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	<title>LIMINAIRE</title>
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	<description>Une palpitation, un mouvement encore immobile, un espace de sursis dans la dissolution.</description>
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		<title>LIMINAIRE</title>
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		<title>Ressentir, e&#769;prouver, formuler, comprendre : La fiction est cet espace miraculeux o&#249; tout est permis</title>
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		<dc:date>2017-12-17T11:16:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Pierre M&#233;nard</dc:creator>


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&lt;p&gt;Ressentir, e&#769;prouver, formuler, comprendre. Pour figer tant d'incises en mouvements. Jaillir et ne pas renoncer. Les mots se font e&#769;cho, se re&#769;pe&#768;tent comme craignant de ne pas &#234;tre bien saisis et dont on ne cesse de chercher le sens. E&#769;crire. &lt;br class='autobr' /&gt;
Le soi-disant refus d'un tel texte qui ne trouverait pas aujourd'hui son lecteur ou qui ne pourrait plus trouver d'&#233;diteur, en r&#233;v&#232;le plus sur les auteurs de ce canular qui s'amusent de la fin d'une &#233;poque et en feignent de s'en offusquer, usant des (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/michelangelo-antonioni" rel="tag"&gt;Michelangelo Antonioni&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/claude-simon" rel="tag"&gt;Claude Simon&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/contacts-successifs" rel="tag"&gt;Contacts successifs&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.liminaire.fr/local/cache-vignettes/L150xH84/arton1992-97d1a.jpg?1765916481' class='spip_logo spip_logo_right spip_logo_survol' width='150' height='84' alt=&#034;&#034; data-src-hover=&#034;IMG/logo/artoff1992.jpg?1513470154&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Ressentir, e&#769;prouver, formuler, comprendre. Pour figer tant d'incises en mouvements. Jaillir et ne pas renoncer. Les mots se font e&#769;cho, se re&#769;pe&#768;tent comme craignant de ne pas &#234;tre bien saisis et dont on ne cesse de chercher le sens. E&#769;crire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le soi-disant refus d'un tel texte qui ne trouverait pas aujourd'hui son lecteur ou qui ne pourrait plus trouver d'&#233;diteur, en r&#233;v&#232;le plus sur les auteurs de ce canular qui s'amusent de la fin d'une &#233;poque et en feignent de s'en offusquer, usant des proc&#233;d&#233;s d'une critique ferm&#233;e sur elle-m&#234;me, faisant croire qu'elle &#233;pouse la cause d'un auteur de renom, non pour le d&#233;fendre (pour cela il faudrait l'avoir lu, le comprendre et aimer son &#339;uvre) mais pour se servir de lui comme pi&#233;destal et faire-valoir afin d'illustrer une th&#233;orie d'un autre temps, sans lien avec l'auteur, ni m&#234;me avec ce qui s'&#233;crit aujourd'hui. &#171; Le grand pessimisme de ce canular sinon sa violence r&#233;actionnaire pointe sur l'extr&#234;me s&#233;cheresse du jugement critique qui est donn&#233;, &#233;crit tr&#232;s justement &lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;https://diacritik.com/2017/12/12/le-canular-claude-simon-ou-la-deroute-des-flandres/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Johan Faerber&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt; : &#171; nous vivrions une &#233;poque vid&#233;e d'&#233;crivains et de jugements critiques qui, dans sa m&#233;diocrit&#233; hurlante aux accents path&#233;tiques, ne publierait non seulement plus d'&#233;crivains de la trempe des Claude Simon mais serait impuissante &#224; pouvoir, s'ils viennent &#224; nous, les identifier, les reconna&#238;tre, les publier et leur donner la lumi&#232;re. &#187; &#187; Le mieux c'est encore de lire ou relire &lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;http://www.leseditionsdeminuit.fr/livre-Le_Palace-1855-1-1-0-1.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;i&gt;Le Palace&lt;/i&gt; de Claude Simon&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;. Recopier les premi&#232;res pages du livre sur le clavier de l'ordinateur est un bonheur de lecteur et une le&#231;on pour l'&#233;crivain.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Et &#224; un moment, dans un brusque froissement d'air aussit&#244;t fig&#233; (de sorte qu'il f&#251;t l&#224; - les ailes d&#233;j&#224; repli&#233;es, parfaitement immobile - sans qu'ils l'aient vu arriver, comme s'il avait non pas vol&#233; jusqu'au balcon mais &#233;tait subitement apparu, mat&#233;rialis&#233; par la baguette d'un prestidigitateur), l'un d'eux vint s'abattre sur l'appui de pierre, &#233;norme (sans doute parce qu'on les voit toujours de loin), &#233;trangement lourd (comme un pigeon en porcelaine, pensa-t-il, se demandant comment dans une ville o&#249; la pr&#233;occupation de tous &#233;tait de trouver &#224; manger ils s'arrangeaient pour &#234;tre aussi gras, et aussi comment il se faisait qu'on ne les attrap&#226;t pas pour les faire cuire), avec son soyeux plumage tachet&#233;, gris fonc&#233;, &#224; reflets &#233;meraude sur la nuque et cuivr&#233;s sur le poitrail, ses pattes corail, son bec en forme de virgule, sa gorge bomb&#233;e : quelques instants il resta l&#224;, l'&#339;il stupide et rond, tournant la t&#234;te sans raison &#224; droite et &#224; gauche, passant d'une position &#224; l'autre par une s&#233;rie de minuscules et brefs mouvements, puis (sans doute parce que l'un de ceux qui &#233;taient dans la chambre fit un geste, ou du bruit), aussi brusquement qu'il s'&#233;tait pos&#233;, il s'envola. Et ceci : la pi&#232;ce lambriss&#233;e ou plut&#244;t aux murs d&#233;cor&#233;s de baguettes &#224; moulures dessinant des panneaux couverts de cette peinture gris Trianon qui semble &#234;tre comme la livr&#233;e, le cosmopolite badigeon standard fabriqu&#233; en s&#233;rie, en m&#234;me temps que les costumes des grooms et les tenues galonn&#233;es des portiers, afin de dispenser aux milliardaires en voyage le co&#251;teux privil&#232;ge qui consiste &#224; pouvoir se faire v&#233;hiculer &#224; des prix exorbitants par le moyen de paquebots, d'avions ou de wagons-lits &#224; travers ou au-dessus des mers et des continents, d'un appartement &#224; un autre appartement identique, moyennant quoi s'en doute ils se consolent de cette mal&#233;diction qui les force &#224; errer sans tr&#234;ve d'un palace pos&#233;, ou plut&#244;t hiss&#233; &#224; dos d'homme sur les neiges &#233;tincelantes, &#224; un palace entour&#233; de palmiers (puis de nouveau au sein des solitudes glac&#233;es, puis de nouveau sous le bruissement r&#234;che des palmes balanc&#233;es, et cela sans espoir de fin ni de changement sinon de temps &#224; autres - quant au paysage qui s'inscrit dans la fen&#234;tre - une vitrine de bijoutiers), la pi&#232;ce, donc, au murs gris Trianon et nus o&#249;, au centre de chaque panneau, un rectangle l&#233;g&#232;rement plus clair indiquait la place qu'avait occup&#233;e une de ces gravures elles aussi de style Trianon et dont le titre traditionnellement en fran&#231;ais (l'Escarpolette ou la Chemise Enlev&#233;e) figure au bas dans un cartouche entour&#233; de guirlandes de roses (les m&#234;mes - les m&#234;mes fleurs, la m&#234;me couleur - qui