<?xml 
version="1.0" encoding="utf-8"?><?xml-stylesheet title="XSL formatting" type="text/xsl" href="https://www.liminaire.fr/spip.php?page=backend.xslt" ?>
<rss version="2.0" 
	xmlns:dc="http://purl.org/dc/elements/1.1/"
	xmlns:content="http://purl.org/rss/1.0/modules/content/"
	xmlns:atom="http://www.w3.org/2005/Atom"
>

<channel xml:lang="fr">
	<title>LIMINAIRE</title>
	<link>https://liminaire.fr/</link>
	<description>Une palpitation, un mouvement encore immobile, un espace de sursis dans la dissolution.</description>
	<language>fr</language>
	<generator>SPIP - www.spip.net</generator>
	<atom:link href="https://www.liminaire.fr/spip.php?id_mot=32&amp;page=backend" rel="self" type="application/rss+xml" />

	<image>
		<title>LIMINAIRE</title>
		<url>https://www.liminaire.fr/local/cache-vignettes/L144xH23/siteon0-5d367.jpg?1739520154</url>
		<link>https://liminaire.fr/</link>
		<height>23</height>
		<width>144</width>
	</image>



<item xml:lang="fr">
		<title>Journal du regard : Mai 2026</title>
		<link>https://www.liminaire.fr/chronique/journal/article/journal-du-regard-mai-2026</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.liminaire.fr/chronique/journal/article/journal-du-regard-mai-2026</guid>
		<dc:date>2026-06-01T07:00:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Pierre M&#233;nard</dc:creator>


		<dc:subject>Biographie</dc:subject>
		<dc:subject>&#201;criture</dc:subject>
		<dc:subject>Journal</dc:subject>
		<dc:subject>Sons</dc:subject>
		<dc:subject>Musique</dc:subject>
		<dc:subject>R&#233;cit</dc:subject>
		<dc:subject>Vid&#233;o</dc:subject>
		<dc:subject>Voix</dc:subject>
		<dc:subject>Paris</dc:subject>
		<dc:subject>Ville</dc:subject>
		<dc:subject>Paysage</dc:subject>
		<dc:subject>Journal du regard</dc:subject>
		<dc:subject>D&#233;rive</dc:subject>
		<dc:subject>Quotidien</dc:subject>
		<dc:subject>Temps</dc:subject>
		<dc:subject>Sensation</dc:subject>
		<dc:subject>Nature</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Chaque mois, un film regroupant l'ensemble des images prises au fil des jours, le mois pr&#233;c&#233;dent, et le texte qui s'&#233;crit en creux. &lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; Une sorte de palimpseste, dans lequel doivent transpara&#238;tre les traces - t&#233;nues mais non d&#233;chiffrables - de l'&#233;criture &#8220;pr&#233;alable&#8221; &#187;. &lt;br class='autobr' /&gt;
Jorge Luis Borges, Fictions &lt;br class='autobr' /&gt;
&#192; chaque excursion, il y a ce qu'on imagine pouvoir faire, le parcours qu'on pr&#233;pare en amont. Ce qu'on anticipe et ce qu'on improvise sur place. &#192; Cr&#233;cy-la-Chapelle, nous longeons les quais de (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/chronique/journal/" rel="directory"&gt;Journal&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/biographie" rel="tag"&gt;Biographie&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/ecriture" rel="tag"&gt;&#201;criture&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/journal" rel="tag"&gt;Journal&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/sons" rel="tag"&gt;Sons&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/musique" rel="tag"&gt;Musique&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/recit" rel="tag"&gt;R&#233;cit&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/video" rel="tag"&gt;Vid&#233;o&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/voix" rel="tag"&gt;Voix&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/paris" rel="tag"&gt;Paris&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/ville" rel="tag"&gt;Ville&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/paysage" rel="tag"&gt;Paysage&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/journal-du-regard" rel="tag"&gt;Journal du regard&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/derive" rel="tag"&gt;D&#233;rive&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/quotidien" rel="tag"&gt;Quotidien&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/temps" rel="tag"&gt;Temps&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/sensation" rel="tag"&gt;Sensation&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/nature" rel="tag"&gt;Nature&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.liminaire.fr/local/cache-vignettes/L150xH84/capture_d_e_cran_2026-05-25_a_23.49_00_1_-72a86.png?1780297394' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='84' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;i&gt;Chaque mois, un film regroupant l'ensemble des images prises au fil des jours, le mois pr&#233;c&#233;dent, et le texte qui s'&#233;crit en creux.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Une sorte de palimpseste, dans lequel doivent transpara&#238;tre les traces - t&#233;nues mais non d&#233;chiffrables - de l'&#233;criture &#8220;pr&#233;alable&#8221; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Jorge Luis Borges, &lt;i&gt;Fictions&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;center&gt;&lt;iframe width=&#034;660&#034; height=&#034;415&#034; src=&#034;https://www.youtube.com/embed/rzOLeO22OI4&#034; title=&#034;&#034; frameborder=&#034;0&#034; allow=&#034;accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share&#034; referrerpolicy=&#034;strict-origin-when-cross-origin&#034; allowfullscreen&gt;&lt;/iframe&gt;&lt;/center&gt;
&lt;p&gt;&#192; chaque excursion, il y a ce qu'on imagine pouvoir faire, le parcours qu'on pr&#233;pare en amont. Ce qu'on anticipe et ce qu'on improvise sur place. &#192; Cr&#233;cy-la-Chapelle, nous longeons les quais de la Venise briarde, avant de rejoindre le chemin de halage le long de la rivi&#232;re que j'avais rep&#233;r&#233; sur la carte. Sur le chemin, nous croisons des marcheurs qui nous conseillent un itin&#233;raire que nous n'avions pas envisag&#233; d'emprunter. Nous traversons des champs, montons sur la colline qui surplombe le village. En pr&#233;parant notre promenade, j'avais lu qu'il y avait de ce c&#244;t&#233;-l&#224; un ancien cimeti&#232;re protestant &#224; l'ombre des bois. Cependant, je ne pensais pas que nous irions jusque-l&#224; car cela me semblait consid&#233;rablement rallonger la distance de notre parcours. Au moment de passer &#224; la hauteur du cimeti&#232;re, nous ne comprenons pas la direction indiqu&#233;e par le panneau pour nous y rendre et passons &#224; c&#244;t&#233;. Je suis un peu d&#233;pit&#233;, mais difficile de revenir sur nos pas, puisque nous descendons &#224; travers la for&#234;t et que nous sommes d&#233;j&#224; &#224; proximit&#233; du village en contrebas. Ironie du sort, c'est au cimeti&#232;re que nous finissons notre p&#233;riple.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un thomasson est un objet urbain inutile, pr&#233;serv&#233; dans le cadre d'un b&#226;timent ou de son environnement. Quatre colonnes en fonte soutenaient le viaduc de la ligne 2 avant la cr&#233;ation des voies routi&#232;res. Ces colonnes creuses, d&#233;cal&#233;es vers la rotonde, servent d&#233;sormais de gaines de ventilation &#224; l'usine souterraine d'eau non potable de La Villette.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La d&#233;marche de Caroline pour inscrire la m&#233;moire de son grand-oncle Antoine Poletti, r&#233;sistant pendant la guerre et mort en d&#233;portation, dans le quartier o&#249; il a v&#233;cu avec toute sa famille, rue Corbera, dans le 12&#7497; arrondissement, tout proche du quartier de mes parents, et de la famille de ma m&#232;re, rue Beccaria, me touche. Ce qu'elle &#233;crit sur lui va se prolonger sur une plaque comm&#233;morative, appos&#233;e prochainement sur la fa&#231;ade de l'immeuble. Je traverse pour ma part ces lieux hant&#233;s par mes parents sans aucune nostalgie. Les seules traces qui m'&#233;meuvent et me touchent sont celles des marques de ballons des enfants qui recouvrent le mur blanc de la Petite Mairie du march&#233; d'Aligre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La plupart du temps, je ne suis pas seul quand je filme, j'enregistre ce que je vois &#224; la vol&#233;e, dans un temps r&#233;duit, un empressement constant sur le cours des choses. Quelque chose attire mon attention, je m'arr&#234;te pour filmer. On ne m'attend pas, c'est une habitude. Je les rejoins apr&#232;s en pressant le pas. Cela ne me g&#234;ne pas, mais je dois &#224; chaque fois rattraper le temps perdu pour ne pas me laisser distancer. Les conversations qui s'&#233;taient engag&#233;es sont interrompues, elles ont chang&#233; de sujet ou de direction, j'en entends que des bribes. Je les suis en pointill&#233;. Je dois agir vite et dilater le temps. Je ne sais pas si ce que je vis est vrai ou si je suis embarqu&#233; dans le r&#234;ve de quelqu'un d'autre. Une r&#233;alit&#233; alternative. Un univers parall&#232;le. Ce que je per&#231;ois de ce qui m'entoure, et pas seulement avec les personnes qui m'accompagnent, avec qui je partage l'espace, para&#238;t d&#233;tach&#233; de l'ensemble du paysage, comme si je n'en saisissais qu'un fragment, un seul versant, laissant l'autre dans l'ombre, sur le c&#244;t&#233;. C'est comme une machination. Qu'est-ce que c'est qu'&#234;tre s&#233;par&#233; de quelque chose qu'on n'a jamais eu ? De regarder ce qu'on ne voit pas vraiment, qui nous &#233;chappe ? Une &#233;norme absence m&#234;l&#233;e &#224; la certitude d'une grande pr&#233;sence possible cr&#233;e une impression singuli&#232;re. Je r&#233;fl&#233;chis &#224; tout cela en remontant vers la maison, apr&#232;s avoir mang&#233; en famille dans un restaurant du 12&#7497;. Nous rentrons &#224; pied, en longeant le canal Saint-Martin. Dans l'effervescence de cette chaude journ&#233;e, les quais sont bond&#233;s d'une foule de Parisiens et de touristes, jeunes gens buvant et fumant, riant et parlant fort, assis, debout, dans le d&#233;sordre de la nuit. Comment aurais-je pu imaginer qu'une bagarre entre hooligans en marge de la finale de la coupe de France de football aurait lieu quelques heures plus tard, m&#234;me si, peinant &#224; remonter le quai, &#224; cause de la foule, j'ai ressenti quelque chose d'&#233;lectrique dans l'air qui m'a profond&#233;ment troubl&#233;, mis mal &#224; l'aise, comme il arrive parfois qu'on pressente ce qui va se passer mais qu'on ne le comprenne qu'apr&#232;s coup ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Invit&#233;s &#224; manger chez mes parents, avec Caroline et Nina, nous descendons &#224; la gare de Boussy-Saint-Antoine, pour rejoindre Combs-la-Ville &#224; travers champs et bords de l'Yerres. C'est un voyage dans le temps. Je retrouve des lieux de promenades de mon enfance, quand nous habitions Boussy, o&#249; nous descendions avec mon oncle et ma tante jusqu'&#224; Jarcy. Sur le chemin, je retrouve des maisons et des jardins o&#249; j'ai &#233;t&#233; invit&#233; lorsque j'&#233;tais enfant, chez des camarades de classe. Je ne me souviens de rien mais tout me revient. Les lieux de mon enfance se r&#233;sument trop souvent aux vacances estivales pass&#233;es chez mes grands-parents dans le Berry. Mais ces paysages travers&#233;s aujourd'hui m'y ram&#232;nent par un d&#233;tour que seule la m&#233;moire sait faire jouer en nous.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nos pas s'impriment dans la terre encore humide des sous-bois, &#233;criture illisible, les reflets des flaques s'&#233;vaporent dans la touffeur du jour, la lumi&#232;re &#224; leur surface, artificielle comme les &#233;tangs de la for&#234;t, mirages de fra&#238;cheur.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Journal du regard : Avril 2026</title>
		<link>https://www.liminaire.fr/chronique/journal/article/journal-du-regard-avril-2026</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.liminaire.fr/chronique/journal/article/journal-du-regard-avril-2026</guid>
		<dc:date>2026-05-01T07:00:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Pierre M&#233;nard</dc:creator>


