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LIMINAIRE
On est rarement ce que l’on croit être #1


Une femme à tête de pigeon regarde le poste de télévision qu’on lui tend du bout des doigts comme un miroir aux alouettes. Ravie du spectacle. Enceinte, elle est allongée sur le dos, dans son ventre l’enfant à tête de pigeon qu’elle attend regarde déjà la télévision !

Comme sur des roulettes ! Circuler avec des patins à roulettes en forme de voitures sur mes pieds nus, et me souvenir de ces jouets, jambes nues : « quand j’étais gosse, je voulais pas une belle bagnole mais des patins à roulettes ». Pas l’ombre d’un doute, ça roule !

Bouche ouverte, regard vide, aveugle, crâne en coupe comme une boite dont on a ôté le couvercle, à travers laquelle apparaît l’intérieur de cette tête, où se répète à l’infini la même image d’une face au regard vide, et le dédale d’un esprit absent, perdu en lui-même.

Deux hommes devant leur ordinateur, entre eux une salière. Le premier se tourne vers son voisin et tapote sur le clavier de son ordinateur pour lui demander "passe-moi le sel..." Le second lui répond d’un clic un message qui s’affiche à son tour sur l’écran : "2 sec."

Une jeune garçon noir, visage triste et las, regarde droit devant lui, son œil droit recouvert par un masque de théâtre, puis un autre masque qui recouvre le précédent et ainsi de suite selon différentes expressions : la surprise, le rire, et la déception. À l’infini.

Un homme penché sur son ventre, surpris de voir à travers ce trou béant s’agiter la ville, voitures et habitants, à l’intérieur de son corps : dans la rue des immeubles et une grue. Il est facile de sortir le gamin de la rue. Il est plus dur de sortir la rue du gamin.

Deux homme se regardent sans se voir vraiment. Leur visage est occulté par une fenêtre aux volets ouverts en eux-mêmes, des fils à étendre le linge sur lesquels un oiseau s’est posé les relient. À l’intérieur les voisins se sourient, face à face. Parlez à vos voisins.

Des yeux exorbités s’échappent des globes d’une tête nue pareils à des vers de terre sortant d’une tête de mort. Ces deux yeux tenus à bout de bras prennent de la hauteur et peuvent regarder au loin. On apprend plus dans une nuit blanche que dans une année de sommeil.

Le mouflon est difficile à capturer en raison de sa méfiance et de sa vue perçante. Il s’agit d’une très ancienne espèce de moutons domestiques retournée à l’état sauvage. Recroquevillé sur le flanc, genoux contre la poitrine, un de ses bras n’est plus qu’un os à vif.

C’est un loup aux dents acérées, il tend sa patte, en fait il s’agit d’un bras, un homme à tête de loup donc, son bras s’allonge vers une souricière dans laquelle plusieurs billets d’euro ont été placés là pour attraper au piège l’envieux, attiré par l’appât du gain.

Pas encore d’ici, plus jamais de là-bas
Publié le 29 novembre 2017
- Dans la rubrique PALIMPSESTE
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