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LIMINAIRE
Récit numérique collaboratif : à l’ère du web, le texte s’émancipe de sa forme


Le projet consiste en une série de douze ateliers d’écriture durant le deuxième semestre des étudiants en première année de Sciences Po, ayant pour but de procéder à l’écriture collective d’un récit numérique via Twitter.

On peut suivre en ligne le récit s’écrire en temps réel, en suivant cette liste sur Twitter :

Ateliers Sciences Po

Séance n° 6 :

Atelier n°1 :

« Chaque heure est un poème, chaque poème une heure. Un voyage de l’infime, éclats, fils, feux, fraîcheur, moiteur des corps… Vivacité, violence, naissance et mort, un passage de l’insaisissable… La voix de ce qui se tait mais insiste… Le compte de ce qui ne s’ajoute pas mais recommence. »

Jacques Ancet, Vingt-quatre heures l’été, éditions Lettres Vives, 2000.

24h Chrono

 

 

 

 

 

 

 

Constance Fauquenot

07h : Le réveil sonne, m’extirpant de mon sommeil. J’émerge difficilement, les paupières lourdes, le cerveau endormi, les idées confuses, sauf celle de me rendormir aussitôt. Je lutte contre la paresse et je fais un effort, presque surhumain, pour me lever.

08h : Je suis en retard, évidemment. Je me presse. Le métro semble mettre plus de temps que d’habitude à arriver, je m’impatiente. Marche rapide, soupirs lorsque des piétons sont décidément moins pressés que moi et s’emparent de toute la largeur du trottoir, dépassements. Soulagement lorsque j’arrive enfin.

09h : La matinée va être longue, l’heure n’avance pas, les occupations se font difficiles à trouver pour lutter contre l‘ennui, et surtout, le sommeil. Penser au fait que j’aurais pu dormir si je n’avais pas eu cours n’arrange rien. L’ennui est total et la motivation, nulle.

10h : C’est enfin terminé. Je commence à sortir du brouillard matinal, mes idées se font plus claires, l’humeur meilleure. Un café et je suis armée pour cette longue journée.

11h : Ce que les heures peuvent être longues ! Non pas que je m’ennuie, je n’ai pas vraiment le temps pour ça, mais si les minutes pouvaient être plus courtes, ce serait bien.

12 h : La concentration commence à manquer, j’attends que le cours se termine. Je recopie bêtement, j’agis par automatisme, je suis prise dans mes pensées. D’ailleurs, j’ai faim.

13h : Entre la faim et le découragement face à mon incompréhension de ce que baragouine le professeur, je suis assez désemparée. Je lutte contre la présence passive, j’essaie de ne pas me perdre dans mes pensées, je me force à suivre le cours, mais j’ai du mal.

14h : L’heure de la délivrance approche, je poursuis mes efforts de concentration et pour une fois, je suis vraiment concentrée. C’est fou ce qu’on peut réussir à faire quelque chose quand on sait que c’est sur un temps réduit. J’en suis presque fière.

15h : J’abandonne l’idée de travailler, je préfère parler. J’essaie quand même de me justifier auprès de moi-même en me disant que j’ai eu une longue matinée. Tiens, le temps passe beaucoup plus vite !

16h : Après une tentative –ratée- de me mettre au travail, je retourne à mes occupations précédentes, à savoir parler, encore et toujours. Le faible sentiment de culpabilité a disparu.

17h : Dans un élan de motivation jusque-là inégalé, je m’y mets, enfin ! Je désespère face à mon manque de productivité, mais je persiste.

18h : Je rêvasse, et lorsque je vois l’heure, je me mets en route pour la fin de ma longue journée.

19h : C’est reparti pour deux heures. Avec beaucoup d’espoir, je me dis que ça passera vite.

20h : Là, c’est le summum de l’ennui, mêlé à la lassitude, l’exaspération et l’excitation générale.

21h : Ca y est, l’heure du glas a sonné. Une sensation de liberté m’envahit.

22h : Dans une tentative d’organisation collective, on fixe un lieu et une heure de rendez-vous. L’impatience se fait sentir.

23h : La préparation nous met de bonne humeur, les éclats de rire fusent, les soucis quotidiens disparaissent.

00h : Encore un départ en retard, mais cette fois-ci, c’est sans importance.

01h : Les verres s’enchaînent, de même que les défaites aux jeux de carte.

02h : Les idées sont de moins en moins claires mais tant qu’on s’amuse…

03h : Entre les danses et les verres, tout s’enchaîne vite.