		<dc:subject>Biographie</dc:subject>
		<dc:subject>&#201;criture</dc:subject>
		<dc:subject>Journal</dc:subject>
		<dc:subject>Musique</dc:subject>
		<dc:subject>R&#233;cit</dc:subject>
		<dc:subject>Vid&#233;o</dc:subject>
		<dc:subject>Paris</dc:subject>
		<dc:subject>Paysage</dc:subject>
		<dc:subject>Regard</dc:subject>
		<dc:subject>Quotidien</dc:subject>
		<dc:subject>Cin&#233;ma</dc:subject>
		<dc:subject>M&#233;moire</dc:subject>
		<dc:subject>Temps</dc:subject>
		<dc:subject>Enfance</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Chaque mois, un film regroupant l'ensemble des images prises au fil des jours, le mois pr&#233;c&#233;dent, et le texte qui s'&#233;crit en creux. &lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; Une sorte de palimpseste, dans lequel doivent transpara&#238;tre les traces - t&#233;nues mais non d&#233;chiffrables - de l'&#233;criture &#8220;pr&#233;alable&#8221; &#187;. &lt;br class='autobr' /&gt;
Jorge Luis Borges, Fictions &lt;br class='autobr' /&gt;
J'ai toujours &#233;t&#233; attir&#233; par les jardins, ce sont des lieux o&#249; j'aime me retrancher, des &#238;lots de calme pour me d&#233;tendre, faire le point, r&#233;fl&#233;chir, m'isoler un peu, lire un livre. Je me rends (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/chronique/journal/" rel="directory"&gt;Journal&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/biographie" rel="tag"&gt;Biographie&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/ecriture" rel="tag"&gt;&#201;criture&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/journal" rel="tag"&gt;Journal&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/musique" rel="tag"&gt;Musique&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/recit" rel="tag"&gt;R&#233;cit&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/video" rel="tag"&gt;Vid&#233;o&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/paris" rel="tag"&gt;Paris&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/paysage" rel="tag"&gt;Paysage&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/regard" rel="tag"&gt;Regard&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/quotidien" rel="tag"&gt;Quotidien&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/cinema" rel="tag"&gt;Cin&#233;ma&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/memoire" rel="tag"&gt;M&#233;moire&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/temps" rel="tag"&gt;Temps&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/enfance" rel="tag"&gt;Enfance&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.liminaire.fr/local/cache-vignettes/L150xH84/capture_d_e_cran_2026-04-28_a_22.33_25-1d251.png?1777618922' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='84' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;i&gt;Chaque mois, un film regroupant l'ensemble des images prises au fil des jours, le mois pr&#233;c&#233;dent, et le texte qui s'&#233;crit en creux.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Une sorte de palimpseste, dans lequel doivent transpara&#238;tre les traces - t&#233;nues mais non d&#233;chiffrables - de l'&#233;criture &#8220;pr&#233;alable&#8221; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Jorge Luis Borges, &lt;i&gt;Fictions&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;center&gt;&lt;iframe width=&#034;660&#034; height=&#034;415&#034; src=&#034;https://www.youtube.com/embed/2Z9dBCevKX0&#034; title=&#034;&#034; frameborder=&#034;0&#034; allow=&#034;accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share&#034; referrerpolicy=&#034;strict-origin-when-cross-origin&#034; allowfullscreen&gt;&lt;/iframe&gt;&lt;/center&gt;
&lt;p&gt;J'ai toujours &#233;t&#233; attir&#233; par les jardins, ce sont des lieux o&#249; j'aime me retrancher, des &#238;lots de calme pour me d&#233;tendre, faire le point, r&#233;fl&#233;chir, m'isoler un peu, lire un livre. Je me rends compte que je les filme de plus en plus souvent. En y r&#233;fl&#233;chissant, je crois que cette attirance pour ces lieux de nature en milieu urbain, qui accueillent de plus en plus des jardins partag&#233;s, vient de ma jeunesse. J'ai pass&#233; plusieurs &#233;t&#233;s de mon enfance chez mes grands-parents qui vivaient dans le Berry. Quand je ne roulais pas &#224; travers champs sur mon v&#233;lo, de la maison jusqu'au village en longeant l'Indre, je passais de longues heures &#224; jouer dans le grand jardin potager situ&#233; &#224; l'arri&#232;re de la maison. Je marchais dans les all&#233;es, en me racontant des histoires, jouais sur la balan&#231;oire, mangeais des fruits en passant (m&#251;res, groseilles, cassis), r&#234;vais &#224; l'ombre du cerisier, ou me cachais dans l'abri de mon grand-p&#232;re au fond du jardin.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je d&#233;ambule dans les all&#233;es du parc de Bagatelle. Caroline est &#224; mes c&#244;t&#233;s. C'est le printemps. Les pelouses sont d'un vert &#233;clatant, les arbres majestueux. Et pourtant, quelque chose r&#233;siste &#224; l'&#233;vidence. Une impression de d&#233;j&#224;-vu, sans souvenir pr&#233;cis. Je sais que je suis venu ici il y a longtemps, une trentaine d'ann&#233;es peut-&#234;tre. Je ne garde que cette sensation diffuse qui perturbe un peu ce que je per&#231;ois autour de moi. En marchant, je pense au film de Rainer Werner Fassbinder &lt;i&gt;Le Monde sur un fil&lt;/i&gt;, que j'ai d&#233;couvert r&#233;cemment, presque par hasard, en pr&#233;parant pour la biblioth&#232;que une s&#233;lection de films sur les robots et l'intelligence artificielle. Ce film, adapt&#233; d'un livre de Danyel F. Galouye, &lt;i&gt;Simulacron 3&lt;/i&gt;, a d&#233;plac&#233; quelque chose dans cette approche. C'est le premier film de science-fiction sur les m&#233;tavers. Un personnage dispara&#238;t subitement, sans que personne ne le remarque, comme si la r&#233;alit&#233; elle-m&#234;me effa&#231;ait ses propres traces, ce qui finit par se r&#233;v&#233;ler &#234;tre la simple suppression d'un avatar, le monde de cette fiction n'&#233;tant qu'un univers virtuel.Je traverse une all&#233;e bord&#233;e d'arbres. La composition du jardin, m&#234;me dans ses diff&#233;rents espaces aux formes vari&#233;es, est tr&#232;s &#233;labor&#233;e. Le parc ressemble &#224; un d&#233;cor, ou plut&#244;t, une mise en sc&#232;ne de lui-m&#234;me. Dans le film de Fassbinder, les zooms, les travellings, les surfaces r&#233;fl&#233;chissantes rappellent sans cesse que nous regardons une repr&#233;sentation. Je pense alors au film d'Alain Resnais &lt;i&gt;L'Ann&#233;e derni&#232;re &#224; Marienbad&lt;/i&gt;, &#233;crit par Alain Robbe-Grillet. C'est le m&#234;me trouble, dans la r&#233;p&#233;tition des formes, et cette incertitude des souvenirs. Pourquoi ce lieu m'&#233;chappe-t-il ? Pourquoi ne me reste-t-il que cette impression vague d'y &#234;tre d&#233;j&#224; venu ? Est-ce le souvenir qui fait d&#233;faut, ou la r&#233;alit&#233; qui se d&#233;robe ? Marcher ici, c'est peut-&#234;tre traverser un espace d&#233;j&#224; rejou&#233;. Une variation de cet espace. Dans le film de Fassbinder, une issue existe. Elle ne passe pas par une preuve, ni par une d&#233;monstration, mais par une rencontre. La certitude fragile d'&#234;tre avec quelqu'un. Une pr&#233;sence qui r&#233;siste &#224; la simulation et qui introduit de l'alt&#233;rit&#233;. Et avec elle, la possibilit&#233; d'y croire encore. Et bien s&#251;r, je pense alors &#224; &lt;i&gt;La Jet&#233;e&lt;/i&gt;, de Chris Marker. L&#224; aussi, tout repose sur une image, sur une m&#233;moire. Celui du visage d'une femme. Un point fixe dans un monde instable. Comme si, au c&#339;ur des dispositifs les plus sophistiqu&#233;s, ce qui demeurait irr&#233;ductible, c'&#233;tait la relation. Je continue de marcher. Avec Caroline, nous cherchons la sortie du parc. Les passants croisent mon regard, puis disparaissent dans mon dos. Rien ne les retient. Rien ne me prouve qu'ils sont l&#224; autrement que par cette br&#232;ve co&#239;ncidence de nos trajectoires. Peut-&#234;tre que la r&#233;alit&#233; ne tient qu'&#224; cela, &#224; ces rencontres fugitives, ces pr&#233;sences qui interrompent le flux. Dans ce parc que je ne reconnais pas, ou trop peu, &#224; certains moments d'ailleurs je crois m'en souvenir, mais c'est l'image d'un autre jardin dans lequel je me projette, celui du bois de Boulogne o&#249; je suis venu me promener l'ann&#233;e derni&#232;re, je cherche moins &#224; me souvenir qu'&#224; &#233;prouver, &#224; v&#233;rifier que quelque chose r&#233;siste, que tout n'est pas seulement surface. Qu'est-ce qui, dans l'exp&#233;rience, &#233;chappe &#224; sa mise en sc&#232;ne ? Un regard. Une voix. Une pr&#233;sence. Caroline est &#224; mes c&#244;t&#233;s et c'est tout ce qui compte.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Profiter du temps d'un trajet en RER pour lire un livre. C'est ce que je faisais lorsque je travaillais &#224; Melun. Bien cal&#233; contre la fen&#234;tre, j'ouvre mon livre pour m'y plonger. &lt;i&gt;Venise, millefleurs&lt;/i&gt;, de Ryoko Sekiguchi. Difficile de se concentrer durant les premi&#232;res stations souterraines. Les portes se ferment bruyamment. Des tensions entre les voyageurs. Un d&#233;but de bagarre. Le ton monte, les menaces fusent. Oublier tous ces bruits, cette agitation, qui s'invitent malgr&#233; nous dans le wagon, les conversations qui distraient, et m&#234;me, les paysages de cette banlieue que je ne connais pas, les regarder &#224; peine. Avec Ryoko Sekiguchi, je suis &#224; Venise, passant d'&#238;le en &#238;le, anticipant curieusement la promenade &#224; venir, une randonn&#233;e en banlieue parisienne aux airs de dimanche &#224; la campagne. Emprunter des chemins de traverse. &#201;couter le chant des oiseaux. S'engouffrer sous un pont, traverser un tunnel, marcher sur un viaduc, apercevoir de l&#224;-haut la for&#234;t &#224; perte de vue, puis s'enfoncer &#224; nouveau dans la fra&#238;cheur des sous-bois. Longer des habitations dont on ne voit que la haie au fond du jardin. Apercevoir furtivement un renard traverser un champ. Traverser des villages qu'on croise sur l'itin&#233;raire avant de revenir prendre son train &#224; la gare.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Journal du regard : Mars 2026</title>
		<link>https://www.liminaire.fr/chronique/journal/article/journal-du-regard-mars-2026</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.liminaire.fr/chronique/journal/article/journal-du-regard-mars-2026</guid>
		<dc:date>2026-04-01T07:00:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Pierre M&#233;nard</dc:creator>


		<dc:subject>Art</dc:subject>
		<dc:subject>Architecture</dc:subject>
		<dc:subject>Biographie</dc:subject>
		<dc:subject>&#201;criture</dc:subject>
		<dc:subject>Journal</dc:subject>
		<dc:subject>Livre</dc:subject>
		<dc:subject>Musique</dc:subject>
		<dc:subject>Sons</dc:subject>
		<dc:subject>Vid&#233;o</dc:subject>
		<dc:subject>Paris</dc:subject>
		<dc:subject>Marseille</dc:subject>
		<dc:subject>Paysage</dc:subject>
		<dc:subject>Journal du regard</dc:subject>
		<dc:subject>L'espace d'un instant</dc:subject>
		<dc:subject>D&#233;rive</dc:subject>
		<dc:subject>Num&#233;rique</dc:subject>
		<dc:subject>Travail</dc:subject>
		<dc:subject>Regard</dc:subject>
		<dc:subject>Quotidien</dc:subject>
		<dc:subject>Voyage</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Chaque mois, un film regroupant l'ensemble des images prises au fil des jours, le mois pr&#233;c&#233;dent, et le texte qui s'&#233;crit en creux. &lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; Une sorte de palimpseste, dans lequel doivent transpara&#238;tre les traces - t&#233;nues mais non d&#233;chiffrables - de l'&#233;criture &#8220;pr&#233;alable&#8221; &#187;. &lt;br class='autobr' /&gt;
Jorge Luis Borges, Fictions &lt;br class='autobr' /&gt; Rien que les heures, mon livre qui para&#238;t aux &#233;ditions JOU en mai prochain, est un r&#233;cit qui se d&#233;roule sur une journ&#233;e, du jour au lendemain. Chaque heure de cette journ&#233;e, de 00h24 &#224; 23h53, (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/chronique/journal/" rel="directory"&gt;Journal&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/art" rel="tag"&gt;Art&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/architecture" rel="tag"&gt;Architecture&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/biographie" rel="tag"&gt;Biographie&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/ecriture" rel="tag"&gt;&#201;criture&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/journal" rel="tag"&gt;Journal&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/livre" rel="tag"&gt;Livre&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/musique" rel="tag"&gt;Musique&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/sons" rel="tag"&gt;Sons&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/video" rel="tag"&gt;Vid&#233;o&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/paris" rel="tag"&gt;Paris&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/marseille" rel="tag"&gt;Marseille&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/paysage" rel="tag"&gt;Paysage&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/journal-du-regard" rel="tag"&gt;Journal du regard&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/l-espace-d-un-instant" rel="tag"&gt;L'espace d'un instant&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/derive" rel="tag"&gt;D&#233;rive&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/numerique" rel="tag"&gt;Num&#233;rique&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/travail" rel="tag"&gt;Travail&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/regard" rel="tag"&gt;Regard&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/quotidien" rel="tag"&gt;Quotidien&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/voyage" rel="tag"&gt;Voyage&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.liminaire.fr/local/cache-vignettes/L150xH84/capture_d_e_cran_2026-03-30_a_00.04_14-0e6de.png?1775026977' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='84' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;i&gt;Chaque mois, un film regroupant l'ensemble des images prises au fil des jours, le mois pr&#233;c&#233;dent, et le texte qui s'&#233;crit en creux.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Une sorte de palimpseste, dans lequel doivent transpara&#238;tre les traces - t&#233;nues mais non d&#233;chiffrables - de l'&#233;criture &#8220;pr&#233;alable&#8221; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Jorge Luis Borges, &lt;i&gt;Fictions&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;center&gt;&lt;iframe width=&#034;660&#034; height=&#034;415&#034; src=&#034;https://www.youtube.com/embed/fKnTZ2gwD2M&#034; title=&#034;&#034; frameborder=&#034;0&#034; allow=&#034;accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share&#034; referrerpolicy=&#034;strict-origin-when-cross-origin&#034; allowfullscreen&gt;&lt;/iframe&gt;&lt;/center&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;a href=&#034;https://editionsjou.net/produit/rien-que-les-heures/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;i&gt;Rien que les heures&lt;/i&gt;, mon livre qui para&#238;t aux &#233;ditions JOU&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt; en mai prochain, est un r&#233;cit qui se d&#233;roule sur une journ&#233;e, du jour au lendemain. Chaque heure de cette journ&#233;e, de 00h24 &#224; 23h53, correspond &#224; un lieu &#224; Paris &#224; une heure pr&#233;cise. Cet endroit est situ&#233; sur une ligne qui traverse Paris du nord au sud, en longeant le m&#233;ridien de Paris. Ce m&#233;ridien a &#233;t&#233; d&#233;fini pour la premi&#232;re fois le 21 juin 1667, jour du solstice d'&#233;t&#233;. Il traverse la France de Dunkerque &#224; Perpignan. L'emplacement de l'Observatoire de Paris, dans le 14&#7497; arrondissement, a &#233;t&#233; d&#233;termin&#233; &#224; cette date et de fa&#231;on &#224; ce que cette ligne imaginaire le traverse. C'est &#224; partir du m&#233;ridien de Paris que le syst&#232;me m&#233;trique a &#233;t&#233; cr&#233;&#233;. Le m&#232;tre est la 1/10 000 000&#7497; partie de la moiti&#233; du m&#233;ridien. Il a ensuite &#233;t&#233; abandonn&#233; au profit du m&#233;ridien de Greenwich en 1884. Le r&#233;cit est divis&#233; en soixante chapitres, des &#233;tapes sur ces lieux qui ne sont d&#233;sign&#233;s tout d'abord que par leurs coordonn&#233;es g&#233;olocalis&#233;es (on trouve cependant &#224; la fin du livre leurs adresses pr&#233;cises, dans un index complet). &#192; chaque &#233;tape du parcours, en fonction de l'heure qu'il est &#224; Paris, on peut lire sept r&#233;cits se d&#233;roulant au m&#234;me moment dans sept lieux diff&#233;rents r&#233;partis dans le monde entier, mais &#224; une heure alternative selon le fuseau horaire de l'histoire racont&#233;e. Pour ce projet sur l'espace et le temps, j'ai choisi le nombre d'&#233;tapes, en r&#233;f&#233;rence au nombre de secondes dans une minute et de minutes dans une heure. Je souhaitais &#233;galement que le chiffre des minutes de chaque &#233;tape soit diff&#233;rent, et contenu entre 1 et 60. J'ai choisi le chiffre sept pour le nombre de lieux en r&#233;f&#233;rence au nombre de jours dans une semaine, sans penser aux bottes de sept lieux du &lt;i&gt;Petit Poucet&lt;/i&gt; de Charles Perrault, dont les bottes magiques permettent de parcourir, comme dans mon livre, de tr&#232;s grandes distances en tr&#232;s peu de temps. Pour accompagner la sortie du livre, je pr&#233;pare une webfiction en ligne, qui permettra de d&#233;couvrir le r&#233;cit, accompagn&#233; de courtes vid&#233;os film&#233;es dans les soixante lieux parisiens, des photographies qui sont &#224; l'origine des textes, qu'on a pu d&#233;couvrir sur mon site, entre janvier 2021 et f&#233;vrier 2022, sous la forme d'un r&#233;cit par fragments et d'un podcast, intitul&#233;s &lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;https://liminaire.fr/projets/article/rien-ne-ressemble-a-ce-dont-je-ne-me-souviens-pas&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;L'espace d'un instant&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;. et des textes qu'on pourra lire et &#233;couter, dans la nouvelle version du r&#233;cit. Pour pr&#233;parer le tournage de ces vid&#233;os au printemps, j'ai fait quelques rep&#233;rages sur les lieux o&#249; je vais filmer. Il y a de nombreuses s&#233;quences qui se d&#233;rouleront dans le jardin du Luxembourg, et autour de l'Observatoire de Paris.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les plus avertis s'en rendront compte en regardant les images de ce journal, il y a quelque chose de chang&#233; dans la prise de vue. La cam&#233;ra DJI Osmo Pocket que j'utilisais depuis 2019 ne fonctionne plus. Le bouton d'enregistrement s'est brusquement bloqu&#233; alors que nous d&#233;ambulions en famille dans le parc Montsouris. La prise en main d'un nouvel outil prend toujours un peu de temps. La cam&#233;ra de la m&#234;me marque que la pr&#233;c&#233;dente que j'ai achet&#233;e est un peu plus encombrante, plus lourde &#233;galement, elle poss&#232;de un &#233;cran qui m'a un peu d&#233;stabilis&#233; au d&#233;part pour le cadrage, mais question mise au point et stabilit&#233; de l'image, elle est encore plus efficace que la pr&#233;c&#233;dente.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je ne pensais pas revenir &#224; la &lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;https://villa-arson.fr/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Villa Arson &#224; Nice&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;. Nina a termin&#233; en fin d'ann&#233;e derni&#232;re ses cinq ans d'&#233;tudes sup&#233;rieures, et m&#234;me si Caroline et moi nous avons une amie qui vit d&#233;sormais &#224; Nice, je n'envisageais pas d'y revenir et de revoir l'&#233;cole. Comme ma fille y avait laiss&#233; des affaires au moment de partir vivre &#224; Marseille, et qu'elle n'avait pas r&#233;ussi &#224; y retourner depuis son d&#233;part, je lui ai propos&#233; de l'y accompagner &#224; l'occasion de notre bref s&#233;jour &#224; Marseille. En effet, avec Caroline, nous sommes venus travailler une semaine sur notre projet d'&#233;criture &lt;i&gt;Autour&lt;/i&gt; (devenu &lt;i&gt;Nostos&lt;/i&gt;) pour lequel nous avions &#233;t&#233; accueillis l'&#233;t&#233; dernier &lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;https://www.la-marelle.org/en-creation/residences/1593-pierre-menard-et-caroline-diaz-a-la-ciotat.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;en r&#233;sidence &#224; La Ciotat &#224; l'invitation de La Marelle&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;. &#192; chaque fois que j'ai eu l'occasion de me rendre &#224; la Villa Arson, j'ai film&#233; quelques s&#233;quences sur place, car c'est un lieu de cr&#233;ation magnifique situ&#233; sur les hauteurs de Nice, &#224; la fois &#233;cole d'art et espace d'exposition, avec son architecture en b&#233;ton et galets, son jardin aux arbres centenaires qui offre une vue incroyable sur toute la ville. &#192; chaque fois que je postais des images de mon passage, le responsable de la biblioth&#232;que me disait que j'aurais d&#251; lui dire que je passais, nous aurions pu r&#233;aliser ensemble un entretien sous forme de podcast. Cette fois-ci, j'ai finalement devanc&#233; sa proposition, et nous avons enregistr&#233; un entretien autour de mon parcours.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quand on arrive &#224; Marseille en train, on a l'impression que la gare tourne le dos &#224; certains quartiers au profit d'une unique ouverture sur le centre-ville. La Belle de Mai est un ancien quartier ouvrier qui para&#238;t abandonn&#233; depuis de longues ann&#233;es, m&#234;me si les choses changent peu &#224; peu. La veille, de retour de Nice, Caroline, Nina et moi, nous avions travers&#233; rapidement les ruelles &#233;troites du quartier, &#224; bord d'un taxi, pour rapporter les affaires de Nina dans son appartement du boulevard Ricard. Dans notre trajet nocturne, nous avons &#233;t&#233; surpris par le nombre de personnes dehors &#224; cette heure, marchant sur les trottoirs, traversant la route en pressant le pas, mangeant et buvant debout devant les caf&#233;s. C'&#233;tait l'heure de la rupture du je&#251;ne, la fin du ramadan toute proche. Le lendemain nous sommes repass&#233;s dans le quartier, marchant &#224; travers les m&#234;mes rues, cette fois presque d&#233;sertes. Nina nous a conseill&#233; d'emprunter la rue Levat. Au milieu de cette ruelle &#233;troite qui serpente entre murets, maisons de ville et petits immeubles, un portail ouvre sur un ancien couvent reconverti depuis peu en lieu de cr&#233;ation, de rencontres et de diffusion. On entre &#224; l'int&#233;rieur, le jardin est immense. C'est une parenth&#232;se dans la ville. Un moment suspendu. Une respiration.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Ici n'est d&#233;j&#224; plus</title>
		<link>https://www.liminaire.fr/chronique/entre-les-lignes/article/ici-n-est-deja-plus</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.liminaire.fr/chronique/entre-les-lignes/article/ici-n-est-deja-plus</guid>
		<dc:date>2026-03-29T07:00:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Pierre M&#233;nard</dc:creator>


