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	<title>LIMINAIRE</title>
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	<description>Une palpitation, un mouvement encore immobile, un espace de sursis dans la dissolution.</description>
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		<title>La distance du possible</title>
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		<dc:creator>Pierre M&#233;nard</dc:creator>


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		<description>
&lt;p&gt;Raconter cela consiste &#224; s'&#233;loigner &lt;br class='autobr' /&gt;
Joachim et Anne passent &#224; la maison pour pr&#233;parer la soir&#233;e du vendredi 12 juin &#224; la m&#233;diath&#232;que Fran&#231;oise Sagan, o&#249; nous allons lire ensemble des extraits de mon livre. Tr&#232;s vite, nous nous mettons au travail. Nos voix lisent &#224; tour de r&#244;le les diff&#233;rents fragments de plusieurs chapitres. Chacun avec sa voix, sa mani&#232;re de la poser sur le texte, de s'en emparer. C'est &#233;mouvant. &#192; la fin, Joachim s'&#233;tonne de la forme tr&#232;s particuli&#232;re de chaque fragment, (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.liminaire.fr/chronique/entre-les-lignes/" rel="directory"&gt;Entre les lignes&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/biographie" rel="tag"&gt;Biographie&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/ecriture" rel="tag"&gt;&#201;criture&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/journal" rel="tag"&gt;Journal&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/lecture" rel="tag"&gt;Lecture&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/livre" rel="tag"&gt;Livre&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/photographie" rel="tag"&gt;Photographie&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/recit" rel="tag"&gt;R&#233;cit&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/paris" rel="tag"&gt;Paris&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/paysage" rel="tag"&gt;Paysage&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/contacts-successifs" rel="tag"&gt;Contacts successifs&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/animal" rel="tag"&gt;Animal&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/quotidien" rel="tag"&gt;Quotidien&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/solitude" rel="tag"&gt;Solitude&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/sensation" rel="tag"&gt;Sensation&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/absence" rel="tag"&gt;Absence&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.liminaire.fr/local/cache-vignettes/L150xH75/contacts_succcessifs_9_1_-2-90df9.png?1780815619' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='75' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Raconter cela consiste &#224; s'&#233;loigner&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Joachim et Anne passent &#224; la maison pour pr&#233;parer &lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;https://www.paris.fr/evenements/lecture-et-rencontre-avec-pierre-menard-108349&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;la soir&#233;e du vendredi 12 juin &#224; la m&#233;diath&#232;que Fran&#231;oise Sagan&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;, o&#249; nous allons lire ensemble des extraits de mon livre. Tr&#232;s vite, nous nous mettons au travail. Nos voix lisent &#224; tour de r&#244;le les diff&#233;rents fragments de plusieurs chapitres. Chacun avec sa voix, sa mani&#232;re de la poser sur le texte, de s'en emparer. C'est &#233;mouvant. &#192; la fin, Joachim s'&#233;tonne de la forme tr&#232;s particuli&#232;re de chaque fragment, de son rythme propre, de sa musique. Chaque fragment forme une boucle. Cela permet de lire le livre de fa&#231;on continue, mais &#233;galement de le parcourir selon l'heure, le lieu, ou au hasard en le feuilletant. J'ai toujours aim&#233; l'id&#233;e qu'on puisse ainsi circuler &#224; sa guise dans mes livres. Une lecture est un parcours. On peut sugg&#233;rer des chemins, des voies &#224; suivre, mais chacun est libre d'arpenter le r&#233;cit &#224; sa mani&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_8780 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.liminaire.fr/IMG/jpg/55304516081_a32ea3c07b_k.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.liminaire.fr/local/cache-vignettes/L500xH333/55304516081_a32ea3c07b_k-709f0.jpg?1780815619' width='500' height='333' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;center&gt;Quai de la Seine, Bassin de la Villette, Paris 19&#232;me, 30 mai 2026&lt;/center&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;On finit par se comprendre soi-m&#234;me&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;https://www.castorastral.com/livre/ma-propriete-privee/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;i&gt;Ma propri&#233;t&#233; priv&#233;e&lt;/i&gt;, le livre de Mary Ruefle, paru aux &#233;ditions Le Castor Astral en 2026&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;, est un ensemble de proses po&#233;tiques courtes, ni po&#232;me, ni essai, plut&#244;t des m&#233;ditations existentielles, r&#233;cits intimes, introspectifs, dans lesquels l'autrice se pose des questions &#224; voix haute, sur le sens d'une pens&#233;e, la signification d'un r&#234;ve, ce que repr&#233;sente le bonheur. Elle s'interroge &#233;galement sur le sens des diff&#233;rentes couleurs comme Goethe l'avait fait avant elle dans sa &lt;i&gt;Th&#233;orie des couleurs&lt;/i&gt;, publi&#233;e en 1810, o&#249; le po&#232;te explorait l'impact psychologique des diff&#233;rentes couleurs sur l'humeur et les &#233;motions. Ces r&#233;flexions sont plac&#233;es aux c&#244;t&#233;s d'observations plus d&#233;cal&#233;es, comme la fa&#231;on dont on fabrique les t&#234;tes r&#233;duites, ou la d&#233;couverte faite par Ruefle dans son enfance que les milkshakes sont meilleurs avec du sel et du poivre, ou des r&#233;cits franchement autobiographiques comme celui o&#249; elle avoue avoir pleur&#233; sans arr&#234;t durant le mois d'avril 1998, car elle voulait mourir, &#224; cause de la m&#233;nopause qu'elle aborde sous l'angle personnel mais &#233;galement comme ph&#233;nom&#232;ne social : &#171; une nouvelle adolescence, sauf que vous &#234;tes adulte &#187;. &lt;br class='autobr' /&gt;
L'&#233;criture de Ruefle s'apparente &#224; un sentiment pur, &#224; la mani&#232;re de la po&#233;sie. La juxtaposition et l'association d'images s'entrem&#234;lent ainsi tout au long de l'ouvrage. Dans la bri&#232;vet&#233; &#233;nigmatique du texte intitul&#233; &lt;i&gt;Le Sublime&lt;/i&gt;, sensation et sens se m&#234;lent, et nous reconnaissons &#224; la fois l'action et ce que pourrait &#234;tre la signification cach&#233;e du texte : &#171; La route &#233;tait &#233;troite, puis de plus en plus &#233;troite, tournant tant&#244;t d'un c&#244;t&#233;, tant&#244;t de l'autre tandis que je grimpais, pench&#233;e sur le volant. Je voyais du coin de l'&#339;il qu'il y avait une vue incroyable, mais je ne pouvais pas regarder. &#187; &lt;br class='autobr' /&gt;
Dans &lt;i&gt;&#192; lire, s'il vous pla&#238;t&lt;/i&gt;, elle raconte les derniers instants d'une femme chez elle qui remplit de graines de tournesol la mangeoire pour les oiseaux, du point de vue imaginaire d'un chardonneret : &#171; Depuis ma branche, je l'ai vue effectuer les activit&#233;s qui lui plaisaient : ramasser une serviette par terre, remplir un formulaire pour suspendre la distribution du courrier, faire bouillir de l'eau, regarder dans le vide. &#187; &lt;br class='autobr' /&gt;
Toute la beaut&#233; de l'&#233;criture de Mary Ruefle tient dans l'ind&#233;cision permanente dans laquelle nous tient son &#233;criture, qui ne se limite jamais &#224; une forme pr&#233;cise, un genre, ni &#224; un point de vue univoque sur un sujet et qui, m&#234;me si elle para&#238;t autobiographique, nous touche toutes et tous. Les textes s'arr&#234;tent sur des moments de calme, de contemplation, de tristesse parfois, menant &#224; une prise de conscience ou &#224; une nouvelle vision du monde. Ils tissent entre eux des liens qui peu &#224; peu forment le sens du livre. Si les magnifiques fragments sur les couleurs de la tristesse, qui pars&#232;ment tout le livre, se r&#233;p&#232;tent et donnent leur tonalit&#233; au livre, la tristesse y est explor&#233;e comme une &#233;motion de la vie et des vivants, de la perte non pas comme quelque chose de concret, mais comme un signe de changement, une autre forme de possession. Une &lt;i&gt;note de l'auteur&lt;/i&gt; (que je ne livre pas ici pour ne pas d&#233;voiler la fin du recueil) fait office de cl&#233;, peut-&#234;tre m&#234;me de passe-partout, et ouvre de nombreuses portes. &lt;br class='autobr' /&gt;
Ce livre dresse le constat d'un agr&#233;able sentiment de partage contrari&#233;, avec une m&#233;lancolie passionn&#233;e qui nous laisse sans voix : &#171; Au d&#233;but, on comprend le monde mais pas soi-m&#234;me, et que lorsqu'on finit par se comprendre soi-m&#234;me, on ne comprend plus le monde. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Change ton malaise en vibrato&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Rester en mouvement. Ce n'est pas qu'une question d'activit&#233;s. Avoir des choses &#224; faire, travailler &#224; de nouveaux projets, avancer sur d'anciens. C'est avant tout une question de dynamique. Se mettre en mouvement. D&#232;s que j'arr&#234;te, je me sens pris au pi&#232;ge. Ce n'est pas imm&#233;diat, c'est plus pernicieux. Au d&#233;but, il me reste encore des choses &#224; faire, j'avance l'esprit l&#233;ger, je crois que &#231;a va continuer comme &#231;a, dans cet &#233;lan, ce rythme qui me porte au quotidien. Un impr&#233;vu survient, de la visite, une inqui&#233;tude passag&#232;re, des jours de vacances sans partir en voyage, sans pouvoir sortir, me promener, la canicule me retient plus longtemps que pr&#233;vu &#224; l'int&#233;rieur de la maison, sans pouvoir bouger, volets baiss&#233;s, dans la p&#233;nombre &#233;touffante de l'appartement. Des id&#233;es sombres m'envahissent. C'est si rare que j'en suis abasourdi. Je reste sans voix, m&#233;lancolique. Remise en cause g&#233;n&#233;rale. Tout m'&#233;chappe. Sans savoir comment r&#233;agir, ne rien r&#233;ussir &#224; faire d'autre qu'&#224; lire. Je fais du surplace. &#201;crire ce qui ne va pas. Ce qui m'inqui&#232;te, ce qui m'obs&#232;de. Puis tout effacer. Un poids en moins. D&#232;s que je r&#233;ussis enfin &#224; sortir &#224; nouveau, m&#234;me si c'est pour retourner travailler, je me sens mieux, moins oppress&#233;. Je me remets en mouvement, et ce mouvement me soulage, m'apaise.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_8779 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.liminaire.fr/IMG/jpg/9178156514_a07478f68c_k.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.liminaire.fr/local/cache-vignettes/L500xH334/9178156514_a07478f68c_k-88308.jpg?1780815619' width='500' height='334' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;center&gt;Mission Dolores, San Francisco, Californie, &#201;tats-Unis d'Am&#233;rique, 24 avril 2012&lt;/center&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le chant des oiseaux&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Prenant l'air &#224; ma fen&#234;tre, j'observe un merle sur le bord de la fen&#234;tre de mes voisins. Sur le toit de l'immeuble d'en face un petit moineau lance une trille au son per&#231;ant. Je vois le merle sur son promontoire, se figer et lever la t&#234;te vers le haut pour regarder dans la direction de l'oiseau comme s'il comprenait ce que l'autre oiseau exprimait dans son chant. Je me rends compte que je n'ai jamais cherch&#233; &#224; savoir jusqu'&#224; pr&#233;sent si les oiseaux d'esp&#232;ces diff&#233;rentes ont la capacit&#233; de communiquer et de se comprendre. Certains oiseaux communiquent des informations importantes sur les menaces et les ressources alimentaires au sein de leur groupe, mais aussi &#224; d'autres esp&#232;ces qui partagent le m&#234;me habitat. Bien qu'il existe certaines preuves sugg&#233;rant une compr&#233;hension entre certaines esp&#232;ces, dans certaines circonstances, cette capacit&#233; semble &#234;tre limit&#233;e et d&#233;pendante en fonction de l'environnement et de l'apprentissage.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Journal du regard : Mai 2026</title>
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		<dc:creator>Pierre M&#233;nard</dc:creator>


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&lt;p&gt;Chaque mois, un film regroupant l'ensemble des images prises au fil des jours, le mois pr&#233;c&#233;dent, et le texte qui s'&#233;crit en creux. &lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; Une sorte de palimpseste, dans lequel doivent transpara&#238;tre les traces - t&#233;nues mais non d&#233;chiffrables - de l'&#233;criture &#8220;pr&#233;alable&#8221; &#187;. &lt;br class='autobr' /&gt;
Jorge Luis Borges, Fictions &lt;br class='autobr' /&gt;