04h : La fatigue se fait sentir, mais rien ne nous arrête.

05h : Errance dans les couloirs du métro, marche titubante, solidarité entre amis, esprits confus. Les souvenirs de la soirée sont déjà flous, la reconstitution des évènements est un travail collectif.

06h : Enfin, je retrouve mon lit. J’ai les idées très confuses, les yeux qui se ferment. Je sombre dans mon sommeil.


Mathieu Grasse

13h : « Quand je me réveille c’est malgré moi » ; mes stores me protègent encore de la violence du monde extérieure , sous ma couette je suis me sens protégé, rien ne peut m’arriver.

14h : L’envie de quitter ce nid douillet ne se fait pas sentir, la motivation ne me gagne pas mais la raison l’emporte (malheureusement).

15h : Le soleil extérieur a soif du soleil intérieur, l’heure de s’ouvrir au monde sonne.

16h : On n’est jamais aussi vainqueur que l’on ne se l’imagine, le soleil inonde mon sobre intérieur.

17h : Parait-il qu’une bonne colère vaut mieux qu’une bonne douche, la douche fatigue, la colère apaise. La douche me suffira.

18h : L’excès de sommeil fatigue, j’en suis la preuve vivante. Avec mes paupières lourdes, le noir est le refuge des couleurs.

19h : Retard un jour, retard toujours. Il est grand temps de se presser. J’appuie sur le bouton avance rapide. Mon environnement devient flou.

20h : Physiquement je suis pudique c’est intellectuellement que je ne le suis pas. Le coté sombre reprend le dessus.

21h : Etre à l’heure est une victoire, ’’la victoire sur soi est la plus belle des victoires’’ nous disait l’ami Platon.

22h : La transparence de la boisson Russe semble vaincre.

23h : Je suis un arc en ciel à cet instant précis. Pas de secret entre nous.

00h : Le jaune de ligne une pour rejoindre le lieu des milles couleurs.

01h : Une nuit coloré s’offre à nous, reste à décider du lieu capable d’accéder a nos désirs.

02h : Nous sombrons dans la folie.

03h : La jeunesse est une fraction de folie, nous en sommes les témoins.

04h : Les faisceaux lumineux défilent devant nous, tel notre vie dans notre esprit.

05h : Evitons les détails sur ces couleurs abjectes.

06h : On adore plutôt le soleil levant que le soleil couchant, pour ma part j’y suis indifférent.

07h : Je couche avec le soleil. C’est une étrange sensation.

08h : L’amour n’a ’’pas de couleur’’, le sommeil n’a pas de prix.

09h : Noir, c’est noir.

10h : Noir, c’est noir.

11h : Il faut ’’faire du noir une couleur de lumière’’. Mon réveil sonne.

12h : Le gris l’emporte aujourd’hui. La désolation avec. La journée s’annonce monochrome.


Geoffroy Lewandowski

16h Le juge prononce ma sentence et je m’effondre devant lui.

17h Je me réveille dans ma cellule comme si cela n’avait été qu’un simple mauvais rêve. Lorsque mon esprit embrouillé réalise que ce n’est pas le cas, une douleur vive monte en moi. Je reste tétanisé pendant toute l’heure.

18h Mon repas du soir arrive et je le jette par ma fenêtre comme un dernier signe de protestation. Puis je m’assois dans un coin repensant à ma vie.

19h La lumière diminue dans ma chambre et je revois ma mère jeune qui me raconte une histoire. Son visage suffit à me faire oublier la pénombre qui m’entoure.

20h Les derniers rayons s’amenuisent tandis que je marche de long en large pour tuer le temps.

21h Les derniers gardiens de jour s’en vont et la nuit calme et silencieuse pénètre en moi.

22h Depuis une heure, aucune pensée n’est venue dans mon esprit qui reste hanté par les paroles du juge.

23h Mes yeux commencent à se fermer et tandis que je m’allonge un rat passe et me ramène dans la réalité.

24h Je tourne dans ma couchette essayant de dormir un peu pour ne pas penser encore à ce qu’il va m’arriver. Cependant il m’est impossible de me calmer un peu et je continue à attendre.

1h Aucun bruit ne se fait entendre si ce n’est le bruissement des vagues au loin. elles me bercent et m’aident à oublier.