s'enroulent autour des cordons de la balan&#231;oire ou teinte le bouton d'un sein), enti&#232;rement vid&#233;e de son mobilier (lit, fauteuils, rideaux, tapis eux aussi de ce style st&#233;r&#233;otyp&#233; et cosmopolite imagin&#233; la veille d'une r&#233;volution (comme si, en dehors du repos des milliardaires fatigu&#233;s, les grands h&#244;tels n'avaient &#233;t&#233; con&#231;us que pour &#234;tre p&#233;riodiquement r&#233;quisitionn&#233;s par des gouvernements plus ou moins provisoires, et leurs baignoires occup&#233;es alternativement par les corps &#233;pil&#233;s des riches Argentines et les dossiers de police), mobilier apparemment command&#233; en s&#233;rie (lustres, bonheurs-du-jour et berg&#232;res laqu&#233;es) dans l'usine automatique qui ne cesse de d&#233;verser sur les montagnes, au bord des mers et dans le centre de grandes capitales des tonnes de guirlandes sculpt&#233;es et peintes &#224; la machine, de bureaux ministre, de nudit&#233;s surprises et de m&#233;lancoliques mandolistes &#224; tricorne v&#234;tus de soie brillante), enti&#232;rement vid&#233;e donc (et m&#234;me plus que vid&#233;e : curet&#233;e, racl&#233;e) sans doute en vertu de cette loi qui veut que toute entit&#233; humaine constitu&#233;e en troupe arm&#233;e s'assigne pour t&#226;che premi&#232;re le d&#233;m&#233;nagement syst&#233;matique des maisons conquises, comme si revolvers, fusils ou mitraillettes n'avaient &#233;t&#233; invent&#233;s que pour constituer une g&#234;ne et une charge suppl&#233;mentaire, tant bien que mal rejet&#233;s derri&#232;re l'&#233;paule, brinquebalant, la bretelle glissant le long du bras &#224; chaque mouvement et l'arme, l'acier graisseux et noir, venant cogner bruyamment avec une sorte de fureur maligne (revanche ou vengeance de la mati&#232;re attendant depuis la nuit des temps dans le sein t&#233;n&#233;breux de la terre d'en &#234;tre extraite pour accomplir sa vocation de meurtre et de puissance et au lieu de cela ignominieusement m&#234;l&#233;e &#224; des besognes domestiques) les tibias des d&#233;m&#233;nageurs casqu&#233;s et bott&#233;s ahanant dans les escaliers o&#249; les p&#233;riodiques migrations de matelas et de pendules fa&#231;onnent peu &#224; peu la myst&#233;rieuse Histoire et les destins du monde. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_19 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;85&#034; data-legende-lenx=&#034;xx&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.liminaire.fr/IMG/jpg/86b70f78734442f1b2e7d6f38746ce8e.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.liminaire.fr/local/cache-vignettes/L500xH333/86b70f78734442f1b2e7d6f38746ce8e-85c71.jpg?1765916481' width='500' height='333' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;David Hemmings, Gillian Hills et Jane Birkin dans Blow-Up de Michelangelo Antonioni
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;http://www.liberation.fr/debats/2017/12/12/blow-up-revu-et-inacceptable_1616177&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Laure Murat, dans un article paru dans &lt;i&gt;Lib&#233;ration&lt;/i&gt;&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt; affirme &#224; propos de &lt;i&gt;Blow up&lt;/i&gt; que &#171; revoir le chef-d'&#339;uvre de Michelangelo Antonioni oblige &#224; changer de point de vue. &#192; sa sortie, en 1966, ce film frappait par son esth&#233;tisme et le travail de chaque plan. D&#233;sormais, ce qui saute aux yeux, c'est cette violence faite aux femmes. R&#233;viser son jugement n'a rien &#224; voir avec la censure, mais dit que notre regard &#233;volue. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On ne peut pas r&#233;duire un film &#224; la personnalit&#233; de ses personnages. Un r&#233;alisateur, et Antonioni tout particuli&#232;rement, marque une distance avec ses personnages. Dans &lt;i&gt;Blow up&lt;/i&gt;, Thomas, le photographe de mode, tyran narcissique auto-satisfait, est aussi d&#233;sagr&#233;able et violent avec ses mod&#232;les f&#233;minins qu'avec son assistant masculin, capricieux et insistant avec la femme du Parc, d&#233;tach&#233; et m&#233;prisant avec les ouvriers qu'il photographie &#224; leur insu. Le cin&#233;aste ne porte aucun jugement moral sur ses personnages, chaque spectateur reste libre de son appr&#233;ciation. J'ai toujours trouv&#233; ce personnage touchant dans son d&#233;tachement, concentr&#233; sur l'&#233;nigme de la photo qu'il a prise par hasard dans le parc, menant son enqu&#234;te, apr&#232;s la d&#233;couverte d'un crime qu'il croit avoir photographi&#233;, son &#233;nergie d&#233;bordante tournant &#224; vide, en qu&#234;te de sens. La richesse et la profondeur de ce personnage tient, tout comme l'ensemble du film d'ailleurs dans son opacit&#233; et sa complexit&#233;. Il erre en ville, encha&#238;ne m&#233;caniquement ses nombreuses activit&#233;s, mais il ne progresse pas, il n'apprend rien dans ce monde superficiel du para&#238;tre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le film est un parcours initiatique, le r&#233;cit d'une perte de contr&#244;le et d'un apprentissage. Thomas, prenant conscience de son incapacit&#233; et de l'impossibilit&#233; de s'approprier le r&#233;el, apprend &#224; le questionner, &#224; revoir ses positions face &#224; celui-ci et &#224; prendre conscience du signe. Selon Laure Murat, il faudrait relire toute l'histoire de l'art, du cin&#233;ma, de la litt&#233;rature en faisant &#171; l'analyse en profondeur de l'histoire des repr&#233;sentations, des discours, de leurs ambigu&#239;t&#233;s et de leurs effets et avec une d&#233;sacralisation de l'esth&#233;tisme, dont l'empire &#233;touffe tout jugement. &#187; Ce que d&#233;nonce avec force &lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;http://www.chaosreigns.fr/on-sanctuarisait-lart-contre-censure/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Claire Legendre&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt; dans un texte r&#233;cent : &#171; La fiction est cet espace miraculeux o&#249; tout est permis. On peut y tuer son p&#232;re et &#233;pouser sa m&#232;re, on peut y mourir plusieurs fois, torturer ses ennemis, tomber amoureuse de son beau-fils, d&#233;vorer des enfants, sortir vivant du ventre du loup&#8230; De la n&#233;cessit&#233; de cet espace imaginaire prot&#233;g&#233; sont n&#233;s les mythes, les contes et les motifs litt&#233;raires qui les relaient, les transforment, et c'est l&#224; leur miracle : sans faire de mal &#224; personne. Aucune fillette n'est maltrait&#233;e dans Le petit chaperon rouge ni dans Lolita, aucune n'est abus&#233;e dans les tableaux de Balthus : ces &#339;uvres permettent au fantasme (peur et d&#233;sir) de s'exprimer et de pouvoir se penser sans se faire. Sublimation, exutoire, versus passage &#224; l'acte. On peut juger les fantasmes, les d&#233;plorer, mais c'est aussi absurde que d'avoir honte des r&#234;ves qu'on fait la nuit. La psychanalyse nous a appris combien est dangereux le refoulement, mais sans doute l'avons-nous oubli&#233; ? &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est tout de m&#234;me incroyable d'&#234;tre encore oblig&#233; aujourd'hui de r&#233;p&#233;ter qu'il ne faut pas confondre r&#233;el et fiction, fantasme et passages &#224; l'acte, et que c'est toute la force et la grandeur de l'art de jouer avec les interdits.