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	<title>LIMINAIRE</title>
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	<description>Une palpitation, un mouvement encore immobile, un espace de sursis dans la dissolution.</description>
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		<title>LIMINAIRE</title>
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		<title>De la lumi&#232;re et des bruits</title>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Pierre M&#233;nard</dc:creator>


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&lt;p&gt;Ce recel dans l'&#233;paisseur des mots [[Ces nouveaux mots entrent dans les nouvelles &#233;ditions 2027 des dictionnaires Le Robert et Larousse : &lt;br class='autobr' /&gt;
Aquafaba : Eau de cuisson des l&#233;gumineuses, utilis&#233;e en cuisine comme substitut au blanc d'&#339;uf. &lt;br class='autobr' /&gt;
Assertivit&#233; : Capacit&#233; &#224; s'affirmer dans le respect d'autrui. &lt;br class='autobr' /&gt;
Banger : Chanson qui met tout le monde d'accord d&#232;s les premi&#232;res notes. &lt;br class='autobr' /&gt;
Bouilloire thermique :Logement qui devient invivable en p&#233;riode de fortes chaleurs. &lt;br class='autobr' /&gt;
Bouiner : Passer son temps &#224; de (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.liminaire.fr/chronique/entre-les-lignes/" rel="directory"&gt;Entre les lignes&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/voix" rel="tag"&gt;Voix&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/travail" rel="tag"&gt;Travail&lt;/a&gt;

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 <content:encoded>&lt;img src='https://www.liminaire.fr/local/cache-vignettes/L150xH75/contacts_succcessifs_6_1_-408f9.png?1779001337' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='75' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Ce recel dans l'&#233;paisseur des mots&lt;/strong&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Ces nouveaux mots entrent dans les nouvelles &#233;ditions 2027 des dictionnaires (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans une bouilloire thermique du Sud-Ouest o&#249; il fait gav&#233; chaud, un instavid&#233;aste neuroatypique passe ses journ&#233;es &#224; bouiner devant son proxy profitant de la d&#233;couvrabilit&#233; des contenus en ligne. Il prompte des intelligences artificielles g&#233;n&#233;ratives capables de matrixer n'importe qui jusqu'au suicide forc&#233;. Son dernier crush ? Une femme qui a d&#233;cid&#233; de marrainer une association d'&#233;quith&#233;rapie prot&#233;geant une esp&#232;ce parapluie menac&#233;e par la fast-fashion. Chaque soir, il pr&#233;pare un bibimbap accompagn&#233; d'onigiris et d'une mousse mont&#233;e &#224; l'aquafaba, pendant qu'un banger tourne en boucle dans son appartement devenu une v&#233;ritable dinguerie climatique. Son voisin, un charo miskine persuad&#233; d'&#234;tre victime du syst&#232;me comme tous les incels, parce qu'on l'accuse de pornodivulgation, passe son temps &#224; publier des vid&#233;os confuses sur la guerre hybride, avec une assertivit&#233; aussi fragile qu'une pistole oubli&#233;e au soleil.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_8761 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.liminaire.fr/IMG/jpg/55257073383_a486877d0a_k.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.liminaire.fr/local/cache-vignettes/L500xH333/55257073383_a486877d0a_k-d3fb2.jpg?1779001337' width='500' height='333' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;center&gt;&#206;le Panchout, Bords de l'Yerres, Yerres, Essonne, 8 mai 2026&lt;/center&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Un espace qui a perdu l'empreinte&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;R&#233;veil en sursaut, en plein milieu d'un r&#234;ve. Je mets du temps &#224; &#233;merger, ce qui m'arrive rarement. Pas l'habitude de sortir le lundi. Il pleut. J'ai regard&#233; la veille l'itin&#233;raire sur une carte pour pr&#233;parer le rendez-vous &#224; venir, un lieu que je connais cependant, o&#249; je suis d&#233;j&#224; venu plusieurs fois. En sortant du m&#233;tro, mes rep&#232;res sont troubl&#233;s. Je me pr&#233;cipite dans une direction qui n'est pas la bonne. J'anticipe sur le rendez-vous suivant. La rue Saint-Sabin forme un arc de cercle. Je sens bien que je m'&#233;loigne du but &#224; atteindre, mais je ne vois pas comment revenir sur mes pas. Tout me semble invers&#233; comme si je regardais le plan se refl&#233;ter sur un miroir. J'ai beau regarder sur mon smartphone, rien n'y fait. Ma g&#233;olocalisation me joue des tours et me d&#233;place &#224; sa guise. Ce n'est plus un rep&#232;re, c'est un leurre qui me perd. Le temps presse, je ne veux pas arriver trop en retard. Anne envoie un message auquel je ne r&#233;ponds pas, concentr&#233; sur mon plan. Je suis si peu souvent d&#233;boussol&#233; &#224; ce point, moi qui me targue d'avoir un excellent sens de l'orientation. En revenant vers le boulevard Richard-Lenoir, j'aper&#231;ois une silhouette famili&#232;re. Je souris. Anne cherche son chemin elle aussi. Je partage avec elle mon d&#233;sarroi, avant de r&#233;aliser que nous allons tous deux &#224; contre-courant du chemin &#224; emprunter. Nous finissons par rejoindre Eric qui nous attend au caf&#233; de l'Industrie. Ce caf&#233; est lui-m&#234;me assez trompeur avec ses deux entr&#233;es, dans deux rues parall&#232;les. Bien s&#251;r, avec Anne, nous entrons par la porte &#224; l'oppos&#233;e de la salle principale. Apr&#232;s ce rendez-vous, je mets plusieurs heures &#224; retrouver mes esprits, &#224; sentir mes pieds &#224; nouveau toucher le sol. Ce n'est pas li&#233; &#224; ce que nous nous sommes dits au caf&#233;, bien au contraire. La conversation a &#233;t&#233; plaisante et tr&#232;s constructive. Mais, depuis mon r&#233;veil pr&#233;cipit&#233; ce matin, j'ai la t&#234;te &#224; l'envers. Apr&#232;s avoir mang&#233; avec Caroline et Alice et avoir visit&#233; &lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;https://100ecs.fr/exposition-curiosite/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;l'exposition &lt;i&gt;Curiosit&#233;&lt;/i&gt; au Cent&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;, je d&#233;cide de rentrer &#224; pied &#224; la maison. Le temps s'est lev&#233;, quelques belles &#233;claircies. La sensation de fatigue &#224; l'arriv&#233;e me fait oublier les absences du matin. Comme si, t&#234;te en l'air, il m'avait fallu m'&#233;puiser &#224; marcher, traverser la ville d'un pas soutenu, et cette activit&#233; physique pour me remettre dans le bon sens, la t&#234;te &#224; l'endroit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le pouvoir argentique des mots&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Anne Savelli m'a fait remarquer qu'il y avait dans plusieurs de mes textes, et dans le dernier tout particuli&#232;rement, de la suspension, l&#224; o&#249; elle, de son c&#244;t&#233;, travaille plut&#244;t la tension. Qu'est-ce qui me fascine tant, m'attire &#224; ce point dans cette situation momentan&#233;e, cette interruption ? Dans ce qui ne dure qu'un moment, qui est &#233;ph&#233;m&#232;re. J'ai toujours &#233;t&#233; proche de l'image dans l'&#233;criture, de ce qui se fixe en un instant, mais reste fragile, &#233;vanescent, dans cette technique de la photographie que je pratique au quotidien, parall&#232;lement &#224; l'&#233;criture. Pour expliquer &#224; Anne ce qui se jouait pour moi dans la fugacit&#233; de chaque sc&#232;ne situ&#233;e au m&#234;me instant dans diff&#233;rents endroits du monde, j'ai utilis&#233; l'image d'une allumette qu'on craque dans l'obscurit&#233;. Le temps qu'elle reste allum&#233;e, on peut percevoir tout ce qui nous entoure. Ce qui nous oblige, dans ce temps r&#233;duit, &#224; nous concentrer pour enregistrer le plus de d&#233;tails possibles, avec l'ensemble de nos sens. Avant que la p&#233;nombre recouvre tout &#224; nouveau et qu'on ne voie plus rien d'autre que ce qu'il nous en reste en m&#233;moire. Cela se r&#233;p&#232;te plus de 400 fois en fonction du nombre de lieux et de sc&#232;nes dans le livre. Bien s&#251;r, en choisissant cette image de l'allumette, je me suis souvenu des s&#233;ances de d&#233;veloppement photo avec mon ami Damien. J'en garde un souvenir puissant, initiatique, celui du bain r&#233;v&#233;lateur. Nous attendions tous deux, f&#233;brilement, dans l'espace confin&#233; de la pi&#232;ce, que l'image surgisse &#224; la surface du papier blanc qu'il agitait dans le bac, avant de l'extirper pour la faire s&#233;cher. Chaque d&#233;tail de l'image photographi&#233;e apparaissait lentement, dans ce laps de temps o&#249; tout devient possible. Le dispositif d'&#233;criture de ce texte explique ce processus proche de la r&#233;v&#233;lation photographique. Ce que Servanne Monjour d&#233;crit tr&#232;s justement dans son texte &lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;http://phlit.org/press/?post_type=articlerevue&amp;p=2872&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;La r&#233;v&#233;lation : arch&#233;ologie d'une m&#233;taphore photolitt&#233;raire&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;. Au d&#233;part de chaque texte du livre, il y a une photographie. C'est ce que l'on peut retrouver dans la premi&#232;re version du texte, dans le projet de &lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;https://liminaire.fr/projets/article/rien-ne-ressemble-a-ce-dont-je-ne-me-souviens-pas&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;L'espace d'un instant&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;. L'appropriation iconique se trouve au c&#339;ur de mon dispositif d'&#233;criture, selon Corentin Lahouste, qui insiste sur la fa&#231;on dont &lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;https://journals.openedition.org/elfe/7210&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;les d&#233;placements qui sont inh&#233;rents &#224; ce geste d'appropriation font &#233;clore de singuli&#232;res exp&#233;rienciations verbo-visuelles&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;. Cette photographie n'existe pas. C'est un arr&#234;t sur image. La capture d'une image anim&#233;e, en provenance d'un film. Pour ce livre, j'ai repris l'ensemble des sc&#232;nes initiales, pour les r&#233;&#233;crire, sans avoir l'image sous les yeux. En les convoquant dans ma m&#233;moire, comme avec l'allumette. Le texte d&#233;crit souvent ce qui se passe &#224; un endroit, mais il peut aussi bien raconter ce qui se passe avant ou apr&#232;s, et parfois m&#234;me dans l'envers de ce lieu.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_8762 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.liminaire.fr/IMG/jpg/9242010380_35f4ee3e02_k.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.liminaire.fr/local/cache-vignettes/L500xH334/9242010380_35f4ee3e02_k-61624.jpg?1779001337' width='500' height='334' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;center&gt;Passage Lhomme, Paris 11&#232;me, 8 juillet 2013&lt;/center&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La pluie d'&#233;clats est sans issue&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il pleut sur les boulevards, les vitrines, les balcons charg&#233;s de g&#233;raniums, les auvents des caf&#233;s, les scooters b&#226;ch&#233;s, les grilles des jardins publics, les platanes, les bancs mouill&#233;s du boulevard de la Villette, les statues, les palissades des chantiers, les journaux abandonn&#233;s par terre, les caniveaux o&#249; tournent des p&#233;tales d&#233;tremp&#233;s, les chaussures blanches d&#233;j&#224; tach&#233;es, les parapluies retourn&#233;s par le vent, les trottinettes, les feux rouges, les fa&#231;ades haussmanniennes grises sous l'averse, les chiens qui s'&#233;bouent, les livreurs press&#233;s, les colonnes Morris couvertes d'affiches bariol&#233;es, les goutti&#232;res qui d&#233;bordent, les pav&#233;s luisants, les ponts, les p&#233;niches, les cadenas, les silhouettes qui courent d'un abri &#224; l'autre, les fen&#234;tres malencontreusement rest&#233;es ouvertes, les m&#233;gots coll&#233;s au sol, les serveurs qui empilent les chaises en catastrophe, les taxis, les bus embu&#233;, les parkings souterrains, les bo&#238;tes aux lettres, les toits d'ardoise luisants, les verri&#232;res des passages couverts, les cours int&#233;rieures o&#249; l'eau tombe en cascade le long des descentes de zinc, les pigeons immobiles sous les corniches, les joggeurs du canal qui pressent l'allure, t&#234;te basse, les couples serr&#233;s sous un m&#234;me parapluie, les fils &#233;lectriques, les gyrophares de la police dans la circulation ralentie, les fontaines, les terrains de basket vides, les squares d&#233;sert&#233;s, les sir&#232;nes lointaines, les halls d'immeubles o&#249; l'on attend que &#231;a passe, les cheveux qui frisent sous l'humidit&#233;, fluffy, les flaques o&#249; le ciel se renverse, puis soudain les nuages se d&#233;chirent, les premi&#232;res ombres r&#233;apparaissent sur les murs, le sol, la vapeur monte du bitume, les oiseaux traversent le ciel, les enfants sautent de joie dans les flaques, les gouttes suspendues aux feuilles des arbres, les odeurs de pierre et de bitume ti&#232;des, les reflets bleus sur les vitres, dans la lumi&#232;re revenue.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Ces nouveaux mots entrent dans les nouvelles &#233;ditions 2027 des dictionnaires Le Robert et Larousse :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aquafaba : Eau de cuisson des l&#233;gumineuses, utilis&#233;e en cuisine comme substitut au blanc d'&#339;uf.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Assertivit&#233; : Capacit&#233; &#224; s'affirmer dans le respect d'autrui.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Banger : Chanson qui met tout le monde d'accord d&#232;s les premi&#232;res notes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bouilloire thermique :Logement qui devient invivable en p&#233;riode de fortes chaleurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bouiner : Passer son temps &#224; de vagues occupations.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bibimbap : Plat cor&#233;en &#224; base de riz, de l&#233;gumes saut&#233;s, d'un &#339;uf et de viande marin&#233;e, relev&#233; de p&#226;te de piment.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Charo : Homme &#224; la recherche de multiples aventures amoureuses.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Crush : Penchant amoureux soudain pour quelqu'un ; coup de c&#339;ur pour quelque chose.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#233;couvrabilit&#233; : Capacit&#233; &#224; rendre une information ou un service facilement accessible sur Internet.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dinguerie : Action ou parole insens&#233;e, extravagante, loufoquerie. Chose extraordinaire, grandiose, propre &#224; susciter l'&#233;merveillement, l'admiration.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Equith&#233;rapie&lt;br class='autobr' /&gt;
Th&#233;rapie utilisant le cheval comme m&#233;diateur pour soigner, appartenant aux zooth&#233;rapies.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Esp&#232;ce parapluie : Esp&#232;ce dont la protection assure celle des autres esp&#232;ces d'un m&#234;me &#233;cosyst&#232;me.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Fast-fashion : Mod&#232;le &#233;conomique du pr&#234;t-&#224;-porter qui consiste &#224; proposer un renouvellement rapide de collections &#224; petit prix et de moindre qualit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Gav&#233; : Tr&#232;s usit&#233; dans le Sud-Ouest et qui signifie &#171; beaucoup de, plein de &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Guerre hybride : Conflit combinant des modes d'action militaires et non militaires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Incel : Mouvance masculiniste compos&#233;e d'hommes c&#233;libataires qui se pr&#233;tendent rejet&#233;s par les femmes, qu'ils jugent responsables de leur c&#233;libat.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Instavid&#233;aste : Personne qui diffuse un flux vid&#233;o en direct sur internet, g&#233;n&#233;ralement en interaction avec sa communaut&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Marrainer : Accorder son soutien moral &#224; un projet, une cause, en parlant d'une femme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Matrixer : manipuler ou conditionner. &#171; Faire une impression profonde et durable sur (quelqu'un) &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Miskine : Qui inspire de la piti&#233; ; faible.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Narchomicide : Meurtre li&#233; au trafic de drogue.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Neuroatypique, neurodivergent : Se dit d'une personne dont le fonctionnement neurologique diff&#232;re de celui du plus grand nombre et, sp&#233;cialement, qui pr&#233;sente un trouble du neurod&#233;veloppement (TSA, TDAH, DYS, etc.).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Onigiri : Mot japonais, boulette de riz assaisonn&#233;e et recouverte d'une algue nori.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pistole : Pastille de chocolat plate, ronde ou ovale utilis&#233;e en p&#226;tisserie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pornodivulgation : Divulgation de photos ou de vid&#233;os &#224; caract&#232;re sexuel sans le consentement de la personne expos&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Prompter : Envoyer un prompt, une instruction &#224; un algorithme d'intelligence artificielle g&#233;n&#233;rative pour obtenir une r&#233;ponse cibl&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Proxy : Dispositif informatique servant d'interm&#233;diaire entre les ordinateurs d'un r&#233;seau priv&#233; et Internet.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Suicide forc&#233; : Le geste fatal r&#233;sultant du harc&#232;lement moral exerc&#233; par un conjoint ou ex-conjoint.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

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		<title>F comme Fugue : Polyphonie de voix au milieu du fracas</title>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Pierre M&#233;nard</dc:creator>


		<dc:subject>Biographie</dc:subject>
		<dc:subject>Cin&#233;ma</dc:subject>
		<dc:subject>&#201;criture</dc:subject>
		<dc:subject>Histoire</dc:subject>
		<dc:subject>Langage</dc:subject>
		<dc:subject>Lecture</dc:subject>
		<dc:subject>Livre</dc:subject>
		<dc:subject>R&#233;cit</dc:subject>
		<dc:subject>Paris</dc:subject>
		<dc:subject>Ville</dc:subject>
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		<dc:subject>Temps</dc:subject>
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&lt;p&gt;Bruits, le roman d'Anne Savelli est une lecture immersive. Une exp&#233;rience sensorielle intense, une travers&#233;e litt&#233;raire qui nous fait entendre la ville comme une &#233;preuve permanente. Le texte nous plonge, minute par minute, dans un tumulte o&#249; le fracas du monde ext&#233;rieur se confond avec le vacarme int&#233;rieur de ses habitants. &lt;br class='autobr' /&gt;
&#192; travers la fugue d'une tr&#232;s jeune enfant nomm&#233;e F, le roman tisse une polyphonie de voix qui luttent pour exister au milieu du chaos. La fugue de F comme fil narratif (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/histoire" rel="tag"&gt;Histoire&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/violence" rel="tag"&gt;Violence&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.liminaire.fr/local/cache-vignettes/L150xH84/en_lisant_en_e_crivant_30_1_-bc20b.png?1767945921' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='84' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;i&gt;Bruits&lt;/i&gt;, le roman d'Anne Savelli est une lecture immersive. Une exp&#233;rience sensorielle intense, une travers&#233;e litt&#233;raire qui nous fait entendre la ville comme une &#233;preuve permanente. Le texte nous plonge, minute par minute, dans un tumulte o&#249; le fracas du monde ext&#233;rieur se confond avec le vacarme int&#233;rieur de ses habitants.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; travers la fugue d'une tr&#232;s jeune enfant nomm&#233;e F, le roman tisse une polyphonie de voix qui luttent pour exister au milieu du chaos. La fugue de F comme fil narratif d'une qu&#234;te de silence, la ville en tant que personnage sonore et oppressant, et la conqu&#234;te du langage comme un acte de survie qui, d'individuel, deviendra finalement collectif.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip_document_8625 spip_document spip_documents spip_document_video spip_documents_center spip_document_center&#034;&gt;
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&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;La structure narrative de &lt;i&gt;Bruits&lt;/i&gt; s'articule autour de la fuite de son personnage principal, F, une enfant dont l'errance devient le point de convergence de toutes les tensions du roman.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le roman s'ouvre sur une sc&#232;ne d'une brutalit&#233; assourdissante : une descente de police dans l'immeuble de F. Cet &#233;v&#233;nement, marqu&#233; par la confusion et la violence, est le d&#233;clencheur de sa fuite. L'intrusion fracasse non seulement une porte, mais aussi le fragile &#233;quilibre de l'enfant, la projetant hors de chez elle. La description de la sc&#232;ne est s&#232;che, factuelle, et n'en est que plus percutante : &#171; Une matraque, un b&#233;lier ? C'est all&#233; en avant, en arri&#232;re, &#231;a a fait une bascule, a fracass&#233; la porte et la masse est entr&#233;e. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le personnage de F est celui d'une tr&#232;s jeune fille dont la fuite n'est pas une aventure, mais une recherche d&#233;sesp&#233;r&#233;e de silence. Elle fuit une agression sonore constante, que ce soit la violence polici&#232;re, les disputes des voisins ou le grondement incessant de la circulation. Face &#224; ce vacarme, son premier refuge est son imagination, un espace int&#233;rieur o&#249; elle peut construire des abris et inventer des r&#233;cits pour &#233;chapper au r&#233;el. Depuis le placard o&#249; elle tente de se cacher, elle se raconte d&#233;j&#224; une autre vie, loin du bruit :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Alors, je partirai en for&#234;t, racontes-tu depuis le placard. J'entrerai dans une grotte, j'apprendrai le feu, la cueillette. Plus loin, plus tard peut-&#234;tre, je trouverai un chalet, inhabit&#233; bien s&#251;r, avec volets aux fen&#234;tres et bo&#238;tes de conserve align&#233;es sur des &#233;tag&#232;res. Et s'il n'y a rien de tout &#231;a, je fabriquerai une cabane au fond d'une clairi&#232;re, dans un arbre, en hauteur, sans mulots ni rats ni chasseurs ni ogres. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans &lt;i&gt;Bruits&lt;/i&gt;, la ville n'est pas un simple d&#233;cor. Elle est une entit&#233; vivante, un personnage &#224; part enti&#232;re dont la voix est une cacophonie constante qui agresse et fa&#231;onne l'existence de ses habitants.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_8610 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.liminaire.fr/IMG/jpg/49403919118_cf74ee353c_k_1_.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.liminaire.fr/local/cache-vignettes/L500xH333/49403919118_cf74ee353c_k_1_-9e6d5.jpg?1767945921' width='500' height='333' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;center&gt;Casque anti-bruit d'Anne Savelli&lt;/center&gt;