2h Le bruissement des vagues ne me suffit plus. Les questions métaphysiques se mêlent à mon délire : je ris les yeux révulsés comme une dernière provocation. 3h Je me réveille brusquement, sans m’en rendre que je m’étais endormi ! Soufflant lentement, je replonge aussitôt dans mes rêves.

4h Ma nuit touche lentement à sa fin et je commence à souhaiter que le temps se finisse.

5h Il fait encore nuit mais le soleil commencent à poindre au loin. Les premiers rayons bercent ma fenêtre et je m’endors en détournant mon regard.

6h Les oiseaux comment à chanter, je regarde mon réveil à demi endormi et je découvre qu’il me reste encore du temps alors je me recouche en me blottissant dans mes draps.

7h Je rêve depuis déjà une heure confondant mes songes avec la réalité plongée dans la pénombre. J’attend patiemment que mon réveil sonne encore pour me lever et commencer ma journée.

8h enfin, je me lève. Le soleil est maintenant haut dans le ciel et sa lumière inonde ma pièce. Les oiseaux se sont arrêtés de chanter et je profite des derniers instants dans mon lit avant de me rendre dans le couloir.

9h je regarde une dernière fois au loin l’horizon respirant l’écume lointaine de la mer agitée. En attendant mon moment, je fais des tours dans ma cellule et je repense à ce qui s’est passé.

10h Le gardien rentre et me jette mon dernier repas . Avant de refermer la lourde porte, il me regarde et me lance son briquet avec une cigarette que j’allume aussitôt.

11h L’heure se rapproche et mon cœur commence doucement à se nouer . Je n’ai toujours pas touché mon pain rassis et mon potage de peur de tout vomir. Lentement j’entend la vie s’animer dehors.

12h Un homme rentre dans ma pièce. Sans dire un mot, il m’occulte et me tend un questionnaire que je remplis sans regarder.

13h L’heure approche, mon esprit n’est plus là. Il a rejoint la mer en laissant mon corps seul face à ce qui m’attend.

14h Je sors de ma cellule et je m’avance à travers le couloir déjà loin de toute cette agitation.

15h Je monte les trois marches de l’échafaud et les yeux noués par les larmes je fixe tortionnaire qui me mets la corde au cou. Je ferme les yeux et je pense une dernière fois à la vue de ma chambre.


Hadrian Lafond

8h : Je me réveille tout juste grâce aux rayons du soleil qui s’infiltrent entre les volets. Je me décide d’aller les ouvrir pour ainsi faire pénétrer la gaieté de la lumière de ma chambre. En effet, il n’y a rien de tel pour se mettre de bonne humeur du matin !

9h : Je prends mon livre de chevet intitulé : « Comment réaliser ses projets ? ». J’aime lire cet ouvrage car il me permet de m’évader de la réalité et de me faire voyager dans mes rêves les plus fous. Ces pensées me procurent un bonheur intense dont je ne me lasserais jamais.

10h : Voilà déjà deux heures que je me suis réveillé, il est temps que je me lève. En posant les pieds sur le parquet, j’avais la sensation de revenir à la réalité. Bref, ce sentiment de routine ternit mon humeur habituellement joviale.

11h : J’éclaira la télé de mon salon en m’allongeant sur un canapé. Je tombais sur des dessins animés de Walt Disney. Presque mécaniquement, je me mis à penser aux jours heureux de mon enfance du temps de mon insouciance. Que la vie était belle !

12h : Ayant mon estomac vide, je pris la décision de me mettre à table. Au vue du temps magnifique, je succomba à l’envie de manger dehors. L’aire fraie de l’extérieur me fit frissonner sans pour autant me décourager.

13h : L’heure fatidique arrivait. Je devais partir de chez moi pour rejoindre le chemin de l’école. Cependant, la beauté du ciel me permis de me motiver. 14h : Me voilà à peine assis sur les bancs de l’école que déjà, je pensais à la soirée qui m’attendait. Penser aux choses joyeuses, voilà le remède le plus efficace contre la déprime !

15h : Je n’ai rien à dire si ce n’ai que le temps est long, très long…

16h : Voilà la sonnerie de la délivrance ! Mon cerveau passe soudainement d’un état de quasi sommeil à celui d’hyper activité. Tout devient d’un coût plus beau. Le chemin du retour fut si rapide je que fut étonné d’être déjà arrivé chez moi. Instinctivement, je piocha dans la tablette de chocolat, rite traditionnel de mon après-midi, pour vaincre un petit creux.

17h : La chaleur du soleil s’affaiblissait à tel point que je dus enfiler un pull pour continuer à lire mon magazine sur la terrasse.