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Vouloir censurer la cigarette, le sexisme ou le racisme dans l'art, poursuit &lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;http://www.chaosreigns.fr/on-sanctuarisait-lart-contre-censure/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Claire Legendre&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;, c'est le consid&#233;rer comme un produit de consommation avant d'y voir un art, et c'est mettre, pardon &#171; la charrue avant les b&#339;ufs &#187; : l'injonction qui contraint la repr&#233;sentation est-elle cens&#233;e, par ricochet, modifier la r&#233;alit&#233; ? Quelqu'un croit vraiment &#224; cela ? &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Contrairement &#224; ce qu'esp&#232;re Laure Murat, &lt;i&gt;Blow up&lt;/i&gt; est une &#339;uvre qui r&#233;siste plus qu'aucune autre &#224; l'&#233;preuve impitoyable du temps, caract&#233;ristique des chefs-d'&#339;uvre qui permettent des interpr&#233;tations sans fin, qui ne s'excluent jamais.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;http://liminaire.fr/liminaire/article/ateliers-d-ecriture-a-la-maison&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Dernier atelier d'&#233;criture avec les futures enseignantes et m&#233;diatrices culturelles&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt; &#224; la &lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;http://www.maisondesmetallos.paris/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Maison des M&#233;tallos&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt; avec &lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;https://www.u-cergy.fr/fr/_plugins/mypage/mypage/content/ldallarmel.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Luc Dall'Armellina&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Celui qui dit qu'il n'y peut rien. Celle qui ne dit rien mais qui voit tout. Celui qui ne veut &#034;&#224; aucun prix&#034; avec une moue de m&#233;pris. Celui qui parle d'Orph&#233;e et d'Eurydice. Celui qui se noie et celle qui reste. Ceux qui rejouent l'enfance sur un fond blanc. Celui qui hante mon hippocampe de ses pas absents. Celui qui travaille tout le temps pour vivre une autre vie. Celle qui esp&#232;re un baiser fant&#244;me. Celle qui, avant de mourir, a class&#233; toutes ses photographies et a r&#233;ajust&#233; le dessus de lit. Celui qui mourra sans avoir vraiment dit ce qui s'&#233;tait pass&#233;, pendant cette guerre. Celle qu'on ne conna&#238;t qu'en blanc, dans les r&#233;cits fantasm&#233;s et humides d'un homme qui a trop bu. Celle qui s'interdit le bonheur de peur qu'il ne lui &#233;chappe. Celle qui de ses id&#233;es noires ouvre un gouffre tourment&#233; et oppressant dans la carte de mon monde incertain. Celle qui pense que d&#233;cid&#233;ment les zoreilles ne savent pas cuisiner le riz. Celui qui ferait mieux de se remplir la t&#234;te avant de repenser celle des autres. Celle qui parle d'Aphrodite alors qu'il ne pense qu'&#224; Morph&#233;e. Ceux qui d&#233;laissent la poign&#233;e de mots pour une caresse par la pens&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J'ai pr&#233;par&#233; un premier mixage de leurs premiers textes et je leur propose de retravailler un court texte parmi ceux qui ont &#233;t&#233; &#233;crit lors des pr&#233;c&#233;dentes s&#233;ances. Puis je les enregistre. Sur les vitres de la salle, les bourrasques de vent et de pluie giflent les vitres par &#224; coups. J'ai l'impression qu'on l'entendra sur l'enregistrement. Je propose aux participants de travailler sur un nouvel atelier, &#224; partir du livre &lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;http://liminaire.fr/ateliers-d-ecriture-5/article/jerome-leroy-le-declenchement-muet&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Le d&#233;clenchement muet des op&#233;rations cannibales, de J&#233;r&#244;me Leroy&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt; : Le premier souvenir qui revient en m&#233;moire &#224; l'&#233;vocation d'un lieu. Par petites touches, succession d'instantan&#233;s scintillants, en vrac, en dresser l'inventaire versatile. Un lieu, un souvenir. Pendant qu'elles &#233;crivent, je finalise le mixage. Leurs visages concentr&#233;s dans l'&#233;criture. Leurs voix que j'entends.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le ciel bleu du matin &#224; peine voil&#233; derri&#232;re le tulle des rideaux blancs. Le c&#339;ur qui bat pour cette promesse inesp&#233;r&#233;e de lumi&#232;re malgr&#233; le froid. Quelques lignes de Charles d'Orl&#233;ans. &#171; Le temps a laiss&#233; son manteau / De vent, de froidure et de pluie / Et s'est v&#234;tu de broderie / De soleil luisant clair et beau. &#187; Mais le ciel s'assombrit d&#233;j&#224;. Le rideau tir&#233;. Fermeture au noir. Le moment est venu d'allumer la lampe. La journ&#233;e file &#224; vive allure avec le travail. La fen&#234;tre nous appelle. Un moment de r&#233;pit. La rue plong&#233;e dans la p&#233;nombre. Au sol les gouttes d'une violente pluie font des ricochets. Les flaques vibrent dans la lumi&#232;re artificielle des n&#233;ons. On regrette d'avoir oubli&#233; son parapluie &#224; la maison. Une parenth&#232;se s'ouvre. Reprendre le travail apr&#232;s cette courte pause. C'est d&#233;j&#224; l'heure de rentrer chez soi. Il ne pleut plus. Les reflets des lumi&#232;res des caf&#233;s, des n&#233;ons verts du pharmacien sur les z&#233;brures blanches du passage pi&#233;tons, des vitrines des commer&#231;ants et des feux de signalisation. Arc-en-ciel mirifique. Sol glissant. Attention danger. Le temps s'est adouci. Attention danger. On avance t&#234;te baiss&#233;e dans les &#233;paules.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans &lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;http://liminaire.fr/livre-lecture/article/les-autonautes-de-la-cosmoroute&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;i&gt;Les autonautes de la cosmoroute&lt;/i&gt;&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;, Julio Cort&#225;zar et Carol Dunlop prennent l'autoroute du Sud en direction de Marseille. C'est le d&#233;but d'une aventure et d'un jeu merveilleux pendant trente-deux jours sur l'A6. Les deux explorateurs de l'autoroute &#224; bord de leur vieux combi Volkswagen rebaptis&#233; Fafner, en hommage au l&#233;gendaire dragon de Wagner, tiennent un journal de bord d&#233;taill&#233; o&#249; ils d&#233;crivent non seulement tous les al&#233;as de leur p&#233;riple Paris-Marseille, depuis la faune, la flore des aires de parking jusqu'aux toilettes pour dames en passant par ces &#171; renforts gastronomiques et moraux commun&#233;ment appel&#233;s restaurants. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_20 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;62&#034; data-legende-lenx=&#034;x&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.liminaire.fr/IMG/jpg/22-2.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.liminaire.fr/local/cache-vignettes/L500xH281/22-2-7be1c.jpg?1765916481' width='500' height='281' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;des jours et des nuits sur l'aire, un film d'Isabelle Ingold
