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Dans le désert
« La mémoire ne se déchiffre pas dans le texte orienté des successions historiques mais dans le puzzle anachronique – sarcophage avec timbre-poste, nymphe antique avec golfeuse contemporaine – des survivances de l’antiquité. » Didi Huberman, L’Image survivante Pas de noms ici, pas de paroles non plus. Ils sont apparus comme dans un rêve. Brume de (...)
Écrire avec l’image : élaborer un récit photographique
Sommaire complet de l’atelier d’écriture en ligne : écriture et photographie Textes et photographies des participants à l’atelier (Séance n°7) Rubrique des ateliers d’écriture en ligne Comment écrire au quotidien : 365 ateliers d’écriture, Publie.net, 2018 Approche : Élaboration d’un récit photographique personnel, d’une narration visuelle (...)
La photographie est une « machine à fictions »
Sommaire complet de l’atelier d’écriture en ligne : écriture et photographie 6ème séance de l’atelier d’écriture : La photographie est une « machine à fictions » Rubrique des ateliers d’écriture en ligne Comment écrire au quotidien : 365 ateliers d’écriture, Publie.net, 2018 L’inconnu Tu glisses à demi le journal du matin dans l’unique ouverture (...)
La photographie est une « machine à fictions »
Sommaire complet de l’atelier d’écriture en ligne : écriture et photographie Textes et photographies des participants à l’atelier (Séance n°6) Rubrique des ateliers d’écriture en ligne Comment écrire au quotidien : 365 ateliers d’écriture, Publie.net, 2018 Approche : La photographie est une « machine à fictions » (Anne-Marie Garat), sans aucun (...)
La trace, la disparition, la mémoire
Sommaire complet de l’atelier d’écriture en ligne : écriture et photographie 5ème séance de l’atelier d’écriture : La trace, la disparition, la mémoire Rubrique des ateliers d’écriture en ligne Comment écrire au quotidien : 365 ateliers d’écriture, Publie.net, 2018 Brouhaha intérieur Il y a du brouhaha extérieur Un sentiment familier m’envahit La (...)
Si c’est une île, c’est la Sicile
Ici, on vous demande de vous couvrir les épaules et les jambes avant d’entrer dans les églises. Ici, les chauffeurs de taxi souffrent d’une mauvaise réputation, mais il y en a qui vous conduisent à l’aéroport par des raccourcis si ingénieux qu’on s’y retrouve en un rien de temps en évitant tous les embouteillages, et d’autres qui vous emmènent où vous (...)
Mémoire d’une catastrophe
Première publication le 4 juillet 2014.
Palerme est un oignon
En arrivant à Palerme on sent la mer sans la voir. On suppose, on devine sa présence mais sans réellement la voir, jamais on ne la voit vraiment, pleinement. Elle se dérobe. Depuis l’aéroport, la route longe la mer sans jamais nous la laisser l’entrevoir de temps en temps, entre les hauts murs d’enceinte des propriétés comme une barrière entre la (...)
La trace, la disparition, la mémoire
Sommaire complet de l’atelier d’écriture en ligne : écriture et photographie Textes et photographies des participants à l’atelier (Séance n°5) Rubrique des ateliers d’écriture en ligne Comment écrire au quotidien : 365 ateliers d’écriture, Publie.net, 2018 Approche : « Un poète doit laisser des traces de son passage, non des preuves. Seules les (...)
La convergence des risques
« jouer en mettant en évidence par des respirations le développement de la ligne mélodique » « Le groupe de Tarnac est une fiction. » Le tribunal relaxe Julien Coupat et Yldune Lévy. Depuis jeudi dernier cette phrase tourne en boucle. Tarnac est une fiction. S’attacher à ce que l’on éprouve comme vrai. Partir de là. « Une rencontre, une découverte, un (...)
Le mouvement déambulatoire de la marche
Sommaire complet de l’atelier d’écriture en ligne : écriture et photographie 4ème séance de l’atelier d’écriture : Le mouvement déambulatoire de la marche Rubrique des ateliers d’écriture en ligne Comment écrire au quotidien : 365 ateliers d’écriture, Publie.net, 2018 Traverser, vite Elle tourne à droite. Seule règle : un passage piéton d’écart. (...)
L’aérogramme de Los Angeles
Le musicien Yoann Lemoine alias Woodkid et l’acteur Louis Garrel viennent d’enregistrer une envoûtante reprise de L’Aérogramme de Los Angeles, un morceau peu connu issu de l’album d’Yves Simon, Raconte toi sorti en 1975, dans le cadre d’un hommage au chanteur, compilé sous le titre Génération(s) éperdue(s), album qui sortira le 27 avril prochain. De (...)
Josée Lapeyrère : In-Votos
Proposition d’écriture : Des phrases ouvertes, sorte de vœux, d’in-votos, écrits sur de grandes paperolles de papier blanc que l’on accroche sur la rambarde d’un pont au-dessus de l’eau. Laisser voler ces écritures à l’air actionnées par le souffle du vent, jusqu’à ce qu’elles disparaissent, arrachées par le vent ou par les passants. In-Votos, (...)
Le mouvement déambulatoire de la marche
Sommaire complet de l’atelier d’écriture en ligne : écriture et photographie Textes et photographies des participants à l’atelier (Séance n°4) Rubrique des ateliers d’écriture en ligne Comment écrire au quotidien : 365 ateliers d’écriture, Publie.net, 2018 Approche : D’abord les textes : Ce que l’on voit, ce que l’on perçoit en marchant, dans ce (...)
Nicole Caligaris : Medium is mess
Proposition d’écriture : Collecter au quotidien des faits divers, des informations publiées dans son journal, des nouvelles improbables, saugrenues ou sauvages, et les organiser sous la forme d’un inventaire, bouts de vies qu’on arrache à l’anonymat, en couchant quelques lignes de réaction, d’effroi ou d’indignation, plus qu’un simple commentaire, (...)
Virginie Poitrasson : Demi-valeurs
Proposition d’écriture : Écrire un texte impromptu, scandé et abrupte, taillé dans le vif, qui laisse entendre une poésie de l’urgence qui procède par détournements, rythmée, drôle et fortement érotisée, où il est question du corps féminin et de ses rapports avec le corps masculin, bien sûr, mais aussi de la violence des images médiatiques. (...)
Le paysage en mouvement
Sommaire complet de l’atelier d’écriture en ligne : écriture et photographie 3ème séance de l’atelier d’écriture : Le paysage en mouvement Rubrique des ateliers d’écriture en ligne Comment écrire au quotidien : 365 ateliers d’écriture, Publie.net, 2018 En mouvement Les pavés font balloter la voiture, ses petits sursauts alors qu’elle accélère (...)
Échos et reflets à l’infini
Des mots, il y en a toujours trop. Je me suis renseigné. Il faut de la méthode à ma folie. Laissons : « labyrinthe ». À chaque dictionnaire des mots manquent qui se trouvent dans un autre. Qui lit encore le dictionnaire ? À chaque page, je suis sidéré de constater à quel point les mots que j’ignore sont nombreux. Le noir des mots, le noir des lettres. De (...)
C’est assez bien d’être fou
Au volant d’un vieux camion, Zoo Project alias Bilal Berreni, street artiste, et Antoine Page, réalisateur, qui partagent la même passion pour l’art et la société, se mettent à rêver d’un voyage à travers la Russie où pendant que l’un dessinerait, l’autre filmerait. Ce film raconte l’histoire de leur projet, leur voyage de quatre mois jusqu’en Sibérie. Un (...)
Les jours sont les enfants d’une famille nombreuse
Se retrouver devant chez soi sans la clé, prisonnier à l’extérieur, impossible d’entrer, l’intérieur est encore visible, mais peu à peu il s’efface sous nos yeux étonnés, interdits. C’est ce qui m’est arrivé la semaine dernière avec mon site. Je ne pouvais plus accéder à l’administration de mon site, les articles étaient visibles mais impossible d’ajouter ou (...)
Le lieu de tous les passages
Le jeu de la présence de soi au monde. Dans le musée, ce moment de fatigue passagère où plus rien ne parvient plus à te toucher, où le besoin se fait sentir de regarder ailleurs, ou de fermer les yeux. Les fenêtres nous attirent et notre regard porte au loin, sans rien voir de précis, juste pour se distraire des peintures et des sculptures splendides (...)
Le cimetière historique de Picpus
Le cimetière de Picpus, dans le 12ème arrondissement, est un lieu singulier. L’un des deux seuls cimetières privés de la capitale n’accueille que des descendants de guillotinées lors de l’épisode le plus sanglant de la Révolution : la Grande Terreur, dont la fin sera marquée par l’exécution de Robespierre. 1306 personnes d’origines sociales diverses, (...)
Lire le paysage : la poétique des lieux
Cette 15ème journée départementale "Lecture et jeunesse", conçue en partenariat avec la Direction des services départementaux de l’Éducation nationale de Seine-et-Marne et le Rectorat de Créteil, permettra aux bibliothécaires, enseignants et acteurs du champ social et de la jeunesse de poursuivre leur réflexion sur les enjeux de la transmission (...)
Le paysage en mouvement
Sommaire complet de l’atelier d’écriture en ligne : écriture et photographie Textes et photographies des participants à l’atelier (Séance n°3) Rubrique des ateliers d’écriture en ligne Comment écrire au quotidien : 365 ateliers d’écriture, Publie.net, 2018 Approche : Dans un trajet quotidien (en train par exemple) noter sur le vif, sur le motif, ce (...)
Le paysage et son cadre
Sommaire complet de l’atelier d’écriture en ligne : écriture et photographie 2ème séance de l’atelier d’écriture : Le paysage et son cadre Rubrique des ateliers d’écriture en ligne Comment écrire au quotidien : 365 ateliers d’écriture, Publie.net, 2018 Le paysage et son cadre, la fenêtre Du hublot Du hublot on voit la ville qui approche. L’avion (...)
Le paysage et son cadre (Fenêtres sur le monde)
Sommaire complet de l’atelier d’écriture en ligne : écriture et photographie Textes et photographies des participants à l’atelier (Séance n°2) Rubrique des ateliers d’écriture en ligne Comment écrire au quotidien : 365 ateliers d’écriture, Publie.net, 2018 Approche : D’abord le texte : « Chaque regard porté sur le paysage intègre les traces de (...)
Le portrait, la mémoire et l’identité
Sommaire complet de l’atelier d’écriture en ligne : écriture et photographie 1ère séance de l’atelier d’écriture : Le portrait, la mémoire et l’identité Rubrique des ateliers d’écriture en ligne Comment écrire au quotidien : 365 ateliers d’écriture, Publie.net, 2018 Portrait de famille Le sourire des vingt-huit individus massés sur la photographie (...)
L’effet fantôme
Promenade avec Caroline. Le froid nous saisit. Soleil timide, impuissant face à la bise. Nous marchons d’un bon pas dans l’espoir de nous réchauffer. Difficulté de prendre des photos tout en maintenant la discussion que nous avons entamée tous les deux. Ce que dit Caroline est très juste, je ne cherche pas à éluder la conversation, mais nous sommes (...)
Jusqu’où peut-on aller plus loin ?
Se lancer au hasard. Une direction à prendre. Un but de promenade. Accepter les détours. Prendre de la hauteur. Avec ce ciel bleu, malgré le froid, pour voir plus loin que chez soi. L’indétermination, le flou, l’incertitude, l’attente, le sursis, l’indécision. S’ouvrir, se détendre. Marcher ensemble dans les rues. Tous les passants qu’on croise, les (...)
Le portrait, la mémoire et l’identité
Sommaire complet de l’atelier d’écriture en ligne : écriture et photographie Textes et photographies des participants à l’atelier (Séance n°1) Rubrique des ateliers d’écriture en ligne Comment écrire au quotidien : 365 ateliers d’écriture, Publie.net, 2018 Approche : Le portrait, la mémoire et l’identité, à partir du livre d’Anne-Marie Garat : (...)
Comment écrire au quotidien : 365 ateliers d’écriture
De janvier 2004 à octobre 2010, j’ai diffusé en ligne de manière hebdomadaire un exercice littéraire à partir d’un texte contemporain (des auteurs francophones et leurs livres aux genres variés : poésie, nouvelle, roman, théâtre, jeunesse, art expérimental). Ces propositions ont été diffusées en ligne sur le site de type wiki Marelle : Zone d’Activités (...)
Le corps du monde
Ciné-concert Vertigo d’Alfred Hitchcock à la Philharmonie de Paris. Un moment partagé en famille qui nous replonge six ans après notre voyage à San Francisco, dans les lieux du film que nous avions tenté de retrouver sur place. Dans le chef-d’œuvre d’Alfred Hitchcock, la ville joue un rôle central, elle constitue l’arrière-plan caractéristique de ce (...)
Arrêtons de s’espionner
Aucun de ces hommes, assis dans son box de travail, derrière l’écran de son ordinateur, ne semble remarquer la présence incongrue de son voisin. Un homme s’approche d’eux pour leur ajouter une pile dans le dos, il nous fait ainsi remarquer qu’ils sont tous identiques. Un homme à tête de pigeon, à l’air heureux, il a pourtant les poignets entravés par (...)
Écriture et photographie
Pour accompagner la sortie dans une nouvelle version (imprimée et numérique) de mon livre Comment écrire au quotidien : 365 ateliers d’écriture aux éditions Publie.net, le 21 février 2018, je vous propose un cycle d’ateliers d’écriture en ligne d’ne dizaine de séances. J’ai choisi pour ce cycle le thème suivant : Écriture et photographie. J’ai également (...)
Une pensée en épisodes
« Le goût, c’est le dégoût du goût des autres. » « D’abord le corps. Non. D’abord le lieu. Non. D’abord les deux. Tantôt l’un ou l’autre. Tantôt l’autre ou l’un. Dégoûté de l’un essayer l’autre. Dégoûté de l’autre retour au dégoût de l’un. » Cap au pire, Samuel Beckett Aujourd’hui je suis allé pour la première fois de ma vie chez le coiffeur. Ce qui est pour tous (...)
Le souvenir s’éloigne mais il revient
Dans son court essai Pour une philosophie de la photographie, écrit dans les années 1970 et 1980, Vilém Flusser affirme que la photographie fut la première des formes d’image technique à avoir fondamentalement changé la manière dont le monde est perçu, dans le contexte du développement des techniques informatiques. Pour lui la photographie est (...)
L’énigme de sa révélation
Si je fréquente beaucoup les églises lors de mes voyages, je n’y entre que très rarement pour une cérémonie (baptême, mariage ou enterrement), et je crois pouvoir dire que c’était la première fois que je me rendais à un concert dans une église. Un concert d’orgue à l’église Saint-Jean Bosco, rue Alexandre Dumas à Paris dans le 20e arrondissement. (...)
Parlez à vos voisins
Un homme à tête de pigeon tient son enfant dans la paume de sa main et le regarde avec un air protecteur, une émotion dans l’œil. L’enfant a les yeux fermés et les genoux repliés contre sa poitrine. Dans mon quartier soit on grandit trop vite, soit on reste des mômes. Un mouton sort la tête d’un enclos, il découvre autour de lui toute une foule (...)
Le récit invisible
Se retrouver tous les deux seuls à la maison, les filles sont de sorties, entre amies. Manger un repas léger mais festif : fruits de mer (huitres, crevettes, pinces de crabes) arrosé de Sancerre. Écouter de la musique en travaillant sur un nouveau projet plastique en commun. Je découpe des poèmes dans une vieille édition du livre Le bruit et la (...)
Un acte d’hospitalité ne peut être que poétique
Je n’apprécie pas les compilations qui prolifère en fin d’année (meilleurs films, meilleurs disques, meilleurs spectacles, etc.), mais je fais chaque année une exception pour celle Jérôme Denis sur son site Starsky qui propose une sélection musicale dont lui seul à le secret. Cette année deux pour le prix d’une : Rewind 2017 Face A et Rewind Face B. 

 (...)
La vitesse de la lumière
Je conduis. Lorsque je conduis je laisse mon esprit divaguer et se perdre en chemin. Il associe presque malgré moi des images et des souvenirs, des paysages et des émotions, dont je ne cherche pas à contrôler le flux incessant, la plupart du temps je ne parviens pas même à comprendre ce qui unit cet ensemble disparate, cette combinaison d’images (...)
Finir le jour avec pour seul désir se libérer du jour
Finir le jour avec pour seul désir se libérer du jour l’effacer se dissoudre. Reflets dans l’eau, perspectives à la renverse. Le temps suspendu le temps de la prise. À la recherche du meilleur angle pour la photo. Je ne vois qu’un arbre, ses branches nues, les feuilles d’automne tombées avec les bourrasques de vent de ces derniers jours. Je ne (...)
Ressentir, éprouver, formuler, comprendre : La fiction est cet espace miraculeux où tout est permis
Ressentir, éprouver, formuler, comprendre. Pour figer tant d’incises en mouvements. Jaillir et ne pas renoncer. Les mots se font écho, se répètent comme craignant de ne pas être bien saisis et dont on ne cesse de chercher le sens. Écrire. Le soi-disant refus d’un tel texte qui ne trouverait pas aujourd’hui son lecteur ou qui ne pourrait plus (...)
Pas encore d’ici, plus jamais de là-bas
Une femme à tête de pigeon regarde le poste de télévision qu’on lui tend du bout des doigts comme un miroir aux alouettes. Ravie du spectacle. Enceinte, elle est allongée sur le dos, dans son ventre l’enfant à tête de pigeon qu’elle attend regarde déjà la télévision ! Comme sur des roulettes ! Circuler avec des patins à roulettes en forme de voitures sur (...)
Amenées, d’Esther Salmona (Éric Pesty Éditeur)
Amenées, d’Esther Salmona, livre publié par Éric Pesty, dans sa collection agrafée, décrit la douleur de la perte sous la forme d’une traversée, passage d’un lieu hanté qu’on abandonne (il faut vider les lieux à l’évidance, objets et souvenirs), un endroit qu’il faut quitter, dont on s’acquitte au mieux, dans un désenménagement. L’évidance est « présence (...)
Un labyrinthe sonore à entrées multiples
Parti trop vite, pas de livre ni de carnet avec moi. Je ne prends plus le train aussi régulièrement qu’avant. Je laisse divaguer mon esprit en regardant défiler les paysages de cette banlieue que je connais depuis l’enfance. Les changements dans le paysage. Avec le temps. Les nuages dans le ciel me laissent rêveur. Je pense à demain, à l’atelier (...)
La ville à l’écoute
Première mise en ligne sur le site : 13 novembre 2017
La ville à l’œuvre
Les bibliothèques mettent les cartes à la page La bibliothèque François Villon, propose de compléter l’expérience de La Chapelle numérique menée par la Bibliothèque Václav Havel et de la carte des films tournés dans l’Est parisien proposée par la Médiathèque Marguerite Duras, avec La ville à l’œuvre, carte lancée dans le cadre de Numok, festival numérique (...)
Trace d’habitudes disparues
Ma fille Nina chantonne un air que je ne reconnais pas, c’est à peine si je l’entends. Elle fredonne, mais en même temps la mélodie est si belle, semble l’entêter, elle la fait tourner en boucle, en bouche, ce qui m’interpelle et m’intrigue. Sur le tapis mousse / De la plage rousse / Soudain je te pousse / Je lui demande ce qu’elle chante. Elle sourit (...)
Nommer ce qui nous entoure : d’un lieu à l’autre
D’un lieu à l’autre. Une impression passagère, fugitive. Qui laisse un doute. Une sensation de dédoublement. Un temps dans un autre, mais le premier n’efface pas le second, il l’augmente, le double, le propulse ailleurs, l’amplifie étrangement. Ce passage inattendu, après une longue marche, se termine dans un dédale de rues entouré d’immeubles récents, (...)
Vies et mœurs des familles d’Amérique du Nord, de Garth Risk Hallberg
Vies et mœurs des familles d’Amérique du Nord de Garth Risk Hallberg marque les débuts littéraires de l’auteur, connu en France pour son second roman, best-seller publié huit ans après (chez Plon en France en 2016) : City on Fire. Le livre est une réflexion poétique sur la nature humaine, roman moral qui adopte la forme d’une encyclopédie d’une (...)
Les ruines à l’envers
Aujourd’hui, samedi 30 septembre 2017, cela fait exactement cinquante ans que l’artiste Robert Smithson s’est embarqué à New York à bord du bus n°30 de l’Inter-City Transport Compagnie pour un parcours de sa ville natale, Passaic dans le New Jersey. Comme le rappelle Matthieu Duperrex, à l’initiative du projet de cette réactivation artistique du Tour (...)
Atelier Twittérature 2017
« Rêver » : la thématique de l’édition 2017 du Monde Festival organisé par Le Monde résonnera dans les espaces publics de l’Opéra Bastille au cours d’ateliers participatifs organisés le dimanche 24 septembre 2017. Dimanche, à l’invitation de Marina Wainer, artiste numérique, et Marie-Hélène Fabre, architecte et urbaniste, assistées de quatre jeunes (...)
Figure absente
Nommer ce qui nous entoure. Il doit y avoir plus que ça dans la vie. L’échec qui s’impose à tout espoir de continuité. Être là ce matin devant la fenêtre, c’est comme si l’obscur avait vaincu la perspective. Appartenir à la moindre inflexion, ce qui s’accomplit dans l’oubli, dans le peu de paroles qui permet la résonance des mots, qui hésite parfois entre (...)
Concours de circonstances
Un projet qui tombe à l’eau par manque de temps, oubli de la date butoir de participation, serait plus juste. Un signe peut-être ? Faites-nous découvrir l’éclectisme du 10ème au travers de la street photographie. Les habitudes du quartier, son quotidien, ses moyens d’expression seront votre source d’inspiration pour un projet à mi-chemin entre la (...)
Entrées fictives, rues pièges et lieu-dit fantôme
Je me souviens de Paris, Texas, cette ville qui dans l’ombre de la capitale tente de trouver leur place, mais ce n’est pas tant l’existence de la ville elle-même qu’on ne voit pas du reste dans le film de Wim Wenders, c’est cette terre, ce terrain possédé par Travis, acheté là-bas sans que personne ne le sache, un bout de terrain pour y construire une (...)
Quoi ? - l’Éternité
Lorsque j’étais enfant je jouais au tennis. Je prenais des cours le mercredi et je jouais le week-end avec mon père. Adulte, j’ai cessé de jouer. Je ne regarde plus le tennis à la télévision, ce que je faisais avec passion dans mon enfance. J’ai arrêté depuis très longtemps de jouer au tennis. Il m’arrive souvent dans les moments intermédiaires, (...)
L’abbaye de Hambye dans la Manche
Fondée au XIIe siècle dans un vallon encaissé à la confluence de la Sienne, construite sur les terres du seigneur des lieux, Guillaume Paisnel, l’abbaye Notre-Dame de Hambye est une abbaye bénédictine du département de la Manche, qui a accueilli des bénédictins jusqu’à la veille de la Révolution. Elle a fait l’objet pendant plus d’un demi-siècle de longs (...)
Femme à la fenêtre
Degas esquisse son modèle à larges traits, coups de brosse en contre-jour. Il saisit son éblouissement sur la toile, dans un camaïeu de brun. Notre œil est aveuglé par l’excès de lumière. Fenêtre grande ouverte. Le drap noir de la robe de la jeune femme apparaît roux et son visage fantomatique disparaît dans la pénombre. Elle semble contemplative et (...)
Saisir l’espace d’un instant
L’artiste anglaise Jacqui Kenny sillonne Google Street View pour réaliser des captures d’écran et constituer une collection de lieux inspirants dans des villages reculés du monde entier (en Amérique du Sud : au Pérou, au Chili, au Brésil, et au Mexique, aux États-Unis : dans l’Arizona, la Californie, le Texas, en Afrique : en Tunisie, au Sénégal, ou aux (...)
Écrire dans la nuit
J’ai l’impression de commencer. Chaque jour à peine. Écrire seul. Des heures durant, hors du temps. Se demander comment il est encore possible d’écrire ainsi devant tout le monde. Se mettre à nu. Qu’est-ce qui se cache sous cette crispation ? Le monde n’est pas simple ni incompréhensible, entre les deux mon cœur balance. Trouver le temps (...)
D’un nuage l’autre
La ligne droite est à proscrire. Marcher d’un bon pas, rythme soutenu, être à l’affût de ce qui nous entoure, à l’écoute. Écrire la ville en même temps que nous sommes en train de la lire. C’est une forme d’improvisation urbaine. Le ciel se couvre, nuages gris derrière la cime des arbres. Inactif depuis de longues minutes mon esprit divague. J’observe (...)
Un cri infini
Depuis de très nombreuses années déjà il était strictement interdit de crier : héler un taxi, appeler un inconnu pour le saluer comme pour l’insulter, se battre et pousser des cris de haine ou de douleur, dans l’habitacle de sa voiture, dans les transports en commun, à l’hôpital les femmes accouchaient bâillonnées, les prisonniers portaient des masques (...)
Risquer la vie
Les mots ont leur importance. Le vérifier chaque jour. Mais c’est d’abord une image qui retient ici l’attention. Les mots viennent ensuite, non pour chercher une explication mais pour se projeter dans ce que nous évoque cette image. Les titres chocs marquent les esprits, fixent l’attention et confirment ainsi la première impression laissée en nous (...)
La théorie des dominos
Ce que tu cherches à fuir, jamais tu ne l’atteindras. Le but est ailleurs mais tu ne le sais pas encore. Le parcours est fléché, la voie tracée, discipliné tu suis le chemin indiqué sans en comprendre le sens. Rien de logique. Rien de normal. Rien à dire. Tu dois continuer ton chemin en laissant croire que tu suis l’ordre qu’il t’impose. La logique (...)
Apprendre à regarder nos pensées
Au-dessus du fleuve la lumière retient le regard, le soleil joue son rôle. Sur les rides de l’eau. L’air immobile ombre les arbres bleus. D’où il est aucun seuil ne s’ouvre – un miroir inverse la scène. La présence ne se peut brider : la traverser, c’est la contraindre, saisir combien près l’on sera. Cette impression de finitude, cette épiphanie du (...)
Figures de la violence
J’ai vu il y a quelques semaines une vidéo d’octobre 2011 sur une manifestation contre la tauromachie à Rodilhan. Les militants s’étaient assis au milieu de l’arène, empêchant l’entrée des taureaux sur la piste et le début de la corrida. Dans cette vidéo d’une rare violence on aperçoit les militants recevoir des coups de pieds, des coups de poings, subir (...)
D’ici d’ailleurs
Pendant six mois, de novembre 2016 à avril 2017, j’ai été accueilli pour une résidence territoriale, artistique et culturelle en milieu scolaire, afin de mener un projet artistique à base d’ateliers avec une cinquantaine d’élèves allophones, dans la classe d’Orah Levy, enseignante au collège Paul-Vaillant Couturier, et celle de Claire Tuleu, enseignante (...)
Atelier Twittérature au Grand Palais
J’ai animé samedi 3 juin 2017, de 10h30 à 13h30, un atelier d’écriture itinérant dans les jardins du Grand Palais, à l’occasion des ateliers Jardins sens dessus dessous, mis en place dans le cadre de la manifestation « Rendez-vous aux jardins » en résonance avec l’exposition Jardins au Grand Palais. Au cœur de la thématique Jardins le numérique (...)
Extrait des actions de chemins
Ce texte est un hommage à Benoit Bordeleau et à son travail de dérive dans Montréal, dont il a lu un extrait lors de la soirée de performances et de lectures de la revue bleuOrange, à laquelle j’ai participé le Jeudi 25 mai 2017 à la Station Ho.st, 1494 rue Ontario, à Montréal. L’envers du décor est parfois plus explicite que l’endroit lui-même. Les (...)
Narration combinatoire : L’écriture en mouvement
Je suis très heureux d’avoir été invité à Montréal les 25 et 26 mai 2017 dans le cadre du Colloque Littérature et dispositifs médiatiques : pratiques d’écriture et de lecture en contexte numérique, de l’Université du Québec et tout particulièrement la Chaire de recherche du Canada sur les arts et les littératures que je remercie chaleureusement. Le premier (...)
Jardin sens dessus dessous
En résonance avec l’exposition Jardins et à l’occasion de la manifestation Rendez-vous aux jardins, Marie-Hélène Fabre et Marina Wainer, assistées de Marion Autuori et Martin Detoeuf, proposent une série d’ateliers au Grand Palais. Différentes dimensions, spatiales, sensorielles, gestuelles, prospectives, poétiques seront explorées dans une approche (...)
Littérature et dispositifs médiatiques : pratiques d’écriture et de lecture en contexte numérique
L’invitation au colloque international Littérature et dispositifs médiatiques : pratiques d’écriture et de lecture en contexte numérique, à l’Université du Québec à Montréal, les 25 et 26 mai 2017, est l’occasion pour moi de faire le point sur le travail des développeurs avec lesquels nous abordons la deuxième version du prototype de l’application mobile (...)
async, un album de Ryuichi Sakamoto
Le pianiste japonais Ryuichi Sakamoto, pionnier de la musique électro-acoustique vient de sortir un nouvel album, après 8 ans d’absence discographique. Le disque s’intitule async et il est disponible depuis le 28 avril prochain sur Milan Records. Enregistré à New York, l’album a été conçu comme la bande originale d’un film d’Andreï Tarkovski qui (...)
La notion de lieu
Les ateliers d’écriture Lire et écrire la ville à Sciences Po Paris, pour les élèves de deuxième année, viennent de s’achever. Cet atelier d’écriture propose d’explorer la ville à travers Google Street View et le monde qu’il dessine, et d’apporter un nécessaire regard critique, une analyse de la représentation des territoires qu’il nous propose. Google (...)
Une fuite en Egypte, de Philippe De Jonckheere
Sur le blog du Désordre, son créateur Philippe De Jonckheere en annonçait hier la fin. Alors que François Bon mettait avant-hier en ligne son écosystème d’écrivain, son vieux complice Philippe De Jonckheere décrit également sa situation : « Paradoxalement avec la sortie d’Une Fuite en Egypte en livre papier, le format du livre m’est apparu comme un (...)
Marcher au-dessus de la ville
De retour d’une semaine à Florence les images de la ville et de ses paysages, des lieux visités, sont encore très présentes en moi. Le Corridor de Vasari a été édifié en 1565 à la demande de Cosme Ier de Médicis pour relier le Palazzo Vecchio au Palazzo Pitti, la nouvelle résidence achetée par son épouse Éléonore. Les Médicis souhaitaient éviter de se (...)
Florence de A à Z
« Il existe 34 plaques de marbre à Florence où sont gravés des extraits de chants (canti) de la Divine Comédie de Dante (neuf citations de l’Enfer, cinq du Purgatoire et vingt du Paradis), chaque tercet faisant référence soit à l’endroit où la plaque a été fixée, soit à un événement qui s’y déroula, soit à un personnage ou à une famille dont la demeure (...)
Intermédia et transmédia à partir des œuvres de Marguerite Duras
Dans Le message narratif Claude Bremond évoque les travaux de Vladimir Propp sur les contes et note que « toute espèce de message narratif, quel que soit le procédé d’expression qu’il emploie, relève de la même approche à ce même niveau. Il faut et il suffit qu’il raconte une histoire. La structure de celle-ci est indépendante des techniques qui la (...)
Une chaise est une chaise est une chaise
Vendredi soir, nous sommes rentrés du concert de Pete Doherty au Palais de Tokyo avec ma fille aînée, en empruntant le métro. En montant dans le wagon, nous remarquons une chaise en bois vide, disposée juste devant la porte du conducteur. Une chaise vide dans un espace comble où il ne reste aucune place libre. Le métro entre dans la station (...)
Le tour du monde en 360 degrés
Je suis invité à mener le samedi 1er avril 2017 un atelier d’écriture et de création à la bibliothèque André Breton d’Aubervilliers, dans le cadre du Festival Hors limites 2017. Depuis sa création le festival Hors limites assume pleinement ses origines ; né en Seine-Saint-Denis pour les lecteurs du 93 et porté par l’Association des bibliothèques du (...)
Suivez mes pas que nous restions ensemble
Le travail de Janet Cardiff s’inscrit d’une façon particulière dans ces rapports complexes et instables qu’entretiennent la narration et le paysage (urbain). Née en 1957 à Brussels, Ontario, cette artiste canadienne travaille depuis le début des années 80 sur le son. Elle produit parfois avec George Bures Miller des installations autour du son, des (...)
Festival Circulation(s)
Dédié à la diversité photographique européenne, le festival Circulation(s) organisé par l’association Fetart au 104 à Paris dans le 19ème, a pour vocation de faire émerger les talents. Tremplin pour les jeunes photographes, laboratoire prospectif et innovant de la créativité contemporaine, ce festival original et ambitieux, occupe une place particulière (...)
Redonner un visage aux invisibles
L’exposition Mise au poing visible jusqu’au 18 mars 2017 dans l’espace d’exposition Topographie de l’art dédié à la création contemporaine situé dans le quartier du Marais à Paris, célèbre l’ouverture il y a 30 ans du premier bureau de l’ONG Médecins du Monde en France. Médecins du Monde a confié à six photographes aux profils très différents
 le soin de (...)
Proust : le temps d’un film
Jean-Pierre Sirois-Trahan, professeur à l’Université Laval, à Québec vient de révéler, dans son article Un spectre passa... Marcel Proust retrouvé, paru dans le dernier numéro de la Revue d’études proustiennes (Classiques Garnier) , la découverte d’un film d’actualité dans lequel figurerait Marcel Proust. Sur ce film de 1904, conservé aux Archives du Centre (...)
Les rochers dans le ciel
« « La ville », a écrit un des pères de la sociologie américaine, « est quelque chose de plus qu’un simple agglomérat d’individus et de moyens sociaux – rues, édifices, lumières, tramway, téléphones, etc. ; quelque chose de plus qu’une simple constellation d’institutions et d’appareils administratifs – cours de justice, hôpitaux, écoles, police et (...)
L’archipel des friches
En voyant la photographie ci-dessous Martine Silber me rappelle la série Lost du photographe anglais Stephen Gill. Un portfolio que j’avais découvert il y a quelques années et qui est à l’origine d’une série de photographies sur le même sujet que je souhaite développer au fil du temps, avec l’idée de les confronter avec des cartes et des plans qu’on (...)
L’invitation au voyage avec Charles Baudelaire
L’Hôtel de Lauzun, anciennement Hôtel Pimodan, est un hôtel particulier du XVIIe siècle, situé au 17 quai d’Anjou sur l’île Saint-Louis à Paris. Pendant la première moitié du XIXe siècle, l’hôtel passe entre les mains de plusieurs propriétaires. Il est loué par des alchimistes, des teinturiers (il prend d’ailleurs un temps le nom d’hôtel des Teinturiers) (...)
Sanguines, de Gabriel Franck
Le premier roman de Gabriel Franck Laques , racontait l’histoire d’une rencontre entre un homme et une femme et de leur relation dans la ville qu’ils habitaient. Dans Sanguines qui vient de sortir chez Publie.net, accompagné du passage vers le papier de son livre Laques, paru en septembre 2015 on retrouve l’univers et l’écriture baroque de (...)
Notre expérience du monde
Arnaud Maïsetti qui connaît mon intérêt pour les images provenant de Google Street View me signale cette trouvaille magnifique : Batman fait son jogging (Au 155 boulevard Henri Harpignies, à Valenciennes). Reprise des ateliers d’écriture Inventer la ville à Sciences Po Paris, pour les élèves de deuxième année. Cet atelier d’écriture propose d’explorer (...)
Le mobile, de Javier Cercas
La structure narrative du premier et court roman, Le mobile de Javier Cercas (publié aux éditions Actes Sud en 2016 dans une traduction d’Élisabeth Beyer et Aleksander Grujičič), met en scène Álvaro, employé dans un cabinet juridique dont le rêve est d’écrire un grand roman en subordonnant sa vie à la littérature. « Álvaro se plonge dans son travail. (...)
Boucler la boucle
Une image muette, structure à la croisée de l’effet et du sens, de la répétition et de la fluidité. Entre chaque image, l’impression d’un mouvement perpétuel. L’animation masque les béances, suture les bandes et les blancs, en s’appuyant sur la persistance rétinienne. Une sollicitation du regard, une caresse pour les yeux. Dans le double mouvement de la (...)
Territoires du temps : Instants²
Instants² constitue la première œuvre du projet Territoires du Temps, une série de dispositifs numériques de Marina Wainer autour de l’expérience temporelle développés lors de la résidence Hors les Murs au glacier Perito Moreno. Marina Wainer est une artiste multidisciplinaire franco-argentine. Ses œuvres numériques proposent des expériences sensibles (...)
Peindre l’âme
Depuis quelques jours, j’écoute en boucle la playlist Rewind 2016 sur Starsky (alias Jérôme Denis sur Scriptopolis) Ce qu’il en dit est tout un programme : « J’ai lu des textes, j’ai vu des danses. Des corps grandir. Des visages s’affirmer. Des mots et des fous rires. Leur chaleur nous guide dans la bruine et le vent qui ne s’arrête jamais. Leurs (...)
Penser lʼurbain par lʼimage
Le webdocumentaire Researching a City a été présenté en décembre 2016 à la Maison de la Poésie à l’occasion de la rencontre Cartographies sensibles de la ville #1 : Représenter la ville autrement, en présence de Bernard Bèzes (Chef de la cartothèque IGN), Anne Jarrigeon (anthropologue et maîtresse de conférences École d’Urbanisme de Paris), Héloïse (...)
L’oubli, de David Foster Wallace
L’Oubli est un recueil de huit nouvelles de David Foster Wallace publié en 2004 aux États-Unis, huit ans après L’Infinie Comédie et cinq après un autre recueil : Brefs entretiens avec des hommes hideux. Moins complexe dans leur construction narrative, ces huit récits, publiés aux éditions de L’Olivier en octobre 2016, condensent cependant les motifs (...)
Sensation vraie
« Je t’ai vu en ville aujourd’hui, dit l’écrivain lentement claquant de la langue pour goûter le vin qu’il venait de boire. Tu avais changé. Quand je te rencontrais, de temps en temps les autres fois, tu étais toujours pareil et pourtant je te voyais chaque fois autrement — c’était bien. Mais aujourd’hui tu avais changé parce que tu essayais désespérément (...)
La forme que prennent les choses oubliées
Je ne me souvenais plus être déjà venu à Metz, c’était il y a sept ans, au mois d’octobre 2009, j’intervenais à la bibliothèque de Nilvange en Moselle pour présenter Publie.net et animer des ateliers d’écriture numérique pour lesquels nous avions créés un blog spécifique sur Tumblr. En rentrant de cette intervention, je devais faire une halte à Metz pour (...)
Les invisibles
Vos stimulants retours à propos de ce journal me poussent à poursuivre l’expérience sans trop tarder, en essayant de maintenir à cet exercice sa régularité et sa spontanéité. Mick Harvey, musicien australien, est surtout connu pour sa collaboration avec son compatriote Nick Cave, qu’il a accompagné dans toutes ses aventures musicales, de leur (...)
Une histoire du monde avec des rebondissements dedans
Revenir à une écriture plus directe, mobile, au quotidien, reprendre le journal laissé (trop longtemps) à l’abandon. Y évoquer des choses vues (aussi bien dans la rue qu’en vidéo), extraits de livres que je lis, extraits de musique que j’écoute, de vidéo que je consulte, et tout ce que je lis sur Internet où je passe le plus clair de mon temps, pour mon (...)
Paterson, de Jim Jarmusch
Paterson est le titre du dernier film de Jim Jarmusch. Paterson, c’est à la fois le patronyme du personnage principal, interprété par Adam Driver, le nom de la ville du New Jersey, à une trentaine de kilomètres à l’ouest de New York, où ce dernier est né et vit. Enfin, Paterson est le titre du plus célèbre recueil du grand poète américain de la première (...)
L’angle du hasard
Pont Saint-Louis Paysage ouvert, accueillant, semblable à une main montrant de son index un but ou un exemple. Vent sifflotant entre les étroits barreaux du pont métallique. Harpe improvisé, malhabile. Cheveux en bataille. Robe volante et frisson dans le cou, le col relevé. Veston, manteau, suivant la saison, bien remontés. Le froid glaçant (...)
S’il y a lieu
C’est d’abord un silence, le cas échéant un temps en suspens ; une lumière rasante qui souligne le paysage, en isole les aspérités ; l’absence de mouvement ; nuances de gris ; la poussière qui virevolte en l’air dans le faisceau lumineux, pris au piège sous les feux du projecteur ; personne ne marche ; personne n’attend pour traverser ; le feu indique (...)
Jérôme Leroy : Le déclenchement muet des opérations cannibales
Proposition d’écriture : Le premier souvenir qui revient en mémoire à l’évocation d’un lieu. Par petites touches, succession d’instantanés scintillants, en vrac, en dresser l’inventaire versatile. Un lieu, un souvenir. Le déclenchement muet des opérations cannibales, Jérôme Leroy, Éditions des Equateurs, 2006. Présentation du texte : (...)
Un cadre agréable
Quand je vais voir un film au cinéma, plus ou moins bien installé au fond du fauteuil en tissu rouge, le cadre qui se découpe sous mes yeux m’obsède, il s’anime d’images et de sons au moment où les lumières s’éteignent, signe que la projection du film commence enfin, par le générique le plus souvent, les gens n’y prêtent guère attention, pourtant c’est (...)
Street art à la carte : la ville à l’œuvre
Le street art est une forme d’art éphémère née dans les années 60 et popularisé dans les années 80 et 90. L’art urbain comme son nom l’indique est la rencontre d’un artiste avec la ville. Il s’épanouit sur les murs, les pavés, les façades des immeubles. Un art éphémère par définition, soumis aux aléas du temps et des politiques urbaines, ou à la bonne volonté (...)
Pour Aslı Erdoğan
Je réponds à l’appel lancé par Tieri Briet et Ricardo Montserrat Galindo sur Diacritik : diffuser, le plus largement, le plus fort possible, la voix de celle qu’un régime autoritaire croit pouvoir étouffer. Mobilisons-nous, relayons la liberté. Aslı Erdoğan est une romancière turque, journaliste et militante pour les droits de l’homme. Elle a d’abord (...)
Tirer son épingle du jeu
Suite au vote des Britanniques en faveur d’une sortie de leur pays de l’Union européenne (Brexit), un utilisateur du réseau social Twitter a utilisé l’emblème de l’épingle à nourrice en signe de solidarité envers les immigrés et les minorités après avoir observé un regain d’attaques contre ces populations. La récente campagne de l’élection présidentielle (...)
New York vide, de Duane Michals
Duane Michals est un photographe américain connu pour ses séquences, séries de photographies à l’influence surréaliste où des histoires fictives se mêlent à des légendes manuscrites au dessous. Au début de sa carrière dans les années 60, Duane Michals est passé par une image plus classique, entre photos de reportage, portraits et prises de vue (...)
Suzanne et les vieillards d’Artemisia Gentileschi
Artemisia Gentileschi est née en 1593. Artemisia Gentileschi est la fille aînée d’Orazio Gentileschi, un des plus grands peintres de la Rome baroque, proche du Caravage. Artemisia Gentileschi a sans doute appris la peinture dès son plus jeune âge dans l’atelier de son père. En 1610, elle a 17 ans, elle signe sa première œuvre autonome, une Suzanne et (...)
Ce qu’il faut, de Corinne Lovera Vitali
Corinne Lovera Vitali écrit depuis seize ans, son écriture chemine entre littérature adulte et jeunesse, mais sa voix singulière dépasse les genres et les classifications. Depuis l’an 2000 elle a notamment publié chez Gallimard et au Rouergue, mais également écrit des livres très courts et des livres illustrés, des textes en revues papier et en ligne, (...)
L’atelier nomade de Nicolas Vial
Nicolas Vial est un illustrateur de presse et un peintre français que je suis sur Instagram depuis quelques mois. Depuis le printemps dernier il s’est installé dans un lieu tenu secret à Paris, camouflé derrière quelques arbres, non loin de son domicile parisien du 14ème arrondissement. Cet endroit, il s’agit de la Maison Marie-Thérèse, une belle (...)
Temps suspendu : exploration urbaine
Le Musée de La Poste propose l’exposition de photographies « Temps suspendu – exploration urbaine » du 17 septembre 2016 au 18 décembre 2016 à l’Espace Niemeyer, à Paris dans le 19ème. L’exposition réunit soixante-quinze œuvres de trois photographes passionnés d’exploration urbaine : Romain Veillon, Sylvain Margaine et Henk Van Rensbergen, qui nous font (...)
Les Magasins généraux à Pantin
Je suis retourné récemment sur le Chemin de Halage à Pantin au bord du Canal de l’Ourcq, faire le tour de l’ancien bâtiment des Magasins généraux des douanes abandonné devenu entretemps un espace de travail totalement repensé et investi par l’équipe de l’agence de publicité BETC. L’accès au bâtiment a longtemps été interdit par de grands panneaux (...)
Atelier Twittérature 2016
La troisième édition du festival du Monde a eu lieu du 16 au 19 septembre sous un titre qui sonne comme un défi à notre monde en crise : « Agir ». La thématique de l’édition 2016 du Monde Festival trouvera un écho tout particulier dans les espaces publics de l’Opéra Bastille à travers la mise en place d’ateliers participatifs, les 17 et 18 septembre (...)
Marcher au-dessus de la ville
Marcher au-dessus de la ville, la traverser tête en l’air, sans se soucier de la rue, des passants, des voitures en contrebas. Un vieux rêve. Ne pas confondre avec l’irrésistible tentation de voler. Rien à voir. La perspective et le regard sur les choses se transforment radicalement, plus rien n’est pareil quand on voit les choses en surplomb. La (...)
Ce que la ville fait et ce qui la fait
« Tout est répétition, re-parcours, retour. En fait, même la première fois est une « seconde fois. » Cesare Pavese, Le Métier de vivre, Gallimard, 1958 « Un paysage… c’est bien ce que Paris devient pour le flâneur. Plus exactement, ce dernier voit la ville se scinder en deux pôles dialectiques. Elle s’ouvre à lui comme paysage et elle l’enferme comme (...)
Collages, films et photographies d’Anaïs Ibert
L’artiste Anaïs Ibert est photographe, cinéaste, elle réalise également des collages à partir de journaux et de magazines découpés. Dans ce travail de découpage l’artiste se concentre sur des détails, des images dans lesquelles elle cadre, soulignant un geste suspendu dans son mouvement, isolant un regard, un sourire, montrant un oiseau qui s’envole, (...)
D’un jour à l’autre, avec Michel Butor
On peut distinguer trois phases dans la production littéraire de Michel Butor, les romans publiés aux éditions de Minuit (La modification, L’emploi du temps), puis les grandes séries poétiques telles Répertoire publié chez Minuit (5 volumes d’essais et conférences), Le génie du lieu publié chez Grasset pour le premier volume, puis chez Gallimard pour les (...)
L’expérience d’un récit en marche
« Certains lieux sont particulièrement actifs, révélant des parties de nous-mêmes que nous ignorions ; c’est ce que j’appelle leur « génie », m’appuyant sur la tradition latine. Souvent c’est parce qu’ils sont façonnés par l’homme, qu’ils sont la matérialisation d’une culture ou d’une époque. Parfois un grand artiste, un architecte par exemple, les a façonnés ; (...)
Le désir de vie devant la mort
Personne ne saura jamais ce qu’il lui dit. Personne ne saura ce qu’elle lui répond. Personne ne peut comprendre, ne peut imaginer ce qui se jouait entre nous. Personne. Pourtant sur les murs de la ville l’histoire était écrit en toutes lettres. Elle était revenue depuis longtemps, marchant à mes côtés sans que je m’en rende compte, me frôlant, me (...)
La mer est ton miroir
Tous les jours, souvent même plusieurs fois par jour, se rendre au même endroit, à l’évidence s’y rendre, comme on dirait à bon escient s’y abandonner, abonnés, car nous ne pouvons plus nous en passer, lieu devenu incontournable, comme nous avons besoin de ce temps là, de cette activité là, une respiration dans la journée, une parenthèse, il faut sans (...)
Nous n’avons pas peur des ruines
Nous n’avons pas peur des ruines, c’est écrit en toutes lettres sur le mur. Le mur se dresse en nous-mêmes. La crainte est complice de la curiosité. Il y a une suite d’images, la violence de ce qu’elle nous montre, ce qu’on ne veut pas voir, ce qui les réunit, les yeux dans les yeux, c’est cela qui donne l’envie d’écrire le texte, nous y pousse, en (...)
Une mesure du vivant
C’est toi qui m’avais indiqué la large porte au numéro 9 de la rue Le Regrattier, là où m’appris-tu, le 5 juin 1958, Yves Klein présente pour la première fois l’exécution d’une œuvre avec un pinceau vivant, le terme Anthropométrie sera utilisé à partir de février 1960 par le critique Pierre Restany. L’événement se déroule dans l’appartement de Robert Godet, (...)
Modeler la réalité, l’image du réel
Longtemps j’ai rêvé d’avoir un jour l’opportunité de rencontrer Jean-Luc Godard, mon cinéaste préféré. « Ce qui compte dans la fiction, et dans l’idée de fiction, écrit Jacques Aumont dans Amnésies , l’ouvrage qu’il consacre aux Histoire(s) du cinéma de Jean-Luc Godard, n’est pas la mécanique par laquelle elle nous attache (l’énigme, la question, le suspens, (...)
La nostalgie de tout abandonner
Se réveiller cette nuit-là en sursaut, en sueur, ouvrir la fenêtre de sa chambre pour faire entrer un peu d’air frais et chasser la pesante atmosphère de la pièce chargée d’électricité, entendre d’étranges bruissements suspects en contrebas de mon immeuble, s’agitant dans la cour plongée dans une intrigante pénombre bruissant de soubresauts (rôdeurs ? (...)
Une ville au loin, par le collectif L’aiR Nu
Il y sept mois, je me faisais l’écho d’un appel à candidature pour une résidence artistique numérique « Où passent les frontières » lancé par la Communauté de communes Moret Seine & Loing dans le cadre d’un Contrat de Territoire Lecture en collaboration avec la DRAC île de France et la Médiathèque départementale de Seine-et-Marne. C’est le Collectif (...)
Rendez-vous avec l’imprévu
« La surface la plus passionnante de la terre, c’est, pour nous, celle du visage humain ». Georg Christoph Lichtenberg Un rendez-vous avec l’imprévu, c’est impossible me dira-t-on. Mais c’est comme pour les rêves, la ville ça se travaille. Pour connaître une ville, il faut l’arpenter. Pour y rencontrer de vieux amis, il suffit parfois de penser à eux (...)
Scénarisation de l’expérience utilisateur
Le développement d’un prototype des Lignes de désir qui vise à valider et illustrer un moteur de génération narrative basé principalement sur le comportement déambulatoire de l’utilisateur, sur lequel vont désormais travailler deux développeurs Suisses, Olivier Evalet et David Hodgetts, qui m’ont été présentés par Ulrich Fischer, vise à régler ce moteur (...)
Des signes de ta présence
C’est une image, non c’est un trouble passager qui a tout d’abord retenu mon attention. Une image éphémère, elle disparaît aussi vite qu’elle est apparue, au point de me faire douter de son existence même. On a tous en soi de ces images. Des épiphanies. Il faisait très doux, le ciel couvert de nuages compacts laissait percer à jour épisodiquement des (...)
Dispositif intermédia pour récit interactif
Écrire n’a rien à voir avec signifier, mais avec arpenter, cartographier, même des contrées à venir. Gilles Deleuze & Félix Guattari, Mille plateaux, Minuit, 1980. Les Lignes de désir propose d’explorer le récit interactif sous forme de narration combinatoire en mettant à disposition du promeneur, dans l’espace de l’île Saint-Louis à Paris (lieu (...)
Dispositifs sonores urbains géolocalisés
Les Lignes de désir propose d’explorer le récit interactif sous forme de narration combinatoire en mettant à disposition du promeneur, dans l’espace de l’île Saint-Louis à Paris (lieu où se déroule l’histoire) une base de données géolocalisées de textes se présentant sous la forme d’enregistrements sonores (lecture des différents fragments indépendants à (...)
Surveillances, texte collectif édité par Publie.net
« Fut un temps où la sauvegarde de nos vies (sauvegarde au sens informatique qu’on lui prête aujourd’hui), écrit Guillaume Vissac dans sa présentation de l’ouvrage collectif Surveillances, édité par Publie.net, était l’apanage des artistes, et notamment des écrivains. Mais, à l’heure de la surveillance de masse, des réseaux sociaux et des algorithmes (...)
Là où j’ai toujours été
Sans l’ombre d’un doute Une petite fille place sur son visage l’emballage en papier transparent de couleur vive d’un bonbon qu’elle vient de manger et, qu’au lieu de jeter, elle porte par jeu, espiègle, sous ses yeux, devant son nez, collant délicatement le papier sur sa peau moite, l’étirant pour s’en couvrir tout le visage, le froissant, son bruit si (...)
Le sel de la vie
Françoise Héritier est ethnologue et anthropologue. Elle a succédé à Claude Lévi-Strauss au Collège de France, inaugurant la chaire d’« étude comparée des sociétés africaines ». Dans Le sel de la vie, ouvrage que m’a conseillé Anne Savelli il y a quelques semaines, Françoise Héritier répond à une carte postale que lui adresse son médecin et ami, le (...)
Dites-moi où, n’en quel pays ?
« Un jeune homme de cette ville est éperdument amoureux de vous ; depuis un mois entier, il cherche vainement l’occasion de vous l’apprendre. » Musset, Les Caprices de Marianne, acte I, scène 1 Cette musicalité d’un poème entendu dans ton enfance, tu la croyais totalement oubliée, effacée, comme le sens de ce poème lui-même, dans ce flux de la (...)
Fictions du corps, de François Bon
Ce que la ville change à nos corps ? Comment nous transforme-t-elle à travers les rêves que nous faisons d’elle, non pas les nocturnes mais les rêves diurnes, ceux qui, à l’intérieur d’elle-même et en sa présence, nous permettent d’y vivre, d’y trouver notre place, en la parcourant, en la questionnant silencieusement sous la charge de nos pas répétés, de (...)
Promenons-nous dans les bois...
L’œuvre de l’artiste Eva Jospin est présentée jusqu’au 28 août 2016 au cœur de la Cour carrée du Louvre. Ce panorama est hébergé dans un pavillon conçu comme une architecture artistique : les façades majestueuses du Musée du Louvre se reflètent dans l’habillement à pans coupés de la surface du pavillon. L’œuvre d’Eva Jospin qui travaille le carton de (...)
Portraits percés
C’est une apparition, un accident imprévisible, un signe qui nous arrête en chemin, happe notre attention, un temps distrait, mais notre corps ne le perçoit qu’avec un peu de retard sur l’œil toujours aiguisé, aux aguets, forcé de se retourner, de se reprendre, mais ne voit plus rien. Nécessité de rebrousser chemin. En quelques pas, revenir au point (...)
Voix dédoublée
Cette expérience est un jeu de l’enfance. Se cacher derrière quelqu’un et parler à sa place, lui demander de bouger les lèvres sans prononcer un mot tel un ventriloque, d’articuler en silence, de parler dans le vide, en accompagnant cette pantomime de gestes discrets soulignant ce qu’il dit. Personne ne parle vraiment sans bouger les mains, même de (...)
Saut dans le vide
« Celui qui saute dans le vide n’a plus de comptes à rendre à ceux qui le regardent. » Jean-Luc Godard, dans sa critique de Montparnasse 19. « Ce qu’Yves Klein met en place, écrit Camille Morineau commissaire de l’exposition du Centre Pompidou , est destiné à s’effacer devant le dialogue que le regardeur établit avec un au-delà, qui reste pour chacun (...)