18h : La nuit tombe et le froid avec elle, je décide de rentrer.

19h : En vue de la soirée, je préparai lentement mais surement.

20h : L’heure du départ avait sonnée, ça y est je devais partir. Je pris le métro pour me rendre sur le lieu de rendez-vous mais avec une chose en moins : le stresse de la journée. Tous les passagers étaient plus détendus qu’à l’accoutumée. L’effet du vendredi soir se faisait sentir.

21h : Arrivé à bon port, je retrouve la joie habituelle des bons moments sur le visage de mes amis.

22h : L’ambiance monte, monte mais n’explose pas en vol...

23h : Les silhouettes bougent dans le noir de la piste de danse. Les rires fusent de toutes parts, bref l’insouciance de notre enfance ressort. Comme quoi, on n’a pas vraiment changé.

00h : Minuit, ça y est. Nous voilà dans un autre jour, une nouvelle vie qui commence…

1h : Trop tard, le métro est fermé, je devrais prendre un taxi. Mais c’est un mal pour un bien, je vais pouvoir rester une heure de plus à la fête.

2h : La fatigue m’envahit, bref, mon corps me fit comprendre clairement qu’il fallait que je me couche. Après avoir dit au revoir à un nombre de personnes dont je ne saurais vous le redonner, je monte dans un taxi. L’image de mon lit bien chaud m’apparut. Je ne résista pas à l’envie de m’allonger sur les sièges arrière du taxi. Le chauffeur m’indiqua que j’étais sur les lieux de mon couché. Tant le trajet me parut court, je compris que je m’étais endormi.

3h : A peine sortis de la douche, je m’enfile dans ma couette. C’est un des moments les plus beaux de la journée. Les quelques minutes entre le moment de se coucher et de s’endormir à la suite d’une longue soirée sont toujours une sensation unique à tel point qu’on ne veut plus quitter cette réalité.

4h : J’ai très peu de souvenir à cette période, si ce n’est que des rêves flous dont je ne pourrais vous raconter dans les détails…

5h : Je ne voudrais vous décevoir mais mon sommeil est tellement profond à, cette heure-ci tant la fatigue m’emporte que je ne pourrais rien vous raconter, c’est le trou noir.

6h : Rien, rien, rien… C’est l’heure la plus plate de mon cycle de vie…

7h : Mon réveil sonne, malheurs ! Cette belle nuit est déjà finit mais voilà déjà une nouvelle journée. C’est le cycle de la vie, mais c’est ça qui la rend si belle !


Adam Chour

5h : Frémissements imperceptibles, calme plat. Le silence perce l’atmosphère de son aura pesant. Le monde vibre au rythme du souffle sourd des endormis et tremble au rythme de l’entrain inerte des éveillés.

6h : Quiétude.

7h : Préparation. L’univers s’affaire, s’attèle, s’active.

8h : Animation. Emballement. Aurore de la civilisation. Doucement, surement, le monde bouge, le monde prend vie, les gens sortent de leurs inerties.

9h : Espoir et enthousiasme. Confiance. Des sourires tranchent les expressions engourdies des visages fraichement réveillé. Se dessinent les traits de la journée qui s’annonce.

10h : Déception. Paresse. Lassitude. Désœuvrement. Désolation.

11h : Appétit.

12h : Symétrie. Impression de dépassement, de ligne franchie, de frontières dépassées. Une époque se tarit, une nouvelle ère prend sa place.

13h : Digestion.

14h : Soubresaut. Regain d’engouement. Un emballement nouveau, une sensation absurde, envahissante, que le monde n’est pas forcément soumis à une décadence inéluctable, dans les esprits.

15h : Inconnu. Suspens. Heure de toutes les surprises.

16h : Ennui. Ennui profond. La volonté se déprave, la passion s’avilit.

17h : Fatigue. Les corps s’essoufflent, les esprits s’éreintent.

18h : Libération.

19h : Repos. Heure de joie. Heure de congé. Heure de répit, éphémère : heure de pointe.

20h : Retour. Le monde rabat ses ailes, se retire dans son cocon et s’apprête à une nouvelle nuitée d’hibernation.

21h : Convivialité. Familiarité. La société jubile de la chaleur de ses échanges, de la beauté de ses coutumes, de la richesse de sa culture.

22h : Introspection.

23h : Torpeur. Le monde s’assoupit, retourne dans l’ombre de son hébétude.