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;https://diacritik.com/2016/06/27/isabelle-ingold-des-jours-et-des-nuits-sur-laire/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Dans son film des jours et des nuits&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt; sur l'aire Isabelle Ingold dresse le portrait d'une aire d'autoroute perdue au milieu de la campagne picarde (entre Paris et Bruxelles), en observant avec une attention sensible d'une rare acuit&#233; les individus qui fr&#233;quentent l'aire d'autoroute, avec lesquels elle parvient &#224; maintenir une distance pudique. Les personnes film&#233;es disparaissent &#224; peine nous les avons rencontr&#233;s mais restent longtemps dans nos m&#233;moires. Des individus solitaires, que leur solitude soit souhait&#233;e ou qu'ils la subissent, d&#233;racin&#233;s, loin de leur pays, en transit. Routiers espagnols, italiens, portugais, lituaniens, ukrainiens, russes, polonais, bulgares et roumains, ainsi que les employ&#233;s de l'h&#244;tel Ibis, du restaurant d'autoroute et tous ceux charg&#233;s de l'entretien (ce lieu est ouverte 24h/24h, la journ&#233;e tout s'encha&#238;ne, mais la nuit la parole peut surgir), un chauffeur de car, oblig&#233; de s'arr&#234;ter pour ne pas d&#233;passer la limite d'heures de conduite et qui abandonne &#224; l'h&#244;tel son groupe de touristes chinois un peu perdu, un habitant du village voisin qui vient le week-end pour boire son caf&#233; &#171; incognito comme les gens de passage &#187;, une bande d'amis qui font un v&#339;u en l&#226;chant des lanternes tha&#239;landaises qui s'&#233;l&#232;vent doucement dans l'obscurit&#233;. Dans ce lieu de passage, filmer l'&#233;ph&#233;m&#232;re d'une rencontre qui ne se r&#233;p&#233;tera pas. Un voyage immobile bruissant des pens&#233;es et des r&#234;ves de ceux qui passent ou qui travaillent dans ce lieu singulier. Les pens&#233;es, les r&#234;ves, les d&#233;sirs de ces personnes s'expriment parfois dans le silence de leur visage ou de leurs gestes muets, avec les mots qui s'&#233;crivent &#224; m&#234;me l'image comme un message sur un t&#233;l&#233;phone, force de frappe de l'&#233;criture qui vient remplacer la voix off, une voix qui devient visage. Le dispositif de la r&#233;alisatrice est volontairement simple, minimal : c'est celui de l'exploration. La fragmentation des plans sur ce lieu uniformis&#233;, standardis&#233;, sans propri&#233;t&#233; particuli&#232;re, que tout le monde croit conna&#238;tre et auquel &#224; force nous ne pr&#234;tons plus attention, circulez il n'y a rien &#224; voir, nous permet d'envisager ce lieu anonyme avec des yeux neufs, &#224; travers une rencontre inesp&#233;r&#233;e, le dialogue et l'&#233;change, des heures indues et des lumi&#232;res in&#233;dites. Au plus pr&#232;s de ces passagers qui font une pause. Dans l'attente et l'espoir de temps meilleurs, d'un retour chez soi. &#192; leur &#233;coute. Toutes les langues communiquent. Mais sans ajouter de commentaire. La r&#233;alisatrice tend son micro (qu'on ne voit pas), place sa cam&#233;ra qu'on oublie tr&#232;s vite, et l'on partage le quotidien de tous ces voyageurs. Ce lieu de passage. La seule fois o&#249; l'on entend sa voix, elle pr&#233;cise la pens&#233;e d'un camionneur portugais colombophile qui cherche un mot pour parler de ses pigeons voyageurs. Elle pr&#233;cise dans un souffle : Toute la g&#233;n&#233;alogie. Et tout est l&#224;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; La construction perspective sert, entre autres choses, &#224; r&#233;gler la distribution, sur le plan, des figures. Quitte pour la peinture &#224; dissimuler ensuite, ou brouiller, le rapport univoque qui veut que la figure, par son contour, s'enl&#232;ve sur le fond, ou pour mieux dire, que le fond, litt&#233;ralement, s'enl&#232;ve sous les figures. L'une des t&#226;ches fondatrices de la modernit&#233; en peinture aura consist&#233;, bien plus qu'en l'institution d'un nouvel &#171; espace &#187; qui ne devrait plus rien &#224; la perspective dite &#171; scientifique &#187;, en la d&#233;finition et la mise au point de proc&#233;dures picturales telles que, figure ou fond, toutes les parties du tableau assument, jusque dans le d&#233;tail de leur texture, une importance &#233;gale. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Fen&#234;tre jaune cadmium, ou les dessous de la peinture&lt;/i&gt;, Hubert Damisch, Seuil, Fiction &amp; Cie, 1984.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Figure de l'absence</title>
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		<dc:creator>Pierre M&#233;nard</dc:creator>


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		<dc:subject>Paysage</dc:subject>
		<dc:subject>Claude Simon</dc:subject>

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&lt;p&gt;Longtemps apr&#232;s que la rumeur des moteurs d&#233;tonants du carrefour eut cess&#233;, que le roulis pneumatique des voitures s'estompa, que la foule des passants &#224; la sortie du m&#233;tro se fut dispers&#233;e, le couloir du trottoir en goudron fra&#238;chement refait &#224; neuf en certains endroits, marquant au sol un trac&#233; abstrait au message sibyllin, devant la fa&#231;ade du caf&#233;, continua &#224; vibrer des agissements sonores de la ville, comme le vacarme assourdissant d'un tonnerre d'applaudissement &#224; la fin d'un spectacle, (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/paysage" rel="tag"&gt;Paysage&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/claude-simon" rel="tag"&gt;Claude Simon&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.liminaire.fr/local/cache-vignettes/L150xH113/arton1809-9accc.jpg?1765916481' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='113' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Longtemps apr&#232;s que la rumeur des moteurs d&#233;tonants du carrefour eut cess&#233;, que le roulis pneumatique des voitures s'estompa, que la foule des passants &#224; la sortie du m&#233;tro se fut dispers&#233;e, le couloir du trottoir en goudron fra&#238;chement refait &#224; neuf en certains endroits, marquant au sol un trac&#233; abstrait au message sibyllin, devant la fa&#231;ade du caf&#233;, continua &#224; vibrer des agissements sonores de la ville, comme le vacarme assourdissant d'un tonnerre d'applaudissement &#224; la fin d'un spectacle, recouvrant un instant les discussions enjou&#233;es du groupe de personnes affables, amis ou coll&#232;gues sortant du caf&#233;, dont je ne per&#231;us que quelques rares bribes de leurs conversations, constellation de phrases &#233;parses, de mots d&#233;tach&#233;s, entendus et capt&#233;s hors de leur contexte, r&#233;duits &#224; d'&#233;tranges borborygmes, les att&#233;nuants, les d&#233;tournant tour &#224; tour, emplissant en surimpression l'espace r&#233;duit de notre repaire improvis&#233; d'un vaste &#233;cho disproportionn&#233;, comme sur la bande magn&#233;tique d'un enregistrement enroul&#233;, dont le signal, par effet de copie, traverse l'&#233;paisseur de la bande et se duplique sur la couche d'avant, d&#233;stabilisant la perception de l'espace, et &#224; travers lequel la voix de la femme dont je reconnaissais l'allure avant m&#234;me d'apercevoir son visage, peinait &#224; se faire entendre, &#224; trouver son chemin, et semblait dispara&#238;tre, s'effacer, chaque fois que de nouveaux passants nous croisaient, t&#234;te baiss&#233;e ou nez en l'air, que les voitures klaxonnaient, leurs freins crissaient en