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LIMINAIRE
Récit numérique collaboratif : à l’ère du web, le texte s’émancipe de sa forme


Le projet consiste en une série de douze ateliers d’écriture durant le deuxième semestre des étudiants en première année de Sciences Po, ayant pour but de procéder à l’écriture collective d’un récit numérique via Twitter.

Séance n° 5 :

Atelier :

Reprendre des articles publiés par des quotidiens et des agences de presse, et en effacer les référents historiques, géographiques, et patronymiques. Mettre l’ensemble au présent de l’indicatif. Réécrire certains passages et en supprime d’autres afin de blanchir une écriture déjà anonyme et collective.

Édouard Levé, Journal, P.O.L., 2004.

Photographie d'Édouard Levé

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Geoffroy Lewandowksi

Le petit carnivore au caractère facétieux a bien failli disparaître. Considérée comme beaucoup de ses congénères comme un animal « puant », elle était au bord de l’extinction dans les années 1980.

Elle a frôlé l’extinction, mais la voilà qui reconquiert doucement les rivières de notre région. Depuis une vingtaine d’années, l’ espèce protégée, regagne du terrain. « On ne peut pas faire de dénombrement exact mais on a relevé des indices de présence que l’on a cartographiés » a-t-on affirmé. Ce petit carnivore nocturne et solitaire, qui était présent dans tout l’Europe, a refusé purement et simplement de répondre à son adversaire , Un petit animal qui n’a toutefois pas la chance de provoquer la même empathie lors du débat d’hier soir, estimant que ce dernier n’était pas "un vrai putois , mais un simple mammifère sans papier et exigeant de sa part des excuses pour ses propos passés. "Votre mépris me laisse indifférent et j’ai l’intention de combattre pour vous mettre la pilée que vous méritez partout où je le pourrai a expliqué le chargé de mission des mammifères semi-aquatiques au sein de l’association de protection de la nature bretonne GMB."Dès qu’elle tombe sur quelqu’un qui lui montre que ses argumentaires sont faux, elle regarde ses papiers comme elle est en train de le faire, elle regarde ailleurs car elle a peur au point de disparaître complètement de plusieurs pays d’Europe centrale a-t-il encore fustigé.

L’autre l’a attaqué bille en tête, refusant tout de go son argument, et expliquant que ses pattes palmées et son pelage imperméable lui permettent d’être parfaitement adaptée à la vie aquatique. Du pain bénit pour son adversaire qui a utilisé son temps de parole à dénoncer les premiers signes de recolonisation de microbes d’étrangers en situation irrégulière dans les années 1980 même s’ils étaient très mesurés ».

En France, on n’en trouvait plus que quelques spécimens. « À l’époque, ces petits animaux étaient comme certains rongeurs appelés “les puants” et étaient éliminés assez systématiquement », a-t-il encore insisté.

Cet échange de poissons morts nettoyant les rivières a marqué le seul relief d’un débat assez terne.


Capucine Flais

C’est la troisième nuit qu’éclatent de telles violences dans ce quartier. Elles perdent en intensité mais s’étendent et se propagent aux alentours. Dans les zones urbaines proches, une foule de six cent personnes pillent et dégradent les commerces environnants. Le quartier laisse apercevoir des carcasses de voitures incendiées, des commerces éventrées, des poubelles incendiées ainsi que des barrages de ferrailles en travers de la chaussée.

Le quartier devient le théâtre de la violence et de la détresse sociale avec comme acteurs des groupes de jeunes et des membres des forces de l’ordre.

Ils s’affrontent la nuit durant, près du port ou bien au cœur du quartier. La violence est réciproque, les lancers de bouteilles incendiaires rencontrent les tirs de grandes lacrymogènes. Des incendies éclatent de part et d’autre du quartier qui abrite désormais des remparts de pierre et des poubelles en feu.

Au fils de ces trois jours, le chaos tente de trouver des responsables : cent trois personnes issus de groupes de jeunes sont arrêtés. Quatre d’entre eux se retrouvent en prison, condamnés.

Ses causes sont elles peu à peu mises en lumière : les habitants du quartier n’ont pas d’emploi et la vie y est trop chère. La survie ne leur convient plus, ils s’attaquent alors au symbole : les commerces, les biens de consommation, bâtiment public ou administratif.