00h : Indécision.

1h : Suspens.

2h : Rêverie.

3h : Absurdité.

4h : Débauche.


Capucine Flais

07h : La voix de Feist s’empare de mon rêve et me réveiller brutalement. Les jambes engourdies, la tête lourde et la gorge sèche, je me rendors mécaniquement. Mon lit et mon sommeil me semblent alors les plus belles choses qui pourraient m’être donnés.

08h : en sursaut, je me réveille. Je peine à ouvrir mes yeux minuscules cernés de traces de maquillage de la veille. Lentement, je m’extirpe de mes draps chauds et comme un automatisme m’adonne au rituel matinal sans réfléchir, la tête vide.

09h : Je compte mes heures de sommeil, le petit nombre me rend encore plus fatiguée. Quelques bribes de rêves me reviennent, je tente de les assembler, les organiser, de les associer afin d’en reconstituer le récit.

10h : Mes yeux s’ouvrent de plus en plus.

11h : Tout semble enfin réveillé, prise dans l’emballement général, je me saisis de ma journée.

12h : Enfermée dans la salle de classe.

13h : L’air est frais et vivifiant. Le café chaud et revigorant. Ma cigarette accompagne ce doux mélange.

14h : je marche dans la rue, la ville est belle.

15h : Pressée par le temps, je m’active.

16h : L’heure est mauvaise : l’après midi est trop entamée pour nous laisser le temps de finir ce que l’on doit faire mais la soirée pas assez pour qu’on puisse se permettre d’arrêter ce que l’on fait.

17h : Lassée lassée lassée je m’allonge sur mon lit, me raconte des histoires qui peu à peu se transforment en songes.

18h : Je suis alors transportée dans la maison de vacances familiales à la montagne. A l’intérieur de celle ci je me bats avec une amie, on se gifle et s’insulte. Autour de nous, des visages inconnus croisés ce matin même dans la rue nous observent surpris. Puis, je découvre une pièce cachée…

19h : Je ne peux pas découvrir ce qu’il y a dedans. La porte de l’ascenseur à côté de chez moi claque, le somme est finit.

20h : Enroulée dans ma couette, je me demande ce que peut bien vouloir dire ce rêve.

21h : Organisation, il faut être rationnelle : faire des courses, prévoir, communiquer, se mettre d’accord, se vêtir…

22h : Un verre de vin, une cigarette puis un autre et une autre.

23h : Désinhibées, on rit, on s’exclame, on danse.

00h : On court, on court, on court dans les couloirs du métro…

01h : La tête tourne, les rires fusent pour pas grand chose.

02h : Mon corps entier s’enfonce dans le matelas et le creuse. Enfin, je dors.

03h : Le vin abîme mes rêves.

04h : La soirée se reconstruit dans ma tête, j’en rêve, je l’embellis.

05h : Plus que deux heures, profitons en.

06h : Mon corps tout entier s’écrase dans le matelas.


Loan Santiago

4h : La nuit est déjà bien avancée. Je savoure ce moment de calme, lorsque tous les autres dorment déjà à poings fermés. De ma fenêtre, le boulevard endormi, la nuit de la ville, jamais complètement obscure. Pour l’instant le boulevard est désert, seules les bribes décousues d’un ivrogne me parviennent, assourdies. Nul bruit mécanique, c’est si rare ici. Je savoure donc. Ma dissertation est finie. Je ne vais pas tarder à baisser le store et m’effondrer sur mon lit.

5h : L’air frais me fait du bien. La brume du matin m’entoure et m’emporte doucement pendant que d’autres brumes occupent mon esprit depuis bien longtemps déjà. Je ne suis plus sûr de bien percevoir les formes des immeubles, le tracé de ce trottoir ne devrait-il pas être rectifié ? Qu’importe. Je marche, je titube sûrement dirons les éboueurs, les seuls levés à cette heure. Bientôt le vaste contour pourpre devrait m’apparaître, ma porte, mon appartement, tout cela est bien trop flou…

6h : Difficile de ne pas bailler sur ce quai de gare qui n’en finit pas. Le ciel est clair, d’un bleu presque lumineux, le jour à peine levé. Je n’aime pourtant pas cette sensation. L’attente du train, la fatigue, la fin des mes vacances ou d’un week-end. Au rythme des annonces d’arrivée, de départ ou de retard, je m’assoupis, sans vraiment écouter cette voix agaçante. Je partirai plus tard la prochaine fois.