ralentissant sur l'asphalte ti&#232;de au moment de tourner dans la rue adjacente, sa silhouette diaphane plus mince que dans mon souvenir, ses traits &#233;vasifs, si fr&#234;les qu'ils la figeaient dans l'allure irr&#233;elle d'une apparition, plus proche du fant&#244;me que de la figure humaine, impression renforc&#233;e par ses mouvements dont je ne percevais qu'une succession de postures et d'attitudes &#233;vanescentes qui en accentuait la fragilit&#233; : tournant lentement sur elle-m&#234;me pour s'adresser &#224; l'homme &#224; mes c&#244;t&#233;s que je ne connaissais pas, ne me voyant pas dans son mouvement de t&#234;te, visage &#224; demi tourn&#233; vers lui, l'appelant d'une voix calme, hissant le bras dans sa direction, index lev&#233; le d&#233;signant peut-&#234;tre ou cherchant &#224; attirer son attention, associant instinctivement la parole et le geste, saisissant son sourire d'un regard complice, comme l'appareil photo capte en un d&#233;clic l'image qu'il enregistre, capture fugitive du visage de cette femme au visage tourn&#233;, fixant cet homme avec une insistance t&#233;nue, son corps s'offrant dans ce geste pourtant banal, cette tendre affection de la main s'ouvrant vers lui, faisant signe amical, avant de dispara&#238;tre dans le mouvement de la foule, les corps venant faire &#233;cran, barri&#232;re plut&#244;t que projection, les silhouettes du groupe se confondre en foule &#233;trangement compacte, se m&#234;ler comme des corps amoureux, passionn&#233;s, les doigts de leurs mains s'imbriquant, les uns glissant sur les autres en se caressant &#224; peine, se fr&#244;lant d&#233;licatement, puis s'&#233;loignant, le tapage de la rue en sourdine d&#233;sormais, je continuais &#224; le percevoir malgr&#233; tout, m&#234;me lointain, att&#233;nu&#233;, m'envahissant, me troublant par ses allers retours incessants, battant &#224; mes tempes, revenant m'ent&#234;ter par surprise quand je m'y attendais le moins, tandis que je poursuivais mon chemin jusqu'au coin de la rue, dans un d&#233;dale de tables de caf&#233; qui empi&#233;taient en terrasse, de panneaux de signalisation et de poubelles pleines &#224; craquer, o&#249; j'avais l'impression de croiser les fant&#244;mes de tous les passants disparus, parvenant &#224; la fin au bord du trottoir, derni&#232;re ligne droite avant le feu rouge et le passage pi&#233;ton o&#249; il me faudrait marquer un temps d'arr&#234;t puis traverser la route et m'&#233;loigner enfin d'eux sans lui avoir parl&#233;, c'est-&#224;-dire qu'&#224; l'exception de ce qui nous tenait &#224; cet instant &#224; distance malgr&#233; notre apparente proximit&#233; physique, de ce qui se passait dans la rue et du brouhaha &#224; travers lequel me parvenait de nouveau, sans distance mais coinc&#233; dans une dimension parall&#232;le, les derniers &#233;chos de sa voix l'appelant lui plut&#244;t que moi, se confondant avec les derniers bruits encore perceptibles des conversations de leur entourage, diminuant, laissant place &#224; l'abrutissement sonore des marteaux-piqueurs et des sir&#232;nes hurlantes des v&#233;hicules de police ou d'ambulances, factice bande son d'un film improvis&#233;, et au centre duquel, recouvert lui aussi comme tout le paysage d'une fine pellicule le figeant dans l'affligeante fixit&#233; des images, s'&#233;tait form&#233; un nuage de poussi&#232;re r&#233;v&#233;l&#233; par les faisceaux lumineux, comme celui du grain argentique de la photographie qui, dans sa chambre noire, semblait avoir fig&#233; l'ensemble du paysage, de la sc&#232;ne, la devanture du caf&#233;, les vitrines d&#233;cor&#233;es des commerces de la rue et leurs reflets diffract&#233;s renvoyant notre image fragment&#233;e, comme autant de leurres et de mirages &#233;ph&#233;m&#232;res, les passants, le trottoir, et jusqu'&#224; ma pr&#233;sence m&#234;me dans cet environnement qui pouvait d&#233;tourner l'attention, distractions et situations d'extr&#234;me transparence comme si une lumi&#232;re les traversait soudain et qu'on ne savait plus de quoi les choses &#233;taient faites, qui n'expliquaient pas tout cependant, se tenait face &#224; moi la femme que j'avais aim&#233;e, celle dont j'avais cherch&#233; la trace dans les moindres recoins de la ville, dont j'avais esp&#233;r&#233; patiemment le retour, et qui, contre toute attente, au moment m&#234;me o&#249; j'admettais enfin sa disparition revenait &#224; moi en parfaite inconnue, mais pour laquelle, en cet instant pr&#233;cis o&#249; nous nous croisions, troubl&#233;, tremblant d'&#233;motion, je devenais invisible, dans cette apparition fugitive, elle tournait la t&#234;te vers moi mais c'&#233;tait &#224; lui, &#224; ma place, qu'elle souriait, dans cette sc&#232;ne o&#249; mon corps pourtant pr&#233;sent s'effa&#231;ait pour se m&#233;tamorphoser en souvenir, figure de l'absence dans la surimpression d'un fondu-encha&#238;n&#233;, photogramme de ma propre disparition, ravissement de mon image dans l'angle mort d'un clignement d'&#339;il, le temps suspendu d'un battement de cils.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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<item xml:lang="fr">
		<title>Journal de bataille #3</title>
		<link>https://www.liminaire.fr/chronique/journal/article/journal-de-bataille-3</link>
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		<dc:date>2012-11-23T22:18:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Pierre M&#233;nard</dc:creator>


		<dc:subject>Photographie</dc:subject>
		<dc:subject>Travail</dc:subject>
		<dc:subject>Architecture</dc:subject>
		<dc:subject>Paris</dc:subject>
		<dc:subject>Ville</dc:subject>
		<dc:subject>Paysage</dc:subject>
		<dc:subject>Claude Simon</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Suite du Journal de bataille que j'ai entrepris en lisant dans le Petit Journal du Tiers Livre de Fran&#231;ois Bon le journal des chantiers tenu par Piero de Belleville dans les commentaires du site, je reprends en &#233;cho mon journal pour un nouvel &#233;pisode &#233;crit entre novembre et d&#233;cembre 2012 autour du chantier du tram T3 Paris Nord-Est. Ce que je retiens, ce qui m'attire dans le chantier, c'est la transition, ce qui y a entre deux moments, dont nous ne gardons g&#233;n&#233;ralement trace que de (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/architecture" rel="tag"&gt;Architecture&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/paris" rel="tag"&gt;Paris&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/ville" rel="tag"&gt;Ville&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/paysage" rel="tag"&gt;Paysage&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.liminaire.fr/mot/claude-simon" rel="tag"&gt;Claude Simon&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.liminaire.fr/local/cache-vignettes/L150xH113/arton1514-d25e4.jpg?1765916481' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='113' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Suite du &lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;https://liminaire.fr/ecriture/au-lieu-de-se-souvenir/article/journal-de-bataille-1&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Journal de bataille&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt; que j'ai entrepris en lisant dans le &lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;http://www.tierslivre.net/krnk/spip.php?rubrique8&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Petit Journal du Tiers Livre de Fran&#231;ois Bon&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt; le &lt;i&gt;journal des chantiers&lt;/i&gt; tenu par &lt;strong&gt;Piero de Belleville&lt;/strong&gt; dans les commentaires du site, je reprends en &#233;cho mon journal pour un nouvel &#233;pisode &#233;crit entre novembre et d&#233;cembre 2012 autour du &lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;http://www.paris.fr/accueil/accueil-paris-fr/samedi-15-le-tram-en-fete/rub_1_actu_123453_port_24329&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;chantier du tram T3 Paris Nord-Est&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce que je retiens, ce qui m'attire dans le chantier, c'est la transition, ce qui y a entre deux moments, dont nous ne gardons g&#233;n&#233;ralement trace que de l'issue, du r&#233;sultat, point final, jamais le passage, ce qui se passe, et ce qu'il y a eu entre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un chantier est ce moment privil&#233;gi&#233; de l'&lt;i&gt;entre&lt;/i&gt; justement (et souvent &#233;galement de l'&lt;i&gt;antre&lt;/i&gt; : trou b&#233;ant creus&#233; &#224; m&#234;me le sol, ouverture de la ville en son creux. Chacun se souvient du &lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;https://www.google.fr/search?q=trou+des+Halles&amp;hl=fr&amp;tbo=u&amp;rlz=1C5CHFA_enFR503FR503&amp;tbm=isch&amp;source=univ&amp;sa=X&amp;ei=QZPJULLBKKHK0AXb-YDADQ&amp;ved=0CDkQsAQ&amp;biw=1241&amp;bih=779&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;trou des Halles&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;. M&#233;moire photographique pour en attester, en garder trace de l'exceptionnel chantier en plein coeur de Paris. Mais combien d'autres chantiers dont nous ne pr&#234;tons m&#234;me plus attention en ville, chantiers devenus invisibles, ou que l'on cache souvent, ind&#233;cence des entrailles m&#234;me quand il s'agit de celles de la ville, dans son quartier m&#234;me, devant lequel nous passons tous les jours dans l'indiff&#233;rence feinte des interm&#233;diaires, des transformations urbaines, des basses &#339;uvres, que nous devinons &#224; peine derri&#232;re les palissades recouvertes d'affiches (politiques ou publicitaires, selon la p&#233;riode), dress&#233;es pour nous en emp&#234;cher l'acc&#232;s ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le chantier &#233;voque la cr&#233;ation en train de se faire. Comme si l'on pouvait arr&#234;ter le temps et voir ce geste gracieux, insens&#233;, que nous ne parvenons pas &#224; r&#233;p&#233;ter, impossible &#224; reproduire, in&#233;dit, mais l&#224;, avoir le temps de le voir au ralenti - prendre ce temps.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On compare souvent deux endroits en deux temps &#233;loign&#233;s, mani&#232;re de se confronter au temps qui passe, en voir l'&#233;volution, les moindres changements. Mais rarement nous nous int&#233;ressons &#224; ce qui est en train de se d&#233;rouler, le moment pr&#233;sent, l'actuel et tentons de le voir prendre forme, &#233;voluer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans de nombreuses villes de province o&#249; je suis pass&#233; ses derni&#232;res ann&#233;es pour mener mes ateliers de cr&#233;ation, ou pr&#233;senter mes livres, se trouve d&#233;sormais un tram (en chantier, et la ville en d&#233;sordre, ou termin&#233;), que ce soit &#224; &lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;https://liminaire.fr/ecriture/derives/article/comprendre-le-jour&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Brest&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;, &#224; &lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;https://liminaire.fr/creation/photographie/article/marseille-en-chantier&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Marseille&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt; ou bien encore &#224; &lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;https://liminaire.fr/creation/photographie/article/place-pour-les-reves-et-l-oubli&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Montpellier&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;. M&#234;me si aujourd'hui la tendance se ralentit car l'on se rend compte qu'il s'agit d'&lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;http://www.liberation.fr/tribune/0101374893-le-tramway-une-mode-qui-coute-cher&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;une mode qui co&#251;te cher&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; l'&#233;tranger aussi, &#224; &lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;http://liminaire.fr/ecriture/derives/article/barcelone-en-tramway&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Barcelone&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt; comme &#224; &lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;https://liminaire.fr/ecriture/derives/article/vertigo-a-san-francisco&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;San Francisco&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quand je pense au tram le souvenir de ma lecture du livre de &lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;http://www.desordre.net/textes/bibliotheque/tramway1.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Claude Simon, Le tramway, paru en 2001 aux &#233;ditions de Minuit&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt; me revient, dont voici un court extrait :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Entour&#233; de tous c&#244;t&#233;s par l'anarchique tissu urbain au sourd grondement, l'h&#244;pital, avec ses pavillons identiques, sauf deux ou trois plus r&#233;cents d'un modernisme cru, ses cours monacales et silencieuses, constituait une esp&#232;ce d'&#238;lot noy&#233; au milieu du tumultueux et fragile d&#233;sordre comme une sorte d'entit&#233; en soi, d'univers en r&#233;duction, ferm&#233; sur lui-m&#234;me, ripolin&#233; et fini, du service d'obst&#233;trique &#224; la morgue, offrant comme en raccourci (ou en condens&#233;) les successifs &#233;tats de la machine humaine de la naissance &#224; l'agonie en passant par toutes les d&#233;viations et anomalies possibles jusqu'&#224; sa d&#233;finitive corruption. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Reportage photo sur le chantier du tram pr&#232;s du Canal de l'Ourcq, entre Paris et Pantin, entre novembre et d&#233;cembre 2012 :&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;center&gt; &lt;iframe style=&#034;width: 640px; height: 480px;&#034; scrolling=&#034;no&#034; align=&#034;middle&#034; frameborder=&#034;0&#034; src=&#034;https://www.flickr.com/photos/liminaire/sets/72177720323985406/player&#034;&gt; &lt;/iframe&gt; &lt;/center&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le Tram : &lt;a href=&#034;http://www.tramway.paris.fr/ewb_pages/u/un_oeil_sur_le_chantier.php&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;un oeil sur le chantier&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sur le site qui accompagne le projet du &lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;http://www.tramway.paris.fr/ewb_pages/d/dispositif_chantier.php&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Tramway T3 Paris Nord-Est&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt; je retiens cette d&#233;finition du chantier :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Un chantier est une p&#233;riode n&#233;cessaire pour qu'un projet d'am&#233;lioration de la vie quotidienne puisse &#233;clore. Il g&#233;n&#232;re in&#233;vitablement des nuisances, mais celles-ci sont limit&#233;es et tout est fait de mani&#232;re &#224; prendre en compte au mieux les besoins de tous. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Tramway T3 Paris Nord-Est :&lt;/strong&gt; Pour chacune des 46 stations desservies, il a compos&#233; des annonces sonores constitu&#233;es d'une musique et d'une voix qui pr&#233;viendra les voyageurs de l'arriv&#233;e &#224; quai du tramway. Plusieurs centaines de voix ont &#233;t&#233; enregistr&#233;es : voix d'adultes et d'enfants, f&#233;minines et masculines, avec ou sans accent, connues et inconnues.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;https://liminaire.fr/creation/ateliers-d-ecriture/article/684&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Olivier Cadiot&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt; et &lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;https://liminaire.fr/creation/ateliers-d-ecriture/article/pierre-alferi-les-allures-naturelles&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Pierre Alferi&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;, avec la complicit&#233; du graphiste C&#233;dric Scandella, ont par exemple compos&#233; 17 pages de po&#232;mes urbains que les voyageurs pourront lire sur les parois vitr&#233;es des stations du tramway. &#192; lire &#224; ce sujet, la tr&#232;s &lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;http://www.sitaudis.fr/Parutions/les-stations-de-tramway-de-la-ligne-t3-porte-de-la-chapelle-porte-d-ivry-pierre-alferi-olivier-cadiot-cedric-scandella.php&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;belle description de cette &#339;uvre par St&#233;phanie Eligert sur le site &lt;i&gt;Sitaudis&lt;/i&gt; : Les stations de tramway de la ligne T3 (Porte de la Chapelle / Porte d'Ivry), Pierre Alferi, Olivier Cadiot, C&#233;dric Scandella&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Aujourd'hui, la pr&#233;sence du p&#233;riph&#233;rique n'a pas disparu, mais elle a recul&#233; d'au moins 50 m&#232;tres. La large bande de gazon, qui constitue la voie de circulation des tramways, par une vertu microclimatique qui lui est propre, semble d&#233;sormais &#233;lever contre le dit bloc d'air gris une barri&#232;re de protection d&#233;licate &#8211; une d&#233;licatesse qui s'explique tout autant par la douceur technique de la circulation d'un tramway (qui, curieusement, tient moins du train, que d'un m&#233;lange voiture / avion) que par le gazon et ce fait que la terre en dessous, en retenant l'humidit&#233;, produit physiquement une masse d'air autonome. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ils se sont inspir&#233;s de textes existants, d'expressions glan&#233;es dans la rue ou dans des lieux de vie (bars, m&#233;tro, bus etc&#8230;).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour en savoir plus sur l'&#339;uvre et les artistes, rendez-vous sur le &lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;http://demarche-artistique.tramway.paris.fr/ewb_pages/d/demarche-artistique-equipe-les_artistes.php?art=2574#fiche&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;nouveau site de la d&#233;marche artistique&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Claude Simon : Histoire</title>
		<link>https://www.liminaire.fr/creation/ateliers-d-ecriture/article/claude-simon-histoire</link>
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		<dc:date>2004-09-24T12:47:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Pierre M&#233;nard</dc:creator>


		<dc:subject>Photographie</dc:subject>
		<dc:subject>Ville</dc:subject>
		<dc:subject>Lecture</dc:subject>
		<dc:subject>Sons</dc:subject>
		<dc:subject>Livre</dc:subject>
		<dc:subject>Paysage</dc:subject>
		<dc:subject>Portrait</dc:subject>
		<dc:subject>Visage</dc:subject>
		<dc:subject>Histoire</dc:subject>
		<dc:subject>Atelier</dc:subject>
		<dc:subject>Fant&#244;me</dc:subject>
		<dc:subject>Claude Simon</dc:subject>
		<dc:subject>Comment &#233;crire au quotidien</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Cet atelier figure dans l'ouvrage Comment &#233;crire au quotidien : 365 ateliers d'&#233;criture, &#233;dit&#233; chez Publie.net en version num&#233;rique et imprim&#233;e : 456 pages, 24&#8364; / 5,99&#8364;. &lt;br class='autobr' /&gt;
Vous pouvez commander ce livre directement sur la boutique de Publie.net (une mani&#232;re de soutenir la maison d'&#233;dition et ses auteurs) ou en ligne (Amazon Place des libraires, etc.) &#8212; et bien &#233;videmment chez votre libraire en lui indiquant l'ISBN 978-2-37177-534-3, distribution Hachette Livre. &lt;br class='autobr' /&gt;
Proposition d'&#233;criture : (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.liminaire.fr/local/cache-vignettes/L150xH84/vignette_article-202-af701.png?1765916482' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='84' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Cet atelier figure dans l'ouvrage &lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;https://www.publie.net/livre/comment-ecrire-au-quotidien-pierre-menard/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Comment &#233;crire au quotidien : 365 ateliers d'&#233;criture&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;, &#233;dit&#233; chez &lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;https://www.publie.net/livre/comment-ecrire-au-quotidien-pierre-menard/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Publie.net en version num&#233;rique et imprim&#233;e&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt; : 456 pages, 24&#8364; / 5,99&#8364;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Vous pouvez commander ce livre directement sur la &lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;https://www.publie.net/livre/comment-ecrire-au-quotidien-pierre-menard/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;boutique de Publie.net&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt; (une mani&#232;re de soutenir la maison d'&#233;dition et ses auteurs) ou en ligne (&lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;https://www.amazon.fr/Comment-%C3%A9crire-quotidien-Pierre-M%C3%A9nard/dp/2371775347/ref=sr_1_1?ie=UTF8&amp;qid=1519137865&amp;sr=8-1&amp;keywords=comment+%C3%A9crire+au+quotidien&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Amazon&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt; &lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;https://www.placedeslibraires.fr/livre/9782371775343-comment-ecrire-au-quotidien-pierre-menard/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Place des libraires&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;, etc.) &#8212; et bien &#233;videmment chez votre libraire en lui indiquant l'ISBN 978-2-37177-534-3, distribution Hachette Livre.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_431 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.liminaire.fr/IMG/jpg/comment_e_crire_au_quotidien_pierre_me_nard.