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	<title>LIMINAIRE</title>
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	<description>Une palpitation, un mouvement encore immobile, un espace de sursis dans la dissolution.</description>
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		<title>La distance du possible</title>
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		<dc:creator>Pierre M&#233;nard</dc:creator>


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		<description>
&lt;p&gt;Raconter cela consiste &#224; s'&#233;loigner &lt;br class='autobr' /&gt;
Joachim et Anne passent &#224; la maison pour pr&#233;parer la soir&#233;e du vendredi 12 juin &#224; la m&#233;diath&#232;que Fran&#231;oise Sagan, o&#249; nous allons lire ensemble des extraits de mon livre. Tr&#232;s vite, nous nous mettons au travail. Nos voix lisent &#224; tour de r&#244;le les diff&#233;rents fragments de plusieurs chapitres. Chacun avec sa voix, sa mani&#232;re de la poser sur le texte, de s'en emparer. C'est &#233;mouvant. &#192; la fin, Joachim s'&#233;tonne de la forme tr&#232;s particuli&#232;re de chaque fragment, (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.liminaire.fr/chronique/entre-les-lignes/" rel="directory"&gt;Entre les lignes&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/biographie" rel="tag"&gt;Biographie&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/ecriture" rel="tag"&gt;&#201;criture&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/journal" rel="tag"&gt;Journal&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/lecture" rel="tag"&gt;Lecture&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/livre" rel="tag"&gt;Livre&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/photographie" rel="tag"&gt;Photographie&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/recit" rel="tag"&gt;R&#233;cit&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/paris" rel="tag"&gt;Paris&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/paysage" rel="tag"&gt;Paysage&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/contacts-successifs" rel="tag"&gt;Contacts successifs&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/animal" rel="tag"&gt;Animal&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/quotidien" rel="tag"&gt;Quotidien&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/solitude" rel="tag"&gt;Solitude&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/sensation" rel="tag"&gt;Sensation&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/absence" rel="tag"&gt;Absence&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.liminaire.fr/local/cache-vignettes/L150xH75/contacts_succcessifs_9_1_-2-90df9.png?1780815619' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='75' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Raconter cela consiste &#224; s'&#233;loigner&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Joachim et Anne passent &#224; la maison pour pr&#233;parer &lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;https://www.paris.fr/evenements/lecture-et-rencontre-avec-pierre-menard-108349&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;la soir&#233;e du vendredi 12 juin &#224; la m&#233;diath&#232;que Fran&#231;oise Sagan&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;, o&#249; nous allons lire ensemble des extraits de mon livre. Tr&#232;s vite, nous nous mettons au travail. Nos voix lisent &#224; tour de r&#244;le les diff&#233;rents fragments de plusieurs chapitres. Chacun avec sa voix, sa mani&#232;re de la poser sur le texte, de s'en emparer. C'est &#233;mouvant. &#192; la fin, Joachim s'&#233;tonne de la forme tr&#232;s particuli&#232;re de chaque fragment, de son rythme propre, de sa musique. Chaque fragment forme une boucle. Cela permet de lire le livre de fa&#231;on continue, mais &#233;galement de le parcourir selon l'heure, le lieu, ou au hasard en le feuilletant. J'ai toujours aim&#233; l'id&#233;e qu'on puisse ainsi circuler &#224; sa guise dans mes livres. Une lecture est un parcours. On peut sugg&#233;rer des chemins, des voies &#224; suivre, mais chacun est libre d'arpenter le r&#233;cit &#224; sa mani&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_8780 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.liminaire.fr/IMG/jpg/55304516081_a32ea3c07b_k.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.liminaire.fr/local/cache-vignettes/L500xH333/55304516081_a32ea3c07b_k-709f0.jpg?1780815619' width='500' height='333' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;center&gt;Quai de la Seine, Bassin de la Villette, Paris 19&#232;me, 30 mai 2026&lt;/center&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;On finit par se comprendre soi-m&#234;me&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;https://www.castorastral.com/livre/ma-propriete-privee/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;i&gt;Ma propri&#233;t&#233; priv&#233;e&lt;/i&gt;, le livre de Mary Ruefle, paru aux &#233;ditions Le Castor Astral en 2026&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;, est un ensemble de proses po&#233;tiques courtes, ni po&#232;me, ni essai, plut&#244;t des m&#233;ditations existentielles, r&#233;cits intimes, introspectifs, dans lesquels l'autrice se pose des questions &#224; voix haute, sur le sens d'une pens&#233;e, la signification d'un r&#234;ve, ce que repr&#233;sente le bonheur. Elle s'interroge &#233;galement sur le sens des diff&#233;rentes couleurs comme Goethe l'avait fait avant elle dans sa &lt;i&gt;Th&#233;orie des couleurs&lt;/i&gt;, publi&#233;e en 1810, o&#249; le po&#232;te explorait l'impact psychologique des diff&#233;rentes couleurs sur l'humeur et les &#233;motions. Ces r&#233;flexions sont plac&#233;es aux c&#244;t&#233;s d'observations plus d&#233;cal&#233;es, comme la fa&#231;on dont on fabrique les t&#234;tes r&#233;duites, ou la d&#233;couverte faite par Ruefle dans son enfance que les milkshakes sont meilleurs avec du sel et du poivre, ou des r&#233;cits franchement autobiographiques comme celui o&#249; elle avoue avoir pleur&#233; sans arr&#234;t durant le mois d'avril 1998, car elle voulait mourir, &#224; cause de la m&#233;nopause qu'elle aborde sous l'angle personnel mais &#233;galement comme ph&#233;nom&#232;ne social : &#171; une nouvelle adolescence, sauf que vous &#234;tes adulte &#187;. &lt;br class='autobr' /&gt;
L'&#233;criture de Ruefle s'apparente &#224; un sentiment pur, &#224; la mani&#232;re de la po&#233;sie. La juxtaposition et l'association d'images s'entrem&#234;lent ainsi tout au long de l'ouvrage. Dans la bri&#232;vet&#233; &#233;nigmatique du texte intitul&#233; &lt;i&gt;Le Sublime&lt;/i&gt;, sensation et sens se m&#234;lent, et nous reconnaissons &#224; la fois l'action et ce que pourrait &#234;tre la signification cach&#233;e du texte : &#171; La route &#233;tait &#233;troite, puis de plus en plus &#233;troite, tournant tant&#244;t d'un c&#244;t&#233;, tant&#244;t de l'autre tandis que je grimpais, pench&#233;e sur le volant. Je voyais du coin de l'&#339;il qu'il y avait une vue incroyable, mais je ne pouvais pas regarder. &#187; &lt;br class='autobr' /&gt;
Dans &lt;i&gt;&#192; lire, s'il vous pla&#238;t&lt;/i&gt;, elle raconte les derniers instants d'une femme chez elle qui remplit de graines de tournesol la mangeoire pour les oiseaux, du point de vue imaginaire d'un chardonneret : &#171; Depuis ma branche, je l'ai vue effectuer les activit&#233;s qui lui plaisaient : ramasser une serviette par terre, remplir un formulaire pour suspendre la distribution du courrier, faire bouillir de l'eau, regarder dans le vide. &#187; &lt;br class='autobr' /&gt;
Toute la beaut&#233; de l'&#233;criture de Mary Ruefle tient dans l'ind&#233;cision permanente dans laquelle nous tient son &#233;criture, qui ne se limite jamais &#224; une forme pr&#233;cise, un genre, ni &#224; un point de vue univoque sur un sujet et qui, m&#234;me si elle para&#238;t autobiographique, nous touche toutes et tous. Les textes s'arr&#234;tent sur des moments de calme, de contemplation, de tristesse parfois, menant &#224; une prise de conscience ou &#224; une nouvelle vision du monde. Ils tissent entre eux des liens qui peu &#224; peu forment le sens du livre. Si les magnifiques fragments sur les couleurs de la tristesse, qui pars&#232;ment tout le livre, se r&#233;p&#232;tent et donnent leur tonalit&#233; au livre, la tristesse y est explor&#233;e comme une &#233;motion de la vie et des vivants, de la perte non pas comme quelque chose de concret, mais comme un signe de changement, une autre forme de possession. Une &lt;i&gt;note de l'auteur&lt;/i&gt; (que je ne livre pas ici pour ne pas d&#233;voiler la fin du recueil) fait office de cl&#233;, peut-&#234;tre m&#234;me de passe-partout, et ouvre de nombreuses portes. &lt;br class='autobr' /&gt;
Ce livre dresse le constat d'un agr&#233;able sentiment de partage contrari&#233;, avec une m&#233;lancolie passionn&#233;e qui nous laisse sans voix : &#171; Au d&#233;but, on comprend le monde mais pas soi-m&#234;me, et que lorsqu'on finit par se comprendre soi-m&#234;me, on ne comprend plus le monde. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Change ton malaise en vibrato&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Rester en mouvement. Ce n'est pas qu'une question d'activit&#233;s. Avoir des choses &#224; faire, travailler &#224; de nouveaux projets, avancer sur d'anciens. C'est avant tout une question de dynamique. Se mettre en mouvement. D&#232;s que j'arr&#234;te, je me sens pris au pi&#232;ge. Ce n'est pas imm&#233;diat, c'est plus pernicieux. Au d&#233;but, il me reste encore des choses &#224; faire, j'avance l'esprit l&#233;ger, je crois que &#231;a va continuer comme &#231;a, dans cet &#233;lan, ce rythme qui me porte au quotidien. Un impr&#233;vu survient, de la visite, une inqui&#233;tude passag&#232;re, des jours de vacances sans partir en voyage, sans pouvoir sortir, me promener, la canicule me retient plus longtemps que pr&#233;vu &#224; l'int&#233;rieur de la maison, sans pouvoir bouger, volets baiss&#233;s, dans la p&#233;nombre &#233;touffante de l'appartement. Des id&#233;es sombres m'envahissent. C'est si rare que j'en suis abasourdi. Je reste sans voix, m&#233;lancolique. Remise en cause g&#233;n&#233;rale. Tout m'&#233;chappe. Sans savoir comment r&#233;agir, ne rien r&#233;ussir &#224; faire d'autre qu'&#224; lire. Je fais du surplace. &#201;crire ce qui ne va pas. Ce qui m'inqui&#232;te, ce qui m'obs&#232;de. Puis tout effacer. Un poids en moins. D&#232;s que je r&#233;ussis enfin &#224; sortir &#224; nouveau, m&#234;me si c'est pour retourner travailler, je me sens mieux, moins oppress&#233;. Je me remets en mouvement, et ce mouvement me soulage, m'apaise.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_8779 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.liminaire.fr/IMG/jpg/9178156514_a07478f68c_k.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.liminaire.fr/local/cache-vignettes/L500xH334/9178156514_a07478f68c_k-88308.jpg?1780815619' width='500' height='334' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;center&gt;Mission Dolores, San Francisco, Californie, &#201;tats-Unis d'Am&#233;rique, 24 avril 2012&lt;/center&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le chant des oiseaux&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Prenant l'air &#224; ma fen&#234;tre, j'observe un merle sur le bord de la fen&#234;tre de mes voisins. Sur le toit de l'immeuble d'en face un petit moineau lance une trille au son per&#231;ant. Je vois le merle sur son promontoire, se figer et lever la t&#234;te vers le haut pour regarder dans la direction de l'oiseau comme s'il comprenait ce que l'autre oiseau exprimait dans son chant. Je me rends compte que je n'ai jamais cherch&#233; &#224; savoir jusqu'&#224; pr&#233;sent si les oiseaux d'esp&#232;ces diff&#233;rentes ont la capacit&#233; de communiquer et de se comprendre. Certains oiseaux communiquent des informations importantes sur les menaces et les ressources alimentaires au sein de leur groupe, mais aussi &#224; d'autres esp&#232;ces qui partagent le m&#234;me habitat. Bien qu'il existe certaines preuves sugg&#233;rant une compr&#233;hension entre certaines esp&#232;ces, dans certaines circonstances, cette capacit&#233; semble &#234;tre limit&#233;e et d&#233;pendante en fonction de l'environnement et de l'apprentissage.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Journal du regard : Mai 2026</title>
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		<dc:creator>Pierre M&#233;nard</dc:creator>


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&lt;p&gt;Chaque mois, un film regroupant l'ensemble des images prises au fil des jours, le mois pr&#233;c&#233;dent, et le texte qui s'&#233;crit en creux. &lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; Une sorte de palimpseste, dans lequel doivent transpara&#238;tre les traces - t&#233;nues mais non d&#233;chiffrables - de l'&#233;criture &#8220;pr&#233;alable&#8221; &#187;. &lt;br class='autobr' /&gt;
Jorge Luis Borges, Fictions &lt;br class='autobr' /&gt;
&#192; chaque excursion, il y a ce qu'on imagine pouvoir faire, le parcours qu'on pr&#233;pare en amont. Ce qu'on anticipe et ce qu'on improvise sur place. &#192; Cr&#233;cy-la-Chapelle, nous longeons les quais de (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.liminaire.fr/chronique/journal/" rel="directory"&gt;Journal&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/biographie" rel="tag"&gt;Biographie&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/ecriture" rel="tag"&gt;&#201;criture&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/journal" rel="tag"&gt;Journal&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/sons" rel="tag"&gt;Sons&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/musique" rel="tag"&gt;Musique&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/recit" rel="tag"&gt;R&#233;cit&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/video" rel="tag"&gt;Vid&#233;o&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/voix" rel="tag"&gt;Voix&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/quotidien" rel="tag"&gt;Quotidien&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/nature" rel="tag"&gt;Nature&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.liminaire.fr/local/cache-vignettes/L150xH84/capture_d_e_cran_2026-05-25_a_23.49_00_1_-72a86.png?1780297394' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='84' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;i&gt;Chaque mois, un film regroupant l'ensemble des images prises au fil des jours, le mois pr&#233;c&#233;dent, et le texte qui s'&#233;crit en creux.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Une sorte de palimpseste, dans lequel doivent transpara&#238;tre les traces - t&#233;nues mais non d&#233;chiffrables - de l'&#233;criture &#8220;pr&#233;alable&#8221; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Jorge Luis Borges, &lt;i&gt;Fictions&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;center&gt;&lt;iframe width=&#034;660&#034; height=&#034;415&#034; src=&#034;https://www.youtube.com/embed/rzOLeO22OI4&#034; title=&#034;&#034; frameborder=&#034;0&#034; allow=&#034;accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share&#034; referrerpolicy=&#034;strict-origin-when-cross-origin&#034; allowfullscreen&gt;&lt;/iframe&gt;&lt;/center&gt;
