| Accueil
LIMINAIRE
Séance 188



Proposition d’écriture :

L’espace d’un instant. La traduction la plus sensible, la plus immédiate d’une expérience, celle du quotidien, de la sensualité, de l’amour, de l’approche de la mort, de l’Invisible. L’expérience d’une écriture des profondeurs, dans une fragilité du poème.

(Appareils), Frédérique Guétat-Liviani, Farrago / Léo Scheer, 2002.

Présentation du texte :

« Frédérique Guétat-Liviani est poète, écrit Pierre Le Pilloüer, elle ose parler d’amour, employer des mots encore plus usés comme "élytres" ou "hères" mais elle aligne également centres de rétention, faim, précarité, télé, Riri-Fifi et Loulou, elle aligne le présent dans la mire du passé : ces textes jalonnés d’espacements qui ménagent la respiration, sont à la fois très accessibles et insondablement énigmatiques, ils évoquent Baudelaire et le meilleur de Jean-Paul De Dadelsen. »

Extraits :

« Une halte silence.

Le musicien vide ses poumons dans l’instrument.

On attend qu’il aille au bout au fond. Comme il y va l’ami le serre dans ses bras.

Le musicien reste muet l’instrument se plaint. A l’approche du vide

Il émet un râle faible après on n’entend plus rien.

On sent le souffle la chaleur de l’air le changement de saison

À cause de ça on est bien.

On parle du voyage en Chine.

La perdition dans la langue l’abandon résolu.

On repense au musicien au va et vient. Au regard fixe des sept femmes accroupies.

Pour le souvenir il faut troubler l’image éprouver le dénuement.

Demain on se nourrira d’un rien. »

(Appareils), Frédérique Guétat-Liviani, Farrago / Léo Scheer, 2002, p.31.

« Maintenant c’est l’heure des déménageurs.

Pourtant le mouvement ne sied pas à notre maison.

Il faut chercher l’endroit celui du seau des couverts de la radio du matelas.

Quand vient la conversation du soir nous disons que demain

nous changerons l’ordre des choses.

Le jour d’après nous ne changeons rien nous nous installons.

Les objets retrouvent leur place chacun d’eux donne l’indication

Nous suivons leur chemin. Parfois nous nous révoltons.

Le lit alors regarde la fenêtre la table lui tourne le dos.

Mais le lendemain chacun reprend sa place.

Après l’emportement des meubles nous nous départirons de nous. »

(Appareils), Frédérique Guétat-Liviani, Farrago / Léo Scheer, 2002, p. 46.

Présentation de l’auteur :

Née en 1963 à Grenoble. Études de langues et lettres à Grenoble. École des Beaux-Arts à Avignon (1987). Depuis 1982, études hébraïques à Marseille. Vit et travaille à Marseille.

Membre fondateur du groupe d’artistes Intime Conviction S.D.F. (1986-1994, performances, expositions, publications et lectures).

Membre fondateur du groupe d’artistes Fidel Anthelme X (depuis 1995).

Depuis 1986 de nombreuses performances et lectures, publications dans des anthologies et des revues, p.e. : Doc(k)s, Banana Split, Action Poétique, Petite.

Participation aux festivals et échanges littéraires à Rome, Milan, Venise, Parme, Saint-Pétersbourg et Hambourg.

Liens :

Présentation de l’auteur sur Sitaudis

Bibliographie sur le site du cipM

Texte de Frédérique Guetat-Liviani paru dans le Bollettario n°40

Frédérique Guétat-Liviani : (Appareils)
Publié le 8 juin 2007
- Dans la rubrique ATELIERS D’ÉCRITURE
Temps Ateliers d’écriture Quotidien Vérité Corps Amour Mort Sensation






© LIMINAIRE 2011 - Créé par Pierre Ménard avec SPIP - Administration - Sur Publie.net - contact / @ / liminaire.fr - RSS RSS Netvibes Liminaire Suivez Pierre Ménard sur Facebook Suivez Pierre Ménard sur Twitter