		<dc:subject>Biographie</dc:subject>
		<dc:subject>Danse</dc:subject>
		<dc:subject>&#201;criture</dc:subject>
		<dc:subject>Musique</dc:subject>
		<dc:subject>Photographie</dc:subject>
		<dc:subject>R&#233;cit</dc:subject>
		<dc:subject>Paris</dc:subject>
		<dc:subject>Ville</dc:subject>
		<dc:subject>Paysage</dc:subject>
		<dc:subject>Biblioth&#232;que</dc:subject>
		<dc:subject>Contacts successifs</dc:subject>
		<dc:subject>Corps</dc:subject>
		<dc:subject>Sensation</dc:subject>
		<dc:subject>Regard</dc:subject>
		<dc:subject>Quotidien</dc:subject>
		<dc:subject>Cin&#233;ma</dc:subject>
		<dc:subject>Vid&#233;o</dc:subject>
		<dc:subject>Travail</dc:subject>
		<dc:subject>Traces</dc:subject>
		<dc:subject>Temps</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;L'enfance de l'art &lt;br class='autobr' /&gt;
J'anime samedi prochain un atelier de broderie sur photographie &#224; la biblioth&#232;que. Je n'avais jamais brod&#233; jusqu'&#224; pr&#233;sent, mais j'ai pens&#233; que cela me plairait d'apprendre cette technique. Ce qui m'a motiv&#233; pour proposer cet atelier, c'&#233;tait que la broderie permet une approche in&#233;dite de la photographie. Ce qui m'int&#233;resse, c'est de proposer aux participantes &#224; l'atelier de travailler &#224; partir d'un mat&#233;riau pr&#233;existant, une photographie personnelle, des images (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/chronique/entre-les-lignes/" rel="directory"&gt;Entre les lignes&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/biographie" rel="tag"&gt;Biographie&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/danse" rel="tag"&gt;Danse&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/ecriture" rel="tag"&gt;&#201;criture&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/musique" rel="tag"&gt;Musique&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/photographie" rel="tag"&gt;Photographie&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/recit" rel="tag"&gt;R&#233;cit&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/paris" rel="tag"&gt;Paris&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/ville" rel="tag"&gt;Ville&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/paysage" rel="tag"&gt;Paysage&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/bibliotheque" rel="tag"&gt;Biblioth&#232;que&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/contacts-successifs" rel="tag"&gt;Contacts successifs&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/corps" rel="tag"&gt;Corps&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/sensation" rel="tag"&gt;Sensation&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/regard" rel="tag"&gt;Regard&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/quotidien" rel="tag"&gt;Quotidien&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/cinema" rel="tag"&gt;Cin&#233;ma&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/video" rel="tag"&gt;Vid&#233;o&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/travail" rel="tag"&gt;Travail&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/traces" rel="tag"&gt;Traces&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/temps" rel="tag"&gt;Temps&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.liminaire.fr/local/cache-vignettes/L150xH75/contacts_succcessifs_65_1_-60208.png?1774767988' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='75' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;L'enfance de l'art&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J'anime samedi prochain un atelier de broderie sur photographie &#224; la biblioth&#232;que. Je n'avais jamais brod&#233; jusqu'&#224; pr&#233;sent, mais j'ai pens&#233; que cela me plairait d'apprendre cette technique. Ce qui m'a motiv&#233; pour proposer cet atelier, c'&#233;tait que la broderie permet une approche in&#233;dite de la photographie. Ce qui m'int&#233;resse, c'est de proposer aux participantes &#224; l'atelier de travailler &#224; partir d'un mat&#233;riau pr&#233;existant, une photographie personnelle, des images d'archives ou des cartes postales anciennes. L'enjeu est de mettre en valeur certains &#233;l&#233;ments de l'image, d'ajouter des textures, des motifs, du texte, de structurer certaines lignes de forces, de souligner certains d&#233;tails, bref de cr&#233;er un effet visuel surprenant par rapport &#224; l'original. Gr&#226;ce &#224; la combinaison de l'image et des fils, chaque cr&#233;ation devient unique. Aujourd'hui, j'ai r&#233;alis&#233; ma premi&#232;re broderie, &#224; partir d'une de mes photographies, deux sculptures de mains stylis&#233;es derri&#232;re une vitrine. J'ai soulign&#233; le contour des deux mains pour les rendre plus apparentes. Puis, entre ces deux mains l'une &#224; c&#244;t&#233; de l'autre, j'ai tir&#233; de faux fils pour &#233;voquer le jeu de la ficelle &#224; doigts qu'on pratique dans l'enfance. Pendant que je m'exer&#231;ais &#224; enfiler les trois brins de fil &#224; broder dans le minuscule chas de l'aiguille, puis &#224; broder en suivant le point de tige avec des fils de diff&#233;rentes couleurs, je n'ai pas vu le temps passer, absorb&#233; par la r&#233;p&#233;tition de mes gestes, concentr&#233; pour maintenir une r&#233;gularit&#233; des points, sans abimer la photo.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_8712 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.liminaire.fr/IMG/jpg/55158695180_ffa0bc7879_k_1_.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.liminaire.fr/local/cache-vignettes/L500xH333/55158695180_ffa0bc7879_k_1_-cb382.jpg?1774767989' width='500' height='333' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;center&gt;Jardins du Couvent, rue Levat, Marseille 3&#232;me, 20 mars 2026&lt;/center&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Cette &#233;paisseur diffuse o&#249; rien ne se montre&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En t&#233;l&#233;travail &#224; la maison, je r&#233;alise deux montages pour la biblioth&#232;que, l'un &#224; partir d'extraits de films sur les robots et l'IA, dans le cadre d'une pr&#233;sentation vid&#233;o qui aura lieu le samedi 18 avril, et le second sur &lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;https://liminaire.fr/ecriture/au-lieu-de-se-souvenir/article/journal-du-combat-9&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;le chantier de la place du Colonel Fabien que j'ai suivi pendant un an&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;. Pour ce montage, j'avais plus de deux heures de rushs tourn&#233;s entre janvier 2025 et mars 2026. et je souhaitais r&#233;aliser une vid&#233;o de moins de quinze minutes. Cela supposait d'enlever de nombreux plans, de couper dans la mati&#232;re des images. Aux premiers visionnages, on h&#233;site souvent &#224; trop en enlever, puis progressivement on se lib&#232;re, on se l&#226;che, on ne doit garder que l'essentiel, et c'est &#224; force de visionnages et de d&#233;coupages que l'essentiel se r&#233;v&#232;le, cela devient &#233;vident en &#233;vidant. Mais ce qu'on enl&#232;ve n'est pas perdu, c'est m&#234;me ce qu'on enl&#232;ve qui nous permet d'en enlever encore, de clarifier ce qu'on va garder, qui s'&#233;claire et se pr&#233;cise dans la r&#233;p&#233;tition de ces coupes. La derni&#232;re fois que nous nous sommes vus avec Anne, elle &#233;voquait les milliers de mots qu'elle avait d&#251; supprimer avant la publication de son livre &lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;https://liminaire.fr/creation/livre-lecture/article/f-comme-fugue-polyphonie-de-voix-au-milieu-du-fracas&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Bruits&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;. Je sentais une pointe de regret dans sa remarque, comme si ces pages existaient encore pour elle, alors m&#234;me que le livre est publi&#233; et clos sur lui-m&#234;me. Ce qu'on a supprim&#233; des versions pr&#233;c&#233;dentes n'a plus lieu d'&#234;tre selon moi, malgr&#233; le temps pass&#233; &#224; y travailler, et l'int&#233;r&#234;t de ce travail. La disparition de ces fragments est au c&#339;ur de la r&#233;ussite du projet, de l'&#339;uvre, puisqu'elle d&#233;termine sa coh&#233;sion g&#233;n&#233;rale.&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Pour te r&#233;pondre sur ce qu'on enl&#232;ve et regrette, l'autre soir, j'entends (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Au loin le cr&#233;puscule&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Commencer quelque chose en sachant qu'on sera interrompu, mais le faire quand m&#234;me. Sentir que tout arrive trop vite alors que rien d'important ne s'est encore produit. Continuer &#224; r&#233;fl&#233;chir alors que la r&#233;ponse ne changera plus rien. Ne pas r&#233;pondre tout de suite, attendre que l'&#233;motion retombe. Savoir ce qu'on va faire, mais repousser de quelques secondes le moment de le faire. Ressentir une faute minuscule que personne n'a vue et vouloir quand m&#234;me la r&#233;parer. Rester immobile dans une pi&#232;ce en esp&#233;rant qu'un bruit donne une direction au moment qu'on traverse. Participer &#224; une conversation tout en observant en secret autre chose. Regarder des visages au hasard comme si l'un d'eux allait soudain compter. Avoir une certitude sans se rappeler ce qui l'a provoqu&#233;e. Imaginer tr&#232;s clairement ce qui aurait pu arriver et ressentir cependant une forme de satisfaction que cela n'arrive pas. Ne pas choisir vraiment, mais accepter ce qui arrive comme si c'&#233;tait volontaire. Ranger un objet &#224; sa place tout en sachant qu'on va le reprendre dans deux minutes. R&#233;aliser apr&#232;s coup qu'on aurait voulu rester un peu plus longtemps sur place. Ne rien dire parce que ce silence-l&#224; se suffit &#224; lui seul. Entendre les mots mais les comprendre seulement quelques minutes apr&#232;s. Interrompre son geste et rester l&#224; quelques secondes, sans bouger, comme si le monde avait chang&#233; de direction. Se sentir plus lent sans comprendre &#224; quel moment cela a commenc&#233;. Rester quelque part simplement pour voir comment la lumi&#232;re peut changer. &#202;tre perdu dans ses pens&#233;es en regardant au loin le cr&#233;puscule.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_8711 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.liminaire.fr/IMG/jpg/55161022670_9c4968e149_k.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.liminaire.fr/local/cache-vignettes/L500xH333/55161022670_9c4968e149_k-3b6b8.jpg?1774767989' width='500' height='333' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;center&gt;Rue Germaine Tailleferre, Paris 19&#232;me, 18 juillet 2020&lt;/center&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Ce ciel et le ciel suivant&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J'ai vu les arbres se couvrir de feuilles en quelques jours, alors qu'il restait encore sur certaines branches des feuilles mortes de l'automne. J'ai vu des lumi&#232;res si changeantes, fluctuant en fonction des vents qui soufflaient si forts ce jour-l&#224;, que tout le paysage passait de l'ombre &#224; la lumi&#232;re dans un mouvement ondulatoire rappelant les murmurations d'oiseaux. J'ai vu des femmes chinoises improviser une danse sur une musique r&#233;p&#233;titive au milieu d'une place pav&#233;e tremp&#233;e par la pluie de la nuit pr&#233;c&#233;dente, leurs gestes d&#233;butant une chor&#233;graphie tout en persuadant de nouvelles arrivantes du bien-fond&#233; de ce lieu pour danser. J'ai vu des corneilles se poser sur les branches d'un bouleau en fleurs, puis arracher des brindilles afin de fabriquer leur nid, &#224; chacun de leurs mouvements, les chatons des bouleaux lib&#233;raient un nuage de pollen dor&#233; dans l'air. J'ai vu un d&#233;fil&#233; d'animaux fantastiques, dragons, licornes, salamandres, se d&#233;ployant dans la forme &#233;vanescente des nuages. J'ai vu des averses de pluie et de gr&#234;le si soudaines qu'elles formaient sur la route des flaques dont les reflets s'agrandissaient en paraissant aspirer toute la ville &#224; leur surfacer. J'ai vu des cerisiers en fleurs qui perdaient leur iconicit&#233; dans le gris d'un ciel sombre.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Pour te r&#233;pondre sur ce qu'on enl&#232;ve et regrette, l'autre soir, j'entends parler d'un incendie dont le d&#233;part de feu s'est produit dans un faux plafond et soudain je me dis : &#034;Merde, merde, merde, c'&#233;tait dans &lt;i&gt;Bruits&lt;/i&gt; !&#034; comme si on m'avait enlev&#233; quelque chose. D'une part, il y a tant de choses dans ce livre qu'il s'y trouve peut-&#234;tre encore (je n'ai pas v&#233;rifi&#233;). D'autre part, suivant de pr&#232;s ce regret (non pas que le passage ne soit plus dans le livre, mais qu'il n'existe plus tout court), je me suis souvenue que j'avais l'intention d'&#233;crire un autre livre dans lequel ce paragraphe, ou cette page, pourraient revenir. Ainsi, &lt;i&gt;Bruits&lt;/i&gt; est-il meilleur d'avoir perdu, en tout, 200.000 signes (ce qui corrobore ce que tu dis). Ainsi, &#233;galement, cette perte m'offre-t-elle la possibilit&#233; de commencer un autre livre.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Le r&#234;ve dans son cheminement</title>
		<link>https://www.liminaire.fr/chronique/entre-les-lignes/article/le-reve-dans-son-cheminement</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.liminaire.fr/chronique/entre-les-lignes/article/le-reve-dans-son-cheminement</guid>
		<dc:date>2026-03-22T08:00:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Pierre M&#233;nard</dc:creator>