&lt;p&gt;&#192; chaque excursion, il y a ce qu'on imagine pouvoir faire, le parcours qu'on pr&#233;pare en amont. Ce qu'on anticipe et ce qu'on improvise sur place. &#192; Cr&#233;cy-la-Chapelle, nous longeons les quais de la Venise briarde, avant de rejoindre le chemin de halage le long de la rivi&#232;re que j'avais rep&#233;r&#233; sur la carte. Sur le chemin, nous croisons des marcheurs qui nous conseillent un itin&#233;raire que nous n'avions pas envisag&#233; d'emprunter. Nous traversons des champs, montons sur la colline qui surplombe le village. En pr&#233;parant notre promenade, j'avais lu qu'il y avait de ce c&#244;t&#233;-l&#224; un ancien cimeti&#232;re protestant &#224; l'ombre des bois. Cependant, je ne pensais pas que nous irions jusque-l&#224; car cela me semblait consid&#233;rablement rallonger la distance de notre parcours. Au moment de passer &#224; la hauteur du cimeti&#232;re, nous ne comprenons pas la direction indiqu&#233;e par le panneau pour nous y rendre et passons &#224; c&#244;t&#233;. Je suis un peu d&#233;pit&#233;, mais difficile de revenir sur nos pas, puisque nous descendons &#224; travers la for&#234;t et que nous sommes d&#233;j&#224; &#224; proximit&#233; du village en contrebas. Ironie du sort, c'est au cimeti&#232;re que nous finissons notre p&#233;riple.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un thomasson est un objet urbain inutile, pr&#233;serv&#233; dans le cadre d'un b&#226;timent ou de son environnement. Quatre colonnes en fonte soutenaient le viaduc de la ligne 2 avant la cr&#233;ation des voies routi&#232;res. Ces colonnes creuses, d&#233;cal&#233;es vers la rotonde, servent d&#233;sormais de gaines de ventilation &#224; l'usine souterraine d'eau non potable de La Villette.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La d&#233;marche de Caroline pour inscrire la m&#233;moire de son grand-oncle Antoine Poletti, r&#233;sistant pendant la guerre et mort en d&#233;portation, dans le quartier o&#249; il a v&#233;cu avec toute sa famille, rue Corbera, dans le 12&#7497; arrondissement, tout proche du quartier de mes parents, et de la famille de ma m&#232;re, rue Beccaria, me touche. Ce qu'elle &#233;crit sur lui va se prolonger sur une plaque comm&#233;morative, appos&#233;e prochainement sur la fa&#231;ade de l'immeuble. Je traverse pour ma part ces lieux hant&#233;s par mes parents sans aucune nostalgie. Les seules traces qui m'&#233;meuvent et me touchent sont celles des marques de ballons des enfants qui recouvrent le mur blanc de la Petite Mairie du march&#233; d'Aligre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La plupart du temps, je ne suis pas seul quand je filme, j'enregistre ce que je vois &#224; la vol&#233;e, dans un temps r&#233;duit, un empressement constant sur le cours des choses. Quelque chose attire mon attention, je m'arr&#234;te pour filmer. On ne m'attend pas, c'est une habitude. Je les rejoins apr&#232;s en pressant le pas. Cela ne me g&#234;ne pas, mais je dois &#224; chaque fois rattraper le temps perdu pour ne pas me laisser distancer. Les conversations qui s'&#233;taient engag&#233;es sont interrompues, elles ont chang&#233; de sujet ou de direction, j'en entends que des bribes. Je les suis en pointill&#233;. Je dois agir vite et dilater le temps. Je ne sais pas si ce que je vis est vrai ou si je suis embarqu&#233; dans le r&#234;ve de quelqu'un d'autre. Une r&#233;alit&#233; alternative. Un univers parall&#232;le. Ce que je per&#231;ois de ce qui m'entoure, et pas seulement avec les personnes qui m'accompagnent, avec qui je partage l'espace, para&#238;t d&#233;tach&#233; de l'ensemble du paysage, comme si je n'en saisissais qu'un fragment, un seul versant, laissant l'autre dans l'ombre, sur le c&#244;t&#233;. C'est comme une machination. Qu'est-ce que c'est qu'&#234;tre s&#233;par&#233; de quelque chose qu'on n'a jamais eu ? De regarder ce qu'on ne voit pas vraiment, qui nous &#233;chappe ? Une &#233;norme absence m&#234;l&#233;e &#224; la certitude d'une grande pr&#233;sence possible cr&#233;e une impression singuli&#232;re. Je r&#233;fl&#233;chis &#224; tout cela en remontant vers la maison, apr&#232;s avoir mang&#233; en famille dans un restaurant du 12&#7497;. Nous rentrons &#224; pied, en longeant le canal Saint-Martin. Dans l'effervescence de cette chaude journ&#233;e, les quais sont bond&#233;s d'une foule de Parisiens et de touristes, jeunes gens buvant et fumant, riant et parlant fort, assis, debout, dans le d&#233;sordre de la nuit. Comment aurais-je pu imaginer qu'une bagarre entre hooligans en marge de la finale de la coupe de France de football aurait lieu quelques heures plus tard, m&#234;me si, peinant &#224; remonter le quai, &#224; cause de la foule, j'ai ressenti quelque chose d'&#233;lectrique dans l'air qui m'a profond&#233;ment troubl&#233;, mis mal &#224; l'aise, comme il arrive parfois qu'on pressente ce qui va se passer mais qu'on ne le comprenne qu'apr&#232;s coup ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Invit&#233;s &#224; manger chez mes parents, avec Caroline et Nina, nous descendons &#224; la gare de Boussy-Saint-Antoine, pour rejoindre Combs-la-Ville &#224; travers champs et bords de l'Yerres. C'est un voyage dans le temps. Je retrouve des lieux de promenades de mon enfance, quand nous habitions Boussy, o&#249; nous descendions avec mon oncle et ma tante jusqu'&#224; Jarcy. Sur le chemin, je retrouve des maisons et des jardins o&#249; j'ai &#233;t&#233; invit&#233; lorsque j'&#233;tais enfant, chez des camarades de classe. Je ne me souviens de rien mais tout me revient. Les lieux de mon enfance se r&#233;sument trop souvent aux vacances estivales pass&#233;es chez mes grands-parents dans le Berry. Mais ces paysages travers&#233;s aujourd'hui m'y ram&#232;nent par un d&#233;tour que seule la m&#233;moire sait faire jouer en nous.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nos pas s'impriment dans la terre encore humide des sous-bois, &#233;criture illisible, les reflets des flaques s'&#233;vaporent dans la touffeur du jour, la lumi&#232;re &#224; leur surface, artificielle comme les &#233;tangs de la for&#234;t, mirages de fra&#238;cheur.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Ce temps du dehors</title>
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		<dc:creator>Pierre M&#233;nard</dc:creator>


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&lt;p&gt;La distance du possible &lt;br class='autobr' /&gt;
J'ai particip&#233; &#224; la marche organis&#233;e par Hortense Gauthier et la revue TINA en ligne, dont le principe consistait &#224; &#233;crire une phrase de 60 caract&#232;res par heure de marche, accompagn&#233;e d'une photographie. J'ai d&#233;couvert, en rentrant de promenade dans la for&#234;t de Carnelle avec Caroline et Nina, que l'endroit avait &#233;t&#233; le cadre des premiers essais du t&#233;l&#233;graphe de Chappe. Le 12 juillet 1793, pour la premi&#232;re fois dans l'histoire, 26 mots ont &#233;t&#233; transmis en 11 minutes (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.liminaire.fr/local/cache-vignettes/L150xH75/contacts_succcessifs_8_1_-ce3b8.png?1780210919' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='75' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La distance du possible&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J'ai particip&#233; &#224; la &lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;https://editionsjou.net/2026/05/27/285-focus-30-marches-les-donnees/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;marche organis&#233;e par Hortense Gauthier et la revue TINA en ligne&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;, dont le principe consistait &#224; &#233;crire une phrase de 60 caract&#232;res par heure de marche, accompagn&#233;e d'une photographie. J'ai d&#233;couvert, en rentrant de promenade dans la for&#234;t de Carnelle avec Caroline et Nina, que l'endroit avait &#233;t&#233; le cadre des premiers essais du t&#233;l&#233;graphe de Chappe. Le 12 juillet 1793, pour la premi&#232;re fois dans l'histoire, 26 mots ont &#233;t&#233; transmis en 11 minutes de M&#233;nilmontant &#224; Saint-Martin-du-Tertre, soit une distance de 26 km &#224; vol d'oiseau. Le t&#233;l&#233;graphe Chappe &#233;tait un syst&#232;me de communication visuelle invent&#233; par Claude Chappe pendant la R&#233;volution fran&#231;aise. Il permettait de transmettre rapidement des messages &#224; grande distance gr&#226;ce &#224; une cha&#238;ne de tours &#233;quip&#233;es de bras articul&#233;s visibles &#224; la longue-vue depuis la station voisine. Chaque tour, espac&#233;e d'environ dix &#224; quinze kilom&#232;tres, relayait les signaux jusqu'&#224; destination. La premi&#232;re ligne relia Paris &#224; Lille en 1794 pour des usages militaires. Le syst&#232;me se d&#233;veloppa ensuite dans toute la France. Avec l'arriv&#233;e du t&#233;l&#233;graphe &#233;lectrique dans les ann&#233;es 1840, les tours Chappe furent progressivement abandonn&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_8771 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.liminaire.fr/IMG/jpg/55285243116_9841d761d1_k.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.liminaire.fr/local/cache-vignettes/L500xH333/55285243116_9841d761d1_k-c1662.jpg?1780210919' width='500' height='333' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;center&gt;Bistro du Commerce, Avenue Ledru Rollin, Paris 11&#232;me, 21 mai 2026&lt;/center&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Chaque jour se transforme en demain&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Certains matins j'entends des voix. Ce ne sont pas exactement des voix, mais &#231;a vibre en moi, &#231;a r&#233;sonne dans ma t&#234;te. Difficile de ne pas les comparer &#224; des voix. C'est un tremblement qui se transmet par l'interm&#233;diaire des murs de ma chambre, me parvient en remontant jusqu'aux parois de mon cr&#226;ne. Je crois qu'il s'agit de paroles que j'entends dans un r&#234;ve que je ne parviens pas &#224; comprendre, dont je n'identifie pas explicitement les mots. Cela m'arrive parfois. Une forme de ligne de basse continue, tel un moteur qui gronde sous terre. J'entends parfois les v&#233;hicules sortant du parking de l'immeuble faire vibrer les murs du sous-sol, mais l&#224; ce n'est pas la m&#234;me chose. Le temps de me r&#233;veiller pour comprendre qu'il s'agit en fait de la radio des voisins. Je ne me trompais pas r&#233;ellement, ce sont bien des mots, un brouhaha de paroles incompr&#233;hensibles, de voix confuses, qui se r&#233;sument &#224; une bouillie de phon&#232;mes. Je sens vibrer le monde depuis mon lit, &#224; demi-r&#233;veill&#233;, troubl&#233; par ces &#233;chos lointains qui me rappellent les voix de la radio, programm&#233;e la veille, qui s'allume au moment du journal. Le son est inaudible tout d'abord, il monte progressivement. Il faut que je me presse de l'arr&#234;ter, sinon j'ai l'impression que les voix des journalistes vont se mettre &#224; crier leurs informations anxiog&#232;nes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La mesure du d&#233;sastre&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avec son intervention en cours d'installation sur le Pont-Neuf, JR fait directement r&#233;f&#233;rence &#224; l'&#339;uvre r&#233;alis&#233;e par Christo et Jeanne-Claude en 1985 sur ce m&#234;me monument. Pourtant, derri&#232;re des points communs apparents (lieu d'intervention, gratuit&#233; de leurs projets, caract&#232;re &#233;ph&#233;m&#232;re et financement par la vente d'&#339;uvres pr&#233;paratoires), les deux d&#233;marches rel&#232;vent de conceptions tr&#232;s diff&#233;rentes de l'art dans l'espace public. Lorsque Christo et Jeanne-Claude emballent le Pont-Neuf, ils ne cherchent pas &#224; lui ajouter une image mais &#224; le transformer par la dissimulation. Recouvert d'un tissu couleur pierre, la toile drap&#233;e r&#233;fl&#233;chit la lumi&#232;re sur la Seine. Le pont prend une forme nouvelle, &#233;trange et presque abstraite. L'&#339;uvre invite les passants &#224; red&#233;couvrir physiquement un lieu familier. Pendant quinze jours, le monument se transforme en exp&#233;rience collective, v&#233;cue directement par ceux qui le traversent et l'observent. &#192; l'inverse, l'intervention de JR repose avant tout sur la production d'une image de marque. Un signe visuel, facilement identifiable, con&#231;u pour &#234;tre photographi&#233; puis largement diffus&#233;, partag&#233; et reproduit. Ce camouflage gonflable (montagne &#224; l'ext&#233;rieur, caverne &#224; l'int&#233;rieur) reproduit les codes esth&#233;tiques de JR (&#339;uvre monumentale, illusion d'optique, noir et blanc tr&#232;s contrast&#233;, proche de celui des photocopies) et se plaque de mani&#232;re spectaculaire sur ce monument historique de Paris.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_8772 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.liminaire.fr/IMG/jpg/40153705890_1c59e11d14_k.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.liminaire.fr/local/cache-vignettes/L500xH281/40153705890_1c59e11d14_k-ec26e.jpg?1780210919' width='500' height='281' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;center&gt;Largo Landolina, Noto, Sicile, Italie, 8 mai 2018&lt;/center&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Un mouvement irr&#233;sistible&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je vois des groupes de jeunes s'amuser et nager dans l'eau du canal Saint-Martin pour se rafra&#238;chir par les fortes chaleurs des derniers jours, feindre de ne pas comprendre l'interdiction de se baigner, de sauter depuis les passerelles tandis que d'autres filment leurs plongeons. Ces centaines de jeunes, torses nus, jouant, plaisantant, discutant, riant entre eux. Et leurs cris, leurs courses folles pour &#233;chapper &#224; la police les poursuivant en voiture comme des d&#233;linquants. La police d&#233;bord&#233;e, oblig&#233;e tr&#232;s vite de se cantonner, par manque d'effectif, &#224; fermer l'acc&#232;s &#224; deux ponts et &#224; surveiller, comme de simples ma&#238;tres nargueurs, cette foule juv&#233;nile. J'ai trouv&#233; rafra&#238;chissantes les r&#233;ponses faussement na&#239;ves de jeunes filles tremp&#233;es de la t&#234;te aux pieds, argumentant face aux policiers qu'elles ne s'&#233;taient pas baign&#233;es, qu'elles sortaient juste de chez elles apr&#232;s leur douche. Ces jeunes n'avaient qu'une intention, se rafra&#238;chir, s'amuser ensemble, mais en dehors des centres commerciaux, des piscines bond&#233;es et payantes ou des terrains de sport, des skateparks, o&#249; l'on pr&#233;f&#233;rait les voir rester sagement. Cette g&#233;n&#233;ration cherche des endroits o&#249; tra&#238;ner, se retrouver et vivre des moments collectifs dans une ville qui n'est pas faite pour elle. Sur les r&#233;seaux sociaux, les commentaires aux images de ces sauts de l'ange dans l'eau du canal r&#233;sument assez bien les clivages g&#233;n&#233;rationnels et sociologiques de notre soci&#233;t&#233; : &lt;i&gt;Qu'est-ce qu'ils ne comprennent pas dans le mot interdit ?&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Dans l'&#233;paisseur des mots</title>
