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LIMINAIRE
Récit numérique collaboratif : à l’ère du web, le texte s’émancipe de sa forme


Le projet consiste en une série de douze ateliers d’écriture durant le deuxième semestre des étudiants en première année de Sciences Po, ayant pour but de procéder à l’écriture collective d’un récit numérique via Twitter.

Atelier n°1 :

Dresser l’inventaire de ses projets oubliés, de ses rendez-vous manqués, de ses pas perdus, de ses rêves détruits, évanouis, ravis, toutes ses phrases inachevées ou même jamais commencées. La violence des circonstances de chaque disparition ou leur prosaïsme les magnifiant.

Henri Lefebvre, Les unités perdues, Virgile, 2004.

Café de Flore, 2012

 

 

 

 

 

 

 

Textes des participants :

Dans mon esprit d’enfant,

Construire une tour de Lego sans fin… était un but

Dans mon esprit de jeune adulte,

Ne pas bachoter, éviter les marécages sinueux et les horizons chancelants des études, vivre au loin et au calme, de tout et de rien, hors du temps… était un rêve Dans mon esprit de petit garçon,

Vivre comme au temps des chevaliers en ma citadelle de Carcassonne … était une évidence

Dans mon esprit d’adolescent,

Atteindre un niveau de compétition au fleuret, et pourquoi pas suivre les traces de nos grands champions… était une vocation

Dans mon esprit d’étudiant,

Réaliser mon stage de bout en bout … était un devoir

Dans mon esprit de poète,

Faire de la littérature le point d’orgue de ma vie … était le plus doux des songes Dans mon esprit de musicien,

Les vibrations des cordes de guitare… était un remède à l’écoulement du temps Dans mon esprit d’aventurier,

Visiter pays après pays au gré de mes envies … était une épopée fabuleuse Dans mon esprit de bon Sciences-piste

Me coucher tôt, préparer mes exposés si ce n’est à l’avance, au moins à temps, moins fréquenter le Basile, être assidu aux amphis … était une éphémère résolution

Dans mon esprit de pragmatique,

Nulle tour ne pouvait atteindre les cieux, nulle vie d’ermite ne pourrait satisfaire à mes besoins, nulle invention ne me ferait vivre le temps des Cathares, nulle place pour concilier mes heures de stage à celle de cours, nul tour du monde ne me donnerait un métier

Dans mon esprit de fainéant,

Nul moyen de m’astreindre à cette prépa Khâgne qui m’aurait ouvert les voies de la prose, nulle motivation pour suivre des heures infinies d’entraînement pour devenir le meilleur des bretteurs

Dans mon esprit buté,

Le solfège s’érigeait comme le plus grand des obstacles face à mon envie d’apprendre un instrument

Dans mon esprit, finalement,

Nulle place à l’utopie mais choix après choix, avancer ses pions avec raison et marcher toujours. Pour ne pas crever.

Loan Santiago


J’avais voulu réparer la tuyauterie, comme un grand, sans aucun accord parental au préalable, et avec une expérience aussi mince qu’un spaghetti .. Et résultat : je ne serai jamais plombier.

J’avais voulu finir ce livre, qui semblait passionnant, mais après 517 jours de lectures, ayant trouvé 21 fois le sommeil sur la même page, le tout saupoudré d’un marque-page qui n’a eu que pour fonction de rester à la page 649, j’ai redonné ce bouquin à ma soeur, afin de tourner la page. « je t’avais bien dit que ce livre n’était pas fait pour toi », disait-elle, sourire idiot.

J’avais voulu faire le tour du monde, vaste projet ; j’ai fait le tour du parc Montsouris, d’une vaste étendue, suffisante pour le moment.

J’avais voulu reprendre la nouvelle année en me levant tôt, comme un symbole ; mais l’aridité d’une gorge tout juste sorti d’un bain d’alcool, et la chaleur compact de mon lit m’ont ordonnés le contraire.

J’avais voulu arrêter la cigarette en la substituant par la pipe ; et depuis, je fume cigarettes et pipes.

J’avais voulu être sérieux, me reprendre en main, et aller le lundi matin avec dynamisme au cours d’histoire de Jean-François Chanet ; j’y suis allé avec nonchalance, et des cernes de trois centimètres m’ont scotchés à la table, tandis que la berceuse historique persistait.

J’avais voulu aller courir, tous les dimanches matin, à l’heure de la messe, mais malheureusement je n’ai pas eu le courage ni le réveil du prêtre. Une absence de foi, ai-je pensé.

Bref. Tant d’échecs.

Andréas Dieryck


Café de Flore, 2012

 

 

 

 

 

 

 

La vie est une succession sans fin de débâcles et d’échecs, d’illusions et de déceptions, d’espoirs abandonnés, de projets avortés. Parfois, les circonstances, la chance, ou la Providence nous sourient et un succès illumine notre destinée : on s’en contente, on s’en réjouit, on s’en pavane, on en fait notre petit bonheur. Mais à y regarder de plus prés, dans une démarche d’introspection profonde de sa conscience, de son vécu, de son expérience, on se rend compte qu’on a en réalité accumulé les échecs.

