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	<title>LIMINAIRE</title>
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	<description>Une palpitation, un mouvement encore immobile, un espace de sursis dans la dissolution.</description>
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		<title>La distance du possible</title>
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		<dc:creator>Pierre M&#233;nard</dc:creator>


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		<description>
&lt;p&gt;Raconter cela consiste &#224; s'&#233;loigner &lt;br class='autobr' /&gt;
Joachim et Anne passent &#224; la maison pour pr&#233;parer la soir&#233;e du vendredi 12 juin &#224; la m&#233;diath&#232;que Fran&#231;oise Sagan, o&#249; nous allons lire ensemble des extraits de mon livre. Tr&#232;s vite, nous nous mettons au travail. Nos voix lisent &#224; tour de r&#244;le les diff&#233;rents fragments de plusieurs chapitres. Chacun avec sa voix, sa mani&#232;re de la poser sur le texte, de s'en emparer. C'est &#233;mouvant. &#192; la fin, Joachim s'&#233;tonne de la forme tr&#232;s particuli&#232;re de chaque fragment, (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.liminaire.fr/chronique/entre-les-lignes/" rel="directory"&gt;Entre les lignes&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/biographie" rel="tag"&gt;Biographie&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/ecriture" rel="tag"&gt;&#201;criture&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/journal" rel="tag"&gt;Journal&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/lecture" rel="tag"&gt;Lecture&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/livre" rel="tag"&gt;Livre&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/photographie" rel="tag"&gt;Photographie&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/recit" rel="tag"&gt;R&#233;cit&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/paris" rel="tag"&gt;Paris&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/paysage" rel="tag"&gt;Paysage&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/contacts-successifs" rel="tag"&gt;Contacts successifs&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/animal" rel="tag"&gt;Animal&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/quotidien" rel="tag"&gt;Quotidien&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/solitude" rel="tag"&gt;Solitude&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/sensation" rel="tag"&gt;Sensation&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/absence" rel="tag"&gt;Absence&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.liminaire.fr/local/cache-vignettes/L150xH75/contacts_succcessifs_9_1_-2-90df9.png?1780815619' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='75' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Raconter cela consiste &#224; s'&#233;loigner&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Joachim et Anne passent &#224; la maison pour pr&#233;parer &lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;https://www.paris.fr/evenements/lecture-et-rencontre-avec-pierre-menard-108349&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;la soir&#233;e du vendredi 12 juin &#224; la m&#233;diath&#232;que Fran&#231;oise Sagan&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;, o&#249; nous allons lire ensemble des extraits de mon livre. Tr&#232;s vite, nous nous mettons au travail. Nos voix lisent &#224; tour de r&#244;le les diff&#233;rents fragments de plusieurs chapitres. Chacun avec sa voix, sa mani&#232;re de la poser sur le texte, de s'en emparer. C'est &#233;mouvant. &#192; la fin, Joachim s'&#233;tonne de la forme tr&#232;s particuli&#232;re de chaque fragment, de son rythme propre, de sa musique. Chaque fragment forme une boucle. Cela permet de lire le livre de fa&#231;on continue, mais &#233;galement de le parcourir selon l'heure, le lieu, ou au hasard en le feuilletant. J'ai toujours aim&#233; l'id&#233;e qu'on puisse ainsi circuler &#224; sa guise dans mes livres. Une lecture est un parcours. On peut sugg&#233;rer des chemins, des voies &#224; suivre, mais chacun est libre d'arpenter le r&#233;cit &#224; sa mani&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_8780 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.liminaire.fr/IMG/jpg/55304516081_a32ea3c07b_k.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.liminaire.fr/local/cache-vignettes/L500xH333/55304516081_a32ea3c07b_k-709f0.jpg?1780815619' width='500' height='333' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;center&gt;Quai de la Seine, Bassin de la Villette, Paris 19&#232;me, 30 mai 2026&lt;/center&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;On finit par se comprendre soi-m&#234;me&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;https://www.castorastral.com/livre/ma-propriete-privee/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;i&gt;Ma propri&#233;t&#233; priv&#233;e&lt;/i&gt;, le livre de Mary Ruefle, paru aux &#233;ditions Le Castor Astral en 2026&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;, est un ensemble de proses po&#233;tiques courtes, ni po&#232;me, ni essai, plut&#244;t des m&#233;ditations existentielles, r&#233;cits intimes, introspectifs, dans lesquels l'autrice se pose des questions &#224; voix haute, sur le sens d'une pens&#233;e, la signification d'un r&#234;ve, ce que repr&#233;sente le bonheur. Elle s'interroge &#233;galement sur le sens des diff&#233;rentes couleurs comme Goethe l'avait fait avant elle dans sa &lt;i&gt;Th&#233;orie des couleurs&lt;/i&gt;, publi&#233;e en 1810, o&#249; le po&#232;te explorait l'impact psychologique des diff&#233;rentes couleurs sur l'humeur et les &#233;motions. Ces r&#233;flexions sont plac&#233;es aux c&#244;t&#233;s d'observations plus d&#233;cal&#233;es, comme la fa&#231;on dont on fabrique les t&#234;tes r&#233;duites, ou la d&#233;couverte faite par Ruefle dans son enfance que les milkshakes sont meilleurs avec du sel et du poivre, ou des r&#233;cits franchement autobiographiques comme celui o&#249; elle avoue avoir pleur&#233; sans arr&#234;t durant le mois d'avril 1998, car elle voulait mourir, &#224; cause de la m&#233;nopause qu'elle aborde sous l'angle personnel mais &#233;galement comme ph&#233;nom&#232;ne social : &#171; une nouvelle adolescence, sauf que vous &#234;tes adulte &#187;. &lt;br class='autobr' /&gt;
L'&#233;criture de Ruefle s'apparente &#224; un sentiment pur, &#224; la mani&#232;re de la po&#233;sie. La juxtaposition et l'association d'images s'entrem&#234;lent ainsi tout au long de l'ouvrage. Dans la bri&#232;vet&#233; &#233;nigmatique du texte intitul&#233; &lt;i&gt;Le Sublime&lt;/i&gt;, sensation et sens se m&#234;lent, et nous reconnaissons &#224; la fois l'action et ce que pourrait &#234;tre la signification cach&#233;e du texte : &#171; La route &#233;tait &#233;troite, puis de plus en plus &#233;troite, tournant tant&#244;t d'un c&#244;t&#233;, tant&#244;t de l'autre tandis que je grimpais, pench&#233;e sur le volant. Je voyais du coin de l'&#339;il qu'il y avait une vue incroyable, mais je ne pouvais pas regarder. &#187; &lt;br class='autobr' /&gt;
Dans &lt;i&gt;&#192; lire, s'il vous pla&#238;t&lt;/i&gt;, elle raconte les derniers instants d'une femme chez elle qui remplit de graines de tournesol la mangeoire pour les oiseaux, du point de vue imaginaire d'un chardonneret : &#171; Depuis ma branche, je l'ai vue effectuer les activit&#233;s qui lui plaisaient : ramasser une serviette par terre, remplir un formulaire pour suspendre la distribution du courrier, faire bouillir de l'eau, regarder dans le vide. &#187; &lt;br class='autobr' /&gt;
Toute la beaut&#233; de l'&#233;criture de Mary Ruefle tient dans l'ind&#233;cision permanente dans laquelle nous tient son &#233;criture, qui ne se limite jamais &#224; une forme pr&#233;cise, un genre, ni &#224; un point de vue univoque sur un sujet et qui, m&#234;me si elle para&#238;t autobiographique, nous touche toutes et tous. Les textes s'arr&#234;tent sur des moments de calme, de contemplation, de tristesse parfois, menant &#224; une prise de conscience ou &#224; une nouvelle vision du monde. Ils tissent entre eux des liens qui peu &#224; peu forment le sens du livre. Si les magnifiques fragments sur les couleurs de la tristesse, qui pars&#232;ment tout le livre, se r&#233;p&#232;tent et donnent leur tonalit&#233; au livre, la tristesse y est explor&#233;e comme une &#233;motion de la vie et des vivants, de la perte non pas comme quelque chose de concret, mais comme un signe de changement, une autre forme de possession. Une &lt;i&gt;note de l'auteur&lt;/i&gt; (que je ne livre pas ici pour ne pas d&#233;voiler la fin du recueil) fait office de cl&#233;, peut-&#234;tre m&#234;me de passe-partout, et ouvre de nombreuses portes. &lt;br class='autobr' /&gt;
Ce livre dresse le constat d'un agr&#233;able sentiment de partage contrari&#233;, avec une m&#233;lancolie passionn&#233;e qui nous laisse sans voix : &#171; Au d&#233;but, on comprend le monde mais pas soi-m&#234;me, et que lorsqu'on finit par se comprendre soi-m&#234;me, on ne comprend plus le monde. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Change ton malaise en vibrato&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Rester en mouvement. Ce n'est pas qu'une question d'activit&#233;s. Avoir des choses &#224; faire, travailler &#224; de nouveaux projets, avancer sur d'anciens. C'est avant tout une question de dynamique. Se mettre en mouvement. D&#232;s que j'arr&#234;te, je me sens pris au pi&#232;ge. Ce n'est pas imm&#233;diat, c'est plus pernicieux. Au d&#233;but, il me reste encore des choses &#224; faire, j'avance l'esprit l&#233;ger, je crois que &#231;a va continuer comme &#231;a, dans cet &#233;lan, ce rythme qui me porte au quotidien. Un impr&#233;vu survient, de la visite, une inqui&#233;tude passag&#232;re, des jours de vacances sans partir en voyage, sans pouvoir sortir, me promener, la canicule me retient plus longtemps que pr&#233;vu &#224; l'int&#233;rieur de la maison, sans pouvoir bouger, volets baiss&#233;s, dans la p&#233;nombre &#233;touffante de l'appartement. Des id&#233;es sombres m'envahissent. C'est si rare que j'en suis abasourdi. Je reste sans voix, m&#233;lancolique. Remise en cause g&#233;n&#233;rale. Tout m'&#233;chappe. Sans savoir comment r&#233;agir, ne rien r&#233;ussir &#224; faire d'autre qu'&#224; lire. Je fais du surplace. &#201;crire ce qui ne va pas. Ce qui m'inqui&#232;te, ce qui m'obs&#232;de. Puis tout effacer. Un poids en moins. D&#232;s que je r&#233;ussis enfin &#224; sortir &#224; nouveau, m&#234;me si c'est pour retourner travailler, je me sens mieux, moins oppress&#233;. Je me remets en mouvement, et ce mouvement me soulage, m'apaise.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_8779 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.liminaire.fr/IMG/jpg/9178156514_a07478f68c_k.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.liminaire.fr/local/cache-vignettes/L500xH334/9178156514_a07478f68c_k-88308.jpg?1780815619' width='500' height='334' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;center&gt;Mission Dolores, San Francisco, Californie, &#201;tats-Unis d'Am&#233;rique, 24 avril 2012&lt;/center&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le chant des oiseaux&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Prenant l'air &#224; ma fen&#234;tre, j'observe un merle sur le bord de la fen&#234;tre de mes voisins. Sur le toit de l'immeuble d'en face un petit moineau lance une trille au son per&#231;ant. Je vois le merle sur son promontoire, se figer et lever la t&#234;te vers le haut pour regarder dans la direction de l'oiseau comme s'il comprenait ce que l'autre oiseau exprimait dans son chant. Je me rends compte que je n'ai jamais cherch&#233; &#224; savoir jusqu'&#224; pr&#233;sent si les oiseaux d'esp&#232;ces diff&#233;rentes ont la capacit&#233; de communiquer et de se comprendre. Certains oiseaux communiquent des informations importantes sur les menaces et les ressources alimentaires au sein de leur groupe, mais aussi &#224; d'autres esp&#232;ces qui partagent le m&#234;me habitat. Bien qu'il existe certaines preuves sugg&#233;rant une compr&#233;hension entre certaines esp&#232;ces, dans certaines circonstances, cette capacit&#233; semble &#234;tre limit&#233;e et d&#233;pendante en fonction de l'environnement et de l'apprentissage.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Venise, millefleurs, de Ryoko Sekiguchi</title>
		<link>https://www.liminaire.fr/creation/radio-marelle/article/venise-millefleurs-de-ryoko-sekiguchi</link>
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		<dc:creator>Pierre M&#233;nard</dc:creator>


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		<description>
&lt;p&gt;De 2023 &#224; 2025, Ryoko Sekiguchi a effectu&#233; huit s&#233;jours &#224; Venise. Elle y d&#233;couvre l'herbier d'Ilaria, jeune botaniste du XIX&#7497; si&#232;cle. Ce journal intime l'incite &#224; engager une relation &#233;pistolaire avec la jeune femme &#224; travers le temps. Il l'incite ainsi &#224; appr&#233;hender d'une mani&#232;re in&#233;dite l'espace de la cit&#233; lacustre qu'elle per&#231;oit comme un archipel familier, un espace vivant avec ses jardins secrets. Sensible aux eaux stagnantes et &#224; l'isolement des &#238;les, elle d&#233;laisse le d&#233;cor de th&#233;&#226;tre (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.liminaire.fr/creation/radio-marelle/" rel="directory"&gt;Radio Marelle&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/art" rel="tag"&gt;Art&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/ecriture" rel="tag"&gt;&#201;criture&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/biographie" rel="tag"&gt;Biographie&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/journal" rel="tag"&gt;Journal&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/lecture" rel="tag"&gt;Lecture&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/livre" rel="tag"&gt;Livre&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/peinture" rel="tag"&gt;Peinture&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/recit" rel="tag"&gt;R&#233;cit&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/portrait" rel="tag"&gt;Portrait&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/en-lisant-en-ecrivant" rel="tag"&gt;En lisant en &#233;crivant&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/derive" rel="tag"&gt;D&#233;rive&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/nature" rel="tag"&gt;Nature&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/voyage" rel="tag"&gt;Voyage&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/temps" rel="tag"&gt;Temps&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.liminaire.fr/local/cache-vignettes/L150xH84/en_lisant_en_e_crivant_3_1_-229c3.png?1780642890' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='84' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_8758 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.liminaire.fr/local/cache-vignettes/L82xH120/venise-millefleurs_1_-2602c.jpg?1777825486' width='82' height='120' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt; &lt;p&gt;De 2023 &#224; 2025, Ryoko Sekiguchi a effectu&#233; huit s&#233;jours &#224; Venise. Elle y d&#233;couvre l'herbier d'Ilaria, jeune botaniste du XIX&#7497; si&#232;cle. Ce journal intime l'incite &#224; engager une relation &#233;pistolaire avec la jeune femme &#224; travers le temps. Il l'incite ainsi &#224; appr&#233;hender d'une mani&#232;re in&#233;dite l'espace de la cit&#233; lacustre qu'elle per&#231;oit comme un archipel familier, un espace vivant avec ses jardins secrets. Sensible aux eaux stagnantes et &#224; l'isolement des &#238;les, elle d&#233;laisse le d&#233;cor de th&#233;&#226;tre et les clich&#233;s du tourisme de masse pour rendre la parole aux habitants et aux plantes. Ce livre, qui s'inspire de la technique verri&#232;re du millefiori, assemble une mosa&#239;que de fragments qui nous r&#233;v&#232;le que Venise est moins une ville de pierre qu'un po&#232;me vivant en perp&#233;tuelle germination.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;https://www.pol-editeur.com/index.php?spec=livre&amp;ISBN=978-2-8180-6512-9&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;i&gt;Venise, millefleurs&lt;/i&gt;, Ryoko Sekiguchi, P.O.L., 2026.&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;
&lt;br&gt;
&lt;br&gt;&lt;/p&gt;
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&lt;p&gt;&lt;br&gt;
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&lt;br&gt;&lt;/p&gt;
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&lt;p&gt;&lt;br&gt;
&lt;br&gt;
&lt;br&gt;&#8232;&lt;br class='autobr' /&gt;