		<link>https://www.liminaire.fr/chronique/entre-les-lignes/article/dans-l-epaisseur-des-mots</link>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Pierre M&#233;nard</dc:creator>


		<dc:subject>Cin&#233;ma</dc:subject>
		<dc:subject>Biographie</dc:subject>
		<dc:subject>&#201;criture</dc:subject>
		<dc:subject>Journal</dc:subject>
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		<dc:subject>Quotidien</dc:subject>
		<dc:subject>Ville</dc:subject>
		<dc:subject>Paysage</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Un concours de circonstances &lt;br class='autobr' /&gt;
Il y a quelque chose d'&#233;trange et de d&#233;plac&#233; dans le fait de donner des pr&#233;noms aux temp&#234;tes. Une temp&#234;te n'arrive plus seulement avec son cort&#232;ge de pr&#233;cipitations, de vent, de branches arrach&#233;es, d'impressionnants d&#233;g&#226;ts. J'imagine que c'est avec l'intention de rendre l'&#233;v&#233;nement plus proche de la population, de permettre d'identifier plus facilement le ph&#233;nom&#232;ne m&#233;t&#233;orologique, mais il associe ainsi le drame aux personnes qui portent ce pr&#233;nom. La temp&#234;te (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/recit" rel="tag"&gt;R&#233;cit&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/quotidien" rel="tag"&gt;Quotidien&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/ville" rel="tag"&gt;Ville&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/paysage" rel="tag"&gt;Paysage&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.liminaire.fr/local/cache-vignettes/L150xH75/contacts_succcessifs_7_1_-08915.png?1779606376' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='75' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Un concours de circonstances&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y a quelque chose d'&#233;trange et de d&#233;plac&#233; dans le fait de donner des pr&#233;noms aux temp&#234;tes. Une temp&#234;te n'arrive plus seulement avec son cort&#232;ge de pr&#233;cipitations, de vent, de branches arrach&#233;es, d'impressionnants d&#233;g&#226;ts. J'imagine que c'est avec l'intention de rendre l'&#233;v&#233;nement plus proche de la population, de permettre d'identifier plus facilement le ph&#233;nom&#232;ne m&#233;t&#233;orologique, mais il associe ainsi le drame aux personnes qui portent ce pr&#233;nom. La temp&#234;te s'approche. On redoute ses effets. On suit avec crainte son parcours sur les cartes. On prononce son nom &#224; la t&#233;l&#233;vision avec une forme de proximit&#233; troublante. Le pr&#233;nom change la nature des temp&#234;tes. Elles cessent d'&#234;tre neutres, et si elles restent uniques, difficile sans cela &#224; les diff&#233;rencier. C'est tout un ensemble d'images qui nous parvient dans son sillage. Des routes inond&#233;es, des fen&#234;tres qui claquent, des personnes qui regardent le ciel s'assombrir. Certains pr&#233;noms semblent soudain impossibles &#224; porter sans que revienne le souvenir dramatique. Tout le monde se souvient des temp&#234;tes de fin d&#233;cembre 1999 en Europe. Leurs pr&#233;noms r&#233;sonnent encore dans nos m&#233;moires. Lothar et Martin. Il y a cependant des moyens moins raccoleurs qu'&lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;https://meteofrance.com/actualites-et-dossiers/actualites/quel-nom-choisiriez-vous-pour-une-tempete&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;un concours pour choisir les prochains noms de temp&#234;te&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_8769 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.liminaire.fr/IMG/jpg/55262998201_4463f40bf0_k.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.liminaire.fr/local/cache-vignettes/L500xH333/55262998201_4463f40bf0_k-96e33.jpg?1779606376' width='500' height='333' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;center&gt;Exposition &lt;i&gt;Curiosit&#233;&lt;/i&gt; (objets de Ma&#239;ssa Toulet), Cent, 100 rue de Charenton, Paris 12&#232;me, 11 mai 2026&lt;/center&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Mon temps mon demain mes toujours&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La jeune femme s'est juch&#233;e sur le rebord de la fen&#234;tre aux volets m&#233;talliques ferm&#233;s, au rez-de-chauss&#233;e de cette maison devant laquelle je passe quotidiennement. Elle n'est pas chez elle, mais elle s'y sent &#224; l'aise, l'air d&#233;tendu, joyeuse et insouciante. Elle est assise, son dos contre le montant b&#233;tonn&#233; du cadre de la fen&#234;tre, son corps recroquevill&#233; pour se lover dans cet espace r&#233;duit, plus large que long, genou relev&#233; vers sa poitrine pour s'y maintenir en entier et ne pas risquer de tomber, ce qui lui permet de maintenir en &#233;quilibre son smartphone sur ses genoux pour discuter en vid&#233;o avec un ami. Elle ne pr&#234;te pas attention aux pi&#233;tons qui marchent sur le trottoir et passent &#224; sa hauteur. Sans un regard, ni un sourire. Concentr&#233;e dans sa conversation qui prend toute la place comme son corps dans cet espace incongru.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le moment fragile o&#249; ce sentiment appara&#238;t&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y a chez l'actrice Renate Reinsve quelque chose qui &#233;chappe imm&#233;diatement aux cat&#233;gories habituelles de la beaut&#233;. Son visage semble toujours travers&#233; par une pens&#233;e, une inqui&#233;tude, un tremblement int&#233;rieur. Sa beaut&#233; tient dans la mani&#232;re qu'elle a de laisser appara&#238;tre le doute, d'accueillir la fatigue, l'ironie, d'exprimer la g&#234;ne ou le d&#233;sir sans jamais vraiment les souligner. Dans &lt;i&gt;Julie (en 12 chapitres)&lt;/i&gt;, elle incarne un personnage qui change sans cesse de forme. Julie h&#233;site, fuit, recommence, d&#233;truit ce qu'elle aime, cherche sa place dans sa propre vie. Beaucoup d'acteurs jouent les contradictions. Renate Reinsve les laisse coexister en elle. Elle peut &#234;tre lumineuse dans une sc&#232;ne de f&#234;te, puis soudain totalement ferm&#233;e, presque absente, comme si une autre pens&#233;e traversait son esprit. Son jeu repose moins sur la d&#233;monstration psychologique que sur des micro-d&#233;placements. Une mani&#232;re de regarder quelqu'un trop longtemps, de sourire avant de se refermer, de ralentir l&#233;g&#232;rement au milieu d'une phrase. Dans &lt;i&gt;La Convocation&lt;/i&gt;, son visage devient plus inqui&#233;tant. Le film repose largement sur sa capacit&#233; &#224; maintenir une ambigu&#239;t&#233; permanente. Elle parait &#224; la fois fragile et capable d'une violence exag&#233;r&#233;e. Elle ne cherche pas &#224; rendre son personnage sympathique. Elle laisse des zones de silence, des moments o&#249; l'on ne sait plus si elle souffre, si elle manipule ou se prot&#232;ge. C'est cette opacit&#233; qui la rend troublante. Dans &lt;i&gt;Valeur sentimentale&lt;/i&gt;, cette qualit&#233; devient plus sensible encore. Son personnage existe &#224; travers un simple mouvement de t&#234;te ou une respiration suspendue. Elle accepte les contradictions, les moments embarrassants, les silences. Son corps lui-m&#234;me semble toujours l&#233;g&#232;rement en d&#233;calage sur son &#233;motion. C'est ce qui produit sur nous une impression de v&#233;rit&#233; tr&#232;s rare. Jouer ne consiste pas &#224; montrer un sentiment, mais &#224; laisser voir le moment fragile o&#249; ce sentiment appara&#238;t, se transforme ou dispara&#238;t.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_8768 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.liminaire.fr/IMG/jpg/49077899932_43572f5e68_k.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.liminaire.fr/local/cache-vignettes/L500xH333/49077899932_43572f5e68_k-4dfc7.jpg?1779606376' width='500' height='333' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;center&gt;Yomise-dori, Yanaka, Tokyo, Japon, 17 novembre 2019&lt;/center&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Ce temps du dehors&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le brouhaha des conversations s'entrechoque &#224; contretemps avec la musique pouss&#233;e trop fort dans le caf&#233;, une rythmique s&#232;che et cadenc&#233;e dont on distingue &#224; peine la voix f&#233;minine, noy&#233;e sous une batterie omnipr&#233;sente. Dans la vitre de la porte-fen&#234;tre, &#224; c&#244;t&#233; de moi, plusieurs reflets vibrent et se diffractent, se surimpriment aux silhouettes &#233;vasives des passants qui traversent la rue d'un pas rapide dans la lumi&#232;re de fin de journ&#233;e. Lorsqu'on d&#233;tache l&#233;g&#232;rement le regard de ce mirage tremblotant, c'est alors l'ensemble du carrefour qui appara&#238;t, toute la sc&#232;ne et sa m&#233;canique visible. Le passage r&#233;gulier des voitures, toujours &#224; la m&#234;me allure, l'alternance presque hypnotique des feux, les croisements de pi&#233;tons qui s'engagent chacun son tour sur les bandes blanches des passages-pi&#233;tons. Il y a dans cette effervescence quelque chose d'entra&#238;nant et d'artificiel &#224; la fois. Une dynamique fabriqu&#233;e. Cin&#233;matographique. Comme ces sc&#232;nes de foule o&#249;, soudain, le regard cesse de croire &#224; l'illusion et commence &#224; voir ce qu'elle contient r&#233;ellement. Des figurants qui r&#233;p&#232;tent plusieurs fois les m&#234;mes gestes, pour produire un effet de r&#233;el qui finit, au contraire, par r&#233;v&#233;ler la mise en sc&#232;ne. Un couple s'arr&#234;te devant le caf&#233;, comme s'ils attendaient quelqu'un avant d'entrer. Ils se rapprochent, s'embrassent. Leurs corps glissent l'un contre l'autre, s'agrippent doucement, cherchent encore un peu plus de proximit&#233;, tout en conservant entre eux une distance infime, presque invisible, avant l'&#233;treinte. La femme commence, sans y penser, &#224; faire basculer son corps d'avant en arri&#232;re. Un mouvement lent, presque imperceptible, qui se transmet aussit&#244;t au corps de son compagnon. Ils se mettent &#224; danser. Ils semblent oublier toute l'agitation qui les entoure. Mieux encore, ils l'effacent. Pour ceux qui les regardent, la rue dispara&#238;t &#224; son tour, les voitures, les feux, les passants. Il ne reste plus qu'eux et leur chor&#233;graphie discr&#232;te, vacillante, renversante.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Rien que les heures, de Pierre M&#233;nard</title>
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		<dc:date>2026-05-22T07:00:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Pierre M&#233;nard</dc:creator>


		<dc:subject>Cin&#233;ma</dc:subject>
		<dc:subject>&#201;criture</dc:subject>
		<dc:subject>Histoire</dc:subject>
		<dc:subject>Inventaire</dc:subject>
		<dc:subject>Lecture</dc:subject>
		<dc:subject>Livre</dc:subject>
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		<dc:subject>R&#233;cit</dc:subject>
		<dc:subject>Voix</dc:subject>
		<dc:subject>Pierre M&#233;nard</dc:subject>
		<dc:subject>L'espace d'un instant</dc:subject>
		<dc:subject>D&#233;rive</dc:subject>
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		<dc:subject>Ville</dc:subject>
		<dc:subject>Paysage</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Ce livre se d&#233;ploie, au fil des heures d'une journ&#233;e, sur la ligne du m&#233;ridien de Paris. &#192; chaque &#233;tape g&#233;olocalis&#233;e le long de ce parcours, traversant la ville du nord au sud, une mosa&#239;que de brefs r&#233;cits et de sc&#232;nes vari&#233;es se succ&#232;de dans diff&#233;rents lieux du monde, exactement au m&#234;me moment. La juxtaposition de ces fragments d'histoires, de ces arr&#234;ts sur image, permet d'explorer simultan&#233;ment diff&#233;rents points de vue. Le texte d&#233;tourne la chronologie d'une journ&#233;e pour la transformer en (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.liminaire.fr/creation/radio-marelle/" rel="directory"&gt;Radio Marelle&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/cinema" rel="tag"&gt;Cin&#233;ma&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/paysage" rel="tag"&gt;Paysage&lt;/a&gt;

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 <content:encoded>&lt;img src='https://www.liminaire.fr/local/cache-vignettes/L150xH84/en_lisant_en_e_crivant_2_1_-3ba46.png?1779433275' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='84' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_8732 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.liminaire.fr/local/cache-vignettes/L76xH120/new_couv_rienque-69912.png?1776974272' width='76' height='120' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Ce livre se d&#233;ploie, au fil des heures d'une journ&#233;e, sur la ligne du m&#233;ridien de Paris. &#192; chaque &#233;tape g&#233;olocalis&#233;e le long de ce parcours, traversant la ville du nord au sud, une mosa&#239;que de brefs r&#233;cits et de sc&#232;nes vari&#233;es se succ&#232;de dans diff&#233;rents lieux du monde, exactement au m&#234;me moment. La juxtaposition de ces fragments d'histoires, de ces &lt;i&gt;arr&#234;ts sur image&lt;/i&gt;, permet d'explorer simultan&#233;ment diff&#233;rents points de vue. Le texte d&#233;tourne la chronologie d'une journ&#233;e pour la transformer en une topographie de l'omnipr&#233;sence des exp&#233;riences humaines. Un voyage immobile, une cartographie de l'intime et du collectif, pour observer le monde en l'espace d'un instant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;https://editionsjou.net/produit/rien-que-les-heures/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;i&gt;Rien que les heures&lt;/i&gt;, Pierre M&#233;nard, &#201;ditions JOU, 2026.&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;
