel="tag"&gt;Inventaire&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/livre" rel="tag"&gt;Livre&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/lecture" rel="tag"&gt;Lecture&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/recit" rel="tag"&gt;R&#233;cit&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/poesie" rel="tag"&gt;Po&#233;sie&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/portrait" rel="tag"&gt;Portrait&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/voix" rel="tag"&gt;Voix&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/en-lisant-en-ecrivant" rel="tag"&gt;En lisant en &#233;crivant&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/corps" rel="tag"&gt;Corps&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/ciel" rel="tag"&gt;Ciel&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/sensation" rel="tag"&gt;Sensation&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/societe" rel="tag"&gt;Soci&#233;t&#233;&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/temps" rel="tag"&gt;Temps&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.liminaire.fr/local/cache-vignettes/L150xH84/en_lisant_en_e_crivant_24_1_-985de.png?1764921747' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='84' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_8546 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.liminaire.fr/local/cache-vignettes/L120xH181/68666df764778_1_-2e0a4.jpg?1762202694' width='120' height='181' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt; &lt;p&gt;&#192; travers une mosa&#239;que de destins r&#233;els (l'astronaute Christa McAuliffe, l'inventeur Adolphe P&#233;goud, le grimpeur Patrick Edlinger, le peintre Nicolas de Sta&#235;l, l'escroc de la Silicon Valley, Elizabeth Holmes, la parapentiste Ewa Wi&#347;nierska), le roman de Julien d'Abrigeon explore une m&#234;me loi, celle de la gravit&#233;, physique et morale. Chacun s'&#233;l&#232;ve avant de tomber. Par un montage rapide, presque cin&#233;matographique, l'auteur encha&#238;ne ces chutes comme autant d'&#233;clats d'un monde obs&#233;d&#233; par la r&#233;ussite. Le texte secoue, percute, interpelle. Derri&#232;re cette prose effervescente et jubilatoire, une r&#233;flexion se d&#233;ploie. Que reste-t-il de nos r&#234;ves d'ascension, quand tout finit toujours par retomber ? Ce livre invente une forme libre et &#233;lectrique, une chute en cascade.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;https://lequartanier.com/parution/745-qui-tombe-des-etoiles&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;i&gt;Qui tombe des &#233;toiles&lt;/i&gt;, Julien d'Abrigeon, Le Quartanier, 2025.&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;
&lt;br&gt;
&lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip_document_8553 spip_document spip_documents spip_document_video&#034;&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt;