		<dc:subject>Biographie</dc:subject>
		<dc:subject>&#201;criture</dc:subject>
		<dc:subject>Journal</dc:subject>
		<dc:subject>Num&#233;rique</dc:subject>
		<dc:subject>Photographie</dc:subject>
		<dc:subject>R&#233;cit</dc:subject>
		<dc:subject>Ville</dc:subject>
		<dc:subject>Contacts successifs</dc:subject>
		<dc:subject>Les lignes de d&#233;sir</dc:subject>
		<dc:subject>Art</dc:subject>
		<dc:subject>Vid&#233;o</dc:subject>
		<dc:subject>Quotidien</dc:subject>
		<dc:subject>D&#233;rive</dc:subject>
		<dc:subject>Voyage</dc:subject>
		<dc:subject>Nature</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Les sacrifices et les rituels d'aujourd'hui &lt;br class='autobr' /&gt;
Je me souviens de l'apparition du jeu vid&#233;o mobile Pok&#233;mon GO qui utilisait la localisation et la r&#233;alit&#233; augment&#233;e. J'ai essay&#233; d'y jouer &#224; l'&#233;poque, alors que nous &#233;tions en vacances &#224; Lyon, pendant l'&#233;t&#233; 2016, mais mon t&#233;l&#233;phone rendait difficile l'exp&#233;rience. Je garde en m&#233;moire les attroupements de curieux qui marchaient, le t&#233;l&#233;phone devant eux, le tournant en l'air comme une boussole, &#224; la recherche de cr&#233;atures invisibles. Leur (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/chronique/entre-les-lignes/" rel="directory"&gt;Entre les lignes&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/biographie" rel="tag"&gt;Biographie&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/ecriture" rel="tag"&gt;&#201;criture&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/journal" rel="tag"&gt;Journal&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/numerique" rel="tag"&gt;Num&#233;rique&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/photographie" rel="tag"&gt;Photographie&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/recit" rel="tag"&gt;R&#233;cit&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/ville" rel="tag"&gt;Ville&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/contacts-successifs" rel="tag"&gt;Contacts successifs&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/les-lignes-de-desir-25" rel="tag"&gt;Les lignes de d&#233;sir&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/art" rel="tag"&gt;Art&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/video" rel="tag"&gt;Vid&#233;o&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/quotidien" rel="tag"&gt;Quotidien&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/derive" rel="tag"&gt;D&#233;rive&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/voyage" rel="tag"&gt;Voyage&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/nature" rel="tag"&gt;Nature&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.liminaire.fr/local/cache-vignettes/L150xH75/contacts_succcessifs_64_1_-faf7d.png?1774166746' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='75' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Les sacrifices et les rituels d'aujourd'hui&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je me souviens de l'apparition du jeu vid&#233;o mobile &lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;https://pokemongo.com/fr&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Pok&#233;mon GO&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt; qui utilisait la localisation et la r&#233;alit&#233; augment&#233;e. J'ai essay&#233; d'y jouer &#224; l'&#233;poque, alors que nous &#233;tions en vacances &#224; Lyon, pendant l'&#233;t&#233; 2016, mais mon t&#233;l&#233;phone rendait difficile l'exp&#233;rience. Je garde en m&#233;moire les attroupements de curieux qui marchaient, le t&#233;l&#233;phone devant eux, le tournant en l'air comme une boussole, &#224; la recherche de cr&#233;atures invisibles. Leur d&#233;placement &#233;tait cocasse. Je me disais qu'ils jouaient &#224; un jeu qu'ils &#233;taient les seuls &#224; voir. En fait, ils &#233;taient tr&#232;s nombreux &#224; jouer, puisque ce jeu en ligne massivement multijoueur permettait &#224; un grand nombre de personnes d'interagir simultan&#233;ment dans un monde virtuel tout en &#233;voluant sur une carte des environs utilisant la g&#233;olocalisation du joueur. D'une certaine mani&#232;re, ils cartographiaient &#233;galement. &#192; l'&#233;poque, je travaillais avec Ulrich Fischer au prototype de l'application de mon r&#233;cit &lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;https://liminaire.fr/mot/les-lignes-de-desir-25&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Les lignes de d&#233;sir&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;, proposant &lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;https://liminaire.fr/projets/article/l-experience-d-un-recit-en-marche&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;l'exp&#233;rience d'un livre en marche&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;. J'enviais l'approche ludique utilis&#233;e pour faire d&#233;placer tous ces gens dans l'espace public. Sans le savoir, ces personnes produisaient une masse d'images, de trajectoires, de regards. Une ville enregistr&#233;e en marchant, dans la r&#233;p&#233;tition des pas. Une ville v&#233;cue, fragment&#233;e, recompos&#233;e. On d&#233;couvre aujourd'hui que Niantic Spatial, la filiale d'intelligence artificielle fond&#233;e il y a un an par le cr&#233;ateur du jeu, exploite les donn&#233;es collaboratives compos&#233;es d'images de rep&#232;res urbains g&#233;olocalis&#233;es collect&#233;es via le jeu pour construire &#171; un syst&#232;me de positionnement visuel, une technologie qui d&#233;termine votre position &#224; partir de ce que vous voyez. &#187; Autrement dit, ces 30 milliards d'images, photographies de b&#226;timents ou rep&#232;res visibles, issus de l'exp&#233;rience des joueurs, ont contribu&#233; &#224; l'&#233;laboration d'une immense cartographie visuelle du monde, qui va permettre de guider des robots de livraison afin qu'ils s'orientent dans l'espace avec une pr&#233;cision beaucoup plus grande. Ce qui relevait de l'exp&#233;rience devient infrastructure. Ce qui appartenait &#224; l'errance devient syst&#232;me. Il y a l&#224; une forme de d&#233;l&#233;gation silencieuse. Un d&#233;tournement mercantile du jeu. Mais ce n'est pas nouveau. Depuis longtemps, les reCAPTCHA de Google, tests con&#231;us initialement pour d&#233;terminer si un utilisateur en ligne est vraiment un humain, et non un bot, d&#233;tournent cet usage et profitent du travail des utilisateurs afin d'am&#233;liorer son programme de reconnaissance optique de caract&#232;res (ROC). Les clics, les likes, toutes nos recherches nourrissent des mod&#232;les pr&#233;dictifs. Nos conversations elles-m&#234;mes servent &#224; affiner des intelligences artificielles. Nous croyons utiliser des outils, mais en retour ce sont eux qui nous utilisent. &lt;i&gt;Quand c'est gratuit, c'est toi le produit.&lt;/i&gt; On conna&#238;t bien la formule qui r&#233;sume notre relation ambigu&#235; au num&#233;rique. Les entreprises technologiques mettent l'attention au centre d'une pratique qu'on a trop longtemps voulu croire gratuite. Mais, marcher, c'est autre chose. C'est produire une carte qui n'appartient qu'&#224; soi. Une carte intime, &#233;volutive, faite de d&#233;tours, d'habitudes, de raccourcis, de souvenirs. Elle ne se voit pas. Elle se superpose &#224; la carte commune sans jamais s'y r&#233;duire. Chaque trajet invente une ville l&#233;g&#232;rement diff&#233;rente qui n'appartient qu'&#224; nous.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_8707 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.liminaire.fr/IMG/jpg/55134817702_39b9b445bb_k.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.liminaire.fr/local/cache-vignettes/L500xH333/55134817702_39b9b445bb_k-9c567.jpg?1774166746' width='500' height='333' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;center&gt;Lac du Parc Montsouris, Paris 14&#232;me, 8 mars 2026&lt;/center&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Ce qui emp&#234;che et oblige &#224; la fois&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Se sentir chez soi dans un appartement qu'on loue, qui n'est pas un ersatz de la chambre d'h&#244;tel, un v&#233;ritable endroit o&#249; vivre, mais qui ne nous est pas pr&#234;t&#233;, comme cela m'est d&#233;j&#224; arriv&#233;. Je me souviens notamment avoir &#233;t&#233; h&#233;berg&#233; par Enrico Agostini Marchese qui m'avait amicalement accueilli dans son appartement &#224; Montr&#233;al, pendant une semaine, alors que d'habitude on me r&#233;servait une chambre d'h&#244;tel pour la p&#233;riode du colloque pour lequel on m'invitait, prolongeant de quelques jours pour profiter de la ville. Je m'&#233;tais senti vraiment chez moi. Je retrouve la m&#234;me impression de familiarit&#233; et de bien-&#234;tre dans l'appartement que nous louons Caroline et moi &#224; Marseille, dans le quartier Longchamp. C'est un appartement spacieux, lumineux et calme. Un appartement vivant, avec des plantes vertes, des &#339;uvres d'art accroch&#233;es au mur, de beaux bibelots, et des piles de livres. Dans la cuisine, tout est &#224; disposition pour cuisiner. Dans ces conditions, difficile de ne pas r&#233;ussir &#224; travailler sur notre projet. Nous avan&#231;ons bien, consacrant une grande partie de la journ&#233;e et de la soir&#233;e &#224; l'&#233;criture (lecture, r&#233;&#233;criture des textes, discussions), le reste du temps &#233;tant consacr&#233; aux promenades en ville. J'en profite pour filmer tout en approvoisant ma nouvelle cam&#233;ra. Si je ne rencontre plus du tout de souci de focus au d&#233;but des plans, la mobilt&#233; de la nacelle me perturbe encore un peu. Mais c'est un outil incroyable.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; C'&#233;tait la Terre qui envoyait des signes&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En quelques semaines, &#224; l'&#233;t&#233; 1831, une &#233;ruption volcanique sous-marine a lieu en M&#233;diterran&#233;e, dans le canal de Sicile, en face de la Tunisie. Elle provoque l'&#233;mersion d'une &#238;le &#233;ph&#233;m&#232;re qui dispara&#238;t sous les flots six mois plus tard seulement. Ce nouveau territoire &#233;veille la curiosit&#233; des scientifiques et la convoitise des puissances europ&#233;ennes, le Royaume des Deux-Siciles, la France et l'Angleterre, en pleine expansion coloniale. Chacun de ces trois pays entre en comp&#233;tition pour revendiquer cette &#238;le &#224; la position strat&#233;gique. Elle devient &lt;i&gt;Ferdinandea&lt;/i&gt; pour le Royaume des Deux-Siciles, en l'honneur du roi Ferdinand II de Bourbon, &lt;i&gt;Julia&lt;/i&gt;, pour les Fran&#231;ais en r&#233;f&#233;rence &#224; la monarchie de Juillet, &lt;i&gt;Graham Island&lt;/i&gt;, pour les Anglais, d'apr&#232;s Sir James Graham, premier seigneur de l'amiraut&#233;, et enfin &lt;i&gt;Nerita&lt;/i&gt;, pour les populations locales. L'artiste &lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;https://clementcogitore.com/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Cl&#233;ment Cogitore&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt; s'appuit sur cet &#233;v&#233;nement historique comme point de d&#233;part de son &lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;https://mucem.org/expositions/clement-cogitore/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;exposition au Mucem&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt; qu'il d&#233;veloppe en un r&#233;cit multiforme m&#234;lant documentaire, r&#233;cit historique et fiction sp&#233;culative, narration et contemplation. &#192; travers un ensemble de diff&#233;rentes pi&#232;ces aux formats et supports vari&#233;s (documents d'archives, relev&#233;s scientifiques, croyances populaires, photographies sous verre grav&#233;, installation filmique en 16 mm, reportage scientifique, et film de fiction), il analyse les m&#233;canismes de revendication territoriale et la gestion des fronti&#232;res, tente de substituer une logique de possession par une volont&#233; de construire un espace commun. &#171; Entre utopie et dystopie, si une terre qui n'appartient &#224; personne r&#233;apparaissait aujourd'hui, quel usage commun pourrait-on en faire ? Quel nom lui donnerait-on ? Et quelles langues y parlerait-on ? &#187; se demande l'artiste, dans le film &lt;i&gt;Ferdinandea : Incertitudes&lt;/i&gt;, la vid&#233;o qui constitue le c&#339;ur de l'exposition, projet&#233;e dans un espace d&#233;di&#233;, au centre de la salle. Dans un contexte contemporain marqu&#233; par des crises migratoires et climatiques, le dispositif artistique de Cl&#233;ment Cogitore interroge la capacit&#233; des &#201;tats &#224; envisager la M&#233;diterran&#233;e comme un espace de coop&#233;ration plut&#244;t que comme une zone de conqu&#234;te.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_8708 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.liminaire.fr/IMG/jpg/52121422936_0d73dc631f_k.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.liminaire.fr/local/cache-vignettes/L500xH333/52121422936_0d73dc631f_k-bff0d.jpg?1774166746' width='500' height='333' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;center&gt;Parc Clichy Batignolles Martin Luther King, Paris 17&#232;me, 4 juin 2022&lt;/center&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;L'envie de partir ne d&#233;livre pas&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je marche pour tenir debout. Ici n'est d&#233;j&#224; plus. La ville ne m'accueille pas, elle me traverse. Dedans, je m'&#233;gare plus vite que dehors. L'espace s'ouvre devant moi. Alors j'avance. Chaque pas efface le pr&#233;c&#233;dent. Le sol accepte tout. M&#234;me l'espace a besoin d'&#234;tre contenu. Les rues ne bougent pas, mais je les transforme en les traversant. Je ferme les yeux un instant et le bruit me suffit. La rumeur remplace la direction. J'aime entendre le bruit de la ville. Le mouvement fabrique un passage. Une travers&#233;e. D'un trottoir &#224; l'autre, d'une lumi&#232;re &#224; une autre. Rien ne relie vraiment ces points, sauf le mouvement. Je ne sais plus si je pars ou si je reviens. L'espace est satur&#233; de signes. Voyager c'est rester au m&#234;me endroit et sentir le monde glisser en soi. Les lieux r&#233;sistent, mais le corps insiste. Il avance malgr&#233; tout, comme s'il cherchait un seuil invisible. Chacun place son horizon o&#249; il peut. Je marche encore. Dans l'air, des appuis, des attentes. S'arr&#234;ter serait admettre que rien ne m&#232;ne nulle part. Et pourtant, quelque chose r&#233;pond toujours, un signe, un souffle, une direction possible. Tout d&#233;part a son arriv&#233;e.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Ce qu'il faut au jour</title>
		<link>https://www.liminaire.fr/chronique/entre-les-lignes/article/ce-qu-il-faut-au-jour</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.liminaire.fr/chronique/entre-les-lignes/article/ce-qu-il-faut-au-jour</guid>
		<dc:date>2026-03-15T08:00:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Pierre M&#233;nard</dc:creator>