&lt;br&gt;
&lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip_document_8747 spip_document spip_documents spip_document_video&#034;&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt;
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&lt;div class='spip_document_3089 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left'&gt;
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&lt;a href=&#034;https://open.spotify.com/episode/0qz35jgoGUWOrkBcZN9Li8?si=k0GobU-LTf-fcOj3rcmV6Q&#034; class=&#034;spip_out spip_doc_lien&#034;&gt; &lt;img src='https://www.liminaire.fr/local/cache-vignettes/L35xH35/anchor-52133.png?1739520156' width='35' height='35' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
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&lt;div class='spip_document_8735 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.liminaire.fr/IMG/png/13_10.png' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/png&#034;&gt; &lt;img src='https://www.liminaire.fr/local/cache-vignettes/L500xH281/13_10-40656.png?1779433275' width='500' height='281' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;center&gt;&lt;h3&gt;&lt;strong&gt;48&#176; 51'25,5'' N &#8211; 2&#176; 20'11,7'' E&lt;/strong&gt;&lt;/h3&gt;&lt;/center&gt;&lt;center&gt;Zvenigorod, Russie : 14:10&lt;/center&gt;&lt;center&gt;Varsovie, Pologne : 13:10&lt;/center&gt;&lt;center&gt;Buenos Aires, Argentine : 08:10&lt;/center&gt;&lt;center&gt;Paris, France : 13:10&lt;/center&gt;&lt;center&gt;Douvres, Angleterre, Royaume-Uni : 12:10&lt;/center&gt;&lt;center&gt;Mexico, Mexique : 06:10&lt;/center&gt;&lt;center&gt;Moscazzano, Italie : 13:10&#8232;&lt;/center&gt;
&lt;p&gt;Le ciel &#233;toil&#233; s'&#233;tend au-dessus, confettis de lumi&#232;re dispers&#233;s sur la vo&#251;te sombre. Chaque nuit, il scrute ce panorama anim&#233;, cherchant des indices sur ce qui l'attend. Les &#233;toiles scintillantes conversent avec les algues ondulantes d'une rivi&#232;re peu profonde. Le souffle du vent caresse un champ tandis que le brouillard enveloppe le d&#233;cor. Des visages apparaissent et s'&#233;vanouissent dans la lumi&#232;re, tourment&#233;s par une anxi&#233;t&#233; diffuse. Les souvenirs, d&#233;licats et changeants, ne tiennent gu&#232;re, marques d'un pass&#233; en demi-teinte.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le reflet de son visage appara&#238;t dans la vitre obscure, fragment&#233; par les contours de son cou, l'arrondi des joues, les rides comme autant de sillons d'un atlas imaginaire. D'un doigt, elle esquisse un chemin, un parcours qui se replie sur lui-m&#234;me. Ce n'est pas une simple image, c'est un appel, une invention. Elle ferme les yeux, esp&#233;rant tracer un retour vers ce qui est perdu. Dans le silence et la p&#233;nombre, le premier mot qu'elle murmure l'immerge dans un tourbillon d'&#233;motions dispers&#233;es &#224; l'infini.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le pr&#233;sentoir de moulins &#224; vent, &#233;clatants de couleurs, capte le regard de l'enfant assis sur le banc. Les pales h&#233;lico&#239;dales de plastique d&#233;fient l'immobilit&#233;. Il r&#234;ve de les faire tournoyer, comme autrefois son p&#232;re s'amusait &#224; construire des h&#233;lices de fortune avec des feuilles de laurier palme. Une brise douce aurait suffi pour r&#233;veiller ces souvenirs bricol&#233;s, pour rappeler la magie na&#239;ve d'un bruit qui imite celui du vent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La m&#232;re offre son sein &#224; l'enfant qui t&#232;te avidement. Bruits de succion. Tout son corps se consacre &#224; ce besoin primaire, mais c'est autre chose qui attire le regard. Le geste de la femme. Une gr&#226;ce ferme et douce &#233;mane de sa mani&#232;re de tenir le b&#233;b&#233;, de l'approcher, de lui offrir ce r&#233;confort. Ce geste simple, bienheureux, o&#249; le don et la s&#233;r&#233;nit&#233; s'unissent et s'accordent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La photographie r&#233;v&#232;le une maison solitaire perch&#233;e sur une falaise de craie blanche, minuscule face &#224; l'horizon. Ce pass&#233;, toujours en embuscade, le frappe soudainement. L'image &#233;voque une soir&#233;e paisible. Un homme lisant pr&#232;s de la chemin&#233;e, une cigarette oubli&#233;e sur le rebord du cendrier. Une femme souriante, envo&#251;t&#233;e par la musique classique. Tout cela se dilate dans l'&#233;cho d'un temps o&#249; le pr&#233;sent et le futur n'&#233;taient que des promesses voil&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans l'obscurit&#233;, il avance &#224; t&#226;tons, les mains en avant, comme pour repousser un choc imminent. Chaque pas h&#233;sitant r&#233;sonne d'une vibration imperceptible. Ce qui semblait une rencontre in&#233;vitable n'&#233;tait qu'un mirage, une illusion. Les sens en alerte le trompent. Ce n'est qu'apr&#232;s coup qu'il per&#231;oit l'erreur, la n&#233;cessit&#233; de r&#233;&#233;valuer. L'amour aussi peut &#234;tre une fausse piste, une &#233;valuation mal ajust&#233;e dans l'obscurit&#233; du c&#339;ur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'air devient une barri&#232;re, la peau un seuil. Des bruits distants filtrent &#224; travers une ampoule gratt&#233;e jusqu'au sang, la peau marqu&#233;e par les sillons blancs des ongles. Le ciel limpide s'&#233;tire sous un soleil impassible. Lever les bras dans cette lumi&#232;re devient un acte lib&#233;rateur. Un souffle, un d&#233;clic. Le vent qui joue dans les branches amplifie ce moment ondulatoire. Ombre et lumi&#232;re dansent ensemble, r&#233;sonnant avec ce qui, en lui, &#233;clate enfin dans un mouvement irr&#233;sistible.&lt;/p&gt;
&lt;center&gt;&lt;h2&gt;&lt;strong&gt;14:02&lt;/strong&gt;&lt;/h2&gt;&lt;/center&gt;
&lt;div class='spip_document_8736 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.liminaire.fr/IMG/png/14_02.png' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/png&#034;&gt; &lt;img src='https://www.liminaire.fr/local/cache-vignettes/L500xH281/14_02-f860c.png?1779433275' width='500' height='281' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;center&gt;&lt;h3&gt;&lt;strong&gt;48&#176; 51'22,6'' N &#8211; 2&#176; 20'11,8'' E&lt;/strong&gt;&lt;/h3&gt;&lt;/center&gt;&lt;center&gt;Shalkar, Kazakhstan : 17:02&lt;/center&gt;
&lt;center&gt;Clermont-Ferrand, France : 14:02&lt;/center&gt;
&lt;center&gt;Kutowinangun, Indon&#233;sie : 19:02&lt;/center&gt;
&lt;center&gt;P&#233;kin, Chine : 20:02&lt;/center&gt;
&lt;center&gt;Montr&#233;al, Qu&#233;bec, Canada : 08:02&lt;/center&gt;
&lt;center&gt;Asan, R&#233;publique de Cor&#233;e : 21:02&lt;/center&gt;
&lt;center&gt;Manayaycuna, P&#233;rou : 07:02&lt;/center&gt;
&lt;p&gt;Discussions &#224; b&#226;tons rompus entre voisins, chacun derri&#232;re le grillage qui s&#233;pare leurs terrains. On parle jardin, r&#233;coltes, les fruits trop lents &#224; pousser, les l&#233;gumes &#224; planter. Les commer&#231;ants du village ? Ils vont fermer boutique. Les enfants ? Ce qu'ils deviennent. &#199;a lui fait quel &#226;ge, &#224; la petite ? demande l'un. Ils vont bient&#244;t se marier ? Avec le temps, les visites se rar&#233;fient, les relations s'espacent. Un jour, sans savoir pourquoi, les mots se brisent, remplac&#233;s par un silence &#233;crasant. Un mur invisible.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La brume, qui s'&#233;chappe des bosquets, rappelle les feux de bruy&#232;re. Une solitude immense enveloppe ces instants d'incertitude. Les vitres de la maison sont embu&#233;es, cercl&#233;es d'humidit&#233;. Il fait un th&#233;, r&#233;flexe instinctif, r&#233;confort imm&#233;diat. L'odeur de bergamote monte doucement. Orange am&#232;re, citron vert. Le temps se fige. La soir&#233;e s'&#233;tire langoureusement dans le murmure des souvenirs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y a en elle une fiert&#233; farouche, une combativit&#233; muette. Elle a le regard fixe, la nuque tendue, elle se tient droite et fait face &#224; la femme devant elle. Elle sait qu'elle ne pourra plus esquiver. Il faudra r&#233;pondre, affronter cette attente, cette v&#233;rit&#233; trop longtemps contenue. Se souvenir, oublier sont deux forces contraires. Son silence feint la r&#233;signation, mais son regard vacille l&#233;g&#232;rement, trahissant un vertige int&#233;rieur. Ce qui reste ? Un d&#233;tachement. Une v&#233;rit&#233; qui lui glisse entre les doigts.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le bus s'&#233;branle, lentement d'abord, suivant la route qui relie l'a&#233;roport au centre-ville. Zones industrielles, entrep&#244;ts align&#233;s, ponts suspendus, parkings bond&#233;s. Un paysage monotone d&#233;file, r&#233;p&#233;titif, presque m&#233;canique. La banlieue s'efface peu &#224; peu, les tours apparaissent &#224; l'horizon. Le roulis r&#233;gulier du bus et le ronronnement de son moteur bercent les passagers. Dans cette fatigue partag&#233;e, certains sombrent dans le sommeil.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le soleil naissant colore le fleuve d'un &#233;clat dor&#233;, alangui. Vivre, c'est habiter cet intervalle, entre aube et cr&#233;puscule, entre fatigue et beaut&#233;, agitation et solitude. Tout converge dans un geste anodin, presque imperceptible. Celui d'un pied qui s'avance, trouve le rebord du garde-fou au dernier &#233;tage d'un immeuble. Un frisson d'audace traverse l'air, une sensation d'un pouvoir inexplicable, insens&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans la cuisine, le repas mijote. Ce soir, elle a pr&#233;par&#233; un plat de son enfance : son galbi-jim, pot-au-feu cor&#233;en. Longuement mijot&#233;, le b&#339;uf se d&#233;tache tendrement, parfum&#233; d'aromates et de l&#233;gumes. Tandis qu'il go&#251;te la premi&#232;re bouch&#233;e, il ferme les yeux. Un instant &#224; part. Elle l'observe discr&#232;tement, le c&#339;ur battant. Les saveurs le bouleversent. Sans pr&#233;venir, il &#233;clate en sanglots, envahi par une &#233;motion qu'elle n'avait pas imagin&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; la lueur tremblotante de la bougie, le visage de la jeune femme subit une transformation. Ses paupi&#232;res, l'arc de ses l&#232;vres, son menton, se modifient tour &#224; tour. Elle avance lentement et prot&#232;ge la flamme de sa main droite. Ses joues sont marqu&#233;es par des larmes factices, dessin&#233;es par l'ombre. Elle est capable de ressentir la compassion. Pour le malheur, la souffrance, pour ceux qui se rel&#232;vent difficilement. Son c&#339;ur se serre en pensant &#224; ceux qui ne savent pas comment y parvenir.&lt;/p&gt;
&lt;center&gt;&lt;h2&gt;&lt;strong&gt;14:09&lt;/strong&gt;&lt;/h2&gt;&lt;/center&gt;&lt;div class='spip_document_8737 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.liminaire.fr/IMG/png/14_09.png' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/png&#034;&gt; &lt;img src='https://www.liminaire.fr/local/cache-vignettes/L500xH281/14_09-de247.png?1779433275' width='500' height='281' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&#8232;&lt;/p&gt;
&lt;center&gt;&lt;h3&gt;&lt;strong&gt;48&#176; 51'16,1'' N &#8211; 2&#176; 20'12,7'' E&lt;/strong&gt;&lt;/h3&gt;&lt;/center&gt;&lt;center&gt;Qeqertarsuaq, Groenland : 10:09&lt;/center&gt;
&lt;center&gt;Grand d&#233;sert de Victoria, Australie : 20:54&lt;/center&gt;
&lt;center&gt;Ostende, Belgique : 14:09&lt;/center&gt;
&lt;center&gt;Morki, r&#233;publique des Maris, Russie : 15:09&lt;/center&gt;
&lt;center&gt;Nightmute, Alaska, &#201;tats-Unis d'Am&#233;rique : 04:09&lt;/center&gt;
&lt;center&gt;Ramallah, Palestine : 15:09&lt;/center&gt;
&lt;center&gt;Loznica, Serbie : 14:09&lt;/center&gt;
&lt;p&gt;Dans le port, les p&#234;cheurs attendent que les bateaux d&#233;chargent leur cargaison. Les conversations s'&#233;garent, sautant d'un sujet &#224; l'autre sans logique. L'un s'assied sur des palettes empil&#233;es. Un autre, absorb&#233;, fume lentement. Le soleil grimpe au-dessus des collines qui enserrent le village. Le clapotis de l'eau contre le quai remplit l'air. Une impatience diffuse les habite, celle d'entrevoir les bateaux rassembl&#233;s dans le port, tandis que le leur, toujours absent, retarde leur routine quotidienne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les roues de la voiture s'enlisent dans le sable du d&#233;sert, secouant violemment l'habitacle. Sous la pression, le sol glisse et se d&#233;robe. Le chauffeur insiste, l'acc&#233;l&#233;ration creuse un vide o&#249; le pneu tourne en vain, patinant sur place. Le moteur gronde. La gomme se charge de chaleur et d&#233;gage une l&#233;g&#232;re fum&#233;e. Tout autour, un nuage rouge&#226;tre de poussi&#232;re se soul&#232;ve, masquant le paysage et tout espoir de progression.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Assise sur le rebord de la fen&#234;tre, elle laisse son regard flotter. Dans la maison d'en face, les jeunes filles ne veulent pas la voir, ou feignent de l'ignorer. Elles &#233;changent des mimiques complices, rient &#224; voix basse. Leur th&#233;&#226;tre enfantin l'exclut, et chaque chuchotement amplifie sa solitude. Sur le verre de la fen&#234;tre ouverte, son propre reflet lui &#233;chappe, elle ne trouve pas sa place.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les tiges de bl&#233; et d'orge atteignent la taille du gar&#231;on, qui s'efface presque dans leur densit&#233;. Rien ne l'arr&#234;te. Il court, bras &#233;cart&#233;s, imaginant qu'&#224; cette vitesse, il pourrait voler. L'air caresse ses membres en sueur. Les poteaux &#233;lectriques, silencieux, marquent une direction rassurante. La baraque en bois devient son refuge, loin du regard des autres, o&#249; il r&#234;ve &#224; demi &#233;veill&#233; de ce qu'il pourrait &#234;tre, prot&#233;g&#233; par le silence apaisant des champs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La nuit incompl&#232;te, le soleil effleure l'horizon sans jamais vraiment dispara&#238;tre. Rien ne l'avait pr&#233;par&#233; &#224; ce trouble, pas la lenteur &#233;crasante de la fatigue ni l'indiff&#233;rence au danger omnipr&#233;sent. La lumi&#232;re baigne la neige et les glaces, tandis que les aurores bor&#233;ales dansent dans le ciel iridescent. L'insomnie persiste. Il tente de noyer cette lumi&#232;re in&#233;puisable en pla&#231;ant d'&#233;pais tissus sur les fen&#234;tres, esp&#233;rant un r&#233;pit momentan&#233; dans l'ombre artificielle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Certains cin&#233;astes dessinent leurs plans, d'autres explorent les lieux. Lui associe mots et images comme un artisan. Il feuillette ses dictionnaires, navigue entre logiciels de montage et livres ouverts. Chercher une phrase, retrouver une image. Tout cela se transforme en une qu&#234;te obstin&#233;e. Il enregistre, r&#233;&#233;coute, corrige sans rel&#226;che. Les jours s'effacent dans l'intensit&#233; de ce labeur, jusqu'&#224; ce que les fragments s'assemblent enfin, &#233;chos d'un autre temps, reflets d'une m&#233;moire presque tangible.