&#192; chaque excursion, il y a ce qu'on imagine pouvoir faire, le parcours qu'on pr&#233;pare en amont. Ce qu'on anticipe et ce qu'on improvise sur place. &#192; Cr&#233;cy-la-Chapelle, nous longeons les quais de (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.liminaire.fr/chronique/journal/" rel="directory"&gt;Journal&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/biographie" rel="tag"&gt;Biographie&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/ecriture" rel="tag"&gt;&#201;criture&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/journal" rel="tag"&gt;Journal&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/sons" rel="tag"&gt;Sons&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/musique" rel="tag"&gt;Musique&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/recit" rel="tag"&gt;R&#233;cit&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/video" rel="tag"&gt;Vid&#233;o&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/voix" rel="tag"&gt;Voix&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/quotidien" rel="tag"&gt;Quotidien&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/nature" rel="tag"&gt;Nature&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.liminaire.fr/local/cache-vignettes/L150xH84/capture_d_e_cran_2026-05-25_a_23.49_00_1_-72a86.png?1780297394' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='84' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;i&gt;Chaque mois, un film regroupant l'ensemble des images prises au fil des jours, le mois pr&#233;c&#233;dent, et le texte qui s'&#233;crit en creux.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Une sorte de palimpseste, dans lequel doivent transpara&#238;tre les traces - t&#233;nues mais non d&#233;chiffrables - de l'&#233;criture &#8220;pr&#233;alable&#8221; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Jorge Luis Borges, &lt;i&gt;Fictions&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;center&gt;&lt;iframe width=&#034;660&#034; height=&#034;415&#034; src=&#034;https://www.youtube.com/embed/rzOLeO22OI4&#034; title=&#034;&#034; frameborder=&#034;0&#034; allow=&#034;accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share&#034; referrerpolicy=&#034;strict-origin-when-cross-origin&#034; allowfullscreen&gt;&lt;/iframe&gt;&lt;/center&gt;
&lt;p&gt;&#192; chaque excursion, il y a ce qu'on imagine pouvoir faire, le parcours qu'on pr&#233;pare en amont. Ce qu'on anticipe et ce qu'on improvise sur place. &#192; Cr&#233;cy-la-Chapelle, nous longeons les quais de la Venise briarde, avant de rejoindre le chemin de halage le long de la rivi&#232;re que j'avais rep&#233;r&#233; sur la carte. Sur le chemin, nous croisons des marcheurs qui nous conseillent un itin&#233;raire que nous n'avions pas envisag&#233; d'emprunter. Nous traversons des champs, montons sur la colline qui surplombe le village. En pr&#233;parant notre promenade, j'avais lu qu'il y avait de ce c&#244;t&#233;-l&#224; un ancien cimeti&#232;re protestant &#224; l'ombre des bois. Cependant, je ne pensais pas que nous irions jusque-l&#224; car cela me semblait consid&#233;rablement rallonger la distance de notre parcours. Au moment de passer &#224; la hauteur du cimeti&#232;re, nous ne comprenons pas la direction indiqu&#233;e par le panneau pour nous y rendre et passons &#224; c&#244;t&#233;. Je suis un peu d&#233;pit&#233;, mais difficile de revenir sur nos pas, puisque nous descendons &#224; travers la for&#234;t et que nous sommes d&#233;j&#224; &#224; proximit&#233; du village en contrebas. Ironie du sort, c'est au cimeti&#232;re que nous finissons notre p&#233;riple.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un thomasson est un objet urbain inutile, pr&#233;serv&#233; dans le cadre d'un b&#226;timent ou de son environnement. Quatre colonnes en fonte soutenaient le viaduc de la ligne 2 avant la cr&#233;ation des voies routi&#232;res. Ces colonnes creuses, d&#233;cal&#233;es vers la rotonde, servent d&#233;sormais de gaines de ventilation &#224; l'usine souterraine d'eau non potable de La Villette.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La d&#233;marche de Caroline pour inscrire la m&#233;moire de son grand-oncle Antoine Poletti, r&#233;sistant pendant la guerre et mort en d&#233;portation, dans le quartier o&#249; il a v&#233;cu avec toute sa famille, rue Corbera, dans le 12&#7497; arrondissement, tout proche du quartier de mes parents, et de la famille de ma m&#232;re, rue Beccaria, me touche. Ce qu'elle &#233;crit sur lui va se prolonger sur une plaque comm&#233;morative, appos&#233;e prochainement sur la fa&#231;ade de l'immeuble. Je traverse pour ma part ces lieux hant&#233;s par mes parents sans aucune nostalgie. Les seules traces qui m'&#233;meuvent et me touchent sont celles des marques de ballons des enfants qui recouvrent le mur blanc de la Petite Mairie du march&#233; d'Aligre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La plupart du temps, je ne suis pas seul quand je filme, j'enregistre ce que je vois &#224; la vol&#233;e, dans un temps r&#233;duit, un empressement constant sur le cours des choses. Quelque chose attire mon attention, je m'arr&#234;te pour filmer. On ne m'attend pas, c'est une habitude. Je les rejoins apr&#232;s en pressant le pas. Cela ne me g&#234;ne pas, mais je dois &#224; chaque fois rattraper le temps perdu pour ne pas me laisser distancer. Les conversations qui s'&#233;taient engag&#233;es sont interrompues, elles ont chang&#233; de sujet ou de direction, j'en entends que des bribes. Je les suis en pointill&#233;. Je dois agir vite et dilater le temps. Je ne sais pas si ce que je vis est vrai ou si je suis embarqu&#233; dans le r&#234;ve de quelqu'un d'autre. Une r&#233;alit&#233; alternative. Un univers parall&#232;le. Ce que je per&#231;ois de ce qui m'entoure, et pas seulement avec les personnes qui m'accompagnent, avec qui je partage l'espace, para&#238;t d&#233;tach&#233; de l'ensemble du paysage, comme si je n'en saisissais qu'un fragment, un seul versant, laissant l'autre dans l'ombre, sur le c&#244;t&#233;. C'est comme une machination. Qu'est-ce que c'est qu'&#234;tre s&#233;par&#233; de quelque chose qu'on n'a jamais eu ? De regarder ce qu'on ne voit pas vraiment, qui nous &#233;chappe ? Une &#233;norme absence m&#234;l&#233;e &#224; la certitude d'une grande pr&#233;sence possible cr&#233;e une impression singuli&#232;re. Je r&#233;fl&#233;chis &#224; tout cela en remontant vers la maison, apr&#232;s avoir mang&#233; en famille dans un restaurant du 12&#7497;. Nous rentrons &#224; pied, en longeant le canal Saint-Martin. Dans l'effervescence de cette chaude journ&#233;e, les quais sont bond&#233;s d'une foule de Parisiens et de touristes, jeunes gens buvant et fumant, riant et parlant fort, assis, debout, dans le d&#233;sordre de la nuit. Comment aurais-je pu imaginer qu'une bagarre entre hooligans en marge de la finale de la coupe de France de football aurait lieu quelques heures plus tard, m&#234;me si, peinant &#224; remonter le quai, &#224; cause de la foule, j'ai ressenti quelque chose d'&#233;lectrique dans l'air qui m'a profond&#233;ment troubl&#233;, mis mal &#224; l'aise, comme il arrive parfois qu'on pressente ce qui va se passer mais qu'on ne le comprenne qu'apr&#232;s coup ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Invit&#233;s &#224; manger chez mes parents, avec Caroline et Nina, nous descendons &#224; la gare de Boussy-Saint-Antoine, pour rejoindre Combs-la-Ville &#224; travers champs et bords de l'Yerres. C'est un voyage dans le temps. Je retrouve des lieux de promenades de mon enfance, quand nous habitions Boussy, o&#249; nous descendions avec mon oncle et ma tante jusqu'&#224; Jarcy. Sur le chemin, je retrouve des maisons et des jardins o&#249; j'ai &#233;t&#233; invit&#233; lorsque j'&#233;tais enfant, chez des camarades de classe. Je ne me souviens de rien mais tout me revient. Les lieux de mon enfance se r&#233;sument trop souvent aux vacances estivales pass&#233;es chez mes grands-parents dans le Berry. Mais ces paysages travers&#233;s aujourd'hui m'y ram&#232;nent par un d&#233;tour que seule la m&#233;moire sait faire jouer en nous.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nos pas s'impriment dans la terre encore humide des sous-bois, &#233;criture illisible, les reflets des flaques s'&#233;vaporent dans la touffeur du jour, la lumi&#232;re &#224; leur surface, artificielle comme les &#233;tangs de la for&#234;t, mirages de fra&#238;cheur.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Ce temps du dehors</title>
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		<dc:creator>Pierre M&#233;nard</dc:creator>


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&lt;p&gt;La distance du possible &lt;br class='autobr' /&gt;
J'ai particip&#233; &#224; la marche organis&#233;e par Hortense Gauthier et la revue TINA en ligne, dont le principe consistait &#224; &#233;crire une phrase de 60 caract&#232;res par heure de marche, accompagn&#233;e d'une photographie. J'ai d&#233;couvert, en rentrant de promenade dans la for&#234;t de Carnelle avec Caroline et Nina, que l'endroit avait &#233;t&#233; le cadre des premiers essais du t&#233;l&#233;graphe de Chappe. Le 12 juillet 1793, pour la premi&#232;re fois dans l'histoire, 26 mots ont &#233;t&#233; transmis en 11 minutes (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/journal" rel="tag"&gt;Journal&lt;/a&gt;, 
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		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.liminaire.fr/local/cache-vignettes/L150xH75/contacts_succcessifs_8_1_-ce3b8.png?1780210919' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='75' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La distance du possible&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J'ai particip&#233; &#224; la &lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;https://editionsjou.net/2026/05/27/285-focus-30-marches-les-donnees/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;marche organis&#233;e par Hortense Gauthier et la revue TINA en ligne&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;, dont le principe consistait &#224; &#233;crire une phrase de 60 caract&#232;res par heure de marche, accompagn&#233;e d'une photographie. J'ai d&#233;couvert, en rentrant de promenade dans la for&#234;t de Carnelle avec Caroline et Nina, que l'endroit avait &#233;t&#233; le cadre des premiers essais du t&#233;l&#233;graphe de Chappe. Le 12 juillet 1793, pour la premi&#232;re fois dans l'histoire, 26 mots ont &#233;t&#233; transmis en 11 minutes de M&#233;nilmontant &#224; Saint-Martin-du-Tertre, soit une distance de 26 km &#224; vol d'oiseau. Le t&#233;l&#233;graphe Chappe &#233;tait un syst&#232;me de communication visuelle invent&#233; par Claude Chappe pendant la R&#233;volution fran&#231;aise. Il permettait de transmettre rapidement des messages &#224; grande distance gr&#226;ce &#224; une cha&#238;ne de tours &#233;quip&#233;es de bras articul&#233;s visibles &#224; la longue-vue depuis la station voisine. Chaque tour, espac&#233;e d'environ dix &#224; quinze kilom&#232;tres, relayait les signaux jusqu'&#224; destination. La premi&#232;re ligne relia Paris &#224; Lille en 1794 pour des usages militaires. Le syst&#232;me se d&#233;veloppa ensuite dans toute la France. Avec l'arriv&#233;e du t&#233;l&#233;graphe &#233;lectrique dans les ann&#233;es 1840, les tours Chappe furent progressivement abandonn&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_8771 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.liminaire.fr/IMG/jpg/55285243116_9841d761d1_k.