Chaque lecture est un parcours
À l’issue de nos sept premières séances d’atelier, nous allons entamer la phase finale de l’écriture du récit, en écrivant un texte composé à partir de l’ensemble des textes écrits lors des précédentes séances. Nous associerons ensuite les captures d’images des villes de chaque participant sur Street View, d’ici la fin de nos séances, avec des bribes de (...)
Une nouvelle manière de voir le monde
La pratique de la photographie numérique avec un téléphone mobile s’est très largement diffusée ces dernières années. Instagram, application gratuite pour téléphones et tablettes numériques, créé en 2010, qui revendique plus de 100 millions d’utilisateurs, a été achetée en avril 2012 par Facebook pour un montant d’environ un milliard de dollars. Elle tient (...)
L’attrait du mystère
Voir autrement Fermer les yeux. C’est un geste anodin. Il y a cette femme que je croise tous les jours au même endroit. Je ne l’ai pas tout de suite remarquée. Le plus souvent on n’y pense même pas en effectuant ce geste. C’est un réflexe. Il arrive un moment où plus rien ne peut nous soulager. Mais un regard se construit à deux. J’ai mis du temps à (...)
Le livre n’est pas un objet de consommation
« Les plats se lisent, les livres se mangent ». Marcel Proust Ne lisez plus. Dévorez. Cette injonction figure dans la dernière publicité de la liseuse d’Amazon, le Kindle Paperwhite. Avec Kindle Paperwhite, découvrez une nouvelle façon de savourer vos livres. Au menu : des millions de livres, du classique au dernier best-seller. Avec son écran (...)
Le regard sur la ville (à travers ses fenêtres)
Google Street View a pour but de photographier, analyser, cartographier le monde entier. Le projet de Google : rendre accessible le monde entier à chacun depuis son ordinateur. Jon Rafman profite lors de ses investigations sur Street View cherchant dans toutes les images saisies par les 9 caméras de la Google Car (ce qui explique le titre du (...)
La piscine, revue graphique et littéraire
La piscine, longtemps pour moi c’est resté lié à des éclats de rire, des longueurs éprouvantes et des plongeons rafraîchissants, l’été. C’est également un Musée d’Art et d’Industrie, à Roubaix. Un film de Jacques Deray, que j’ai revu il y a quelques semaines, avec Romy Schneider et Alain Delon alanguis sur le bord de la piscine. Mais quand je pense à la (...)
Les Voix du tocsin
Du 11 mars au 7 mai, la Fondation Taylor en partenariat avec le Musée de Picardie présente Dans l’atelier d’Albert Maignan, une exposition dédié à cet artiste de la fin du XIXème siècle. Albert Maignan, artiste surtout connu pour ses compositions historiques, a légué à la Fondation Taylor, qu’il présida, sa maison-atelier de la rue La Bruyère et au (...)
Le voyage de l’esprit
Dans L’étrange affaire d’Angélica de Manoel de Oliveira, Isaac, un jeune garçon tourmenté qui vit dans une petite ville du Douro au Portugal, photographe obsédé par son art, la photographie, cherche à saisir le monde qui l’entoure. Une nuit, il est appelé pour photographier une morte. L’expérience est inédite, et lorsqu’au milieu de la prise de vue, la (...)
Infini, l’histoire d’un moment, de Gabriel Josipovici
Infini, l’histoire d’un moment est un roman de Gabriel Josipovici sur le processus créatif musical, traduit de l’anglais par Bernard Hoepffner et publié chez Quidam éditeur. Le roman de Gabriel Josipovici nous invite à partager la vie et la vision d’un artiste singulier, celle de Tancredo Pavone, compositeur d’avant-garde, aristocrate caricatural et (...)
Le visage d’une ville
Faces, est le premier ouvrage de Louis Imbert. Né en 1982 à Suresnes, journaliste, il a travaillé en Iran, en Asie Centrale et en Afghanistan pour la presse écrite et la radio. On peut le suivre sur samecigarettes.wordpress.com. Le texte de Louis Imbert est le livre d’un regard posé sur ces images qu’il collectionne et sonde jusqu’à espérer qu’elles (...)
Le soleil a rendez-vous avec la lune
Le 17 avril 1912 eut lieu une forme assez rare d’éclipse de soleil dite perlée, visible notamment sur Paris. La suivante n’aurait lieu que le 11 août 1999. La terre tourne autour du soleil. Mais la lune, tournant autour de la terre, se trouve par moment entre la terre et le soleil et nous cache en partie ce dernier. Le diamètre réel de la lune (...)
Voir à travers les photographies
Nous sommes de plus en plus souriants sur les photographies. C’est ce que révèlent des chercheurs américains de l’université de Californie, Berkeley et Brown qui ont comparé les portraits des albums de promotions universitaires de 1905 à 2013. Ils ont mesuré l’inclinaison des lèvres sur les différentes images et découvert que les étudiants de 1910 ne (...)
Les mille et une phrases, d’Éric Simon, Contre-mur éditions
« Un texte peut toujours en cacher un autre, écrit Gérard Genette, mais il le dissimule rarement tout fait. » Les mille et une phrases d’Éric Simon, est le quatrième livre numérique publié par Contre-mur. « J’avais le projet, ça me reprend parfois, d’un roman totalement synthétique, sans un mot de moi, fait de phrases trouvées ailleurs dans les livres (...)
Les faits ordinaires de la ville quotidienne
Tentative d’épuisement d’un lieu parisien Ce texte éclaire la quête d’identité de Georges Perec dans son travail de la mémoire et de l’oubli. Il s’attache à décrire ce qu’il voit, entend, sent, à un moment précis, un jour précis, dans un de ses lieux : par exemple la Place Saint-Sulpice, à Paris. Ce projet s’inscrit dans son vaste projet abandonné à (...)
Le secret derrière la porte
Suite à la lecture de neuf portes seront passées, l’atelier d’écriture proposé par François Bon à partir d’« Espèces d’espaces » de Georges Perec, sur son site et sur son compte Youtube j’ai eu l’envie d’écrire ce texte : Le secret derrière la porte. La porte est également un décor aux ressorts dramatiques très utilisé au cinéma. Perdu dans ce long (...)
Lecture vagabonde de la ville
Lecture vagabonde : Dans Paris, musée du XXIe siècle : Le Dixième arrondissement, Thomas Clerc a décidé d’arpenter de long en large le Xe arrondissement de Paris à travers ses 155 rues, places, quais, squares, cités, avenues, jardins, boulevards, impasses et passages, en adoptant l’ordre arbitraire mais incontestable de l’alphabet, de la rue (...)
Tentative d’épuisement d’un lieu moscovite
« Pour traverser la large avenue mais pas seulement. Trois escaliers, trois descentes pentues grossièrement bitumées y plongent, ou, c’est selon, débouchent sur les trottoirs de deux rues plus modestes et sur ceux du boulevard, sur la place aussi, en tout six voies d’accès, on emprunte avant les deux bouches principales, celle de la place, celle du (...)
La ville à travers le temps
Les lieux En 1969, Georges Perec choisit une douzaine de lieux parisiens dont il projette de décrire, douze ans durant, le devenir : « J’aimerais qu’il existe des lieux stables, immobiles, intangibles, intouchés et presque intouchables, immuables, enracinés ; des lieux qui seraient des références, des points de départ des sources : Mon (...)
Dans la salle des pas perdus
« Pour capter l’idée au vol, pour guetter l’occasion opportune et surveiller l’urgence de l’instant, il faut un mélange de vigilance et de souplesse, de décision et d’abandon ». Vladimir Jankelevitch, Quelque part dans l’inachevé, Paris, Gallimard, 1978. J’ai d’abord entendu de la musique. Une musique entraînante. C’est un endroit de passage (...)
Parcours dans la ville
L’artiste française Sophie Calle mêle ses propres récits de sa vie à ceux fournis par d’autres personnes, ou encore se plie à l’image que l’on a d’elle, de sorte qu’entre le réel et l’imaginaire, les frontières sont abondamment brouillées. L’artiste invente ainsi en partie son autobiographie qui fonctionne comme une interface où se rencontrent les (...)
La mémoire convoque le passé au présent
Tout a commencé par des promenades quotidiennes sur les quais de l’Île Saint-Louis. « Le tour de cette île est devenu délicieux pour moi. Tous les jours y sont inscrits sur la pierre : un mot, une lettre exprime la situation de mon âme ». Je n’osais plus y retourner sans toi. Inscrire et réinscrire pour que rien ne soit effacé. Rétif de la Bretonne (...)
Inventer la ville
Cet atelier d’écriture propose d’explorer la ville à travers Google Street View et le monde qu’il dessine, et d’apporter un nécessaire regard critique, une analyse de la représentation des territoires qu’il nous propose. Google Street View est un service lancé en mai 2007, en complément de Google Maps et Google Earth, qui permet de naviguer (...)
Fantasme de ville, ville rêvée, ville qu’on invente
L’enjeu de ce premier atelier étant d’imaginer les contours de la ville que l’on souhaite inventer sur l’ensemble des séances d’atelier jusqu’au printemps, et de poser les bases de la structure, du fonctionnement général du récit, je vous propose de travailler à partir des livres d’Italo Calvino, Les villes invisibles, d’Adolfo Bioy Casares, L’invention (...)
Penser images seconde
Compilation de morceaux choisis. Les encarts publicitaires aux couleurs criardes, aux formules racoleuses, les affiches politiques et leurs slogans désuets, les poses stéréotypées des candidats, les visuels des artistes, des musiciens, des lieux des soirées parisiennes, avec l’usure du temps, les déchirures infligées par les passants rageurs, les (...)
Stations (entre les lignes), de Jane Sautière
Le livre de Jane Sautière Stations (entre les lignes) fonctionne comme un diptyque dont les deux parties distinctes ont des ramifications souterraines. Dans la première partie du livre, l’auteur situe les transports au centre de son développement en suivant le cours de sa vie, nous faisant voyager de lieu en lieu, de gare en gare, de la ville où (...)
La profondeur se cache à la surface
En réaction à mon article sur le son dans le cinéma de John Smith, Ne pas croire les mots sur parole et le travail sonore d’Aki Onda Gabriel Franck me signale en écho le film Café lumière de Hou Hsiao-hsien. « On arrive en train, comme souvent chez Hou Hsiao-hsien, écrit François Gorin dans Télérama. On est au Japon, comme à la fin du nocturne et (...)
L’ombre de l’arbre
Je l’ai vu s’approcher du mur nu, c’était un mur gris recouvert de plâtre, il a posé un lourd pot de peinture noire à ses pieds, sur sa gauche, c’est là que j’ai remarqué qu’il le portait dans la rue comme on se promène un sac à main. Dans sa main droite pendait un long pinceau, de ceux dont se servent les peintres en bâtiments, sauf qu’avec eux (...)
Dans les rues d’Osaka
Marché typique de la ville. Nous arrivons à la fin du marché, les commerçants rangent leurs étals. Visages, sourires, devantures, boutiques en désordre, réduits, accumulation d’objets, de paperasses, de dossiers, dans un désordre maîtrisé, une optimisation maximale de la place disponible, à l’étroit ils semblent à leur aise. Poissonneries, marchands de (...)
Le dormeur dans l’art
Les parfums ne font pas frissonner sa narine ; Il dort dans le soleil, la main sur sa poitrine Tranquille. Il a deux trous rouges au côté droit. Arthur Rimbaud, Le Dormeur du val Le texte d’Un homme qui dort de Georges Perec s’ouvre, tout comme les premières pages de À la recherche du temps perdu de Marcel Proust, en mettant en scène un (...)
Au bout du fil
Dans le train samedi dernier, un petit garçon voyage avec son père. L’enfant parle beaucoup, parfois un peu fort. Son père lui demande sans succès de baisser la voix à plusieurs reprises. Un train passe à vive allure, dépassant notre train. Le petit garçon se met à crier très fort, le bruit du train couvrant alors sa voix. Puis il se tourne vers son père (...)
L’eau qui dort, de Michael Pinsky
L’exposition à ciel ouvert L’eau qui dort, de l’artiste plasticien Michael Pinsky, met en lumière les dérives de notre société de consommation, de manière poétique et pédagogique, dans le cadre de la COP21. Elle est visible sur le bassin de la Villette, face à la Géode, jusqu’au 3 janvier 2016. Habitant du quartier depuis une quinzaine d’années j’ai (...)
From the sky to the earth, de Fabien Zocco
« Les choses de l’art commencent souvent au rebours des choses de la vie ». Georges Didi-Huberman, Génie du non lieu. Art, poussière, empreinte, hantise, 2001 De nombreux artistes travaillent sur la toponymie. Parmi eux, Édouard Levé qui a notamment réalisé une série de photographies autour de la commune d’Angoisse en Dordogne, à partir de (...)
Dans les rues de Kyoto
Le lieu de rendez-vous avait été fixé devant notre maison, dans un quartier résidentiel très calme, entre les jardins du Palais Impérial de Kyoto et la Teramachi Dori. Notre guide était venu nous chercher et nous attendait dans la ruelle, juste devant chez nous. Nous sommes remontés avec lui jusqu’à la rivière Kamo. Au Budo-Center qu’il nous fait (...)
Ne pas croire les mots sur parole
En réaction à mon article sur les œuvres interactives de Kyle Mc Donald, et notamment Exhausting a crowd et Neural Talk, Gabriel Franck me signale en écho le film The Girl Chewing Gum de John Smith. John Smith, né à Londres en 1952, est l’une des grandes figures du cinéma expérimental britannique. Dans The Girl Chewing Gum, film réalisé en 1976, (...)
Les installations interactives de Kyle Mc Donal
De retour du festival documentaire IDFA qui s’est déroulé fin novembre à Amsterdam, Joël Ronez a dressé une liste des œuvres et des artistes les plus innovants de la sélection interactive, une source d’inspiration pour comprendre les lignes de force créatives en production numérique : « Suivre le travail de Kyle Mc Donald (@kcimc) artiste américain (...)
Entre les lignes de ta main
Décors de façade : pièges à fantômes. Certains arrondissements ont des aspects insolites, les façades aux allures de décors : impasses, trompe l’œil, publicités murales, angles d’immeubles en biseau, à la poursuite des fantômes qui hantent les immeubles étroits, en forme de pointe à l’angle des rues. « Formant un angle aigu très prononcé, elle s’avance en (...)
Le monde est une éternelle brocante
Je marche dans les rues encombrées par les passants qui trainent le pas devant les étals des brocanteurs. Une fièvre inattendue colore leurs joues percées par des sourires béats. Dimanche, un après-midi d’hiver. Ce temps qui d’habitude ne leur appartient pas, aujourd’hui ils le prennent. Ils le dépensent même dans l’achat de poussiéreuses babioles (...)
Je ne suis pas en guerre
« Ceux qui sont prêts à sacrifier une liberté fondamentale pour une petite sécurité temporaire ne méritent ni l’une ni l’autre et finissent par perdre les deux. » Benjamin Franklin, 1775 Je ne suis pas en guerre. Je suis en colère, mais je ne suis pas en guerre. Je suis abasourdi par le bruit et la fureur, par les images d’une guerre qui n’en est pas (...)
Les réseaux sociaux du livre
Voici les grandes lignes de mon intervention du jeudi 5 novembre 2015 à l’enssib sur le thème : Connaître et faire connaître la littérature contemporaine. Le réseau social est devenu l’un des enjeux du partage et de l’échange sur Internet. Après l’ère du 2.0, nous sommes aujourd’hui dans celle de la sociabilisation, dans le cadre d’outils spécifiques. (...)
Seul celui qui connaît le désir
Imaginée par l’artiste Ugo Rondinone, comme une œuvre à part entière prenant la forme d’une déclaration d’amour, l’exposition I Love John Giorno au Palais de Tokyo est la première grande rétrospective dédiée à la vie et à l’œuvre du poète américain John Giorno, né en 1939 à New York où il vit. Les huit chapitres de l’exposition représentent chacun une facette (...)
Dans les rues de Tokyo
Avant de se retrouver sur notre lieu de rendez-vous, le Parc Ueno à Tokyo, nous traversons Ameyoko (ou Ameya Yokocho) qui peut se traduire par l’allée des confiseurs ou des sucreries, le produit que l’on trouvait sur place à l’époque de la création du marché. Petite ruelle étroite très animée sous les arcades bruyantes de la voie de chemin de fer. (...)
Les longs silences, de Cécile Portier
En février 2014, à la suite d’un burn out, Cécile Portier entre pour trois semaines en clinique psychiatrique. Pendant ce temps de soins, elle éprouve le besoin de noter les sensations qui la traversent, d’écrire ce lieu et ceux qu’elle y rencontre. Elle enregistre par l’écriture le flux des conversations, des sons, de ses propres pensées (« La pensée (...)
Livre animé et dessin filmé
François Matton entend des voix, comme il le décrit dans la vidéo présentant son dernier livre, Oreilles Rouges et son maître, paru chez P.O.L. Des voix qui remettent en question au quotidien l’intérêt et la valeur de son travail, ce sont des voix qui s’imposent à lui alors qu’il est en train de dessiner. Pour exorciser ses voix intérieures, il s’est mis (...)
Démasquer l’inconnu
« Étant donnée, écrit Ariane Mayer, dans le Répertoire des arts et littératures hypermédiatiques du NT2 est une fiction transmédia interactive créée par Cécile Portier et centrée sur une réflexion autour de la trace numérique. L’intrigue fait intervenir deux personnages indéfinis, apparaissant sous forme de pronoms : « elle », une femme découverte (...)
Karma Police : surveillance massive des données des internautes révélée par Edward Snowden
Hier, j’ai vu Edward Snowden, informaticien américain et lanceur d’alerte à l’origine du scandale des écoutes de la NSA, ouvrir un compte sur Twitter par ces mots : Can you hear me now ?— Edward Snowden (@Snowden) 29 septembre 2015 J’ai repensé au film CitizenFour, de Laura Poitras, et à l’image persistante, obsédante, que j’avais en l’écoutant, tapi (...)
Atelier Twittérature 2015
Comment imaginez-vous le monde qui change ? Le Monde propose dans le cadre du Monde Festival une série d’ateliers pour explorer la thématique Changer le Monde sous l’angle de l’architecture, du design et de la littérature. Pendant les deux jours, à l’invitation de Marina Wainer, artiste numérique, et Marie-Hélène Fabre, architecte et urbaniste, une (...)
Raymond Bozier, Fenêtres sur le monde
Propositions d’écriture : Fenêtres d’appartement, d’hôtel, de restaurant, de gare, d’ordinateur ou de téléviseur (cette autre fenêtre "qui contient toutes les fenêtres"), pare-brise, fenêtre de son lieu de travail, de la maison le matin quand on ouvre les volets, vitre du métro, du train, quand on regarde filer à vive allure le paysage distrait, autant (...)
Verlaine Gisant de John Greaves et Emmanuel Tugny
John Greaves travaille, depuis le milieu des années 2000, sur une série de projets autour du poète Paul Verlaine. Il a tout d’abord composé en 2008 l’album Greaves/Verlaine, dans lequel il met en musique des poèmes de Verlaine en coopération avec le collectif multimédia Les Recycleurs de Bruits. Un second volume a vu le jour en 2011. Avec (...)
Laques, roman en proses de Gabriel Franck
Laques est un roman en proses de Gabriel Franck édité par Publie.net. L’histoire d’une rencontre entre un homme et une femme et de leur relation dans la ville qu’ils habitent et arpentent l’un l’autre. Premiers regards, échanges évasifs avant de s’étreindre, corps au défi de l’absence, aux dimensions infinies de l’imagination. « Face à face premier où (...)
Trouver refuge
La valeur des mots. Celle qu’on leur accorde. Leur poids face à celui des photos pour reprendre le slogan d’un journal que je ne lis pas. Le poids des mots, le choc des photos. Les images nous envahissent au quotidien. Et les mots sont à la traîne. Des mots sans image, dans ce blanc laissé, cette béance, ce jeu dangereux, d’incertitude et de (...)
Laisse venir, co-écrit avec Anne Savelli
Laisse venir est un livre numérique, un trajet Paris-Marseille intemporel, d’abord virtuel, puis réel, une approche de la ville tout en détours et cheminements, écrit par Anne Savelli et moi, publié par La Marelle éditions, dans une version numérique développée par Chapal & Panoz (Roxane Lecomte et Jiminy Panoz). Il est disponible au prix de 4,99 € (...)
Je vais bien : sauve-moi !
Il y avait dans le dessin de son tatouage aux volutes sinueuses, un élément indescriptible qui te fascinait, comme toute forme lointaine dont le message secret nous intrigue, dans l’incapacité de son déchiffrement, l’espoir d’en trouver le sens, tu l’observais longuement, en t’appliquant à rester bien attentive face à ce dessin, dont l’encre traçait sur (...)
Ouvrir les yeux
Dans son article Le mur qui efface les migrants, paru le 1er septembre sur son site, Olivier Ertzscheid interrogeait à juste titre notre positionnement et/ou notre engagement politique face à l’afflux des migrants : « Désemparés devant l’afflux et la violence des situations autant que paralysés par la neutralité sémantique du mot. Les mots ne (...)
Plis et replis
Dans les draps, l’ombre que leurs plis forment dessine le portrait d’une femme ou d’un homme. Mémoire de nos mouvements nocturnes dont il reste au matin les traces dans les ondulations du tissu, qui se répercutent parfois comme en écho, sur la peau de notre visage, mémoire à fleur de peau. J’imagine une chaîne de montagnes derrière laquelle le soleil (...)
La source, d’Anne-Marie Garat
En cherchant à louer une chambre chez l’habitant, faute d’hôtel au village du Mauduit, en Franche-Comté, la narratrice, qui doit y rester quelques jours afin d’obtenir de la mairie l’autorisation pour ses étudiants en sociologie de consulter les archives communales de cette banale petite bourgade française, se fait accepter par une vieille femme qui (...)
La carte d’Aquilea ou le plan d’Invasion
Invasion, le film d’Hugo Santiago, sur un scénario de Jorge Luis Borges et d’Adolfo Bioy Casares, se déroule dans une ville qui n’existe pas en dehors du film : Aquilea. Le film, entre film noir, science-fiction et anticipation politique, raconte la légende d’une ville, imaginaire ou réelle, Aquilea, ville fantomatique assiégée par une armée (...)
Trajectoire d’une traversée de la ville
Je marche dans mes traces On le sait c’est le début d’une histoire, elle débute souvent ainsi, vous vous engagez sur un chemin et très rapidement vous vous éloignez de la voie toute tracée, vous sortez des sentiers battus, de la même façon apercevoir la silhouette d’un homme ou d’une femme et, sans raison apparente, sans idée préconçue, se mettre à le (...)
Se perdre en ville
Je n’ai pas eu souvent peur en ville, on me demande s’il m’est arrivé de me perdre, cela m’est arrivé une ou deux fois, et j’entends peur au lieu de perdre, je parle de la peur, la peur de se perdre en ville, ce qui me revient en mémoire avec la force inattendue d’un coup au cœur, un direct au plexus qui vous coupe le souffle, vous terrasse de douleur, (...)
La beauté de l’apparition
L’importance des premières rencontres n’est plus à prouver, l’heure du rendez-vous qui approche, la tension monte, avec elle la peur de ne pas faire bonne impression, de ne pas être à la hauteur, donner de soi une image faussée, trompeuse, éloignée de la réalité. L’image que l’on a de soi. L’approche est tremblante, hésitante, le cœur battant plus fort, (...)
Dans la maison vide
Dans la maison vide aux pièces nues, ses longs couloirs sombres et désolés, murs au papier peint défraîchi que la pénombre ternit prématurément, leurs volumes évasivement redessinés par la lumière franche des lampadaires dans la rue déserte, les formes mystérieuses qu’elles projettent au plafond, lambeaux fantomatiques qui se balancent et basculent (...)
L’inquiétante étrangeté
Un oiseau est entré par accident dans ta chambre. Un pigeon. Il faisait chaud, tu avais laissé les fenêtres de ton appartement grandes ouvertes, pour faire entrer un peu de la fraîcheur de l’air du jour déclinant. L’animal s’est cogné violemment contre le mur opposé, battant des ailes, affolé, en perte de repère comme de vitesse, puis il s’est posé en (...)
Les accolades
Mon affiche Les accolades éditée par Contre-mur est arrivée, tirée à 500 exemplaires, elle est imprimée en offset noir sur papier ivoire 120 gr. Format A1 (60 cm X 84 cm), vendue pliée en 8 au format A4. pour 2 €. Lancement officiel le samedi 15 novembre à la librairie Le Lièvre de mars à Marseille, 21 rue des trois Mages. « Un homme se propose la (...)
La mécanique du texte, de Thierry Crouzet sur Publie.net
Thierry Crouzet vient de publier son dernier essai, La Mécanique du texte, aux éditions Publie.net. L’auteur décrit dans cet essai très documenté, avec de nombreuses références historiques sur l’influence des technologies de lecture et d’écriture sur la littérature, ses nombreuses expérimentations numériques et leurs influences sur son travail d’auteur. (...)
Le langage des fleurs
Dans la rue, elle notait les bribes de phrases qu’elle saisissait sur le vif, un travail de capture ressemblant selon elle à mon activité photographique. Je suis très touché par ton côté rebelle, animal blessé. Elle répétait ses phrases inlassablement comme son travail d’actrice le lui avait appris à le faire, jusqu’à ce qu’elles se transforment en une (...)
Plus mélancolique que nostalgique
En citant Georges Perec et son Je me souviens en introduction d’Oslo, 31 août, qu’Arte diffusait il y a quelques jours, l’excellent film du réalisateur norvégien Joachim Trier s’élance dans un entrelacs polyphonique de voix et de souvenirs de la capitale norvégienne. Ce leitmotiv est ensuite repris au milieu du film quand Anders, le personnage central, (...)
Bloomsday, de James Joyce
« I want to give a picture of Dublin so complete that if the city one day suddenly disappeared from the earth it could be reconstructed out of my book. » James Joyce, Ulysse Le héros en est Léopold Bloom, et l’action se déroule sur la journée du 16 juin 1904, de 8 heures du matin à 3 heures dans la nuit. Le roman raconte la journée du 16 (...)
Les fentes de timidité
Nous restons ensemble Créature de la mythologie grecque, le Centaure est un être hybride composé d’un corps de cheval et d’un torse à tête d’homme. La sculpture de César bien que pesante, massive, donne l’impression de se mouvoir dans l’espace, force sauvage, parfois féroce et toujours indomptée. C’est aussi un symbole de liberté qui se doit d’être (...)
maison[s]témoin : du salon à la terrasse
Le Salon : Ce n’est pas le propre de la maison-témoin d’y trouver, posés sur la table basse, une pile d’ouvrages d’art qu’on ne lira jamais, achetés exprès pour en imposer à notre entourage et surtout les visiteurs de passage, livres précieux, aux volumes conséquents. Devant la cheminée, le livre d’art devient meuble, rivé à la table basse. Des livres (...)
maison[s]témoin : de l’entrée à la cuisine
« Dans ma maison vous viendrez D’ailleurs ce n’est pas ma maison Je ne sais pas à qui elle est Je suis entré comme ça un jour Il n’y avait personne Seulement des piments rouges accrochés au mur blanc Je suis resté longtemps dans cette maison Personne n’est venu Mais tous les jours et tous les jours Je vous ai (...)
Projection de la ville dans la chambre noire
Le Castelo de São Jorge à Lisbonne est situé dans la partie noble de l’ancienne citadelle médiévale comprenant le château fort, et les vestiges de l’ancien palais royal. Sa position dominante sur la colline la plus haute du centre historique, offre aux visiteurs une des plus belles vues sur la ville et l’estuaire du Tage. La chambre noire, instrument (...)
Comme seul un poète peut parler
Découvrir par hasard sur Internet cet entretien de Gérard Depardieu à propos du Garçu de Maurice Pialat. « Le Garçu c’est simplement un testament pour son fils Antoine. » Entretien réalisé par Serge Toubiana le 30 avril 2003. Quelques mois après la mort du cinéaste. Et se sentir tout à coup happé par ce qui est dit et la manière avec laquelle l’acteur (...)
Pâle lumière de la mémoire
Depuis l’enfance, j’aime les œillets et la peinture. Je suis née à Toulouse. Mon père était huissier et ma mère libraire. Quand elle se mettait en colère, elle criait après moi en espagnol. Mon enfance fut terne et sans relief. Dès que j’ai pu, je suis partie de chez mes parents. Je jouais du piano. Je suis gauchère. Visage ovale. Pas mariée, je ne crois (...)
Une ville sous la ville : cet envers de soi dans l’endroit où l’on vit
Un réseau de tunnels caché sous l’étendue de la ville qui n’est pas celui qu’on connait, avec ses bureaux, ses centres commerciaux, ses stations de train ou de métro et ses cinémas situés sous le niveau de la rue. Une ville sous la ville, une ville qui dédouble la ville. Une ville souterraine dans la partie la plus dense de la ville, dans son (...)
Data Transport, de Mathieu Brosseau
Un homme est repêché par un cargo en pleine mer, muet et amnésique, il ne sait seulement prononcer que la lettre B. Il trouve cependant un emploi dans un centre de tri de courriers jamais reçus faute d’adresse fiable, des lettres « en souffrance » sans expéditeur et sans destinataire, et semble progressivement recouvrer la mémoire ainsi que le langage (...)
Le voyeur observe le voyeur
Comment oublier notre première rencontre sur le pont Saint-Louis, la fragilité de nos gestes hésitants, nos regards troublés, lorsque rentrant chez moi à pied, je remontais le quai aux fleurs au petit matin, le faîte des immeubles du quai d’Orléans dessinait en contrejour leur silhouette découpée dans un papier fragile, éphémère, je m’engageais sur le (...)
Figure de l’absence
Longtemps après que la rumeur des moteurs détonants du carrefour eut cessé, que le roulis pneumatique des voitures s’estompa, que la foule des passants à la sortie du métro se fut dispersée, le couloir du trottoir en goudron fraîchement refait à neuf en certains endroits, marquant au sol un tracé abstrait au message sibyllin, devant la façade du café, (...)
Mons Street Review
Mons Street Review : métamorphoser la ville de façon ludique. Porté par Mons 2015, capitale européenne de la culture ce projet artistique propose, en première mondiale, une balade interactive et décalée dans les rues montoises. Fixée sur une petite voiture, une caméra spéciale a filmé cet été à 360° 10 km des rues de la ville métamorphosées, mises en (...)
David Bowie is (sound and vision)
L’exposition David Bowie is tente de montrer toutes les facettes de David Bowie, dans la toute nouvelle salle conçue par Jean Nouvel : La Philharmonie de Paris. Un artiste multi-facettes : auteur, chanteur, acteur, producteur (on lui doit des albums comme Transformers de Lou Reed ou The Idiot d’Iggy Pop). Les premières salles de l’exposition (...)
Jamais deux sans toi
Mariée, ma dame, ma Dulcinée, ma chimère incarnée, Daphné inondée de lumière, chandelle illuminée, mon adorée, mon aimée, mon héroïne nimbée, placée au ciel, accorde-moi ce charme, ce cœur à l’âme, aide-moi à perdre le Nord, emplie-moi, aime-moi donc... Le premier, la dernière... Dormir loin d’elle, mon cour écorché, condamné à perdre la couleur du (...)
Un lieu de recueillement
Nous nous sommes retrouvés ce week-end en famille à Carolles, en Normandie, pour réaliser le dernier vœux de Jacques, le beau-père de Caroline. Il souhaitait que ses enfants jettent ses cendres dans la Vallée du Lude, à Carolles. Tous les ans depuis quelques années nous revenons régulièrement en famille à Édenville, avenue de la plage à Carolles où (...)
Je suis sur écoute
« Il reconnaît qu’il ignore la loi, et il affirme en même temps qu’il n’est pas coupable ! » Le Procès (traduction d’Alexandre Vialatte), dans Œuvres complètes, Franz Kafka, Gallimard, 1984. Rien à cacher ? Le projet de loi relatif au renseignement a été soumis à l’examen accéléré de l’Assemblée nationale. 63% des Français sont favorables à une (...)
Ateliers de création numérique sur la ville
Ce workshop, au Centre culturel Bellegarde à Toulouse qui s’est déroulé du 8 au 10 avril 2015, dans le cadre du festival Empreintes numériques, a été l’occasion d’expérimenter pendant trois jours, la rephotographie, en utilisant la photographie, la vidéo, l’enregistrement sonore, et l’écriture. En explorant les rues de la ville, les participants ont pris (...)
Baleine paysage et Passée par ici de Maryse Hache
Il y a des auteurs pour qui l’atelier est un lieu privilégié, une opportunité, une perspective d’expérimenter ce que seuls ils mettraient sans doute plus de temps à aborder, ou qu’ils affronteraient différemment, un temps qu’on prend pour écrire dans un cadre collectif. Un lieu d’échange, de partage, même si ce qu’on écrit, et peut-être même pour ces (...)
Les "Street Ghosts" de Paolo Cirio
L’artiste Paolo Cirio qui s’attaque à Google Street View à travers sa série Street Ghosts qui reproduit des silhouettes capturées par la caméra intrusive de Google et les reproduit en taille réelle sur les murs des rues de Londres, Berlin ou encore New York, est l’invité des Empreintes numériques qui lui consacre une exposition. Mercredi 8 avril, (...)
Une histoire, une mémoire
En Irak, l’organisation État islamique (EI) a mis en ligne, samedi 4 avril 2015, une vidéo montrant ses soldats djihadistes à l’œuvre dans la destruction de la cité antique d’Hatra, premier site irakien inscrit en 1985 sur la liste du patrimoine mondial de l’Unesco. Dans cette vidéo de plus de sept minutes, on y voit des hommes frapper les bas-reliefs à (...)
L’immensité des villes à l’intimité de ses habitants
La photographe américaine Gail Albert Halaban a trouvé, à Paris, pour son projet Vis-à-vis, des points de vue sans perspective qu’elle a cadrés comme autant de morceaux choisis de la ville. Vis-à-vis est le portrait d’une ville à travers ses habitants dans l’isolement de leur habitat, leur cadre de vie. « Le processus de fabriquer les photos lie un (...)
Où es-tu ? Là, t’es où ?
Où es-tu ? Là, t’es où ? Tu es là à me parler à l’autre bout du téléphone, et me voilà transporté, je t’entends comme si tu étais là, à mes côtés, toute proche, sans doute est-ce pourquoi je répète cette question dans le vide, où es-tu ? Sans entendre ta réponse, où es-tu ? sans l’attendre, où es-tu ? Car au fond je sais bien que tu es absent, lointain, en même (...)
Face à face : selon toute ressemblance
Aucune ressemblance entre deux visages ne peut rester crédible à l’attention méticuleuse d’un observateur aguerri, le semblable est assez peu répandu dans la nature, les vrais comme les faux jumeaux se ressemblent mais regardez-y de plus près, prenez le temps d’observer leurs visages et vous verrez, avec le temps, comme pour le jeu des sept erreurs, (...)
Transparentes visibilités
Le Centre culturel Bellegarde à Toulouse organise depuis 2007 une rencontre autour des arts numériques d’aujourd’hui : Empreintes numériques. « Les Empreintes numériques, rendez-vous autour des cultures digitales, accueillent Paolo Cirio et Pierre Ménard, deux artistes résolument contemporains qui diffèrent dans leurs propositions tout en (...)
Un point de départ
Regarder ce que l’on ne peut pas voir. Il y a toujours une raison à l’attirance pour cette forme de plus en plus courante dans la ville d’aujourd’hui, cette béance, ce trou à l’air libre, comme un temps mis entre parenthèse, en suspens. Pour maintenir solidement debout les pans de murs mis à nus par un chantier, la destruction d’une bâtisse, d’un (...)
Dear Esther
Dear Esther est un jeu narratif à la première personne (merci à Coline Sidre de me l’avoir fait découvrir) où le joueur est un explorateur naufragé sur une île britannique, dans les Hébrides, errant sans but précis. Le jeu ne suit pas les protocoles traditionnels du jeu vidéo, proposant une interaction minimale au lecteur qui n’a qu’assez peu de choix à (...)
Nous dormons notre vie d’un sommeil sans rêves
En sortant de notre immeuble avec ma plus grande fille, celle-ci remarque un imposant nuage de fumée noire qui s’échappe du haut du parking à voitures de l’agence de location Avis qui se trouve juste derrière chez moi. À peine le temps de lever la tête vers l’immeuble, de sortir mon iPhone et voilà qu’au moment de prendre la photo une immense flamme (...)
Images Secondes, Éric Rondepierre
L’exposition d’Éric Rondepierre à la Maison Européenne de la Photographie développe une vision panoramique de l’œuvre du photographe avec une dimension rétrospective sur le travail de photographe, en exposant l’ensemble des séries réalisées par Éric Rondepierre durant les vingt dernières années. Le travail photographique d’Éric Rondepierre se compose (...)
Poésie sur écoute - épisode 195
À l’occasion de ma participation au 21ème Salon du Livre de Casablanca, invité par l’Institut Français de Casablanca, j’ai passé quatre jours à sillonner la ville avec mon appareil photo et mon enregistreur numérique. Le texte lu dans cette pièce sonore est un cut-up d’extraits du magnifique livre Sainte Rita d’Hicham Lasri, publié aux éditions Le (...)
Sainte Rita, d’Hicham Lasri aux éditions Le Fennec
Sainte Rita est un roman d’Hicham Lasri, publié aux éditions Le Fennec, en 2015, une histoire d’amour, de désir et de mort, à la forme originale, d’une violente beauté. Au Salon du livre de Casablanca, Hicham Lasri présentait son livre, interrogé par David Ruffel, avec qui l’auteur a publié son livre : « À Casablanca, au Maroc, deux jeunes femmes, (...)
Skefkef سكفكف‎ à l’Uzine de Casablanca
Samedi 21 février, l’équipe de la revue Skefkef présentait son dernier numéro à L’UZINE de Casablanca, un espace de création et d’échange entre les artistes et le public lancé par la Fondation Touria et Abdelaziz Tazi. L’occasion de découvrir la genèse de ce numéro et de visiter ce nouveau lieu à ’Aïn Sba, sur l’ancienne route de Rabat, à Casablanca, au (...)
Se perdre pour mieux se retrouver
Sur la place de la Grande Mosquée, le bruit de l’océan dont les déferlantes se brisent dans un nuage brumeux qui surplombe la jetée. Coups de sifflets répétés. Il y a un langage du sifflet comme une langue des coups de klaxon, mais parfois l’erreur se glisse dans les propos et leur compréhension par les autres. Le gardien à l’abri dans sa guitoune en (...)
Images de la ville en négatif
« Je fais des photographies pour savoir de quoi auront l’air les choses une fois photographiées. » Garry Winogrand. Déambuler dans la rue, de manière frénétique, armé de son appareil photo, l’endroit permet de se confronter de manière plutôt intrusive, décomplexée, un large choix de situations, de figures différentes, d’origines culturelles et de (...)
Périphérique intérieur, d’Urbain, trop urbain
Claire Dutrait et Matthieu Duperrex dirigent depuis 2010 Urbain, trop urbain. Ils expliquent leur approche dans un entretien très complet réalisé par Margot Baldassi sur le site Pop-up-urbain : « La démarche d’Urbain, trop urbain consiste d’une part à ne pas se contenter des espaces désignés et d’aller voir ailleurs ; d’autre part à créer, (...)
Le clavier bien tempéré
Lundi matin, alors qu’il ne restait que quelques minutes avant la fin de l’atelier sur la ville que je mène à Sciences Po, j’ai entendu la lecture du texte d’une étudiante qui a laissé une impression durable en moi. À la fin de l’atelier j’ai juste eu le temps de lui dire qu’elle devrait lire Un homme qui dort de Georges Perec, que son texte s’y (...)
Dans la zone d’écriture
Découvrir cette ville que je ne connais pas en voiture, cela fausse forcément l’impression qu’elle nous laisse en l’abordant à pieds, en l’arpentant physiquement, les mesures en sont perturbées. Les perspectives tronquées. Les distances raccourcies et remaniées. Revenir sur ses pas pour retrouver l’endroit qui, sur le chemin, a attiré notre attention, (...)
Atelier d’écriture numérique à Chambéry
J’ai été invité à participer dans la matinée de jeudi à une journée thématique organisée par le Festival du 1er roman de Chambéry sur le thème du roman contemporain avec Patrick Longuet, maître de conférences à l’Université de Savoie, directeur d’études à l’ESPE de Chambéry, Myriam Anderson, critique littéraire, traductrice, agent d’auteurs, éditrice chez Actes (...)
Lire et écrire la ville
Google Street View est un révélateur de notre expérience de la ville, de notre rapport au temps et en particulier, de la paradoxale tension entre notre indifférence quotidienne aux choses qui nous entoure et notre incessante recherche de connexion et d’interaction. Cet atelier d’écriture permet de porter sur Street View et le monde qu’il dessine, (...)
Carte du tendre
"Celui qui regarde du dehors à travers une fenêtre ouverte, ne voit jamais autant de choses que celui qui regarde une fenêtre fermée." Les fenêtres, Charles Baudelaire, "Le Spleen de Paris". Il y a des lieux cachés dans la ville, les trouver c’est sortir des sentiers battus, se perdre parfois, volontairement ou non, une adresse mal notée sur un bout (...)
Avis de recherche
Avec tes amis du théâtre tu avais diffusé des dizaines d’affiches signalant la disparition d’une jeune femme dans les rues de Paris. Une affiche en noir et blanc, avec photographie d’un visage de face et avis de recherche, placardée dans différents quartiers. La photographie d’une certaine Sarah Vautier, sa description, la date de sa disparition, le 21 (...)
Au fil de ma mémoire
Tas de feuilles mortes sur un banc, pyramide précaire, où es-tu ? Nous nous sommes assis sur ce banc, nous nous sommes embrassés bien sûr, je me souviens de l’histoire que tu m’as racontée à cet endroit, le paysage qu’on a sous les yeux, qui s’ouvre devant nous, changeant selon les saisons. Nous avons regardé passer les promeneurs, les parents avec (...)
Sardinia, de Daniel Bourrion
Daniel Bourrion a traversé les États-Unis avec deux amis durant l’été 2013, un site réalisé en temps réel rend compte de cette expérience : « On the Route ». Il l’évoque d’ailleurs non sans humour, dans son récit édité chez Publie.net, qui n’a rien d’un carnet de voyage, qui nous raconte plutôt l’histoire de jeunes gens qui ne sont jamais sortis de chez eux, (...)
Fermeture au noir
« On se tourne vers le monde, on se tourne vers soi. » Quelque chose noir, Jacques Roubaud Basculer du jour à son reflet de l’autre côté de la nuit. Dans le noir. D’un bleu très noir. Dans le noir d’une nuit interminable. L’époque est frontale, sans concession. L’affrontement, inévitable. Un rien peut déclencher l’étincelle fatale. Mais c’est à petit (...)
Instructions pour lendemains de fête
Tout le monde a certainement remarqué que les lendemains de fête, qu’il pleuve ou qu’il neige, qu’il vente ou qu’il fasse beau, même en ce cas de figure assez rare à Paris, on n’a guère envie d’aller se promener en ville, même bien couvert, même à l’abri d’un parapluie ou en compagnie d’une amie chaleureuse ou d’une compagne aimante. Les lendemains de fête on (...)
Tu chauffes
Tu m’avais fait une surprise pour mon anniversaire que je n’ai pas oubliée, tu disais souvent que tu n’aimais pas les papiers cadeaux, inutiles selon toi, vu que nous nous empressions de les déchirer, sans le respect des Japonais et leur furoshiki nouant un carré de tissus. Tu avais disséminé un ensemble de cadeaux dans tout mon appartement, un livre (...)
Les années ont été pour nous, pas contre nous
Retourner dans cette ville de mon enfance dans laquelle je ne viens pas très souvent, dans cette partie ancienne de la ville que je n’ai plus arpentée depuis très longtemps, où j’ai vécu toute une partie de ma jeunesse, de 1978 à 1993, mais dont je ne garde pas que d’excellents souvenirs. À chaque visite, c’est un autre endroit que j’emprunte. Arrivée à (...)
Avancer dans le flou (artistique ?)
« La pratique du floutage, écrit André Gunthert sur son blog L’image sociale précédée depuis les années 1950 par celle du masquage par un bandeau, est un usage typique de la presse à scandale, qui a pour but de préserver la publication d’une image, alors que celle-ci expose à un risque juridique ou révèle l’identité d’un acteur de manière non souhaitée. » (...)
Andy Warhol : Time Capsules
Comme je l’écrivais dans mon texte sur les Capsules temporelles : bombes à retardement : le futur n’est pas ce qu’il était. En septembre dernier, un article de la BBC, nous apprenait que l’avant-dernière capsule temporelle d’Andy Warhol, la boîte n°528 avait récemment été ouverte, délivrant ses secrets enfouis au cours d’une cérémonie qui s’est tenue au (...)
L’Œuvre au noir : un art à l’air libre
Anne Savelli m’apprend hier soir sur mon profil Facebook, que la célèbre œuvre de l’artiste italien Blu, une des fresques emblématiques du street art à Berlin, a été recouverte de peinture noire par l’artiste lui-même. Lors de notre voyage familial à Berlin en octobre dernier, Anne m’avait rappelé qu’en 2007 elle avait vu cette fresque, il y avait une (...)
Nos 390 photos de sapins de Noël
L’année dernière, Gaétane Laurent-Darbon, photographe vivant à Marseille, a lancé une série photographique autour des sapins de Noël abandonnés dans la rue, Our 390 Christmas Trees, série publiée sous forme d’album sur Facebook à laquelle une quarantaine de personnes ont participé en envoyant leurs clichés. J’évoquais ce projet sur mon site l’année (...)
L’inconnu nécessite de la souplesse
En attendant le métro. Ce moment où tu vas te retourner, ce sera toi devant moi, tu me souriras, j’oublierai tout ce temps passé loin toi, à t’attendre seul, à la maison ou à traîner dans les rues de Paris, parti à ta recherche, arpentant tous les endroits où nous sommes allés, tous les lieux que nous aimions, et ceux que nous souhaitions connaître (...)
Paysages et personnages sans visage
Grore Images est une agence de photographies trouvées, une à une, par hasard, sur la voie publique (dans la rue, sur les trottoirs, dans les caniveaux, les jardins publics, sous les roues des voitures...). Elles sont trouvées au hasard des déplacements dans la ville. Elles ne sont pas ramassées dans les poubelles (qui sont des lieux privés), elles (...)
MacGuffin, d’Anne-Sophie Barreau
Le MacGuffin c’est l’élément moteur qui intervient dans le développement d’un scénario, d’une histoire. C’est presque toujours un objet matériel, généralement mystérieux, sa description est vague et sans importance. Le principe date des débuts du cinéma mais l’expression est généralement associée au cinéaste Alfred Hitchcock, qui l’a redéfinie, popularisée et (...)
Via & Vers, de Mathilde Roux, Nathanaël Gobenceaux et Rémi Froger
Nathanaël Gobenceaux, Mathilde Roux et Rémi Froger nous proposent avec Via & Vers une poétique de la signalisation, une signalétique de la direction, traversée de l’espace, de l’inventaire inventif et détourné d’un territoire, dans l’accumulation de ses signes, un carnet de voyages dont les images se focalisent sur le panneaux indicateurs et leur (...)
Des arbres dans la ville et des livres dans les arbres
À Berlin, on connaît avec précision le nombre des arbres dans les rues de la ville, les services administratifs de la capitale allemande comptabilisent en effet avec soin et dressent régulièrement la liste de cet étonnant inventaire consultable sur Internet. En décembre 2011 il y en avait 435 680. Les essences des arbres sont variées, tilleuls, (...)
Rosetta : le monde est stone
Le fil d’actualité s’est enflammé hier sur les réseaux sociaux à propos de la sonde européenne Rosetta qui a réussi a poser en douceur son robot atterrisseur Philae, à la surface de la peu hospitalière comète Tchourioumov-Guérassimenko. Une opération inédite dans l’histoire de l’exploration spatiale. Devant cette effervescence, je ne peux m’empêcher de (...)
La chute du mur de Berlin
Pour célébrer avec légèreté à cet événement lourd de sens l’anniversaire des vingt-cinq ans de la chute du mur de Berlin, le 9 novembre 1989, la capitale allemande a vu les choses en grand. 8000 ballons gonflés à l’hélium sont installés sur 15 km de long, suivant l’ancienne frontière que délimitait le mur. Une installation conçue par deux artistes allemands, (...)
L’Inconnue de la Seine
Dans le visage de cette jeune inconnue, masque d’adolescente aux yeux clos, dont on n’apprit jamais ce qui, du suicide, du meurtre ou de l’accident, l’avait précipité dans les eaux du canal de l’Ourcq, avant qu’on retrouve son cadavre flottant dans la Seine, les nombreuses copies du masque réalisées à l’initiative du médecin légiste qui fut frappé par (...)
Capsules temporelles : bombes à retardement
Une capsule temporelle est une œuvre de sauvegarde collective de biens et d’informations, comme témoignage destiné aux générations futures. Les capsules temporelles sont parfois créées puis enterrées lors de cérémonies, comme l’Exposition universelle ou ensevelies de manière involontaire comme à Pompéi. Le terme « capsule temporelle » est utilisé depuis (...)
Le point d’orgue
Je voudrais avoir la capacité d’arrêter le temps, ce pouvoir d’immobiliser les êtres, les animaux, tout ce qui est en mouvement, les voitures, les vélos, les trains. Voir les choses sous tous les angles en même temps, modeler ainsi leur image dans mon esprit, avoir d’eux une vue complète, autour de laquelle je puisse tourner, dans une vision giratoire (...)
Laisse venir : Voyage en ville
Deux rendez-vous en novembre pour accompagner la publication de Laisse venir, co-écrit avec Anne Savelli, édité par La Marelle et le Bec en l’air en 2014, dans le cadre du festival Image de ville : À Aix-en-Provence, le dimanche 16 novembre à 11h30 à l’amphithéâtre de la Verrière. Je proposerai une sélection des multiples détournements de Google (...)
Une sacré machine à écrire
Est-ce que la Torah peut être écrite par un robot ? Sans utiliser les techniques d’impression numériques, mais en adoptant une écriture qui se rapproche de la graphie humaine. C’est le pari d’un groupe d’ingénieurs allemands, rotolab, qui s’est lancé dans la construction de bios [bible], un bras robotisé pour écrire la Bible juive, l’Ancien Testament et (...)
Bonkers – A Fortnight in London
Bettina Rheims consacre son travail artistique à la représentation de soi et à la féminité. La série de portraits de 23 femmes réalisée en 2013 pour Londres Bonkers – A Fortnight in London est désormais visible chez Camera Work, à Berlin. La galerie se trouvait sur notre chemin aujourd’hui, en retrait de la Kantstraße, à Berlin. « J’aime la chair, je (...)
À la surface du mur
Le visage et ses distances nécessaires. Faire bonne mesure. Limite de discrétion. Dans les banques et certains magasins, ces marques signalétiques au sol qui délimitent une zone à ne pas dépasser, ne pas franchir. Au-delà de cette limite votre proximité devient suspecte, gênante, cette intrusion peut troubler, interférer dans la bonne marche de notre (...)
À la lecture, de Véronique Aubouy et Mathieu Riboulet
Véronique Aubouy et Mathieu Riboulet viennent de faire paraître chez Grasset, dans la collection bleue, À la lecture, une célébration à deux voix de la lecture. À partir des expériences des lectures faîtes par des hommes et des femmes très variés, enregistrées depuis 1993 par Véronique Aubouy dans le cadre de son film Proust lu, lecture intégrale d’À la (...)
Derrière le miroir
Un mur qui fait office de miroir, une glace sans tain. Je veux que tu m’écoutes, j’ai besoin de parler. Ta voix ne me quitte plus depuis que tu n’es plus à mes côtés, elle m’entête, l’impression de t’entendre tout le temps, tes paroles s’entremêlent dans le tumulte de mes pensées, ce que l’on me dit ou ce que j’entends, les bruits environnants. Je te (...)
Ricordi, de Christophe Grossi
« qu’aujourd’hui, parce que j’étais absent, il ne me reste plus que cette pratique de faussaire : l’écriture. » « Longtemps l’Italie a été un fantasme, tantôt une honte ou une fierté, une fiction le plus souvent, écrit Christophe Grossi dans la postface de son livre paru aux éditions L’Atelier contemporain. Elle était un trou, une présente absence, une (...)
L’énigme des visages
Ce qui était le privilège de quelques agences de presse, communiquer en temps réel une photo à distance, s’est popularisé dès que la photographie est devenue connectée. Cette métamorphose s’explique par une définition toujours plus grande de l’image, l’accroissement de la capacité des serveurs, l’alliance du mobile et des outils de communication, (...)
Ton visage étoilé de souvenirs
Tu ne souhaitais pas te rendre à cette soirée, j’ai insisté pour que tu acceptes. Il y avait beaucoup de monde, chacun était venu accompagné de ses amis et ses connaissances, le nombre des convives bien trop grand pour permettre à chacun de discuter et d’échanger avec les autres. Le volume de la musique monté au maximum empêchant toute discussion. Bien (...)
Cette noirceur d’où sort une lumière
« L’homme qui ne médite pas vit dans l’aveuglement, l’homme qui médite vit dans l’obscurité. Nous n’avons que le choix du noir. » Victor Hugo, William Shakespeare, I, 5, les Âmes I, 1864. La lumière naît de la nuit et y replonge. Miser sur le noir. Se laisser séduire par le prestige de ces différents noirs qui dominent l’horizon imaginaire, (...)
Club du sourire contre ville des suicides
Une série de suicides tragiques survient à Budapest, entre la Première et la Seconde Guerre mondiale, de nombreux habitants se seraient jetés dans les eaux sombres du Danube obligeant les autorités à mettre en place des patrouilles afin de surveiller les quais et les ponts et de protéger ainsi les accès au fleuve. À l’époque certains ont cru que ce (...)
Portrait parlé
Je croyais avoir totalement oublié ce jeu puéril que l’on trouvait dans certains magazines que l’on achetait aux enfants pour les distraire pendant un long trajet en train, au moment des départs en vacances ; plus tard ce serait un livre d’Agatha Christie, dans la collection Le Masque à la couverture jaune si particulière ; ce jeu qui consistait à (...)
La vallée des poupées
Ayano Tsukimi est une femme qui vit seule avec son père de 83 ans dans leur maison familiale à Nagoro, un petit village situé à l’est d’Iya sur Shikoku, l’une des quatre grandes îles du Japon. Elle est mariée, mais son mari et sa fille vivent loin d’elle à Osaka. Il n’y avait pas grand-chose à faire, raconte cette Japonaise de 64 ans, à part s’occuper (...)
Ombres urbaines
Ce texte a été écrit à partir de la série photographique d’Agathe Lippa : Ombres urbaines. C’est comme cela que nous nous sommes rencontrés, dans ces circonstances précises, sur un quai de métro, je marchais derrière toi à quelques mètres en retrait, à bonne distance pour te voir et en même temps ne pas être visible, je n’étais pas sûr de t’avoir (...)
Rendre visible le livre numérique
Voici les grandes lignes de mon intervention du mardi 24 septembre 2013 à l’enssib sur le thème : Bibliothèque physique, bibliothèque numérique : organiser leur valorisation mutuelle en bibliothèque publique. J’ai légèrement remanié la présentation de mon intervention que je reprends le mardi 16 septembre 2014 à l’enssib, en y incluant une (...)
S’il y a lieu je pars avec vous
Sophie Calle, Antoine d’Agata, Julien Magre, Stéphane Couturier et Alain Bublex ont chacun fait de l’autoroute un territoire d’expérimentation et nous embarquent dans de drôles d’endroits, nous racontent d’étranges histoires, à l’occasion de l’exposition S’il y a lieu je pars avec vous, qui se tient au Bal, du 11 septembre au 26 octobre 2014. Alain (...)