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le jeu impose entre eux une tension sourde. Leurs mains restent en l'air, pr&#234;tes &#224; bondir, l'une en dessous, l'autre au-dessus. Les paumes basculent, frappent avec force de mani&#232;re impr&#233;visible. La surprise amplifie la douleur. Sous les coups qui s'acc&#233;l&#232;rent et gagnent en violence, les doigts rougissent. Chaque impact est une vengeance feutr&#233;e. Le geste, une r&#233;ponse muette &#224; l'affront pr&#233;c&#233;dent. Plus qu'un jeu, c'est un duel o&#249; l'anticipation et la ruse dominent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;https://editionsjou.net/produit/rien-que-les-heures/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;i&gt;Rien que les heures&lt;/i&gt;, Pierre M&#233;nard, &#201;ditions JOU, 2026.&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Vous pouvez suivre le podcast de ces lectures versatiles sur les diff&#233;rents points d'acc&#232;s ci-dessous : &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;https://anchor.fm/s/24d0b3d4/podcast/rss&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;RSS&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt; | &lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;https://podcasts.apple.com/fr/podcast/en-lisant-en-%C3%A9crivant/id1517222611&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Apple Podcast&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt; | &lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;https://www.youtube.com/c/PierreM%C3%A9nard/podcasts&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Youtube&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt; | &lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;https://www.deezer.com/fr/show/1001542221&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Deezer&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt; | &lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;https://open.spotify.com/episode/5ItGd0Gb92KVQOcyRpsVtj&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Spotify&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Une marque ind&#233;l&#233;bile dans l'air</title>
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		<dc:creator>Pierre M&#233;nard</dc:creator>


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		<dc:subject>Journal</dc:subject>
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&lt;p&gt;Chaque mouvement est une lente r&#233;v&#233;lation &lt;br class='autobr' /&gt;
Une des cons&#233;quences de nos r&#233;centes balades avec Caroline, le week-end en banlieue parisienne, est la difficult&#233; de trouver le temps et la motivation pour filmer des coins de Paris, &#224; l'oppos&#233; de l'est parisien o&#249; je r&#233;side. Je pense au public qui regarde ce journal vid&#233;o et je me dis que je ne peux pas toujours filmer les m&#234;mes endroits. C'est d'ailleurs ce que j'aime dans nos promenades en banlieue, prendre le train, et le temps que &#231;a lib&#232;re (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/ecriture" rel="tag"&gt;&#201;criture&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/journal" rel="tag"&gt;Journal&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/photographie" rel="tag"&gt;Photographie&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/recit" rel="tag"&gt;R&#233;cit&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/paris" rel="tag"&gt;Paris&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/ville" rel="tag"&gt;Ville&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/lecture" rel="tag"&gt;Lecture&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/livre" rel="tag"&gt;Livre&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/sensation" rel="tag"&gt;Sensation&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/bibliotheque" rel="tag"&gt;Biblioth&#232;que&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/cinema" rel="tag"&gt;Cin&#233;ma&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.liminaire.fr/local/cache-vignettes/L150xH75/contacts_succcessifs_5_2_-6d304.png?1778396544' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='75' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Chaque mouvement est une lente r&#233;v&#233;lation&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une des cons&#233;quences de nos r&#233;centes balades avec Caroline, le week-end en banlieue parisienne, est la difficult&#233; de trouver le temps et la motivation pour filmer des coins de Paris, &#224; l'oppos&#233; de l'est parisien o&#249; je r&#233;side. Je pense au public qui regarde ce journal vid&#233;o et je me dis que je ne peux pas toujours filmer les m&#234;mes endroits. C'est d'ailleurs ce que j'aime dans nos promenades en banlieue, prendre le train, et le temps que &#231;a lib&#232;re pour lire un livre, cr&#233;ant une parenth&#232;se entre le lieu de d&#233;part et la destination, qui renforce ainsi le d&#233;paysement. J'ai plus de mal &#224; filmer les jours de mauvais temps. C'est une question de lumi&#232;re. Les jours maussades, j'ai tendance &#224; travailler &#224; la maison plut&#244;t qu'&#224; sortir me promener. Je privil&#233;gie alors les lieux les plus accessibles, pr&#232;s de chez moi. Vers la Villette ou vers Belleville. Difficile de filmer au quotidien. J'arpente r&#233;guli&#232;rement les m&#234;mes lieux. Heureusement, il arrive parfois des miracles inattendus, la possibilit&#233; de filmer par exemple un endroit bien connu et appr&#233;ci&#233; sous un angle in&#233;dit, en une saison diff&#233;rente, mais cela devient de plus en plus rare.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_8754 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.liminaire.fr/IMG/jpg/55242121206_7f7eae6662_k.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.liminaire.fr/local/cache-vignettes/L500xH333/55242121206_7f7eae6662_k-9082c.jpg?1778396544' width='500' height='333' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;center&gt;Rue de Charenton, Paris 12&#232;me, 29 avril 2026&lt;/center&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Ce qui reste du passage&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je descends les escaliers. Je crains souvent de rater la derni&#232;re marche. Je connais pourtant ce ph&#233;nom&#232;ne par c&#339;ur, ce n'est pas la premi&#232;re fois que cela m'arrive. Lorsque je suis pris dans l'&#233;lan de la descente, dans le mouvement qui s'apparente &#224; un glissement, je ne peux m'emp&#234;cher de penser &#224; la chute, d'imaginer ce qui va se passer, mon corps qui tombe, roule sur lui-m&#234;me, j'entends craquer mes os, c'est comme si quelque chose en moi imaginait tr&#233;bucher toujours au m&#234;me endroit, comme on bute sur un mot, sans parvenir &#224; apprendre de ses erreurs. C'est sans doute ainsi que la m&#233;moire fonctionne, nous nous souvenons d'une chose mais pour y revenir nous empruntons &#224; chaque fois des chemins diff&#233;rents, des voies d&#233;tourn&#233;es. Parfois, pour se prot&#233;ger, il faut se replier doucement en soi pour tenter d'&#233;chapper &#224; cette fatigue lancinante, &#224; ce sentiment usant qui s'empare de nous. La peur de tomber, ralentir la descente, revenir &#224; soi. Faire attention o&#249; l'on met les pieds. Marche apr&#232;s marche. En discutant avec d'autres personnes, notre esprit d&#233;croche parfois et s'&#233;vade. Sans vraiment penser &#224; ce qu'on dit, &#224; ce qu'on est en train de vivre, on est soudain distrait, la t&#234;te ailleurs, dans un chaos de pens&#233;es entrem&#234;l&#233;es, de phrases qui tournent en boucle, qu'on se r&#233;p&#232;te sans jamais les finir, &#233;tourdi par leur r&#233;p&#233;tition monotone. On reste l&#224;, entre deux marches, &#224; chercher l'&#233;quilibre, pour ne pas sombrer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Par-del&#224; le temps et l'espace&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je me r&#233;jouis de voir les premi&#232;res photographies du livre &lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;https://editionsjou.net/produit/rien-que-les-heures/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Rien que les heures&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt; chez les amis et les connaissances, les fid&#232;les lecteurs de &lt;i&gt;Liminaire&lt;/i&gt; ou de mes pr&#233;c&#233;dents ouvrages. Ils m'envoient l'image du livre dispos&#233; sur leur table, leur bureau, ou en chemin vers son destinataire (c'est le cas pour celui envoy&#233; &#224; &lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;http://www.lesnuitsechouees.com/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Anh Mat&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt; qui transite dans les airs jusqu'au Vietnam) avant sa sortie officielle le 15 mai. Ils ont accept&#233; de participer &#224; son lancement, c'est en grande partie gr&#226;ce &#224; eux que ce livre a pu voir le jour. Ravi de d&#233;couvrir &#233;galement &lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;https://sonneur.fr/rien-que-les-heures-p-menard/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;ce premier article paru dans &lt;i&gt;Les notes du Sonneur&lt;/i&gt;&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt; qui a si bien saisi les enjeux de ce r&#233;cit. J'essaie de ne pas trop penser &#224; l'arriv&#233;e de l'ouvrage sur les tables des libraires. Le livre ne m'appartient plus vraiment d&#233;sormais. Anne Savelli et Eric Arlix souhaitent qu'on se voie afin de pr&#233;parer la rencontre &#224; la librairie de l'Atelier, le lundi 18 mai. Il y aura d'autres rendez-vous, j'y reviendrai, notamment &lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;https://www.paris.fr/evenements/lecture-et-rencontre-avec-pierre-menard-108349&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;une soir&#233;e lecture &#224; la m&#233;diath&#232;que Fran&#231;oise Sagan&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;, accompagn&#233;e par &lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;https://www.lairnu.net/l-air-lu/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;L'aiR Lu&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;, et une marche le 22 juin sur une partie du parcours le long duquel est construit le r&#233;cit. Pour prolonger et accompagner la parution de &lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;https://liminaire.fr/projets/article/rien-que-les-heures&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Rien que les heures&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;, je reviens aux sources qui y sont &#224; l'origine. Les images et les trajets qui figuraient dans le projet initialement publi&#233; sur mon site : &lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;https://liminaire.fr/mot/l-espace-d-un-instant&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;L'espace d'un instant&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;. Corentin Lahouste a &#233;crit &#224; ce propos &lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;https://journals.openedition.org/elfe/7210&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;un texte tr&#232;s pr&#233;cis et pr&#233;cieux&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;. J'ai d&#233;j&#224; &#233;voqu&#233; ici la forme de cette extension, celui d'une web fiction. J'utilise un logiciel pour cr&#233;er des webdocumentaires. Je m'en suis d&#233;j&#224; servi, il y a plusieurs ann&#233;es, pour la restitution du travail men&#233; avec les &#233;l&#232;ves d'Argenteuil : &lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;https://liminaire.fr/projets/article/d-ici-d-ailleurs&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;d'ici d'ailleurs&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;. Il s'agit de l'&#233;diteur de narration interactive &lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;https://www.klynt.net/fr/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Klynt&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;. Je propose plusieurs lectures des 420 microfictions, &#224; partir d'images et d'audio, agenc&#233;es autour de courts films tourn&#233;s sur les lieux parisiens du r&#233;cit. Un parcours en trois entr&#233;es. Selon les heures de la journ&#233;e. Par les lieux du parcours parisien. Et enfin, par les diff&#233;rents pays travers&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_8753 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.liminaire.fr/IMG/jpg/50173407973_753ea4bb15_k.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.liminaire.fr/local/cache-vignettes/L500xH333/50173407973_753ea4bb15_k-3c2b8.jpg?1778396544' width='500' height='333' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;center&gt;&#201;glise Saint Jean-Baptiste, Bastia, Corse, 29 juillet 2020&lt;/center&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Il n'y a rien &#224; voir&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La biblioth&#232;que a ferm&#233; plus t&#244;t aujourd'hui, &#224; la suite d'une gr&#232;ve. Avec une de mes coll&#232;gues, nous sommes sortis les derniers pour fermer le b&#226;timent. Je m'occupe de baisser le rideau de fer qui cl&#244;t l'issue de secours. Au fond d'un couloir &#233;troit, j'ouvre la porte afin de v&#233;rifier qu'il n'y a personne assis sur le seuil (ce qui arrive souvent, surtout les jours de pluie, car l'endroit est &#224; l'abri) afin de ne blesser personne. Puis, j'actionne la cl&#233; dans le boitier pour activer la fermeture de la grille. Au moment d'enlever la cl&#233; et de me retourner pour remonter le couloir en sens inverse, je me trouve soudain plong&#233; dans le noir le plus profond. Je ne vois plus rien. Je comprends que ma coll&#232;gue vient de tourner la cl&#233; qui permet d'&#233;teindre l'ensemble des &#233;clairages. Pour avancer dans l'obscurit&#233;, je dois t&#226;tonner les murs avec mes mains pour essayer de me rep&#233;rer. La sensation de mes doigts effleurant la surface du mur, dans la p&#233;nombre du couloir, me transporte instantan&#233;ment sur l'&#238;le de Naoshima au Japon, dans la Minamidera, le b&#226;timent con&#231;u par l'architecte Tadao Ando, &#224; l'endroit o&#249; se trouvait un ancien temple bouddhiste, pour accueillir &lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;https://liminaire.fr/chronique/entre-les-lignes/article/le-temps-n-est-pas-une-destination&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;i&gt;Backside of the Moon&lt;/i&gt;, l'&#339;uvre de James Turrell&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Journal du regard : Avril 2026</title>
