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LIMINAIRE
Portraits percés
C’est une apparition, un accident imprévisible, un signe qui nous arrête en chemin, happe notre attention, un temps distrait, mais notre corps ne le perçoit qu’avec un peu de retard sur l’œil toujours aiguisé, aux aguets, forcé de se retourner, de se reprendre, mais ne voit plus rien. Nécessité de rebrousser chemin. En quelques pas, revenir au point (...)
L’attrait du mystère
Voir autrement Rue Jean-Pierre Timbaud, Paris 11e. Fermer les yeux. C’est un geste anodin. Il y a cette femme que je croise tous les jours au même endroit. Je ne l’ai pas tout de suite remarquée. Le plus souvent on n’y pense même pas en effectuant ce geste. C’est un réflexe. Il arrive un moment où plus rien ne peut nous soulager. Mais un regard (...)
La mémoire convoque le passé au présent
Tout a commencé par des promenades quotidiennes sur les quais de l’Île Saint-Louis. « Le tour de cette île est devenu délicieux pour moi. Tous les jours y sont inscrits sur la pierre : un mot, une lettre exprime la situation de mon âme ». [2] Je n’osais plus y retourner sans toi. Inscrire et réinscrire pour que rien ne soit effacé. Rétif de la Bretonne (...)
Penser images seconde
Compilation de morceaux choisis. Rue Cardinet, Paris 17e Les encarts publicitaires aux couleurs criardes, aux formules racoleuses, les affiches politiques et leurs slogans désuets, les poses stéréotypées des candidats, les visuels des artistes, des musiciens, des lieux des soirées parisiennes, avec l’usure du temps, les déchirures infligées par (...)
Entre les lignes de ta main
Décors de façade : pièges à fantômes. Rue de Boulainvilliers, Paris 16e Certains arrondissements ont des aspects insolites, les façades aux allures de décors : impasses, trompe l’œil, publicités murales, angles d’immeubles en biseau, à la poursuite des fantômes qui hantent les immeubles étroits, en forme de pointe à l’angle des rues. « Formant un (...)
Je vais bien : sauve-moi !
Il y avait dans le dessin de son tatouage aux volutes sinueuses, un élément indescriptible qui te fascinait, comme toute forme lointaine dont le message secret nous intrigue, dans l’incapacité de son déchiffrement, l’espoir d’en trouver le sens, tu l’observais longuement, en t’appliquant à rester bien attentive face à ce dessin, dont l’encre traçait sur (...)
Plis et replis
Dans les draps, l’ombre que leurs plis forment dessine le portrait d’une femme ou d’un homme. Mémoire de nos mouvements nocturnes dont il reste au matin les traces dans les ondulations du tissu, qui se répercutent parfois comme en écho, sur la peau de notre visage, mémoire à fleur de peau. J’imagine une chaîne de montagnes derrière laquelle le soleil (...)

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