La tête dans les nuages
Dans L’Énergie spirituelle, Henri Bergson expose l’hypothèse selon laquelle c’est par une paréidolie, à partir des phosphènes naturels qui apparaissent lorsqu’on ferme les yeux, que sont élaborées les images des rêves. Je t’ai souvent raconté qu’enfant je passais mon temps allongé dans l’herbe à observer les formes des nuages dans le ciel, rêvant à la (...)
Nuage de fumée
Tu allumes une cigarette, tu ne fumes pas souvent mais lorsqu’il y a des amis à la maison, au restaurant après un agréable repas accompagné de bons vins, un café appelle une cigarette, à chaque fois que tu en allumes une je suis surpris, je n’ai pas l’habitude car je ne fume pas, ce geste me paraît toujours incongru, artificiel, un geste (...)
Contre-mur
Contre-mur est une association créée en 2009 par Caroline Scherb et Nicolas Tardy, dont le but est la promotion de la littérature contemporaine, à travers des éditions ainsi que l’organisation d’événements publics liés aux auteurs édités. Contre-mur contacte des auteurs afin de leur passer commande de textes inédits et autonomes publiés sous forme de (...)
Le Jeu des probabilités
« On n’osait pas, au début de la photographie, regarder trop longtemps les visages des personnes fixés sur la plaque. On croyait que ces visages étaient eux-mêmes capables de nous voir » écrit Walter Benjamin. L’image, la vie. Le parallèle entre les deux. Face à nous-mêmes. Que valent nos souvenirs ? que valons-nous ? s’ils s’effacent et disparaissent ? (...)
Portrait dans un miroir
La lumière brûle tes cheveux, en blanchit abrasive les boucles blondes. Sur la pointe des pieds, tu tentes de t’approcher du miroir, te penches pour observer un détail de ton visage, le grain de ta peau, une rougeur peut-être, la clarté du soleil te surprend et suspend ton regard, en t’éblouissant. Tu fermes les yeux pour ne pas t’aveugler. Paupières (...)
Les souvenirs des autres moments
Rien ne distingue les souvenirs des autres moments : ce n’est que plus tard qu’ils se font reconnaître, à leur cicatrice. La jetée, Chris Marker Café. Bruits de tasses en faïence qui s’entrechoquent. La vapeur du percolateur qui efface un temps bref toutes les conversations, leur brouhaha, en signe d’improbation. Invitation au départ comme un (...)
L’exposition au soleil
« Arrivant à un de mes recoins favoris qui combinait magiquement un libre flot de soleil avec la protection des arbrisseaux, je me mettais complètement à poil et m’étendais sur le dos sur la couverture, plaçant mon maillot inutile sous ma tête. Grâce au bronzage qui me couvrait entièrement le corps (de telle sorte que seuls mes talons, mes paumes et les (...)
Une plage de souvenirs
Depuis plusieurs années, nous revenons en famille dans l’avenue de la Plage, à Édenville, entre Carolles et Jullouville en Normandie, où ma femme, Caroline, a passé son enfance. Tous les étés, je reviens donc sur les lieux du tournage d’un film sur la passion et ses dérivés : Pauline à la plage, d’Eric Rohmer à la recherche du Rayon vert. Dans un (...)
Un temps d’attente avant de voir
La tentation est parfois grande d’utiliser à nouveau mon vieux Minolta et de prendre avec des photographies argentiques. Cet été, deux de mes amis, qui n’utilisent que cet appareil, m’ont communiqué leur passion pour ce mode de prises de vues. J’ai commencé à prendre des photographies ainsi avant de passer au numérique il y a une vingtaine d’années. (...)
Paris, Texas de Wim Wenders
Un homme, cravate beige et casquette de base-ball rouge, surgit du désert mexicain pour regagner le Texas. Il boit les dernières gouttes d’eau que contient un bidon en plastique, puis l’abandonne sur place. Il reprend son chemin, marche dans le désert, rien ne peut l’arrêter. Son pas est régulier, hiératique. La fatigue et la chaleur le rendent (...)
Ce jardin qui frissonne
Rare de voir dans une ville de la taille de Paris, un projet d’aménagement urbain d’aussi grande envergure, comme celui de Clichy-Batignolles, dont les anciennes friches SNCF situées au nord du quartier des Batignolles et à l’ouest du quartier des Épinettes à Paris, est en cours. Il couvre 54 hectares au nord-est du 17ème arrondissement de Paris, (...)
Dans ma rue
La Ville de Paris invite les Parisiens à recenser les lieux qui pourraient accueillir de la végétalisation au plus près de chez eux grâce à l’application mobile Dans ma rue. Murs, trottoirs, placettes, façades... 200 lieux publics proposés par les citoyens seront choisis et végétalisés. La nouvelle version de l’application qui s’inspire de l’application (...)
Voyage au centre de la Terre
La semaine dernière, un pilote d’hélicoptère a découvert un trou profond de quelques 70 mètres sur la péninsule de Yamal en Sibérie. Après la découverte à la mi-juillet 2014 d’un second trou géant repéré à 50 kilomètres du premier, le mystère s’éclaircit mais ce qu’il annonce est inquiétant. Ce nouveau trou est légèrement plus petit que le précédent. « Que (...)
L’autoroute du Sud ou le grand embouteillage
« Au début, la jeune fille de la Dauphine aurait bien voulu compter les heures, mais l’ingénieur de la 404 n’en voyait pas l’intérêt. tout le monde pouvait regarder sa montre mais c’était comme si ce temps attaché au poignet ou le bip bip bip de la radio mesurait autre chose, par exemple le temps de ceux qui n’avaient pas fait la bêtise de vouloir (...)
Tokyo Station
Afin de célébrer le 100ème anniversaire de la gare de Tokyo, véritable symbole de la capitale japonaise, et véritable joyau d’architecture, un court film d’animation de cinq minutes vient d’être réalisé par le studio d’animation A-1 Pictures. Intitulée Passage of Time - Tokyo Station, le film met en scène la gare, il suit l’histoire de Misaki, qui se (...)
Des journées dans les arbres
Le photographie ne travaille pas dans le présent mais dans le futur antérieur, permettant de découvrir plus tard ce qui a été vu, une fois lʼimage révélée. Vivre le présent de son expérience comme le passé dʼun futur. Mais ne garder que l’essentiel, selon le principe des contacts successifs. Deux photos choisies de manière arbitraire selon leur numéro (...)
Au rendez-vous des amis
Je découvre un peu par hasard sur Twitter un article du Figaro : la maison de Paul Éluard transformée en parking ? D’après l’article « à la fin du mois de juin 2014, le conseil municipal a voté une délibération qui vise à la démolition de cette maison. Il est question d’en faire un parking. Cette information nous est donnée par Monique Borde-Germain, (...)
Fascination et appréhension
Frank Smith met régulièrement sur son profil Facebook des photographies, souvent il ajoute juste une phrase, mais ne site rarement l’origine de la photographie. Comme ces photographies sont souvent très belles et étonnantes, je fais une recherche sur Google Images et trouve généralement très rapidement l’origine de l’image. Hier par exemple, il (...)
La vision du jardin
« Qu’est-ce qu’un jardin à Rome ? se demande Pascal Quignard dans Le sexe et l’effroi. L’âge d’or revisite le présent. Il s’agit de retrouver quelque chose de l’inactivité divine. Se tenir immobile comme les astres dans les cieux. Entouré d’un nimbe. Se tenir immobile comme le fauve se tient immobile avant de bondir sur la proie. Se tenir immobile comme (...)
Deux temps de son histoire
Le photographie ne travaille pas dans le présent mais dans le futur antérieur, permettant de découvrir plus tard ce qui a été vu, une fois lʼimage révélée. Vivre le présent de son expérience comme le passé dʼun futur. Mais ne garder que l’essentiel, selon le principe des contacts successifs. Deux photos choisies de manière arbitraire selon leur numéro (...)
Images de rêve
En famille, dans un endroit de Paris que je ne crois pas connaître, nous traversons une gare, nous remontons le quai jusqu’à la partie la plus sombre de la gare, là où les voies sont les moins utilisées, peu de trains partant de là, voie de garage, surpris d’y trouver ce qui ressemble aux restes d’une fête en train de se terminer, d’une célébration de (...)
La figure poétique de l’adresse
Moyra Davey, née en 1958 à Toronto, au Canada, vit à New York. En 2008-2009, Davey était en résidence au studio du Conseil des Arts du Canada, à la Cité des Arts, à Paris, où elle a produit le vidéo My Necropolis. Les livres de Moyra Davey comprennent Copperheads (Bywater Bros. Editions, 2010), Long Life Cool White (Yale University Press, 2008), et The (...)
En train de rêver
Le roulis des wagons du train, bercé par la vitesse constante, la monotonie des images qui défilent derrière la vitre, du mal à les fixer, la chaleur ambiante, étouffante, le bruit par toutes les fenêtres ouvertes pour laisser entrer l’air, tout nous invite à somnoler, les yeux deviennent lourds, il faut les fermer, et l’on s’endort rapidement. (...)
L’icône anonyme
Le 5 juin 1989, à proximité de la place Tian’anmen, au sud de la Cité interdite à Pekin, au deuxième jour des violentes répressions entreprises par le gouvernement chinois à l’encontre des manifestations qui se déroulèrent entre le 15 avril 1989 et le 4 juin 1989 sur la place, un homme s’est tenu à 800 mètres à l’est de la porte Tian’anmen, au carrefour (...)
Protographies d’Oscar Muñoz
Oscar Muñoz, né en 1951 à Popayán en Colombie, est un artiste contemporain de renommée internationale, l’un des plus importants de son pays natal. Diplômé de l’Institut des Beaux-Arts de Cali, il développe, depuis plus de quatre décennies, une œuvre autour de l’image en relation avec la mémoire, la perte et la précarité de la vie. Grâce à des interventions (...)
Poésie(s) en stéréo (dans le cadre de la Périphérie XVI du Marché de la poésie)
Dans le cadre de la Périphérie XVI du Marché de la poésie Lundi 16 juin 2014, 19h BPI – Centre Pompidou, Petite Salle (niveau -1) La BPI, Ent’revues et le Marché de la poésie (Périphérie XVI) proposent une soirée multiforme et bigarrée offrant la scène à 3 revues : d’ici là, Parislike, Gruppen Un événement multiforme : lectures, performances, (...)
Se comprendre en parlant une langue différente
J’ai assisté à une scène très émouvante il y a quelques jours, assis aux côtés de ma fille aînée, dans une salle de cinéma avant le début de la projection du film X-Men days of future past. Mes voisins de rangée discutaient ensemble chacun dans sa langue. Elle parlait en français et son ami anglais, tenait conversation avec elle, sans avoir besoin (...)
In Situ Art Festival en plein air
L’année dernière j’ai visité et rendu compte sur ce site de ma visite de la Tour Paris 13 avant sa destruction. Un tour du monde de l’art urbain. Depuis quelques jours, quarante artistes urbains, de renommée internationale qui ont eu carte blanche pendant sept semaines, pour exprimer leur art, exposent dans la friche industrielle de deux hectares du (...)
Un point invisible de l’espace
Le photographie ne travaille pas dans le présent mais dans le futur antérieur, permettant de découvrir plus tard ce qui a été vu, une fois lʼimage révélée. Chaque photographie, comme dans une spirale, porte en elle le souvenir de celles qui la précèdent. La Campagne à Paris, le terme est devenu commun, banal, usuel pour désigner un quartier (...)
Adieu au langage
Je n’ai pas encore vu Mommy, le film de Xavier Dolan, jeune réalisateur qui vient d’obtenir le Prix du Jury lors du dernier festival de Cannes exæquo avec le film de Jean-Luc Godard : Adieu au langage. Mais l’enthousiasme de nombreuses personnes à l’écoute de son discours, que je trouve pour ma part plutôt mièvre, m’a surpris : « Accrochons nous (...)
Strates de temps et de lieux
« Si je parle du temps, c’est qu’il n’est pas encore / Si je parle d’un lieu, c’est qu’il a disparu / Si je parle d’un homme, il sera bientôt mort / Si je parle du temps, c’est qu’il n’est déjà plus. » Raymond Queneau Après 9,5 millions de kilomètres parcourus en sept ans, en voiture le plus souvent, parfois à vélo ou en motoneige, et même à pied, (...)
La montée des circonstances
Le photographie ne travaille pas dans le présent mais dans le futur antérieur, permettant de découvrir plus tard ce qui a été vu, une fois lʼimage révélée. Vivre le présent de son expérience comme le passé dʼun futur. Mais ne garder que l’essentiel, selon le principe des contacts successifs. Deux photos choisies de manière arbitraire selon leur numéro (...)
Fête des voisins
Aller-retour express en TGV ce vendredi pour intervenir au Séminaire du Diplôme universitaire d’Animateur d’Ateliers d’Écriture, dans le cadre de la Comédie du Livre, au Corum de Montpellier. En début de semaine j’étais intervenu pour une douzaine de formateurs d’Aleph-Écriture, et quelques autres en province qui assistaient à la séance en (...)
Se perdre à côté de chez soi
J’ai relu en début de semaine quelques passages du livre Le poids du monde de Peter Handke, la force de cet ouvrage est telle qu’elle a changé le cours de ma semaine, celle-ci transformant les menus faits du quotidien par le regard et l’attention posés sur eux, contrairement à l’habitude, qui nous empêche de les voir au quotidien. « Ce livre n’est (...)
Une émotion de cinéma
Pour son dernier numéro, le numéro 700 des Cahiers du cinéma, la revue a invité des réalisateurs, des auteurs, des acteurs, et leur a demandé de raconter une émotion de cinéma, un moment qui les hante, afin que ce n° 700 ressemble à un cahier d’émotions intimes, comme une grande tapisserie ou une bande d’images, un film rêvé. Hier, sur Facebook, (...)
Jeu de parcours
Je dois faire un aveu, lorsque je vais au Louvre j’ai tendance à privilégier la peinture. Je suis heureux d’avoir pu animer les ateliers d’écriture numérique au Musée cette année, cela m’a permis de sortir de mes habitudes, et de visiter enfin l’ensemble du Musée. Dans le site créé par Joachim Séné, À Louvre ouvert, une rubrique permet de se repérer (...)
Dimanche m’attend
Difficile de savoir la meilleure piste à suivre, s’il vaut mieux raconter son trajet le jour même, dans la foulée de la promenade ou préférer attendre, laisser passer quelques semaines, voire plusieurs mois, avant d’en faire le récit. La carte est dessinée, le parcours noté, c’est ce qui est le plus difficile de retrouver avec le temps, il est préférable (...)
Les Napolitains
Les Napolitains aiment faire parler la poudre de leurs feux d’artifice. Les Napolitains se hèlent de la rue au balcon, d’une maison à une autre. Et quand la parole ne suffit pas, le geste vient à la rescousse. Les Napolitains utilisent des seaux comme monte-charge artisanal (pour monter leurs courses, faire descendre des clefs oubliées, (...)
Poésie sur écoute - épisode 193
Pièce sonore réalisée à partir des lectures des textes écrits par les participants à l’atelier d’écriture numérique À Louvre ouvert, dans le cadre du 3ème atelier d’écriture numérique à l’occasion de l’exposition Bill Viola au Grand Palais à Paris. Écouter en ligne : Se mêlent aux voix des participants lisant leurs textes, les secrets qu’ils ont bien voulu me (...)
Les murs de Naples
Une des images que j’avais de Naples s’est ravivée sur place en découvrant tous les graffitis qui recouvrent les murs de la ville : les peintures d’Ernest Pignon-Ernest. Hanté par les ombres laissées sur les murs, à Nagasaki et à Hiroshima, par les corps volatilisés, Ernest Pignon-Ernest a apposé, entre 1988 et 1995, des images peintes, dessinées, (...)
En allant à Herculanum
Nous empruntons le funiculaire de Chiaia qui part de la station Amadeo pour monter jusqu’à la Via Cimarosa. Nous souhaitons nous rendre à la Villa La Floridiana que nous n’avons pas visitée le premier jour de notre arrivée, lorsque nous nous sommes promenés du côté du Cloître San Martino. Le parc est un grand espace de verdure, bien délimité, on ne (...)
Capri en images
L’arrivée à Capri en funiculaire. La villa Jovis est un site archéologique sur lequel se trouvent les vestiges de la probable résidence permanente de l’empereur Tibère, après son abandon de sa villa de Sperlonga. Située à 334 m d’altitude, sur un éperon rocheux du mont Tiberio, son belvédère permet de visualiser tout un panorama qui va de la baie de (...)
Majolique et machines anatomiques
Située sur la Piazza del Gesù Nuovo en face de l’église de Jésus, Santa Chiara est composée d’une basilique (la plus grande église gothique de Naples) et d’un monastère double qui ont été construits entre 1310 et 1340 sur l’emplacement de thermes romains. C’est dans cet endroit que se trouve la tombe gothique du roi Robert et que le corps de son épouse (...)
Le temps s’est arrêté à Pompei
C’est pour Pompei que j’ai eu l’idée la première fois de ce voyage à Naples. Je voulais voir cet endroit avec une envie irrésistible. J’avais oublié ou ne voulais pas y penser, qu’il s’agissait d’une destination si touristique, en arrivant nous avons été cueillie par la file d’attente d’une centaine de mètres, mais nous nous sommes vite rendus compte que (...)
Entre la vie et la mort
Tentative un peu désespérée ce matin de trouver un bateau qui nous mène à Capri depuis l’embarcadère de Mergellina qui se trouve près de l’endroit où nous habitons cette semaine à Naples. Sur place, le soleil inonde l’embarcadère, mais aucun navire ne partira d’ici en ce lundi de pâques tous les stands sont fermés. Nous reportons notre croisière à plus (...)
Procession napolitaine
Prendre le train pour rallier la Gare Centrale de Naples à partir de laquelle nous prévoyions de rejoindre Pompei par le train de banlieue, la circumvesuana, mais la crainte que nous avions en nous y rendant, s’avère justifiée, en période de fêtes de Pâques, les transports sont beaucoup moins fréquents. Peu de trains aujourd’hui et celui du retour, le (...)
Le cabinet secret
Depuis notre arrivée Naples nous fait irrésistiblement pensé à Bastia. Bien sûr la ville est beaucoup plus grande, mais ce matin, en longeant le bord de mer, sur le Lungomare, difficile de ne se retrouver de l’autre côté de la Méditerranée. Un peu avant le Castel dell’Ovo, les pêcheurs sortis en mer ce matin rapportent le produit de leur pêche et le (...)
Les escaliers de la Pedamentina
Le taxi roule à grande vitesse sur les boucles de l’autoroute qui traverse la banlieue napolitaine et relie l’aéroport au centre ville avec une rapidité extraordinaire et un léger surcoût. Le véhicule se laisse rouler le long du serpentant Corso Vittorio Emanuele, tout en virage et boucles élégantes, puis descendant doucement vers Mergellina parvient en (...)
Visages d’une exposition
« Faut-il peindre ce qu’il y a sur un visage ? Ce qu’il y a dans un visage ? Ou ce qui se cache derrière un visage ? » Cette interrogation de Picasso, L’exposition Visages : Picasso Magritte Warhol… de la Vieille Charité de Marseille présente 90 artistes majeurs (Picasso, Magritte, Warhol, Bacon, Bonnard, Chirico, Giacometti, Kirchner, Dubuffet, (...)
Récit sonore collectif : parcours audioguidés (2014)
Une série de douze ateliers d’écriture durant le deuxième semestre des étudiants en première année de Sciences Po, ayant pour but de procéder à l’écriture collective d’une pièce sonore sous la forme d’un récit urbain (entre audioguide, audiolivre et dérive urbaine situationniste). Les objectifs pédagogiques et les contenus des ateliers artistiques sont (...)
La Halle Pajol, Paris 18ème
Un lieu, c’est d’abord son nom. Une origine qui se lit au fil du temps, dans ce nom, où s’inscrit durablement son histoire. Ici, l’esplanade a pris le nom de Nathalie Sarraute, écrivaine française d’origine russe. La bibliothèque, emprunte le sien à Václav Havel, dramaturge, homme d’état tchèque, à côté l’auberge de jeunesse se nomme Yves Robert, (...)
Infinitésimal
Le texte qui suit a été écrit dans le train Paris-Marseille et Marseille-Paris, à l’occasion de ma venue à Marseille pour évoquer Les autonautes de la cosmoroute de Julio Cortázar aux Bancs Publics dans le cadre du centenaire de sa naissance. Ce texte a été écrit spécialement pour la lecture à laquelle Mathilde Roux m’a invitée, samedi 5 avril, à 18h30 (...)
Les autonautes de la cosmoroute
Invité par Pascal Jourdana de la Villa Marelle à participer au Colloque Pour Cortázar qui se déroule en 2014 à Marseille, Fontevraud et Paris, sous la direction scientifique de Sylvie Protin, j’interviens, le vendredi 4 avril à 10h. aux Bancs Publics, pour la table ronde sur Les Autonautes de la cosmoroute : un espace dilaté, avec Roberto Ferrucci (...)
Sculpter le temps en mouvement
« Sculpter du temps » : telle est la belle définition que donne Bill Viola de son art dans une note de son Journal en 1989. « Le temps est la matière première du film et de la vidéo. La mécanique peut en être des caméras, de la pellicule et des cassettes, ce que l’on travaille, c’est du temps. On crée des événements qui vont se déplier, sur une sorte de (...)
Les vivants et les morts
Pourquoi je devrais m’en cacher ? j’aime les cimetières, leur calme, leur ordonnancement, nichés au cœur des villes, dans la discrétion de leur grands murs d’enceinte en meulière, leurs rangées d’arbres centenaires, les chats qui s’allongent sur la pierre chauffée par le soleil, les vieilles dames qui entretiennent, à leur rythme, la tombe de leur époux (...)
Poésie sur écoute - épisode 192
Création de capsules sonores à l’occasion d’une série de douze ateliers d’écriture menée avec les étudiants en première année de Sciences Po, ayant pour but de procéder à l’écriture collective d’une pièce sonore sous la forme d’un récit urbain (entre audioguide, audiolivre et dérive urbaine situationniste). Entre les séances d’écriture, les étudiants ont (...)
Nous travaillons actuellement pour l’Europe...
Les guerriers Bantou de l’artiste Kouka Ntadi sur un immeuble abandonné du Boulevard Saint-Martin. L’artiste y voit plusieurs significations. « Le guerrier bantou est à mon sens un symbole de retour à notre nature humaine. Bantou signifie humain en langue Kongo. Ce terme désigne également un ensemble de peuples vivant entre le Cameroun et l’Afrique (...)
La ville grandeur nature
Après avoir proposé en 2010 des illustrations impressionnantes d’un Tokyo post-apocalyptique, à la fois magnifique et effrayant, l’artiste Tōkyō Gensō (Tokyo fantaisie, Tokyo illusion en japonais) (à suivre sur sa Page Facebook) revient avec une nouvelle série moins dramatique mais tout aussi belle, comme le signale le site DozoDomo. « Tokyogenso (...)
La nostalgie de l’infini
C’est un privilège, une chance inouïe, une occasion à ne pas rater, entrer dans ce repli du monde, cette cache soigneusement protégée, cachée, dissimulée, qu’on ne peut atteindre en ville qu’accompagné, guidé, par une personne avec ses entrées, le code à la clé. Je suis resté un long moment derrière les grilles, souhaitant entrer mais ne le pouvant pas, (...)
Villas en ville
La nécessité de s’éloigner du point de départ le plus vite possible, d’échapper aux terrasses accueillantes des cafés, à l’activité commerçante du jour et du lieu, Place d’Italie, sur le terre-plain juste à quelques volées de marches du Centre commercial Italie Deux et de ses 130 magasins et restaurants, où de nombreuses personnes se sont donné rendez-vous, (...)
Minute papillon !
Quand je me promène avec mes parents, anciens habitants du 12ème arrondissement, où ils s’y sont rencontrés, mariés, ma mère y est née, y a vécu toute sa jeunesse, rue Beccaria, avant de partir vivre en banlieue, j’aime les entendre décrire à chaque coin de rue ce qu’il y avait avant, à la place de telle échoppe, dans cet immeuble, à l’angle de ce (...)
La ville entre parenthèses
J’ai le secret dessein de découvrir Paris, sous toutes ses facettes, la variété de ses quartiers aux atmosphères changeantes. Depuis plusieurs mois j’arpente la ville, dès que je le peux, et surtout, dès qu’il fait beau, un peu de soleil, en hiver une lumière plutôt rasante malgré sa timidité en fin de journée. Je me suis fixé quelques points de repères, (...)
Instructions pour marcher en ville
Dans le cadre de l’atelier que je mène à Sciences Po pour la deuxième année : Récit sonore collectif : La ville à l’écoute, j’ai demandé à mes étudiants d’écrire une série d’injonctions urbaines qui s’inspire des Instructions pour monter un escalier de Julio Cortàzar et du jeu de cartes conçu par Brian Eno et Peter Schmidt, Stratégies obliques (Oblique (...)
Le labyrinthe
En promenade familiale dans les jardins des Tuileries, je revois les deux labyrinthes de bosquets de buis, de part et d’autre de l’allée centrale dans l’axe de la Pyramide du Louvre. J’ai toujours trouvé cet endroit étonnant en plein Paris, une zone blanche (plutôt verte d’ailleurs), où ne se rendent que les initiés. Cet endroit est un lieu de rencontre (...)
Remonter le temps
Jeudi matin, en marchant dans la rue à Melun, pensant être en retard à la réunion de services de la médiathèque à laquelle je dois assister, pressant le pas, j’avise un horodateur pour vérifier quelle heure il est. Quelques mètres plus loin, un deuxième horodateur, je vérifie à la hâte que la marche est régulière, un détail m’intrigue cependant mais je ne (...)
Architecture des milieux
À la fin du mois de décembre 2013, à l’invitation de Marc-Antoine Durand, (architecte, enseignant, et auteur (notamment dans la revue nerval.fr)), j’ai présenté l’appropriation artistique et la puissance narrative de l’imagerie Google Street View à des étudiants de l’École Spéciale d’Architecture, et je leur ai proposé un atelier d’écriture numérique. (...)
Le visage d’une ville se dessine en campagne
Je n’ai pas compris tout de suite ce qui était en jeu. Lorsque j’ai vu pour la première cette photographie, j’ai été cueilli, surpris, saisi, et j’avoue, je suis resté plusieurs jours ainsi, médusé. Sans savoir comment réagir. Quelle position adopter. Cette photographie me fascinait. La candidate de droite à l’élection municipale de Paris, Nathalie (...)
L’ironie du sort, de Didier da Silva
J’ai découvert le texte de Didier da Silva sur Internet mais sur un autre blog que celui sur lequel il écrit régulièrement Les idées heureuses. Ce blog s’intitule : Album de L’ironie. L’auteur y diffuse une série de diptyques d’images dont le dialogue a retenu toute mon attention. Chaque jour, de nouvelles images et l’impression grandissante, au-delà (...)
Facebook : l’image de notre relation au réseau
Facebook a dix ans. Personnellement, j’utilise Facebook depuis 2007. Comme le rappelle André Gunthert dans son récent et passionnant article Facebook ou la rumeur du quotidien « cela fait bien moins de dix ans que son empreinte marque nos pratiques, puisque l’application n’a été ouverte au grand public qu’à partir de 2006, et que le décollage de (...)
La disparition
Cette image, je l’ai prise début janvier 2014. Passant devant ce petit parc, j’ai vu ce banc déserté. Puis, après quelques pas, j’ai fait demi-tour, j’ai attendu quelques instants. Et j’ai pris cette image. Un peu inquiet, un peu terrifié. Et plus tard, un peu amusé me rendant compte que l’image (celle vue, celle prise) était une surface de projection. (...)
La fracture numérique
Je n’ose me l’avouer, le dire à haute voix, confesser ce qui m’arrive depuis plusieurs jours, mais je demande si je ne perds pas la raison, ça ne tourne plus très rond dans ma tête, au début j’ai mis cela sur le compte de la fatigue, trop de projets menés de front, et malgré la décision d’en faire moins, la pile des choses à faire grandit chaque jour un (...)
Un acte sensible de connaissance du monde
Dans le cadre de l’atelier annuel d’écriture numérique (À Louvre ouvert - le musée mis à nu par ses visiteurs, même), qui se déroule cette année encore au Louvre voici le travail mené avec les participants à la seconde des quatre séance d’écriture sur laquelle je leur ai proposé de travailler : S’inspirer d’une peinture et composer, comme traduit (...)
La main de l’aveugle
En 2012, j’ai pris une photographie tous les jours avec l’appareil photo numérique que j’avais sous la main (iPhone, iPad, Kodak, Canon, etc.) et je l’ai diffusée sur mon Tumblr : Planche-contact, en y associant une phrase trouvée sur l’un des nombreux blogs et sites littéraires que je suis régulièrement sur Netvibes. À la fin de chaque semaine, je (...)
Mon beau sapin
Comme chaque année, une fois Noël passé, des millions de sapins sont lâchement abandonnés au bord des routes, des rues et des ruelles des pays de tradition chrétienne. La tradition chrétienne veut d’ailleurs qu’il reste dans son habit de fête jusqu’au 6 janvier, jour de l’Épiphanie. Mais dès le début janvier j’en ai vu de très nombreux traîner en ville. (...)
La métamorphose
À Lille, pour passer en famille les fêtes de fin d’année, nous nous sommes beaucoup promenés en ville, en faisant de nombreuses haltes dans des musées et des cafés. Lors d’une de ces pauses, nous avons évoqué avec nos filles leurs devoirs, et Alice, l’aînée de nos filles ayant un texte à écrire en cours de français sur le thème de la métamorphose, nous (...)
Michelle Grangaud : Souvenirs de ma vie collective
Proposition d’écriture : Dresser l’inventaire de tout ce qui ne nous nous appartient pas et que nous nous sommes cependant appropriés (faits historiques, références culturelles, slogans publicitaires, savoirs et techniques, etc...). Chaque proposition doit tenir en une phrase relativement courte dont la terminaison sonore constitue le début de la (...)
La Piscine de Roubaix
Lors de notre voyage à San Francisco il y a deux ans, la découverte des Bains Sutro à San Francisco, des ruines modernes au bord du Pacifique, fut un grand moment. Les vagues de l’océan qui venaient s’écraser sur les rochers et nous rappelaient celles qui scellèrent le baiser de Scottie et Madeleine dans Vertigo. Les structures labyrinthiques des (...)
Un présent
Ce jeu asymptomatique du proche (jusqu’au contact, réel ou fantasmé) et du lointain. L’année dernière, nous avons passé les derniers jours de l’année à Londres. L’une de nos promenades nous a mené jusqu’au marché aux fleurs de Columbia Road, tout proche de Brick Lane, petite rue typique de l’architecture de l’Est de la ville, avec ses maisons à un étage (...)
La main de l’aveugle
Comment ne pas penser au fantôme, à ce rêve qui rêve l’homme ? C’est un rendez-vous. Un rendez-vous avec l’imprévu, les surprises que nous réserve parfois le quotidien. Un achat, un appareil photo numérique avec vidéo pour l’aînée de mes filles, au moment d’arriver devant la Fnac digitale, boulevard Saint-Germain, je découvre que la porte vitrée de (...)
Temps d’exposition en face à face
Dans le cadre de l’atelier annuel d’écriture numérique (À Louvre ouvert - le musée mis à nu par ses visiteurs, même), qui se déroule cette année encore au Louvre voici les premiers textes des participants à la première des quatre séance d’écriture sur laquelle je leur ai proposé de travailler : Choisir une peinture que l’on décrit en utilisant un (...)
Photographie et mémoire
Photographier affaiblirait notre mémoire. « On photographie les objets pour les chasser de son esprit » écrivait Franz Kafka. Le Docteur Linda Henkel de l’université de Fairfield a mis en place une expérience scientifique publiée dans le Psychological Science cherchant à prouver que les photos affaiblirait notre mémoire. Deux groupes de (...)
Le paysage comme carte
En l’absence de communication radio ou de radar, les pilotes engagés dans les années 20 dans la traversée des États-Unis de nuit pour la poste aérienne, devaient utiliser des avions de surplus de la Première Guerre mondiale, et s’appuyer, pour se guider dans leur plan de vol, sur des cartes de navigation souvent imprécises, inutiles de nuit, et (...)
À Louvre ouvert - le musée mis à nu par ses visiteurs, même
Il y a une quinzaine d’année, l’académie de Versailles organisait à la Bibliothèque nationale de France, la première session de l’Atelier annuel d’écriture conduit pas François Bon et Gérard Noiret. Ce stage long (qui relève de la formation continue des personnels de l’éducation nationale) est destiné aux enseignants des premier et second degrés, mais (...)
Décors de façade
Dans l’article que j’avais consacré aux Dents creuses, et plus généralement à l’entre-deux urbain, j’avais cherché à saisir comment, en construisant dans l’espace de ces dents creuses, on contribuait « à construire la ville sur la ville » ce qui créait une zone en transition, un entre-deux passager. J’ai découvert à ce sujet le mémoire de Quentin Roux que (...)
Micromegapolis, lorsqu’une ville rencontre Gaïa
Micromégas est un conte philosophique de Voltaire, qui perpétue la mode des voyages extraordinaires. L’ouvrage concentre des réflexions de critique sociale, religieuse, morale, philosophique, et des éléments de réflexion sur l’homme, sans oublier l’aspect scientifique. Le conte décrit la visite de la Terre par un être venu d’une planète de l’étoile (...)
Inventer la ville : vous êtes ici
Première mise en ligne le 28 novembre 2011, seconde mise en ligne le 27 novembre 2012
Une belle nuit en perspective
Le seuil suppose le franchissement libre, contrairement à la frontière. Un grand vide. Un vide immense. Un effacement brutal nous laissant interdit, sans voix avec une envie de pleurer qui nous prend sans crier gare. Et tout ce que l’on fait, que l’on voit nous semble insipide, inutile. Vide impossible à remplir, à combler. Une page blanche sur (...)
Carnet de voyage virtuel à Paris
En marge de l’atelier Inventer la ville à partir de Google Street View, et pour annoncer l’intervention à laquelle Olivier Hodassava et moi sommes conviés conjointement, au rendez-vous des Lettres sur Les métamorphoses du texte et de l’image à l’heure du numérique, pour une table-ronde sur le thème Écrire avec l’image/écrire dans l’image, à l’époque de (...)
Lit de mousse
Ce matin je suis sorti me promener le long du canal de l’Ourcq là où avec Pierre nous avions l’habitude d’aller courir tous les deux, tous les dimanches, jusqu’à Pantin, poussant dans nos meilleurs jours jusqu’aux Magasins généraux des douanes abandonnés dont j’ai visité le bâtiment cette année avant sa restructuration. Et comme je l’avais souligné à (...)
Où lire... Où écrire...à faire
Le hasard du calendrier fait que j’ai été invité pour deux événements se déroulant la même semaine à Strasbourg. Je suis intervenu tout d’abord le jeudi 21 novembre à 18h à la Haute École des Arts du Rhin dans le cadre d’une série de six conférences autour des problématiques nées du développement de l’édition numérique à la HEAR. Ces dernières années, (...)
Les décors de nos fictions
Un devoir d’expérimentation, un devoir peut-être seulement d’attention. Tu écris un texte, dans le temps court d’un trajet en train, avec une ligne directrice, une image précise en tête. Celle d’une vue de Paris, de la Seine, depuis le dernier étage de la Bnf. Le texte se construit selon une ligne directrice que tu ne maîtrises pas vraiment, (...)
Inventer la ville : carte interactive
Une série de douze ateliers d’écriture durant le premier semestre des étudiants en deuxième année de Sciences Po, ayant pour but de procéder à l’écriture collective d’un récit numérique à partir des images de Google Street View sur Google Documents et le blog Le tour du jour en 80 mondes. Les objectifs pédagogiques et les contenus des ateliers artistiques (...)
Poésie sur écoute - épisode 191
Un des exercices de l’atelier d’écriture numérique proposé aux élèves de Sciences Po autour de Google Street View : inventer la ville, a été cette année encore, l’occasion d’un beau travail des élèves sur la ville dont voici l’enregistrement sonore : Vous êtes ici. Un autre temps. Vous êtes ici. Puis les portes s’ouvrent. Vous êtes ici. Le je devient nous, (...)
A Free Replay (notes sur Vertigo) par Chris Marker
À l’occasion de la rétrospective de Chris Marker à la Bpi, du 16 octobre au 22 décembre, je me permets de diffuser ce magnifique article de Chris Marker sur Vertigo, d’Alfred Hitchcock, paru initialement dans la revue Positif n°400, en juin 1994. On peut trouver d’autres textes de Chris Marker sur le site Dérives.tv. L’image de San Francisco (...)
Stèle virtuelle
Au Cimetière du Père-Lachaise, dans le Jardin du Souvenir, on trouve de nombreuses stèles imposantes commémorant de récents accidents d’avion comme ceux de Charm El Cheikh, le 3 janvier 2004, ou de Maracaibo au Venezuela, le 16 août 2005. Mais sur Internet, sur Google Maps, j’ai découvert récemment une stèle virtuelle, celle des disparus du désert du (...)
Rien ne se perd, tout se transforme
Les lumières s’éteignent, le piano se met à jouer tout seul. Plan fixe sur des couloirs vides, des vérandas désertes mais aussi sur des paysages inhabités, des arbres isolés, quelques rares fleurs, un poteau télégraphique, du linge qui sèche au vent. On dit juste ajournement le temps de faire retomber la pression. Mettons à part la question des bons (...)
L’écriture collaborative
Journée thématique, au Lycée Louis Armand, dans le cadre du Festival du Premier Roman de Chambéry, le Jeudi 7 novembre 2013. Le succès rencontré par l’encyclopédie collaborative Wikipédia a ouvert la voie à de nouvelles pratiques de partage de la connaissance et des savoirs. Elle a démontré combien la collaboration était porteuse de qualité et d’une (...)
Psychogéographie aléatoire avec Google Maps par Ada Flores-Vidal
Ce texte d’Ada Flores-Vidal a été écrit en août 2013, point de départ d’une exposition qui s’est déroulée le 20 octobre 2013 au Art Bar Koenji Ten, à Tokyo, à l’occasion de l’événement mensuel tententen / Yonaguni (proposant concerts, projections, expositions) organisé par Ian Martin (journaliste musical au Japan Times, fondateur du label Call And Response (...)
Typographies urbaines
La nuit, les enseignes lumineuses qui hantent nos espaces urbains mobilisent et nourrissent nos imaginaires, elles nous informent sur la ville et ses habitants. Elles racontent l’histoire d’un quartier, d’une communauté, d’une zone commerciale. Elles illuminent la ville. Dans l’essai Les enseignes lumineuses – Des écritures urbaines au XXe siècle (...)
À ville ouverte
Aujourd’hui, je sens que quelque chose est différent. Une grille bleue annonce l’arrivée prochaine, la gare. Quelqu’un s’adresse à moi. Je ne comprends pas. Cela se prononce ailleurs ? Des passagers descendent, d’autres remontent. En même temps. Descente brutale. Obscurité. Fin de la rêverie, retour à la réalité. Dans un seul sens, celui de la descente. (...)
Un autre temps
Le temps de rêver beaucoup sur le jour d’après. « En secouant mes dés il m’arriva quelque chose d’étrange : j’avais besoin d’un certain chiffre et, lorsque je retournai le gobelet, tous les dés restèrent aussitôt immobiles, à l’exception d’un seul ; mais pendant qu’il roulait encore entre les verres, je vis, l’espace d’un éclair, sur l’une de ses faces, (...)
Expérimentation de l’écriture dans sa dimension numérique
Le service juridique de Sciences Po a récemment souhaité que les textes écrits lors des ateliers d’écriture numérique que j’anime et que je diffusais systématiquement sur mon site depuis trois ans, ne soient plus publiques, considérant que les productions des étudiants devaient rester dans le cadre scolaire et ne pouvaient être diffusées sur Internet. (...)
Inventer la ville : Photographies et captures d’écran
Première mise en ligne le 17 octobre 2011, deuxième mise en ligne le 09 octobre 2012.
Ça c’est un cri
Ces nuages là-bas ont crevé ici, dans l’heure qui vient de s’écouler. En sortant de chez moi avec Caroline, notre immeuble est situé en retrait de la rue, qui sans être très passante est tout de même bruyante, ce qui nous protège de son agitation urbaine et de ses bruits réguliers, il nous faut emprunter une longue allée droite avec un tout petit (...)
La mort au travail
« Chaque jour dans le miroir je regarde la mort au travail. » Jean Cocteau Le temps est venu de rattraper le temps. Il y a une autre manière de rendre hommage aux morts. C’est de continuer à les considérer comme des vivants. Et lorsque je me promène au Père-Lachaise, je vais à leur rencontre en me perdant dans le labyrinthe des allées du (...)
Dehors, dedans
Un court instant, mille mots. Le bonheur laisse un goût de défaite. Nos liens à l’épreuve. Je te mets au défi. Les rapports seuls sont à fixer. Chaque jour nous revenons d’où nous mène notre amour. Vague après vague. Avant, après. Dans la nuit imaginée. Peut-être déjà ailleurs. Ne pas s’arrêter. Tourner la page. Peut-être que ça sauve ? Ici rappelle (...)
Transparente évidence
François Bon me signale ce matin cet article paru sur le site d’actualité Suisse 24 matins où l’on apprend qu’un jeune homme de Portland dans l’Oregon, Dustin Moore, a découvert sur Google Street View, une image de sa grand-mère décédée un an auparavant. Il a été surpris lorsqu’il a vu sa grand-mère Alice assise devant sa maison. Il a partagé sur le site (...)
Tour du monde de l’art urbain
Située près du Pont de Bercy, face au bâtiment du Ministère de l’économie, la Tour Paris 13 se voit de loin : des coulures orange fluo dégoulinent sur sa façade. Neuf étages et quarante appartements. L’immeuble tout en briques appartient à un bailleur social qui va le détruire afin d’y reconstruire de nouveaux bâtiments plus modernes. Il reste (...)
Les couleurs de la ville
Avancer dans le noir. Le bleu, le rouge, le jaune. Pour la plupart d’entre eux c’est un travail en bordure. Il suffit d’avancer. Le noir se détache du noir. Le chemin s’arrête dans le regard. La couleur participe pleinement à construire la ville, car elle permet en effet de travailler à réaliser de la diversité, de la singularité, mais aussi des (...)
Les interstices du silence
Personne ne revient jamais vraiment de son enfance. Tu restes au bord du temps. Comme en équilibre sur la margelle d’un puits. Les passants te dépassent, te frôlent, ils te dévisagent ou t’ignorent, mais tu sens leur présence pressée, le rythme de leur pas comme s’il s’agissait d’un pouls, leurs corps à contre-jour. Il y en a qui parlent tout seuls, (...)
Je suis venu te dire que je m’en vais
La semaine dernière, en me rendant rue de l’Université pour mon atelier d’écriture avec les élèves de Sciences Po, j’ai fait un petit détour par la rue de Verneuil et j’ai pris cette photographie du mur de l’ancienne maison de Serge Gainsbourg. En réaction à la diffusion de cette photographie, le photographe Yannick Vallet m’envoie une photographie de la (...)
Un masque de la peau
Un temps horizontal, presque létal, sans tension ni risque de chute. La réalité à la fois complexe et mouvante du corps contemporain participe à des logiques qui sont bien plus profondes et qui ne peuvent se résumer à des considérations exclusivement esthétiques. Walter Ernest Yeo O’Neil était marin lors de la Première Guerre mondiale, mais il est (...)
Le miroir et le cadavre
Avancer entre ce clair et son obscur, entre ce sombre et sa brillance perdue. « C’est le miroir et c’est le cadavre qui assignent un espace à l’expérience profondément et originairement utopique du corps ; c’est le miroir et c’est le cadavre qui font taire et apaisent et ferment sur une clôture - qui est maintenant pour nous scellée - cette grande rage (...)
Le voyage est en soi
Troisième semaine de l’atelier d’écriture proposé par François Bon pendant 10 semaine dont vous trouverez sur tiers livre les propositions d’écriture développées, avec exemple basé sur un texte d’auteur. Pour cette semaine, c’est à partir du Processe de Christophe Tarkos. Je vais tenter de profiter de cet été et de ces ateliers pour travailler sur mes (...)
Une ville vide
Le retour n’est jamais le retour. Les mouches, toujours, et le feuillage. Sauf mention contraire, toutes les citations de ce texte sont extraites de La ville vide, de Berit Ellingsen, traduit par François Bon sur Publie.net. « Quand le film se termina sans la scène, il fut surpris. Il se rappelait chaque détail : les personnages, le dialogue, (...)
Le désir de te revoir : un récit épistolaire numérique
Première mise en ligne le 1er février 2013, seconde le 24 mars 2013
Radio Ethiopia
Retrouver le mystère des premières écoutes d’un disque de son enfance en écrivant sa musique... Radio Ethiopia est à l’origine un texte écrit pour la collection Ouvrez de Publie.net. Il a été publié ensuite sur nerval.fr, magazine fiction & littératures en ligne de François Bon. Il est désormais disponible sur son site Tiers-Livre, qui remplace cette (...)
Regard de l’envers du monde sur son endroit
Le photographe argentin Daniel Mordzinski, grand portraitiste, collaborateur régulier du bureau parisien du journal espagnol El Pais depuis une quinzaine d’années, accuse le journal Le Monde d’avoir détruit l’ensemble de ses archives et de ses négatifs originaux. Le journal Rue 89, publie la version des faits selon Daniel Mordzinski qui raconte (...)
Il ne faut pas désespérer Billancourt
La mémoire de l’île Seguin à Boulogne-Billancourt est intimement liée à Renault et son histoire. L’usine de Renault-Billancourt cesse définitivement son activité le 31 Mars 1992 avec l’arrêt des gammes Express et Super5. Les bâtiments industriels ont été rasés en 2004-2005 et le site est aujourd’hui en réaménagement. Le projet actuel, dévoilé en juin (...)
Le costume est une écriture
Lorsque nous étions à Londres pour passer les fêtes de fin d’année en famille, nous avons visité l’exposition Hollywood Costume qui s’était installée au Victoria and Albert Museum de Londres jusqu’au 27 janvier 2013. Une rétrospective qui examinait le rôle du costume dans l’écriture cinématographique pour mettre en lumière le processus créatif du costumier, (...)
Un devoir d’expérimentation
Planche-contact : Écriture photographique et mémoire du processus créatif. Tous les jours je prends une photographie et je la diffuse sur le site Tumblr : Planche-contact, en y associant une phrase trouvée sur l’un des nombreux blogs et sites littéraires que je suis régulièrement sur Netvibes ou sur Twitter. À la fin de la semaine, je reprends (...)
Contextes et gestes de l’écriture littéraire numérique
Je suis invité à la première séance du séminaire Écritures numériques proposé par Sens Public/IRI, le jeudi 15 novembre 2012, à Paris (17h30-19h30) et Montréal (11h30-13h30). Cette séance comptera trois intervenants, Bertrand Gervais, Sarah-Maude Beauchesne et moi-même, en duplex à Paris et à Montréal, en vidéoconférence entre la salle P217 du Pavillon (...)
L’entre-deux
Première diffusion sur le site : 28 décembre 2010
Jean-Luc Godard
Première diffusion le 18 janvier 2011
Notre tour du monde
Première mise en ligne sur le site : 13 décembre 2010
Les labyrinthes de mémoire
Planche-contact : Écriture photographique et mémoire du processus créatif. Tous les jours je prends une photographie et je la diffuse sur le site Tumblr : Planche-contact, en y associant une phrase trouvée sur l’un des nombreux blogs et sites littéraires que je suis régulièrement sur Netvibes ou sur Twitter. À la fin de la semaine, je reprends (...)
Le visage de l’ange
Ce matin, au petit-déjeuner, comme à mon habitude, je consulte mon compte Twitter et je découvre ce tweet d’Emmanuelle Gabory accompagné de cette belle photographie : La nuit, je veux parler avec l’Ange. Tout à coup, sans prévenir, une image me revient très nettement en mémoire, je mets quelques instants avant de comprendre qu’il s’agit en fait d’une (...)
Attendre que la ville passe
Planche-contact : Écriture photographique et mémoire du processus créatif. Tous les jours je prends une photographie et je la diffuse sur le site Tumblr : Planche-contact, en y associant une phrase trouvée sur l’un des nombreux blogs et sites littéraires que je suis régulièrement sur Netvibes ou sur Twitter. À la fin de la semaine, je reprends (...)
Le sens de la marche
Une photographie est un lent cheminement. Prendre le temps de marcher avant de se précipiter dans le RER pour rentrer chez soi après cette journée, ces rencontres. Pas de sitôt que je reviendrai là, dans cette ville que je découvre pour la première fois. Cergy et toutes ses déclinaisons. Préfecture, Pontoise, Le-Haut. Ce que je me dis en moi-même. (...)
Autobiographie des objets, de François Bon
Proposition d’écriture : Faire l’inventaire, sans ordre précis, de tout ce qui raconte sa vie, à partir des objets de son quotidien, et dévoiler ainsi son propre trajet dans le temps, grâce à ces objets, les vertiges qu’ils creusent dans l’expérience immédiate, chacun rappelant en filigrane les souvenirs de sa jeunesse et ravivant « cette sensation de (...)
Planche-contact : mots clés
Comme je l’ai précisé dans mon texte sur le projet de Planche-contact, tous les jours je prends une photographie avec l’appareil photo numérique que j’ai sous la main (iPhone, iPad, Kodak, Canon, etc.) et je la diffuse sur mon nouveau Tumblr : Planche-contact, en y associant une phrase trouvée sur l’un des nombreux blogs et sites littéraires que je (...)
Laisse venir
Anne Savelli et moi, nous avons écrit un trajet Paris-Marseille intemporel, d’abord virtuel, puis réel, une approche de la ville tout en détours et cheminements, dont nous avons présenté une version sous forme de tweets à La Marelle (Villa des auteurs) à l’invitation de Pascal Jourdana, son créateur et actuel directeur artstique, dans le cadre des 48h (...)
Marseille en chantier
La première fois qu’on m’a invité au cipM, à l’automne 2005, je n’étais jamais encore venu à Marseille. Je commençais à publier régulièrement des textes sur mon blog Marelle (à l’époque lointaine hébergé par la plateforme tooblog.fr) et c’est d’ailleurs sur ce thème Web & Poésie que portait la série de ces conférences. Deux jours de colloque sur les rapports (...)
Laisse venir : trajet Paris-Marseille
À l’avenir Laisse venir Laisse le vent du soir décider... L’imprudence, Alain Bashung Un trajet Paris-Marseille intemporel, d’abord virtuel, puis réel, une approche de la ville tout en détours et cheminements, après en avoir rêvé l’accès. C’est le projet de performance numérique qu’Anne Savelli et moi allons réaliser à La Marelle (Villa des (...)
Les Bains Sutro à San Francisco
Des ruines modernes au bord du Pacifique. Les vagues de l’océan viennent s’écraser sur les rochers et nous rappellent celles qui scellèrent le baiser de Scottie et Madeleine dans Vertigo. Les structures labyrinthiques des anciens Bains Sutro gisent à nu sous un ciel éclatant, les lys sauvages fleurissent sur les falaises coiffées de cyprès dont le (...)
Chantier du Collège Marguerite de Navarre à Pau
J’ai été invité à mener en 2009, en 2010 et en 2011, une série d’ateliers de création au Collège Marguerite de Navarre à Pau par l’intermédiaire d’Elise Lamiscarre, professeur de français, dans le cadre d’une Classe à Projet Artistique et Culturel. Il s’agissait de mener un atelier de création numérique mêlant textes/sons/images sur un lieu important dans la (...)
Entre le souvenir et l’oubli
« Il ne faut pas dire que le passé éclaire le présent. Une image, au contraire, est ce en quoi l’Autrefois rencontre le Maintenant dans un éclair pour former une constellation. En d’autres termes, l’image est la dialectique à l’arrêt. » Walter Benjamin, Das Passagen Werk, Paris, Capitale du XlXème siècle, page 478. Dans son film Tombeau (...)
Une question de jours
Planche-contact : Écriture photographique et mémoire du processus créatif. Tous les jours je prends une photographie et je la diffuse sur le site Tumblr : Planche-contact, en y associant une phrase trouvée sur l’un des nombreux blogs et sites littéraires que je suis régulièrement sur Netvibes. À la fin de la semaine, je reprends l’ensemble des photos (...)
Vous êtes ici
Vous êtes ici : brusquement. Une nouvelle journée sous la grisaille parisienne. Entre les quatre murs de la chambre, se languir des mois précédents où soleil et chaleur étaient quotidien. Vous êtes ici : la vue est tout simplement renversante. La rue assez morne s’éveille d’une dynamique nouvelle : jusqu’alors immobile, elle grouille de monde tout (...)
Autour de Franck, Anne Savelli et Thierry Beinstingel
"Franck n’est pas un personnage. Franck est quelqu’un. Né le 6 juin 1968, mort le 17 septembre 1990, il a vécu 22 ans d’une vie chaotique, en partie racontée, en partie inventée, en partie tue dans un livre qui porte son prénom." Franck d’Anne Savelli a été publié en 2010 aux éditions Stock. Il s’agit d’un texte conçu par lieux : « Chercher dans la ville (...)
Pour écouter avec des écouteurs, Julio Cortázar
Testament hétéroclite, livre ultime assemblé par Julio Cortázar à la fin de sa vie, Crépuscule d’automne, avant qu’une leucémie ne l’emporte à Paris, en 1984. Le livre regroupe des textes écrits à plusieurs périodes de sa vie— « des péomes et des prosemes » ou encore des « méopes » – inédits pour la plupart, seul le principe de la liberté créatrice les (...)
Pris dans la lumière
Qu’est-ce que j’entends, qu’est-ce que je comprends de ce que j’écoute, de ce qui se dit ? Maintenant, je ne pense plus pour personne ; je ne me soucie même pas de chercher des mots. Ça coule en moi, plus ou moins vite, je ne fixe rien, je laisse aller, la plupart du temps, faute de s’attacher à des mots, mes pensées restent des brouillards. Elles (...)
Le grand incendie de Londres
Passé toute la journée à travailler, très peu été sur Internet, hier soir, je découvre étonné cette image et ce tweet de Karl Dubost : with Google Street View Realtime http://www.la-grange.net/2011/08/08/tottenham-google-streetview #tottenham #fiction Menant un projet autour de Google Street View sur Le Tour du jour en 80 mondes que j’ai (...)
Ici même si
Là, à l’instant, devant soi, l’inconnu est si vaste que pour fixer son image, il faut le devenir. Fixer pour égaler, fixer pour dépasser. Pour survivre, il faut lui donner forme, il faut le comprendre, là, intégralement puis dans la succession, par fragment. C’est possible ici, c’est possible de se sentir grand, d’être au milieu des autres et de (...)
Le baiser des émeutes de Vancouver
La photo a fait le tour du monde, notamment via le Twitter : un jeune couple apparemment en train de s’embrasser au sol au milieu de « CRS » canadiens pendant les émeutes qui ont suivi la défaite des Canucks de Vancouver face aux Bruins de Boston en finale de la Stanley Cup de hockey. Le photographe Richard Lam, était balloté entre les manifestants (...)
Detroit
Peut-être là, à Detroit. Est-ce exagéré de dire que pour la première fois, je me sens chez moi, ici ? Pourquoi, pour les interstices, pour la dureté et la rumeur incessante ? Pour la vigilance ? Pour le temps qu’il faut ? Pour la résonance ? Le ciel puissant, qui arrive vite. La rue s’étire loin, ralentit la marche, et toujours les espaces entre, (...)