On a plein de rêves quand on est gosse. On a beaucoup d’ambition, beaucoup d’inspiration. On est naïf aussi. On veut devenir un super héros. Puis on grandit et on se rend compte que les supers pouvoirs n’existent pas. Alors, on devient plus réaliste et on se rabat sur des projets plus modestes. On veut devenir pilote de chasse, ou pilote de ligne. On veut de la vitesse, de la hauteur, du danger, on veut des sensations fortes. Puis on grandit, on développe une myopie, et on se rend compte que ce n’est plus vraiment possible. Alors, on change, encore et encore : la déception est vite passée à cet âge la. Combien de projets, de métiers, de perspectives, combien d’ambitions ai-je déjà envisagé au cours de ma courte vie ? Enormément. Je me voyais mathématicien, je me voyais architecte, je me voyais médecin, pharmacien, ingénieur, businessman, diplomate, avocat… A chaque fois, l’idée me séduisait un certains temps : j’en voyais les avantages, j’en mesurais les bénéfices. Puis rapidement, elle m’ennuyait, le rêve s’estompait et je passais à autre chose.

On est téméraire quand on est jeune. On a beaucoup de curiosité, beaucoup de caprices : on veut tout essayer, tout connaitre, tout tenter. Mais encore et toujours, c’est la désillusion. Pour moi, ça commença le jour où je pris conscience combien mes mains manquaient d’habilité. Toute association entre mes doigts, un crayon et un papier, aboutissait à des résultats d’une telle hideur que j’abandonnai rapidement tout espoir de devenir un jour un brio du dessin. Ou encore combien d’activité sportive ai-je déjà expérimenté au cours de ma courte existence ? La natation que je pratiquais pendant sept ans, puis que j’arrêtais, par manque de temps. La gym que je pratiquais pendant trois ans, puis que j’arrêtai, par paresse. Ou encore, le foot que je pratiquais pendant une misérable année, puis que j’arrêtai, par dépit. Dépit de savoir que l’équipe augmentait sensiblement ses chances de réussite lorsque je chauffais le banc.

Aujourd’hui,

Que d’échecs ! Que de déconfitures que la vie nous accable de son lot quotidien. Que dire de ce plat indigeste - pourtant cuisiné avec amour et appétit - inconsommable pour le commun des mortels ? Que dire de cette promesse jamais tenue ; de cette fille jamais séduite ; de ce livre jamais fini ? Que dire de cet examen raté, de ce train loupé, de cet ami déçu ? Que de débâcles ! Plus on y pense, et plus il y en a : des dramatiques et des grotesques, des proches et des lointaines, des drôles et des moins drôles….. Plus on cherche à les dénombrer, à les recenser, et plus il apparait à notre esprit qu’elles sont trop nombreuses, infinies. Alors on se rend compte que vouloir faire une liste exhaustive de ses insuccès est impossible, et qu’en fin de compte, même cette tentative est un échec. Un parmi d’autres.

Adam Chour


Je me revois petit , par une belle et douce journée ensoleillée de Juillet , allongé au milieu de la d’une calme et merveilleux forêt imaginant le futur, mon futur. Des projets, des rêves tout le monde en a, tout le monde en fait. Ce sont ces projets qui nous poussent à voir plus loin que le simple lendemain. La grande question que je me pose ce jour est la suivante : à l’aube de la vingtaine quelles réussites et surtout quels échecs. C’est une vaste question, l’une de ces grandes questions que nous sommes amenés a nous poser, un jour ou un autre. Etant d’un naturel optimiste j’ai tendance à ne que retenir succès plutôt que des échecs. Je n’aime pas échouer il faut le souligner. Malgré tout, je suis bien obligé d’avouer que tout ne peut être parfait, comme je le voudrais.

Mon grand défaut reste la curiosité et mon coté cartésien ce qui m’a joué me joue et continu a me jouer bien des tours. Le premier exemple qui me vient en tête ne s’est pas encore déroulé. Dimanche est le jour de mon anniversaire. Des amis préparent actuellement, en surprise, une petite soirée pour le fêter dignement. Je vais devoir jouer l’effet de surprise puisque je suis déjà au courant. Je sais, par avance, que je n’arriverais pas à masquer le fait que je sois au courant de leur plan secret : ils vont forcément s’en apercevoir. Mes amis seront sans aucun doute déçu que l’effet de surprise ne prenne pas. Mais que voulez-vous c’est comme ça, je ne vais rien pouvoir faire contre.

Mon grand échec reste le tennis. Commençant ce sport dès mon plus jeune age, ce fut une véritable passion. Plus qu’une passion : un vrai plaisir. Un plaisir qui deviendra rapidement une vocation. Doté d’un certain talent selon les déclarations de mes différents entraineurs, j’ai entamé la compétition, multipliant les séances. Un lourd choix s’imposa à moi, quitter mon club de cœur, celui de ma petite ville natale, pour rejoindre le grand club rival voisin. Mais avec un entrainement quotidien j’ai indéniablement élevé mon niveau de jeu. Cela n’a pas tardé à se manifester en club ou j’ai gravi les échelons jusqu’à devenir capitaine de l’équipe une. Mais aussi dans les tournois , au cours desquels j’enchaina les bonnes performances (et victoires). Malheureusement un rayon de sable est venu enrayé cette machine, s’il on peut dire. Un séjour idyllique s’est transformé en véritable cauchemar. En vacances en Thaïlande , en profitant des joies de ce petit paradis, je me suis grièvement blessé au genou. Je ne pourrais revenir sur les explications médicales, j’ai toujours était très moyen dans le domaine scientifique (ce pourrait être un autre échec à avancer, mais puisque je suis à SciencesPo le domaine scientifique et médical n’a que très peu d’importance, je ne suis pas en faculté de médecine bien heureusement). Tout ce qui est à retenir c’est que j’en suis quitte avec mes ambitions sportives, avec ma passion et mes rêves. J’ai du, par la force des choses, renoncer au tennis pendant plusieurs années. Et même si aujourd’hui je peux a nouveau taper la petite balle jaune sur la terre battue que j’apprécie tant, plus rien n’est comme avant. Mon niveau de jeu ne sera plus jamais le même, la compétition c’est terminé pour moi. Il ne me reste plus que ces merveilleux souvenirs, ces victoires individuelles et plus importantes encore les moment partagés en équipe.