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		<dc:creator>Pierre M&#233;nard</dc:creator>


		<dc:subject>Biographie</dc:subject>
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		<dc:subject>Journal</dc:subject>
		<dc:subject>Musique</dc:subject>
		<dc:subject>R&#233;cit</dc:subject>
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		<dc:subject>Paris</dc:subject>
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		<dc:subject>Cin&#233;ma</dc:subject>
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		<dc:subject>Temps</dc:subject>
		<dc:subject>Enfance</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Chaque mois, un film regroupant l'ensemble des images prises au fil des jours, le mois pr&#233;c&#233;dent, et le texte qui s'&#233;crit en creux. &lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; Une sorte de palimpseste, dans lequel doivent transpara&#238;tre les traces - t&#233;nues mais non d&#233;chiffrables - de l'&#233;criture &#8220;pr&#233;alable&#8221; &#187;. &lt;br class='autobr' /&gt;
Jorge Luis Borges, Fictions &lt;br class='autobr' /&gt;
J'ai toujours &#233;t&#233; attir&#233; par les jardins, ce sont des lieux o&#249; j'aime me retrancher, des &#238;lots de calme pour me d&#233;tendre, faire le point, r&#233;fl&#233;chir, m'isoler un peu, lire un livre. Je me rends (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.liminaire.fr/chronique/journal/" rel="directory"&gt;Journal&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/biographie" rel="tag"&gt;Biographie&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/ecriture" rel="tag"&gt;&#201;criture&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/journal" rel="tag"&gt;Journal&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/musique" rel="tag"&gt;Musique&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/recit" rel="tag"&gt;R&#233;cit&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/video" rel="tag"&gt;Vid&#233;o&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/paris" rel="tag"&gt;Paris&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/paysage" rel="tag"&gt;Paysage&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/regard" rel="tag"&gt;Regard&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/quotidien" rel="tag"&gt;Quotidien&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/cinema" rel="tag"&gt;Cin&#233;ma&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/memoire" rel="tag"&gt;M&#233;moire&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/temps" rel="tag"&gt;Temps&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/enfance" rel="tag"&gt;Enfance&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.liminaire.fr/local/cache-vignettes/L150xH84/capture_d_e_cran_2026-04-28_a_22.33_25-1d251.png?1777618922' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='84' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;i&gt;Chaque mois, un film regroupant l'ensemble des images prises au fil des jours, le mois pr&#233;c&#233;dent, et le texte qui s'&#233;crit en creux.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Une sorte de palimpseste, dans lequel doivent transpara&#238;tre les traces - t&#233;nues mais non d&#233;chiffrables - de l'&#233;criture &#8220;pr&#233;alable&#8221; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Jorge Luis Borges, &lt;i&gt;Fictions&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;center&gt;&lt;iframe width=&#034;660&#034; height=&#034;415&#034; src=&#034;https://www.youtube.com/embed/2Z9dBCevKX0&#034; title=&#034;&#034; frameborder=&#034;0&#034; allow=&#034;accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share&#034; referrerpolicy=&#034;strict-origin-when-cross-origin&#034; allowfullscreen&gt;&lt;/iframe&gt;&lt;/center&gt;
&lt;p&gt;J'ai toujours &#233;t&#233; attir&#233; par les jardins, ce sont des lieux o&#249; j'aime me retrancher, des &#238;lots de calme pour me d&#233;tendre, faire le point, r&#233;fl&#233;chir, m'isoler un peu, lire un livre. Je me rends compte que je les filme de plus en plus souvent. En y r&#233;fl&#233;chissant, je crois que cette attirance pour ces lieux de nature en milieu urbain, qui accueillent de plus en plus des jardins partag&#233;s, vient de ma jeunesse. J'ai pass&#233; plusieurs &#233;t&#233;s de mon enfance chez mes grands-parents qui vivaient dans le Berry. Quand je ne roulais pas &#224; travers champs sur mon v&#233;lo, de la maison jusqu'au village en longeant l'Indre, je passais de longues heures &#224; jouer dans le grand jardin potager situ&#233; &#224; l'arri&#232;re de la maison. Je marchais dans les all&#233;es, en me racontant des histoires, jouais sur la balan&#231;oire, mangeais des fruits en passant (m&#251;res, groseilles, cassis), r&#234;vais &#224; l'ombre du cerisier, ou me cachais dans l'abri de mon grand-p&#232;re au fond du jardin.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je d&#233;ambule dans les all&#233;es du parc de Bagatelle. Caroline est &#224; mes c&#244;t&#233;s. C'est le printemps. Les pelouses sont d'un vert &#233;clatant, les arbres majestueux. Et pourtant, quelque chose r&#233;siste &#224; l'&#233;vidence. Une impression de d&#233;j&#224;-vu, sans souvenir pr&#233;cis. Je sais que je suis venu ici il y a longtemps, une trentaine d'ann&#233;es peut-&#234;tre. Je ne garde que cette sensation diffuse qui perturbe un peu ce que je per&#231;ois autour de moi. En marchant, je pense au film de Rainer Werner Fassbinder &lt;i&gt;Le Monde sur un fil&lt;/i&gt;, que j'ai d&#233;couvert r&#233;cemment, presque par hasard, en pr&#233;parant pour la biblioth&#232;que une s&#233;lection de films sur les robots et l'intelligence artificielle. Ce film, adapt&#233; d'un livre de Danyel F. Galouye, &lt;i&gt;Simulacron 3&lt;/i&gt;, a d&#233;plac&#233; quelque chose dans cette approche. C'est le premier film de science-fiction sur les m&#233;tavers. Un personnage dispara&#238;t subitement, sans que personne ne le remarque, comme si la r&#233;alit&#233; elle-m&#234;me effa&#231;ait ses propres traces, ce qui finit par se r&#233;v&#233;ler &#234;tre la simple suppression d'un avatar, le monde de cette fiction n'&#233;tant qu'un univers virtuel.Je traverse une all&#233;e bord&#233;e d'arbres. La composition du jardin, m&#234;me dans ses diff&#233;rents espaces aux formes vari&#233;es, est tr&#232;s &#233;labor&#233;e. Le parc ressemble &#224; un d&#233;cor, ou plut&#244;t, une mise en sc&#232;ne de lui-m&#234;me. Dans le film de Fassbinder, les zooms, les travellings, les surfaces r&#233;fl&#233;chissantes rappellent sans cesse que nous regardons une repr&#233;sentation. Je pense alors au film d'Alain Resnais &lt;i&gt;L'Ann&#233;e derni&#232;re &#224; Marienbad&lt;/i&gt;, &#233;crit par Alain Robbe-Grillet. C'est le m&#234;me trouble, dans la r&#233;p&#233;tition des formes, et cette incertitude des souvenirs. Pourquoi ce lieu m'&#233;chappe-t-il ? Pourquoi ne me reste-t-il que cette impression vague d'y &#234;tre d&#233;j&#224; venu ? Est-ce le souvenir qui fait d&#233;faut, ou la r&#233;alit&#233; qui se d&#233;robe ? Marcher ici, c'est peut-&#234;tre traverser un espace d&#233;j&#224; rejou&#233;. Une variation de cet espace. Dans le film de Fassbinder, une issue existe. Elle ne passe pas par une preuve, ni par une d&#233;monstration, mais par une rencontre. La certitude fragile d'&#234;tre avec quelqu'un. Une pr&#233;sence qui r&#233;siste &#224; la simulation et qui introduit de l'alt&#233;rit&#233;. Et avec elle, la possibilit&#233; d'y croire encore. Et bien s&#251;r, je pense alors &#224; &lt;i&gt;La Jet&#233;e&lt;/i&gt;, de Chris Marker. L&#224; aussi, tout repose sur une image, sur une m&#233;moire. Celui du visage d'une femme. Un point fixe dans un monde instable. Comme si, au c&#339;ur des dispositifs les plus sophistiqu&#233;s, ce qui demeurait irr&#233;ductible, c'&#233;tait la relation. Je continue de marcher. Avec Caroline, nous cherchons la sortie du parc. Les passants croisent mon regard, puis disparaissent dans mon dos. Rien ne les retient. Rien ne me prouve qu'ils sont l&#224; autrement que par cette br&#232;ve co&#239;ncidence de nos trajectoires. Peut-&#234;tre que la r&#233;alit&#233; ne tient qu'&#224; cela, &#224; ces rencontres fugitives, ces pr&#233;sences qui interrompent le flux. Dans ce parc que je ne reconnais pas, ou trop peu, &#224; certains moments d'ailleurs je crois m'en souvenir, mais c'est l'image d'un autre jardin dans lequel je me projette, celui du bois de Boulogne o&#249; je suis venu me promener l'ann&#233;e derni&#232;re, je cherche moins &#224; me souvenir qu'&#224; &#233;prouver, &#224; v&#233;rifier que quelque chose r&#233;siste, que tout n'est pas seulement surface. Qu'est-ce qui, dans l'exp&#233;rience, &#233;chappe &#224; sa mise en sc&#232;ne ? Un regard. Une voix. Une pr&#233;sence. Caroline est &#224; mes c&#244;t&#233;s et c'est tout ce qui compte.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Profiter du temps d'un trajet en RER pour lire un livre. C'est ce que je faisais lorsque je travaillais &#224; Melun. Bien cal&#233; contre la fen&#234;tre, j'ouvre mon livre pour m'y plonger. &lt;i&gt;Venise, millefleurs&lt;/i&gt;, de Ryoko Sekiguchi. Difficile de se concentrer durant les premi&#232;res stations souterraines. Les portes se ferment bruyamment. Des tensions entre les voyageurs. Un d&#233;but de bagarre. Le ton monte, les menaces fusent. Oublier tous ces bruits, cette agitation, qui s'invitent malgr&#233; nous dans le wagon, les conversations qui distraient, et m&#234;me, les paysages de cette banlieue que je ne connais pas, les regarder &#224; peine. Avec Ryoko Sekiguchi, je suis &#224; Venise, passant d'&#238;le en &#238;le, anticipant curieusement la promenade &#224; venir, une randonn&#233;e en banlieue parisienne aux airs de dimanche &#224; la campagne. Emprunter des chemins de traverse. &#201;couter le chant des oiseaux. S'engouffrer sous un pont, traverser un tunnel, marcher sur un viaduc, apercevoir de l&#224;-haut la for&#234;t &#224; perte de vue, puis s'enfoncer &#224; nouveau dans la fra&#238;cheur des sous-bois. Longer des habitations dont on ne voit que la haie au fond du jardin. Apercevoir furtivement un renard traverser un champ. Traverser des villages qu'on croise sur l'itin&#233;raire avant de revenir prendre son train &#224; la gare.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Un espace &#224; l'envers</title>
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		<dc:creator>Pierre M&#233;nard</dc:creator>


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&lt;p&gt;Cette impression de d&#233;j&#224;-vu &lt;br class='autobr' /&gt;
C'est une banalit&#233;, mais d&#232;s qu'on l'exp&#233;rimente &#224; nouveau, cela nous revient en m&#233;moire. Prendre un bus, un m&#233;tro, un train, pendant une heure, en partant de chez soi, on s'&#233;loigne, on s'&#233;lance, dans un voyage qui nous d&#233;payse. M&#234;me si l'on regarde par la fen&#234;tre et qu'on voit les paysages d&#233;filer, l'&#233;tonnement demeure &#224; l'arriv&#233;e. Le trajet nous transforme. Souvent, on ne jette d'ailleurs qu'un &#339;il distrait par la fen&#234;tre. Puzzle d'images, de paysages (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.liminaire.fr/chronique/entre-les-lignes/" rel="directory"&gt;Entre les lignes&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/biographie" rel="tag"&gt;Biographie&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/ecriture" rel="tag"&gt;&#201;criture&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/journal" rel="tag"&gt;Journal&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/photographie" rel="tag"&gt;Photographie&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/recit" rel="tag"&gt;R&#233;cit&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/ville" rel="tag"&gt;Ville&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/contacts-successifs" rel="tag"&gt;Contacts successifs&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/derive" rel="tag"&gt;D&#233;rive&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/reve" rel="tag"&gt;R&#234;ve&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/quotidien" rel="tag"&gt;Quotidien&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/sommeil" rel="tag"&gt;Sommeil&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/corps" rel="tag"&gt;Corps&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/nature" rel="tag"&gt;Nature&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/sensation" rel="tag"&gt;Sensation&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/traces" rel="tag"&gt;Traces&lt;/a&gt;