Quentin Corzani

C’était il y a très longtemps, on faisait face à une révolte dans une ville très particulière. Le pouvoir, de fait, redoutait une extension de cette rébellion. Il décida de faire un "exemple", d’infliger à cette ville et à sa population une punition telle qu’elle briserait l’insurrection naissante. Elle fut bombardée à l’arme lourde. Puis des unités spéciales entrèrent dans la ville. Durant plusieurs jours, elles en disposèrent, pour tuer, violer, torturer, piller à loisir. Il est impossible d’estimer le nombre de victime et de chiffrer les dégâts.

Cela ne dura pas.

Par une perversité poussée à son comble, la cité fut rouverte afin que chacun puisse venir "voir". Et comprendre que l’on gouvernait ici par la loi du massacre. La "loi du massacre" est de nouveau mise en œuvre. Cette fois dans une ville voisine. Celle-ci revit le même cauchemar. Et sans doute est-elle destinée au même sort : être le théâtre d’une tuerie sans pitié, perpétrée "pour l’exemple". Le pilonnage a maintenant été ordonné. L’artillerie lourde est déployée : chars, mortiers, roquettes. Une bonne partie de la ville est aux mains de l’ennemi. L’armée a ciblé un quartier, 30 000 personnes environs. Femmes, enfants, vieillards, tous sont pris dans un piège terrible, cernés par les blindés, visés par les snipers dès qu’ils tentent de sortir dans la rue.

Des leçons ont été prises depuis l’ancien massacre. Il faut qu’il y ait des morts, beaucoup. Même des trêves de deux heures, réclamées pour évacuer les blessés, sont refusées.

Plus d’une vingtaine de personnes, au bas mot, tombent chaque jour sous les obus. Le monde dans son ensemble est impuissant. Les plans d’interventions sont torpillés, toute action est impossible. Au fil des morts, la pression s’accroît. La guerre va s’installer, et elle peut durer longtemps. Elle sera d’une cruauté d’un autre âge, celui de la "loi du massacre".


Andréas Dieryck

Un train de banlieue bondé a percuté le heurtoir de quai à son arrivée dans une gare du centre ville, causant la mort de 50 personnes et faisant 703 blessés, selon un nouveau bilan annoncé. "Il y a 703 blessés, selon le dernier bilan", a, de son côté, déclaré jeudi à la presse le chef du service de secours au lendemain de la troisième plus grave catastrophe ferroviaire recensée dans le pays. Le train, qui assurait la liaison entre la périphérie ouest de la ville et le centre-ville, transportait environ 2.000 passagers. Le convoi est entré dans la gare terminus sans freiner, avant de percuter le heurtoir en bout de voie, selon les images de video-surveillance diffusées à la télévision. Alors que la ville subissait les bombardements des forces de sécurité pour la vingtième journée consécutive, la répression exercée par le régime a fait au moins 60 morts.

Les secouristes ont passé quatre heures à dégager des victimes prises dans les tôles des deux premiers wagons, dont l’un s’est enfoncé de six mètres dans celui qui le précédait.

"Il y avait des gens écrasés qui criaient de désespoir. J’ai vu des cadavres et du sang de tous les côtés. Les têtes des passagers étaient restées coincées dans le cadre des fenêtres", a relaté devant la presse un témoin. Le conducteur, bien que blessé, est parvenu à sortir de sa cabine avec l’aide des secours qui ont pris en charge des dizaines de personnes dans la gare, où beaucoup de passagers, choqués, ont passé une partie de la journée assis à même le sol. Le tremblement de terre a atteint une magnitude de 3,3 sur l’échelle de Richter, selon le service sismologique. L’épicentre se trouvait à 6 km au sud-est de la ville.

"Le train était bondé. L’impact a été terrible. Les gens essayaient désespérément de sortir", a raconté aux médias un autre passager. La famille et les amis de la défunte se sont réunis dimanche au cimetière, près de la ville, pour assister à l’enterrement. La personne décédée reposera auprès de son père.