J’entretiens de bonnes relations avec tout le monde, je peux paraître comme timide et réservé mais lorsque l’on gratte un peu on s’aperçoit très vite que ce n’est pas du tout le cas. En y repensant certaines amitiés fortes nouées dans le passé ne sont plus aujourd’hui d’actualité. Cela pourrait bouleversé un homme mais il paraît que j’ai un cœur de pierre et que je suis insensible, c’est ce qu’on me dit parfois (souvent en vérité). Et ce n’est pas peut être pas totalement déplacé, il se pourrait que cela soit vrai. Rien ou très peu de chose me touche. Je ne suis pas du genre à pleurer sur mon sort ou à sombrer dans la nostalgie. Je regarde toujours plus loin, très (trop) loin devant moi. Je comble les échecs par de futurs espoirs, ambitions. Revenons à ces relations, car je m’éloigne du sujet. Nous avons tous eu, durant les années maternelles et primaires un grand ami. Pour moi ce fut une grande amie. Nous partagions énormément de choses ensemble (hors contexte cela peut sembler suspect mais rien de cela à ce jeune age). J’ai toujours imaginé cette amitié éternelle voire indestructible. Or j’ai appris que rien n’est éternelle ou indestructible. Avec le temps, et diverses autres explications nos routes se sont éloignés. A tel point que depuis quelques temps nous ne nous parlons plus. C’est bien dommage. Mais après tout c’est la vie. Je ne pourrais expliquer les raisons de ce détournement amical. Une autre relation s’est elle aussi détérioré récemment. A la différence du premier exemple je suis dans l’obligation de convenir que c’est moi qui ai fauté. J’irais plus loin j’ai adopté un comportement déplacé et indigne de la confiance qu’avait cette personne en moi. Je ne perd pas espoir de remédier a cette situation et de partager un jour un verre avec cette personne … au Basile, au flore ou bien tout simplement au PMU de ma ville Mosellane cela n’a guère d’importance à mes yeux.

Autre espoir que je vois s’effilocher de jour en jour : avoir une relation normale ’’normale’’ avec mon parrain. Cette relation n’est pas tendue, j’ai plutôt tendance à dire qu’elle est inexistante. Elle semble se limier au déprimant salut, ça va ? Bien et toi ? Pourtant , j’espère naïvement certainement qu’un jour celle-ci puisse prendre plus d’importance. Pourquoi je veux ca ? Je ne serais l’expliquer. Peut être uniquement parce que je n’aime pas l’échec et que je n’aime pas les conflits ou en l’occurrence dans ce cas de figure ne pas avoir d’importance pour quelqu’un. J’imagine pour cela un scénario très simple pour faire naitre cette relation : l’accompagner en Australie. Mon parrain se rend chaque année plusieurs semaines en Australie chez un de ces amis Anglais. Il s’y rend habituellement en Janvier , puisque c’est la belle saison au pays du kangourou. Vous n’êtes pas sans ignorer qu’a SciencesPo nous disposons de longues vacances pour Noël, j’ai donc sauté cette occasion et prétextant vouloir améliorer mon anglais (ce n’est pas qu’un prétexte à vrai dire) pour proposer de l’accompagner, m’imaginant déjà jouer mon Depardieu (dans une version soft) sur le vol de la compagnie Fly Emirates. Malheureusement un coup du destin m’empêcha d’accepter un verre de l’hôtesse puisque mon parrain doit rester chez lui en Allemagne pour s’occuper de la rénovation d’un de ces restaurants. C’est une occasion manquée mais je sais que d’autre se présenteront.

Mathieu Grasse


 

 

 

 

 

 

 

Petite, j’ai essayé beaucoup d’activités, musicales et créatives entre autres, et les ai toutes arrêtées rapidement. J’ai commencé à apprendre plusieurs instruments, trois exactement, et j’ai vite arrêté chacun d’entre eux. J’ai commencé par le violon, mais j’ai arrêté après quelques mois. Ensuite, je me suis mise au piano, et j’ai suivi quelques cours seulement ! Trois ans plus tard, j’ai commencé la flûte traversière, et mes parents m’avaient bien avertie, je devrais tenir plus longtemps que les autres fois. Je progressais, mais la flûte demande des efforts au niveau du souffle, ce qui m’a vite fait perdre patience, et j’ai décidé d’arrêter au bout de deux ans, en particulier parce que je n’aimais pas ce qu’on me demandait de jouer, des morceaux très classiques.