&lt;p&gt;Anne Savelli cartographie un paysage urbain satur&#233; de stimuli, mais le &#171; bruit &#187; y rev&#234;t des formes multiples et complexes. Il y a bien s&#251;r la cacophonie du quotidien (circulation, travaux, commerces) qui constitue une &#171; &#233;preuve permanente &#187;. Mais aussi, paradoxalement, un silence oppressant, comme celui qui d&#233;soriente le voisin dans le v&#233;hicule de police, un vide sonore plus angoissant que le vacarme familier. Le bruit peut &#233;galement &#234;tre une technologie, un son activement militaris&#233;, comme la musique et les lumi&#232;res assourdissantes du flex office, con&#231;ues pour &#171; am&#233;liorer l'exp&#233;rience &#187; mais v&#233;cues comme une v&#233;ritable &#171; torture &#187;. Enfin, le bruit s'int&#233;riorise jusqu'&#224; devenir organique, &#224; l'image du &#171; pchit-pchit-pchit &#187; acouph&#233;nique du battement de c&#339;ur dans l'oreille, &#233;tudi&#233; par un jeune m&#233;decin. La ville d'Anne Savelli est une machine hostile qui agresse les sens de toutes les mani&#232;res possibles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour retranscrire ce chaos, le roman adopte une structure polyphonique. La narration ne se limite pas au point de vue de F, mais s'infiltre dans de multiples &#171; bo&#238;tes cr&#226;niennes &#187;. Bien que ces consciences soient isol&#233;es, leurs luttes parall&#232;les contre l'agression acoustique forment un r&#233;seau implicite, une communaut&#233; fragment&#233;e par la souffrance partag&#233;e. Parmi ces voix, on retrouve notamment :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Kelly, la caissi&#232;re et ancienne danseuse, qui lutte contre le bruit du supermarch&#233;. Dans sa t&#234;te, ses gestes de mise en rayon redeviennent une &#171; chor&#233;graphie &#187;, son imagination agissant comme un ultime rempart.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le voisin, arr&#234;t&#233; lors de la descente de police. Dans le silence de la voiture, il n'est pas seulement d&#233;sorient&#233; ; il tente activement d'&#171; anticiper les questions qui viendront &#187;, pr&#233;parant le r&#233;cit qu'il devra livrer, illustrant parfaitement la th&#233;matique de la narration comme survie.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le vieux locataire, dont l'obsession matinale est le vacarme du camion-poubelle qui le r&#233;veille chaque jour sans espoir de r&#233;pit.&lt;br class='autobr' /&gt;
Bernex (Le policier). Officier de police hant&#233; par les images de violence et le bruit incessant de son travail.&lt;br class='autobr' /&gt;
La cin&#233;aste, une femme brune &#224; m&#232;che blanche qui, de retour de voyage, r&#233;fl&#233;chit &#224; la difficult&#233; de raconter les autres, les invisibles, et se demande comment r&#233;aliser un autoportrait quand son regard est toujours tourn&#233; vers l'ext&#233;rieur.&lt;br class='autobr' /&gt;
Elisa Day / Sybille (La patiente X), une femme hospitalis&#233;e, initialement inconsciente et sans identit&#233;. &#171; Cette femme qui parle dans ses r&#234;ves. &#187; Elle est renomm&#233;e Elisa Day par le Docteur W en r&#233;f&#233;rence &#224; la chanson de Nick Cave qui la fait r&#233;agir. Elle per&#231;oit le monde par une &lt;i&gt;&#233;coute panoramique&lt;/i&gt; depuis son lit et finit par s'&#233;veiller sous le nom de Sybille pour quitter l'h&#244;pital avec F.&lt;/p&gt;
&lt;center&gt;&lt;iframe width=&#034;660&#034; height=&#034;415&#034; src=&#034;https://www.youtube.com/embed/lDpnjE1LUvE&#034; title=&#034;Nick Cave &amp; The Bad Seeds ft. Kylie Minogue - Where The Wild Roses Grow (Official HD Video)&#034; frameborder=&#034;0&#034; allow=&#034;accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share&#034; referrerpolicy=&#034;strict-origin-when-cross-origin&#034; allowfullscreen&gt;&lt;/iframe&gt;&lt;/center&gt;
&lt;p&gt;Face &#224; un r&#233;el insupportable et &#224; un monde satur&#233; de bruits, l'imagination, la narration et les mots deviennent des outils de r&#233;sistance. C'est par le langage que les personnages, et F en particulier, trouvent une voie d'&#233;mancipation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour les personnages de &lt;i&gt;Bruits&lt;/i&gt;, survivre signifie &#171; inventer des r&#233;cits &#187;. Que ce soit F qui r&#234;ve d'une cabane en for&#234;t, Kelly qui transpose son travail en ballet, ou le voisin qui &#233;labore une narration pr&#233;ventive pour son interrogatoire, la cr&#233;ation est une strat&#233;gie pour donner un sens au chaos, pour se construire un espace mental o&#249; le r&#233;el peut &#234;tre ma&#238;tris&#233;, ou du moins, support&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Je le r&#233;p&#232;te : imaginez que vous ne puissiez plus ni parler, ni jouer, ni lire, ni apprendre, ni regarder un film. Que vous n'ayez plus acc&#232;s aux r&#233;cits d&#233;j&#224; formul&#233;s de vos semblables. Que votre seule possibilit&#233; soit d'attendre, allong&#233;e, inchang&#233;e, sans aucune certitude sur la suite &#224; venir. Sachant que vous &#234;tes capable d'entendre ce qui vous entoure, que feriez-vous, alors, pour ne pas devenir folle ? Comment, je vous le demande, penser par soi-m&#234;me &#224; nouveau et retrouver un fil pour d&#233;crypter le monde ? &#187;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_8619 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.liminaire.fr/IMG/jpg/frise_9-10.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.liminaire.fr/local/cache-vignettes/L500xH375/frise_9-10-a4242.jpg?1767945921' width='500' height='375' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;center&gt;Frise de &lt;i&gt;Bruits&lt;/i&gt;, photographie d'Anne Savelli prise &#224; la biblioth&#232;que Fran&#231;ois Villon, Paris 10&#232;me&lt;/center&gt;
&lt;p&gt;La fugue de F qui grandit et devient une femme au fil du r&#233;cit, se double d'un parcours initiatique vers l'autonomie par le langage. Une &#233;tape cl&#233; de son &#233;mancipation est le moment o&#249;, pour la premi&#232;re fois, elle parvient &#224; d&#233;chiffrer l'heure sur une horloge num&#233;rique. Ce n'est plus un simple clignotement de chiffres, mais un message qu'elle peut lire et nommer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; C'est marqu&#233; [09:09]. [09:09] &#231;a clignote, [09:09] &#231;a insiste. Il est [09:09] pour tout le monde sauf pour toi, et soudain, toujours &#224; [09:09], [09:09] devient neuf-heures-neuf. Tu r&#233;p&#232;tes &#224; voix haute : NEUF HEURES NEUF. Voil&#224;, tu sais lire [09:09]. Victoire. Si ce n'est que d&#233;j&#224;, &#224; peine le temps de le dire, il est [09:10]. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette premi&#232;re victoire sur le chaos est fondamentale. Elle est un microcosme de la d&#233;marche m&#234;me du roman : imposer un ordre linguistique &#224; un tumulte insens&#233;. Plus tard, cette conqu&#234;te s'&#233;tendra &#224; la lecture des murs de la ville, o&#249; elle d&#233;chiffre les fant&#244;mes d'anciennes inscriptions (&#171; Chi-ffo-nnier, Mar-chan-d'vin, Foi-ra-nnuelle &#187;). Elle n'y voit pas des messages secrets, mais apprend &#224; lire les strates temporelles de la cit&#233;, son histoire. En apprenant &#224; lire le monde qui l'entoure, F cesse d'en &#234;tre seulement la victime ; elle commence &#224; se l'approprier.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_8611 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.liminaire.fr/IMG/jpg/media_file_244.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.liminaire.fr/local/cache-vignettes/L500xH280/media_file_244-41c0c.jpg?1767945922' width='500' height='280' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;center&gt;Stanza, Multi-Composition de Catherine Gfeller&lt;/center&gt;
&lt;p&gt;La forme m&#234;me du roman d'Anne Savelli est une r&#233;flexion sur son sujet. La structure &#233;clat&#233;e du texte sous forme d'ondes successives qui se d&#233;ploient dans le temps, est la transcription litt&#233;raire de l'exp&#233;rience du bruit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Bruits&lt;/i&gt; est un texte fragment&#233;. Chaque extrait est pr&#233;c&#233;d&#233; d'un horodatage et d'indications de lieu ([06:02] [cit&#233;] [troisi&#232;me &#233;tage] [palier]). La narration saute d'une conscience &#224; une autre, m&#234;lant dialogues, pens&#233;es et descriptions en un flux continu et saccad&#233;. Cette &#233;criture imite le bombardement de stimuli du monde contemporain et la perception psychologique d'un environnement satur&#233;. La fragmentation n'est pas synonyme de d&#233;sordre, elle est au contraire la forme la plus juste pour dire un monde qui a perdu son centre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Je ne sais pas ce que nous faisons l&#224;, toi et moi, ce que le bruit fait l&#224;, entre nous, dans nos corps, ni com&#173;ment il entre dedans et transforme le monde, et nous transforme, nous. Je ne sais pas si ce que je vis, ce sont des images mentales, une forme r&#234;v&#233;e, mouvante, tourbillonnante, un cauchemar, si je d&#233;r&#233;alise, si je per&#231;ois au plus pr&#232;s, au contraire, si je suis tout enti&#232;re fix&#233;e dans la mati&#232;re, un corps ou le frottement d'un drap, de la peau et des os ou un rideau qui flotte &#224; la fen&#234;tre entrav&#233;e. Je ne sais pas si mon corps se d&#233;forme, &#224; quoi il ressemble, quel est son &#226;ge. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_8612 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.liminaire.fr/IMG/jpg/media_file_266.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.liminaire.fr/local/cache-vignettes/L500xH125/media_file_266-dc03e.jpg?1767945922' width='500' height='125' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;center&gt;Elle ne sait pas o&#249; la ville s'arr&#234;te&lt;/center&gt;&lt;div class='spip_document_8613 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.liminaire.fr/IMG/jpg/media_file_265.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.liminaire.fr/local/cache-vignettes/L500xH161/media_file_265-1af9d.jpg?1767945922' width='500' height='161' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;center&gt;Elle garde en elle toutes ces voix diff&#233;rentes &lt;/center&gt;&lt;div class='spip_document_8614 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.liminaire.fr/IMG/jpg/media_file_267.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.liminaire.fr/local/cache-vignettes/L500xH131/media_file_267-297be.jpg?1767945922' width='500' height='131' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;center&gt;Elle r&#234;ve sur ce qui n'a pas eu lieu&lt;/center&gt;&lt;center&gt;Visages de villes, de Catherine Gfeller&lt;/center&gt;
&lt;p&gt;Le texte poss&#232;de une forte dimension m&#233;ta-litt&#233;raire, r&#233;fl&#233;chissant &#224; ses propres r&#232;gles au moment m&#234;me o&#249; il les met en &#339;uvre. Cette conscience de soi se manifeste &#224; plusieurs niveaux. D'abord, par une ironie formelle, lorsqu'une voix &#233;nonce des consignes narratives classiques avant de les dynamiter :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Consigne : Respecter le niveau de lan&#173;gue des personnages. Une caissi&#232;re ne d&#233;clame pas de vers dans le vestiaire d'un supermarch&#233;. Une fillette ne parle pas en po&#232;te, pas plus qu'un vieux de cit&#233; qui jacte. Au mieux, elle conna&#238;t des comptines. Au pire, il &#233;ructe, se plaint, balance des phrases probl&#233;matiques. On se m&#233;fiera du style oralis&#233;, qui devra de&#173;meurer fluide, et des questions pos&#233;es. On ne m&#234;lera pas les voix, les bruits, les sons, les formes, les noms, les onomatop&#233;es. | Ah | F comme fuck. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette transgression est l'acte de naissance du roman, qui s'arroge le droit de forger ses propres r&#232;gles pour dire le chaos. &#171; Briser les habitudes. D&#233;tourner les r&#232;gles. Quitter la m&#233;canique des r&#233;flexes conditionn&#233;s. &#187; Mais cette autor&#233;flexion va plus loin en int&#233;grant la figure de Constance, la doctorante qui analyse, dans une sc&#232;ne saisissante, la vid&#233;o d'une rencontre litt&#233;raire. Son monologue int&#233;rieur d&#233;cortique avec une lucidit&#233; f&#233;roce les dynamiques de pouvoir &#224; l'&#339;uvre. L'universitaire homme qui monopolise la parole, l'&#233;crivaine femme contrainte au sourire, les marqueurs de classe dans le langage. Le roman int&#232;gre ainsi sa propre critique, se pensant non seulement comme objet litt&#233;raire mais aussi comme acteur au sein d'un champ culturel et social. La conqu&#234;te des mots par F trouve ici son &#233;cho critique et politique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La grande force de &lt;i&gt;Bruits&lt;/i&gt; est de ne pas &#234;tre seulement le r&#233;cit d'une oppression sonore. C'est avant tout celui d'une &#233;mancipation par le langage, qui passe de la survie individuelle &#224; la possibilit&#233; d'une action collective. Le parcours de F, de sa victoire solitaire sur les chiffres, &#224; sa lecture des strates de la ville, est la graine d'une conscience qui germe. Cette &#233;mancipation individuelle trouve son aboutissement dans les derni&#232;res pages du roman, qui d&#233;laissent les &#171; bo&#238;tes cr&#226;niennes &#187; isol&#233;es pour mettre en sc&#232;ne un rassemblement. Dans un geste coordonn&#233;, des femmes sont &#171; &#233;veill&#233;es &#187; par des signaux sonores et sortent dans la rue.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; [20:25] Elles sont toutes hors de chez elles, maintenant. Gr&#226;ce &#224; celles qui &#233;clairent les abords des gares, les recoins, les ruelles en allumant, dans un geste coordonn&#233;, leurs guirlandes &#233;lectriques et leurs lampes de po&#173;&#173;che, la ville peut s'&#233;tendre, enfin. Ne plus avoir peur de la nuit, ne plus s'inqui&#233;ter de la rue dont les dangers s'&#233;loignent, des trottoirs qu'elles arpentent &#224; coups de talon, com&#173;me dans les films de la brune &#224; m&#232;che blanche, ou en baskets, &#224; petites foul&#233;es. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Elles reprennent possession de l'espace nocturne, transformant le bruit subi en un langage choisi, en une pr&#233;sence collective. &#192; partir du chaos, de la fragmentation et de la violence, Anne Savelli ne fait pas seulement &#233;merger une voix singuli&#232;re, elle tisse les fils d'un ch&#339;ur et rend &#224; la litt&#233;rature sa puissance politique : celle de construire, au c&#339;ur m&#234;me du tumulte, un refuge et un avenir communs.&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;Pour accompagner l'&#233;criture de son livre, &lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;https://annesavelli.fr/bruits/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Anne Savelli&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt; a &#233;labor&#233;, avec Joachim S&#233;n&#233; pour la cr&#233;ation du site web et Jean-Marc Montera pour la musique, &lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;https://www.lairnu.net/bruits/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;une cr&#233;ation propos&#233;e sur le site de L'aiR Nu&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;, en partenariat avec &lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;https://www.la-marelle.org/en-creation/residences/663-anne-savelli-a-marseille.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;La Marelle&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;https://liminaire.fr/creation/radio-marelle/article/bruits-d-anne-savelli&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Lecture d'un extrait du texte dans le podcast &lt;i&gt;en lisant en &#233;crivant&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Journal du regard : Juin 2025</title>
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		<dc:date>2025-07-01T07:02:47Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Pierre M&#233;nard</dc:creator>


		<dc:subject>Art</dc:subject>
		<dc:subject>Architecture</dc:subject>
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		<dc:subject>Anne Savelli</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Chaque mois, un film regroupant l'ensemble des images prises au fil des jours, le mois pr&#233;c&#233;dent, et le texte qui s'&#233;crit en creux. &lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; Une sorte de palimpseste, dans lequel doivent transpara&#238;tre les traces - t&#233;nues mais non d&#233;chiffrables - de l'&#233;criture &#8220;pr&#233;alable&#8221; &#187;. &lt;br class='autobr' /&gt;
Jorge Luis Borges, Fictions &lt;br class='autobr' /&gt;
&#192; Paris, il y a de plus en plus de ces espaces sur le terrain d'anciennes friches, d'immeubles d&#233;molis, qu'on pr&#233;serve pour qu'aucun autre b&#226;ti s'impose et remplace l'ancien immeuble, comble sa (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/biographie" rel="tag"&gt;Biographie&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/ecriture" rel="tag"&gt;&#201;criture&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/journal" rel="tag"&gt;Journal&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/regard" rel="tag"&gt;Regard&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/sensation" rel="tag"&gt;Sensation&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/anne-savelli" rel="tag"&gt;Anne Savelli&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.liminaire.fr/local/cache-vignettes/L150xH85/capture_d_e_cran_2025-06-29_a_23.20_01_1_-50a02.png?1751353633' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='85' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;i&gt;Chaque mois, un film regroupant l'ensemble des images prises au fil des jours, le mois pr&#233;c&#233;dent, et le texte qui s'&#233;crit en creux.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Une sorte de palimpseste, dans lequel doivent transpara&#238;tre les traces - t&#233;nues mais non d&#233;chiffrables - de l'&#233;criture &#8220;pr&#233;alable&#8221; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Jorge Luis Borges, &lt;i&gt;Fictions&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;center&gt;&lt;iframe width=&#034;660&#034; height=&#034;415&#034; src=&#034;https://www.youtube.com/embed/5ue__HJy39o&#034; title=&#034;Au lieu de se souvenir : journal du regard (Juin 2025)&#034; frameborder=&#034;0&#034; allow=&#034;accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share&#034; referrerpolicy=&#034;strict-origin-when-cross-origin&#034; allowfullscreen&gt;&lt;/iframe&gt;&lt;/center&gt;
&lt;p&gt;&#192; Paris, il y a de plus en plus de ces espaces sur le terrain d'anciennes friches, d'immeubles d&#233;molis, qu'on pr&#233;serve pour qu'aucun autre b&#226;ti s'impose et remplace l'ancien immeuble, comble sa dent creuse, en cr&#233;ant un jardin o&#249; les habitants du quartier font pousser fleurs, l&#233;gumes et fruits, &#224; l'ombre des immeubles voisins. J'aime ces espaces qui rappellent la tradition des jardins ouvriers et me ram&#232;nent &#224; chaque fois dans les all&#233;es du jardin de mes grands-parents o&#249; je passais tous mes &#233;t&#233;s dans la Creuse. La ville que j'inventais dans les histoires que je me racontais, entre les groseilliers et les haricots verts, &#224; l'ombre du cerisier, je la retrouve dans ces jardins partag&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce jour-l&#224;, j'ai pr&#233;f&#233;r&#233; demeurer dans mon quartier pour me promener. J'ai long&#233; le quai de la Loire, suivi le canal de l'Ourcq jusqu'&#224; La Villette, sans penser que le soir m&#234;me je reviendrais en compagnie d'&lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;https://www.youtube.com/@AnhMat&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Anh Mat&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;, d'Isabelle et Caroline, dans ce lieu pr&#233;cis&#233;ment. En sortant du restaurant o&#249; nous venions de manger, alors que je marchais &#224; leur c&#244;t&#233;, dans la lumi&#232;re d&#233;clinante si particuli&#232;re de ce jour d'&#233;t&#233;, ces deux p&#233;riples parall&#232;les m'ont parus r&#233;v&#233;lateurs, comme si l'un avait pr&#233;par&#233; l'autre, et j'ai repens&#233; &#224; &lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;http://www.lesnuitsechouees.com/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;toutes les discussions enrichissantes que nous avions eu ensemble&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;, pendant leur s&#233;jour &#224; la maison, et moi qui suis d'habitude si casanier, solitaire, j'&#233;prouvais un tel plaisir de leur passage &#224; Paris, de notre rencontre, de nos pr&#233;cieux &#233;changes, sur l'&#233;criture, le langage, la vid&#233;o, l'art, la ville, la parentalit&#233;, les enfants, les voyages et la politique aussi, soudain j'avais l'impression que ce chemin si connu, emprunt&#233; si souvent, devenait in&#233;dit, et me projetait dans un ailleurs r&#233;jouissant dont je me souviendrais longtemps, dans la complicit&#233; de leur amicale compagnie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans la chaleur accablante de cette premi&#232;re journ&#233;e de l'&#233;t&#233;, les rues de la ville se sont emplies tr&#232;s vite d'une foule dense, &#233;clectique, de personnes venues sp&#233;cialement &#224; Paris, &#224; l'occasion de la f&#234;te de la musique. Pour des raisons professionnelles, j'ai pass&#233; toute l'apr&#232;s-midi &#224; sillonner les rues du 10&#7497; arrondissement. Les gens se donnaient rendez-vous, se cherchaient, se retrouvaient. &#199;a parlait fort, &#231;a riait, &#231;a chantait &#224; tue-t&#234;te. Ils ont commenc&#233; &#224; boire tr&#232;s t&#244;t malgr&#233; le soleil qui tapait fort. L'air &#233;tait charg&#233; d'&#233;lectricit&#233;. Les quartiers de la ville qui n'attirent pas habituellement un flot de touristes se sont transform&#233;s &#224; leur venue, ce qui arrive pendant certains &#233;v&#233;nements sportifs, avec les groupes de supporters. Il y avait des fans de Beyonc&#233;, v&#234;tus comme la chanteuse am&#233;ricaine, qui se produisait au Stade de France. L'effervescence &#233;tait palpable. La musique partout, dans tous les bars, sur les trottoirs comme dans les parcs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tous les ans, &#224; la fin du printemps, Caroline passe une dizaine de jours &#224; Erbalunga en Corse avec ses amies. Je reste seul &#224; la maison. Les premi&#232;res ann&#233;es, j'&#233;tais un peu jaloux de cette escapade, m&#234;me si je comprenais bien l'int&#233;r&#234;t pour elle de partir ainsi. Plusieurs fois je suis all&#233; au printemps ou &#224; l'&#233;t&#233; en Corse avec elle. Ce qui est en jeu dans ce voyage, pour elle comme pour moi qui reste &#224; Paris, travaillant pendant ce temps, c'est l'&#233;loignement l'un de l'autre. La solitude recherch&#233;e. Bien s&#251;r elle n'est pas vraiment seule l&#224;-bas, plut&#244;t m&#234;me bien entour&#233;e. Nous avons besoin tous deux de changer parfois nos habitudes, de sortir des sentiers battus, des imp&#233;ratifs du travail, des routines sc&#233;lorosantes du quotidien. Trouver un temps pour soi.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Journal du regard : Mai 2025</title>