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.liminaire.fr/local/cache-vignettes/L500xH333/55285243116_9841d761d1_k-c1662.jpg?1780210919' width='500' height='333' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;center&gt;Bistro du Commerce, Avenue Ledru Rollin, Paris 11&#232;me, 21 mai 2026&lt;/center&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Chaque jour se transforme en demain&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Certains matins j'entends des voix. Ce ne sont pas exactement des voix, mais &#231;a vibre en moi, &#231;a r&#233;sonne dans ma t&#234;te. Difficile de ne pas les comparer &#224; des voix. C'est un tremblement qui se transmet par l'interm&#233;diaire des murs de ma chambre, me parvient en remontant jusqu'aux parois de mon cr&#226;ne. Je crois qu'il s'agit de paroles que j'entends dans un r&#234;ve que je ne parviens pas &#224; comprendre, dont je n'identifie pas explicitement les mots. Cela m'arrive parfois. Une forme de ligne de basse continue, tel un moteur qui gronde sous terre. J'entends parfois les v&#233;hicules sortant du parking de l'immeuble faire vibrer les murs du sous-sol, mais l&#224; ce n'est pas la m&#234;me chose. Le temps de me r&#233;veiller pour comprendre qu'il s'agit en fait de la radio des voisins. Je ne me trompais pas r&#233;ellement, ce sont bien des mots, un brouhaha de paroles incompr&#233;hensibles, de voix confuses, qui se r&#233;sument &#224; une bouillie de phon&#232;mes. Je sens vibrer le monde depuis mon lit, &#224; demi-r&#233;veill&#233;, troubl&#233; par ces &#233;chos lointains qui me rappellent les voix de la radio, programm&#233;e la veille, qui s'allume au moment du journal. Le son est inaudible tout d'abord, il monte progressivement. Il faut que je me presse de l'arr&#234;ter, sinon j'ai l'impression que les voix des journalistes vont se mettre &#224; crier leurs informations anxiog&#232;nes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La mesure du d&#233;sastre&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avec son intervention en cours d'installation sur le Pont-Neuf, JR fait directement r&#233;f&#233;rence &#224; l'&#339;uvre r&#233;alis&#233;e par Christo et Jeanne-Claude en 1985 sur ce m&#234;me monument. Pourtant, derri&#232;re des points communs apparents (lieu d'intervention, gratuit&#233; de leurs projets, caract&#232;re &#233;ph&#233;m&#232;re et financement par la vente d'&#339;uvres pr&#233;paratoires), les deux d&#233;marches rel&#232;vent de conceptions tr&#232;s diff&#233;rentes de l'art dans l'espace public. Lorsque Christo et Jeanne-Claude emballent le Pont-Neuf, ils ne cherchent pas &#224; lui ajouter une image mais &#224; le transformer par la dissimulation. Recouvert d'un tissu couleur pierre, la toile drap&#233;e r&#233;fl&#233;chit la lumi&#232;re sur la Seine. Le pont prend une forme nouvelle, &#233;trange et presque abstraite. L'&#339;uvre invite les passants &#224; red&#233;couvrir physiquement un lieu familier. Pendant quinze jours, le monument se transforme en exp&#233;rience collective, v&#233;cue directement par ceux qui le traversent et l'observent. &#192; l'inverse, l'intervention de JR repose avant tout sur la production d'une image de marque. Un signe visuel, facilement identifiable, con&#231;u pour &#234;tre photographi&#233; puis largement diffus&#233;, partag&#233; et reproduit. Ce camouflage gonflable (montagne &#224; l'ext&#233;rieur, caverne &#224; l'int&#233;rieur) reproduit les codes esth&#233;tiques de JR (&#339;uvre monumentale, illusion d'optique, noir et blanc tr&#232;s contrast&#233;, proche de celui des photocopies) et se plaque de mani&#232;re spectaculaire sur ce monument historique de Paris.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_8772 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.liminaire.fr/IMG/jpg/40153705890_1c59e11d14_k.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.liminaire.fr/local/cache-vignettes/L500xH281/40153705890_1c59e11d14_k-ec26e.jpg?1780210919' width='500' height='281' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;center&gt;Largo Landolina, Noto, Sicile, Italie, 8 mai 2018&lt;/center&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Un mouvement irr&#233;sistible&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je vois des groupes de jeunes s'amuser et nager dans l'eau du canal Saint-Martin pour se rafra&#238;chir par les fortes chaleurs des derniers jours, feindre de ne pas comprendre l'interdiction de se baigner, de sauter depuis les passerelles tandis que d'autres filment leurs plongeons. Ces centaines de jeunes, torses nus, jouant, plaisantant, discutant, riant entre eux. Et leurs cris, leurs courses folles pour &#233;chapper &#224; la police les poursuivant en voiture comme des d&#233;linquants. La police d&#233;bord&#233;e, oblig&#233;e tr&#232;s vite de se cantonner, par manque d'effectif, &#224; fermer l'acc&#232;s &#224; deux ponts et &#224; surveiller, comme de simples ma&#238;tres nargueurs, cette foule juv&#233;nile. J'ai trouv&#233; rafra&#238;chissantes les r&#233;ponses faussement na&#239;ves de jeunes filles tremp&#233;es de la t&#234;te aux pieds, argumentant face aux policiers qu'elles ne s'&#233;taient pas baign&#233;es, qu'elles sortaient juste de chez elles apr&#232;s leur douche. Ces jeunes n'avaient qu'une intention, se rafra&#238;chir, s'amuser ensemble, mais en dehors des centres commerciaux, des piscines bond&#233;es et payantes ou des terrains de sport, des skateparks, o&#249; l'on pr&#233;f&#233;rait les voir rester sagement. Cette g&#233;n&#233;ration cherche des endroits o&#249; tra&#238;ner, se retrouver et vivre des moments collectifs dans une ville qui n'est pas faite pour elle. Sur les r&#233;seaux sociaux, les commentaires aux images de ces sauts de l'ange dans l'eau du canal r&#233;sument assez bien les clivages g&#233;n&#233;rationnels et sociologiques de notre soci&#233;t&#233; : &lt;i&gt;Qu'est-ce qu'ils ne comprennent pas dans le mot interdit ?&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Une marque ind&#233;l&#233;bile dans l'air</title>
		<link>https://www.liminaire.fr/chronique/entre-les-lignes/article/une-marque-indelebile-dans-l-air</link>
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		<dc:creator>Pierre M&#233;nard</dc:creator>


		<dc:subject>Biographie</dc:subject>
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		<dc:subject>Journal</dc:subject>
		<dc:subject>Photographie</dc:subject>
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		<dc:subject>Quotidien</dc:subject>
		<dc:subject>Cin&#233;ma</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Chaque mouvement est une lente r&#233;v&#233;lation &lt;br class='autobr' /&gt;
Une des cons&#233;quences de nos r&#233;centes balades avec Caroline, le week-end en banlieue parisienne, est la difficult&#233; de trouver le temps et la motivation pour filmer des coins de Paris, &#224; l'oppos&#233; de l'est parisien o&#249; je r&#233;side. Je pense au public qui regarde ce journal vid&#233;o et je me dis que je ne peux pas toujours filmer les m&#234;mes endroits. C'est d'ailleurs ce que j'aime dans nos promenades en banlieue, prendre le train, et le temps que &#231;a lib&#232;re (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/recit" rel="tag"&gt;R&#233;cit&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/bibliotheque" rel="tag"&gt;Biblioth&#232;que&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/quotidien" rel="tag"&gt;Quotidien&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/cinema" rel="tag"&gt;Cin&#233;ma&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.liminaire.fr/local/cache-vignettes/L150xH75/contacts_succcessifs_5_2_-6d304.png?1778396544' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='75' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Chaque mouvement est une lente r&#233;v&#233;lation&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une des cons&#233;quences de nos r&#233;centes balades avec Caroline, le week-end en banlieue parisienne, est la difficult&#233; de trouver le temps et la motivation pour filmer des coins de Paris, &#224; l'oppos&#233; de l'est parisien o&#249; je r&#233;side. Je pense au public qui regarde ce journal vid&#233;o et je me dis que je ne peux pas toujours filmer les m&#234;mes endroits. C'est d'ailleurs ce que j'aime dans nos promenades en banlieue, prendre le train, et le temps que &#231;a lib&#232;re pour lire un livre, cr&#233;ant une parenth&#232;se entre le lieu de d&#233;part et la destination, qui renforce ainsi le d&#233;paysement. J'ai plus de mal &#224; filmer les jours de mauvais temps. C'est une question de lumi&#232;re. Les jours maussades, j'ai tendance &#224; travailler &#224; la maison plut&#244;t qu'&#224; sortir me promener. Je privil&#233;gie alors les lieux les plus accessibles, pr&#232;s de chez moi. Vers la Villette ou vers Belleville. Difficile de filmer au quotidien. J'arpente r&#233;guli&#232;rement les m&#234;mes lieux. Heureusement, il arrive parfois des miracles inattendus, la possibilit&#233; de filmer par exemple un endroit bien connu et appr&#233;ci&#233; sous un angle in&#233;dit, en une saison diff&#233;rente, mais cela devient de plus en plus rare.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_8754 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.liminaire.fr/IMG/jpg/55242121206_7f7eae6662_k.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.liminaire.fr/local/cache-vignettes/L500xH333/55242121206_7f7eae6662_k-9082c.jpg?1778396544' width='500' height='333' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;center&gt;Rue de Charenton, Paris 12&#232;me, 29 avril 2026&lt;/center&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Ce qui reste du passage&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je descends les escaliers. Je crains souvent de rater la derni&#232;re marche. Je connais pourtant ce ph&#233;nom&#232;ne par c&#339;ur, ce n'est pas la premi&#232;re fois que cela m'arrive. Lorsque je suis pris dans l'&#233;lan de la descente, dans le mouvement qui s'apparente &#224; un glissement, je ne peux m'emp&#234;cher de penser &#224; la chute, d'imaginer ce qui va se passer, mon corps qui tombe, roule sur lui-m&#234;me, j'entends craquer mes os, c'est comme si quelque chose en moi imaginait tr&#233;bucher toujours au m&#234;me endroit, comme on bute sur un mot, sans parvenir &#224; apprendre de ses erreurs. C'est sans doute ainsi que la m&#233;moire fonctionne, nous nous souvenons d'une chose mais pour y revenir nous empruntons &#224; chaque fois des chemins diff&#233;rents, des voies d&#233;tourn&#233;es. Parfois, pour se prot&#233;ger, il faut se replier doucement en soi pour tenter d'&#233;chapper &#224; cette fatigue lancinante, &#224; ce sentiment usant qui s'empare de nous. La peur de tomber, ralentir la descente, revenir &#224; soi. Faire attention o&#249; l'on met les pieds. Marche apr&#232;s marche. En discutant avec d'autres personnes, notre esprit d&#233;croche parfois et s'&#233;vade. Sans vraiment penser &#224; ce qu'on dit, &#224; ce qu'on est en train de vivre, on est soudain distrait, la t&#234;te ailleurs, dans un chaos de pens&#233;es entrem&#234;l&#233;es, de phrases qui tournent en boucle, qu'on se r&#233;p&#232;te sans jamais les finir, &#233;tourdi par leur r&#233;p&#233;tition monotone. On reste l&#224;, entre deux marches, &#224; chercher l'&#233;quilibre, pour ne pas sombrer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Par-del&#224; le temps et l'espace&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je me r&#233;jouis de voir les premi&#232;res photographies du livre &lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;https://editionsjou.net/produit/rien-que-les-heures/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Rien que les heures&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt; chez les amis et les connaissances, les fid&#232;les lecteurs de &lt;i&gt;Liminaire&lt;/i&gt; ou de mes pr&#233;c&#233;dents ouvrages. Ils m'envoient l'image du livre dispos&#233; sur leur table, leur bureau, ou en chemin vers son destinataire (c'est le cas pour celui envoy&#233; &#224; &lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;http://www.lesnuitsechouees.com/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Anh Mat&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt; qui transite dans les airs jusqu'au Vietnam) avant sa sortie officielle le 15 mai. Ils ont accept&#233; de participer &#224; son lancement, c'est en grande partie gr&#226;ce &#224; eux que ce livre a pu voir le jour. Ravi de d&#233;couvrir &#233;galement &lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;https://sonneur.fr/rien-que-les-heures-p-menard/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;ce premier article paru dans &lt;i&gt;Les notes du Sonneur&lt;/i&gt;&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt; qui a si bien saisi les enjeux de ce r&#233;cit. J'essaie de ne pas trop penser &#224; l'arriv&#233;e de l'ouvrage sur les tables des libraires. Le livre ne m'appartient plus vraiment d&#233;sormais. Anne Savelli et Eric Arlix souhaitent qu'on se voie afin de pr&#233;parer la rencontre &#224; la librairie de l'Atelier, le lundi 18 mai. Il y aura d'autres rendez-vous, j'y reviendrai, notamment &lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;https://www.paris.fr/evenements/lecture-et-rencontre-avec-pierre-menard-108349&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;une soir&#233;e lecture &#224; la m&#233;diath&#232;que Fran&#231;oise Sagan&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;, accompagn&#233;e par &lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;https://www.lairnu.net/l-air-lu/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;L'aiR Lu&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;, et une marche le 22 juin sur une partie du parcours le long duquel est construit le r&#233;cit. Pour prolonger et accompagner la parution de &lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;https://liminaire.fr/projets/article/rien-que-les-heures&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Rien que les heures&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;, je reviens aux sources qui y sont &#224; l'origine. Les images et les trajets qui figuraient dans le projet initialement publi&#233; sur mon site : &lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;https://liminaire.fr/mot/l-espace-d-un-instant&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;L'espace d'un instant&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;. Corentin Lahouste a &#233;crit &#224; ce propos &lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;https://journals.openedition.org/elfe/7210&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;un texte tr&#232;s pr&#233;cis et pr&#233;cieux&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;. J'ai d&#233;j&#224; &#233;voqu&#233; ici la forme de cette extension, celui d'une web fiction. J'utilise un logiciel pour cr&#233;er des webdocumentaires. Je m'en suis d&#233;j&#224; servi, il y a plusieurs ann&#233;es, pour la restitution du travail men&#233; avec les &#233;l&#232;ves d'Argenteuil : &lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;https://liminaire.fr/projets/article/d-ici-d-ailleurs&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;d'ici d'ailleurs&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;. Il s'agit de l'&#233;diteur de narration interactive &lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;https://www.klynt.net/fr/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Klynt&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;. Je propose plusieurs lectures des 420 microfictions, &#224; partir d'images et d'audio, agenc&#233;es autour de courts films tourn&#233;s sur les lieux parisiens du r&#233;cit. Un parcours en trois entr&#233;es. Selon les heures de la journ&#233;e. Par les lieux du parcours parisien. Et enfin, par les diff&#233;rents pays travers&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_8753 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.liminaire.fr/IMG/jpg/50173407973_753ea4bb15_k.