7h : L’eau qui coule me fait le plus grand bien, me réveille, me détend. Je prends mon temps, je regarde couler les fines perles sur la tuyauterie chromée de la baignoire. Cette heure là, c’est un rituel. Doucement, au son de l’eau, je me prépare à sortir affronter le froid de l’hiver.

8h : L’air est désagréable ici, il pique les yeux et une bourrasque vous attend toujours à la sortie. Du bruit, beaucoup de bruit, des odeurs mélangées, un cocktail imbuvable. Mais aussi beaucoup de lassitude, la routine du transport. Je serai en retard cette fois encore.

9h : Un rayon de lumière est venu doucement réchauffer mon oreiller. Mon esprit chemine encore un peu sur la route des songes. Je me refuse à ouvrir les yeux, même si je sais que je suis réveillé et que je n’arriverais sans doute pas à me rendormir. C’est agréable, j’attends, je perçois le jour au travers du filtre de mes paupières mais je reste allongé, somnolent.

10h : Le temps de chercher un café et il faudra y retourner. Il fait froid, je baille toujours autant qu’au réveil. Le ciel est grisonnant, les nuages moutonneux.

11h : La faim me taraude à présent depuis déjà plus d’un heure. Je n’arrive pas à rester concentré dans cette salle de classe au plafond démesuré. Tout est prétexte à jeter un œil dehors, à porter mon attention au delà des murs de celle salle.

12h : Le bruit de la ville et de l’immeuble m’ont sans douté réveillé. Ils auraient dû me réveiller depuis bien longtemps déjà. Je saute de mon lit, je cours sous la douche, je dois absolument me dépêcher. C’est stupide, j’ai déjà raté mes cours. Je ne sais pas ce qu’il s’est passé. Trop d’heures de sommeil en retard sans doute, mon réveil qui n’a pas sonné, moi qui l’ai éteint en somnambule ? C’est un cafouillage dans ma tête, je ne pense plus qu’à me dépêcher.

13h : La chaleur tiède du printemps est agréable. La matinée s’est doucement étiolée mais elle m’a parue plus agréable qu’à l’accoutumée. Le banc du square m’accueille joyeusement. Je m’y prélasse un instant, je croque avec plaisir mon sandwich, je profite du soleil qui filtre au travers des feuilles d’arbres.

14h : Courir, toujours courir. Le provincial qui sommeille en moi se trouve bien en accord avec cette caricature du parisien. J’ai trop profité de ma pause ensoleillée.

15h : Une heure creuse, le vague de mon esprit n’a d’égal que ma perception des chiffres qui s’amassent en équations fumeuses sur le tableau vert. Mes sens sont émoussés, la folle nuit de la veille défile en un kaléidoscope. Couleurs, mouvements endiablés, puis l’image se précise. Je suis bien loin désormais de mon banc de bois dur. Le rêve de l’élève est pourtant bien trop éphémère…

16h : C’est l’arc-en-ciel dans mes pupilles. Se reflètent dans le prisme de mon verre des dizaines de tons orangées, bleutées, pourpres. C’est une myriade de couleurs que j’avale par douces gorgées, en devisant à la terrasse de ce troquet avec un vieil ami.

17h : Nul doute la fatigue s’est bien installée. Ma mâchoire n’est que bâillements, mon corps se fait lourd et mon esprit s’envole une fois encore.

18h : Le temps virevolte, mon humeur aussi. Changements. Comme dans les couloirs sordides du métro. Ces couloirs si peuplés mais où l’on se sent pourtant si loin des Hommes. Alors je marche tout droit sur l’ébène défilant et je songe à cette journée qui vient de s ‘écouler.

19h : Une douche rapide, un repas rapide, la lecture rapide du journal, tout est rapide, trop rapide. Je dois rendre à mon rendez-vous. Dehors la grisaille, le froid. Dedans la chaleur, le calme, le repos. Ma motivation décline et mon envie de poser un lapin croît. Tracas de l’esprit et tracas du corps, ma tête se fait douloureuse alors que coulent en une course elle aussi effrénée les perles de pluie sur ma fenêtre.

20h : « Mesdames et messieurs, bonsoir ». Le rituel de quelques milliers de français débute alors que je m’effondre dans le moelleux du canapé familial. Cette vaste arnaque qu’est la télévision, j’en profite avec distance lorsque je rentre au foyer. Privilège étudiant de ne pas en avoir une. J’écoute vaguement, j’ai déjà lu le journal aujourd’hui, les réseaux sociaux m’ont abreuvé de nouvelles tout au long de la journée. Calme, douceur, bonnes odeurs… associés à cela ? Et pourquoi pas.