J'avais d&#233;j&#224; &#233;crit sur les villes, en essayant de faire face &#224; celles-ci et d'engager avec elles un dialogue direct. Cette fois, en revanche, je cherchais &#224; faire affleurer le pass&#233; de la S&#233;r&#233;nissime en m'appuyant sur une femme qui y avait v&#233;cu. Certes, cette femme, Ilaria, je ne l'avais pas connue et je ne la conna&#238;trais jamais dans la r&#233;alit&#233;. Je ne pouvais pas non plus &#233;crire sur sa vie comme le ferait une historienne. Elle &#233;tait aussi &#233;ph&#233;m&#232;re qu'une brume, et la seule trace tangible de sa vie &#233;tait ces mains qui avaient cueilli les plantes qui se trouvaient devant moi. Il n'y avait aucune raison objective d'&#233;crire sur elle.&lt;br class='autobr' /&gt;
Or, c'est peut-&#234;tre pr&#233;cis&#233;ment pour cette raison que je ne pouvais pas me d&#233;tacher d'Ilaria. Ce n'&#233;tait pas une personne dont la vie singuli&#232;re nous aurait r&#233;v&#233;l&#233; des facettes cach&#233;es de l'histoire de Venise, mais quelqu'un d'aussi ordinaire que nous autres, dont les traces &#233;taient elles aussi vou&#233;es &#224; dispara&#238;tre. Les plantes, plus &#233;ph&#233;m&#232;res encore, lui permettaient pourtant de demeurer dans ce monde. Puisque je l'avais rencontr&#233;e &#224; travers son carnet, je n'avais pas d'autre choix que d'&#233;crire sur elle. &#201;crire un livre sur cette personne ne consistait pas &#224; parler uniquement d'elle, mais aussi des autres habitants et de tous les &#234;tres &#233;ph&#233;m&#232;res qui avaient jadis v&#233;cu dans la ville. J'&#233;tais consciente plus que quiconque de la difficult&#233; de composer un livre &#224; partir d'un assemblage maladroit et disparate constitu&#233; de mes notes, de mes lettres &#224; Ilaria et des citations de ses herbiers, mais je ne pouvais soustraire aucun de ces &#233;l&#233;ments. &#192; la place, j'aurais aussi bien pu &#233;crire un joli livre sur les fleurs de la lagune, ou un essai po&#233;tique sur ce lieu, et la tentation d'orienter le texte dans cette direction &#233;tait grande. Pourtant, chaque fois que j'essayais d'&#233;liminer l'un de ces &#233;l&#233;ments, toutes ces mati&#232;res revenaient au galop pour proclamer qu'aucune n'&#233;tait facultative.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est d'ailleurs Ilaria qui me donna l'envie de m'int&#233;resser aux femmes d'ici autant qu'aux plantes. Sans doute aussi &#233;tais-je lasse du nombre de romans &#233;crits sur Venise par des hommes qui projetaient sur la ville une image f&#233;minine pour mieux la fantasmer. Certes, Venise a souvent &#233;t&#233; d&#233;crite comme f&#233;minine, et la pr&#233;sence de nombreuses courtisanes (on en comptait dix mille pour cent mille habitants au xvie si&#232;cle) a sans doute contribu&#233; &#224; renforcer son image de cit&#233; du plaisir au xviiie si&#232;cle. Mais c'&#233;tait exactement ce genre d'associations trop rapides qui, lorsqu'on parlait du Japon, donnait une importance surdimensionn&#233;e aux geishas. Ces descriptions romanesques de Venise en tant qu'objet f&#233;minin, myst&#233;rieux et dangereux, m&#234;me s'il ne s'agissait pas de ma propre ville, n'&#233;taient pas agr&#233;ables &#224; lire. Je voulais mieux conna&#238;tre l'&#238;le et les V&#233;nitiennes pour qui elles &#233;taient.&lt;br class='autobr' /&gt;
Marta affirmait que les V&#233;nitiennes &#233;taient historiquement plus ind&#233;pendantes que dans d'autres r&#233;gions d'Italie, que ni sa m&#232;re ni sa grand-m&#232;re ne s'&#233;taient jamais soumises &#224; un homme, et qu'elle-m&#234;me avait un peu de cela dans le sang. Francesca, sp&#233;cialiste d'histoire chinoise &#224; l'universit&#233; Ca' Foscari, me raconta que le testament de Marco Polo stipulait en 1324 qu'il ne l&#233;guait ses biens qu'&#224; sa femme et &#224; ses filles, dont l'une, Fantina Polo, veuve, avait m&#234;me intent&#233; un proc&#232;s en 1366 &#224; la famille de son mari pour abus de biens sur ce m&#234;me h&#233;ritage, proc&#232;s &#224; l'issue duquel elle obtint gain de cause. La V&#233;nitienne Elena Lucrezia Cornaro Piscopia, premi&#232;re femme au monde &#224; avoir obtenu un dipl&#244;me universitaire, avait r&#233;dig&#233; sa th&#232;se sur Aristote &#224; l'universit&#233; de Padoue en 1678. Des amies lesbiennes m'ont affirm&#233; que nul autre endroit n'&#233;tait plus accueillant, et que cela pouvait s'expliquer par le fait que cette ancienne r&#233;publique avait toujours su garder une certaine distance par rapport au pouvoir religieux. Une amie me raconta qu'elle avait suivi une formation de menuisi&#232;re avec des hommes. Cette image des femmes est bien diff&#233;rente de celle de la Venise &#171; romantique &#187; imagin&#233;e par les hommes.&lt;br class='autobr' /&gt;
Outre ces femmes talentueuses, intelligentes et ind&#233;pendantes que je c&#244;toyais pendant mes s&#233;jours, je rencontrais &#233;galement des V&#233;nitiennes dans les mus&#233;es. Parmi les peintres v&#233;nitiennes, Rosalba Carriera est la plus c&#233;l&#232;bre, pour son travail non seulement &#224; Venise, mais aussi &#224; Paris et &#224; Vienne, entre la fin du XVII et le d&#233;but du XVIIIe si&#232;cle. Encore plus loin en arri&#232;re, dans la seconde partie du xvie si&#232;cle, Marietta Robusti, fille du Tintoret, travaillait avec son p&#232;re. Il suffit de se rendre dans des mus&#233;es comme Ca' Rezzonico &#8211; qui poss&#232;de une collection de peintures retra&#231;ant l'histoire de la ville &#8211; pour d&#233;couvrir les &#339;uvres d'autres femmes peintres, telles que Giulia Lama, qui v&#233;cut au XVIIe - XVIIIe si&#232;cle, ou Emma Ciardi, connue, au tournant du xxe si&#232;cle, pour ses paysages v&#233;nitiens. Marietta Barovier, artiste verri&#232;re et fille de l'artiste Angelo Barovier, est c&#233;l&#232;bre pour avoir invent&#233; les perles rosetta au XVe si&#232;cle, et pour avoir dirig&#233; l'atelier familial &#224; Murano.&lt;br class='autobr' /&gt;
Quant aux femmes repr&#233;sent&#233;es en peinture, j'aimais surtout le portrait d'une V&#233;nitienne r&#233;alis&#233; par Albrecht D&#252;rer lors de son s&#233;jour sur l'&#238;le, aujourd'hui conserv&#233; dans la collection du mus&#233;e d'Histoire de l'art de Vienne, ainsi que celui peint par Vittore Carpaccio au d&#233;but du XVIe si&#232;cle, qui se trouve &#224; la Galleria Borghese &#224; Rome. La premi&#232;re, &#226;g&#233;e d'une vingtaine ou d'une trentaine d'ann&#233;es tout au plus, a l'allure volontaire et d&#233;termin&#233;e, et le regard l&#233;g&#232;rement tourn&#233; vers la gauche ; tandis que la seconde, avec son regard per&#231;ant, a un air presque masculin. Les deux mod&#232;les partagent un sourire p&#233;tillant d'intelligence qui me rappelait quelque peu mes amies v&#233;nitiennes.&lt;br class='autobr' /&gt;
Bien s&#251;r, il n'y avait pas seulement des femmes issues de familles nobles ou artistes &#224; Venise. Beaucoup de fabriques existaient &#233;galement gr&#226;ce &#224; la main-d'&#339;uvre f&#233;minine au cours de la modernisation. L'histoire des ouvri&#232;res dans les anciennes fabriques nationales de tabac entre le Piazzale Roma et Rio Ter&#224; dei Pensieri est c&#233;l&#232;bre parce que ces femmes s'entraidaient et luttaient pour de meilleures conditions de travail, quitte &#224; faire des gr&#232;ves. Elles avaient d&#233;velopp&#233; un caract&#232;re fort et acquis une ind&#233;pendance financi&#232;re. Les enfileuses de perles de Murano faisaient partie du paysage de la Venise populaire : install&#233;es dans les rues, sur les places, elles travaillaient en ext&#233;rieur, de petites perles de verre sur les genoux. Le mus&#233;e de la Dentelle, qui se trouve sur l'&#238;le de Burano, &#233;tait &#224; l'origine une &#233;cole de formation au m&#233;tier de dentelli&#232;re, fond&#233;e en 1872. La plupart des personnes repr&#233;sent&#233;es dans les documents et les peintures de l'&#233;poque sont des femmes. Dans les archives film&#233;es qui compilent des t&#233;moignages de femmes form&#233;es &#224; cette &#233;cole qui ont particip&#233; &#224; la sensibilisation sur l'histoire de l'&#238;le et de la dentelle, l'une des brodeuses, Daniela Battain, dit : &#171; J'ai &#233;t&#233; envoy&#233;e me former &#224; la dentelle d&#232;s que j'ai termin&#233; l'&#233;cole primaire. C'&#233;tait la d&#233;cision de mes parents et je n'avais pas &#224; les contredire. J'&#233;tais si triste que j'en ai pleur&#233;. &#187; Lorena Novello raconte : &#171; J'ai &#233;t&#233; fi&#232;re de pouvoir parler de mon m&#233;tier et de mon exp&#233;rience, lors d'un atelier, &#224; de jeunes Turques qui m'&#233;coutaient avec enthousiasme. &#187; Toutes les femmes ne sont pas n&#233;es pour &#234;tre dentelli&#232;res. Ces t&#233;moignages r&#233;v&#232;lent des d&#233;sirs inavouables ; elles auraient sans doute exerc&#233; une autre profession si elles &#233;taient n&#233;es &#224; une autre &#233;poque.&lt;br class='autobr' /&gt;
En &#233;coutant Maria Seno qui se disait finalement satisfaite de continuer ce m&#233;tier, l'envie me prit de lui demander : &#171; Qu'auriez-vous fait, si vous aviez pu remonter le temps ? &#187; Devant l'image de ces archives, je pouvais voir ces femmes esquisser un sourire de r&#233;signation.&lt;br class='autobr' /&gt;
Quant &#224; la relation entre les femmes et les plantes, c'est Sossima qui me l'a expliqu&#233;e. Originaire du Chili, ayant grandi en France avant de s'installer &#224; Venise, elle participe &#224; diverses activit&#233;s associatives. Elle m'a racont&#233; qu'il existait un potager de culture biologique entretenu par les d&#233;tenues de la prison de femmes de la Giudecca. Je me rendis donc &#224; la Giudecca un jeudi matin, jour o&#249; les produits de ce potager sont en vente. Sous un ciel nuageux, un petit stand &#233;tait tenu devant l'ancien couvent. J'y achetai des topinambours et diverses herbes. On m'expliqua lesquelles &#233;taient &#224; utiliser pour les salades, lesquelles devaient &#234;tre cuites&#8230; Puis on me pr&#233;para un m&#233;lange dans un sac en papier. Une fois &#224; la maison, je mis la main dans le sac et me br&#251;lai aux feuilles d'orties. J'aurais d&#251; les reconna&#238;tre, mais je n'avais pas fait attention au moment de l'achat ; l'id&#233;e qu'elles comptaient au nombre des herbes aromatiques m'&#233;tait sortie de l'esprit.&lt;br class='autobr' /&gt;
&#192; la m&#234;me p&#233;riode, j'ai commenc&#233; &#224; apprendre l'histoire des &#238;les qui entourent la lagune. Moi-m&#234;me originaire d'un pays insulaire, je ressentais qu'une &#238;le dessine un lieu naturellement ferm&#233; : autrefois, criminels et prisonniers politiques &#233;taient ainsi mis &#224; l'isolement. &#192; Venise, l'&#238;le de Murano est c&#233;l&#232;bre pour son verre, car toutes les verreries y ont &#233;t&#233; transf&#233;r&#233;es au Moyen &#194;ge par crainte des incendies. Du temps de la peste, avant de pouvoir accoster, les bateaux &#233;taient soumis &#224; quarantaine dans les &#238;les de Lazzaretto Vecchio et de Lazzaretto Nuovo, o&#249; l'on d&#233;sinfectait les marchandises avec le romarin ou le geni&#232;vre. L'&#238;le de San Lazzaro servait de sanatorium pour les l&#233;preux. Un cimeti&#232;re fut construit sur l'&#238;le de San Michele pour des raisons sanitaires pendant l'occupation napol&#233;onienne, et plusieurs &#238;les &#233;taient aussi utilis&#233;es &#224; des fins militaires au XIXe si&#232;cle.&lt;br class='autobr' /&gt;
Sacca Sessola, l'une des &#238;les artificielles de la lagune, est aujourd'hui r&#233;serv&#233;e aux r&#233;sidents d'un h&#244;tel, mais elle abritait au d&#233;but du XXe si&#232;cle un h&#244;pital pour les tuberculeux. Rachet&#233;e par un groupe h&#244;telier de luxe, elle a &#233;t&#233; rebaptis&#233;e &#171; l'&#238;le des Roses &#187;. Je m'y rendis avec le bateau d'une amie, et d&#233;barquai au pr&#233;texte de me rendre au bar de l'h&#244;tel. Une promenade rapide dans l'agr&#233;able jardin provoqua en moi un sentiment mitig&#233;. L'&#238;le, qui devrait &#234;tre ouverte comme un parc au public v&#233;nitien, est pourtant interdite &#224; ses habitants, et accessible seulement aux riches &#233;trangers. Aujourd'hui, les citoyens contestent vivement la privatisation des &#238;les ; le cas de Poveglia est c&#233;l&#232;bre : depuis longtemps abandonn&#233;e, cette derni&#232;re a fait l'objet d'un projet de vente par les autorit&#233;s, suscitant de vives protestations. L'association Poveglia per tutti (&#171; Poveglia pour tous &#187;) a &#233;t&#233; fond&#233;e pour rendre l'&#238;le accessible &#224; tous, et les jours de manifestation on voit se d&#233;ployer une sc&#232;ne spectaculaire : de petits bateaux arrivent en nombre et accostent l'&#238;le les uns apr&#232;s les autres. Des familles enti&#232;res d&#233;barquent avec leurs enfants, et cette &#238;le sauvage et abandonn&#233;e se transforme alors en espace th&#233;&#226;tral et festif. R&#233;cemment, l'association a obtenu la concession de la partie nord de Poveglia, apr&#232;s onze ans de lutte, sauvant l'&#238;le de la privatisation et initiant &#224; la place un projet d'am&#233;nagement ouvert &#224; tous.&lt;br class='autobr' /&gt;
Une &#238;le n'existe jamais seule. Telle une constellation, les &#238;les vivent et respirent au travers de ces liens organiques qu'elles d&#233;veloppent entre elles. Venise, &#224; ce titre, ne fait pas exception. L'archipel, en japonais, se dit gunt&#244;, ce qui signifie &#171; groupe d'&#238;les &#187;, mais je pr&#233;f&#232;re le traduire litt&#233;ralement ainsi : &#171; multitude d'&#238;les &#187;, ou &#171; nu&#233;e d'&#238;les &#187;, &#224; l'image des &#233;tourneaux au cr&#233;puscule.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Herbier d'Ilaria no 2&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[Deux types de racines sont coll&#233;s au-dessous de la mention &#171; Le cadenas de J&#233;rusalem, le 4 juin 1832 dans la matin&#233;e, racine apport&#233;e par Mauro &#187;. &#192; gauche, de fines racines beiges et &#224; droite, des racines &#233;voquant des fils de cuivre, ainsi qu'une couronne de poudre de couleur rouille autour de ces racines.]&lt;br class='autobr' /&gt;
L'autre jour, Mauro, le jardinier de Claudia, m'a dit, en venant chez moi, qu'il existait deux vari&#233;t&#233;s de cette plante, l'une avec des racines blanches et l'autre avec des racines cuivr&#233;es jusqu'&#224; l'int&#233;rieur. Celle qui est cuivr&#233;e est appel&#233;e &#171; la ni&#232;ce de l'ours &#187; dans son village natal. Un terme jamais entendu auparavant. A-t-elle &#233;t&#233; ainsi baptis&#233;e parce que ses racines ressemblent &#224; des poils d'ours ?&lt;br class='autobr' /&gt;
Il me conseille de faire arracher celle dont les racines sont cuivr&#233;es, car elles durcissent comme du m&#233;tal &#224; mesure qu'elles se d&#233;veloppent, et une fois que les racines s'&#233;tendent il est difficile de s'en d&#233;barrasser, mais il est impossible de distinguer sur la terre les racines cuivr&#233;es des racines blanches. J'aime l'odeur de ces feuilles dont le parfum m'&#233;voque &#233;trangement le caill&#233; de lait &#224; la vanille, alors je ne puis me r&#233;soudre &#224; les arracher.&lt;br class='autobr' /&gt;
Il ne s'agit pas de deux esp&#232;ces distinctes stricto sensu mais de transformations touchant la m&#234;me vari&#233;t&#233;. D'apr&#232;s lui, les ann&#233;es o&#249; le coucher de soleil est magnifique, les racines cuivr&#233;es sont plus nombreuses. Cela est-il possible ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;https://www.pol-editeur.com/index.php?spec=livre&amp;ISBN=978-2-8180-6512-9&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;i&gt;Venise, millefleurs&lt;/i&gt;, Ryoko Sekiguchi, P.O.L., 2026.&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Vous pouvez suivre le podcast de ces lectures versatiles sur les diff&#233;rents points d'acc&#232;s ci-dessous : &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;https://anchor.fm/s/24d0b3d4/podcast/rss&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;RSS&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt; | &lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;https://podcasts.apple.com/fr/podcast/en-lisant-en-%C3%A9crivant/id1517222611&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Apple Podcast&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt; | &lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;https://www.youtube.com/c/PierreM%C3%A9nard/podcasts&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Youtube&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt; | &lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;https://www.deezer.com/fr/show/1001542221&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Deezer&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt; | &lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;https://open.spotify.com/episode/5ItGd0Gb92KVQOcyRpsVtj&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Spotify&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Journal du regard : Mai 2026</title>