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 <content:encoded>&lt;img src='https://www.liminaire.fr/local/cache-vignettes/L150xH75/contacts_succcessifs_3_1_-d2b4a.png?1777150795' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='75' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Cette impression de d&#233;j&#224;-vu&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est une banalit&#233;, mais d&#232;s qu'on l'exp&#233;rimente &#224; nouveau, cela nous revient en m&#233;moire. Prendre un bus, un m&#233;tro, un train, pendant une heure, en partant de chez soi, on s'&#233;loigne, on s'&#233;lance, dans un voyage qui nous d&#233;payse. M&#234;me si l'on regarde par la fen&#234;tre et qu'on voit les paysages d&#233;filer, l'&#233;tonnement demeure &#224; l'arriv&#233;e. Le trajet nous transforme. Souvent, on ne jette d'ailleurs qu'un &#339;il distrait par la fen&#234;tre. Puzzle d'images, de paysages d&#233;cadr&#233;s, fuyants, de sons distrayants, parfois d&#233;cal&#233;s, ceux qu'on imagine parce qu'on ne les entend pas tandis qu'&#224; l'int&#233;rieur, certains nous distraient. J'&#233;tais d&#233;j&#224; venu dans les jardins de Bagatelle, il y a une trentaine d'ann&#233;es, je n'en ai plus aucun souvenir. En d&#233;ambulant dans les all&#233;es sinueuses du jardin, dessinant d'une porte d'entr&#233;e &#224; la grille oppos&#233;e la forme d'un ruban de M&#246;bius, passant par les sous-bois, les serres, les b&#226;timents, les prairies blanchies de p&#226;querettes, les monticules d'herbes folles d'un vert vif, une impression famili&#232;re m'envahit. Je me souviens que je suis venu l'&#233;t&#233; dernier me promener au bois de Boulogne. Du c&#244;t&#233; du Pr&#233; Catelan, la configuration des jardins para&#238;t prolonger ceux que nous traversons nonchalamment avec Caroline. La plupart des fleurs (iris, jacinthes) sont d&#233;sormais fan&#233;es, leurs p&#233;tales secs fl&#233;trissent au bout des tiges encore vertes. C'est d&#233;sormais l'&#233;poque des tulipes. Sur le fond uniform&#233;ment vert du gazon, les p&#233;tales velout&#233;s d'un rouge &#233;carlate vibrent de leur &#233;clatante couleur. On dirait l'image d'une publicit&#233; pour un parfum. Les promeneurs ne s'y trompent pas, ils viennent s'y prendre en photo, au risque d'abimer les fleurs.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_8729 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.liminaire.fr/IMG/jpg/55216700373_06c536522c_k.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.liminaire.fr/local/cache-vignettes/L500xH333/55216700373_06c536522c_k-55066.jpg?1777150795' width='500' height='333' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;center&gt;Place Albert Camus, Paris 10&#232;me, 15 avril 2026&lt;/center&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Ce m&#234;me calme apaisant que la nature&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pendant des ann&#233;es, j'ai souffert d'allergie. Adolescent, je d&#233;testais le printemps, je ne voulais sortir sous aucun pr&#233;texte, car je passais mon temps &#224; &#233;ternuer. Les yeux me piquaient, toujours en pleurs. Mon nez coulait sans arr&#234;t. Puis, mon m&#233;decin a fini par trouver le bon traitement. J'ai pu enfin profiter des paysages du printemps jusqu'&#224; l'automne, dans ces lumi&#232;res que j'aime tant. Depuis l'ann&#233;e derni&#232;re, mon allergie semble &#233;voluer. Par habitude, j'ai consult&#233; le printemps dernier mon m&#233;decin, pour me faire prescrire des antihistaminiques, mais je ne les ai pas utilis&#233;s. Cette ann&#233;e, je ne suis pas encore all&#233; la voir, car je n'en ai pas senti le besoin. Cela viendra peut-&#234;tre, m&#234;me si j'ai l'impression que les choses sont en train de changer. Depuis plusieurs mois, mon nez demeure bouch&#233;. La nuit, j'ai du mal &#224; respirer normalement. Je passe mes journ&#233;es en apn&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le paysage est dans l'&#339;il&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lorsque j'observe &#224; la d&#233;rob&#233;e les arbres derri&#232;re la fen&#234;tre de mon bureau, essentiellement des platanes plant&#233;s sur le boulevard de la Villette et plus loin ceux de la place du Colonel Fabien, dont les branches se balancent sous les brusques bourrasques de vent de ces derniers jours, j'oublie les pollens qu'ils projettent dans l'air et qui finissent par recouvrir enti&#232;rement certaines zones du trottoir d'un &#233;pais duvet ocre, pour me focaliser sur l'ondulation de leurs mouvements, dans une danse harmonieuse qui me distrait vaguement de ma t&#226;che quotidienne, car ces mouvements a&#233;riens, qui animent le paysage par vagues successives, me rappellent qu'au sol, dans la rue en contrebas, l'agitation des passants, des pi&#233;tons, amplifi&#233;e par l'agitation des v&#233;hicules, dont je per&#231;ois le bruit att&#233;nu&#233; par les vitres ferm&#233;es, prolonge l'oscillation des arbres en &#233;cho.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_8728 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.liminaire.fr/IMG/jpg/50162727416_67322aee82_k.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.liminaire.fr/local/cache-vignettes/L500xH333/50162727416_67322aee82_k-a28e0.jpg?1777150795' width='500' height='333' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;center&gt;Rue du S&#233;minaire, Bastia, Haute Corse, 28 juillet 2020&lt;/center&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le silence n'est pas un lieu&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La semaine commence sous le signe d'un tag aper&#231;u sur un mur aux abords de la gare du Nord, o&#249; nous allions prendre un bus en direction du bois de Boulogne. La phrase est &#233;crite avec une &#233;criture d&#233;li&#233;e. Le message me laisse r&#234;veur : &lt;i&gt;Taire le silence&lt;/i&gt;. J'ai pris tout de m&#234;me le temps de le photographier. Vendredi, en rentrant du travail, j'aper&#231;ois, sur le mur devant la grille de mon immeuble, un autre graffiti : &lt;i&gt;r&#234;ve mieux&lt;/i&gt;. Cette injonction me fait rire, tandis que les images d'un r&#234;ve de la veille me reviennent par bribes. Je me trouve &#224; l'int&#233;rieur de l'usine d'Exacompta situ&#233;e dans mon quartier, le long du canal Saint-Martin. J'en traverse les diff&#233;rents espaces. Il n'y a plus d'engins, plus de machines. Je ne les remarque pas dans la pr&#233;cipitation. Les ouvriers et les ouvri&#232;res que je croise me posent de nombreuses questions sur l'avenir du lieu auxquelles je n'ai pas le temps de r&#233;pondre, tout va trop vite. Ils semblent croire que j'ai la solution &#224; leurs probl&#232;mes. &#192; chaque fois que je veux leur expliquer que je ne suis qu'un voisin, je n'ai jamais le temps de finir ma phrase, quelqu'un me tire ou me pousse vers un nouvel endroit, une pi&#232;ce diff&#233;rente. Il y a beaucoup d'escaliers. Des couloirs sombres et &#233;triqu&#233;s. Nous continuons d'avancer, montant, descendant, passant de pi&#232;ces en pi&#232;ces, sans prendre vraiment le temps de nous arr&#234;ter. Mes interlocuteurs sont de plus en plus nombreux, leurs visages inquiets. J'ai l'impression d'&#234;tre somnambule et la nuit d'arpenter les rues de mon quartier pour &#233;crire sur les murs. Un nouveau tag est apparu ce soir dans ma rue : &lt;i&gt;S&#233;parons-nous du silence&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Ce qui reste du passage</title>
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		<dc:creator>Pierre M&#233;nard</dc:creator>


		<dc:subject>Biographie</dc:subject>
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		<dc:subject>R&#233;cit</dc:subject>
		<dc:subject>M&#233;moire vive</dc:subject>
		<dc:subject>Contacts successifs</dc:subject>
		<dc:subject>Nuit</dc:subject>
		<dc:subject>Regard</dc:subject>
		<dc:subject>Sensation</dc:subject>
		<dc:subject>Quotidien</dc:subject>
		<dc:subject>Absence</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Et rien qu'un peu d'amour &lt;br class='autobr' /&gt;
&#192; la maison, je fredonne un air. Caroline se met &#224; la chanter &#224; son tour. Alice nous demande de quelle chanson il s'agit, se demande si cela ne vient pas des Parapluies de Cherbourg. Je lui r&#233;ponds que pour moi c'est plut&#244;t li&#233; &#224; une s&#233;rie ou &#224; un film des ann&#233;es 80. Caroline finit par retrouver l'origine de la chanson. Il s'agit en fait d'une chanson interpr&#233;t&#233;e par V&#233;ronique Jannot, Tous les enfants ont besoin de r&#234;ver, bande originale de la s&#233;rie t&#233;l&#233;vis&#233;e, (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.liminaire.fr/chronique/entre-les-lignes/" rel="directory"&gt;Entre les lignes&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/biographie" rel="tag"&gt;Biographie&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/cinema" rel="tag"&gt;Cin&#233;ma&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/ecriture" rel="tag"&gt;&#201;criture&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/journal" rel="tag"&gt;Journal&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/musique" rel="tag"&gt;Musique&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/poesie" rel="tag"&gt;Po&#233;sie&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/photographie" rel="tag"&gt;Photographie&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/recit" rel="tag"&gt;R&#233;cit&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/memoire-vive" rel="tag"&gt;M&#233;moire vive&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/contacts-successifs" rel="tag"&gt;Contacts successifs&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/nuit" rel="tag"&gt;Nuit&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/regard" rel="tag"&gt;Regard&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/quotidien" rel="tag"&gt;Quotidien&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/absence" rel="tag"&gt;Absence&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.liminaire.fr/local/cache-vignettes/L150xH75/contacts_succcessifs_2_1_-ffc95.png?1776582275' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='75' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Et rien qu'un peu d'amour&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; la maison, je fredonne un air. Caroline se met &#224; la chanter &#224; son tour. Alice nous demande de quelle chanson il s'agit, se demande si cela ne vient pas des &lt;i&gt;Parapluies de Cherbourg&lt;/i&gt;. Je lui r&#233;ponds que pour moi c'est plut&#244;t li&#233; &#224; une s&#233;rie ou &#224; un film des ann&#233;es 80. Caroline finit par retrouver l'origine de la chanson. Il s'agit en fait d'une chanson interpr&#233;t&#233;e par V&#233;ronique Jannot, &lt;i&gt;Tous les enfants ont besoin de r&#234;ver&lt;/i&gt;, bande originale de la s&#233;rie t&#233;l&#233;vis&#233;e, &lt;i&gt;Pause caf&#233;&lt;/i&gt;, diffus&#233;e en 1981, dans laquelle elle jouait le r&#244;le de Jo&#235;lle Mazart, jeune assistante sociale au grand c&#339;ur travaillant dans un lyc&#233;e de banlieue. Une voix douce, une m&#233;lodie apaisante. Mais quand l'air me revient en t&#234;te, qu'il sort de ma bouche, aucun mot n'est prononc&#233;, plut&#244;t un grommelot. Ce charabia compos&#233; de langage macaronique et d'&#233;l&#233;ments onomatop&#233;iques, style de langage utilis&#233; dans le th&#233;&#226;tre satirique et dans la pantomime. Un air en appelle un autre, ils s'encha&#238;nent sans qu'on sache pourquoi. Je pense alors au film de Charlie Chaplin, &lt;i&gt;Les Temps modernes&lt;/i&gt;, que je dois &#233;voquer samedi, &#224; la biblioth&#232;que, pour notre s&#233;lection cin&#233;ma de films sur les robots et l'IA. Charlot y interpr&#232;te, en grommelot, la chanson de L&#233;o Daniderff : &lt;i&gt;Je cherche apr&#232;s Titine&lt;/i&gt;, connue aux &#201;tats-Unis sous le titre : &lt;i&gt;The Nonsense Song&lt;/i&gt;. Charlot, devenu gar&#231;on de restaurant, a pr&#233;vu de chanter &lt;i&gt;Titine&lt;/i&gt;, dont sa compagne a &#233;crit les paroles sur ses manchettes. Les perdant, il se met &#224; improviser des paroles incompr&#233;hensibles, m&#233;lange de fran&#231;ais et d'italien. Sa prestation est n&#233;anmoins un triomphe. Ce sont les premiers mots prononc&#233;s au cin&#233;ma par le personnage de Chaplin. Les chansons qui nous reviennent en m&#233;moire sans pr&#233;venir, comme la musique des &lt;i&gt;400 coups&lt;/i&gt;, le film de Fran&#231;ois Truffaut, compos&#233;e par Jean Constantin, que je fredonne souvent, presque malgr&#233; moi, sont des valses fragiles, qui r&#233;v&#232;lent la tendresse enfouie de notre enfance.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_8725 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.liminaire.fr/IMG/jpg/55191250474_db48796056_k.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.liminaire.fr/local/cache-vignettes/L500xH333/55191250474_db48796056_k-307c7.jpg?1776582275' width='500' height='333' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;center&gt;&#201;glise Saint-M&#233;dard, Paris 6&#232;me, 6 avril 2026&lt;/center&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Un espace &#224; l'envers&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je me l&#232;ve cette nuit encore pour occuper l'espace &#233;troit qui s&#233;pare le sommeil de son impossibilit&#233;. Je choisis de ne pas lutter contre l'insomnie. Je m'y installe sans rechigner, comme &#224; un poste d'observation. Derri&#232;re la vitre. Face au jardin. Tout semble immobile dans l'obscurit&#233;. Pourtant, tout para&#238;t tendu, dans l'attente d'un secret qui ne se d&#233;voile pas. Je regarde le paysage. Les volumes des b&#226;timents devant, des arbres du jardin, s'adoucissent progressivement pour sortir du noir de la nuit et appara&#238;tre enfin plus nettement. J'essaie de construire une phrase dans ma t&#234;te. Une seule phrase, lente, tendue vers l'ext&#233;rieur. Elle suit progressivement ce qui se trame dans l'obscurit&#233;. Les jeux d'ombres. Les fr&#233;missements d'air &#224; peine perceptibles. J'ai cette impression persistante de me trouver au bord d'une d&#233;couverte majeure qui m'&#233;chappe. Il ne s'agit pas d'une r&#233;v&#233;lation spectaculaire, mais plut&#244;t d'une simple annonce. Quelque chose que je peine &#224; comprendre, peut-&#234;tre. Je le pressens sans pouvoir le nommer. L'appartement s'enfonce dans le silence nocturne. Je m'avance int&#233;rieurement avec une d&#233;termination encore un peu h&#233;sitante. Un pas apr&#232;s l'autre. Prudent. Mon c&#339;ur bat. Mon regard se d&#233;tache de moi. Il devient presque &#233;tranger, indiff&#233;rent &#224; ce que j'&#233;tais encore il y a quelques instants en me levant. Dans ce glissement silencieux, ouat&#233;, quelque chose bascule. La nuit ne tombe plus autour de moi mais en moi. Elle r&#233;v&#232;le un lieu sans r&#233;el dehors. Un lieu tendu, clair et sombre &#224; la fois, o&#249; tout tremble, sans vraiment se montrer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;En deux temps trois mouvements&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le dernier film de Christian Petzold, &lt;i&gt;Miroirs n&#176;3&lt;/i&gt;, porte le titre d'une pi&#232;ce pour piano impressionniste de Maurice Ravel, &#233;galement connue sous le titre : &lt;i&gt;Une barque sur l'oc&#233;an&lt;/i&gt;. Un couple qui ne s'aime plus, qui n'a plus rien &#224; voir l'un avec l'autre. Ils partent en voiture pour une balade avec un couple d'amis. Laura, la jeune femme, est maussade, distraite, la t&#234;te ailleurs pendant tout le trajet. Leur histoire est termin&#233;e depuis longtemps, mais ils ne parviennent pas &#224; se l'avouer. Laura finit par refuser d'aller plus loin. Sur le chemin du retour, la voiture de son compagnon fait une sortie de route, il est tu&#233; sur le coup. Miraculeusement sauv&#233;e, la jeune femme pr&#233;f&#232;re rester dans la maison pr&#232;s de laquelle a eu lieu son accident, ne souhaitant pas aller &#224; l'h&#244;pital, ou rentrer chez elle. Si elle est si vite accept&#233;e dans cette maison, et si elle s'y trouve si bien, c'est qu'elle y remplit un vide et que ce vide en elle, cette incertitude sur son avenir, &#224; cet endroit, s'efface lentement. La place qu'elle trouve aupr&#232;s de Betty et de sa famille n'est pas la sienne. La disparition brutale de son compagnon lib&#232;re un espace in&#233;dit. Les deux hommes de la maison n'y vivent plus depuis le drame qui a boulevers&#233; la maison, en faisant &#233;clater la famille. Ils travaillent dans un garage un peu plus loin dans la r&#233;gion. Lorsqu'ils acceptent &#224; contrec&#339;ur l'invitation &#224; d&#238;ner de Betty, ils s'imaginent qu'elle a de nouveau perdu pied. Tous les trois sont &#224; table, embarrass&#233;s de se retrouver l&#224;, ensemble, ils n'en ont plus l'habitude depuis longtemps. Une quatri&#232;me assiette a &#233;t&#233; dispos&#233;e sur la nappe blanche. &#192; voir leurs mines d&#233;faites, ils s'imaginent que la convive invisible n'est qu'une nouvelle chim&#232;re de Betty qui les prie d'&#234;tre patients. Soudain, un fracas de casseroles retentit dans la cuisine, et la jeune femme surgit sous leurs yeux, portant une &#233;norme casserole. Elle n'est donc ni un fantasme ni un fant&#244;me, mais qu'attend-elle de ces inconnus, et qu'est-ce que cette famille, d'abord accueillante mais avec ses secrets, esp&#232;re d'elle ? Cette famille a des secrets. Ce qui trouble de plus en plus Laura, qui la met mal &#224; l'aise, et l'oblige finalement &#224; fuir. Cette fuite ne laisse pas un nouveau vide. Elle remet de l'harmonie entre les membres de cette famille. Ils renouent enfin le dialogue, se retrouvent apr&#232;s s'&#234;tre s&#233;par&#233;s, r&#233;par&#233;s pourrait-on dire, comme ils r&#233;parent tout ce qui dysfonctionnait dans la vieille maison (le robinet qui fuit, le lave-vaisselle qui ne fonctionne pas, le piano d&#233;saccord&#233;), pour finir par revivre ensemble sous le m&#234;me toit.