Je voulais aussi apprendre la peinture à l’huile, parce que c’est une technique qui permet de travailler la matière et les couleurs de manière variée. J’ai donc pris des cours pendant un an mais je me suis lassée de reproduire des tableaux. On ne laissait pas assez place à notre imagination, ce qui me décevait. J’ai décidé de ne pas poursuivre ce cours l’année suivante, et de passer au dessin. Je n’ai pas pu continuer ce cours-ci car l’horaire a changé l’année d’après. Je n’ai jamais repris de cours, mais j’ai continué à dessiner de temps en temps, sans succès.

Enfin, j’ai longtemps voulu faire un stage de journalisme, dans un grand quotidien français, ou dans une chaîne d’information. J’avais la possibilité d’en faire un chez TV5, mais je n’ai jamais obtenu de convention de stage de mon collège, ni de mon lycée, donc, étant trop jeune pour travailler, je n’ai jamais pu le faire. Pourtant, j’avais demandé plusieurs fois à mes établissements, mais les lois avaient changé, ils ne pouvaient plus donner de convention de stage si le stage n’était pas demandé par l’école. Maintenant que j’ai changé de projet professionnel, je n’ai plus beaucoup d’intérêt à faire ce stage.

Constance Fauquenot


Ayant beaucoup travaillé dans les différents domaines qui me séduisait j’ai toujours essayé d’apporter des résultats, malgré tout nos efforts il apparait que nous ne pouvons pas toujours réussir en tout, j’ai donc tenté de rendre état de certains de mes échecs importants, notamment dans la dernière année, ainsi que de plus petits mais plus répétitifs mettant parfois un trait de caractère plus grand, en évidence.

Mes échecs les plus cuisants :

Au cours de mes années de collège j’ai joué au jeu en ligne World of Warcraft - période durant laquelle je ne me serai jamais défini comme un « geek » par amour propre, mais je me rends bien compte avec le recul que c’était le cas - au bout de quelques mois j’ai essayé d’arrêté, mais j’y ai rejoué assez rapidement, en fait une semaine après. C’est plus la charge de travail après notre entrée en seconde qui m’a poussé à arrêter que ma propre volonté, ce fut pour la cause d’une certaine frustration.

Lors de l’admission post-bac, il ya quelques mois, j’avais postulé dans une prépa littéraire assez prestigieuse, Janson de Sailly, ayant travaillé durant l’année je pensais être accepté, mais j’ai été mis sur liste d’attente et refusé, mon amour propre en grandement fut blessé. Heureusement il se trouve pour moi que par la suite je fus admis à Sciences Po.

Il y a peu j’ai essayé de ressortir avec une ex-copine, cette dernière m’avait fait des propositions pour se voir à Paris, mais après quelques temps passé dans un bar où elle m’a raconté ces histoires avec son actuel copain je me suis rendu compte que cela ne serait peut-être pas possible, j’avais surement surestimé mon pouvoir de séduction sur cette personne.

Ceux qui suivent, peuvent montrer parfois que dans la jeunesse les idées sont parfois qu’une flambée bien vite éteinte.

Lors de l’année de mes 17 ans j’avais la possibilité de partir en colonie de vacance aux Etats-Unis ou de travailler, j’ai choisi de travailler pour pouvoir financer un voyage aux Etats-Unis selon mes propres envies et pour pouvoir partir avec qui je veux, mais ayant dépensé cet argent pendant l’année je n’ai finalement pas pu y aller.

Lors de mes 15 ans j’avais décidé d’apprendre à jouer de la guitare, mon professeur trop impatient me pousser au maximum, mais au bout de 9 mois j’ai arrêté, par manque d’assiduité dans mon travail.

Après mon entrée au lycée j’ai eu l’occasion de manipuler des petits programmes informatique ; avec certains amis j’ai essayé d’en apprendre plus, je suis allé sur des forums pour suivre des tutorats mais j’ai implanté des virus dans mon ordinateur, de fait, je n’ai plus osé recommencer.


Depuis mon enfance je muri une multitude de rêves. Certains plus fous que d’autres et certains plus modérés. Mais en y réfléchissant de plus près ma courte existence est parsemée d’échecs. Des échecs présents à différentes étapes de ma vie, d’importance minime ou majeure.

L’envie d’évasion, de voyage quel doux sentiment. En 2010 je suis partie en Californie pour rendre visite à une correspondante que j’avais accueillie chez moi l’année précédente et qui est devenue une très bonne amie. Depuis, nous ne nous sommes pas revue. J’aimerai y retourner et elle revenir en France mais le déplacement est coûteux et il est difficile de trouver des disponibilités communes.