Fondu au silence
En lisant le texte Longtemps de Joachim Séné, je ne pouvais qu’être sensible à cette mention de la phrase liminaire du livre Du côté de chez Swann, le premier tome de l’œuvre magistrale de Marcel Proust, À la recherche du temps perdu. « Longtemps, je me suis couché de bonne heure. Parfois, à peine ma bougie éteinte, mes yeux se fermaient si vite que (...)
Une revue ça remue
Pour ses dix ans, l’association Remue.net m’invite à présenter à la médiathèque Marguerite Duras, Paris 20ème, la revue de création d’ici là. Samedi 15 janvier 2011 à partir de 14h30 à la médiathèque Marguerite-Duras : 115, rue de Bagnolet, Paris 20e : demandez le programme ! J’ai déjà présenté largement la revue sur ce site et notamment son dernier (...)
Sens unique
Ne pas trouver son chemin dans une ville, ça ne signifie pas grand-chose Mais s’égarer dans une ville comme on s’égare dans une forêt demande toute une éducation. Il faut alors que les noms des rues parlent à celui qui s’égare le langage des rameaux secs qui craquent, et des petites rues au cœur de la ville doivent lui refléter les heures du jour aussi (...)
Anne Portugal : Les Commodités d’une banquette
Proposition d’écriture : Ecrire un poème à partir des formules présentes dans les lieux publics (affiches, plaques et divers panneaux de signalisation (interdiction, obligation, indication, information), toutes ces bribes de textes et leurs superpositions dans nos perceptions quotidiennes. Des rêves urbains mis à plat dans une suite de mots (...)
Pierre Ménard
PARCOURS Né en 1969 à Ris-Orangis, Philippe Diaz vit à Paris. Bibliothécaire à la médiathèque de l’Astrolabe à Melun, Maître de conférences à Sciences Po Paris. Pierre Ménard est le pseudonyme qu’il a choisi en tant qu’écrivain. Après des études de Cinéma et d’Audiovisuel à Paris I-Sorbonne, Centre Saint-Charles, avant d’effectuer son service civil au sein (...)
Claude Royet-Journoud : La poésie entière est préposition
Proposition d’écriture : Consigner au jour le jour dans des carnets de notes, un ensemble de réflexions personnelles, la plupart du temps elliptiques, brèves, percutantes, sans un mot de trop, dans un souci extrême d’exactitude, des citations au cours de lecture, des fragments d’entretien, des retours théoriques sur certains aspects de son travail, (...)
Roger Lewinter : d’inflexion, pénétrant,
Proposition d’écriture : Travailler à l’élaboration d’une phrase unique, sans point, c’est-à-dire d’une forme logique syntaxique qui permette d’abolir le point. Une telle écriture implique un bouleversement radical de toutes les articulations logiques de la syntaxe ordinaire. Il ne s’agit donc pas de supprimer arbitrairement le point et de conserver (...)
A PORTRAIT DESTROYED BY FIRE
Nous, les autres, moi. Et un soir la nuit tombe. Dans quelle ville sommes-nous ? L’expérience d’une distance. Sur quoi toute ma tristesse se dissipe débordant de rêves inachevés. Mais sa lumière est comme retenue par un mur. Avec un bruit sourd. La journée a passé. On attend si bien d’ailleurs que tout s’embrouille. On efface, à mesure, on recommence. (...)
Linda Lê : Le complexe de Caliban
Proposition d’écriture : Lire, c’est être lu par ce que nous lisons. « Chaque liseur a dans sa bibliothèque un livre rêvé, le livre lu entre les lignes. La lecture est sans doute l’espace imaginaire où la liberté est le mieux préservée, car si chaque auteur appelle le lecteur à une co-création, il laisse aussi à ce dernier la possibilité de s’intercaler (...)
d’ici là : revue de création en ligne
L’idée de cette revue est de jouer la carte d’une lecture écran, et de former, notamment autour des auteurs dont les textes numériques sont diffusés sur la plateforme publie.net, mais pas uniquement bien sûr, un ensemble éditorial où se confrontent l’image, le texte et le son. Plusieurs numéros sont lancés parallèlement chaque année, sous forme de (...)
I HAVE HEARD IT SAID THAT A SPIRIT ENTERS
Dans une lumière éclatante, bouche souriante et molle. Mais je ne veux plus penser à tout cela. Le ciel en est témoin, haut et clair et brûlant ce matin-là. L’effet d’une évocation. Résister au déferlement monotone de la convoitise. Le bitume sous mes pieds. Mais, oh, ce n’est pas cela, pas cela du tout. Empêcher ma lèvre supérieure de tressauter. (...)
Éric Houser : Mon journal pour Nina
Proposition d’écriture : Tenir un journal sous la forme de paragraphes de 10 lignes, des dizains, dans lequel « on écrit les choses que l’on fait, qu’on voit, des pensées (parfois des pensées secrètes) » tous les jours ou presque, pendant une saison, dans un moment entre parenthèses, un temps où « être là, mais un tout petit peu ailleurs, en même (...)
André Duprat : Un quart d’ère sur le pouce
Proposition d’écriture : L’aphorisme est un exercice périlleux. Une écriture d’économe. Une phrase courte, incisive, nette et précise, entre sentence et formule, résumant un point de science, de moral, ou plus largement d’une idée ou d’un ensemble de pensées. Pour écrire ces aphorismes, se concentrer sur ces thèmes : écriture, corps, et sexualité. Dans le (...)
Joachim Séné : Hapax
Proposition d’écriture : Raconter l’homme, la femme, leur amour, le moindre événement au quotidien, cette vie ordinaire, en utilisant un ensemble de mots uniques, sans les répéter une seule fois. Hapax, Joachim Séné, Publie.net, 2008. Présentation du texte : Avec Hapax, Joachim Séné a écrit un texte bref constitué d’exactement 971 mots, tous uniques. (...)
Jean-Luc Caizergues : La plus grande civilisation de tous les temps
Proposition d’écriture : À partir de dépêches de journaux, de fait-divers extraits de ce qu’on appelle couramment la rubrique des chiens écrasés, élaborer de courtes fictions écrites comme des poèmes, si l’on entend qu’un poème a, sur la page, une disposition plus ou moins différente de la prose. Le vers est court, très court, hoquetant même. Le mot final (...)
Bookcamp #3
La troisième édition du Bookcamp a eu lieu samedi 25 septembre à La Cantine. J’y ai serré la main de Clément Monjou, regretté l’absence de Xavier Galaup, et d’Arnaud Lelache, mais ai parlé d’AFI (entre autre avec Benoît Roucou, en présentant la médiathèque de l’Astrolabe à Melun et son portail, pris rendez-vous avec Gwen Catalá, revu avec un immense plaisir (...)
Arnaud Maïsetti : Anticipations
Proposition d’écriture : Élaborer un fantastique pour aujourd’hui avec les figures de la ville (parcours, surgissements, mise à nu du tragique et de ses ressorts), la profondeur infinie du monde, de la nuit (le réel nous advient comme bruit et comme image), du voyage dans l’imaginaire et le rêve. Épiphanies d’instants photographiés ou galeries (...)
Jacques Dupin : Le corps clairvoyant
Proposition d’écriture : Travailler le chaotique et l’informulé de la langue, dans un suspens des mots qui disent à la fois l’être au monde et son acte d’écrire sans que la lecture puisse décider d’un partage bien tranché. Ecrire, sans objet sinon celui qui s’écrit, ainsi de ces marches pour le seul mouvement régulier où le pas se perd sans dessiner de (...)
Patrick Wateau : Abruption
Proposition d’écriture : Le poème est un langage qui naît de la destruction d’un langage, de sa réarticulation « autour d’un fond nerveux à haut risque. » Miettes et lambeaux que le langage dans son impossible réconciliation avec le monde tente d’atteindre. Une mise en mots aux allures de mise en pièces, découpes au scalpel dans l’à-vif d’une radicalité (...)
Atelier d’écriture sur la ville
Pour cet avant-dernier atelier d’écriture sur la ville, nous nous sommes retrouvés dans la Salle Rabelais du Centre d’Animation Château Landon, à Paris dans le 10ème arrondissement. Trois amies blogueuses ont également joué le jeu, en travaillant sur les quelques pistes suivies lors de l’atelier sur place à Paris, mais en écrivant en duplex (comme (...)
Vous êtes ici
Cet homme, je le croise dans la rue, familiarité passagère avec lui, les traits de son visage, son expression. Je le connais, mais je ne parviens pas à mettre un nom sur son visage, identifier d’où nous nous connaissons. J’essaye de me repérer par rapport à l’endroit où je le croise. Cet endroit, c’est la même chose. J’ai confondu avec une autre (...)
Martine Broda : Éblouissements
Proposition d’écriture : À la mort d’un être cher, nous reste ce qui reste en partage. Ne jamais cesser de surveiller la nuit, ne pas laisser le jour sans traces. « Le poème chez Paul Celan, est le caillou mémoriel que les juifs déposent sur la tombe. » Entre la rose et le caillou que l’on dépose sur la tombe du disparu, sans réponse ni répondant, le (...)
Diaro di Roma #2
Projet de mise en abyme avec Damien. Quelques photographies prises à Rome lors de notre séjour en juillet 1988. Est-ce que nous n’avons pas vieillis plus que la ville elle-même ? C’est un peu ce que je vais tenter de découvrir en faisant des photographies 22 ans après. L’impression qu’il faut user la ville, ces tours et détours avant de s’y (...)
Diaro di Roma #3
La couleur de la glace à la pistache au glacier de la place Ora Coeli n’est pas verte (ni fluo comme celles qu’on mange en France), ici le vert tire sur le marron et le parfum n’a rien d’artificiel. L’entrée dans le Musée du Vatican bat de loin la cohue aux approches du Colisée. Mais ce n’est rien par rapport à la Basilique Saint-Pierre. Nous (...)
Yves Bonnefoy : Rue Traversière et autres récits en rêve
Proposition d’écriture : Mimer les articulations propre au rêve fait de condensations, de rapprochements et de raccourcis, en contribuant à la saisie d´un entre-deux dans de courts textes qui lient ainsi des espaces et des temps séparés. « L’écriture véritablement poétique est celle qui se fait l’écoute de l’inconscient. » Tenter en même temps de mieux (...)
Parler des Vases communicants en vase-communicant et parler de l’automne sans dire le mot de 15h00 à 16h48
25/08/2010. 15h00. À la hussarde. C’était le moment, ça venait, peut-être le temps de s’assoir devant et de se dire. Tout allait recommencer, ça se voyait (les feuilles jaunes des cerisiers, les cosmos à pétales écarquillés, les tiges sèches des hémérocalles brandies, vaines, debout et vaines), ça recommencerait, surveiller la pendule, la montre, le (...)
Rémi Marie : JE
Proposition d’écriture : Tenter de dissoudre les faits et gestes, les pensées et les désirs d’un individu qui est indécision, en faisant commencer systématiquement toutes les phrases du récit par je. Marche, gestes, actions, regards, paroles, décisions, regrets. À force de répétition, révéler la complexité d’une subjectivité en mouvement, « comme si, en (...)
Hervé Piekarski : Un récit que notre joie empêche
Proposition d’écriture : Faire apparaître une forme, un récit. Mais cette narration est recouverte par la matière même de la langue, on ne perçoit que les bribes d’une histoire à jamais enfouie en même temps qu’une autopsie mécanique de la langue qui démonte la narration, qui déjoue la mélodie. Entre dévoilement et recouvrement, mystère et révélation, (...)
Écriture en création
L’atelier d’écriture : Depuis quelques années j’anime des ateliers d’écriture un peu partout en France. De nombreux amis écrivains qui souhaitent en animer me demandent parfois conseil. Je leur apprends en souriant que pour moi les ateliers d’écriture c’est comme la psychanalyse, il faut en avoir suivi un pour pouvoir en mener. L’atelier, on ne peut y (...)
Diaro di Roma #1
Arrivés avec de l’avance à la gare de Bercy (comme à notre habitude). Sur le panneau d’affichage des trains, le premier de la liste est annoncé avec 1h30 de retard probable : Termini-Roma. Départ repoussé. Pulsion première, l’écrire sur internet, s’en décharger ainsi qui n’annonce rien. Juste le délestage d’une pression passagère. Est-ce à ça que ça sert (...)
Bernard Montini : Si un jour
Proposition d’écriture : Poser une série d’hypothèses métaphysiques dans une suite de très courts textes resserrés qui s’apparentent à des diptyques au rythme d’aphorismes et dont les lignes de ruptures agissent comme un abîme éclairant. Chaque phrase-poème débute toujours par le même sésame : si un jour. Si un jour, Bernard Montini, Le bruit des (...)
Rome Photolalies
En juillet 1988, j’ai dix-neuf ans, je séjourne avec mon ami d’enfance Damien Lajarge pendant une semaine à Rome. Comme lors de mon séjour à Berlin, un an plus tard en octobre 1989, dont j’ai publié un extrait dans le premier numéro de la revue Myopies : Je marche. Je photographie. Je lis. J’envoie des lettres à mes amis. J’écris dans un cahier. Il (...)
La nuit litanie sur France Culture
La nuit litanie est un texte que j’ai écrit à la demande de Mathieu Brosseau pour le numéro 23/24 la revue L’étrangère, numéro dont il assure la direction et qui est paru à l’automne 2010. Un large extrait du texte écrit pour la revue, dont une partie a également été diffusé sur mon site, a été lu à l’occasion de la lecture à laquelle m’a invité Anne (...)
Mimer la manière
Un langage Ce que la langue laisse entendre : à mots couverts : Lacis de ruelles qui tracent des itinéraires invisibles à la surface. Vent qui brûle. C’est à ce moment-là. Mais il n’existe pas de meilleure façon pour décrire une ville, découvrir chacune de ses strates, que les investigations d’un détective. La profondeur d’une flèche (...)
Gérard Arseguel : L’Almanach des montagnes
Proposition d’écriture : Chercher le poème entre les lignes de la prose utilitaire, la prose pauvre, informative et souvent informe de la presse locale. Le poème qu’on obtient par collage de phrases découpées dans le journal surprend par sa fraîcheur et son ironie, par son humour et son désespoir toujours simultanés, par la pluralité des lectures (...)
Attention flottante
Mieux envelopper, marcher. Sans devanture et sans relief il va falloir se projeter. Comment dire, dedans ? Ce n’est pas comme dans l’attention flottante, le monde continue de se produire, les bruits agacent, les odeurs ondulent. On ne peut pas tous intervenir à chaque instant. Pendant ce temps, les corps en suspens, autour de nous tout continue à (...)
Jean-Pierre Chevais : Précis d’indécision
Proposition d’écriture : Faire parler une voix sans dire qui elle est, ni de qui elle nous parle (la langue peut-être ?), dans des petits textes comme autant de cailloux jetés sur la vitre aveugle des mots. Ce qui ne peut être dit, c’est tout l’effort de l’art, bien sûr, depuis les origines, de nous le suggérer. Jeu de cache-cache, métamorphoses (...)
Couleur et temps abolis
Il s’agissait pourtant de respecter les différences sonores, les images flottant dans l’indécision, à la main un petit sac de papier. Dehors. Dedans. Transparence enfin. Forme que le contournement habituel, décisif tournant court, jaillit elle aussi puis la surface comme une sédimentation affectant toute trace, tout impact. L’ouverture se déplaçait (...)
J’ai eu l’idée : Thierry Crouzet
Proposition d’écriture : Écrire un texte composé d’une suite d’idées collectées au fil du temps. L’effet domino des idées qui s’enchaînent, sautant de l’une à l’autre, comme une phrase mène à la suivante. Le monde est simple et c’est une accumulation vertigineuse de faits simples qui donne l’illusion de complexité. J’ai eu l’idée, Thierry Crouzet, (...)
Trajets à travers la ville
Dans le cadre de ma résidence d’écrivain soutenue par la Région île-de-France à la librairie Litote en tête, j’ai commencé l’écriture d’un texte intitulé Les lignes de désir, récit à lecture aléatoire, résulte de la contrainte d’une écriture en ligne, réalisée directement sur Internet, en 2010 et 2011. Ce projet d’édition est protéiforme. J’imagine au-delà de (...)
J’ai eu l’idée, Thierry Crouzet
J’ai lu il y a longtemps déjà Je me souviens de Georges Perec. Je me souviens de la référence à Joe Brainard, inspirateur du texte, curieux j’ai lu son I remember . J’ai toujours admiré qu’une même idée puisse être traitée par deux créateurs si différents et parvienne à créer deux textes radicalement différents. Et depuis ce temps j’évoque toujours le livre (...)
Christine Montalbetti : Expérience de la campagne
Proposition d’écriture : Le personnage, figure double de l’écrivain et du lecteur, tient la place de l’observateur tapi dans l’intervalle du monde et de son interprétation. Écrire un court texte sur les rêveries d’un personnage qui s’inscrivent à la fois dans un paysage, un endroit précis et un moment particulier de la journée, mais aussi un souvenir (...)
TAKE A CLOSER LISTEN
Je suis présent, je vous attends. Les lumières s’éteignent une à une. Dans le secret des paysages silencieux, marchant à bon pas sur les trottoirs avec volupté entre brumes et nuages. Laisser vaquer son regard et ses émotions. Juste là, au bord, sur le fil du présent. Garder mémoire d’un éblouissement. Faire advenir l’imprévisible. Les lieux et temps de (...)
Psycho Sons
Lors des initiations du samedi que nous organisons au Cyberlab, l’Espace Culture Multimédia de la Médiathèque de l’Astrolabe à Melun, nous proposons un atelier de montage vidéo. Le support de ces initiations est la scène de la douche de Psycho. Découpée en petits bouts la scène dure moins d’une minute et s’avère être un véritable exercice de montage (...)
deux temps trois mouvements
deux temps trois mouvements sur Publie.net La première mise en ligne de ces textes a été réalisée sur le site Liminaire, de janvier 2005 à décembre 2006. Il s’agit du journal poétique que j’ai tenu chaque jour durant ces deux années, accompagné de 12 photographies. Quand j’ai choisi de réunir en début d’année 2010 tous mes sites en un seul en ajoutant (...)
Philippe Annocque : Liquide
Proposition d’écriture : Raconter l’itinéraire d’un homme en quête d’identité, face au fleuve, en le restituant de façon linéaire et émotionnelle, alinéas fréquents en cours de phrases, parenthèses et tirets créant une respiration courte et retenue, un ressassement nerveux, et montrer ce qui se noue au fil de l’eau, se dénoue, se tord et se meurt à (...)
Au fond de l’inconnu
Le temps presse et je paresse. Fière allure, dans l’insouciance du rythme la vitesse suffit parfois à combler les vides, les trous. « Au fond de l’inconnu pour trouver du nouveau. » Mais le train soudain ralentit, il poursuit son chemin à son rythme, en roue libre. Sa force d’inertie. Et s’arrête au hasard, ici une gare, sur le quai désert, à l’ombre (...)
Olivier Apert : Infinisterre, suivi de Crash
Proposition d’écriture : De lieu en lieu, de ville en ville, de rencontre en rencontre, c’est toujours d’une limite qu’il est question ici : fins de terre, ports de Portugal ou d’Irlande, infantes disparues où se lit la nostalgie d’une innocence à tout jamais enfuie. Ici, le poème tend vers un espace où, à une grande respiration atlantique, se mêle la (...)
Suzanne Doppelt : Lazy Suzie
Proposition d’écriture : Mener une réflexion sur ce que l’on croit voir et ce dont il faut douter toujours un peu. Écrire un texte qui parle de peinture, de ces images qui, pour être construites, sont projetées dans un espace confiné, la camera obscura qui est aussi bien un espace mental ou bien celui de l’œil, lui-même une chambre noire. Ou encore (...)
Jean-Louis Kuffer : Ceux qui songent avant l’aube
Proposition d’écriture : L’énumération comme arme pour dire le monde. La juxtaposition d’éléments forts, de haute gravité, ou à teneur politique, voire subversive, et d’éléments qui tout d’un coup provoquent le rire, ou la seule légèreté. Une énumération tient, c’est quand sa propre table des matières devient elle aussi une prouesse de langage. Ceux qui (...)
Atelier d’écriture sur la ville
J’ai écrit le jour même de l’atelier un compte-rendu en image diffusé sur le blog de la librairie Litote en tête et dis que nous étions quinze à suivre cet atelier le long du canal Saint-Martin, en fait nous étions dix-huit, en comptant trois amies blogueuses qui ont joué le jeu, en travaillant sur les quelques pistes suivies lors de l’atelier sur place (...)
Auxeméry : Les animaux industrieux
Proposition d’écriture : Le propre de l’homme semble être l’animal tu en l’homme, l’animal comme vérité d’un être en chemin vers la parole. Écrire un long poème comme on part à la chasse, mais en chasseur de soi, de l’autre en soi (infiniment démultiplié). Des poèmes isolés, (morceaux de phrases disposés en cascade, mots décentrés les uns par rapport aux (...)
Nous l’aimions tant que ça, Glenda ?
Tu revois ce moine des ordres mendiants, qui ne voulait ni mourir ni vivre. La paix était sur son visage, débordant et excluant, insondablement, tous les attributs, toutes les voies... Tu pressentais comme une rivière que descendraient des barques de grenat et de noir, des feux entre les rocs, saveur de pain, toucher de doigt, licorne, narval, (...)
Oscarine Bosquet : Chromo
Proposition d’écriture : Mettre dans un texte, les trous, les blancs (mais on peut choisir une autre couleur), que l’on peut avoir dans la pensée, non pas pour les utiliser comme choses incompréhensibles, ou comme trouble, mais pour la coupe, la coupe de chaque vers à la fin de chaque ligne et le fait que quand on coupe, ensuite il faut coudre, ce (...)
Je me souviens du bâtiment B.
J’ai été invité à mener en 2009 et 2010 une série d’ateliers de création au collège Marguerite de Navarre à Pau, un atelier de création numérique mêlant textes/sons/images sur un lieu important dans la mémoire paloise : le Bâtiment B. et ses métamorphoses, partie ancienne vouée à la destruction du collège Marguerite de Navarre. En effet, il est question, (...)
Vider la ville
En découvrant cette série de clichés urbains du photographe américain Matt Logue intitulée Empty LA sur le site de François Bon je me suis souvenu d’une exposition marquante de Nicolas Moulin : Vider Paris. Les 50 images de cette installation avaient été réalisées à partir de photographies de rues de Paris retouchées sur ordinateur. Toute trace de vie (...)
Je me souviens du canal Saint-Martin
Dans le cadre de ma résidence d’écrivain soutenue par le Conseil Général d’Île-de-France à la librairie Litote en tête, j’ai animé au collège Valmy, dans le 10ème arrondissement de Paris, une série d’ateliers d’écriture et de création autour du canal Saint-Martin. Le collège est situé le long du canal Saint-Martin, en face du Point éphémère. J’ai travaillé (...)
Laurent Septier : Œuvres photographiques complètes
Proposition d’écriture : Établir une liste de photographies prises dans un lieu précis, sur une période donnée et les décrire d’une description limitée à une seule ligne de texte, pour les garder dans la boîte noire de notre mémoire. L’ensemble de ces descriptions forme une espèce de litanie spéculaire. Œuvres photographiques complètes, Laurent (...)
Cache-cache
Sans but précis, au hasard. Nonchalance tout à coup due, involontairement détournée. Reconnaître quelqu’un dans la rue qui lui ne vous voit pas. Se mettre à le suivre sans arrière-pensée. Juste le souci de ne pas le perdre de vue. Rester à bonne distance, discret. Assez loin pour ne pas être repéré, assez près pour ne pas se laisser distancer. Au bout (...)
Jean-Claude Schneider : Courants
Proposition d’écriture : Faire entendre la voix d’abord muette qui tente de prendre corps, de devenir matière sonore, matière de langue, donc matière d’écriture. Long et difficile travail de mise en forme de ces bribes confuses, en un travail de mise en mots, de mise en voix. Pour figer tant d’incises en mouvements : gesticulants tronçons, vers (...)
Sous le charme
J’attends que ma lumière s’allume. Le rideau se lève. On entend dans le lointain le bruit d’une rivière. Rien dans l’univers n’est stable : tout passe. Les seuls indices tangibles dont nous disposons pourraient se trouver dans le paysage, et en tout premier lieu dans les espèces végétales représentées. La nature est comme une source. Un espace à aménager (...)
Tentative d’épuisement d’un lieu parisien : Place Stalingrad
L’année dernière j’avais suivi en ligne, sur le site de micro-blogging Twitter, l’expérience initiée par Thomas Baumgartner de Twentative d’épwisement d’un lieu parisien qui s’inspire directement du texte de Georges Perec : Tentative d’épuisement d’un lieu parisien. En octobre 1974 Georges Perec s’est installé pendant trois jours consécutifs place (...)
Benoît Conort : Cette vie est la nôtre
Proposition d’écriture : Écrire un poème dans une langue alerte, le flot d’une parole qui s’écoule dans un flux continu (jeux de mots, mots-valises, paraphrases, allitérations, musicalité des vers). Aux mots hétéroclites qui se télescopent parfois dans leurs énonciations, aux visions entrevues dans notre vie, se mêlent des souvenirs aux saveurs intimes. (...)
perfection, ce scintillement
En se retournant sur ce qu’ils aiment pour en prouver le souvenir, pour l’avenir, une politesse de saison. Je souris dans le vide. En un certain ordre de l’air passe, sous mon parapluie, isolé des autres et de la pluie, les gouttes applaudissent au spectacle de la rue, contre les nostalgie de moi-même. C’est merveilleux je t’aime. Et en vérité (...)
Ateliers d’écriture à Pau
Invité à mener en 2009 et 2010 une série d’ateliers de création au collège Marguerite de Navarre à Pau, un atelier de création numérique mêlant textes/sons/images sur un lieu important dans la mémoire paloise : le Bâtiment B. et ses métamorphoses, partie ancienne vouée à la destruction du collège Marguerite de Navarre. En effet, il est question, depuis (...)
Franck Leibovici : Portraits chinois
Proposition d’écriture : Composer un document poétique à partir d’énoncés flottants prélevés sur les sites internet de groupuscules politiques et d’agences de presse internationales, afin de proposer un type de savoir inédit et d’interroger ainsi le monde contemporain et ses réseaux d’information. Présentation du texte : « Ces énoncés ont été prélevés (...)
Tokyo Haïku #2
Vérifier, de mes yeux vérifier. Combien de silhouettes croisées et recroisées au hasard des rues, des dizaines et des dizaines de fantômes de cette sorte ? Se souvenir de ces visages, de ces silhouettes, les extirper, le plus souvent, c’est une rue, une station de métro, un café qui nous aident à ressurgir du passé, de la matière sombre comme en (...)
Atelier d’écriture sur la ville
Autour d’un mot choisi dans le vocabulaire urbain (kiosque, quartier, bus, rue, pavés, vocabulaire urbain), retrouver la ville de son enfance, à travers de courts textes aux sonorités en échos, au-delà des assonances, exercices de précision rythmique, de composition, de phrasé, où les mots s’aimantent à toute vitesse, passant du coq à l’âne, de la gare (...)
Isabelle Garron : Qu’il faille
Proposition d’écriture : Évoquer une partition secrète dont ne nous serait donné à lire et à entendre que des échos ou des fragments, quelque chose comme un choix de mesures magnifiant la résonance d’un contrepoint disparu. Émergeant du motif, du souvenir, de l’image et comme désenfouies affleurent des présences qui viennent traverser l’écran de la page. (...)
Le temps d’un éclair
Oublier de quelle façon on se regarde solitaire. Dans une sorte de familiarité usée, comme avec une ombre, comme avec ces choses de tous les jours que finalement je ne vois plus et que la vie a passées à la grisaille. Mon corps, c’est le lieu sans recours auquel je suis condamné. C’est le pays où les corps se transportent aussi vite que la lumière, le (...)
Contraintes directionnelles
La forme la plus simple de la carte géographique n’est pas celle qui nous apparaît aujourd’hui comme la plus naturelle, c’est-à-dire la carte qui représente la surface du sol telle que vue par un œil extraterrestre. Le premier besoin de fixer les lieux sur la carte est lié au voyage : c’est le mémento de la succession des étapes, le tracé d’un parcours. (...)
Éric Sautou : Frédéric Renaissan
Proposition d’écriture : Dérouler une série de vignettes, de paysages arrêtés dans des décors qui ont la netteté vacillante des rêves, portée par un travail méticuleusement sonore sur le vers. Saisir non pas l’être rêvant pour qui le monde réel disparaîtrait, mais ce qui résiste à cet évanouissement, refuse qu’on en ait fini avec lui, comme la neige qui (...)
Roman hybride
Une nouvelle manière de lire le récit de fiction... Un roman hybride peut être considéré comme un roman mélangeant l’image et le texte où le texte écrit et des dispositifs graphiques comme l’illustration, photographie, infographie ou traitements typographiques peuvent intervenir afin de maintenir l’intérêt du lecteur, en ajoutant à l’interactivité du (...)
Charly Delwart : L’homme de profil même de face
Proposition d’écriture : Résumer la vie d’un être en trois courtes phrases, dont la première est il est né et la dernière il est mort. Au centre du triptyque, d’une phrase sèche, prise dans cette tenaille, cette parenthèse existentielle, dans la tension de l’entre-deux, souligner d’un trait la beauté, l’absurdité, l’énigme, la force ou la cruauté propre (...)
L’Illusion comique finit en tragédie, par Anne-Marie Garat
21 % seulement des Français jugent plutôt positif le bilan de Nicolas Sarkozy. Un record de désillusion. L’article de Gérard Courtois paru dans Le Monde du 13 avril, dresse un bilan pertinent de la présidence actuelle. Anne-Marie Garat, écrivain, avait adressé à l’époque de l’élection de Nicolas Sarkozy un article que Gérard Courtois n’avait pas alors (...)
Tokyo Haïku #1
À un moment ou à un autre tous hésitent. Nous lançons des messages qui s’effacent. Le monde, le réel n’existent que vus, perçus. Rêvés à travers notre regard. Ne vous laissez pas impressionner. Manière fragmentée de se donner corps. Une idée d’abord lointaine et floue. Fragilement, intensément. Surtout, ne pas définir, ne pas tracer de (...)
Stéphanie Ferrat : Abîmer de jour
Proposition d’écriture : Quelque chose s’est passé, infime, un tremblement. Écrire de très courts poèmes, comme une archéologie de ce qui a été. Une forme d’arrêt à l’origine de la venue des mots. L’infinitif d’un verbe est une action sur place, sans dégagement a priori : action retenue, un minéral, un os dans sa concentration de gestes. Abîmer de jour, (...)
Jean Daive : Narration d’équilibre 6-7-8-9
Proposition d’écriture : Écrire un ensemble de poèmes qui forment un monde troué, celui de la page blanche que des signes d’encre noire viennent hachurer. Le corps de l’écriture y est mutilé d’espaces manquants, et dans cette nouvelle configuration du vers poétique qui perd sa linéarité, sa détermination presque physique d’objet grammatical correct et (...)
Françoise Clédat : L’adresse
Proposition d’écriture : Dessiner un long parcours fait d’étapes, une lente traversée du deuil, qui noue recherche poétique et recherche de l’autre à travers les mots. Sous la forme d’une adresse, justement, une tension capable d’englober l’amour et la douleur, et qui au fil du récit s’épuise et s’apaise, trouve son souffle et sa place, faire du poème la (...)
Suivre sa ligne (de conduite)
Nous entrons en contact avec l’étrange mystère des espaces qui nous entourent. À aucun moment nous ne doutons de ce que nous ressentons, pourtant rien n’y est moins changeant et mobile que nulle part ailleurs. C’est un endroit qui se transforme à mesure qu’on y avance. Sa métamorphose ne l’empêche pas de craindre d’être un jour ou l’autre démasqué. Le (...)
Virginie Gautier : Les zones ignorées
Proposition d’écriture : Mener une réflexion sur la ville et le paysage comme expérience et mouvement. Le monde, insaisissable par essence, ne peut s’appréhender qu’à travers les surfaces familières de la ville, ses matières, les flux mécaniques ou humains qui l’habitent). Surrimpressions d’actions qui s’ignorent en créant une forme aléatoire. L’errance (...)
Zoner
Zoner, c’est au fond accepter que nous avons renoncé à observer d’autres sujets comme on observe des fourmis ou des myosotis. Et que nous sommes avec les fourmis, les myosotis et les autres humains à la fois sujets et objets d’observation, nous regardant les uns les autres avec la stupéfaction des voyageurs à pied qui n’ont pas réservé à l’auberge. (...)
Valérie Rouzeau : Va où
Proposition d’écriture : À l’aide de la formule Je pense à, faire défiler dans sa tête la galerie des portraits des personnes qui comptent pour vous et tenter d’en restituer l’essentiel par écrit, en passant d’un portrait à l’autre comme on passe d’un mot à l’autre dans une phrase quand on écrit vite, en étirant les phrases, en les faisant rebondir ou (...)
Atelier d’écriture sur la ville
Écrire un texte qui décrit la ville par l’intermédiaire d’un personnage de fiction que l’on suit dans la rue et ce que l’on voit ou non de la ville qu’on traverse, et les pensées, et les images qui nous passent par la tête au cours de cette filature, ainsi que les minuscules tableaux de la vie quotidienne où l’on tente de restituer certains des repères (...)
Claude Chambard : Le chemin vers la cabane
Proposition d’écriture : Écrire un texte, une méditation sur l’absence, la mort, la séparation, en plusieurs mouvements, chacun avec son système d’écriture. Passer de courts poèmes au titre rejeté en bas de page à des notes en prose avec une amorce qui se répète en forme d’adresse : je t’écris, et de nouveau à des poèmes. Glisser d’une partie à l’autre (...)
Olivier Matuszewski : Pour frai
Proposition d’écriture : Jaillir et ne pas renoncer. Écrire un texte qui passe aisément de l’enthousiasme à l’irrévérence, de l’accolade au corps-à-corps, de la violence de vivre à ses éclats de rire. D’une densité rare, fendant l’air avec des obsessions maîtrisées, développant le propos pour le tenir entre ombre et lumière, sans jamais rien soustraire de son (...)
Mon très lent paysage
Toujours changeant, demeurant pourtant le même homme dans son mouvement, ce parcours qu’il découvre en marchant, cette ville qu’il invente à chaque trajet, chaque promenade, cette ville qui s’invite à lui, se projetant en avant, avançant vers ce qu’il était, ce qu’il est et dans le même temps ce qu’il sera, tous ces instants réunis, regroupés en un même (...)
coïncidence extraordinaire
« Il a dû pourtant se produire déjà cette coïncidence extraordinaire, que deux navets voisins dans leur champ, séparés à la cueillette, conditionnés dans des caisses différentes, expédiés ensuite dans des directions opposées, se retrouvent dans le bac à légumes du même réfrigérateur. Tant de choses adviennent que nous ignorons. » L’autofictif N° 613 Éric (...)
Jude Stéfan : Litanies du scribe
Proposition d’écriture : Le nom d’un écrivain, d’un acteur, d’un chanteur, d’un homme ou d’une femme aimés, que l’on fait suivre d’un trait, anecdotique ou non, qui pourrait les caractériser. Litanies du scribe, Jude Stéfan, Editions Le temps qu’il fait, 1988. Présentation du texte : Dans ces Litanies du scribe Jude Stéfan assemble des (...)
L’innommable
« Où maintenant ? Quand maintenant ? Qui maintenant ? Sans me le demander. dire je. Sans le penser. Appeler ça des questions, des hypothèses. Aller de l’avant, appeler ça aller, appeler ça de l’avant. » L’innommable, Samuel Beckett Au début c’est une prévision de tempête. On donne juste l’alerte. Et si l’on proposait de nommer les dépressions et (...)
I DON’T GET IT
Nous avons été chassés de la ville. Nous entrions dans les bars, commandions un café et dans l’après-midi la salle était à nous, chaise ou banquette, journal, miroir, rares discussions de comptoir dont nous notions des bribes parfois, croyant donner le change. Que ces notes servent ou non ne comptait pas. Il s’agissait de rester dans la ville loin des (...)
Jacques Josse : Les Lisières
Proposition d’écriture : Raconter en quelques paragraphes, quelques séquences vives, animées, souvent situées dans le brouhaha des bars ou la lisière des villes, la rencontre des cassés de la vie, mais aussi des écrivains enchanteurs croisés au fil de nos périples ou de nos lectures, et leur rendre hommage. Saisir au vol, avec une écriture nette, sans (...)
conduire son histoire
« L’écrivain ne peut se permettre de conduire son histoire comme le muletier sa mule - en droite ligne et toujours de l’avant - car, s’il a tant soit peu d’esprit, il sera bien forcé, cinquante fois au cours de sa route, de s’écarter de la ligne droite afin de rejoindre tel ou tel groupe, ce qu’il ne saurait éviter en aucune manière. « Des vues et (...)
Fiction Shuffle
Une trouvaille : la visualisation du canon 1 à 2, dit « canon cancrizans » (c’est-à-dire en crabe), issu de L’Offrande musicale, de Jean-Sébastien Bach, sous forme de ruban de Möbius. En effet, sur Parcours étranges on découvre que « le manuscrit montre une seule portée dont le début est joint avec la fin. Cet espace est topologiquement équivalent à un (...)
Guillaume Vissac : Qu’est-ce qu’un logement ? et Livre des peurs primaires
Proposition d’écriture : Écrire deux séries de fragments de textes sur la ville. Le premier, lors d’un déménagement, en prenant des notes en temps réel décrivant qui se passe dans cette période de transition. Et le second sur les indices de la peur dans la ville. Relier ces deux ensembles fonctionnant chacun de façon récurrente, mais avec deux façons (...)
SOMEONE’S MISSING
Qu’est-ce qu’on va montrer aux gens ? Au début, on comprend, puis on tourne en rond. Lire la partition comme si on ne l’avait jamais vue. Pas d’imitation de soi même. Sensible aux états changeants du paysage, sa lumière autant que ses lignes. Les éléments s’enchevêtrent ou se confondent comme en témoignent les traces fossiles, les strates sédimentaires, (...)
Observer l’émergence
Voir sans regarder, toucher sans saisir : la mesure des choses Observer l’émergence du monde, c’est observer à la fois ce qui est en train de disparaître et ce qui n’est pas encore manifesté. C’est-à-dire observer un entre-deux subtil dont nous n’avons pas toujours conscience et que notre regard discerne mal, entravé par des formes de pensée et des (...)
THE STORY WAS BEST LEFT UNTOLD
Ni départ, ni d’arrivée. La pudeur voudrait qu’on se taise. Parlant à travers - voire à tort - et vers d’autres. Comme sur un écran tendu à l’intérieur de soi. Il n’y a pas de trace de sentiers, ni de clairières. Essayons d’être plus précis. Le spectacle est banal, même si fort accablant. Incapacité à accepter le monde tel qu’il est, dans ses travers et même (...)
Atelier d’écriture sur la ville
Entrelacer, dans une forme hybride d’écriture, l’étude objective, documentée, et les considérations personnelles ou autobiographiques (ces dernières n’étant nullement inscrites en marge de l’étude mais dans son déroulement même), pour décrire un quartier, une ville, en adoptant l’ordre arbitraire mais incontestable de l’alphabet. Il faut en effet renouveler (...)
Magali Thuillier : Tu t’en vas
Proposition d’écriture : Écrire de brèves proses poétiques sur les désespoirs présents et les échos de bonheurs passés. Deux époques, deux portraits en miroir. Sur la page de gauche, raconter au présent la vieillesse d’un parent, d’un ami, d’une écriture tendue avec des phrases nettes, sèches, courtes, sans emphase. Sur la page de droite, en italique, (...)
EVERYBODY KNOWS IT’S GONNA HAPPEN ONLY NOT TONIGHT
Un seul mot peut être ressenti comme une agression. Vous regardez autour de vous en tendant l’oreille. L’ombre, le reflet, l’écho. Quoi ? je l’ignore, ou je refuse de croire que je le sais. Chaque jour le chemin s’allonge. L’ennemi qu’il s’avance, qu’il s’annonce. Je continue d’inventer mon rêve et de l’effeuiller dans le vent. Occupé à bien faire. (...)
KISS AND CRY
Un ensemble de rues et d’impasses qui s’enchevêtrent et dans lesquelles on ne s’aventure jamais sans redouter un traquenard. Une démarche expérimentale. J’y arriverai pas, j’y arriverai pas. Rhythme est devenu rythme. Ce qui est dur, c’est de savoir que j’étais prêt pour cette compétition. Imaginez, on écrirait porter, portée, portées, portai, portait, (...)
WHAT YOUR SOUL SINGS
Il n’y a rien a priori. On prend tout ou on ne prend pas. Cet empêchement là se sera dénoué au fil du temps et autour de la question du sens. La couleur que décompose la nuit. Cela va déboiter en mots et cela emmènera quelque part. Il n’y a pas de limite. Du brouhaha plein le tambour. Et peu importe si tu ne réponds pas. Le hasard des hypothèses ne (...)
Charles-Mézence Briseul : La dernière épopée
Proposition d’écriture : Composer un poème narratif, forme longue en vers libres, un chant débridé à travers le temps, rythmé d’emprunts, mais aussi de détournements, d’illustrations, d’articles de presse et de faits divers, multipliant à foison les techniques d’écriture poétique et la critique d’un lyrisme désuet. La dernière épopée, Charles-Mézence (...)
IN EVERY DREAM HOME A HEARTACHE
Le présent est une perpétuelle catastrophe. Une lettre tracée sur le bleu puis effacée, un trait. Un peu de lumière et déjà c’est un visage qui vous regarde. C’est là leur grandeur et leur limite. Leur fragilité. Les choses justes ne se peuvent jamais contrarier entre elles. Sans doute on se trompe d’horizon. J’aimerais maintenant faire un détour. À (...)
GNOSES
Ébauche qui ne tend qu’à ce qu’elle renvoie, les pas dans la nuit, l’avance énigmatique du chat, le vent qui bat aux vitres comme si, entre pardon et éveil, tu nous avais une dernière fois revus... Légiférer contre les oukases du monde, de l’Un fustigeant ses voilements et ses remords, enfin voué à l’éblouissement qui le comble, s’en allant vers le (...)
Christian Doumet : Japon vu de dos
Proposition d’écriture : Écrire un récit de voyage composé de petits fragments rangés par ordre alphabétique, une succession d’expériences singulières ou de réflexions décalées, d’impressions originales, souvenirs ou fantasmes sur les sujets les plus variés concernant un pays vu de dos : Voir de dos, ce n’est pas voir l’autre, c’est voir ce que l’autre (...)
Promenade géolocalisée
Pour un rendez-vous de travail avec l’équipe de Mélico (Hélène Clemente, Pierre Cohen-Hadria, Émilie Hache et Jean-Noël Orengo), je suis parti de chez moi (rue Eugène Varlin, Paris 10ème) pour me rendre au Café de Pierre, à l’angle de la Place de la République et du boulevard Magenta, puis de là, retour chez moi en longeant le Canal Saint-Martin. Mélico (...)
L’identité obscure, de Jacques Ancet
C’est comme, minuscule à peine, une effervescence avec les mêmes images, leur même lumière, le chêne, son tronc obscur, le chat sur la fenêtre, le silence soudain de l’heure, on ne sait plus trop pourquoi maintenant, plutôt que demain ou qu’hier, pourquoi ici, mais ici, maintenant, c’est partout, c’est le monde qu’on n’entend que quand il se retire (...)
SAVE THE LAST DANCE FOR ME
Cette histoire a commencé sans début. Divagation hésitante. Saisir ce qu’il peut y avoir en nous d’irréductible et de singulier. Comme si voir épargnait, laissait s’esquisser un mouvement de résistance. Ralenti, coup de tête. Rien de plus. C’est moi qui suis en train de regarder au travers de la vitre. En revanche, toute une grammaire nouvelle se fait (...)
Les reduplications : Samuel Rochery
Proposition d’écriture : Travailler le vers comme notes en bas de page, avec incises au second degré, recoupements sémantiques, rythmiques plein d’étrangeté et tout l’appareil critique qui va avec. Dans une forme d’écriture à l’hermétisme toujours vif et interrogateur, la phrase devient enjouée. Développer ainsi une économie de pensée en vers, pensée du (...)
Dominique Quélen : Petites formes
Proposition d’écriture : « Ce sont à chaque fois des énigmes qui commencent et finissent de la même façon : un bout de phrase parce qu’on les prend en route, une absence de point final pour signifier que ça se prolonge. Des énigmes d’une dizaine de lignes, dont chacune ne dépasse guère la dizaine de syllabes, et où l’on retrouve d’une manière (...)
Herta Müller : des poèmes à partir des mots des autres
Une multitude de tous petits morceaux de papier qui sont posés partout, sur les meubles, sur les appuis de fenêtres, au revers de certains meubles, sur les tables, des milliers et des milliers de mots, de tailles un peu variables, de la taille d’une épingle à nourrice ou un peu plus gros. Ces mots sont découpés dans des journaux Roumains. Elle parle (...)
Ateliers d’écriture à Pau
J’ai été invité à mener en 2009 et 2010 une série d’ateliers de création au collège Marguerite de Navarre à Pau par l’intermédiaire d’Elise Lamiscarre, professeur de français, dans le cadre d’une Classe à Projet Artistique et Culturel. Il s’agit de mener un atelier de création numérique mêlant textes/sons/images sur un lieu important dans la mémoire paloise : (...)
JOURNEY TO THE EDGE OF THE WORLD
Impénétrable, indestructible. Tout est là, qu’on ne voit pas – qu’on ne veut pas voir et dont on ne veut rien savoir. Mais on ne va pas s’en tenir là. Dans cette lumière tournant dans la nuit de bitume. Vous voulez savoir ce que je guette ? Peut-être mon souvenir le plus brutalement souvenir. Ça met dans un drôle d’état. J’y entre pour en sortir presque (...)
VOYAGES II (1970)
HALD (Jutland) Tu es cette heure d’exil, ouverte à l’enfance des gestes. Au silence des galets, à leur avidité, lisse, aveugle. Au trop plein d’herbes minutieuses. Qui te dira pourquoi est-elle revenue, la chance que tu ne guettais plus, trace mouvante du partage ? Tu te tais, tu te cognes, de partout tailladé, avec un sourire de vieille pierre, (...)
Jean-Paul Michel : Le plus réel est ce hasard, et ce feu
Proposition d’écriture : Composer des poèmes écrits aux ciseaux, en un langage éclaté ou sous une forme plus ample et plus interrogative. Une poésie de l’affirmation, de l’éloge parfois, un chant qui affirme la dimension héroïque du contemporain, qui conteste la rhétorique, mise d’abord en lambeaux, pour s’élever et imposer hors de toute convention. (...)
READY ALREADY
Un monde dans lequel les images sont devenues le langage. On vit dans ce monde. C’est pour annoncer son départ. Un trou dans sa vie. La forme que ça prend. Il y a d’abord le sentiment vif de ne plus appartenir à une communauté. L’art n’efface pas la perte, il lui répond. La compassion et la crainte. Il est seul, celui qui parle. Regardez. Ouvrez les (...)
LET YOUR BLOOD RUN
On y voit plus clair au lever du jour. La trajectoire de l’heure n’est pas entièrement perdue à l’intérieur des synapses brûlées de la mémoire. Un son est un son parce qu’il y en a d’autres. Je prends, je garde, je conserve et je garde. Il faut le sens de la mémoire, il faut transcender le temps. Un signe sans force pour des champs de forces. Un refrain (...)
Claire Malroux : traces, sillons
Proposition d’écriture : Tenir un journal sur son expérience d’écriture et de lecture. Des réflexions, des notes sur les livres, sur les écrivains ou sur l’écriture côtoient des poèmes, des textes de création. Chercher ainsi à rendre compte de ces « dépôts qu’ont laissé ou y laissent lectures, activités présentes ou passées, rêves, souvenirs, pulsions (...)
Shuffle City / Mix Cité
Écoutez le récit d’un voyage dans la ville, des pas sous la neige avancent au hasard. Au coin d’une rue le marché, dans ce quartier c’est tous les mardis. On enregistre tout ce qu’on entend autour de soi, ce que l’on voit, ce que l’on devine. Avancer avec l’idée d’inventer sa ville et le parcours qu’on y dessine forme quelque part le visage de chacun (...)
Workshop aux Beaux-Arts de Valence
À l’invitation de Luc Dall’Armellina, auteur de poésie, enseignant (art & design) aux Beaux-Arts de Valence et chercheur (médias numériques) je propose pendant trois jours à ses étudiants de 3ème année en Design Graphique, qui passent leur diplôme en octobre 2010, une série d’ateliers de création sur récits et narrations : Dire, faire, voir des (...)
Comme en des forêts
qui peut comprendre qu’on soit parfois dans les villes comme en des forêts où chaque arbre vous ressemble où chaque mouvement est vôtre où chaque cri chaque regard se perdent dans la touffeur de l’air où les craquements des choses étouffent les battements du cœur où l’odeur même du sol est celle de votre corps planté là sur une dalle en béton usée par le (...)
Caroline Dubois : comment ça je dis pas dors
Proposition d’écriture : À partir de blocs de prose rigoureusement cadrés, utilisant les mots les plus courants, inventer une syntaxe précipitée à la ponctuation allégée. Écrire des poèmes court-circuités et des réminiscences cinématographiques (fragments de dialogue, descriptions stylisées, situations découpées) sans chercher à faire sens mais en imposant (...)
I WAS ONLY GOINT OUT
On est moins perdu quand on ne sait pas où l’on est que lorsqu’on ne comprend pas où l’on va. Qui marche dans la direction opposée est perdu. Se laisser croire qu’il y a peut-être au-delà du cadre de cette fenêtre quelqu’un quelque part pas. Le jour répand son mystère, la poussière de son ombre, par-delà le couchant. L’écriture se rêve simple captation, (...)
Sandra Moussempès : Photogénie des ombres peintes
Proposition d’écriture : La réalité ne cesse de se dérober derrière le mirage des reflets et des illusions, la facticité des représentations. Interroger cette singularité d’instants arrachés à la réalité, au rêve, au souvenir. Capter ainsi le réel par de multiples procédés : le recours au vocabulaire technique de la photo, du cinéma, la juxtaposition (...)
WE ARE GHOSTS
Au début c’est comme une distraction nouvelle. Une façon généreuse, et risquée, d’habiter le monde : comme chaque fois que le désir nous anime. Manière de vouloir à toute force composer des ensembles avec des éléments qui à première vue n’auraient rien à faire entre eux. Comme tout objet de désir, ils sont condamnés à le manquer. Exercice de la parole, écoute (...)
COMPARE AND CONTRAST
Il faut discuter longtemps avant de ressentir un vertige quelconque. La fiction devient chaque jour plus hermétique. Je vois aussi un sablier pourfendu se remplir de raisons. Avec un charme désuet à moins de stopper définitivement cette affaire-là. Mais l’image revient sans cesse. Plus tard, lorsque j’offre mon cadeau, l’instant est intact. Pourtant, (...)
TOMORROW, TOMORROW
Et on peut continuer longtemps, en boucle, même plus de la musique. Se taire sans doute se taire, au moins baisser le ton, assourdir encore une longue note tenue à n’en plus finir donc. Ici et là des allures de mémoires ou bien de testaments. Il n’y a nul soleil et nul dévoilement, et nulle présence. Rester là, immobile derrière son miroir sans tain (...)
NONPAREIL OF FAVOR
On se demande comment ça pourrait finir. Se faufilant plus bas, leur musique clôt un cadre d’espace nous maintenant au bord de ce qui tombe. Se perde la mémoire qu’elle se délave dans le temps, s’efface sans que se lèvent d’autres figures. En arrière des promenades, cris, jeux d’herbes de dents. On en reste là tête vide face au vent et ce bruit de rien (...)
Conférence et ateliers nouvelles écritures à la médiathèque de Nilvange en Moselle
Depuis trois ans maintenant, la Moselle célèbre au mois d’octobre le livre et la littérature dans les bibliothèques du département au travers de la manifestation départementale Lire en Fête… partout en Moselle ! Cette opération s’inscrit dans le cadre du nouveau Schéma Départemental de la Lecture Publique et des Bibliothèques voté par l’Assemblée (...)
TÉMOINS
Nazim HIKMET : Teindre les miroirs, enjamber la tonsure de l’hiver, à l’approche de cette brusque giclée de lumières. Pari sur l’avènement de la bataille d’aujourd’hui, pas sur l’issue de celles à venir. Ton pli, ton joug, ta chance.... Octavio PAZ : La fenaison vénale te requiert. Qu’importe si la nuit aztèque exhibe ses pluriels, si le temps joue à la (...)
THE POINT OF IT ALL
Quand l’éclosion de la chute perce dans celui qui s’y trouve il n’est pas possible de s’y tenir plus longtemps. Entre ligne de défense et ligne de front. Il y a des phrases qui façonnent et celles qui racontent. Au même rythme, du même pas. Le vent dans l’autre sens. Toujours près à tourner encore un peu. Peu importe qu’on soit d’ici ou d’ailleurs. (...)
IN THE AFTERNOON
Ça a débuté comme ça. Par un matin tout blanc. Pour marcher dans le vide, il faut se construire un chemin. J’aime laisser faire les choses et j’ai toujours peur de peser. Comme tout passe, cela passera aussi. La vie, comme elle jaillit et nous éclabousse. Je crois, mais ma mémoire est défaillante. Sentiment cruel d’avoir perdu mon temps, de l’avoir (...)
Marie-Hélène Lafon : L’annonce
Proposition d’écriture : Dresser le portrait d’une histoire d’amour qui s’ébauche délicatement et se dessine petit à petit. Pas de dialogues, mais un texte ramassé sur lui-même, dans lequel les mots se font écho et se répètent comme craignant de ne pas être bien saisi : repli des mots, solitude des êtres qui se rencontrent et s’apprennent, sans savoir (...)
TRAVELS WITH MYSELF AND ANOTHER
La ville a changé, mais c’est toujours la ville. Ce journal aussi. Avec un mélange d’humour et de cruauté, une force expressive et une profondeur de vue, enfin un incomparable regard sur le détail des choses et des êtres, vus sans une once de sentimentalité mais avec un amour total. L’intimidation y est plus rare, le langage n’y connaît pas de fin. Ça (...)
PERSON TO PERSON
Les vies se transforment en trajectoires. Des fois je me sens comme Buster Keaton déguisé en Kafka ou plutôt le contraire. On perçoit tout cela dans la nuit autour. La route est longue. Car personne ici ne sait garder un secret. C’est comme si j’avais été un autre. Mais de cet autre, je n’ai aucun souvenir. Je me heurte tous les jours au fantôme de (...)
THE SUN SMELLS TOO LOUD
Vivre est une chose, découvrir le langage afin d’exprimer la vie en est une autre. Cette merveille étonnante entre toute, douleur parfois. C’est encore de la disparition dont il est question. On ne peut s’empêcher de souligner, encore, l’absurdité du mot. On n’est pas seul dans sa tête. Lambeaux de pensée, expressions, bouts de phrases embrouillés en (...)
IN THE END
Réveillé par l’eau s’enfuyant dans l’ombre, j’ai bien souvent reproché à la nuit l’absence d’un compagnon. Déjà vu dans mes rêves les branches des arbres s’agitent comme des vagues en collision. Les flocons suspendus dans le gris du ciel se détachent et glissent lentement sur le paysage. Pas exactement le même son, mais une variation, même registre, seules (...)
ALONE TOGETHER
Dans un sens, toute lutte génère ce contre quoi elle combat. Monter à l’assaut. Se dire, en trois paroles. Avec cette lassitude que l’on a et ce que l’on sent en soi de découragé, d’irréparable, d’inconsolé. Ces moments insaisissables de notre vécu quotidien où l’on est plus ou moins absent à soi-même. Des hypothèses sous forme de latences peuplées de phrase (...)
