| Accueil
LIMINAIRE
Atelier de voyage et carnet d’écriture sur Google Street View


Je suis invité à mener le samedi 1er avril 2017 un atelier d’écriture et de création à la bibliothèque André Breton d’Aubervilliers, dans le cadre du Festival Hors limites 2017.

Depuis sa création le festival Hors limites assume pleinement ses origines ; né en Seine-Saint-Denis pour les lecteurs du 93 et porté par l’Association des bibliothèques du département, il valorise depuis toujours une littérature remuante et ambitieuse, complexe et vivante, auprès d’usagers qui ne le sont pas moins. Programme complet disponible en ligne.

En créant, en hommage au livre Le tour du jour en quatre-vingts mondes de Julio Cortázar, le tumblr et le groupe Facebook et le Pearltrees, j’ai tenté de rassembler une communauté d’auteurs-explorateurs s’embarquant pour des expéditions virtuelles dans Google Street View !

Partez, vous aussi, à l’occasion de cet atelier, à la (re)découverte de vos lieux favoris, de vos itinéraires quotidiens ou d’escapades fabuleuses, des excursions que vous auriez envie de (re)faire, des trajets que d’autres ont faits avant vous, des endroits que vous espéreriez habiter, de vos territoires vécus, de vos territoires rêvés… devenez autonautes de la cosmoroute et ramenez-en le plus beau des carnets de voyage !

Certaines personnes ont-elles une tête de Véronique ? Les Romain diffèrent-ils des Olivier ? Comment devient-on une Mathilde ? Les résultats d’une étude franco-israélienne publiés récemment, déterminent que nous ressemblons à notre prénom. Des volontaires photographiés en France et en Israël ont été associés environ 4 fois sur 10 à leur vrai prénom lorsque des individus se voyaient proposer une liste de quatre choix. Tout porte donc à croire qu’il existe une association entre visage et prénom. Les gens s’efforceraient de « ressembler à leur prénom ». Ce que l’on nomme effet Dorian Gray. Notre prénom s’imprime-t-il vraiment sur notre visage ?

Remettre en jeu la notion de lieu.

Les cartes sont des partitions de musique, mais certaines d’entre elles s’inscrivent dans le temps comme des lignes d’écritures. Elles proposent un enchaînement d’actions à accomplir dans un lieu qui reste à trouver.

Toutes ces images fabriquent ensemble une mosaïque qui nous invitent à reconsidérer notre propre perception du déplacement, à observer nos trajets et nos repères dans la ville et dans nos représentations de l’espace quotidien.

Les lieux qu’on connaît bien, qu’on arpente depuis des années, mais dans lesquels il y a déjà longtemps qu’on n’est pas retournée, les donner à voir autrement, tenter de leur donner une autre dimension, les réinventer. Seul le regard a ce pouvoir de métamorphose.

Ces photographies de visages d’hommes aux yeux grands ouverts renvoient à cette incertitude, cette indécise ligne de partage tout juste expérimentée. Ces œuvres nous font ainsi passer de l’autre côté de l’image et du miroir, par leur fragilité même qui ne manque pas de résonner en chacun de nous.

Les cartes ne sont pas des calques du territoire mais des opérations mentales. Toute carte décrit le monde autant qu’elle le révèle.

Jamais terminé dehors, rien ne va plus, plus rien ne va. Mes petits travaux mes manies, dedans dehors. Les fils mélangés malgré l’éloge c’est la multiplication, parfois ça déborde les fils, les séparer un jour. Les réparer.

Le regard se faufile dans la perspective et glisse d’immeuble en immeuble. La lumière arrête le temps l’espace d’une éclaircie.

L’habitude maladive de s’attacher au connu est suffisamment répandue par ici. Là où la logique est affirmative et triomphante, il faut travailler ses échecs, nourrir ses obstacles et se fixer d’autres objectifs que la transparence du langage. Le moindre échec, il faut en prendre soin. Sans lui, aucune confrontation n’existerait en nous ; avec lui, l’obstacle trouve un visage. Se sentir honnête, c’est le refus du soupçon. Non parce qu’il n’y a plus de chemin mais plutôt parce que tous les chemins ne mènent à rien. Maintenant je dévale une route invisible, j’ignore ce qui m’entoure mais je fais face. La seule possibilité, dans cet ordre d’idées, est de demeurer maître des faux pas.

« Aucune existence du présent sans présence du passé, écrit Michel de Certeau, et donc aucune lucidité du présent sans conscience du passé. Dans la vie du temps, le passé est à coup sûr la présence la plus lourde, donc possiblement la plus riche, celle en tout cas dont il faut à la fois se nourrir et se distinguer. » [1]

Et pour finir ce périple, prendre de la hauteur, la ville se dévoile et nous délivre.

[1] Michel de Certeau, L’écriture de l’histoire, Paris, Gallimard, coll. « Folio », 2002



© LIMINAIRE 2011 - Créé par Pierre Ménard avec SPIP - Administration - Sur Publie.net - contact / @ / liminaire.fr - RSS RSS Netvibes Liminaire Suivez Pierre Ménard sur Facebook Suivez Pierre Ménard sur Twitter