La dépouille est arrivée dimanche vers midi à bord d’un corbillard doré au cimetière de la ville située à une quarantaine de km à l’est de l’autre ville. La dame a donné naissance jeudi à une petite fille, deuxième dans l’ordre de la famille, un événement qui devrait raviver la popularité de la famille famille. "Ce matin à 04H26, une très adorable fille de 51 centimètres et de 3,28 kg est née" a annoncé le mari.

La secousse a eu lieu à 04h27 et a dû être clairement ressentie dans la région. Cette jeune femme brune, proche de la nature et décontractée, aux cheveux souvent rassemblés dans une simple queue de cheval, a su conquérir la région par son sourire rayonnant, son aisance en public et le professionnalisme qu’elle déploie.

Le mari avait défrayé la chronique ses dernières années quand des médias ont assuré qu’il fréquentait des clubs louches, participait à des fêtes décadentes, côtoyait le milieu et avait des liaisons extramaritales. Le prénom de la jeune fille doit être annoncé vendredi quand le nouveau-né sera formellement présenté à la famille, comme le veut la tradition, lors d’une cérémonie dans la maison.

Cela débute dans une chambre d’adolescent et se termine par la quasi-destruction de la ville. Il ne faudrait pourtant pas voir pour cela ce film du petit nouveau venu de la télévision comme une progression qui partirait de l’intime pour parvenir au monumental. Les deux extrémités du film sont en effet attachées par un lien organique fort. Le spectaculaire est ici une manière de figurer un état d’âme individuel particulier, limite, douloureux.


Constance Fauquenot

Le régime du pays étranger, dirigé par le père du président, fait face à une révolte armée dans une ville. Le pouvoir redoute une extension de cette rébellion menée par un groupe religieux. Il décide de faire un « exemple », d’infliger à cette ville et à sa population une punition telle qu’elle brisera l’insurrection naissante.

Il fait bombarder la ville à l’arme lourde.

Mais la ville est vite rouverte afin que chaque ressortissant du pays puisse venir « voir ». Et comprendre que le pays est gouverné selon la loi du massacre.

Le régime du président ordonne le pilonnage d’une autre ville à l’artillerie lourde. Une bonne partie de la ville est aux mains de l’insurrection populaire qui défie le régime.

Les forces de sécurité du pays abattent des femmes et des enfants désarmés, bombardent des quartiers résidentiels et torturent des blessés dans les hôpitaux suivant les ordres au « plus haut niveau » de la hiérarchie militaire et gouvernementale. L’armée cible un quartier de la ville, 30 000 personnes à peu près. Femmes, enfants, vieillards, tous sont pris dans un piège terrible, cernés par les blindés, visés par les snipers dès qu’ils tentent de sortir dans la rue.

Le président apprend bien la leçon de l’autre ville, c’est un homme consciencieux. Il faut qu’il y ait des morts, beaucoup. Il refuse la requête d’un organisme humanitaire international, qui sollicite deux heures de trêve pour évacuer les blessés. Il opère sous la protection diplomatique de deux grands pays. Coïncidence ? Il lance l’assaut au même moment où les capitales de ces pays s’opposent à toute médiation d’une union diplomatique internationale.

Mais, contrairement à son père, le président massacre à l’ère d’Internet. En direct, en somme.

L’union diplomatique internationale est impuissante. Le plan d’intervention d’une ligue du pays est torpillé par les alliés étrangers du régime. Au fil des morts, la pression s’accroît pour armer les rebelles – en matériel lourd. Des manifestations sont organisées dans un grand nombre de villes du pays, pour soutenir notamment les habitants des quartiers insurgés de la ville bombardée. Mais la répression s’exerce dans tout le pays et la guerre s’installe, elle peut durer longtemps. Elle est d’une cruauté d’un autre âge, celui de « la loi du massacre ».


Mathieu Grasse

Cette année plus que les autres, les services de sécurité sont placés en état d’alerte. Le président appelle ses concitoyens à faire preuve d’une « vigilance accrue », alors que tout le pays se prépare à une journée de commémoration. Le pays fait état d’une menace d’attentat « crédible, mais pas confirmée », qui est, selon les déclarations d’une haute responsable politique liée à un groupe extrémiste bien connu. Les autorités n’ont pas jusqu’à présent lié aussi explicitement cette menace, révélée, au réseau terroriste.