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.liminaire.fr/local/cache-vignettes/L500xH333/50173407973_753ea4bb15_k-3c2b8.jpg?1778396544' width='500' height='333' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;center&gt;&#201;glise Saint Jean-Baptiste, Bastia, Corse, 29 juillet 2020&lt;/center&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Il n'y a rien &#224; voir&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La biblioth&#232;que a ferm&#233; plus t&#244;t aujourd'hui, &#224; la suite d'une gr&#232;ve. Avec une de mes coll&#232;gues, nous sommes sortis les derniers pour fermer le b&#226;timent. Je m'occupe de baisser le rideau de fer qui cl&#244;t l'issue de secours. Au fond d'un couloir &#233;troit, j'ouvre la porte afin de v&#233;rifier qu'il n'y a personne assis sur le seuil (ce qui arrive souvent, surtout les jours de pluie, car l'endroit est &#224; l'abri) afin de ne blesser personne. Puis, j'actionne la cl&#233; dans le boitier pour activer la fermeture de la grille. Au moment d'enlever la cl&#233; et de me retourner pour remonter le couloir en sens inverse, je me trouve soudain plong&#233; dans le noir le plus profond. Je ne vois plus rien. Je comprends que ma coll&#232;gue vient de tourner la cl&#233; qui permet d'&#233;teindre l'ensemble des &#233;clairages. Pour avancer dans l'obscurit&#233;, je dois t&#226;tonner les murs avec mes mains pour essayer de me rep&#233;rer. La sensation de mes doigts effleurant la surface du mur, dans la p&#233;nombre du couloir, me transporte instantan&#233;ment sur l'&#238;le de Naoshima au Japon, dans la Minamidera, le b&#226;timent con&#231;u par l'architecte Tadao Ando, &#224; l'endroit o&#249; se trouvait un ancien temple bouddhiste, pour accueillir &lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;https://liminaire.fr/chronique/entre-les-lignes/article/le-temps-n-est-pas-une-destination&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;i&gt;Backside of the Moon&lt;/i&gt;, l'&#339;uvre de James Turrell&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Journal du regard : Avril 2026</title>
		<link>https://www.liminaire.fr/chronique/journal/article/journal-du-regard-avril-2026</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.liminaire.fr/chronique/journal/article/journal-du-regard-avril-2026</guid>
		<dc:date>2026-05-01T07:00:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Pierre M&#233;nard</dc:creator>


		<dc:subject>Biographie</dc:subject>
		<dc:subject>&#201;criture</dc:subject>
		<dc:subject>Journal</dc:subject>
		<dc:subject>Musique</dc:subject>
		<dc:subject>R&#233;cit</dc:subject>
		<dc:subject>Vid&#233;o</dc:subject>
		<dc:subject>Paris</dc:subject>
		<dc:subject>Paysage</dc:subject>
		<dc:subject>Regard</dc:subject>
		<dc:subject>Quotidien</dc:subject>
		<dc:subject>Cin&#233;ma</dc:subject>
		<dc:subject>M&#233;moire</dc:subject>
		<dc:subject>Temps</dc:subject>
		<dc:subject>Enfance</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Chaque mois, un film regroupant l'ensemble des images prises au fil des jours, le mois pr&#233;c&#233;dent, et le texte qui s'&#233;crit en creux. &lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; Une sorte de palimpseste, dans lequel doivent transpara&#238;tre les traces - t&#233;nues mais non d&#233;chiffrables - de l'&#233;criture &#8220;pr&#233;alable&#8221; &#187;. &lt;br class='autobr' /&gt;
Jorge Luis Borges, Fictions &lt;br class='autobr' /&gt;
J'ai toujours &#233;t&#233; attir&#233; par les jardins, ce sont des lieux o&#249; j'aime me retrancher, des &#238;lots de calme pour me d&#233;tendre, faire le point, r&#233;fl&#233;chir, m'isoler un peu, lire un livre. Je me rends (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.liminaire.fr/chronique/journal/" rel="directory"&gt;Journal&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/biographie" rel="tag"&gt;Biographie&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/ecriture" rel="tag"&gt;&#201;criture&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/journal" rel="tag"&gt;Journal&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/musique" rel="tag"&gt;Musique&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/recit" rel="tag"&gt;R&#233;cit&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/video" rel="tag"&gt;Vid&#233;o&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/paris" rel="tag"&gt;Paris&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/paysage" rel="tag"&gt;Paysage&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/regard" rel="tag"&gt;Regard&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/quotidien" rel="tag"&gt;Quotidien&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/cinema" rel="tag"&gt;Cin&#233;ma&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/memoire" rel="tag"&gt;M&#233;moire&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/temps" rel="tag"&gt;Temps&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/enfance" rel="tag"&gt;Enfance&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.liminaire.fr/local/cache-vignettes/L150xH84/capture_d_e_cran_2026-04-28_a_22.33_25-1d251.png?1777618922' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='84' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;i&gt;Chaque mois, un film regroupant l'ensemble des images prises au fil des jours, le mois pr&#233;c&#233;dent, et le texte qui s'&#233;crit en creux.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Une sorte de palimpseste, dans lequel doivent transpara&#238;tre les traces - t&#233;nues mais non d&#233;chiffrables - de l'&#233;criture &#8220;pr&#233;alable&#8221; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Jorge Luis Borges, &lt;i&gt;Fictions&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;center&gt;&lt;iframe width=&#034;660&#034; height=&#034;415&#034; src=&#034;https://www.youtube.com/embed/2Z9dBCevKX0&#034; title=&#034;&#034; frameborder=&#034;0&#034; allow=&#034;accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share&#034; referrerpolicy=&#034;strict-origin-when-cross-origin&#034; allowfullscreen&gt;&lt;/iframe&gt;&lt;/center&gt;
&lt;p&gt;J'ai toujours &#233;t&#233; attir&#233; par les jardins, ce sont des lieux o&#249; j'aime me retrancher, des &#238;lots de calme pour me d&#233;tendre, faire le point, r&#233;fl&#233;chir, m'isoler un peu, lire un livre. Je me rends compte que je les filme de plus en plus souvent. En y r&#233;fl&#233;chissant, je crois que cette attirance pour ces lieux de nature en milieu urbain, qui accueillent de plus en plus des jardins partag&#233;s, vient de ma jeunesse. J'ai pass&#233; plusieurs &#233;t&#233;s de mon enfance chez mes grands-parents qui vivaient dans le Berry. Quand je ne roulais pas &#224; travers champs sur mon v&#233;lo, de la maison jusqu'au village en longeant l'Indre, je passais de longues heures &#224; jouer dans le grand jardin potager situ&#233; &#224; l'arri&#232;re de la maison. Je marchais dans les all&#233;es, en me racontant des histoires, jouais sur la balan&#231;oire, mangeais des fruits en passant (m&#251;res, groseilles, cassis), r&#234;vais &#224; l'ombre du cerisier, ou me cachais dans l'abri de mon grand-p&#232;re au fond du jardin.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je d&#233;ambule dans les all&#233;es du parc de Bagatelle. Caroline est &#224; mes c&#244;t&#233;s. C'est le printemps. Les pelouses sont d'un vert &#233;clatant, les arbres majestueux. Et pourtant, quelque chose r&#233;siste &#224; l'&#233;vidence. Une impression de d&#233;j&#224;-vu, sans souvenir pr&#233;cis. Je sais que je suis venu ici il y a longtemps, une trentaine d'ann&#233;es peut-&#234;tre. Je ne garde que cette sensation diffuse qui perturbe un peu ce que je per&#231;ois autour de moi. En marchant, je pense au film de Rainer Werner Fassbinder &lt;i&gt;Le Monde sur un fil&lt;/i&gt;, que j'ai d&#233;couvert r&#233;cemment, presque par hasard, en pr&#233;parant pour la biblioth&#232;que une s&#233;lection de films sur les robots et l'intelligence artificielle. Ce film, adapt&#233; d'un livre de Danyel F. Galouye, &lt;i&gt;Simulacron 3&lt;/i&gt;, a d&#233;plac&#233; quelque chose dans cette approche. C'est le premier film de science-fiction sur les m&#233;tavers. Un personnage dispara&#238;t subitement, sans que personne ne le remarque, comme si la r&#233;alit&#233; elle-m&#234;me effa&#231;ait ses propres traces, ce qui finit par se r&#233;v&#233;ler &#234;tre la simple suppression d'un avatar, le monde de cette fiction n'&#233;tant qu'un univers virtuel.Je traverse une all&#233;e bord&#233;e d'arbres. La composition du jardin, m&#234;me dans ses diff&#233;rents espaces aux formes vari&#233;es, est tr&#232;s &#233;labor&#233;e. Le parc ressemble &#224; un d&#233;cor, ou plut&#244;t, une mise en sc&#232;ne de lui-m&#234;me. Dans le film de Fassbinder, les zooms, les travellings, les surfaces r&#233;fl&#233;chissantes rappellent sans cesse que nous regardons une repr&#233;sentation. Je pense alors au film d'Alain Resnais &lt;i&gt;L'Ann&#233;e derni&#232;re &#224; Marienbad&lt;/i&gt;, &#233;crit par Alain Robbe-Grillet. C'est le m&#234;me trouble, dans la r&#233;p&#233;tition des formes, et cette incertitude des souvenirs. Pourquoi ce lieu m'&#233;chappe-t-il ? Pourquoi ne me reste-t-il que cette impression vague d'y &#234;tre d&#233;j&#224; venu ? Est-ce le souvenir qui fait d&#233;faut, ou la r&#233;alit&#233; qui se d&#233;robe ? Marcher ici, c'est peut-&#234;tre traverser un espace d&#233;j&#224; rejou&#233;. Une variation de cet espace. Dans le film de Fassbinder, une issue existe. Elle ne passe pas par une preuve, ni par une d&#233;monstration, mais par une rencontre. La certitude fragile d'&#234;tre avec quelqu'un. Une pr&#233;sence qui r&#233;siste &#224; la simulation et qui introduit de l'alt&#233;rit&#233;. Et avec elle, la possibilit&#233; d'y croire encore. Et bien s&#251;r, je pense alors &#224; &lt;i&gt;La Jet&#233;e&lt;/i&gt;, de Chris Marker. L&#224; aussi, tout repose sur une image, sur une m&#233;moire. Celui du visage d'une femme. Un point fixe dans un monde instable. Comme si, au c&#339;ur des dispositifs les plus sophistiqu&#233;s, ce qui demeurait irr&#233;ductible, c'&#233;tait la relation. Je continue de marcher. Avec Caroline, nous cherchons la sortie du parc. Les passants croisent mon regard, puis disparaissent dans mon dos. Rien ne les retient. Rien ne me prouve qu'ils sont l&#224; autrement que par cette br&#232;ve co&#239;ncidence de nos trajectoires. Peut-&#234;tre que la r&#233;alit&#233; ne tient qu'&#224; cela, &#224; ces rencontres fugitives, ces pr&#233;sences qui interrompent le flux. Dans ce parc que je ne reconnais pas, ou trop peu, &#224; certains moments d'ailleurs je crois m'en souvenir, mais c'est l'image d'un autre jardin dans lequel je me projette, celui du bois de Boulogne o&#249; je suis venu me promener l'ann&#233;e derni&#232;re, je cherche moins &#224; me souvenir qu'&#224; &#233;prouver, &#224; v&#233;rifier que quelque chose r&#233;siste, que tout n'est pas seulement surface. Qu'est-ce qui, dans l'exp&#233;rience, &#233;chappe &#224; sa mise en sc&#232;ne ? Un regard. Une voix. Une pr&#233;sence. Caroline est &#224; mes c&#244;t&#233;s et c'est tout ce qui compte.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Profiter du temps d'un trajet en RER pour lire un livre. C'est ce que je faisais lorsque je travaillais &#224; Melun. Bien cal&#233; contre la fen&#234;tre, j'ouvre mon livre pour m'y plonger. &lt;i&gt;Venise, millefleurs&lt;/i&gt;, de Ryoko Sekiguchi. Difficile de se concentrer durant les premi&#232;res stations souterraines. Les portes se ferment bruyamment. Des tensions entre les voyageurs. Un d&#233;but de bagarre. Le ton monte, les menaces fusent. Oublier tous ces bruits, cette agitation, qui s'invitent malgr&#233; nous dans le wagon, les conversations qui distraient, et m&#234;me, les paysages de cette banlieue que je ne connais pas, les regarder &#224; peine. Avec Ryoko Sekiguchi, je suis &#224; Venise, passant d'&#238;le en &#238;le, anticipant curieusement la promenade &#224; venir, une randonn&#233;e en banlieue parisienne aux airs de dimanche &#224; la campagne. Emprunter des chemins de traverse. &#201;couter le chant des oiseaux. S'engouffrer sous un pont, traverser un tunnel, marcher sur un viaduc, apercevoir de l&#224;-haut la for&#234;t &#224; perte de vue, puis s'enfoncer &#224; nouveau dans la fra&#238;cheur des sous-bois. Longer des habitations dont on ne voit que la haie au fond du jardin. Apercevoir furtivement un renard traverser un champ. Traverser des villages qu'on croise sur l'itin&#233;raire avant de revenir prendre son train &#224; la gare.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Un espace &#224; l'envers</title>