Ce voyage fait parti de ce qui ma empêché d’effectuer quelque chose d’important à mes yeux. Pendant mes années en tant que lycéenne l’envie de faire un voyage humanitaire auprès des enfants en Afrique était de plus en plus grande. Toutefois je n’ai toujours pas eu l’occasion de partir car chaque année soit je m’y prend trop tard dans mes démarches soit je choisis de partir en vacances à la place, ce dont je ne suis pas fière. D’ailleurs cela révèle une partie de ma personnalité que je n’ai jamais réussi à gommer : ma paresse. Une simple anecdote traduit cela. Quelques jours avant chaque vacances je décide de me lever assez tôt tout les matins pour pouvoir profiter pleinement de chaque jours. Une fois en vacance je range mon réveil qui, à mon goût, sonne bien trop tôt tout les matins. Cette tendance à la paresse se retrouve dans une pratique devenue courante dans le monde entier : l’utilisation de facebook. « Je fais un tour sur facebook et je me met au travail » : j’ai essayé d’arrêter définitivement à plusieurs reprises mais ces tentatives ont toutes échouées. Cette fameuse phrase, très récurrente dans ma vie d’étudiante, ressort fréquemment lorsque je dois travailler toute matière en rapport avec des mathématiques. Malgré ma hantise , à chaque début d’année scolaire je décide de m’y intéresser de plus près pour tenter de ne plus devoir travailler cette matière à contre cœur mais je n’ai jamais réussi, c’est plus fort que moi, je déteste vraiment les maths. Enfin j’ai toujours voulu surpasser ma grande timidité qui ma longtemps porter préjudice. Néanmoins, bien que j’ai évolué de ce point de vue là, ma timidité est toujours présente.

Sophia Kissa


J’ai débuté le théâtre puis je suis devenue timide.

J’ai longtemps joué du piano puis je fus occupée.

J’ai repeins une vieille commode puis la paresse est arrivée.

J’ai voulu, petite, tout connaître, posséder un savoir quasi-absolu puis j’ai grandi.

J’ai acheté une machine à coudre puis je l’ai rangé, enfouie dans une armoire.

J’ai noté au mois de janvier de belles et sérieuses résolutions puis le 31 décembre est apparu sans prévenir.

J’ai rêvé d’élever des dauphins puis j’en ai vu des vrais.

J’aurai aimé tout écrire pour ne rien oublier.

J’ai tenté d’être rigoureuse, organisée, assidue et économe mais je suis définitivement née autrement.

Capucine Flais


Remonter dans ses souvenirs n’est pas chose aisée, il est parfois douloureux de faire le constat des échecs de sa vie. Je me souviens de mon enfance et de ces rêves qui peuplaient mes nuits, de la manière dont j’imaginais ma vie. A six ans, je voulais être chirurgien. Mais il faut l’avouer les sciences n’étaient pas mon domaine de prédilection et le sang ma tasse de thé. A huit ans, je voulais un chien et être vétérinaire mais mes parents n’étaient pas en accord avec ce projet. A dix ans, je voulais être pilote dans l’armé mais au dire de mes parents ce n’était pas un métier pour une fille. Les préjugés sont difficiles à contrer à cet âge. Au collège, je croyais avoir trouvé ma voie en tant qu’ingénieur car j’étais douer pour les maths et la physique. Cela vite pris court quand je suis rentrée au lycée que j’ai découvert l’économie puis réaliser ce que l’on attendait de nous en maths quand on intégrait la filière S. En terminal, j’ai cru que je pouvais tout faire. Passer le bac, réussir la préparation d’entrée à Sciences Po et passer mon permis de conduire. Sur ces trois objectifs, deux seulement se sont réalisés et mon permis je ne l’ai pas passé. Il y a de quoi être décourager quand on rate le code 2 fois.

À 18 ans, après un drame familiale j’ai pris conscience que la vie était courte et j’ai fait une liste des rêves à réaliser avant de mourir. Je veux sauter en parachute, c’est mon plus grand souhait mais comment le réaliser quand on a le vertige dès qu’il y a plus de trois étages. Je veux aller dans l’espace mais je ne suis pas astronaute et je ne pense pas pouvoir supporter l’entrainement. Je veux pouvoir conduire une moto mais je ne sais même pas faire du vélo, un manque d’équilibre peut-être ? Je ne saurais le dire je n’ai jamais pu apprendre à cause des mauvais souvenirs d’enfance de ma mère, cette dernière ayant toujours refusée que j’en fasse. Je veux trouver le grand amour mais je n’ai que des relations conflictuelles avec les hommes. Le choix de ce cours en lui-même est encore un renoncement. Je voulais faire du théâtre et étudier les relations de couple dans les œuvres classiques mais il faut se rendre à l’évidence faute de place c’est un atelier que je ne suivrais jamais. Cependant, je reste persuadé que quand une porte se ferme, une autre s’ouvre et parfois bien agréables sont les surprises qui nous attendent.

Khadijah Felvia


 

 

 

 

 

 

 

Mes parents m’ont poussé dès mon adolescence à me surpasser, surtout au niveau sportif. Il y a trois ans, j’ai pris des cours de natation dans l’optique de passer le BNSSA (Brevet National des Sauveteurs aquatiques). Lors de ma première séance, je me suis senti mal à l’aise en nageant. À cause de ce mauvais départ, je me suis senti incapable de pourvoir l’obtenir à la fin de ma formation. Bref, cela constituait presque un renoncement avant même que je passe le test. A la suite de plusieurs semaines, je ne faisais aucun progrès, à tel point que j’étais toujours autant convaincu de mon échec le jour de l’examen. Néanmoins, ce calvaire a été abrégé par mon déménagement quelques mois plus tard dans une contrée lointaine. Bref, plus de peur que de mal puisque je n’ai jamais pu passer les épreuves du BNSSA.

Ceci ne constitue qu’un petit amuse-bouche de mes échecs, en effet en voici quelques autres.