Le président tient à saluer « l’excellente coordination et le partage d’informations », dans un communiqué. Le vice-président a auparavant déclaré qu’il n’y avait pas « d’indice flagrant » d’une menace, mais confirme que les autorités enquêtent sur un éventuel attentat à la voiture piégée.

« Le président est mis au courant d’informations sur une menace spécifique et a reçu des mises à jour régulière », indique un autre responsable . Il demande donc « à la communauté de redoubler d’efforts en réaction à cette information digne de foi mais non confirmée », précise ce responsable sous le couvert de l’anonymat. En cette date symbolique, de très nombreuses célébrations sont prévues dans de nombreuses villes. Dimanche, le président se rend sur les sites de la tragédie.

« Comme nous le savons d’après les renseignements obtenus après le raid contre le responsable des attentats, son groupe montre un intérêt pour les dates importantes et les anniversaires », explique de son côté le département à la Sécurité intérieure. Des responsable qui souhaitent garder l’anonymat sont plus précis, indiquant que cette menace prendrait la forme d’un attentat à la voiture piégée et viserait deux cibles de choix, deux villes déjà frappées dans le passé. Selon une chaîne de télévision, qui cite des responsables du renseignement, au moins trois personnes venant d’un pays étranger et lointain, dont un ressortissant du pays visé, sont entrées par avion sur le sol il y a quelques mois avec l’intention de commettre un attentat.

Le maire de l’une de ces deux villes annonce que « la police va déployer des ressources additionnelles autour de la ville et prendre d’autres mesures pour en assurer la sécurité ». Le chef de la police, précise que le renforcement du dispositif policier inclut l’augmentation de 30% du nombre des patrouilles, la mise en place de contrôles de véhicules, la multiplication des contrôles des sacs dans les transports en commun, une surveillance accrue des ponts, des tunnels, des monuments et des bâtiments officiels, et une utilisation renforcée de chiens renifleurs. Il incite cependant les habitants à « ne pas changer leur routine quotidienne », en rappelant que plus d’une douzaine d’attaques potentiels ont été empêchées.


Adam Chour

Dans le monde des marins, il est des superstitions qui résistent contre vents et marées. Alors que le progrès technique et le développement des moyens de communication ont considérablement amélioré la sécurité en mer, certaines croyances ont toujours le vent en poupe. Ils ont sans doute raison. Un lointain pays a vécu, hier, l’une de ses journées les plus sanglantes depuis le départ des troupes qui l’occupait, avec au moins 42 personnes tuées lors d’une série d’attentats à travers tout le pays. Dans un pays voisin de la région, des reporters blessés, un journaliste et un photographe, ont appelé à l’aide dans deux vidéos distinctes, depuis la ville pilonnée dans le centre d’une des villes de ce pays, pour être évacués "au plus vite".

Ils auraient bien besoin de ce professeur neurochirurgien dans un hôpital du sud. En effet, s’aventurer bistouri à la main à l’intérieur du cerveau afin d’en extraire des tissus cancéreux ou des tumeurs, c’est son quotidien (ou presque). Dans son bloc opératoire, logé dans une petite pièce au cinquième étage de son service, non seulement il ouvre le crâne de ses patients, mais en plus il les réveille pendant l’opération !

Dans une tout autre ambiance, une starlette étrangère célèbre sera prochainement l’invitée d’un show télévisé humoristique très célèbre dans son pays, ce qui n’est pas du goût de tous. La chaine a confirmé sur Twitter la présence imminente de la starlette aux multiples déboires judiciaires, sur son plateau, avec un certain musicien.

