Proposition d’écriture :
« Caprice ou mélancolie, chocolat est cette gourmandise faîte de tout petits mots volés aux hiers brouillons, lorsque la peine encore prévalait sur le sourire. Bouche fendue de l’enfance, glace sans tain, grimace que me renvoie aujourd’hui, comme un lointain reflet, ce visage dont je ne suis pas sûr qu’il soit le mien. »
comme à un pan de mur
délabré. Une incandescence,
une grise élégie, une rafle
du réel. Notre seul recours :
une brassée de pages où
les mots sont des enfants
tristes. J’y pioche bonbons,
caramels, poèmes-oisillons
pépiant dans le sac
de nos viscères. »
« Douceur du soir
quand les gestes
se glissent sous la peau.
un tatou s’enfonce
dans mes os,
retourne mes issues.
A perte de vue
s’étend un pays
dont l’unique habitant
flâne, bouquine,
mange du chocolat. »
« Nos rêves adultes
remuent une cendre
où déboule un gamin.
Une trousse étrange
exhume ses trésors :
sucres et bulles,
cailloux et blessures.
La chair encore
déchire le ventre.
J’ouvre une plaie
pour m’y dissoudre. »
Chocolat, Olivier Brun, Hors Jeu éditions, 2004.
Présentation de l’auteur :
Olivier Brun, est né en 1969. Il vit à Nancy où il dirige les éditions La Dragonne. Il a publié, en marge de son activité éditoriale, un livre d’entretiens consacrés à Alain Bosquet L’imposture du biographe aux éditions Paroles d’Aube, en 1999, ainsi qu’un recueil de poèmes où se mêlent désespoir et pornographie, La parole mutilée, paru aux éditions Hors Jeu en 2002.
Lien :