		<dc:subject>Architecture</dc:subject>
		<dc:subject>Biographie</dc:subject>
		<dc:subject>Information</dc:subject>
		<dc:subject>Num&#233;rique</dc:subject>
		<dc:subject>Photographie</dc:subject>
		<dc:subject>Vid&#233;o</dc:subject>
		<dc:subject>R&#233;cit</dc:subject>
		<dc:subject>Paris</dc:subject>
		<dc:subject>Paysage</dc:subject>
		<dc:subject>Contacts successifs</dc:subject>
		<dc:subject>D&#233;rive</dc:subject>
		<dc:subject>R&#234;ve</dc:subject>
		<dc:subject>Sensation</dc:subject>
		<dc:subject>Quotidien</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Un pas encore et tout dispara&#238;t &lt;br class='autobr' /&gt;
Je tombe malade, ma cam&#233;ra tombe en panne. La plupart du temps, des &#233;v&#233;nements concomitants n'ont cependant rien de commun, seule la simultan&#233;it&#233; de leurs surgissements les associe myst&#233;rieusement. Et c'est ce qui m'arrive. Je ne parviens pas &#224; s&#233;parer ces deux &#233;v&#233;nements qui n'ont pourtant rien &#224; voir. Dans les all&#233;es ensoleill&#233;es du parc Montsouris, apr&#232;s avoir mang&#233; en famille &#224; la terrasse d'un restaurant, nous cheminons un peu au hasard, sans but (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/chronique/entre-les-lignes/" rel="directory"&gt;Entre les lignes&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/architecture" rel="tag"&gt;Architecture&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/biographie" rel="tag"&gt;Biographie&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/information" rel="tag"&gt;Information&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/numerique" rel="tag"&gt;Num&#233;rique&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/photographie" rel="tag"&gt;Photographie&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/video" rel="tag"&gt;Vid&#233;o&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/recit" rel="tag"&gt;R&#233;cit&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/paris" rel="tag"&gt;Paris&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/paysage" rel="tag"&gt;Paysage&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/contacts-successifs" rel="tag"&gt;Contacts successifs&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/derive" rel="tag"&gt;D&#233;rive&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/reve" rel="tag"&gt;R&#234;ve&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/sensation" rel="tag"&gt;Sensation&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/quotidien" rel="tag"&gt;Quotidien&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.liminaire.fr/local/cache-vignettes/L150xH75/contacts_succcessifs_63_1_-6a586.png?1773561629' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='75' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Un pas encore et tout dispara&#238;t&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je tombe malade, ma cam&#233;ra tombe en panne. La plupart du temps, des &#233;v&#233;nements concomitants n'ont cependant rien de commun, seule la simultan&#233;it&#233; de leurs surgissements les associe myst&#233;rieusement. Et c'est ce qui m'arrive. Je ne parviens pas &#224; s&#233;parer ces deux &#233;v&#233;nements qui n'ont pourtant rien &#224; voir. Dans les all&#233;es ensoleill&#233;es du parc Montsouris, apr&#232;s avoir mang&#233; en famille &#224; la terrasse d'un restaurant, nous cheminons un peu au hasard, sans but pr&#233;cis. Vers la fin du parcours, je cherche &#224; filmer le lac, le bouton de ma cam&#233;ra est devenu tout mou, il n'offre plus aucune r&#233;sistance, il s'enfonce mais ne d&#233;clenche plus l'enregistrement vid&#233;o. Je peux allumer et &#233;teindre sans difficult&#233; la cam&#233;ra mais je ne parviens plus &#224; filmer. Combien de fois ai-je fait ce r&#234;ve du d&#233;clencheur d'un appareil photo qui s'enrayait, du bouton d'une cam&#233;ra qui ne r&#233;pondait pas &#224; la pression de mon doigt. Avec cette impression de perte et d'effacement, d'inach&#232;vement et d'impuissance. Il y a quelques mois, j'avais d&#233;j&#224; rencontr&#233; ce probl&#232;me technique avec ma cam&#233;ra. Quelques jours apr&#232;s, cependant, le bouton fonctionnait &#224; nouveau sans que je comprenne comment cela s'&#233;tait r&#233;solu. J'inspecte m&#233;ticuleusement le m&#233;canisme &#224; la maison, mais rien n'y fait. Dans la nuit enfi&#233;vr&#233;e, les mots et les gestes se r&#233;p&#232;tent en boucle dans mon esprit, d&#233;passent l'ordinaire diurne, pour se transformer en leitmotiv incantatoire. Je formule les phrases que je vais prononcer au r&#233;veil pour dire la nuit d&#233;testable que je viens de passer, pour pr&#233;venir mes coll&#232;gues que je ne viendrai pas travailler. Mais une fois debout, tout cela est pass&#233;, derri&#232;re moi. Bien s&#251;r le manque de sommeil se fera sentir. La fatigue, les toux r&#233;p&#233;t&#233;es, la difficult&#233; &#224; respirer, les frissons intempestifs. La journ&#233;e de travail va &#234;tre bien longue. Mais j'ai d&#233;j&#224; command&#233; une nouvelle cam&#233;ra. Et c'est un soulagement.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_8699 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.liminaire.fr/IMG/jpg/55125362040_e1182e4c9c_k.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.liminaire.fr/local/cache-vignettes/L500xH333/55125362040_e1182e4c9c_k-f077a.jpg?1773561630' width='500' height='333' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;center&gt;Autoportrait, Jardin du Luxembourg, Paris 6&#232;me, 2 mars 2026&lt;/center&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le flou des retomb&#233;es&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette femme se rend &#224; la biblioth&#232;que avec sa jeune fille. Elle cherche un guide de voyage pour le Japon. Elle dit &#224; son enfant qui sort des rayonnages un livre volumineux, non un livre pas trop gros. On va juste &#224; Tokyo et &#224; Kyoto ! Je souris lorsqu'elles passent devant moi. Je ne peux m'emp&#234;cher de leur dire c'est un beau voyage. La m&#232;re se retourne vers moi et je l'entends dire : Nous allons voir les cerisiers en fleurs au Japon. Je sais bien que je vais retourner une cinqui&#232;me fois au Japon avec Caroline en octobre prochain, je suis donc mal plac&#233; a priori pour juger le voyage de cette inconnue, mais dans la l&#233;g&#232;ret&#233; de sa phrase que la joie de la perspective de ce voyage peut sans doute expliquer, je d&#233;note une incons&#233;quence d&#233;plac&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Les &#233;vidences et les incertitudes&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Caroline part quelques jours dans sa famille dans le sud. Je continue &#224; travailler, mais nous allons nous retrouver dans quelques jours &#224; Marseille afin de reprendre le travail sur &lt;i&gt;Autour&lt;/i&gt; devenu depuis &lt;i&gt;Nostos&lt;/i&gt;, le projet que nous avons men&#233; pendant un mois l'&#233;t&#233; dernier &lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;https://www.la-marelle.org/en-creation/residences/1593-pierre-menard-et-caroline-diaz-a-la-ciotat.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&#224; La Ciotat, &#224; l'invitation de La Marelle&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;. Avant son d&#233;part, nous avons un peu discut&#233; de ce que nous souhaitions faire pendant cette semaine de travail. En effet, depuis notre retour de La Ciotat, nous n'avons pas r&#233;ussi &#224; reprendre le travail o&#249; nous l'avions laiss&#233;, un ensemble de textes cons&#233;quent qui correspondait &#224; l'objectif que nous nous &#233;tions fix&#233; : parvenir &#224; construire autour de diff&#233;rents personnages et de leurs points de vue vari&#233;s, dans des endroits r&#233;partis sur le pourtour m&#233;diterran&#233;en, des histoires se d&#233;roulant en contrepoint d'un &#233;v&#233;nement &#233;voqu&#233; par bribes, en filigrane, entre chaque r&#233;cit, l'errance d'un navire, le &lt;i&gt;Nostos&lt;/i&gt;, ayant sauv&#233; des migrants de la noyade, et qui erre sur la mer, aucun pays n'acceptant qu'il accoste sur son territoire. Depuis notre retour, pris par le travail et nos diff&#233;rents imp&#233;ratifs, le texte est rest&#233; inchang&#233;. Il s'est repos&#233; cependant. Nous avons pris un peu de distance avec lui, ce qui est toujours une bonne chose au moment de se remettre &#224; l'&#233;criture. J'ai commenc&#233; &#224; le relire, pris dans un double mouvement de surprise et de questionnement. L'&#233;tonnement de r&#233;aliser l'ampleur du texte &#233;crit &#224; deux en un mois, la coh&#233;sion du projet et en m&#234;me temps, des questions sur sa forme. Nous &#233;chafaudons ensemble, avant son d&#233;part, les points essentiels sur lesquels travailler pour tenter de r&#233;ussir, dans ce court temps de vacances enti&#232;rement consacr&#233; &#224; ce projet, &#224; transmettre au texte la dynamique et l'&#233;lan que nous voulons lui insuffler.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_8698 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.liminaire.fr/IMG/jpg/28090016800_7900ec3f95_k.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.liminaire.fr/local/cache-vignettes/L500xH334/28090016800_7900ec3f95_k-76424.jpg?1773561630' width='500' height='334' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;center&gt;Zoo du parc de la T&#234;te d'Or, Lyon, 16 juillet 2016&lt;/center&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Dans la poudre de leur &#233;vanescence&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je d&#233;couvre par hasard un article sur un gigantesque cylindre en acier qui a myst&#233;rieusement surgi du sol au beau milieu d'Osaka au Japon. Il s'agit d'un tube en acier d'un diam&#232;tre d'environ quatre m&#232;tres, utilis&#233; pour le sout&#232;nement des sols lors de la pr&#233;vention des inondations, au niveau des &#233;gouts. Il a transperc&#233; le sol, soulevant l'&#233;pais rev&#234;tement en bitume de la route. Il serait remont&#233; face &#224; la pression de l'eau en sous-sol, et s'est &#233;lev&#233; &#224; treize m&#232;tres dans les airs, juste en dessous de l'autoroute sur&#233;lev&#233;e Shin-Midosuji qui traverse la ville. Des ouvriers se sont empress&#233;s de verser de l'eau &#224; l'int&#233;rieur, ce qui a permis au cylindre de s'enfoncer de quelques m&#232;tres, &#233;vitant in extremis de buter contre le plateau m&#233;tallique de la route suspendue. Les routes situ&#233;es &#224; proximit&#233; ont tout de m&#234;me &#233;t&#233; ferm&#233;es &#224; la circulation depuis mercredi. En 2016, un &#233;norme gouffre s'&#233;tait ouvert sur une rue &#224; cinq voies &#224; Hakata. Ce gouffre avait provoqu&#233; des coupures d'&#233;lectricit&#233; et des perturbations de la circulation, mais les &#233;quipes avaient travaill&#233; sans rel&#226;che pour colmater cette br&#232;che b&#233;ante sur cette art&#232;re tr&#232;s fr&#233;quent&#233;e.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>La mesure de sa v&#233;rit&#233;</title>
		<link>https://www.liminaire.fr/chronique/entre-les-lignes/article/la-mesure-de-sa-verite</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.liminaire.fr/chronique/entre-les-lignes/article/la-mesure-de-sa-verite</guid>
		<dc:date>2026-03-08T08:00:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Pierre M&#233;nard</dc:creator>