Toujours dans la justice, un criminel a été condamné par une cour d’assises à une peine de 30 ans de réclusion criminelle pour l’assassinat de deux femmes dont un avait entraîné la condamnation d’un autre homme, ensuite libéré. La condamnation a été assortie d’une période de sûreté représentant les deux tiers de la peine. Dans le box des accusés, le criminel, 37 ans, est resté impassible à l’énoncé de la décision. La cour est restée en deçà des réquisitions de l’avocat général qui avait réclamé la réclusion à perpétuité, assortie d’une période de sûreté de 22 ans. La cour l’a reconnu coupable de meurtre avec préméditation, de vol, mais aussi de viol de l’une des deux victimes. La cour n’a, en revanche, pas retenu la circonstance aggravante de viol sur la personne de l’autre victime Pendant ce temps, une nouvelle loi dans une contrée voisine à la notre interdit d’élever des chiens et des chats en dehors d’élevages cautionnés par des organisations professionnelles officielles. Entrée en vigueur dernièrement, la nouvelle loi interdit d’élever des chiens et des chats à des fins commerciales en dehors d’élevages parrainés par des organisations professionnelles nationales. Elle interdit aussi l’achat et la vente d’animaux domestiques en dehors de leur lieu d’élevage. La situation est en pleine évolution depuis, mais les éleveurs illégaux ne désarment pas. « Je vends des chiens depuis cinq ans. Cela me fait un plus à ma retraite », explique l’un d’eux en cachant son visage et refusant de dévoiler son nom. La disparition à terme des élevages non déclarés fait rêver les gérants de refuges pour animaux, qui ont du mal à caser tous les chiens errants qu’ils sont obligés d’accepter. Car en moins de deux mois, les nouvelles dispositions ont d’ores et déjà commencé à porter leurs fruits. Cependant, ici, les prix des logements anciens, qui ont battu un nouveau record dans la capitale, devraient connaître cette année une légère baisse, mais rester élevés en raison de la pénurie d’habitations, principalement dans les métropoles. Ces évolutions peuvent peut-être s’expliquer par la descente en flamme d’un député du parti majoritaire, pour une fausse histoire d’homophobie, qui sert de nombreux intérêts au sein du parti et ressemble furieusement à l’aboutissement d’une manœuvre d’appareil. Le député ferait notamment les frais de la campagne « conservatrice » du président auprès de la frange la plus « moderniste » de son parti.


Felvia Khadijah

Les troubles qui secouent le territoire depuis trois jours ont gagné toutes les régions dans la nuit de jeudi à vendredi sans provoquer d’importants dégâts, selon la préfecture, alors que doit se tenir aujourd’hui, une réunion cruciale sur le coût de la vie.

En premier lieu cantonnées, les violences se sont propagées dans une dizaine de villes dans la nuit où elles se sont limitées à des heurts sporadiques avec les forces de l’ordre et des barrages routiers constitués de poubelles enflammées sans toutefois causer de dégradations majeures, selon la préfecture.

Le service départemental d’incendie et de secours a enregistré 180 sorties dans la nuit. Partout le même scénario s’est produit durant la nuit : des groupes de 50 à 100 jeunes investissent le centre-ville, dégradent du mobilier urbain, enflamment des poubelles, provoquant l’intervention des forces de l’ordre qu’ils affrontent par des jets de pierre avant d’être dispersés par les grenades lacrymogènes. Pour une seule commune, le nombre d’interpellation se chiffre à 26 jeunes, la grande majorité d’entre eux ayant à peine 16 ans, selon la préfecture. Dans un quartier du chef-lieu, investi en force par les policiers les violences se sont poursuivies pour la troisième nuit consécutive.

Qu’en est-il du politique ? Rien : quand le mage noir déclare la guerre aux arbitres pour ne pas débattre avec Epéios ; le conquérant fait des promesses qu’il ne tiendra pas, reprenant du vieux pour en faire neuf. Que l’on ne s’inquiète point de ces évènements, le Cerbère veille aux grains.


Loan Santiago

Les troubles qui secouent l’ile depuis trois jours ont gagné toutes ses régions sans provoquer d’importants dégâts, selon la préfecture, alors que doit se tenir prochainement une réunion cruciale sur la vie chère. Cantonnées à un quartier de la ville principale en début de semaine, avant de s’étendre à une commune voisine deux jours plus tard, les violences se sont propagées dans une dizaine de villes dans la nuit où elles se sont toutefois limitées à des heurts sporadiques avec les forces de l’ordre et des barrages routiers constitués de poubelles enflammées.