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		<dc:creator>Pierre M&#233;nard</dc:creator>


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		<description>
&lt;p&gt;Chaque mois, un film regroupant l'ensemble des images prises au fil des jours, le mois pr&#233;c&#233;dent, et le texte qui s'&#233;crit en creux. &lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; Une sorte de palimpseste, dans lequel doivent transpara&#238;tre les traces - t&#233;nues mais non d&#233;chiffrables - de l'&#233;criture &#8220;pr&#233;alable&#8221; &#187;. &lt;br class='autobr' /&gt;
Jorge Luis Borges, Fictions &lt;br class='autobr' /&gt;
&#192; chaque excursion, il y a ce qu'on imagine pouvoir faire, le parcours qu'on pr&#233;pare en amont. Ce qu'on anticipe et ce qu'on improvise sur place. &#192; Cr&#233;cy-la-Chapelle, nous longeons les quais de (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.liminaire.fr/chronique/journal/" rel="directory"&gt;Journal&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/sons" rel="tag"&gt;Sons&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/musique" rel="tag"&gt;Musique&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/recit" rel="tag"&gt;R&#233;cit&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/video" rel="tag"&gt;Vid&#233;o&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/paris" rel="tag"&gt;Paris&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/ville" rel="tag"&gt;Ville&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/nature" rel="tag"&gt;Nature&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.liminaire.fr/local/cache-vignettes/L150xH84/capture_d_e_cran_2026-05-25_a_23.49_00_1_-72a86.png?1780297394' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='84' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;i&gt;Chaque mois, un film regroupant l'ensemble des images prises au fil des jours, le mois pr&#233;c&#233;dent, et le texte qui s'&#233;crit en creux.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Une sorte de palimpseste, dans lequel doivent transpara&#238;tre les traces - t&#233;nues mais non d&#233;chiffrables - de l'&#233;criture &#8220;pr&#233;alable&#8221; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Jorge Luis Borges, &lt;i&gt;Fictions&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;center&gt;&lt;iframe width=&#034;660&#034; height=&#034;415&#034; src=&#034;https://www.youtube.com/embed/rzOLeO22OI4&#034; title=&#034;&#034; frameborder=&#034;0&#034; allow=&#034;accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share&#034; referrerpolicy=&#034;strict-origin-when-cross-origin&#034; allowfullscreen&gt;&lt;/iframe&gt;&lt;/center&gt;
&lt;p&gt;&#192; chaque excursion, il y a ce qu'on imagine pouvoir faire, le parcours qu'on pr&#233;pare en amont. Ce qu'on anticipe et ce qu'on improvise sur place. &#192; Cr&#233;cy-la-Chapelle, nous longeons les quais de la Venise briarde, avant de rejoindre le chemin de halage le long de la rivi&#232;re que j'avais rep&#233;r&#233; sur la carte. Sur le chemin, nous croisons des marcheurs qui nous conseillent un itin&#233;raire que nous n'avions pas envisag&#233; d'emprunter. Nous traversons des champs, montons sur la colline qui surplombe le village. En pr&#233;parant notre promenade, j'avais lu qu'il y avait de ce c&#244;t&#233;-l&#224; un ancien cimeti&#232;re protestant &#224; l'ombre des bois. Cependant, je ne pensais pas que nous irions jusque-l&#224; car cela me semblait consid&#233;rablement rallonger la distance de notre parcours. Au moment de passer &#224; la hauteur du cimeti&#232;re, nous ne comprenons pas la direction indiqu&#233;e par le panneau pour nous y rendre et passons &#224; c&#244;t&#233;. Je suis un peu d&#233;pit&#233;, mais difficile de revenir sur nos pas, puisque nous descendons &#224; travers la for&#234;t et que nous sommes d&#233;j&#224; &#224; proximit&#233; du village en contrebas. Ironie du sort, c'est au cimeti&#232;re que nous finissons notre p&#233;riple.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un thomasson est un objet urbain inutile, pr&#233;serv&#233; dans le cadre d'un b&#226;timent ou de son environnement. Quatre colonnes en fonte soutenaient le viaduc de la ligne 2 avant la cr&#233;ation des voies routi&#232;res. Ces colonnes creuses, d&#233;cal&#233;es vers la rotonde, servent d&#233;sormais de gaines de ventilation &#224; l'usine souterraine d'eau non potable de La Villette.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La d&#233;marche de Caroline pour inscrire la m&#233;moire de son grand-oncle Antoine Poletti, r&#233;sistant pendant la guerre et mort en d&#233;portation, dans le quartier o&#249; il a v&#233;cu avec toute sa famille, rue Corbera, dans le 12&#7497; arrondissement, tout proche du quartier de mes parents, et de la famille de ma m&#232;re, rue Beccaria, me touche. Ce qu'elle &#233;crit sur lui va se prolonger sur une plaque comm&#233;morative, appos&#233;e prochainement sur la fa&#231;ade de l'immeuble. Je traverse pour ma part ces lieux hant&#233;s par mes parents sans aucune nostalgie. Les seules traces qui m'&#233;meuvent et me touchent sont celles des marques de ballons des enfants qui recouvrent le mur blanc de la Petite Mairie du march&#233; d'Aligre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La plupart du temps, je ne suis pas seul quand je filme, j'enregistre ce que je vois &#224; la vol&#233;e, dans un temps r&#233;duit, un empressement constant sur le cours des choses. Quelque chose attire mon attention, je m'arr&#234;te pour filmer. On ne m'attend pas, c'est une habitude. Je les rejoins apr&#232;s en pressant le pas. Cela ne me g&#234;ne pas, mais je dois &#224; chaque fois rattraper le temps perdu pour ne pas me laisser distancer. Les conversations qui s'&#233;taient engag&#233;es sont interrompues, elles ont chang&#233; de sujet ou de direction, j'en entends que des bribes. Je les suis en pointill&#233;. Je dois agir vite et dilater le temps. Je ne sais pas si ce que je vis est vrai ou si je suis embarqu&#233; dans le r&#234;ve de quelqu'un d'autre. Une r&#233;alit&#233; alternative. Un univers parall&#232;le. Ce que je per&#231;ois de ce qui m'entoure, et pas seulement avec les personnes qui m'accompagnent, avec qui je partage l'espace, para&#238;t d&#233;tach&#233; de l'ensemble du paysage, comme si je n'en saisissais qu'un fragment, un seul versant, laissant l'autre dans l'ombre, sur le c&#244;t&#233;. C'est comme une machination. Qu'est-ce que c'est qu'&#234;tre s&#233;par&#233; de quelque chose qu'on n'a jamais eu ? De regarder ce qu'on ne voit pas vraiment, qui nous &#233;chappe ? Une &#233;norme absence m&#234;l&#233;e &#224; la certitude d'une grande pr&#233;sence possible cr&#233;e une impression singuli&#232;re. Je r&#233;fl&#233;chis &#224; tout cela en remontant vers la maison, apr&#232;s avoir mang&#233; en famille dans un restaurant du 12&#7497;. Nous rentrons &#224; pied, en longeant le canal Saint-Martin. Dans l'effervescence de cette chaude journ&#233;e, les quais sont bond&#233;s d'une foule de Parisiens et de touristes, jeunes gens buvant et fumant, riant et parlant fort, assis, debout, dans le d&#233;sordre de la nuit. Comment aurais-je pu imaginer qu'une bagarre entre hooligans en marge de la finale de la coupe de France de football aurait lieu quelques heures plus tard, m&#234;me si, peinant &#224; remonter le quai, &#224; cause de la foule, j'ai ressenti quelque chose d'&#233;lectrique dans l'air qui m'a profond&#233;ment troubl&#233;, mis mal &#224; l'aise, comme il arrive parfois qu'on pressente ce qui va se passer mais qu'on ne le comprenne qu'apr&#232;s coup ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Invit&#233;s &#224; manger chez mes parents, avec Caroline et Nina, nous descendons &#224; la gare de Boussy-Saint-Antoine, pour rejoindre Combs-la-Ville &#224; travers champs et bords de l'Yerres. C'est un voyage dans le temps. Je retrouve des lieux de promenades de mon enfance, quand nous habitions Boussy, o&#249; nous descendions avec mon oncle et ma tante jusqu'&#224; Jarcy. Sur le chemin, je retrouve des maisons et des jardins o&#249; j'ai &#233;t&#233; invit&#233; lorsque j'&#233;tais enfant, chez des camarades de classe. Je ne me souviens de rien mais tout me revient. Les lieux de mon enfance se r&#233;sument trop souvent aux vacances estivales pass&#233;es chez mes grands-parents dans le Berry. Mais ces paysages travers&#233;s aujourd'hui m'y ram&#232;nent par un d&#233;tour que seule la m&#233;moire sait faire jouer en nous.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nos pas s'impriment dans la terre encore humide des sous-bois, &#233;criture illisible, les reflets des flaques s'&#233;vaporent dans la touffeur du jour, la lumi&#232;re &#224; leur surface, artificielle comme les &#233;tangs de la for&#234;t, mirages de fra&#238;cheur.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Dans l'&#233;paisseur des mots</title>
		<link>https://www.liminaire.fr/chronique/entre-les-lignes/article/dans-l-epaisseur-des-mots</link>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Pierre M&#233;nard</dc:creator>


		<dc:subject>Cin&#233;ma</dc:subject>
		<dc:subject>Biographie</dc:subject>
		<dc:subject>&#201;criture</dc:subject>
		<dc:subject>Journal</dc:subject>
		<dc:subject>Langage</dc:subject>
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		<dc:subject>Contacts successifs</dc:subject>
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		<dc:subject>Quotidien</dc:subject>
		<dc:subject>Ville</dc:subject>
		<dc:subject>Paysage</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Un concours de circonstances &lt;br class='autobr' /&gt;
Il y a quelque chose d'&#233;trange et de d&#233;plac&#233; dans le fait de donner des pr&#233;noms aux temp&#234;tes. Une temp&#234;te n'arrive plus seulement avec son cort&#232;ge de pr&#233;cipitations, de vent, de branches arrach&#233;es, d'impressionnants d&#233;g&#226;ts. J'imagine que c'est avec l'intention de rendre l'&#233;v&#233;nement plus proche de la population, de permettre d'identifier plus facilement le ph&#233;nom&#232;ne m&#233;t&#233;orologique, mais il associe ainsi le drame aux personnes qui portent ce pr&#233;nom. La temp&#234;te (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.liminaire.fr/chronique/entre-les-lignes/" rel="directory"&gt;Entre les lignes&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/cinema" rel="tag"&gt;Cin&#233;ma&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/biographie" rel="tag"&gt;Biographie&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/ecriture" rel="tag"&gt;&#201;criture&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/journal" rel="tag"&gt;Journal&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/langage" rel="tag"&gt;Langage&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/photographie" rel="tag"&gt;Photographie&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/portrait" rel="tag"&gt;Portrait&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/contacts-successifs" rel="tag"&gt;Contacts successifs&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/regard" rel="tag"&gt;Regard&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/nature" rel="tag"&gt;Nature&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/sensation" rel="tag"&gt;Sensation&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/quotidien" rel="tag"&gt;Quotidien&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/ville" rel="tag"&gt;Ville&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/paysage" rel="tag"&gt;Paysage&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.liminaire.fr/local/cache-vignettes/L150xH75/contacts_succcessifs_7_1_-08915.png?1779606376' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='75' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Un concours de circonstances&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y a quelque chose d'&#233;trange et de d&#233;plac&#233; dans le fait de donner des pr&#233;noms aux temp&#234;tes. Une temp&#234;te n'arrive plus seulement avec son cort&#232;ge de pr&#233;cipitations, de vent, de branches arrach&#233;es, d'impressionnants d&#233;g&#226;ts. J'imagine que c'est avec l'intention de rendre l'&#233;v&#233;nement plus proche de la population, de permettre d'identifier plus facilement le ph&#233;nom&#232;ne m&#233;t&#233;orologique, mais il associe ainsi le drame aux personnes qui portent ce pr&#233;nom. La temp&#234;te s'approche. On redoute ses effets. On suit avec crainte son parcours sur les cartes. On prononce son nom &#224; la t&#233;l&#233;vision avec une forme de proximit&#233; troublante. Le pr&#233;nom change la nature des temp&#234;tes. Elles cessent d'&#234;tre neutres, et si elles restent uniques, difficile sans cela &#224; les diff&#233;rencier. C'est tout un ensemble d'images qui nous parvient dans son sillage. Des routes inond&#233;es, des fen&#234;tres qui claquent, des personnes qui regardent le ciel s'assombrir. Certains pr&#233;noms semblent soudain impossibles &#224; porter sans que revienne le souvenir dramatique. Tout le monde se souvient des temp&#234;tes de fin d&#233;cembre 1999 en Europe. Leurs pr&#233;noms r&#233;sonnent encore dans nos m&#233;moires. Lothar et Martin. Il y a cependant des moyens moins raccoleurs qu'&lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;https://meteofrance.com/actualites-et-dossiers/actualites/quel-nom-choisiriez-vous-pour-une-tempete&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;un concours pour choisir les prochains noms de temp&#234;te&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_8769 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.liminaire.fr/IMG/jpg/55262998201_4463f40bf0_k.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.liminaire.fr/local/cache-vignettes/L500xH333/55262998201_4463f40bf0_k-96e33.jpg?1779606376' width='500' height='333' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;center&gt;Exposition &lt;i&gt;Curiosit&#233;&lt;/i&gt; (objets de Ma&#239;ssa Toulet), Cent, 100 rue de Charenton, Paris 12&#232;me, 11 mai 2026&lt;/center&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Mon temps mon demain mes toujours&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La jeune femme s'est juch&#233;e sur le rebord de la fen&#234;tre aux volets m&#233;talliques ferm&#233;s, au rez-de-chauss&#233;e de cette maison devant laquelle je passe quotidiennement. Elle n'est pas chez elle, mais elle s'y sent &#224; l'aise, l'air d&#233;tendu, joyeuse et insouciante. Elle est assise, son dos contre le montant b&#233;tonn&#233; du cadre de la fen&#234;tre, son corps recroquevill&#233; pour se lover dans cet espace r&#233;duit, plus large que long, genou relev&#233; vers sa poitrine pour s'y maintenir en entier et ne pas risquer de tomber, ce qui lui permet de maintenir en &#233;quilibre son smartphone sur ses genoux pour discuter en vid&#233;o avec un ami. Elle ne pr&#234;te pas attention aux pi&#233;tons qui marchent sur le trottoir et passent &#224; sa hauteur. Sans un regard, ni un sourire. Concentr&#233;e dans sa conversation qui prend toute la place comme son corps dans cet espace incongru.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le moment fragile o&#249; ce sentiment appara&#238;t&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y a chez l'actrice Renate Reinsve quelque chose qui &#233;chappe imm&#233;diatement aux cat&#233;gories habituelles de la beaut&#233;. Son visage semble toujours travers&#233; par une pens&#233;e, une inqui&#233;tude, un tremblement int&#233;rieur. Sa beaut&#233; tient dans la mani&#232;re qu'elle a de laisser appara&#238;tre le doute, d'accueillir la fatigue, l'ironie, d'exprimer la g&#234;ne ou le d&#233;sir sans jamais vraiment les souligner. Dans &lt;i&gt;Julie (en 12 chapitres)&lt;/i&gt;, elle incarne un personnage qui change sans cesse de forme. Julie h&#233;site, fuit, recommence, d&#233;truit ce qu'elle aime, cherche sa place dans sa propre vie. Beaucoup d'acteurs jouent les contradictions. Renate Reinsve les laisse coexister en elle. Elle peut &#234;tre lumineuse dans une sc&#232;ne de f&#234;te, puis soudain totalement ferm&#233;e, presque absente, comme si une autre pens&#233;e traversait son esprit. Son jeu repose moins sur la d&#233;monstration psychologique que sur des micro-d&#233;placements. Une mani&#232;re de regarder quelqu'un trop longtemps, de sourire avant de se refermer, de ralentir l&#233;g&#232;rement au milieu d'une phrase. Dans &lt;i&gt;La Convocation&lt;/i&gt;, son visage devient plus inqui&#233;tant. Le film repose largement sur sa capacit&#233; &#224; maintenir une ambigu&#239;t&#233; permanente. Elle parait &#224; la fois fragile et capable d'une violence exag&#233;r&#233;e. Elle ne cherche pas &#224; rendre son personnage sympathique. Elle laisse des zones de silence, des moments o&#249; l'on ne sait plus si elle souffre, si elle manipule ou se prot&#232;ge. C'est cette opacit&#233; qui la rend troublante. Dans &lt;i&gt;Valeur sentimentale&lt;/i&gt;, cette qualit&#233; devient plus sensible encore. Son personnage existe &#224; travers un simple mouvement de t&#234;te ou une respiration suspendue. Elle accepte les contradictions, les moments embarrassants, les silences. Son corps lui-m&#234;me semble toujours l&#233;g&#232;rement en d&#233;calage sur son &#233;motion. C'est ce qui produit sur nous une impression de v&#233;rit&#233; tr&#232;s rare. Jouer ne consiste pas &#224; montrer un sentiment, mais &#224; laisser voir le moment fragile o&#249; ce sentiment appara&#238;t, se transforme ou dispara&#238;t.