ANSWER ME MY LOVE
Le crépuscule d’hiver se referme avec lenteur où tout se tient coi. Une grande courbe à peine accentuée, mollement, comme il convient au fleuve paresseux, encombré de bancs de sable et d’îles verdoyantes. L’ajout des flèches qui produisent un sens giratoire inattendu, nous entrainant dans un vertige, marque une volonté évidente d’éviter tout repère (...)
COLD HOUSE
On est plongé en permanence dans des couleurs des vagues et des paysages, c’est prodigieux d’ailleurs cette façon de décrire la couleur blanche, on est porté par l’air, le vent. La même lenteur que la chute des flocons. Ces mêmes sons étouffés, ce cocon enveloppant. Des notes comme des cristaux qui fondent lentement sur la peau, une sensation croissante (...)
VOYAGES
SAN GIMINIANO, Toscana (1972) Du temps où nous dispersions la lumière neutre, t’en souviens-tu, sur l’une ou l’autre de ces crêtes grises, l’aveu de la chose à venir, déni, grain levé, grappe, rafale, strie... Il t’a fallu dénaître, depuis, renvoyer la verte indifférence, réconcilier l’intelligence de la brume et la première imprécision des hymnes... Tes (...)
ON THE BACK-SEAT OF MY CAR
Stupide sourire d’étoile. C’est l’échelle qui crée le phénomène. Et dans sa nuit profonde, elle produit bien quelques étincelles. Le regard, lorsqu’il se précise sur de tels détails, devient l’organe des émerveillements. Il y a des zones de confluence. Le rythme et la mélodie en sont le plus souvent absents, au plus esquissés. Et pourtant elles se déroulent (...)
Gwenaëlle Aubry : Personne
Proposition d’écriture : Tracer le portrait original d’un proche récemment disparu, sous forme d’abécédaire, « en vingt-six angles et au centre absent », centre vide, énigmatique, déchirant, vingt-six petites stèles, à partir des lettres de l’alphabet et des textes qu’on garde chez soi, bribes de mots à romancer, notes ou souvenirs dont on met à jour des (...)
I’M JIM MORRISON, I’M DEAD
Je monte presque tout ce que je tourne. Il y a peu de déchet car je réfléchis beaucoup en amont pour aller droit au but. Ce qu’on déchiffre suffit quand même à dire l’excès, dont il s’agit. Nous avons perdu tellement de choses... Toutes celles qui n’étaient pas’’ vraies’’ puisque nous nous lassions de les porter en nous. Je les regardais sans en croire mes (...)
THANK YOU SPACE EXPERT
Quand on se tait, il est moins facile de mentir. Du coup, le silence est plus suspect que le mensonge. Quand quelqu’un commence à parler c’est toujours quelque chose d’étrange, dès lors qu’on y prête attention, c’est une fabrication de nuage ou de brume, une composition flottante. Je n’ai pensé à rien, sur le moment. Je n’ai presque rien dit. Un grand (...)
A WAYS AWAY
Après avoir épuisé nos ruses, nous sommes gagnés par la fatigue. Je songe à mes multiples escales à Paris et à ce que j’aime toujours dans cette ville sans pareille, à sa vie, à son charme et ses beautés. Nous sommes malmenés, notre silhouette s’affaisse, nous tirons la langue, nos membres raidissent. Le pardon est un échange. C’est toujours une alternance (...)
COUNTDOWN
Le silence enveloppe une grande partie des sons de telle façon qu’ils évoluent dans l’espace sans s’entraver les uns les autres, et qu’ils s’interpénètrent. Il n’y a pas de solution définitive à ce paradoxe, c’est pour cela que l’art existe. Rester en éveil dans le temps, attentif à ce qui disparaît, et désireux d’en fixer les traits à travers la fuite même (...)
Ateliers d’écriture à Deauville
Un jour il se promène avec une grande bouteille d’eau Un jour il se baigne à n’importe quelle saison en mer Un jour il se met à parler une langue étrangère Un jour il se tape sur le ventre en s’inquiétant de savoir si oui ou non il a grossi Un jour il se met sans savoir pourquoi à faire le geste d’un joueur de tennis en pleine rue Un (...)
LOVE LIKE A SUNSET
C’est de là que je viens. J’aurai, d’ici là, le sens du funèbre, comme on apprend l’art de la fête, et le sens de l’humour. Autre chose à dire, mais pas pour le moment. Sens de l’humour ci-inclus, dans le sens du renversement – ça va de pair, c’est selon. Quelquefois nous serions temporairement hors service. Refusant soudainement de nous lever. Le doux (...)
Ateliers d’écriture à Poitiers : Julien Prévieux et Michel Butor
Suite et fin des ateliers que je mène à Poitiers avec les étudiants de SciencesPo et ceux de la Faculté de Lettres . Nous avons travaillé lors de cette quatrième et dernière séance, le jeudi 3 décembre, à partir des œuvres de deux auteurs contemporains : autour de l’ouvrage de Julien Prévieux, Lettres de non-motivation, Editions Zones / La découverte, (...)
EIGHTY-EIGHT DAYS IN MY VEINS
Ce principe de liste qui, bien que juxtaposant des affirmations hétérogènes dans un ordre apparemment aléatoire, parvient à dresser un portrait et s’interroge sur la difficulté à se dire, à s’énoncer, à s’articuler avec les autres, avec le monde. Apprendre à revenir à la ligne, mais quoi pour nous y contraindre ? Et, dans un jour par-dessous le jour, volent (...)
ONE FOOT IN THE GRAVE
Il faut sortir pour cela avoir une raison de sortir, de commencer une journée. Pour écrire c’est la même chose. Un livre devient un autre lieu à chaque fois que nous le lisons. Pouvoir se délecter en pensée de chaque seconde qui nous en sépare. Le silence est une forme de courtoisie. Séparé de toi, arraché à toi par des cours d’eau, par des villes, par (...)
Philippe Delaveau : Son nom secret d’une musique
Proposition d’écriture : Peut-on saisir, avec des mots, non pas ce que dit la musique, si tant est qu’elle dit quelque chose mais ce qu’elle suscite au fond de nous : douleur, bonheur, méditation tranquille, oubli de nos limites ? Il existe un ordre, une beauté cachée, un monde sous le monde. Ce mystère qui alerte le veilleur ne demande qu’à se (...)
SECRET DOOR
Maintenant je vais moi-même maintenant à ma propre rencontre. J’écoute et demande à qui ? Pour ne pas dire toujours – à élaguer, rogner, supprimer, plutôt qu’à ajouter. Viser au plus juste. Ma volonté me fait trembler, elle est à la fois dans tout mon corps et rageuse. Le monde reste comme un décor, dont le vide étonnamment vivant et plein perturbe la (...)
WHAT WILL WE BE
Ça me paraît tellement important. Si on peut décrire les causes de ce détachement. Si seulement le poétique et le politique ne pouvait ne faire qu’un. J’ai l’impression de porter des bottes de sept lieues. J’essaie de me souvenir de mon rêve. Avec amour. Enfin il fut capable de lui dire qu’il l’aimait. Je crois que ça donnera un roman. Ton visage est (...)
WHAT WILL WE BE
Ça me paraît tellement important. Si on peut décrire les causes de ce détachement. Si seulement le poétique et le politique ne pouvait ne faire qu’un. J’ai l’impression de porter des bottes de sept lieues. J’essaie de me souvenir de mon rêve. Avec amour. Enfin il fut capable de lui dire qu’il l’aimait. Je crois que ça donnera un roman. Ton visage est (...)
JUST A DEAL
Ignorer où on va mais choisir d’y aller. L’incertitude est un espoir quelquefois. Des lignes d’impulsion qui composent une course sans fin. C’est ce qui manque que j’aimerais donner le plus et le donner manquant. Ce n’est pas seulement invraisemblable, c’est inacceptable. La question qui s’impose alors est celle de savoir comment inscrire cet (...)
POSITION APPROACHING
Deux forces règnent sur l’univers : lumière et pesanteur. Qui sait, personne ne sait l’extrême pauvreté de mes visions. Ce n’est pas grave, on perd du temps là. Conscience qu’une personne a d’elle-même. Il y a encore des failles dans l’enchaînement logique des preuves. Toute l’histoire de cet écheveau complexe, impossible de démêler toute l’histoire de nos (...)
ONE FOOT IN THE GRAVE
Pas plus de traces que de preuves : seule, l’indue gratuité des passages. Ô les gestes de craie, le périple des souffles sur le dernier promontoire – ces enfants aplatis, déguisés, dedans l’assèchement qui n’accueille pas. (Non pas un quelconque but, mais le BOUT : car il ne se peut pas qu’un homme se soit autant plongé dans la dévastation sans (...)
BUILDING EXCESS
Il y a certes des exceptions, mais elles sont rares. L’infini de cet instant. Ici et là-bas se confondent, je suis dans l’oubli de la mémoire, dans ses brumes mouvantes. Alors que faire ? Mais rien n’y fait, c’est une course immobile où je ne rattrape que du passé. Sans doute rien du tout, sinon écouter son sentiment et ne pas marcher au pas. Nous (...)
THERE ARE MORE THINGS... (1974)
Pas plus de traces que de preuves : seule, l’indue gratuité des passages. Ô les gestes de craie, le périple des souffles sur le dernier promontoire – ces enfants aplatis, déguisés, dedans l’assèchement qui n’accueille pas. (Non pas un quelconque but, mais le BOUT : car il ne se peut pas qu’un homme se soit autant plongé dans la dévastation sans (...)
BROWN EARS
Il faut sortir pour cela avoir une raison de sortir, de commencer une journée, sinon la vie passe devant soi, pris par des visions. Pouvoir se délecter en pensée de chaque seconde qui nous en sépare. Des visages, des rues, des villes apparaissent dans le crépuscule où se mélangent toutes les couleurs. Je crois même qu’on ne se rend pas compte de la (...)
THE BEGINNING AND END OF NOW
On peut se demander ce qu’il fait là. Dans le désordre. Voilà plutôt ce qui réellement se passe. La rue fait des glissades devant moi, et qu’importe pour l’instant où elle va. Et justement on en est toujours là. Je crois que c’est impossible de s’en tenir à ce qui est prévu, on est toujours rattrapé, dépassé, par le flux. Des voix autres, pas vraiment (...)
André Benchetrit : Très-Grande Surface
Proposition d’écriture : Scruter les fonctionnements d’asservissement dans l’idéologie de normalisation par le biais des grandes surfaces. Se mettre à la place des marchandises et des objets. Raconter un voyage dans la vie intime des marchandises, où tout se met à parler. Une conscience habitant les choses, les traversant, un texte dans lequel ce (...)
AND THEN NOTHING TURN ITSELF INSIDE OUT
Il faut continuer. Je peux continuer. Je peux tirer quelques phrases heureuses, quelques trouvailles, les recueillir. Nous sommes vêtus de débris, nourris de débris, assis sur des débris. Tout se tient à tel point que c’en est inextricable. Sûr, mais les scories nous tiennent aux parois, les œuvres sont les scories du lisse qui nous hissent. Nous ne (...)
L’Amérique, par François Bon
Je cherchais une Amérique, voilà qu’elle est ici devant moi et quand je marche, l’Amérique, elle est ce tapis et ciel et, au lointain, ce hérissement rare des villes, J’appelle Amérique ces ponts et ces fleuves, l’indifférence de ces avions et ce hurlement inutile des sirènes, j’appelle Amérique la distance d’un être à l’autre qui suppose qu’il y ait pour (...)
I LOVE GOLDEN BLUE
Tout regarder sans discontinuer. Devenir ignorant de soi-même, tendre à cela tout le temps. Prisonnier d’un soudain engourdissement du réel, d’un appesantissement du monde. Je pourrais seulement tourner autour, l’aborder sous différents angles, la contourner et revenir à l’assaut, mais je buterais toujours dessus. D’ici je vois maintenant le profil de (...)
NOUS SOMMES TOUS UNE OMBRE
Perdu dans le nombre au milieu de la gare où tout semble tourner, perdu dans le nombre où tous les passants s’égarent en début de journée. Mon visage s’obscurcit, de l’obscur du radieux. De quoi avons-nous hérité ? Nous voulions savoir si nous étions bons à quelque chose ici-bas. Éléments lumineux, merveille de l’évidence, merveille du caché. Une bulle de (...)
STREETS ARE DRUNK
Il n’y a pas de miracle. L’amour certes, entre désirs, plaisir, et distance invincible, peut mener encore au dépassement de soi. Dérision, cependant, de tout ça. Bientôt, l’éclairage évolue. Le mal et le malheur l’emportent. Tout faire, désormais, pour échapper à la confusion des sentiments. Le temps avoue son poids et son pouvoir de destruction, qui ne (...)
CRYING LIGHTNING
Ce qui m’intéresse et que je cherche, c’est toujours le moment où une situation change, se renverse, l’instant où quelque chose bascule et provoque un nouvel état des choses et des êtres. Fuir, se cacher, enterrer un témoignage, aller ailleurs, trouver la tangente. Inquiéter son temps par le fait d’avoir soi-même un rapport inquiet à son histoire comme (...)
Éric Chauvier : C’est que du bonheur
Écrire un texte à partir d’une de ces phrases en apparence anodines, une de ces locutions creuses qui viennent ponctuer, telle une grinçante ritournelle, nos moindres discours, qui envahissent notre langage au quotidien. L’emploi de ce genre d’expression toute faite est l’occasion d’une réflexion plus approfondie sur le langage. Sous la banalité (...)
I WAS ONLY GOING OUT
Ces poussières collent au pas. Les traces de l’anéantissement sont effacées, par conséquent le souvenir des anéantis est anéanti aussi, le temps de l’anéantissement est effacé, donc le souvenir des anéantisseurs aussi, donc aussi la résistance aux anéantisseurs de demain. Nous imprimerons le rythme éclaté de nos trajectoires inverses. L’époque et (...)
FLOWER SUN RAIN
On n’est pas le même partout. Je m’imagine parfois comme un grand explorateur, ayant fait la découverte d’un pays extraordinaire dont il ne pourra jamais revenir apporter la nouvelle au monde. Parcours sur les sentiers inversés. La question pour eux était de le faire vraiment ou de faire semblant. Essayer toujours de garder présent à l’esprit le (...)
FREVO RECIFENSE
Arracher tout horizon comme toute assise, sans jamais les punir tels qu’à l’heure du Retour ils t’effacent. Contre les préjugés du global, les mépris qu’ils engendrent, les déracinements qu’ils gèrent, sachons ne jamais oublier que, oui, il y a, il y aura toujours des territoires, des appartenances, des paysages, des langues, des espaces pétris de (...)
Le Muz de Claude Ponti
Claude Ponti lance le Muz : le Musée virtuel des œuvres des enfants Le but de ce site sous forme de Musée virtuel dont parle également François Bon sur son site est de répertorier, conserver, valoriser et rendre accessibles les œuvres des enfants à tous comme celles des adultes. Les enfants doivent savoir qu’ils contribuent à part entière au (...)
AUF EIN ALTES BILD
Il ne me voit pas. Il ne m’entend pas. Il pourrait, s’il faisait attention, sentir mon souffle sur sa nuque mais, même à ce moment précis, ça ne changerait plus rien. Autrui est une limite. Seul l’usage de la contrainte libère. Car la matière, le matériau sur lequel on travaille est toujours, forcément, contraignant en un sens. Il faut prendre son (...)
Ateliers d’écriture à Poitiers : Éric Giraud et Emmanuel Adely
Suite des ateliers que je mène à Poitiers avec les étudiants de SciencesPo et ceux de la Faculté de Lettres. Nous avons travaillé lors de cette troisième séance, le jeudi 19 novembre, à partir des œuvres de deux auteurs contemporains : autour de l’ouvrage d’Éric Giraud, La Fabrication des Américains, Éditions Contre-Pied, 2006 et celui d’Emmanuel Adely, (...)
ARE YOU IN OR OUT ?
Il pleut sans faire froid. Un point de vue inoubliable sur la ville pour une raison que je ne comprenais pas. Qui saura y regarder de plus près y verra sans doute bien plus encore. On s’y perd et c’est miracle à chaque fois en effet d’en ressortir vivant. Ce qui en revanche est très nouveau pour qui veut regarder ici. Des ombres glisser dans la (...)
NOBODY SAYS ANYTHING ANYMORE
Parfois, un coup de vent me soulève lourdement, et alors je me mets à battre contre le mur. Je ne pense pas à l’aube impossible. Je me retiens de respirer. J’attends. Lancer nos plus beaux assauts vers le ciel et poursuivre jusqu’au renversement des grammaires et au départ en exil. Rien qu’à la main, j’arrive sans trop de peine à redresser l’essentiel. (...)
THE SEA IS A GOOD PLACE TO THINK OF THE FUTURE
Un moment a-t-il une histoire ? La réponse est non, je viens d’ailleurs. Quand j’ai une idée dans la tête, elle déforme ce que je regarde. Comme une ombre portée. Le chien qui aboie dans le fond… Un chien ça peut pas être ici un chien. Alors je le mets sur un cercle extérieur. Une vie dans le présent, dans l’instant. Quelqu’un de masqué. Un chien aboie, (...)
Ateliers d’écriture à Poitiers : Jean-Christophe Bailly & Hubert Lucot
Suite des ateliers que je mène à Poitiers avec les étudiants de SciencesPo et ceux de la Faculté de Lettres . Nous avons travaillé lors de cette seconde séance, le jeudi 5 novembre, à partir des œuvres de deux auteurs contemporains, autour de l’ouvrage de Jean-Christophe Bailly, Basse continue, publié au Seuil, en 2000 et celui de Hubert Lucot, Pour (...)
Jacques Dupin : Échancré
Proposition d’écriture : Exorciser les préoccupations du geste d’écrire. Écrire à travers le corps, marquer le moment où le temps envahit l’espace. Écrire à partir de la seule et féroce nécessité de jouer sa vie, de lancer les dés dans l’abîme. Mener un combat pour une épaisseur fugitive, pour croire un instant en la matière des mots. « Écrire au large, au (...)
I’M NOT CALLING YOU A LIAR
À travers les voyages à travers les songes, les points et les blancs les prémonitions et les nostalgies. Disons, pour faire bref, que les découvertes apparaissent comme évolutives et que les recherches sont loin d’avoir épuisé toutes les possibilités de surprises. Dans l’ombre puis dans la clarté, refus et fureurs, douceurs et regards. L’important sera (...)
LIMES (fragments)
Qu’on te rende le vacarme multiplié de l’affût, l’archer et ses amulettes, là où rien n’avilit, mais accompagne, saisie de l’araignée dans sa transparence... Tu pouvais désormais t’éloigner sans dévoyer ou trahir des rites, te souvenir sans soumission de tout, la fraîcheur sombre, le pli déclos lovéen ces temps enfin à part, une distance creuse, quelques (...)
MAD ABOUT A BOY
Tu m’as dit cette fois... Personne ne peut ni ne doit chercher une logique dans l’enchaînement des événements. On ne peut inventer aucune exaltation, ni celle de la couleur, ni celle des mots. Tout le temps perd ne se rattrape plus. Suggérer à la fois le brouhaha des choses et les cris émis par une gorge humaine, donc confondre le sujet et l’objet, (...)
NO KWOWN HOME
On imagine sans peine que ce sol bombardé de couleurs chatoyantes, que nous aurions toutes les peine du monde à traverser sans en changer l’agencement, est bien un terrain miné. Personne n’a remarqué mon absence, ni cette déflagration proche. J’écoute, j’entends du silence et c’est en dessous l’image versée de la nuit. À un moment, ce n’est plus soi, ce (...)
DESERT STORM
Toujours loin, je repars. Rien ? C’est toujours cet instant qui s’arrache à lui-même, et toi avec. Je me cache maintenant sous les sangles, les doigts me couvrent, les jours qui passent, je rate toujours la même marche. On entend une musique sous le silence. Le décor est toujours à peu près le même, mais c’est la dernière scène, une des dernières (...)
ALL WHITE
Décor de nappe sans tige apparente. On écoute les bruits. Comme sans les reconnaître. Dans le voisinage du rouge. À surveiller de près, à punir parfois. L’imprudence n’est pas une ligne droite. On pourrait disparaître. Mais rien n’arrive. Parfois si pâle, secouée par de vagues malaises, imposture ordinaire. Un autre jour le sang était récent, il coulait (...)
ZEN
J’ai su que je ne savais rien de rien sur rien le jour où j’ai rencontré ces quelques lignes lentes et fermes, m’éclairant avec douceur et ironie du fond des âges : « Avant d’étudier le Zen, je croyais que les fleuves étaient des fleuves et les montagnes des montagnes. Tandis que j’étudiais le Zen, j’ai su que les fleuves n’étaient pas des fleuves et les (...)
ALL WHITE
Décor de nappe sans tige apparente. On écoute les bruits. Comme sans les reconnaître. Dans le voisinage du rouge. À surveiller de près, à punir parfois. L’imprudence n’est pas une ligne droite. On pourrait disparaître. Mais rien n’arrive. Parfois si pâle, secouée par de vagues malaises, imposture ordinaire. Un autre jour le sang était récent, il coulait (...)
A LIFE FULL OF FAREWELLS
Je me frotte les yeux. Rien ne change. Se méfier des urgences sonores, de l’emballement des rythmes. Ce qui s’y dit s’impose sans éclat. Rien n’est brodé. C’est sauvage, violent. Il semble en effet qu’il n’y ait point d’autre issue. De temps à autre, le luxe d’un détail exprime une profusion de sens à la manière picturale. On est traversé par une parole (...)
THE EVENING VISITS
Quand rien ne va plus, les mots s’effondrent eux-aussi. Ce qui me déplace ainsi en moi-même, c’est qu’en l’absence de tout repère familier, un paysage, une végétation, un ciel, une lumière, je ne peux en reconnaître aucun. L’isolement du dissonant est grand. Je suis déplacé vers l’exactitude dans le déplacement lui-même. Il faut prendre les gens pour ce (...)
Pierre Vinclair : Ce monde en train
Proposition d’écriture : Le temps d’un déplacement à grande vitesse dans l’espace réduit du train qui exacerbe les présences des voisins, écrire de brefs textes, des proses de TGV, en écoutant, en notant ce que font, ce que disent, les protagonistes de ces trajets, tous ces minuscules drames qui nous donnent le sentiment de voyager. Ce monde en (...)
LEFT AND RIGHT IN THE DARK
Ma mémoire s’enfuit tellement de jour en jour que je ne suis plus maître de rien : ni du passé que j’oublie, ni à peine du présent, où je suis presque toujours tellement occupé d’une chose, que je perds de vue, ou crains de perdre, ce que je devrais faire. Ca ne prévient pas, ça arrive, ça vient de loin. Nous nous souvenons d’une chose et pour nous (...)
REMEMBER A DAY
Vouloir se souvenir d’infimes choses, c’est ne pas vouloir mourir. Sa lumière estompe les formes. Je ne connais rien de plus sérieux. Mais pourquoi avoir entrepris ce travail ? Peut-être, d’abord, afin de mettre de l’ordre là où il n’existe que le désordre du devenir qui emporte, qui efface tout. Le temps qui passe, qui fait du visible avec de (...)
ALL YOU WANTED
Le véritable ennemi, c’est l’esprit réduit à l’état de gramophone. Habiter l’instant. Être là, très là. Quand l’espace manque, il faut faire preuve d’imagination. Mais un peu plus tard ça pourrait changer. Comme quoi il y a à faire au cœur de ce qu’on nous dit désastre. Et cela reste vrai que l’on soit d’accord ou non avec le disque qui passe à un certain (...)
LONELY LOVER
J’ai souvent un regard ironique ou amusé sur les choses. Et puis là, non, ce n’est plus le cas. Ça doit être pour ça la question. Mes interrogations sont à mi-chemin entre la pensée et la question, elles sont mentales et ne sont pas prononcées. Je ne veux pas ralentir et hacher la phrase. Et de fait, je travaille beaucoup le rythme de la phrase et des (...)
BERLIN
Le chemin, frontière abolie et sens avec. Retour au motif. Qu’est-ce qui manque ? Un lien ? Mais c’est sans lien ce qu’on jette au rebut. Il y a donc une forme de sélection qui s’est opérée. Tout n’est pas signe. Pour n’assurer que ça, le mouvement. C’est évidemment le mouvement qui est intéressant, l’émotion qui initie le geste, la vision derrière la vue. (...)
CURSE GO BACK
Une image nous tient captifs. Mais très vite sa forme dépasse son objet, comme par ironie. J’ai pensé : une lointaine nuit nous aborde. C’est notre propension à continuer tout droit quand le véhicule tourne, douce comme un souvenir d’enfance. Il n’est pas besoin ici de volonté, puisqu’on ne veut que ce qu’on peut aussi ne pas vouloir. Alors comme le (...)
YOU CLOSE YOUR EYE
Nous ne sommes plus dans la perspective. Le sol ou l’air fourmille de virgules noires régulières qui se cristallisent ou s’aimantent pour former paquets. Loin des leurres ascendants et des symbioses usées. Faisant face au corps blanchi, un monceau de vêtements est empilé pêle-mêle contre un mur. En partie enfouie dans cet amas de tissus colorés empilé (...)
Danielle Auby : La grande filature
Proposition d’écriture : Une silhouette entraperçue dans la rue, une personne qu’on croise et qui retient notre attention, attire notre regard, à partir de cette rencontre fugace qui lance l’action, imaginer quelques bribes de son histoire et transformer peu à peu cette personne en personnage dont le parcours dans la ville, d’un point à un autre, (...)
GIVE ME PAIN
Sans oubli, le passé est perpétuellement rabattu sur le présent. Je ne reconnais pas le son de ma voix. Et plus le train avance, plus j’ai la curieuse impression de revenir en arrière. Ondulant comme des algues des rangs de flammes avancent. Un silence sans rime s’accumule dans l’espace. En cette vie il est une autre vie. Ma certitude est mon acte (...)
TODO LIST (VI)
Exposer à Beaubourg, niveau quatre ou cinq, une machine au mécanisme visible, occupant un espace vaguement cubique de trois mètres de côté, toutes pièces en bois (sauf une) et quelques ficelles, ni métal ni électricité, mais : engrenages, arbres à cames, poids, contrepoids, articulations, bras. Le visiteur vient avec une feuille de papier, il peut (...)
Ateliers d’écriture à Poitiers : Jean-Charles Masséra et Patrick Bouvet
L’idée de ces ateliers est de proposer parallèlement aux étudiants de la Faculté de Lettres et à ceux de Sciences-Po à Poitiers une série de huit ateliers d’écriture sur la société, le monde qui nous entoure, dans une interrogation de la langue. Notre société nous impose la blessure et le manque ; notre monde y répond par la nécessité d’un dire qui ne se (...)
THIS FARM WILL END UP IN FIRE
Quel bonheur, quel repos pour un esprit fatigué de chercher la vérité en lui-même, de se dire qu’elle est située hors de soi. Le corps est un chasseur différent et la proie un prétexte. Tu racontes, là. Tu racontes.... Le résultat est le même : ça saigne. Un voyage qui ne finit jamais. Cette lumière se retrouve, inversée, funeste, sous la forme de (...)
Écrire
Ce monde est éclaté (ou absent) ; ce langage lui ressemble, qui l’épouse en creux. Et si nous le jouons, son impassible ténacité nous joue, elle aussi : « reflet » d’une tension, certes, mais reflet qui se refuse, immuable au centre de la dislocation, qui se perd en s’assumant pour PRODUIRE et non pas pour REFAIRE. Langage qui nous parle jusqu’aux (...)
SILVER SMOKE OF DREAMS
Dans un monde d’images où le ’’Comment ?’’ a évincé le ’’Pourquoi ?’’, sommes-nous face ou à l’orée d’une catastrophe ? Ici c’est une parole entière, encore. L’écriture, sa mise en échos et possible chaos. Échapper au feu des projecteurs pour mieux émettre ses lueurs de pensées, de poésies, de désirs, de récits à transmettre coûte que coûte. Entretenir une (...)
GOOD CITY FOR DREAMER
Je me réveille dans une lumière étrange, un désert sans limites. De vagues souvenirs me reviennent à l’esprit sans que je sois certain qu’il s’agisse bien des miens. Des éclairs colorés traversent le noir. Je marche avec ces images en tête. Vers où ? Je l’ignore. Je ne fais que suivre les lignes. Au loin, des rayons de soleil gris perturbent l’horizon. (...)
URBAN SOULS
Il y a un travail à faire, que je ne fais pas. Tout est afflué de partout et participe en fusion à la totalité du tintamarre et du tournis de saveurs et d’images kaléidoscopiques, tout s’y fond du présent et de tous les passés, tout se mélange et rejaillit, se tisse et se métisse dans un flux de pareil au même, dans le silence retombé de la nuit (...)
THE SUN
Le soleil se pressent déjà derrière la brume. Si je ne m’étais pas réveillé si tôt, je n’aurais jamais pensé à tout ça. J’entends vos pas dans la rue. L’omniprésence du corps, le lieu par où tout passe, tout s’exprime. Sans cesse il est des hommes éveillés dans la ville. À toute heure du jour des hommes qui s’éveillent, et d’autres qui s’endorment. J’énumère ce (...)
THE SWEET BY AND BY
Cela tient du plus grand mystère. Poursuivre ainsi longtemps encore son chemin avec la même obstination, et faire claquer ses talons dans la nuit de l’inconnu sans qu’on puisse seulement imaginer ce que l’on va y croiser. Le parcours, entre temps, est impressionnant. Un coupe-feu qui empêche l’embrasement, sans doute raison de dire qu’ils (...)
THE BEAUTIFUL OCCUPATION
L’obscurité s’accroit dans la salle. Un dernier coup d’œil pour s’assurer de mon choix. On peut hésiter entre rire et pleurer. Dans le silence certes nous l’entendons, mais dans les paroles nous la cherchons. Je ne me risquerai pas à le déranger pour en savoir plus. D’abord des pensées, des idées éparses, impossibles à lier entre elles. La seule fois (...)
ASLEEP FROM DAY
On ne peut pas partir, on traîne tant de choses qu’on croit voir derrière soi. Il faut aller chercher ce dont on a besoin pour faire, chercher auprès de ceux qui savent. Associations de fragments où par le biais de menus multiples il est possible d’emprunter des parcours différents. Entre marge et présence. Il existe des résonances communes, des (...)
FILIATION
D’être qui tu es, le délire en bout de piste ne suffit plus. Ni le temps, cette vieille fille. Ni cette banquise à détisser. Pas même un beau lâcher de faucons. Depuis que la dialectique a loupé la dernière marche, un sommeil narquois , en attente de vide...Ou alors débris d’un paysage, cuir des nuits rutilant dans la coulisse, à l’orée aplanie des (...)
EVERY COLOUR AND KIND
On ne sait trop d’où ça vient ni où ça va, comment ça s’est fait et pourquoi. Et comme on mélange tout, c’est assez vrai. Pas forcément une mauvaise idée. En fin d’une saison chargée ça se discute. Reste à voir comment... Le geste, enfin. Pas le mouvement, il n’y en a pas. Aucune tentation de cet ordre, au contraire. Tourner autour, l’aborder sous différents (...)
Nathalie Riera : Clairvision
Proposition d’écriture : Écrire un texte qui ose la sensualité du langage. La recherche de la beauté mise en jeu pour que la parole ne soit pas vaine, en toute lucidité. Construire un lieu où la jouissance définirait le rapport entre les mots et les choses... précaire, certes, mais vivant ! L’érotisme, si rare aujourd’hui qu’on le croirait indésirable (...)
A LITTLE DEATH AROUND THE EYES
C’est la forme qu’on aime seulement, et la forme vient seulement à l’existence quand la chose naît. La forme d’une ville comme un livre ouvert. Point de départ et d’arrivée, ans l’épaisseur que leur donne la présence active, visible et lisible du passé. Lenteurs qui sont un chemin. Tourner la page. Ce que nous avons là — et littéralement sur le pas de ma (...)
Liminaire / 1
« Si longtemps après, il ne me semble pas risqué d’affirmer que la personnalité d’une génération est déterminée par les jouets que reçoivent ses membres dans leur enfance. « D’un point de vue irrémédiablement ludoforme », aurait dit Martín Mantra, la mienne était une génération liminaire qui batifolait au cœur même d’un moment transcendant de l’évolution du (...)
MY KEYS
Le volume de ma voix commence à baisser, pour finir dans un murmure. Éblouissant calcul : le frémissement des lèvres vous n’avez pu le prendre. Toute cette excessive animation me fait bien rire, cherchant la vie, cette imperceptible pulsation. Mais heureusement, les duels ne sont plus de saison. Maintenant, je le sais, la sensibilité n’est pas un (...)
RIVERS OF BRAKE LIGHTS
Le corps aujourd’hui cesse d’être un réseau d’habitudes. La beauté se construit dans la rencontre des différences, et non dans l’affirmation d’un modèle unique. Une nuit m’appelle mais ne bouge pas. Pas de leçon à donner, il faut bien se débrouiller seul. Tu marches au bord de la rivière. C’est le matin. Aux lèvres le refrain d’une vieille comptine mais en (...)
THE SEA IS A GOOD PLACE
Les choses ne sont jamais ce qu’elles paraissent et les lieux communs ont tôt fait de s’inverser et d’imploser, comme pris dans un incontrôlable mouvement. Il y a de l’homéopathie dans ce travail. Soigner le mal par le mal, à petites doses, sans trop d’espoir mais beaucoup de foi. Non pas à voir avec nos désirs, mais à nos volontés. Quoi dire en (...)
LOVE WILL MAKE A BETTER YOU
Un sentier qui monte, en serpentant, jusqu’à l’horizon. Je l’ai regardé. Il a vu que je le regardais. Cette constance dans l’inachèvement des choses entreprises s’accentue avec le temps. Je devrais gagner un peu de terrain, avoir le temps de penser des stratégies, des méthodes, des embuscades. D’ailleurs ça m’échappe encore, dans l’ensemble ; je sens (...)
BUILT TO SPILL
Ainsi tout est fragile. Perdu dans le brouillard. Solitude mais pas isolement. La broussaille brouille le lien. Comment ne pas se laisser envahir par la lassitude et le découragement ? Comment rester dans le concret et le présent ? Ou en tout cas quelque chose d’hier mais pas d’aujourd’hui. Demain j’aurais peut être déjà tout oublié de ces instants. (...)
I’M A BELIEVER
Chaque jour laisse sa trace. Rues étroites et profondes. Rues à reprendre sans cesse, où reprendre souffle, palpiter d’émotions anciennes, de toute cette épaisseur de temps ainsi éprouvée. Les heures trop vives de nos vies. Ruelle sombre où s’accumule l’ombre. Vieux mur croulant de lierre, effondré doucement sous l’afflux de lumière, feuilles lentement (...)
Gérard Cartier : Le Désert et le Monde
Proposition d’écriture : Renouer avec la grande forme du poème épique, dans une langue, une métrique à la fois lyrique et parfaitement froide qui garantit de toute effusion que le sujet pourrait amener, en composant un long récit à l’architecture monumentale et complexe qui trace l’aventure intérieure, l’épopée extérieure, prenant en charge, prenant en (...)
Le temps sans limite de l’instant
J’anime en mai deux ateliers d’écriture à l’invitation de la Médiathèque George Sand d’Enghien-les-bains. Les textes très courts (entre 100 et 140 caractères), écrits lors de ces séances, seront utilisés dans le cadre de l’installation interactive Ghosts, pendant le festival des Bains numériques, du 5 au 13 juin au Centre d’Art d’Enghien-les-Bains. Ghosts (...)
THE SPIRIT OF APOLLO
Le ciel reste à jamais imprévisible. La ville disparait entièrement sous une brume pluvieuse. Le bruit nombreux de la ville, l’agression invisible de leur parole quand ils s’enfuient moqueurs ou simplement indifférents. Il faut dire sur tous les tons les multiples variations de cette vague de silence, ses infinis accents. La plus libre, la plus (...)
IT’S RAINING TODAY
En l’absence de tout repère familier, je suis déplacé vers l’exactitude dans le déplacement lui-même. Il existe des choses plissées il faut vivre avec il faut. Retranchement d’une langue qui se soustrait à certaines paroles et absorbe l’horreur sans la supprimer. Cela qui commence à la trace et qui va à l’effacement. Un vide peuplé d’ombres enchevêtrées à (...)
YOUR INVISIBLE NOW
Essayer de battre la nuit à son propre jeu, la prendre à rebours. Des gestes interrompus, des gestes colorés. Difficile de se dire que ce geste est désormais impossible, captif du passé. Cette splendeur m’apparait de plus en plus lumineuse, aérée, et en même temps de moins en moins compréhensible. L’attention au monde, à son évidence, sa lumière, sa (...)
MORNING SONG
Mon corps allant à l’air, mon esprit à son seul mouvement, par le blanc de la parole sans mots. Les mains savent à quoi s’occuper. J’ai fermé les yeux j’ai fermé les miens j’ai mis des chansons et j’attends. Le font contre la vitre, épuiser les nuages, retrouver la veine de cet inconnu qui va tissant dans les intermittences du jour. D’où mon idée de lui (...)
La nuit litanie sur France Culture (4/4)
La nuit est un moment si particulier, si intense. Pour moi c’est comme la radio, un sas de décompression avant de trouver le sommeil. Manière de rêve éveillé. C’est très agréable cet engourdissement sans se laisser aller à dormir. La radio, la nuit, un instant privilégié. Une écoute à partager. Où l’on cherche à effacer les traces du jour comme au matin (...)
SADDLE MOUNTAIN
Je regarde mais ne pense plus. Je vis dans une sorte d’embrumement, dans l’impression qu’il me faut sans cesse lutter avec ma mémoire, et cette brume de la mémoire.L’habitude s’installe peu à peu, sans surprise chacun se satisfaisant de soi. La dialectique est partout. Et la marche est un trou noir à métaphores. L’incohérence d’une trajectoire peut (...)
HEAVENS’ LIGHT
La structure contradictoire du cristal en chacun, ce qu’on veut, ce qui tourne avec un ciel trop bleu. Ici tout sera dit, pour le plaisir du son, du choc, de l’entremêlement. Au pas de charge ou en dansant, en apnée ou en tanguant. Au jour le jour fait d’emboîtements, de sensations, de réels hasardeux, de faits et gestes, de souvenirs et de lectures. (...)
Alain Guillard : Ombre androgyne
Proposition d’écriture : Écrire trois moments d’un même poème où se mêlent prose du quotidien et anecdotes lyriques, dans une perspective de restitution et de reconstitution. Une poésie ancrée dans la réalité la plus crue. Donner corps aux souvenirs passés ou aux impressions actuelles. Le temps va et vient selon les lieux qu’on retrouve, les gens qu’on (...)
FAST ASLEEP
À travers les rues, pas en avant de soi, pas en avant, libérant ce temps de la tyrannie des miroirs. Infinies variations du semblable. Monde concentré dans son seul regard qui s’ouvre, se noue, au gré de la main. Sa possibilité de changement, de mutation. Au fond de sa besace, les miettes de l’été. Le mot prend toute sa vérité face à. Allez, c’est bien (...)
RED STATES
Venir contre soi, tout sauf possible, la nuit sans pouvoir passer, pour séparer. Il faut faire comprendre les choses malgré tout, sans l’image. Miroitements des événements qui peuvent recéler, selon le regard qu’on leur porte, et le goût que l’on a de la vérité, autant de menaces que de liberté. Dans les matières, les galeries du sens qui vient, une (...)
HIDE AND SEEK
La chance, on peut presque dire le miracle, c’est que la langue d’arrivée permette d’articuler les significations requises dans une phrase elle aussi réussie. Cette affection retient le temps présent, le fait durer dans un espace sans bord. Rien ne l’y oblige. Le maximum d’ordre dans un maximum de désordre. Entre l’inutilité de faire et celle de ne (...)
COME AND PLAY
Le jeu et le rire est le seul projet valable pour l’homme. Les raisons comme visage et corps : empêchés, sans accès. Le lieu n’est pas la question. C’est chez eux l’aventure et chez nous la stabilité. Même si le retour peut ne plus être assuré. Sur mon passage, j’efface le sillage, la moindre trace d’écume dans l’eau. Ligne de basse électrique obsédante (...)
Atelier d’écriture à Saint-Apollinaire-de-Rias en Ardèche
Samedi dernier, j’arrive à la gare TGV vers 18h30. Grand soleil. Rendez-vous pris avec avec Jacqueline Cimaz de l’Association Les Rias pour intervenir à la Bibliothèque Municipale de Saint-Apollinaire-de-Rias, petit village de l’Ardèche. Je sors du train, monte l’escalator, elle est là, au milieu de la foule. Nos regards se croisent et nous nous (...)
DIAMOND IN THE DARK
C’est un joli prétexte qui en vaut bien un autre. Je n’en ferais pas plus là-bas qu’ici, même si nous sommes peu nombreux à nous en contenter et prétexte ou pas. Tout n’est pas perdu, mais à force de faire le jeu de ce qui nous détruit, la reconquête des territoires perdus devient de plus en plus difficile. Mais moi, je suis défiguré à force d’être (...)
AU JOUR LA NUIT
C’est très difficile de choisir. C’est ce que je faisais, bizarrement, cette nuit. Nettoyer les ombres pour leur donner un joli fini bien mat. Je ne vais pas les décrire encore une fois même si c’est tentant. Dans une sorte d’exploration ou de fouissement à la fois tâtonnant et sûr de lui-même dans les strates pétrifiées des conventions et habitudes (...)
LIVED MY LIFE TO STAND IN THE SHADOW OF YOUR HEART
Relancer les mots usés, l’évidence, leur redonner pulpe, chair, mouvement. D’ailleurs, on ne demande rien, mais on sent que chez elle c’est différent, qu’elle obéit simplement à d’autres rythmes, parlant ou se taisant sous l’impulsion de forces qu’on ne peut deviner ou d’une logique qui échappe, sans timidité, sans hésitation, mais aussi sans solution de (...)
La figure de l’auteur à l’origine
Ne rien écrire, mais tout signer. Pierre Ménard est un nom d’emprunt. Tout un programme, comme une déclaration d’intention, un cahier des charges. C’est un signe. Une signature. Rien de plus "signé" qu’une écriture qui refuse elle-même d’écrire. Employer et transformer tour à tour, dans mes différentes œuvres, la citation, l’emprunt, le centon, le cut (...)
Roger Lahu : Les anguilles
Proposition d’écriture : Écrire de brefs poèmes arrimés au quotidien, dans l’instantané, comme on tient un journal au plus près, textes très reconnaissables dans leur alliage d’observation et de pensée, d’humour et d’expérience, réglant des comptes avec l’enfance, la perte, la difficulté d’être, le peu de poids de la poésie tout autant que sa persistante (...)
DARK NIGHTS OF THE SOUL
Couleurs, formes, images, collages, accidents s’inscrivent dans une dynamique du décloisonnement. Sans solution de continuité, comme un film où le montage fait alterner deux séquences que tout sépare. Combien de portes ? Je n’ai plus les clés. Avec le temps, le talent est devenu une industrie. C’est tout dire. Le monde s’est ouvert à mes oreilles, (...)
La nuit litanie sur France Culture (3/4)
J’ai toujours été sensible à la voix. Je croise quelqu’un, je sais que je le connais, l’ai déjà croisé, mais je peux me tromper, ne pas trouver son nom de suite. Avec la voix, le grain d’une voix, c’est comme une empreinte, je reconnais toujours la personne. Quand je suis arrivé devant la porte du Studio 117 : deux personnes discutaient, je me suis (...)
A PLACE TO BURY STRANGERS
Nous sommes en voyage, dans un temps sans chronologie où défilent paysage, portraits traversés comme un mirage où la précision, la rigueur de la sensation, toujours cernée au plus juste, nous emporte ébloui par la lumière. En suspension près du sol, un cercle rouge feu s’imprime sur la vitre en reflet avec la végétation. Certaines juxtapositions (...)
La nuit litanie sur France Culture (2/4)
Les longs couloirs. J’ai toujours été fasciné par les longs couloirs. Sans doute un lointain souvenir d’Alphaville le film de Jean-Luc Godard. À la maison de Radio France on pénètre par un sas de décompression. Puis on avance, un peu à l’aveugle, le vigile nous indique une direction, on prend l’ascenceur, on monte les marches d’un escalier, on pousse des (...)
THE SILENT ANAGRAM
Je ferme les yeux et je vois un vol d’oiseaux. Ce n’est pas tout à fait une promenade. La vision dure une seconde, peut-être moins. Se laisser porter par la magie de l’évocation, par le flamboiement de la parole, le glissement d’une vision à l’autre. Les mouvements circulaires et lents des astres. L’impression de traverser le vide. Je voudrais savoir (...)
La nuit litanie sur France Culture (1/4)
La nuit litanie est un texte que j’ai écrit à la demande de Mathieu Brosseau pour le numéro 23/24 la revue L’étrangère, numéro dont il assure la direction et qui est paru à l’automne 2010. Un large extrait du texte écrit pour la revue, dont une partie a également été diffusé sur mon site, a été lu à l’occasion de la lecture à laquelle m’a invité Anne (...)
COMPRESSION OF THE SPECIES
L’horizon hasardeux du sensible. C’est peut-être ça, notre désert, me disais-je. Une course de vitesse, un emmêlant d’événements, une captation de l’atomisation du temps. Les mots ne sont pas des signes inoffensifs. Ne pas admettre le temps ou s’effaceront toutes mes traces, ou, plus exactement, où ces traces ne seront plus en rien référées à moi. Un (...)
THE SIGHT OF SOUND
Je suis où cessent les mots. Et du coup, le temps s’ouvre. Sans possessif, sans contrainte, sans préceptes aucun. Ne plus rien savoir de la couleur des choses, du goût du parfum. Tourné vers une pensée en mouvement, une certaine, probable qui doute. Toujours temps de noter plus tard leur partition. Se plaire au souvenir de la fatigue du jour, de sa (...)
RULE MY WORLD
Il y a un début à tout, c’est ce qui est beau. Cette émouvante beauté nous regarde. La forme des lettres et jamais leur signification. Toutes les vies sont fausses. Croire qu’il y a une réponse qui précède leur question là où il n’y a que scène invisible, questionnement dénué de fin. Croire qu’il y une direction ou une promesse à leurs jours. Ce (...)
SWEET CHILD
Basculer, d’un jour à sa pâle réplique, sans comprendre pourquoi. Basculer du jour à son reflet de l’autre côté de la nuit. Les règles nous enseignent par leur arbitraire que les pensées qui nous viennent de nos besoins, de nos sentiments, de nos expériences, ne sont qu’une petite partie des pensées dont nous sommes capables. La même ponctuation. Il y a (...)
Olivier Rolin : L’invention du monde
Proposition d’écriture : Faire tenir le monde dans un texte, raconter ce qui s’y est passé à une date précise, ou tout au moins une journée du monde, à travers une sélection d’articles de différents journaux et revues. Composer à partir de ce matériau varié un vaste portrait polyphonique d’une journée de la planète, encyclopédie absurde et splendide, flux (...)
NEGUAREN ZAI
La voix de Xabier Lete, râpeuse et tendre, pour célébrer ces paysages-là. Dire le temps à l’œuvre. Quelques planches abandonnées, jamais bien loin, pensée de la mort. Pourtant, comme autant de promesses, une trouée dans le ciel lourd, la douceur de la lumière et un horizon ouvert sur le large. écrit par Élise Lamiscarre, dans le cadre du projet de vases (...)
LET’S BE KIDS
S’assurer à chaque instant qu’on ne risque pas d’éclater. Dans l’anonymat triomphal à l’unique est le propre de tout le monde. À ses côtés, sans dire un mot, toujours présent. Attends-moi là une minute. On doit pouvoir écrire avec une paire de ciseaux et un tube de colle, et sans crayon même, j’ai pensé, juste avec ce qui a déjà été écrit par les autres. Ce (...)
FREEDOM AND ITS OWNER
On touche à tous les rivages d’un coup. Un rayon lumineux traverse les ténèbres. Et nous y sommes, dans cette tension. On n’a plus le temps des entractes. On pense avec les pieds comme on va. Le temps de considérer l’éclat de tous, la trame fait varier l’intérêt qui est le fait qu’une fiction c’est l’adversaire très coriace qui a dit qu’il ne faut pas (...)
TO REAL TO FEEL
Devant mes yeux à la faveur du soleil du matin. Je cherche à me convaincre que je me trouve à ma place. Entre ces murs, sous le plafond. Quels ajustements et mises au point accepter sans remettre certains choix en question, les mettre en danger. Sur le vif, d’un jour et d’un jour seulement. Ces strates s’entremêlent, agissent les unes sur les (...)
TO REAL TO FEEL
Devant mes yeux à la faveur du soleil du matin. Je cherche à me convaincre que je me trouve à ma place. Entre ces murs, sous le plafond. Quels ajustements et mises au point accepter sans remettre certains choix en question, les mettre en danger. Sur le vif, d’un jour et d’un jour seulement. Ces strates s’entremêlent, agissent les unes sur les (...)
STRANGE KIND OF WOMAN
Une porte claque, le voyage. Voilà qui rend rayonnant, lumineux et doux, ce début de semaine. Ce qu’on entend maintenant comme un refrain bien connu, qu’on laisse couler, parce qu’après tout, tout le monde s’en fout, n’est-ce pas ? Tout se passe dans la tête avant de se passer sous les yeux. C’est une idée qui se manifeste n’est-ce pas ? Les mots dans (...)
LOVE AT FIRST SIGHT
Souvent, les secrets sont décevants pour les autres. C’est une impression confuse, un bavardage. Mais pourquoi faut-il toujours que les choses me soient montrées du doigt pour que je les perçoive ? J’entends cette voix fatiguée qui s’exprime avec ferveur. Je cherche d’abord ce qui dans ma mémoire se distinguerait de l’ensemble. Je ne comprends rien à (...)
IT WAS INSPIRED
On y est déjà, forcément gêné ne serait-ce que par l’angle des murs. Mais c’est un signe de sagesse que de ne pas faire de choses désespérées. Après l’attente du retour, l’angoisse et les questionnements. C’est pas la question. Ah mais pas du tout : du rapport, il y en a toujours ! Nulle façon de penser ou d’agir, si ancienne soit-elle, ne saurait être (...)
NEW EARTH
La vérité est un mensonge qui contient une allusion à un autre mensonge. Je dois mettre de l’ordre dans mes pensées. Avec une régularité chaotique je fixe les règles. Il n’y a qu’une seule histoire : aller jusqu’à. L’air chante pendant des heures. Si, regarde, là : il y a un défaut. si quelqu’un veut me trouver ce sera dans un champ, toujours le même, celui (...)
OPEN UP YOUR DOOR
Si je veux découvrir une ville, rien ne vaut la voie ferrée. Ne demande jamais ton chemin à quelqu’un qui le connaît car tu ne pourras plus t’égarer. Tout est passage. Surtout ne pas peser, ne pas s’ancrer. C’est accentuer, insister, creuser, délimiter tel ou tel contour, proposer aspérités ou arêtes. Pour tenter de cerner cette réalité ondoyante et (...)
Éric Chevillard : L’autofictif
Cet atelier figure dans l’ouvrage Comment écrire au quotidien : 365 ateliers d’écriture, édité chez Publie.net en version numérique et imprimée : 456 pages, 24€ / 5,99€. Vous pouvez commander ce livre directement sur la boutique de Publie.net (une manière de soutenir la maison d’édition et ses auteurs) ou en ligne (Amazon Place des libraires, etc.) — et (...)
De la critique...
Il nous semble qu’avant même de poser et de se poser les questions que immanquablement surgiront, il conviendrait de définir avec plus de précision la notion même de « critique littéraire ». Nous lisions récemment sur le site de Fabula un article sur le livre que Dominique Viart a consacré à l’œuvre de François Bon ; après avoir loué l’intensité et (...)
BEAUTIFUL AS THE MOON
Ce monde-ci, en lui-même, n’est qu’un pénible et incommode lieu de résidence. Dans la clameur étouffante, les “heurts” asphyxiants d’un présent en morceaux. Nos pas entretiennent la route, les herbes et leur vert de liberté. L’absence d’horizon, c’est l’enfer. Notre saison toujours. N’est-ce pas cela que nous cherchons ? J’ai connu l’hésitation autour de (...)
THAT’LL BE THE PLAN
L’habitude maladive de s’attacher au connu s’est suffisamment répandue par ici. Là où la logique est affirmative et triomphante, il faut travailler ses échecs, nourrir ses obstacles et se fixer d’autres objectifs que la transparence du langage. Le moindre échec, il faut en prendre soin. Sans lui, aucune confrontation n’existerait en nous ; avec lui, (...)
WHERE WE BELONG
Rien n’est simple et les choses échappent souvent. Elles sont toujours au centre de mes affections et de mes attentions, elles ont grandi sans que je les perde de vue. Nous conservons un écart entre nous, c’est sans doute ça qui les intéresse maintenant. Je devrais les interroger, on verrait quelles sont les réponses aujourd’hui. Ces choses-là, on (...)
Imprévisible méduse
Lorsque je songe à vos notes quotidiennes, j’aperçois une image, quelque chose comme lorsqu’on va d’un pas ferme, la tête haute, et qu’on se maintient un bref instant au sommet, en équilibre, avant de s’incliner et de basculer dans le vide sans y être prêt. Par bonheur on se rétablit en trouvant ce presque rien qui survient à chaque coup, qu’il suffit (...)
WALK AND TALK IT
Bouche fermée, il n’entre pas de mouche. Il s’en est trouvé qui sont revenus, et on a tout compris. La même perte par défaut, si l’on ose dire, qui est de tous les temps et de tous les lieux. Le type de présence que dans le temps, on pourrait dire au cœur du temps que fonde la lecture. Quelque chose résonne de l’autre monde, quelque chose se transmet (...)
L’APPEL
A Lacan ses lacunes (MissTic, la belle graffiteuse) C’est là, sur l’autre scène, que se dénoue ce jeu à la fois opaque et cohérent, celui dont le secret, naguère signe vide, se remplit et se reconnaît : lente reconquête sans noyau ni contour, où les deux se rejoignent dans le sillage de cette main d’ombre jusqu’au nœud de son inaltérable effacement. Ni (...)
TOUCHED SOMETHING’S HOLLOW
Indéniablement, il y a de l’emportement là-dedans et même de la furie. Et des ruptures qui constituent autant de relances et d’oscillations. On préfère drôle à absurde. Mêlant toutes sortes d’éléments afin d’en tirer un accord si possible inouï : déchets sonores, produits des conditions de résonance sans cesse changeantes, non sans y ajuster quelques (...)
Eugène Durif : Croisements, divagations, suivi de Chorégraphies à blanc
Proposition d’écriture : Un couple dans la nuit. Derrière leurs fenêtres, ils regardent la ville en contrebas. Ils parlent et imaginent ce qui se passe dans la pénombre. Des volets clos sur des fenêtres aveugles. Debout dans l’embrasure d’une nuit sans voix, désirant, ils cherchent leur souffle. Des rues, une nuit, vides. Des histoires, ce qu’ils (...)
DIE LEIDENSCHAFT DER NEUGIERDE
Le vent semble nous porter. Je n’ai pas encore changé d’avis, pas encore bifurqué. Comme une épave à la lisière d’un autre monde, une fois fugitivement aperçu jamais oublié, à la vue d’un visage qui est la vraie cause de mon errance. Monter en flèche, vers la surface, pour échapper à la pesanteur. Il y a des voyageurs que la vue d’un beau visage amène à (...)
Jacques Demarcq : Les Zozios
Proposition d’écriture : Faire le portrait d’oiseaux en se les appropriant, comme dans un jeu. La variété des formes qui s’entrecroisent, proses et poèmes, phrases classiques et propositions éclatées, narrations linéaires et explosions typographiques. Certaines pages tiennent du journal, d’autres du récit, du dialogue, du conte, de l’essai. Tout est (...)