&lt;div class=&#034;video-intrinsic-wrapper&#034; style='height:0;width:640px;max-width:100%;padding-bottom:56.25%;position:relative;'&gt; &lt;div class=&#034;video-wrapper&#034; style=&#034;position: absolute;top:0;left:0;width:100%;height:100%;&#034;&gt; &lt;video class=&#034;mejs mejs-8553&#034; data-id=&#034;c45701c50d4a6090f8057cf58d7ada35&#034; data-mejsoptions='{&#034;iconSprite&#034;: &#034;plugins-dist/medias/lib/mejs/mejs-controls.svg&#034;,&#034;alwaysShowControls&#034;: true,&#034;pluginPath&#034;:&#034;plugins-dist/medias/lib/mejs/&#034;,&#034;loop&#034;:false,&#034;videoWidth&#034;:&#034;100%&#034;,&#034;videoHeight&#034;:&#034;100%&#034;,&#034;duration&#034;:930}' width=&#034;100%&#034; height=&#034;100%&#034; poster=&#034;local/cache-vignettes/L640xH360/en_lisant_en_e_crivant_24_-622ab.png?1762783691&#034; controls=&#034;controls&#034; preload=&#034;none&#034; &gt; &lt;source type=&#034;video/mp4&#034; src=&#034;IMG/mp4/en_lisant_qui_tombe_des_e_toiles_julien_d_abrigeon.mp4&#034; /&gt; &lt;img src='https://www.liminaire.fr/local/cache-vignettes/L500xH281/en_lisant_en_e_crivant_24_-622ab-13025.png?1764921748' width='500' height='281' alt='Impossible de lire la video' /&gt; &lt;/video&gt; &lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div class=&#034;base64javascript6819176726a27b70a44cea3.13946658&#034; title=&#034;PHNjcmlwdD4gdmFyIG1lanNwYXRoPSdwbHVnaW5zLWRpc3QvbWVkaWFzL2xpYi9tZWpzL21lZGlhZWxlbWVudC1hbmQtcGxheWVyLm1pbi5qcz8xNzcyNzk1ODQwJyxtZWpzY3NzPSdwbHVnaW5zLWRpc3QvbWVkaWFzL2xpYi9tZWpzL21lZGlhZWxlbWVudHBsYXllci5taW4uY3NzPzE3NzI3OTU4NDAnOwp2YXIgbWVqc2xvYWRlcjsKKGZ1bmN0aW9uKCl7dmFyIGE9bWVqc2xvYWRlcjsidW5kZWZpbmVkIj09dHlwZW9mIGEmJihtZWpzbG9hZGVyPWE9e2dzOm51bGwscGx1Zzp7fSxjc3M6e30saW5pdDpudWxsLGM6MCxjc3Nsb2FkOm51bGx9KTthLmluaXR8fChhLmNzc2xvYWQ9ZnVuY3Rpb24oYyl7aWYoInVuZGVmaW5lZCI9PXR5cGVvZiBhLmNzc1tjXSl7YS5jc3NbY109ITA7dmFyIGI9ZG9jdW1lbnQuY3JlYXRlRWxlbWVudCgibGluayIpO2IuaHJlZj1jO2IucmVsPSJzdHlsZXNoZWV0IjtiLnR5cGU9InRleHQvY3NzIjtkb2N1bWVudC5nZXRFbGVtZW50c0J5VGFnTmFtZSgiaGVhZCIpWzBdLmFwcGVuZENoaWxkKGIpfX0sYS5pbml0PWZ1bmN0aW9uKCl7ITA9PT1hLmdzJiZmdW5jdGlvbihjKXtqUXVlcnkoImF1ZGlvLm1lanMsdmlkZW8ubWVqcyIpLm5vdCgiLmRvbmUsLm1lanNfX3BsYXllciIpLmVhY2goZnVuY3Rpb24oKXtmdW5jdGlvbiBiKCl7dmFyIGU9ITAsaDtmb3IoaCBpbiBkLmNzcylhLmNzc2xvYWQoZC5jc3NbaF0pO2Zvcih2YXIgZiBpbiBkLnBsdWdpbnMpInVuZGVmaW5lZCI9PQp0eXBlb2YgYS5wbHVnW2ZdPyhlPSExLGEucGx1Z1tmXT0hMSxqUXVlcnkuZ2V0U2NyaXB0KGQucGx1Z2luc1tmXSxmdW5jdGlvbigpe2EucGx1Z1tmXT0hMDtiKCl9KSk6MD09YS5wbHVnW2ZdJiYoZT0hMSk7ZSYmalF1ZXJ5KCIjIitjKS5tZWRpYWVsZW1lbnRwbGF5ZXIoalF1ZXJ5LmV4dGVuZChkLm9wdGlvbnMse3N1Y2Nlc3M6ZnVuY3Rpb24oYSxjKXtmdW5jdGlvbiBiKCl7dmFyIGI9alF1ZXJ5KGEpLmNsb3Nlc3QoIi5tZWpzX19pbm5lciIpO2EucGF1c2VkPyhiLmFkZENsYXNzKCJwYXVzaW5nIiksc2V0VGltZW91dChmdW5jdGlvbigpe2IuZmlsdGVyKCIucGF1c2luZyIpLnJlbW92ZUNsYXNzKCJwbGF5aW5nIikucmVtb3ZlQ2xhc3MoInBhdXNpbmciKS5hZGRDbGFzcygicGF1c2VkIil9LDEwMCkpOmIucmVtb3ZlQ2xhc3MoInBhdXNlZCIpLnJlbW92ZUNsYXNzKCJwYXVzaW5nIikuYWRkQ2xhc3MoInBsYXlpbmciKX1iKCk7YS5hZGRFdmVudExpc3RlbmVyKCJwbGF5IixiLCExKTsKYS5hZGRFdmVudExpc3RlbmVyKCJwbGF5aW5nIixiLCExKTthLmFkZEV2ZW50TGlzdGVuZXIoInBhdXNlIixiLCExKTthLmFkZEV2ZW50TGlzdGVuZXIoInBhdXNlZCIsYiwhMSk7Zy5hdHRyKCJhdXRvcGxheSIpJiZhLnBsYXkoKX19KSl9dmFyIGc9alF1ZXJ5KHRoaXMpLmFkZENsYXNzKCJkb25lIiksYzsoYz1nLmF0dHIoImlkIikpfHwoYz0ibWVqcy0iK2cuYXR0cigiZGF0YS1pZCIpKyItIithLmMrKyxnLmF0dHIoImlkIixjKSk7dmFyIGQ9e29wdGlvbnM6e30scGx1Z2luczp7fSxjc3M6W119LGUsaDtmb3IoZSBpbiBkKWlmKGg9Zy5hdHRyKCJkYXRhLW1lanMiK2UpKWRbZV09alF1ZXJ5LnBhcnNlSlNPTihoKTtiKCl9KX0oalF1ZXJ5KX0pO2EuZ3N8fCgidW5kZWZpbmVkIiE9PXR5cGVvZiBtZWpzY3NzJiZhLmNzc2xvYWQobWVqc2NzcyksYS5ncz1qUXVlcnkuZ2V0U2NyaXB0KG1lanNwYXRoLGZ1bmN0aW9uKCl7YS5ncz0hMDthLmluaXQoKTtqUXVlcnkoYS5pbml0KTtvbkFqYXhMb2FkKGEuaW5pdCl9KSl9KSgpOzwvc2NyaXB0Pg==&#034;&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;br&gt;
&lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;https://open.spotify.com/episode/5caVyiAyMoKyOstVRrelDd?si=uJkoIMewRE-g1XPs_9u9dw&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Extrait du texte &#224; &#233;couter sur Spotify&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt; &lt;br&gt;
&lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_3089 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt;
&lt;a href=&#034;https://open.spotify.com/episode/5caVyiAyMoKyOstVRrelDd?si=uJkoIMewRE-g1XPs_9u9dw&#034; class=&#034;spip_out spip_doc_lien&#034;&gt; &lt;img src='https://www.liminaire.fr/local/cache-vignettes/L35xH35/anchor-52133.png?1739520156' width='35' height='35' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;br&gt;
&lt;br&gt;
&lt;br&gt;
On vous raconte, on nous raconte, on se raconte tellement d'histoires qu'&#224; force tout se m&#234;le, r&#233;alit&#233;, fiction, la vie m&#234;me devient fable. Elizabeth Holmes se raconte des histoires, fait de sa vie un r&#233;cit. Mais sa vie n'est que vide, repose sur du vent, furieux, du rien racont&#233; comme plein.&lt;br class='autobr' /&gt;
Reagan vend un r&#233;cit au monde. M&#234;me Christa finit par y croire, se berce de ce beau roman d'un futur &#224; &#233;crire. Les conservateurs nous vendent un pass&#233; fantasm&#233;, un futur &#224; rebours. Ils pensent encore aujourd'hui qu'il suffit de croire suffisamment en une parole pour que, d'un coup de baguette magique, les faits se transforment.&lt;br class='autobr' /&gt;
P&#233;goud tient son auditoire par ses r&#233;cits cr&#226;neurs, s'inscrit dans la presse par les pleins et les d&#233;li&#233;s qu'il trace dans le ciel sans savoir qu'il n'est lui-m&#234;me que le personnage qu'on a &#233;crit pour lui.&lt;br class='autobr' /&gt;
On nous raconte tant d'histoires qu'on finirait par se raconter des histoires, s'inventer un sc&#233;nario pour notre vie, lui chercher un sens, un d&#233;but, un milieu, une fin. Un hi-score, une m&#233;daille au bout. Et apr&#232;s ? Que faire de la partie ? &lt;br class='autobr' /&gt;
Les pi&#232;ces du &lt;i&gt;Tetris&lt;/i&gt; s'embo&#238;tent, sans espace vide, un plan existe puisque l'on est construit.&lt;br class='autobr' /&gt;
On se raconte notre vie, mais le futur se moque de ceux qui veulent l'&#233;crire ou le deviner. Les Bar&#232;s, les Kane, les Holmes ou les Ovide, la t&#234;te dans les &#233;toiles. Les pythies peuvent bien les m&#226;cher, les lauriers repousseront, sauvages.&lt;br class='autobr' /&gt;
On nous raconte les histoires qu'ils se sont racont&#233;es, qu'ils nous ont racont&#233;es. Une construction. Une construction jusque-l&#224; bien &#233;tanche, solide.&lt;br class='autobr' /&gt;
Mais il suffit d'un joint qui l&#226;che, &#224; froid, et, sous la pression, l'hydrog&#232;ne s'&#233;chappe du r&#233;servoir. Dans le bleu de la toile, une d&#233;chirure.&lt;br class='autobr' /&gt;
L'histoire bifurque.