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_8768 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.liminaire.fr/IMG/jpg/49077899932_43572f5e68_k.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.liminaire.fr/local/cache-vignettes/L500xH333/49077899932_43572f5e68_k-4dfc7.jpg?1779606376' width='500' height='333' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;center&gt;Yomise-dori, Yanaka, Tokyo, Japon, 17 novembre 2019&lt;/center&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Ce temps du dehors&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le brouhaha des conversations s'entrechoque &#224; contretemps avec la musique pouss&#233;e trop fort dans le caf&#233;, une rythmique s&#232;che et cadenc&#233;e dont on distingue &#224; peine la voix f&#233;minine, noy&#233;e sous une batterie omnipr&#233;sente. Dans la vitre de la porte-fen&#234;tre, &#224; c&#244;t&#233; de moi, plusieurs reflets vibrent et se diffractent, se surimpriment aux silhouettes &#233;vasives des passants qui traversent la rue d'un pas rapide dans la lumi&#232;re de fin de journ&#233;e. Lorsqu'on d&#233;tache l&#233;g&#232;rement le regard de ce mirage tremblotant, c'est alors l'ensemble du carrefour qui appara&#238;t, toute la sc&#232;ne et sa m&#233;canique visible. Le passage r&#233;gulier des voitures, toujours &#224; la m&#234;me allure, l'alternance presque hypnotique des feux, les croisements de pi&#233;tons qui s'engagent chacun son tour sur les bandes blanches des passages-pi&#233;tons. Il y a dans cette effervescence quelque chose d'entra&#238;nant et d'artificiel &#224; la fois. Une dynamique fabriqu&#233;e. Cin&#233;matographique. Comme ces sc&#232;nes de foule o&#249;, soudain, le regard cesse de croire &#224; l'illusion et commence &#224; voir ce qu'elle contient r&#233;ellement. Des figurants qui r&#233;p&#232;tent plusieurs fois les m&#234;mes gestes, pour produire un effet de r&#233;el qui finit, au contraire, par r&#233;v&#233;ler la mise en sc&#232;ne. Un couple s'arr&#234;te devant le caf&#233;, comme s'ils attendaient quelqu'un avant d'entrer. Ils se rapprochent, s'embrassent. Leurs corps glissent l'un contre l'autre, s'agrippent doucement, cherchent encore un peu plus de proximit&#233;, tout en conservant entre eux une distance infime, presque invisible, avant l'&#233;treinte. La femme commence, sans y penser, &#224; faire basculer son corps d'avant en arri&#232;re. Un mouvement lent, presque imperceptible, qui se transmet aussit&#244;t au corps de son compagnon. Ils se mettent &#224; danser. Ils semblent oublier toute l'agitation qui les entoure. Mieux encore, ils l'effacent. Pour ceux qui les regardent, la rue dispara&#238;t &#224; son tour, les voitures, les feux, les passants. Il ne reste plus qu'eux et leur chor&#233;graphie discr&#232;te, vacillante, renversante.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Une marque ind&#233;l&#233;bile dans l'air</title>
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		<dc:creator>Pierre M&#233;nard</dc:creator>


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&lt;p&gt;Chaque mouvement est une lente r&#233;v&#233;lation &lt;br class='autobr' /&gt;
Une des cons&#233;quences de nos r&#233;centes balades avec Caroline, le week-end en banlieue parisienne, est la difficult&#233; de trouver le temps et la motivation pour filmer des coins de Paris, &#224; l'oppos&#233; de l'est parisien o&#249; je r&#233;side. Je pense au public qui regarde ce journal vid&#233;o et je me dis que je ne peux pas toujours filmer les m&#234;mes endroits. C'est d'ailleurs ce que j'aime dans nos promenades en banlieue, prendre le train, et le temps que &#231;a lib&#232;re (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/ecriture" rel="tag"&gt;&#201;criture&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/journal" rel="tag"&gt;Journal&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/photographie" rel="tag"&gt;Photographie&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/recit" rel="tag"&gt;R&#233;cit&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/paris" rel="tag"&gt;Paris&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/ville" rel="tag"&gt;Ville&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/paysage" rel="tag"&gt;Paysage&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/lecture" rel="tag"&gt;Lecture&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/derive" rel="tag"&gt;D&#233;rive&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/bibliotheque" rel="tag"&gt;Biblioth&#232;que&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/quotidien" rel="tag"&gt;Quotidien&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/cinema" rel="tag"&gt;Cin&#233;ma&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.liminaire.fr/local/cache-vignettes/L150xH75/contacts_succcessifs_5_2_-6d304.png?1778396544' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='75' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Chaque mouvement est une lente r&#233;v&#233;lation&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une des cons&#233;quences de nos r&#233;centes balades avec Caroline, le week-end en banlieue parisienne, est la difficult&#233; de trouver le temps et la motivation pour filmer des coins de Paris, &#224; l'oppos&#233; de l'est parisien o&#249; je r&#233;side. Je pense au public qui regarde ce journal vid&#233;o et je me dis que je ne peux pas toujours filmer les m&#234;mes endroits. C'est d'ailleurs ce que j'aime dans nos promenades en banlieue, prendre le train, et le temps que &#231;a lib&#232;re pour lire un livre, cr&#233;ant une parenth&#232;se entre le lieu de d&#233;part et la destination, qui renforce ainsi le d&#233;paysement. J'ai plus de mal &#224; filmer les jours de mauvais temps. C'est une question de lumi&#232;re. Les jours maussades, j'ai tendance &#224; travailler &#224; la maison plut&#244;t qu'&#224; sortir me promener. Je privil&#233;gie alors les lieux les plus accessibles, pr&#232;s de chez moi. Vers la Villette ou vers Belleville. Difficile de filmer au quotidien. J'arpente r&#233;guli&#232;rement les m&#234;mes lieux. Heureusement, il arrive parfois des miracles inattendus, la possibilit&#233; de filmer par exemple un endroit bien connu et appr&#233;ci&#233; sous un angle in&#233;dit, en une saison diff&#233;rente, mais cela devient de plus en plus rare.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_8754 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.liminaire.fr/IMG/jpg/55242121206_7f7eae6662_k.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.liminaire.fr/local/cache-vignettes/L500xH333/55242121206_7f7eae6662_k-9082c.jpg?1778396544' width='500' height='333' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;center&gt;Rue de Charenton, Paris 12&#232;me, 29 avril 2026&lt;/center&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Ce qui reste du passage&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je descends les escaliers. Je crains souvent de rater la derni&#232;re marche. Je connais pourtant ce ph&#233;nom&#232;ne par c&#339;ur, ce n'est pas la premi&#232;re fois que cela m'arrive. Lorsque je suis pris dans l'&#233;lan de la descente, dans le mouvement qui s'apparente &#224; un glissement, je ne peux m'emp&#234;cher de penser &#224; la chute, d'imaginer ce qui va se passer, mon corps qui tombe, roule sur lui-m&#234;me, j'entends craquer mes os, c'est comme si quelque chose en moi imaginait tr&#233;bucher toujours au m&#234;me endroit, comme on bute sur un mot, sans parvenir &#224; apprendre de ses erreurs. C'est sans doute ainsi que la m&#233;moire fonctionne, nous nous souvenons d'une chose mais pour y revenir nous empruntons &#224; chaque fois des chemins diff&#233;rents, des voies d&#233;tourn&#233;es. Parfois, pour se prot&#233;ger, il faut se replier doucement en soi pour tenter d'&#233;chapper &#224; cette fatigue lancinante, &#224; ce sentiment usant qui s'empare de nous. La peur de tomber, ralentir la descente, revenir &#224; soi. Faire attention o&#249; l'on met les pieds. Marche apr&#232;s marche. En discutant avec d'autres personnes, notre esprit d&#233;croche parfois et s'&#233;vade. Sans vraiment penser &#224; ce qu'on dit, &#224; ce qu'on est en train de vivre, on est soudain distrait, la t&#234;te ailleurs, dans un chaos de pens&#233;es entrem&#234;l&#233;es, de phrases qui tournent en boucle, qu'on se r&#233;p&#232;te sans jamais les finir, &#233;tourdi par leur r&#233;p&#233;tition monotone. On reste l&#224;, entre deux marches, &#224; chercher l'&#233;quilibre, pour ne pas sombrer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Par-del&#224; le temps et l'espace&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je me r&#233;jouis de voir les premi&#232;res photographies du livre &lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;https://editionsjou.net/produit/rien-que-les-heures/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Rien que les heures&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt; chez les amis et les connaissances, les fid&#232;les lecteurs de &lt;i&gt;Liminaire&lt;/i&gt; ou de mes pr&#233;c&#233;dents ouvrages. Ils m'envoient l'image du livre dispos&#233; sur leur table, leur bureau, ou en chemin vers son destinataire (c'est le cas pour celui envoy&#233; &#224; &lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;http://www.lesnuitsechouees.com/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Anh Mat&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt; qui transite dans les airs jusqu'au Vietnam) avant sa sortie officielle le 15 mai. Ils ont accept&#233; de participer &#224; son lancement, c'est en grande partie gr&#226;ce &#224; eux que ce livre a pu voir le jour. Ravi de d&#233;couvrir &#233;galement &lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;https://sonneur.fr/rien-que-les-heures-p-menard/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;ce premier article paru dans &lt;i&gt;Les notes du Sonneur&lt;/i&gt;&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt; qui a si bien saisi les enjeux de ce r&#233;cit. J'essaie de ne pas trop penser &#224; l'arriv&#233;e de l'ouvrage sur les tables des libraires. Le livre ne m'appartient plus vraiment d&#233;sormais. Anne Savelli et Eric Arlix souhaitent qu'on se voie afin de pr&#233;parer la rencontre &#224; la librairie de l'Atelier, le lundi 18 mai. Il y aura d'autres rendez-vous, j'y reviendrai, notamment &lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;https://www.paris.fr/evenements/lecture-et-rencontre-avec-pierre-menard-108349&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;une soir&#233;e lecture &#224; la m&#233;diath&#232;que Fran&#231;oise Sagan&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;, accompagn&#233;e par &lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;https://www.lairnu.net/l-air-lu/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;L'aiR Lu&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;, et une marche le 22 juin sur une partie du parcours le long duquel est construit le r&#233;cit. Pour prolonger et accompagner la parution de &lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;https://liminaire.fr/projets/article/rien-que-les-heures&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Rien que les heures&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;, je reviens aux sources qui y sont &#224; l'origine. Les images et les trajets qui figuraient dans le projet initialement publi&#233; sur mon site : &lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;https://liminaire.fr/mot/l-espace-d-un-instant&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;L'espace d'un instant&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;. Corentin Lahouste a &#233;crit &#224; ce propos &lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;https://journals.openedition.org/elfe/7210&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;un texte tr&#232;s pr&#233;cis et pr&#233;cieux&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;. J'ai d&#233;j&#224; &#233;voqu&#233; ici la forme de cette extension, celui d'une web fiction. J'utilise un logiciel pour cr&#233;er des webdocumentaires. Je m'en suis d&#233;j&#224; servi, il y a plusieurs ann&#233;es, pour la restitution du travail men&#233; avec les &#233;l&#232;ves d'Argenteuil : &lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;https://liminaire.fr/projets/article/d-ici-d-ailleurs&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;d'ici d'ailleurs&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;. Il s'agit de l'&#233;diteur de narration interactive &lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;https://www.klynt.net/fr/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Klynt&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;. Je propose plusieurs lectures des 420 microfictions, &#224; partir d'images et d'audio, agenc&#233;es autour de courts films tourn&#233;s sur les lieux parisiens du r&#233;cit. Un parcours en trois entr&#233;es. Selon les heures de la journ&#233;e. Par les lieux du parcours parisien. Et enfin, par les diff&#233;rents pays travers&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_8753 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.liminaire.fr/IMG/jpg/50173407973_753ea4bb15_k.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.liminaire.fr/local/cache-vignettes/L500xH333/50173407973_753ea4bb15_k-3c2b8.jpg?1778396544' width='500' height='333' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;center&gt;&#201;glise Saint Jean-Baptiste, Bastia, Corse, 29 juillet 2020&lt;/center&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Il n'y a rien &#224; voir&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La biblioth&#232;que a ferm&#233; plus t&#244;t aujourd'hui, &#224; la suite d'une gr&#232;ve. Avec une de mes coll&#232;gues, nous sommes sortis les derniers pour fermer le b&#226;timent. Je m'occupe de baisser le rideau de fer qui cl&#244;t l'issue de secours. Au fond d'un couloir &#233;troit, j'ouvre la porte afin de v&#233;rifier qu'il n'y a personne assis sur le seuil (ce qui arrive souvent, surtout les jours de pluie, car l'endroit est &#224; l'abri) afin de ne blesser personne. Puis, j'actionne la cl&#233; dans le boitier pour activer la fermeture de la grille. Au moment d'enlever la cl&#233; et de me retourner pour remonter le couloir en sens inverse, je me trouve soudain plong&#233; dans le noir le plus profond. Je ne vois plus rien. Je comprends que ma coll&#232;gue vient de tourner la cl&#233; qui permet d'&#233;teindre l'ensemble des &#233;clairages. Pour avancer dans l'obscurit&#233;, je dois t&#226;tonner les murs avec mes mains pour essayer de me rep&#233;rer. La sensation de mes doigts effleurant la surface du mur, dans la p&#233;nombre du couloir, me transporte instantan&#233;ment sur l'&#238;le de Naoshima au Japon, dans la Minamidera, le b&#226;timent con&#231;u par l'architecte Tadao Ando, &#224; l'endroit o&#249; se trouvait un ancien temple bouddhiste, pour accueillir &lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;https://liminaire.fr/chronique/entre-les-lignes/article/le-temps-n-est-pas-une-destination&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;i&gt;Backside of the Moon&lt;/i&gt;, l'&#339;uvre de James Turrell&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Le silence n'est pas un lieu</title>
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		<dc:creator>Pierre M&#233;nard</dc:creator>


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		<description>
&lt;p&gt;Rien d'autre que vivre et voir vivre &lt;br class='autobr' /&gt;
