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Va-t’en va-t’en c’est mieux pour tout le monde, Christophe Grossi



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Va-t’en va-t’en c’est mieux pour tout le monde, est le premier ouvrage de Christophe Grossi :

photographie de Christophe Grossi

 

 

 

 

 

 

 

 

D’abord, un road-movie. Dérives et virées, ainsi sont intitulés les chapitres. Avec de la musique, Bashung ou Noir Désir dans le poste, ou ce qu’on entend à la radio, au fil des autoroutes et des péages.

Et puis les villes. Pendant un an de sa vie, le narrateur aura à se rendre région après région, dans chaque région les principales villes, et dans chaque ville les principales librairies.

Alors ce sont deux aventures qui se superposent : chaque maison d’édition a ses représentants qui parcourent ainsi la France. Mais on ne fait pas ce métier si soi-même on n’a pas un compte à régler avec l’écriture, avec la lecture. Et c’est à ça que servent les heures d’autoroutes, les chambres d’hôtel de hasard, les conversations avec les amis qu’on retrouve.

Et puis une autre nappe, sans laquelle les deux autres ne signifieraient rien. La quête est d’abord celle de soi-même. Histoires de couples croisés, d’amours qui se font puis se défont, chanson éternelle – mais la rencontre de soi-même est à ce prix, quand bien même aujourd’hui cela passe par textos, e-mails, conversations au téléphone dans la nuit.

Alors ce qui semblait une réflexion, via villes et routes, sur le sens du travail, celui qu’on quitte, et pourquoi on le fait, bascule dans une interrogation plus essentielle. La route, la ville, et le vieux pays des livres, soudain pour s’y perdre.


François Bon

photographie de Christophe Grossi

 

 

 

 

 

 

 

 

Christophe Grossi :

Christophe Grossi vit à Montreuil et travaille à la promotion du livre numérique à Malakoff. Outre Va-t’en va-t’en c’est mieux pour tout le monde il a publié quelques textes dans des revues papier et numérique (Inventaire/Invention (sur Maurice Pons), Prétexte (sur Pascal Commère), Poesia (sur Ludovic Janvier), Livraison n°7, d’ici là n° 6 et d’ici là 7, Urbain, trop urbain n°1). Il anime les site et blog ePagine (professionnel) ainsi que déboîtements qui est son laboratoire d’écriture.

François Bon présente ainsi Christophe Grossi : « J’ai d’abord rencontré Christophe Grossi quand il était libraire aux Sandales d’Empédocle de Besançon, étape qui comptait (compte aujourd’hui) dans cette cartographie active de la découverte des textes.

Aujourd’hui, il participe à l’aventure de ePagine.fr, l’outil proposé aux libraires indépendants pour la diffusion de livre numérique – avec une tâche bien particulière : la médiation qui est le rôle debout du libraire, l’installer sur le numérique via le blog lié à la plateforme partagée.

Ce qui serait une raison suffisante ici du partage, même s’il n’y avait pas kwakiszbak, où il développe son écriture personnelle (pléonasme, m’excuse). »

photographie de Christophe Grossi

 

 

 

 

 

 

 

 

Extraits du texte :

« Le programme du jour : Arles, Alès, Montpellier, un itinéraire qui ressemble à des vacances. Sauf que je ne suis pas en vadrouille. L’intempestive virée prend tout son sens aujourd’hui. Et il me faut accepter de passer à côté de ce qui d’ordinaire m’intéresse : me perdre dans un lieu inconnu. Là je sais d’avance où me garer, où aller ; j’ai mes plans, mes cartes, mes feuilles de route ; tout est stabiloté, entouré, recopié en rouge et en lettres capitales. Tout doit être rentabilisé : le temps, de l’argent. »

(page 53)

« Je regarde à peine la ville. Je n’en garde rien. Je ne suis pas insensible, non, mais je ne me sens pas disponible. Je reviendrai, sans doute, sans catalogues sous le bras, sans rendez-vous, sans commerce. Et là je verrai bien. »

(page 59)

« Ce que je vis n’est pas de la littérature. Ce que j’écris ne parvient pas à pénétrer ce que je vis et tout ce qui passe de l’un à l’autre ne peut être formulé mais simplement échangé entre vivants. Je pose le carnet car je sais que je dois laisser le temps faire son travail, sédimenter, nourrir ou recouvrir ce qui doit l’être.

