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Série photographique à Coaraze

Il y a ce que l’on nous demande de photographier et que l’on sait impossible à photographier. Une lumière à un moment précis de la journée, comment parvenir à la saisir, capter cet instant ? On a beau s’y atteler tous les soirs, attendre patiemment que le rai de lumière en provenance de la crête de la montagne souligne, comme au trait, le clocher de l’église, celle-ci en contrebas dans la vallée est trop éloignée. La lumière fanée qui voile d’une brume légère à cette heure de la journée la montagne en arrière-plan, empêche de la mettre en valeur. Et l’on appuie sur le déclencheur de l’appareil, tout en sachant pertinemment que la photo n’aura rien à voir avec ce que l’on attend d’y trouver, ce que l’on a sous les yeux tous les soirs, cette lumière lointaine qu’on n’apprivoise pas, comme un animal sauvage. Et c’est très bien ainsi.

L’ennui naît de l’uniformité.

Le plus difficile, c’est de commencer. Il faut attendre que ça vienne sans se forcer et à un moment, sans qu’on s’en rende compte, ça vient tout seul.

Échanges entre matières, formes et couleurs dans une tentative renouvelée de transcender l’apparence pour exprimer l’essence d’une parcelle du monde, parcelle qui est monde, porteuse de la globalité du monde.

Dans le passé on vivait avec le sentiment d’une nécessité qui imprégnait tout, d’une prévision globale qui agirait en grand metteur en scène. Mais ce sont bien la répétition et la hasard que l’on trouve si l’on va jusqu’au bout des choses.

Penser est une activité du dimanche. En vacances, je pense tout le temps.


LIMINAIRE le 19/06/2019 : un site composé, rédigé et publié par Pierre Ménard avec SPIP depuis 2004. Dépôt légal BNF : ISSN 2267-1153
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