&lt;br&gt;
&lt;br&gt;
&lt;br&gt;
&#171; On sent que tout se d&#233;robe, que la mati&#232;re m&#234;me qui nous constituait devient mousse fragile, s'&#233;vapore et s'enfuit. Il reste une m&#226;choire qui se serre, une gorge qui bloque. Une soif, une faim, une folle faim, une soif effrayante et le ventre se creuse, il se vide et s'&#233;chappe. On sent les jambes, les pieds, en p&#226;te molle, qui flanchent. On n'est plus rien, un trou, une gorge, une m&#226;choire et quelque chose monte de la gorge &#224; la m&#226;choire, passe par les sinus et d&#233;gouline par les yeux, sur les joues, joues qui fondent, tout a l&#226;ch&#233;. Il n'y a plus de branchette &#224; laquelle s'accrocher, plus de prise, il n'y a pas de b&#226;che en bas, pas de matelas pour amortir la chute, pas de toile tendue ou de trampoline, il n'y a rien. C'est fini, on tombe et on s'&#233;clate au sol.&lt;br class='autobr' /&gt;
On savait que c'&#233;tait &#231;a, le sans-filet, on a go&#251;t&#233; les d&#233;licieux plaisirs du sans-filet et du casse-gueule, le frisson du danger, le plaisir de s'en sortir, la joie d'&#233;chapper &#224; la mort qu'on d&#233;fie. On s'est fait peur, souvent, en glissant sur une bordure de fen&#234;tre, en se rattrapant &#224; une rambarde qui branle. Et l&#224; &#233;tait le plus beau, ce dont on riait une fois en bas, on &#233;vacuait la mort dans un &#233;clat de rire, autour d'une tarte au citron et d'un verre de limonade. On n'avait jamais &#233;t&#233; si heureux, on avait niqu&#233; la mort, rendu &#224; la vie sa valeur en ayant vu son prix en face.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le filet est aussi dr&#244;le qu'une paire de plaquettes de frein, qu'un contrat d'assurance, c'est un droit &#224; la faute et, sans la peur d'y passer, la vie vibre moins.&lt;br class='autobr' /&gt;
Alors on l'enl&#232;ve, ce filet. On est pr&#234;ts. On a d&#233;j&#224; tant de fois fr&#244;l&#233; la mort qu'on s'enhardit. On a niqu&#233; la mort tant et tant qu'on est devenus intimes, on lui fait confiance. On sait qu'on est plus forts qu'elle, puissants, ma&#238;tres de nos destin&#233;es, la peur elle-m&#234;me ne nous fait pas peur. Alors, oui, on tente plus fou, plus haut, plus difficile, on saute plus loin, de plus haut. Tout va, on s'entra&#238;ne, on est lucides. Le danger, c'est notre m&#233;tier, on est des pros. L&#224;, la difficult&#233; est dans le prochain saut, pas celui-ci, facile, on est concentr&#233;s sur le proch/ le sol. &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Serge&#239; Tkachenko, associ&#233; de Dan Rapoport et copropri&#233;taire de ce m&#234;me club moscovite, le Soho Room, &#233;tait d&#233;j&#224; tomb&#233; d'un immeuble cinq ans avant lui, en 2017. &#192; Moscou, il &#233;tait connu en tant que dj Jeff. Son opposition &#224; Poutine &#233;tait publique. &lt;br class='autobr' /&gt;
Une vid&#233;o existe. Elle le montre accroch&#233; &#224; une fen&#234;tre &#224; une centaine de m&#232;tres du sol, en chaussettes, se maintenant du bout des orteils sur une corniche de quelques centim&#232;tres. Il a les deux bras &#224; l'int&#233;rieur. Il glisse une premi&#232;re fois, se rattrape ; il &#171; ne veut pas se jeter. Un visage appara&#238;t, celui d'une femme si l'on se fie &#224; la chevelure. Elle ne lui porte pas secours. Tkachenko repositionne ses mains vers le bord de la fen&#234;tre, on ne comprend pas ce qui motive chez lui cette prise de risque suppl&#233;mentaire. Un pied glisse, il voudrait le replacer. Mais l'autre suit. Et l'attraction l'emporte. &lt;br class='autobr' /&gt;