Les policiers ont essuyé une pluie de cocktails molotov de la part d’une centaine de jeunes dans le centre ville mais pour la première fois depuis le début des heurts, aucun commerce ou bâtiment public n’a fait l’objet de pillages ou de dégradations importantes, a relevé le directeur de cabinet du préfet. Pendant ce temps un ouvrier de 58 ans a été mortellement blessé par l’explosion d’une bouteille de gaz dans une usine de stockage quelque part dans le Nord du pays a-t-on appris aujourd’hui auprès des secours. 

L’explosion s’est produite dans la nuit, alors que l’ouvrier effectuait une manoeuvre avec une grue, sur le site d’une usine de stockage d’un grand groupe du secteur, ont précisé les pompiers. Un autre ouvrier a été transporté à l’hôpital en état de choc. Plus dangereux qu’un cocktail molotov, le travail sur chantier. Ailleurs dans le pays, la mort se fait banale.

Un jeune homme de 21 ans, connu des services de police, a été abattu il y a peu dans une cité des quartiers Nord d’une ville du Sud du pays et un autre, âgé de 19 ans, a été blessé dans le dos, a-t-on appris aujourd’hui de source proche de l’enquête. Selon les premières constatations des enquêteurs de la brigade criminelle de la PJ, un homme seul et casqué a fait irruption dans un snack de la cité, tirant à une vingtaine de reprises à l’aide d’un pistolet-mitrailleur "Skorpio" de calibre 7,65.

Dans un cadre plus convivial un président étranger en quête de financements en vue de sa réélection est parvenu a soulever 2,1M de monnaie locale auprès d’une star d’un sport très populaire dans le pays. 


Sans faire de victime cette fois, un obus d’un mètre de long et de 30 centimètres de diamètre a été découvert à l’occasion de travaux dans le parc d’un lycée du centre du pays a-t-on appris auprès des pompiers.

Une équipe de démineurs s’est rendue sur place ce soir.

L’actualité reste donc avant tout explosive.


Côme Dartiguenave

Pour obtenir une cartographie précise des circonscriptions qui leur sont favorables, les treize candidats en lice pour les élections présidentielles ont eu l’idée d’équiper… des sangliers et des macaques de dosimètres et de GPS.Pour démarrer l’année avec énergie et enthousiasme, rien de tel qu’une bonne injection de funk rock, mâtinée de power pop. Nous n’aurions raté le discours pour rien au monde. Surtout que ce soir-là, nous étions les invites du Président qui a tenu son premier grand discours en vue de sa réélection devant une salle comble et enthousiaste de plusieurs de milliers de personnes. Quel grand bonhomme. Quarante minutes, pas une de plus, axées sur trois thèmes clés : L’amour du pays , la vérité dite aux citoyens et le courage de prendre des décisions politiques qui permettront de traverser la crise. Arrivée quinze minutes avant le début du meeting, sa femme était, tout sourire, assise au premier rang au côté du Premier ministre. Entièrement à l’écoute de son mari, on la sentait concentrée et prête à applaudir à chaque fin de phrase du discours.Le candidat a assuré lors d’une conférence de presse qu’il irait "jusqu’au bout". Sur les "quelques signatures qui nous manquent" pour être sûr de passer l’obstacle du Conseil constitutionnel, il y a "un énorme boulot encore", a-t-il ajouté. Il a lancé un "appel à l’ensemble des maires aujourd’hui hésitants" à ne pas se soumettre aux "pressions diverses et variées". "Si vous êtes copains avec des élus...", a il même lancé aux journalistes présents. L’ouvrier candidat s’en serait d’ailleurs pris à la hussarde, dans le sous-sol marbré du restaurant, à cette sulfureuse blonde qui n’aurait pas apprécié.On parlait de call-girls, de parties fines et de détails croustillants. On découvre que cet incroyable « scandale de palace », qui éclabousse des notables , des policiers et aussi...des politiques , masque un réseau international de prostitution, des affaires de drogue et des trafics en tout genre. Une enquête édifiante. Alors que le principal concerné par cette affaire paraissait devant le tribunal, accompagner de ses avocats, il s’est exclamé : “ils sont jaloux, Ce sont d’ailleurs toujours les mêmes. Mais ils n’ont aucune preuve et ne donnent aucune explication de ce qu’ils avancent. Seul mon désir de m’améliorer pendant de longues heures quotidiennes de travail explique mes performances".