		<link>https://www.liminaire.fr/chronique/journal/article/journal-du-regard-mai-2025</link>
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		<dc:date>2025-05-31T07:00:00Z</dc:date>
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		<dc:creator>Pierre M&#233;nard</dc:creator>


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		<dc:subject>Cin&#233;ma</dc:subject>
		<dc:subject>&#201;criture</dc:subject>
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		<description>
&lt;p&gt;Chaque mois, un film regroupant l'ensemble des images prises au fil des jours, le mois pr&#233;c&#233;dent, et le texte qui s'&#233;crit en creux. &lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; Une sorte de palimpseste, dans lequel doivent transpara&#238;tre les traces - t&#233;nues mais non d&#233;chiffrables - de l'&#233;criture &#8220;pr&#233;alable&#8221; &#187;. &lt;br class='autobr' /&gt;
Jorge Luis Borges, Fictions &lt;br class='autobr' /&gt;
En sortant parmi les derniers visiteurs du Jeu de Paume o&#249; je viens de visiter l'exposition Le monde selon l'IA, alors que le mus&#233;e est en train de fermer ses portes, je d&#233;ambule dans les all&#233;es (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.liminaire.fr/local/cache-vignettes/L150xH84/capture_d_e_cran_2025-05-25_a_1-77e48.png?1748674889' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='84' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;i&gt;Chaque mois, un film regroupant l'ensemble des images prises au fil des jours, le mois pr&#233;c&#233;dent, et le texte qui s'&#233;crit en creux.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Une sorte de palimpseste, dans lequel doivent transpara&#238;tre les traces - t&#233;nues mais non d&#233;chiffrables - de l'&#233;criture &#8220;pr&#233;alable&#8221; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Jorge Luis Borges, &lt;i&gt;Fictions&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;center&gt;&lt;iframe width=&#034;660&#034; height=&#034;415&#034; src=&#034;https://www.youtube.com/embed/8FLCqozCzqs&#034; title=&#034;&#034; frameborder=&#034;0&#034; allow=&#034;accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share&#034; referrerpolicy=&#034;strict-origin-when-cross-origin&#034; allowfullscreen&gt;&lt;/iframe&gt;&lt;/center&gt;
&lt;p&gt;En sortant parmi les derniers visiteurs du Jeu de Paume o&#249; je viens de visiter l'exposition &lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;https://jeudepaume.org/evenement/exposition-le-monde-selon-ia/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Le monde selon l'IA&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;, alors que le mus&#233;e est en train de fermer ses portes, je d&#233;ambule dans les all&#233;es du jardin des Tuileries, sans id&#233;e pr&#233;cise du lieu o&#249; je veux me rendre. Avec cette question qui m'ent&#234;te en repensant &#224; toutes les &#339;uvres que j'ai vue dans l'exposition : &#171; Que devient l'humain dans un monde de plus en plus fa&#231;onn&#233;, vu et racont&#233; par des machines ? &#187; Cette promenade ressemble plut&#244;t &#224; une forme d'errance, je me laisse porter par le vent qui souffle en ce soir d'orage. Les personnes autour de moi paraissent irr&#233;elles, silhouettes dont j'observe les mouvements d&#233;sordonn&#233;s sans en comprendre ni le sens ni la logique, en admirant leur seule chor&#233;graphie abstraite. Le vent souffle fort par intermittence, soul&#232;ve le sable clair du jardin en vagues r&#233;p&#233;t&#233;es. Le bruit retentissant des avions de la Patrouille de France enveloppe soudain tout le paysage. Leur panache color&#233; demeure un instant dans le ciel apr&#232;s leur bref passage, sans que j'aie eu le temps de les filmer. Comme si ce geste bienvenu de sortir ma cam&#233;ra, baisser les yeux pour l'allumer, m'avait interdit de les voir, d'en enregistrer l'image. Il ne me reste que cette trace tricolore qui s'estompe d&#233;j&#224;. Un nuage de bruit et de couleur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous l'avions programm&#233; depuis longtemps, dans la continuit&#233; de nos rencontres informelles, entre amis, participant au groupe litt&#233;ratube, apr&#232;s les rencontres &lt;i&gt;Youtube et litt&#233;rature&lt;/i&gt; d'&#201;vry, puis les ateliers &#233;criture &amp; vid&#233;o organis&#233;s par les biblioth&#232;ques du 10&#7497; arrondissement &#224; Paris. Nous avions imagin&#233; nous retrouver ensemble en mai pour passer un week-end &#224; Fontainebleau. Malgr&#233; quelques d&#233;sistements, &#224; cause de la gr&#232;ve &#224; la SNCF ou des emplois du temps trop charg&#233;s (je pense &#224; Mil&#232;ne, &#224; Marine, &#224; Juliette, &#224; Patrick), avec Caroline et Gracia, nous avons &#233;t&#233; accueillis chez un parent de Gwen &#224; Fontainebleau. Nous nous sommes beaucoup balad&#233;s, en for&#234;t, sur les bords de Seine. Nous avons surtout beaucoup discut&#233;, et jou&#233; et ri ensemble. Et puis nous avons film&#233; aussi bien entendu, nous &#233;tions l&#224; pour cela, sans parvenir &#224; r&#233;aliser, comme imagin&#233; quelques mois plus t&#244;t en amont de ce rendez-vous, une &#339;uvre commune. Mais nos liens se sont encore renforc&#233;s dans ces &#233;changes, ces moments partag&#233;s. Et c'est cette complicit&#233; qui &#233;tait &#224; l'&#339;uvre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sur les bords de Seine &#224; Bois-le-Roi, nous empruntons un chemin de halage. Une fois l'&#233;cluse pass&#233;e, le chemin se resserre vers le fleuve, serpentant &#224; travers les sous-bois, laissant appara&#238;tre par les fen&#234;tres naturelles de trou&#233;es dans les arbres, de belles demeures sur la rive oppos&#233;e. On entend de loin, le cri d'enfants qui jouent dans les immenses jardins, qui se baignent pour la premi&#232;re fois de la saison dans l'eau fraiche. Et les bateaux qui remontent la Seine. Nous avan&#231;ons d'un bon pas, sous un soleil implacable. Le sous-bois se densifie, nous poursuivons sur plusieurs kilom&#232;tres &#224; travers une &#233;paisse futaie qui nous enveloppe, nous emp&#234;chant de voir ce qui nous entoure, sentant juste la pr&#233;sence de l'eau &#224; nos c&#244;t&#233;s, son clapotis en m&#233;tronome r&#233;gulier, rassurant comme un coeur qui bat. C'est une travers&#233;e labyrinthique, un parcours initiatique. &#192; l'autre bout, je me sens transform&#233;, lib&#233;r&#233;. Nous avons franchi, chacun &#224; notre mani&#232;re, une fronti&#232;re secr&#232;te. Nous nous mettons &#224; parler fort, enjou&#233;s, &#224; chanter &#224; tue-t&#234;te sur le quai de la gare, dans l'attente d'un train qui nous ram&#232;nera &#224; Melun pour rejoindre Fontainebleau. Et dans le train, les paroles de &lt;i&gt;La nuit je mens&lt;/i&gt; de Bashung et Fauque envahissent le compartiment : &#171; J'ai dans les bottes des montagnes de questions&#8230; O&#249; subsiste encore ton &#233;cho&#8230; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le cimeti&#232;re de Montmartre est un des rares cimeti&#232;res parisiens dans lesquels je ne viens pas r&#233;guli&#232;rement, je ne sais pas pourquoi. Ce dimanche, Anne Savelli, Joachim S&#233;n&#233; et Pierre Cohen-Hadria proposaient une bulle d'aiR, une d&#233;ambulation litt&#233;raire &#224; la d&#233;couverte de l'&#339;uvre prot&#233;iforme de Maryse Hache, dans le cadre du &lt;i&gt;Printemps des cimeti&#232;res&lt;/i&gt;. Croisement de la lecture d'extraits d'auteurs (&#201;mile Zola, Octave Mirbeau, Th&#233;ophile Gautier, Julien Gracq) avec la parole d'une clown (Annie Fratellini), de danseurs (Nijinski, la Goulue), de musiciens (Hector Berlioz, Daniel Darc), d'un acteur (Fr&#233;d&#233;rick Lema&#238;tre) et d'un documentariste (Fran&#231;ois Christophe). Et le souvenir des mots de Maryse qui surgissent soudain : &#171; splendeur &#233;mouvante de se sentir appel&#233;e / &#231;a chante pinsons et merles &#231;a s'agite abeilles et papillons &#231;a pique en bouquet d'ortie / &#224; moi la vivance de la langue &#224; moi les grandes b&#234;tes venez &#224; la visite &#231;a crie dedans avec livr&#233;es sauvages &#231;a cavale muscles et foul&#233;es dans les hautes herbes. &#187;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Mus&#233;e Marilyn, d'Anne Savelli</title>
		<link>https://www.liminaire.fr/creation/radio-marelle/article/musee-marilyn-d-anne-savelli</link>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Pierre M&#233;nard</dc:creator>


		<dc:subject>Art</dc:subject>
		<dc:subject>Biographie</dc:subject>
		<dc:subject>&#201;criture</dc:subject>
		<dc:subject>Cin&#233;ma</dc:subject>
		<dc:subject>Lecture</dc:subject>
		<dc:subject>Livre</dc:subject>
		<dc:subject>Histoire</dc:subject>
		<dc:subject>Photographie</dc:subject>
		<dc:subject>Musique</dc:subject>
		<dc:subject>Portrait</dc:subject>
		<dc:subject>Voix</dc:subject>
		<dc:subject>R&#233;cit</dc:subject>
		<dc:subject>&#201;tats-Unis</dc:subject>
		<dc:subject>Anne Savelli</dc:subject>
		<dc:subject>En lisant en &#233;crivant</dc:subject>
		<dc:subject>M&#233;moire</dc:subject>
		<dc:subject>Corps</dc:subject>
		<dc:subject>Regard</dc:subject>
		<dc:subject>Visage</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Il y a 60 ans disparaissait Marilyn Monroe, actrice, mannequin et chanteuse am&#233;ricaine, au sommet de sa gloire. De tr&#232;s nombreux livres ont &#233;t&#233; &#233;crits sur la star hollywoodienne, essais et romans, mais aucun ne s'est r&#233;ellement int&#233;ress&#233; &#224; la cr&#233;ation de son image par la photographie. Anne Savelli nous invite &#224; d&#233;couvrir les multiples facettes de Marilyn Monroe que nous croyons tous conna&#238;tre, en nous faisant visiter les salles d'une exposition imaginaire o&#249; chaque s&#233;ance photo pr&#233;sente le (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/art" rel="tag"&gt;Art&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/biographie" rel="tag"&gt;Biographie&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/ecriture" rel="tag"&gt;&#201;criture&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/cinema" rel="tag"&gt;Cin&#233;ma&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/lecture" rel="tag"&gt;Lecture&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/livre" rel="tag"&gt;Livre&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/histoire" rel="tag"&gt;Histoire&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/photographie" rel="tag"&gt;Photographie&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/musique" rel="tag"&gt;Musique&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/portrait" rel="tag"&gt;Portrait&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/voix" rel="tag"&gt;Voix&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/recit" rel="tag"&gt;R&#233;cit&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/etats-unis" rel="tag"&gt;&#201;tats-Unis&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/anne-savelli" rel="tag"&gt;Anne Savelli&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/en-lisant-en-ecrivant" rel="tag"&gt;En lisant en &#233;crivant&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/memoire" rel="tag"&gt;M&#233;moire&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/corps" rel="tag"&gt;Corps&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/regard" rel="tag"&gt;Regard&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/visage" rel="tag"&gt;Visage&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.liminaire.fr/local/cache-vignettes/L150xH84/arton2359-50ffc.png?1753867361' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='84' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_4391 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.liminaire.fr/local/cache-vignettes/L150xH204/muse_e-marilyn-bnf_2_-6a0fb.jpg?1739529845' width='150' height='204' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt; &lt;p&gt;Il y a 60 ans disparaissait Marilyn Monroe, actrice, mannequin et chanteuse am&#233;ricaine, au sommet de sa gloire. De tr&#232;s nombreux livres ont &#233;t&#233; &#233;crits sur la star hollywoodienne, essais et romans, mais aucun ne s'est r&#233;ellement int&#233;ress&#233; &#224; la cr&#233;ation de son image par la photographie. Anne Savelli nous invite &#224; d&#233;couvrir les multiples facettes de Marilyn Monroe que nous croyons tous conna&#238;tre, en nous faisant visiter les salles d'une exposition imaginaire o&#249; chaque s&#233;ance photo pr&#233;sente le travail de l'actrice et de la chanteuse, ainsi que sa relation d&#233;terminante aux photographes qui l'ont &lt;i&gt;prises&lt;/i&gt; en photo, complices ou duplices, parmi lesquels Andr&#233; de Dienes, Eve Arnold, Milton H. Greene, Cecil Beaton, ou Richard Avedon. Pendant toute sa carri&#232;re, Marilyn Monroe n'oubliera jamais l'importance de l'image pour marquer les esprits et rester longtemps dans les m&#233;moires du public. Ce livre passionnant nous montre un visage m&#233;connu d'une Marilyn au-del&#224; des clich&#233;s, saisi dans cette surexposition qui, tout en la rendant c&#233;l&#232;bre, inoubliable, aura &#233;t&#233; &#233;galement &#224; l'origine de sa chute. &#171; S'exposer, on le sait, poss&#232;de deux acceptions : c'est se montrer aux autres, mais aussi se mettre en danger &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;https://inculte.fr/produit/musee-marilyn/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;i&gt;Mus&#233;e Marilyn&lt;/i&gt;, d'Anne Savelli, Inculte, 2022.&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;
&lt;br&gt;
&lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip_document_4393 spip_document spip_documents spip_document_video&#034;&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt;
&lt;div class=&#034;video-intrinsic-wrapper&#034; style='height:0;width:640px;max-width:100%;padding-bottom:56.25%;position:relative;'&gt; &lt;div class=&#034;video-wrapper&#034; style=&#034;position: absolute;top:0;left:0;width:100%;height:100%;&#034;&gt; &lt;video class=&#034;mejs mejs-4393&#034; data-id=&#034;8d7b42e2055c78bedf098187dba0765d&#034; data-mejsoptions='{&#034;iconSprite&#034;: &#034;plugins-dist/medias/lib/mejs/mejs-controls.svg&#034;,&#034;alwaysShowControls&#034;: true,&#034;pluginPath&#034;:&#034;plugins-dist/medias/lib/mejs/&#034;,&#034;loop&#034;:false,&#034;videoWidth&#034;:&#034;100%&#034;,&#034;videoHeight&#034;:&#034;100%&#034;}' width=&#034;100%&#034; height=&#034;100%&#034; poster=&#034;local/cache-vignettes/L640xH360/en_lisant_en_ecrivant_1_-85557.png?1739529845&#034; controls=&#034;controls&#034; preload=&#034;none&#034; &gt; &lt;source type=&#034;video/mp4&#034; src=&#034;IMG/mp4/en_lisant_muse_e_marilyn_anne_savelli.mp4&#034; /&gt; &lt;img src='https://www.liminaire.fr/local/cache-vignettes/L500xH281/en_lisant_en_ecrivant_1_-85557-93a21.png?1753867361' width='500' height='281' alt='Impossible de lire la video' /&gt; &lt;/video&gt; &lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
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&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;br&gt;
&lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;https://anchor.fm/en-lisant/episodes/Muse-Marilyn--dAnne-Savelli-e1m947b&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Extrait du texte &#224; &#233;couter sur Anchor&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt; &lt;br&gt;
&lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_3089 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt;
&lt;a href=&#034;https://anchor.fm/en-lisant/episodes/Muse-Marilyn--dAnne-Savelli-e1m947b&#034; class=&#034;spip_out spip_doc_lien&#034;&gt; &lt;img src='https://www.liminaire.fr/local/cache-vignettes/L35xH35/anchor-52133.png?1739520156' width='35' height='35' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;br&gt;
&lt;br&gt;
&lt;br&gt;
&#171; AU MIROIR&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;i&gt;Sam Shaw, 1954&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une loge ou la salle de bains de l'h&#244;tel ? Les deux se confondent, parfois. Voici qu'appara&#238;t le photographe Sam Shaw, lui aussi ami de Marilyn, lui aussi d'une influence profonde. Au Saint Regis, Milton Greene avait saisi Norma Jeane au r&#233;veil. Sam Shaw entre &#224; son tour, montre miss Monroe au miroir, se peignant les l&#232;vres avant de recevoir la presse. Mise en sc&#232;ne ? Voil&#224; qui est possible car l'un de ses confr&#232;res, George Barris, appara&#238;t &#224; son tour. Ses photos de maquillage au miroir sont quasi identiques. Puis Barris fait d&#233;couvrir une Marilyn bizarrement perch&#233;e, &#224; genoux sur une chaise lors d'une conf&#233;rence de presse, tour &#224; tour rieuse, concentr&#233;e. Shaw est l&#224; lui aussi, parmi les journalistes. Ses images et celles de Barris s'entrem&#234;lent, permutent. &lt;br class='autobr' /&gt;
Cependant, pour l'instant, c'est l'heure de Sam Shaw. R&#233;v&#233;ler une femme au travail, entour&#233;e ou seule, tel est son sujet. La suivre dans des clubs, au th&#233;&#226;tre, devant des journalistes, au restaurant, faisant son m&#233;tier de star (descendre de l'avion, envoyer des baisers) et s'en d&#233;faisant (dans le salon de l'a&#233;roport o&#249; elle b&#226;ille, l&#232;ve les bras au ciel en riant). Devenir son complice. Devenir peut-&#234;tre le premier photographe de plateau c&#233;l&#232;bre, puisqu'il s'agit de documenter le tournage de &lt;i&gt;Sept ans de r&#233;flexion&lt;/i&gt;, engag&#233; par Charles Feldman, le nouvel agent et producteur de Marilyn. Et mieux, bien mieux encore : &#234;tre, sans l'avoir voulu sans doute, &#224; l'origine du mythe final, de l'image ultime. Car C'est Sam Shaw, et non Billy Wilder, qui a eu l'id&#233;e de la robe souffl&#233;e par le vent au-dessus de la bouche de m&#233;tro. Il s'est rappel&#233; les fianc&#233;es de marins photographi&#233;es au Steeplechase, le parc d'attractions de Coney Island, en 1941. La jupe de l'une s'&#233;tait envol&#233;e, avait-il racont&#233; au r&#233;alisateur. &lt;br class='autobr' /&gt;
Mais attendez, nous n'y sommes pas encore. Nous sommes dans une loge, souvenez-vous. Cr&#232;mes, blush rouges, faux cils et vernis, Marilyn se farde. Par la fen&#234;tre, on entend &#224; nouveau le grondement de la foule. C'est qu'ils sont des milliers, d&#233;j&#224;, &#224; s'entasser pendant que les techniciens r&#232;glent la sc&#232;ne. &lt;br&gt;
&lt;br&gt;
Tu les entends, tu sais ce qui t'attend, l'appelles de tes v&#339;ux et pourtant tu te figes. C'est chaque fois par surprise qu'elle arrive. Dans le miroir tu es parfaite, r&#233;invent&#233;e en fonction d'un public qui appr&#233;cie toujours ce que tu as promis. Dehors, il s'amasse par milliers, donc, il r&#234;ve de cette loge dans laquelle tu te pr&#233;pares. Ses cris, ses rengaines, le pr&#233;nom qu'il r&#233;p&#232;te serpentent jusqu'&#224; toi par le jeu des goutti&#232;res. &lt;br class='autobr' /&gt;
Dans quelques secondes, tu le sais, New York va se mesurer &#224; l'intensit&#233; cor&#233;enne. Une fois sortie d'ici tu seras &#224; nouveau combl&#233;e, pleine, camp&#233;e sur des jambes que tu n'auras pas peur de laisser d&#233;tailler par la masse qui t'attire, journalistes, photographes, figurants et cameramen, toute l'&#233;quipe technique, les passants, les futurs spectateurs. Tu ne craindras pas la critique. Personne ne les dira &lt;i&gt;trop courtes&lt;/i&gt; parce que tu l'as d&#233;cid&#233;. Tu feras taire la ville au moment o&#249; elle scandera ton nom. Et ce sera peut-&#234;tre pour la derni&#232;re fois. &lt;br class='autobr' /&gt;
La voil&#224;. C'est &#233;vident : l'enfant abandonn&#233;e se plante devant toi tandis que tu examines la texture de la poudre, v&#233;rifies les reflets des boucles, les cils. Le regard fixe, elle exige un adulte qui prendrait soin de son avenir, qui saurait la guider, lui dirait des choses simples, tu es encore petite, ensuite tu vas grandir, jeune fille, jeune femme, femme, vieille, morte et ce sera normal. L'enfant abandonn&#233; refuse la souplesse, le sourire Marilyn.&lt;br class='autobr' /&gt;
Tu te retournes - ou peut-&#234;tre m&#234;me pas, l'habitude. Constatation : dans la loge, il n'y a plus que toi, comme adulte. Vingt-huit ans et mari&#233;e, te rappellerait Joe. Sam Shaw est parti apr&#232;s sa remarque, tu as lev&#233; un &#339;il, la coiffeuse, la maquilleuse ont compris la consigne, ont ferm&#233; la porte doucement. Tu as demand&#233; &#224; rester seule sans avoir &#224; le dire, c'est un signe de r&#232;gne, n'est-ce pas ? &lt;br class='autobr' /&gt;
Tu te penches. De pr&#232;s, tu es vulgaire, a-t-il d&#233;cr&#233;t&#233;, vraiment trop maquill&#233;e. De plus pr&#232;s encore, tu n'es rien. Juste une femme pr&#234;te &#224; se laisser transformer, quasi d&#233;figurer, pour qu'&#224; l'int&#233;rieur rien n'explose ; pour que les d&#233;bris de l'enfance s'encastrent, recomposent une image, m&#234;me g&#233;om&#233;trique, une bouche sans nez ou le contraire, un Picasso ricanerait-on. Tu es pr&#234;te &#224; tout pour &#233;viter cette d&#233;flagration dont tu connais les sources, contre laquelle tu ne peux rien. &lt;br class='autobr' /&gt;
Tu te regardes. Tu ajoutes rouge et vernis. Sam Shaw s'est tromp&#233; et tu le sais. Marilyn Monroe n'existe pas sans public. Il faut qu'on puisse la voir de loin. &lt;br class='autobr' /&gt;
Quelque chose r&#233;siste. Allons, qu'est-ce qui r&#233;siste, dis-moi ? Tout va se passer simplement. Tu vas quitter cette loge dans une robe destin&#233;e &#224; devenir c&#233;l&#232;bre, la blanche en corolle &#233;chancr&#233;e. Tu porteras peut-&#234;tre deux culottes superpos&#233;es prom&#232;neras des jambes galb&#233;es, lisses (maquill&#233;es ?) le masque de la joie riv&#233; au visage et l'enfant sera contente, elle n'aura aucun p&#232;re &#224; chercher dans la foule, New York tout entier montrera le chemin. Jeunesse, gloire &#233;ternelles, dira la pellicule.&lt;br class='autobr' /&gt;
Quitte le miroir, il est temps.