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		<dc:creator>Pierre M&#233;nard</dc:creator>


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		<dc:subject>Journal</dc:subject>
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&lt;p&gt;Cette impression de d&#233;j&#224;-vu &lt;br class='autobr' /&gt;
C'est une banalit&#233;, mais d&#232;s qu'on l'exp&#233;rimente &#224; nouveau, cela nous revient en m&#233;moire. Prendre un bus, un m&#233;tro, un train, pendant une heure, en partant de chez soi, on s'&#233;loigne, on s'&#233;lance, dans un voyage qui nous d&#233;payse. M&#234;me si l'on regarde par la fen&#234;tre et qu'on voit les paysages d&#233;filer, l'&#233;tonnement demeure &#224; l'arriv&#233;e. Le trajet nous transforme. Souvent, on ne jette d'ailleurs qu'un &#339;il distrait par la fen&#234;tre. Puzzle d'images, de paysages (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/journal" rel="tag"&gt;Journal&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/photographie" rel="tag"&gt;Photographie&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/recit" rel="tag"&gt;R&#233;cit&lt;/a&gt;, 
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		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.liminaire.fr/local/cache-vignettes/L150xH75/contacts_succcessifs_3_1_-d2b4a.png?1777150795' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='75' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Cette impression de d&#233;j&#224;-vu&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est une banalit&#233;, mais d&#232;s qu'on l'exp&#233;rimente &#224; nouveau, cela nous revient en m&#233;moire. Prendre un bus, un m&#233;tro, un train, pendant une heure, en partant de chez soi, on s'&#233;loigne, on s'&#233;lance, dans un voyage qui nous d&#233;payse. M&#234;me si l'on regarde par la fen&#234;tre et qu'on voit les paysages d&#233;filer, l'&#233;tonnement demeure &#224; l'arriv&#233;e. Le trajet nous transforme. Souvent, on ne jette d'ailleurs qu'un &#339;il distrait par la fen&#234;tre. Puzzle d'images, de paysages d&#233;cadr&#233;s, fuyants, de sons distrayants, parfois d&#233;cal&#233;s, ceux qu'on imagine parce qu'on ne les entend pas tandis qu'&#224; l'int&#233;rieur, certains nous distraient. J'&#233;tais d&#233;j&#224; venu dans les jardins de Bagatelle, il y a une trentaine d'ann&#233;es, je n'en ai plus aucun souvenir. En d&#233;ambulant dans les all&#233;es sinueuses du jardin, dessinant d'une porte d'entr&#233;e &#224; la grille oppos&#233;e la forme d'un ruban de M&#246;bius, passant par les sous-bois, les serres, les b&#226;timents, les prairies blanchies de p&#226;querettes, les monticules d'herbes folles d'un vert vif, une impression famili&#232;re m'envahit. Je me souviens que je suis venu l'&#233;t&#233; dernier me promener au bois de Boulogne. Du c&#244;t&#233; du Pr&#233; Catelan, la configuration des jardins para&#238;t prolonger ceux que nous traversons nonchalamment avec Caroline. La plupart des fleurs (iris, jacinthes) sont d&#233;sormais fan&#233;es, leurs p&#233;tales secs fl&#233;trissent au bout des tiges encore vertes. C'est d&#233;sormais l'&#233;poque des tulipes. Sur le fond uniform&#233;ment vert du gazon, les p&#233;tales velout&#233;s d'un rouge &#233;carlate vibrent de leur &#233;clatante couleur. On dirait l'image d'une publicit&#233; pour un parfum. Les promeneurs ne s'y trompent pas, ils viennent s'y prendre en photo, au risque d'abimer les fleurs.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_8729 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.liminaire.fr/IMG/jpg/55216700373_06c536522c_k.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.liminaire.fr/local/cache-vignettes/L500xH333/55216700373_06c536522c_k-55066.jpg?1777150795' width='500' height='333' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;center&gt;Place Albert Camus, Paris 10&#232;me, 15 avril 2026&lt;/center&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Ce m&#234;me calme apaisant que la nature&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pendant des ann&#233;es, j'ai souffert d'allergie. Adolescent, je d&#233;testais le printemps, je ne voulais sortir sous aucun pr&#233;texte, car je passais mon temps &#224; &#233;ternuer. Les yeux me piquaient, toujours en pleurs. Mon nez coulait sans arr&#234;t. Puis, mon m&#233;decin a fini par trouver le bon traitement. J'ai pu enfin profiter des paysages du printemps jusqu'&#224; l'automne, dans ces lumi&#232;res que j'aime tant. Depuis l'ann&#233;e derni&#232;re, mon allergie semble &#233;voluer. Par habitude, j'ai consult&#233; le printemps dernier mon m&#233;decin, pour me faire prescrire des antihistaminiques, mais je ne les ai pas utilis&#233;s. Cette ann&#233;e, je ne suis pas encore all&#233; la voir, car je n'en ai pas senti le besoin. Cela viendra peut-&#234;tre, m&#234;me si j'ai l'impression que les choses sont en train de changer. Depuis plusieurs mois, mon nez demeure bouch&#233;. La nuit, j'ai du mal &#224; respirer normalement. Je passe mes journ&#233;es en apn&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le paysage est dans l'&#339;il&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lorsque j'observe &#224; la d&#233;rob&#233;e les arbres derri&#232;re la fen&#234;tre de mon bureau, essentiellement des platanes plant&#233;s sur le boulevard de la Villette et plus loin ceux de la place du Colonel Fabien, dont les branches se balancent sous les brusques bourrasques de vent de ces derniers jours, j'oublie les pollens qu'ils projettent dans l'air et qui finissent par recouvrir enti&#232;rement certaines zones du trottoir d'un &#233;pais duvet ocre, pour me focaliser sur l'ondulation de leurs mouvements, dans une danse harmonieuse qui me distrait vaguement de ma t&#226;che quotidienne, car ces mouvements a&#233;riens, qui animent le paysage par vagues successives, me rappellent qu'au sol, dans la rue en contrebas, l'agitation des passants, des pi&#233;tons, amplifi&#233;e par l'agitation des v&#233;hicules, dont je per&#231;ois le bruit att&#233;nu&#233; par les vitres ferm&#233;es, prolonge l'oscillation des arbres en &#233;cho.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_8728 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.liminaire.fr/IMG/jpg/50162727416_67322aee82_k.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.liminaire.fr/local/cache-vignettes/L500xH333/50162727416_67322aee82_k-a28e0.jpg?1777150795' width='500' height='333' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;center&gt;Rue du S&#233;minaire, Bastia, Haute Corse, 28 juillet 2020&lt;/center&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le silence n'est pas un lieu&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La semaine commence sous le signe d'un tag aper&#231;u sur un mur aux abords de la gare du Nord, o&#249; nous allions prendre un bus en direction du bois de Boulogne. La phrase est &#233;crite avec une &#233;criture d&#233;li&#233;e. Le message me laisse r&#234;veur : &lt;i&gt;Taire le silence&lt;/i&gt;. J'ai pris tout de m&#234;me le temps de le photographier. Vendredi, en rentrant du travail, j'aper&#231;ois, sur le mur devant la grille de mon immeuble, un autre graffiti : &lt;i&gt;r&#234;ve mieux&lt;/i&gt;. Cette injonction me fait rire, tandis que les images d'un r&#234;ve de la veille me reviennent par bribes. Je me trouve &#224; l'int&#233;rieur de l'usine d'Exacompta situ&#233;e dans mon quartier, le long du canal Saint-Martin. J'en traverse les diff&#233;rents espaces. Il n'y a plus d'engins, plus de machines. Je ne les remarque pas dans la pr&#233;cipitation. Les ouvriers et les ouvri&#232;res que je croise me posent de nombreuses questions sur l'avenir du lieu auxquelles je n'ai pas le temps de r&#233;pondre, tout va trop vite. Ils semblent croire que j'ai la solution &#224; leurs probl&#232;mes. &#192; chaque fois que je veux leur expliquer que je ne suis qu'un voisin, je n'ai jamais le temps de finir ma phrase, quelqu'un me tire ou me pousse vers un nouvel endroit, une pi&#232;ce diff&#233;rente. Il y a beaucoup d'escaliers. Des couloirs sombres et &#233;triqu&#233;s. Nous continuons d'avancer, montant, descendant, passant de pi&#232;ces en pi&#232;ces, sans prendre vraiment le temps de nous arr&#234;ter. Mes interlocuteurs sont de plus en plus nombreux, leurs visages inquiets. J'ai l'impression d'&#234;tre somnambule et la nuit d'arpenter les rues de mon quartier pour &#233;crire sur les murs. Un nouveau tag est apparu ce soir dans ma rue : &lt;i&gt;S&#233;parons-nous du silence&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Quelque chose en &#233;change</title>
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		<dc:creator>Pierre M&#233;nard</dc:creator>


		<dc:subject>Atelier</dc:subject>
		<dc:subject>Biographie</dc:subject>
		<dc:subject>&#201;criture</dc:subject>
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		<dc:subject>Journal</dc:subject>
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		<dc:subject>Contacts successifs</dc:subject>
		<dc:subject>Regard</dc:subject>
		<dc:subject>Quotidien</dc:subject>
		<dc:subject>D&#233;rive</dc:subject>
		<dc:subject>Histoire</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;R&#233;inventer en temps r&#233;el &lt;br class='autobr' /&gt;
En promenade dans le 13&#232;me, nous d&#233;butons notre parcours aux Gobelins, par le Square Ren&#233; Le Gall. Dans une petite portion &#224; l'entr&#233;e, un jardin partag&#233;, des jeunes y avancent t&#234;te baiss&#233;e. Ils cherchent des chocolats de P&#226;ques. Leur m&#232;re repasse derri&#232;re eux pour leur montrer ceux qu'ils ont oubli&#233; en chemin. En observant les plantes, les fleurs et les arbres du jardin, nous en trouvons &#224; notre tour, au milieu de l'herbe, en &#233;quilibre sur une branche, sous les (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/ecriture" rel="tag"&gt;&#201;criture&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/journal" rel="tag"&gt;Journal&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/numerique" rel="tag"&gt;Num&#233;rique&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/photographie" rel="tag"&gt;Photographie&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/recit" rel="tag"&gt;R&#233;cit&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/regard" rel="tag"&gt;Regard&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/quotidien" rel="tag"&gt;Quotidien&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/derive" rel="tag"&gt;D&#233;rive&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/histoire" rel="tag"&gt;Histoire&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.liminaire.fr/local/cache-vignettes/L150xH75/contacts_succcessifs_1_-2-d969e.png?1775977301' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='75' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;R&#233;inventer en temps r&#233;el&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En promenade dans le 13&#232;me, nous d&#233;butons notre parcours aux Gobelins, par le Square Ren&#233; Le Gall. Dans une petite portion &#224; l'entr&#233;e, un jardin partag&#233;, des jeunes y avancent t&#234;te baiss&#233;e. Ils cherchent des chocolats de P&#226;ques. Leur m&#232;re repasse derri&#232;re eux pour leur montrer ceux qu'ils ont oubli&#233; en chemin. En observant les plantes, les fleurs et les arbres du jardin, nous en trouvons &#224; notre tour, au milieu de l'herbe, en &#233;quilibre sur une branche, sous les feuilles des arbustes. Le charme de ce jardin vient de la diversit&#233; de ses espaces. Il y a la partie occup&#233;e par des bandes de gazon au centre desquelles se dresse un ob&#233;lisque encadr&#233; par quatre gloriettes. Au centre, le sous-bois divis&#233; en bosquets s'ordonne autour de l'all&#233;e m&#233;diane, plant&#233;e de diverses essences qui viennent s'ajouter aux charmes et aux c&#232;dres bleus plant&#233;s sur le pourtour du jardin. En avan&#231;ant dans le jardin, nous croisons deux femmes qui discutent. J'entends l'une d'elles prononcer cette phrase : &lt;i&gt;Je ne suis pas tr&#232;s virtuelle&lt;/i&gt;. Le jardin est situ&#233; &#224; l'emplacement de l'ancien potager des tapissiers de la Manufacture des Gobelins. Celui-ci se dressait sur une des nombreuses petites &#238;les que la Bi&#232;vre entourait autrefois. On l'appelait l'Ile aux Singes, les bateleurs avaient l'habitude d'y laisser leurs singes en toute libert&#233;. L'Ile de la Cit&#233; et l'Ile Saint-Louis voisinaient avec l'Ile Louviers et l'Ile Maquerelle. La vall&#233;e de la Bi&#232;vre &#233;tait alors un lieu tr&#232;s vivant, dynamique, malgr&#233; les odeurs putrides qui s'&#233;chappaient de la rivi&#232;re. Les Parisiens venaient s'encanailler dans les guinguettes, qui s'&#233;taient multipli&#233;es apr&#232;s la construction du mur des Fermiers G&#233;n&#233;raux, car le vin n'y &#233;tait pas tax&#233;. On y buvait une bi&#232;re r&#233;put&#233;e depuis que des ouvriers flamands, venus travailler &#224; la Manufacture des Gobelins, avaient ouvert sur place des brasseries. Traverser l'espace d'une ville c'est le parcourir &#224; travers le palimpseste d'un temps qu'on ne per&#231;oit que certaines strates.