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LIMINAIRE
一期一会


Départ dans l’affection et le bruit neuf. Recommence et va de plus en plus loin, comme en rêve. Plus rien ne m’arrête, je suis libre de mes mouvements. La nuit, j’annule les jours, je tourne la page. J’efface et je reprends, je lis entre les lignes, je croise et je compose autrement ce que je vis, je vois tout avec d’autres yeux. Mais rendre possible les liaisons. Dans ce monde extérieur, il y a quelque chose qui semble avoir pacifié le paysage urbain comme si la vie devenait pour un moment, plus aérée et, en même temps, plus familière. Je vois tout de la fenêtre du train. Un défilé d’images instables, paysages incertains et flous, phrases effilochées par la vitesse et le mouvement. Dans l’incertitude des coïncidences. À ce lieu-là, cet instant précis, dès que j’ai les yeux ouverts, je ne peux plus y échapper. Prisonnier, il faut se rend à l’évidence. Sous l’accumulation hasardeuse des vestiges de soi. Quelque chose d’une dérision nécessaire à qui s’observe. Qu’avons-nous fait de nous ?



Tokyo

 

 

 

 

 

 

 

 

Oublier de quelle façon je me regarde solitaire. Dans une sorte de familiarité usée, comme avec une ombre, ou avec ces toutes choses de tous les jours que finalement je ne vois plus et que la vie a passées à la grisaille. Transformation radicale, quasi automatique, du quotidien. Mon corps c’est le lieu sans recours auquel je suis condamné. Mon corps c’est l’instant sans regret ni mélancolie, toujours en manque. Je voudrais dire « tu me manques » mais c’est inexact. À côté de la plaque. Je te manque en fait. J’ai mis du temps à comprendre ton absence, tu es partie, mais ce n’est pas toi qui est loin. C’est le pays où les corps se transportent aussi vite que la lumière, le temps d’un éclair. À travers les fenêtres de mes yeux. La probabilité que ça arrive ou que ça n’arrive pas. D’où, sans doute, l’effet de ressassement, de piétinement intérieur. Pour aller un peu plus loin. Pour réapprendre ce que j’ai perdu et qui, lentement, péniblement, au bout d’un certain temps, revient quand même.


Shibuya, Tokyo

 

 

 

 

 

 

 

 

Dans l’article Notre mobilité est prévisible et régulière, Hubert Guillaud revient sur l’étude du professeur Albert-László Barabási et de son équipe, qui ont étudié les déplacements de quelques 50 000 utilisateurs de téléphone mobiles : « Nos déplacements, nos schémas de déplacements sont réguliers, routiniers et tous également prévisibles. Autre surprise, cette régularité et cette prévisibilité ne diffèrent pas significativement selon les catégories sociales ou la densité démographique : quel que soit notre âge, notre sexe, notre groupe linguistique, que nous habitions à la campagne ou en ville, notre manière de bouger est pour tous également prévisible ! »

« Nous sommes tous d’une manière ou d’une autre ennuyeux. Les individus spontanés sont largement absents de la population. Malgré de grandes différences dans les modèles de déplacements, nous avons trouvé que la plupart des gens sont également prévisibles », reconnaît le professeur Barabasi, directeur du Centre de recherche sur les réseaux complexes au New Scientist. La prévisibilité, explique-t-il représente la probabilité que nous sachions prévoir les allées et venues d’un individu dans l’heure suivante, en se basant sur ses trajets précédents.


Les lignes de désir est un projet éditorial à dimension protéiforme, autour d’un récit à lecture non-linéaire, l’histoire d’un homme qui traverse la ville d’un bout à l’autre, à la recherche de la femme qu’il aime et qui a disparu, dans les lieux qu’ils avaient l’habitude de fréquenter : un entrelacs d’histoires, de monologues et micro-fictions, de promenades sonores et musicales, cartographie poétique de flâneries anciennes, déambulations quotidiennes ou voyages exploratoires, récits de dérives aux creux desquels se dessinent les lignes de désir.

Toute rencontre est importante
Publié le 15 avril 2010
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