Hadrien Lafond

Tous les yeux se rivent sur ces deux pays qui se mènent depuis plusieurs semaines une guerre de l’ombre. Démonstration de force navale contre menace d’intervention, la tension est à son comble. Le doigt sur la gâchette, cet Etat semble prêt à faire cavalier seul. Son chef d’état-major déclare en exculsivité pour notre journal : "Nous sommes le garant central de notre propre sécurité. C’est notre rôle en tant qu’armée. L’Etat doit se défendre lui-même." La menace d’une fuite en avant, qui risque de faire plonger la région dans une guerre conventionnelle, inquiète les gouvernement occidentaux, si bien que les représentants de certains pays multiplient les allers-retours et les conciliabules avec leurs homologues.

A-t-il vraiment les capacités militaires et tactiques pour intervenir seul ? La question est source d’un intense débat. Selon des responsables de la défense et des analystes militaires proches du pouvoir, cités par un grand journal, "une attaque visant à retarder la mise en oeuvre du programme nucléaire est une opération gigantesque et hautement complexe". Cette opération serait en effet d’une toute autre ampleur que les frappes "chirurgicales" menées contre un réacteur nucléaire il y a quelques années.

Selon le scénario privilégié, son armée a le projet de frapper les quatre sites nucléaires les plus importants. Selon un journaliste, une telle opération nécessite que les pilotes traversent plus de 1 500 km d’un espace aérien hostile, avec ravitaillement en vol, repoussent les défenses aériennes et attaquent simultanément plusieurs sites souterrains, ce qui va les forcer à utiliser au moins cent avions. Or le directeur des services secrets de 2006 à 2009, déclare que des attaques aériennes pouvant retarder de façon décisive le programme nucléaire d’un certains pays sont "au-delà de la capacité" de son armée, en partie du fait de la distance que sa flotte aérienne doit parcourir et de l’ampleur de la mission, rapporte le correspondant.

Toutefois, admet un haut responsable de la défense, nous "n’avons pas une visibilité parfaite" de leur arsenal, sans parler de ses calculs militaires. "Il y a de nombreuses inconnues, il y a de nombreux risques potentiels, mais ces derniers doivent savoir que ces risques ne sont pas si sérieux", estime un expert militaire du Centre d’études stratégiques et internationales. Pour les futurs assaillants, les limites tactiques qui s’imposent dans une telle opération sont connues de longue date. "Même les planificateurs et les commandants de l’armée ne croient pas qu’il puisse complètement détruire leurs capacités nucléaires", note un diplomate. Les officiers de l’armée de l’air répètent à l’envi, rapportent-ils, que "nous aurons à retourner dans ce pays une seconde fois, nous ne nous faisons aucune illusion sur le fait que nous ne pourrons retarder leurs projets que de deux ou trois ans au plus". Difficile oui, mais pas impossible, estime toutefois le journaliste.

2 commentaires
  • Ateliers d’écriture à Sciences Po Paris #5 2 mars 2012 17:33, par Francis Royo

    Petite digression : la photo est splendide.

    • Ateliers d’écriture à Sciences Po Paris #5 2 mars 2012 21:48, par Pierre Ménard


      Édouard Levé était écrivain et photographe. Ces deux photographies font partie d’une série intitulée « Quotidien » qui comme « Pornographie » ou « Rugby », sont des mises en scène archétypales qui se retrouvent dans le livre Reconstitutions (Philéas Fogg).

      « Le référent, très présent dans certaines séries comme « Actualités » ou « Pornographie », affirmait Édouard Levé dans une interview à Paris-Art, finit par disparaître dans la série « Quotidien », alors qu’il pourrait être très présent puisqu’il s’agit de stricte copies de photographies de reportage trouvées dans le journal Libération. »

      Voir en ligne : Pierre Ménard

Ateliers d’écriture à Sciences Po Paris #5
Publié le 2 mars 2012
- Dans la rubrique ATELIERS D’ÉCRITURE
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