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_8722 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.liminaire.fr/IMG/jpg/55174108987_c4e54efdf5_k.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.liminaire.fr/local/cache-vignettes/L500xH333/55174108987_c4e54efdf5_k-de70c.jpg?1775977302' width='500' height='333' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;center&gt;Bassin de l'Arsenal, Place de la Bastille, Partis 12&#232;me, 29 mars 2026&lt;/center&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Grand retard&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous contactons un usager de la biblioth&#232;que &#224; propos d'un grand retard. Il devait rendre le 13 janvier 2026 l'ouvrage qu'il avait emprunt&#233;. Nous l'invitons &#224; le rapporter au plus vite &#224; la biblioth&#232;que, avant qu'il ne re&#231;oive une facture du Tr&#233;sor public. Je ne peux m'emp&#234;cher de sourire en d&#233;couvrant le titre du livre : &lt;i&gt;La procrastination : l'art de reporter au lendemain&lt;/i&gt;, de John Perry.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Toutes les images du futur&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;En qu&#234;te d'info&lt;/i&gt; est le festival de d&#233;cryptage des m&#233;dias dans les biblioth&#232;ques de Paris. &#192; cette occasion, j'ai anim&#233; plusieurs ateliers autour de l'IA pour diff&#233;rents types de publics. Dans l'atelier sur la cr&#233;ation d'images, de vid&#233;os et de musique, nous avons tent&#233; de rep&#233;rer celles g&#233;n&#233;r&#233;es par l'IA pour questionner ces diff&#233;rents m&#233;dias, afin d'inviter le public &#224; d&#233;velopper son esprit critique, &#224; mieux s'informer et &#224; r&#233;fl&#233;chir &#224; la place qu'on accorde &#224; l'IA dans notre rapport aux images et &#224; l'information. Je me suis rendu compte que les images cr&#233;&#233;es r&#233;cemment avec l'IA &#233;taient devenues beaucoup plus difficiles &#224; diff&#233;rencier qu'auparavant. Les pr&#233;cautions d'usage pour rep&#233;rer ces images ne sont plus aussi efficaces. Les d&#233;tails anatomiques par exemple, comme les pupilles asym&#233;triques, les reflets identiques dans les deux yeux ou des regards &#171; vitreux &#187; qui &#233;taient caract&#233;ristiques jusqu'&#224; pr&#233;sent, ne le sont plus autant. Il en va de m&#234;me pour la coh&#233;rence physique. Les IA peinaient &#224; reproduire fid&#232;lement l'interaction de la lumi&#232;re avec les objets. Les ombres ne correspondaient pas toujours &#224; la source lumineuse apparente et les reflets pouvaient &#234;tre fauss&#233;s. C'est de moins en moins le cas. De m&#234;me pour les imperfections textuelles. Les mots sont moins d&#233;form&#233;s, illisibles. La tendance &#224; la perfection &#233;tait une particularit&#233; esth&#233;tique de cette technologie. Une image trop parfaite est suspecte. L'IA avait tendance &#224; cr&#233;er des surfaces anormalement lisses, une peau sans pores ni imperfections, et des couleurs trop satur&#233;es ou artificiellement att&#233;nu&#233;es. Dans la nature, les textures pr&#233;sentent toujours une certaine irr&#233;gularit&#233;, l'IA peinait &#224; les reproduire de mani&#232;re convaincante, m&#234;me si on assiste depuis peu &#224; des &#233;volutions remarquables.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_8723 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.liminaire.fr/IMG/jpg/53210475789_35bada3a5c_k.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.liminaire.fr/local/cache-vignettes/L500xH333/53210475789_35bada3a5c_k-057f3.jpg?1775977302' width='500' height='333' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;center&gt;Atelier Lardeur, rue du Cherche-Midi, Paris 6&#232;me, 24 septembre 2023&lt;/center&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;L'attente patiente de ce moment pr&#233;cis&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;https://liminaire.fr/projets/article/rien-que-les-heures&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Rien que les heures&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt; est arriv&#233;. Un enchainement de circonstances m'emp&#234;che de trouver le temps de prendre le livre en main et de le parcourir. Je v&#233;rifie juste la derni&#232;re correction apport&#233; au texte, mais rest&#233;e sans r&#233;ponse, une coquille sur le nom de mon premier &#233;diteur. J'ouvre le livre, le soup&#232;se, tourne bri&#232;vement quelques pages. Je dois aller travailler. J'attends curieusement d'&#234;tre seul le soir avec le livre pour le consulter plus attentivement. J'aime la couleur et le graphisme de la couverture. La taille du livre. La qualit&#233; du papier, pas trop mince comme cela arrive de plus en plus souvent. La mise en page, qui est moins a&#233;r&#233;e que celle que j'avais imagin&#233;e en envoyant le texte il y a huit mois, mais dont &#201;ric m'a persuad&#233; de la pertinence, permet en effet une lecture plus fluide. Je lis quelques passages. Je me s&#233;pare du texte pour mieux le retrouver. Je ne le lis plus comme j'ai pu le faire pendant ces derniers mois de relecture, avec cette impression d'un texte mouvant, sans arr&#234;t changeant, aux multiples variations et d&#233;veloppements possibles. Les mots sont &#233;crits noirs sur blancs. Ils acqui&#232;rent une forme d'autonomie qui me permet un certain d&#233;tachement dans ma lecture. Je sais que je suis l'auteur de ce livre, mais avec sa publication, et l'objet clos que je tiens enfin entre mes mains, je deviens son premier lecteur.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>Journal du regard : Mars 2026</title>
		<link>https://www.liminaire.fr/chronique/journal/article/journal-du-regard-mars-2026</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.liminaire.fr/chronique/journal/article/journal-du-regard-mars-2026</guid>
		<dc:date>2026-04-01T07:00:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Pierre M&#233;nard</dc:creator>


		<dc:subject>Art</dc:subject>
		<dc:subject>Architecture</dc:subject>
		<dc:subject>Biographie</dc:subject>
		<dc:subject>&#201;criture</dc:subject>
		<dc:subject>Journal</dc:subject>
		<dc:subject>Livre</dc:subject>
		<dc:subject>Musique</dc:subject>
		<dc:subject>Sons</dc:subject>
		<dc:subject>Vid&#233;o</dc:subject>
		<dc:subject>Paris</dc:subject>
		<dc:subject>Marseille</dc:subject>
		<dc:subject>Paysage</dc:subject>
		<dc:subject>Journal du regard</dc:subject>
		<dc:subject>L'espace d'un instant</dc:subject>
		<dc:subject>D&#233;rive</dc:subject>
		<dc:subject>Num&#233;rique</dc:subject>
		<dc:subject>Travail</dc:subject>
		<dc:subject>Regard</dc:subject>
		<dc:subject>Quotidien</dc:subject>
		<dc:subject>Voyage</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Chaque mois, un film regroupant l'ensemble des images prises au fil des jours, le mois pr&#233;c&#233;dent, et le texte qui s'&#233;crit en creux. &lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; Une sorte de palimpseste, dans lequel doivent transpara&#238;tre les traces - t&#233;nues mais non d&#233;chiffrables - de l'&#233;criture &#8220;pr&#233;alable&#8221; &#187;. &lt;br class='autobr' /&gt;
Jorge Luis Borges, Fictions &lt;br class='autobr' /&gt; Rien que les heures, mon livre qui para&#238;t aux &#233;ditions JOU en mai prochain, est un r&#233;cit qui se d&#233;roule sur une journ&#233;e, du jour au lendemain. Chaque heure de cette journ&#233;e, de 00h24 &#224; 23h53, (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.liminaire.fr/chronique/journal/" rel="directory"&gt;Journal&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/ecriture" rel="tag"&gt;&#201;criture&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/musique" rel="tag"&gt;Musique&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/sons" rel="tag"&gt;Sons&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/video" rel="tag"&gt;Vid&#233;o&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/paris" rel="tag"&gt;Paris&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/marseille" rel="tag"&gt;Marseille&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/paysage" rel="tag"&gt;Paysage&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/journal-du-regard" rel="tag"&gt;Journal du regard&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/l-espace-d-un-instant" rel="tag"&gt;L'espace d'un instant&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/derive" rel="tag"&gt;D&#233;rive&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/numerique" rel="tag"&gt;Num&#233;rique&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/travail" rel="tag"&gt;Travail&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/regard" rel="tag"&gt;Regard&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/quotidien" rel="tag"&gt;Quotidien&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/voyage" rel="tag"&gt;Voyage&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.liminaire.fr/local/cache-vignettes/L150xH84/capture_d_e_cran_2026-03-30_a_00.04_14-0e6de.png?1775026977' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='84' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;i&gt;Chaque mois, un film regroupant l'ensemble des images prises au fil des jours, le mois pr&#233;c&#233;dent, et le texte qui s'&#233;crit en creux.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Une sorte de palimpseste, dans lequel doivent transpara&#238;tre les traces - t&#233;nues mais non d&#233;chiffrables - de l'&#233;criture &#8220;pr&#233;alable&#8221; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Jorge Luis Borges, &lt;i&gt;Fictions&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;center&gt;&lt;iframe width=&#034;660&#034; height=&#034;415&#034; src=&#034;https://www.youtube.com/embed/fKnTZ2gwD2M&#034; title=&#034;&#034; frameborder=&#034;0&#034; allow=&#034;accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share&#034; referrerpolicy=&#034;strict-origin-when-cross-origin&#034; allowfullscreen&gt;&lt;/iframe&gt;&lt;/center&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;a href=&#034;https://editionsjou.net/produit/rien-que-les-heures/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;i&gt;Rien que les heures&lt;/i&gt;, mon livre qui para&#238;t aux &#233;ditions JOU&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt; en mai prochain, est un r&#233;cit qui se d&#233;roule sur une journ&#233;e, du jour au lendemain. Chaque heure de cette journ&#233;e, de 00h24 &#224; 23h53, correspond &#224; un lieu &#224; Paris &#224; une heure pr&#233;cise. Cet endroit est situ&#233; sur une ligne qui traverse Paris du nord au sud, en longeant le m&#233;ridien de Paris. Ce m&#233;ridien a &#233;t&#233; d&#233;fini pour la premi&#232;re fois le 21 juin 1667, jour du solstice d'&#233;t&#233;. Il traverse la France de Dunkerque &#224; Perpignan. L'emplacement de l'Observatoire de Paris, dans le 14&#7497; arrondissement, a &#233;t&#233; d&#233;termin&#233; &#224; cette date et de fa&#231;on &#224; ce que cette ligne imaginaire le traverse. C'est &#224; partir du m&#233;ridien de Paris que le syst&#232;me m&#233;trique a &#233;t&#233; cr&#233;&#233;. Le m&#232;tre est la 1/10 000 000&#7497; partie de la moiti&#233; du m&#233;ridien. Il a ensuite &#233;t&#233; abandonn&#233; au profit du m&#233;ridien de Greenwich en 1884. Le r&#233;cit est divis&#233; en soixante chapitres, des &#233;tapes sur ces lieux qui ne sont d&#233;sign&#233;s tout d'abord que par leurs coordonn&#233;es g&#233;olocalis&#233;es (on trouve cependant &#224; la fin du livre leurs adresses pr&#233;cises, dans un index complet). &#192; chaque &#233;tape du parcours, en fonction de l'heure qu'il est &#224; Paris, on peut lire sept r&#233;cits se d&#233;roulant au m&#234;me moment dans sept lieux diff&#233;rents r&#233;partis dans le monde entier, mais &#224; une heure alternative selon le fuseau horaire de l'histoire racont&#233;e. Pour ce projet sur l'espace et le temps, j'ai choisi le nombre d'&#233;tapes, en r&#233;f&#233;rence au nombre de secondes dans une minute et de minutes dans une heure. Je souhaitais &#233;galement que le chiffre des minutes de chaque &#233;tape soit diff&#233;rent, et contenu entre 1 et 60. J'ai choisi le chiffre sept pour le nombre de lieux en r&#233;f&#233;rence au nombre de jours dans une semaine, sans penser aux bottes de sept lieux du &lt;i&gt;Petit Poucet&lt;/i&gt; de Charles Perrault, dont les bottes magiques permettent de parcourir, comme dans mon livre, de tr&#232;s grandes distances en tr&#232;s peu de temps. Pour accompagner la sortie du livre, je pr&#233;pare une webfiction en ligne, qui permettra de d&#233;couvrir le r&#233;cit, accompagn&#233; de courtes vid&#233;os film&#233;es dans les soixante lieux parisiens, des photographies qui sont &#224; l'origine des textes, qu'on a pu d&#233;couvrir sur mon site, entre janvier 2021 et f&#233;vrier 2022, sous la forme d'un r&#233;cit par fragments et d'un podcast, intitul&#233;s &lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;https://liminaire.fr/projets/article/rien-ne-ressemble-a-ce-dont-je-ne-me-souviens-pas&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;L'espace d'un instant&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;. et des textes qu'on pourra lire et &#233;couter, dans la nouvelle version du r&#233;cit. Pour pr&#233;parer le tournage de ces vid&#233;os au printemps, j'ai fait quelques rep&#233;rages sur les lieux o&#249; je vais filmer. Il y a de nombreuses s&#233;quences qui se d&#233;rouleront dans le jardin du Luxembourg, et autour de l'Observatoire de Paris.