Son corps dessine parfaitement sa silhouette dans la neige sur le toit d'un supermarch&#233; adjacent.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le timing de la vid&#233;o est v&#233;ritablement digne d'un travail de professionnel. Le vid&#233;aste propose un plan d'ensemble, d'abord la rue, puis l'immeuble, il panote vers le haut pour montrer sa hauteur, une petite vingtaine d'&#233;tages. Ensuite il zoome sur Tkachenko. L'action se noue en quelques secondes, sans coupe. &lt;br class='autobr' /&gt;
Les journaux russes avancent l'hypoth&#232;se d'une alter&#173;cation avec sa petite amie, il aurait fait cela pour l'effrayer. L'un titre : &#171; Une mort ridicule &#187; et avance pour &lt;i&gt;preuve&lt;/i&gt; cette vid&#233;o. D'autres se questionnent sur le fait que la femme n'a pas cherch&#233; &#224; l'aider, &#224; alerter les secours. Ils disent avoir interrog&#233; les amis de dj Jeff pour comprendre comment il s'est retrouv&#233; dans cette position d&#233;licate : &lt;i&gt;Dans un &#233;lan, il a saut&#233; &#171; sur le rebord de la fen&#234;tre de l'une des pi&#232;ces, o&#249;, par une terrible co&#239;ncidence, la fen&#234;tre &#233;tait ouverte. &lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le corps d'Edlinger g&#238;t. Le c&#339;ur ne bat plus. &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Le h&#233;ros est &#224; terre. Loin des cam&#233;ras. On a trembl&#233; mille fois pour lui, on a lou&#233; son adresse, sa force, son courage. On admirait son aptitude &#224; tromper la mort du bout des doigts. Jamais nous n'aurions os&#233;. On se retient d'exprimer cette l&#233;g&#232;re touche de revanche qui pointe, on ne peut titiller la mort sans qu'elle vous frappe en retour. On est pr&#234;t &#224; pleurer l'homme.&lt;br class='autobr' /&gt;
Les autres grimpeurs, les randonneurs autour ont vu l'accident, tout le monde se pr&#233;cipite. Qui pour porter secours, pour au moins faire semblant de ? On se doute que ce sera vain mais on ne peut pas ne rien faire devant la mort. Il faut bien se rassurer. Un peu. Un temps.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Malgr&#233; les enqu&#234;tes, personne n'est arriv&#233; &#224; d&#233;terminer qui &#233;tait cet homme, tomb&#233; du ciel dans ce jardin londonien. On pense qu'il est k&#233;nyan puisque parti de Nairobi en se dissimulant dans le train d'atterrissage du Boeing 787-8 du vol kq100 de la Kenya Airways, huit heures plus t&#244;t. Seul indice, un sac kaki contenant une bouteille d'eau, un Fanta, des baskets, un peu d'argent k&#233;nyan, et, sur le sac, des initiales : &lt;i&gt;M. C. A.&lt;/i&gt; Cela fera &#171; donc nom. M. C. A. tentait vraisemblablement de fuir un pays o&#249; pr&#232;s de la moiti&#233; de la population vit sous le seuil de pauvret&#233;, esp&#233;rant sans doute un avenir plus radieux en Angleterre. Le soleil en Angleterre. &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Deux jours apr&#232;s, en France, la nouvelle est reprise dans les journaux. Sous l'article en ligne de &lt;i&gt;Valeurs Actuelles&lt;/i&gt;, d'anciens paras et des lecteurs s'en amusent. L'un demande si le jardin va bien.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le soleil en Europe. Gla&#231;ant.&lt;br class='autobr' /&gt;
Il p&#232;le.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Anfin, l'&#226;j&#949; le ratrap&#949;, l'uz&#949;. Plus d'un&#949; vingtain&#949; d'an&#233;&#949;s apr&#232;s son retour, Bar&#232;s fatigu&#949; anfin. La gu&#232;r&#949; est d&#233;clar&#233;&#949;, les hom&#949;s se bat&#949;nt pour &amp; sur d'autr&#949;s frons. Il &#233;crit moins, lais&#949; de plus en plus la plac&#949; dans ses colon&#949;s &#224; ses colaborat&#949;urs, aus lect&#949;urs. L&#949; joujou n&#949; l'amuz&#949; plus autant. &lt;i&gt;Le R&#233;formiste&lt;/i&gt; disparait p&#949;u apr&#232;s la tourmant&#949;, l'ortograf&#949; a p&#949;u la cot&#949; apr&#232;s la bouch&#949;ri&#949;. Et l'&#226;j&#949; frap&#949; sal&#949;mant, &#224; bout portant.&lt;br class='autobr' /&gt;