En 3e, j’avais un objectif : devenir météorologue. Face à aux difficultés rencontrées en Physique-Chimie et en Mathématiques au lycée, j’ai dû me résoudre à abandonner cette voie tant cela me paraissait insurmontable et inintéressant. Comme la vie n’est pas un long fleuve tranquille, d’autres matières scolaires se sont dressées devant mon chemin. En effet, en septembre 2010, je suis parti en Australie pendant 10 semaines pour améliorer mon niveau d’anglais. Mais pour faire valoir ce niveau d’Anglais, j’ai dû passer un examen. La mal chance m’a une fois de plus joué un mauvais tour. En effet, j’ai échoué de 2 points.

L’an passé, une envie d’entreprenariat m’envahit. La jeunesse est connue pour sa fougue et sa volonté de tout tenter. Mais comme beaucoup de choses dans la vie, ça tourne cours. En voici un cas contrait. 3 amis et moi avions eu l’idée de créer une franchise Subway dans notre ville. Cette dernière en était dépourvue, on pensait donc que l’affaire pourrait fonctionner. Notre projet est rapidement tombé à l’eau à cause de la préparation au baccalauréat. C’est toujours le même dilemme dans la vie : on doit faire des choix. A mes yeux, c’était vite fait, j’ai choisi les études. De plus, chaque membre du groupe est parti vers d’autres horizons. Mais heureusement, je n’ai pas renoncé définitivement à ce projet, ce n’est donc que partie remise !

Hadrian Lafond


Ayant beaucoup travaillé dans les différents domaines qui me séduisait j’ai toujours essayé d’apporter des résultats, malgré tout nos efforts il apparait que nous ne pouvons pas toujours réussir en tout, j’ai donc tenté de rendre état de certains de mes échecs importants, notamment dans la dernière année, ainsi que de plus petits mais plus répétitifs mettant parfois un trait de caractère plus grand, en évidence.

Mes échecs les plus cuisants :

Au cours de mes années de collège j’ai joué au jeu en ligne World of Warcraft - période durant laquelle je ne me serai jamais défini comme un « geek » par amour propre, mais je me rends bien compte avec le recul que c’était le cas - au bout de quelques mois j’ai essayé d’arrêté, mais j’y ai rejoué assez rapidement, en fait une semaine après. C’est plus la charge de travail après notre entrée en seconde qui m’a poussé à arrêter que ma propre volonté, ce fut pour la cause d’une certaine frustration.

Lors de l’admission post-bac, il ya quelques mois, j’avais postulé dans une prépa littéraire assez prestigieuse, Janson de Sailly, ayant travaillé durant l’année je pensais être accepté, mais j’ai été mis sur liste d’attente et refusé, mon amour propre en grandement fut blessé. Heureusement il se trouve pour moi que par la suite je fus admis à Sciences Po.

Il y a peu j’ai essayé de ressortir avec une ex-copine, cette dernière m’avait fait des propositions pour se voir à Paris, mais après quelques temps passé dans un bar où elle m’a raconté ces histoires avec son actuel copain je me suis rendu compte que cela ne serait peut-être pas possible, j’avais surement surestimé mon pouvoir de séduction sur cette personne.

Ceux qui suivent, peuvent montrer parfois que dans la jeunesse les idées sont parfois qu’une flambée bien vite éteinte.

Lors de l’année de mes 17 ans j’avais la possibilité de partir en colonie de vacance aux Etats-Unis ou de travailler, j’ai choisi de travailler pour pouvoir financer un voyage aux Etats-Unis selon mes propres envies et pour pouvoir partir avec qui je veux, mais ayant dépensé cet argent pendant l’année je n’ai finalement pas pu y aller.

Lors de mes 15 ans j’avais décidé d’apprendre à jouer de la guitare, mon professeur trop impatient me pousser au maximum, mais au bout de 9 mois j’ai arrêté, par manque d’assiduité dans mon travail.

Après mon entrée au lycée j’ai eu l’occasion de manipuler des petits programmes informatique ; avec certains amis j’ai essayé d’en apprendre plus, je suis allé sur des forums pour suivre des tutorats mais j’ai implanté des virus dans mon ordinateur, de fait, je n’ai plus osé recommencer.

Quentin Corzani


Devoir renoncer.Un acte que l’on doit parfois pouvoir accepter. Il faut essayer de prendre du recul sur ses actes et se convaincre que la voie choisie est celle qui nous correspond.

Pour en revenir aux faits, le contexte se situe en le début de cette année, au moment des inscriptions pédagogiques. Moment d’anxiété mais aussi de fébrilité durant lequel se jouent les six mois à venir. Un challenge, une étape à ne pas négliger dans son parcours. La date est fixée à quatorze heures précises. Je commence à bien connaître le rituel de ces inscriptions. Ce semestre s’annonçait d’ores et déjà différent par rapport au précédent. En effet, il nous fallait choisir un atelier artistique. A première vue, le terme d’atelier artistique peut paraître flou voire totalement déconnecté de nos expectatives concernant Sciences Po. Mais à la lecture de la liste des ateliers artistiques proposés, on découvre une pléiade d’enseignements divers et variés mettant en avant l’art dans toute sa splendeur à travers le cinéma, la photographie, l’écriture, la poésie ou encore le théâtre. Face à un choix d’un telle ampleur, je cherche à trouver l’atelier qui correspondrait à ma perception de l’art. Etant passionnée par la photographie et le cinéma, c’est naturellement que je me tourne vers les ateliers dédiés à ces arts modernes. Mon choix s’est fait de manière assez directe, j’étais persuadée que les autres ateliers ne sauraient répondre à mes attentes. Mon choix n’impliquait aucune demi-mesure. C’était ça ou rien. C’était l’extase ou l’ennui total. Un atelier avait particulièrement retenu mon attention : La photographie, un art du témoignage. Tout était écrit. Il me fallait cet atelier. Du moins, sur le moment, c’est ce que je pensais. C’était le 3 janvier 2012. Il était 23h07. Mon avenir, pour les prochains mois, était scellé. La stratégie était bouclée. La bataille pouvait commencer. Il fallait attendre le lendemain. J’étais enfin prête.