21h : Eclats de rires, verres pleins, puis vides, puis pleins à nouveau. Une ambiance sonore entrainante, joyeuse. Des parfums mélangés, des regards échangés. La nuit débute avec entrain.

22h : Fatigue, satisfaction. Les clefs ayants ouvertes la porte, l’appel du ventre d’abord, celui du lit ensuite. Défilement de ma journée. Elle aura été productive, j’ai travaillé jusque tard.

23h : Les paroles se déversent en flot continu, elles m’insupportent, je me languis du silence et du calme. Que ce repas de famille soporifique ne finit-il pas plus tôt ? Des sourires faux, des banalités. Je ne suis pas d’humeur à produire autre chose.

Minuit : Feux d’artifices, cris, klaxons ! Non. Ou plutôt si, tout cela au loin, étouffé. Quelques accolades pour la forme avec des inconnus. J’aimerais être triste mais tout cela est plutôt comique. Premier nouvel an de ma vie dans le métro parisien.

1h : Les pages se noircissent, j’ai mal aux doigts qui tiennent la plume. Colère et peur remplissent de mots mon travail. Colère de m’y être pris si tard, peur de ne pas finir à temps, dans quelques heures je devrais être debout, à exposer mon argumentation.

2h : Je viens de courir le long d’une route, après quoi ? Aucune idée, je suis habité par la certitude que je n’aurais pas dû m’arrêter. Sueur. Réveil. Je n’ai plus qu’à attendre que le sommeil vienne me chercher pour reprendre mes folles aventures.

3h : Vague sentiment de fatigue, mais la pluie que j’entends sur le toit me maintien d’aplomb. Le Velux entrouvert me permet de capter un air glacé mais agréable. Je n’abandonnerais pas ma lecture en cours de route, le temps n’a qu’à bien se tenir !


Côme Dartiguenave

7h00 : mon corps se complait de la douce chaleur ; le sable fin glisse sur ma peau bronzée, porté par le vent tiède. Le bruit des vagues, incessant et redondant me berce…DRING, DRING. Le bruit est sans cesse plus insistant, je ne parviens pas à l’arrêter. Soudainement, le sable laisse place au drap jaune, le son lancinant de mon téléphone se substitue à celui des vagues. Je reste assis sur mon lit perplexe.

8h00 : le boulevard Saint Germain s’éveille, les tables rondes des cafés réinvestissent le trottoir, les gens se pressent. L’ombre vaincue laisse le soleil imposer sa suprématie, rien ne vient en pâlir la lumière.

9h00 : Fatigue, ennui, incompréhension, l’air de la salle impersonnelle m’étouffe, je veux sortir.

10h00 : Bouffée d’air frais, mon esprit dès lors pleinement éveillé apprécie la quiétude du jardin, la fraicheur qui y règne, l’activité docile qui le caractérise.

11h00 : réflexion, incapable de maitriser le flux d’idées et d’images qui me viennent à l’esprit, je m’en vais loin de l’école, loin du monde.

12h00 : Repos, tout semble figé. Les gens se prélassent dans le coin de quiétude qu’ils on trouvé. Le calme triomphe malgré l’excitation des serveurs qui courent et le pianiste qui joue frénétiquement sur son piano désaccordé devant l’arrêt de métro.

13h00 : Convivialité, je discute avec quelques amis autour du modeste plat du restaurant universitaire.

14H00 : Le stress monte, j’accélère, le cours va commencer et mon exposé n’est pas terminé.

15H00 : Soulagement.

16h00 : Une irrépressible lassitude s’empare de moi.

17h00 : concentré, je travaille activement sur le sujet qui m’est proposé. Les pensées se construisent, les paroles s’éteignent.

18h00 : Libération, le week end commence. La lumière solaire perd de son pouvoir à mesure que la nuit s’installe. Les lampadaires dès lors allumés ternissent les visages de passants.

19h00 : Je m’essouffle, mon corps ruisselle, mes membres s’engourdissent et la douleur se fait peu à peu sentir.

20h00 : Je sors de la boxe exténué mais relaxé et détendu.

21h00 : Moment d’intimité, les amis se retrouvent, des couples dinent ensemble, les plus âgés se couchent.

22h00 : Préparation.