Bar&#232;s qui pasait s&#949;ul&#949;mant ses hivers &#224; Nice s'y instal&#949; plus durabl&#949;mant, ach&#232;t&#949; d&#949; nombr&#949;us im&#949;ubl&#949;s. Lui s'est pay&#233; la villa Val fleuri, superb&#949; batis&#949; &#233;difi&#233;&#949; dans un jigant&#232;squ&#949; parc, dans l&#949; quartier Saint-&#173;Sylvestre. La sant&#233; n'est pas bon&#949;. &lt;br class='autobr' /&gt;
Sa quatri&#232;m&#949; vi&#949; comanc&#949;.&lt;br class='autobr' /&gt;
Dans son palais, Bar&#232;s se r&#949;ferm&#949;. Il voit son conbat r&#233;formist&#949; balay&#233; par la gu&#232;r&#949;. Rien n&#949; va. L'aigr&#949;ur mont&#949;. Et, sur c&#949;la, d&#233;barqu&#949; la gout&#949;, les doul&#949;urs l'anp&#232;ch&#949;nt d&#949; dormir, la fatigu&#949; s'acumul&#949;, des varis&#949;s conpliqu&#949;nt la situacion. Un&#949; toux s&#232;ch&#949; s'instal&#949;, persistant&#949;, asomant&#949;. Rien n&#949; va. Bar&#232;s est contraint d&#949; vivr&#949; alit&#233;. Il sort rar&#949;mant, avec grand&#949; &#171; dificult&#233;, prandr&#949; l&#949; soleil dans l&#949; jardin, la janb&#949; gout&#949;us&#949; r&#949;couvert&#949; d&#949; journaus. Ernestine est toujours l&#224; mais l&#949; p&#949;tit personel vals&#949;. Il n&#949; tient pas. Rien n&#949; va. Bar&#232;s est d&#233;zormais iritabl&#949;, tr&#232;s iritabl&#949;. Un vrai tiran. C&#949;la d&#949;vient l&#233;jand&#232;r&#949;. Ateint d&#949; la &lt;i&gt;maladie de la pers&#233;cution&lt;/i&gt; s&#949;lon les voizins, il acuz&#949; tout l&#949; mond&#949; d&#949; tout. Cert&#949;s, il poursuit ses acsions de m&#233;c&#233;na, cr&#233;&#949; l&#949; Pris Bar&#232;s mais l'hom&#949; est infect. Tout l&#949; mond&#949; l&#949; sait. L&#949; jardinier, ranvoy&#233;, part en prom&#232;tant d&#949; lui doner d&#949; ses nouv&#232;l&#949;s : &lt;i&gt;J&#949; r&#949;viendrai au momant o&#249; vous vous atandrez l&#949; moins !&lt;/i&gt; L&#949; vi&#949;us, afaibli et irit&#233; d&#949; l'&#234;tr&#949;, planqu&#949; un fuzil sous son jigantesqu&#949; &#233;dr&#949;don &#224; la mod&#949; d'autr&#949;fois. Un p&#949;tit fuzil d&#949; chas&#949; &#224; d&#949;us coups. Ernestine s'an servait pour desandr&#949; les &#233;tournaus. Il y a plac&#233; d&#949;us cartouch&#949;s d&#949; p&#949;tit plon. Il &#233;ruct&#949;, pourit tout l&#949; mond&#949;. &lt;br class='autobr' /&gt;
C&#949;pandant, les afair&#949;s continu&#949;nt. S'il v&#949;ut doner, garder, il doit vandr&#949;. Il est tanps d&#949; s&#949; s&#233;parer d&#949; quelqu&#949;s propri&#233;t&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ses arrangements avec les faits fuitent. Tr&#232;s vite, la b&#233;ance s'&#233;tend, tout s'&#233;chappe, d&#233;gonfle en vrille et explose au visage d'Elizabeth Holmes, le 16 octobre 2015. &lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; Plusieurs employ&#233;s ont fini par parler, par tout l&#226;cher. D'un c&#244;t&#233;, Erika Cheung, vingt-trois ans, envoie un rapport &#224; la fda, l'agence de r&#233;gulation des m&#233;dicaments, expliquant les magouilles d'analyses r&#233;alis&#233;es pour les pharmacies Walgreens sur &#171; des machines classiques dans les sous-sols de Theranos. Elle raconte &#233;galement que des r&#233;sultats erron&#233;s ont &#233;t&#233; envoy&#233;s &#224; des patients atteints de pathologies graves, avec probablement des cons&#233;quences fatales. S'ensuivront une inspection surprise des laboratoires et la r&#233;vocation imm&#233;diate des autorisations de l'entreprise. Erika Cheung s'aper&#231;oit, gr&#226;ce &#224; un voisin, qu'un homme dans une voiture stationne devant chez elle depuis des heures. Elle finit par aller le voir, il lui donne une lettre de menace de poursuites sign&#233;e par l'avocat de Theranos, David Boies.&lt;br class='autobr' /&gt;