FORGOTTEN GARDEN
Rien n’y fait, toujours le même émoi. Il faut penser les bas par les hauts. Dans le froissement de ses mille voiles. Elle entend quelque chose que je n’entends pas. Ce qu’on lui met sur le dos, il le porte. Tout le poids du monde ici. J’aurais voulu dire ce silence, je ne sais pourquoi, peut-être pour le faire durer ? Pourtant, c’est dans l’écriture (...)
THE HOUR OF SLEEP
Il se passe tout de même quelque chose en ce moment qui devrait retenir notre attention. L’approche se fait, la main accroche. S’il sursaute, je saurai ce que j’ai à faire. Il me faut des preuves plus solides. On a souvent l’impression qu’il est dangereux de regarder, et on a tendance à détourner les yeux, voire à les fermer. Tout réside dans les (...)
RIMBAUD, LE FILS
À Pierre Michon, à ce qu’il fut, à ce qu’il est, où qu’il soit Frêle noyau, livrant ses choix aux vents, aux carrefours, aux brins d’herbe, pierres gisantes où ne demeure que ce qui devient deux, s’innocente, s’incurve, s’abaisse à ses propres poussières... Ici le lieu n’est plus enclos ni territoire, don d’emblée saisi, lest de chance, dépouille des lois. (...)
Olivier Rohe : Défaut d’origine
Proposition d’écriture : Écrire, avec une propension aux phrases amples, aux propositions qui se répondent, au triplement des adverbes ou des locutions, un texte à l’impulsion autobiographique sur ce qui fonde l’identité, un monologue intérieur qui décrit l’échec d’une tentative pour se libérer de la camisole des origines, et nous permet d’affronter tout (...)
Michèle Desbordes : Les petites Terres
Proposition d’écriture : Pavane pour un amour perdu, déchirant chant d’amour, où tout vient du dedans, de l’expérience intérieure, source d’une parole épousant le ton de la confidence, sollicitant l’imagination du lecteur, créateur de sens et inventeur de sa propre lecture, comme son empathie et ses capacités à démêler les fils du récit. Récit à (...)
Memories Of What
Était-ce une Citroën ? je ne sais plus, l’une de ces minuscules voitures (vues d’ici) qui font penser aux boîtes à savon improvisées de mon enfance, qu’on tirait par des ficelles dans les corridors (corridors plus que couloirs oui) de la grande maisonnée paternelle. Au sortir de l’Ardèche, nous allâmes le long d’une route de campagne, nous quittâmes (...)
BREAKING LINE
Un espace entre là où je passe la main et où je la retire. Comment vivre sans, en inconnu devant soi. Ça pour l’apparence. L’écho mêlé de la voix lointaine et les réminiscences sonores. Volonté de couper court à tout déploiement, de soustraire sans cesse ce qui peut se présenter devant les yeux ou à la mémoire. Je sens toujours à mes côtés la présence (...)
THE LAST MEMORIES OF MY OLD HOUSE
Parfois, dans une rue, vous entendez un bruit lointain. Ce que tu ne racontes pas à ta femme ni à ton ami, raconte-le à un étranger. Ce vide, voilà ma réponse. C’est la chance des rencontres. Ses figures ne se détachent pas si bien sur un fond lumineux et animé. C’est que le mouvement, qu’on croirait appartenir à la rue, est arrêté. Mais où est-il donc (...)
TEENAGE WITCH
La mémoire et le monde sont une même réalité. La mémoire est aussi extérieure que le monde m’est intérieur. Reconnu prouvé, sans merci mesuré. Nous chutons dans le temps, nous basculons dans un univers où une chose telle que le temps existe. Une forme, c’est saisissable, palpable et nous préserve. Je n’arrive pas à m’y faire. Je sais qu’il y a des choses (...)
SCENIC WORLD
Le vent doux conjugué aux déplacements imperceptibles et implacables de l’ombre et de la lumière franche, donne un faux rythme en harmonie parfaite avec ce que l’on traverse. Chacun de nos pas nous éloigne de notre mémoire. Est-ce une bonne chose de les aligner jour après jour, si possible en un nombre suffisant fixé d’avance ? Le bruit du monde qui (...)
SÃO LUIS DO MARANHÃO, BRASIL
Toison, moelle des feux, frayeur du lieu qu’ils peuvent enfin trouer et teinter pour en détisser la rumeur, faces se mirant en creux comme pour y remonter l’Autre, fils des vents, derviche du côté des lumières, qui s’écarte, se laisse porter, glisse où la houle l’entraîne - lui qui n’a connu ni le baiser qui parjure, ni la main qui berce et délie... (...)
Lionel Bourg : Fragments d’une ville fantôme
Proposition d’écriture : Décrire une ville sous toutes les formes de nos souvenirs (ce que l’on appelle une vie, quelquefois un destin), en organisant l’autobiographie matricielle de celui qui, y étant né ou non, y a vécu, avec des phrases amples et sinueuses. Les strates de l’histoire s’y chevauchent, à la recherche d’une cité retirée parmi nos (...)
Parages...
« On n’aime pas parce que, mais malgré ; non pour les qualités mais malgré les défauts. » William Faulkner « Celui qui est incapable de faire un mauvais tableau ne mérite pas d’en réussir un bon. » Max Ernst « Un temps long avait passé, aussi peu racontable que l’oubli. Vous le savez : N’existe que ce qu’on dit. Ni vous ni moi ni personne n’existons sans (...)
Désigner
Nommer. Ce qui en vient appartient déjà à l’oubli, au bris, au ressac, aux fêlures... Tout nom, tien ou d’autrui, est chose inguérissable ; c’est d’un biais plus dru que toute lame qu’il te faut l’évider en ce jour de traversée vers la « pure contradiction », cette « joie de n’être le sommeil de personne » dont Rilke nous voulait les silencieux témoins... (...)
Serge Pey : La définition de l’aigle, photographies du paysage
Proposition d’écriture : Les histoires ne sont pas faites pour vivre au village, mais pour circuler en nous. Pour cela il faut un voyageur, qui sache faire résonner la très vieille chanson du feu et de l’eau. Oralité, oralité, le monde n’est que paroles souvent enfouies et une voix gueule au milieu de cet enfouissement pour nous les redonner. « Va (...)
Ellipse et laps
8h45 Une femme traînant une valise m’accoste alors que je suis en train de retirer de l’argent au distributeur automatique de billets. Mon bon monsieur, moi je suis une chaude, j’aime le sexe. Mais n’allez pas le dire au voisin, là dans la rue. 11h32 Un petit garçon emprunte un livre à la médiathèque. J’ai pas envie de le rendre de toute ma (...)
THIRD UNCLE
Il s’agit toujours plus ou moins alors d’avancer les mains à sa rencontre et de s’en saisir. Faire ce qu’il faut pour. Comme si un souvenir enfoui au fond de nous avait soudain été libéré‚ comme si nous reconnaissions une chose dont nous avions toujours ignoré la présence. Il n’y a pas le sentiment partagé que comme un nouveau départ s’annonce. On vit (...)
SENSE AND GRIEF
La soirée a été douce, trop douce peut-être. On sentait approcher, dans la nuit, la chaleur. Déambulation sur le chemin le long duquel je découvre le monde d’un autre regard, je vais à une rencontre inattendue. Pas de trace qui peuvent confirmer nos dires. La vie se détache de l’enfance. À peine pense-t-on saisir quelque chose d’une lumière projetée sur (...)
LOVE ON A REAL TRAIN
Qu’a-t-on fait tous ces temps ? Nous pouvons néanmoins nous demander ce qu’est en réalité ce réel, si ce n’est l’idée que nous nous en faisons. Pour la dernière fois, s’égarer entre la fraîcheur et la blancheur d’une taie d’oreiller, linges devenus des chiffons ramassés comme de vieux journaux : l’empire de la poussière ! Le vide est sa force. Le soleil (...)
Laurent Margantin : L’enfant neutre
Proposition d’écriture : Les récits d’enfance, tout commence là en écriture. Mais faut-il retourner en enfance pour voir confirmé ce qu’on connaît déjà ? Écrire un texte sur son enfance dont la finalité n’est pas l’autobiographie même si l’on doit s’en saisir dans ses points de risque, ses éléments récurrents, sa typologie. C’est la question posée à la (...)
On dirait une ville : Françoise Collin
Proposition d’écriture : Écrire plusieurs suites de petits textes, d’abord des proses en poèmes qui décrivent la ville par l’intermédiaire d’un personnage de fiction, puis de minuscules tableaux de la vie quotidienne où l’on tente de restituer certains des repères du quotidien de la ville où l’on vit, dans sa solitude. Depuis son quartier, regarder agir (...)
Jean-Philippe Cazier : Écrires, précédé de Poémonder
Proposition d’écriture : Interroger les dettes, provoquer la langue, chercher à cerner le territoire de l’expérience poétique. Écrire une suite de textes brefs résultant de cette expérience, dans la tension d’entre le mental et le monde – phrases interrompues, mises en parenthèses comme d’élision du mouvement même d’écrire. Écrires, précédé de (...)
Martine Sonnet : Montparnasse monde
Proposition d’écriture : Écrire un texte sur un point particulier d’un lieu banal accompagné d’une photographie en tentant de décortiquer, en textes courts et en images, la conscience composite et obsédante que l’on a de cet endroit, généralement mal aimé, pratiqué quotidiennement et haut-lieu de son histoire familiale. La langue affronte le monde (...)
Anne Penders : Dimanche
Proposition d’écriture : Nos voyages sont prétextes à la recherche et à l’introspection, à la méditation et à la rêverie, l’occasion de tracer la carte sensible et éphémère d’une géographie intime qui invite le lecteur-voyageur à reconnaître sa propre humanité. Aux confins du monde, et de son monde, photographier et écrire sa démarche artistique, avec une (...)
Mathieu Brosseau : La nuit d’un seul
Proposition d’écriture : Donner la parole est un acte aussi libérateur que créateur. Écrire dans cette perspective un texte qui prend l’allure d’un travail de remembrement empruntant les deux mouvements possibles de l’écriture : écrire dans et écrire à partir de. Une tentative d’unification par et dans la langue qui témoigne d’une parole que nous ne (...)
Runbook
Il s’agit d’un livre en devenir au format pdf dont les auteurs s’invitent les uns à la suite des autres à la façon d’une chaîne aléatoire durant une année. Son accès est gratuit sur le site : http://despaysages.fr runbook est un livre d’artiste en devenir via le réseau des boîtes mails d’artistes ou d’écrivains. runbook parle du paysage, visible ou (...)
Frédérique Dolphijn : Désir
Cet atelier figure dans l’ouvrage Comment écrire au quotidien : 365 ateliers d’écriture, édité chez Publie.net en version numérique et imprimée : 456 pages, 24€ / 5,99€. Vous pouvez commander ce livre directement sur la boutique de Publie.net (une manière de soutenir la maison d’édition et ses auteurs) ou en ligne (Amazon Place des libraires, etc.) — et (...)
ALL MINE
Il défie le vide. Il n’a nulle part à aller. Ils ne savent rien sur toi et pourtant tu n’auras pas le temps de tout dire. Ensuite le temps s’est arrêté, j’ai décollé vers le futur avec comme bribe du passé, ces mots recrachés, ces instants et ce portrait. C’était devenu aussi définitif. Il lui fallait organiser point par point chaque option, c’était comme (...)
NO HARD FEELING
Je suis fatigué sans avoir sommeil comme énergie de lassitude. Cet acharnement à trouver un jour favorable, un angle d’observation final, n’est-ce pas, après tout, une sale manie ? Il y a malgré tout, obliquement, ironiquement, une allégeance. Je sors souvent le samedi. Ce n’est pas une envie, c’est comme un appel, le chant des rues qui m’attire comme (...)
SPEECH ACTING
Le mur s’écroule. Le ciel et ses silences impatients. Attendre, toujours attendre. Aux heures des défaites, la parole se décline en slogan. La répétition de tout ou partie de la proposition, avec légère modification à chaque fois est en même temps une façon de recommencer et de construire la parole. Il est question d’étirement, de délai, de différemment, (...)
Pensons ailleurs, Nicole Lapierre
Proposition d’écriture : Faire le portrait d’écrivains qui ont franchis les frontières réelles et les barrières sociales, là où est mise en péril l’identité elle-même. Mettre en question les clichés et les représentations erronés, attirer notre attention sur des faits et des objets apparemment anodins, proposer une nouvelle image de la création, un musée (...)
Françoise Lison-Leroy : C’est pas un jeu
Proposition d’écriture : Écrire un ensemble de textes, autant de fragments qui se répondent et se mêlent sur la part d’étrangeté qui façonne l’humanité. Esquisses des gestes posés, allumer un geste / un autre / comme on lance les mains / vers une balançoire, des lieux évoqués, des sentiments partagés ou défaits. On retrouve, à travers une écriture tissée, (...)
Twentative d’épwisement d’un lieu parisien, par Thomas Baumgartner
Pendant deux heures ce samedi 13 juin, de 14h. à 16h., j’ai suivi en ligne, sur le site de micro-blogging Twitter, l’expérience initiée par Thomas Baumgartner de Twentative d’épwisement d’un llieu parisien qui s’inspire directement du texte de Georges Perec : Tentative d’épuisement d’un lieu parisien. En octobre 1974 Georges Perec s’est installé pendant (...)
Joseph Julien Guglielmi : Aube
Proposition d’écriture : Au départ, la fascination pour un mot, Aube, pour sa rondeur et douceur, pour ce qu’il a de plein : Aube, d’abord, un point qui s’allume sur la paroi noire, un cercle lumineux dans la nuit, une nébuleuse blanche. Puis, son dispersement, sa fusion dans le jour. A partir de tel manque, imaginer l’intervalle, le passage de la (...)
Ludovic Janvier : La mer à boire
Proposition d’écriture : Laisser entrer le monde ou bien entrer en soi. Les pensées sont liées à la présence toujours unique d’un corps, à ses sensations. Dans le dénuement de l’instant, dans son vertige et dans la chance de la rencontre. Marcher c’est aller vers nulle part, sinon vers un renversement mystérieux, c’est aller vers la scansion juste, la (...)
Bagnolet : à quoi le web fait rêver ?
En résidence tout cet hiver à la médiathèque de Bagnolet, François Bon a proposé trois « cartes blanches », auxquelles se sont greffées deux après-midi de rencontres sur littérature et numérique. Pour cette ultime rencontre, François Bon propose le thème « à quoi vous fait rêver Internet et délégue à son tour la carte blanche àtrois inventeurs du web : (...)
Haïkus de prison, Lutz Bassmann
Proposition d’écriture : Accumuler des notations de tous ordres sur une humanité qui se décompose et former un récit brisé, une suite quasi-narrative de courts poèmes à la manière des haïkus japonais, dont la forme se rapproche de l’épigramme classique, dépouillé, incisif. Le haïku comme forme d’expression permet de raconter une histoire, en accentuant le (...)
Vaches, Frédéric Boyer & Vues de vaches, Claude Ber
Proposition d’écriture : Écrire sur vache donne à méditer. Il y a écho sonore - et pas seulement - entre rumination et méditation. Cela tient du retour sur. Remâcher sans rabâcher. L’objet tenu à bout de main ne se réduit pas à sa monstration. Il se laisse traire de son sens. Comment dire avec des mots ce qui reste hors des mots ? À partir d’un (...)
Profession reporter
Extrait du film Profession : reporter de Michelangelo Antonioni. « C’est l’histoire d’un homme qui va en Afrique pour tourner un documentaire. Il se trouve un jour devant l’opportunité de prendre la personnalité d’un autre et, pour des raisons personnelles qui lui ont provoqué une profonde frustration, il se jette dans cette aventure avec enthousiasme (...)
SLEEP ALONE
La réalité partout nous guette, à chaque coin de rue, dans chaque regard, il suffit d’un rien pour devenir réel. Ça c’est rigolo de ne pas connaître la cible, rester à attendre sans trop savoir quoi, sans doute il n’y a pas de cible. Dès que je cherche à l’atteindre je plonge dans l’irréalité, qui m’apparaît comme un pli de la réalité. J’ai le sentiment de (...)
VANISH LIKE A BREATH ON A MIRROR
J’ai réfléchi. Du moins j’ai essayé, car ma tête est vide, pleine d’interrogations vagues et vertigineuses. J’ai jeté un œil par la fenêtre qui, du fauteuil, semble très grande. Figure toujours en transformation, en rupture, toujours en devenir. L’obstiné, qui est là tous les jours, que ça morde ou pas. Celui qui connaît un bon coin, et qui s’étonne quand sa (...)
Poésie sur écoute - épisode 155
Enjeux, prolongements : Ateliers d'écriture à PoitiersLire plus de publications sur Calaméo Participants : Stefan Pinheiro, Augustin Deney, Lucile Tien, Nathalie Chauvière, Mélanie Arrès, Manon Dussaud, André Nalpas, Aiko Cortés, Flavio Marques Gomes, Luis Felipe Saénz Flores, Sophie Ranger, Alice Martin-Prével, James Lardy, Lyse Cordaux, (...)
Cathie Barreau : Les premières choses mais les oiseaux
Proposition d’écriture : Fragments poétiques, autant d’inventaires des premières choses vues quand on naît, une énumération d’objets, de choses naturelles, de sons, d’odeurs, de paroles, de sensations, de sentiments, toutes ces choses, apparemment de peu, mais qui donnent accès à l’essentiel. Chemins d’enfance, peinture d’un monde rêvé et pourtant (...)
Jean Ristat : Le Théâtre du ciel
Proposition d’écriture : Faire s’entrelacer, par l’intégration de divers matériaux non pas repris tels quels mais bougés, un ensemble de motifs d’un texte de départ. Dans le complexe, et presque toujours très allusif, entrelacement des références, faire dominer les éléments pris au texte original. Organiser ce théâtre en labyrinthe, et l’ensemble des (...)
Patrick Roegiers : L’artiste, la servante et le savant
Proposition d’écriture : La biographie est ou une science, ou un art, ou une manière d’aborder les grandes questions. Résumer les derniers moments de deux personnalités, artiste, scientifique ou politique et en chercher le sens. Faire le bilan de ses vies qu’on aborde par le regard d’un tiers, dans deux monologues qui se répondent en écho puissant et (...)
SWEET THING
Une façon de parler pas forcément celle des extraits de naissance. Moi bien sûr je n’invente rien, je me contente d’écouter les bavardages lointains des absents. J’ai mis longtemps, elle trouve. Tenter de faire passer le mauvais goût dans la bouche il y a tout plein d’amertume en ce moment et ce n’est qu’un début croyez-moi. La composition, dans cette (...)
Pierre Peuchmaurd : L’immaculée déception : aphorisme
Proposition d’écriture : Considérant les mots et le monde d’un autre œil, dépayser le langage en retournant comme des gants les vérités premières, les expressions toutes faites, bref tout ce que l’on nomme le sens commun, à travers aphorismes, choses vues, bestiaire, jeux de mots, flèches qui vibrent, raccourcis fulgurants saisis au vol dans un (...)
Les états du désert
Certainement, il n’y a pas un art aussi intelligent que celui d’aujourd’hui. Il n’y a même que ça : de l’art intelligent, c’est bien le problème. Le problaiaime ! mais pourquoi un problème ? Parce que justement, il n’y a plus d’art, il n’y a plus que de l’art intelligent, c’est à dire, autant qu’il y a d’artistes, autant d’idées de l’art. Les artistes ne (...)
RISE TO THE SUN
Je me suis toujours dit que dans la rue on croisait des gens perdus depuis longtemps. Apprendre à jouer ensemble. L’obsession du double de soi qui serait le véritable soi et qui menace à tout bout de champ de s’installer à sa place, privant ainsi le romancier du confort psychologique lié au sentiment de l’identité personnelle, même si se sentiment est (...)
Dorothée Volut : Alphabet
Proposition d’écriture : Écrire sur l’enfance un texte fragmentaire typographié exclusivement en lettres majuscules, avec une écriture qui croît de ses divergences, qui avance, qui douce nous vrille, opaque et découverte. L’enfance en vignettes où la perception oscille sur la frontière labile entre intérieur et extérieur, subjectif et objectif. (...)
UMBRELLAS
Avant d’aller plus loin, il convient d’examiner la notion générale d’identité. Doubler pour sentir qu’on y est mais dans quel sens. Une suite de stases existentielles, une intermittence continuée. Dans les interstices, les marges, les places laissées libres. On obtient donc une tension entre le discontinu des fragments, et le mouvement, la force qui (...)
Caroline Sagot Duvauroux : Aa, Journal d’un poème
Proposition d’écriture : Au bord de la déroute, au bord des limites où toute compréhension se décompose. Fragments, éclats, bizarreries, monde parsemé de signes et points, comme pour attirer notre attention. Une parole roulant sa syntaxe affolée et sa générosité euphonique, dans un état d’alerte constant, dans une ivresse de savoir hésitant entre le (...)
Denis Podalydès : Voix off
Proposition d’écriture : Restituer à chaque voix sa tessiture, son paysage, son relief, son histoire, sa singularité, tous les territoires de la voix, la sienne et celle des autres, pour tracer notre autobiographie fragmentée, un autoportrait en voix à la fois drôle, vif et grave. Chaque voix appelant un souvenir, réveillant une image. Voix off, (...)
SPELL IN YOUR HEART
En marche ! hop hop ! au trot ! Sans preuve définitive, nous ne pouvons pas aller plus loin que le doute, pourtant, mais gardons Cette hypothèse à l’esprit. J’affirme que les choses ne se sont pas déroulées ainsi. C’est étrange, c’est comme ça. Je sais que je dois, au fur et à mesure des audiences, éviter de m’habituer. La vie, elle, se trace en mots (...)
Corps célestes sans concession
La justice chinoise a interdit la vente de parcelles de la Lune, jugeant que les corps célestes n’étaient la propriété de personne, rapportent samedi des médias chinois. La cour d’appel de Pékin avait été saisie par une société, l’Ambassade de la Lune en Chine, qui vendait des concessions lunaires au prix de 600 yuans l’hectare. En trois jours, écrit (...)
FAITES MONTER
Il faut que je le maintienne au jour, au bord de son précipice. Il y a une ligne une seule, deux personnes appellent en même temps et c’est terminé, ligne occupée. Paradoxe en ce que la réponse est double. Rien à dire hormis ceci : ce qui précède est aussi exact qu’incomplet, ne suffit pas à tout expliquer. En moi gronde une ville, grouille la foule (...)
A PIECE OF THE PIE
Variations qui permettent de rendre sensible l’épaisseur du temps. C’est le monde réel, notre immuable mystère. Combien sont trompeuses les apparences surtout quand elles se superposent. superpositions sur suppositions, réflexions sur réflexions. Au fil du temps, j’ai pris conscience du danger qu’il y a à jouer un rôle sans savoir ce que veulent (...)
Yves di Manno : Un pré - chemin vers
Proposition d’écriture : Écrire un poème singulier, tout à la fois mythe de la puissance ancestrale du poème, chronique d’un peuple imaginaire dont on ne précise ni le nom, ni le lieu, ni l’époque et description d’un paysage mental – celui-là même où toute pensée lève ses questions. On ne s’empare pas de la puissance d’un tel monde, on en invente et en (...)
DESERT LAND
L’intérêt sur les expériences croisées, l’invitation à leur vécu et à leurs matières sensibles. Des moments d’ancrages succèdent à des moments de pertes de repères. Cependant, si l’on y réfléchit, aussi anodin semble-t-il, ce geste n’est pas sans conséquence : quelque chose en résulte, une image. Nos repères sont bouleversés dans un espace à l’envers. Quelqu’un (...)
COME INO MY DREAM
Avec toi c’est toujours la même histoire. Tu n’as pas le temps en main ? On s’étonne, on ne devrait sans doute pas. Ce mal-être associe des mouvements d’humeur irrépressibles à un état de fatigue permanent. Cette sérénité retrouvée artificiellement nous rend hélas moins performant pour tout ce qui réclame un tant soit peu de concentration et d’effort. (...)
Alexander Dickow : Caramboles
Proposition d’écriture : Composer des poèmes écrits en deux langues, et agencés selon un dispositif en miroir qui aide à déployer tout un jeu de la différence et de la répétition. À travers le dispositif de mise en regard d’un texte et de l’autre, c’est à la collision des deux langues, à leur carambolage, à leur subversion réciproque, que l’on s’emploie. (...)
IS THIS THE LAST TIME ?
Admettre l’irrationalité, ce serait introduire un grain de sable qui ferait bientôt grincer Cette machinerie admirable. Cela suffit pour l’instant. Rassembler n’est pas figer. Les premiers sont aussi mélangés, mais leur mélange est déterminé par leur composition (compositio), et c’est aussi ce qui les caractérise. Les rejoindre pour qui pour quoi mais (...)
FIRE IN ME WIRE
La succession des jours dépourvue de sens, vaste continuum clair, dense et lumineux. Le sens, mis à mal mais pas nié. Journées tissées tout entières dans le même fil, raccordées sans traces les unes aux autres, vingt-quatre heures par vingt-quatre heures, et les heures nocturnes ne sont que valeurs plus sombres. Très légèrement décalées ou au (...)
NOT A ROBOT, BUT A GHOST
Parfois, nous inventions un jeu. Je me concentre sur ces objets et je regarde avec angoisse les mains habiles des invités qui, eux, ne les regardent même pas. Personne n’est capable de se souvenir d’un seul jour de sa vie. Je veux dire s’en souvenir intégralement, depuis l’instant à ; il a ouvert l’œil jusqu’à celui à il l’a fermé, de rapporter avec (...)
BLUE MONDAY
Dans le rétroviseur, je l’ai regardé s’avancer. La seule présence tombée comme un bloc massif, une sorte de suspens à tout se pétrifie. Cette technique que l’on a pour repérer instantanément le signe particulier. Il y a de la lumière mais il n’y a personne. Tu es ailleurs. Tu es sûrement dans un lieu magnifique. Les jours se succèdent comme des images (...)
ANOTHER SUNNY AFTERNOON
Je rêve d’un autre monde. L’horizon vague d’un ennui prochain, auquel rien ne le presse de revenir. Voilà un ton ! voilà ce qu’on appelle filer un son ! Son dispositif, son dessin, ne travaillent pas seulement à présenter les pièces, mais en constituent le reflet, et propagent l’écho de leur part de mystère, d’incertitude et de suspension. S’adapter n’est (...)
HERE WE GO MAGIC
Ce moment à les trajets, les gestes, les détails vécus, captés instantanément tels qu’ils apparaissent, acquièrent la dimension singulière d’un défilement marqué autant par les ralentissements que les accélérations, les pauses que les relances. Finalement, je m’en réjouis. C’est un espace intemporel qui ne se mesure qu’avec les instruments de la quatrième (...)
TENUOUSNESS
C’est sa voix que j’entends nuit et jour, qui surgit à n’importe quel moment, sous n’importe quel prétexte, pour commenter, paraphraser, déformer la situation que je suis en train de vivre. Figés engourdis englués finalement inanimés dans par exemple des simplicités comme rancunes ou habitudes. Nous sommes ce qui cherche autre chose. Ou en finir, mais en (...)
Christophe Manon : Fiat lux
Proposition d’écriture : Travailler à l’avènement hasardeux et précaire de possibles insoupçonnés, à l’émergence de possibilités inouïes, afin d’écrire un texte sur la guerre à langue haletante, emportée, dans un bégaiement qui recrée une nouvelle syntaxe, à la musicalité morcelée, qui nous fait entendre les mots de façon différente. Dans une explosion et une (...)
Emmanuel Adely : Mad about the boy
Proposition d’écriture : Écrire l’amour lancinant éprouvé pour l’autre quand il n’est plus là. En une seule phrase, une litanie amoureuse, qui s’articule en spirale obsessionnelle autour d’un monologue intérieur fait de brisures et d’élans, expression d’un temps arrêté, en boucle répétée comme une chanson qui nous revient en mémoire et ne nous quitte (...)
NOBLE BEAST
On finit par perdre cette admiration, chaque jour comme si j’avais laissé bien trop de moi pour même penser vouloir y retourner. Je voulais lui rappeler d’où l’on venait. Je ne pouvais lui exprimer autrement qu’avec cette pudeur. Ce qui n’est pas visible n’est pas invisible. Ce n’est pas un hasard, on a tout essayé. Le souffle renfle l’invisible. Je (...)
Jacques Brou : 773 paperoles trouvées dans les poches d’un homme
Proposition d’écriture : Dessiner le portrait d’un homme de l’intérieur en écrivant une suite de phrases numérotées qui retracent les interrogations, les certitudes, les doutes d’un être notant ses objectivations successives. 773 paperoles trouvées dans les poches d’un homme, suivi de Un projet abandonné sous le canapé, Jacques Brou, Éditions (...)
TAKE MY HAND
Dans le silence de l’attente, l’impression de reprendre ce jeu de hasard, l’espoir d’un temps désirable. Oui, là seulement est le vrai, tu es en moi depuis tout ce temps. Étrangement, il y a quelque chose de l’ordre du palimpseste. Ce serait l’archive d’un livre qui n’existe pas. Dans la conscience sans éclat de parcourir une sorte de décor vide, de (...)
Annie Salager : Rumeur du monde : clarté d’espace
Proposition d’écriture : Écrire de courts poèmes sous la forme d’un photo-reportage. Le regard nourrit l’écriture. Des flashes, des captures, des arrêts sur images. Faire voyager à travers des visions du monde entier et donner à percevoir la rumeur du monde. Rumeur du monde : clarté d’espace, Annie Salager, L’Act Mem, 2007. Présentation du texte : (...)
TRAIN UNDER WATER
Je veux traverser ce présent, et je veux savoir dans quel état je vis, et ce que contiennent ces instants, quelles impressions sensorielles, et ce qu’ils referment. J’ai éprouvé pour la première fois comme un déchirement matériel, physique, la question, pas formulée, des origines, d’à on vient et à on va. Quelque chose se passe, tout peut arriver, (...)
CURTAIN CALL
Peut-on aller au-delà de l’image pour raconter et dire autre chose que le corps lui-même ? A cause de cela, la discussion pouvait durer très longtemps. Regardant défiler la nuit dehors. Une sensation l’indicible certitude que quelque chose aurait pu advenir sans doute mais rien. Et puis surtout, il y avait la lumière. La lenteur a ses bienfaits. La (...)
Alice Massenat : Catafalque aux miroirs
Proposition d’écriture : Une conscience atteinte au plus profond, dérangeante, neuve, d’une violence inouï, qui empoigne à bras le corps. La voix qui la porte et la rejette tour à tour, déborde l’espace du langage. Voix ou verbe d’instinct, parole étonnante, singulière, aux limites de ce que la parole peut énoncer, sans aucune concession. Un monde couve (...)
A STRANGELY ISOLATED PLACE
Ensemble fait douter l’éclairage. On n’a plus rien que dire c’est pas beaucoup. Une configuration stricte remue des rythmes. Ce qui se reverse se reverse et c’est autre autre chose. La moindre perception quelle histoire. Ce qui vise le cercle ne se brise pas. C’est la vie comme on dit quand on va mourir. Dans l’effroyable urgence pourtant de (...)
LAUGHING STOCK
Et cette démangeaison est celle de la curiosité. Tout est ouvert, tout est clair ; il n’y a pas de secrets, ici, maintenant, dans ce paysage de néant. La curiosité la conduit, au-delà de toute restriction, à désirer toucher, voir de ses yeux, expérimenter tout ce qui lui est inconnu ou caché. De longues minutes passent, sans que rien ne bouge. Les rues (...)
SOMETHING VAGUE
Le langage est rendu à son épaisseur sensible. Changement de régime de signes. Le tête devient rébus ou message chiffré. Il déambule dans ses alentours. Il était en moi depuis longtemps mais n’est apparu il y a quelques nuits. Est ce que ces rêves ont un sens ? Non. Non je pense que c’est plus comme un fantôme qui nous a suivi tous les deux. Je vois de (...)
Ouvrir vers l’infini à travers l’inachevé
Utiliser la fragmentation de sons, d’images, de textes pour en révéler de nouvelles potentialités cognitives et sensorielles. A l’image des dictiques, ces courtes particules linguistiques qui ne cessent de changer de sens en fonction du contexte dans lequel elles s’inscrivent, il s’agit (à travers le prélèvement, le bégaiement, la décontextualisation, (...)
NEW NOW KHOW HOW
On ne voit plus, on devine, on imagine, c’est toujours mieux. Vous m’avez mis la puce à l’oreille... et ça commence à démanger : je note donc. Je suis là, je marche mais je ne bouge pas. Difficile de pousser plus loin le constat de contradiction. On entend derrière sa porte le fracas du vide. En tout cas on comprend très vite qu’il ne devrait pas être (...)
GET-WELL-CARDS
Il y a un début, il y a une fin, tout le reste circule par de menus échos pleins d’habitude. Soudain, tout se passe comme si vous vous entendiez avec une force de lumière. Penser sème des indices. Faudra bien quelque chose après jusqu’à. Dans le frémissement d’une inconnue. J’ai principalement peur des gens qui n’ont pas peur. Tu ne te souviens pas, (...)
FEVERS AND MIRRORS
Il n’y aura plus de centre à atteindre mais un nombre infini de centres qui se déplacent. Comme sait le faire le rêve, si apte à faire paraître le disparu. On voit surgir avec exactitude d’énigmatiques événements, l’énorme beauté insupportable et vaine qui fut toute la largeur du ciel, l’harmonie involontaire d’un reflet bleu. Pas de music-hall ni de (...)
Georges Hassomeris : Vive la baisse tendancielle du taux de profit moyen !
Proposition d’écriture : Convoquer la tradition poétique et philosophique, avec humour et mordant, pour fonder un monde nouveau. Mettre l’actuel en crise. Le critiquer par le rire parce qu’on peut rire en poésie. Le monde moderne est derrière nous, avec son cortège de progrès si vite arrivés déjà démodés, tout cela c’est déjà dépassé. Se délester de (...)
THE SHIP OF FOOL
Absence d’agressivité, manque d’habitude. Cela se voit dans mes yeux. Face à face. Sans affront. Une mise à distance. Cette photo de famille, elle a été prise quand ? A chaque instant, la musique nous arrache à un dialogue plein d’intérêt. Selon un ordre que l’on improvise toujours, dans la quête d’une harmonie que l’on ne croit même pas créer, mais (...)
Jean-Michel Espitalier : Army
Proposition d’écriture : Écrire un témoignage fictionnel à la première personne, un texte construit à partir de diverses bribes d’informations, autour de différents témoignages sur la guerre (la vie du soldat, de son quotidien, de ses états d’âme, sur ses habitudes et sur les morts qui l’entourent), trouvés sur divers sites internet ou chaînes (...)
Laurent Albarracin : Neige & Le Verre de l’eau et autres poèmes
Proposition d’écriture : Écrire de courts poèmes absurdes en apparence, à partir de formules qui, à force de les faire tourner en boucle, font mouche. Textes brefs fourmillants d’expressions déconcertantes avec une provocation et un souci de l’objet qui utilise beaucoup l’image poétique, non à des fins de lyrisme ou d’expressivité mais en vue d’une (...)
ILLUSION OF SAFETY
Enfin le temps nous manque : nous ne lui sommes qu’une cible d’impénétrable transparence. J’ai sans doute ridiculisé la réalité par habitude, et puis c’est plus facile de raconter des histoires. C’est l’heure de l’oubli, l’heure à, toute justification désormais inutile, se dévoile enfin notre fraternité. La compréhension arrive trop tard. Un coup est si vite (...)
Antoine Dufeu : Nous
Proposition d’écriture : Ecrire une diatribe, une sorte de pamphlet poétique sous forme de prose assez dense qui s’adresse à tout le monde (nous deux, nous trois, nous quatre, nous tous...), au sujet de l’amour, de la politique, toutes choses que l’on fait ensemble, avec pour intention de réenchanter le monde. Comment le voit-on ? comment le (...)
KEEP ME ON
Ça ne peut plus durer comme ça. On entend une voix qui raconte et va se perdre. Le puzzle est dit sans bords. L’exercice est cruel mais profitable. Vous vous arrêtez là. Vous souriez. L’important pour garder ce dynamisme intact, est de continuer à nous surprendre nous-mêmes. Dévaster les barrages. Égarés dans le soir d’une attente interminable. La (...)
IN A LANDSCAPE
On avait un ciel tout gris, beaucoup de vent, et alentour on aurait dit ailleurs mais çà, je ne sais pas exactement. Il va s’en passer des choses peut-être bien. Les gens s’organisent comme ils peuvent. Des trous se bouchent, ça n’a bientôt plus de nom. Comment faire sans comment expliquer ? On a des joies rien que pour soi et, sans raison de se les (...)
AT THE CHIME OF A CITY CLOCK
Dans la journée, soleil très bleu, léger ciel froid. Dans ces brusques métamorphoses de la lumière électrique, s’épandant tantôt en ondes d’un rose fané, tantôt en une nappe bleuâtre, aux tons crépusculaires et étranges. Une beauté sans pareille. Regarde, elle vibre à peine comme une algue sombre. Elle suit les fibres des moindres ondes. Mais qui peut (...)
ONE OF THESE THINGS FIRST
Je ne pense pas qu’il faille chercher sa pensée, plus que forcer son talent. Dire droit en laissant le corps tomber dedans. Il faut que nous ayons le courage le tourner le dos à nos habitudes et de nous engager dans une façon de vivre non conventionnelle. C’est en vain que tu plonges ton visage en toi-même. Le je ne sais quoi qui nous fait courir, (...)
LET IT SNOW
La neige éclate doucement les raisins, elle touche le sol avec la robe. Elle est vautrée dans l’intact. Quelqu’un a ouvert le coffre sur lequel glisse et des papiers de nombres. La neige est sourde. Quand on a senti, dans toute sa fureur, le désir d’exister jaillir de ce cœur battant et se répandre tantôt avec le fracas du torrent, et tantôt un (...)
ANOTHER NIGHT IN
Le catalogue des choses possibles donne le vertige. Je pense à la chaleur que tisse la parole autour de son noyau le rêve qu’on appelle nous. Mon souvenir le plus fort est celui de Cette ivresse qui s’est emparée de moi. Celle de pouvoir parler. Personne ne voyait mon visage. Je pouvais tout dire. Des mots, des idées, des noms inconnus, à moitié (...)
Louis-François Delisse : Notes d’hôtel
Proposition d’écriture : Compulser ses notes d’hôtel comme autant de lieux où l’on a dormi afin de composer un carnet de voyage d’impressions diffuses, un ensemble d’instantanés variés, suite discontinue de kodachromes, loin des clichés, et qui joue par association d’images reçues pour aller se promener dans un passé beaucoup plus lointain. (...)
Jean-Marc Baillieu : Gu Wei Jin Yong (Le passé sert le présent)
Proposition d’écriture : Écrire sur un pays en tentant de saisir ce qui peut l’être, en essayant de capter une autre vision de l’homme, en contournant l’écueil d’un regard trop occidental sans cependant le nier. Le passé sert le présent reflète ce parcours, ce détour sur quelques aspects extrême-orientaux, à travers des textes en vers ou en prose qui, (...)
Laurent Herrou & jeanpierre paringaux : L’emploi du temps : New-York, 2007-2008
Proposition d’écriture : Saisir une ville par l’image et le texte, leur interaction, en écrivant le journal de bord d’un voyage. Une phrase par image, une image par jour, et pour accentuer cette confrontation, toujours utiliser le passé et le pronom indéfini on afin de renforcer par la répétition de cet emploi du temps, l’universalité de ce que (...)
Jean-Claude Schneider : Sentes dans le temps
Proposition d’écriture : Penser ce qui a été. Penser ce qui sera : le bloc du futur s’insinue déjà par les fissures de la personne que chaque instant défait. Et penser le présent — lequel n’existe pas. Aller vers l’opacité silencieuse du monde. Les choses nous portent et bouleversent ce bref instant que nous traversons. Recomposer tout ce qui vient (...)
Frédéric Ciriez : Des néons sous la mer
Proposition d’écriture : Le reflet est pour les couleurs ce que l’écho est pour les sons. Écrire un texte assez court en forme d’éloge sonore autour d’une couleur de son choix, en listant toutes les choses, lieux, objets, corps, de cette couleur et les nombreux échos qu’ils rencontrent en notre mémoire. Des néons sous la mer, Frédéric Ciriez, (...)
Ludovic Degroote : 69 vies de mon père
Proposition d’écriture : Faire le portrait de son père, de sa mère, évoquer la mort d’un de ses parents, sans effusion, en allant au plus précis, au plus juste de ce que fut son existence, ce qu’il en reste, en un récit proche de l’oralité, volontairement éclaté en autant de séquences que d’années vécues par celui dont on retrace le parcours. 69 (...)
Anne Savelli : Cowboy Junkies / The Trinity Session
Proposition d’écriture : Décrire dans un texte court les émotions suscitées par l’écoute d’une musique, d’un album, ou ressenties lors d’un concert. Cela peut être aussi le saisissement qui nous prend à la vue de la couverture de disque, pour dire combien ce moment singulier s’inscrit dans une rencontre fondatrice avec la musique qui peut bouleverser (...)
Didier da Silva : Treize mille jours moins un
Proposition d’écriture : Décrire une ville, dans ses beautés et ses laideurs, ses vides et ses trop-pleins de vie, comme un personnage de fiction, à travers ses déambulations urbaines, ses errances, ses erreurs, mais toujours avec la distance de l’humour, et un rapport auditif à la langue, une aptitude musicale à la faire vibrer, à traduire le (...)
Pierre Descamps : Cantons
Proposition d’écriture : Écrire un texte sur la beauté qui gagne les saisons. Découper le poème en deux, la première prose marquée en italique parle des régions, des paysages oubliés, des animaux et des activités humaines, loin de la tourmente de notre monde moderne, où toujours trop pressé on en finit par oublier l’essentiel, alors que la deuxième (...)
Cyrille Martinez : bibliographies, 5e Républiques, premiers ministres & présidents
Proposition d’écriture : Avec une langue qui ne veut pas avoir l’air de dire mais dit sans dire, en jouant avec des phrases creuses, vides, administratives créer une bibliographie comme biographie ou portrait. bibliographies, 5e Républiques, premiers ministres & présidents, Cyrille Martinez, Al Dante, 2008. Présentation du texte : (...)
Benoît Casas : Diagonale
Proposition d’écriture : « Écrire, c’est toujours recopier. » En copiant dans les livres qui nous accompagnent, nos livres de chevet, tel groupe de mots qui retiennent notre attention, puis en assemblant sur la page plusieurs des bribes recueillies, avec des blancs pour les disjoindre, produire une forme de pensée, une extraction de soi-même (...)
Emmanuel Tugny : Mademoiselle de Biche
Proposition d’écriture : Raconter l’histoire d’une conquête amoureuse, dont le récit progresse, tantôt léger et drôle, tantôt plus abstrait, sous la relance d’extraits d’œuvres qui rythment la narration. Le texte se fonde sur la confrontation aux genres littéraires patrimoniaux (la pastorale, le poème épique, le roman d’aventure, le roman naturaliste, (...)
Vincent Peyrel : Si j’ai une âme
Proposition d’écriture : En s’appuyant sur un fait divers passé, construire un récit sous forme de mise en voix, parole incarnée d’un être meurtri, qui conte de l’intérieur son histoire tragique. Portrait sommaire. Précisions synopsis. Dates et lieux. Répétés, avec quelques variantes, ces éléments constituent une litanie symbolique. Le texte à suivre (...)
Pierric Bailly : Polichinelle
Proposition d’écriture : Dresser le portrait d’un groupe de jeunes désœuvrés, adolescents qui passent leur temps à « zoner » en rêvant d’ailleurs, chronique sociale d’une jeunesse que l’on saisit avec sens du détail et authenticité, dans sa gangue, dans sa langue, en une forme travaillée, qui exploite toutes les ressources syntaxiques, rythmiques, (...)
Olivier Mellano : La Funghimiracolette et autres trésors de l’équilibre
Proposition d’écriture : Composer une symphonie de pièces musicales imaginaires, un catalogue des « œuvres irréalisées, impossibles, futures, inaudibles, oubliées, inentendues mais toujours pensables » en forme de poèmes flirtant avec la science-fiction. Tentatives de créations sonores mentales où le son ne sera pas une mise en mouvement de l’air par (...)
Véronique Gentil : Les heures creuses
Cet atelier figure dans l’ouvrage Comment écrire au quotidien : 365 ateliers d’écriture, édité chez Publie.net en version numérique et imprimée : 456 pages, 24€ / 5,99€. Vous pouvez commander ce livre directement sur la boutique de Publie.net (une manière de soutenir la maison d’édition et ses auteurs) ou en ligne (Amazon Place des libraires, etc.) — et (...)
Thibault de Vivies : 12 tentatives de pourquoi
Proposition d’écriture : Chercher à en savoir plus sur ce narrateur qui essaie de comprendre les différents événements et sensations qui le font ressembler à un homme. De quels points de notre expérience personnelle peut-on faire surgir des interrogations, qui deviendront de nouvelles tentatives de pourquoi ? En prenant le concept de variations (...)
Jérémy Liron : Le livre l’immeuble le tableau
Proposition d’écriture : Journal du regard. C’est le combat d’un regard et du réel. Une présence évidemment liée à la ville, et évidemment tissée à même le quotidien. Un bâtiment, un rond-point, un carrefour, une route. C’est dans cette tension que viennent les mots. Le livre l’immeuble le tableau, Jérémy Liron, Publie.net, 2008. Présentation (...)
Fabienne Swiatly : Jusqu’où cette ville ?
Proposition d’écriture : Une ville cela commence où ? cela se finit comment ? Difficile d’en saisir les limites, les frontières et la définition. Explorer la question urbaine comme l’on peut rêver la ville. Un endroit et son envers. À partir d’une question qui revient sans arrêt, jusqu’où cette ville ? tenter d’y répondre en gardant ses distances (...)
Bruno Fern : Cheval porteur
Proposition d’écriture : Questionner le langage à travers les jeux et double-jeux empruntés aux usages et termes hippiques. Écrire un vade-mecum des pratiques équestres comme art poétique. Cheval porteur, Bruno Fern, Publie.net, 2008. Présentation du texte : « Et si nous avions à chaque pas à renouveler le pacte du langage et du monde (...)
Sébastien Rongier : Au troisième étage
Proposition d’écriture : « Approcher une enfance massacrée, tenter d’avancer avec cette idée dans la tête, entre les mains, une enfant à l’existence écrasée par la violence adulte… ce que le corps garde des souvenirs, ce que le silence porte en creux. La fiction prendrait deux éclats, tenterait seulement de dire quelques bribes, incertaines et (...)
Fred Griot : Visions
Proposition d’écriture : Visions de voyages en notes et récits. Une réunion mouvementée de moments purs, d’intime cohérence en soi, de transcendance, de révélation. Visions, Fred Griot, Publie.net, 2008. Présentation du texte : Visions, fragments de navigations, récit, notes de voyages. « Les Navigations et tous mes livres sont (...)
Xavier Bazot : Chronique du cirque dans le désert
Proposition d’écriture : Écrire des nouvelles très courtes à la façon d’instantanés qui décrivent, avec acuité et jubilation les légers ou grands troubles de nos âmes, dans un monde énigmatique et poétique, composé de silhouettes étranges. Chronique du cirque dans le désert, Xavier Bazot, Publie.net, 2008. Présentation du texte : Une (...)
Alexandra Baudelot : Super 8
Proposition d’écriture : Une relation entre un homme, une femme. L’écriture oscille entre la forme fragmentaire d’un ensemble de proses brèves et parfois poétique ou purement factuelle. Le texte dérive peu à peu vers un travail de fiction, sans attachement à une unité de lieu et de temps. Entre documentaire, fiction et récit, c’est toujours par le (...)
Philippe Bordas : Forcenés
Proposition d’écriture : Le sport prend la mesure du monde dans ses excès, il exige la démesure de l’homme, son élan, sa tension. Une force en marche. Faire le portrait de grands sportifs du passé en évoquant, avant sa fin, le monde dont ils sont issus. Mettre en résonance leurs exploits et leurs difficultés avec leur environnement, qu’il soit (...)
Anne Kawala : F.aire L.a F.eui||e (f.l.f.)
Proposition d’écriture : Fabriquer de la cohérence à partir de l’hétérogénéité, tant des propos que des outils, et du sens, dans un questionnement fond/forme permanent qui explore avec humour le mot comme matériau à trois dimensions, à travers ses phonèmes, ses graphies, ses sens variés. Réaliser un montage articulé de plusieurs poèmes puisant dans (...)
Michaël Batalla : paysages maintenant
Proposition d’écriture : On ne trouve pas un paysage, car il ne préexiste pas à la vue, à celui qui va en déplier les espaces, les angles. On peut seulement le regarder, l’élaborer, l’incarner, en creuser les traits, en déplier les espaces et les figures, à partir d’une expérience de pensée. Sur le mode de l’évocation, écrire le paysage. Le texte (...)
L’enfance de la question
Les étoiles c’est des morceaux de soleil. ’’Comment Jésus peut-il faire le soleil ?’’ Avec des morceaux de lune. ’’Qu’est-ce que c’est que la lune ?’’ C’est quand il fait noir. ’’Mais qu’est-ce que c’est ?’’ C’est une boule. ’’Elle est grande ?’’ Oui comme le soleil. ’’Il y a plusieurs lunes ?’’ Oui. ’’Combien ?’’ Il peut y en (...)
Pascal Poyet : Au Compère
Proposition d’écriture : Constellation éparse de vocables dont il s’agit de déployer, par la mise en œuvre d’un projet syntaxique adéquat et le choix d’un vocabulaire singulièrement limité, le potentiel polysémique. La densité de sens résulte d’un double mouvement : le dépouillement calculé de la palette verbale à quoi répond, sur un plan sémantique, la (...)
Arnaud Cathrine et Florent Marchet : Frère animal
Proposition d’écriture : Raconter le côté sombre de la pauvreté, des villes usines en province, avec ses destins normalement tracés dans une entreprise locale toute-puissante, les indispensables compromis de la vie, de la perte de travail, de ceux qui sont condamnés à rester et de ceux qui sont partis, les gens détestables ou sympathiques qu’on (...)
Cécile Portier : Contact
Proposition d’écriture : Dans l’attention qu’exige la conduite, la pensée prend des libertés. Ce moment entre parenthèse, isolé dans l’habitacle de la voiture, est l’occasion d’opérer un retour sur soi, au rythme des paysages qui défilent. La langue qui décèle ce qu’on ne sait pas de soi, parce qu’elle le prend à la peau du monde, au temps même des (...)
Sylvie Nève : Érotismées
Proposition d’écriture : Offrir un épithalame, un poème lyrique traditionnellement composé pour un mariage, à la personne qu’on aime. A partir du nom qu’on lui donne dans l’intimité (mon amour, ma vie, ma belle, mon soleil, ma reine...), et la liste de tous les mots significatifs commençants par la même lettre, dessiner son portrait sous forme de (...)
Mars
Je commençais à soupçonner que me manquait la faculté de reconnaître, chez les gens, la méchanceté ou la bêtise ; en d’autres termes : peu à peu je me rendais compte que chacun savait à quoi s’en tenir sur le bien et le mal mais que, contrairement à tous les autres, je ne savais pas ce qui était bien et ce qui était mal, je ne savais que ce qui était (...)
Pierre Senges : Fragments de Lichtenberg
Proposition d’écriture : Dresser la liste de nos certitudes qui n’en sont pas comme autant de notes brèves, menues observations, souvenirs, et réflexions qui forment un autoportrait fragmentaire. Je sais, Ito Naga, Cheyne, 2007. Présentation du texte : Ito Naga nous propose une collection surprenante, insolite et touchante. Un (...)
Ito Naga : Je sais
Proposition d’écriture : Dresser la liste de nos certitudes qui n’en sont pas comme autant de notes brèves, menues observations, souvenirs, et réflexions qui forment un autoportrait fragmentaire. Je sais, Ito Naga, Cheyne, 2007. Présentation du texte : Ito Naga nous propose une collection surprenante, insolite et touchante. Un (...)
Fenêtres
Sur Fenêtres Open Space, blog du livre du même nom, écrit sur la ligne 2 du métro parisien et paru aux éditions Le Mot et le reste, Anne Savelli est à la recherche de photographies de fenêtres du monde entier. Voici quelques fenêtres que je lui propose, avec par ordre d’apparition : Arrivée matinale à Bastia, par la fenêtre du bateau nous (...)
Claude Favre : Des os et de l’oubli
Proposition d’écriture : Un travail de torsion, de césure de la langue, par ce qui se dit du corps et de son expression. Essayer de composer un texte écrit entièrement de tête, en marchant dehors par exemple. A partir d’un mot et nous voilà lancé. Les respirations du texte sont ses virgules, répétitions de certains mots sur lesquels on bute ou (...)
Alizé Meurisse : Pâle sang bleu
Proposition d’écriture : Écrire un texte polyphonique où tous les personnages s’expriment à la première personne, en une suite de brefs chapitres, passant ainsi d’une voix à une autre. Un monde se tisse, se compose et se décompose. Ausculter ces corps. Retranscrire, à fleur de peau, les vibrations de leur souffle, les battements de leurs cœurs. (...)
Philippe Rahmy : Mouvement par la fin
Proposition d’écriture : Un portrait de la douleur, sous la forme d’un journal anachronique, décrire ce que le corps et l’esprit endurent dans cette épreuve. Mouvement par la fin, Philippe Rahmy, Cheyne éditeur, Collection Grands Fonds, 2005. Présentation du texte : Sous la forme d’un journal anachronique, Mouvement par la fin est (...)
Serge Velay : Progrès en écriture assez lents
Proposition d’écriture : « Écrire sur, à propos d’un mouvement, mais après coup, longtemps après. Car il y a une incapacité foncière de l’écriture à se saisir des choses dans leur mouvement, dans le temps où elles surviennent. Une histoire sans commencement ni fin, dont chaque moment est placé sous l’emprise de ce qui déborde et à chaque instant menace (...)
Tu es bien portant et tu vas te perdre
Il aurait bien voulu l’aimer dans sa langue, et par sa langue à lui ; or, au lieu de cela, il se mit à la regarder fixement, d’un air de menace. Après le premier instant d’étonnement elle se mit à avoir peur et pas seulement pour lui faire plaisir. Il jouait avec la pensée de la tuer, ou du moins de lui voler ou de lui détruire quelque chose ; personne (...)
Héléna Marienské : Le degré suprême de la tendresse
Proposition d’écriture : Écrire un ensemble de textes parodiques, des pastiches à la manière de différents écrivains classiques et contemporains (on les choisira pour leurs styles distincts), avec pour fil conducteur à ces variations littéraires, une dimension sensuelle. Le degré suprême de la tendresse, Héléna Marienské, Editions Héloïse (...)
car
Je vis mais sans vivre en moi-même tant j’espère une vie meilleure, et je me meurs car je ne meurs. Thérèse D’Avila
Sommeil
Dormir ce n’est pas seulement allumer le capiteux lumignon rouge dans la chambre obscure pour que le corps inconscient puisse vaguer à son aise en lui-même ou s’il prend l’idée d’aller au cinoche du cerveau être chauffé à blanc par les stridences supportrices de sa conscience rêveuse, laquelle se trouve intéressante et voudrait bien se mettre en scène. (...)
Alain Robinet : J’logo dans l’lego des mots
Proposition d’écriture : Rendre étrangère notre propre langue par des ruptures de rythmes, des changements de vitesses, variations de tons et de sons. Opérer dans la marge, à la limite du langage, jusqu’à la rupture, l’incompréhensible. En faisant résonner des pulsations sonores ductiles, passant des uns aux autres par assonances bègues, (...)