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.liminaire.fr/local/cache-vignettes/L500xH125/comment_e_crire_au_quotidien_pierre_me_nard-d912e.jpg?1739536134' width='500' height='125' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Proposition d'&#233;criture :&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;Ce n'est pas la photo de soi-m&#234;me qui compte ici mais l'image qui fait m&#233;moire pour chacun d'entre-nous. Les images les plus pr&#233;cieuses qu'on emporte avec soi, quelles sont-elles ? Ecrire ce texte sans y mettre de ponctuation pour mieux se contraindre &#224; cette tension de surface des mots, pour mettre en &#233;vidence leur rythme, leur texture et leur sonorit&#233; autonomes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;Histoire&lt;/i&gt;, Claude Simon, Minuit, 1967.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Pr&#233;sentation du texte :&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Histoire&lt;/i&gt; illustre ce travail de montage qui replace chaque carte postale dans un ensemble ou plut&#244;t une combinatoire de leurs sujets. Chacune implique un temps et un espace, un personnage ou un paysage, et devient la pi&#232;ce d'un puzzle imaginaire, lui-m&#234;me dans un temps et un espace nouveaux : temps et espace composites, comme celui dont la m&#233;moire fait &#233;tat, produits apr&#232;s coup parce que la m&#233;moire agence l'histoire selon ses lois propres, presque &#224; l'insu du moi qui semble alors n'avoir pour v&#233;rit&#233; que cette loi d'agencement. Je suis cet espace et ce temps malgr&#233; moi et en moi constitu&#233;s par la m&#233;moire. Une fois encore le collage a les faveurs de l'&#233;crivain parce que le collage trouble chacun des &#233;l&#233;ments qu'il mobilise, parce qu'il le fait sortir d'un ordre de signification et le r&#233;investit, parce que, dans le collage, les choses paraissent soudainement dou&#233;es d'une polys&#233;mie immanente. Ensemble, les cartes postales ouvrent au monde, au bruit gigantesque de son &#233;tranget&#233; autant qu'&#224; la prodigalit&#233; sensible qui me fait son reflet. Ensemble, les cartes postales m'ouvrent &#224; ma propre &#233;tendue.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Extrait :&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Il existait dans un quelque part o&#249; elle irait un jour le rejoindre un au-del&#224; paradisiaque et vaguement oriental quelque &#201;den quelque jardin &#224; l'inimaginable v&#233;g&#233;tation tout bruissant du cliquetis des palmes balanc&#233;s comme celles qu'elle pouvait voir ornant les timbres de ces cartes postales qu'il lui en envoyait ne portant le plus souvent au verso dans la partie r&#233;serv&#233;e &#224; la correspondance qu'une simple signature au-dessous d'un nom deville et d'une date par exemple :&lt;/p&gt;
&lt;center&gt; &lt;i&gt; Colombo 7 / 8 / 08 Henri&lt;/i&gt;&lt;/center&gt; &lt;p&gt;et au recto (quand elle - la jeune fille qu'elle avait &#233;t&#233; - avait lu le nom de la ville la date la signature et qu'elle retournait la carte, elle et la grand-m&#232;re assises l'une en face de l'autre devant leurs minuscules tasses de ce chocolat &#224; l'espagnole qui leur d&#233;traquait le fois, si &#233;pais (recommandait-elle aux domestiques) que la petite cuiller d'argent devait rester toute droite dans s'incliner ni tomber sur le bord lorsqu'on la plantait dedans - ou encore, l'&#233;t&#233; (la carte de Colombo dat&#233;e d'ao&#251;t avait d&#251; l'atteindre alors que comme chaque ann&#233;e elles &#233;taient d&#233;j&#224; parties s'installer &#224; la propri&#233;t&#233;) dans le jardin &#233;tincelant, v&#234;tue d'un de ces flasques et aust&#232;res peignoirs &#224; collerette boutonn&#233;s jusqu'au cou, aux pans tra&#238;nant par terre et &#233;vas&#233;s comme une corolle, de sorte qu'avec sa coiffure &#224; coques et chignon imit&#233;e des estampes japonaises son visage un peu gras vierge de h&#226;le on aurait dit quelque d&#233;licate t&#234;te de porcelaine blanche et noire surmontant un pavillon de phonographe pos&#233; &#224; l'envers)... au recto donc, un port, le palais d'un gouverneur, la salle &#224; manger d'un paquebot, le lac argent&#233; scintillant d'obscurs palmiers aux troncs couch&#233;s sur l'eau une pirogue, avec, comme l&#233;gende,&lt;i&gt; Fishing by Moonlight on the Colombo Lake&lt;/i&gt;. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;Histoire&lt;/i&gt;, Claude Simon, Minuit, 1967, p.18-19.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Auteur :&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Claude Simon est n&#233; en 1913 &#224; Tananarive. 1914-1924 Petite enfance &#224; Perpignan avec sa m&#232;re, morte en 1924. 1924-1930 &#201;tudes secondaires au Coll&#232;ge Stanislas, &#224; Paris, jusqu'au baccalaur&#233;at, section math&#233;matiques &#233;l&#233;mentaires. 1933-1934 Claude Simon suit les cours de peinture d'Andr&#233; Lhote. 1936 Voyage &#224; Barcelone. 1937 Voyages en Allemagne, URSS, Gr&#232;ce, Italie... 1939 Le 27 ao&#251;t, mobilisation de Claude Simon. 1940 Entr&#233; en Belgique le 10 mai et parvenu au-del&#224; de la Meuse, son r&#233;giment repasse celle-ci en catastrophe au soir du 12, ayant perdu en une journ&#233;e le quart de son effectif. Dans les jours qui suivent, il bat en retraite, livrant le 15 un combat &#224; retardement &#224; Cottaprex, pr&#232;s de Graux. Au matin du 17, il tombe &#224; Coussolre dans une embuscade tendue par les blind&#233;s ennemis. &#192; partir de l&#224;, il n'existe plus en tant qu'unit&#233; constitu&#233;e et son colonel, isol&#233;, est abattu un peu plus tard sur la route d'Avesnes. Le 20 mai Claude Simon est transport&#233; en wagon de marchandises dans un camp de prisonniers. Le 27 octobre, &#233;vasion du stalag IV B de M&#252;hlberg-sur-Elbe. 1951 Grave maladie qui oblige Claude Simon &#224; rester alit&#233; plusieurs mois. Il mettra deux ans &#224; se r&#233;tablir. 1956 Rencontre d'Alain Robbe-Grillet et de Michel Butor, &#224; l'occasion de son entr&#233;e aux &#201;ditions de Minuit pour la publication du &lt;i&gt;Vent.&lt;/i&gt; 1985 Re&#231;oit le prix Nobel de litt&#233;rature pour l'ensemble de son &#339;uvre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Liens :&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;http://www.leseditionsdeminuit.fr/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;L'&#233;diteur de Claude Simon&lt;/a&gt; &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;http://www.culturesfrance.com/adpf-publi/folio/simon/02.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;une page manuscrite de Claude Simon sur le site de l'adpf&lt;/a&gt; &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;http://labyrinthe.pagesperso-orange.fr/simonbio.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Biographie de Claude Simon&lt;/a&gt; &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;http://hermaphrodite.fr/article783&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Entretien avec Claude Simon sur sa m&#233;thode d'&#233;criture&lt;/a&gt; &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;http://fr.wikipedia.org/wiki/Claude_Simon&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Biographie et bibliographie de Claude Simon sur l'encyclop&#233;die Wikip&#233;dia&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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