Le lendemain, les heures paraissaient s’étendre à l’infini jusqu’à l’heure décisive. 14 heures. Une heure qui pour de nombreuses personnes ce jour là était synonyme de détente, de pause déjeuner ou encore de repos bien mérité. De mon côté, c’était l’attente face à ce que l’avenir nous réserve. Savoir si enfin mon semestre allait correspondre à mes souhaits et mes volontés. Mais sait-on vraiment ce que l’on veut ? Sommes-nous réellement capables d’analyser ce que nous aimons vraiment de ce qui nous plaît moins ? Je ne dis pas par là que nous sommes incapables de connaître nos goûts et nos opinions. Mais il se peut ceux ci ne soient pas définitivement arrêtés et que nous ayons encore la possibilité de découvrir de nouveaux horizons. L’heure fatidique était enfin arrivée. Je pris mon ordinateur, seul intermédiaire entre moi et mon avenir. Nous étions tous en train d’effectuer la même chose sans nous en rendre compte. Les choses sérieuses commençaient à présent. Il me fallait absolument cet atelier artistique. C’était ma première mission à remplir. M’inscrire à cet atelier de photographie avant le rush des autres internautes en quête de leur sésame. 14h02. Je me trouve alors dans la rubrique consacrée à ce fameux atelier artistique. Je cherche avec dextérité et non sans une certaine anxiété mon but ultime : la photographie. Il était là, devant moi. En un clic, je cochais la case correspondante, fière de mon exploit et convaincue de ma victoire dans ce combat de clics effrénés. Puis soudain, savourant mon défi accompli, je découvris avec stupeur l’impensable. Entre réalité ou cauchemar, je ne savais que penser. Je venais de réaliser que mon choix n’avait pas été enregistré à cause d’un problème technique dû à la fréquentation record de la plateforme informatique.Pardon ? Je ne crois pas comprendre. Un problème technique vient de ruiner l’objectif de mon semestre ? C’est bien ce que je pensais. Dans l’urgence, il me fallait trouver un autre atelier qui ne soit pas complet. Hélas, je découvrais que la dextérité d’autres de mes confrères était fort supérieure à la mienne. Je me trouvais distancée dans ce sprint final. Je devais me ressaisir. Il le fallait et pour cela ne pas douter. J’essayais tant bien que mal de reprendre les choses en main tout en admettant ma défaite non sans une certaine amertume. Je me remettais en quête de quelque chose dont je ne connaissais pas encore le but. J’errais entre les différents autres ateliers qui ne m’attiraient pas ou du moins ne suscitaient en moi l’émoi de l’atelier si vite disparu. Et puis par la force du hasard ou pour être plus précise à la suite d’un mouvement de souris, je tombais sur un atelier qui attisa ma curiosité. Récit numérique. A vrai dire, au premier abord, les termes m’ont paru antithétiques. Et puis, la curiosité l’a emporté. Le concept développé dans le descriptif de l’atelier m’ont plu et c’est ainsi que depuis la rentrée, je me retrouve à une heure plutôt matinale dans ce cours intitulé « Récit numérique ».

On pourrait conclure l’histoire en disant que quand la chance n’est pas toujours au rendez-vous, il y a toujours le hasard pour y croire.

Christina Venard


Lorsque j’avais 8 ans, je vivais au Luxembourg. Bien que je ne me prenne pas pour un géant, il me semble qu’à cet âge j’étais considéré comme une personne de petite taille. A vrai dire, j’étais tout aussi peu grand que large. Cependant, je ne sais pour quelle raison, peut être justement parce que j’étais de loin le plus petits des plus petits, je désirais absolument faire du Karaté. Ma pauvre mère, qui m’aimait certainement, ne se montrait pas très enthousiaste. Après avoir pleuré toutes les larmes de mon corps, vanté ma musculature inexistante… elle m’emmena au club de Karaté. Mon rêve pris fin d’un coup lorsque le professeur lui même, en me lançant un seul regard me jugea inapte sous peine de me faire « démolir » disait il. Dans ce pays étrange mais chaleureux, même si je me trouvais dans une école française, l’allemand était obligatoire. Sur le moment, je ne portais pas de véritable intérêt à cette langue ou plutôt à l’horrible professeur qui l’enseignait. Je ne sais pour quelle raison, tout m’était insupportable en elle, peut être ses affreux cheveux noirs et blancs attachés par une vulgaire barrette, ou peut être ses horribles cardigans verts qu’elle se plaisait à porter ou encore ces ignobles jupes grises qui avait l’avantage de cacher ses mollets disgracieux. Je pense que cette pauvre dame tient une large part de responsabilité pour mon inattention et mon insolence en cours. Cependant, aujourd’hui je regrette de n’avoir pas su tirer profit de ses 4 ans d’allemands qui s’ils avaient été suivis avec sérieux m’auraient certainement aidé après.