Ce qui se donne à lire se donne à lire par citations
Pour ceux toutefois qui ne considèreraient pas gl comme une réponse satisfaisante - pour en avoir d’abord attendu une réponse -, ceux à qui gl ne dit rien - pour avoir d’abord cru que gl ne disait pas rien - et qui, on se demande pour quel repas, continueraient à baver sur place, suggérons que la question théorique, élaborée, sûrement (métalangue - (...)
Afin de désobéir encore
Il n’y a jamais eu autant de mythes, concurrences de mythes durant l’histoire humaine, que maintenant : Femme divinisée. Mort adorée. Démocratie plus violente et plus inégalitaire qu’au temps de Périclès. Guerre du sujet contre lui-même dans la névrose qui n’est que le récit secret de l’assujetissement. Fétichisme technicien. Jeunisme grégaire sauvage. Pis (...)
Fureur en ut
Quand la fureur utérine surprenait la duchesse de Villadarias, rien ne pouvait la retenir. Elle s’emparait de l’homme qui lui excitait l’instinct, et il devait la satisfaire. Cela lui était arrivé plusieurs fois dans les assemblées publiques, d’où les assistants avaient dû se sauver. Casanova, Histoire de ma vie, vol.11, page (...)
Yves Pagès : Le soi-disant
Proposition d’écriture : Revenir sur un fait divers ancien, à travers le récit d’un enfant, narrateur de sa propre histoire, qui prend pour toile de fond sa soi-disant fiction. Se raconter ainsi en déroulant la bobine du film à l’envers, et à travers l’oralité réinventée de sa langue juvénile. Le soi-disant, Yves Pagès, Editions Verticales, 2008. (...)
Où va
Puisque nous tournons en gardant pour centre le jour, son revers et notre repos doivent alors se superposer, à l’heure où une séquence de mots ne peut parvenir qu’en essaim de voix, enveloppant dans une étoffe douce mon corps qui filtre de moins en moins, la porte fermée, les yeux clos, au moment de glisser dans le sommeil la source de lumière où (...)
Bleu
L’aurore boréale se présente la plupart du temps comme un phénomène lumineux d’un bleu foncé, bleu gris ou bleu vert. Nous savons que ce sont là les couleurs qui accompagnent en général les réactions de l’énergie d’orgone. Elles peuvent être facilement observées dans les protozoaires, les cellules cancéreuses, les bions de toutes sortes, les enveloppes des (...)
Collectif Inculte : Une chic fille
Proposition d’écriture : Écrire un texte à plusieurs dont la structure suit une narration chronologique classique à plusieurs voix. Tous les proches fictifs ou réels d’un personnage emblématique d’une époque prennent la parole pour en retracer la destinée et en former le portrait diffracté. Œuvre collective, roman polyphonique, dont l’originalité (...)
L’étoile
La mort, la venue vers soi de la mort, c’est aussi ce souvenir. C’est comme le présent. C’est entièrement là, comme le souvenir de ce qui est arrivé, comme de celui qui va arriver, les printemps des années passées, amoncelées, et celui qui vient, une feuille à la fois, au bord d’être là, avec nous. C’est, de même, l’explosion de cette étoile qui s’est (...)
Le blog, notre gueuloir électronique
Qu’est-ce qu’un blog littéraire ? A l’occasion du Salon du Livre, inauguré jeudi, neuf écrivains répondent au Contre-journal, et font partager leur expérience de producteurs et lecteurs de blogs littéraires. La fonction intime, originelle de l’outil, a été détournée au profit du développement d’espaces rhizomatiques, indociles. Face B ou façon de renier la (...)
Le voyage que, tous, nous essayons de faire
Nous sommes, en réalité, appelés par des quantités d’endroits, par des côtés lumineux, par des soleils, par des rayons, et aussi par le côté noir. Mais c’est le côté noir que nous préférons. Si j’ai décrit Hélène belle, seule, sensuelle, une magnifique jeune fille qui pouvait tout attendre de la vie, et si je lui ai fait préférer le trou noir dans lequel elle a (...)
Tu es bien portant et tu vas te perdre
Il aurait bien voulu l’aimer dans sa langue, et par sa langue à lui ; or, au lieu de cela, il se mit à la regarder fixement, d’un air de menace. Après le premier instant d’étonnement elle se mit à avoir peur et pas seulement pour lui faire plaisir. Il jouait avec la pensée de la tuer, ou du moins de lui voler ou de lui détruire quelque chose ; personne (...)
David Christoffel : Traité du délassement
Proposition d’écriture : Acheter un carnet et s’attacher à décrire une situation, un mouvement inscrit dans l’espace et le temps, par exemple en suivant des inconnus dans la rue, à leur insu, en notant leurs déplacements, pour le plaisir de les suivre et non parce qu’ils nous intéressent particulièrement. Une recherche suscitée par le désir où le (...)
Pierre Escot : Planning
Proposition d’écriture : Faire le récit de la vie d’un homme à partir de son emploi du temps, restituée sous forme de planning. Entre rendez-vous et notes de travail, l’agenda devient recueil de pensées mêlées. Planning, Pierre Escot, Editions PPT, 2007. Présentation du texte : L’histoire d’un homme à partir de son emploi du temps, (...)
Jérôme Game : Flip-Book
Proposition d’écriture : Écrire de courts plans séquences qui s’enchaînent sans fondu au noir, la phrase trouvant ainsi sa vitesse et la fluidité de son défilement. Un Flip-Book sans images, ni dessins, ni photogrammes, juste des mots. Quelques lignes par films, avec leurs collures discrètes, qui résistent à la tension et au temps pour restituer ce (...)
Ian Monk : Plouk town
Proposition d’écriture : Composer une suite poétique rigoureusement organisée (11 parties composées chacune de x poèmes de x2 vers de x mots allant de 1 jusqu’à 11 (1 poème de 1 vers de 1 mot, puis 2 poèmes de 4 vers de 2 mots, puis 3 poèmes de 9 vers de 3 mots, puis 4 poèmes de 16 vers de 4 mots, puis 5 poèmes de 25 vers de 5 mots, etc.) pour (...)
Sophie Loizeau : La Nue-bête
Proposition d’écriture : Une écriture instinctive, triviale, qui lutte de vitesse et de précision avec la sensation, qui n’est que transition, glissements, empreintes pulsionnelles. L’écriture comme poursuite de l’activité désirante par d’autres moyens. Le réel se dédouble, se déboîte, s’ouvre, se révèle, par le regard qui semble déchiffrer dans la vie (...)
Tarik Noui : Serviles servants
Proposition d’écriture : Choisir un film ancien que l’on a vu souvent et que l’on connait bien, et déplacer l’histoire dont on fait le récit, en recréant ses personnages dans le cadre d’une fiction ancrée dans notre époque, pour plonger le lecteur dans un monde entre fiction et réalité. La fiction des personnages deviennent alors le lieu d’une (...)
Julien Grandjean : Précipité
Proposition d’écriture : Écrire de courts textes comme des micro-fictions aux traits acérés et noirs, des petites histoires salutaires entre rire et désespoir, avec une pointe sèche et féroce, un verbe tranchant, sur les faiblesses et les déviances du genre humain. Précipité, Julien Grandjean, Editions L’Arbre Vengeur, 2007. Présentation du (...)
Julien Prévieux : Lettres de non-motivation
Proposition d’écriture : Fabriquer un recueil d’authentiques lettres de non motivation que l’on a envoyées en réponse à de véritables offres d’emploi trouvées dans la presse. Répondre à toutes les offres d’emploi pour les refuser parce qu’elles ne nous intéressent pas. Lettres de non-motivation, Julien Prévieux, Zones / La découverte, 2007. (...)
Les routes captives, de Philippe Berthaut
Strates Route captive Strates de terre, de pierres, de goudron Une tartine d’épaisseur. Soudain cassée. Ruban de bande magnétique rompu au ban des routes Mis de côté. On n’y touche plus. On le laisse au temps. Le temps y travaille son délit de délitement. Puis il y a la crevasse, la faille et l’écart On saute d’une rive à l’autre, d’une lèvre à (...)
Céline Brun-Picard & Grégory Haleux : Étant Donnés
Proposition d’écriture : Pour précipiter les coïncidences, pour recevoir les fruits du hasard, une méthode : la dérive. « Tout mouvement nous découvre » écrivait Montaigne. Dans cette dynamique d’une flânerie urbaine soumise aux bords de rues : la nuit, longer les murs en portant à ces derniers une attention photographique qui s’attache plus (...)
Sébastien Smirou : Mon Laurent
Proposition d’écriture : Choisir une œuvre artistique, peinture ou sculpture, que l’on décrit en utilisant un poste d’observation des regards, un point de vue mobile, télescopique, infiniment souple. Dans ce travail, en effet, c’est de votre œil – position, acuité, densité – que dépend sa capacité à changer son intimité en profondeur. Penser l’écriture (...)
Stéphane Audeguy : Petit éloge de la douceur
Proposition d’écriture : Prononcer ou écrire un éloge est un exercice noble, même s’il est parfois académique. On se place d’emblée dans une heureuse posture d’approbation. S’y promener dans un univers « aux contours incertains, mais que la gaieté continûment inspire ». La douceur est légèreté et élégance : « La douceur suppose toujours une affirmation, (...)
Cécile Wajsbrot : Conversations avec le maître
Proposition d’écriture : Écrire sur l’œuvre d’art et sa réception. Un texte sur les affres de la création musicale et de la solitude. Les doutes et les espoirs de l’artiste, reflétant l’angoisse, la paralysie et l’isolement de la création. Avec une écriture intimiste et délicate, retracer les éclats de vie d’un compositeur de musique, les bribes de ses (...)
Thomas Clerc : Paris, musée du XXIe siècle : Le Dixième arrondissement
Proposition d’écriture : Entrelacer, dans une forme hybride d’écriture, l’étude objective, documentée, et les considérations personnelles ou autobiographiques (ces dernières n’étant nullement inscrites en marge de l’étude mais dans son déroulement même), pour décrire un quartier, une ville, en adoptant l’ordre arbitraire mais incontestable de l’alphabet. (...)
Jérôme Mauche : La loi des rendements décroissants
Proposition d’écriture : Écrire un texte sur la doxa sociale et politique d’aujourd’hui, comme l’on se lance un joyeux défi. Citer ce que l’on peut lire dans un journal spécialisé dans l’économie politique, et plus largement ce qui touche le monde de l’entreprise, du travail au quotidien, ressaisi et monté en fragments qui s’enchaînent en ordre (...)
Jérôme Gontier : Continuez
Proposition d’écriture : Faire son autoportrait, dans un texte miroir reflétant le moi de chaque lecteur, une aventure intérieure qui explore la construction de soi, la construction du je, bercé par le rythme irrégulier des paroles d’un récit introspectif où la forme compte autant que le fond. Introspection mais aussi observation minutieuse de tout (...)
Hugues Jallon : Zone de combat
Proposition d’écriture : Un seul mot nous rassemble, la peur, dans ce qu’elle a de plus commune à tous et à tout. La peur dans la représentation même que fournit le langage, ces relents de dépêches que l’on retrouve cristallisées dans des expressions-slogans qui reviennent sans cesse. La peur comme mal à combattre et comme attitude de survie. (...)
Philippe Vasset : Un livre blanc
Proposition d’écriture : En ville, dans un lieu laissé à l’abandon, repéré au préalable sur une carte et choisi pour son isolement au sein même du tissu urbain, s’attacher à décrire ce que l’on y voit, qui l’on y rencontre, ce que l’on découvre et tous les trajets que l’on suit également pour s’y rendre, en prenant des notes sur un carnet pendant (...)
Xavier Person : Propositions d’activités
Proposition d’écriture : À partir de phrases récupérées, bricolées comme autant de suggestions, amas de fragments épars, débris de remarques, ce que l’on note, ces bouts de phrases, recopiés lors des réunions par exemple, composer des blocs de prose, un récit comptant un nombre fixe de signes (dix fois plus que le nombre total de propositions). (...)
"Le spectre des armatures" sur Libr-Critique
Note de lecture de Philippe Boisnard sur Le spectre des armatures publié aux éditions Le Quartanier, sur le site Libr-Critique. « Elle lui avait proposé aussitôt des voluptés particulières. Impossibles à décrire, à se rappeler, à nommer. Des sensations de largeur, de ténuité, de stabilité, de caprice, simultanées. Un amour inconnu. » Le spectre des (...)
Marc Cholodenko : Glossaire
Proposition d’écriture : Donner corps à l’effort de définition dans une suite de variations sur des notions classées par ordre alphabétique. Procéder par raccourcis, enchaînements de relatives, renversements de perspective, éclatement presque soudain d’une formule presque magique. Glossaire, Marc Cholodenko, P.O.L., 2007. Présentation du (...)
Rémi Froger : chutes, essais, trafics
Proposition d’écriture : Ecrire des histoires d’une traite entre songe et conte. Des histoires de voyages, par exemple, dont le sens nous échappe, ou plutôt ne se construit que peu à peu, et contre l’évidence première. Des formules sans expliquer les relations. Approximations successives, échos, palinodies, rebonds. Paroles mêlées, fragments, (...)
Olivia Rosenthal : On n’est pas là pour disparaître
Proposition d’écriture : Dresser le portrait d’un homme et de sa maladie en évoquant l’absence, l’effacement, l’abandon, autant de formes de la mort. Avancer dans son récit par phrases courtes, trouées, suspendues, disloquées. Entre pudeur et verdeur, raconter la maladie de l’oubli, la perte de la mémoire, de la parole et de la raison, ce qu’on en a (...)
Sereine Berlottier : Chao Praya
Proposition d’écriture : Ébaucher un récit de voyage, avec tous ses éléments constitutifs, mais dispersés dans un temps discontinu, avec les petits détails techniques des préparatifs, les sacs qu’il faut remplir, les affaires qu’on emporte, celles qu’on oublie, les cartes qu’on déplie une fois arrivé, la langue qu’on ne comprend pas, la surprise des (...)
Drums & Guns
« Un truc simple, intelligible et drôle. Un fond sonore mais pas exactement. Car je n’ai mal que quand je respire, tu vois. Tout est là. Malheureusement chacun d’entre nous n’a pouvoir que de parler son seul langage. A quoi bon vouloir être un autre qui nous fascine par ses mots ?... » Un texte inédit, à découvrir dans son intégralité sur le site (...)
Au milieu de la ville
La femme et l’enfant sortirent de l’immeuble sur une rue tranquille où, éblouis par la lumière grêle de l’après-midi d’hiver, ils fermèrent les yeux. Ils allèrent vers le centre de la ville par une rue où roulaient beaucoup de voitures, avec des banques à droite et à gauche, l’une se reflétant dans l’autre. A un feu rouge l’enfant imita le personnage du feu (...)
Sens adventice
« Un palimpseste est un parchemin partiellement effacé sur lequel on écrit de nouveau. Félix est sensible aux traces de l’écriture précédente qui interfèrent avec le nouveau message, y ajoutent du bruit ou du sens adventice, et rendent possible de tirer de nouvelles lignes de désir de cette accumulation de signes. » Le Capitalisme Mondial Intégré et (...)
Leslie Kaplan : Le livre des ciels
Cet atelier figure dans l’ouvrage Comment écrire au quotidien : 365 ateliers d’écriture, édité chez Publie.net en version numérique et imprimée : 456 pages, 24€ / 5,99€. Vous pouvez commander ce livre directement sur la boutique de Publie.net (une manière de soutenir la maison d’édition et ses auteurs) ou en ligne (Amazon Place des libraires, etc.) — et (...)
Pierre Ménard : Le spectre des armatures
Proposition d’écriture : À partir d’un texte préexistant, dans lequel on a sélectionné un ensemble de mots, de phrases, de façon imprévue, en cherchant autre chose, voire rien de particulier, dans une approche issue d’une démarche heuristique qu’on appelle sérendipité, faire affleurer des histoires en filigrane, morceaux d’un roman, récits à demi-mot, (...)
Michel Cosem : Songes et grains d’îles
Proposition d’écriture : La description d’une île fragmentée en très courts poèmes sur ses lieux les plus attachants (ses rues, son port, son église, ses falaises, ses plages, son phare), et les menus événements qui émaillent son quotidien (le départ d’un bateau en mer, l’odeur de café au bar des pêcheurs, une fille au vent du large), les animaux qu’on (...)
Bernard Bretonnière : Cigarette
Proposition d’écriture : Tenter de dresser la liste de toutes les cigarettes que l’on a fumées et les instants qu’on y associe, les personnes, les lieux et les souvenirs que l’on croyait partis en fumée mais qui nous reviennent comme une envie de fumer. Cigarette, Bernard Bretonnière, Wigwam, 2007. Présentation du texte : L’idée de (...)
Jean-Pascal Dubost : Les Quatre-chemins
Proposition d’écriture : Raconter ses souvenirs de vacances passées chez ses grands-parents à la campagne, dans de courts textes centrés autour d’une anecdote qu’on décrit le plus simplement possible, avec les mots de ses rédactions d’enfant. Les Quatre-chemins, Jean-Pascal Dubost, illustré par Martine Mellinette, Collection Poèmes pour (...)
De l’affirmation
L’Occident, c’est cette civilisation qui a survécu à toutes les prophéties sur son effondrement par un singulier stratagème. Comme la bourgeoisie a dû se nier en tant que classe pour permettre l’embourgeoisement de la société, de l’ouvrier au baron. Comme la capital a dû se sacrifier en tant que rapport salarial pour s’imposer comme rapport social, (...)
Ariane Dreyfus : La belle vitesse
Proposition d’écriture : Courts poèmes, notes prises à la volée, éclats, éclairs de la vie des enfants qui nous entourent, que l’on regarde avec tendresse et émotion, en surimpression de nos propres souvenirs d’enfance. La belle vitesse, Ariane Dreyfus, illustrations de Valérie Linder, Le farfadet bleu, Le dé bleu, 2002. Présentation du (...)
Gaëlle Obiégly : Faune
Proposition d’écriture : Concevoir un journal intime sous la forme d’un bestiaire composé d’une succession de courts récits chacun racontant un épisode de notre existence. Faune, Gaëlle Obiégly, L’arpenteur, Gallimard, 2005. Présentation du texte : « Faune a plutôt été écrit par associations. Mais quand même, une chronologie subsiste dans le (...)
Éric Meunié : Poésie complète
Proposition d’écriture : Se trouver à la juste distance de ce que l’on observe pour le saisir dans son ensemble et en détail sans jamais s’en laisser aucunement imposer, afin de noter, avec une extrême précision, ce que l’on voit, ce que l’on vit. Ordonner ensuite ces textes par ordre de grandeur, du plus petit au plus grand, suivant le nombre de (...)
Les routes américaines, par le photographe Jeff Brouws
Après plus de vingt ans à parcourir les routes américaines, le photographe Jeff Brouws se décrit sur son site comme un « anthropologue visuel avec appareil photo ». Drive-in, vieux panneaux de signalisation et bâtiments abandonnés, il a développé un goût pour les lieux transitoires et les paysages désolés comme dans la série Approaching nowhere. Il (...)
William Cliff : Immense existence
Proposition d’écriture : Faire remonter des souvenirs lointains, souvenirs amoureux, souvenirs des lieux de l’enfance et des parents, des voyages aussi, pour constituer le matériau de l’écriture, en bifurquant du réel au ressenti du réel, du détail à l’émotion du détail, de la ressouvenance au désabusement ironique de la ressouvenance. Dans des textes (...)
L’OuLiPo recherche dans les catalogues
La plupart des bibliothèques ont des catalogues, à l’aide desquels on peut trouver les livres de la bibliothèque. Jacques Roubaud propose, dans la lettre de la BNF, de construire des catalogues plus limités que ceux que l’on trouve dans ces bibliothèques, sur des principes plus rigoureux que le simple ordre alphabétique. Il a donc inventé sa première (...)
Bernard Chambaz : Eté
Proposition d’écriture : Tenter de capter ce qui fuit, ce qui a été, ce qui est là, l’absence comme la présence, souvent mêlées, tentative d’opérer une coupe profonde, quasi géologique, à la manière d’une carotte dans la glace, dans l’épaisseur d’un jour d’été, d’un instant, dans la forme d’un nuage. Espace de mémoire, de création, de lectures, de souvenirs (...)
L’exercice de la littérature
« Il apparaît de plus en plus que le livre, aussi indispensable qu’en reste l’instance, n’est qu’un élément dans l’intervention littéraire. Donc l’exercice de la littérature, qu’on le considère du point de vue de son action collectivement conduite dans le monde réel, ou qu’on le considère du point de vue de nous-même auteur. Ce n’est pas d’aujourd’hui que (...)
Danielle Collobert : Dire 1 et 2 in œuvres I
Proposition d’écriture : Explorer la douleur comme les rues d’une ville. Déambulation intérieure qui pousse à parcourir les lieux qu’on visite et à se parcourir soi-même, exploration de la chair douloureuse dans une série de phrases chuchotées à l’oreille de quelqu’un, souvent constituées d’un seul verbe à l’infinitif, comme si la langue se devait de (...)
Florence Pazzottu et Giney Ayme : La place du sujet
Proposition d’écriture : Aller à la rencontre d’un lieu, d’une silhouette ou d’un événement, et n’en garder que les empreintes recomposées, en poèmes, dans la tension d’une distance, la nécessité d’une objectivation, afin d’approcher poétiquement un fragment du réel. Il ne s’agit pas de tableaux peints sur le motif, mais d’un imprévisible événement de (...)
C’était un rendez-vous
Le metteur en scène français Claude Lelouch réalise en 1976 un court-métrage C’était un rendez vous où un homme traverse Paris en voiture très tôt un matin d’été pour retrouver une jeune femme à Montmartre. Le film montre, pendant un peu plus de 8 minutes, une traversée de Paris à grande vitesse, réalisée en un seul plan-séquence filmé depuis l’avant (...)
Philippe Adam : Canal Tamagawa
Proposition d’écriture : Composer un monologue sous la forme d’un opéra-parlé oscillant subtilement entre vers libres incantatoires et petites situations narratives pour mieux revisiter de l’intérieur les ultimes moments d’un être disparu, connu ou inconnu. Canal Tamagawa, Philippe Adam, Verticales, 2004. Présentation du texte : Dans (...)
Frédérique Guétat-Liviani : (Appareils)
Proposition d’écriture : L’espace d’un instant. La traduction la plus sensible, la plus immédiate d’une expérience, celle du quotidien, de la sensualité, de l’amour, de l’approche de la mort, de l’Invisible. L’expérience d’une écriture des profondeurs, dans une fragilité du poème. (Appareils), Frédérique Guétat-Liviani, Farrago / Léo Scheer, 2002. (...)
Régine Detambel : Petit éloge de la peau
Proposition d’écriture : Faire l’éloge d’un sens, d’une partie du corps humain, brèves variations et fragments mêlés de témoignages médicaux, d’anecdotes littéraires, artistiques ou historiques, de souvenirs personnels, de dictons, de citations, d’aphorismes, de réflexions poétiques saisissant les mystères du corps humain dans le contexte singulier de sa (...)
Anne Savelli : Fenêtres, Open Space
Proposition d’écriture : Tenir une forme de journal du regard autant qu’une tentative d’inventaire de l’espace urbain, en procédant par répétitions, déclinaisons, diffractions de ce qui se donne à voir et à comprendre, dans la brièveté et le mouvement. Quand on prend le métro par exemple, pendant les quelques minutes passées chaque jour sur le même (...)
Cécile Mainardi : Je suis une grande Actriste
Proposition d’écriture : Ecrire un monologue qui s’amuse avec la langue, la déplie et la déploie, noue avec l’expérience sensible, l’interprète à la manière du musicien à mesure qu’il s’emballe, casse ses rythmes, à toute vitesse les varie, puis les syncope doucement, dans un décalage permanent, le déséquilibre toujours affleurant, jusqu’à nommer ses (...)
Edith Azam : Mercure
Proposition d’écriture : Une écriture proche de l’oralité, travaillée par certaines boucles et décrivant un état psychique qui se rapproche d’un lyrisme de la folie, jouant sur la fragilité du je. « Il y a quelque chose d’animal, d’archaïque... c’est toute une machine qui se met en marche, une flèche qui part et qui doit être juste : la puissance est (...)
Jacques Sivan : Écho Écho, les témoignages, récits, et confessions que vous avez aimés (1993-1998)
Proposition d’écriture : Établir un dialogue entre un texte informatif (une nouvelle d’une phrase que l’on extrait d’un journal) et un texte poétique que l’on écrit en travaillant principalement autour du mot, les transformations qu’on peut lui faire subir pour jouer sur son sens, ses sonorités, sa lisibilité, en oubliant le plus possible la norme (...)
François Bégaudeau : Entre les murs
Proposition d’écriture : Révéler l’état brut d’une langue vivante, la nôtre, dont l’école est sans doute la plus fidèle chambre d’échos. Restituer les propos de différents interlocuteurs (élèves, parents, professeurs) dans leur forme parlée (provocations, conflits, discussions, dialogues de sourds, insultes, jargons ou affrontements verbaux). Entre (...)
Hélène Sanguinetti : D’ici, de ce berceau
Proposition d’écriture : « Laisser parler – capter ces voix qui montent de partout – donner une forme (et une forme qui résiste) au magma, au bric-à-brac – univers dont est fait l’être que nous sommes un moment sur la terre. Revient pour moi toujours l’inépuisable question du qui suis-je, par là, de l’origine et du devenir, beaucoup de passé nous (...)
Anne Parian : Poèmes-addition
Présentation du texte : Le poème-addition est une sorte de révélation esthétique qui permet au langage de transcender le réel. C’est l’irruption dans le champ de la conscience d’une expérience, d’un objet, d’une personne ou d’un fait quotidien sous la forme d’une addition chargée d’intense d’émotion, susceptible de se transformer en mots et d’ajouter de (...)
Les doigts dans la prise
Je me souviens qu’avec un ami d’enfance, pour obtenir un court instant les pouvoirs inespérés d’un super héros, nous glissions nos doigts, index et majeur, dans les prises électriques de la maison et nous testions ensuite notre force ainsi décuplée en détachant avec succès des plaques de Légo que nous avions soigneusement collées les unes aux autres en (...)
Michel Valprémy : Albumville
Proposition d’écriture : Autour d’un mot choisi dans le vocabulaire urbain (kiosque, quartier, bus, rue, pavés, vocabulaire urbain), retrouver la ville de son enfance, à travers de courts textes aux sonorités en échos, au-delà des assonances, exercices de précision rythmique, de composition, de phrasé, où les mots s’aimantent à toute vitesse, (...)
A thousand windows
L’effondrement d’un monde. On pourrait s’amuser à dresser la liste des analogies, des correspondances qui relient entre elles les compositions de ce programme. Débris d’une maison ruinée, souvenirs piteux - tapisserie, papiers froissés, pipe, verre, mandoline en lambeaux, que les sinistrés ramènent d’entre les gravats. Pas seulement la lenteur d’une (...)
Alain Veinstein : Dancing
Proposition d’écriture : La puissance vitale de la danse, dans le rythme partagé par d’autres. Dancing, Alain Veinstein, Seuil, 2006. Présentation du texte : Un homme fuit dans la nuit sur sa moto, il fuit sa solitude à travers le chaos des banlieues en ébullition, à la recherche d’un dancing aperçu une nuit précédente. Le trajet en (...)
Jacques Perry-Salkow : Le Pékinois (Petit dictionnaire anagrammique des célébrités)
Proposition d’écriture : Les lettres des noms forment, sans que l’on s’en rende vraiment compte, dans le secret de leur ordre dispersé, sous forme d’anagrammes, le portrait en filigrane de nos amis et connaissances. En établir la liste la plus exhaustive possible. Le Pékinois : Petit dictionnaire anagrammique des célébrités, Jacques (...)
Sophie G. Lucas : Nègre blanche
Proposition d’écriture : Une histoire se termine (disparition d’un proche, virage brutal dans sa vie, changement de cap), on tourne la page, la page se tourne, quelques traces encore nous reviennent en mémoire, flashs, instantanés, brefs retours en arrière. Une série de phrases, courtes respirations, ramassées sur elles-mêmes, dans un souffle (...)
Hallali sur l’hanami
Le chef de la météorologie nationale nippone a dû faire des excuses publiques mercredi après avoir annoncé prématurément l’ouverture de la saison des cerisiers en fleurs, rituel printanier célébré chaque année par le Japonais. La saison annuelle du « hanami » (« regarder les fleurs » en japonais), qui dure souvent moins d’une semaine, draine des millions de (...)
Philippe Grand : Tas II
Proposition d’écriture : Tentative de saisir sa voix juste, sa propre voix. L’exercice de connaissance de soi sur rien et à partir de rien, qu’on entreprend pour soi, que l’on s’adresse comme premier lecteur, est d’une extrême difficulté : reprises, approches de divers sens par diverses formes, approches de diverses formes par divers sens, (...)
Claire Legendre, Jérôme Bonnetto : Photobiographies
Proposition d’écriture : Une image, un texte. Une image et son texte en écho. Décrire ce que l’on a vécu et ce que l’on voit sur l’image. Un ensemble de textimages, de photobiographies. Photobiographies, Claire Legendre, Jérôme Bonnetto, Hors Commerce, 2007. Présentation du texte : « En décembre 2002, j’ai investi dans un petit (...)
Joris Lacoste : Purgatoire
Proposition d’écriture : C’est une contrainte particulière, pour un texte, d’appeler le corps. Par à coups, par essais, par tentatives. Cela passe essentiellement par le rythme mais c’est aussi une affaire de tonalités, de volume. Créer des ruptures, des trous d’air, des continuités, des accélérations, des suspensions, des dérives, travailler sur des (...)
Jeanne Hyvrard : La Formosité (Inventaire de la Beauté et de toutes les formes de forme)
Proposition d’écriture : Tenir à jour un éphéméride de pensées, de couleurs, d’objets, de sensations guettant la beauté sous toutes ses formes. La Formosité (Inventaire de la Beauté et de toutes les formes de forme), Jeanne Hyvrard, Atelier de l’Agneau, 2000. Présentation du texte : Chaque jour d’une même année, Jeanne Hyvrard a guetté (...)
Christophe Petchanatz : Les AlfredsSéance 172
Proposition d’écriture : Écrire une suite de courts textes sous forme de récits faussement détachés, entre humour et tendresse, sur le vide des apparences. Avec une écriture, concise, rapide, entrecoupée de parenthèses, de digressions, fouiller les profondeurs inexploitées de l’instant, entre les couches résistantes de la réalité, tracer des (...)
Univers, univers
Elle sait qu’elle fait partie de l’espèce, d’un troupeau immense planétaire. Elle jette son temps avec mépris, à sa mort personne ne pourra jamais la soupçonner d’avoir fait quelque chose pour quelqu’un, elle n’aura participé à rien d’autre qu’au roulis hagard du quotidien. Elle pense qu’ailleurs rien ne se produit, elle ne respecte pas la souffrance, elle (...)
Joseph Mouton : Le projet Sombr’Héros
Proposition d’écriture : Relater sa difficile insertion dans le monde actuel et les tourments que suscitent en nous les processus de l’écriture, la montée des phrases, les devoirs de la création. L’écriture est un geste, une gymnastique, une mécanique. Évoquer avec humour et avec clarté les questions que soulève... « la structure de la langue, qui (...)
Joël Hubaut : Put-Put, Epidemik
Proposition d’écriture : Analyser des situations paradoxales et des événements tragico-hilarants, en ayant recours à la parodie, à la pratique de l’absurde et à la dérision, pour interroger les débordements de notre société. La déstabilisation engendrée par la répétition de signes d’écriture épidémique, un immense collage/assemblage qui prend la forme (...)
Daniel Labedan : Mon grand-père était cow-boy
Proposition d’écriture : Ecrire une suite de courtes nouvelles, gouffres et bonheurs simples sous forme de microfictions, où s’enchaînent événements absurdes, souvenirs infimes, portraits savoureux, récits insouciants s’inscrivant dans les interstices d’un quotidien que l’on observe avec gravité et légèreté. Mon grand-père était cow-boy, Daniel (...)
Cicatrice
Nous étions sans sommeil : couchés dans les roues d’horloge de la mélancolie, et nous courbions les aiguilles comme des férules, et elles jaillissaient en arrière et elles fouettaient le temps jusqu’au sang, et tu parlais à des crépuscule grandis, et par douze fois j’ai dit "tu" à la nuit de tes mots, et elle s’est ouverte, et elle est restée (...)
L’évènement
Il semble que notre problème, en cours de route, ait tout à fait changé. Nous demandions quelle était la nature des compatibilités et des incompatibilités alogiques entre les évènements. Mais, dans la mesure où la divergence est affirmée, où la disjonction devient synthèse positive, il semble que tous les évènements même contraires soient compatibles (...)
Régis Jauffret : Univers, univers
Proposition d’écriture : S’immerger dans les eaux troubles d’un cerveau, à la recherche des étincelles de la vie. Le portrait d’une femme multiple en quelques traits finement choisis, au travers d’une succession d’emprunts, de sauts de puce et d’animations, donner une idée de ce qu’est la nature du monde, d’un côté, et la nature de la fiction, de (...)
Francis Dannemark : Une fraction d’éternité
Proposition d’écriture : Souvenirs, impressions, réflexions, anecdotes, aphorismes et quelques citations, questions ou clins d’œil. Chaque poème est éclairé de la situation qui l’a soufflé à son auteur. Ou comment l’écriture vient au poète, sans vraiment qu’il ne le veuille, comme ça, parce qu’un moment de la vie, soudain, ouvre cette brèche dans (...)
Jacques Ancet : Vingt-quatre heures l’été
Proposition d’écriture : « Chaque heure est un poème, chaque poème une heure. Un voyage de l’infime, éclats, fils, feux, fraîcheur, moiteur des corps… Vivacité, violence, naissance et mort, un passage de l’insaisissable… La voix de ce qui se tait mais insiste… Le compte de ce qui ne s’ajoute pas mais recommence. » Vingt-quatre heures l’été, Jacques (...)
Michel Butor : Anthologie nomade
Propositions d’écriture : Décrire un lieu à la manière d’une recette de cuisine. Raconter un voyage qu’on n’a pas encore fait au futur antérieur. Les nuages dans le ciel forment d’étranges et fugitifs tableaux, tenter d’en dresser l’inventaire. Anthologie nomade, Michel Butor, Gallimard, Collection Poésie / Gallimard, 2004. (...)
Emmanuel Fournier : Croire devoir penser
Proposition d’écriture : Écrire un texte composé de propositions philosophiques qui fait abstraction des substantifs en privilégiant, de façon exclusive, les modes impersonnels du verbe (infinitif, mais aussi gérondif et participes). Tenter l’expérience de la déconjugaison par laquelle le verbe, laissé intact, se déclinerait exclusivement à (...)
Frédéric Léal : Let’s let’s go
Proposition d’écriture : Raconter un événement, un spectacle, une anecdote, en s’inspirant de faits réels qui n’ont pas eu lieu et en les décrivant sous tous les angles et avec tous les tons et les sons possibles, en composant un texte polyphonique à la forme éclatée. Let’s let’s go, Frédéric Léal, P.O.L., 2005. Présentation du texte : (...)
Jean-Michel Reynard : L’Eau des fleurs
Proposition d’écriture : Une mère, elle incarne autant la langue que la mort, c’est aussi parce qu’en elle, comme dans toutes les mères, s’érige le premier rapport d’une communauté fondée sur la séparation des corps. Un monologue impétueux creusé de bouts de perceptions sensibles, de réflexions doublées de confessions, confrontées au regard d’une (...)
Springtime can kill you
La patience est la clé de la délivrance. D’accord, mais donne-moi une contrainte. Le gratuit, c’est souvent les produits nouveaux. Les premières fois, on passe beaucoup de temps, mais après on prend très vite ses marques. Pas sûr que le jeu en vaille la chandelle. C’est vrai que c’est du travail. La réflexion est une arme à deux tranchants. Nous voilà (...)
Thierry Beinstingel : Composants
Proposition d’écriture : Décrire minutieusement les objets du quotidien, la répétition de gestes machinaux, laborieux, jusqu’à donner le vertige, dans un bric-à-brac qui multiplie pêle-mêle les structures du néant. Utiliser des phrases nominales courtes, cinglantes, pour y parvenir, des verbes à l’infinitif, ou à l’aide du pronom personnel "on". La (...)
Fabienne Yvert : Par la fenêtre
Proposition d’écriture : Faire le portrait en creux de vos voisins, les décrire en une série de brèves saisies de réel, vignettes de textes courts, clins d’œil, anecdotes pointues et pointes d’ironie, pas d’histoires mais passages de témoins, miniatures, récits concis mais circonstanciés, tableautins et versions réduites d’images instantanés, tenant (...)
Emmanuel Laugier : Mémoire du mat
Proposition d’écriture : Tourner dans le vide du texte, mots, les mêmes, en leitmotiv, suivant le rythme du souffle, ses saccades, ses essoufflements, ses syncopes, la vie qui se continue et ne cesse de se jouer. Comprendre pourquoi et comment une part du temps et de l’espace vécus se dérobe à la mémoire. Inquiétude de l’origine et de l’identité à (...)
Noëlle Renaude : Ma Solange, comment t’écrire mon désastre, Alex Roux
Proposition d’écriture : Faire défiler dans un long monologue de très nombreux personnages qui se rencontrent, se coupent, s’entrechoquent ou ne se rencontrent pas : un voisin, une amie, un père, un fils, et tous les autres, qui prennent corps et langue, tout autant pour le plaisir de la lecture que pour celui du théâtre, pour former un roman (...)
Patrick Dubost : Cela fait-il du bruit ? (Ecrits pour la voix)
Proposition d’écriture : Ecrire quelques phrases avec une fin donnée pour inventer le début et créer un refrain. Ecrire des phrases se terminant par exemple par « pour ne pas mourir » ou « n’existe pas » puis y intégrer des mots trouvés par hasard dans un livre ou un dictionnaire. Enregistrer (ou noter) successivement les phrases lues une à une en (...)
Emmanuelle Pagano : Le tiroir à cheveux
Proposition d’écriture : Aborder de l’intérieur le poids des paroles et du regard des autres, le poids du jugement, du reproche, l’incompréhension comme le poids d’un regard muet et bienveillant. Décrire le quotidien d’une femme qui pourrait être notre voisine, se glisser dans sa peau comme pour lui faire un signe. Par les sens, comme en aveugle, (...)
Laurent Mauvignier : Dans la foule
Proposition d’écriture : Une histoire de trajectoire, de trajets individuels, chacun part de chez lui, les trajectoires vont se croiser, se nouer, se dénouer. Sauf que non, les trajectoires partent de plus loin, et elles sont aveugles. Tous parlent, bien sûr, ils tiennent tous leur rôle, ce ne sont pas des rôles, ce sont des vies, mais tous ne (...)
Céline Minard : R.
Proposition d’écriture : Inventer un nouveau langage, une écriture du mouvement, de ce qu’il déplace en nous et hors de nous dans la durée de son déroulement. Une tentative inédite de retranscrire la marche dans tous ses états, associations et impressions, expérience du temps, observation de la nature, considérations métaphysiques. R., Céline (...)
Lancelot Hamelin, Sylvain Levey, Philippe Malone, Michel Simonot : L’extraordinaire tranquillité des choses
Proposition d’écriture : Un tissage entre des espaces, des temps identifiés, singuliers, et des imaginaires qui les débordent. Un emboîtement de fragments et de matériaux, un voyage entre les genres et les écritures. Trajets dans la cité et parcours dans un réseau d’écritures, entrelacements de fragments entre chroniques et fictions, réalité et (...)
Claude Yvroud : Arrête arrête continue continue
Proposition d’écriture : Expliquer son rapport à l’acte photographique, cette opération de la photographie, les interrogations qu’elle implique, et dans cette captation du réel, saisir ce qui fait face à l’objectif et le mettre en liaison avec le travail de la langue, dans un texte dont le rythme trépidant de la phrase qui se cherche, sinueuse, (...)
Esther Tellermann : Encre plus rouge
Proposition d’écriture : Fragments, organisés en suite ou séquences. Histoire de processions et d’origines. Couleurs, sons, lieux et temps. Y accéder par bribes, par morceaux tombés. Autant de points de vue différents sur une réalité qui nous échappe. Série déterminée de mots dont les variations, le rythme, les reprises forment un récit énigmatique et (...)
Chloé Delaume : J’habite dans la télévision
Proposition d’écriture : Devenir son propre sujet d’étude, se soumettre aux flux de messages médiatiques et publicitaires, ingurgiter le maximum de programmes de divertissement, pour en ramener « des informations du réel » et comprendre en quoi consiste la mise en disponibilité mentale des téléspectateurs. À travers cette expérience limite, cerveau (...)
Hélène Bessette : Le Bonheur de la nuit
Proposition d’écriture : Une prose rythmée par une multitude d’images poétiques et de formules télégraphiques, recourant à une extrême tension qui renouvelle la typographie même de la page, tout en empruntant au théâtre son régime de dialogues rythmés, qui met en scène la comédie humaine d’une société animée par le pouvoir de l’argent, succession de voix (...)
Le travail des preuves
« Les spéculations qui parsèment le Journal, j’ai conscience qu’elle ne relèvent pas du bon sens près de chez nous. Elles ne relèvent pas de l’espèce de bon sens ni poétique ni philosophique, que cultive remarquablement un essayiste comme Pachet aujourd’hui. Ce ne sont pas seulement des notes vécues. Ce ne sont pas des vécus recyclés, à deviner. La (...)
Rémi Faye : Entre les marges
Proposition d’écriture : Le poème comme un désir d’attraper et de tenir dans un rythme, une image, les surprises de l’instant, un devenir. Entourer le poème par une amorce et une conclusion faites de bribes de phrases de la vie quotidienne afin de montrer comment le poème surgit du langage quotidien, comment il domine brusquement ce chaos du (...)
Christophe Lamiot Enos : Albany, Des pommes et des oranges, Californie - II
Proposition d’écriture : En faisant acte de remémoration, se replacer dans quelques-unes des circonstances d’un événement particulièrement intense pour en examiner, chronologiquement, la teneur. Raconter, à travers des séries (scènes sur le vif, portraits, paysages), ce qui nous a le plus frappé. Rapporter ce que sa mémoire conserve à vif, images (...)
Renée Gagnon : Des fois que je tombe
Proposition d’écriture : Pousser la mémoire des lieux et des corps en avant des mots qui la fixent. Les mots ne sont plus dès lors que des rythmes spatialisés qui insufflent à la langue une vie pantelante. La simplicité de cette écriture tient à son évidence rythmique, le vers ne ponctue pas, il fait voir la capacité de ponctuation d’un mot, sa (...)
Hugo Duchesne : Furie Zéro, bâtons
Proposition d’écriture : Phrases courtes, ellipses et laps, ponctuation amnésique, coq à l’âne et tête à queue, je féminin, suggestions sexuelles, plages de souffle et rythmes endiablés constituent la morphologie polymorphe d’une voix et de son énoncé iconoclaste. Le débit - Furie bonds - s’impose dès le début, s’y débat, crée une ambiance débordante et (...)
Ryoko Sekiguchi : Héliotropes
Proposition d’écriture : On prononce assez rarement les noms scientifiques des plantes, les laissant ainsi dans une distance qui les sépare des langues parlées couramment et les maintiennent dans une irréductible altérité. Ecrire un poème sur le thème du jardin, en réfléchissant à l’impact de ces noms qui peuvent constituer une « sortie » du poème en (...)
Virginie Lalucq : Couper les tiges
Proposition d’écriture : Le texte évoque sa propre élaboration, engendré par la démarche même de son écriture, et cette dernière se réalise à mesure qu’elle se reporte, qu’elle s’essaye elle-même en hypothèses, produit à intervalles réguliers des interrupteurs syntaxiques remettant les compteurs narratifs à zéro, sans l’effet d’un procédé appliqué (...)
Patrick Beurard-Valdoye : L’Europe en capsaille
Proposition d’écriture : Ecrire le journal de bord d’une errance au cours de laquelle on s’immerge totalement dans un lieu et l’on construit son récit à partir d’écoutes, de documents retrouvés, de paroles libérées. Un manuscrit enfoui, une lettre oubliée, un journal local d’époque. Partir à la rencontre des souvenirs, fouiller les mémoires, hanter les (...)
Kenneth White : Le Passage extérieur
Proposition d’écriture : Nommer les choses pour qu’elles soient, faire sentir et voir la présence des éléments - terre - eau - lumière, des animaux et des paysages (roches, vents, pluies, aurores, oiseaux, rivages). Les nommer pour leur donner place dans l’univers. Des poèmes brefs, vifs, enlevés mais sans envolées lyriques. Le Passage (...)
Maryline Desbiolles : Le Petit col des loups
Proposition d’écriture : L’attente, la sensualité de la grossesse, ses résonances avec la nature. Le rapport d’une femme à son corps, à son état et à son entourage. Le Petit col des loups, Maryline Desbiolles, Éditions du Seuil, collection Fiction & Cie, 2001. Présentation du texte : Une très jeune femme est enceinte d’un soldat (...)
Jean-Loup Trassard : Objets de grande utilité
Proposition d’écriture : Recenser ces objets utilitaires connus de tous, si proches de notre quotidien que l’on a perdu aujourd’hui le sens de leur présence. Ces objets patinés par le temps, nus comme au premier jour, ici réellement animés. Une évocation chargée de sentiments dans le déploiement, peut-être dialogué, du souvenir. Objets de (...)
Gilles Moraton : Nina, un portrait
Proposition d’écriture : A partir de brèves notations de faits et gestes quotidiens, de descriptions d’instants partagés avec une personne qu’on aime, faire son portrait, en courts fragments qui commencent tous par son prénom. Nina, un portrait, Gilles Moraton, Éditions L’Anabase, collection la Chrysolithe, 1999. Présentation du texte : (...)
Véronique Pittolo : Exploration
Proposition d’écriture : Le personnage est le matériau d’une fable poétique à ré-inventer. Le personnage est une instance, un paramètre qui permet de mettre du narratif dans la poésie. Faire pivoter les formes traditionnelles (conte, poème, scénario, livret d’opéra), altérer les genres et se livrer à un processus de décantation. Entre autobiographie et (...)
Henri Chopin : Poésie Sonore Internationale
Proposition d’écriture : Création spontanée de mots et de sons nouveaux, en permutant, superposant, juxtaposant, accélérant, ralentissant tour à tour des sons, en récurrence. A travers la sonorité des mots, mis à mal, ces derniers perdent leur prétendu sens, tout en créant de nouveaux mots au hasard. Franchir la barrière qui sépare musique et poésie, (...)
François Rannou : la Librairie
Proposition d’écriture : « je sais où mon livre tient son rang serré mais je retarde le moment de se retrouver. afin d’aiguiser encore davantage la sensation de son manque. des fragments, des pages, des paysages se projettent entre ma mémoire et ma faim, construisent par bouts-séquences un fantasme du livre que, du coup, mon écriture d’alors (...)
Henri Lefebvre : Les unités perdues
Proposition d’écriture : Dresser l’inventaire de ses projets oubliés, de ses rendez-vous manqués, de ses pas perdus, de ses rêves détruits, évanouis, ravis, toutes ses phrases inachevées ou même jamais commencées. La violence des circonstances de chaque disparition ou leur prosaïsme les magnifiant. Les unités perdues, Henri Lefebvre, Virgile, 2004. (...)
Jean-Luc Parant : Les Yeux, L’Envahissement des yeux
Proposition d’écriture : Que voit-on quand on voit ? Qu’est-ce que le regard ? Qu’est-ce que le visible ? Entre nos mains et nos yeux, les mots s’interposent toujours, nous croyons voir mais ne faisons que lire. D’ailleurs le regard en lui-même n’est pas l’instrument d’information et de constat que l’on croit : il n’est pas qu’un aller et retour, (...)
Nicolas Tardy : Conférencer
Proposition d’écriture : Donner à entendre le discontinu discours sur le monde, dans un texte où se croisent plusieurs regards, bric-à-brac de conférence et conte à rebours, bribes de textes à l’emporte-pièce et jeux de mots approximatifs, assonances et les allitérations, un voyage spatio-temporel, un va et vient permanent entre réalité et fiction : (...)
Mohammed Dib : Feu beau feu
Proposition d’écriture : L’écriture est une forme de saisie du monde qui s’effectue dans un mouvement de recul de celui qui écrit par rapport au monde et par rapport à l’écriture. Dans ce creux, dans cette distance, mû par l’espoir d’écarter de soi les dangers de la vie qui est sauvage tout comme la parole comparée à l’écriture qui peut servir à (...)
Frédéric Boyer : Kids
Proposition d’écriture : Chercher dans ces détails qui font que la vie en famille est heureuse ou pesante, l’anecdote, le sens opaque, lointain et transparent de toute existence. Kids, Frédéric Boyer, P.O.L., 2000. Présentation du texte : Les enfants dont il est question dans ce livre de Frédéric Boyer, sont tout à la fois ceux que (...)
Éric Giraud : La Fabrication des Américains
Proposition d’écriture : Décrire un pays en énumérant tous les stéréotypes, emblèmes, objets, outils, figures et déterminismes liés à celui-ci. La Fabrication des Américains, Eric Giraud, Éditions Contre-Pied, 2006. Présentation du texte : « La fabrication des Américains », est une énumération de pages ponctuée de notes, d’interviews et de (...)
Jean-François Bory : Le cagibi de Messieurs Fust et Gütenberg
Proposition d’écriture : Les calligrammes allient le travail sur le sens et sur l’image. Les mots ont des visages. Composer le portrait de l’un d’eux en jouant sur les variations de taille, de couleur, d’épaisseur, la place des mots dans la page, la mise en espace et la typographie, afin d’induire des manières différentes de lire, de dire. (...)
Vannina Maestri : Mobiles
Proposition d’écriture : Agencer les mots comme des suggestions, les disperser sur la page de façon à encercler les espaces laissés vacants, ainsi rendus disponibles aux scintillements du langage. Libérer le sens des significations fossiles. Cerner les vides où se déploie une langue sans cesse mouvante et néanmoins tenue. Mettre en évidence le (...)
Hubert Lucot : Pour plus de liberté encore (slogans hyperlibéralistes)
Proposition d’écriture : Établir une liste d’aphorismes entre slogan politique et maxime poétique, à partir de collages de textes aux provenances variées, manchettes de journaux et annonces publicitaires détournés. Pour plus de liberté encore : slogans hyperlibéralistes, Hubert Lucot, Voix éditions, 2000. Présentation du texte : (...)
Jacques Séréna : Isabelle de dos
Proposition d’écriture : La dispute est le point d’orgue d’une tension, d’un instant en suspens. Revenir sur un moment critique de sa vie, en rapporter les paroles dans le récit que l’on fait de cet épisode. Un dialogue, une conversation à bâtons rompus. Le drame est dans les détails. Isabelle de dos, Jacques Séréna, Minuit, 1989. (...)
La raison vide de vraie pensée
« ...Et nous pensons que depuis quatre cents ans la conscience européenne vit sur une immense erreur de fait. Ce fait est la conception rationaliste du monde qui dans son application à notre vie de tous les jours dans le monde donne ce que j’appellerai « la conscience séparée. » Vous allez tout de suite comprendre ce que je veux dire. Vous savez tous (...)
Guillaume Fayard : Sombre les détails
Proposition d’écriture : Dans le mouvement déambulatoire de la marche, décrire ce que l’on voit, ce que l’on perçoit, le flot des passants, la foule des mots courant sous le flux des images, la ville défilant sous nos yeux par à-coups, brusques déplacements en fragments décousus, dans ce décor discontinu, une suite d’émotions, d’échos fugitifs, et de (...)
Paul Nizon : Canto
Proposition d’écriture : Ecrire la vie avec des mots qui bougent. Célébrer les fastes d’une ville et la beauté des femmes dans une subtile alternance de tonalités, de rythmes et de styles, portés par une ferveur jubilatoire, une exubérance de l’expression, une orchestration rutilante. Divisé en plusieurs mouvements comme une partition. Un canto. Un (...)
Jean Echenoz : L’occupation des sols
Proposition d’écriture : Avec une écriture alerte et ironique déjouer les poncifs, revisiter la tradition, multiplier les clins d’œil et faire tanguer les repères historiques, sociologiques et linguistiques. Par cette esthétique du tremblé, poser un regard neuf sur l’univers contemporain. Interroger la place de l’homme dans un territoire marqué par (...)
Petr Král : Notions de base
Proposition d’écriture : S’étonner des moindres faits quotidiens, ceux que l’on ne voit pas, que l’on ne voit plus, les actes banals, les sentiments communs, tous ces lieux qui font notre lot quotidien. Notions de base, Petr Král, Flammarion, 2005. Présentation du texte : « Des voyages de poésie pensante. » C’est ainsi que Roger-Pol (...)
Emmanuelle Pireyre : Congélations et décongélations (et autres traitements appliqués aux circonstances)
Proposition d’écriture : Pour améliorer la réalité, mettre en place une stratégie consistant à s’attaquer aux circonstances, celles qui s’agitent autour des choses et font que le monde nous échappe et nous laisse interdit. Pour y parvenir, écrire des petits blocs de prose poétique. D’un côté, noter comment les choses apparaissent et disparaissent. En (...)
Spéléologues
Des spéléologues, c’est ainsi qu’on appelle ces gens qui ont voué leur vie explorer des grottes, et qui suscitent toujours le plus vif intérêt surtout chez les citadins lecteurs d’illustrés, ont récemment exploré une grotte située entre Taxenbach et Schwarzach, qui tait jusqu’ici reste complétement inexplorée, comme nous l’avons appris par le journal. A (...)
Michel Vinaver : La demande d’emploi
Proposition d’écriture : Ecrire un texte sur le travail, sur le monde du travail, le monde qui nous entoure et comme il nous travaille : absence de lieu, rupture de chronologie, enchevêtrement des motifs et des rythmes. Dans les espaces mélangés, les personnages que l’on décrit entrecroisent leurs temps et se parlent. Et comme souvent, chacun est (...)
NYC
Dans le baiser de qui la langue est dans la bouche de qui ; deux langues sont dans deux bouches, une et une langue est dans une et une bouche, deux langues sont le baiser. Ainsi la lumière dans l’avenue, l’avenue dans la lumière, la lumière dans la pluie et la pluie dans la lumière selon une incessante alternance. Heureusement sinon comment le (...)
Liliane Giraudon : Mes bien(aimé(e)s
Proposition d’écriture : Ecrire la biographie sommaire de son auteur préféré, en utilisant le nom de celui-ci pour entrer dans son univers, en jouant sur un décalage entre l’idée que l’on s’en fait traditionnellement et une logorrhée relatant ses péripéties. Mes bien(aimé(e)s, Liliane Giraudon, (dessins de Christophe Chemin), (...)
Ma langue va mourir
Ma langue va mourir. On le dit, et sans doute en va-t-il des langues comme des civilisations, des religions. Ma langue va naître puisque j’écris, puisque nous l’écrivons, la parlons. Il faut à cette jeunesse toujours commençante le support d’une insondable vieillesse. Qui parle de décadence ? Les moribonds seulement, les muets, les traitres, les (...)
Anne-Marie Albiach : Figurations de l’image
Proposition d’écriture : Interroger l’entrecroisement et les trames multiples du discours que le poème forme en avançant dans sa propre matière langagière. Sortir de sa forme et de son cadre pour donner à voir l’informel. Il n’est pas tant question de représenter la réalité (qui n’est qu’une représentation), mais bien de présenter l’énergie, la tension (...)
Frank Smith : Je pense @ toi
Proposition d’écriture : La répétition du terme je pense à toi agit comme un déclic, un irrésistible élan, qui permet d’écrire à l’être que l’on aime. L’aveu devient témoignage et tendre ritournelle aux travers de phrases-souvenirs, pensées et regards furtifs. Une déclaration d’amour à la recherche de l’autre soi-même. Je pense @ toi (Ça ne prouve (...)