&lt;br&gt;
&lt;br&gt;
SUR LA GRILLE &lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;i&gt;New York, Lexington Avenue, &lt;/i&gt; &lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;i&gt;15 septembre 1954, une heure du matin &lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il faudrait r&#233;ussir &#224; ne pas r&#233;citer. &lt;br class='autobr' /&gt;
Une Marilyn floue aux jambes rondes, dont la robe comme la chevelure rayonnent, aveuglent, irradient. Une Marilyn &#224; robe tr&#232;s relev&#233;e posant aux c&#244;t&#233;s de Tom Ewell tandis que la grille de m&#233;tro est cern&#233;e de dizaines, de centaines de photographes amateurs ou professionnels, des hommes uniquement, dont le corps en tension s'abat presque sur elle, ne reste riv&#233; au sol que par la pointe de pieds. Une Marilyn en contre-plong&#233;e, de profil, de m&#234;me taille que son partenaire, qui le regarde droit dans les veux tandis que le tissu se d&#233;plie. Une Marilyn en clair-obscur, masqu&#233;e par un spectateur, son dos noir, son chapeau mou. Une poup&#233;e &#224; bourrelet de chair que la robe trop serr&#233;e fait na&#238;tre, disgr&#226;ce qui parfois sera effac&#233;e - avec l'accord du photographe ? Une Marilyn disparue, n&#233;gatifs envol&#233;s d'un reporter casse-cou accroupi sous un projecteur, surpris par un confr&#232;re. Marilyn dont la foule scande le faux pr&#233;nom, livr&#233;e &#224; la conqu&#234;te de l'univers tandis que son mari d&#233;barque, joue des &#233;paules, hurle &#224; l'infamie, ce que personne n'entend. Des Marilyn par milliers comme en Cor&#233;e du Sud : Elliott Erwin, Sam Shaw, Garry Winogrand, George Barrjs, George S. Zimbel, Ed Feingersh, chacun dans la nasse invente sa Marilyn tandis que l'actrice grelotte, que la femm dont le corps est au centre du monde vient, sans le deviner, d la tin de son couple. &lt;br class='autobr' /&gt;
New York, de nuit. Dans sa robe au pliss&#233; soleil, blonde de com&#233;die laisse une soufflerie travaille sa gloire, accro&#238;tre son pouvoir sur le dispositif dans lequel elle est prise, dont elle cherche &#224; se d&#233;gager tandis qu'elle d&#233;ploie sa palette, rit aux &#233;clats, plaque les mains sur ses cuisses. Circulaire, elle donne &#224; chacun l'impression de ne s'adresser qu'&#224; lui, de l'ancrer dans le sol, plaisir, v&#233;rit&#233; premi&#232;re mais aussi stratag&#232;me, message cod&#233; lanc&#233; &#224; la t&#234;te de la Fox signalant, comme un clignotant passe au rouge, une c&#233;l&#233;brit&#233; qui ne cesse de se densifier, de se durcir. La robe dont tous les hommes diront qu'elle ressemble &#224; une fleur, p&#233;tales volatils qui invitent &#224; la danse, &#224; un effeuillage plein vent, &#224; bien y regarder se pr&#233;sente comme une arme de guerre, alterne les fonctions d&#233;fensive-offensive : un bouclier. &lt;br class='autobr' /&gt;
Le fait est connu : il s'agit bien ici, &#224; Manhattan, d'une s&#233;ance photo, non du tournage d'un film. Wilder sait parfaitement que la foule va braire, va bruisser, faire cliqueter ses appareils. Que la rumeur ininterrompue emp&#234;chera toute exploitation de la s&#233;quence. Qu'il es question, en v&#233;rit&#233;, d'images fixes ; d'un coup publicitaire mont&#233; par Sam Shaw, agr&#233;&#233; par la Fox : on d&#233;localise, on tourne en d&#233;cors naturels non par souci de r&#233;alisme, mais pour attirer l'attention. un raz-de-mar&#233;e ? C'est peu dire : embouteillages, quartier bloqu&#233; pour faciliter le travail de la presse bien &#233;videmment pr&#233;venue, ligne de m&#233;tri suspendue, la ville n'en a plus que pour elle, la blonde a la culotte, jusqu'au petit matin. &lt;br class='autobr' /&gt;
Ici, une photo de Sam Shaw montre le machiniste sous la grille. bien s&#251;r, il regarde en l'air et nous ne voyons rien. &lt;br class='autobr' /&gt;
Ici, en rafales, le visage enfoui dans la robe, les jambes solides, le pied d&#233;chauss&#233;, les fesses en appui, la r&#233;p&#233;titrice &#224; l'aff&#251;t. &lt;br class='autobr' /&gt;
Ici, Sam. Ah non, ce n'est pas lui. &lt;br class='autobr' /&gt;
II faudrait savoir dire ce qui se joue. &lt;br class='autobr' /&gt;
Sam Shaw et Marilyn Monroe sont proches depuis des ann&#233;es. Elle, dont chacun conna&#238;t l'image statufi&#233;e par Frank Powolny. Lui, brun &#224; fine moustache aux cheveux boucl&#233;s, fils d'immigr&#233;s russes &#224; l'air doux : un homme qui rayonne, s&#251;rement tr&#232;s aim&#233;, se dit-on quand il pose pr&#232;s d'elle, la serre dans ses bras en s&#339;ur favorite. &lt;br class='autobr' /&gt;
Entre le photographe et le mod&#232;le, l'espace d'un instant on peut imaginer une relation tr&#232;s simple. Il dit les choses, elle les entend. Il veut la photographier au travail, en sueur, concentr&#233;e, fatigu&#233;e peut-&#234;tre. Elle refuse, explique qu'elle se doit au public, qu'un masque la prot&#232;ge. Il n'est pas question de s'en d&#233;barrasser et de faire appara&#238;tre cernes, ridules, expressions de d&#233;go&#251;t. Il comprend. Il &#233;coute. Il persiste tendrement. Bient&#244;t, il donnera d'elle une image nouvelle, qui ne sera pas non plus celle de Milton Greene ou d'Ed Feingersh. &lt;br class='autobr' /&gt;
Sam Shaw r&#233;ussira &#224; prendre Liz Taylor &#233;chevel&#233;e, un &#339;il ferm&#233; un &#339;il ouvert ; la tr&#232;s lisse Lee Remick, aguicheuse dans une rue de New York tandis que trois types se rapprochent ; John Cassavetes, son meilleur ami, immens&#233;ment beau pr&#232;s de sa cam&#233;ra, beaut&#233; de doute, de douleur ; Cassavetes encore, enlac&#233; &#224; Gena Rowlands, chez eux, a tomber ; et Audrey Hepburn toute jeune, joues pleines, accoud&#233;e au zinc entre un vieux &#224; b&#233;ret et un vague baroudeur en cuir. &lt;br class='autobr' /&gt;
Je crois qu'on peut le dire : Sam Shaw, qui a immortalis&#233; Brando dans son tee-shirt blanc et deviendra le producteur d'&lt;i&gt;Une femme sous influence&lt;/i&gt;, est peut-&#234;tre celui qui a le mieux compris Marilyn. Qui n'a &#233;t&#233; ni impressionn&#233; ni m&#233;prisant, a cherch&#233; avec elle de nouveaux points d'ancrage. L'a pr&#233;sent&#233;e &#224; Richard Avedon et a eu l'&#233;l&#233;gance de raconter en quoi cette rencontre a compt&#233; pour elle. &#201;tait l'intime de Joe et, pour ne pas le blesser, n'a publi&#233; qu'une photo du couple, en noir et blanc, o&#249; tous deux le regardent en riant une vraie relation &#224; trois, un portrait de famille en somme. &#187; &lt;br&gt;
&lt;br&gt;
&lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;https://inculte.fr/produit/musee-marilyn/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;i&gt;Mus&#233;e Marilyn&lt;/i&gt;, d'Anne Savelli, Inculte, 2022.&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Vous pouvez suivre le podcast de ces lectures versatiles sur les diff&#233;rents points d'acc&#232;s ci-dessous : &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;https://anchor.fm/s/24d0b3d4/podcast/rss&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;RSS&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt; | &lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;https://podcasts.apple.com/fr/podcast/en-lisant-en-%C3%A9crivant/id1517222611&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Apple Podcast&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt; | &lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;https://www.youtube.com/c/PierreM%C3%A9nard/podcasts&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Youtube&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt; | &lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;https://www.deezer.com/fr/show/1001542221&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Deezer&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt; | &lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;https://open.spotify.com/show/5VkBfdpna4Cg8lkfrP5Crp&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Spotify&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>Des olo&#233;s : Espaces &#233;lastiques o&#249; lire o&#249; &#233;crire</title>
		<link>https://www.liminaire.fr/creation/livre-lecture/article/des-oloes-espaces-elastiques-ou-lire-ou-ecrire</link>
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		<dc:date>2020-05-20T17:00:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Pierre M&#233;nard</dc:creator>


		<dc:subject>&#201;criture</dc:subject>
		<dc:subject>Langage</dc:subject>
		<dc:subject>Ville</dc:subject>
		<dc:subject>Lecture</dc:subject>
		<dc:subject>Quotidien</dc:subject>
		<dc:subject>Livre</dc:subject>
		<dc:subject>Paysage</dc:subject>
		<dc:subject>Anne Savelli</dc:subject>
		<dc:subject>Inventaire</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Ce livre, &#233;dit&#233; dans un premier temps par D-Fiction, con&#231;u tout d'abord comme une liste de textes paraissant chaque mois sur le site M&#233;lico, a &#233;t&#233; &#233;crit entre d&#233;but 2009 et d&#233;but 2011. Il correspond &#224; une p&#233;riode durant laquelle Anne Savelli s'est trouv&#233;e en r&#233;sidence au CentQuatre, &#224; la Bellevilloise (olo&#233; 4) puis &#224; la biblioth&#232;que Robert Desnos de Montreuil (olo&#233; 12). Pendant ces deux ann&#233;es, elle a fini d'&#233;crire un livre intitul&#233; Franck (olo&#233; 3, 5 et 13), lui a cherch&#233; un &#233;diteur, l'a (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.liminaire.fr/creation/livre-lecture/" rel="directory"&gt;Livre &amp; lecture&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/ecriture" rel="tag"&gt;&#201;criture&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/langage" rel="tag"&gt;Langage&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/ville" rel="tag"&gt;Ville&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/lecture" rel="tag"&gt;Lecture&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/quotidien" rel="tag"&gt;Quotidien&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/livre" rel="tag"&gt;Livre&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/paysage" rel="tag"&gt;Paysage&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/anne-savelli" rel="tag"&gt;Anne Savelli&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/inventaire" rel="tag"&gt;Inventaire&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.liminaire.fr/local/cache-vignettes/L150xH84/arton1286-8ff9f.jpg?1753867361' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='84' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_3026 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.liminaire.fr/local/cache-vignettes/L250xH417/oloe_s-83f01.jpg?1739524592' width='250' height='417' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt; &lt;p&gt;Ce livre, &#233;dit&#233; dans un premier temps par &lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;http://d-fiction.fr/editions-d-fiction/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;D-Fiction&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;, con&#231;u tout d'abord comme une liste de textes paraissant &lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;http://melico.org/fr/les_oloe_d_anne_savelli&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;chaque mois sur le site M&#233;lico&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;, a &#233;t&#233; &#233;crit entre d&#233;but 2009 et d&#233;but 2011. Il correspond &#224; une p&#233;riode durant laquelle &lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;http://annesavelli.fr/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Anne Savelli&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt; s'est trouv&#233;e en &lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;http://fr.calameo.com/read/000087828abf71c0f88f9&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;r&#233;sidence au CentQuatre&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;, &#224; la Bellevilloise (olo&#233; 4) puis &#224; la &lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;https://www.bibliotheque-montreuil.fr/pratique/ou-sommes-nous/bibliotheque-robert-desnos/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;biblioth&#232;que Robert Desnos de Montreuil&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt; (olo&#233; 12).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pendant ces deux ann&#233;es, elle a fini d'&#233;crire &lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;http://www.editions-stock.fr/livre/stock-358947-Franck-hachette.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;un livre intitul&#233; Franck&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt; (olo&#233; 3, 5 et 13), lui a cherch&#233; un &#233;diteur, l'a trouv&#233; ; a entrepris ces olo&#233;s, qui de six sont pass&#233;s &#224; neuf, puis &#224; treize ; entam&#233; la r&#233;daction d'autres textes, dont Dita Kepler, personnage qui se m&#233;tamorphose en fonction des lieux par lesquels l'auteur passe (olo&#233; 2, 4 et 12) ; ouvert un site avec photographies pour accompagner la parution de &lt;i&gt;Franck&lt;/i&gt; (olo&#233; 11 et 13) ; particip&#233; &#224; mes &lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;http://www.liminaire.fr/spip.php?article513&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;ateliers d'&#233;criture &#224; Ch&#226;teau-Landon&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt; (olo&#233; 6) ; effectu&#233; des lectures en public (olo&#233; 7) ; &#233;crit pour le web uniquement (mi-temps). Enfin elle a lu, m&#234;me si pas assez &#224; son go&#251;t, sur papier, sur &#233;cran (tous les olo&#233;s).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;O&#249; lire sur une avenue ? Comment r&#233;ussir &#224; &#233;crire quand les radios, leurs flashs, leurs tubes ont envahi les caf&#233;s, les boutiques et le syst&#232;me nerveux, les couloirs, les entr&#233;es, les quais ? O&#249; s'asseoir quand tout nous porte &#224; marcher en pressant le pas, serrer son sac et droit devant rentrer chez soi le plus vite possible ? O&#249; penser ? O&#249; r&#234;ver ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les olo&#233;s, ce seraient ces endroits o&#249; lire o&#249; &#233;crire (le second &lt;i&gt;ou&lt;/i&gt; pouvant se comprendre &#233;galement, c'est au choix, comme un o&#249; sans accent), de ville, de mer, de campagne qui font une br&#232;che, nous y accueillent. L'id&#233;e n'est pas de fuir mais plut&#244;t de creuser. Parfois ils seront d&#233;sign&#233;s avec pr&#233;cision, comme c'est le cas pour la chaise-table du &lt;i&gt;CentQuatre&lt;/i&gt; trouv&#233;e dans un jardin (voir lien) aujourd'hui disparu. Lorsque l'olo&#233; sera priv&#233;, on se r&#233;servera le droit de rester vague. Des lieux o&#249; s'attacher, se concentrer, se laisser distraire ; s'all&#233;ger, se lester, jouer des dimensions.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_3027 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;32&#034; data-legende-lenx=&#034;x&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.liminaire.fr/IMG/jpg/45990410141_1e5614073d_k.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.liminaire.fr/local/cache-vignettes/L500xH281/45990410141_1e5614073d_k-35194.jpg?1753867362' width='500' height='281' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;Marseille, le 21 novembre 2018
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Ces endroits o&#249; lire o&#249; &#233;crire :&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En octobre 2010, dans le cadre d'une r&#233;sidence en ligne sur le &lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;http://www.melico.org/fr/c_est_en_lisant_qu_on_devient_liseron_de_pierre_menard&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;site de M&#233;lico autour de la lecture intitul&#233;e &lt;i&gt;C'est en lisant qu'on devient liseron&lt;/a&gt;&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;, j'ai notamment demand&#233; &#224; Anne Savelli : &lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;http://www.liminaire.fr/spip.php?article1119&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;O&#249; lis-tu le plus souvent ? O&#249; pr&#233;f&#232;res-tu lire ? Dans quel lieu ? Dans quelle position ?&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip_document_840 spip_document spip_documents spip_document_audio spip_documents_left spip_document_left&#034;&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;div class=&#034;audio-wrapper&#034; style='width:400px;max-width:100%;'&gt; &lt;audio class=&#034;mejs mejs-840 &#034; data-id=&#034;3341dea580263d04bc926dbfcea58604&#034; src=&#034;http://www.liminaire.fr/SONS/melico/melico5.mp3&#034; type=&#034;audio/mpeg&#034; preload=&#034;none&#034; data-mejsoptions='{&#034;iconSprite&#034;: &#034;plugins-dist/medias/lib/mejs/mejs-controls.svg&#034;,&#034;alwaysShowControls&#034;: true,&#034;loop&#034;:false,&#034;audioWidth&#034;:&#034;100%&#034;}' controls=&#034;controls&#034; &gt;&lt;/audio&gt; &lt;/div&gt;
&lt;div class=&#034;base64javascript1350849196a27e33a2d39d3.38279417&#034; title=&#034;PHNjcmlwdD4gdmFyIG1lanNwYXRoPSdwbHVnaW5zLWRpc3QvbWVkaWFzL2xpYi9tZWpzL21lZGlhZWxlbWVudC1hbmQtcGxheWVyLm1pbi5qcz8xNzcyNzk1ODQwJyxtZWpzY3NzPSdwbHVnaW5zLWRpc3QvbWVkaWFzL2xpYi9tZWpzL21lZGlhZWxlbWVudHBsYXllci5taW4uY3NzPzE3NzI3OTU4NDAnOwp2YXIgbWVqc2xvYWRlcjsKKGZ1bmN0aW9uKCl7dmFyIGE9bWVqc2xvYWRlcjsidW5kZWZpbmVkIj09dHlwZW9mIGEmJihtZWpzbG9hZGVyPWE9e2dzOm51bGwscGx1Zzp7fSxjc3M6e30saW5pdDpudWxsLGM6MCxjc3Nsb2FkOm51bGx9KTthLmluaXR8fChhLmNzc2xvYWQ9ZnVuY3Rpb24oYyl7aWYoInVuZGVmaW5lZCI9PXR5cGVvZiBhLmNzc1tjXSl7YS5jc3NbY109ITA7dmFyIGI9ZG9jdW1lbnQuY3JlYXRlRWxlbWVudCgibGluayIpO2IuaHJlZj1jO2IucmVsPSJzdHlsZXNoZWV0IjtiLnR5cGU9InRleHQvY3NzIjtkb2N1bWVudC5nZXRFbGVtZW50c0J5VGFnTmFtZSgiaGVhZCIpWzBdLmFwcGVuZENoaWxkKGIpfX0sYS5pbml0PWZ1bmN0aW9uKCl7ITA9PT1hLmdzJiZmdW5jdGlvbihjKXtqUXVlcnkoImF1ZGlvLm1lanMsdmlkZW8ubWVqcyIpLm5vdCgiLmRvbmUsLm1lanNfX3BsYXllciIpLmVhY2goZnVuY3Rpb24oKXtmdW5jdGlvbiBiKCl7dmFyIGU9ITAsaDtmb3IoaCBpbiBkLmNzcylhLmNzc2xvYWQoZC5jc3NbaF0pO2Zvcih2YXIgZiBpbiBkLnBsdWdpbnMpInVuZGVmaW5lZCI9PQp0eXBlb2YgYS5wbHVnW2ZdPyhlPSExLGEucGx1Z1tmXT0hMSxqUXVlcnkuZ2V0U2NyaXB0KGQucGx1Z2luc1tmXSxmdW5jdGlvbigpe2EucGx1Z1tmXT0hMDtiKCl9KSk6MD09YS5wbHVnW2ZdJiYoZT0hMSk7ZSYmalF1ZXJ5KCIjIitjKS5tZWRpYWVsZW1lbnRwbGF5ZXIoalF1ZXJ5LmV4dGVuZChkLm9wdGlvbnMse3N1Y2Nlc3M6ZnVuY3Rpb24oYSxjKXtmdW5jdGlvbiBiKCl7dmFyIGI9alF1ZXJ5KGEpLmNsb3Nlc3QoIi5tZWpzX19pbm5lciIpO2EucGF1c2VkPyhiLmFkZENsYXNzKCJwYXVzaW5nIiksc2V0VGltZW91dChmdW5jdGlvbigpe2IuZmlsdGVyKCIucGF1c2luZyIpLnJlbW92ZUNsYXNzKCJwbGF5aW5nIikucmVtb3ZlQ2xhc3MoInBhdXNpbmciKS5hZGRDbGFzcygicGF1c2VkIil9LDEwMCkpOmIucmVtb3ZlQ2xhc3MoInBhdXNlZCIpLnJlbW92ZUNsYXNzKCJwYXVzaW5nIikuYWRkQ2xhc3MoInBsYXlpbmciKX1iKCk7YS5hZGRFdmVudExpc3RlbmVyKCJwbGF5IixiLCExKTsKYS5hZGRFdmVudExpc3RlbmVyKCJwbGF5aW5nIixiLCExKTthLmFkZEV2ZW50TGlzdGVuZXIoInBhdXNlIixiLCExKTthLmFkZEV2ZW50TGlzdGVuZXIoInBhdXNlZCIsYiwhMSk7Zy5hdHRyKCJhdXRvcGxheSIpJiZhLnBsYXkoKX19KSl9dmFyIGc9alF1ZXJ5KHRoaXMpLmFkZENsYXNzKCJkb25lIiksYzsoYz1nLmF0dHIoImlkIikpfHwoYz0ibWVqcy0iK2cuYXR0cigiZGF0YS1pZCIpKyItIithLmMrKyxnLmF0dHIoImlkIixjKSk7dmFyIGQ9e29wdGlvbnM6e30scGx1Z2luczp7fSxjc3M6W119LGUsaDtmb3IoZSBpbiBkKWlmKGg9Zy5hdHRyKCJkYXRhLW1lanMiK2UpKWRbZV09alF1ZXJ5LnBhcnNlSlNPTihoKTtiKCl9KX0oalF1ZXJ5KX0pO2EuZ3N8fCgidW5kZWZpbmVkIiE9PXR5cGVvZiBtZWpzY3NzJiZhLmNzc2xvYWQobWVqc2NzcyksYS5ncz1qUXVlcnkuZ2V0U2NyaXB0KG1lanNwYXRoLGZ1bmN0aW9uKCl7YS5ncz0hMDthLmluaXQoKTtqUXVlcnkoYS5pbml0KTtvbkFqYXhMb2FkKGEuaW5pdCl9KSl9KSgpOzwvc2NyaXB0Pg==&#034;&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt; &lt;p&gt;&lt;br&gt; &lt;br&gt; &lt;br&gt;
Je lis pas mal dans le m&#233;tro. Je lis beaucoup dans mon lit, et beaucoup sur &#233;cran, beaucoup sur &#233;cran dans mon lit mais c'est quand m&#234;me assez r&#233;cent. D'ailleurs il y a deux trois ans, je me disais mais je ne lis plus, qu'est-ce qui se passe, mais en fait j'ai d&#233;couvert que j'avais l'impression que je ne lisais plus parce que je ne lisais plus que sur &#233;cran, et comme je n'ai pas de liseuse, je lis juste sur un ordinateur, &#224; un moment &#231;a me fait mal aux yeux, donc j'ai tendance &#224; lire des trucs assez courts et du coup j'avais l'impression de sauter d'un truc &#224; l'autre sans vraiment me concentrer, ce qui n'&#233;tait pas forc&#233;ment le cas en plus. En fait j'aime beaucoup l'alternance. J'aime beaucoup me replonger dans un livre qui est un objet clos auquel je vais enti&#232;rement me consacrer, et parall&#232;lement &#224; &#231;a passer, le reste de la journ&#233;e &#224; lire aussi autre chose. Je lis g&#233;n&#233;ralement plusieurs livres &#224; la fois, et &#231;a vient de l'enfance (en g&#233;n&#233;ral j'en lis entre trois et cinq), mais sur les cinq il y en a forc&#233;ment un que je vais commencer et puis continuer trois mois apr&#232;s, ce n'est pas de la lecture continue. C'est rare que j'abandonne un livre. Je suis aussi lectrice de manuscrit et c'est une autre fa&#231;on de lire, mais je consid&#232;re que c'est du travail, c'est vraiment diff&#233;rent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;http://liminaire.fr/livre-lecture/article/c-est-en-lisant-qu-on-devient-liseron-5&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&#201;coutez la pi&#232;ce sonore et l'interview d'Anne Savelli diffus&#233;es en int&#233;gralit&#233; sur ce site.&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_839 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;54&#034; data-legende-lenx=&#034;x&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.liminaire.fr/local/cache-vignettes/L500xH385/img_6563-c1238.jpg?1739524592' width='500' height='385' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;Les anges, Violeta de Dulce Maria Cardoso (Actes Sud
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Extrait : &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Une chaise, un lit, un canap&#233;, une baignoire, une place de m&#233;tro, un banc dans un parc, un muret. Un fauteuil &#224; roulettes, une file d'attente, une branche, une buche, un abri de tramway, une marche d'escalier. Une plage, un kiosque, un socle de statue, un recoin de caf&#233;t&#233;ria. Un bar sans BFM, une borne kilom&#233;trique, une alc&#244;ve, une serre, un divan de mus&#233;e. Un pont. Un toit. Un rocher au soleil. Un compartiment vide, un rebord de fen&#234;tre, un parpaing de parking, un tapis enroul&#233;. Un pouf. Une malle. Un si&#232;ge de WC. Un tas de feuilles sous un arbre, la pelouse des piscines renomm&#233;e solarium, la salle des pas perdus quand elle n'est pas devenue une galerie marchande. Un cube dans une galerie. Le bas des toboggans. Une cabine d'essayage au fond d'un magasin. Un tabouret de cuisine, un rempart, un tr&#233;pied, une dune, une clairi&#232;re, un op&#233;ra ferm&#233;. Un squat. Une salle de sport en gr&#232;ve. Un coussin, une chauffeuse. Une butte, une balan&#231;oire. Un corps nu qu'on aime (ou habill&#233;) (s'y appuyer). Un &#233;dredon. Une m&#233;ridienne.&lt;br class='autobr' /&gt;
Un olo&#233;. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;https://www.publie.net/livre/des-oloes-espaces-elastiques-ou-lire-ou-ecrire-anne-savelli/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;i&gt;Des Olo&#233;s&lt;/i&gt;, Anne Savelli, Publie.net, 2020.&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le livre fait aujourd'hui l'objet d'une &lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;https://www.publie.net/2020/05/20/nouveaute-des-oloes-espaces-elastiques-ou-lire-ou-ecrire-danne-savelli/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;nouvelle parution aux &#233;ditions Publie.net&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans cette nouvelle version, vous trouverez quelques diff&#233;rences, parfois des retraits (j'ai supprim&#233; photos et liens), des ajouts surtout : des notes, des propositions pour ceux qui auraient envie de s'y mettre, d'&#233;crire leurs propres olo&#233;s et un livret final comprenant des textes de &lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;https://www.feuillesderoute.net/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Thierry Beinstingel&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;, &lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;https://www.pendantleweekend.net&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Pierre Cohen-Hadria&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;, &lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;http://virginiegautier.com/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Virginie Gautier&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;, &lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;http://relire.net/semenoir/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Maryse Hache&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;, Olivier Hodasava, &lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;http://christinejeanney.net/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Christine Jeanney&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;, &lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;http://www.liminaire.fr&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Pierre M&#233;nard&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;, &lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;https://motmaquis.net/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Juliette M&#233;zenc&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;, &lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;https://flaneriequotidienne.wordpress.com/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Franck Queyraud&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;, &lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;https://jsene.net/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Joachim S&#233;n&#233;&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt; et &lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;http://luciensuel.blogspot.com/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Lucien Suel&lt;/i&gt;&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le texte que j'ai &#233;crit a &#233;t&#233; diffus&#233; sur ce site, dans le cadre d'une intervention &#224; la &lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;http://www.hear.fr/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Haute &#201;cole des Arts du Rhin&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt; et &#224; la &lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;http://www.mediatheques-cus.fr/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;m&#233;diath&#232;que Malraux de Strasbourg&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt; : &lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;http://liminaire.fr/livre-lecture/article/ou-lire-ou-ecrire-a-faire&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;O&#249; lire... O&#249; &#233;crire... &#224; faire&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt; :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Faire son trou, trouver sa place, l'endroit o&#249; l'on &#233;crit. Prendre le temps de le trouver. Trouver le temps de s'y perdre. Inventer des espaces qui n'existent pas, ou que les autres ne devinent pas, des espaces &#233;lastiques, des lieux in&#233;dits et accueillants, s'y engouffrer pour &#233;crire, pour quelques heures ou plusieurs jours. Parfois l'espace d'un instant seulement. Des postes d'observation, des moments de calme, de replis et d'ouverture en m&#234;me temps.&lt;br class='autobr' /&gt;
