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Au lieu de se souvenir (Semaine 45 à 48)

Chaque mois, un film d’une demie heure environ, regroupant l’ensemble des images prises au fil des jours, le mois précédent, et le texte qui s’écrit en creux.

« Une sorte de palimpseste, dans lequel doivent transparaître les traces - ténues mais non déchiffrables - de l’écriture “préalable” ».

Jorge Borges, Fictions



Une direction à prendre. Lever les yeux au ciel. Les fils se déploient comme une toile d’araignée, un réseau à ciel ouvert au dessus de nos têtes. On ne sait pas ce qui se construit, ou ce qui se répare. Aucun vestige, aucune ruine ne peut supplanter l’image, inventée parfois, forgée en soi avec le temps, à partir des histoires qu’on nous a raconté, des livres lus et des images vues depuis notre enfance, qui est notre mémoire intime d’un événement qu’on n’a pas vécu.

Tout se mêle dans la confusion de la perspective. À intervalles réguliers, une ouverture s’opère. Ne pas renoncer à son désir, et entrer dans le temps. On cesse soudain de voir le monde comme une juxtaposition de choses séparées, et l’on cherche à relier ce qui est disjoint. Dans mon rêve une biche me salue. On entend les rires des enfants dans la cour. Partager l’horizon et la lumière. Sérénité et équilibre. Une suite d’émotions, d’échos fugitifs, et de corps fuyants. Invitation au voyage.

Faire le parcours à pied en navigant au plus près de la ligne. La ville évolue sans cesse, se transforme comme elle modifie à chacun de nos voyages notre regard sur elle. Voile dérisoire sur les désordres urbains. La moindre erreur peut nuire à l’équilibre de l’ensemble. Dans le reflet, la vérité de la ville chaotique se révèle. Cette lumière lointaine qu’on n’apprivoise pas, comme un animal sauvage. Cet esprit, est-il seulement visible par ceux qui ont sur la ville et la vie, un regard détaché, neuf ?

Des rendez-vous, des traces, des repères et des signes. C’est toujours quelque chose d’étrange d’avancer dans une ville la nuit. Rumeur continue d’images intrusives, prises sur le vif, une voie à suivre. La vitesse de la lumière sculpte le temps en mouvement. La trace, la disparition, la mémoire. Voir la ville autrement, sous un autre angle, troublant renversement de situation, de perspective. Certains jours je crois voir se dessiner sur ton visage une ombre en forme de renard. Une rencontre possible.


LIMINAIRE le 06/12/2019 : un site composé, rédigé et publié par Pierre Ménard avec SPIP depuis 2004. Dépôt légal BNF : ISSN 2267-1153
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