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_8726 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.liminaire.fr/IMG/jpg/13928094090_8765037c59_k.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.liminaire.fr/local/cache-vignettes/L500xH334/13928094090_8765037c59_k-9138a.jpg?1776582276' width='500' height='334' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;center&gt;Cimeti&#232;re du P&#232;re-Lachaise, Paris 20&#232;me, 5 mai 2014&lt;/center&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le discontinu des fragments&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&lt;a href='https://www.liminaire.fr/@krasnasandor@social.tmprs.net'&gt;Sandor Krasna, le bot po&#233;tique qu'on peut suivre sur Mastodon&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;, cr&#233;&#233; &#224; la sortie de &lt;strong&gt;M&#233;moire vive&lt;/strong&gt;, est &lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;https://abrupt.cc/pierre-menard/memoire-vive/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;l'antilivre publi&#233; par les &#233;ditions Abr&#252;pt&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;. Voici les deux derniers tercets publi&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J'ai le sens du fun&#232;bre comme on apprend l'art de la f&#234;te et le sens de l'humour.&lt;br class='autobr' /&gt;
L'intention est du reste de sortir de l'impasse.&lt;br class='autobr' /&gt;
Nous d&#233;laissons les sommets et les plaines, nous nous moquons des visions en &#233;tages.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nos rep&#232;res sont boulevers&#233;s dans un espace &#224; l'envers.&lt;br class='autobr' /&gt;
L'instantan&#233; nous fascine en tant que tombeau du temps.&lt;br class='autobr' /&gt;
C'&#233;tait devenu aussi d&#233;finitif.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Quelque chose en &#233;change</title>
		<link>https://www.liminaire.fr/chronique/entre-les-lignes/article/quelque-chose-en-echange</link>
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		<dc:date>2026-04-12T07:00:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Pierre M&#233;nard</dc:creator>


		<dc:subject>Atelier</dc:subject>
		<dc:subject>Biographie</dc:subject>
		<dc:subject>&#201;criture</dc:subject>
		<dc:subject>Information</dc:subject>
		<dc:subject>Journal</dc:subject>
		<dc:subject>Num&#233;rique</dc:subject>
		<dc:subject>Photographie</dc:subject>
		<dc:subject>R&#233;cit</dc:subject>
		<dc:subject>Paris</dc:subject>
		<dc:subject>Paysage</dc:subject>
		<dc:subject>Biblioth&#232;que</dc:subject>
		<dc:subject>Livre</dc:subject>
		<dc:subject>Contacts successifs</dc:subject>
		<dc:subject>Regard</dc:subject>
		<dc:subject>Quotidien</dc:subject>
		<dc:subject>D&#233;rive</dc:subject>
		<dc:subject>Histoire</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;R&#233;inventer en temps r&#233;el &lt;br class='autobr' /&gt;
En promenade dans le 13&#232;me, nous d&#233;butons notre parcours aux Gobelins, par le Square Ren&#233; Le Gall. Dans une petite portion &#224; l'entr&#233;e, un jardin partag&#233;, des jeunes y avancent t&#234;te baiss&#233;e. Ils cherchent des chocolats de P&#226;ques. Leur m&#232;re repasse derri&#232;re eux pour leur montrer ceux qu'ils ont oubli&#233; en chemin. En observant les plantes, les fleurs et les arbres du jardin, nous en trouvons &#224; notre tour, au milieu de l'herbe, en &#233;quilibre sur une branche, sous les (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/biographie" rel="tag"&gt;Biographie&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/ecriture" rel="tag"&gt;&#201;criture&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/information" rel="tag"&gt;Information&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/journal" rel="tag"&gt;Journal&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/numerique" rel="tag"&gt;Num&#233;rique&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/photographie" rel="tag"&gt;Photographie&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/recit" rel="tag"&gt;R&#233;cit&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/paris" rel="tag"&gt;Paris&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/paysage" rel="tag"&gt;Paysage&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/bibliotheque" rel="tag"&gt;Biblioth&#232;que&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/livre" rel="tag"&gt;Livre&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/quotidien" rel="tag"&gt;Quotidien&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/derive" rel="tag"&gt;D&#233;rive&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/histoire" rel="tag"&gt;Histoire&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.liminaire.fr/local/cache-vignettes/L150xH75/contacts_succcessifs_1_-2-d969e.png?1775977301' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='75' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;R&#233;inventer en temps r&#233;el&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En promenade dans le 13&#232;me, nous d&#233;butons notre parcours aux Gobelins, par le Square Ren&#233; Le Gall. Dans une petite portion &#224; l'entr&#233;e, un jardin partag&#233;, des jeunes y avancent t&#234;te baiss&#233;e. Ils cherchent des chocolats de P&#226;ques. Leur m&#232;re repasse derri&#232;re eux pour leur montrer ceux qu'ils ont oubli&#233; en chemin. En observant les plantes, les fleurs et les arbres du jardin, nous en trouvons &#224; notre tour, au milieu de l'herbe, en &#233;quilibre sur une branche, sous les feuilles des arbustes. Le charme de ce jardin vient de la diversit&#233; de ses espaces. Il y a la partie occup&#233;e par des bandes de gazon au centre desquelles se dresse un ob&#233;lisque encadr&#233; par quatre gloriettes. Au centre, le sous-bois divis&#233; en bosquets s'ordonne autour de l'all&#233;e m&#233;diane, plant&#233;e de diverses essences qui viennent s'ajouter aux charmes et aux c&#232;dres bleus plant&#233;s sur le pourtour du jardin. En avan&#231;ant dans le jardin, nous croisons deux femmes qui discutent. J'entends l'une d'elles prononcer cette phrase : &lt;i&gt;Je ne suis pas tr&#232;s virtuelle&lt;/i&gt;. Le jardin est situ&#233; &#224; l'emplacement de l'ancien potager des tapissiers de la Manufacture des Gobelins. Celui-ci se dressait sur une des nombreuses petites &#238;les que la Bi&#232;vre entourait autrefois. On l'appelait l'Ile aux Singes, les bateleurs avaient l'habitude d'y laisser leurs singes en toute libert&#233;. L'Ile de la Cit&#233; et l'Ile Saint-Louis voisinaient avec l'Ile Louviers et l'Ile Maquerelle. La vall&#233;e de la Bi&#232;vre &#233;tait alors un lieu tr&#232;s vivant, dynamique, malgr&#233; les odeurs putrides qui s'&#233;chappaient de la rivi&#232;re. Les Parisiens venaient s'encanailler dans les guinguettes, qui s'&#233;taient multipli&#233;es apr&#232;s la construction du mur des Fermiers G&#233;n&#233;raux, car le vin n'y &#233;tait pas tax&#233;. On y buvait une bi&#232;re r&#233;put&#233;e depuis que des ouvriers flamands, venus travailler &#224; la Manufacture des Gobelins, avaient ouvert sur place des brasseries. Traverser l'espace d'une ville c'est le parcourir &#224; travers le palimpseste d'un temps qu'on ne per&#231;oit que certaines strates.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_8722 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.liminaire.fr/IMG/jpg/55174108987_c4e54efdf5_k.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.liminaire.fr/local/cache-vignettes/L500xH333/55174108987_c4e54efdf5_k-de70c.jpg?1775977302' width='500' height='333' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;center&gt;Bassin de l'Arsenal, Place de la Bastille, Partis 12&#232;me, 29 mars 2026&lt;/center&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Grand retard&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous contactons un usager de la biblioth&#232;que &#224; propos d'un grand retard. Il devait rendre le 13 janvier 2026 l'ouvrage qu'il avait emprunt&#233;. Nous l'invitons &#224; le rapporter au plus vite &#224; la biblioth&#232;que, avant qu'il ne re&#231;oive une facture du Tr&#233;sor public. Je ne peux m'emp&#234;cher de sourire en d&#233;couvrant le titre du livre : &lt;i&gt;La procrastination : l'art de reporter au lendemain&lt;/i&gt;, de John Perry.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Toutes les images du futur&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;En qu&#234;te d'info&lt;/i&gt; est le festival de d&#233;cryptage des m&#233;dias dans les biblioth&#232;ques de Paris. &#192; cette occasion, j'ai anim&#233; plusieurs ateliers autour de l'IA pour diff&#233;rents types de publics. Dans l'atelier sur la cr&#233;ation d'images, de vid&#233;os et de musique, nous avons tent&#233; de rep&#233;rer celles g&#233;n&#233;r&#233;es par l'IA pour questionner ces diff&#233;rents m&#233;dias, afin d'inviter le public &#224; d&#233;velopper son esprit critique, &#224; mieux s'informer et &#224; r&#233;fl&#233;chir &#224; la place qu'on accorde &#224; l'IA dans notre rapport aux images et &#224; l'information. Je me suis rendu compte que les images cr&#233;&#233;es r&#233;cemment avec l'IA &#233;taient devenues beaucoup plus difficiles &#224; diff&#233;rencier qu'auparavant. Les pr&#233;cautions d'usage pour rep&#233;rer ces images ne sont plus aussi efficaces. Les d&#233;tails anatomiques par exemple, comme les pupilles asym&#233;triques, les reflets identiques dans les deux yeux ou des regards &#171; vitreux &#187; qui &#233;taient caract&#233;ristiques jusqu'&#224; pr&#233;sent, ne le sont plus autant. Il en va de m&#234;me pour la coh&#233;rence physique. Les IA peinaient &#224; reproduire fid&#232;lement l'interaction de la lumi&#232;re avec les objets. Les ombres ne correspondaient pas toujours &#224; la source lumineuse apparente et les reflets pouvaient &#234;tre fauss&#233;s. C'est de moins en moins le cas. De m&#234;me pour les imperfections textuelles. Les mots sont moins d&#233;form&#233;s, illisibles. La tendance &#224; la perfection &#233;tait une particularit&#233; esth&#233;tique de cette technologie. Une image trop parfaite est suspecte. L'IA avait tendance &#224; cr&#233;er des surfaces anormalement lisses, une peau sans pores ni imperfections, et des couleurs trop satur&#233;es ou artificiellement att&#233;nu&#233;es. Dans la nature, les textures pr&#233;sentent toujours une certaine irr&#233;gularit&#233;, l'IA peinait &#224; les reproduire de mani&#232;re convaincante, m&#234;me si on assiste depuis peu &#224; des &#233;volutions remarquables.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_8723 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.liminaire.fr/IMG/jpg/53210475789_35bada3a5c_k.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.liminaire.fr/local/cache-vignettes/L500xH333/53210475789_35bada3a5c_k-057f3.jpg?1775977302' width='500' height='333' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;center&gt;Atelier Lardeur, rue du Cherche-Midi, Paris 6&#232;me, 24 septembre 2023&lt;/center&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;L'attente patiente de ce moment pr&#233;cis&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;https://liminaire.fr/projets/article/rien-que-les-heures&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Rien que les heures&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt; est arriv&#233;. Un enchainement de circonstances m'emp&#234;che de trouver le temps de prendre le livre en main et de le parcourir. Je v&#233;rifie juste la derni&#232;re correction apport&#233; au texte, mais rest&#233;e sans r&#233;ponse, une coquille sur le nom de mon premier &#233;diteur. J'ouvre le livre, le soup&#232;se, tourne bri&#232;vement quelques pages. Je dois aller travailler. J'attends curieusement d'&#234;tre seul le soir avec le livre pour le consulter plus attentivement. J'aime la couleur et le graphisme de la couverture. La taille du livre. La qualit&#233; du papier, pas trop mince comme cela arrive de plus en plus souvent. La mise en page, qui est moins a&#233;r&#233;e que celle que j'avais imagin&#233;e en envoyant le texte il y a huit mois, mais dont &#201;ric m'a persuad&#233; de la pertinence, permet en effet une lecture plus fluide. Je lis quelques passages. Je me s&#233;pare du texte pour mieux le retrouver. Je ne le lis plus comme j'ai pu le faire pendant ces derniers mois de relecture, avec cette impression d'un texte mouvant, sans arr&#234;t changeant, aux multiples variations et d&#233;veloppements possibles. Les mots sont &#233;crits noirs sur blancs. Ils acqui&#232;rent une forme d'autonomie qui me permet un certain d&#233;tachement dans ma lecture. Je sais que je suis l'auteur de ce livre, mais avec sa publication, et l'objet clos que je tiens enfin entre mes mains, je deviens son premier lecteur.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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