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Researching a City, webdocumentaire

Le webdocumentaire Researching a City a été présenté en décembre 2016 à la Maison de la Poésie à l’occasion de la rencontre Cartographies sensibles de la ville #1 : Représenter la ville autrement, en présence de Bernard Bèzes (Chef de la cartothèque IGN), Anne Jarrigeon (anthropologue et maîtresse de conférences École d’Urbanisme de Paris), Héloïse Desfarges (chorégraphe, Débordante Compagnie) et Thomas Clerc (écrivain), et Vivianne Perelmuter (cinéaste). Douze femmes, artistes et chercheuses issues de différentes disciplines (anthropologie, architecture, dessin, cinéma, photographie, sociologie) s’associent pour explorer visuellement la ville de Hambourg.

À l’automne 2014 les artistes et chercheuses du Groupe Transversal du Labex Futurs Urbains « Penser l’urbain par l’image » se retrouvent à Hambourg pour un atelier expérimental au croisement des arts visuels et des sciences sociales.


Ce webdocumentaire regroupe trois expériences différentes sur la ville :

Itinéraire Hafen City, par Cécile Cuny et Alexa Färber

Ce projet porte sur le livre HafenCity Hamburg : Neue öffentliche Begegnungsorte zwischen Metropole und Nachbarschaft (Springer Verlag, 2010), qui réunit une équipe de six photographes pour documenter les usages des espaces publics dans la HafenCity, un nouveau quartier de Hambourg construit à partir des années 2000 sur d’anciennes friches du port.

Réalisé avec la complicité de deux photographes, Martin Kohler et Maria NIFI Xerisoti, ce projet consistait à revisiter le terrain de ce livre tout en interrogeant les conditions de la collaboration entre les photographes qui y avaient participé, en s’inspirant librement de la méthode des itinéraires emprunté à Jean-Yves Petiteau.

« Faire un itinéraire, c’est suivre le trajet d’un inconnu, écouter son récit et observer ses déplacements, ses comportements, ses émotions, et ses états d’âme.

La journée de l’itinéraire est le moment de l’acquisition du récit, un moyen d’accéder aux connaissances du terrain par le biais de ceux qui le vivent et le connaissent. La journée de l’itinéraire est l’une des « opérations et performance mobilisées par le chercheur pour accéder aux phénomènes qui l’intéresse »

Lors du déroulement de cette journée, l’auteur de l’itinéraire, le chercheur et le photographe se déplacent dans l’espace pour découvrir ce que l’auteur de l’itinéraire va leur apprendre. « Le parcours n’est pas seulement un rituel de mobilité, c’est la mise en superposition de plusieurs énonciations qui se réfèrent à l’histoire. » [1]

Le territoire prend alors deux dimensions, il est l’espace parcouru, mais il est aussi l’espace vécu par l’auteur de l’itinéraire, et son récit, son histoire peut nous faire vivre un lieu résolu, un lieu du passé. Il nous livre alors en superposition un présent et un passé, un territoire parcouru et un territoire souvenir. » [2]

In situ / on line, par Anne Jarrigeon, Hortense Soichet et Lucinda Groueff [3] Cette expérience interroge les représentations spatialisées de l’urbain en faisant se confronter deux modes d’exploration visuelle de Hambourg : l’une conduite dans la ville elle-même et l’autre sur Internet dans l’espace cartographique et photographique construit par Google Street View. Les échanges ont été enregistrés et mis en perspective par la caméra de la cinéaste Vivianne Perelmuter, réalisatrice du Vertige des possibles, et son montage de l’ensemble des matériaux produits lors de cette collaboration.

Pas à pas à Saint Pauli, par Florine Ballif et Yuca Meubrink

L’exploration du quartier de St. Pauli à Hambourg selon quatre thèmes prédéfinis par un groupe de sociologues et d’anthropologues lors d’une marche collective enregistrée sous la forme d’un diaporama de photographies et de dessins : l’identité sociale et culturelle, la gentrification, les contestations et les vitrines. « La marche permet que l’espace urbain s’offre au regard, la photo et le dessin révèlent ainsi le territoire et livrent au chercheur autant d’empreintes pour se repérer. »

« À l’aire de la mobilité généralisée, de l’accélération et des poly-déplacements, la marche impose un rythme alternatif au dictat de la vitesse. Si la lenteur est de rigueur dans cette pratique déambulatoire, certains artistes pour qui la marche est devenue le medium de prédilection appréhendent une variété de rythmes conséquents aux contraintes imposées ou rencontrées. Qu’ils soient inhérents au paysage traversé ou bien relatifs au processus d’enregistrement utilisé, ces ralentissements semblent contribuer à modifier la perception de la trajectoire pratiquée. Car si l’utilisation d’un outil d’enregistrement impose des ruptures au sein d’une marche régulière, la constitution même du territoire peut conduire à ralentir. Mais comment ces ralentissements interviennent-ils au sein des processus artistiques en marche ? En quoi un ralentissement conséquent à l’utilisation d’un appareil d’enregistrement diffère-t-il de celui relatif aux obstacles rencontrés ? » [4]

[1Petiteau Jean-Yves, Pasquier Elisabeth. La méthode des itinéraires : récits et parcours In Michèle Grosjean, Jean-Pierre Thibaud. L’espace urbain en méthodes. Marseille : éd. Parenthèses, 2001. p 64.

[4Hortense Soichet, Marche et ralentissement. Étude à partir de quelques déambulations , Revue Geste n°6, dossier spécial « Ralentir », novembre 2009, pp150-159


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