Cela pourrait être mon deuxième échec, mais il m’a fallu un certain recul pour l’admettre. Pour celui dont je vais vous parler maintenant, l’introspection ne fut pas nécessaire. Pour compenser la monstruosité de cette pauvre enseignante dont le nom m’échappe, il y avait dans la classe une charmante fille appelée Audrey. Je tentais tout pour la séduire, je donnais tout ce que j’avais sur les terrains de foot, en sport, aux chats…tentaient toutes les techniques classiques à cet âge et je dois dire que je ne la sentait pas indifférente à mon charme naissant. Par excès de confiance ou par impatience, à la fin d’une course effrénée avec mes amis, je lui ai demandé de m’embrasser, en pleine cours de récréation. C’est mon troisième échec.

Je fais de la batterie depuis plusieurs années et il y a 4 de cela, avec des amis, j’ai décidé de créer le groupe des Pinkeys (clés roses). Beaucoup de gens si ce n’est la totalité de ce qui s’intéressait un peu à notre groupe, pensait que le nom était affreux, mais il était pourtant doter d’une âme, d’une histoire qu’il vous serait trop longue à raconter. Un ami bienveillant, qui était un membre intérimaire de notre groupe nous proposa de faire un concert chez lui. Les Pinkeys jouèrent, la foule, ou plutôt les dix autres amis et les quelques parents ne bougeaient pas, ils ne souriaient même pas curieusement. J’aurai aimé aller plus loin avec les Pinkeys. Comme vous l’avez certainement deviné, nous avons du arrêter la tournée, changer de nom pour trouver un autre départ. Un peu plus tard, soit il y a un peu plus de deux ans, la maturité commença à se faire sentir, mes projets à se construire. Je rêvais alors de devenir business man, de diriger une entreprise. Au moins, j’aurai fait preuve d’initiative et d’audace. Pendant l’été, lorsque j’étais à l’île d’Yeu, l’un des amis de ma sœur avait eu l’ingénieuse idée de vendre 3 euros des bracelets de diverses couleurs avec écrit « Yeu 2008 ». En quelques semaines il s’était fait une véritable fortune. Beaucoup d’entrepreneurs commencent par imiter ce qui marche bien dans d’autres pays. Suivant cette règle, je commandais en décembre 100 bracelets pour un montant de 50. Dessus était inscrit « Mongazon 2009 ». J’en étais pas peu fier, mes calculs semblaient bons, en les vendant 2 euros je serai en possession de 150 euros, j’avais choisit le site le moins cher, tout était parfait. Le site en question était certes peu cher mais tout aussi peu productif, les bracelets arrivèrent en janvier. 2010, l’année ne fut pas bonne, j’avais désormais un déficit de 50 euros.

Côme Dartiguenave


écrire sur mes échecs ou sur mes projets ratés m’oblige à me souvenir, de ma tendre enfance où dès l’âge de trois ans à la balançoire, je n’ai pas réussi à impressionner cette jeune fille qui ressemblait comme deux gouttes d’eau à boucle d’or. Ses cheveux emmêlés se reflétaient dans le soleil et tombaient doucement sur sa jolie robe à fleur. Tandis que la balançoire s’ébranlait, je me levai afin de lui montrer quel héros j’étais bravant la peur et le danger. Malgré mes efforts, à aucun moment elle ne posa ses yeux sur moi. Ce tragique épisode fut le premier grand échec de ma vie.

écrire sur mes échecs ou sur mes projets ratés m’oblige à me souvenir, De ma carrière avortée de footballeur professionnel président des Etats Unis qui se termina trop rapidement lors d’un après midi d’été où mon entraineur m’avoua gentiment mais d’un ton assez ferme : "désolé mais ça va pas le faire".

écrire sur mes échecs ou sur mes projets ratés m’oblige à me souvenir, De mon adolescence où la musique m’a fait croire un court instant que grâce à mes talents de musiciens j’échapperais à l’école et à mes devoirs, en vain. Cependant, le véritable échec de ma vie remonte à la semaine dernière. Tandis que je rentrai chez moi fatigué, terrassé par deux heures de sociologie, j’ai revu dans le bus, au surprise boucle d’or. La garce n’avait pas changé, simplement grandi, elle avait gardé ce même air d’indifférence feinte qui m’avait fait sentir si ridicule dans ma jeunesse. Sautant sur l’occasion, j’ai cru que mon jour était arrivé, que enfin l’enfant que j’étais resté allait pouvoir prendre sa revanche... J’échafaudais une stratégie brillante, complexe, persuadé que je réussirais cette fois là à attirer son regard vers moi.

Mais hélas, sans que je m’en rendisse compte, elle était déjà partie.

Geoffroy Lewandowksi

À lire également, la participation à distance de Brigitte Célerier qui nous propose : Inventaire ou liste de rien, de Brigitte Célerier

Ateliers d’écriture à Sciences Po Paris #1
Publié le 27 janvier 2012
- Dans la rubrique ATELIERS D’ÉCRITURE
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