		<dc:subject>Art</dc:subject>
		<dc:subject>&#201;criture</dc:subject>
		<dc:subject>Journal</dc:subject>
		<dc:subject>Po&#233;sie</dc:subject>
		<dc:subject>Photographie</dc:subject>
		<dc:subject>Paris</dc:subject>
		<dc:subject>Ville</dc:subject>
		<dc:subject>Contacts successifs</dc:subject>
		<dc:subject>D&#233;rive</dc:subject>
		<dc:subject>Corps</dc:subject>
		<dc:subject>R&#234;ve</dc:subject>
		<dc:subject>Sensation</dc:subject>
		<dc:subject>Vid&#233;o</dc:subject>
		<dc:subject>Num&#233;rique</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Un mouvement suffit &lt;br class='autobr' /&gt;
Promenade &#224; travers Paris. Je marche en ligne droite d'un pas tr&#232;s rapide. Je m'arr&#234;te sans trop savoir pourquoi &#224; la hauteur d'un immeuble haussmannien en feu rue de Turbigo. Plusieurs camions de pompiers ont d&#233;pli&#233; leurs grandes &#233;chelles. Certains pompiers sont juch&#233;s sur le toit qui a br&#251;l&#233;, d'autres empruntent les balcons. Plusieurs &#233;tages de l'immeuble sont touch&#233;s. Tout le quartier est boucl&#233;. J'arrive sur la place Joachim du Bellay. Il y a l&#224; toujours autant de (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/chronique/entre-les-lignes/" rel="directory"&gt;Entre les lignes&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/art" rel="tag"&gt;Art&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/ecriture" rel="tag"&gt;&#201;criture&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/journal" rel="tag"&gt;Journal&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/poesie" rel="tag"&gt;Po&#233;sie&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/photographie" rel="tag"&gt;Photographie&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/paris" rel="tag"&gt;Paris&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/ville" rel="tag"&gt;Ville&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/contacts-successifs" rel="tag"&gt;Contacts successifs&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/derive" rel="tag"&gt;D&#233;rive&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/corps" rel="tag"&gt;Corps&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/reve" rel="tag"&gt;R&#234;ve&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/sensation" rel="tag"&gt;Sensation&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/video" rel="tag"&gt;Vid&#233;o&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/numerique" rel="tag"&gt;Num&#233;rique&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.liminaire.fr/local/cache-vignettes/L150xH75/contacts_succcessifs_62_1_-470aa.png?1772957003' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='75' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Un mouvement suffit&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Promenade &#224; travers Paris. Je marche en ligne droite d'un pas tr&#232;s rapide. Je m'arr&#234;te sans trop savoir pourquoi &#224; la hauteur d'un immeuble haussmannien en feu rue de Turbigo. Plusieurs camions de pompiers ont d&#233;pli&#233; leurs grandes &#233;chelles. Certains pompiers sont juch&#233;s sur le toit qui a br&#251;l&#233;, d'autres empruntent les balcons. Plusieurs &#233;tages de l'immeuble sont touch&#233;s. Tout le quartier est boucl&#233;. J'arrive sur la place Joachim du Bellay. Il y a l&#224; toujours autant de monde depuis la fin du chantier de son r&#233;am&#233;nagement. La pierre blanche de la fontaine des Innocents brille dans l'&#233;clat lumineux du jour. Un g&#233;ant r&#233;p&#232;te en boucle les m&#234;mes invectives religieuses autour du Car&#234;me, qui n'est ni chr&#233;tien, ni juif, ni musulman. Personne ne l'&#233;coute mais sa voix porte. En haut d'un arbre, &#224; l'autre bout de la place, une corneille lui r&#233;pond avec v&#233;h&#233;mence. En marchant pour m'&#233;loigner de la place, j'entends cette phrase &#233;nigmatique : le pire n'est jamais s&#251;r ! Sans lien avec la sc&#232;ne pr&#233;c&#233;dente, elle lui fait furieusement &#233;cho. Je passe devant le &lt;i&gt;Dernier bar avant la fin du monde&lt;/i&gt;. Sur le perron de l'immeuble voisin, un SDF dort par terre, sur le seuil, le corps recroquevill&#233;, une jambe d&#233;sax&#233;e, d&#233;boit&#233;e dirait-on, comme on en voit souvent dans les films lorsqu'un corps tombe de haut. Je traverse la Seine, &#233;bloui par la forte luminosit&#233;. Les abords du Palais de justice sont ferm&#233;s pour cause de proc&#232;s de l'assassinat de Samuel Paty. Un petit gar&#231;on s'amuse &#224; r&#233;p&#233;ter ce que sa m&#232;re vient d'affirmer : il y a des voleurs gentils et d'autres m&#233;chants. Je ne vois pas ce que cela veut dire. Une jeune femme brune marche dans ma direction. Sur la peau lisse de son cou, un surprenant tatouage de la cath&#233;drale Notre-Dame de Paris. Une vieille dame fort aimable me demande au milieu de la route le chemin le plus rapide pour rejoindre le march&#233; couvert de Saint-Germain. Un motard nous fr&#244;le de tout son m&#233;pris : Au milieu de la route, souffle-t-il en prenant de la vitesse avec son scooter. Deux jardiniers interpr&#232;tent m&#233;caniquement une chor&#233;graphie rigoureuse et sonore, ils ratissent de concert le jardin de gravier qui jouxte le Petit Luxembourg. Les pelouses du jardin du Luxembourg sont toutes laiss&#233;es au repos. Gazon anglais, impeccable. Un monde incroyable autour du bassin et dans les all&#233;es bois&#233;es. Un vieil homme se met &#224; crier pour une chaise qu'il veut prendre &#224; tout prix &#224; un couple de jeunes gens qui ne sont pas du tout d'accord avec lui. Le ton monte. Tout le monde s'offusque, mais personne ne bouge.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_8693 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.liminaire.fr/IMG/jpg/55110198875_c5e80e00ec_k.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.liminaire.fr/local/cache-vignettes/L500xH333/55110198875_c5e80e00ec_k-318ae.jpg?1772957004' width='500' height='333' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;center&gt;Mus&#233;e d'art et d'histoire Paul-&#201;luard, Saint-Denis, 22 f&#233;vrier 2026&lt;/center&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Du jour au lendemain&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Rep&#233;rage sur les lieux d'un tournage &#224; venir au printemps pour le projet de webfiction sur lequel je travaille depuis plusieurs semaines, afin d'accompagner la publication de mon r&#233;cit &lt;i&gt;Rien que les heures&lt;/i&gt;, aux &#233;ditions JOU, le 13 mai. Le r&#233;cit progresse le long de la ligne form&#233;e par le m&#233;ridien de Paris qui traverse la ville du nord au sud. Je retrouve au sol les m&#233;daillons de l'&lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;https://fr.wikipedia.org/wiki/Hommage_%C3%A0_Arago&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Hommage &#224; Arago&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt; cr&#233;&#233;s par l'artiste Jan Dibbets, le long du m&#233;ridien de Paris. Cette &#339;uvre d'art a &#233;t&#233; con&#231;ue en 1994 en l'honneur du scientifique et homme politique fran&#231;ais Fran&#231;ois Arago &#224; l'occasion du bicentenaire de sa naissance. Je vais tourner dans les soixante lieux du r&#233;cit. Plusieurs d'entre eux traversent le jardin du Luxembourg. Dans les pr&#233;c&#233;dentes versions du texte, un roman racontait l'histoire d'une travers&#233;e de Paris en une journ&#233;e, le long de ce m&#233;ridien. Cette histoire a totalement disparu dans la nouvelle version resserr&#233;e du texte qui va para&#238;tre, qui se concentre d&#233;sormais sur un &lt;i&gt;tour du jour en quatre-vingts mondes&lt;/i&gt;, pour reprendre le titre d'un livre de Cort&#225;zar. Cette webfiction permettra de retrouver une lecture du texte sur les images de ce parcours r&#233;alis&#233; du jour au lendemain. J'aime l'id&#233;e d'une structure qui garde la trace d'une trajectoire dont il ne reste qu'une ligne form&#233;e par des points g&#233;olocalis&#233;s. Elle dessine un parcours que l'on peut suivre ind&#233;pendamment du livre. Un chemin &#224; suivre si on le souhaite, qui nous place en dehors du livre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Ce qu'il faut au jour&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Chacun notre tour, pendant un mois, nous saisissons quelques sc&#232;nes de notre quotidien. Une minute environ par personne. Et nous recommen&#231;ons tous les mois. Pendant un an. Et tous les ans depuis novembre 2022. &lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;https://www.youtube.com/@heuresindues365&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Chaque film diffus&#233; sur YouTube&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt; regroupe quatre mois d'une ann&#233;e. Successions d'images enregistr&#233;es au fil des saisons, des voyages de chacun. Les obsessions visuelles de chacun apparaissent en filigrane. Les reflets, les cimeti&#232;res, les trajets en bus, les ombres des arbres et leur dentelle h&#233;sitante, les chats qui pr&#233;lassent, les chantiers, les bords de mer, Ce qui compte, c'est l'accumulation et la r&#233;p&#233;tition. Le temps qui s'efface &#224; force de se r&#233;p&#233;ter. Des motifs reviennent, des lieux en commun. Les images sont brutes, tr&#232;s peu de montage, le son sans mixage, quelques transitions mais assez rares, ce qui attire le regard c'est la juxtaposition des instants. Il y a une forme de partage. Un titre indique sobrement en blanc sur fond noir le mois o&#249; les s&#233;quences sont film&#233;es. C'est un film de famille dans lequel nous apparaissons que tr&#232;s peu, un reflet dans un miroir, une ombre au sol, un autoportrait domestique. Ou sous la forme d'une mise en abyme, dans un mus&#233;e, en train de regarder un film. Nous ne nous filmons pas, ce ne sont pas nos images qui comptent, nos visages, nos corps, nos gestes. Les moments que nous partageons lorsqu'il nous arrive encore de partir ensemble en voyage. Nous filmons le portrait de notre famille en creux. Par les lieux partag&#233;s et ceux qui nous tiennent &#224; distance. Le projet a commenc&#233; au moment o&#249; Nina est partie vivre &#224; Nice et qu'Alice a pris un appartement en colocation &#224; Pantin. &#192; chaque fois que nous nous voyons et que nous passons plusieurs jours ensemble, il y a toujours un moment o&#249;, pour relancer la machine autant que pour le simple plaisir de la d&#233;couverte de ce que chacun a mont&#233;, nous diffusons sur le moniteur de la t&#233;l&#233;vision &#224; la maison les derniers mois film&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_8694 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.liminaire.fr/IMG/jpg/28346082405_872d258748_k.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.liminaire.fr/local/cache-vignettes/L500xH334/28346082405_872d258748_k-22abd.jpg?1772957004' width='500' height='334' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;center&gt;Rue de l'Abb&#233; Rozier, Lyon, 16 juillet 2016&lt;/center&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Ce qui reste de la nuit&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans la poudreuse du r&#234;ve quelque chose commence, un mouvement incertain, comme si mon corps n'avait l'habitude de rien, ni de la chute ni de l'&#233;lan, aucune amplitude, aucun horaire, pourtant la trajectoire s'invente malgr&#233; moi, fragile, une vibration me traverse et je m'applique &#224; la d&#233;nicher dans les recoins du jour, l&#224; o&#249; la pens&#233;e s'effiloche, s'&#233;tiole, perd le fil, &#224; la toute fin de la toute fin, quand il ne reste plus que des traces, des sillons dans la poussi&#232;re du temps, et je m'y agrippe pour ne pas glisser tout &#224; fait. Ma t&#234;te attend les nuages, comme si le ciel pouvait me r&#233;pondre. J'ai besoin d'une minute seulement, dans ce bleu nuit qui envahit le monde en suspens, pour me tenir debout face au souffle lent. Depuis ces jours sans parole, je ramasse les mots un &#224; un, racines fragiles. Je voudrais retenir nos futurs, sentir passer les vagues entre nous, les nouvelles comme les anciennes, l'&#233;nergie de ta pr&#233;sence, cet appel d'air qui soul&#232;ve encore la lumi&#232;re en moi.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Journal du regard : F&#233;vrier 2026</title>
		<link>https://www.liminaire.fr/chronique/journal/article/journal-du-regard-fevrier-2026</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.liminaire.fr/chronique/journal/article/journal-du-regard-fevrier-2026</guid>
		<dc:date>2026-03-02T08:00:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Pierre M&#233;nard</dc:creator>


