On oublie parfois ce que l’on écrit, sa portée. C’est peut-être aussi pour ça
qu’on écrit. C’est assez beau du reste l’idée que cette portée est musicale et
rien d’autre que cela le sens qu’on veut y mettre, que l’on veut y insuffler,
c’est dans cette direction qu’il faut aller, à l’oreille, suivre son
instinct
Depuis si longtemps cette phrase, entre nous, « dans la marge, viens jouer
avec moi ». Dans la marge, oui le jeu cette activité marginale la vivre ainsi
contre vents et marées et contre l’avis de tous le jeu n’est pas si admis ces
temps-ci par ici
Je ne suis pas joueuse. On est tous joueur on joue tous par la force des
choses avec le feu on regrette souvent de ne pas s’y brûler assez
Je ne suis pas joueuse. Entre en jeu ce n’est pas drôle ça frôle même la
douleur Mais on y voit plus clair après déchargé d’un poids d’une lourdeur mais
c’est passager Ce n’est pas un jeu c’est l’écart qu’on met avec soi, un instant
(la distance permet de s’envisager, de se voir enfin face à face) le jeu c’est
la façade, il n’y a pas de règles, ce n’est pas un jeu de société ou peut-être
un jeu contre la société et ce qu’elle nous impose
Comment franchir la ligne rouge. Au jour le jour et les joues rouges et les
yeux aussi pleins de larmes Ce n’est pas rigolo tous les jours Je ne comprends
pas toujours les règles du jeu. C’est à nous de les inventer chaque jour c’est
ce que l’on fait il me semble Il n’y a pas de règles à nous de nous les imposer
pour mieux les dépasser
Tu laisses des traces, et pourtant le mystère s’épaissit. Le mystère ?
Ce n’est pas moi le mystère c’est la vie et son sale corolaire (qui a dit
coronaire ?) Pas de réponse que des questions pour y voir plus clair l’espace
d’un instant comme sous l’éclairage momentané d’un flash, une révélation sitôt
apparu déjà parti, pfuit, évanouie, et déjà il faut recommencer c’est un
travail de tous les instants il faut continuer, continuer, continuer
Mon mur d’ombre et de lumière. Le mot est si juste
Je ramasse les petits cailloux blancs. Il faut en déposer aussi faire son
petit Poucet et ne pas perdre courage, sans arrêt sur le métier remets ton
ouvrage et ton texte parsemé de petits cailloux blancs luisants dans la nuit
m’a fait monter les larmes aux yeux tous ces mots ce sont les miens je les
connais je les ai entendus maintes et maintes fois mon histoire aussi cela m’a
fait comprendre des choses aussi, des choses que par aucun autre biais on ne
peut parfois les exprimer force et faiblesse de l’écriture
J’emprunte le chemin à rebours et entre les lignes. Seule cette dernière
phrase me fait peur car elle n’a aucun sens je me demande, qu’allons nous
devenir ? C’est une insulte, c’est un manque de confiance telle j’ai mal
entendu je me demande, qu’allons nous devenir ? Car je sens bien qu’il y a
ce nous qui compte ici au cœur même mais je le sens déplacé car il sonne faux
nous sommes déjà pourquoi devenir ce temps n’a aucun sens nous sommes l’un pour l’autre et personne n’y peut rien y changer nous sommes la somme de nous-mêmes nous nous aimons et c’est la plus belle réponse aux questions qui nous assaillent nous assomment parfois