Dans le mouvement (les transports en communs (m&#233;tro, train, bus)), la d&#233;ambulation (en ville ou &#224; la campagne).&lt;br class='autobr' /&gt;
Dans le repos (un coin de table &#224; la maison, sur son bureau ou quand tout le monde dort, dans le silence nocturne).&lt;br class='autobr' /&gt;
&#192; l'int&#233;rieur, dans les caf&#233;s (chacun son carnet d'adresses), les biblioth&#232;ques (privil&#232;ge du biblioth&#233;caire qui profite de cet espace quand il est ouvert et vivant, avec le public qui le fr&#233;quente, mais pour lui seul &#233;galement, les jours de fermeture).&lt;br class='autobr' /&gt;
Dehors, dans les parcs, dans la lecture d'un livre, d'un journal, la contemplation d'une image.&lt;br class='autobr' /&gt;
En se r&#233;fugiant dans son site pour &#233;crire, et les sites des autres pour les lire.&lt;br class='autobr' /&gt;
Et dans le sommeil &#233;galement.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; la fin de chaque chapitre est associ&#233; un atelier d'&#233;criture :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Faire le portrait d'un homme ou d'une femme qu'on croise r&#233;guli&#232;rement dans le m&#234;me lieu, &#224; qui on ne parle jamais, dont on ne sait rien d'autre que ce qu'on en devine mais dont l'absence, si elle survenait, nous inqui&#233;terait. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Partir &#224; la d&#233;couverte d'un lieu sans smartphone ni carte routi&#232;re, ni guide touristique. Ne pas attendre qu'il fasse beau, ou autre signe favorable, pour s'y rendre. Ne pas choisir un lieu a priori attirant, porteur de r&#234;veries. Tout en attendre. Ne rien esp&#233;rer. Aller &#224; sa rencontre comme si on tombait amoureux. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Deux versions du livre : &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Vous pouvez commander ce livre directement sur la &lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;https://www.publie.net/livre/des-oloes-espaces-elastiques-ou-lire-ou-ecrire-anne-savelli/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;boutique de Publie.net&lt;/i&gt;&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt; (une mani&#232;re de soutenir la maison d'&#233;dition et ses auteurs) ou en ligne (&lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;https://www.placedeslibraires.fr/livre/9782371775954-des-oloes-espaces-elastiques-ou-lire-ou-ecrire-anne-savelli/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Place des libraires&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;, etc.) &#8212; et bien &#233;videmment chez votre libraire en lui indiquant l'ISBN 978-2-37177-595-4, distribution Hachette Livre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;num&#233;rique : 5,99&#8364;&lt;br class='autobr' /&gt;
papier : 14&#8364;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;https://jsene.net/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Joachim S&#233;n&#233;&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt; propose un site sur lequel il diffuse les &lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;https://relire.net/oloe/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;olo&#233;s du monde&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Portrait sonore de la ville, par Anne Savelli</title>
		<link>https://www.liminaire.fr/chronique/entre-les-lignes/article/portrait-sonore-de-la-ville-par-anne-savelli</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.liminaire.fr/chronique/entre-les-lignes/article/portrait-sonore-de-la-ville-par-anne-savelli</guid>
		<dc:date>2020-01-26T08:30:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Pierre M&#233;nard</dc:creator>


		<dc:subject>Sons</dc:subject>
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		<dc:subject>Art</dc:subject>
		<dc:subject>Biographie</dc:subject>
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		<dc:subject>Paris</dc:subject>
		<dc:subject>Ville</dc:subject>
		<dc:subject>Paysage</dc:subject>
		<dc:subject>Anne Savelli</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Dans le cadre du projet de Constellations sonores lanc&#233; par les biblioth&#232;ques de Paris et r&#233;unissant six d'entre-elles autour des sons de la ville, &#224; l'occasion de leur festival num&#233;rique Numok qui aura lieu du 28 mars au 18 avril 2020, je r&#233;alise pour la Biblioth&#232;que Fran&#231;ois Villon une s&#233;rie de portraits sonores qui seront int&#233;gr&#233;s et diffus&#233;s dans l'application Listeners cr&#233;&#233;e par le musicien Eddie Ladoire et sa soci&#233;t&#233; Unendliche studio. &lt;br class='autobr' /&gt;
La premi&#232;re personnalit&#233; &#224; qui j'ai demand&#233; de (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.liminaire.fr/chronique/entre-les-lignes/" rel="directory"&gt;Entre les lignes&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/sons" rel="tag"&gt;Sons&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/voix" rel="tag"&gt;Voix&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/portrait" rel="tag"&gt;Portrait&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/corps" rel="tag"&gt;Corps&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/enfance" rel="tag"&gt;Enfance&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/sensation" rel="tag"&gt;Sensation&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/societe" rel="tag"&gt;Soci&#233;t&#233;&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/silence" rel="tag"&gt;Silence&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/ecriture" rel="tag"&gt;&#201;criture&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/art" rel="tag"&gt;Art&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/biographie" rel="tag"&gt;Biographie&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/livre" rel="tag"&gt;Livre&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/paris" rel="tag"&gt;Paris&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/ville" rel="tag"&gt;Ville&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/paysage" rel="tag"&gt;Paysage&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/anne-savelli" rel="tag"&gt;Anne Savelli&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.liminaire.fr/local/cache-vignettes/L150xH100/arton2132-76bf7.jpg?1753867362' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='100' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Dans le cadre du projet de &lt;i&gt;Constellations sonores&lt;/i&gt; lanc&#233; par les &lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;https://bibliotheques.paris.fr/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;biblioth&#232;ques de Paris&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt; et r&#233;unissant six d'entre-elles autour des sons de la ville, &#224; l'occasion de leur festival num&#233;rique &lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;https://bibliotheques.paris.fr/numok/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Numok&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt; qui aura lieu du 28 mars au 18 avril 2020, je r&#233;alise pour la &lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;https://www.facebook.com/bibliotheque.francois.villon/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Biblioth&#232;que Fran&#231;ois Villon&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt; une s&#233;rie de portraits sonores qui seront int&#233;gr&#233;s et diffus&#233;s dans &lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;http://unendliche-studio.com/listeners/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;l'application &lt;i&gt;Listeners&lt;/a&gt;&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt; cr&#233;&#233;e par le musicien Eddie Ladoire et sa soci&#233;t&#233; &lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;http://unendliche-studio.com/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Unendliche studio&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La premi&#232;re personnalit&#233; &#224; qui j'ai demand&#233; de nous parler de son rapport aux sons de la ville, est &#233;crivaine, elle habite Paris dans le 19&#232;me, entre les Buttes-Chaumont et le si&#232;ge du Parti Communiste, elle fr&#233;quente r&#233;guli&#232;rement la &lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;https://www.paris.fr/equipements/bibliotheque-francois-villon-1722&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Biblioth&#232;que Fran&#231;ois Villon&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;, c'est une amie, il s'agit d'&lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;http://liminaire.fr/mot/anne-savelli&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Anne Savelli&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;http://annesavelli.fr/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Anne Savelli&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt; est &#233;crivaine. Elle est n&#233;e en 1967 &#224; Paris, o&#249; elle vit et travaille actuellement. Elle est l'auteur de nombreux ouvrages : &lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;http://liminaire.fr/ateliers-d-ecriture/article/anne-savelli-fenetres-open-space&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Fen&#234;tres/Open space&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;, (Le mot et le reste, 2007),&lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;http://liminaire.fr/ateliers-d-ecriture/article/anne-savelli-cowboy-junkies-the-trinity-session&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Cowboy Junkies / The Trinity Session&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt; (Le mot et le reste, 2008), &lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;https://www.editions-stock.fr/livres/la-foret/franck-9782234064515&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Franck&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;, (Collection &lt;i&gt;la For&#234;t&lt;/i&gt;, Stock, 2010), &lt;i&gt;D&#233;cor Lafayette&lt;/i&gt;, (Inculte, 2013), &lt;i&gt;&#206;le ronde &#8211; d&#233;chirure&#8198;/&#8198;temp&#234;te, variation pour Dita Kepler&lt;/i&gt; (&#233;ditions Joca Seria, 2014), &lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;http://liminaire.fr/liminaire/article/laisse-venir-co-ecrit-avec-anne-savelli&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Laisse venir&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;, co-&#233;crit avec Pierre M&#233;nard (La Marelle, 2015), &lt;i&gt;D&#233;cor Daguerre&lt;/i&gt; (&#233;ditions de l'Attente, 2017), &lt;i&gt;&#192; m&#234;me la peau&lt;/i&gt; (Publie.net, 2017), Saint-Germain-en-Laye (&#233;ditions de l'Attente, 2019). Elle fait partie du collectif &lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;http://www.lairnu.net/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;L'air Nu&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Entretien avec Anne Savelli :&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip_document_2896 spip_document spip_documents spip_document_audio spip_documents_left spip_document_left&#034;&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;div class=&#034;audio-wrapper&#034; style='width:400px;max-width:100%;'&gt; &lt;audio class=&#034;mejs mejs-2896 &#034; data-id=&#034;5307c6a9a54b0fd580c86cf9d3ebe191&#034; src=&#034;http://liminaire.fr/SONS/mp3/Anne-Savelli.mp3&#034; type=&#034;audio/mpeg&#034; preload=&#034;none&#034; data-mejsoptions='{&#034;iconSprite&#034;: &#034;plugins-dist/medias/lib/mejs/mejs-controls.svg&#034;,&#034;alwaysShowControls&#034;: true,&#034;loop&#034;:false,&#034;audioWidth&#034;:&#034;100%&#034;}' controls=&#034;controls&#034; &gt;&lt;/audio&gt; &lt;/div&gt;
&lt;div class=&#034;base64javascript1350849196a27e33a2d39d3.38279417&#034; title=&#034;PHNjcmlwdD4gdmFyIG1lanNwYXRoPSdwbHVnaW5zLWRpc3QvbWVkaWFzL2xpYi9tZWpzL21lZGlhZWxlbWVudC1hbmQtcGxheWVyLm1pbi5qcz8xNzcyNzk1ODQwJyxtZWpzY3NzPSdwbHVnaW5zLWRpc3QvbWVkaWFzL2xpYi9tZWpzL21lZGlhZWxlbWVudHBsYXllci5taW4uY3NzPzE3NzI3OTU4NDAnOwp2YXIgbWVqc2xvYWRlcjsKKGZ1bmN0aW9uKCl7dmFyIGE9bWVqc2xvYWRlcjsidW5kZWZpbmVkIj09dHlwZW9mIGEmJihtZWpzbG9hZGVyPWE9e2dzOm51bGwscGx1Zzp7fSxjc3M6e30saW5pdDpudWxsLGM6MCxjc3Nsb2FkOm51bGx9KTthLmluaXR8fChhLmNzc2xvYWQ9ZnVuY3Rpb24oYyl7aWYoInVuZGVmaW5lZCI9PXR5cGVvZiBhLmNzc1tjXSl7YS5jc3NbY109ITA7dmFyIGI9ZG9jdW1lbnQuY3JlYXRlRWxlbWVudCgibGluayIpO2IuaHJlZj1jO2IucmVsPSJzdHlsZXNoZWV0IjtiLnR5cGU9InRleHQvY3NzIjtkb2N1bWVudC5nZXRFbGVtZW50c0J5VGFnTmFtZSgiaGVhZCIpWzBdLmFwcGVuZENoaWxkKGIpfX0sYS5pbml0PWZ1bmN0aW9uKCl7ITA9PT1hLmdzJiZmdW5jdGlvbihjKXtqUXVlcnkoImF1ZGlvLm1lanMsdmlkZW8ubWVqcyIpLm5vdCgiLmRvbmUsLm1lanNfX3BsYXllciIpLmVhY2goZnVuY3Rpb24oKXtmdW5jdGlvbiBiKCl7dmFyIGU9ITAsaDtmb3IoaCBpbiBkLmNzcylhLmNzc2xvYWQoZC5jc3NbaF0pO2Zvcih2YXIgZiBpbiBkLnBsdWdpbnMpInVuZGVmaW5lZCI9PQp0eXBlb2YgYS5wbHVnW2ZdPyhlPSExLGEucGx1Z1tmXT0hMSxqUXVlcnkuZ2V0U2NyaXB0KGQucGx1Z2luc1tmXSxmdW5jdGlvbigpe2EucGx1Z1tmXT0hMDtiKCl9KSk6MD09YS5wbHVnW2ZdJiYoZT0hMSk7ZSYmalF1ZXJ5KCIjIitjKS5tZWRpYWVsZW1lbnRwbGF5ZXIoalF1ZXJ5LmV4dGVuZChkLm9wdGlvbnMse3N1Y2Nlc3M6ZnVuY3Rpb24oYSxjKXtmdW5jdGlvbiBiKCl7dmFyIGI9alF1ZXJ5KGEpLmNsb3Nlc3QoIi5tZWpzX19pbm5lciIpO2EucGF1c2VkPyhiLmFkZENsYXNzKCJwYXVzaW5nIiksc2V0VGltZW91dChmdW5jdGlvbigpe2IuZmlsdGVyKCIucGF1c2luZyIpLnJlbW92ZUNsYXNzKCJwbGF5aW5nIikucmVtb3ZlQ2xhc3MoInBhdXNpbmciKS5hZGRDbGFzcygicGF1c2VkIil9LDEwMCkpOmIucmVtb3ZlQ2xhc3MoInBhdXNlZCIpLnJlbW92ZUNsYXNzKCJwYXVzaW5nIikuYWRkQ2xhc3MoInBsYXlpbmciKX1iKCk7YS5hZGRFdmVudExpc3RlbmVyKCJwbGF5IixiLCExKTsKYS5hZGRFdmVudExpc3RlbmVyKCJwbGF5aW5nIixiLCExKTthLmFkZEV2ZW50TGlzdGVuZXIoInBhdXNlIixiLCExKTthLmFkZEV2ZW50TGlzdGVuZXIoInBhdXNlZCIsYiwhMSk7Zy5hdHRyKCJhdXRvcGxheSIpJiZhLnBsYXkoKX19KSl9dmFyIGc9alF1ZXJ5KHRoaXMpLmFkZENsYXNzKCJkb25lIiksYzsoYz1nLmF0dHIoImlkIikpfHwoYz0ibWVqcy0iK2cuYXR0cigiZGF0YS1pZCIpKyItIithLmMrKyxnLmF0dHIoImlkIixjKSk7dmFyIGQ9e29wdGlvbnM6e30scGx1Z2luczp7fSxjc3M6W119LGUsaDtmb3IoZSBpbiBkKWlmKGg9Zy5hdHRyKCJkYXRhLW1lanMiK2UpKWRbZV09alF1ZXJ5LnBhcnNlSlNPTihoKTtiKCl9KX0oalF1ZXJ5KX0pO2EuZ3N8fCgidW5kZWZpbmVkIiE9PXR5cGVvZiBtZWpzY3NzJiZhLmNzc2xvYWQobWVqc2NzcyksYS5ncz1qUXVlcnkuZ2V0U2NyaXB0KG1lanNwYXRoLGZ1bmN0aW9uKCl7YS5ncz0hMDthLmluaXQoKTtqUXVlcnkoYS5pbml0KTtvbkFqYXhMb2FkKGEuaW5pdCl9KSl9KSgpOzwvc2NyaXB0Pg==&#034;&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;br&gt;
&lt;br&gt; &lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_2895 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.liminaire.fr/IMG/jpg/49403914353_1e8d808f54_k.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.liminaire.fr/local/cache-vignettes/L500xH333/49403914353_1e8d808f54_k-654a3.jpg?1753867362' width='500' height='333' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Lire/&#201;crire sur le Web : Comment les auteurs utilisent le Web pour cr&#233;er ?</title>
		<link>https://www.liminaire.fr/creation/livre-lecture/article/lire-ecrire-sur-le-web-comment-les-auteurs-utilisent-le-web-pour-creer</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.liminaire.fr/creation/livre-lecture/article/lire-ecrire-sur-le-web-comment-les-auteurs-utilisent-le-web-pour-creer</guid>
		<dc:date>2019-12-20T08:30:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Pierre M&#233;nard</dc:creator>


		<dc:subject>&#201;criture</dc:subject>
		<dc:subject>Lecture</dc:subject>
		<dc:subject>Art</dc:subject>
		<dc:subject>Langage</dc:subject>
		<dc:subject>Livre</dc:subject>
		<dc:subject>Po&#233;sie</dc:subject>
		<dc:subject>Num&#233;rique</dc:subject>
		<dc:subject>Biblioth&#232;que</dc:subject>
		<dc:subject>Anne Savelli</dc:subject>
		<dc:subject>Fran&#231;ois Bon</dc:subject>
		<dc:subject>Joachim S&#233;n&#233;</dc:subject>
		<dc:subject>Olivier Hodasava</dc:subject>
		<dc:subject>Philippe De Jonckheere</dc:subject>
		<dc:subject>Pierre M&#233;nard</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;L'enjeu de ce livre, coordonn&#233; par Franck Queyraud autour d'un collectif d'acteurs engag&#233;s, biblioth&#233;caires, auteurs, &#233;diteurs, chercheurs, est d'accompagner les biblioth&#233;caires dans leur r&#233;flexion sur les atouts et les limites des offres actuelles du livre num&#233;rique, de leur permettre de se rep&#233;rer dans ces productions encore m&#233;connues, afin de les valoriser et de les faire conna&#238;tre &#224; leurs publics. &lt;br class='autobr' /&gt;
Comment penser la biblioth&#232;que d'aujourd'hui sans prendre en consid&#233;ration les formes les (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.liminaire.fr/creation/livre-lecture/" rel="directory"&gt;Livre &amp; lecture&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/ecriture" rel="tag"&gt;&#201;criture&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/lecture" rel="tag"&gt;Lecture&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/art" rel="tag"&gt;Art&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/langage" rel="tag"&gt;Langage&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/livre" rel="tag"&gt;Livre&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/poesie" rel="tag"&gt;Po&#233;sie&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/numerique" rel="tag"&gt;Num&#233;rique&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/bibliotheque" rel="tag"&gt;Biblioth&#232;que&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/anne-savelli" rel="tag"&gt;Anne Savelli&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/francois-bon" rel="tag"&gt;Fran&#231;ois Bon&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/joachim-sene" rel="tag"&gt;Joachim S&#233;n&#233;&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/olivier-hodassava" rel="tag"&gt;Olivier Hodasava&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/philippe-de-jonckheere" rel="tag"&gt;Philippe De Jonckheere&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/pierre-menard" rel="tag"&gt;Pierre M&#233;nard&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.liminaire.fr/local/cache-vignettes/L150xH84/arton2124-3b9d7.jpg?1753867362' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='84' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_2868 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.liminaire.fr/local/cache-vignettes/L250xH375/livrereduit-a5d90.jpg?1739538949' width='250' height='375' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt; &lt;p&gt;L'enjeu de ce livre, coordonn&#233; par &lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;https://flaneriequotidienne.wordpress.com/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Franck Queyraud&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt; autour d'un collectif d'acteurs engag&#233;s, biblioth&#233;caires, auteurs, &#233;diteurs, chercheurs, est d'accompagner les biblioth&#233;caires dans leur r&#233;flexion sur les atouts et les limites des offres actuelles du livre num&#233;rique, de leur permettre de se rep&#233;rer dans ces productions encore m&#233;connues, afin de les valoriser et de les faire conna&#238;tre &#224; leurs publics.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Comment penser la biblioth&#232;que d'aujourd'hui sans prendre en consid&#233;ration les formes les plus exp&#233;rimentales de la cr&#233;ation litt&#233;raire ?&lt;br class='autobr' /&gt;
Quelles sont les nouvelles formes de publication et de diffusion des litt&#233;ratures num&#233;riques ? Qui sont les &#233;crivaines et les &#233;crivains &#224; l'&#339;uvre ? Comment d&#233;velopper une politique documentaire entre offre de romans num&#233;ris&#233;s (homoth&#233;tiques) et exploration de textes exclusivement num&#233;riques ? Quelles m&#233;diations adapt&#233;es (co-)construire ?&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il s'agit notamment de montrer comment on lit, &#233;crit et &#233;dite avec les moyens informatiques &#224; notre disposition depuis une cinquantaine d'ann&#233;es, mais &#233;galement d'indiquer ce que changent ces outils au quotidien dans le travail d'un auteur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;https://www.numipage.com/connaitre-et-valoriser-la-creation-litteraire-numerique-en-bibliotheque-discussion-avec-franck-queyraud/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Franck Queyraud &#233;voque l'ouvrage sur Numipage&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le livre est accompagn&#233; d'une &lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;https://padlet.com/lirecrirenumerique/lire_ecrire_web&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Cartographie de ressources en ligne&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;, en acc&#232;s libre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Une s&#233;lection de coups de c&#339;ur de litt&#233;ratures num&#233;riques &#233;table par les contributeurs du livre :&lt;/strong&gt;
&lt;br&gt;
&lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;center&gt; &lt;iframe style=&#034;width: 640px; height: 480px;&#034; scrolling=&#034;no&#034; align=&#034;middle&#034; frameborder=&#034;0&#034; src=&#034;https://www.flickr.com/photos/liminaire/sets/72157712276412088/player&#034;&gt; &lt;/iframe&gt; &lt;/center&gt; &lt;p&gt;&lt;br&gt;
&lt;br&gt; Je diffuse en ligne l'article que j'ai &#233;crit pour cet ouvrage collectif :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Lire/&#201;crire sur le Web : Comment les auteurs utilisent le Web pour cr&#233;er ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les auteurs que nous &#233;voquerons dans cet article ne sont pas les plus connus du grand public, mais ceux dont la cr&#233;ation en ligne est la part centrale du travail, ceux pour qui lire/&#233;crire a partie li&#233;e, une lecture comme une &#233;criture d&#233;termin&#233;es par le format et le support de production et de diffusion : l'ordinateur portable, la tablette, et de plus en plus souvent le smartphone.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Les lieux d'&#233;criture&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans son texte &lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;http://www.annesavelli.fr/livres/article/des-oloe-espaces-elastiques-ou-lire-ou-ecrire&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&#171; Olo&#233; : des espaces &#233;lastiques o&#249; lire o&#249; &#233;crire &#187;&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;, Anne Savelli d&#233;crit ces endroits o&#249; lire o&#249; &#233;crire, de ville, de mer, de campagne qui font une br&#232;che, nous y accueillent. Le site de l'auteur est selon moi un de ces espaces &#233;lastiques d&#233;crit par &lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;http://www.annesavelli.fr&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Anne Savelli&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt; o&#249; fa&#231;ons de lire et mani&#232;res d'&#233;crire sont expos&#233;es, diffus&#233;es, lisibles par tout le monde, et plus seulement pour l'auteur seul. La pratique d'&#233;criture s'ouvre ainsi aux autres : aux lecteurs comme aux autres auteurs, aux commentaires comme aux partages.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le terme d'atelier qu'on &#233;voque parfois pour d&#233;finir le blog est un peu r&#233;ducteur &#224; l'artisanat de l'autopublication et &#224; l'amateurisme qu'on y associe immanquablement compris de mani&#232;re p&#233;jorative. L'olo&#233;, tel que le con&#231;oit Anne Savelli, est plus ouvert, hybride, comme aujourd'hui l'&#233;criture sur le Web.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&#233;crivain utilise le Web comme outil d'&#233;criture, d'exp&#233;rimentation et d'archivage tout autant que comme support de diffusion. Mais m&#234;me si l'on a coutume de parler de publication, pour beaucoup d'entre eux cette publication en ligne ne peut &#234;tre compar&#233;e &#224; une publication par un &#233;diteur. Le statut du texte est donc clairement en cause et la notion d'auteur remise en question. Les interactions, les collaborations et les ph&#233;nom&#232;nes r&#233;ticulaires qu'autorisent les outils du Web participatif appel&#233; commun&#233;ment le Web 2.0 incitent &#233;galement de plus en plus de personnes &#224; &#233;crire et &#224; lire en r&#233;seau.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Usages et caract&#233;ristiques du web pour l'&#233;crivain &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le Web 2.0 a &#233;t&#233; l'occasion d'une large diffusion d'outils faciles d'acc&#232;s et gratuits. Depuis longtemps le texte num&#233;rique assume le fragment, fonctionnant par s&#233;rie et r&#233;currence, il organise sa porosit&#233; aux autres formes d'expression en accueillant l'image, le son. Il fait place au lecteur, revendique le collectif. La hi&#233;rarchie entre &#233;criture et lecture s'y trouve boulevers&#233;e. Le livre devient inscriptible : le lecteur &#233;crit le livre tout en lisant. Il peut p&#233;n&#233;trer au c&#339;ur du texte, interroger ses contenus et cr&#233;er son parcours de lecture au fil de ses recherches. Le site devient un livre mais pour qu'il soit lisible, il faut le structurer et l'&#233;ditorialiser, afin de permettre au lecteur une lecture hybride et d&#233;brid&#233;e. Le site est un processus (dans son mouvement propre). Le livre est un monde clos, ferm&#233; sur lui-m&#234;me. Le site est infini, ouvert.