		<dc:subject>Architecture</dc:subject>
		<dc:subject>Art</dc:subject>
		<dc:subject>Atelier</dc:subject>
		<dc:subject>&#201;criture</dc:subject>
		<dc:subject>Journal</dc:subject>
		<dc:subject>R&#233;cit</dc:subject>
		<dc:subject>Vid&#233;o</dc:subject>
		<dc:subject>Sons</dc:subject>
		<dc:subject>Paris</dc:subject>
		<dc:subject>Paysage</dc:subject>
		<dc:subject>Ville</dc:subject>
		<dc:subject>Journal du regard</dc:subject>
		<dc:subject>Quotidien</dc:subject>
		<dc:subject>D&#233;rive</dc:subject>
		<dc:subject>M&#233;moire</dc:subject>
		<dc:subject>Regard</dc:subject>
		<dc:subject>Nuit</dc:subject>
		<dc:subject>Sensation</dc:subject>
		<dc:subject>Temps</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Chaque mois, un film regroupant l'ensemble des images prises au fil des jours, le mois pr&#233;c&#233;dent, et le texte qui s'&#233;crit en creux. &lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; Une sorte de palimpseste, dans lequel doivent transpara&#238;tre les traces - t&#233;nues mais non d&#233;chiffrables - de l'&#233;criture &#8220;pr&#233;alable&#8221; &#187;. &lt;br class='autobr' /&gt;
Jorge Luis Borges, Fictions &lt;br class='autobr' /&gt;
On ne sait pas ce que cette construction qui n'est pas encore achev&#233;e, encore en travaux, vient faire l&#224;, la raison de sa pr&#233;sence au milieu de la pelouse : elle transforme le panorama habituel, (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/chronique/journal/" rel="directory"&gt;Journal&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/architecture" rel="tag"&gt;Architecture&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/art" rel="tag"&gt;Art&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/atelier" rel="tag"&gt;Atelier&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/ecriture" rel="tag"&gt;&#201;criture&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/journal" rel="tag"&gt;Journal&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/recit" rel="tag"&gt;R&#233;cit&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/video" rel="tag"&gt;Vid&#233;o&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/sons" rel="tag"&gt;Sons&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/paris" rel="tag"&gt;Paris&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/paysage" rel="tag"&gt;Paysage&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/ville" rel="tag"&gt;Ville&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/journal-du-regard" rel="tag"&gt;Journal du regard&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/quotidien" rel="tag"&gt;Quotidien&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/derive" rel="tag"&gt;D&#233;rive&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/memoire" rel="tag"&gt;M&#233;moire&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/regard" rel="tag"&gt;Regard&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/nuit" rel="tag"&gt;Nuit&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/sensation" rel="tag"&gt;Sensation&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/temps" rel="tag"&gt;Temps&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.liminaire.fr/local/cache-vignettes/L150xH85/capture_d_e_cran_2026-02-23_a_23.00_01-88824.png?1772438466' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='85' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;i&gt;Chaque mois, un film regroupant l'ensemble des images prises au fil des jours, le mois pr&#233;c&#233;dent, et le texte qui s'&#233;crit en creux.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Une sorte de palimpseste, dans lequel doivent transpara&#238;tre les traces - t&#233;nues mais non d&#233;chiffrables - de l'&#233;criture &#8220;pr&#233;alable&#8221; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Jorge Luis Borges, &lt;i&gt;Fictions&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;center&gt;&lt;iframe width=&#034;660&#034; height=&#034;415&#034; src=&#034;https://www.youtube.com/embed/35GqNZC5AUQ&#034; title=&#034;&#034; frameborder=&#034;0&#034; allow=&#034;accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share&#034; referrerpolicy=&#034;strict-origin-when-cross-origin&#034; allowfullscreen&gt;&lt;/iframe&gt;&lt;/center&gt;
&lt;p&gt;On ne sait pas ce que cette construction qui n'est pas encore achev&#233;e, encore en travaux, vient faire l&#224;, la raison de sa pr&#233;sence au milieu de la pelouse : elle transforme le panorama habituel, devant le d&#244;me &#233;tincelant de La Villette, bouleverse les habitudes des sportifs qui viennent jouer ou s'entra&#238;ner &#224; cet endroit, mais aussi les promeneurs, et toutes les personnes qui appr&#233;cient, aux premiers beaux jours, s'installer l&#224; pour pique-niquer le midi, se reposer, profiter du soleil, du calme du parc. Par la porte rest&#233;e entrouverte, on aper&#231;oit &#224; l'int&#233;rieur de grands &#233;chafaudages. On imagine qu'il s'agit d'une salle de spectacle pour une dur&#233;e limit&#233;e. Quand on revient de promenade, on comprend que la mani&#232;re dont le b&#226;timent transformait le paysage, dans la lumi&#232;re p&#226;le de cette journ&#233;e d'hiver, le bleu vif et tenace de ses reflets qui se propageait au sol, sur les pav&#233;s, l'herbe et jusqu'&#224; l'eau du canal. Tout cela nous laissait deviner ce qui allait se passer &#224; l'int&#233;rieur. On d&#233;couvre en effet que ce lieu &#233;ph&#233;m&#232;re dispara&#238;tra au printemps, dans deux mois &#224; peine, et qu'il va proposer &lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;https://prodigy12.com/fr&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;un spectacle immersif&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt; m&#234;lant installations LED &#224; 360&#176;, performances chor&#233;graphiques et visuels 3D avec une musique originale interpr&#233;t&#233;e en direct. Ce spectacle &lt;i&gt;son et lumi&#232;re&lt;/i&gt; va plonger le spectateur, selon les organisateurs, dans une version surr&#233;aliste de Paris, s'effondrant sous le poids du temps. Dans leur pr&#233;sentation clinquante et sensationnaliste, qui s'accorde parfaitement cela dit &#224; ce spectacle que je n'irais pas voir, je retiens cependant qu'il efface la fronti&#232;re entre le r&#234;ve et la r&#233;alit&#233;, entre ce qui est construit et ce qui est imagin&#233;, car c'est bien l'effet ressenti devant cette architecture &#233;ph&#233;m&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La fum&#233;e d'abord, il n'y a pas de fum&#233;e sans feu, le feu qui prend, qui craque, au feu les pompiers, la maison qui br&#251;le, poings serr&#233;s, serrer les dents, dent de scie, scie circulaire, cercle de cendres, sang d'encre, signaux de fum&#233;e, noir de monde, feu follet, allumette craqu&#233;e, pic de chaleur, chaleur humaine, humain trop humain, fum&#233;e de cigarette, m&#233;got qui m&#233;gote, m&#233;gaphone qui crache, crachat, crachin, brouillard, brouiller les pistes, atterrissage forc&#233;, force majeure, carbone quatorze, &#226;ge du feu, feu de joie, soufre et salp&#234;tre, noir dessein, dessin dans la bu&#233;e sur la vitre, vitre f&#234;l&#233;e, faille sismique, combustion lente, mont&#233;e de fi&#232;vre, fum&#233;e qui monte, qui ment, qui m'enveloppe, me disperse en particules, volutes et volte-face, feu qui couve, qui couvre tout, d'un nuage, brasier des souvenirs, souvenirs en cendres, cendres encore chaudes, comme un secret qui fume.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'autre jour, j'ai entendu un morceau de Bud Powell, dans une compilation de ses enregistrements &#224; New York entre 1944 et 1949. Le son avait quelque chose de m&#233;tallique. Je me sentais ext&#233;rieur &#224; cette musique, et je m'en suis &#233;tonn&#233;, car c'est un musicien que j'aime beaucoup. Au bout de quelques minutes, pourtant, la musique m'emportait &#224; nouveau. J'&#233;tais entr&#233;, et il devenait difficile d'en sortir. J'&#233;tais propuls&#233; dans les m&#233;andres du jeu tout en v&#233;locit&#233; et en l&#233;g&#232;ret&#233; du pianiste et de ses musiciens. J'ai pens&#233; que ma difficult&#233; venait d'abord de l'enregistrement, de son anciennet&#233;. Cette id&#233;e continuait &#224; m'occuper tandis que je me souvenais d'une r&#233;cente promenade dans un quartier du 20&#7497; arrondissement o&#249; je n'&#233;tais plus retourn&#233; depuis longtemps. Je ne sais pas ce qui m'en avait &#233;loign&#233;, il aurait suffi d'un petit d&#233;tour pour y revenir, mais l'occasion ne s'&#233;tait pas pr&#233;sent&#233;e. En reprenant mentalement ce parcours, cela m'a fait r&#233;fl&#233;chir &#224; mon rapport au temps. Je ne vois plus ce quartier comme je l'ai vu la premi&#232;re fois. Certains rep&#232;res me sont revenus en y d&#233;ambulant, mais ils se reliaient diff&#233;remment, dessinant un trajet inattendu, qui en transformait de mani&#232;re in&#233;dite le souvenir. Le lieu avait vieilli, sans moi. Je ne voyais plus sa nouveaut&#233;, seulement l'anciennet&#233; de mon passage, comme si je feuilletais un album d'images d'un lieu qui aurait disparu. Quel lien avec Bud Powell ? Sa musique est intemporelle, mais nous l'&#233;coutons parfois sur des supports dat&#233;s. Les enregistrements anciens peuvent nous laisser un temps sur le seuil de l'&#339;uvre, si l'on ne force pas l'entr&#233;e de l'&#233;coute. Et c'est une &#339;uvre en mouvement dans laquelle on entre en accueillant cet &#233;lan qui nous emporte. Revenir dans ce lieu m'a laiss&#233;, moi aussi, un temps, sur le seuil. Je suis rest&#233; &#224; distance, dans le souvenir et non dans le pr&#233;sent de ce lieu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J'ai rendez-vous, je presse le pas, &#231;a file, &#231;a clignote autour de moi. Je traverse la ville &#224; grandes enjamb&#233;es, la pluie &#233;clabousse mon visage, mes chaussures s'enfoncent dans l'eau des flaques. Les enseignes des commerces brillent dans l'obscurit&#233;, leur &#233;clat color&#233; me saute aux yeux. Je ne distingue pas nettement ceux que je croise dans la rue. Leurs silhouettes surgissent et disparaissent &#224; contretemps. Elles se succ&#232;dent, tournoient, comme dans un tourbillon. Un couple sous un abribus. Un homme parle seul, &#233;clair&#233; par les phares des voitures, il surgit de la p&#233;nombre, comme sur une photo surexpos&#233;e. Je presse l'allure. J'ai l'impression de m'&#233;chapper sans savoir d'o&#249;. Personne ne me regarde vraiment, pas le temps. Pourtant je vois leurs traits, stri&#233;s par la pluie, travers&#233;s d'&#233;clairs aveuglants. Les vitrines me renvoient un double flou, une ombre qui pourrait &#234;tre la mienne. Tout se bouscule. Un porche sombre, une odeur d'essence, le fant&#244;me d'un chien, le grincement du m&#233;tro a&#233;rien, une sir&#232;ne au loin. Une tension douce me serre la poitrine. C'est presque agr&#233;able. Je continue d'avancer, encore, plus vite, jusqu'au prochain carrefour.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Journal du Combat #9</title>
		<link>https://www.liminaire.fr/ecriture/au-lieu-de-se-souvenir/article/journal-du-combat-9</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.liminaire.fr/ecriture/au-lieu-de-se-souvenir/article/journal-du-combat-9</guid>
		<dc:date>2026-02-26T08:00:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Pierre M&#233;nard</dc:creator>


		<dc:subject>Architecture</dc:subject>
		<dc:subject>&#201;criture</dc:subject>
		<dc:subject>Journal</dc:subject>
		<dc:subject>R&#233;cit</dc:subject>
		<dc:subject>Vid&#233;o</dc:subject>
		<dc:subject>Paris</dc:subject>
		<dc:subject>Ville</dc:subject>
		<dc:subject>Nature</dc:subject>
		<dc:subject>Temps</dc:subject>
		<dc:subject>Traces</dc:subject>
		<dc:subject>Paysage</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Les derniers jours de f&#233;vrier correspondent &#224; la fin du chantier de la place du Colonel Fabien. Il a commenc&#233; il y a pr&#232;s d'un an, en janvier 2025. Ces derniers jours, tout s'est acc&#233;l&#233;r&#233;. &lt;br class='autobr' /&gt;
Les barri&#232;res de s&#233;curit&#233;, qui entouraient la place, ont &#233;t&#233; enlev&#233;es dans la nuit. Pendant les cinq prochains jours, d'ailleurs les travaux vont se d&#233;rouler pendant la nuit, de 21h &#224; 6h, interdisant totalement la circulation sur la place. &lt;br class='autobr' /&gt;
Les zones de terre qui formaient les monticules sur lesquels (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/ecriture/au-lieu-de-se-souvenir/" rel="directory"&gt;Au lieu de se souvenir&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/architecture" rel="tag"&gt;Architecture&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/ecriture" rel="tag"&gt;&#201;criture&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/journal" rel="tag"&gt;Journal&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/recit" rel="tag"&gt;R&#233;cit&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/video" rel="tag"&gt;Vid&#233;o&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/paris" rel="tag"&gt;Paris&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/ville" rel="tag"&gt;Ville&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/nature" rel="tag"&gt;Nature&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/temps" rel="tag"&gt;Temps&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/traces" rel="tag"&gt;Traces&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/paysage" rel="tag"&gt;Paysage&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.liminaire.fr/local/cache-vignettes/L150xH100/55108045936_bcf95278ce_k_1_-63741.jpg?1772092812' class='spip_logo spip_logo_right spip_logo_survol' width='150' height='100' alt=&#034;&#034; data-src-hover=&#034;IMG/logo/55108248993_f336e33b31_k_1_.jpg?1771803048&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Les derniers jours de f&#233;vrier correspondent &#224; la fin du chantier de la place du Colonel Fabien. Il a commenc&#233; il y a pr&#232;s d'un an, en janvier 2025. Ces derniers jours, tout s'est acc&#233;l&#233;r&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les barri&#232;res de s&#233;curit&#233;, qui entouraient la place, ont &#233;t&#233; enlev&#233;es dans la nuit. Pendant les cinq prochains jours, d'ailleurs les travaux vont se d&#233;rouler pendant la nuit, de 21h &#224; 6h, interdisant totalement la circulation sur la place.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les zones de terre qui formaient les monticules sur lesquels ont &#233;t&#233; plant&#233;s arbres et arbustes ont &#233;t&#233; recouvertes de bandes de gazon. &#192; peine la zone centrale &#233;tait-elle ouverte aux pi&#233;tons, qu'on pouvait apercevoir des personnes s'emparer du lieu, et de nombreuses personnes s'asseoir sur les bancs.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_8688 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.liminaire.fr/IMG/jpg/55056837919_9fd4b54802_k.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.liminaire.fr/local/cache-vignettes/L500xH333/55056837919_9fd4b54802_k-807bf.jpg?1772092812' width='500' height='333' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;La satisfaction de la fin du chantier est un peu contrebalanc&#233;e par la d&#233;ception li&#233;e &#224; certains choix d'am&#233;nagements urbains et paysagers. Le choix de la circulation, notamment. R&#233;duire l'impact de la circulation automobile sur la place partait d'une bonne intention. On a assist&#233;, pendant les travaux, &#224; de nombreux embouteillages se formant r&#233;guli&#232;rement aux heures de pointe, le matin et le soir. Les barri&#232;res de s&#233;curit&#233; en b&#233;ton empi&#233;tant un peu sur l'espace de circulation, rendaient la circulation moins fluide qu'elle devrait l'&#234;tre &#224; l'issue du chantier. Le trafic va progressivement se r&#233;sorber. Les sens de circulation viennent d'&#234;tre modifi&#233;s, il faudra du temps aux conducteurs pour s'y habituer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On peut tout de m&#234;me regretter la double circulation sur une route d&#233;sormais de taille plus r&#233;duite. Les voitures ralentissent l&#224; o&#249;, auparavant, elles avaient tendance &#224; acc&#233;l&#233;rer et &#224; filer &#224; vive allure jusqu'aux feux de signalisation.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_8687 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.liminaire.fr/IMG/jpg/55029774170_caa5239b8c_k.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.liminaire.fr/local/cache-vignettes/L500xH333/55029774170_caa5239b8c_k-2f0af.jpg?1772092812' width='500' height='333' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Le d&#233;placement de l'arr&#234;t du bas (en amont du c&#244;t&#233; de l'avenue Claude Vellefaux) &#233;vite les arr&#234;ts fr&#233;quents et bruyants au niveau des caf&#233;s de la place, c&#244;t&#233; 19&#7497; arrondissement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les travers&#233;es de la place sont plus faciles qu'avant, de nombreuses entr&#233;es ouvrent le lieu &#224; la circulation p&#233;destre. Elles incitent &#224; une plus grande mobilit&#233; transversale, ce qui &#233;tait compliqu&#233; jusqu'&#224; pr&#233;sent, la place formant avec la route l'entourant une forme d'&#238;le inaccessible. Il n'est pas impossible cependant que les v&#233;los, pour gagner du temps, l'empruntent comme raccourci.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette mobilit&#233; des pi&#233;tons est sans h&#233;sitation la grande r&#233;ussite de ce r&#233;am&#233;nagement. On a d&#233;sormais envie de traverser la place, m&#234;me si, en l'&#233;tat, &#224; part s'y installer sur un banc ou jouer &#224; la p&#233;tanque, on n'imagine gu&#232;re ce qu'on peut y faire d'autre.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_8686 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.liminaire.fr/IMG/jpg/55046333335_ac5eb2a29d_k.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.liminaire.fr/local/cache-vignettes/L500xH333/55046333335_ac5eb2a29d_k-43989.jpg?1772092812' width='500' height='333' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;La superficie de la for&#234;t urbaine n'est pas aussi grande qu'on pouvait l'esp&#233;rer en observant les simulations artistiques qui annon&#231;aient le chantier. La bande r&#233;duite de v&#233;g&#233;tation du c&#244;t&#233; du Generator, s&#233;parant le trottoir longeant d'un c&#244;t&#233; la cit&#233; de la Grange aux Belles et de l'autre c&#244;t&#233; le terre-plein central, est r&#233;duite. Les deux bosquets s&#233;parant le trottoir du c&#244;t&#233; du si&#232;ge du Parti communiste jusqu'&#224; la rue de Meaux ne suffisent pas &#224; v&#233;g&#233;taliser suffisamment l'endroit. &#192; ce titre, la for&#234;t urbaine est en de&#231;&#224; de la promesse initiale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On a en effet du mal &#224; comprendre pourquoi avoir pr&#233;serv&#233; cette grande surface b&#233;tonn&#233;e au centre, entour&#233;e par des zones d'un mat&#233;riau ressemblant au sable, pr&#233;vu pour ne pas retenir l'eau de pluie, qui passera au travers de sa mati&#232;re pour se r&#233;sorber. De nombreux bancs aux formes vari&#233;es ont &#233;t&#233; install&#233;s (l'&#233;t&#233;, les grands arbres centenaires apporteront la fra&#238;cheur de leur ombre). La for&#234;t urbaine de la place de l'H&#244;tel de Ville a r&#233;serv&#233; un large espace sans arbre ni v&#233;g&#233;tation, afin de continuer &#224; accueillir les animations, spectacles et concerts qui sont r&#233;guli&#232;rement organis&#233;s &#224; cet endroit de la ville. Mais ce n'est pas le cas sur la place du Colonel Fabien, en tous cas rien n'est pr&#233;vu dans ce sens pour l'instant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un espace accol&#233; &#224; la 2&#7497; piste cyclable am&#233;nag&#233;e de l'autre c&#244;t&#233; de la route, afin de permettre une circulation dans les deux sens, est d&#233;di&#233; au jeu de boules. Il s'agit de trois petits terrains de p&#233;tanque. Une mani&#232;re de rappeler que la place a longtemps &#233;t&#233; le lieu de rendez-vous des joueurs de p&#233;tanque du quartier.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_8692 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.liminaire.fr/IMG/jpg/55116639259_e652e46880_k.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.liminaire.fr/local/cache-vignettes/L500xH333/55116639259_e652e46880_k-c3997.jpg?1772092812' width='500' height='333' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;On peut supposer que rien n'a &#233;t&#233; plant&#233; ou construit au centre de la place, &#224; cause de la faible &#233;paisseur de la surface au-dessus du m&#233;tro parisien. La ligne 2 passe en effet juste en-dessous de la place. On aper&#231;oit d'ailleurs la perspective du m&#233;tro qui file, d'un c&#244;t&#233; avec le m&#233;tro a&#233;rien, en direction de Stalingrad, et de l'autre c&#244;t&#233;, en souterrain, vers Belleville. M&#234;me si on comprend cette contrainte sp&#233;cifique du lieu, on aurait esp&#233;rer un peu plus de verdure au centre de la place, des espaces gazonn&#233;s notamment auraient &#233;t&#233; binevenues.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais il faut reconna&#238;tre que malgr&#233; ces r&#233;serves, d&#232;s que les barri&#232;res du chantier ont &#233;t&#233; enlev&#233;es, les passsants sont revenus sur place, traversant la place de part en part, s'asseyant sur les bancs qui manquent tant par ailleurs en ville. On en a m&#234;me vu quelques-uns s'essayer &#224; la p&#233;tanque.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Photographies du chantier (de janvier &#224; f&#233;vrier 2026) &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;center&gt; &lt;iframe style=&#034;width: 640px; height: 460px;&#034; scrolling=&#034;no&#034; align=&#034;middle&#034; frameborder=&#034;0&#034; src=&#034;https://www.flickr.com/photos/liminaire/sets/72177720332154542/player&#034;&gt;&lt;/iframe&gt; &lt;/center&gt;
&lt;p&gt;La place ne sera pas inaugur&#233;e avant l'issue des &#233;lections municipales qui se tiennent les 15 et 22 mars prochain.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Vid&#233;o du chantier (de janvier &#224; f&#233;vrier 2026) &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;center&gt;&lt;iframe width=&#034;640&#034; height=&#034;395&#034; src=&#034;https://www.youtube.com/embed/mHwWKi1p0dU&#034; title=&#034;&#034; frameborder=&#034;0&#034; allow=&#034;accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share&#034; referrerpolicy=&#034;strict-origin-when-cross-origin&#034; allowfullscreen&gt;&lt;/iframe&gt;&lt;/center&gt;
&lt;p&gt;Pour se faire une id&#233;e plus nette de la place apr&#232;s transformation, le mieux est sans doute d'attendre l'arriv&#233;e du printemps, avec la floraison des arbustes, l'apparition des feuilles des arbres, les usages des passants, des habitants du quartier, des touristes du Generator, qui s'empareront chacun &#224; leur mani&#232;re de l'espace dans sa nouvelle configuration.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Journal du regard : Janvier 2026</title>
		<link>https://www.liminaire.fr/chronique/journal/article/journal-du-regard-janvier-2026</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.liminaire.fr/chronique/journal/article/journal-du-regard-janvier-2026</guid>
		<dc:date>2026-02-02T08:00:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Pierre M&#233;nard</dc:creator>