Embrouille entre plusieurs hommes dans le RER B. Un homme noir, tr&#232;s grand, monte, passablement &#233;nerv&#233; &#224; la station Les Halles, il invective deux autres hommes qui lui tiennent t&#234;te. Le ton monte tr&#232;s vite. Ne me touche pas, r&#233;p&#232;te l'homme qui a l'air d'avoir vu quelque chose en montant, que les deux autres d&#233;mentent avoir fait. Ils le provoquent pour d&#233;tourner l'attention des voyageurs. Je mets du temps &#224; comprendre ce qui les oppose, la raison de leur (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/livre" rel="tag"&gt;Livre&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/numerique" rel="tag"&gt;Num&#233;rique&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/bibliotheque" rel="tag"&gt;Biblioth&#232;que&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.liminaire.fr/local/cache-vignettes/L150xH75/contacts_succcessifs_4_1_-28a0f.png?1777792293' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='75' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Rien d'autre que vivre et voir vivre&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Embrouille entre plusieurs hommes dans le RER B. Un homme noir, tr&#232;s grand, monte, passablement &#233;nerv&#233; &#224; la station Les Halles, il invective deux autres hommes qui lui tiennent t&#234;te. Le ton monte tr&#232;s vite. Ne me touche pas, r&#233;p&#232;te l'homme qui a l'air d'avoir vu quelque chose en montant, que les deux autres d&#233;mentent avoir fait. Ils le provoquent pour d&#233;tourner l'attention des voyageurs. Je mets du temps &#224; comprendre ce qui les oppose, la raison de leur dispute. Au milieu d'eux, un jeune homme d'origine asiatique, tient son sac &#224; doc en cuir contre sa poitrine, son portable &#224; la main. Il est question d'un portefeuille que l'homme soup&#231;onne l'un des deux autres hommes d'avoir tent&#233; de d&#233;rober &#224; une femme en montant dans le wagon. Tout va tr&#232;s vite. Les mots mena&#231;ant tournent en boucle, se r&#233;p&#232;tent. Joute verbale. Tu veux te battre. Descend, on va r&#233;gler &#231;a sur le quai ! Le RER entre en gare &#224; Saint-Michel, les deux hommes cherchent &#224; faire descendre l'homme noir qui leur r&#233;siste. Il veut bien se battre avec eux mais pas ici, il travaille, qu'ils viennent donc &#224; Denfert, et l&#224; ils verront, ils pourront s'expliquer. Les deux hommes descendent sur le quai, alors que le signal de la fermeture des portes retentit, cherchent une derni&#232;re fois &#224; faire descendre l'homme qui leur r&#233;siste.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_8749 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.liminaire.fr/IMG/jpg/55231420136_3426314756_k.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.liminaire.fr/local/cache-vignettes/L500xH333/55231420136_3426314756_k-3b3ba.jpg?1777792293' width='500' height='333' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;center&gt;La coul&#233;e verte, Gometz-le-Ch&#226;tel, Essonne, 26 avril 2026&lt;/center&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Ce qui n'a jamais &#233;t&#233; dit &lt;i&gt;ainsi&lt;/i&gt; n'a jamais &#233;t&#233; dit&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je garde un excellent souvenir de l'entretien r&#233;alis&#233; avec Christophe Robert, responsable de la &lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;https://villa-arson.fr/bibliotheque/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;biblioth&#232;que de la Villa Arson&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;, o&#249; Nina a fait ses &#233;tudes d'art. Il avait pr&#233;vu une trame de questions &#224; me poser. Je me sentais en confiance dans ce cadre. Je n'avais rien pr&#233;par&#233; et c'&#233;tait mieux ainsi. Nous avons progress&#233; ensemble, entre question et r&#233;ponse, discutant comme si nous marchions dans le d&#233;dale des all&#233;es de la &lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;https://villa-arson.fr/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Villa Arson&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt; et de son jardin, passant en revue mon travail d'auteur, de biblioth&#233;caire et d'animateurs d'ateliers d'&#233;criture. Dans cet entretien, j'insiste sur une id&#233;e centrale : &#233;crire n'est pas un acte exceptionnel, mais une pratique quotidienne et exp&#233;rimentale. J'y d&#233;fends une vision d&#233;sacralis&#233;e de la litt&#233;rature. L'&#233;crivain n'est pas un g&#233;nie isol&#233;, mais quelqu'un qui travaille, teste, recommence. L'&#233;criture est faite de protocoles, de contraintes, de tentatives, souvent inachev&#233;es. Cette approche rejoint mon int&#233;r&#234;t pour les formes fragmentaires et les dispositifs. J'y reviens en pr&#233;sentant rapidement diff&#233;rents projets, des &lt;i&gt;lignes de d&#233;sir&lt;/i&gt; &#224; &lt;i&gt;Laisse venir&lt;/i&gt;, co&#233;crit avec Anne Savelli, en passant par &lt;i&gt;L'esprit d'escalier&lt;/i&gt;, ces deux textes ayant &#233;t&#233; &#233;dit&#233;s par &lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;https://www.la-marelle.org/productions/editions-la-marelle.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;La Marelle &#233;ditions&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;. J'accorde une place centrale aux ateliers d'&#233;criture, espace essentiel pour l'exp&#233;rimentation. On y &#233;crit sans chercher imm&#233;diatement &#224; produire une &#339;uvre, mais pour explorer des gestes, des formes, des possibles. Je reviens sur le r&#244;le du num&#233;rique dans mon travail. Mon site et mes projets en ligne sont des lieux d'&#233;criture &#224; part enti&#232;re, o&#249; texte, image et son se croisent et dialoguent. L'&#233;criture n'est plus seulement li&#233;e au livre, mais &#224; des formes hybrides. Cette qu&#234;te de la forme s'ach&#232;ve dans la transmission collective. Dans les ateliers d'&#233;criture, notamment. Pour terminer notre &#233;change, je pr&#233;sente un livre, &#224; la demande de mon interlocuteur. Il s'agit de &lt;i&gt;La photo me regardait&lt;/i&gt; de Katia Petrovskaya, qui interroge les hors-champs de l'image et dresse un portrait d'elle en creux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;En avant marge&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;PNJ est l'abr&#233;viation de Personnage non-joueur ou Personnage non-jouable, dans les jeux vid&#233;o. Il d&#233;signe &#233;galement tout protagoniste avec lequel le joueur est amen&#233; &#224; interagir pour r&#233;soudre une intrigue dans un jeu de r&#244;le ou un jeu d'aventures. Dans la vie courante, et plus particuli&#232;rement sur les r&#233;seaux sociaux (comme TikTok), le sigle PNJ est souvent employ&#233; de mani&#232;re p&#233;jorative par les adolescents. Un&#183;e random, un&#183;e nobody, un&#183;e figurant&#183;e, un&#183;e boloss, un&#183;e fragile, quelqu'un de cringe, g&#234;nant, has been, en un mot : invisible. Une personne sans int&#233;r&#234;t, ingrate, discr&#232;te trop discr&#232;te, par essence secondaire, inutile, sans r&#244;le pr&#233;cis, qui doit rester dans l'ombre. &lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;https://editionsjou.net/produit/pnj/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Dans son nouveau livre, PNJ, &#201;ric Arlix&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt; dresse une galerie de dix PNJ, portraits de personnes qui cherchent &#224; entrer dans un jeu qu'ils maitrisent mal, qui les d&#233;passe, dont ils se sentent exclus, chass&#233;s, expuls&#233;s. En marge. Avec humour et justesse, l'auteur d&#233;crit des sc&#232;nes de leur vie en acc&#233;l&#233;r&#233; (travail, politique, corps, sant&#233;, loisirs, voyages, rencontres) avec une m&#234;me vell&#233;it&#233; de ces personnages &#224; se confronter au r&#233;el et &#224; trouver leur place dans une soci&#233;t&#233; n&#233;olib&#233;rale et capitaliste qui repose sur la comp&#233;tition g&#233;n&#233;ralis&#233;e et l'individualisme, transformant les biens et les relations en marchandises, affaiblissant chaque jour un peu plus le sens du collectif ainsi que l'engagement politique. Ce livre tr&#232;s court, par sa concision et sa forme po&#233;tique d'&#233;num&#233;rations scand&#233;es, nous ouvre les yeux sur ces laiss&#233;s pour compte qu'on invisibilise, &#224; nos c&#244;t&#233;s pourtant, quand nous ne nous reconnaissons pas en eux, comme l'auteur lui-m&#234;me avec beaucoup d'auto-d&#233;rision, et soudain on ne voit plus qu'eux et ce qu'ils repr&#233;sentent, une issue, une alternative, un possible et salutaire renversement de perspective sur le monde actuel.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_8750 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.liminaire.fr/IMG/jpg/9284178424_46da538e06_k.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.liminaire.fr/local/cache-vignettes/L500xH334/9284178424_46da538e06_k-f8639.jpg?1777792293' width='500' height='334' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;center&gt;Maruyama-koen Park, Kyoto, Japon, 23 f&#233;vrier 2011&lt;/center&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Un rien d'imagination suffit&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y a ce qu'on pr&#233;voit de faire et ce qui nous emporte presque malgr&#233; nous au-del&#224; de ce qu'on avait en t&#234;te. Le chemin qu'on imagine suivre sur la carte et l'itin&#233;raire qu'on emprunte r&#233;ellement. Nous longeons le Grand Morin, remontant son cours d'eau &#224; contresens. Nous h&#233;sitons &#224; rebrousser chemin au beau milieu des champs pour revenir sur nos pas. Toutefois, nous changeons d'avis en croisant un couple qui revient du sommet de la colline qui nous toise depuis la sortie du village. La femme avec un l&#233;ger accent belge s'enthousiasme &#224; propos de la tr&#232;s belle vue sur l'ensemble de la vall&#233;e qu'on a de l&#224;-haut. Son all&#233;gresse nous ravit et nous d&#233;cidons sans plus attendre de faire le m&#234;me parcours que le leur, mais en sens inverse. La journ&#233;e s'inscrit ainsi, sans pr&#233;m&#233;ditation mais assur&#233;ment, dans un mouvement g&#233;n&#233;ral qui avance &#224; contre-courant. &#192; notre arriv&#233;e en gare de l'Est, nous marchons sur le quai en sens inverse de la foule de voyageurs. Notre sortie s'effectue en effet en bout des quais, au niveau de la station Ch&#226;teau-Landon.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Journal du regard : Avril 2026</title>
		<link>https://www.liminaire.fr/chronique/journal/article/journal-du-regard-avril-2026</link>
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		<dc:date>2026-05-01T07:00:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Pierre M&#233;nard</dc:creator>


		<dc:subject>Biographie</dc:subject>
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		<dc:subject>Journal</dc:subject>
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		<dc:subject>Temps</dc:subject>
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		<description>
&lt;p&gt;Chaque mois, un film regroupant l'ensemble des images prises au fil des jours, le mois pr&#233;c&#233;dent, et le texte qui s'&#233;crit en creux. &lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; Une sorte de palimpseste, dans lequel doivent transpara&#238;tre les traces - t&#233;nues mais non d&#233;chiffrables - de l'&#233;criture &#8220;pr&#233;alable&#8221; &#187;. &lt;br class='autobr' /&gt;
Jorge Luis Borges, Fictions &lt;br class='autobr' /&gt;
J'ai toujours &#233;t&#233; attir&#233; par les jardins, ce sont des lieux o&#249; j'aime me retrancher, des &#238;lots de calme pour me d&#233;tendre, faire le point, r&#233;fl&#233;chir, m'isoler un peu, lire un livre. Je me rends (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/ecriture" rel="tag"&gt;&#201;criture&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/journal" rel="tag"&gt;Journal&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/musique" rel="tag"&gt;Musique&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/recit" rel="tag"&gt;R&#233;cit&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/video" rel="tag"&gt;Vid&#233;o&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/paysage" rel="tag"&gt;Paysage&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/regard" rel="tag"&gt;Regard&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/memoire" rel="tag"&gt;M&#233;moire&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/enfance" rel="tag"&gt;Enfance&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.liminaire.fr/local/cache-vignettes/L150xH84/capture_d_e_cran_2026-04-28_a_22.33_25-1d251.png?1777618922' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='84' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;i&gt;Chaque mois, un film regroupant l'ensemble des images prises au fil des jours, le mois pr&#233;c&#233;dent, et le texte qui s'&#233;crit en creux.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Une sorte de palimpseste, dans lequel doivent transpara&#238;tre les traces - t&#233;nues mais non d&#233;chiffrables - de l'&#233;criture &#8220;pr&#233;alable&#8221; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Jorge Luis Borges, &lt;i&gt;Fictions&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;center&gt;&lt;iframe width=&#034;660&#034; height=&#034;415&#034; src=&#034;https://www.youtube.com/embed/2Z9dBCevKX0&#034; title=&#034;&#034; frameborder=&#034;0&#034; allow=&#034;accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share&#034; referrerpolicy=&#034;strict-origin-when-cross-origin&#034; allowfullscreen&gt;&lt;/iframe&gt;&lt;/center&gt;
&lt;p&gt;J'ai toujours &#233;t&#233; attir&#233; par les jardins, ce sont des lieux o&#249; j'aime me retrancher, des &#238;lots de calme pour me d&#233;tendre, faire le point, r&#233;fl&#233;chir, m'isoler un peu, lire un livre. Je me rends compte que je les filme de plus en plus souvent. En y r&#233;fl&#233;chissant, je crois que cette attirance pour ces lieux de nature en milieu urbain, qui accueillent de plus en plus des jardins partag&#233;s, vient de ma jeunesse. J'ai pass&#233; plusieurs &#233;t&#233;s de mon enfance chez mes grands-parents qui vivaient dans le Berry. Quand je ne roulais pas &#224; travers champs sur mon v&#233;lo, de la maison jusqu'au village en longeant l'Indre, je passais de longues heures &#224; jouer dans le grand jardin potager situ&#233; &#224; l'arri&#232;re de la maison. Je marchais dans les all&#233;es, en me racontant des histoires, jouais sur la balan&#231;oire, mangeais des fruits en passant (m&#251;res, groseilles, cassis), r&#234;vais &#224; l'ombre du cerisier, ou me cachais dans l'abri de mon grand-p&#232;re au fond du jardin.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je d&#233;ambule dans les all&#233;es du parc de Bagatelle. Caroline est &#224; mes c&#244;t&#233;s. C'est le printemps. Les pelouses sont d'un vert &#233;clatant, les arbres majestueux. Et pourtant, quelque chose r&#233;siste &#224; l'&#233;vidence. Une impression de d&#233;j&#224;-vu, sans souvenir pr&#233;cis. Je sais que je suis venu ici il y a longtemps, une trentaine d'ann&#233;es peut-&#234;tre. Je ne garde que cette sensation diffuse qui perturbe un peu ce que je per&#231;ois autour de moi. En marchant, je pense au film de Rainer Werner Fassbinder &lt;i&gt;Le Monde sur un fil&lt;/i&gt;, que j'ai d&#233;couvert r&#233;cemment, presque par hasard, en pr&#233;parant pour la biblioth&#232;que une s&#233;lection de films sur les robots et l'intelligence artificielle. Ce film, adapt&#233; d'un livre de Danyel F. Galouye, &lt;i&gt;Simulacron 3&lt;/i&gt;, a d&#233;plac&#233; quelque chose dans cette approche. C'est le premier film de science-fiction sur les m&#233;tavers. Un personnage dispara&#238;t subitement, sans que personne ne le remarque, comme si la r&#233;alit&#233; elle-m&#234;me effa&#231;ait ses propres traces, ce qui finit par se r&#233;v&#233;ler &#234;tre la simple suppression d'un avatar, le monde de cette fiction n'&#233;tant qu'un univers virtuel.Je traverse une all&#233;e bord&#233;e d'arbres. La composition du jardin, m&#234;me dans ses diff&#233;rents espaces aux formes vari&#233;es, est tr&#232;s &#233;labor&#233;e. Le parc ressemble &#224; un d&#233;cor, ou plut&#244;t, une mise en sc&#232;ne de lui-m&#234;me. Dans le film de Fassbinder, les zooms, les travellings, les surfaces r&#233;fl&#233;chissantes rappellent sans cesse que nous regardons une repr&#233;sentation. Je pense alors au film d'Alain Resnais &lt;i&gt;L'Ann&#233;e derni&#232;re &#224; Marienbad&lt;/i&gt;, &#233;crit par Alain Robbe-Grillet. C'est le m&#234;me trouble, dans la r&#233;p&#233;tition des formes, et cette incertitude des souvenirs. Pourquoi ce lieu m'&#233;chappe-t-il ? Pourquoi ne me reste-t-il que cette impression vague d'y &#234;tre d&#233;j&#224; venu ? Est-ce le souvenir qui fait d&#233;faut, ou la r&#233;alit&#233; qui se d&#233;robe ? Marcher ici, c'est peut-&#234;tre traverser un espace d&#233;j&#224; rejou&#233;. Une variation de cet espace. Dans le film de Fassbinder, une issue existe. Elle ne passe pas par une preuve, ni par une d&#233;monstration, mais par une rencontre. La certitude fragile d'&#234;tre avec quelqu'un. Une pr&#233;sence qui r&#233;siste &#224; la simulation et qui introduit de l'alt&#233;rit&#233;. Et avec elle, la possibilit&#233; d'y croire encore. Et bien s&#251;r, je pense alors &#224; &lt;i&gt;La Jet&#233;e&lt;/i&gt;, de Chris Marker. L&#224; aussi, tout repose sur une image, sur une m&#233;moire. Celui du visage d'une femme. Un point fixe dans un monde instable. Comme si, au c&#339;ur des dispositifs les plus sophistiqu&#233;s, ce qui demeurait irr&#233;ductible, c'&#233;tait la relation. Je continue de marcher. Avec Caroline, nous cherchons la sortie du parc. Les passants croisent mon regard, puis disparaissent dans mon dos. Rien ne les retient. Rien ne me prouve qu'ils sont l&#224; autrement que par cette br&#232;ve co&#239;ncidence de nos trajectoires. Peut-&#234;tre que la r&#233;alit&#233; ne tient qu'&#224; cela, &#224; ces rencontres fugitives, ces pr&#233;sences qui interrompent le flux. Dans ce parc que je ne reconnais pas, ou trop peu, &#224; certains moments d'ailleurs je crois m'en souvenir, mais c'est l'image d'un autre jardin dans lequel je me projette, celui du bois de Boulogne o&#249; je suis venu me promener l'ann&#233;e derni&#232;re, je cherche moins &#224; me souvenir qu'&#224; &#233;prouver, &#224; v&#233;rifier que quelque chose r&#233;siste, que tout n'est pas seulement surface. Qu'est-ce qui, dans l'exp&#233;rience, &#233;chappe &#224; sa mise en sc&#232;ne ? Un regard. Une voix. Une pr&#233;sence. Caroline est &#224; mes c&#244;t&#233;s et c'est tout ce qui compte.