| Accueil
LIMINAIRE

Cette livraison de la revue L’étrangère tente de faire le point sur les sensibilités les plus manifestes de la création poétique actuelle et de signaler, de relever avec force même, ce qui tient de la singularité des auteurs participant à ce numéro double, en proposant un ensemble substantiel de textes d’auteurs de la jeune génération afin d’appuyer et d’élargir le propos pour venir éclairer ce paysage qui ne se laisse enfermer dans aucune approche globalisante. Ainsi, les textes proposés tentent de cerner les tendances les plus significatives qui définissent le champ de la création sans jamais laisser entendre que le sujet serait épuisé par le tour d’horizon qu’ils proposent avec une très grande liberté d’expression et d’analyse.

 

Contributions de François Rannou, Victor Martinez, Pierre-Yves Soucy, Marc Blanchet, Béatrice Bonhomme, Franck Fontaine, Pierre Ménard, Mathieu Nuss, Claude Favre, Antoine Dufeu, Michaël Battala, Armand Dupuy, Christophe Manon, Dominique Quélen, Séverine Daucourt-Fridriksson.

 

Au fil de ma lecture, quelques extraits diffusés sur Twitter :

 

Pierre-Yves Soucy : « Ils font entendre, chacun à sa manière, les déchirures de l’époque. »

 

« Quelles directions prennent les expériences poétiques actuelles, qui sont, faut-il le rappeler, autant d’expériences existentielles ? se demande en texte liminaire Pierre-Yves Soucy qui dirige la revue. Il va sans dire qu’il nous apparaît tout à fait illusoire de vouloir répondre à une telle question de manière un tant soit peu précise, tant le territoire se découvre aussi vaste que chaotique. Une coupe transversale ne constitue qu’un indice, et encore. »

 

François Rannou : "un espace de ressaisissement du langage qui de notre monde permette de percevoir la vitesse"

 

Armand Dupuy : "Il faut dire, redire, on s’enfonce. Rien ne bouge de ce qu’on a cru, coagule."

 

Victor Martinez : "la nuit prouve le jour / aveugle ne voit pas la nuit."

 

Pierre Ménard : "Un écart où s’étrange le je, ce qui, du coup, permet une véritable lecture."

 

« Je me demande parfois si la nuit se ferme au monde pour s’ouvrir ou si elle s’ouvre sous un choc si soudain que nulle aube ne vient, tellement nue qu’elle ne s’efface pas car nul jamais ne la crée. S’enivrer d’elle-même et battre tellement à son rythme qu’elle finisse par appartenir à sa musique et plus au drame dont elle est sortie. En ce sens je suis assez convaincu que le mot précède la pensée, qu’il est un véhicule de la pensée. Ce qui précède se termine d’une façon un peu panique, et l’on voit bien que j’ai perdu le fil à un moment. Je ne m’en étais pas aperçu. Il arrive parfois que la marge ne mette pas trop de temps à conquérir le centre. Car c’est cela que nous voulons. »

 

Dominique Quélen : "monte un chant propre & parfait - la langue - recousue - les mots du nez, des narines"

 

Séverine Daucourt-Fridriksson : "Il va falloir traverser sans retomber la tension / rester dans le bon ordre des intervalles comme en musique en soi-même"

 

« ramasser les fétiches les bribes pour donner le corps du moment inauguré le monument

 

ses mains sa voix son importance son rire son meilleur de moi-même pour le libre horizon généreux voyage accomplissant son inconfort »

 

Marc Blanchet : "Un rêve où l’on dépose la proie / Engage ses pas vers d’incertains silences"

 

Béatrice Bonhomme : "pas plus de sens désormais que ces petits riens comme des paillettes accrochés au monde"

 

Claude Favre : "à l’épreuve des langues s’en injecter mitraille et ondes de choc / cascade d’acouphènes aucun allié"

 

« _des os recueillis la mort est passée

par là dans cousu un sac pourvu qu’elle

repassera furet inconséquent et rire solennel

qu’est-ce que tu vas faire avec elle avec tes

lacets tes flèches tu es sans mots à poser leurres

le sang pisse la mémoire

_qui est comment vivre sans

front taraude la douleur pourquoi sarabande la

vie sauve ça pourvu que ça et plus que même si

crisse de nerfs le corps à rien comme devant Les

désastres de la guerre à verse et ivres de mots à

vous couper le souffle des mots sangs mêlés »

 

Christophe Manon : "On entend le chuchotement sombre du malheur au milieu d’un silence inquiet."

 

Michaël Batalla : "faut-il contempler longtemps l’ordre des lettres ? une voix parle sous une autre voix"

 

Antoine Dufeu : "une idée de ceux qui demeurent dans l’ombre en cette époque honnie de servitude volontaire"

 

Mathieu Nuss : "ce ciel qui ne sanctionne inscrit depuis lui la nichée de nos postures"

 

on déclare drainer nos envies de congédier nos pressentiments & à venir sont cette incohérence d’atomes corporels

 

d’où tout semble clandestinement prêté à la vie (goût fort serré en bouche) par la mort : évidente celle-là qui conduit donne l’inédite impulsion modifie ou appelle au retour par étourderie bien nécessaire

 

jusqu’à péremption voire dérives de bronches ou le muscle redondant même (fragilité donc insister)

 

Franck Fontaine : "La chose n’est pas dehors, elle est à l’intérieur du dehors, pas d’aventure, l’extraction suffit."

 

La revue est disponible en ligne gratuitement.

 

 

Pour en savoir plus sur la revue L’étrangère, visitez le site de son éditeur La Lettre volée.

 

Revue L’étrangère n°23-24
Publié le 8 janvier 2010
- Dans la rubrique LIMINAIRE
Écriture Lecture Pierre Ménard Poésie Livre Fragment Revue






© LIMINAIRE 2011 - Créé par Pierre Ménard avec SPIP - Administration - Sur Publie.net - contact / @ / liminaire.fr - RSS RSS Netvibes Liminaire Suivez Pierre Ménard sur Facebook Suivez Pierre Ménard sur Twitter