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les plus avertis s'en rendront compte en regardant les images de ce journal, il y a quelque chose de chang&#233; dans la prise de vue. La cam&#233;ra DJI Osmo Pocket que j'utilisais depuis 2019 ne fonctionne plus. Le bouton d'enregistrement s'est brusquement bloqu&#233; alors que nous d&#233;ambulions en famille dans le parc Montsouris. La prise en main d'un nouvel outil prend toujours un peu de temps. La cam&#233;ra de la m&#234;me marque que la pr&#233;c&#233;dente que j'ai achet&#233;e est un peu plus encombrante, plus lourde &#233;galement, elle poss&#232;de un &#233;cran qui m'a un peu d&#233;stabilis&#233; au d&#233;part pour le cadrage, mais question mise au point et stabilit&#233; de l'image, elle est encore plus efficace que la pr&#233;c&#233;dente.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je ne pensais pas revenir &#224; la &lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;https://villa-arson.fr/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Villa Arson &#224; Nice&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;. Nina a termin&#233; en fin d'ann&#233;e derni&#232;re ses cinq ans d'&#233;tudes sup&#233;rieures, et m&#234;me si Caroline et moi nous avons une amie qui vit d&#233;sormais &#224; Nice, je n'envisageais pas d'y revenir et de revoir l'&#233;cole. Comme ma fille y avait laiss&#233; des affaires au moment de partir vivre &#224; Marseille, et qu'elle n'avait pas r&#233;ussi &#224; y retourner depuis son d&#233;part, je lui ai propos&#233; de l'y accompagner &#224; l'occasion de notre bref s&#233;jour &#224; Marseille. En effet, avec Caroline, nous sommes venus travailler une semaine sur notre projet d'&#233;criture &lt;i&gt;Autour&lt;/i&gt; (devenu &lt;i&gt;Nostos&lt;/i&gt;) pour lequel nous avions &#233;t&#233; accueillis l'&#233;t&#233; dernier &lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;https://www.la-marelle.org/en-creation/residences/1593-pierre-menard-et-caroline-diaz-a-la-ciotat.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;en r&#233;sidence &#224; La Ciotat &#224; l'invitation de La Marelle&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;. &#192; chaque fois que j'ai eu l'occasion de me rendre &#224; la Villa Arson, j'ai film&#233; quelques s&#233;quences sur place, car c'est un lieu de cr&#233;ation magnifique situ&#233; sur les hauteurs de Nice, &#224; la fois &#233;cole d'art et espace d'exposition, avec son architecture en b&#233;ton et galets, son jardin aux arbres centenaires qui offre une vue incroyable sur toute la ville. &#192; chaque fois que je postais des images de mon passage, le responsable de la biblioth&#232;que me disait que j'aurais d&#251; lui dire que je passais, nous aurions pu r&#233;aliser ensemble un entretien sous forme de podcast. Cette fois-ci, j'ai finalement devanc&#233; sa proposition, et nous avons enregistr&#233; un entretien autour de mon parcours.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quand on arrive &#224; Marseille en train, on a l'impression que la gare tourne le dos &#224; certains quartiers au profit d'une unique ouverture sur le centre-ville. La Belle de Mai est un ancien quartier ouvrier qui para&#238;t abandonn&#233; depuis de longues ann&#233;es, m&#234;me si les choses changent peu &#224; peu. La veille, de retour de Nice, Caroline, Nina et moi, nous avions travers&#233; rapidement les ruelles &#233;troites du quartier, &#224; bord d'un taxi, pour rapporter les affaires de Nina dans son appartement du boulevard Ricard. Dans notre trajet nocturne, nous avons &#233;t&#233; surpris par le nombre de personnes dehors &#224; cette heure, marchant sur les trottoirs, traversant la route en pressant le pas, mangeant et buvant debout devant les caf&#233;s. C'&#233;tait l'heure de la rupture du je&#251;ne, la fin du ramadan toute proche. Le lendemain nous sommes repass&#233;s dans le quartier, marchant &#224; travers les m&#234;mes rues, cette fois presque d&#233;sertes. Nina nous a conseill&#233; d'emprunter la rue Levat. Au milieu de cette ruelle &#233;troite qui serpente entre murets, maisons de ville et petits immeubles, un portail ouvre sur un ancien couvent reconverti depuis peu en lieu de cr&#233;ation, de rencontres et de diffusion. On entre &#224; l'int&#233;rieur, le jardin est immense. C'est une parenth&#232;se dans la ville. Un moment suspendu. Une respiration.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Ici n'est d&#233;j&#224; plus</title>
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		<dc:creator>Pierre M&#233;nard</dc:creator>


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		<description>
&lt;p&gt;L'enfance de l'art &lt;br class='autobr' /&gt;
J'anime samedi prochain un atelier de broderie sur photographie &#224; la biblioth&#232;que. Je n'avais jamais brod&#233; jusqu'&#224; pr&#233;sent, mais j'ai pens&#233; que cela me plairait d'apprendre cette technique. Ce qui m'a motiv&#233; pour proposer cet atelier, c'&#233;tait que la broderie permet une approche in&#233;dite de la photographie. Ce qui m'int&#233;resse, c'est de proposer aux participantes &#224; l'atelier de travailler &#224; partir d'un mat&#233;riau pr&#233;existant, une photographie personnelle, des images (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/regard" rel="tag"&gt;Regard&lt;/a&gt;, 
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		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.liminaire.fr/local/cache-vignettes/L150xH75/contacts_succcessifs_65_1_-60208.png?1774767988' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='75' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;L'enfance de l'art&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J'anime samedi prochain un atelier de broderie sur photographie &#224; la biblioth&#232;que. Je n'avais jamais brod&#233; jusqu'&#224; pr&#233;sent, mais j'ai pens&#233; que cela me plairait d'apprendre cette technique. Ce qui m'a motiv&#233; pour proposer cet atelier, c'&#233;tait que la broderie permet une approche in&#233;dite de la photographie. Ce qui m'int&#233;resse, c'est de proposer aux participantes &#224; l'atelier de travailler &#224; partir d'un mat&#233;riau pr&#233;existant, une photographie personnelle, des images d'archives ou des cartes postales anciennes. L'enjeu est de mettre en valeur certains &#233;l&#233;ments de l'image, d'ajouter des textures, des motifs, du texte, de structurer certaines lignes de forces, de souligner certains d&#233;tails, bref de cr&#233;er un effet visuel surprenant par rapport &#224; l'original. Gr&#226;ce &#224; la combinaison de l'image et des fils, chaque cr&#233;ation devient unique. Aujourd'hui, j'ai r&#233;alis&#233; ma premi&#232;re broderie, &#224; partir d'une de mes photographies, deux sculptures de mains stylis&#233;es derri&#232;re une vitrine. J'ai soulign&#233; le contour des deux mains pour les rendre plus apparentes. Puis, entre ces deux mains l'une &#224; c&#244;t&#233; de l'autre, j'ai tir&#233; de faux fils pour &#233;voquer le jeu de la ficelle &#224; doigts qu'on pratique dans l'enfance. Pendant que je m'exer&#231;ais &#224; enfiler les trois brins de fil &#224; broder dans le minuscule chas de l'aiguille, puis &#224; broder en suivant le point de tige avec des fils de diff&#233;rentes couleurs, je n'ai pas vu le temps passer, absorb&#233; par la r&#233;p&#233;tition de mes gestes, concentr&#233; pour maintenir une r&#233;gularit&#233; des points, sans abimer la photo.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_8712 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.liminaire.fr/IMG/jpg/55158695180_ffa0bc7879_k_1_.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.liminaire.fr/local/cache-vignettes/L500xH333/55158695180_ffa0bc7879_k_1_-cb382.jpg?1774767989' width='500' height='333' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;center&gt;Jardins du Couvent, rue Levat, Marseille 3&#232;me, 20 mars 2026&lt;/center&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Cette &#233;paisseur diffuse o&#249; rien ne se montre&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En t&#233;l&#233;travail &#224; la maison, je r&#233;alise deux montages pour la biblioth&#232;que, l'un &#224; partir d'extraits de films sur les robots et l'IA, dans le cadre d'une pr&#233;sentation vid&#233;o qui aura lieu le samedi 18 avril, et le second sur &lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;https://liminaire.fr/ecriture/au-lieu-de-se-souvenir/article/journal-du-combat-9&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;le chantier de la place du Colonel Fabien que j'ai suivi pendant un an&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;. Pour ce montage, j'avais plus de deux heures de rushs tourn&#233;s entre janvier 2025 et mars 2026. et je souhaitais r&#233;aliser une vid&#233;o de moins de quinze minutes. Cela supposait d'enlever de nombreux plans, de couper dans la mati&#232;re des images. Aux premiers visionnages, on h&#233;site souvent &#224; trop en enlever, puis progressivement on se lib&#232;re, on se l&#226;che, on ne doit garder que l'essentiel, et c'est &#224; force de visionnages et de d&#233;coupages que l'essentiel se r&#233;v&#232;le, cela devient &#233;vident en &#233;vidant. Mais ce qu'on enl&#232;ve n'est pas perdu, c'est m&#234;me ce qu'on enl&#232;ve qui nous permet d'en enlever encore, de clarifier ce qu'on va garder, qui s'&#233;claire et se pr&#233;cise dans la r&#233;p&#233;tition de ces coupes. La derni&#232;re fois que nous nous sommes vus avec Anne, elle &#233;voquait les milliers de mots qu'elle avait d&#251; supprimer avant la publication de son livre &lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;https://liminaire.fr/creation/livre-lecture/article/f-comme-fugue-polyphonie-de-voix-au-milieu-du-fracas&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Bruits&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;. Je sentais une pointe de regret dans sa remarque, comme si ces pages existaient encore pour elle, alors m&#234;me que le livre est publi&#233; et clos sur lui-m&#234;me. Ce qu'on a supprim&#233; des versions pr&#233;c&#233;dentes n'a plus lieu d'&#234;tre selon moi, malgr&#233; le temps pass&#233; &#224; y travailler, et l'int&#233;r&#234;t de ce travail. La disparition de ces fragments est au c&#339;ur de la r&#233;ussite du projet, de l'&#339;uvre, puisqu'elle d&#233;termine sa coh&#233;sion g&#233;n&#233;rale.&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Pour te r&#233;pondre sur ce qu'on enl&#232;ve et regrette, l'autre soir, j'entends (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Au loin le cr&#233;puscule&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Commencer quelque chose en sachant qu'on sera interrompu, mais le faire quand m&#234;me. Sentir que tout arrive trop vite alors que rien d'important ne s'est encore produit. Continuer &#224; r&#233;fl&#233;chir alors que la r&#233;ponse ne changera plus rien. Ne pas r&#233;pondre tout de suite, attendre que l'&#233;motion retombe. Savoir ce qu'on va faire, mais repousser de quelques secondes le moment de le faire. Ressentir une faute minuscule que personne n'a vue et vouloir quand m&#234;me la r&#233;parer. Rester immobile dans une pi&#232;ce en esp&#233;rant qu'un bruit donne une direction au moment qu'on traverse. Participer &#224; une conversation tout en observant en secret autre chose. Regarder des visages au hasard comme si l'un d'eux allait soudain compter. Avoir une certitude sans se rappeler ce qui l'a provoqu&#233;e. Imaginer tr&#232;s clairement ce qui aurait pu arriver et ressentir cependant une forme de satisfaction que cela n'arrive pas. Ne pas choisir vraiment, mais accepter ce qui arrive comme si c'&#233;tait volontaire. Ranger un objet &#224; sa place tout en sachant qu'on va le reprendre dans deux minutes. R&#233;aliser apr&#232;s coup qu'on aurait voulu rester un peu plus longtemps sur place. Ne rien dire parce que ce silence-l&#224; se suffit &#224; lui seul. Entendre les mots mais les comprendre seulement quelques minutes apr&#232;s. Interrompre son geste et rester l&#224; quelques secondes, sans bouger, comme si le monde avait chang&#233; de direction. Se sentir plus lent sans comprendre &#224; quel moment cela a commenc&#233;. Rester quelque part simplement pour voir comment la lumi&#232;re peut changer. &#202;tre perdu dans ses pens&#233;es en regardant au loin le cr&#233;puscule.