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Profiter du temps d'un trajet en RER pour lire un livre. C'est ce que je faisais lorsque je travaillais &#224; Melun. Bien cal&#233; contre la fen&#234;tre, j'ouvre mon livre pour m'y plonger. &lt;i&gt;Venise, millefleurs&lt;/i&gt;, de Ryoko Sekiguchi. Difficile de se concentrer durant les premi&#232;res stations souterraines. Les portes se ferment bruyamment. Des tensions entre les voyageurs. Un d&#233;but de bagarre. Le ton monte, les menaces fusent. Oublier tous ces bruits, cette agitation, qui s'invitent malgr&#233; nous dans le wagon, les conversations qui distraient, et m&#234;me, les paysages de cette banlieue que je ne connais pas, les regarder &#224; peine. Avec Ryoko Sekiguchi, je suis &#224; Venise, passant d'&#238;le en &#238;le, anticipant curieusement la promenade &#224; venir, une randonn&#233;e en banlieue parisienne aux airs de dimanche &#224; la campagne. Emprunter des chemins de traverse. &#201;couter le chant des oiseaux. S'engouffrer sous un pont, traverser un tunnel, marcher sur un viaduc, apercevoir de l&#224;-haut la for&#234;t &#224; perte de vue, puis s'enfoncer &#224; nouveau dans la fra&#238;cheur des sous-bois. Longer des habitations dont on ne voit que la haie au fond du jardin. Apercevoir furtivement un renard traverser un champ. Traverser des villages qu'on croise sur l'itin&#233;raire avant de revenir prendre son train &#224; la gare.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Un espace &#224; l'envers</title>
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		<dc:creator>Pierre M&#233;nard</dc:creator>


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&lt;p&gt;Cette impression de d&#233;j&#224;-vu &lt;br class='autobr' /&gt;
C'est une banalit&#233;, mais d&#232;s qu'on l'exp&#233;rimente &#224; nouveau, cela nous revient en m&#233;moire. Prendre un bus, un m&#233;tro, un train, pendant une heure, en partant de chez soi, on s'&#233;loigne, on s'&#233;lance, dans un voyage qui nous d&#233;payse. M&#234;me si l'on regarde par la fen&#234;tre et qu'on voit les paysages d&#233;filer, l'&#233;tonnement demeure &#224; l'arriv&#233;e. Le trajet nous transforme. Souvent, on ne jette d'ailleurs qu'un &#339;il distrait par la fen&#234;tre. Puzzle d'images, de paysages (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/journal" rel="tag"&gt;Journal&lt;/a&gt;, 
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 <content:encoded>&lt;img src='https://www.liminaire.fr/local/cache-vignettes/L150xH75/contacts_succcessifs_3_1_-d2b4a.png?1777150795' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='75' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Cette impression de d&#233;j&#224;-vu&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est une banalit&#233;, mais d&#232;s qu'on l'exp&#233;rimente &#224; nouveau, cela nous revient en m&#233;moire. Prendre un bus, un m&#233;tro, un train, pendant une heure, en partant de chez soi, on s'&#233;loigne, on s'&#233;lance, dans un voyage qui nous d&#233;payse. M&#234;me si l'on regarde par la fen&#234;tre et qu'on voit les paysages d&#233;filer, l'&#233;tonnement demeure &#224; l'arriv&#233;e. Le trajet nous transforme. Souvent, on ne jette d'ailleurs qu'un &#339;il distrait par la fen&#234;tre. Puzzle d'images, de paysages d&#233;cadr&#233;s, fuyants, de sons distrayants, parfois d&#233;cal&#233;s, ceux qu'on imagine parce qu'on ne les entend pas tandis qu'&#224; l'int&#233;rieur, certains nous distraient. J'&#233;tais d&#233;j&#224; venu dans les jardins de Bagatelle, il y a une trentaine d'ann&#233;es, je n'en ai plus aucun souvenir. En d&#233;ambulant dans les all&#233;es sinueuses du jardin, dessinant d'une porte d'entr&#233;e &#224; la grille oppos&#233;e la forme d'un ruban de M&#246;bius, passant par les sous-bois, les serres, les b&#226;timents, les prairies blanchies de p&#226;querettes, les monticules d'herbes folles d'un vert vif, une impression famili&#232;re m'envahit. Je me souviens que je suis venu l'&#233;t&#233; dernier me promener au bois de Boulogne. Du c&#244;t&#233; du Pr&#233; Catelan, la configuration des jardins para&#238;t prolonger ceux que nous traversons nonchalamment avec Caroline. La plupart des fleurs (iris, jacinthes) sont d&#233;sormais fan&#233;es, leurs p&#233;tales secs fl&#233;trissent au bout des tiges encore vertes. C'est d&#233;sormais l'&#233;poque des tulipes. Sur le fond uniform&#233;ment vert du gazon, les p&#233;tales velout&#233;s d'un rouge &#233;carlate vibrent de leur &#233;clatante couleur. On dirait l'image d'une publicit&#233; pour un parfum. Les promeneurs ne s'y trompent pas, ils viennent s'y prendre en photo, au risque d'abimer les fleurs.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_8729 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.liminaire.fr/IMG/jpg/55216700373_06c536522c_k.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.liminaire.fr/local/cache-vignettes/L500xH333/55216700373_06c536522c_k-55066.jpg?1777150795' width='500' height='333' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;center&gt;Place Albert Camus, Paris 10&#232;me, 15 avril 2026&lt;/center&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Ce m&#234;me calme apaisant que la nature&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pendant des ann&#233;es, j'ai souffert d'allergie. Adolescent, je d&#233;testais le printemps, je ne voulais sortir sous aucun pr&#233;texte, car je passais mon temps &#224; &#233;ternuer. Les yeux me piquaient, toujours en pleurs. Mon nez coulait sans arr&#234;t. Puis, mon m&#233;decin a fini par trouver le bon traitement. J'ai pu enfin profiter des paysages du printemps jusqu'&#224; l'automne, dans ces lumi&#232;res que j'aime tant. Depuis l'ann&#233;e derni&#232;re, mon allergie semble &#233;voluer. Par habitude, j'ai consult&#233; le printemps dernier mon m&#233;decin, pour me faire prescrire des antihistaminiques, mais je ne les ai pas utilis&#233;s. Cette ann&#233;e, je ne suis pas encore all&#233; la voir, car je n'en ai pas senti le besoin. Cela viendra peut-&#234;tre, m&#234;me si j'ai l'impression que les choses sont en train de changer. Depuis plusieurs mois, mon nez demeure bouch&#233;. La nuit, j'ai du mal &#224; respirer normalement. Je passe mes journ&#233;es en apn&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le paysage est dans l'&#339;il&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lorsque j'observe &#224; la d&#233;rob&#233;e les arbres derri&#232;re la fen&#234;tre de mon bureau, essentiellement des platanes plant&#233;s sur le boulevard de la Villette et plus loin ceux de la place du Colonel Fabien, dont les branches se balancent sous les brusques bourrasques de vent de ces derniers jours, j'oublie les pollens qu'ils projettent dans l'air et qui finissent par recouvrir enti&#232;rement certaines zones du trottoir d'un &#233;pais duvet ocre, pour me focaliser sur l'ondulation de leurs mouvements, dans une danse harmonieuse qui me distrait vaguement de ma t&#226;che quotidienne, car ces mouvements a&#233;riens, qui animent le paysage par vagues successives, me rappellent qu'au sol, dans la rue en contrebas, l'agitation des passants, des pi&#233;tons, amplifi&#233;e par l'agitation des v&#233;hicules, dont je per&#231;ois le bruit att&#233;nu&#233; par les vitres ferm&#233;es, prolonge l'oscillation des arbres en &#233;cho.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_8728 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.liminaire.fr/IMG/jpg/50162727416_67322aee82_k.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.liminaire.fr/local/cache-vignettes/L500xH333/50162727416_67322aee82_k-a28e0.jpg?1777150795' width='500' height='333' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;center&gt;Rue du S&#233;minaire, Bastia, Haute Corse, 28 juillet 2020&lt;/center&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le silence n'est pas un lieu&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La semaine commence sous le signe d'un tag aper&#231;u sur un mur aux abords de la gare du Nord, o&#249; nous allions prendre un bus en direction du bois de Boulogne. La phrase est &#233;crite avec une &#233;criture d&#233;li&#233;e. Le message me laisse r&#234;veur : &lt;i&gt;Taire le silence&lt;/i&gt;. J'ai pris tout de m&#234;me le temps de le photographier. Vendredi, en rentrant du travail, j'aper&#231;ois, sur le mur devant la grille de mon immeuble, un autre graffiti : &lt;i&gt;r&#234;ve mieux&lt;/i&gt;. Cette injonction me fait rire, tandis que les images d'un r&#234;ve de la veille me reviennent par bribes. Je me trouve &#224; l'int&#233;rieur de l'usine d'Exacompta situ&#233;e dans mon quartier, le long du canal Saint-Martin. J'en traverse les diff&#233;rents espaces. Il n'y a plus d'engins, plus de machines. Je ne les remarque pas dans la pr&#233;cipitation. Les ouvriers et les ouvri&#232;res que je croise me posent de nombreuses questions sur l'avenir du lieu auxquelles je n'ai pas le temps de r&#233;pondre, tout va trop vite. Ils semblent croire que j'ai la solution &#224; leurs probl&#232;mes. &#192; chaque fois que je veux leur expliquer que je ne suis qu'un voisin, je n'ai jamais le temps de finir ma phrase, quelqu'un me tire ou me pousse vers un nouvel endroit, une pi&#232;ce diff&#233;rente. Il y a beaucoup d'escaliers. Des couloirs sombres et &#233;triqu&#233;s. Nous continuons d'avancer, montant, descendant, passant de pi&#232;ces en pi&#232;ces, sans prendre vraiment le temps de nous arr&#234;ter. Mes interlocuteurs sont de plus en plus nombreux, leurs visages inquiets. J'ai l'impression d'&#234;tre somnambule et la nuit d'arpenter les rues de mon quartier pour &#233;crire sur les murs. Un nouveau tag est apparu ce soir dans ma rue : &lt;i&gt;S&#233;parons-nous du silence&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Les orphelins : Une histoire de Billy the Kid, d'&#201;ric Vuillard</title>
		<link>https://www.liminaire.fr/creation/radio-marelle/article/les-orphelins-une-histoire-de-billy-the-kid-d-eric-vuillard</link>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Pierre M&#233;nard</dc:creator>


		<dc:subject>Biographie</dc:subject>
		<dc:subject>&#201;criture</dc:subject>
		<dc:subject>Cin&#233;ma</dc:subject>
		<dc:subject>Histoire</dc:subject>
		<dc:subject>Livre</dc:subject>
		<dc:subject>Lecture</dc:subject>
		<dc:subject>R&#233;cit</dc:subject>
		<dc:subject>Portrait</dc:subject>
		<dc:subject>Voix</dc:subject>
		<dc:subject>&#201;tats-Unis</dc:subject>
		<dc:subject>En lisant en &#233;crivant</dc:subject>
		<dc:subject>Enfance</dc:subject>
		<dc:subject>Soci&#233;t&#233;</dc:subject>
		<dc:subject>Violence</dc:subject>
		<dc:subject>Politique</dc:subject>
		<dc:subject>D&#233;rive</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;En s'emparant de la figure mythique de Billy the Kid, popularis&#233;es par le cin&#233;ma, &#201;ric Vuillard renverse la l&#233;gende du Far West. &#171; Le nom de Billy est un ressort. Il est le nom de la fiction proprement dite, il est le personnage par excellence. Il suffit de prononcer son nom et l'histoire commence. &#187; L'auteur d&#233;crit un adolescent pauvre, pris dans la violence de l'Am&#233;rique de la fin du XIX&#7497; si&#232;cle. Fid&#232;le &#224; la m&#233;thode qui traverse ses livres, l'&#233;crivain fouille les marges de l'histoire (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.liminaire.fr/creation/radio-marelle/" rel="directory"&gt;Radio Marelle&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/biographie" rel="tag"&gt;Biographie&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/ecriture" rel="tag"&gt;&#201;criture&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/cinema" rel="tag"&gt;Cin&#233;ma&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/histoire" rel="tag"&gt;Histoire&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/livre" rel="tag"&gt;Livre&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/lecture" rel="tag"&gt;Lecture&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/recit" rel="tag"&gt;R&#233;cit&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/portrait" rel="tag"&gt;Portrait&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/voix" rel="tag"&gt;Voix&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/etats-unis" rel="tag"&gt;&#201;tats-Unis&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/en-lisant-en-ecrivant" rel="tag"&gt;En lisant en &#233;crivant&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/enfance" rel="tag"&gt;Enfance&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/societe" rel="tag"&gt;Soci&#233;t&#233;&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/violence" rel="tag"&gt;Violence&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/politique" rel="tag"&gt;Politique&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/derive" rel="tag"&gt;D&#233;rive&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.liminaire.fr/local/cache-vignettes/L150xH84/en_lisant_en_e_crivant_37_1_-8c4a9.png?1777014053' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='84' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_8704 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.liminaire.fr/local/cache-vignettes/L74xH140/9782330217556_1_-9edb1.jpg?1773175518' width='74' height='140' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt; &lt;p&gt;En s'emparant de la figure mythique de Billy the Kid, popularis&#233;es par le cin&#233;ma, &#201;ric Vuillard renverse la l&#233;gende du Far West. &#171; Le nom de Billy est un ressort. Il est le nom de la fiction proprement dite, il est le personnage par excellence. Il suffit de prononcer son nom et l'histoire commence. &#187; L'auteur d&#233;crit un adolescent pauvre, pris dans la violence de l'Am&#233;rique de la fin du XIX&#7497; si&#232;cle. Fid&#232;le &#224; la m&#233;thode qui traverse ses livres, l'&#233;crivain fouille les marges de l'histoire officielle pour en r&#233;v&#233;ler les m&#233;canismes cach&#233;s : colonisation brutale de l'Ouest, naissance de l'&#233;conomie de march&#233;, fabrication des r&#233;cits nationaux. Vuillard ouvre une br&#232;che dans la l&#233;gende pour redonner une voix aux oubli&#233;s de l'Histoire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;https://actes-sud.fr/catalogue/les-orphelins-021514&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;i&gt;Les orphelins&lt;/i&gt;, &#201;ric Vuillard, &#201;ditions Actes Sud, 2026.&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;
&lt;br&gt;
&lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip_document_8720 spip_document spip_documents spip_document_video&#034;&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt;