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais depuis l'apparition des r&#233;seaux sociaux et de leur d&#233;veloppement massif au milieu des ann&#233;es 2000, l'&#233;clatement des lieux d'&#233;criture s'est intensifi&#233;. L'&#233;crivain multiplie les productions hors du livre (performances, lectures publiques, interventions sur le territoire, travaux sonores ou visuels). C'est le &#171; sacre de l'hybride &#187; dont parle Milad Doueihi. Comme l'essentiel des individus, de plus en plus d'auteurs utilisent Internet pour leurs recherches.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Ce qui diff&#233;rencie les approches des &#233;crivains du Web est la mani&#232;re avec laquelle ils abordent cette recherche et comment celle-ci int&#232;gre leur travail et en modifie intrins&#232;quement le r&#233;sultat, qu'il soit num&#233;rique ou imprim&#233;.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'exemple d'Olivier Hodasava est &#224; ce titre r&#233;v&#233;lateur. Depuis 2010, l'auteur publie r&#233;guli&#232;rement sur son blog &lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;http://dreamlands-virtual-tour.blogspot.com/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Dreamlands Virtual Tour&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt; de courtes histoires inspir&#233;es de captures d'&#233;cran captur&#233;es aux &#201;tats-Unis, en Europe, en Asie, en Afrique, sur le service de navigation virtuelle &lt;i&gt;Google Street View&lt;/i&gt;. En utilisant cette cartographie en ligne, Olivier Hodasava compose de brefs r&#233;cits &#224; partir des photographies et des impressions que lui laissent ses visites virtuelles. En 2014, il a publi&#233; &lt;i&gt;&#201;clats d'Am&#233;rique : chroniques d'un voyage virtuel&lt;/i&gt;. Il y reprend le dispositif d&#233;velopp&#233; depuis plusieurs ann&#233;es sur son blog, en &#233;crivant un autre r&#233;cit de voyage imaginaire &#224; travers les cinquante &#233;tats d'Am&#233;rique, sans avoir recours cette fois-ci aux images collect&#233;es sur le Web.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;https://www.tierslivre.net/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Fran&#231;ois Bon&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt; et &lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;https://www.scriptopolis.fr/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;J&#233;r&#244;me Denis&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt; sont &#224; l'initiative du projet des &lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;https://www.facebook.com/groups/104893605886/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Vases Communicants&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;, dont je suis fier d'avoir trouv&#233; le titre. Plus de 750 membres sur la page d&#233;di&#233;e sur Facebook. Le principe, c'est ne pas &#233;crire pour, mais chez l'autre. &#192; charge &#224; chacun de pr&#233;parer les rencontres, les &#233;changes, les invitations. Circulation horizontale pour produire des liens autrement. L'&#233;change &#233;tait fix&#233; le premier vendredi de chaque mois. Le rendez-vous des vases communicants, une m&#233;diation autour de ces &#233;changes litt&#233;raires a longtemps &#233;t&#233; tenu par &lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;https://brigetoun.blogspot.com/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Brigitte C&#233;l&#233;rier&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;, &#224; l'origine de ce partage indispensable. L'exp&#233;rience a commenc&#233; en 2009 mais m&#234;me si elle n'est plus tr&#232;s active depuis 2017, elle reste un jalon important de ce travail en commun des auteurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Existe-t-il une litt&#233;rature dans les r&#233;seaux sociaux ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La litt&#233;rature peut-elle na&#238;tre de ce qui semble lui &#234;tre totalement &#233;tranger : l'imm&#233;diatet&#233;, le manque de recul, la familiarit&#233;, l'abr&#233;g&#233; ? &lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;https://www.facebook.com/sylvie.gracia&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Sylvie Gracia&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt; en apporte la preuve en constituant un v&#233;ritable journal en photo-textes sur Facebook, se lan&#231;ant ainsi dans un projet litt&#233;raire unique qui bouleverse la pratique traditionnelle de l'&#233;criture autant que sa r&#233;ception.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Avec Facebook&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;https://www.facebook.com/andre.markowicz&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Andr&#233; Markowicz&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt; choisit Facebook dans un premier temps pour publier ses articles avant qu'ils soient ensuite publi&#233;s aux &#233;ditions Inculte. &#171; Parce que c'est seulement avec Facebook que je me suis senti capable de parler &#8212; de parler, et donc d'&#233;crire, puisque je n'arrive toujours pas &#224; faire la diff&#233;rence entre un texte parl&#233; &#8212; racont&#233; &#8212; et un texte &#233;crit. Il y avait l&#224;, d'une fa&#231;on ou d'une autre, un essai de forme nouvelle. Je n'avais &#233;videmment pas cherch&#233; &#224; en cr&#233;er une, &#8212; &#231;a s'&#233;tait juste trouv&#233; comme &#231;a. &#187; Ses articles, dont le d&#233;but seulement para&#238;t sous forme de statut Facebook, nous incitent &#224; Lire la suite&#8230; Il faut pour cela ouvrir une nouvelle page avant de pouvoir lire le texte dans son int&#233;gralit&#233;. Les deux premiers volumes ont &#233;t&#233; publi&#233;s sous le titre Partages, mais le troisi&#232;me ne verra pas le jour par manque de succ&#232;s, ce qui pose la question de la permanence d'un projet &#233;ditorial et de la pertinence de certains mode de diffusions en fonction.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Avec Twitter&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; L'&#233;criture par Twitter, &#233;crit &lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;http://www.thalim.cnrs.fr/auteur/alexandre-gefen&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Alexandre Gefen&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;, rel&#232;ve d'un d&#233;tournement d'une technologie au profit d'un d&#233;sir d'&#233;criture : celui de produire une th&#233;orie d'&#233;tats d'&#226;me, une m&#233;t&#233;orologie de l'humeur du lieu, un flux atomistique d'autant plus transitoire qu'il accepte de dissoudre sa propre voix dans le bruit immense de la pr&#233;sence textuelle num&#233;rique d'autrui. Cette discontinuit&#233;, qui interdit de constituer le texte en une nappe unifi&#233;e dont la lecture serait pr&#233;visible et ma&#238;trisable, produit des fragments qui s'exposent et se d&#233;tachent po&#233;tiquement de la temporalit&#233; &#233;nonciative globale, de la timeline sociale pour acqu&#233;rir une port&#233;e expressive. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La pratique du microblogging litt&#233;raire sur les r&#233;seaux sociaux, et notamment l'invention de la twitt&#233;rature, montrent une forme de d&#233;tournement d'un dispositif d'&#233;criture par statuts d'abord imagin&#233; pour partager des informations et entretenir des relations sociales. Le r&#233;seau fonctionne &#224; la fois comme contrainte, puisque la publication est restreinte &#224; 280 caract&#232;res, et comme plateforme de diffusion. Les genres litt&#233;raires produits varient, m&#234;me si la limite de caract&#232;res favorise la po&#233;sie et les textes courts.&lt;br class='autobr' /&gt;
Certains auteurs se passionnent pour la litt&#233;rature &#233;crite sur smartphones sous forme de courts messages. Les exemples sont nombreux : En 2010, Jean-Yves Fr&#233;chette et Jean-Michel Le Blanc cr&#233;ent l'Institut de Twitt&#233;rature compar&#233;. Lucien Suel publie sur Twitter ses po&#232;mes express et plus r&#233;cemment une s&#233;rie avec le mot cl&#233; #4versde12mots o&#249; il associe texte et photo comme pour le texte &#233;crit avec sa femme Josiane Suel, &lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;https://www.publie.net/livre/la-poussiere/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;La poussi&#232;re&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;. Entam&#233; en 2010, &lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;https://bbordeleau.wordpress.com/derives-2/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;La d&#233;rive&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt; est un chantier litt&#233;raire collectif de Montr&#233;al auquel participent Victoria Welby, Myriam Marcil-Bergeron, Benoit Bordeleau, Alice van der Klei et un nombre ind&#233;fini d'autres collaboratrices et collaborateurs. Entre d&#233;cembre 2008 et avril 2010, &lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;https://tcrouzet.com/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Thierry Crouzet&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt; &#233;crit le roman &lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;https://tcrouzet.com/tag/croisade/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Croisade&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;, un texte compos&#233; de 5200 tweets. En 2012 enfin, Dominique Hasselmann &#233;crit &lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;https://www.publie.net/livre/140-tunnels/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;140 tunnels&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt; qui para&#238;t chez Publie.net.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Avec Tumblr&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tumblr propose une forme de microblogging centr&#233;s sur les supports de diffusion : L'image, le son, la vid&#233;o et le texte. Les auteurs qui investissent ce r&#233;seau n'ont souvent pas de blog, Tumblr leur permet cr&#233;er un site agglom&#233;rant les sources trouv&#233;es au fil de leur parcours sur Internet, &#233;voquant le plus souvent la forme d'un carnet de travail, d'un cahier des sources d'inspirations, voire d'un pense-b&#234;te. Didier Da Silva, diffuse ainsi avant la sortie de son livre &lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;http://www.arbre-vengeur.fr/?p=1218&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;L'ironie du sort&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;, une &lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;https://albumdelironie.tumblr.com/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;s&#233;rie de diptyque d'images &#233;nigmatiques&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt; qui intriguent le lecteur et repr&#233;sente une introduction &#224; son livre. Eric Pessan tient depuis plusieurs ann&#233;es &lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;https://ericpessan.tumblr.com/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;un blog&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt; o&#249; il diffuse quotidiennement les dessins qu'il r&#233;alise sur son carnet. L'ensemble de ces dessins ont &#233;t&#233; publi&#233;s en 2015.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Avec Instagram&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;https://www.nypl.org/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;La biblioth&#232;que publique de New York&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt; vient de lancer une exp&#233;rience in&#233;dite de livres sur &lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;https://www.instagram.com/nypl/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Instagram&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;. M&#234;me s'il s'agit de livres anciens (Alice au pays des merveilles, notamment) et que l'intention est de toucher les jeunes lecteurs qui seraient &#233;loign&#233;s du livre, l'approche est int&#233;ressante car elle valorise une fonctionnalit&#233; de l'application dont le nom aurait depuis longtemps d&#251; attirer notre attention : &lt;i&gt;stories&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En dehors de cette approche qui gagnerait &#224; &#234;tre investie par les auteurs, en y associant l'image par exemple, comme le font d&#233;j&#224; de nombreux auteurs de bande dessin&#233;e qui y publient leurs r&#233;cits visuels, ce r&#233;seau est plut&#244;t utilis&#233; de mani&#232;re classique, en d&#233;veloppant notamment des s&#233;ries visuelles, c'est le cas de &lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;http://sebastienrongier.net/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;S&#233;bastien Rongier&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt; avec sa s&#233;rie de photographies en noir et blanc &lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;https://www.instagram.com/sebastienrongier/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Les matins&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;, mais aussi l'approche d'Olivier Hodasava qui y accumule un ensemble de photographies trouv&#233;es ou bien encore celle d'Olivier Jacquemond qui accompagne sous une forme de &lt;i&gt;work in progress&lt;/i&gt; l'&#233;criture manuscrite de son &lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;https://www.espacesetsignes.com/produit/50/9791094176436/personne-ne-veut-de-ton-amour&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Livre fant&#244;me&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Avec YouTube&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La litt&#233;rature s'&#233;crit aussi en vid&#233;o sur des cha&#238;nes YouTube. Ce que Gilles Bonnet nomme &lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;https://hal-univ-lyon3.archives-ouvertes.fr/hal-01708517/document&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Litt&#233;raTube&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt; est &#171; un &#233;cosyst&#232;me litt&#233;raire &#233;volutif et in&#233;dit, dans lequel figurent des contenus nativement num&#233;riques et &#171; YouTub&#233;ens &#187;, c'est-&#224;-dire pens&#233;s et cr&#233;&#233;s pour &#234;tre mis &#224; disposition d'un public d'internautes usagers du site, ou des contenus provenant d'autres m&#233;dias (TV, radio, captations) et d&#233;sormais rem&#233;diatis&#233;s sur cette plateforme h&#233;g&#233;monique. &#187; YouTube s'affirme en effet comme un nouvel espace de cr&#233;ation litt&#233;raire, h&#233;ritier par exemple du vid&#233;opo&#232;me ou du cin&#233;tract, au sein de laquelle le vlog, prolongement audiovisuel du blog, occupe une place centrale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Interaction auteur lecteur&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les liens entre auteurs et lecteurs sont devenus versatiles. Il n'y a plus d'un c&#244;t&#233; les auteurs sur leur pi&#233;destal et de l'autre les lecteurs attendant impatiemment la publication de leurs textes. Une forme de r&#233;ciprocit&#233; s'est lentement op&#233;r&#233;e depuis l'apparition du web 2.0. et s'est accentu&#233;e avec l'essor vertigineux des r&#233;seaux sociaux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le succ&#232;s rencontr&#233; par l'encyclop&#233;die collaborative Wikip&#233;dia a ouvert la voie &#224; de nouvelles pratiques de partage de la connaissance et des savoirs. Les modalit&#233;s de rencontres de l'auteur et du public ont tr&#232;s consid&#233;rablement &#233;volu&#233;. Leurs relations et leurs r&#244;les sont devenus interchangeables sur Internet.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;L'auteur a toujours &#233;t&#233; un grand lecteur, mais, et c'est l&#224; que le changement intervient vraiment, le lecteur est d&#233;sormais aussi un auteur. &lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La rencontre directe, en vis-&#224;-vis, &#224; l'occasion de salons, de foires du livre, de signatures en librairie, de lectures publiques ou de conf&#233;rences et m&#234;me lors d'ateliers d'&#233;criture, se d&#233;place d&#233;sormais sur Internet, via le site de l'auteur et ses commentaires quand ils ne sont pas ferm&#233;s, ou par l'interm&#233;diaire des r&#233;seaux sociaux, m&#234;me si ces derniers ont beaucoup vampiris&#233;s les commentaires des internautes qui se sont report&#233;s sur Facebook, au risque de cr&#233;er une d&#233;connexion entre le site, son auteur et son lectorat. &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les d&#233;marches les plus int&#233;ressantes sont celles qui permettent l'association des deux, rencontres physiques et rencontres en ligne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Les ateliers d'&#233;criture en ligne&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La pratique des ateliers d'&#233;criture qui existe depuis tr&#232;s longtemps en biblioth&#232;que, se propose &#233;galement aujourd'hui en ligne. &#192; cet &#233;gard l'exp&#233;rience des &lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;https://www.tierslivre.net/spip/spip.php?rubrique155&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;ateliers d'&#233;criture en ligne de Fran&#231;ois Bon&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt; est tout particuli&#232;rement int&#233;ressante. Pour m&#233;moire &#233;galement, l'exp&#233;rience que j'ai men&#233;e en ligne d&#232;s 2004 sur un wiki (technologie utilis&#233;e par Wikip&#233;dia) sur le site &lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;https://fr.wikipedia.org/wiki/Marelle_(revue_litt%C3%A9raire)&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Marelle : Zone d'Activit&#233; Po&#233;tique&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;, a elle aussi &#233;t&#233; riche d'enseignement. Elle a d'ailleurs &#233;t&#233; publi&#233; en version num&#233;rique en 2010 puis r&#233;&#233;dit&#233;e en version num&#233;rique et imprim&#233;e par Publie.net.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avant m&#234;me la publication de son livre &lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;https://www.tierslivre.net/spip/spip.php?rubrique130&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Tous les mots sont adultes&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;, Fran&#231;ois Bon n'a eu de cesse d'animer des ateliers d'&#233;criture, mais progressivement cette activit&#233; s'est de plus en plus port&#233;e sur le Web comme le reste de ses activit&#233;s et notamment la publication de ses livres, apr&#232;s r&#233;cup&#233;ration de ses droits aupr&#232;s de ses anciens &#233;diteurs. Chaque ann&#233;e, depuis 2013, Fran&#231;ois Bon propose en effet un atelier d'&#233;criture en ligne tr&#232;s suivi. Depuis deux ans l'int&#233;gration de la vid&#233;o et l'accompagnement d'un groupe Facebook d&#233;di&#233; &#224; l'atelier ont d&#233;multipli&#233; l'&#233;change, de m&#234;me que l'&#233;dition de livres associ&#233;s &#224; l'issue de chaque cycle d'atelier. Lors de l'&#233;t&#233; 2018, l'exp&#233;rience men&#233;e sur son site (une fois par jour le premiers mois puis une &#224; deux fois par semaine ensuite) a r&#233;uni plus de 150 participants, auteurs et contributeurs et plus de 3200 contributions sur l'ensemble des 45 ateliers propos&#233;s en ligne par Fran&#231;ois Bon.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Des r&#233;sidences&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La dimension num&#233;rique des r&#233;sidences d'&#233;crivain laisse encore &#224; d&#233;sirer, alors que celle-ci pourrait assurer une plus large diffusion du travail de l'auteur, &#224; son implication sur le territoire en lui permettant de d&#233;passer le seul public du lieu. De tr&#232;s nombreux auteurs ont b&#233;n&#233;fici&#233; du &lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;https://www.iledefrance.fr/programme-de-residences-decrivains&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;dispositif de R&#233;sidence d'&#206;le-de-France&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;. &#192; noter l'indispensable m&#233;diation r&#233;alis&#233;e par l'&#233;quipe de &lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;https://remue.net/idf&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Remue.net&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt; sur le site de la revue en ligne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La r&#233;sidence d'&#233;criture se r&#233;v&#232;le pour tout auteur un moment essentiel dont l'enjeu est double : pouvoir poursuivre en toute qui&#233;tude son travail de cr&#233;ation, et s'inscrire dans un territoire, un lieu d'accueil par diverses interventions (rencontres et lectures publiques, ateliers d'&#233;criture, etc.). Si les modalit&#233;s diff&#232;rent selon les structures (l'auteur ne &#171; r&#233;side &#187; pas forc&#233;ment sur place, mais assure des moments de pr&#233;sence), et si ces dispositifs s'accompagnent de quelques paradoxes, il s'agit toujours d'affirmer la place de l'&#233;crivain dans le contemporain.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En parall&#232;le &#224; leur programme de r&#233;sidence d'&#233;crivain, certains lieux proposent des r&#233;sidences num&#233;riques, en appui de la r&#233;sidence sur place mais parfois &#233;galement uniquement en ligne. C'est notamment le cas du &lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;https://livre.ciclic.fr/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;P&#244;le livre de Ciclic &#8211; agence r&#233;gionale du Livre&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;, de l'Image et de la Culture num&#233;rique, en r&#233;gion Centre-Val de Loire avec son &lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;https://livre.ciclic.fr/lelabo&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Labo de cr&#233;ation&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt; et la mise en ligne des &#339;uvres tr&#232;s vari&#233;es de nombreux auteurs Christian Garcin associ&#233; &#224; Tanguy Viel, Arno Bertina, Frank Smith, Val&#233;rie Mr&#233;jen, Pierre Senges, Nathana&#235;l Gobenceaux, C&#233;cile Portier ou bien encore Camille de Toledo.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;https://www.la-marelle.org/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;La Marelle &#224; Marseille&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt; propose &#233;galement un riche programme de r&#233;sidence o&#249; le num&#233;rique est associ&#233;, notamment avec leur programme de r&#233;sidences et la publication de plusieurs livres num&#233;riques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il faut &#233;galement citer la r&#233;sidence d'auteur organis&#233;e par l'association &lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;http://lespritdulieu.fr/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;l'Esprit du lieu&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt; en bordure du lac de Grand-Lieu qui a accueilli de nombreux auteurs ces derni&#232;res ann&#233;es : Fran&#231;ois Bon, Anne Savelli, H&#233;l&#232;ne Gaudy. La r&#233;sidence de ces derni&#232;res a donn&#233; lieu &#224; l'&#233;criture de deux livres : &lt;i&gt;Grands lieux&lt;/i&gt; d'H&#233;l&#232;ne Gaudy et &lt;i&gt;L'&#206;le ronde&lt;/i&gt; d'Anne Savelli, tous deux parus aux &#233;ditions Joca Seria, dans le prolongement de leur r&#233;sidence.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La r&#233;sidence d'&#233;crivain est bien entendu r&#233;sidence d'&#233;criture (les deux termes sont d'ailleurs utilis&#233;s). Certains &#233;crivains int&#232;grent ce qu'ils vivent lors de la r&#233;sidence &#224; l'&#233;criture de leurs textes. Anne Savelli int&#232;gre par exemple le r&#233;cit de sa r&#233;sidence dans son livre &lt;i&gt;D&#233;cor Daguerre&lt;/i&gt;. Laurent Herrou, dans son livre &lt;i&gt;Je suis un &#233;crivain&lt;/i&gt;, &#233;voque &#233;galement son statut d'auteur et d&#233;crit longuement la solitude des r&#233;sidences d'auteurs. Dans &lt;i&gt;La grande Villa&lt;/i&gt;, Laurence Vilaine qui a &#233;t&#233; deux fois en r&#233;sidence &#224; la Marelle, &#233;voque la disparition de son p&#232;re &#224; travers cette maison de passage devenue famili&#232;re, une mani&#232;re de r&#233;fl&#233;chir &#224; la notion d'&#233;criture sur le chemin du deuil.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Comment l'auteur publie et diffuse ses productions ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Concr&#232;tement, recommande &lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;https://affordance.typepad.com/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Olivier Ertzscheid&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;, il faudrait enseigner la publication et en faire l'axe central de la d&#233;clinaison de l'ensemble des savoirs et des connaissances. Avec la m&#234;me importance et le m&#234;me soin que l'on prend, d&#232;s le cours pr&#233;paratoire, &#224; enseigner la lecture et l'&#233;criture. Enseigner la publication, apprendre &#224; renseigner l'activit&#233; de publication dans son contexte, dans diff&#233;rents environnements. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De nombreux auteurs pensent encore comme &lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;https://www.eric-chevillard.net/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&#201;ric Chevillard&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt; que le livre sera toujours le terme logique de leurs cr&#233;ations en insistant sur l'effet recueil, la lecture continue, qui diff&#232;re de l'effet Web, une lecture de flux. La r&#233;invention du texte pouvant passer par le changement de support. L&#224; o&#249; Internet fonde la contrainte, le recueil fonde le genre, il met en &#233;vidence, hors de la &#171; fosse &#224; bitumes &#187; d&#233;finie par Fran&#231;ois Bon, une puissante logique de liaison, voire d'unification.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les auteurs ne sont plus li&#233;s d&#233;sormais &#224; un seul &#233;diteur. Ils oscillent selon leurs projets litt&#233;raires entre diff&#233;rents &#233;diteurs comme entre num&#233;rique et imprim&#233;. De plus en plus d'auteurs multiplient ces exp&#233;riences &#233;ditoriales, leur travail ne pouvant plus se r&#233;sumer &#224; ce dont parle la presse sp&#233;cialis&#233;e publi&#233;e par des &#233;diteurs traditionnels.&lt;br class='autobr' /&gt;