Jacques-François Piquet : Noms de Nantes
Proposition d’écriture : Puiser dans le nom des rues, des quartiers du lieu où l’on a passé sa jeunesse, matière à écrire de courts textes autobiographiques, fragments de vie, biographie familiale, les lieux fonctionnant comme théâtre de la mémoire. Noms de Nantes, Jacques-François Piquet, Joca Seria, 2002. Présentation du texte : (...)
L.L. de Mars & Stéphane Batsal : Moteurs, ou Les Augures
Proposition d’écriture : Ecrire un texte à plusieurs mains, et permettre que d’autres puissent ensuite le fouiller, le prolonger, le dérouter, sur le secret d’itinéraires quotidiens, trajectoire d’une errance urbaine qui peut devenir lieu d’errance et de suprême disponibilité à l’insolite sous toutes ses formes. Itinéraire méthodique plutôt que (...)
Olivier Brun : Chocolat
Proposition d’écriture : « Caprice ou mélancolie, chocolat est cette gourmandise faîte de tout petits mots volés aux hiers brouillons, lorsque la peine encore prévalait sur le sourire. Bouche fendue de l’enfance, glace sans tain, grimace que me renvoie aujourd’hui, comme un lointain reflet, ce visage dont je ne suis pas sûr qu’il soit le mien. » (...)
Raymond Federman : Mon corps en neuf parties
Proposition d’écriture : Donner à lire les épreuves que l’on a traversées, les morceaux d’une existence reconstruite au fil du texte qu’on écrit, au long de ce parcours corporel et temporel. Ce que les yeux ont vu, ce que le nez a senti, ce que les phalanges ont touché, toutes ces sensations qui les ont formés et dont ils sont pétris. Dans ce regard (...)
Dominique Grandmont : L’air est cette foule
Proposition d’écriture : C’est une manière de s’approprier un espace, de l’apprivoiser, d’en prendre la mesure. Une méditation sur ce que l’on perçoit du monde et de son entourage. Une théorie de souvenirs rassemblés un à un, grain à grain, pour en maîtriser le flot. Aphorismes en faux rhizomes. Pour évoquer le silence. L’air est cette foule, (...)
La vérité de son absence
Parfois moi aussi j’ai le vertige. Qu’est-ce qu’une phrase interrogative ? Une question qui attend une réponse ? Pourquoi pas. Mettons les points sur les I. Finalement, ses mots sont comme autant de baillons. Des ballons ? Non non avec un I. Puisque je te dis avec un I. Des ballons ? C’est une question. On est d’accord. Moi aussi il me perd dans les (...)
Michel Deguy : Spleen de Paris
Proposition d’écriture : « Quel est celui de nous qui n’a pas, dans ses jours d’ambition, rêvé le miracle d’une prose poétique, musicale, sans rythme et sans rime, assez souple et assez heurtée pour s’adapter aux mouvements lyriques de l’âme, aux ondulations de la rêverie, aux soubresauts de la conscience ? C’est surtout de la fréquentation des villes (...)
Antoine Emaz : Entre
Proposition d’écriture : Un paysage qui nous est familier, que l’on observe tranquillement depuis chez soi, un jardin, une cour, une place. Parvenir à l’expression la plus brève et la plus tendue pour décrire cet endroit, ce qui passe entre le dehors et ce qui nous est intérieur. Non pas l’état premier de la sensation, mais l’aboutissement de notre (...)
Marie-Claire Bancquart : La paix saignée suivi de Contrées du corps natal
Proposition d’écriture : Ecrire sur les deux endroits géographiquement éloignés l’un de l’autre dont ses lignées paternelle et maternelle sont originaires. En ces lieux se confondent des histoires différentes. Collecter ces histoires, ces anecdotes, dans les archives familiales ou la mémoire locale et les restituer dans un poème où le questionnement (...)
Eugène Savitzkaya : Exquise Louise
Proposition d’écriture : De son enfance, et la naissance d’un enfant, ses gestes, ses attitudes, ses expressions, rappellent beaucoup de choses. C’est un réel rafraîchissement de la mémoire. Se concentrer sur son enfant, le regarder vivre et le présenter au monde en dressant son portrait dans un texte où l’on répète à loisir le prénom qu’on lui a (...)
Arno Calleja : À la bétonnière
Proposition d’écriture : Transmettre le ressenti brut de la langue, la parole, l’écriture, à la vitesse des mots. Dans une sorte de rumination, de mastication verbale, en prenant systématiquement à revers les règles habituelles d’expression, en jouant sur des redondances de séries, afin d’introduire d’infimes décalages, et de prendre distance avec (...)
Jean-Michel Maulpoix : Une histoire de bleu
Propositions d’écriture : Se livrer à une méditation poétique en forme de variation sur une couleur de son choix en l’approchant tour à tour sous un angle plutôt abstrait, et sous un angle plus concret, charnel même, la couleur, les objets, les sensations nées de cette couleur. Une histoire de bleu, Jean-Michel Maulpoix, Mercure de France, (...)
Discordante bande son
23 novembre New Orleans Amour en poudre, en cendre, en pleurs. Le monde me redevient opaque et ordinaire. Poulet au chocolat. Sandwich de dinde aux huitres frites. Je tire un rideau de larmes sur le Mississippi. Assise en tailleur dans l’herbe, béate et souriante, une femme me masse la plante des pieds avec une bouteille de Coca. L’Amérique est (...)
Mathieu Bénézet : Détails, Apostilles
Proposition d’écriture : Rendre compte au plus près des états successifs ou simultanés d’une conscience, au fil d’un temps comme arrêté. Lui donner une forme éclatée, mêlant descriptions quotidiennes et réflexions critiques, notations intimes et fragments de poèmes livrés en vrac, tout cela composant peu à peu une sorte de "journal de voyage" poétique, (...)
Jérôme Bertin : Round 99
Proposition d’écriture : Ecrire un texte en une phrase qui grandit par des ajouts internes, sortes d’incrustations successives, reprises et ponction d’éléments extérieurs, avec une apparence de décousue et de conjonctions sans logique qui forment un entassement haletant où rien ne semble avoir ni commencement ni fin. Un flux ininterrompu de (...)
Yves Bonnefoy : Les planches courbes
Proposition d’écriture : Effectuer un retour en arrière comme l’on revient vers sa maison natale (moins celle où l’on a réellement vécu que celle que l’on transporte en soi), revenir sur les images du passé, l’expérience de l’enfance, porteuse d’une mémoire en éveil et une espérance, une confiance dans l’avenir, où s’annonce « l’avènement du monde » dans (...)
André Du Bouchet : l’ajour
Proposition d’écriture : Ecrire face au monde, c’est témoigner, comme le dit Blanchot de Celan, que l’on est à côté de quelque chose d’absent dont on doit témoigner malgré tout. Une présence au monde, au plus près de la terre et du poids des éléments. Nommer les choses par leur nom et leur espace (un espace réduit à peu d’éléments (feu, air, vent, terre, (...)
Emmanuel Hocquard : Album d’images de la Villa Harris
Proposition d’écriture : Ecrire un texte de type élégiaque, qui tient à la fois du récit, du discours et du poème, pauvre dans sa précision, économe dans le choix des mots, peu d’adjectifs, d’adverbes, d’images et de métaphores. La description d’un lieu par exemple, avec le ton du relevé d’indices, du rapport d’enquête, ou la brièveté de la carte (...)
Claude Chambard : "Ce qui arrive"
Proposition d’écriture : Puiser dans notre histoire et garder la mémoire de tout ce qui peut y être conservé, compilé, inscrit, annoté, dans l’attente de resservir : les mots, les odeurs, les lieux... Les images nostalgiques de notre enfance : les mots en appellent d’autres, et, par vagues, les souvenirs envahissent l’esprit, puis la page. Le (...)
vider le cache
Le livre est un vague amas de brouillons contradictoires. Je l’ai examiné une fois : au troisième chapitre le héros meurt, au quatrième il est vivant. c’est à cause du nom vous savez, un nom c’est juste quelques lettres il pouvait changer de nom chaque chapitre la mort du héros, c’est pour semblant J’écris sans imagination, par manque d’imagination. (...)
Bernard Faucon : La peur du voyage
Proposition d’écriture : Une image, une métaphore, une équation existentielle que l’on s’empresse de noter au fil du temps, une impression fugitive, des moments furtifs, des portraits croqués sur le vif. Des bouts de textes, fragments sur le vertige d’être là. La peur du voyage, Bernard Faucon, William Blake & Co., 1999. Présentation (...)
Charles Juliet : Au pays du long nuage blanc
Proposition d’écriture : Une image, une métaphore, une équation existentielle que l’on s’empresse de noter au fil du temps, une impression fugitive, des moments furtifs, des portraits croqués sur le vif. Des bouts de textes, fragments sur le vertige d’être là. La peur du voyage, Bernard Faucon, William Blake & Co., 1999. Présentation (...)
Sylvain Courtoux, Nihil, Inc._7
Proposition d’écriture : Composer un texte comme un morceau de musique, à partir de fragments de phrases répétées, mises en boucles, de rythmes entraînants et variés aux sonorités étonnantes, en mixant plusieurs sources textuelles de natures différentes. Nihil, Inc._7, Sylvain Courtoux, IKKO, 2005. Présentation du texte : Ce texte est (...)
TROUBLEtrouble
une façon de se sentir épars éparpillé, papillon paille et papille pas pire mais pille pile poil la fois [tre] important de cette chose coupe te pose de soi cette importance là à côté de soi, comme une autre personne mais personne autre que soi, [celle] n’a plus qu’une feuille d’importance mince où à glisser entre soi et toi un soir une façon de se (...)
Fabienne Courtade : Il reste
Proposition d’écriture : S’éloigner du monde pour mieux le saisir. Face à l’aveuglement et au vide s’efforcer de redonner forme à ce qui n’est plus, et parvenir à nommer l’absence, pas l’absence de quelqu’un mais une absence plus globale, mener une réflexion sur le silence, sur le vide, sous la forme d’une sorte de répétition, de déplacement des corps (...)
Tenir un journal
« Ni rature, ni reprise, ni biffure. Les phrases comme elles viendront, sans les comploter. Et interrompues sitôt que suspendues. La syntaxe à l’avenant de la composition... Enfin peut-être parviendrais-tu, dans la faible mesure de tes moyens, émuler tes contemporains, racontant leur vie, pissant de la copie de vécu - et s’y croyant. Tu aurais pu (...)
Pierre Guyotat : Éden, éden, éden
Propositions d’écriture : Explorer des territoires sauvages, interdits, dangereux ; raconter la guerre : l’horreur, le viol, la torture ; affronter la mort à travers la sexualité, ou la sexualité à travers la mort ; transgresser les lois, lever tous les tabous, afin de retrouver cet Éden perdu ; enfin faire parler une langue, un souffle, un chant, (...)
Christophe Marchand-Kiss, Regard fatigué
Propositions d’écriture : Décrire un lieu (dans lequel on n’a pas été depuis longtemps) comme si on y était. Inventaire en mouvement dont on rapporte avec soi quelques objets-souvenirs en s’interrogeant sur le temps qui passe et la mémoire qui flanche. Regard fatigué, Christophe Marchand-Kiss, Collection PaRDèS, Éditions Aleph, 1998. (...)
L’inscription
« Le thème annoncé était "L’inscription". Le titre exact de l’éditorial impersonnel est aujourd’hui "L’inscription et le comportement. » Les citoyens ont l’habitude d’inscrire leur nom sur des papiers et des listes. S’inscrire, c’est s’inscrire sur et s’inscrire dans. S’inscrire un club = y entrer, accepter les règles d’un milieu = imprimer un nom sur la (...)
Jean-Pierre Verheggen : Ridiculum vitae
Proposition d’écriture : Établir la liste des hommes et des femmes de sa vie, ou celle des mots qui nous sont chers, mots de passe ou mots d’ordre, ou bien encore celle de tous ces lieux que l’on affectionne tout particulièrement, parce que l’on y a vécu ou que l’on a toujours souhaité s’y rendre, différents endroits dont on déforme à loisir les (...)
Christophe Fiat : New York 2001 (poésie au galop)
Proposition d’écriture : Prenez une date importante pour vous (une rencontre, un décès, un passage, une transformation) et racontez ce qui s’est déroulé ce jour-là, à l’aide de courtes phrases syncopées, dans un texte au rythme haletant qui brasse l’événement et permet d’entrer dans le vif du moment, de cerner au plus près son actualité. New York (...)
Laure Limongi & Thomas Lélu : Rumeur des espaces négatifs
Proposition d’écriture : « Comment circonscrire la figure humaine ? Masquer les traits de ses pulsions ? Révéler son désir en cachant son identité ? Monnayer son reflet en icône ? Revêtir des mythes ? Lire les masques ? Les nuances de leur diversité ? Amputer son je sans le nier ? Dérouler les histoires d’un cliché, d’un regard photographié ? (...)
Jérôme Mauche, Électuaire du discount
Proposition d’écriture : Évoquer une suite de souvenirs personnels sous forme de courtes histoires, anecdotes singulières, parfois absurdes, qui s’inscrivent dans un environnement quotidien, série d’images successives qu’une phrase unique rapproche du monologue. Électuaire du discount, Jérôme Mauche, Le Bleu du ciel, 2005. Présentation du (...)
Jean-Pierre Ostende : Voie express
Proposition d’écriture : La dérive urbaine d’un homme, un personnage qui tient à la fois du roman noir et du roman de critique sociale, la reconstituer le plus froidement possible, de manière objective et descriptive, avec des phrases très courtes, un rythme haletant, passages entre lesquels se glissent des fragments plus personnels et lyriques (...)
Julien Gracq : Les Eaux étroites
Proposition d’écriture : Explorer, longtemps après, les lieux de son enfance, refaire le chemin à l’envers et laisser l’écriture glisser au rythme du film qui se déroule, le mouvement d’une barque sur l’eau, le rituel d’un trajet (à pied, à vélo, en voiture), ce que l’on y voit dans sa répétition, et le mouvement sans retour du cours de ce flux de (...)
Louis Calaferte : La mécanique des femmes
Proposition d’écriture : Tenter de mettre à jour la spécificité du sexe opposé à partir de sa mécanique propre. Une accumulation de mots glanés au fil des jours qui disent le sexe, fragments du désir amoureux qui forment le texte. La mécanique des femmes, Louis Calaferte, Gallimard, collection Folio, 1994. Présentation du texte : Louis (...)
Joe Brainard : I remember (Je me souviens)
Proposition d’écriture : « Je me souviens d’avoir projeté de déchirer la page 48 de tous les livres que j’emprunterais à la bibliothèque publique de Boston mais de m’en être vite lassé. » Former un poème à partir d’un choix de textes (comme autant de pages arrachées à ses livres de chevet, ses ouvrages de référence) et d’autant de pages originales. (...)
Christof Migone : La première phrase et le dernier mot
Proposition d’écriture : Choisir sa propre stratégie de remise en jeu, de remise en circulation des livres de la bibliothèque - aussi bien, du "bagage" langage : focale(s) et ustensile(s), chacun les siens. Sortir du couloir moi. La première phrase et le dernier mot, Christof Migone, Le Quartanier, 2004. Présentation du texte : La (...)
Alain Fleischer : Là pour ça
Proposition d’écriture : Réécrire une ou plusieurs fois la page 100 d’un livre qu’on n’a pas encore lu. Garder les trois premières phrases intactes, puis modifier le reste en conservant quelques éléments, en développant une partie et supprimant d’autres parties tout en restant dans le cadre d’une page dont on n’écrira jamais la suite. Là pour (...)
Le palimpseste des hétéronymes
Question : Il reste un dernier point que j’aborderai sans détour, si vous le voulez bien. Que peut nous dire le romancier qui, sous pseudonyme, fut récompensé par un prix ? Réponse : Votre curiosité est insatiable, mais je vous pardonne, et je vais m’efforcer d’y répondre. Ce romancier, plus exactement cet auteur de nouvelles que vous avez (...)
BLANC comme vide
ne pas mieux dire pour un rappel. Courir en arrière Couvrir Ce qui existe titre d’apparence sous titre d’appartenance quelque chose ou quelqu’un marque ce qui concerne quelque chose ou quelqu’un / d’autres lieux. un Dpt d’autre Un [ ] Passage Au plus pur [L’accent est mis, dansant sur Tout un domaine, rez de (...)
Didier Arnaudet : Exercices d’équilibre
Proposition d’écriture : À partir d’éléments hétéroclites de conversations interrompues, de phrases sur tout et sur rien, de citations sans mention d’auteurs, de slogans politique ou publicitaire c’est au choix, de questions sans réponses ou d’idées toutes faîtes, le tout mis bout à bout, construire un curieux montage à la manière du copié/collé où des (...)
chambre d’espacement 2
ça vous tombe dessus d’un coup BLANC comme vide, vide la chambre lu mire cligne l’œil ébloui où ? est où dit-il de l’œil qui cligne, devrait-il soulever voilure pour mer haute ? ou rester amarré bas plus bas, on gagne en air, l’air de rien permet d’être la foule permet du dos rond l’anonyme silhouette furtive, ne plus savoir si oui ou non ne plus compter (...)
La face de silence
« mémoire maladie dont la plaie est diffuse quelqu’un pose son œil et fait sécher le temps la nuit coule à côté blanchie par le sommeil des choses et tout le ciel en rond se fige devenu » Bernard Noël, La face de silence, P.O.L., p.42.
Mémoire parcelle tout à fait infime de la vie vécue
« La mémoire, elle non plus, sans une approche mathématique. La donnée fondamentale, c’est le rapport numérique entre le temps de la vie vécue et le temps de la vie stockée dans la mémoire. On n’a jamais essayé de calculer ce rapport et il n’existe d’ailleurs aucun moyen technique de le faire ; pourtant, sans grand risque de me tromper, je peux supposer (...)
François Matton : J’ai tout mon temps
Proposition d’écriture : Des moments qui se suivent et qui parfois ne se ressemblent pas. Une histoire commence avant de dévier vers une autre. Amas de sensations, d’impressions si courtes, des flashs de mémoire, des épiphanies. L’ensemble forme un journal écrit ou dessiné plus que surprenant. J’ai tout mon temps, François Matton, P.O.L., (...)
Remarques sur moi en guerre contre moi
Les faits dont parlent tous ces articles de journaux deviennent irréels dans ce contexte. J’ai retiré les titres et les signatures. J’aime l’idée que peut-être en retirant les titres on puisse lire L’ordre est peu près chronologique, mais je ne cherchais pas une narration linéaire. Simple phrases courtes, constats factuels juxtaposés sans ordre (...)
Jan Baetens : Vivre sa vie
Proposition d’écriture : Adapter votre film préféré sous forme de texte en vers ou en prose. Vivre sa vie (Une novellisation en vers du film de Jean-Luc Godard), Jan Baetens, Les Impressions Nouvelles, Collection Traverses, 2005. Présentation du livre : Comme son titre l’indique Vivre sa vie est « novellisation en vers » du film (...)
Julien d’Abrigeon : Pas Billy the Kid
Proposition d’écriture : Décrire le héros fétiche de son enfance, à partir de différents documents réels ou imaginaires, fragments hétéroclites, à collecter et à agencer de manière à faire apparaître en creux son propre portrait sous le palimpseste de celui de son personnage préféré. Pas Billy the Kid, Julien d’Abrigeon, Al Dante, Collection Niok, (...)
Renaud Camus : Est-ce que tu me souviens ?
Proposition d’écriture : Tenir le journal d’une année, à partir d’une compilation de différents textes, publiées ou republiées cette année-là, romans, nouvelles, essais, recueils de poèmes, pièces de théâtre, articles de journaux, prospectus, dépliants publicitaires ou touristiques, articles de dictionnaires ou d’encyclopédies, modes d’emplois, cartons (...)
Laure Limongi : Je ne sais rien d’un homme quand je sais qu’il s’appelle Jacques
Proposition d’écriture : « Dans le souvenir clos d’une personne, il y a tout un monde. Les existences croisées se suivent, se suivent. Des abscisses et des ordonnées très personnelles. Il s’agirait de cerner, cela suppose des contours. Nous ne percevons que des fragments. Les bribes qui forment une constellation, réunies en album. Ce n’est pas une (...)
Avec le feu
On oublie parfois ce que l’on écrit, sa portée. C’est peut-être aussi pour ça qu’on écrit. C’est assez beau du reste l’idée que cette portée est musicale et rien d’autre que cela le sens qu’on veut y mettre, que l’on veut y insuffler, c’est dans cette direction qu’il faut aller, à l’oreille, suivre son instinct Depuis si longtemps cette phrase, entre nous, (...)
Écrire, écrire, écrire...
« A vrai dire, je me sens plutôt fatigué. J’écris sans arrêt, presque d’une aurore à l’autre, produisant un chapitre par jour... ou plus. Quelle chose grande et puissante que l’art ! Étant donné ma position, je devrais tenter quelque chose... oui, m’agiter, me démener, brouiller ma piste... Bien sûr, il n’y a pas de danger immédiat, et j’ose dire qu’il n’y (...)
Un journal
« Hélas, mon récit dégénère en un journal. Pourtant, il n’y a rien faire ; j’ai pris l’habitude d’écrire, au point que je suis maintenant incapable d’y renoncer. Un journal, je l’admets, est la forme la plus basse de la littérature. » La méprise, Vladimir Nabokov, Gallimard, Collection Folio n°2295, 1991, (...)
Graffitis
Sur les murs de San Francisco, le pavé de Brooklyn, les trottoirs de Londres, fleurissent des graffitis un peu spéciaux. Des mots écrits en bleu, soulignés. Un indice familier pour les internautes, suggérant un lien hypertexte. De fait, il suffit de cliquer dessus en envoyant avec son téléphone portable ou son email le mot en question assorti du (...)
Lucien et Josiane Suel : Visions d’un jardin ordinaire
Proposition d’écriture : Décrire un paysage famillier, en utilisant la technique du vers justifié, c’est-à-dire en limitant chaque vers du poème à 37 caractères, hors ponctuation, aucun mot ne pouvant être artificiellement coupé. Visions d’un jardin ordinaire (poèmes et photographies), Lucien et Josiane Suel, Marais du Livre, 2004. (...)
Thomas Braichet : On va pas sortir comme ça on va pas rentrer
Proposition d’écriture : Raconter une journée banale en découpant le récit de celle-ci en plusieurs fragments travaillés dans leur dimension graphique, visuelle mais surtout sonore ou musicale. On va pas sortir comme ça on va pas rentrer, Thomas Braichet, P.O.L., 2004. Présentation du texte : Un livre découpé, fonctionnant avant tout (...)
Claude Esteban : Étranger devant la porte
Proposition d’écriture : S’inspirer d’une peinture et composer, comme traduit de sa propre émotion, un texte en regard, vers ou prose. Sur la page, le texte s’inscrit en filigrane. Découpes du vers ou de la séquence, syncopes dans le lacis des lignes, tirets pour unique ponctuation, espacements, tout concourt à une appréhension spatiale, (...)
La zone
« La zone est peut-être un système très complexe de pièges... Je ne sais pas ce qui s’y passe en l’absence de l’homme, mais à peine arrive quelqu’un que tout se met en branle... La zone est exactement comme nous l’avons créée nous-mêmes, comme notre état d’âme... Je ne sais pas ce qui se passe, ça ne dépend pas de la zone, ça dépend de nous. » Stalker (...)
Bernard Noël : Le retour de Sade
Proposition d’écriture : Le monologue est un type de dialogue qui se caractérise par la présence d’une tirade plus ou moins longue prononcée par un personnage qui est seul en scène. Un seul personnage, pas d’action, un long monologue de caractère assez rhapsodique, pour ne pas dire décousu. Un homme parle, dérisoire et pathétique tentative de (...)
Le portrait de l’auteur
« Je crois que la condition idéale de l’écrivain se développe, quand il n’a pas de visage, de présence, mais que le monde qu’il représente occupe tout le tableau comme Shakespeare, dont il ne reste aucun portrait qui puisse nous servir à savoir comment il était, ni aucune information qui explique vraiment quelque chose sur lui. Aujourd’hui, au contraire, (...)
Claude Minière : Étude de Nuages
Proposition d’écriture : Lever les yeux au ciel, tête inclinée en arrière, regarder sans fin glisser les nuages, à leur rythme, le rythme des nuages dans le ciel, lent, lentement, le ciel est bleu, c’est une couleur, bleu ciel, un bleu clair, pastel, layette on dit pour un bébé, le ciel est bleu et blanc de nuages, parsemé de nuages, lever les yeux (...)
La forme d’une ville
« La forme d’une ville change plus vite, on le sait, que le cœur d’un mortel. Mais avant de le laisser derrière elle en proie à ses souvenirs - saisie qu’elle est, comme le sont toutes les villes, par le vertige de la métamorphose qui est la marque de la seconde moitié de notre siècle -, il arrive aussi, il arrive plus d’une fois que, ce cœur, elle (...)
Hélène Frappat : Sous réserve
Proposition d’écriture : Ecrire un texte à partir d’une sélection de citations d’auteurs connus ou inconnus choisies pour leurs thèmes communs et l’écho qu’elles peuvent avoir avec ce que l’on a vécu, tout en se permettant, dans la composition du texte, l’ajout progressif de brefs textes personnels. Sous réserve, Hélène Frappat, Allia, 2004. (...)
Henri Deluy : Je ne suis pas une prostituée, j’espère le devenir
Proposition d’écriture : En mêlant notes éparses, évocations fugaces de souvenirs, de lieux, d’événements historiques, de portrait de personnalités ou d’anonymes, décrire un pan entier de son passé et tracer avec gravité le portrait en creux de toute une vie. Ecrire une succession de poèmes très brefs, cinq ou six vers fragmentés avec des phrases très (...)
E la nave va
La foule m’a toujours fait peur, je n’ai pas honte de le dire. Sa bestialité à peine matiné de grandiloquence. Il y a eu une grande manifestation à laquelle a massivement participé le lycée de Montgeron où j’étudiais lors des manifestations estudiantines et lycéennes s’opposant au projet de loi Devaquet, alors ministre de l’éducation de Jacques Chirac. Je (...)
Alain Frontier : Portrait d’une dame
Proposition d’écriture : Dresser le catalogue des phrases tour à tour anodines, grandiloquentes, burlesques, insignifiantes ou cocasses, qu’on prononce au quotidien dans le couple. Ecrire une fiction d’après ces paroles (amitiés, paysages, lectures, épopées domestiques, aphorismes et sentences). Portrait d’une dame, Alain Frontier, Al Dante, (...)
Gérard Noiret : Pris dans les choses
Proposition d’écriture : Décrire un lieu anodin, une scène banale, les silences de ces lieux ou de ces moments qu’on a tendance à ne plus voir, à l’aide de notations très précises et en même temps distantes, de touches tour à tour enjouées ou mélancoliques, avec une attention pudique pour ce que l’on évoque. Pris dans les choses (1985-2002), (...)
Yannick Liron : L’effet fantôme
Proposition d’écriture : Un lieu, un instant, le décrire en quelques mots simples, termes que l’on retrouve communément dans le "corpus poétique" et pour chacun de ces mots, composer un texte fait d’une succession d’énoncés plus ou moins fragmentés, enchevêtrés, collés les uns aux autres, pouvant même juxtaposer et confronter délibérement des (...)
Le palimpseste
« Un texte peut toujours en cacher un autre », écrit Gérard Genette, mais il le dissimule rarement tout fait. Le palimpseste c’est la manière de reprendre en matériau pour des échafaudages nouveaux, d’anciennes nouveautés. Sans recourir la lointaine pratique économique de ce remploi de parchemin, gratté pour un nouveau message, en gardant ce terme qui (...)
Projet palimpseste
Tout ce qui ressurgit dans le réel d’une réalité passée. Dans la ville, traces de démolition d’habitat ancien, tag qu’on efface et dont ils ne restent qu’un fragment ou tag qui vient effacer par son écriture un autre écrit, signalisation, affiches, adresses, couches de bitume qui en recouvrent de plus anciennes, comme autant de strates de temps (...)
Journal en ligne
Pline rapporte qu’Apelle se livrait avec tant de zèle à son art, qu’il ne passait pas un jour sans toucher son pinceau. Nulla dies sine linea. Écrire tous les jours pour dire quoi au juste ? Faire le récit de sa vie au quotidien ? Pas un jour sans une ligne. Prendre le prétexte d’un cadeau (un calendrier Taschen que nous a offert Anne avec des (...)
Valérie Mréjen : Mon grand-père
Proposition d’écriture : Faire le portrait de sa famille en s’attardant sur chaque membre à tour de rôle, chaque branche de l’arbre généalogique que l’on décrit en très peu de phrases, anecdotes ou souvenirs très précis, instantanés dont la mémoire a gardé la trace indélébile. Mon grand-père, Valérie Mréjen, Éditions Allia, 1999. Présentation du (...)
FRESHLY FOUND LABYRINTH
Elle appelle plusieurs fois de suite à la maison. Je sais qu’elle va passer ce soir. Avant qu’elle arrive je dispose ma caméra dans un endroit bien placée, cadrant à la fois toute la salle à manger et tellement en évidence qu’on ne la voit pas. Enfin j’espère. Elle passe. Elle n’enlève même pas son manteau, ne défait pas son épaisse écharpe. Peu importe. (...)
MORDRE ET RÊVER
des extraits choisis de conversations volées ne peuvent être reconnus contre moi que mes écrits des séances de media training pour apprendre aux magistrats à communiquer avec la presse et à contrôler l’information La parole est au procureur cet avis tient lieu de faire-part comment ai-je pu dire un truc pareil ? car il ne s’agit pas de se faire (...)
LA COULEUR D’UN MONOLOGUE
certains persistent à confondre colère sourde et atonie rage froide et somnolence on ne partage rien ou si peu... l’épreuve de force est inévitable nous sommes allés au maximum de ce que nous pouvons faire compte tenu des contraintes qui pèsent sur nous le maximum dans la limite du raisonnable l’épreuve de force est raisonnable la diversité est (...)
LES LUNETTES ADOUCISSANTES D’ALAIN JOUFFROY
C’est toujours pareil. Le moment venu on renonce. On recule. C’est tellement plus simple. On se fait tout un film. Je ne vais pas y aller. C’est mieux que je n’y aille pas. en fait ce n’est pas si important. Il ou elle le fera aussi bien lui-même. Je rentrerais plus tôt chez moi comme ça. J’éviterais ce qui me gêne. Reculer pour mieux... Et finalement (...)
L’intermédiaire
Chassé du pays, il se replie vers ce qui sera selon l’expression d’un enquêteur son “sanctuaire affectif.” Il vit en état de prostration, incapable de communiquer autrement que par écrit. Leur intimité n’est pas un secret pour lui. Pendant plus de quinze ans, il règne en maître sur sa propriété. “Un type froid et méprisant. Un vrai con”, déclare le (...)
Michael Glück : Cette chose-là, ma mère...
Proposition d’écriture : Ecrire un texte sur la mort d’un parent, d’un ami, d’un proche, texte présenté en deux parties alternant poésie en vers et poésie en prose. Dans la première partie, s’arrêter sur des détails (physiques, anecdotiques), sur un mot, sur une impression et y consacrer un court texte (phrases hachées, ourlées sur elles-même). Dans la (...)
Pseudopode
J’écris depuis longtemps, je n’ai pourtant jamais publié sous ce nom. Je m’appelle Pierre Ménard. C’est un nom d’emprunt bien évidemment. Un pseudo comme on dit. Pseudopode. Avant j’écrivais sous une autre identité. J’étais un autre homme. Oui, je sais c’est un peu désuet. "Je est un autre." Plus rien n’est pareil. J’ai voulu changer. J’ai changé de nom. (...)
BLEU TRES NOIR
on dit que les bords de côte regorgent de requins Les gens d’Aceh ne veulent plus manger de poisson du ciel ce ne sont plus que de vastes et innombrables langues de terre vierges D’un bleu très noir Plus âme qui vive Plus de traces Que la mémoire de ce qui fut Les personnes interrogées y voient l’assurance d’une belle vie et plein de vacances selon (...)
Créateur d’intérêt
C’est votre personnalité qui compte pour nous. Des projets qui nous rapprochent. Négociateurs de créances. Recherchons des candidats sachant convaincre. Recrutement immédiat. Entrez dans la vie active en poursuivant vos études. Excellence des goûts, qualité de l’accueil. Goûtez au plaisir d’entreprendre. Rapide progression de carrière possible. (...)
Laurent d’Ursel : Au diable les écrivains heureux
Proposition d’écriture : Composer un texte court ou texticule (slogan, aphorisme, morale, résumé d’une intrigue inédite, poésie, parodie, cadavre-exquis, énumération pseudo-scientifique, etc.) à partir d’une récolte de livres dont on ne garde que le titre. Attention, ne jamais réutiliser un titre d’un texte à l’autre. Au diable les écrivains (...)
HUNDERTWASSER HOUSE / 2.
Elle entre dans l’appartement en silence, s’approche lentement de la salle de bain, la porte est entrebâillée, travelling avant, une épaisse vapeur d’eau brouille la vision qu’on a sur le seuil de la porte de l’homme endormi dans son bain. Elle s’approche plus encore. L’homme fait semblant de dormir. Elle pointe son arme sur sa tempe. Il l’attrape à la (...)
HUNDERTWASSER HOUSE / 1.
Son comportement est inadmissible. Je vous le dis moi. Non mais c’est vrai. Tout à coup, pouf, on ne sait pas pourquoi, elle se ferme. On ne l’entend plus. Rideau. Quand on lui pose des questions il faut la forcer à répondre. A peine un murmure. L’impression d’avoir dit un mot de trop. Je ne dis rien. Son aveu sur le pas de la porte comme une (...)
Jean-Pierre Bobillot : Crevez le matelas de mots ! & autres poëmes
Proposition d’écriture : Écrire à voix haute c’est faire rendre gorge à la langue que l’on se choisit. C’est déconstruire et recomposer un langage d’emprunt, par rebonds successifs, un poème qui s’invente par séquences et saccades, jusqu’à se transformer en une parole d’effraction et de révélation : "Brute de langue." Crevez le matelas de mots ! & (...)
Julien Blaine : BiMOT
Proposition d’écriture : Un mot en appelle un autre. De manière figurative par exemple : « Tracteur (fait lever la) POUSSIÈRE ». Ou de manière sonore : « Éboulis (produisent des) FLUX ». BiMOT, Julien Blaine, Les Éditeurs évidant, 1990. Présentation du texte : « Suite et prolongement de 13427 poèmes métaphysiques, Bimot propose une approche par le (...)
Philippe Clerc : Oostende
Proposition d’écriture : Reconstitution d’un paysage à partir de personnes, connues ou inconnues, qu’on y a croisées, à des époques différentes, en décrivant chaque scène qui vous revient à l’esprit, à l’aide de courtes phrases pour les inscrire dans une même journée. Oostende, Philippe Clerc, Passages d’encre, collection Trait court n°2, 2003. (...)
Lucien Suel : Coupe Carotte
Proposition d’écriture : Poème express : biffer le maximum de mots, de lignes, d’une page arrachée d’un roman d’amour idiot ou d’un roman policier idiot, jusqu’à arriver à une combinaison satisfaisante pour l’esprit ; une autre façon de briser les lignes d’association… Coupe Carotte, Lucien Suel, éditions Derrière la Salle de Bain, 2002. Présentation (...)
Éric Suchère : lent
Proposition d’écriture : Décrire ce qui est en jeu dans nos perceptions visuelles plutôt que d’en décrire l’objet. « Guette mobile, sans dire, perçois tout, prends l’apparition ou viens et. Je, nomade, débute comme brute et je suis, suis : observation de la transformation de toutes sensations physiques en émotions totales, vite saisies, impossible que (...)
Albane Gellé : Un bruit de verre en elle
Proposition d’écriture : Parler de soi ou d’un proche à différents moments critiques de son existence, comme on fait le portrait d’un autre, d’un inconnu, d’un étranger, avec une distance complice, mais un regard critique. S’aider pour écrire ces textes (une scène précise à chaque fois) de phrases courtes qu’on enchaîne les unes aux autres, sans (...)
Philippe Jaccottet : Cahier de verdure
Proposition d’écriture : Le poème comme expérience. Saisir des événements apparemment anodins, banals, décomposés avec précision dans le texte, de manière presque démonstrative, et le plus brièvement possible, afin d’en détailler et d’en agrandir la succession et les infimes articulations, à la manière dont l’esprit s’en saisit, selon son mouvement et son (...)
François Dominique : A wonderful day
Proposition d’écriture : De manière générale, l’épiphanie désigne chez James Joyce une révélation subite du sens qui permet au lecteur de comprendre le caractère essentiel de ce qui lui est révélé, contrastant souvent avec la forme triviale de ce qui le lui révèle. Aller à la rencontre de ces moments rares où nous sommes saisis par le sens de la vie, sans (...)
Bernard Heidsieck : Le carrefour de la chaussée d’Antin
Proposition d’écriture : Avec un magnétophone, enregistrer tous les sons d’un lieu dans lequel vous évoluez, tout en le décrivant en direct. Après écoute, retranscrire le texte par écrit. Les sons que vous entendez (les décrire, les noter) ainsi que tous vos commentaires (ceux prononcés sur le moment même et puis ceux qui vous viennent (...)
Pierre Parlant : Modèle habitacle
Proposition d’écriture : Dresser l’inventaire de détails vestimentaires (chapeaux, chaussures, manteau, etc.) ou d’objets du quotidien (table, verre, journal), que l’on retrouve au fil de l’histoire (événements historiques, histoire de l’art ou histoire personnelle), et former ainsi votre galerie de figures singulièrement mémorables. Modèle (...)
Jacques Réda : Accidents de la circulation
Proposition d’écriture : Ecrire la ville. Nul besoin de courir le monde, l’univers urbain qui nous entoure est une source constante d’inspiration. Effectuer des petits voyages exploratoires à travers les rues de votre ville, en observant ses flux, la constante mutation de sa géographie. Par l’écriture, reproduire ces mouvements constants au sein (...)
Ludovic Degroote : Pensées des morts
Proposition d’écriture : Mettre des mots sur ses morts, les achever pour qu’on en parle plus. Continuer sa propre usure en usant des mots. Arracher les masques, l’un après l’autre, rien ne demeure que le crâne et la nuit qu’il enferme, ce crâne dont il faut soutenir le regard aveugle. Pensées des morts, Ludovic Degroote, Tarabuste, 2002. (...)
Olivier Barbarant : Essais de voix malgré le vent
Proposition d’écriture : Raconter un moment extraordinaire de sa vie, de ceux que l’on dit gravés à jamais dans sa mémoire. Une nuit hors du commun, par exemple. L’envisager non plus comme un moment figé du passé mais plutôt comme si on l’attendait encore, s’il devait arriver, et par ce renversement de situation temporelle, accentuer sa dimension (...)
François Boddaert : Consolation, désir d’Europe
Proposition d’écriture : Quel poème pour Ruzena Zentnerova ? c’est la question que pose François Boddaert dans la partie de son ouvrage consacrée à la mémoire de cette fillette tchèque morte à onze ans à Auschwitz. Tenter de répondre à cette question en dressant l’inventaire des textes, des films, qui ont posés chacun à sa manière cette même question : (...)
Jacques-Henri Michot : Un ABC de la barbarie
Proposition d’écriture : Réaliser un portrait de soi sous forme d’abécédaire. Avec un travail de narration, une fiction progressive qui s’installe autour du texte, avec tout un système de notes et de renvois (d’ascenseurs). Un ABC de la barbarie, Jacques-Henri Michot, Al Dante, 1999. Présentation du texte : L’ABC de la barbarie de Jacques-Henri (...)
Lambert Schlechter : Smoky
Proposition d’écriture : Contempler ce que l’on voit depuis sa fenêtre et décrire le plus précisément possible le spectacle que l’on y observe. Ce qui se passe dehors même s’il ne se passe rien. Se retourner ensuite et décrire son intérieur. Ce que l’on voit chez soi, ou ce que l’on pense. Ce à quoi l’on rêve, ce qui nous tient à cœur. Composer son texte (...)
Franck Venaille : Hourra les morts !
Proposition d’écriture : Les cafés sont des lieux très particuliers. Lieux de passage, de rencontre. Bruyants, parfois déserts. Décrire l’un de ces lieux où l’on a ses habitudes, à travers une anecdote, un souvenir très précis. « Langue perdue. Retrouvée en ces lieux où les larmes me traversèrent de haut en bas : jusque sur le dessus de mes chaussures (...)
Maurice Roche : Compact
Proposition d’écriture : Relier des petits fragments de textes (slogans, choses entendues, informations, souvenirs, réminiscences ou citations), leur donner sens en les raccordant pour créer différents niveaux de narration. Série de collages et de montages, séquences brèves faits de débordements verbaux, jeux de mots, mots-valises, jeux avec les (...)
Claude Simon : Histoire
Proposition d’écriture : Ce n’est pas la photo de soi-même qui compte ici mais l’image qui fait mémoire pour chacun d’entre-nous. Les images les plus précieuses qu’on emporte avec soi, quelles sont-elles ? Ecrire ce texte sans y mettre de ponctuation pour mieux se contraindre à cette tension de surface des mots, pour mettre en évidence leur rythme, (...)
Jean-Christophe Bailly : Basse continue
Proposition d’écriture : Quelques phrases extraites du journal du matin, fragments de commentaires et d’analyses "à chaud" de notre quotidien. Dans cet empilement qu’on opère, les phrases prennent alors la tournure des dépêches d’agences de presse. A force, on entend presque le bruit de la machine, « non un chant mais une basse continue. » Basse (...)
Anne-Marie Garat : Photos de familles
Proposition d’écriture : « Imaginaire des photographies jamais faites, qu’il ne faut surtout pas faire, réservées. Je développe en chambre noire mes négatifs, mes images latentes. Elles montent, j’assiste à leur montée dans l’attente et le désir, et le travail, dans l’étude. » Photos de familles, Anne-Marie Garat, Seuil, 1994. Présentation du texte : (...)
James Sacré : Si peu de terre, tout
Proposition d’écriture : « Ce qu’il faudrait peut-être c’est donner dans un volume réduit d’écriture et par conséquent avec peu de phrases l’impression que les quelques choses, avec des herbes, deux trois arbres, peut-être un visage, dont je vais parler (je les connais depuis toujours dans la lumière lente et les prés du village) qu’elles donnent (...)
Jean-Jacques Viton : comme ça
Proposition d’écriture : Ce que je vois, les souvenirs que cela éveille en moi, ce à quoi cela me fait penser, et comment ces pensées transforment à leur tour mon regard. Ce que je vis. Ce que je vois. Ce que je pense. Journal du quotidien repris entre les lignes d’un temps qui le dépasse. Le transforme. A l’affût de ces transformations : « toutes (...)
Ivan Alechine : Misère de la vie sans Dieu
Proposition d’écriture : Tenir un journal de bord, un carnet de voyage, dont l’écriture s’ancre d’un côté dans le vif du reportage ou bien d’un autre côté se détache au contraire du monde réel en formant ce que l’on pourrait nommer des « readymades poétiques ». Misère de la vie sans Dieu, Ivan Alechine, Ultramarine Éditeur, 1990. Présentation du texte (...)
Dominique Fourcade : Ciel pas d’angle
Proposition d’écriture : Tenter de parvenir à saisir cet état de la plus intense existence où les mots, justement placés dans le temps et l’espace, viennent donner l’expérience de la vie, plus vraie et plus vitale que toute autre expérience, plus fluide, plus profonde, plus vie que la vie elle-même. Ciel pas d’angle, Dominique Fourcade, P.O.L., (...)
Olivier Domerg, Brigitte Palaggi : Treize jours à New York, voyage compris
Proposition d’écriture : Lors d’un voyage, tenir à jour un « journal de bord » du périple réalisé en autant de photographies que de jours passés sur place. Sur l’ensemble des photographies réalisées là-bas n’en garder qu’une sélection des plus représentatives. De la même manière, écrire un texte à votre retour, qui commencerait par cette phrase : ce qui te (...)
Jochen Gerner : TNT en Amérique
Proposition d’écriture : Prendre une page d’un livre de référence, un classique de la littérature, et noircissez les mots et les phrases de cette page en ne laissant plus apparaître à la fin que quelques mots, à partir desquels vous composerez un nouveau texte. TNT en Amérique, Jochen Gerner, L’Ampoule, 2002. Présentation du texte : Une phrase (...)
Raymond Bozier : Bord de mer
Proposition d’écriture : Tous les jours, et pendant ses vacances notamment, enregistrer ce que l’on voit, ce que l’on ressent face à cette « vacance estivale ». Un paysage de bord de mer, une sensation de torpeur à la campagne, le vent dans les feuilles des arbres, une excursion en montagne, des odeurs, des couleurs, ou ce que l’on ressent la nuit (...)
Denis Roche : Dépôts de savoir & de technique
Proposition d’écriture : Réaliser un autoportrait en prélevant des lignes de 61 signes parmi ses papiers personnels (journal intime, papiers d’identités, courriers administratifs) ou des textes liés à vos centres d’intérêt. Dépôts de savoir & de technique, Denis Roche, Seuil, 1980. Présentation du texte : Les Dépôts de savoir & de (...)
Christian Prigent : L’Âme
Proposition d’écriture : « Des essais d’enregistrement de cette vacuité dont le jeté fait abstraitement bouger, dans le temps d’une journée exemplaire et banale, la diction de quelques choses perçues, de quelques corps aimés, de quelques paysages vus, de quelques bribes de savoirs : dérapages, petites catastrophes du sens, lame de l’âme passée entre le (...)
Pierre Alferi : Les allures naturelles
Proposition d’écriture : Interroger tous les menus mouvements qui nous motivent au quotidien sans qu’on ne les remarque même plus, par la force de l’habitude (le poids de l’existence : « mouvements accomplis hors de soi-même, allures naturelles ou caresses violentes (ceux nerveux, machinaux qui rabaissent au rang des bêtes) sont plus que d’autres (...)
Jacques Rebotier : Litaniques : poésie parade
Proposition d’écriture : Écrire une série de litanies de tailles variables. Litaniques : poésie parade, Jacques Rebotier, Gallimard, collection ’’L’Arbalète’’, 2000. Présentation du texte : Souvent considérée comme une longue et ennuyeuse énumération, la litanie c’est avant tout une langue qui se dit et se redit elle-même. A partir d’un mot sur (...)
Patrick Bouvet : Chaos Boy
Proposition d’écriture : Quelques fragments de commentaires en direct sont sélectionnés (à la télé, à la radio), des bribes d’information (dans la presse), diverses sources médiatiques sous lesquelles se trouve noyé aujourd’hui notre quotidien, progressivement modifiés, interpénétrés, échangés, mixés. Dans cet incongru mixage, les phrases prennent alors (...)
Valère Novarina : Vous qui habitez le temps
Proposition d’écriture : Établir une liste de choses que l’on pourrait avoir à faire dans différents endroits dont on invente pour l’occasion les noms en jouant sur des des mots-valises, des consonances approximatives, des jeux de mots, des raccourcis. Ou des personnages que l’on croise dans la rue saisis dans leur activité instantané (leur donner (...)
Olivier Cadiot : Retour définitif et durable de l’être aimé
Proposition d’écriture : Amorcer le début d’un récit constitué de courts paragraphes d’une phrase, suite de propositions juxtaposées par des virgules que viennent souligner, à la ligne, une phrase brève, des suggestions, des ellipses, des citations, une ponctuation aléatoire, un style indirect libre, coq à l’âne, bribes de mots, de dialogues, monologue (...)
Vincent Tholomé : Photomatons
Proposition d’écriture : « Un poème à la minute est un poème où on écrit un vers par minute. On détermine à l’avance combien de vers il contiendra et donc combien de minutes on disposera pour écrire son poème. On réfléchit pendant une minute à son premier vers puis on l’écrit et on passe le temps restant de la minute suivante à réfléchir au second vers puis (...)
Ghérasim Luca : Héros-Limite
Proposition d’écriture : À partir d’un mot, part d’un mot, tôt ou tard, par tir tirs successifs, succès bien joué tirer à part, des parts, mot syllabe consonnes voyelles consonance et phrase ou bouts boulets tirer à vue à partir de là la phrase phase d’accès le bout de la phrase comme un tunnel, tirer à bout portant, à boulet rouge sur tout ce qui bouge (...)
Pierre Le Pilloüer : Privatif
Proposition d’écriture : Prenez deux mots aux consonances très proches (fête et tête ou dévoiement et dévouement) et faîtes les sonner dans un texte très court proche de la sentence ou d’un poème tenant en une phrase. Privatif , Pierre Le Pilloüer, Le mot et le reste, 2003. Présentation du texte : « Pierre joue avec passion à déplacer les lettres (...)
Édouard Levé : Journal
Proposition d’écriture : Reprendre des articles publiés par des quotidiens et des agences de presse, et en effacer les référents historiques, géographiques, et patronymiques. Mettre l’ensemble au présent de l’indicatif. Réécrire certains passages et en supprime d’autres afin de blanchir une écriture déjà anonyme et collective. Édouard Levé, Journal, (...)
Vincent Sabatier : Jacques Lacan, Jules Michelet. Dans ce livre-lit
Proposition d’écriture : Composer un centon, c’est-à-dire un texte à partir de fragments de textes empruntés à un seul ou à plusieurs auteurs, cousus ensemble et disposés de manière à donner à ces lambeaux, réunis ainsi en corps d’ouvrage, un tout autre sens que celui qu’ils avaient primitivement. Jacques Lacan, Jules Michelet. Dans ce livre-lit, (...)
Jacques Jouet : Poèmes avec partenaires
Demandez à quelqu’un de vous indiquer les cinq mots de la langue française qu’il préfère pour leurs beautés, leurs sonorités, leurs sens, et faîtes de même avec lui. Ecrivez ensuite un poème à partir de ces cinq mots (en vous en inspirant dans le texte même), et placer les en terminaison de chaque vers. Répétez l’opération afin de composer trois strophes (...)
Eric Sadin : 7 au carré
Proposition d’écriture : Former un kaléidoscope de signes et de récits sur la ville où vous vivez, afin de la décrire, voire la photographier textuellement dans la diversité étourdissante de ses images et de ses bruits. On peut pour se faire collecter des informations sur un carnet comme on ramasse à la campagne des feuilles et des fleurs pour (...)
David Lespiau : L’épreuve du Prussien
Proposition d’écriture : Décrire un geste quotidien (prendre son petit déjeuner, se raser, se laver, prendre le train, lire son journal) en se concentrant sur la description de ce moment ordinaire vu sous un angle extraordinaire, hors du commun, à travers un détail sur lequel on se concentre tout en décrivant parallèlement le moindre de ses faits (...)
Sophie Calle : Douleur exquise
Proposition d’écriture : Un événement qui s’est mal déroulé, une douleur qui ne passe pas, revenir dessus dans un premier temps en décrivant autant de fois qu’il est nécessaire ce qui s’est mal passé (à partir d’un détail, d’une anecdote triviale, en variant la forme qu’on lui donne, avec les mêmes mots composer des phrases différentes comme si l’on (...)
Jean-Charles Masséra : United Emmerdements Of New Order, précédé de United Problems Of coût de la main-d’oeuvre
Proposition d’écriture : Confronter le jargon économico-administratif aux "brèves de comptoir" dont on est tous témoin tous les jours, détourner les tics et les codes du langage juridique, tordre le cou à la "langue de bois" politique, aux messages publicitaires, au formatage des nouvelles du 20 heures, et à la mondialisation qu’on nous propose en (...)
Christophe Tarkos : Ma langue (I. Carrés)
Proposition d’écriture : Retrouver le plaisir de jouer avec les mots et d’explorer l’écriture spontanée, à travers des images, des souvenirs, des expériences sensorielles et le principe de l’écriture automatique, en contraignant le vers dans une forme géométrique, un carré par exemple, et avec cette césure obligée, les retours à la ligne sont tributaires (...)
Jacques Roubaud : Autobiographie, chapitre dix : poèmes avec des moments de repos en prose
Proposition d’écriture : S’approprier de manière irrévérencieuse tous les textes poétiques des ouvrages qu’on a tendance à présenter comme nos livres de chevet, nos livres de référence, en en tentant une réécriture qui se présente comme une nouvelle lecture. Autobiographie, chapitre dix : poèmes avec des moments de repos en prose, Jacques Roubaud, (...)
François Bon : Paysage fer
Proposition d’écriture : Décrire un trajet que l’on fait tous les jours (en train par exemple) et noter sur le vif, sur le motif, ce que l’on voit et les réflexions que ce voyage immobile fait surgir en nous, au rythme de son avancée : « Variations de récit sur réel répété à l’identique, et pousser cela à bout, et rien d’autre même au récit que ces images (...)
Anne-James Chaton : Événements 99
Proposition d’écriture : Noter, sous forme de liste d’objets, ce que vous trouvez sur votre table de travail chaque matin au réveil, et cela pendant une semaine. Événements 99, Anne-James Chaton, Al Dante, 2003. Présentation du texte : « Tout le monde PEUT en faire autant ? Non : tout le monde en fait autant. » C’est ce qu’affirme (...)
Nathalie Quintane : Début
Proposition d’écriture : Jeter un regard neuf sur la manière de raconter sa vie. Évoquer par exemple son enfance (les tous débuts de sa vie, ce dont on se souvient par le biais de ce que l’on nous en a dit plutôt que ce dont on se souvient vraiment, le plus lointain de ses souvenirs) avec la distance ironique que permet l’usage appuyé de la (...)
Charles Pennequin : Un jour
Proposition d’écriture : À partir d’images fugitives que l’on garde d’une personne ou de son environnement, images liées à un jour précis dans notre mémoire, faire le portrait en creux d’un être que l’on aime, en débutant chacune de ces phrases par la formule suivante : 1 jour. Un jour , Charles Pennequin, éditions Derrière la salle de bain, collection (...)
Michèle Métail, Toponyme : Berlin. Dédale – cadastre – jumelage – panorama
Proposition d’écriture : Décrire les différentes étapes dans la découverte d’une ville, le passage progressif du lieu inconnu, au lieu familier. Toponyme : Berlin. Dédale – cadastre – jumelage – panorama , Michèle Métail, Éditions Tarabuste 2002. Présentation du texte : L’approche de Michèle Métail dans ce livre de voyage un peu particulier est (...)
Jean-Luc Sarré : Les journées immobiles
Proposition d’écriture : Tenter de se remémorer un souvenir d’été, souvenir d’enfance, mais ne pas le raconter ou le décrire, essayer plutôt de le cerner par le biais de phrases courtes, incisives, sèches, sans utiliser de ponctuation, avec le moins de verbe possible et en évitant de parler de soi, pour privilégier les sensations physiques qu’on garde (...)
Philippe Beck : Dernière mode familiale
Proposition d’écriture : La famille est-elle un obstacle au travail de l’écrivain ? Sans répondre directement à cette question, tenter une approche sous la forme d’un monologue extérieur en essayant de garder en mémoire « que la poésie est le battement du sens » et « marteler la langue pour la plier au bord du monde, pour finir par la courber jusqu’à (...)
La scène
La peinture est déjà là. Avant que tout commence. C’est par là que tout commence. C’est une toile tendue. On ne voit qu’elle en patientant dans la salle, en attendant que se lève un rideau qui n’existe plus depuis longtemps. Les acteurs entrent en scène, dans le noir. Comme par mégarde. La salle chuchote. Ca commence, murmure qui se tait comme une (...)
Pierre Ménard
LIMINAIRE le 18/06/2018 : un site composé, rédigé et publié par Pierre Ménard avec SPIP depuis 2004. Dépôt légal BNF : ISSN 2267-1153
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