&lt;div class=&#034;video-intrinsic-wrapper&#034; style='height:0;width:640px;max-width:100%;padding-bottom:56.25%;position:relative;'&gt; &lt;div class=&#034;video-wrapper&#034; style=&#034;position: absolute;top:0;left:0;width:100%;height:100%;&#034;&gt; &lt;video class=&#034;mejs mejs-8720&#034; data-id=&#034;b00ccafa1a4ca9bba6a5aa0090c2b344&#034; data-mejsoptions='{&#034;iconSprite&#034;: &#034;plugins-dist/medias/lib/mejs/mejs-controls.svg&#034;,&#034;alwaysShowControls&#034;: true,&#034;pluginPath&#034;:&#034;plugins-dist/medias/lib/mejs/&#034;,&#034;loop&#034;:false,&#034;videoWidth&#034;:&#034;100%&#034;,&#034;videoHeight&#034;:&#034;100%&#034;,&#034;duration&#034;:921}' width=&#034;100%&#034; height=&#034;100%&#034; poster=&#034;local/cache-vignettes/L640xH360/en_lisant_en_e_crivant_37_-e6dd8.png?1774880298&#034; controls=&#034;controls&#034; preload=&#034;none&#034; &gt; &lt;source type=&#034;video/mp4&#034; src=&#034;IMG/mp4/en_lisant_les_orphelins_eric_vuillard.mp4&#034; /&gt; &lt;img src='https://www.liminaire.fr/local/cache-vignettes/L500xH281/en_lisant_en_e_crivant_37_-e6dd8-c837b.png?1777014054' width='500' height='281' alt='Impossible de lire la video' /&gt; &lt;/video&gt; &lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
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&lt;p&gt;&lt;br&gt;
&lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;https://open.spotify.com/episode/6DrQEnVmgLMSNZTm4YCeOZ?si=LNf7xAINRqWnl6ZwSRY_jA&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Extrait du texte &#224; &#233;couter sur Spotify&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt; &lt;br&gt;
&lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_3089 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left'&gt;
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&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;br&gt;
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&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.liminaire.fr/IMG/jpg/old_no._118_de_chelly_valley_arizona_apache_county._beautiful_large_trees_in_the_valley._1871_-_1878_-_nara_-_517766-1160x855.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.liminaire.fr/local/cache-vignettes/L500xH369/old_no._118_de_chelly_valley_arizona_apache_county._beautiful_large_trees_in_the_valley._1871_-_1878_-_nara_-_517766-1160x855-45281.jpg?1777014054' width='500' height='369' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;JOURNAL D'UN VOLEUR&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;LE PREMIER CRIME de Billy aurait &#233;t&#233; le vol de quelques livres de beurre. Le beurre, c'est de la nourriture. Cela sent un peu la faim, la n&#233;cessit&#233;, le d&#233;nuement. Mais peut-&#234;tre pas. Il peut s'agir d'un petit larcin pour rire, pour rire bien jaune, se faire pincer. Un chapardage. Dix jours plus tard, il r&#233;cidive, on le coffre pour avoir cambriol&#233; une blanchisserie. Il a vol&#233; un paquet de fringues, du linge sale, il a revendu des draps, quelques mouchoirs. &#192; pr&#233;sent, le voici en taule. &#199;a y est. Pour la premi&#232;re fois de sa vie, il paie sa libert&#233;.&lt;br class='autobr' /&gt;
Mais il s'enfuit. Il s'&#233;vade par la chemin&#233;e. Et il pousse un grand rire. Pendant quelque temps, on perd sa trace. Le vent se l&#232;ve, et Billy dispara&#238;t. Il remplit le d&#233;sert de son hurlement d&#233;chirant. Il s'efface, les d&#233;cors changent, il cuit au soleil, les rayons cr&#232;vent les yeux, rien ne manque dans la plaine immense.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On ne le revit jamais. Il erra entre les montagnes et les plaines. Il louvoya parmi les cactus et leurs couronnes d'&#233;pines. Apr&#232;s le meurtre de Cahill, il quitta d&#233;finitivement l'Arizona pour le Nouveau-Mexique et son aire d'action se fixa lentement au hasard des rencontres. Lorsqu'on songe &#224; l'Ouest, au territoire o&#249; v&#233;cut Billy, on imagine une lande aride, infinie ; il n'en est rien. Toute la vie du petit vagabond tient entre deux bourgades perdues, son monde se r&#233;sume &#224; quelques rues de Lincoln ou de Las Tablas, il suffit d'un cercle d'une centaine de kilom&#232;tres autour de quelques ranchs, de suivre sa trace dans les montagnes d&#233;chiquet&#233;es, et l'on a tout. La vie de Billy tient dans une rondelle de sable. Mais c'est une rondelle grandiose. Les cr&#234;tes en lambeaux, les roches pulv&#233;ris&#233;es par le soleil, les buissons secs, terriblement secs, les gen&#233;vriers.&lt;br class='autobr' /&gt;
Un enfant marche dans la poussi&#232;re. Il tra&#238;ne autour des fermes, r&#233;clame un bout de pain. Le plus souvent, il repart sans. Billy dut maudire bien des hommes. La main tendue apprend quelque chose, on ne l'oublie jamais. Billy &#233;tait un adolescent aussi tendre et fragile que les autres, il vagabondait, entrait dans les cours des fermes, silencieux, il ouvrait les remises, fouillait le r&#226;telier &#224; la recherche d'&#339;ufs, et les emportait dans la nuit.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le plus souvent, il avait faim. Il maudissait les hommes, leur vie simple, la famille. Il aurait voulu leur crever le ventre, puisque d&#233;cid&#233;ment ils ne comprenaient rien ; et lui-m&#234;me ignorait ce qu'ils devaient comprendre. Durant ses longues errances sans but, il s'acoquinait avec de pauvres bougres, des petites frappes, leur racontant le soir, autour du feu, des bribes plus ou moins arrang&#233;es de sa vie, dans un &#233;lan amical sinc&#232;re. Puis, au petit matin, il les abandonnait, apr&#232;s les avoir tout doucement d&#233;pouill&#233;s de leurs bottes et de leur cheval. Et tandis qu'il galopait seul, libre &#224; nouveau, poussant des cris de joie, le vent lui creusait des larmes dans les yeux.&lt;br class='autobr' /&gt;
Il a seize ans. Il dort dehors, sous un buisson, mendie un peu, inspire confiance, trahit ceux qui lui viennent en aide, ne sait s'en emp&#234;cher. D&#232;s qu'il inspire un peu d'affection, un peu d'amour, il d&#233;serte. Il veut se faire ha&#239;r. Nous ne savons rien de cette p&#233;riode de sa vie, mais nous ne savons presque rien de sa vie avant qu'il ne meure. Billy ne nous sera livr&#233; qu'une fois disparu. Alors, on inventera Billy, on lui fabulera une existence glorieuse ou moins glorieuse, on lui donnera sa chance. Mais le jeune Billy, l'adolescent, celui qui a &#233;t&#233; jet&#233; en prison pour avoir vol&#233; un peu de linge, on ne le conna&#238;t pas. On ne conna&#238;t jamais les adolescents. Ils nous &#233;vitent, nous mentent. Tout ce qui est correct, r&#233;gulier, nos lois, nos m&#339;urs, leur font horreur. Et Billy, du fond de son horreur pour nous, de son insondable malheur, de son honn&#234;tet&#233; endurcie, vola du linge et des v&#234;tements miteux. Il aimait prendre ce qui est aux autres, il voulait tout pour lui, essayer les v&#234;tements en vitesse, se regarder dans la glace, s'admirer, froisser le linge, briser le miroir &#224; coups de pied et jeter tout &#231;a dans un trou.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nos richesses sont faites pour g&#233;mir. Il n'y a rien de plus repoussant que l'abondance. Tout est &#224; nous. Les biens des autres nous appartiennent. Ce qui n'est pas &#224; nous nous appartient depuis toujours. Je suis ce paquet de linge qui tra&#238;ne chez le blanchisseur, cette jument est &#224; moi, ce beau costume m'appelle, ma main se tend, je veux d&#233;chirer quelque chose. D'ailleurs, ne faut-il pas les voler pour vraiment savoir ce que sont les choses ? Ne faut-il pas les prendre si l'on veut savoir &#224; qui elles appartiennent ? Ah ! Je veux sentir ce battement de c&#339;ur en p&#233;n&#233;trant chez quelqu'un d'autre, casser la vitre, forcer la porte. Je veux entrer sans que l'on m'invite. Les maisons sont vides, les mains nues. Tout sera d&#233;truit, et d&#233;truire c'est aimer. Et Billy aimait beaucoup. Il aimait le beau linge, les v&#234;tements bien taill&#233;s. Il n'aimait que l'argent des autres.&lt;br class='autobr' /&gt;
C'est ainsi qu'il commen&#231;a et termina de vivre. Il se fit rapidement voleur de chevaux. La motte de beurre, le sac de linge, c'&#233;taient des vols pour appeler &#224; l'aide, &#234;tre puni. Mais &#224; pr&#233;sent, il voulait vivre ; et pour vivre, il volait des chevaux, leur fouettait les c&#244;tes, galopait en direction d'un ranch et marchandait sa proie. Et puisque la vie ne rapporte rien, il tirait un coup de r&#233;volver afin d'entendre claquer la poudre dans le n&#233;ant. La nuit, il s'endormait tout &#224; coup, seul, au bord des routes, sous une couverture sale, les pieds couverts d'ampoules. Il ne se lavait pas. Il veillait tard. Au matin, le visage bouffi par le sommeil, les membres lourds, il p&#233;n&#233;trait dans un corral, glissait sous la barri&#232;re et repartait &#224; cru, heureux. C'&#233;tait un voleur. Le plaisir de voler est consid&#233;rable. On ne sait o&#249; l'on va, ni ce que l'on fait. La soir&#233;e termine n'importe o&#249;. On discute avec un inconnu, on lui raconte sa vie. Tout le monde raconte sa vie. Billy aussi raconte sa vie, mais personne ne l'&#233;coute. Le mot &lt;i&gt;desperado&lt;/i&gt; est une d&#233;gradation du mot espagnol &lt;i&gt;desesperado&lt;/i&gt; qui signifie &#8220;d&#233;sesp&#233;r&#233;&#8221;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;QU'EST-CE QUE LA LIBERT&#201; ?&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_8705 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.liminaire.fr/local/cache-vignettes/L387xH536/jesse-161ba.png?1773250624' width='387' height='536' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;EN OCTOBRE 1877, un mois et demi apr&#232;s le meurtre de Cahill, en compagnie d'une vingtaine de brigands, Billy franchit le R&#237;o Grande. C'est alors qu'il atteignit le comt&#233; de Lincoln o&#249; son existence se heurta &#224; des int&#233;r&#234;ts plus grands que lui. La zone est perdue, sous-peupl&#233;e ; de petites communaut&#233;s blanches arri&#233;r&#233;es s'&#233;taient agglutin&#233;es au Nord, abandonnant pour le moment le Sud aux Mescaleros. C'est l&#224;, au bord du Pecos, autour de Fort Stanton, dans un rayon de quelques dizaines de kilom&#232;tres, que le Kid devait vivre et mourir.&lt;br class='autobr' /&gt;
Dans un monde aussi tourment&#233;, o&#249; la d&#233;nivellation sociale est si raide, Billy chercha &#224; se m&#233;nager &#224; coups de colt, d'alliances instables, de vols de b&#233;tail, une marge, un tout petit intervalle, qui devait durer quelques br&#232;ves ann&#233;es et lui procurer on ne sait quelles joies et peines, avant de se terminer par une mort brutale, mais o&#249; malgr&#233; les n&#233;cessit&#233;s p&#233;nibles, le d&#233;nuement parfois, il put conna&#238;tre un &#233;largissement de son existence, s'&#233;tant affranchi en partie des contraintes du travail manuel, pour cet ersatz de libert&#233; que connaissent les voyous ou certains artistes, et qui est toujours cher pay&#233;.&lt;br class='autobr' /&gt;
On s'&#233;tonne que le Kid ne soit pas parti plus loin de chez lui. Les vagabonds restent le plus souvent &#224; deux pas de l'endroit qui les a vus na&#238;tre. Ils partent pr&#233;cipitamment, et tombent presque aussit&#244;t. Ils n'explorent pas le monde, ils le fuient. On ne fuit jamais assez loin. On tourne autour de quelque chose.&lt;br class='autobr' /&gt;
On dit que certains oiseaux volent ainsi, par milliers, dans la nuit ou dans le jour. Ils remontent les minces art&#232;res au flanc des falaises, survolent les grands pins, ne se posent jamais vraiment mais planent au-dessus des immenses troupeaux, jusqu'aux monts Sacramento, et l&#224;, face &#224; la paroi sombre de la vie, des murailles soudain poussent en dessous d'eux, dans le ciel ouvert, ils commencent &#224; se laisser tomber, lentement, volent et se cognent les uns aux autres, comme un nuage gronde et cr&#232;ve. Ainsi, Billy. Il r&#244;de parmi les r&#233;cifs de chardons, et rampe, allong&#233; &#224; midi, sous les mangeoires des b&#234;tes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Enfin, le Kid se m&#234;la &#224; une bande de hors-la-loi qui &#233;cumait le Nouveau-Mexique. La bande avait pour chef Jesse Evans, un gamin de vingt ans, &#224; demi cherokee. On braconnait les bleds paum&#233;s, on pillait les fermes, on volait des chevaux. Tous les petits voyous de cette joyeuse bande avaient &#224; peu pr&#232;s v&#233;cu de la m&#234;me mani&#232;re, connu les m&#234;mes &#233;pisodes d'errance, de solitude. Et souvent, la nuit, sans pr&#233;venir, quelques-uns d'entre eux s'en allaient, comme si une blessure honteuse, une douleur d'enfant mal-aim&#233;, obscure, les obligeait malgr&#233; eux &#224; fuir. Ils partaient courir leur chance de leur c&#244;t&#233;, au hasard, rejoignant d'autres copains, bossant une saison dans un ranch, puis dans un autre. Cette errance &#233;tait leur mal&#233;diction, leur salut.&lt;br class='autobr' /&gt;
Billy se sentit revivre. Il n'&#233;tait plus tout &#224; fait seul. Il s'entra&#238;nait &#224; tirer, &#224; monter &#224; cheval. Il devenait habile. C'est une grande satisfaction de savoir tirer, de disposer d'un tel outil, d'en avoir la ma&#238;trise. Et puis un r&#233;volver, ce n'est pas n'importe quel outil, c'est un outil qui vous lib&#232;re de tous les autres. Plus besoin de porter les ballots de paille, plus besoin de faucher, de clouer, de piocher, une arme &#224; feu lib&#232;re du travail manuel auquel on &#233;tait condamn&#233;. Billy est libre. &#192; la mani&#232;re des petits truands, il jouit d'une libert&#233; pr&#233;caire, fragile. Mais peu importe ! On d&#233;fonce les serrures pour entrer, on pi&#233;tine le travail des autres. La violence est indispensable &#224; la libert&#233;.&lt;br class='autobr' /&gt; &lt;br class='autobr' /&gt;
Il existe une photographie merveilleuse, une photographie de Jesse Evans, lacune parmi les lacunes. Au centre de la photographie, le jeune homme se tient assis, tandis qu'une jeune fille, debout derri&#232;re lui, tient n&#233;gligemment un r&#233;volver. Ils nous regardent sans respect. Ils nous narguent, ils sont jeunes, insolents, terriblement insolents. &#192; leur mani&#232;re, ils sont beaux. Elle, avec son petit nez rond, son sourire, son flingue. Lui, avec son allure n&#233;glig&#233;e, son air assur&#233; de fain&#233;ant et de fripouille que plus rien n'impressionne. Ils sont au-del&#224; du d&#233;contract&#233;, au-del&#224; du rel&#226;ch&#233;, au-del&#224; de tout ce que la d&#233;sob&#233;issance elle-m&#234;me autorise. Ils ont du charme. Tout est mise en sc&#232;ne ici, et tout est naturel. Ils posent d'instinct. Ils sont un r&#233;sum&#233; somptueux de l'Am&#233;rique. Ils sont libres, insolents et libres, et ils nous signifient notre cong&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au sommaire de leur vie se trouve cette effronterie gigantesque, vaine et gigantesque, cette hardiesse inutile. Ils sont une insulte &#224; l'ordre, &#224; la carri&#232;re, &#224; la famille, &#224; tout ce qui leur a manqu&#233;. Et depuis cette photographie merveilleuse, il lui murmure devant nous, &#224; elle, mena&#231;ante et jolie, qu'il faudrait faire &#233;clater les t&#234;tes de pipe, toutes les t&#234;tes de pipe, les petits ma&#238;tres, les grands, tous ! Et il ajoute en souriant qu'il faudrait aussi faire sauter toutes les banques, cambrioler le monde et buter tous les flics. Oui. Les orphelins savent &#231;a. Ils savent qu'il faut &#234;tre fou et mordre. Oui, Jesse Evans mordait. Il mordait. Il &#233;tait fou.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est cela, Jesse Evans. Le produit d'une &#233;poque et d'un lieu o&#249; l'on put devenir riche, plus riche qu'on ne le fut jamais dans l'Histoire humaine, et en quelques instants. Et Jesse Evans, le petit voyou, n'est rien d'autre que l'instrument de base de cette accumulation prodigieuse, il n'est rien qu'un comparse secondaire, et il tire sa libert&#233; folle et factice d'une parenth&#232;se de temps o&#249; une forme violente de libert&#233; et de d&#233;sordre, qu'on n'avait jamais connue auparavant et qui n'est certes pas d&#233;pourvue de charme, fut n&#233;cessaire &#224; l'&#233;tablissement brutal des plus durables in&#233;galit&#233;s. Et c'est cela que l'on voit sur la fabuleuse photographie. Dans le visage de Jesse, on aper&#231;oit la richesse, mais &#224; l'envers, dans le sourire impudent de la jeune femme, on aper&#231;oit la Constitution des &#201;tats-Unis, mais &#224; l'envers. C'est comme si nous nous entendions parler &#224; l'envers, promettre &#224; l'envers, pisser &#224; l'envers. Leurs visages sont ce dont les livres r&#234;vent. Mais les livres ne sont rien. &lt;br class='autobr' /&gt;