Lucien Suel pr&#233;sente depuis longtemps son travail sous la forme d'une sorte d'atelier vivant : sa &lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;http://luciensuel.blogspot.com/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Station Underground d'Exp&#233;rimentation Litt&#233;raire&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;. On peut y commander des textes que l'on re&#231;oit sous enveloppe aux formats les plus incongrus. Mais Lucien Suel utilise &#233;galement les r&#233;seaux sociaux et les d&#233;tourne pour &#233;crire certains de ses ouvrages. Il a par ailleurs un &#233;diteur, La Table ronde, qui publie ses textes aux formats plus traditionnels comme ses romans, t&#233;moignages, r&#233;cits, etc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En parall&#232;le de leurs ouvrages publi&#233;s chez des &#233;diteurs (en version imprim&#233;e ou num&#233;rique), certains auteurs diffusent &#233;galement une partie de leurs ouvrages au format du livre d'artiste, en les publiant chez des micro-&#233;diteurs ou en les publiant eux-m&#234;mes. C'est notamment le cas de Martin Page et Coline Pierr&#233; sur leur &lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;https://www.monstrograph.com/#&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;petit laboratoire en d&#233;sordre&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;, de &lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;http://christinejeanney.net/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Christine Jeanney&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;, avec ses collages, ses cartons et livres pauvres, comme &lt;i&gt;les Vers&#233;es&lt;/i&gt; r&#233;alis&#233;s avec &lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;https://www.atelierdebricolage.net/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Philippe Aigrain&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;, ou ses interventions dans la rue sous la forme de tricot-graffiti (yarn bombing). Ces publications marginales sont souvent elles hybrides. La dimension multim&#233;dia (sonore ou vid&#233;o) y est souvent tr&#232;s pr&#233;sente. Comme c'est le cas par exemple pour &lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;https://corinne-lovera-vitali.net/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Corinne Lovera Vitali&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt; (avec les Fernandez sur SoundCloud) qui y propose lecture et musique de ses textes et de ceux de Brautigan, Michaux, Carver. Leur approche est souvent celle de l'artisanat.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&#233;volution r&#233;cente de &lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;http://www.contre-mur.com/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Contre-mur&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;, maison d'&#233;dition de po&#233;sie contemporaine cr&#233;&#233;e en 2009 par Caroline Scherb et Nicolas Tardy , montre bien ce changement des approches. Apr&#232;s avoir publi&#233; des textes sous forme de posters, ainsi qu'un DVD, Contre-mur a d&#233;cid&#233; en 2015 de se consacrer uniquement &#224; l'&#233;dition de livres num&#233;riques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Diversifications des productions&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans cette diversification des productions, certains auteurs (mais ils ont rares) choisissent d'auto-publier eux-m&#234;mes leurs ouvrages, en num&#233;rique et en impression &#224; la demande. C'est le cas de Fran&#231;ois Bon (avec &lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;https://www.tierslivre.net/spip/spip.php?article4014&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Tiers Livre &#233;diteur&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;), de Thierry Crouzet (avec Thaulk), ou de Jules Simon, alias Neil Jomunsi. Ils associent &#224; cette diffusion num&#233;rique sur toutes les plateformes disponibles (aussi bien Apple que Kindle) une diffusion de leurs ouvrages en version imprim&#233;e avec l'impression &#224; la demande (Print On Demand) en utilisant les services d'Amazon (Createspace).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;http://jsene.net/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Joachim S&#233;n&#233;&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt; est un auteur tr&#232;s actif sur Internet, il cr&#233;e des sites pour de nombreux auteurs et publie ses livres dans des maisons d'&#233;ditions privil&#233;giant le num&#233;rique (comme Publie.net ou D-Fiction). Il a mis en place sur son site diff&#233;rents protocoles de d&#233;couvertes de ses textes o&#249; il s'amuse de cette position entre imprim&#233; et num&#233;rique qu'il cherche &#224; interroger tout en proposant ses textes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les textes de la s&#233;rie &lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;http://jsene.net/spip.php?rubrique25&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Nuits&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt; par exemple sont lisibles uniquement la nuit, le site &#233;tant r&#233;gl&#233; pour n'afficher qu'un avertissement priant l'internaute de revenir apr&#232;s le coucher du soleil s'il y acc&#232;de trop t&#244;t dans la journ&#233;e. Ces &lt;i&gt;Nuits&lt;/i&gt; tirent leur unit&#233; du principe d'&#233;criture adopt&#233;e au moins autant que du th&#232;me annonc&#233;, tr&#232;s diversement abord&#233;. Pour prolonger cette r&#233;flexion sur les formes de son texte, Joachim S&#233;n&#233; a mis en place sur son site la commande d'une &lt;i&gt;Nuit &#224; la demande&lt;/i&gt;, &#233;crite &#224; la main pour ceux qui souhaitent les acqu&#233;rir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 2017, &lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;https://www.face-ecran.fr/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Daniel Bourrion&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt; lan&#231;ait de son c&#244;t&#233; ses fant&#244;mes, remat&#233;rialisation de &lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;https://www.face-ecran.fr/fantomes-une-sorte-de-journal&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&#171; sa sorte de journal &#187;.&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Joachim S&#233;n&#233; ajoute un vernis blanc sur les textes de son site qu'il vient juste de publier, ils deviennent lisibles au bout d'une journ&#233;e. L'opacit&#233; du contenu de la page passe ainsi de transparent &#224; normal en fonction du temps, car parfois, selon l'auteur, pour un texte en ligne &#224; publication rapide, il faut du temps, de l'h&#233;sitation. Ce proc&#233;d&#233; technique est une alternative aux versions que propose &lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;http://www.fuirestunepulsion.net/spip.php?page=sommaire&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Guillaume Vissac&lt;/i&gt;&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Reprendre ses outils en main&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le r&#233;seau social est devenu l'un des enjeux du partage et de l'&#233;change sur Internet. Apr&#232;s l'&#232;re du Web 2.0 voici celle de la sociabilisation. Facebook avait ouvert la voie, d&#233;sormais chaque secteur dispose de sa d&#233;clinaison, ses th&#233;matiques et ses modalit&#233;s d'utilisation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le d&#233;veloppement de l'&#233;criture sur Internet, favorise le retour d'une forme d'engagement et de militantisme en litt&#233;rature. Fran&#231;ois Bon invite &#224; &#171; contaminer Internet de l'int&#233;rieur pour ne pas le laisser aux d&#233;molisseurs du monde &#187;. Les auteurs investissent le Web pour en contourner l'usage, la forme contrainte et faire acte de dissidence en r&#233;alisant un formidable d&#233;tournement du prosa&#239;que par le po&#233;tique. Mais il est imp&#233;ratif d'aller plus loin, &#224; l'&#232;re de la surveillance de masse et de la d&#233;sinformation, de sortir de cette prison dor&#233;e des r&#233;seaux sociaux qui rendent illisibles et marginales les d&#233;marches originales, ayant accapar&#233; toute l'attention du public. Leurs algorithmes et leurs r&#232;gles d'utilisation tr&#232;s ferm&#233;es rendent en effet difficile voire impossible une utilisation originale et libre des contenus.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;La litt&#233;rature dispara&#238;t peu &#224; peu dans la masse des publications et dans la nasse des r&#233;seaux. &lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les auteurs doivent passer un palier nouveau, notamment en reprenant leurs outils en main, afin de gagner en ind&#233;pendance et en autonomie, tout en continuant &#224; s'associer en collectifs autour de projets artistiques, de revues, de maisons d'&#233;dition.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les outils num&#233;riques et le r&#233;seau ont lib&#233;r&#233; les auteurs en leur offrant des outils d'&#233;criture innovants, des supports de diffusion et de partage simples d'acc&#232;s et d'utilisation, mais ceux-ci les enferment d&#233;sormais dans des mod&#232;les (&#233;conomiques, structurels, etc.) dont ils sont exclus. Si le blog contenait d&#232;s son lancement un carcan technologique, des mod&#232;les unifiant, dont la structure uniformisait les &#233;crits, comme le regrettait d&#233;j&#224; &#224; l'&#233;poque de leur apparition Philippe De Jonckherre sur son site &lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;https://www.desordre.net/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;D&#233;sordre&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;, les auteurs ont largement profit&#233; de leur simplicit&#233; d'usage et de diffusion, de leur gratuit&#233;, pour s'en lib&#233;rer, mais la libert&#233; qu'ils entrevoyaient alors les enferme d&#233;sormais. Il est temps de se r&#233;approprier les moyens de cr&#233;ation et de diffusion, car les plateformes centralisent les cr&#233;ations des auteurs. Instagram c'est Facebook. Youtube c'est Google.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nos modes de lecture changent, l'&#233;criture &#233;volue avec le Web. Il nous faut articuler lecture et Internet de mani&#232;re neuve. Inventer de nouvelles formes &#233;ditoriales pour faire reculer les fronti&#232;res du livre et de la lecture. Ainsi l'&#339;uvre n'est jamais la m&#234;me lorsqu'elle s'inscrit dans des formes distinctes. &#192; chaque fois, elle porte une signification diff&#233;rente. Il faut exp&#233;rimenter en dehors de l'industrie du livre, exploiter les outils et m&#233;dias du Web en privil&#233;giant ceux du logiciel libre, en militant pour un acc&#232;s &#224; un Internet libre et ouvert et le partage de la culture et des connaissances, pour d&#233;velopper de nouvelles mani&#232;res d'&#233;crire, de raconter des histoires, de repr&#233;senter le monde, ce qui ne peut que d&#233;multiplier ce qui d&#233;finit au fond le livre et la lecture, la part de l'imaginaire, le travail de la langue.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Le paysage en mouvement</title>
		<link>https://www.liminaire.fr/chronique/entre-les-lignes/article/le-paysage-en-mouvement</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.liminaire.fr/chronique/entre-les-lignes/article/le-paysage-en-mouvement</guid>
		<dc:date>2018-03-26T08:46:28Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Pierre M&#233;nard</dc:creator>


		<dc:subject>Regard</dc:subject>
		<dc:subject>&#201;criture</dc:subject>
		<dc:subject>Photographie</dc:subject>
		<dc:subject>Ville</dc:subject>
		<dc:subject>Fen&#234;tre</dc:subject>
		<dc:subject>Quotidien</dc:subject>
		<dc:subject>D&#233;rive</dc:subject>
		<dc:subject>Paysage</dc:subject>
		<dc:subject>Fran&#231;ois Bon</dc:subject>
		<dc:subject>Anne Savelli</dc:subject>
		<dc:subject>Inventaire</dc:subject>
		<dc:subject>Architecture</dc:subject>
		<dc:subject>Atelier</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Sommaire complet de l'atelier d'&#233;criture en ligne : &#233;criture et photographie Textes et photographies des participants &#224; l'atelier (S&#233;ance n&#176;3) Rubrique des ateliers d'&#233;criture en ligne Comment &#233;crire au quotidien : 365 ateliers d'&#233;criture, Publie.net, 2018 &lt;br class='autobr' /&gt;
Approche : &lt;br class='autobr' /&gt;
Dans un trajet quotidien (en train par exemple) noter sur le vif, sur le motif, ce que l'on voit et les r&#233;flexions que ce voyage immobile fait surgir en nous, au rythme de son avanc&#233;e. &lt;br class='autobr' /&gt;
D'abord les textes : &lt;br class='autobr' /&gt;
Paysage fer (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.liminaire.fr/chronique/entre-les-lignes/" rel="directory"&gt;Entre les lignes&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/regard" rel="tag"&gt;Regard&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/ecriture" rel="tag"&gt;&#201;criture&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/photographie" rel="tag"&gt;Photographie&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/ville" rel="tag"&gt;Ville&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/fenetre" rel="tag"&gt;Fen&#234;tre&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/quotidien" rel="tag"&gt;Quotidien&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/derive" rel="tag"&gt;D&#233;rive&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/paysage" rel="tag"&gt;Paysage&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/francois-bon" rel="tag"&gt;Fran&#231;ois Bon&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/anne-savelli" rel="tag"&gt;Anne Savelli&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/inventaire" rel="tag"&gt;Inventaire&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/architecture" rel="tag"&gt;Architecture&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/atelier" rel="tag"&gt;Atelier&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.liminaire.fr/local/cache-vignettes/L150xH84/arton2006-b30f5.jpg?1753867362' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='84' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;ul class=&#034;spip&#034; role=&#034;list&#034;&gt;&lt;li&gt; &lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;http://www.liminaire.fr/spip.php?article1999&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Sommaire complet de l'atelier d'&#233;criture en ligne : &#233;criture et photographie&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;ul class=&#034;spip&#034; role=&#034;list&#034;&gt;&lt;li&gt; &lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;http://www.liminaire.fr/entre-les-lignes/article/le-paysage-et-son-cadre&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Textes et photographies des participants &#224; l'atelier (S&#233;ance n&#176;3)&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;ul class=&#034;spip&#034; role=&#034;list&#034;&gt;&lt;li&gt; &lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;http://liminaire.fr/mot/atelier&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Rubrique des ateliers d'&#233;criture en ligne&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;ul class=&#034;spip&#034; role=&#034;list&#034;&gt;&lt;li&gt; &lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;https://www.publie.net/livre/comment-ecrire-au-quotidien-pierre-menard/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Comment &#233;crire au quotidien : 365 ateliers d'&#233;criture, Publie.net, 2018&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Approche : &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans un trajet quotidien (en train par exemple) noter sur le vif, sur le motif, ce que l'on voit et les r&#233;flexions que ce voyage immobile fait surgir en nous, au rythme de son avanc&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;D'abord les textes : &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;http://liminaire.fr/ateliers-d-ecriture/article/francois-bon-paysage-fer&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Paysage fer&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt; est la description des trajets que chaque jeudi, de septembre 1998 &#224; avril 1999, l'&#233;crivain &lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;http://tierslivre.net/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Fran&#231;ois Bon&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt; et le photographe &lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;https://vimeo.com/schlomoff&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;J&#233;r&#244;me Schlomoff&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt; effectuaient en train, entre Paris et Nancy. &#192; chaque voyage, Fran&#231;ois Bon a capt&#233; la &#171; mati&#232;re fascinante et profuse &#187;, cette r&#233;alit&#233; en chaos, qui appara&#238;t derri&#232;re la vitre du train, l'&#233;criture donnant une forme &#224; ces visions fugitives.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tous les jours, le m&#233;tro parisien &#8212; ainsi que dans toutes les grandes villes du monde &#8212; transporte par milliers, son flot de voyageurs. Parmi eux, sur la ligne 2, en partie a&#233;rienne, une femme note sur son carnet, quotidiennement, des bribes du paysage urbain qui d&#233;file continuellement derri&#232;re les vitres. Ce trajet rythm&#233; par des s&#233;ries de fen&#234;tres d'habitations ou de bureaux lui permet de saisir une part d'humanit&#233; : une femme sur son balcon entre la lessive et une parabole, un homme qui boit son caf&#233; au soleil&#8230; Tout est une question de regard.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une &#233;criture qui dialogue sans cesse, on l'aura devin&#233;, avec une autre tentative d'&#233;puisement c&#233;l&#232;bre autant qu'avec &lt;i&gt;Paysage Fer&lt;/i&gt;, pour ce que le visible sans cesse y reste &#224; construire, &#224; conqu&#233;rir, &#224; arracher &#224; la torpeur, &#224; l'habitude, &#224; l'emportement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Noter chaque matin ce qu'on voit en choisissant une fen&#234;tre, &#233;crit l'auteur. Noter ce que la ville fait surgir, fen&#234;tres aux cadres qui se succ&#232;dent, se chevauchent ou s'embo&#238;tent, paysage o&#249; il faut &#224; toute force aller chercher ce qui bat, ce qui pause, ce qui donne de l'air pour supporter ce que la contrainte r&#233;tr&#233;cit en nous, ce qu'elle &#233;puise&#8230; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le livre de Jane Sauti&#232;re &lt;i&gt;Stations (entre les lignes)&lt;/i&gt; fonctionne comme un diptyque dont les deux parties distinctes ont des ramifications souterraines. Dans la premi&#232;re partie du livre, l'auteur situe les transports au centre de son d&#233;veloppement en suivant le cours de sa vie, nous faisant voyager de lieu en lieu, de gare en gare, de la ville o&#249; elle est n&#233;e, &#224; celle o&#249; elle v&#233;cut avec son mari, un parcours o&#249;, &#224; l'&#233;poque, elle exer&#231;ait le m&#233;tier d'&#233;ducatrice p&#233;nitentiaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;http://liminaire.fr/livres-lecture/article/stations-entre-les-lignes-de-jane-sautiere&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Le livre de Jane Sauti&#232;re &lt;i&gt;Stations (entre les lignes)&lt;/i&gt;&lt;/a&gt; &lt;/strong&gt; fonctionne comme un diptyque dont les deux parties distinctes ont des ramifications souterraines. Dans la premi&#232;re partie du livre, l'auteur situe les transports au centre de son d&#233;veloppement en suivant le cours de sa vie, nous faisant voyager de lieu en lieu, de gare en gare, de la ville o&#249; elle est n&#233;e, &#224; celle o&#249; elle v&#233;cut avec son mari, un parcours o&#249;, &#224; l'&#233;poque, elle exer&#231;ait le m&#233;tier d'&#233;ducatrice p&#233;nitentiaire. Dans la seconde partie, elle nous raconte ce qui a retenu son attention. Elle expose les variations d'une relation ambivalente avec ce lieu commun.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; La crainte d'&#234;tre enferm&#233;e, physiquement enferm&#233;e, me restera finalement toujours comme le risque majeur de mon existence, une m&#233;taphore de la terreur du destin qui est la cl&#244;ture majeure. et cela s'&#233;prouve dans les transports avec une radicalit&#233; qui ne devrait pas m'&#233;tonner car il s'agit bien de cela, une m&#233;taphore, un transfert du sens, un processus de commutation de l'informulable initial. un transport, oui &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_115 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;40&#034; data-legende-lenx=&#034;x&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.liminaire.fr/local/cache-vignettes/L500xH375/28432575629_fdc0977e54_o-95095.jpg?1753867363' width='500' height='375' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;Photographie de Philippe De Jonckheere
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Extraits : &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; La g&#233;ographie en fait on s'en moque, c'est la r&#233;p&#233;tition qui compte, les images qu'on ne saurait pas, &#224; cette &#233;tape-l&#224;, remettre dans l'ordre, &#224; peine si chaque fois qu'on les revoit on en arrive maintenant &#224; se dire : cela d&#233;j&#224; on l'a vu, cela d&#233;j&#224; on le sait, et l'entassement de choses, plastiques et fer, &#233;nigmes blanches sous b&#226;che ou b&#226;timents sans explication affich&#233;e dans les trav&#233;es vides qui les s&#233;parent, dans l'arri&#232;re &#233;troit de ce pavillon contre voie, comme ailleurs cette pure sculpture de deux voitures identiques accol&#233;es par l'arri&#232;re, sans moteurs ni portes, au coin bas du champ ou la hi&#233;ratique maison blanche dans la rue d'en haut, &#224; Toul, habit&#233;e quand m&#234;me. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;http://liminaire.fr/ateliers-d-ecriture/article/francois-bon-paysage-fer&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;i&gt;Paysage fer&lt;/i&gt; , Fran&#231;ois Bon, Verdier, 2000.&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Peu de temps avant la fin de mes trajets, je me suis rendue compte qu'existaient, &#224; droite et &#224; gauche du wagon, un c&#244;t&#233; riche, un c&#244;t&#233; pauvre. C&#244;t&#233; riche : l'h&#244;pital, le cirque, le canal. C&#244;t&#233; pauvre : Tati, mes fen&#234;tres squatt&#233;es, les panneaux A vendre sur des fa&#231;ades d&#233;cr&#233;pies, v&#233;rol&#233;es, les petits bazars de la Goutte d'or. Il y avait beaucoup plus &#224; voir c&#244;t&#233; pauvre, le c&#244;t&#233; riche, trop lisse, glissait le long d'immeubles aux rideaux sages. On dira que c'est un jugement de surface. C'en est un. Les voies ferr&#233;es des deux gares, elles aussi, diff&#232;rent selon le c&#244;t&#233; o&#249; l'on se place. A gauche : voies vides, passe rarement un train de banlieue cocardier, bleu blanc rouge, moche comme les anciens T.G.V. A droite : voici les trains qui partent en province, &#224; l'&#233;tranger. Nouveaux T.G.V. Atlantique, Eurostar, Thalys. Et quelquefois une sorte de Micheline fumeuse, comme dans un tableau de Monet. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&#233;criture d'Anne Savelli dialogue sans cesse avec &lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;http://liminaire.fr/ateliers-d-ecriture/article/francois-bon-paysage-fer&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Paysage Fer&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;, pour ce que le visible sans cesse y reste &#224; construire, &#224; conqu&#233;rir, &#224; arracher &#224; la torpeur, &#224; l'habitude, &#224; l'emportement. &#171; Noter chaque matin ce qu'on voit en choisissant une fen&#234;tre, &#233;crit l'auteur. Noter ce que la ville fait surgir, fen&#234;tres aux cadres qui se succ&#232;dent, se chevauchent ou s'embo&#238;tent, paysage o&#249; il faut &#224; toute force aller chercher ce qui bat, ce qui pause, ce qui donne de l'air pour supporter ce que la contrainte r&#233;tr&#233;cit en nous, ce qu'elle &#233;puise&#8230; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;http://liminaire.fr/ateliers-d-ecriture/article/anne-savelli-fenetres-open-space&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;i&gt;Fen&#234;tres, Open Space&lt;/i&gt; , Anne Savelli, &#201;ditions Le Mot et le reste, 2007.&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Sur le quai du m&#233;tro R&#233;publique, un homme massif, probablement SDF et ivre, s'effondre lourdement au sol. Au retour, une vieille femme crie &#224; s'en arracher le gosier apr&#232;s un vieil homme assis sur un pliant avec, devant lui, deux trois mis&#232;res &#224; vendre. On passe, on passe. Ne pas croire que &#231;a ne fait rien, cette indiff&#233;rence atroce engorge, d&#233;truit, intoxique &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;http://liminaire.fr/livres-lecture/article/stations-entre-les-lignes-de-jane-sautiere&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;i&gt;Stations (entre les lignes)&lt;/i&gt; , de Jane Sauti&#232;re, Verticales, 2015.&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_114 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;186&#034; data-legende-lenx=&#034;xxx&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.liminaire.fr/IMG/jpg/40212125121_efb43c9ab9_o.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.liminaire.fr/local/cache-vignettes/L500xH333/40212125121_efb43c9ab9_o-a9d39.jpg?1753867363' width='500' height='333' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;Bernard Plossu photographie en bus ou en train, &#224; travers la fen&#234;tre ; le moyen de transport est une machine de vision qui se d&#233;place comme une cam&#233;ra sur des rails dans un travelling.