		<dc:subject>Architecture</dc:subject>
		<dc:subject>Art</dc:subject>
		<dc:subject>Atelier</dc:subject>
		<dc:subject>Biographie</dc:subject>
		<dc:subject>Journal</dc:subject>
		<dc:subject>Voix</dc:subject>
		<dc:subject>Sons</dc:subject>
		<dc:subject>Vid&#233;o</dc:subject>
		<dc:subject>Paris</dc:subject>
		<dc:subject>Ville</dc:subject>
		<dc:subject>Paysage</dc:subject>
		<dc:subject>Biblioth&#232;que</dc:subject>
		<dc:subject>Journal du regard</dc:subject>
		<dc:subject>D&#233;rive</dc:subject>
		<dc:subject>Nuit</dc:subject>
		<dc:subject>Travail</dc:subject>
		<dc:subject>Quotidien</dc:subject>
		<dc:subject>Nature</dc:subject>
		<dc:subject>Num&#233;rique</dc:subject>
		<dc:subject>Musique</dc:subject>
		<dc:subject>Silence</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Chaque mois, un film regroupant l'ensemble des images prises au fil des jours, le mois pr&#233;c&#233;dent, et le texte qui s'&#233;crit en creux. &lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; Une sorte de palimpseste, dans lequel doivent transpara&#238;tre les traces - t&#233;nues mais non d&#233;chiffrables - de l'&#233;criture &#8220;pr&#233;alable&#8221; &#187;. &lt;br class='autobr' /&gt;
Jorge Luis Borges, Fictions &lt;br class='autobr' /&gt;
Marcher sur la neige, c'est entrer dans une danse lente. R&#233; mi, mi fa, des pas prudents qui avancent au ralenti, comme les doigts s'enfoncent dans le manteau blanc des touches du piano. La ville (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/chronique/journal/" rel="directory"&gt;Journal&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/architecture" rel="tag"&gt;Architecture&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/art" rel="tag"&gt;Art&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/atelier" rel="tag"&gt;Atelier&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/biographie" rel="tag"&gt;Biographie&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/journal" rel="tag"&gt;Journal&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/voix" rel="tag"&gt;Voix&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/sons" rel="tag"&gt;Sons&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/video" rel="tag"&gt;Vid&#233;o&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/paris" rel="tag"&gt;Paris&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/ville" rel="tag"&gt;Ville&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/paysage" rel="tag"&gt;Paysage&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/bibliotheque" rel="tag"&gt;Biblioth&#232;que&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/journal-du-regard" rel="tag"&gt;Journal du regard&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/derive" rel="tag"&gt;D&#233;rive&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/nuit" rel="tag"&gt;Nuit&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/travail" rel="tag"&gt;Travail&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/quotidien" rel="tag"&gt;Quotidien&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/nature" rel="tag"&gt;Nature&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/numerique" rel="tag"&gt;Num&#233;rique&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/musique" rel="tag"&gt;Musique&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/silence" rel="tag"&gt;Silence&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.liminaire.fr/local/cache-vignettes/L150xH84/capture_d_e_cran_2026-02-01_a_15.01_50-4b0c6.png?1770019209' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='84' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;i&gt;Chaque mois, un film regroupant l'ensemble des images prises au fil des jours, le mois pr&#233;c&#233;dent, et le texte qui s'&#233;crit en creux.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Une sorte de palimpseste, dans lequel doivent transpara&#238;tre les traces - t&#233;nues mais non d&#233;chiffrables - de l'&#233;criture &#8220;pr&#233;alable&#8221; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Jorge Luis Borges, &lt;i&gt;Fictions&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;center&gt;&lt;iframe width=&#034;660&#034; height=&#034;415&#034; src=&#034;https://www.youtube.com/embed/f__4HgDhW4w&#034; title=&#034;&#034; frameborder=&#034;0&#034; allow=&#034;accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share&#034; referrerpolicy=&#034;strict-origin-when-cross-origin&#034; allowfullscreen&gt;&lt;/iframe&gt;&lt;/center&gt;
&lt;p&gt;Marcher sur la neige, c'est entrer dans une danse lente. R&#233; mi, mi fa, des pas prudents qui avancent au ralenti, comme les doigts s'enfoncent dans le manteau blanc des touches du piano. La ville dans un silence feutr&#233;. Le motif musical de Debussy, dans son pr&#233;lude &lt;i&gt;Des pas sur la neige&lt;/i&gt; laisse derri&#232;re lui ces empreintes d&#233;licates, des grappes d'accords enveloppants. Chaque note devient m&#233;ditation, &#224; peine troubl&#233;e par une gamme par tons qui fait perdre l'orientation. R&#233; mi, mi fa. Les pas reviennent en &#233;cho, expressifs. Les accords glissent comme des blocs de glace, et soudain, dans les aigus, un carillon &#233;claire la fin. Un tendre regret, la trace laiss&#233;e par quelqu'un, un &#234;tre cher, que la neige et la musique retiennent encore un instant. Celui que l'on &#233;tait lorsqu'enfant nos pas s'enfon&#231;aient sur la neige.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans les r&#233;cents &#233;changes avec Anh Mat, pour nos &lt;i&gt;vases communicants&lt;/i&gt;, j'ai r&#233;alis&#233; que ce qui m'importait dans l'&#233;criture vid&#233;o, ce que certains appellent &lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;https://ateliers.sens-public.org/qu-est-ce-que-la-litteratube/index.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;la litt&#233;ratube&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;, ce n'&#233;tait pas le texte. &lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;https://www.tierslivre.net/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Fran&#231;ois&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt; m'a dit plusieurs fois en commentaires de ce journal vid&#233;o qu'il aimerait pouvoir le lire dans son int&#233;gralit&#233;. Pour moi, l'int&#233;r&#234;t du texte tient uniquement dans le dialogue qui s'instaure avec les images, en d&#233;calage parfois avec ce que l'on voit ou au contraire en accord direct avec elles. Dans l'alternance des sons et de la musique. Je le con&#231;ois comme l'un des &#233;l&#233;ments, mais il n'est pas central, il joue son r&#244;le au m&#234;me titre que les autres. Filmer au quotidien me permet d'&#233;crire plus facilement, de creuser des sujets que je n'aborde pas dans le journal hebdomadaire de mes &lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;https://liminaire.fr/mot/contacts-successifs&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Contacts successifs&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;, dans lequel je d&#233;cris ma semaine par le biais de textes qui forment des blocs autonomes, d&#233;cal&#233;s, accompagn&#233;s par deux photographies, l'une prise la semaine pr&#233;c&#233;dant la publication sur mon site et la seconde, qui porte le m&#234;me nom de fichier que la premi&#232;re, et montre un autre lieu &#224; une date ant&#233;rieure, parfois plusieurs ann&#233;es auparavant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette ann&#233;e, j'ai souhait&#233; animer plus d'ateliers artistiques que d'ateliers num&#233;riques, m&#234;me si par ailleurs je continue d'en proposer tr&#232;s r&#233;guli&#232;rement &#224; la biblioth&#232;que Fran&#231;ois Villon. En privil&#233;giant la cr&#233;ation manuelle, je voulais utiliser d'autres outils, apprendre de nouvelles techniques, changer de perspective, avoir une approche plus directe, plus physique, cr&#233;ant un rapport au temps diff&#233;rent, sp&#233;cifique au travail manuel. Pour mettre au point ces ateliers de cr&#233;ation, il a d'abord fallu que je r&#233;fl&#233;chisse &#224; leur mise en place pratique (le mat&#233;riel, les outils), avant de pouvoir enfin, convoquer les propositions d'&#233;criture qui s'y int&#233;greraient au mieux. Je vais ainsi animer &lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;https://bibliotheques.paris.fr/Default/doc/QUEFAIRE/104941/atelier-broderie-sur-photographie&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;un atelier broderie sur photographie&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt; et un atelier leporello po&#233;tique en cyanotype. J'ai propos&#233; &#233;galement un atelier de lecture &#224; voix haute, un atelier d'&#233;criture po&#233;tique et cr&#233;ation d'un carnet reli&#233; avec la technique de reliure japonaise que je reproposerai en juin. Dans ces ateliers, c'est le temps d'ex&#233;cution qui change par rapport aux ateliers d'&#233;criture. Il faut que je l'int&#232;gre peu &#224; peu. Et c'est r&#233;jouissant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Toujours &#233;tonn&#233; de d&#233;couvrir, presque par hasard, au d&#233;tour d'un chemin, pour ne pas emprunter encore une fois l'itin&#233;raire que j'ai pris des dizaines de fois, dans un quartier que je connais tr&#232;s bien, que j'arpente r&#233;guli&#232;rement, en effectuant un pas de c&#244;t&#233; qui permet de me d&#233;porter &#224; l'&#233;cart de la route habituelle et d'atteindre un endroit inconnu de la ville, comme si celle-ci s'&#233;tait agrandie soudainement. Ici, c'est un chantier ouvert derri&#232;re l'&#233;glise Saint-Georges de la Villette, du c&#244;t&#233; de la rue Henri Murger, &#224; l'endroit de l'ancien centre communautaire et culturel du juda&#239;sme de l'Est parisien, avec sa synagogue et le b&#226;timent attenant, une &#233;cole de cr&#233;ation de bijoux, qui ont &#233;t&#233; enti&#232;rement ras&#233;s il y a deux ans. Le panneau &lt;i&gt;D&#233;viation&lt;/i&gt; dispos&#233; &#224; l'entr&#233;e du chantier rappelle l'importance des bifurcations, qui se transforme alors en mot d'ordre.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>



</channel>

</rss>