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_8711 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.liminaire.fr/IMG/jpg/55161022670_9c4968e149_k.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.liminaire.fr/local/cache-vignettes/L500xH333/55161022670_9c4968e149_k-3b6b8.jpg?1774767989' width='500' height='333' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;center&gt;Rue Germaine Tailleferre, Paris 19&#232;me, 18 juillet 2020&lt;/center&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Ce ciel et le ciel suivant&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J'ai vu les arbres se couvrir de feuilles en quelques jours, alors qu'il restait encore sur certaines branches des feuilles mortes de l'automne. J'ai vu des lumi&#232;res si changeantes, fluctuant en fonction des vents qui soufflaient si forts ce jour-l&#224;, que tout le paysage passait de l'ombre &#224; la lumi&#232;re dans un mouvement ondulatoire rappelant les murmurations d'oiseaux. J'ai vu des femmes chinoises improviser une danse sur une musique r&#233;p&#233;titive au milieu d'une place pav&#233;e tremp&#233;e par la pluie de la nuit pr&#233;c&#233;dente, leurs gestes d&#233;butant une chor&#233;graphie tout en persuadant de nouvelles arrivantes du bien-fond&#233; de ce lieu pour danser. J'ai vu des corneilles se poser sur les branches d'un bouleau en fleurs, puis arracher des brindilles afin de fabriquer leur nid, &#224; chacun de leurs mouvements, les chatons des bouleaux lib&#233;raient un nuage de pollen dor&#233; dans l'air. J'ai vu un d&#233;fil&#233; d'animaux fantastiques, dragons, licornes, salamandres, se d&#233;ployant dans la forme &#233;vanescente des nuages. J'ai vu des averses de pluie et de gr&#234;le si soudaines qu'elles formaient sur la route des flaques dont les reflets s'agrandissaient en paraissant aspirer toute la ville &#224; leur surfacer. J'ai vu des cerisiers en fleurs qui perdaient leur iconicit&#233; dans le gris d'un ciel sombre.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Pour te r&#233;pondre sur ce qu'on enl&#232;ve et regrette, l'autre soir, j'entends parler d'un incendie dont le d&#233;part de feu s'est produit dans un faux plafond et soudain je me dis : &#034;Merde, merde, merde, c'&#233;tait dans &lt;i&gt;Bruits&lt;/i&gt; !&#034; comme si on m'avait enlev&#233; quelque chose. D'une part, il y a tant de choses dans ce livre qu'il s'y trouve peut-&#234;tre encore (je n'ai pas v&#233;rifi&#233;). D'autre part, suivant de pr&#232;s ce regret (non pas que le passage ne soit plus dans le livre, mais qu'il n'existe plus tout court), je me suis souvenue que j'avais l'intention d'&#233;crire un autre livre dans lequel ce paragraphe, ou cette page, pourraient revenir. Ainsi, &lt;i&gt;Bruits&lt;/i&gt; est-il meilleur d'avoir perdu, en tout, 200.000 signes (ce qui corrobore ce que tu dis). Ainsi, &#233;galement, cette perte m'offre-t-elle la possibilit&#233; de commencer un autre livre.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Ce qu'il faut au jour</title>
		<link>https://www.liminaire.fr/chronique/entre-les-lignes/article/ce-qu-il-faut-au-jour</link>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Pierre M&#233;nard</dc:creator>


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		<dc:subject>R&#234;ve</dc:subject>
		<dc:subject>Sensation</dc:subject>
		<dc:subject>Quotidien</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Un pas encore et tout dispara&#238;t &lt;br class='autobr' /&gt;
Je tombe malade, ma cam&#233;ra tombe en panne. La plupart du temps, des &#233;v&#233;nements concomitants n'ont cependant rien de commun, seule la simultan&#233;it&#233; de leurs surgissements les associe myst&#233;rieusement. Et c'est ce qui m'arrive. Je ne parviens pas &#224; s&#233;parer ces deux &#233;v&#233;nements qui n'ont pourtant rien &#224; voir. Dans les all&#233;es ensoleill&#233;es du parc Montsouris, apr&#232;s avoir mang&#233; en famille &#224; la terrasse d'un restaurant, nous cheminons un peu au hasard, sans but (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/information" rel="tag"&gt;Information&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/numerique" rel="tag"&gt;Num&#233;rique&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/photographie" rel="tag"&gt;Photographie&lt;/a&gt;, 
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 <content:encoded>&lt;img src='https://www.liminaire.fr/local/cache-vignettes/L150xH75/contacts_succcessifs_63_1_-6a586.png?1773561629' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='75' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Un pas encore et tout dispara&#238;t&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je tombe malade, ma cam&#233;ra tombe en panne. La plupart du temps, des &#233;v&#233;nements concomitants n'ont cependant rien de commun, seule la simultan&#233;it&#233; de leurs surgissements les associe myst&#233;rieusement. Et c'est ce qui m'arrive. Je ne parviens pas &#224; s&#233;parer ces deux &#233;v&#233;nements qui n'ont pourtant rien &#224; voir. Dans les all&#233;es ensoleill&#233;es du parc Montsouris, apr&#232;s avoir mang&#233; en famille &#224; la terrasse d'un restaurant, nous cheminons un peu au hasard, sans but pr&#233;cis. Vers la fin du parcours, je cherche &#224; filmer le lac, le bouton de ma cam&#233;ra est devenu tout mou, il n'offre plus aucune r&#233;sistance, il s'enfonce mais ne d&#233;clenche plus l'enregistrement vid&#233;o. Je peux allumer et &#233;teindre sans difficult&#233; la cam&#233;ra mais je ne parviens plus &#224; filmer. Combien de fois ai-je fait ce r&#234;ve du d&#233;clencheur d'un appareil photo qui s'enrayait, du bouton d'une cam&#233;ra qui ne r&#233;pondait pas &#224; la pression de mon doigt. Avec cette impression de perte et d'effacement, d'inach&#232;vement et d'impuissance. Il y a quelques mois, j'avais d&#233;j&#224; rencontr&#233; ce probl&#232;me technique avec ma cam&#233;ra. Quelques jours apr&#232;s, cependant, le bouton fonctionnait &#224; nouveau sans que je comprenne comment cela s'&#233;tait r&#233;solu. J'inspecte m&#233;ticuleusement le m&#233;canisme &#224; la maison, mais rien n'y fait. Dans la nuit enfi&#233;vr&#233;e, les mots et les gestes se r&#233;p&#232;tent en boucle dans mon esprit, d&#233;passent l'ordinaire diurne, pour se transformer en leitmotiv incantatoire. Je formule les phrases que je vais prononcer au r&#233;veil pour dire la nuit d&#233;testable que je viens de passer, pour pr&#233;venir mes coll&#232;gues que je ne viendrai pas travailler. Mais une fois debout, tout cela est pass&#233;, derri&#232;re moi. Bien s&#251;r le manque de sommeil se fera sentir. La fatigue, les toux r&#233;p&#233;t&#233;es, la difficult&#233; &#224; respirer, les frissons intempestifs. La journ&#233;e de travail va &#234;tre bien longue. Mais j'ai d&#233;j&#224; command&#233; une nouvelle cam&#233;ra. Et c'est un soulagement.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_8699 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.liminaire.fr/IMG/jpg/55125362040_e1182e4c9c_k.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.liminaire.fr/local/cache-vignettes/L500xH333/55125362040_e1182e4c9c_k-f077a.jpg?1773561630' width='500' height='333' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;center&gt;Autoportrait, Jardin du Luxembourg, Paris 6&#232;me, 2 mars 2026&lt;/center&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le flou des retomb&#233;es&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette femme se rend &#224; la biblioth&#232;que avec sa jeune fille. Elle cherche un guide de voyage pour le Japon. Elle dit &#224; son enfant qui sort des rayonnages un livre volumineux, non un livre pas trop gros. On va juste &#224; Tokyo et &#224; Kyoto ! Je souris lorsqu'elles passent devant moi. Je ne peux m'emp&#234;cher de leur dire c'est un beau voyage. La m&#232;re se retourne vers moi et je l'entends dire : Nous allons voir les cerisiers en fleurs au Japon. Je sais bien que je vais retourner une cinqui&#232;me fois au Japon avec Caroline en octobre prochain, je suis donc mal plac&#233; a priori pour juger le voyage de cette inconnue, mais dans la l&#233;g&#232;ret&#233; de sa phrase que la joie de la perspective de ce voyage peut sans doute expliquer, je d&#233;note une incons&#233;quence d&#233;plac&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Les &#233;vidences et les incertitudes&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Caroline part quelques jours dans sa famille dans le sud. Je continue &#224; travailler, mais nous allons nous retrouver dans quelques jours &#224; Marseille afin de reprendre le travail sur &lt;i&gt;Autour&lt;/i&gt; devenu depuis &lt;i&gt;Nostos&lt;/i&gt;, le projet que nous avons men&#233; pendant un mois l'&#233;t&#233; dernier &lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;https://www.la-marelle.org/en-creation/residences/1593-pierre-menard-et-caroline-diaz-a-la-ciotat.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&#224; La Ciotat, &#224; l'invitation de La Marelle&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;. Avant son d&#233;part, nous avons un peu discut&#233; de ce que nous souhaitions faire pendant cette semaine de travail. En effet, depuis notre retour de La Ciotat, nous n'avons pas r&#233;ussi &#224; reprendre le travail o&#249; nous l'avions laiss&#233;, un ensemble de textes cons&#233;quent qui correspondait &#224; l'objectif que nous nous &#233;tions fix&#233; : parvenir &#224; construire autour de diff&#233;rents personnages et de leurs points de vue vari&#233;s, dans des endroits r&#233;partis sur le pourtour m&#233;diterran&#233;en, des histoires se d&#233;roulant en contrepoint d'un &#233;v&#233;nement &#233;voqu&#233; par bribes, en filigrane, entre chaque r&#233;cit, l'errance d'un navire, le &lt;i&gt;Nostos&lt;/i&gt;, ayant sauv&#233; des migrants de la noyade, et qui erre sur la mer, aucun pays n'acceptant qu'il accoste sur son territoire. Depuis notre retour, pris par le travail et nos diff&#233;rents imp&#233;ratifs, le texte est rest&#233; inchang&#233;. Il s'est repos&#233; cependant. Nous avons pris un peu de distance avec lui, ce qui est toujours une bonne chose au moment de se remettre &#224; l'&#233;criture. J'ai commenc&#233; &#224; le relire, pris dans un double mouvement de surprise et de questionnement. L'&#233;tonnement de r&#233;aliser l'ampleur du texte &#233;crit &#224; deux en un mois, la coh&#233;sion du projet et en m&#234;me temps, des questions sur sa forme. Nous &#233;chafaudons ensemble, avant son d&#233;part, les points essentiels sur lesquels travailler pour tenter de r&#233;ussir, dans ce court temps de vacances enti&#232;rement consacr&#233; &#224; ce projet, &#224; transmettre au texte la dynamique et l'&#233;lan que nous voulons lui insuffler.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_8698 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.liminaire.fr/IMG/jpg/28090016800_7900ec3f95_k.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.liminaire.fr/local/cache-vignettes/L500xH334/28090016800_7900ec3f95_k-76424.jpg?1773561630' width='500' height='334' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;center&gt;Zoo du parc de la T&#234;te d'Or, Lyon, 16 juillet 2016&lt;/center&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Dans la poudre de leur &#233;vanescence&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je d&#233;couvre par hasard un article sur un gigantesque cylindre en acier qui a myst&#233;rieusement surgi du sol au beau milieu d'Osaka au Japon. Il s'agit d'un tube en acier d'un diam&#232;tre d'environ quatre m&#232;tres, utilis&#233; pour le sout&#232;nement des sols lors de la pr&#233;vention des inondations, au niveau des &#233;gouts. Il a transperc&#233; le sol, soulevant l'&#233;pais rev&#234;tement en bitume de la route. Il serait remont&#233; face &#224; la pression de l'eau en sous-sol, et s'est &#233;lev&#233; &#224; treize m&#232;tres dans les airs, juste en dessous de l'autoroute sur&#233;lev&#233;e Shin-Midosuji qui traverse la ville. Des ouvriers se sont empress&#233;s de verser de l'eau &#224; l'int&#233;rieur, ce qui a permis au cylindre de s'enfoncer de quelques m&#232;tres, &#233;vitant in extremis de buter contre le plateau m&#233;tallique de la route suspendue. Les routes situ&#233;es &#224; proximit&#233; ont tout de m&#234;me &#233;t&#233; ferm&#233;es &#224; la circulation depuis mercredi. En 2016, un &#233;norme gouffre s'&#233;tait ouvert sur une rue &#224; cinq voies &#224; Hakata. Ce gouffre avait provoqu&#233; des coupures d'&#233;lectricit&#233; et des perturbations de la circulation, mais les &#233;quipes avaient travaill&#233; sans rel&#226;che pour colmater cette br&#232;che b&#233;ante sur cette art&#232;re tr&#232;s fr&#233;quent&#233;e.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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