Comme d’habitude je ramène des portraits et des voix, des corps et leurs mouvements, des gestes captés et qui défilent ensuite au ralenti, des images d’hommes et de femmes dans leur quotidien, dans leurs lieux – l’ombre portée des vies qui me nourrissent longtemps. »

(page 86)

« Sur le quai je prends une photo : l’aube.

Dans le train, mon portable me permet de faire une mini vidéo. L’aube est si belle que je veux la tenir dans ce boîtier et la revoir. En la visionnant je réalise qu’avec le reflet de la vitre il y a moi en train de regarder l’aube. Cet accident me plaît. Je ne supprime pas la vidéo. »

(page 90)

« Je repense alors à la bande originale du journal (la B.O.J.) que je ferai peut-être quand j’en aurai fini avec ces virées. »

(page 91)

« Je ne supporte plus les bavardages. Je voudrais retrouver un langage qui résisterait au verbiage, à tout ce qui occupe les fantômes du bureau. J’aimerais tant revenir vers un geste d’amour pur. Mais à force de nous côtoyer huit heures par jour dans vingt mètres carrés, comment faire pour ne pas ressembler à la plante verte, à l’halogène, à cette sonnerie de téléphone ? Je suis un corps-éponge. Des centaines de phrases se cognent dedans, des foules de mots. Bousculades, amorces de dialogues, voix sourdes. Je ne suis plus un corps- montgolfière. Je me saoule de ces quelques phrases prononcées sans respirer ; je suis asphyxié par les nombreuses autres qui ne parviennent pas à sortir. Je redeviens mélancolique, entre dépassement de soi et quête du refuge, entre désir de s’abandonner et peur de l’abandon, tout ce qui est le plus souvent sur le bout de la langue.

Soudain on m’annonce que je vais bientôt reprendre la route. C’est un soulagement.

Va-t’en, va-t’en. »

(page 96)

« C’est juste une impression (on sait qu’elle remonte d’un lieu qu’on voudrait fuir) mais qui devient si pesante qu’elle nous ferait tout abandonner. Tout ça parce qu’on s’est déçu. On le sait mais on ne se raisonne plus. L’affaire n’est pas dans le sac puisqu’il est devenu trop lourd. Mais il faut continuer. »

(page 123)

photographie de Christophe Grossi

 

 

 

 

 

 

 

 

Franck Queyraud présente de nombreux extraits du texte de Christophe Grossi dans son article dont je vous conseille vivement la lecture En lisant en écoutant : « envie de me nicher dans un nuage… » ainsi que Brigitte Célérier sur son blog Paumée.

Voici donc la bande originale du journal (la B.O.J.) de Christophe Grossi à écouter en lisant son texte magnifique :

Dominique A., Le métier de faussaire

Asian Dub Fondation, Dhol Rinse

Alain Bashung, Sommes-nous Bashung & Chloé Mons, Cantique des Cantiques (extrait)

Block Party, Banquet

Brahms, Ein Deutsches Requiem

Manu Chao, Welcome to Tijuana

Death in Vegas, Dirge

John Dowland, Flow my tears (chanté par Alfred Deller)

Electrocute, Kleiner dicker junge

Ella Fitzgerald, It’s all right with me

Brigite Fontaine, Je fume

Goldfrapp, Human

Groove Armada, Groove is on Guru’s Jazzmatazz, Plenty (feat. Erykah Badu)

GZA/The Genius, Stay in line

Ben Harper, Power of the Gospel

IAM, Belsunce Breakdown

Kat Onoma, Lady of Guadelupe, Cheval mouvement

Mickey 3D, Respire

Noir Désir, Tostaky, À ton étoile (Yann Tiersen Mix), Les écorchés, Si rien ne bouge, Lazy, One trip one noise, À l’envers À l’endroit

Passi, Émeutes

PJ Harvey, A place called home

Serge Reggiani, Le pont Mirabeau

Titi Robin, Que tu amor

Nina Simone, Sinnerman

Rachid Taha, Barra Barra

Télépopmusik, Dance me

Thalia Zedek, Dance me to the end of love



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