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LIMINAIRE
Lautréamont : « La poésie doit être faite par tous. Non par un. »


Delphine Regnard avait lancé la semaine dernière un appel à participation collective ce mardi, de 14h30 à 16h30, pour accompagner en ligne le travail de ses élèves de première L. : Les L du désir.

« Dans le cadre de notre Séquence 3 Exercices de listes et à la suite de la lecture des Pâques à New York de Cendrars et de Il y a d’Apollinaire, nous nous essaierons au même exercice de description-notation ambulatoire à partir d’instantanés. Il s’agira d’épuiser notre espace via des photos prises au lycée pour tenter de proposer notre vision par une liste de notations-impressions. Merci de votre participation, cher.e.s lecteurs ! »

Et quel plaisir, au passage, de découvrir cette citation en liminaire de leur site :

« Chaque personne est un personnage. À mesure qu’on le suit, l’histoire qu’il raconte entre en interaction avec les autres personnages que l’on suit (et ceux que l’on ne suit pas) prend forme, avance, se construit progressivement. »

Je l’avais noté ce rendez-vous sur mon agenda de peur d’oublier, et j’allais l’oublier en effet lorsque j’ai vu passer sur Twitter les premiers textes accompagnés du mot clé #instantatweets.

J’avais eu une mauvaise matinée, brumeuse, chagrine, résultat d’une nuit agitée et d’un manque de sommeil, du pot de départ d’une collègue de la médiathèque de l’Astrolabe à Melun, avec laquelle j’aimais beaucoup travailler, et qui rejoint l’Enssib pour dix-huit mois, et l’accueil du public en non-stop, je ne me sentais pas vraiment en grande forme, bon à rien, n’arrivant pas à réfléchir, lorsque je me suis souvenu de cet appel et qu’il restait une demie heure pour y participer. Je n’ai pas réfléchi plus longtemps, je suis sorti avec mon iPad, et j’ai marché autour de la médiathèque. À cette heure hivernale, le soleil se couchait à l’horizon, prenant une teinte orangée qui colorait le paysage des quais de Seine d’une inédite couleur.

Pour tout dire j’avais un peu oublié la contrainte de départ, ne gardant en tête que le hastag commun, mais au bout de deux phrases et quelques échos et corrections à distance, j’étais lancé et c’était très agréable d’écrire sans réfléchir, d’écrire en marchant en tentant de décrire ce que je voyais et photographiais tout en essayant de me remettre en question, de me bousculer, de tenter d’écrire autrement, en compagnie d’autres auteurs dont je pouvais voir les photos et l’ensemble des tweets.

Je livre ci-dessous l’ensemble de mes photos et de mes tweets en remerciant très sincèrement Delphine Regnard de cette heureuse intiative. J’ai souvent pris plaisir, à Sciences Po notamment, lors de mes ateliers d’écriture, à convier via Twitter d’autres auteurs, et à ouvrir ainsi le travail de la classe sur le collectif, à la grande surprise des étudiants, car je sais que c’est toujours très enrichissant.

Ce texte est dédié à Clotilde Perigault

Cyberlab, Médiathèque de l'Astrolabe à Melun, le 11 décembre 2012

 

 

 

 

 

 

 

 

Drôle d’endroit pour une rencontre, j’avance masqué mais derrière l’écran je sais bien que tu es là.

Médiathèque de l'Astrolabe à Melun, le 11 décembre 2012

 

 

 

 

 

 

 

 

Sa douceur sur la peau malgré le froid, envie de marcher dehors pour se sentir à l’intérieur chez soi.

Médiathèque de l'Astrolabe à Melun, le 11 décembre 2012

 

 

 

 

 

 

 

 

J’ai fui la contrainte du temps et la première personne pour mieux rencontrer le soleil du passé simple.

Médiathèque de l'Astrolabe à Melun, le 11 décembre 2012

 

 

 

 

 

 

 

 

J’ai regardé le soleil en face et il m’a dit : arrête de croire que tu peux me faire de l’ombre !

Quai de Seine à Melun, le 11 décembre 2012

 

 

 

 

 

 

 

 

J’ai suivi cet homme sur le quai, il me tournait le dos pour ne plus me ressembler.

Médiathèque de l'Astrolabe à Melun, le 11 décembre 2012

 

 

 

 

 

 

 

 

J’ai fui la bibliothèque car les livres sont là, dehors, à l’air libre.

 

 

 

 

 

 

 

 

À la médiathèque de l’@astrolabemelun, j’ai croisé des gens sur le départ, voulais leur dire de rester.

Quai de Seine à Melun, le 11 décembre 2012

 

 

 

 

 

 

 

 

Je n’ai pas utilisé de figures de style car le jeu du passé simple laisse trop de traces en creux.

Autoportrait sur les murs de l'Astrolabe à Melun

 

 

 

 

 

 

 

 

Je n’ai été que l’ombre de moi-même mais j’écris sur le mur de mes désirs.

AstroCafé, Café de l'Astrolabe à Melun

 

 

 

 

 

 

 

 

Je suis rentré boire un café, quand j’en ai marre, rien de tel que lire qui je suis au fond de la tasse.



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