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Au lieu de se souvenir (Semaine 01 à 05)

Chaque mois, un film d’une demie heure environ, regroupant l’ensemble des images prises au fil des jours, le mois précédent, et le texte qui s’écrit en creux.

« Une sorte de palimpseste, dans lequel doivent transparaître les traces - ténues mais non déchiffrables - de l’écriture “préalable” ».

Jorge Luis Borges, Fictions



On se demande comment ça pourrait finir. Se faufilant plus bas, la musique clôt un cadre d’espace nous maintenant au bord de ce qui tombe. Ce n’est pas le chemin, c’est la difficulté qui est le chemin. J’écris ce que je ressens. Une sorte de combat contre moi-même. Je ne dispose de rien. À la fin il suffirait de presque rien.

Se perde la mémoire, qu’elle se délave dans le temps, s’efface sans que se lèvent d’autres figures. En arrière des promenades, ces cris d’effroi. Ce n’est pas comme t’entendre vivre. On en reste là, tête vide face au vent, et ce bruit de rien sous les mots crevés comme des pneus. Nous ne savons pas toute la matière ni toutes les vitesses de la lumière. Seul endroit des tristesses.

La maison dans leurs bras persiste et signe. Dans ma main repose le destin du présent. Être dans un état d’épuisement qui prive de tout. Par là seulement dire et refaire les routes. Je regarde de tous les côtés et cherche une entrée. Le droit à l’éphémère. Dans l’épaisseur et l’étendue qu’il occupe, on ne peut pas le dire.

Le désagrément n’est pas dans la fatigue même, mais dans l’effort d’y résister. Tout est dans la fin et le commencement. Ça touche à l’effort d’exister. Porter le monde – le rendre présent, le faire passer, le reconduire, mais aussi le sauver, le repêcher, le rappeler, le restituer. C’est autre chose encore. Tourne la tête comme le monde.


LIMINAIRE le 13/08/2020 : un site composé, rédigé et publié par Pierre Ménard avec SPIP depuis 2004. Dépôt légal BNF : ISSN 2267-1153
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