23h00 : un monde s’éteint quand l’autre s’éveille. Alors que certains balcons s’endorment derrière d’épais volets de fer, d’autres s’animent : leurs fenêtres ouvertes laissant s’exprimer le son des chaines hi-fi.

Minuit : l’heure du crime : l’ivresse commence à se faire sentir.

1h00 : Bruit, tourmente, agitation.

2h00 : La vie nuptiale est à son apogée, les taxis sont désormais seuls à arpenter les rues parisiennes, les clubs se remplissent peu à peu, les retardataires sortent du métro.

3h00 : Une sorte de folie s’empare de moi. La musique me happe, me mène, me dirige. Mon corps ne répond plus qu’aux impulsions données par le tempo.

4h00 : La fatigue me tire de l’état second, mon cerveau reprend les rênes et mon corps reprend conscience de lui-même.

5h00 : Satisfaction. Je retrouve le drap que j’avais quitté plusieurs heures auparavant, je m’enroule dedans.

6h00 : je ne pas à dormir. Je réfléchis, 24h ça passe à la fois très rapidement et très lentement. Une journée suffit pour réaliser une multitude de choses.


Khadijah Felvia

Insipide Girl

7h : Le réveil a sonné. Me voilà enfin réveillée. Ciel bleuté, lumière irisée, ça va être une belle journée.

8h : Coiffure, manucure, je veux être fière de mon allure ; simplicité minimaliste n’est pas dans ma nature !

9h : Je monte dans le bus, en face de moi un gus plein de puces. Je m’imagine à la quarantaine, et ça me fait de la peine !

10h : Enfin sauvée du croque-mitaine ! Je m’en vais flâner le long de la Seine…

11h : La faim se fait sentir…moi qui voulais maigrir, je ne pourrais pas tenir. J’avalerais même un menhir !!! 12h : Assise à la terrasse, je me relaxe ; une tasse de café à la main, j’observe le va et vient. Tout va bien.

13h : En route allons voir les copines ! C’est parti pour le shopping.

14h : New-look, new style : ce soir, il faut briller de mille feux, il faut en jeter plein les yeux !

15h : Tournée des magasins, je n’ai pas encore fait le plein. Je suis déjà à court d’idée et je n’ai pourtant rien trouvé !

16h : Tea-time dans le marais, il est temps de se reposer : robe pailletée, bandeau argenté, je serai la lune dans un ciel étoilé.

17h : Embouteillage sur le périph’, concert disgracieux de klaxons. Il ne manque plus que le shérif et on se croirait dans une ville anglo-saxonne.

18h : C’est l’heure du sport, un peu d’effort dans une vie de réconfort. Les copines viennent en renfort, ce n’est pas un coup du sort !

19h : C’est le signal pour me transformer en beauté fatale. Au placard la robe en tergal : ce soir c’est moi qui ouvre le bal.

20h : Coiffure, manucure, je veux être fière de mon allure ; simplicité minimaliste n’est pas dans ma nature ! 21h : Mon téléphone sonne : c’est mon ami Anderson qui vient me chercher en Harley Davidson. J’y pense et je frissonne…

22h : Au pub ça devient volcanique : je rencontre un geek, agoraphobe et pathétique, pas vraiment très chic, mais j’essaie de rester stoïque. A fond la musique !

23h : Bientôt l’heure du show, j’embarque sur la moto. C’est parti pour une nuit de folie. Paris, nous voici !

00h : Ouverture du bal, le moment est magistral. Mise en scène théâtrale, ovation dans la salle : c’est royal.

01h : Mélopées envoutantes, ambiance détonante, je rencontre une fille pas marrante, elle devient envahissante.

02h : Art du trompe l’œil, je vais me remaquiller : poudre rosée, sourcils allongés, crayon léger, lèvres dorées. Beauté refabriquée.

03h : La fête bat son plein : je voudrais faire mien ce bel éphèbe parisien lorsque soudain, le cri de sa fiancée me ramène à la réalité.

04h : une échappée nous emmène aux Champs Elysées. Jardin des Tuileries, Conciergerie, succession de palais. Paris la nuit, c’est une féérie !

05h : Mon voyage nocturne touche à sa fin, cette soirée me semble déjà loin.

06h : Je vais enfin me coucher. Au placard les chaussures, cet instrument de torture ! Ce fut vraiment une belle journée.

Ateliers d’écriture à Sciences Po Paris #6
Publié le 13 mars 2012
- Dans la rubrique ATELIERS D’ÉCRITURE
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