Les mots ne veulent rien dire que merde. Et la jeune fille le sait, et c'est &#231;a qui la fait sourire.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le &lt;i&gt;desperado&lt;/i&gt; est la figure d&#233;prav&#233;e du &lt;i&gt;self made man&lt;/i&gt;, il en est l'illustration, mais inaccomplie. Il n'arrive &#224; rien. Il part de trop bas. Il est venu au monde trop tard. Il est l'homme r&#233;solument moderne, et c'est pourquoi il se livre tout entier, &#233;perdu. Et puisque la soci&#233;t&#233; n'est jamais rien d'autre que la contrefa&#231;on de ses principes, aussit&#244;t la concurrence d&#233;g&#233;n&#232;re en tueries, la libert&#233; se frelate en crimes, et l'Histoire de l'Am&#233;rique sera un sc&#233;nario de Frank Capra jou&#233; par des voleurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Regarde la vie de travers. Attaque les banques, bute les flics, picole, casse les vitrines &#224; coups de r&#233;volver, pisse sur les pieds des cons. Ah ! Jesse Evans, po&#232;me, imb&#233;cile, tu es intraduisible en mots, comme ce petit tas de lumi&#232;re sur le plancher, comme cet urinoir &#224; l'envers ! Pauvre Jesse, on t'aime bien, tu nous invites, tu payes &#224; boire, et puis tu files sans r&#233;gler l'addition. Un an plus tard, te revoil&#224;, la gueule enfarin&#233;e, pauvre Jesse, tu as pris un coup de vieux, on dirait que tu as vingt-cinq ans, vieux clown, on s'embrasse et c'est reparti. Avec Rockefeller, &#233;videmment, c'est moins dr&#244;le, il ne pense qu'au p&#233;trole, &#224; standardiser son huile, ses gaz, pauvre Rockefeller. On raconte qu'&#224; la fin, il ne buvait plus que du lait de femme, on raconte encore qu'une fois ses invit&#233;s partis, les rares fois o&#249; il en avait, le milliardaire piochait dans les assiettes et terminait les restes.&lt;br class='autobr' /&gt;
On raconte aussi qu'&#224; la mort de John Pierpont Morgan, le c&#233;l&#232;bre banquier, ton contemporain, la Bourse de New York aurait suspendu pendant deux heures son activit&#233; en signe de deuil, au passage du convoi fun&#232;bre. Mais toi, Jesse, pauvre con, on ignore si tu es n&#233; dans le Missouri ou au Texas, si tes parents &#233;taient de faux-monnayeurs ou d'honn&#234;tes fermiers, ni pourquoi tu as si mal tourn&#233;, toi qui aurais pu &#234;tre caissier &#224; la banque Morgan au lieu de buter tant de braves gens, pour finalement, en 1882, myst&#233;rieusement dispara&#238;tre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ah, cette photo est merveilleuse. Elle est triste et merveilleuse. Ils nous regardent avec horreur. Ils sont le solde invisible de l'Histoire, les colonnes vides de la grande comptabilit&#233;. Mais ils se rebiffent. Ils veulent nous faire la peau, ils veulent nous piquer notre pognon et le flamber &#224; El Paso, ou dans n'importe quel autre bled. C'est qu'ils veulent tout, ils ne savent pas ce qu'ils veulent, ils ne veulent rien, ils vont mourir. Alors, ils profanent tout ce qu'ils touchent. Les victimes ont pour elles la piti&#233; du monde, l'identification de tous. Les petits criminels, eux, n'ont personne. Ils n'int&#233;ressent pas, leur sort est jou&#233;, leurs vies sont vaines, qu'ils disparaissent derri&#232;re les barreaux, qu'on les lynche, peu importe, ils sont vou&#233;s au n&#233;ant. Et c'est depuis ce n&#233;ant, justement, qu'ils nous regardent, Jesse Evans et sa copine fabuleuse. Elle, avec son petit sourire et son r&#233;volver, lui, l'homme d&#233;sarm&#233;, et encore plus inqui&#233;tant de l'&#234;tre et de lui avoir confi&#233;, &#224; elle, le colt, et lui tenant tendrement la main.&lt;br class='autobr' /&gt;
Un jour, les orphelins du monde se r&#233;veilleront au petit matin. Ils glisseront six balles dans le barillet et enfileront leur p&#233;toire dans leur froc, puis ils prendront le m&#233;tro sans payer et iront buter l'un le pr&#233;sident des &#201;tats-Unis, l'autre le directeur d'une multinationale, le troisi&#232;me le sh&#233;rif du comt&#233; ; et, vers dix heures du mat, ils auront braqu&#233; toutes les banques, cass&#233; toutes les vitrines et tu&#233; tous les cons. Il n'y aura plus un pr&#233;sident sur terre, plus un directeur de cabinet, plus un chef quelconque. Alors, Jesse Evans retournera dans son caboulot de Santa Fe, il fera un clin d'&#339;il &#224; la vieille rombi&#232;re qui tient la caisse, et il r&#233;glera l'addition.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;https://actes-sud.fr/catalogue/les-orphelins-021514&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;i&gt;Les orphelins&lt;/i&gt;, &#201;ric Vuillard, &#201;ditions Actes Sud, 2026.&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Vous pouvez suivre le podcast de ces lectures versatiles sur les diff&#233;rents points d'acc&#232;s ci-dessous : &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;https://anchor.fm/s/24d0b3d4/podcast/rss&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;RSS&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt; | &lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;https://podcasts.apple.com/fr/podcast/en-lisant-en-%C3%A9crivant/id1517222611&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Apple Podcast&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt; | &lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;https://www.youtube.com/c/PierreM%C3%A9nard/podcasts&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Youtube&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt; | &lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;https://www.deezer.com/fr/show/1001542221&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Deezer&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt; | &lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;https://open.spotify.com/episode/5ItGd0Gb92KVQOcyRpsVtj&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Spotify&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Ce qui reste du passage</title>
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		<dc:creator>Pierre M&#233;nard</dc:creator>


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		<description>
&lt;p&gt;Et rien qu'un peu d'amour &lt;br class='autobr' /&gt;
&#192; la maison, je fredonne un air. Caroline se met &#224; la chanter &#224; son tour. Alice nous demande de quelle chanson il s'agit, se demande si cela ne vient pas des Parapluies de Cherbourg. Je lui r&#233;ponds que pour moi c'est plut&#244;t li&#233; &#224; une s&#233;rie ou &#224; un film des ann&#233;es 80. Caroline finit par retrouver l'origine de la chanson. Il s'agit en fait d'une chanson interpr&#233;t&#233;e par V&#233;ronique Jannot, Tous les enfants ont besoin de r&#234;ver, bande originale de la s&#233;rie t&#233;l&#233;vis&#233;e, (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.liminaire.fr/chronique/entre-les-lignes/" rel="directory"&gt;Entre les lignes&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/cinema" rel="tag"&gt;Cin&#233;ma&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/journal" rel="tag"&gt;Journal&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/musique" rel="tag"&gt;Musique&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/poesie" rel="tag"&gt;Po&#233;sie&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/recit" rel="tag"&gt;R&#233;cit&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/memoire-vive" rel="tag"&gt;M&#233;moire vive&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/quotidien" rel="tag"&gt;Quotidien&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/absence" rel="tag"&gt;Absence&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.liminaire.fr/local/cache-vignettes/L150xH75/contacts_succcessifs_2_1_-ffc95.png?1776582275' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='75' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Et rien qu'un peu d'amour&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; la maison, je fredonne un air. Caroline se met &#224; la chanter &#224; son tour. Alice nous demande de quelle chanson il s'agit, se demande si cela ne vient pas des &lt;i&gt;Parapluies de Cherbourg&lt;/i&gt;. Je lui r&#233;ponds que pour moi c'est plut&#244;t li&#233; &#224; une s&#233;rie ou &#224; un film des ann&#233;es 80. Caroline finit par retrouver l'origine de la chanson. Il s'agit en fait d'une chanson interpr&#233;t&#233;e par V&#233;ronique Jannot, &lt;i&gt;Tous les enfants ont besoin de r&#234;ver&lt;/i&gt;, bande originale de la s&#233;rie t&#233;l&#233;vis&#233;e, &lt;i&gt;Pause caf&#233;&lt;/i&gt;, diffus&#233;e en 1981, dans laquelle elle jouait le r&#244;le de Jo&#235;lle Mazart, jeune assistante sociale au grand c&#339;ur travaillant dans un lyc&#233;e de banlieue. Une voix douce, une m&#233;lodie apaisante. Mais quand l'air me revient en t&#234;te, qu'il sort de ma bouche, aucun mot n'est prononc&#233;, plut&#244;t un grommelot. Ce charabia compos&#233; de langage macaronique et d'&#233;l&#233;ments onomatop&#233;iques, style de langage utilis&#233; dans le th&#233;&#226;tre satirique et dans la pantomime. Un air en appelle un autre, ils s'encha&#238;nent sans qu'on sache pourquoi. Je pense alors au film de Charlie Chaplin, &lt;i&gt;Les Temps modernes&lt;/i&gt;, que je dois &#233;voquer samedi, &#224; la biblioth&#232;que, pour notre s&#233;lection cin&#233;ma de films sur les robots et l'IA. Charlot y interpr&#232;te, en grommelot, la chanson de L&#233;o Daniderff : &lt;i&gt;Je cherche apr&#232;s Titine&lt;/i&gt;, connue aux &#201;tats-Unis sous le titre : &lt;i&gt;The Nonsense Song&lt;/i&gt;. Charlot, devenu gar&#231;on de restaurant, a pr&#233;vu de chanter &lt;i&gt;Titine&lt;/i&gt;, dont sa compagne a &#233;crit les paroles sur ses manchettes. Les perdant, il se met &#224; improviser des paroles incompr&#233;hensibles, m&#233;lange de fran&#231;ais et d'italien. Sa prestation est n&#233;anmoins un triomphe. Ce sont les premiers mots prononc&#233;s au cin&#233;ma par le personnage de Chaplin. Les chansons qui nous reviennent en m&#233;moire sans pr&#233;venir, comme la musique des &lt;i&gt;400 coups&lt;/i&gt;, le film de Fran&#231;ois Truffaut, compos&#233;e par Jean Constantin, que je fredonne souvent, presque malgr&#233; moi, sont des valses fragiles, qui r&#233;v&#232;lent la tendresse enfouie de notre enfance.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_8725 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.liminaire.fr/IMG/jpg/55191250474_db48796056_k.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.liminaire.fr/local/cache-vignettes/L500xH333/55191250474_db48796056_k-307c7.jpg?1776582275' width='500' height='333' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;center&gt;&#201;glise Saint-M&#233;dard, Paris 6&#232;me, 6 avril 2026&lt;/center&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Un espace &#224; l'envers&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je me l&#232;ve cette nuit encore pour occuper l'espace &#233;troit qui s&#233;pare le sommeil de son impossibilit&#233;. Je choisis de ne pas lutter contre l'insomnie. Je m'y installe sans rechigner, comme &#224; un poste d'observation. Derri&#232;re la vitre. Face au jardin. Tout semble immobile dans l'obscurit&#233;. Pourtant, tout para&#238;t tendu, dans l'attente d'un secret qui ne se d&#233;voile pas. Je regarde le paysage. Les volumes des b&#226;timents devant, des arbres du jardin, s'adoucissent progressivement pour sortir du noir de la nuit et appara&#238;tre enfin plus nettement. J'essaie de construire une phrase dans ma t&#234;te. Une seule phrase, lente, tendue vers l'ext&#233;rieur. Elle suit progressivement ce qui se trame dans l'obscurit&#233;. Les jeux d'ombres. Les fr&#233;missements d'air &#224; peine perceptibles. J'ai cette impression persistante de me trouver au bord d'une d&#233;couverte majeure qui m'&#233;chappe. Il ne s'agit pas d'une r&#233;v&#233;lation spectaculaire, mais plut&#244;t d'une simple annonce. Quelque chose que je peine &#224; comprendre, peut-&#234;tre. Je le pressens sans pouvoir le nommer. L'appartement s'enfonce dans le silence nocturne. Je m'avance int&#233;rieurement avec une d&#233;termination encore un peu h&#233;sitante. Un pas apr&#232;s l'autre. Prudent. Mon c&#339;ur bat. Mon regard se d&#233;tache de moi. Il devient presque &#233;tranger, indiff&#233;rent &#224; ce que j'&#233;tais encore il y a quelques instants en me levant. Dans ce glissement silencieux, ouat&#233;, quelque chose bascule. La nuit ne tombe plus autour de moi mais en moi. Elle r&#233;v&#232;le un lieu sans r&#233;el dehors. Un lieu tendu, clair et sombre &#224; la fois, o&#249; tout tremble, sans vraiment se montrer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;En deux temps trois mouvements&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le dernier film de Christian Petzold, &lt;i&gt;Miroirs n&#176;3&lt;/i&gt;, porte le titre d'une pi&#232;ce pour piano impressionniste de Maurice Ravel, &#233;galement connue sous le titre : &lt;i&gt;Une barque sur l'oc&#233;an&lt;/i&gt;. Un couple qui ne s'aime plus, qui n'a plus rien &#224; voir l'un avec l'autre. Ils partent en voiture pour une balade avec un couple d'amis. Laura, la jeune femme, est maussade, distraite, la t&#234;te ailleurs pendant tout le trajet. Leur histoire est termin&#233;e depuis longtemps, mais ils ne parviennent pas &#224; se l'avouer. Laura finit par refuser d'aller plus loin. Sur le chemin du retour, la voiture de son compagnon fait une sortie de route, il est tu&#233; sur le coup. Miraculeusement sauv&#233;e, la jeune femme pr&#233;f&#232;re rester dans la maison pr&#232;s de laquelle a eu lieu son accident, ne souhaitant pas aller &#224; l'h&#244;pital, ou rentrer chez elle. Si elle est si vite accept&#233;e dans cette maison, et si elle s'y trouve si bien, c'est qu'elle y remplit un vide et que ce vide en elle, cette incertitude sur son avenir, &#224; cet endroit, s'efface lentement. La place qu'elle trouve aupr&#232;s de Betty et de sa famille n'est pas la sienne. La disparition brutale de son compagnon lib&#232;re un espace in&#233;dit. Les deux hommes de la maison n'y vivent plus depuis le drame qui a boulevers&#233; la maison, en faisant &#233;clater la famille. Ils travaillent dans un garage un peu plus loin dans la r&#233;gion. Lorsqu'ils acceptent &#224; contrec&#339;ur l'invitation &#224; d&#238;ner de Betty, ils s'imaginent qu'elle a de nouveau perdu pied. Tous les trois sont &#224; table, embarrass&#233;s de se retrouver l&#224;, ensemble, ils n'en ont plus l'habitude depuis longtemps. Une quatri&#232;me assiette a &#233;t&#233; dispos&#233;e sur la nappe blanche. &#192; voir leurs mines d&#233;faites, ils s'imaginent que la convive invisible n'est qu'une nouvelle chim&#232;re de Betty qui les prie d'&#234;tre patients. Soudain, un fracas de casseroles retentit dans la cuisine, et la jeune femme surgit sous leurs yeux, portant une &#233;norme casserole. Elle n'est donc ni un fantasme ni un fant&#244;me, mais qu'attend-elle de ces inconnus, et qu'est-ce que cette famille, d'abord accueillante mais avec ses secrets, esp&#232;re d'elle ? Cette famille a des secrets. Ce qui trouble de plus en plus Laura, qui la met mal &#224; l'aise, et l'oblige finalement &#224; fuir. Cette fuite ne laisse pas un nouveau vide. Elle remet de l'harmonie entre les membres de cette famille. Ils renouent enfin le dialogue, se retrouvent apr&#232;s s'&#234;tre s&#233;par&#233;s, r&#233;par&#233;s pourrait-on dire, comme ils r&#233;parent tout ce qui dysfonctionnait dans la vieille maison (le robinet qui fuit, le lave-vaisselle qui ne fonctionne pas, le piano d&#233;saccord&#233;), pour finir par revivre ensemble sous le m&#234;me toit.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_8726 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.liminaire.fr/IMG/jpg/13928094090_8765037c59_k.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.liminaire.fr/local/cache-vignettes/L500xH334/13928094090_8765037c59_k-9138a.jpg?1776582276' width='500' height='334' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;center&gt;Cimeti&#232;re du P&#232;re-Lachaise, Paris 20&#232;me, 5 mai 2014&lt;/center&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le discontinu des fragments&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&lt;a href='https://www.liminaire.fr/@krasnasandor@social.tmprs.net'&gt;Sandor Krasna, le bot po&#233;tique qu'on peut suivre sur Mastodon&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;, cr&#233;&#233; &#224; la sortie de &lt;strong&gt;M&#233;moire vive&lt;/strong&gt;, est &lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;https://abrupt.cc/pierre-menard/memoire-vive/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;l'antilivre publi&#233; par les &#233;ditions Abr&#252;pt&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;. Voici les deux derniers tercets publi&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J'ai le sens du fun&#232;bre comme on apprend l'art de la f&#234;te et le sens de l'humour.&lt;br class='autobr' /&gt;
L'intention est du reste de sortir de l'impasse.&lt;br class='autobr' /&gt;
Nous d&#233;laissons les sommets et les plaines, nous nous moquons des visions en &#233;tages.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nos rep&#232;res sont boulevers&#233;s dans un espace &#224; l'envers.&lt;br class='autobr' /&gt;
L'instantan&#233; nous fascine en tant que tombeau du temps.&lt;br class='autobr' /&gt;
C'&#233;tait devenu aussi d&#233;finitif.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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