D'un autre c&#244;t&#233;, Tyler Shultz, petit-fils du secr&#233;taire d'&#201;tat qui s'&#233;tait entich&#233; d'Elizabeth Holmes d&#232;s le d&#233;part, a contact&#233; le &lt;i&gt;Wall Street Journal&lt;/i&gt;. Engag&#233; par Holmes, il a &#233;t&#233; t&#233;moin des multiples d&#233;rives de l'entreprise, ce qui l'a men&#233; &#224; quitter son poste. Le journaliste John Carreyrou d&#233;cide de le rencontrer. Sa longue enqu&#234;te commence. Il re&#231;oit Erika Cheung et d&#233;couvre l'ampleur de l'arnaque. Elizabeth, qui a eu vent des investigations de Carreyrou, cherche &#224; faire pression sur Rupert Murdoch, le Citizen Kane qui poss&#232;de le journal, pour emp&#234;cher la parution de l'article. En vain. Le 15 octobre, le &lt;i&gt;Wall Street Journal&lt;/i&gt; titre dans ses pages Business : &#171; La start-up prometteuse Theranos a eu des difficult&#233;s avec sa technologie de test sanguin. &#187; C'est le premier d'une longue s&#233;rie d'articles. La bulle est crev&#233;e.&lt;br class='autobr' /&gt;
Un chiffre de l'article, &#171; 42,9 % &#187;, est soumis &#224; une recherche pouss&#233;e dans tous les &#233;changes internes de Theranos. Tyler Shultz est rep&#233;r&#233; comme un des lanceurs d'alerte. David Boies envoie chez lui deux avocats lui annoncer que l'entreprise le tra&#238;ne en justice. Shultz n'est pas n'importe qui et ses parents investissent cinq cent mille dollars pour pr&#233;parer sa d&#233;fense. Ils vendent une maison. &lt;br class='autobr' /&gt;
Elizabeth se d&#233;fend, un temps, contre-attaque, un temps. Mensonges et d&#233;n&#233;gations, fables et marmelade. Puis, devant l'&#233;vidence qu'elle seule nie, tout le monde la l&#226;che. Kissinger, George Shultz, David Boies d&#233;missionnent. Elizabeth renvoie son comparse et ex-&#173;compagnon Sunny. La valeur de Theranos passe de neuf milliards &#224; z&#233;ro.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un an apr&#232;s l'article, tout est liquid&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;https://lequartanier.com/parution/745-qui-tombe-des-etoiles&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;i&gt;Qui tombe des &#233;toiles&lt;/i&gt;, Julien d'Abrigeon, Le Quartanier, 2025.&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Vous pouvez suivre le podcast de ces lectures versatiles sur les diff&#233;rents points d'acc&#232;s ci-dessous : &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;https://anchor.fm/s/24d0b3d4/podcast/rss&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;RSS&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt; | &lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;https://podcasts.apple.com/fr/podcast/en-lisant-en-%C3%A9crivant/id1517222611&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Apple Podcast&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt; | &lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;https://www.youtube.com/c/PierreM%C3%A9nard/podcasts&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Youtube&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt; | &lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;https://www.deezer.com/fr/show/1001542221&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Deezer&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt; | &lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;https://open.spotify.com/show/5VkBfdpna4Cg8lkfrP5Crp&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Spotify&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>



</channel>

</rss>