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Proposition d'&#233;criture : &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#233;crire un trajet que l'on fait tous les jours (en train ou en voiture par exemple) et noter sur le vif, sur le motif, ce qu'on voit, saisir les changements significatifs, relev&#233;s autant que r&#233;v&#233;l&#233;s, sur le chemin mais aussi au contact des usagers, au fil des ann&#233;es (un paysage d&#233;filant &#224; travers une vitre, un d&#233;but de conversation ou un geste esquiss&#233;, le sourire d'un enfant), et les r&#233;flexions que ce voyage immobile fait surgir en nous, au rythme de son avanc&#233;e, une forme de journal du regard autant qu'une tentative d'inventaire de l'espace urbain, en proc&#233;dant par r&#233;p&#233;titions, d&#233;clinaisons, diffractions de ce qui se donne &#224; voir et &#224; comprendre, dans la bri&#232;vet&#233; et le mouvement : &#171; Variations de r&#233;cit sur r&#233;el r&#233;p&#233;t&#233; &#224; l'identique, et pousser cela &#224; bout, et rien d'autre m&#234;me au r&#233;cit que ces images pauvres, rue qui s'en va en tournant, encore ces maisons aux angles trop droits, encore un garage et des immeubles. &#187; Une lecture mobile du monde, entre les lignes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Proposition travail photographique : &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;R&#233;aliser une s&#233;rie de photographies sur le th&#232;me du paysage en mouvement. Il Il y a deux mani&#232;res d'appr&#233;hender le mouvement en photographie, soit se battre contre lui (en essayant de figer l'action), soit l'accompagner. Il existe de nombreuses mani&#232;res de donner une impression de mouvement dans vos photos :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La technique du fil&#233; (un bon moyen de v&#233;hiculer l'impression de vitesse et de mouvement dans vos photos), pour cela il faut choisir une vitesse d'obturation assez lente.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La pose longue (pose qu'on a l'habitude d'utiliser de nuit permet d'&#233;tonnants r&#233;sultats dans la lumi&#232;re de la journ&#233;e), en l'associant avec une vitesse d'obturation lente, une ouverture plus petite (f/11 par exemple) et la sensibilit&#233; ISO minimum.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La technique de l'&lt;i&gt;explozoom&lt;/i&gt; permet de donner du mouvement &#224; l'image m&#234;me si tous les sujets sont immobiles. Pour cela il suffit de zoomer ou d&#233;zoomer tout en d&#233;clenchant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour vous aider dans votre approche cr&#233;ative, quelques &#339;uvres sur ce th&#232;me. &lt;br&gt;
&lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;center&gt; &lt;iframe style=&#034;width: 640px; height: 480px;&#034; scrolling=&#034;no&#034; align=&#034;middle&#034; frameborder=&#034;0&#034; src=&#034;https://www.flickr.com/photos/liminaire/sets/72157690370554692/player&#034;&gt; &lt;/iframe&gt; &lt;/center&gt; &lt;p&gt;&lt;br&gt;
&lt;br&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Une ville au loin, par le collectif L'aiR Nu</title>
		<link>https://www.liminaire.fr/creation/livre-lecture/article/une-ville-au-loin-par-le-collectif-l-air-nu</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.liminaire.fr/creation/livre-lecture/article/une-ville-au-loin-par-le-collectif-l-air-nu</guid>
		<dc:date>2016-07-12T09:33:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Pierre M&#233;nard</dc:creator>


		<dc:subject>&#201;criture</dc:subject>
		<dc:subject>Ville</dc:subject>
		<dc:subject>Sons</dc:subject>
		<dc:subject>D&#233;rive</dc:subject>
		<dc:subject>Paysage</dc:subject>
		<dc:subject>Anne Savelli</dc:subject>
		<dc:subject>Biblioth&#232;que</dc:subject>
		<dc:subject>Num&#233;rique</dc:subject>
		<dc:subject>Joachim S&#233;n&#233;</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Il y sept mois, je me faisais l'&#233;cho d'un appel &#224; candidature pour une r&#233;sidence artistique num&#233;rique &#171; O&#249; passent les fronti&#232;res &#187; lanc&#233; par la Communaut&#233; de communes Moret Seine &amp; Loing dans le cadre d'un Contrat de Territoire Lecture en collaboration avec la DRAC &#238;le de France et la M&#233;diath&#232;que d&#233;partementale de Seine-et-Marne. C'est le Collectif L'aiR Nu qui a remport&#233; cet appel et qui a men&#233;, d'octobre 2015 &#224; avril 2016, sa r&#233;sidence sur le territoire de la Communaut&#233; de communes (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.liminaire.fr/creation/livre-lecture/" rel="directory"&gt;Livre &amp; lecture&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/ecriture" rel="tag"&gt;&#201;criture&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/ville" rel="tag"&gt;Ville&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/sons" rel="tag"&gt;Sons&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/derive" rel="tag"&gt;D&#233;rive&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/paysage" rel="tag"&gt;Paysage&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/anne-savelli" rel="tag"&gt;Anne Savelli&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/bibliotheque" rel="tag"&gt;Biblioth&#232;que&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/numerique" rel="tag"&gt;Num&#233;rique&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/joachim-sene" rel="tag"&gt;Joachim S&#233;n&#233;&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.liminaire.fr/local/cache-vignettes/L150xH113/arton1895-f8538.png?1753867363' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='113' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Il y sept mois, je me faisais l'&#233;cho d'&lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;http://liminaire.fr/liminaire/article/appel-a-projet-pour-une-residence&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;un appel &#224; candidature pour une r&#233;sidence artistique num&#233;rique&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt; &#171; O&#249; passent les fronti&#232;res &#187; lanc&#233; par la &lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;http://www.ccmsl.fr/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Communaut&#233; de communes Moret Seine &amp; Loing&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt; dans le cadre d'un &lt;i&gt;Contrat de Territoire Lecture&lt;/i&gt; en collaboration avec la &lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;http://www.culturecommunication.gouv.fr/Regions/Drac-Ile-de-France&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;DRAC &#238;le de France&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt; et la &lt;strong&gt;&lt;a href='https://www.liminaire.fr/M&#233;diath&#232;que d&#233;partementale de Seine et Marne'&gt;M&#233;diath&#232;que d&#233;partementale de Seine-et-Marne&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est le Collectif &lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;http://lairnu.net/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;L'aiR Nu&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt; qui a remport&#233; cet appel et qui a men&#233;, d'octobre 2015 &#224; avril 2016, sa r&#233;sidence sur le territoire de la &lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;http://www.ccmsl.fr/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Communaut&#233; de communes Moret Seine &amp; Loing&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;http://lairnu.net/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;L'aiR Nu&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt; est un collectif compos&#233; de &lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;http://pendantleweekend.net/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Pierre Cohen-Hadria&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt; (auteur, artiste num&#233;rique, sociologue), &lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;http://mathilderoux.fr/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Mathilde Roux&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt; (auteur, artiste plasticienne), &lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;http://fenetresopenspace.blogspot.com/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Anne Savelli&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt; (auteur), &lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;http://jsene.net/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Joachim S&#233;n&#233;&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt; (auteur, designer et ing&#233;nieur informatique).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Depuis la fin de la r&#233;sidence &#224; Moret Seine et Loing, &lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;http://lairnu.net/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;L'aiR Nu&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt; a continu&#233; &#224; travailler afin de diffuser le livre num&#233;rique intitul&#233; &lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;http://lairnu.net/une-ville-au-loin/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Une ville au loin&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;, r&#233;alis&#233; par &lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;http://roxane.chapalpanoz.com/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Roxane Lecomte&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#233;sirs, contraintes et attentes. Quatre parcours, quatre personnages, quatre trajets ou non-trajets entre une ville Paris, et d'autres villes, au loin. &lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;http://lairnu.net/une-ville-au-loin/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Le livre est accompagn&#233; d'un site&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt; sur lequel on retrouvera des &#233;l&#233;ments en rapport avec le texte (notes, ateliers de cr&#233;ation, photographies, lectures, sons, liens...).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;Celle qui travaille&lt;/i&gt;, par Pierre Cohen-Hadria &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Il ne pleut pas, de l'autre c&#244;t&#233; du couloir un type son casque sur les oreilles roupille ou cuve comment savoir, il a &#224; la main un journal torchon gratuit, un peu avachi l&#224;, il a les jambes l&#233;g&#232;rement allong&#233;es, il dort, son bonnet enfonc&#233; presque jusqu'aux yeux, ou alors il cuve&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171; Non mais tu comprends bon des fois la famille c'est chiant quand m&#234;me&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;i&gt;(elle se regarde dans son face-&#224;-main) non mais tu vois j'ai plus de poche enfin tu vois &#231;a va je suis pas trop d&#233;catie non plus hein&#8230;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Elle rit encore, elle regarde le type, fait la moue, d&#233;go&#251;t&#233;e&#8230; Vous n'avez pas le courage de consulter votre portable, quoi qu'il en soit, vous serez arriv&#233;e dans une demi-heure, vous saurez ce qui se passe apr&#232;s avoir &#233;t&#233; cherch&#233; les filles, vous n'&#233;coutez pas, mais elle parle&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171; &#8230; et alors la tic tic tic c'est l&#224; et puis c'est l&#224; &#224; la fin c'est l&#224; tu suis &#224; gauche et tu reprends par l&#224;, et tu vois bon ben le frein est &#224; droite ah oui non c'est vrai le frein est au milieu et l'embrayage &#224; gauche compl&#232;tement mais des fois je suis stupide j'imprime pas&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;tu fais tes mouvements et tu es toujours en pleine forme toi tu conduis bien, hein, mais moi je dois m'entra&#238;ner&#8230; &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Vous &#233;tiez au coll&#232;ge puis au lyc&#233;e ensemble, vous ne vous &#234;tes pas tellement perdues de vue, mais vous n'allez jamais chez elle (elle vit &#224; &#201;cuelles, un autobus l'y emm&#232;ne en presque correspondance avec le train, elle doit attendre une demi-heure, elle attend elle attend, sa formation, son permis de conduire, ses ennuis d'argent)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171; &#8230; je ne sais plus mais tu touches bien le truc voil&#224; et tu vas voir s'il est bien et tout moi j'ai eu le permis mais un moment&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;moi j'ai eu le permis mais j'ai jamais conduit, il faut avoir les moyens pour acheter une voiture d&#233;j&#224; mais tout le reste aussi, moi je peux pas je dois d&#233;j&#224; dix mille euros &#224; la banque tu vois... il faut acheter des choses... &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Personne pour la faire taire, personne, les gens descendent &#224; Melun, puis on passera Bois-le-Roi, vous regarderez votre portable, rien, elle per&#231;oit votre agacement peut-&#234;tre, se tait un moment&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171; &#8230; Non mais parce que quand m&#234;me je suis grave hein l&#224; aussi j'ai perdu du ch&#244;mage alors bon quand t'as rien tu es bien oblig&#233;e d'accepter un peu n'importe quoi&#8230; mais l&#224; je suis bien dans cette formation et donc j'essaye de retravailler parce que il n'y a que &#231;a &#224; faire pour que les choses s'am&#233;liorent tu vois c'est s&#251;r &#231;a que je dois travailler&#8230; &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; nouveau, elle rit un peu, elle sourit, le train s'est arr&#234;t&#233;, c'est Moret, il repart, il est presque trente, comme tous les soirs, il s'arr&#234;te, vous descendez toutes les deux, elle va vers la gare, vous prenez la sortie en bout de quai, bises, au revoir ma ch&#233;rie, vous descendez tenant la rampe rouge, vous arrivez devant chez Luc, sous l'essuie-glace un papier a &#233;t&#233; gliss&#233;, il est humide, vous lisez &#171; passe &#224; la maison avant d'aller chercher les filles et c'est sign&#233; L &#187;, vous entrez, vous sonnez, les tempes vous battent, les joues les yeux vous piquent, il ouvre &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;Celui qui attend&lt;/i&gt;, par Joachim S&#233;n&#233; &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &#171; Ce qu'il y a, c'est qu'il faut du courage pour passer les fronti&#232;res, que ce soit pour vivre ou pour tuer. Lui, &#224; attendre ici, est-ce qu'il a besoin de courage ? Non, sans doute pas. &#192; peine celui de penser &#224; tout &#231;a. Quant au passager myst&#232;re, que fait-il ? Que peut-il ? Pourquoi n'emprunte-t-il pas le train ? Ne descend-il pas ici ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Le paysage est brouill&#233; par ses pens&#233;es tandis qu'il s'adosse &#224; la barri&#232;re lev&#233;e, certain qu'elle ne se baissera pas. Il regarde les vingt-quatre silos Royal Canin, tonnes de nutriments pour chiens. Et s'il s'agissait d'une gare de marchandise ? D'une voie qui ne porte que des wagons de grains, de bidons, de pierres, de sable, de viande s&#233;ch&#233;e ? Pas de fronti&#232;res pour les marchandises.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Ce qu'il y a quand on a pass&#233; la fronti&#232;re, ce qu'on trouve l&#224;, c'est un commencement. Une vie nouvelle et d'avenir qui va commencer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un homme arrive l&#224;, il s'arr&#234;te &#8211; enfin quelqu'un s'arr&#234;te &#8211; il reste debout entre les deux rails, les mocassins dans l'herbe trop haute pour les trains. Il n'a pas de chaussettes, son pantalon de toile est froiss&#233;, il y a des lunettes de soleil dans la pochette de sa chemise vert p&#226;le aux manches retrouss&#233;es. Il n'est pas le passager Godot, il parle simplement, avant d'aller, dit-il, donner son cours au lyc&#233;e d'Avon : &lt;i&gt;&#171; Comment peut-on na&#238;tre libre dans un monde qui nous pr&#233;existe ? &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;i&gt;&#171; Les migrants, ils parlent d'avenir, ils viennent pour cet avenir-l&#224; dont personne ne sait d'ailleurs rien, mais qui est l&#224;, de l'autre c&#244;t&#233;, et c'est tout. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Il s'assoit par terre sur une traverse, il met ses lunettes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;i&gt;&#171; C'est faire preuve de courage, c'est un acte politique, ils disent : on a le droit d'exister, d'avoir un avenir, d'&#234;tre reconnus comme des &#234;tres humains, d'&#234;tre des &#233;gaux. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Celui qui attend comprend qu'il va attendre encore longtemps. Le monde que ceux-l&#224; quittent, ce n'est pas seulement un de ces pays inconnus faits de d&#233;serts, de p&#233;trole et de bombes : c'est aussi le n&#244;tre. &lt;i&gt;&#171; C'est notre monde qu'ils quittent, notre monde qui ne commence plus, qui a cess&#233; d'exister, qui finit. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;Celle ou celui qui voudrait partir,&lt;/i&gt; par Anne Savelli &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &#171; &lt;strong&gt;Lundi 26 octobre&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Malade tout le week-end, je me demande si je n'ai pas imagin&#233; ce voyage en train de vendredi, le trajet, l'arriv&#233;e, la gare de Saint-Mamm&#232;s, ce qui s'en est suivi. Est-ce que j'ai vraiment pass&#233; une heure dans la cale d'une p&#233;niche ? Est-ce que j'ai visit&#233; la cabine, &#233;cout&#233; le marinier me raconter mille choses que je ne connais pas ? Et m&#234;me, est-ce que j'ai fini par acheter cette &#233;pave qui flotte entre deux eaux le long de la Seine depuis vingt ans ? Je tousse, je renifle, j'ai mal partout. Le ciel, dont l'&#233;paisseur me fascine, est riv&#233; au fond de mon cr&#226;ne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Une chose est s&#251;re : en une heure, j'ai appris qu'on peut partir de Saint-Mamm&#232;s avec un bateau de 700 tonnes et naviguer jusqu'en mer Noire ; qu'il existe des ascenseurs &#224; p&#233;niches et des toueurs, &#233;quivalents des remorqueurs en mer ; qu'une m&#234;me cale pouvait contenir du ciment ou de la farine selon les contrats ; les p&#233;niches, &#234;tre tir&#233;es par un cheval et un mulet, parfois un &#226;ne ; que des &#233;coles sp&#233;cifiques accueillaient les enfants de mariniers ; que ceux qui naviguent en couples de canaux en canaux, de pays &#171; en pays, traversant six fronti&#232;res, ont des &#226;mes d'aventuriers. &lt;i&gt;C'est m&#234;me mieux que des marins&lt;/i&gt;, disait le marinier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tout cela, d'o&#249; je le saurais, si j'avais simplement dormi ? J'ai appris&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au lieu de m'&#233;couter, tu d&#233;roules des phrases de Simenon, de Maigret &#224; l'&#233;cluse de Samois-sur-Seine, ce qui &#171; au passage n'est pas loin : ne nies pas, je t'entends. En retour, je te propose le tout d&#233;but de &lt;i&gt;L'Atalante&lt;/i&gt;, le film de Jean Vigo, le mariage de Jean le marinier avec Juliette la villageoise, leur travers&#233;e des champs pour rejoindre la rive, le bouquet de fleurs tomb&#233; &#224; l'eau, le bateau qui part, au revoir, adieu ! Juliette, ensuite, s'enfuira, voudra voir Paris.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tu vois, chaque avanc&#233;e nous envoie, toi et moi, ailleurs. En m'imaginant un d&#233;part, en me souvenant, en prenant le train je cherche &#224; m'isoler dans un endroit pr&#233;cis, une sorte d'&#238;le au Loing o&#249; on ne peut pas m'atteindre. Si tu me lis encore, c'est peut &#234;tre que toi aussi, tu puises en toi des images de canaux, de fleuves, d'oc&#233;ans. Que tu prolonges mon r&#234;ve, mes attentes inconnues.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Oui, ce qui nous tient, toi et moi, c'est peut-&#234;tre cette d&#233;rive, cette &#233;chapp&#233;e puisque tu n'apprends rien ou presque, aujourd'hui, que je suis trop malade pour te raconter ce que j'ai vu. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;strong&gt; &lt;i&gt;Des bords au loin&lt;/i&gt;, de Mathilde Roux &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Travail de Mathilde Roux sur les cadastres des Archives D&#233;partementales de Seine et Marne, dans le cadre de la r&#233;sidence de cr&#233;ation de L'aiR Nu.&lt;/p&gt;
&lt;center&gt; &lt;iframe src=&#034;https://player.vimeo.com/video/151949279?title=0&amp;byline=0&amp;portrait=0&#034; width=&#034;640&#034; height=&#034;360&#034; frameborder=&#034;0&#034; webkitallowfullscreen mozallowfullscreen allowfullscreen&gt; &lt;/iframe&gt; &lt;/center&gt;
&lt;p&gt;Le livre num&#233;rique &lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;http://lairnu.net/une-ville-au-loin/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Une ville au loin&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt; est t&#233;l&#233;chargeable librement sur le &lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;http://lairnu.net/une-ville-au-loin/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;site du collectif&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt; qui pr&#233;sente aussi la r&#233;sidence, l'autour du livre&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans &lt;i&gt;Une ville au loin&lt;/i&gt;, comme l'&#233;crit &lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;http://fenetresopenspace.blogspot.fr/2016/06/une-ville-au-loin-paraitre.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Anne Savelli sur son blog&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt; &#171; on trouvera une femme qui vit dans la r&#233;gion mais travaille &#224; Paris, prend le train chaque matin ; un homme qui attend quelqu'un sur le quai d'une gare ; un dernier personnage qui, de Paris, h&#233;site, voudrait partir mais...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Il y aura des bribes de chansons, des consid&#233;rations hydrom&#233;triques et une allusion &#224; &lt;i&gt;La Quatri&#232;me dimension&lt;/i&gt;. Des questions pratiques, un indicateur de chemin de fer, des noms de lieux qui enchantent, des voisins de wagon. Quelques absents et du paysage &#224; la vitre. Des p&#233;niches, des mariniers. De la musique et Jean Giono &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le Collectif &lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;http://lairnu.net/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;L'aiR Nu&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt; lance une campagne de financement que je vous invite vivement &#224; soutenir, pour amplifier et soutenir leurs actions, car il leur reste des &lt;i&gt;modules&lt;/i&gt; &#224; d&#233;velopper, &#224; cr&#233;er, des rencontres &#224; proposer, du mat&#233;riel &#224; acheter&#8230; Tout est expliqu&#233; dans la &lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;https://fr.ulule.com/lair-nu/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;page de l'appel &#224; financement participatif sur la plateforme Ulule&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;. N'h&#233;sitez pas &#224; diffuser largement cet appel et &#224; contribuer si vous le pouvez, avant le 17 juillet 2016 !&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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